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L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]
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MessageSujet: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Lun 27 Jan - 17:16

Cela faisait quelques jours que j’avais reçu un appel qui avait perturbé tout mon programme. Et depuis ce fameux appel, j’étais cloîtré dans mon atelier, ne répondant à rien ni personne. La raison en était fort simple, ce coup de fil avait été passé pour la princesse Jana Raybrandt. En ce moment, j’étais poursuivi par ce nom. D’abord la Reine, à présent la Princesse. J’en aurais presque grincé des dents si ça n’avait pas été... une affreuse marque de fierté que de devoir répondre à une telle commande.
Généralement, j’avançais à vitesse humaine sur mes meubles mais pas cette fois. C’est mon art et mes capacités dans leur globalité que j’utilisais. Du bois d’ébène et d’amarante, de l’os et un vernis teinté... spécifiquement créé pour notre espèce. J’avais dû faire un certain nombre d’entorses aux règles pour pouvoir en fabriquer et j’avais dû être d’une prudence exagérée mais enfin, la pièce était terminée. Sans me venter, j’avais fait là une de mes plus belles pièces. C’était une armoire haute dans un style tout à fait unique et particulière. L’extérieur était en bois d’amarante, l’intérieur en bois d’ébène. Les moulures étaient fines et sensuelles. Les poignées en os humains étaient sculptées et j’y avais coulé du fer et du bronze, marquant ainsi les reliefs. Et j’avais finalement vernis le tout d’une fine couche, très légère de ce fameux vernis qui me causerait sans aucun doute des ennuis si ça n’était pas une commande de la royauté. De plus... je n’avais tué personne pour cela mais je m’étais assuré de prendre le sang qui plaisait le plus à notre Princesse.
Il était évidement que je livrerai cette commande en personne, aussi fis-je un effort vestimentaire avant de m’en aller livrer ce meuble particulier. Je ne pouvais décemment pas me présenter habillé comme si j’étais dans mon atelier.

Il était environ vingt-deux heures quand je me présentais à l’adresse que l’on m’avait fournie. Je laissais la sécurité de la Princesse faire son inspection et me contrôler avant de me laisser entrer alors que je refusais que l’on déplace le meuble à ma place. J’étais l’artisan, il était hors de question qu’un autre que moi s’en charge. Je le déposais donc dans la pièce que l’on m’avait indiquée avant de me retourner pour saluer la jeune Majesté qui entrait dans mon champ de vision. « Princesse Raybrandt, mes salutations. Spencer Yates, à votre service. Voici la pièce que vous m’aviez commandée, qui j’espère, sera à la hauteur de votre attente. » On m’avait annoncé mais les présentations étaient de rigueur, annoncé ou non. Comme pour sa mère quelque jour plus tôt, je m’inclinais respectueusement. Pas un instant je ne pouvais imaginer qu’elle savait parfaitement qui j’étais et ce que j’avais fait, pas un instant, en vérité, je n’avais repensé aux années sanglantes en passant cette porte... et pourtant, de loin, elle m’avait vu à l’œuvre. De plus, tant bien que mal, j’essayais d’éviter tous souvenirs trop encombrants. Plus que jamais, je devais me tenir à carreaux en raison de mes actions bien que cela me demandait un certain contrôle, contrôle que je gardais arfois difficilement.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Sam 1 Fév - 22:32

    Je me souvenais encore des débris qui jonchaient le sol de ma chambre. Un gros meuble qui avait fini en tas de morceaux de bois par le simple fait que je l’avais détruit de mes mains. Sous le coup de l’énervement, alors qu’un élan de colère m’avait pris, avant que je n’enfonce mes crocs dans la peau de mon serviteur. Seulement voilà, même si mon serviteur était toujours vivant, mon meuble quant à lui avait vécu la fin de sa vie. Et le fait que l’endroit soit vide me dérangeait grandement. J’avais entendu parler et m’étais renseigné surtout sur un artisan ébéniste qui savait faire ce que j’avais en tête et qui me comprendrait facilement. Après tout ce n’était qu’un meuble, mais pas pour moi. Il fallait que tout soit impeccable dans mon appartement, j’avais le goût du luxe, mais aussi de la proprement presque maniaque ; même si ce n’était pas moi qui faisait le ménage. Je voulais que tout soit nickel et qu’un parfum d’orchidée règne dans chacune des pièces, surtout ma chambre. Je ne sais pas, un parfum que j’adorais tout simplement. Pour l’heure, j’étais dans mon bain, alors que je savais très bien que j’attendais la visite d’une personne, de cet artisan justement que j’avais appelé seulement quelques jours plus tôt. Au moins il avait le souci de la personne que je représentais, ne voulant sûrement pas me faire attendre indéfiniment. Même si avouons-le, j’avais toute l’éternité devant moi.

    Mes tympans m’informèrent déjà que quelque chose arrivait avant même que mon serviteur n’entre dans la pièce. J’ouvrais les yeux lentement alors que je le fixe du regard. Je lui intime quelques mots pour lui dire que je savais déjà, lui rappelant aussi qu’il était bien inférieur à moi, inutile en quelque sorte. Il disparut derrière la porte en la refermant doucement avant que je ne referme les yeux pour quelques instants. J’entendis la porte s’ouvrirent, et c’était l’heure pour moi de quitter mon bain. Je me séchais et me dirigeait directement vers ma chambre, rapidité vampirique avant d’enfiler une robe bleu nuit dos nu, longue, cachant de ce fait mes jambes jusqu’à mes pieds. Je restais pieds nus et m’avançais alors dans le salon où l’artisan vampire était présent. Je pouvais déjà sentir une odeur de sang emplir la pièce, titillant mon appétit alors que c’était mon groupe sanguin favori. Cela attisait ma curiosité. J’arrivais donc, détachant mes cheveux par la même occasion d’un mouvement de la main en retirant mon pique avant de les arranger rapidement. Mes yeux le fixaient alors que son nom raisonnait presque dans ma tête. Je l’avais déjà entendu… intéressant…

    « Enchantée Monsieur Yates. » ajoutais-je en m’avançant vers lui, brisant toute proximité pour m’arrêter à quelques centimètres seulement. Séduction à l’épreuve, j’étais toujours comme ça finalement. Mes doigts effleurèrent sa joue droite. « Je suis déjà ravie que vous ayez fait aussi vite. » Puis je me dirigeais aussitôt vers le meuble, passant à côté de ce Spencer alors que mes yeux s’illuminaient devant cette beauté qu’il m’avait fait. J’avais bien choisi, autant pour son art personnel que pour son parcours. Je me souvenais de son visage pendant les Années Sanglantes, de son prénom de la bouche de Julien… Il ne repartirait pas tout de suite, c’était certain. Je contemplais ce meuble et brisait le silence alors que j’étais toujours dos à lui et face à son œuvre.

