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« La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. » [Livre II - Terminé]
MessageSujet: « La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. » [Livre II - Terminé]   Jeu 30 Jan - 11:56

« La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. »




Mes yeux gris clair se posèrent sur la façade du bâtiment. Commissariat de police. Accessoirement cœur de la PES. Pour laquelle j’avais plus ou moins accepté de bosser. Plus ou moins parce qu’il y avait du chantage, derrière, ce qui semblait visiblement inévitable pour moi à présent. La Mafia mettait un point d’honneur à me rappeler à quel point ma famille, en Russie, était vulnérable. Philipp m’avait discrètement fait comprendre que je n’avais pas le choix de me remettre à son service. Et ça ne me posait aucun problème de jouer double, voire triple jeu. Que je sois traducteur le jour, exécuteur la nuit, espion accessoirement le temps qu’il me reste, et à la recherche de moi-même les secondes accordées par mes trois autres occupations ne me dérangeait pas. Ma main frôla les traces qui restaient présentes dans mon cou, conséquence de mes altercations avec des vampires. Freyja. Les sentiments que j’éprouvais en pensant à elle étaient diffus et violents en même temps. De la haine, tempérée par un certain attachement que je ne comprenais pas. Certainement rien de positif, à mon avis. J’avais toujours eu du mal à classifier ce qui relevait des émotions et des sentiments, et cette fois ne faisait pas exception : je restais une énigme pour moi-même si ce plan là, et c’était dans un sens très inquiétant. Mais là n’était pas ma raison de ma vie à Edimbourg. Je poussai la porte du bâtiment, m’approchant du membre le plus proche de la PES. Pas de nom de code, rien. « Je dois voir Philipp McBorough. » Petite pause. Je compris à son regard qu’il attendait des informations supplémentaires. Je lui concédai un neutre « Alexei Ivanov ». Je ne me souciais plus de donner mes réels nom et prénom, parce que de toute manière, si on devait me retrouver, et bien soit, que cela advienne. On me fit tranquillement patienter, alors que je sortais un texte à traduire sur lequel je travaillais depuis plusieurs jours. Ce n’était rien de compliqué, rien d’extraordinaire : la seule nouveauté était que c’était le premier texte que je devais traduire de l’espagnol au russe, et que ce n’était pas une langue que je maîtrisais parfaitement. Les minutes s’égrenèrent sans que je ne m’en rende compte, et lorsqu’on m’appela, mon réflexe fut de porter un coup violent au niveau du foie de la personne qui venait de me surprendre. Je stoppai mon mouvement in extremis, en me levant rapidement pour masquer le tout. Ce n’était pas le moment de mettre K.O. l’un de mes collègues. On me conduisit rapidement au bureau de Philipp, ou j’entrai sans m’embarrasser de formalité, en sortant de mon sac un dossier que j’avais constitué sur la semi-démone dont j’étais censé espionner les faits et gestes. Je déposai le dossier sur le bureau après l’avoir feuilleté pour m’assurer de son intégralité. Photos, bien sûr, de la semi-démone. Comptes rendus. Quelques observations sur toute une soirée. Pas de noms : il ne m’en avait pas demandé et j’avais eu autres choses à faire. Philipp devait savoir qu’il n’était pas le seul à requérir mes services, et qu’il n’en avait pas, pas du tout même, l’exclusivité. Et qu’il n’était pas prioritaire.

« Il parait que tu voulais me voir ? C’est ce que tu m’as demandé. »

Je désignai le dossier.

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MessageSujet: Re: « La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. » [Livre II - Terminé]   Ven 31 Jan - 11:39


Le cul dans mon fauteuil et mon dos contre le dossier, je fumais une clope en fermant les yeux. Le Premier Ministre m’avait appelé le lendemain de l’attaque du QG pour me faire part de la nouvelle. Je récupérais ma place et davantage de pouvoir pour la Brigade, « carte blanche » qu’il avait dit et que l’on serait couvert pour nos actions. La seule contrainte était qu’il ne fallait plus de fuite, et c’était là la difficulté du problème. Si j’étais déjà parano avant ça, à présent je doutais de tous ceux qui bossaient avec moi aussi avais-je décidé de prendre de nouvelles mesures pour limiter la casse.

