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Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Mer 29 Jan - 17:45

Après avoir affronté Wolfheaven, il faudrait bien que j’affronte les rues mêmes de Glasgow. Un pas devant l’autre, tout doucement, je devais avancer. J’avais pris mon temps pour oser sortir de chez moi, arrêter de me confiner dans ma torpeur. La mort de celui qui a été pour moi comme un père m’a déchirée. C’est normal, vous en conviendrez. De plus que mes plans étaient enfin en bonne position. Lui a trahi, moi aussi. Même s’il ne le savait pas pour le moment. Il comptait me mettre à la place de Mary, avoir une petite Lupa dévouée qui lui ferait confiance les yeux fermés. Moi aussi je le voulais ce pouvoir. Je n’avais pas besoin de lui pour le prendre, je pouvais me débrouiller seule pour y accéder. Et détronner enfin la pourriture qui nous sert de chef. Jonathan s’est fait démasqué, mais ce n’est pas mon cas. J’avais plein d’espoir, oui je m’y voyais déjà. Puis tout s’est écroulé d’un seule coup. Ma vie, mon passé, tout ce qui me définissait alors. Brutalité de la vie. Je me sentais seule et démunie sans lui. Perdue au milieu d’un monde qui soudain me semblait lointain, hostile.

J’avais posé quelques j ours au boulot. Affronter les regards de gens qui ne pouvaient me comprendre, qui ne devaient pas comprendre. Cacher ma peine sous un masque de sourires et de sympathie. Je sais faire semblant, je mens à la perfection, mais là je ne peux pas. Je n’en n’ai ni le courage, la force, ni l’envie. Alors qu’est-ce que je fais de mes jours ? Je bois, je pleure, je chasse, j’essaye de me retrouver, acquérir ce self-control et cette confiance en moi qui m’ont toujours poussé vers l’avant. Vers mon avenir. Cet avenir que je pensais lumineux et glorieux, mais qui s’assombrit de jour en jour. Tout me semble flou, indéfini.

Je tourne à gauche et m’arrête devant le feu rouge. Je ne sais pas où je vais mais rouler est une chose normale et il faut que je fasse des choses normales. Habituelles. J’ai pensé plusieurs fois aller à la Lune Bleue, c’était tentant, puis la peur ne ne pas tenir l’a emporté. Affronter les miens, peut être même les métamorphes, ce serait me jeter dans les enfers. Alors je roule dans les rues, je regarde les gens marcher. Je contourne l’hopital, pas envie de voir mon lieu de travail, mais alors vraiment pas. Je baisse la vitre et sors la tête dehors tandis que le feu repasse au vert. J’approche du lycée, la ruemeur des étudiants me parvient d’ici. Un coup d’œil sur l’heure : ils vont bientôt sortir. Le Lycée. Pourquoi pas ? Guetter les élèves à la sortie, analyser les odeurs de la foule… Déjà mieux que de tourner en rond au volant. Je me gare et marche cinq minutes. Je n’ai pas envie que l’on voit ma voiture, je veux me tenir en retrait.

Cependant au bout de quelques minutes, quelque chose attire mon attention et réveille ma curiosité. Non, pas quelque chose. Une odeur. Une métamorphe. Qui ne sait pas qui elle est. Ou du moins à l’époque. Je la cherche des yeux et la trouve rapidement. Pas beaucoup changé. A plusieurs reprises je me suis demandée ce qu’elle était devenue, et je n’allais pas rater l’ocasion de prendre de ses nouvelles. Alors qu’elle n’est plus très loin je l’interpelle. Pas très fort, mais assez pour qu’elle m’entende :

« Alexandra !? Alexis ! »
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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Mer 29 Jan - 23:11

Le bahut, les cours chiants, inutiles… Alexis ne savait pas vraiment pourquoi elle y était allée, ce jour-là. Ou plutôt si, elle le savait exactement : elle avait promis à Elliott. C’était pénible, d’obéir à son grand frère juste pour le rassurer. Elle aurait mille fois mieux préféré s’incruster dans une maison, ou se transformer et papillonner dans la nature… Mais non, elle avait été au lycée, s’était efforcée de maitriser son anxiété et de pas se transformer en plein milieu d’un cours, avait essayé de feindre l’attention quand elle ne faisait que s’imaginer ailleurs et inoffensive au lieu d’un danger.

Elle sortit précipitamment de sa salle de classe, se sentant étouffer. Non, décidemment, assister à tous les cours de la journée, c’était trop. Peut-être pourrait-elle essayer d’être scolarisée à domicile ? Elle avait vécu comme ça pendant six ans… Si l’on pouvait réellement dire que ses grands parents lui avaient enseigné quoi que ce soit. Bon, le problème se posait qu’elle n’ait pas de domicile. Mais elle fuyait déjà la famille d’accueil que l’on voulait lui imposer, et le ferait jusqu’à ce qu’elle soit majeure, pourquoi ne pas fuir en plus l’école ?

Bon, Elliott poserait problème. Mais il préférerait quand même l’avoir à l’œil, plutôt que de la pousser à couper les ponts. Enfin, à supposer qu’elle ait la force de réellement couper les ponts… Et d’arrêter entièrement d’aller en cours. Foutue conscience, foutue sens du devoir !

Toute à ses pensées, et à son désir de s’éclipser au plus vite, elle manqua de se cogner à un élève plus grand et costaud qu’elle, et tomba, s’égratignant les mains pour l’éviter, provoquant les rires. Sentant la colère venir, elle se releva prestement, et repartit d’un pas leste. S’isoler, fuir, déposer ses affaires dans un coin où elle savait qu’on ne les prendrait pas, et arpenter la forêt sous forme animale. C’était nécessaire. Plus fort que sa peur, son désir d’évacuer toutes pensées néfastes pour la vaincre. Elle relativisait bien mieux en volant, invisible en pleine journée, dans le ciel.

Seulement, si les choses ne se passaient que comme on le souhaitait, ça se saurait… La jeune femme marchait vers l’appartement de son frère pour y déposer ses affaires et un mot, quand elle fut appelée de quelque part. Qui pouvait donc bien l’appeler ? Son frère était au travail, elle évitait soigneusement Alois, elle avait dit à ses amis par message pendant le cours qu’elle voulait être tranquille et ils le respectaient généralement… Au delà du fait qu’elle ne voyait pas la personne qui l’appelait, elle l’avait appelé par son prénom. Son vrai prénom. Et ça, ça perturbait Alexis. Ca la perturbait, et la dérangeait. Ca l’apeurait, même. Le tigre en elle était près à bondir sur celle qui l’appelait ainsi, et le souffle de la jeune femme se raccourcit, la faisant respirer très, trop, rapidement pour se calmer. Elle paniquait, pensant que quelqu’un de son ancien quartier la cherchait. Pour continuer ce que ses grands-parents avaient commencé.

« Madame Seymour… »

Elle se souvenait à peine que la jeune infirmière l’avait sommée de l’appeler par son prénom, à l’hôpital, bien trop perturbée actuellement. Et pourtant, alors que l’appel de la transformation se faisait plus pressant, elle restait là. Pourquoi se sentait-elle proche, d’une certaine manière, de cette femme ? Elle avait senti qu’elle était… différente. Mais quoi exactement ? Alexis n’en avait aucune idée.

« On peut s’éloigner ? S’il vous plait. »

Elle aurait voulu lui demander de partir dans la forêt, mais Ashleigh n’aurait pas compris. Elle n’aurait pas pu. Comment pourrait-elle imaginer la panique qui saisissait l’enfant, qui venait de voir une vanne sur son passé s’ouvrir, et le vivait mal ?