    « Comment avez-vous su pour mes goûts ? » Je parlais bien sûr du sang que je pouvais aisément sentir, un doux parfum qui éveillait ma faim. « En tout cas, j’ai bien fait de vous choisir… expliquer moi un peu votre travail. » finissais-je avec un fin sourire aux lèvres.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Sam 1 Fév - 23:53

J’avais pris quelques risques pour réaliser ce meuble mais je n’en étais pas peu fier. Mon orgueil, ma prétention et ma minutie avaient parfaitement fait leur œuvre. La pièce était de loin une des plus prestigieuses que j’avais jamais réalisées. Certes, j’aurais pu éviter de faire dans l’excès de zèle et éviter d’utiliser un verni légèrement teinté au sang humain. Il y aurait sans cesse autour de ce meuble une très légère odeur de sang qui normalement ne s’évaporerait pas avant des dizaines d’années. J’avais eu tout le temps de tester le procédé en mon jeune temps. Il m’avait semblé évident d’utiliser le sang qu’elle préférait même si l’information avait été ardue à trouver et que j’avais dû y dépenser une belle somme mais j’y avais gagné une information bonus particulièrement intéressante qui m’avait servie à merveille. Le petit détail fait tout, la base de l’art. Et malgré tout le temps dont je disposé, j’y avais passé un temps considérable et je m’étais parfois épuisé. On ne fait guère attendre la Royauté.

Patientant, je détaillais lentement la pièce des yeux pour me faire une idée plus précise, en cas de... nouvelle commande. Le rêve était permis sans que l’on ne se berce d’illusions. J’aimais mon art et il était parfaitement normal que mon ego soit ravi à l’idée de produire de telles merveilles pour une Princesse malgré tous mes défauts problématiques du moment.
Quand la Princesse entra vêtue de sa robe bleue nuit, je ne retins pas vraiment mon regard bien que poli. Je l’étais en toutes circonstances, ou presque mais la bienséance était de mise, c’était un fait. Cette femme savait faire preuve d’une certaine... maîtrise de la gestuelle. Redoutable, on reconnaissait quelque peu la mère en la fille. Je ne fis aucun geste quand elle brisa la distance et caressa ma joue. Je savais rester à ma place. « On ne fait guère attendre une Princesse quand il est possible de faire au plus vite une pièce de qualité. Simple question de principe et de politesse. »

Je la laissais admirer sa nouvelle acquisition, restant au même endroit et l’observant tourner autour du meuble. Il était à son goût, je le voyais dans ses yeux quand elle reprit sa place face au meuble mais dos à moi. C’était déjà une grande étape de passée. « Et bien... Cela n’a guère été aisé mais avec de l’argent, il est possible d’apprendre certaines choses utiles. Comme votre appréciation du sang B négatif et votre attachement aux orchidées. » Je lui tendis une clef sculptée précisément à l’image de ces fleurs mais me rapprochais pour insérer la clef dans la serrure, je la laissais ouvrir. Je n’avais jamais aimé travaillé le métal mais j’avais fait une exception. L’œuvre devait être complète et réalisée de mes seules mains.
Les portes s’ouvrirent sans un bruit, sans un grincement. Le bois noir se révéla ainsi que les planches, aussi ouvragées que l’extérieur. « J’ai choisi d’utiliser un bois foncé pour orner l’intérieur. Je ne l’utilise que rarement et avec parcimonie en raison de sa teinte mais j’ai pensé que sa particularité vous plairait dans un écrin d’amarante qui est un bois plus chaud, violacé. Vous remarquerez d’ailleurs que la lumière jouera sur lui un merveilleux rôle, le fonçant progressivement au fil des ans et lui offrira son caractère propre. » Son jeune âge et sa propre évolution future n’étant pas sans rapport avec mon choix. Ce meuble évoluerait avec elle. « J’ai choisi de sculpter des formes fines et gracieuses quoi qu’abstraite. » Certaines n’étant malgré tout pas sans évoquer quelques corps enlacés. J’étais, comme elle, un vampire et le beau et l’agréable était un soulagement pour mes rétines. « Les poignées sont en os, humain, sculptées de mes mains. J’y ai coulé tantôt du bronze, tantôt du fer pour varier les plaisirs du regard. Je puis vous assurer qu’aucun humain n’est mort pour cela, ou du moins dans des temps suffisamment anciens pour que cela ne soit guère répréhensible. » Hélas, son sang était sec depuis longtemps, les os remontant à mes jeunes années. « Le verni, quant à lui, comme vous l’avez si justement remarqué, est très spécifique et son odeur particulière ne se dissipera que dans quelques dizaines d’années. Je vous rassure à ce propos, le donneur était parfaitement consentant et maître de son esprit. » J’avais enfreint les règles mais dans les limites du très raisonnable, je ne m’étais même pas délecté de son sang et je n’avais hélas, pas pu en conserver une grande quantité. Si elle ouvrait le premier tiroir, elle y trouverait une boîte sculptée et rivée au centre, ne fermant pas à clef mais contenant une fiole de cristal contenant un peu de ce sang. Que ne fallait-il pas faire pour satisfaire une Princesse. J’avais des problèmes par dessus la tête mais ça ne m’empêchait pas de faire preuve d’un grand respect et de savoir vivre.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Dim 2 Fév - 21:47