Cela commençait par un recrutement aux méthodes plus poussées, avec soumission du sujet à des textes sacrés de différentes envergures à chaque fois, et à la mise en place par des agents de Rome de divers artefacts consacrés afin que les locaux soient désormais à l’abri de toute intrusion de semi-démon en dehors de ceux que nous arrêterions. Et si jamais l’un d’entre eux tentait de s’échapper de son interrogatoire, un système de sonorisation dissimulé cracherait alors des textes sacrés puissants pour le neutraliser. Il n’était pas question que l’on revive une telle situation de merde dans nos locaux.

Je fus tiré de mes pensées par la sonnerie du combiné de mon bureau, mon visiteur était arrivé. Lui aussi était un problème en soit qu’il me fallait gérer. Un assassin et un espion hors pair mais doué d’un sens moral aussi inexistant qu’il était loyal envers quiconque. Alexei était de ceux qui n’avait nul autre principe que de s’affranchir de toute règle moral dès lors que cela pouvait sauver son cul. Jamais il ne pourrait se sacrifier pour une cause, il était et resterait une girouette incapable de se fixer sur une destination donnée, un but immuable et pour cela je le méprisais. Malgré tout je l’avais « convaincu » de bosser pour moi car ses compétences pouvaient m’être utiles.


Très bien, assis-toi. lui dis-je sans chercher à être plus poli avec lui qu’il ne l’était avec moi, en commençant à feuilleter le dossier qu’il venait de me donner. J’avais une nouvelle tâche à lui confier, peut-être même deux mais je voulais avant parler un peu avec lui.

Comment ça se passe avec tes potes de la mafia ? Ils ignorent toujours que tu « bosses » pour moi dans leur dos ? lui demandai-je, comme pour lui rappeler la précarité de sa situation et qu’il ne devait pas jouer au con avec moi. J’étais plein de certitudes, autant que lui dans un sens bien qu’elles soient bien différentes, mais lui me faisait constamment m’interroger. Livrait-il les données que je lui commandais à quelqu’un d’autre ? Possible venant de lui.

J’ai à présent une autre cible à te faire surveiller. Pandore Lasalle. Elle était notre légiste et a disparu après l’attaque du bâtiment. Je veux que tu la trouves et que tu me donnes tout ce que tu seras en mesure d’apprendre sur elle. Je veux savoir qui elle rencontre, avec qui elle baise, où et quand. Je veux tout savoir d’elle, ses habitudes, ses moyens, ses proches si elle en a. lui dis-je simplement en attendant sa réaction, ou sa non réaction d’ailleurs.

Hrp: en espérant que ça t'ira
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MessageSujet: Re: « La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. » [Livre II - Terminé]   Lun 3 Fév - 15:44

« La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. »