« Et c’est Alexis. Alexandra n’existe pas. »

Elle avait parlé brusquement, plus qu’elle ne l’aurait voulu. Elle avait du mal à garder son calme. Elle avait tout autant de difficultés à ne pas s’enfuir en courant pour aller se transformer. La façon dont elle l’avait dit trahissait toute sa difficulté à composer avec cette partie là de son passé, exacerbée par la disparition de ses parents adoptifs, il y avait pas si longtemps…

« J’suis désolée, c’est pas méchant. J’suis juste… pas douée. »

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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Ven 31 Jan - 11:33

Alexandra. Ou Alexis, je ne sais plus trop. C’est pour cela que je l’ai appelé par ces deux prénoms. La seule métamorphe que je peux supporter. Il y a Duncan, aussi, mais lui c’est un amant secret et il ne fait pas partie de l’alliance. Alexis, elle, je l’ai soignée à l’hôpital. Quand elle est arrivée, ma louve a immédiatement senti la métamorphe qui se cachait mais je me suis rendue compte qu’elle ignorait pas mal de choses. Elle ignorait – à l’époque en tout cas – qu’il y en avait d’autres comme elle, et même si elle a du sentir que je n’étais pas « normale », elle n’a pas su déterminer que j’étais Lycanthrope. Ensuite, je l’ai très vite perdue de vue mais je m’étais quelque peu attachée à elle, ou elle était attirée par moi, peut être parce qu’elle sentait qu’il y avait quelque chose en moi. Bref, quand, à la sortie de Lycée j’ai senti son odeur puis appercu son visage je n’ai pas hésité à la héler. Pourquoi ? Bonne question. Peut être… Un besoin, une envie de parler à quelqu’un qui n’évoquerait ni le boulot, ni la meute. Une jeune femme innocente, inconsciente des troubles que je pouvais traverser. Et puis qu’était-elle devenue ? Elle avait continué sa route, bientôt elle quitterait le Lycée.

En entendant ma voix elle paniqua. Pourquoi donc ? Puis elle me vit et s’approcha. Madame ? Elle m’appelait Madame ? J’avais vraiment une tête à ce qu’on m’apelle madame ? Je lui répondis, amusée :

« « Ne m’appelle pas Madame, je vais avoir l’impression d’avoir quarante ans… »

Elle me demanda ensuite si on pouvait s’éloigner.

« « Bien sûr »

Je lui pris le bras et me dirigeais vers une petite ruelle adjacente au Lycée. Déserte. Ici elle pouvait parler. Pourquoi était-elle ainsi ? Je n’aurais imaginé que me revoir la mettrait dans un tel état… Apparament, j’avais raté un épisode. J’avais rencontré de nouveaux loups à Wolfheaven un jour qui avaient un lien avec elle. Il me semble même qu’ils étaient ses anciens parents adoptifs. Ses paroles suivantes finirent de m’intriguer. Alexandra n’existe pas. Ce ne serait pas plutôt Alexandra n’existe plus ? Je suis pourtant sûre qu’elle s’appelait Alexandra… Mais bref, passons, sa vie devait être encore plus complexe que la mienne. LE ton brusque de sa voix me surprit aussi. Elle se reprit quelques secondes plus tard, me disant qu’elle était désolé, qu’elle n’était pas douée.

« « C’est moi qui suis désolé, euh… Alexis. Je débarque comme ça devant ton Lycée, ca a du te surprendre. J’espère que ce ne va pas te poser de problème que je t’ai appelée Alexandra. »

Je fis une petite pause avant de reprendre :

« Comment vas – tu ? Cela faisait longtemps que je t’avais perdue de vue, alors quand je t’ai apercue, je me suis dit que je pourrais prendre de tes nouvelles. »
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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Dim 2 Fév - 22:08

Alexis s’efforçait de s’enjoindre à se calmer : elle n’avait aucune raison d’avoir peur de la jeune femme en face d’elle. Elle ne lui avait jamais fait aucun mal après tout. A l’hôpital, elle s’était efforcée de s’occuper correctement d’elle, et de la mettre en confiance. Simple conséquence de son métier, ou résultat du fait qu’elle se retrouvait face à une adolescente blessée et démunie, résultat du fait qu’elle soit Métamorphe ? La petite luciole n’en savait franchement rien, pas plus qu’elle ne comprenait sa propre curiosité à son sujet. Mais elle était persuadée qu’elle ne lui voulait pas de mal. Elle sourit, confuse, se grattant le haut de la tête en même temps – preuve de sa gêne d’avoir réagi ainsi à tort.

Elle baissa les yeux, en l’entendant, même si l’adulte n’avait pas l’air de mal le pendre. Elle avait encore gaffé ! Décidément… Elle était confuse, malgré le ton amusé de son interlocutrice. Elle s’efforça de sourire, quelque chose qui était à mi chemin entre ça et la grimace se plaquant sur ses lèvres. La pression et la peur se relâcha, alors qu’elles s’éloignaient dans une ruelle déserte. Ici, elle se sentirait moins oppressée et bouleversée.

« Désolée ! Mais vous faites pas du tout vieille, vous êtes même très belle et très jeune ! Merci, en tout cas. D’avoir bien voulu s’éloigner un peu. »

Elle grimaça en l’entendant prononcer à nouveau son prénom. C’était pas le lycée, le problème. Bon, ça l’avait surprise, de la voir alors qu’elle l’avait pas vue depuis l’hôpital, qu’elle l’avait même un peu évitée parce qu’elle était perturbée de se sentir attirée par elle parce qu’elle était différente, mais aussi parce qu’elle savait son vrai prénom, et peut-être même son nom d’avant qu’elle ne soit adoptée.

« Non, je… C’est… Me voir au lycée c’est ok. Ça m’a surprise mais c’est pas un soucis. Mais… C’est Alexandra. Je… Personne connaît ce prénom sauf… Euh… »

Elle balbutiait, elle ne trouvait pas ses mots, elle perdait le sens de ses phrases. Elle voulait pas passer pour une adolescente terrifiée que le moindre nom devait sursauter. Elle voulait pas reconnaître, surtout, être encore très marquée par les sept années de maltraitance qu’elle avait subies. Elle se souvenait parfaitement de sa terreur quand Alois avait essayé de la forcer à l’embrasser et de la frapper, ramenant dans sa mémoire le souvenir vif de son grand-père la frappant et l’empêchant de manger… D’ailleurs, c’était sûrement dans son dossier médical. Elle avait du aller se faire consulter à l’hôpital d’Edimbourg quand ses grands-parents avaient été placés en maison de retraite, juste pour vérifier qu’elle n’avait pas trop de dégâts à cause de ça.

« Mes grands-parents et mes anciens voisins. »

Elle avait un peu pali, et parlé d’une voix incroyablement basse. Elle n’était même pas sûre qu’elle ait été audible. Quand la louve changea le sujet, la luciole sauta sur l’occasion. Elle s’enfonçait et amenait des sujets indésirables, et ne souhaitait pas du tout poursuivre dans cette direction.

« Ça va… J’ai un peu de mal. Avec les cours. C’est compliqué. Mais ça va. Et vous ? Vous allez bien ? »

Inutile de dire que c’était parce qu’elle ne tenait pas en place, et n’avait jamais aimé l’école, qu’elle trouvait les cours compliqués. Qu’elle avait peur de la promiscuité avec les gens normaux, et peur de les blesser. Ashleigh pouvait pas comprendre, de toute façon, c’était sûr.

« Oui, c’est… compliqué, en ce moment. J’ai pas trop de temps. »

C’est sûr que voler les gens et dormir chez eux pendant leur absence la journée, ou dans la forêt la nuit parfois, ou ne pas dormir la nuit et la passer sous forme animale, ça laissait peu de temps pour voir les gens.

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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Mer 5 Fév - 13:15

Ne me demandez pas pourquoi j'aime bien cette métamorphe. C'est vrai, après tout je déteste le trois quart des gens de cette espèce. Elle m'a attendrie, je ne sais trop pourquoi, peut être parce que c'était l'époque où j'arrivais juste en écosse, où je prenais doucement mes marques. Puis elle est solitaire, comme je l'ai déjà dit, alors elle ne peut pas savoir que normalement nous ne devrions pas trop nous entendre. Ajoutez qu'en ce moment rien ne va pour moi, pouvoir parler de tout et de rien avec une jolie Lycéenne ne peut me faire de mal.

N'empêche qu'elle ne semblait pas à l'aise. Vraiment pas à l'aise. Je la conduisis donc vite dans un coin isolé, et quand je changeais de sujet elle eut l'air beaucoup plus à l'aise. Apparament je réouvrais un page de sa vie dont elle ne voulait plus entendre parler. Quand je l'avais soigné, j'avais vu qu'on l'avait maltraité, mais je n'ai pas cherché plus, je n'étais pas de ce genre. Sa vie ne me regardait pas, ca ne lui aurait pas plus. Moi aussi j'avais un passé, des antécédents que je voulais enterrer le plus profond. Portsmouth, Alexander... Au fond la mort de Jonathan pourrait m'y aider. Il était le seul, le seul à tout savoir. Lui qui m'a offert de faux papiers pour que je puisse continuer ma vie et m'éloigner de ma jeunesse, de ce nom de Donovan. Maintenant plus personne ne savait, à part peut être Hayden, mais ca ne comptait pas. La mort de mon mentor m'offrait-elle la possibilité de tourner définitivement le dos à ce que j'avais vécu là bas ? Je ne sais pas. Mon demi-frère vit toujours, il est là, en écosse, il me croit morte mais moi je sais qu'il respire. Je n'arriverais pas à oublier cela. Pas jusqu'à ce que je me sois vengée.