    Je tiquais sur sa phrase quand il me parlait de respect et de politesse. Que d’hypocrisie en somme étant donné que j’avais eu un bref aperçu en parole de ce qu’il avait bien pu faire. C’était un traite, et je comptais bien me forger mon idée sur lui, ne pas prendre en compte que la version de Julien quand bien même je lui faisais confiance. Là n’était pas la question, j’aimais me faire des idées sur les gens, encore plus leur donner l’occasion de débattre, de répondre à mes questions presque perpétuels. Je verrais quand est-ce que je lance le jeu tout simplement. Je tentais de garder tout pour moi pour le moment, seul un sourire en coin m’échappa, trahissant un peu ce que je pensais mais qui devait être incompréhensible pour Spencer. J’étais déjà satisfaite de son travail, c’était plutôt positif comme premier abord… ou presque. Je le questionnais sur cette odeur de sang, surtout celle qui me faisait tant ranimer ma soif et me donnais juste le sang à la bouche. J’étais curieuse de savoir comment il avait fait, étant donné que c’était la première fois qu’il me rencontrait face à face, dans mon appartement qui plus est. Je tournais mon buste et ma tête pour l’observer, l’air interrogateur alors que j’arquais légèrement mon sourcil.

    « Payé ? » Je fis une courte pause alors que je me retournais totalement, m’avançant vers lui pour une proximité proche et plongeais mon regard dans le sien, très perçant. « Vous êtes en train de me dire que vous avez pu avoir des informations sur moi grâce à l’argent ? » Je lâchais un rire alors que ma main vint cacher mon visage un instant pour me remettre les idées en place avant de la retirer. « Ne me dites pas que c’est des vampires… en même temps, je vois mal d’autres personnes puisque je parle très peu de moi, à moins que cela ne vienne de mes gardes ou bien même de mon serviteur. » Mon regard passa par-dessus l’épaule de Spencer pour regarder mon serviteur qui était à l’autre bout, immobile ne me fixant pas comme toujours. « Bien. Je m’en occuperais plus tard… à moins que vous me serviez sur un plateau l’informateur en question. » ajoutais-je en replongeant mon regard dans celui de Spencer. Puis je me détourne, foulant encore de mes yeux cette merveille. « Mais soyons réaliste, c’est un petit chef d’œuvre que vous m’offrez là… » terminais-je alors que je le laissais désormais présenter son œuvre.

    Il me montrait une clef qui était des plus originales. Moi qui cherchais à ce que tout ne soit pas banal dans mon appartement, j’étais servie avec cet artisan. Il savait faire son métier, c’était certain. Il inséra la clef et me laissait l’ouvrir. Ce que je fis aussitôt en tournant la clef lentement et les portes s’ouvrirent avec une légèreté impressionnante, encore plus le silence qui régnait. Pas de grincements. Je souris à cette constatation, tout comme apercevoir l’intérieur de ce meuble. Mon regard ne le quittait pas alors que j’analysais ce que me disait l’artisan à mes côtés. Du bois d’ébène ? Très belle couleur, tout comme le bois d’amarante. Non vraiment, j’étais des plus satisfaites. Lorsqu’il m’indiqua pour la lumière, j’ouvris un peu plus la porte qui cachait justement la lumière qui venait de mes bais vitrée du salon pour en constater les effets instantanément. Je remarquais les moulures également, toujours en constatant ce qu’il me disait.

    « J’aime vraiment beaucoup, vous y avez donné du cœur à l’ouvrage, ça se sent et ça se voit surtout. Le bois est fabuleux. » Mes doigts effleurèrent le bois, je ne pouvais pas nier l’exploit qu’il avait fait. « Les moulures sont parfaites, j’aime les voir sur un meuble de cette ampleur, tout comme d’autres d’ailleurs. Je n’avais jusqu’alors pas réalisé à quel point je les aimais… » soufflais-je alors que je le laissais continuer. C’était vrai, j’adorais les moulures et je ne pouvais dire d’où cela me venait. Un goût parmi tant d’autres, qui se mariait bien à ma personne. Je constatais avec étonnement les poignées qui étaient belle et bien en os et qui n’avait pas attiré mon œil jusque-là, jusqu’à ce qu’il me les décrive. Mes doigts s’enroulèrent autour pour constater, effleurèrent aussi cette poignée en os. Juste magnifique… intelligent aussi même si on pouvait s’interroger sur la provenance de l’os en question. Il répondit d’ailleurs à mes pensées, m’avouant qu’aucun humain n’était mort. Autant pour lui, sinon ça lui aurait fait une chose de plus à sa liste qui était déjà bien lourde à mon sens. Puis il en vint à me parler de la question qui me trottait dans la tête depuis un moment et dont je lui avais fait part. Mon odorat sentant toujours ce doux parfum enivrant qui emplissait mes narines.

    « C’est un boulot formidable. Poignées en os, vernis à base de sang… » je me tournais face à lui, toujours cette proximité que j’aimais avoir, seulement pour me permettre de voir comment il réagirait, à ma proximité déjà, mais aussi à lire son attitude corporel et son regard quand je le souhaitais. « Je pense que j’ai bien fait d’avoir fait appel à vous. Ceci dit, ce n’est pas la première fois que l’on se croise. » Je me rapproche un peu plus de lui, frôlant ses lèvres avant de murmurer à son oreille. « J’aimais vous voir combattre… » Je me reculais, avant de me poster de nouveau devant cette armoire que j’apprécierais d’avoir dans ma chambre. Finalement, il y avait du bon à casser des meubles. Ma main ouvrit un tiroir pour constater le moindre recoin, c’est là que je fus surprise de voir une boîte sculptée. Je la pris et me tournais de nouveau vers Spencer. « N’est-elle pas à vous ? »
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Mar 4 Fév - 14:44