Tutoiement, ton directif : il était clair que je changeai. Plus que clair, même : évident. Etait-ce lié aux événements récents, à savoir le retour de Freyja dans ma mémoire et ma vie ? Oui, bien sûr. Assurément. Mais je ne savais pas encore jusqu'où et vers où ces changement allaient me mener, et s'il devait y avoir quelque chose qui m'inquiétait : c'était cela. Très bien, assis-toi. Je m'assis sous son injonction. J'avais ce réflexe d'obéir instantanément à un ordre donné par l'un de mes supérieurs. Réflexe conditionné par un désintérêt total pour mon honneur – encore que cela même changeait indubitablement – et par des années passées à obéir. Il feuilletait le dossier que je venais de lâcher si délicatement sur son bureau, et j'en profitai pour observer avec plus d'attention les lieux. Lorsque j'entrai dans une pièce, j'avais le réflexe de repérer les points principaux, les zones dangereuses, les sorties envisageables et les habitants. Un repérage rapide qui était primordial mais qui méritait, aussi, d'être amélioré si j'en avais l'opportunité comme à cet instant. Philipp sembla se désintéresser des documents puisqu'il s'adressa à nouveau à moi : Comment ça se passe avec tes potes de la mafia ? Ils ignorent toujours que tu « bosses » pour moi dans leur dos ? Je le toisai d'un regard froid et inexpressif, prenant le temps de répondre à ses propos, et à ses insinuations peu subtiles. « Mes relations avec la Mafia ne te regardent pas. Ce qui doit t'intéresser, c'est seulement mon efficacité et mes résutats. » En clair : il n'avait pas à s'immiscer entre moi et la Mafia. Parce qu'il ne devait pas oublier quel était mon poste au sein de la Mafia, et qu'il ignorait aussi jusqu'où la famille Ivanov était enracinée dans l'organisation. J'avais conscience de n'être qu'un jouet au main de l'organisme tentaculaire, mais j'étais aussi un jouet coûteux, utile et qu'il fallait garder, ou éliminer s'il devenait plus instable que précieux. Ce qui n'était pas encore le cas. Qu'il pense ce qu'il voulait, Philipp devait comprendre que je gérais ma vie comme je l'entendais, tout comme mes loyautés et affiliations. J’ai à présent une autre cible à te faire surveiller. Pandore Lasalle. Elle était notre légiste et a disparu après l’attaque du bâtiment. Je veux que tu la trouves et que tu me donnes tout ce que tu seras en mesure d’apprendre sur elle. Je veux savoir qui elle rencontre, avec qui elle baise, où et quand. Je veux tout savoir d’elle, ses habitudes, ses moyens, ses proches si elle en a. J'enregistrai les données sans y penser, en ne me concentrant en réalité que sur l'ensemble de ce qu'il me disait. Surveillance, encore. Pandore Lasalle. Légiste à la PES. Plutôt que de t'inquiéter sur ma loyauté et la confiance que tu peux placer en moi, Philipp, concentre toi plutôt sur les autres membres de ton équipe. L'ombre d'un sourire naquit sur mes lèvres, avant que je ne pose la question la plus évidente à laquelle je pouvais penser à cet instant : « Quelle espèce ? » Ma main glissa inconsciemment à mon cou, pour masser mes muscles noués et plus encore pour effleurer les marques de Freyja. Sans le moindre trouble, je rajoutai : « Il me faudra toutes les informations que tu as déjà sur elle, et si possible une photo. » Et un délai. Avait-il en tête que je n'étais pas seulement à ses ordres ? Je pris sur son bureau un stylo et une feuille quelconque – et vierge sur un côté au moins – sans demander son avis, avant de noter une suite de chiffres qui devait très certainement lui évoquer quelque chose. « Un compte sur lequel verser mes honoraires, pour Scott. Et pour Lasalle. » Mes yeux dérivèrent sur les autres documents sur le bureau, pour chercher à lire et traduire d'eux même toutes les informations que je pourrais trouver. J'étais un mafieux, et mon allégeance – si elle avait un sens – allait en premier lieu à la Mafia. Et à l'argent. Et les renseignements étaient des vecteurs efficaces pour tout ce qui était argent facilement gagné. Vendre des noms, des données, c'était un moyen comme un autre d'assurer à la Mafia que j'étais toujours un outil efficace. Et je n'avais aucun scrupule à trahir Philipp, puisque ce n'était pas vraiment de la trahison : il me savait vénal, il me savait vendu, et il pensait aussi me tenir en laisse par ses menaces et ses sous entendus. Je l'avais déjà trahi pour des vampires, je n'hésiterai pas. Et les morsures dans ton cou? Je pris soudain conscience de qui était, avait été, Philipp. Un des fers de lance de l'HCV. Et qui plus que l'HCV détestait les vampires ? Que je vende mes capacités à la mafia, passe encore. Mais Philipp ne savait pas, aux dernières nouvelles, que j'avais déserté sans un mot l'HCV pour servir un vampire. Tout comme il ne savait pas pour Freyja. Et il était fort probable que son comportement soit tout autre s'il venait à apprendre tout cela.

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MessageSujet: Re: « La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. » [Livre II - Terminé]   Ven 7 Fév - 11:57


Sa réponse à mes paroles sarcastiques semblaient ne pas lui plaire vu le ton qu’il employa. Je n’étais pas d’accord avec lui, les résultats n’étaient pas tout ce qui importait, pas avec lui qui était un assassin très compétent mais à la loyauté d’une mouette. Comme ces animaux ils allaient là où trouver son poisson, peu importe la direction du vent. J’émis un bref ricanement mais le laissai poursuivre.