La réponse d'Alexis me ramena à la réalité. Elle avait du mal avec les cours. Moi, tout cela me semblait loin, très loin... Mes études. Encore et toujours, cela me mène à Samuel, mon beau père, et Alexander, mon demi-frère. Et ma mère. Sans commentaire. Je passai une main de mes cheveux comme pour m'ébrouer avant de prendre la parole.

"Ah les cours, tu sais... Moi, bon, on ne peut pas dire que j'aille très bien, mais je ne vais pas t'embêter avec ça..."

Oh non je n'avais pas envie de parler de moi. Pas du tout. J'avais mal et si je pensais à la douleur tout allait déraper. La métamorphe me confia que la situation était compliqué pour elle. Se doutait -elle à quel point je pouvais la comprendre ? Qu'elle pouvait toujours se confier à moi, que nous avions de nombreux points communs du fait de notre nature ? On dirait que non. Ou alors elle n'en n'avait pas envie. Dans ce cas là je ne pouvais lui en vouloir. C'était son droit. Simplement, elle le pouvait. Elle pouvait me parler si elle le souhaitait.

"Je vois. Tu sais je comprends si tu ne veux pas trop me dire de choses. Mais tu peux me parler, je ne suis pas du genre à répéter ce qu'on me dit."

Bon, ca pouvait lui paraitre assez énigmatique, mais je ne pouvais faire plus explicite sans en dire trop.
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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Jeu 6 Fév - 23:49

Ashleigh ne questionnait pas Alexis sur la gêne dont elle faisait preuve, et la petite luciole lui en était reconnaissante. N’importe qui aurait pu sauter sur l’occasion pour la mettre mal à l’aise, lui voler des révélations, l’importuner peut-être. Mais pas l’infirmière. Etait-ce parce qu’elle en savait plus sur la jeune Lindon, de par son dossier médical ? Etait-ce parce qu’elle avait compris combien elle était fragile, quand elle l’avait rencontrée à l’hôpital ?

Alexis n’en savait rien et n’y pensait même pas. Elle se contentait d’apprécier l’attention dont faisait preuve la jeune femme en l’écoutant et en ne remettant pas en cause ses demandes, en cherchant simplement à la mettre à l’aise. Elle ne la remercia pas pour autant. Non pas qu’elle n’en avait pas envie, mais qu’elle n’avait aucune idée de la façon de le formuler sans mettre davantage en évidence ses peurs. Comment aurait-elle pu en avouer plus ? Elle en avait déjà trop dit à son goût, en évoquant le fait qu’elle avait associé ce prénom à ses grands-parents.

Elle sourit maladroitement, fixant Ashleigh de manière qui aurait pu paraître déplacée, si la confusion ne se lisait pas sur le visage de l’adolescente, aux côtés de la maladresse et l’incapacité de savoir quoi dire. Elle avait encore du mal, parfois, avec les interactions sociales même si ses nouveaux parents l’avaient aidée au mieux et qu’elle avait quelques amis.

« Je… » suis là si tu veux parler ? Elles se connaissaient à peine, et il aurait été maladroit pour la jeune fille de dire ça à son interlocutrice. Elle le pensait, mais… Et si elle la prenait pour une hypocrite ? Elle prit une grande inspiration, et se força à parler. « Euh… Je sais que ça va pas sembler sincère, mais je suis là si tu veux parler. C’est plus facile de parler à une personne qu’on connaît moins, des fois. Et puis, je sais pas ce qui t’arrive, mais je connais personne que tu connais, alors j’aurai personne auprès de qui trahir ce que tu me diras, si ça peut te rassurer… Mais t’es pas obligée. Mais je suis là. »

Elle soupira, se frottant la nuque, gênée d’avoir prononcé de telles paroles dignes du Dalai Lama, en priant pour ne pas gêner Ashleigh à son tour. « Mais t’es pas obligée, je veux pas te mettre mal à l’aise. Et euh… Pour parler, c’est… Du passé, c’est ok, ça va, c’est pas nécessaire. Mais c’est gentil. Enfin, tu parlais peut-être pas de mon prénom ? »

Elle rougit légèrement. Evidemment qu’elle parlait pas de son prénom. Elle n’avait pas compris en premier lieu, mais elle parlait de ce qui était ‘compliqué’. « C’est… compliqué. » Elle eut un rire nerveux : elle l’avait déjà dit, ça. « Enfin, je… C’est mes parents adoptifs. Ils ont disparu. Y’a six mois. Et s’ils nous ont pas recontactés à mon frère et moi, j’ai peur que… Qu’ils soient morts. »

Elle tomba dans un mutisme certain, perturbée d’avoir enfin dit les choses. A quoi cela lui servirait ? A rien. La femme en face d’elle ne pouvait de toute façon pas les connaître, c’était évident. « Et euh… Je suis dans une nouvelle famille, mais je les aime pas. »

Bien, le mensonge. Dire qu’elle y était encore. Un moyen de faire croire que tout allait bien, si elle cherchait un peu plus loin. Ashleigh n’en avait rien fait, mais elle travaillait pour un hôpital, elle était liée aux services sociaux dans la tête d’Alexis.

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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Sam 8 Fév - 13:56

Pourquoi ? Pourquoi chaque discussion que j'ai en ce moment doit-elle me remettre en mémoire mon passé et... La mort de Jonathan ? Ne peut on donc jamais parler d'autre chose ? La vie est elle si vide de sujets positifs ? Je n'en peux plus. Toutes ces pensés qui occupent ma tête depuis cette soirée, tout ce qui remonte à la surface, j'ai envie à chaque instant de courir loin, le plus loin possible, me cacher et ne plus jamais voir personne... Si dans ce monde aujourd'hui il n'y a que la mort et les désirs de vengence qu'on ne peut accomplir, si dans ce monde l'avenir ressemble tant au passé, alors à quoi sert-il de vivre ? Vivre si à chaque fois que l'espoir apparait enfin il s'auto-détruit immédiatement ?

Je n'ai pas envie de parler et pourtant l'envie de vider mon sac et grande. Crier toutes mes peines, mes ambitions, mes désirs non assouvis... Alexis me propose de parler. De lui dire. De me confier. Après tout pourquoi pas ? Elle ne sait rien, elle est fragile et peut être savoir qu'elle n'est pas la seule à avoir des soucis lui ferait du bien. Comment je parle ? Ce n'est pas moi la psy normalement !

Je réfléchis un long moment. Je ne m'attendais pas à ces paroles, mais elles ne me dérange pas. Au contraire. Le tutoiement qui va avec me met de suite un peu plus à l'aise. Au fond, il n'y a rien de mal à faire cela. A lui dire un peu plus ce qui ne va pas. Peut être est-ce de cela dont j'ai besoin. Si l'on ne peut parler d'autre chose que du négatif, alors autant lui faire part de mes troubles à moi. Je finis par répondre à la métamorphe :

"Eh bien... Je... L'une des rares personnes qui compte pour moi est morte il y a quelques jours et... Je ne m'y attendais pas... En plus elle est morte sous mes yeux et je n'ai rien pu faire."

Je fais quelques pas dans la ruelle, comme si marcher m'aidait à mieux amortir le coup. J'étais contente qu'elle m'est proposé de parler. Même si ce n'était pas facile. J'espère qu'elle ne croirait pas m'avoir blessée, c'est juste que de dire les choses comme ca, telles qu'elles sont à haute voix... Ca me fait bizzare. Comme si j'osais enfin affronter la vérité. Comme si j'osais enfin affronter le monde sans lui. Le monde tel qu'il est à présent, celui dans lequel je vais devoir vivre. Jamais plus je ne serais auprès de lui. Jamais plus je n'entendrais sa voix et ne sentirais son odeur. Son odeur que j'amais tant.

Alexis aussi était toujours embétée. Ca me génait. J'avais l'impression que quelque part c'était ma faute, que je n'avais pas su la mettre à l'aise. Elle me confia que ses anciens parents adoptifs avaient disparus. Elle les croyait morts. Que faire ? Lui dire ? Lui dire que c'était sûrement eux qui avaient rejoint la meute il y a six mois ? Même si je décidais de lui dire, comment m'y prendre ? C'est Alexander qui est doué pour les discours, pas moi. Comment aussi lui faire comprendre, que, même s'il étaient en vie, il est normal qu'ils soient passés pour mort ? Que désormais leur famille était la meute, qu'ils le veuillent ou non ? Après que la jeune femme m'eut dit qu'elle n'aimait pas sa nouvelle famille, je me décidais à ouvrir la bouche, en parlant plus à voix basse.