J’ignorais pourquoi les gens mettaient la politesse et le respect sur le même pied d’égalité que les actes. Je n’étais certes pas un ange mais au demeurant, j’étais toujours -sauf en de rares occasions- d’une politesse extrême. Ma traîtrise, en dehors de l’irrespect des règles, n’avait aucun rapport avec ma politesse et mon respect. Je respectais la Royauté bien que j’avais enfreint nos lois, tout cela était fort différent. J’avais déjà constaté ce fait par le passé et cela m’interpellait bien qu’ici, il ne m’ait été fait aucun commentaire sur le sujet. Ça ne devait techniquement pas arriver d’ailleurs puisque seul Guillemaud et la Reine étaient censés connaître mon cas. J’ignorais que mon cher Général n’avait pas été capable de se taire à mon sujet et ce, même si c’était à la Princesse qu’il l’avait dit.
Cette dernière ne sembla pas apprécier la façon dont j’avais recueilli mes informations. Intéressant. Elle semblait aussi surprise qu’agacée par cet état de fait. L’argent avait tant d’importance pour les humains... À mes yeux, ça n’était qu’un outil, un entassage provisoire de richesses destinées à être utilisées, une collection futile. « C’est exact. Certains humains ont, semble-t-il, l’odieuse manie de parler beaucoup une fois ivre mais certains des nôtres s’enorgueillissent aussi beaucoup trop en public. Je ne sais qui, je ne sais où, je ne sais quand mais c’est bien grâce à de l’argent que j’ai pu connaître votre préférence sanguine et votre fleur favorite. Veuillez m’excuser si cela vous contrarie, ça n’était pas dans mes intensions. Je souhaitais juste faire mon travail au mieux, comme toujours. » Ce travail-là, en tout cas. « Concernant mon informateur Princesse, il s’agit d’un vampire qui le tient lui-même d’un humain. Si tel est votre souhait, je vous donnerai son nom. » Il n’y avait rien de surprenant à ce que l’on s’intéresse à sa personne, que ce soit pour épater ou bien pour nuire. Dans mon cas, c’était pour mon art que j’avais eu recours à cette méthode.
Sans ciller, je maintins son regard. Je n’avais rien à me reprocher cette fois, pas plus que le vampire qui m’avait donné l’information par ailleurs. Il était connu pour être un fervent partisan de la Royauté et ne donnait ce genre d’informations que pour des circonstances exceptionnelles. Cet homme était d’ailleurs à mon sens, légèrement monomaniaque et fanatique mais dans le bon sens, en l’occurrence.

La Princesse me complimenta finalement pour mon travail, je souris. « Je ne pouvais rien vous offrir d’autre qu’un chef d’œuvre digne de votre rang. C’était un minimum. » Et il en allait de ma réputation d’artisan également. Je n’étais pas le dernier humain du coin, je faisais ce métier depuis bien trop longtemps pour oser montrer une pièce médiocre à quelqu’un de haut placé, une princesse qui plus est.
Je la laissais découvrir sa nouvelle acquisition tout en lui détaillant ce qu’il y avait à savoir à son sujet. Je restais passionné par cet emploi, ce qui était curieux. Il ne canalisait certes pas mes plus basses pulsions mais j’étais réellement attaché à cette profession. Un ancrage du passé qui restait cependant bienvenu dans mon existence, contrairement au reste.
Je fus très satisfait de voir que j’avais vu juste concernant les moulures, le sculptage du bois. « J’ai pensé, à juste titre visiblement, que vous aimeriez ces formes. » Je me plaisais à penser que les nôtres avaient un tantinet de raffinement mais hélas, ça n’était pas toujours le cas. J’aimais la violence, le carnage, la mort, le sang et le sexe mais j’étais bien incapable de me passer d’art et de beauté. Romain m’avait toujours trouvé bien trop sensible sur le sujet. Ironie quand on savait que c’était lui qui m’avait inculqué cette politesse extrême et poussé dans cette voie.

« Je suis comblé de voir que cela vous sied. » Elle gardait cette proximité, sans doute me jaugeait-elle. Je ne bougeais pas, soutenant son regard lorsqu’il croisait le mien. Je ne m’enflammais pas, je ne restais pas non plus parfaitement immobile. Je ne trahissais pourtant aucune gêne puisque je n’en ressentais pas. J’étais parfois la victime de mon pulsions mais il en fallait beaucoup pour que je me déleste de mon image d’homme poli et irréprochable. Une composante de ma personne qui agaçait souvent mes semblables, d’autant que je n’étais pas né à une époque se prêtant à ce genre de jeux, de faux semblants.
Je souris très légèrement quand elle ajouta que ça n’était pas la première fois que nous nous croisions, j’hochais la tête, me souvenant désormais parfaitement. « Je n’ai pas oublié, tout à mon affaire que j’étais. Vous n’avez pas vu la facette la plus... civilisée de ma personne mais je suis ravi d’apprendre que mon style vous ait plu. Capacités plus qu’inutile en ces temps de paix. » Style... sauvagerie, sadisme... si cela pouvait être un style, il était bel et bien le mien, en effet. Je me gardais bien d’ajouter hélas. N’étais-je pas censé me complaire dans cette paix qui me rendait fou peu à peu et qui m’obligeait à envisager tout un tas de choses sus un angle totalement différent ?