Humaine mais peut-être semi-démon. lui dis-je sans trop savoir moi-même ce qu’il en était. Si rien ne me permettait de la relier directement à l’attaque de la Brigade, sa disparition ne jouait clairement pas en faveur de Lasalle. Je voulais que quelqu’un enquête sur elle, en dehors des circuits officiels.

Voici son dossier, photos, données officielles sur elle ainsi que sa dernière adresse connue. lui dis-je pendant qu’il notait quelque chose sur une feuille provenant d’un rapport qui trainait sur mon bureau. Tu auras ton paiement, je suis un homme de parole. Nul besoin de rajouter quoi que ce soit pour souligner le fait que j’estimais que lui n’en avait aucune de parole. Tu as deux semaines.

Quand bien même j’acceptais de le payer, je ne voulais pas laisser passer ses premières paroles et décidai de lui faire un bref rappel à l’ordre, histoire qu’il ne me prenne pas – trop – pour un gland non plus.

Tu n’es pas n’importe qui Alexei alors non, ton efficacité et tes résultats ne sont pas tout ce qui m’intéresse. Avec toi rien n’est aussi simple et c’est pourquoi je ne veux pas me contenter de ce que tu veux, d’autant plus qu’à présent je connais la précarité d’un accord avec toi. Tu n’es « employé » par la Brigade que pour la forme et pour que tu aies une rémunération ainsi qu’une protection pour tes proches. Je pourrais tout aussi bien t’imposer ce boulot sans te payer, simplement en te menaçant de révéler à la mafia que tu bosses pour moi.

Je sais très bien que tu serais parfaitement capable de leur faire gober que c’est une infiltration, bla bla bla, mais je peux aussi m’arranger pour qu’ils croient que tu n’es qu’une balance. Alors joue pas au con avec moi, pas une nouvelle fois en tout cas.
lui dis-je en supportant son regard sans ciller. S’il était un assassin implacable et que rien ne semblait pouvoir émouvoir, je n’étais pas non plus un enfant de cœur et ne reculerai pas devant lui.

Je n’ai personne que tu pourrais tuer pour m’en dissuader, ni toi ni tes amis de la mafia. Ce qui n’est pas ton cas apparemment… lui dis-je d’un ton des plus sérieux, non pas que je tuerai de mes mains ses proches, mais d’autres le feraient sans problème.
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MessageSujet: Re: « La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. » [Livre II - Terminé]   Lun 10 Fév - 15:02

« La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. »