"Alexis... Ce n'est pas sûr, je ne veux pas te donner de fausses idées mais... Il se peut qu'ils soient devenus des... créatures surnaturelles, et... dans ce cas, quand tu te transforme, tu es obligé de... d'être séparé de tes proches. Ce n'était peut être pas eux, mais il y a six mois, il me semble.. Enfin bref."

C'était confus, tout ça. Néanmoins j'espère qu'elle comprendrait ce qu'il fallait qu'elle comprenne. Elle devait bien savoir, au fond d'elle, elle devait bien sentir que j'étais surnaturelle et elle aussi. Elle, elle ne connaissait pas le moment où l'on change de nature, où l'on se rend compte que l'on n'est plus humain, car elle l'était déjà à la naissance. Mais moi oui.
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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Sam 8 Fév - 20:23

La petite se tut, attendant qu’Ashleigh reprenne la parole. La balle était dans son camp, et Alexis ne pouvait rien faire de plus que le lui proposer. Si elle lui disait non, eh bien… Elle n’insisterait pas. A quoi bon ? Elles n’étaient pas les meilleures amies du monde, elles n’étaient même pas amies tout court, et Alexis n’allait pas essayer de lui extorquer la vérité. Et puis, le dire une fois devait suffire, après tout. Elle devait avoir fait des études pour être infirmière, elle devait être intelligente, non ?

Le silence s’éternisait, mais ça ne dérangeait pas la changeuse. Elle se laissa nonchalamment tomber sur le sol, pendant ce temps, et se concentra sur les gens qui passaient. Elle essayait de les reconnaître à l’odeur, savoir si… s’il y avait des gens pas humains. C’était Roxie, qui le lui apprenait. Mais il y avait trop d’odeur pour qu’elle distingue quoi que ce soit. Elle plissa le nez, assaillie par tout ce qu’elle sentait, qui n’était pas toujours agréable. Son odorat était tellement brouillé que la senteur particulièrement d’Ashleigh passa inaperçu pour elle.

En revanche, elle la sentit parfaitement se détendre un peu. Elle sourit légèrement – très légèrement. Si elle n’allait pas bien, inutile de lui faire penser qu’elle se réjouissait de son mal être. Ça n’était pas du tout le cas, elle se réjouissait juste du fait qu’elle s’apprête peut-être à parler, et à se soulager elle-même du poids qu’elle faisait peser sur ses épaules.

« Je… Je suis désolée. Je sais que ça ne change pas grand chose, mais je le pense sincèrement. C’est… très dur, mais, euh… On fait avec. On n’oublie jamais, et on ne trahit pas les gens qu’on aime, mais on arrive à avancer. Un peu devant l’autre. Petit à petit. En tout cas, je… Moi, j’essaye. Je suis sûre que tu vas y arriver. »

Elle n’en savait rien, au fond, mais elle voulait y croire. Elle avait beaucoup d’empathie, et elle avait vraiment envie que son interlocutrice surmonte la douleur qu’elle devait ressentir. « Vous… Tu veux qu’on aille prendre un chocolat chaud ? Ca, euh, ça ira peut-être mieux un peu ? »

Un peu plus, et Alexis se serait décerné la palme de l’inutilité. Elle était réconfortée par le chocolat chaud, mais elle n’était pas une adulte, elle. Ashleigh n’en buvait surement plus depuis des années. Elle baissait légèrement la tête, se sentant un peu stupide, regardant la jeune femme bouger un peu. Elle ne la releva un peu brusquement, qu’en entendant les propos d’Ashleigh, choquée.

« Je… Ils… Nous… Ils ont pas disparu ? Je… C’est quoi leur nom… Pou… Pourquoi tu penses ça ? Ils sont comment ? Ils ressemblent à quoi ? Pourquoi ils doivent être séparés ? On peut les voir maintenant ? Tu peux nous les montrer ? Dis oui, s’il te plait ! Je… J’ai besoin de les voir… Et Elliott doit aussi avoir besoin… C’est mon frère, leur fils, le premier enfant qu’ils ont adopté… »

Elle s’était relevée d’un coup, manquant de tomber dans son empressement. Oublié, la peine d’Ashleigh, bien malgré elle. L’espoir qu’elle avait fait naitre balayait tout, y compris la suspicion qu’elle aurait du avoir, ainsi que le fait que si Ashleigh parlait de créature surnaturelle, c’est parce qu’elle les connaissait bien… Non, en cet instant, seule comptait cette information précieuse, porteuse d’un espoir qui avait déserté Alexis depuis un bout de temps déjà.

« Et euh… Ils sont… quoi ? »

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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Dim 9 Fév - 18:50

Je n'aurais pas du. Je ne faisais que des gaffes, en ce moment. Enfin s'il n'y avait que cela, la vie serait belle. Parler m'avait fait du bien sur le coup, mais maintenant je regrettais. Pourquoi ? Je ne sais pas. Il y devait y avoir tant de raisons possibles et imaginables, et pourtant aucune ne me venait à l'esprit. Je savais que je n'aurais pas du parler, c'est tout.

La petite métamorphe ne dut pas percevoir ma gêne, ou alors si, mais en tout cas elle essaya de.. me montrer qu'elle compatissait. Qu'elle compatissait ? C'était bien gentil, mais elle ne savait rien. Elle ne connaissait même pas l'homme en question, elle ne savait pas ce que représentait la meute pour les loups. Et la trahison. Ce n'est pas facile d'être la petite protégée d'un traitre. Ses paroles étaient emplies d'une sagesse que je ne lui imaginais pas. Comme quoi, ne jamais se fier qu'aux apparances. Peut être était-ce du vécu, je me doutais bien qu'elle avait eu une enfance difficile, et même maintenant encore. Vivre métamorphe quand on croit qu'on est la seule, c'est pas facile. J'allais lui répondre quelque chose, je ne sais trop quoi, mais elle repris la parole. Un chocolat chaud ? Ca me faisait bien rire, mais pour autant je ne disais pas non, même si pour ma part je prendrais autre chose.

"Pourquoi pas." Lui dis-je en essayant d'afficher un sourire malgré mon trouble.

Quand j'entendis ses paroles suivantes, je me mordis les doigts de plus belle. Ca non plus, je n'aurais pas du lui dire... Enfin maintenant je ne pouvais plus reculer. J'avais parlé, je lui avais dit, je devais en assumer les conséquences. Lui donner des réponses. Bien sûr je pouvais omettre des choses mais... Pas tout. Et je n'avais pas le coeur à mentir. Pas avec la mort de mon père adoptif. Pas à cette jeune fille innocente. Je lui devais la vérité sur ses parents adoptifs à elle. Alors quelles sont ses questions ? Elle en posait tellement d'une seule traite que je pouvais les retenir toutes. Ca devait être le choc. C'était compréhensible. Ils avaient du beaucoup compter pour elle, elle les coryait morts et... Plof, j'arrive et je lui dis que peut être je les connais, peut être que c'est eux.

"Ecoute je... je ne suis même pas sûre que ce soit eux. Je ne les ai rencontrés qu'une ou deux fois mais... Attends... James et Jill je crois, ou quelque chose dans le genre. Te les montrer, je n'en sais rien, je ne sais pas où ils sont. Mais si je les recroise je... Je leur parlerai de toi... et... Je pourrais essayer de te contacter pour que... Vous puissiez vous voir. Et tu sais... On ne choisit pas de devenir une créature surnaturelle, ca te tombe dessus et... Et puis tu dois t'adapter, tu dois faire avec."

Moi ca ne m'avait pas posé de problème. Au contraire. J'étais enfin libéré de ma "famille", de ce semi-enfer. J'avais la liberté, j'avais de la force, j'avais... des amis. Une famille, une vraie. Mais je sais que ca n'avait pas été comme cela pour tout le monde. Rien que les recrutements de masse de Jonathan, durant la guerre, pour combler nos pertes. Personne ne choisissait, non. Mais tout le monde devait faire avec. Personne ne peut renier sa nature. Je ne connais pas beaucoup James et Jill – si c'est bien comme cela qu'ils s'appellent- mais ils n'ont pas plus eu le choix qu'aucun loup de la meute.