Lorsque sa main attrapa la boîte, je jurais intérieurement, n’en laissant rien paraître. J’avais oublié de la fixer. Fait impardonnable selon moi mais heureusement, mon souci du détail en faisait un écrin parfaitement acceptable. « Non Princesse. Cela vous appartient également, vous trouverez d’ailleurs à l’intérieur un peu de sang du donneur. C’est hélas, tout ce qu’il reste et j’en suis navré. » Je n’aurais de toute façon pas pu me promener avec beaucoup plus. Le petit flacon étant déjà un flacon de trop en ma possession, même si c’était pour la Princesse.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Sam 8 Fév - 17:56

    Le fait qu’il ait pu avoir des informations sur moi, même si elles étaient minimes et sans conséquences puisque c’était simplement des goûts et des couleurs, je n’envisageais pas que cela soit possible. Si on commençait par des petites informations, jusqu’où ça irait ? Je me devais donc d’être plus prudente, et surtout de savoir si c’était un homme à surveiller… voire à tuer s’il faisait un espèce de petit trafic d’information. Ça pouvait se faire, on pouvait voir de tout et je ne serais pas surprise de cette nouvelle. Spencer me répond positivement, alors que je semble étonnée que l’argent soit encore quelque chose de rechercher. Encore plus lorsqu’il m’avoua que c’était un vampire. Ne pouvions-nous pas avoir tout ce que nous voulions ? Parfois je ne les comprenais pas. Je m’interrogeais aussi sur ce vampire en question, son identité alors que je ne me souvenais pas d’avoir parlé de mes goûts à un quelconque vampire. Généralement, c’était des humains que je charmais pour les transporter dans un endroit et satisfaire mon appétit sexuel. Mais pour l’heure, je ne voyais en aucun cas qui cela pouvait être… et cela ne saurait durer, je détestais rester dans l’ignorance.

    « Les humains, je peux les comprendre, mais si vous me dis que c’est un vampire, un des nôtres. Je me demande qui cela peut bien être, étant donné que je n’ai pas échangé avec l’un des nôtres récemment. » Je fis une pause, alors que je me demandais s’il pouvait me connaître d’avant. Oui, d’avant mon amnésie. Mais j’écartais ses pensées, me disant que c’était juste absurde. « Ce n’est pas tant votre œuvre qui me contrarie, car elle correspond parfaitement à ce que je veux, tout comme cette odeur qui me ravie tout simplement et réveil en moi un profond désir de sang… » Je réduisis de nouveau la distance, mon regard se faisant perçant. « … seulement oui, j’aimerais savoir qui s’est et si vous n’avez pas de nom à me donner, au moins me dire comment vous l’avez contacté et, de ce fait, je pourrais le trouver personnellement. » Même si ce n’était pas lui qui avait l’air de savoir quoi que ce soit à mon sujet puisque c’était un humain qui le lui avait dit. Mais je voulais l’avoir en face de moi pour savoir s’il ne mentait pas. Car aux dernières nouvelles, je n’échangeais que très peu avec mes partenaires si ce n’était la sueur et les gémissements.

    Je me décalais de lui. Je venais de lui faire des compliments et il avait l’air ravi d’après son sourire qu’il me fit et que je vis du coin de l’œil. J’étais assez franche et je ne pouvais dire l’inverse de ce que je pensais. Ou du moins, pas pour mon avis en ce qui concernait son merveilleux meuble. Il avait compris ce que je voulais et c’était pour moi un franc succès de sa part.

    « Je suis enchantée de constater que la famille royale ne vous laisse pas totalement indifférent… » oui, je repensais à Yaâqov, ce vampire que j‘avais croisé et qui n’était en rien respectueux envers moi. J’étais certaine qu’il aurait pu me briser en deux et aller plus loin si je n’avais pas eu mes deux gardes. Alors oui, c’était plaisant d’entendre ce qu’il venait de me dire. Même si dans le fond, je savais pour sa traitrise, son appartenance à un groupe, à cette dissidence. Pour le moment, c’était un choix que de me taire à ce sujet. Mais peut-être plus pour le moment. J’étais retournée en face du meuble, comme pour chercher des erreurs, des imperfections pour pouvoir tester sa réaction. Sauf que je ne trouvais rien. Lorsqu’il me parlait des moulures, mes yeux les parcouraient une nouvelle fois, presque en rêvassant alors que c’est ses autres paroles qui me sortent de mon étourdissement passager. J’avance vers lui gracieusement pour me retrouver encore proche de lui, séparé de quelques centimètres seulement, une lueur dans mes yeux, taquine, naît petit à petit. Ma main prend la sienne et la pose délicatement sur mes hanches, la faisant descendre sur ma fesse droite, faisant tout le tour pour qu’il constate par lui-même la forme galbé. Je remonte ensuite, passant de nouveau par mes hanches, ma taille fine et je le laissais continuer alors que je le dirigeais vers ma poitrine. Lui seul déciderait s’il continuait, j’avais quitté sa main et je constaterais sa réaction si je sentais qu’il avait atteint mon sein droit. J’avais un fin sourire qui s’affichait sur mes lèvres. « J’espère que c’est ses formes-ci qui vous ont aidés dans votre œuvre. Peut-être pas les miennes, mais j’aime cette particularité et ce… sous-entendu. »

    Je me décale alors que je suis heureuse de l’avoir, heureuse que ce soit lui qui ait pris ma commande. Je me plaisais à le séduire également, à voir comment il allait réagir, c’était ça qui me plaisait aussi. Comment s’en passer ? Si je le voulais, je pouvais le prendre entièrement... Et je ne pus cacher mon regard qui analysait son corps de haut en bas, avant qu’il ne réagisse à ce que je lui avais dit plus tôt sur notre première rencontre. « Et alors ? J’ai aimé vous regarder combattre, c’était ce côté qui me plaisait. Et nous avions besoin d’hommes comme vous. » Je fis une courte pause avant de reprendre. « Nous ne sommes pas tout à fait au point là-dessus… » je parlais bien sûr de la paix qui était plus qu’instable et qui était pour moi juste un rêve illusoire. Les gens se soulevaient, un traité ne les bloquerait pas. Par la suite, je fus curieuse des tiroirs présents et je les ouvrais un par un. Ce fut au premier seulement que je constatais une boîte. Je m’étais dirigée vers Spencer pour lui demander s’il ne l’avait pas oublié, mais apparemment c’était un… cadeau. Oui c’était cela. Ça m’appartenait ? Un sourire illumina mon visage. Oui, j’aimais qu’on m’offre des cadeaux. Depuis quand n’en avais-je pas eu ? Oui c’est vrai… il y avait Julien qui m’en avait offert un très plaisant quelques jours plus tôt…