Humaine mais peut-être semi-démon.J'arquai un sourcil narquois. Phlipp avait fait cette faute grossière de ne pas vérifier à quelle espèce appartenaient ses employés ? Et il s'attachait à ne pas me faire confiance ? Ridicule. Il était ridicule. Je saisis le dossier sitôt mon numéro – ou l'un de mes numéros – de compte noté sur une feuille qui traînait, et je commençai à le feuilleter pour me faire une idée de son contenu et des informations que j'avais déjà. Philipp, de son côté, trouva nécessaire de m'assurer qu'il était un homme de parole, en profitant pour sous entendre que je n'en étais pas un. Pensait-il m'atteindre ? Il se trompait. Clairement. Tant qu'il me payait, peu importait ce qu'il pouvait bien penser de moi. Dans mon esprit, un accord était un accord, limité dans le temps. Je faisais ce qu'il me demandait : il me payait. Je ne le faisais pas : il ne me payait pas. Et si je trouvais meilleur contrat ailleurs qui me demandait de faire le contraire, ça ne me posait absolument aucun problème de me retourner contre mon premier employeur. Voilà tout. Accepter de travailler pour Philipp, même s'il m'avait un peu forcé la main, n'impliquait selon moi aucun engagement durable. Mon attention quitta cependant le dossier lorsque Philipp revint sur mes propos précédents qui avaient eu pour simple but de lui faire comprendre qu'il n'avait pas à se mêler de mes affaires et de mes relations avec la Mafia. Je l'écoutai posément. Froidement aussi. Seule l'ombre d'un sourire éclairait mon visage impassible. Tu n’es pas n’importe qui Alexei alors non, ton efficacité et tes résultats ne sont pas tout ce qui m’intéresse. Avec toi rien n’est aussi simple et c’est pourquoi je ne veux pas me contenter de ce que tu veux, d’autant plus qu’à présent je connais la précarité d’un accord avec toi. […] Je sais très bien que tu serais parfaitement capable de leur faire gober que c’est une infiltration, bla bla bla, mais je peux aussi m’arranger pour qu’ils croient que tu n’es qu’une balance. Alors joue pas au con avec moi, pas une nouvelle fois en tout cas. Je le regardai sans ciller. Il pensait que j'avais autant changé ? Que je me souciais réellement de ma famille, et plus particulièrement de ma Valentina si vulnérable et naïve ? Il ne se trompait certes pas vraiment, mais il ne devait absolument pas me sous estimer. Je savais jusqu'où je pouvais m'engager pour protéger ma sœur, mais je savais aussi m'en détacher. Elle était actuellement l'une de mes faiblesses – pas la seule, donc – mais ça pouvait toujours s'arranger. Je n’ai personne que tu pourrais tuer pour m’en dissuader, ni toi ni tes amis de la mafia. Ce qui n’est pas ton cas apparemment… Une seconde s'écoula. Puis une autre. J'organisai mes pensées avec cette minutie qui me caractérisait en temps normal. Ma respiration était régulière, j'analysais froidement ce qu'il voulait me dire, me faire comprendre, mais surtout j'analysais ce qu'il pensait savoir sur moi et sur quelles faiblesses il pensait jouer. Et me voir jouer. « Le meurtre n'est pas la seule solution que je vois pour te faire comprendre que la balance n'est pas penchée en ta faveur, Philipp. Tu sais comment je fonctionne : l'appât du gain. Tu sais comment me maîtriser plus ou moins : l'argent que tu vas me verser sur ce compte. Mais n'essaye pas d'improviser. » Je lui concédai à nouveau un petit sourire narquois. « La trahison est dans les gènes des Ivanov, et la Mafia a appris à jouer dessus. Ils savent que je n'ai pas la même conception d'eux que la loyauté. Tu penses qu'ils n'apprécieront pas me voir travailler pour un autre ? Tant que ça ne les dérange pas, tant que je ne cause pas de problème vis à vis d'eux, ils ne réagiront pas. Ils ne peuvent pas me contrôler, et ils savent que s'ils tentent de le faire, ils s'exposent à de graves représailles. » Freyja Philipp ne pouvait pas savoir que j'avais séduit une vampire. Ou le contraire. L'important était le résultat : Freyja se nourrissait sur moi depuis quelques jours, et en contrepartie elle comblait le manque que la drogue qu'était son sang avait créé en moi. « Et je te conseille de faire comme eux. » Menace ? Non. Si peu. Juste un conseil. Un petit conseil pour qu'il arrête de me menacer. « Tant que j'exécute tes ordres, tant que j'exécute les leurs, je pourrais vendre des informations à une dizaine d'autres organisations que ça ne serait pas gênant et ne te regarderait pas, Philipp. Inquiète toi plus pour ta vie le jour où tu menaces la mienne. Parce que tout accord deviendra caduc, et tu me connais suffisamment pour savoir que te mettre une balle dans la cervelle ne posera aucun problème à ma conscience. » Ma voix n'avait pas tressailli, et je donnais très certainement l'impression d'être en train d'énumérer ma liste de course vu l'absence totale d'inflexion du ton pendant que je disais ça. « Je propose que cela mis au clair, on reparle de cette Lasalle qui visiblement te pose plus de problèmes que moi. »

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MessageSujet: Re: « La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. » [Livre II - Terminé]   Sam 22 Fév - 13:46


Alexei m’agaçait et s’attirait mon mépris quand bien même cela ne l’atteindrait jamais. Si pour ma part j’étais détaché de mes semblables, j’avais une vision de ce monde qui bien que me libérant peu à peu du carcan de la religion extrémiste me faisait conserver quelques principes. Mais lui l’était davantage, avec ses propres principes bien irritant tel qu’une conception propre de la loyauté. L’essence même qui animait la plupart des mercenaires, utiles mais sans foi quelconque sinon celle de l’argent. Je ne valais peut-être pas mieux que lui, mais au moins j’estimais ne pas agir pour mon intérêt propre mais pour l’intérêt commun, pour l’Humanité.