"Bon, ce chocolat, on se le prend ?"
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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Ven 14 Fév - 23:30

Toute à sa tâche, Alexis occultait complètement les émotions que pouvaient ressentir l’infirmière en face d’elle. Il lui était difficile de chercher à la réconforter, et de vérifier l’effet que cela avait en même temps. Elle devait se dédier entièrement à ses paroles, si elle voulait qu’elles sortent correctement, et réussir à exprimer le fond de sa pensée. Elle avait très souvent du mal à se faire comprendre et devait donc se concentrer sur chacun des ses mots, et cela lui donnait un air décalé dont beaucoup de gens se moquaient, quand ils ne se moquaient pas de son air souvent craintif.

Elle ne prit qu’une brève inspiration, pendant qu’elle parlait, et finit par relever son regard vers Ashleigh, souriant faiblement. Ses propos avaient-ils eu un effet sur elle ? Avaient-ils, un minimum, permis de la réconforter ? Elle l’espérait. Elle sourit un peu plus franchement, en tout cas, quand Ashleigh se mit à rire.* Elle ne comprenait pas ce qui en avait été la source mais… si cela signifiait que l’ombre dans les yeux de la jeune femme devait se dissiper un peu, ça suffisait à la luciole.

Elle s’apprêtait à bouger pour se diriger dans un café suite à son approbation, cela avant le choc qu’elle allait provoquer par la nouvelle à laquelle la lycéenne ne s’attendait pas du tout. Ses parents. En vie. Des loups. En vie. Quelque part par là, cachés. Mais en vie. Elle rit nerveusement, prenant sa tête entre ses mains pour cacher ses réactions, avant de les enlever pour poser toute une flopée de questions, une fois le choc un peu dissipé. Elle ne prononça pas le moindre mot, alors que son interlocutrice répondait, en oubliant même de respirer. Plus important que d’insuffler de l’air dans ses poumons, en apprendre encore plus sur la potentielle survie de ses parents.

« C’est eux ! Je… C’est eux ! Ils existent. Ils sont vivants. Ils sont pas morts. Ils sont vivants. »

La petite était incapable de voir plus loin, les larmes de bonheur et d’inquiétude perlant à ses yeux. Elle se les essuya vivement – elle refusait de pleurer. Pas maintenant. Elle le ferait quand elle serait seule, ou avec son frère. Mais pas maintenant. Surtout pas maintenant. Elle s’efforça de se concentrer sur la suite des paroles, acquiesçant silencieusement, incapable de parler. Elle allait essayer de les voir, pour leur dire que… qu’elle les attendait. Elle eut spontanément envie de sauter au cou de la jeune femme, pour la câliner, mais elle s’abstient en se disant que ça serait probablement malvenu.

Elle avala malgré tout l’air qu’elle allait inspirer de travers, quand elle lui dit qu’on ne choisissait pas de devenir une créature surnaturelle, et qu’on devait s’adapter… Oui mais, elle, elle était née comme ça. Et, elle était surement pas la seule. Ou alors elle aurait été franchement bizarre…

« je… Personne nait comme ça, chez… vous… ce qu’ils sont ? Je suis née comme… »

Elle s’interrompit soudainement. Elle venait de se trahir, bien involontairement, et elle avait involontairement assimilé Ashleigh à… ce qu’était ses parents, sans même savoir ce qu’ils étaient. Peut-être qu’elle en était pas, et peut-être qu’elle savait rien d’Alexis. L’adolescente rougit de la tête au pied, manquant à nouveau de s’étouffer dans sa confusion, incapable de rajouter quoi que ce soit. Elle eut tout juste la force de dire « allons-y », entre deux quintes de toux, et d’emboiter le pas à Ashleigh.*

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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Sam 15 Fév - 13:35

[H-J] Pas de soucis, ca me va Very Happy

Si la nouvelle de savoir ses parents en vie pouvait lui faire plaisir, c'était déjà ca. En moi même j'étais un peu jalouse, bien qu'il n'y ait rien à envier... A part que moi, personne ne viendrait me dire qu'il était vivant, que je pourrais peut être le revoir, le sentir, lui parler... Non il n'y aurait personne pour venir me le dire. Et même si quelqu'un prononçait ces mots, je sais qu'ils seraient faux. Car il ne respire plus, il est mort, c'est fini, tout est fini à jamais. Mort. Jonathan Valentyne est mort. Est-ce seulement possible ? Je me surprends à douter de sa mort ! Pourtant Hayden l'a bien tué, il le remplace comme Ulfric, alors il ne peut qu'être mort... Oui il faudrait déjà que j'arrive à accepter ce fait. Il est mort et rien ni personne ne le fera revenir. Contrairement aux parents d'Alexis, mais ça, c'est une autre affaire.

Je la regardais avec une pointe de tendresse. Entre le bonheur et les larmes. Oui, c'était bien eux, James et Jill, les loups, la famille d'Alexis. Le choc que ca devait lui faire, la pauvre... Enfin au moins... C'était une bonne nouvelle. J'étais un peu génée, je ne savais trop que faire à présent, comment me placer par rapport à la jeune métamoprhe... A la fois je me sentais de trop et me retenais de la prendre dans mes bras. La prendre dans mes bras ? Je la connaissais à peine, et même si j'avais de l'affection pour elle, ce serait... déplacé. Alors je me contentais de lui sourire, l'un des premiers sourires que je faisait depuis cette terrible soirée. Pas que je sois heureuse actuellement, mais simplement que je ressentais le bonheur d'Alexis. Et je pouvais bien lui offrir ce petit sourire...Puis ses paroles suivantes me firent tiquer. Je ne lui avais pas précisé de race particulière, mais elle devait bien avoir une vague idée. Non, en effet, personne ne vivait comme ca chez les loups, ni chez les vampires, d'ailleurs. A la dernière seconde elle se rattrapa, in extremis avant qu'elle ne lâche qu'elle était née surnaturelle. Une fois encore, je ne savais que faire. Comment réagir. Est-ce que ca la gênerait que je lui dise, que je lui avoue que je la sentais, que je savais bien qu'elle était surnaturelle ? Elle devait bien sentir que je n'étais pas "normale".
Je m'accordais un temps de réflexion, temps pendant lequel je l'amenais jusqu'à un petit café, pas l'un des bars louches que je qu'il m'arrivais de fréquenter. Il n'y avait pas grand monde, ainsi je trouvais rapidement une table de deux et commandais.... Qu'est – ce que je peux bien commander ? Pas d'alcool, non, pas devant elle. Puis si je commencais, je ne pourrais pas m'arrêter. Alors un café, un grand café. Peut être même en prendrais-je un deuxième. J'avais faim et soif en permanence, mais en ce moment encore plus. Je devais aussi faire attention à ne pas me trahir face à la métamorphe, si j'engloutissais trop de choses elle devinerait que j'étais lycan. J'attendis qu'on m'amène ma commande avant de reprendre la parole. Bizarement, c'est comme si je me sentais mieux avec une tasse chaude entre les mains.

"Alexis..." Je parlais à voix basse, je ne voulais pas qu'on nous entende. "Tu dois bien sentir que... Je ne suis pas très normale alors... je... toi non plus. On est pas pareille mais... on se ressemble quand même un petit peu..."

Tout ca pour quoi ? Pour lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à se cacher ? Qu'elle n'avait pas à se cacher alors que moi, moi je n'avais aucune envie qu'elle sache ce que j'étais ? Bon, là, c'était raté.
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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Jeu 27 Fév - 17:56

Les émotions que ressentait Ashleigh dépassaient totalement Alexis. Elle était dans un tel état que, égoïstement, elle ne pouvait réellement se rendre compte de ce que ressentait l’adulte en face d’elle et de l’analyser. Elle lui avait dit, clairement, qu’elle n’allait pas bien. Mais la nouvelle, rassurante mais choquante, avait écarté tout ça. Bien involontairement, Alexis occultait ce qui se passait autour d’elle, bien trop absorbée par cet espoir minime apporté par ce qui venait de lui tomber dessus, et la réjouissait – tout en la faisant remettre en question l’attachement des Lindon pour Elliott et elle, les ayant laissés persuadés de leur mort depuis un an et demi maintenant… Mais ils étaient en vie. Ca voudrait dire que, peut-être, elle pourrait faire quelque chose. Les obliger à se confronter à elle. Quitte à en être blessée.