    J’ouvrais la boîte pour constater une petite fiole rempli de ce sang que je sentais à présent bien distinctement. En même temps, l’odeur s’était mêlée à celle du meuble, je n’aurais pas pu deviner ce qu’il y avait à l’intérieur. « C’est déjà beaucoup et on va dire que ce cadeau efface la légère infraction… » je posais la boîte dans le tiroir pour ensuite ouvrir le petit flacon, je le portais à mon nez alors que j’inspirais de plaisir en fermant les yeux. Je trempais un doigt, le portant à mes lèvres pour le sucer sensuellement, avant de le replonger, ainsi qu’un deuxième. J’en mettais volontairement sur mes lèvres et m’approchais de l’artisan. « A moi de vous offrir un petit supplément… » je colle mon bassin sur le sien, ma main se glisse dans son cou et se calle dans sa nuque avant que mes lèvres prennent les siennes alors que j’approfondissais le baiser pour qu’il puisse goûter aussi à ce sang si onctueux dans ma bouche.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Sam 8 Fév - 19:07

Les informations que j’avais recueillies, quelles que soient leurs provenances semblaient agacer la Princesse. Je pouvais le comprendre, je n’apprécierai guère plus que cela arrive me concernant, ce qui était hélas une possibilité parmi tant d’autres. J’avais accumulé les bévues ces derniers temps, mal m’en fasse. « Cet homme, ce vampire pour être plus exact est un être particulier. Si certains collectionnes les armes, les timbres ou que sais-je encore... cet homme collectionne les informations du genre de celles que j’ai demandée. L’argent qu’il récupère, il l’utilise pour acquérir plus d’informations. C’est un cercle sans fin le concernant mais tranquillisez-vous, c’est un homme sûr. Il ne fournit des informations qu’avec parcimonie et paranoïa. Je ne les ai obtenues que parce qu’elles étaient sans danger. Il est un sujet excessivement fidèle. » Contrairement à moi, je ne pouvais le nier. Mais qui ne pèche jamais après tout. Ne tentais-je pas de me racheter ?
Si j’avais précisé ce qu’il faisait de l’argent, c’est parce que sa question se lisait dans ses yeux. La même interrogation m’était venue. Il était excessivement rare qu’un vampire manque d’argent ou de possession, surtout les plus vieux d’entre nous. Les richesses n’étaient pas un problème. J’allais rendre deux services à présent... Un pour la Princesse qui désirait son nom, l’autre à mon informateur monomaniaque occasionnel. « Je vais vous fournir le nom du vampire, lui-même vous fournira le nom de l’humain. Il me faut vous prévenir cependant qu’il ne vit pas dans les beaux quartiers, pas plus qu’il ne vit dans un endroit... standard. » Ainsi sortis-je mon carnet de notes et un crayon. Je griffonnais le nom et l’adresse avec une recommandation toutefois, éviter les premières heures de la nuit. Je lui expliquais brièvement pourquoi avant de lui tendre le feuillet. Tout était simple en réalité, les premières heures de la nuit, il n’était pas présentable. Il préférait la terre meuble à un lit confortable dans une cache. Dire que l’on me prétendait excentrique et solitaire... Quelle ironie.

Le principal cependant, c’était bel et bien que la Princesse appréciait mon travail et ne trouvait rien à y redire. De quoi flatter mon ego d’artiste. J’étais aux anges, à ma façon. « Qui donc parviendrait à résister au charme des Raybrandt ? » Soyons franc, il y avait bien plus désagréable à regarder. La famille royale était réputée pour être charismatique et je n’étais pas réfractaire au charme. Ce n’était même pas de la flatterie mal placée car malgré mon hypocrisie latente, j’avais au moins compris qu’il était dangereux de déguiser sa véritable personnalité à cette famille.
Nous en revînmes donc au meuble et ses moulures volontaires sensuels, j’avais fait mouche en les travaillant aussi précisément. C’était une victoire, je ne m’en cachais pas. Joueuse, elle revint vers moi pour s’emparer de ma main que je lui laissais volontiers vu l’endroit où elle l’entraîna.
Lentement, d’un geste assuré, je retraçais ses courbes, exerçant une légère pression des doigts ou de la paume pour épouser parfaitement ses formes de ma main. Je ne m’arrêtais que lorsque j’eus tracé le contour de son sein du bout des doigts, terminant mon geste d’un mouvement aérien. Mon regard avait parcouru le même chemin que mes doigts et ma main. Ça n’était certainement pas pour me déplaire. Je répondais à un jeu dangereux mais particulièrement attractif. « Il n’est rien de tel que les formes d’une femme pour inspirer un homme. À quoi d’autre aurais-je bien pu penser en créant pour vous ? » Là, il y avait de la flatterie, indéniablement.

Le sujet de mon comportement durant la guerre me fit sourire, mon regard se perdant quelques instants alors que je repensais à cette époque. Mais elle avait raison, la paix n’était pas au point. N’en avais-je pas déjà discuté avec Constance après tout. « Ce serait mentir que de dire que je ne regrette pas ce temps malgré les pertes que nous avons subies. » Romain... un éclair sombre passa dans mes yeux. Était-ce dû aux temps troublés ou à autre chose ? Je ne le saurais sans doute jamais. « Quand à la paix, je m’y plierai aussi longtemps qu’il sera nécessaire. » Aussi bien pour la Reine que pour moi. C’était ma résolution, ma façon de démontrer que j’étais bel et bien avec Elle et non contre Elle. Que pouvais-je faire d’autre pour me racheter à part suivre les ordres de toute manière ?