Tu me conseilles, toi ? dis-je d’un ton plein d’ironie en émettant un bref ricanement en m’allumant une clope. Je savais qu’Alexei était comme le vent, incontrôlable mais que l’on pouvait parfois diriger.

La mort ne m’effraie pas Alexei, de ta main ou d’un autre. Contrairement à toi je n’agis pas pour mon intérêt propre.dis-je après sa dernière menace. Mais cela tu ne peux le comprendre j’imagine. dis-je encore alors qu’il voulait clore ce sujet. Je pouvais lui laisser cette petite victoire, j’aurais d’autres occasions d’aborder à nouveau ce sujet avec lui, qu’il le veuille ou non.

Effectivement, elle est bien plus dangereuse que toi. Si ce que nous avons à son sujet se confirme elle pourrait représenter un risque majeur. C’est pourquoi je veux que tu collectes autant d’informations qu’il te sera possible à son encontre. dis-je captant son regard sur mon bureau. Etait-il en train d’essayer de collecter des infos sur les dossiers se trouvant devant moi ? L’enfoiré ne manquait pas d’air. Aussi je rassemblai toute la paperasse qui s’y trouvait avant de tout placer dans un de mes tiroirs, afin qu’il ne reste rien d’important entre nous.

Tu auras ton argent dans deux semaines, si tu remplies ta part du contrat. lui dis-je avant de poser une question d’un tout autre sujet après avoir remarqué un tout petit détail sur mon interlocuteur.

Aurais-tu des contacts parmi les vampires par hasard ? demandai-je innocemment, doutant qu’il mette plus de quelques secondes avant de comprendre la raison de mon interrogation.

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MessageSujet: Re: « La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. » [Livre II - Terminé]   Mar 25 Fév - 10:37

« La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. »




J’avais préféré régler rapidement cette affaire, et que tout soit bien clair entre Philipp et moi. Il n’était pas question qu’il y ait sur ce plan là de faux semblants, il devait savoir que ma loyauté allait, par la force et peut être par… hum… sympathie, à la Mafia. Et il devait aussi savoir que s’il me gênait, ça ne me poserait aucun problème de l’abattre. Tu me conseilles, toi ? Je ne répondis pas à ce sarcasme, préférant orienter à nouveau la discussion sur mon nouvel objectif, cette Pandore. La mort ne m’effraie pas Alexei, de ta main ou d’un autre. Contrairement à toi je n’agis pas pour mon intérêt propre. Mais cela tu ne peux le comprendre j’imagine. En effet, je ne pouvais pas le comprendre. Mais je n’allais pas non essayer, ni relancer la conversation qu’il achevait de clôturer par ces mots. Effectivement, elle est bien plus dangereuse que toi. Si ce que nous avons à son sujet se confirme elle pourrait représenter un risque majeur. C’est pourquoi je veux que tu collectes autant d’informations qu’il te sera possible à son encontre. En parlant de collecte d’informations, mes yeux enregistraient tout ce qu’ils pouvaient décrypter et lire. Philipp s’en aperçut, de toute évidence, puisqu’il commença à ramasser ses papiers et à les ranger dans un mouvement qui me tira un petit sourire. « Je vais voir ce que je peux faire, niveau collecte des informations. J’imagine qu’il faut mieux qu’elle ne se doute de rien. » Au moins, si Philipp pouvait douter de l’exclusivité des informations que j’allais lui fournir – comme pour Scott, j’allais très certainement les faire transiter par la Mafia pour vérifier que ma cible n’était pas sous leur protection, au moins il devait avoir la certitude que, comme toujours avec moi, le travail allait être fait à la perfection et que je n’allais pas le bacler. C’était déjà ça pour lui. Tu auras ton argent dans deux semaines, si tu remplis ta part du contrat. J’allais devoir me contenter de ça, de toute évidence, et mes revenus de mafieux me suffisaient pour vivre confortablement, additionné aux contrats que je prenais en tant que traducteur. Et ceux qui couplaient mes deux jobs, bien évidemment. J’allais me lever pour prendre congé de Philipp, puisque de toute évidence tout était dit, quand sa question m’immobilisa un court instant. Face à un civil, cet instant serait passé inaperçu, mais je me doutais bien qu’il n’avait pas échappé à Philipp. Aurais-tu des contacts parmi les vampires par hasard ? Une fraction de seconde : c’était ce que j’avais pour réfléchir à une réponse satisfaisante. « Il se pourrait bien, mais pas des contacts volontaires dans tous les cas. » Vraiment ? Pas des contacts volontaires, bien sûr. Avec Constance, j’avais été contraint par la Mafia de m’y rendre. Freyja… C’était autre chose. Mais là encore, ce n’était pas de mon fait, mais surtout du sien. De toute manière, Philipp allait devoir se contenter de cette réponse, puisque d’après mes souvenirs, il n’allait pas apprécier que je sois une pomme de sang plus ou moins volontaire d’une vampire centenaire. « Une entrevue qui a mal tourné, rien de grave. » Je parlais de Constance, bien évidemment. Un vrai mensonge ne tenait que s’il était partiellement vrai, et là, la seule différence entre la vérité et le mensonge, ce n’était qu’une petite incohérence chronologique. Mon regard se durcit alors que j’étais à présent debout. « Et qui ne vous regarde en rien. Vous n’aviez rien d’autre à me dire ? »