Elle finit toutefois par relever le regard vers Ashley, prenant conscience de son impolitesse et de son moment d’absence, rougissant légèrement. Elle n’aurait su dire réellement pourquoi, mais la tendresse qui se lisait dans son regard la toucha. Les gens auraient pu rester de marbre face au tumulte d’émotions qui secouait la petite métamorphe, mais ça n’était pas le cas d’Ashleigh. Alexis lui en était reconnaissante. Elle aurait pu ne jamais savoir, si elle ne lui avait rien dit. Et qu’en plus, elle soit… Elle était quoi, au juste ? Qu’elle ressente quelque chose face au bonheur de la fille des Lindon encourageait cette dernière à l’apprécier.

« Merci Ashleigh. Tu es quelqu’un de bien. Je… Sans toi, je n’aurai peut-être jamais su. Je… Si je te connaissais mieux, je te ferai un câlin pour te remercier, mais euh… Bon, c’est l’intention qui compte ? Je veux pas te gêner, mais… Je… Merci. Juste merci. »

Elle s’embrouillait, elle trouvait pas ses mots, et elle devait embarrasser l’infirmière, si ça se trouvait. Elle était vraiment vraiment pas douée, parfois. Souvent. Tout le temps, en fait. Elle aurait plutôt du dire que, parfois, par hasard, pas très souvent, elle visait juste, faisait et disait les choses biens, c’était plus correct. Le silence s’installa alors qu’elles marchaient. Mais il n’était pas dérangeant, pas oppressant, comme un silence annonciateur d’une mauvaise nouvelle, ou un silence stipulant que les personnes réunies n’avaient rien à se dire. Non, il était, voilà tout, et il semblait parfaitement normal. A quoi pouvait donc bien penser Ashleigh ? Alexis n’en avait bien aucune idée, mais elle semblait absorbée. Aussi, la luciole la laisserait prendre l’initiative de relancer la conversation.

Elle s’installa à la table choisie par celle qui l’accompagnait – simple mais confortable, pour autant qu’elle pouvait en juger au premier regard – tout en commandant un chocolat chaud, avec beaucoup de chantilly. Que voulez-vous, la gourmandise, ça ne se soignait pas… Elle releva la tête de sa tasse, analysant la meilleure façon de commencer à manger la crème fouettée sans passer pour une personne mal élevée, quand Ashleigh reprit la parole d’une voix très basse. Bah zut… Quelque chose n’allait pas ?

Elle était perplexe, mais ses paroles prirent rapidement sens dans l’esprit de la petite. Oh, elle aussi était… Enfin… Pas comme elle mais… Pas totalement différente ? C’est pour ça qu’elle avait su pour ses parents ? Alexis poussa un soupir de soulagement, sans même se rendre compte qu’elle avait retenu sa respiration bien que l’instant et ce qu’Ashleigh lui avait dit ait été incroyablement bref.

« Oh. Je… Je suis pas habituée à déceler, encore… C’est pour ça que tu sais pour papa et maman ? »

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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Ven 28 Fév - 16:40

C'est fou, au départ c'est moi qui avait abordé la jeune fille, c'est moi qui pensait que parler avec elle me ferait du bien. Et pourtant maintenant.... Je me sens génée. J'ai l'impression de lui dire des choses qui n'aurait pas du être dites. J'ai envie de partir, courir loin, commencer une autre vie. Tout oublier, tout recommencer à zéro. A un moment j'ai pensé que ma transformation me le permettrait. Qu'être une louve me ferait oublier Alexander, Samuel et ma mère. Mais non. Et on en revient toujours là, tout ramène toujours à mon passé. Moi j'ai envie de tout détruire mais je n'y arrive pas. Je fais tout de travers, en ce moment, et la cause je la connais. C'est d'autant plus embêtant car je sais que je ne peux rien y faire. Alors j'essaye de regarder Alexis en face, j'ai même l'impression que nous sommes toutes deux dans le même état. J'ai peur de mes propres mots. Peur des conséquences quand ils sortiront de ma bouche. J'essaye de me taire mais je n'y arrive pas. Il est trop tard de toute manière.

J'écoute Alexis. Peut être qu'écouter quelqu'un me fera arrêter de penser, même quelques instants. J'esquisse un sourire triste. Quelqu'un de bien ? Moi, vraiment ? Je crois qu'elle se trompe. Je les ai tous trahis, j'ai trahis la meute, ma famille, la seule et l'unique, la vraie. Je ne suis pas quelqu'un de bien. Mais ça, elle ne le sait pas, il ne faut pas qu'elle le sache, d'ailleurs. Je ne veux rien qu'elle sache pourtant je lui dis tout. Non, tu ne vas vraiment pas bien, Ash.

Le café me faisait du bien, on ne pouvait le nier. Quelque chose sous la main pour cacher mon mal être, ce n'était pas de trop. Une fois encore je maudissais les mots qui sortaient de ma bouche : essayer de tout lui dire en lui cachant l'essentiel. Totalement impossible, bien sûr. Et pourtant c'était ce que j'essayais de faire. La réaction d'Alexis ne se fit pas attendre, d'ailleurs. Elle poussa un soupir, de soulagement je suppose, avant de me répondre. Elle avait l'air à la fois génée et reconnaissante depuis toute à l'heure, à cause de ma maladresse, des choses que j'essayais de lui dire sans pour autant tout lui révéler. Des révélations peut être un peu brutales, sûrement même, et je venais d'en faire une nouvelle. Je bus quelques gorgées de mon café avant de prendre la parole, me demandant qu'est-ce que j'allais bien pouvoir lui dire cette fois.

"Oui, enfin... C'est un peu plus compliqué que ca. Je... T'inquiète pas, si t'arrive pas encore trop à... reconnaitre... Ca vient avec le temps."

Maintenant je voulais changer de sujet, essayer de détendre l'atmosphère peut être, mais je ne savais comment faire. Pourtant, en temps normal j'étais quelqu'un de sympathique, d'avenante, mais la mort de Jonathan avait changé tellement de choses en moi que j'en arrivais à me demander qui j'étais.
Je ne voyais pas quoi dire. Je n'attendais pas non plus une réaction de la part de la métamorphe, et moi j'avais l'impression de me trouver dans une impasse. Je me lançais finalement :

"Alors, elle est bonne cette chantilly ?"
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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Sam 8 Mar - 16:48

Qu’elle plante ses yeux dans les siens alors qu’elle fuyait son regard l’instant précédent perturbait la luciole, déjà peu sereine. Cette rencontre fortuite et tout ce qui en découlait était décidément bien étrange, et plutôt déstabilisant pour la fille des Lindon. Tout cela était déroutant pour elle, à vrai dire. Rencontrer celle qui l’avait vue incroyablement blessée après s’être faite attaquer par une créature dont elle ne savait toujours pas ce qu’elle était, l’avait soignée, l’avait démasquée et protégée peut-être sans même qu’elle n’en sache quoi que ce soit… Non, rien n’était normal, mais rien n’était pour autant aussi perturbant que ces yeux dans lesquelles une infinie tristesse pouvait être lue. Tristesse répercutée dans le sourire qu’elle lui offrit, ou qu’elle laissa échapper peut-être, en l’entendant.

Si Alexis était tout à l’émotion de savoir que ses parents n’étaient pas morts, peut-être, normalement, et encore avant ça à la peur que la louve avait éveillée en elle, elle était maintenant revenue sur terre, et l’état d’Ashleigh l’alarmait. Comment avait-elle pu ne pas remarquer qu’elle n’était pas dans son assiette ? Être égoïste au point de ne pas prêter attention à tout cela ? Elle qui se sentait maladroite et mal à l’aise déjà auparavant se sentait encore plus mal à l’instant. Elle méritait qu’Ashleigh lui crie dessus parce qu’elle ne pensait qu’à elle, et qu’il y avait bien plus malheureux sous son nez.

Elle aurait voulu aborder le sujet, mais n’avait aucune idée de comment le faire. ‘Bon je vois que ça va pas, alors dis moi tout ?’ Mauvaise idée. Elles n’étaient pas amies, et elle n’avait rien dit jusqu’à présent, qu’elle balance ça comme ça prendrait la louve par surprise, et pas une bonne surprise. Elle pourrait même s’étouffer de stupeur. Non, elle devait y aller doucement. Mais elle n’était pas vraiment douée pour ça, et ne savait absolument pas comment aborder une telle chose en douceur. Elle devait avoir l’air pensif, mais concentrée, elle ne se rendait même pas compte qu’elle empirait les choses. Elle sortit de sa sorte de transe, quand l’infirmière lui répondit. Ca venait avec le temps… ? Depuis combien de temps elle l’était ?