Heureusement, je fus distrait du passé quand elle me parla de la boîte. « Je suis ravi que cela efface cette petite ardoise. » Elle était déjà bien assez chargée comme ça pour ne pas en rajouter après tout non ?
Une fois le flacon ouvert, j’eus bien du mal à ne pas inspirer profondément pour m’imprégner de l’odeur du sang. Pas mon favoris mais du sang restait du sang, sauf quand il était pollué ou malade. Rester de marbre en l’observant ainsi goûter le sang n’était pas des plus aisés bien que tout cela était certainement calculé par la Princesse. Les crocs me démangeaient. Dire que j’étais sensible à ses gestes tenait désormais du doux euphémisme, d’autant plus quand son corps rencontra le mien et que le sang sur ses lèvres attisa ma soif.
Une de mes mains glissa jusqu’à ses reins alors que l’autre se perdait dans ses cheveux. J’étais tombé sur la tête... Mais tant qu’à s’écarter du droit chemin, autant le faire bien. Ma langue vint s’emparer du sang maquillant ses lèvres. Je n’eus le temps que de me ressaisir pour éviter d’entailler ma langue sur ses canines mai elle m’y invita. Avec un plaisir certain, je glissais ma langue lentement sous la pointe de l’une de ses canines, sur toute la longueur avant de l’embrasser pleinement, nos langues se cherchant inlassablement.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Dim 9 Fév - 15:36

    Je ne savais pas si ça le surprenait que cela m’agace énormément que l’on puisse se fournir des informations me concernant. Ne pas contrôler les informations, ni l’un des nôtres d’ailleurs, me révulsait au plus haut point. J’aimais tout contrôler, que rien ne dérape, ces temps-ci en plus j’avais l’impression de faire bavure sur bavure, il fallait donc que cela cesse. S’il pouvait donner des informations me concernant, pourquoi pas sur ma Mère ou sur Morgane ? Non. Quand il s’agissait de la famille, c’était trop important pour passer à côté. Je ne savais pas s’il comprenait ça, quoi qu’il en soit, il n’allait pas à l’encontre de ce que je voulais. Il me donna les informations dont j’avais besoin et j’étais ravie qu’il le fasse. Si cela avait été un refus de sa part, il aurait bien malheureusement souffert de sa réponse négative et de son inintelligence. Mais il n’avait pas l’air stupide, loin de là. C’était d’ailleurs pourquoi je me questionnais à son sujet. Mais ça viendrait plus tard… il n’allait pas sortir de ci-tôt de mon appartement.

    « Un collectionneur d’informations donc ? » Je lâchais un petit rire alors que cette idée me paraissait absurde, même si elle était vraie. « J’avoue avoir un peu de mal avec ça, mais bon, cela fait bien longtemps que je ne me questionne plus sur les goûts et les couleurs des personnes. Même leur penchant… » Je laissais volontairement en suspend ma phrase alors qu’elle pouvait être à connotation pervers tout autant qu’autre chose. A lui de s’imaginer ce qu’il souhaitait. « Un cercle oui, mais pas sans fin, je vais remédier à cela au plus tôt. Combien même vous me dites qu’il est fidèle, j’aime avoir mon propre avis là-dessus. » Il me fournit par la suite le nom du dit vampire sur un bout de papier et le lieu où je pourrais le trouver. Il me prévint aussi sur le quartier. S’il savait par quoi j’avais dû commencer…

    « Ne vous inquiétez pas pour ça, ce n’est pas parce que j’aime la luxure que cela m’empêche de régler des problèmes également dans les bas quartiers. Si on peut appeler cela ainsi… »

    Je pris sa note et nul besoin de bouger, je la tendis sur le côté. Peu après, mon serviteur arriva pour la prendre et s’éclipsa aussitôt. Sans aucun échange, si ce n’est ce bout de papier. Il commençait à me comprendre depuis le temps, et il était fort sage en toutes circonstances. Il m’avait vu à plusieurs reprises tuer, peut-être était-ce aussi pour cela qu’il était aussi adroit, silencieux et fidèle.
    J’avais ensuite évoquée la famille royale, le fait qu’il ne soit pas si indifférent que cela. Il devait être loyal, du moins c’est ce que j’aurais pensé si je n’avais su. Mon regard ne trouva pas le sien, se fixant sur le bois ébène.

    « Certains… qu’on qualifie de traite… » Une petite phrase juste pour que cela puisse le faire réfléchir. Je jouais sans nul doute avec lui et avec ce que je savais de lui d’ailleurs. Je me plaisais à le faire, même si je me plaisais aussi à le cerner, à voir comment il réagirait à ma petite séduction. Oui car j’aimais séduire les hommes, encore plus lorsqu’il était un brin attirant. L’artisan l’était, et je saurais me satisfaire de son corps si je le désirais. Pour le moment, je ne faisais que l’attiser, alors que je l’avais laissé parcourir mes courbes, supposant que les moulures venaient de ses mêmes formes qu’étaient les miennes. J’échappais un sourire espiègle alors que la course de sa main finit toute seule sur mon sein. Il était aventureux, peut-être que ça me plaisait finalement. J’avais aussi senti la pression de ses doigts, il n’était pas indifférent à ce toucher. Ce qui n’était pas pour me déplaire, j’aimais voir ce que mon corps provoquait sur les hommes, c’était indéniable. Je lâchais un rire lorsqu’il me fit des louanges. Je n’ajoutais rien, à lui de lire dans mon regard pour savoir ce que j’en pensais.

    Il regrettait donc le temps des combats ? Moi aussi finalement, même si j’étais d’accord avec lui sur les pertes. Nous avions perdu beaucoup, mais le sang et la lutte m’étaient toujours attirants, c’était ce pourquoi aussi Spencer m’avait plu au premier regard. Toute cette bestialité ne me laissait pas indifférente. J’avais aimé le voir combattre et le lui avais directement dit, lui offrant là un compliment. Ce n’était pas souvent que j’en faisais, il fallait donc qu’il le prenne comme il le fallait. « Je suis heureuse de vous l’entendre dire, même s’il y a toujours des entorses au règlement dans notre espèce… » Hop-là, de nouveau un sous-entendu, même si je doutais qu’il puisse savoir ce dont je voulais parler. J’étais des plus amicale avec lui, je n’avais encore pas de froideur vis-à-vis de lui. Je voulais juste continuer mon petit jeu, et je le fis alors que je le faisais profiter un peu de ce cadeau qu’il m’avait fait part. Pour effacer cette petite ardoise comme il avait pu le dire.