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MessageSujet: Re: « La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. » [Livre II - Terminé]   Mar 18 Mar - 10:43


Alexey était irrémédiablement un trou du cul qui attirait mon mépris. Il n’était qu’une girouette et j’avais horreur de cela car il demeurait de ce fait totalement imprévisible. Ajouté au reste de sa personnalité, l’ensemble faisait qu’il restait quelqu’un sur lequel avoir une quelconque emprise était bien difficile. Au fur et à mesure de nos rencontres je me demandais s’il était vraiment contraint de bosser pour moi. Peut-être n’était-il présent que pour glaner des infos et les transmettre à ces tocards de la mafia. Peut-être même qu’il était à la solde de quelqu’un agissant dans l’ombre. Alexei ne serait pas le premier soldat à être retourné.

Elle sait probablement que je suis sur ses traces. En fait c’est surtout pour toi qu’il vaudrait mieux qu’elle ne se doute pas que je t’envoie sur ses traces. dis-je en esquissant un sourire ironique. Si Lasalle était aussi puissante que certains le pensaient, Alexei pouvait bien se faire griller par elle que ça ne me ferait ni chaud ni froid.

Lorsque je lui avais posé ma question au sujet d’éventuels contacts vampires, je décelai la légère crispation qui fut sienne même si elle ne dura qu’une fraction de seconde. Je n’avais pas posé cette question sans raison, ayant aperçu l’espace d’un instant une trace de morsure. Tout comme Badenov il semblerait qu’il soit tombé dans la toile d’un vampire, à moi de déterminer à quelle hauteur.


Rien de grave… Pourtant tu portes une trace bien identifiable, une morsure de nocturne ne laisse aucune équivoque quant à la teneur de cette « entrevue ». dis-je en lui dévoilant volontairement l’indice à l’origine de ma question. Ses dernières paroles montrèrent qu’il ne souhaitait pas que je m’y intéresse davantage, ce qui ne fit que développer davantage ma détermination.

Rien d’autre que de te prévenir. En dépit de tes aptitudes je vais te faire surveiller, pour ta propre sécurité, ajoutai-je en souriant avant de poursuivre. autant que pour celles de nos concitoyens. Etant donné que tu n’es pas n’importe qui Alexei, ne t’attends pas à ce que je t’envoie de simples fonctionnaires, oh non. dis-je encore avant de me taire un instant et de m’allumer une clope.

J’avais un goût prononcé pour les partenariats confidentiels, ce que certains appelleraient du chantage. Si Alexei y était peu sensible, bien d’autres y succomberaient. Avec la Brigade, les candidats à un accord pour sauver leur cul ne manquaient pas, et pas que des humains et c’était justement là une carte non négligeable à jouer. Le russe m’avait déjà enflé par le passé, rien ne me garantissait pas qu’il en faisait tout de même aujourd’hui. Aussi me fallait-il prendre des précautions. Quoi qu’il en soit je décidai à présent de le congédier afin de mettre en branle mes idées à son sujet.