« Tu… as eu du mal ? T’es… née comme ça ? Ou non ? On peut ne pas naître comme ça ? Tu as réussi comment ? »

Même si Roxie l’aidait, c’était difficile, et effrayant. Est-ce qu’Ashleigh avait eu quelqu’un pour l’aider ? Pourquoi cette personne ne l’aidait pas à ne plus être triste, alors ? Sur l’impulsion, Alexis prit la main de la jeune femme sans bien savoir pourquoi – ça faisait du bien, non, de savoir que quelqu’un était là et voyait qu’on allait pas bien, même si ce quelqu’un savait pas pourquoi ou ne savait pas quoi dire ? Elle écarquilla les yeux en l’entendant questionner sur sa chantilly, et rit légèrement tant ça lui paraissait incongru après tout ce qu’Ashleigh venait de lui dire. Elle s’arrêta aussitôt en comprenant qu’elle ne voulait peut-être pas en parler. Le problème venait de… tout ça ? Elle aimait peut-être pas les changeurs comme elle ? C’était bien compliqué, délicat, et la luciole n’osait rien demander.

« Elle est super bonne ! Mais j’adore ça, maman en faisait tout le temps, avant que… »

Qu’elle ne disparaisse ? Qu’elle devienne loup ? Qu’elle m’abandonne. Elle ne prononça pas ces mots, mais ils vinrent dans son esprit de manière si forte qu’elle ne put retenir un hoquet de surprise et de tristesse. Mais elle ne voulait pas y penser. Elle devait changer de sujet. Et disserter sur la chantilly, mauvaise idée.

« Ca a quel goût, le café ? J’aime l’odeur mais… On m’a toujours dit que c’était amer, alors je sais pas trop si j’ai envie de goûter un jour… »

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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Mer 12 Mar - 16:06

J'étais mal à l'aise, à la fois pour la métamoprhe et pour moi même. Enfin, j'essayais de ne pas le laisser paraître, mais avec la mort de Jonathan je n'étais plus bonne à rien. Je m'en rendais compte et cela ne faisait qu'ajouter un mécontantement. Au début j'étais heureuse en voyant Alexis, je me disais qu'avec elle je pourrais parler d'autre chose, faire abstraction de mon malaise quelques instant mais tout se rejoignait toujours. Je savais qu'il fallait que je me relève, je savais que s'il avait été là, mon mentor nz m'aurait pas laissé faire, il m'aurait mis un bon coup de patte et son assurance m'aurait redonné plus ou moins d'aplomb. Mais le problème, c'est bien qu'il n'était plus là.

Je lui avais dit que je n'allais pas bien et elle n'avait pas insisté pour en savoir plus. Pour cela je la remerciais. Mais c'est vrai que nous nous connaissions peu, nous n'avions pas trop de sujets de conversation... Nous avions fini de parler de ses parents, elle savait tout à présent et en effet je la préviendrais si j'entendais parler d'eux à nouveau. Petite pensée égoïste également, pour elle qui avait cette chance d'avoir eu des parents aimants qui en plus sont toujours en vie. Mais si je commence à comparer ma vie à celle des autres, je ne vais vraiment pas m'en sortir. Je tiquais légèrement quand elle me demanda des précisions sur mon expérience de créature surnaturelle. Je me plongeais dans ma tasse de café et en bus une longue gorgée pour masquer mon trouble. Je n'avais pas envie de parler de cela. Pour moi... Tout n'avait pas été comme elle. J'étais à l'hoptial quand nous avions été attaqué. J'ai frôlé la mort puis j'ai fui. Mon beau-père, le seul homme pour qui j'avais de l'affection dans ce bas monde, m'a craché au visage en me traitant de monstre. Et il a fermé la porte, cellant définitivement la fin de ma vie humaine. Un nouveau départ... C'était inespéré. J'ai compris la chance que j'avais en tombant sur Jonathan, en découvrant la meute. Oui j'avais eu mal, mais c'était pour un bien.

Elle comprit que je voulais changer de sujet et s'extasiait sur sa chantilly, ce qui m'arracha un sourire. Puis je sentis qu'elle aussi était troublée; Ca lui rappelait sa mère. Décidément... Il était impossible d'éviter les sujets sensibles...

"je suis désolé de te remettre ca en mémoire..."

A la maison, on goutait rarement à la chantilly, vu la précarité dans laquelle nous étions. Mais je dois avouer que... ce n'était pas mauvais, même aujourd'hui à 25 ans. Il n'y a pas d'âge pour ce genre de plaisir. La jeune métamoprhe me questionna ensuite sur le café. A la fois amusé et heureuse de la direction que prenait la conversation, je lui répondis :

"j'ai mis du temps à aimer ça... C'est assez spécial, le gout est en effet amer... Mais il y en a des plus forts que celui là." J'avancais un peu la tasse vers elle. "Si tu veux gouter, n'hésite pas !"
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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Lun 17 Mar - 22:31

Alexis ressentait le malaise d’Ashleigh, même inconsciemment, et s’efforçait d’essayer d’alléger le moment, de lui faire oublier ce qui la tracassait et qu’elle avait évoqué succinctement, en faisant surtout taire sa curiosité. Parfois, il fallait juste être là, sans chercher à en savoir plus, même pour les gens qu’on ne connaissait pas. Quoi qu’elle ne s’en rende pas compte, Alexis avait une grande bonté d’âme, et une tendresse naturelle à l’égard des gens. La conversation était pourtant difficile… Elle avait l’impression de marcher sur des œufs, de mettre les pieds dans le plat, d’embarrasser l’infirmière plutôt que de lui apporter un quelconque réconfort.

Et quand elle ne faisait pas ça, elle se mettait elle-même mal à l’aise, en évoquant des sujets qui l’attristaient. Elle aurait peut-être mieux fait de se taire, non ? Si elle avait son violon, elle aurait peut-être pu jouer, et ça aurait remonté un peu le moral à Ashleigh ? Peut-être qu’elle aimait bien la musique, peut-être qu’elles pouvaient parler de ça ?

« Dis, tu aimes la musique ? Tu sais jouer d’un instrument ? Ou chanter ? Moi je fais du violon depuis tout le temps. Ca fait un peu longtemps que j’ai pas joué, mais… j’adore ça. C’est quoi ta musique préférée ? »

Elle n’avait pas relevée que la louve n’ait pas répondu à sa question sur sa transformation : c’était peut-être intime, ou douloureux, ou triste, et peut-être qu’elle voulait pas en parler, si ? C’était pas grave… Et puis, sa question était bête : même si elle était née comme ça, c’était peut-être dur quand même. Ca l’était pour elle, alors pourquoi pas pour les autres ? Et ça se trouve, ça faisait mal, et peur même. Oui, ça devait être ça. Elle releva la tête, qu’elle avait spontanément baissée alors qu’elle réfléchissait, et sourit faiblement.

« C’est pas grave, tu savais pas. C’est pas ta faute. Et j’adore ça quand même. »

Oui, ça c’était bien vrai et quelque chose qu’elle ne pouvait pas nier : la chantilly était un de ses pêchers mignons, et si elle avait eu une piscine remplie d’elle, elle en aurait mangé jusqu’à indigestion, crise de foi ou overdose, clairement. Elle grimaça, en voyant la tasse de café, hésitant. L’odeur était envoutante, mais… Elle aimait quand même pas trop ce qui était amer. Et elle se voyait mal goûter, et dire qu’elle aimait pas. Ca froisserait peut-être Ashleigh, non ? Même si tout le monde avait le droit d’aimer ou de pas aimer. Mais c’était bête de dire qu’on aimait pas sans goûter, non ?

Hésitant, elle saisit le mug de la jeune femme, et respira l’arôme, avant de poser doucement ses lèvres sur le bord de la tasse, la penchant tout aussi doucement pour faire venir le liquide vers elle sans qu’il n’aille trop vite. Instinctivement, après avoir bu une gorgée tellement minime qu’elle n’avait quasiment pas de goût, elle grimaça, avant de rire nerveusement, embarrassée. Elle avait même pas vraiment gouté. Elle reporta la tasse à ses lèvres, et but une vraie gorgée, essayant vraiment de discerner le goût.

« C’est… bon. Je crois. Je suis pas trop sûre. J’aime un peu. »

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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Mer 26 Mar - 16:14

[H-J] j'ai plus trop d'inspiration pour faire avancer le rp, donc si tu es d'accord on peut commencer à clôturer ^^

J'avais l'impression de m'enfoncer encore plus dans le brouillard. L'évocation de ma transformation, même si je n'y avais pas réppondu, avait fait remonter pleins de souvenirs à la surface. Trop. Alexander, Collin, Samuel, maman, les rues de Portsmouth... La bulle dans laquelle j'avais enfermé mon passé éclatait. J'étais submergée, je me noyais et buvais du café pour remonter à la surface. Comme si la mort de Jonathan ne suffisait pas, il fallait en plus que ma vie humaine revienne me hanter... Non je ne pourrais jamais l'oublier. Il fallait que je me fasse à l'idée une bonne fois pour toutes.

Pour autant, on ne peut pas dire que j'en veuille vraiment à Alexis d'avoir abordé le sujet. Elle ne savait pas, elle ne pouvait pas et plus, elle ne le devait pas même. Je ne voulais pas. Et puis je me rendais bien compte que ce passé m'accompagnerait toujours, ce n'était pas cette simple petite allusion qui me remettait mon ancienne vie en mémoire. Tout ces souvenirs étaient là en permanence, j'allais devoir vivre avec. Continuer à avancer, avec un passé caché, une mort déchirante du seul être en qui j'eus jamais eu confiance et ma traitrise. L'avenir s'annoncait joyeux...

Il fallait que j'enferme mes émotions pour l'instant. Je devais me contenir face à la métamorphe. Ce qui n'était pas facile, mais je faisais de mon mieux. Elle évoqua la musique et je ne pus m'empêcher de sourire face à cette jeune fille qui dégageait l'innocence, la jeunesse, la joie de vivre... Oui je l'imaginais très bien avec un violon. Tandis que je la regardais avec un sourire tendre, je ne pus m'empêcher de faire des comparaisons. De me souvenir de qui j'étais à son âge, et même plus jeune. Une jeune fille née du mauvais côté du lit, maltraitée par ses demis-frères, regardant sa famille se décomposer lentement... L'alcool. Sa mère, depuis toujours, puis son beau père. La jeune fille, elle, essayait d'emagasiner les moindres marques d'amour, d'attention qu'on pouvait lui faire. Elle essayait ainsi de se construire dans ce monde glauque où elle était belle et bien seule. Non, la petite fille n'avait pas appris un instrument. Elle n'avait pas même eu l'audace d'en rêver. La petite fille. Elle. Moi.


Je soupirais. Chaque souvenir était un poignard de plus dans mon esprit.


Se rendait- elle compte de la chance qu'elle avait eu, de pouvoir jouer du violon depuis... Toujours ? Non le violon n'était pas un instrument qui m'attirait mais c'était l'idée générale qui me rendait jalouse. Malgré moi. Gommant mon sourire, je lui répondis :

"Tu sais, quand j'étais petite... Ma famille était des plus pauvres. On... On n'avait pas les moyens pour pouvoir faire de la musique"

Je fixais un point imaginaire derrière son épaule.

"Mais maintenant, j'aime bien la musique. Je joue pas d'instrument, non, mais j'avoue que j'aimerais bien apprendre à jouer de la guitare. J'aime bien le métal. Ca envoie. Pour le chant, je préfère pas essayer, il risquerait d'avoir une énorme innondation... Et toi alors ? Ca doit être dur le violon... J'imagine."

La jeune fille se mit ensuite à essayer le café, hésitante. Son expression me fit lacher un petit rire, amusé.

]"T'inquiète pas. Tu aimeras sûrement quand tu sera plus grande"

Je sortis un papier et un stylo de mon sac et griffonais des chiffres de mon écriture fine et penchée. Je le lui tendis en lui expliquant :

"Ca me fait plaisir de te revoir. C'est mon numéro. Si jamais t'a besoin de quoi que ce soit, ou si t'a juste envie... Hésite pas."
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MessageSujet: Re: Personne ne connait personne [Livre II - Terminé]   Ven 28 Mar - 20:42

La lycéenne commençait à être embarrassée et à ne plus savoir quoi dire. Elle s’embrouillait, elle parlait pour ne rien dire, elle était gauche. Elle avait l’impression qu’elle allait déranger Ashleigh, à combler perpétuellement le silence sans prendre de pause, ou laisser à la louve le temps de parler. Et pourtant, alors qu’elle en venait à se taire, l’infirmière n’ajouta rien. Le silence plana, longtemps, comme si ni Alexis ni Ashleigh n’étaient plus en face l’une de l’autre, mais confrontées à des souvenirs et expériences propres.

L’adolescente grimaça : elle n’avait embrayé sur la musique que pour changer de sujet et distraire l’adulte en face d’elle, mais cela lui ramenait en l’instant davantage de mauvais souvenirs en tête que de moments plaisants. Le violon avait une grande importance dans sa vie, mais elle avait été forcée de l’écarter de celle-ci pour un moment, et tout cela ramenait à sa mémoire tout ce qu’elle vivait depuis… combien de temps ? Un an et demi ? Oui, ça devait être ça, elle n’avait pas pu fêter ses dix-sept ans avec les Lindon et sa troisième année de vie parmi eux, avant qu’ils ne disparaissent. Et elle allait en avoir dix-huit…

Elle sourit toutefois maladroitement à Ashleigh en réponse de son sourire à elle, sans bien comprendre ce qui pouvait la pousser à agir de la sorte, ce qui l’emplissait d’un peu de réconfort au point de la faire esquisser ce geste positif. Ses yeux trahissaient pourtant ce que ses lèvres disaient, ou Alexis en avait du moins l’impression – à tort ou à raison, elle ne savait pas vraiment, mais le soupir qui s’extirpa de la bouche de la jeune femme lui confirma plutôt ce qu’elle avait pressenti, et le poids qui devait peser sur Ashleigh. Etait-ce la mort de cet être proche qu’elle lui avait confié, qui la rendait si malheureuse ?

Instinctivement, sans réfléchir, la luciole saisit la main de l’adulte, sans rien ajouter – ça n’aurait peut-être aucun effet, mais il lui avait semblé qu’elle devait essayer de lui transmettre un minimum de réconfort, dans la mesure du possible et de ses moyens. Elle grimaça, en l’entendant. « Je… Je suis désolée, j’aurai bien voulu que vous viviez ça aussi… » Et pourtant, elle n’aurait souhaité à personne d’avoir la même enfance qu’elle. Seul le violon était positif à ce moment-là : elle était déjà séquestrée, et bien trop souvent privée de choses. Maintenant qu’elle y pensait, elle ne savait pas comment elle avait pu garder le silence et ne pas trahir ses grands parents à son professeur qui lui rendait visite régulièrement. La peur, la peur pour sa vie, pour son secret, la peur d’être rejetée ou d’être encore davantage maltraitée si elle n’était pas crue.

Oui, c’était bel et bien ça qui l’avait fait garder le silence, qui l’avait poussée à ne rien dire. La peur de ne plus pouvoir sortir de la cave, de manger encore moins alors qu’elle ne mangeait pas à sa faim. « Peut-être que… qu’on pourrait aller te chercher des cours ensemble, et apprendre toutes les deux ? Je… Je connais pas trop le métal, mais, ça peut être sympa d’apprendre à plusieurs. Elle le pensait réellement. N’importe quoi, qui pouvait lui faire se changer les idées. Et Ashleigh était chouette, même si elles ne se connaissaient pas beaucoup… Moi je… On m’a dit que je chantais et jouais bien, je… je sais pas. Mais oui, c’est dur, le violon. Et ça peut faire mal, avec les cordes, des fois, pour les accords… »

Quel intérêt de dire ça ? Aucun. Elle avait juste dit ce qu’elle en pensait, comment elle envisageait et aimait jouer. Le rire d’Ashleigh était contagieux, et elle se mit à rire un petit peu aussi, involontairement, et acquiesça en disant qu’elle aimerait quand elle serait plus grande. Elle voudrait bien être plus grande maintenant, majeure… Libre, de ne pas fuir, sans craindre d’être renvoyée en famille d’accueil. Elle regarda Ashleigh intriguée, en la voyant sortir un morceau de papier, et approuva d’un petit signe de tête. Elle déchira le papier en deux, et nota son numéro à elle, en se levant comme pour partir. « D’accord. C’est le mien, si tu veux… parler, ou te changer les idées. Ou prendre des cours de guitare… A bientôt Ashleigh ! »

|HJ| Tu peux répondre encore une fois pour clôturer, ou je demande la clôture, comme tu veux ^^ Et tu as bien fait, moi aussi je séchais un peu, on allait vite tourner en rond. x)

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