Tu peux y aller, on en a terminé pour aujourd’hui. Fais attention à toi, on sait jamais avec les vampires… dis-je en laissant volontairement ma phrase en suspens, un sourire plein d’ironie sur mon visage, clope au bec.

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MessageSujet: Re: « La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. » [Livre II - Terminé]   Mer 19 Mar - 23:27

« La trahison peut être le fait d'une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. »




Elle sait probablement que je suis sur ses traces. En fait c’est surtout pour toi qu’il vaudrait mieux qu’elle ne se doute pas que je t’envoie sur ses traces. Son petit sourire trouva un jumeau sur mes lèvres. J’acquiesçai devant la mise en garde, en la prenant pour ce qu’elle était et en ignorant des sous entendus probables. Nous parlâmes argent, et alors que je m’apprêtai à quitter la pièce, la question de Philipp concernant mes contacts avec les vampires me stoppèrent une fraction de seconde. Suffisamment longtemps malheureusement, pour qu’il le note. C’était logique, dans une sens, je ne le sous-estimais pas le moins du monde. Je l’assurai que ce n’était rien de grave, et certainement rien qui le concernait. Rien de grave… Pourtant tu portes une trace bien identifiable, une morsure de nocturne ne laisse aucune équivoque quant à la teneur de cette « entrevue ». Lâche moi. Ne t’implique pas dans mes affaires. Ne comprenait-il pas que ce n’était pas une simple demande de ma part, mais bien plus ? Un ordre, une injonction. Un conseil. Une menace. S’il n’avait rien d’autre à me dire, je comptais partir. Tout simplement. Rien d’autre que de te prévenir. En dépit de tes aptitudes je vais te faire surveiller, pour ta propre sécurité, autant que pour celles de nos concitoyens. Etant donné que tu n’es pas n’importe qui Alexei, ne t’attends pas à ce que je t’envoie de simples fonctionnaires, oh non. Il se tut et alluma une simple cigarette. Je le fixai un instant. Je posai le dossier sur la table, avant de m’appuyer, coudes verrouillés, sur son bureau. « Ecoute moi bien, Philipp. Si tu me fais surveiller, ce sera de la sécurité de tes fonctionnaires dont il faudra te soucier. » J’attrapai sa cigarette à deux doigts, l’écrasai sur ses papiers sans le moindre scrupule pour les marques de brûlé et l’odeur qui envahit la pièce avant de reprendre le dossier concernant la fameuse Lasalle, et fis un pas en arrière. « Ce que je fais, et les risques de mon métier ne regardent que moi. Si jamais votre Semi-Démon s’en prendre à moi, je ne viendrais pas vous demander de soigner tout comme je ne vais pas venir vous demander de me chanter une berceuse le soir, alors ne vous occupez pas de ce qu’impliquent mes autres contrats et tout se passera pour le mieux entre vous et moi. » Je terminai par l’ébauche d’un sourire, qui n’avait rien d’amusé. J’étais immensément sérieux, comme toujours. Tout comme j’étais direct dans mes propos. Pourquoi biaiser dans ces cas là, de toute manière. Qu’il sache que je laisserai sans le moindre scrupule des cadavres derrières moi, comme j’en laissais déjà assez régulièrement, s’il venait à vouloir me faire suivre ou surveiller. Tu peux y aller, on en a terminé pour aujourd’hui. Fais attention à toi, on sait jamais avec les vampires… Je levai les yeux au ciel en rejoignant la sortie. « Je sais très bien veiller sur moi, Philipp, ne t’inquiète pas pour ça. Inquiète toi plutôt pour tes hommes. Tous ces scandales… Il faut faire attention. Je te recontacte dès que j’ai des nouvelles, ce qui ne devrait pas tarder si je n’ai pas d’autres impératifs que je ne pourrais pas refuser avant ça. » J’haussai les sourcils, tirant légèrement sur mes manches, repositionnant mon col. « Et oublie ton idée stupide de me faire suivre. Tu n’as déjà plus beaucoup d’hommes. » Et prends moi au sérieux. Je sortis de la pièce en quelques pas.

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