    J’étais collée à lui, plus de distance entre lui et moi. Je lui faisais profiter d’un peu de ce sang qui m’enivrait complètement. Je sentis une de ses mains se caler sur mes reins tandis que l’autre se frayait un chemin dans mes cheveux. Sa langue parcourait mes lèvres et je le laissais faire, c’était un plaisir partagé, j’aimais cette proximité tout autant que sentir sa langue gouter à ce sang que j’avais laissé sur mes lèvres volontairement. Il semblait hésiter sur un geste alors que mes crocs étaient sortis. Je l’invitais donc en l’amenant à moi alors que sa langue se frayait un chemin jusqu’à l’un de mes crocs. Puis un baiser fougueux, remplit de cette odeur de sang qui me rendait folle sur l’instant. Il avait l’air d’y prendre plaisir également me rendant ce baiser et mêlant nos langues l’une à l’autre. Il jouait à un jeu dangereux, mais s’il y prenait plaisir, c’était tout à son honneur. Je glissais de ses lèvres à son cou, frôlant avec mes crocs sa chair sans pour autant la pénétrer même si j’en avais terriblement envie. Il avait attisé ma soif, et désormais je ne saurais la comblée si je ne m’abreuvais pas. Et pas avec ce true blood, non, avec du vrai sang. Le flacon était toujours dans ma main gauche, après m’être attardé sur son cou, je me redressais. Je replongeais de nouveau un doigt, puis un autre dans ce liquide avant de les sucer toujours aussi sensuellement. J’en laissais toujours sur mes lèvres l’air absolument espiègle. Je me reculais finalement de lui, m’échappant de son emprise et reculant de quelques pas. Il restait un fond dans le flacon, et doucement je laissais le liquide couler sur ma poitrine, s’insinuer doucement sur mes seins – et tâchant ma robe même si je m’en fichais – laissant le flacon se briser au contact du sol. Mon regard ne quittait pas celui de Spencer, alors que je me demandais s’il allait franchir la ligne, s’il allait venir à cet appel de sang.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Dim 9 Fév - 19:29

La Princesse était intriguée par la façon dont j’avais obtenu mes informations autant que par le spécimen étrange qui me les avait fournies. L’idée de collectionner les informations lui paraissaient aussi incongrue qu’à moi mais après tout... chacun faisait ce qu’il voulait, ou presque, de son temps libre. « Certaines... occupations nous poursuivent dans la mort. Il est dur de se délester de certains hobbies. De laisser derrière nous des éléments d’antan. » J’avais embarqué dans la mort ma rancune sans borne et ma passion pour le meurtre. Manque de chance pour les autres, j’étais devenu un monstre assoiffé de sang. « Vous êtes seule juge de sa dangerosité Princesse. Je ne fais que donner un avis. Rien de plus. » Je n’étais pas particulièrement ami avec ce vampire mais s’il devait disparaître, ce serait fâcheux pour mon travail ou plus compliqué disons. Rien d’insurmontable. Et puis, ça ne me concernait pas.

Je n’aurais su dire ce qui me dérangea dans sa réflexion sur les traîtres suite à ma propre réflexion sur les Raybrandt. Je choisis donc de répondre le plus simplement du monde, sans me mouiller mais en parlant de mon cas sans en avoir l’air. « Qu’est-ce qui fait d’un traître un traître ? On peut avoir embrassé une cause pour diverses raisons sans forcément manquer de respect et d’admiration ou encore entraîner la chute de ses pairs. Le tout est de vivre avec, tout en acceptant les répercussions qui s’en suivent. »
Depuis peu, je me sentais obligé de défendre mon cas. L’amalgame était facile, rapide à faire. Je détestais devoir plaider mon cas mais depuis la fin du mois précédent, c’était devenu un quasi réflexe. En agissant de la sorte, je risquais de me dévoiler mais je ne pouvais pas m’empêcher de trouver étrange que ce sujet n’arrive sur le tapis, devant moi. Mais autant j’avais confiance en la parole de la Reine, autant ça n’était pas le cas pour Guillemaud.
J’écartais rapidement ces préoccupations dangereuses pour d’autres biens plus plaisants, me laissant tout de même un arrière goûte de prudence. Pourtant, je n’hésitais pas un instant à tracer la courbe de son sein. Elle était désirable, il aurait fallu être aveugle ou fou pour ne pas le remarquer. Je savais où était ma place mais j’étais capable de reconnaître la provocation quand j’en faisais l’objet.

Les combats me manquaient, ça n’avait rien de nouveau. J’étais un combattant mais pas un orateur malgré mon beau parlé. Je subjuguais par le carnage, pas par la parole et je n’avais jamais rien prétendu de tel. Je détestais les jeux de pouvoirs, je n’étais pas fait pour ça. Je me complaisais dans le meurtre, pas dans la négociation. Sur le plateau par exemple, j’avais bien failli me jeter sur mon animal de client, prêt à drainer son sang jusqu’à la dernière goûte et à rependre plus de sang encore uniquement par plaisir. J’avais dû fuir pour ne pas céder à cette pulsion et je m’étais battu avec moi-même pour ne pas lui tomber dessus pendant son trajet de retour. C’était trop tôt. Surtout maintenant. « Certaines règles sont parfois compliquées à appliquer. Hélas. » Je n’en rajoutais pas. Il m’était difficile de me passer de sang humain mais je l’avais fait jusqu’à présent, sauf exceptions accordées. Mais j’étais bien loin du sujet des lois à présent...

Mon attention était ailleurs, les tentations plus fortes et plus nombreuses. Il était compliqué de voir une femme comme elle agir ainsi sans sourciller et elle en jouait. M’autorisant à goûter à ce sang sur ses lèvres. J’aurais pu, dû même peut-être faire preuve de plus de tact et de prudence mais ça n’était pas ma nature, ça ne le serait jamais. J’étais bien incapable de refuser une telle invitation, surtout offerte avec autant de sensualité. Nos langues, du sang... elle me provoquait très ouvertement. Qui étais-je pour refuser ?
Ses lèvres se perdant dans mon cou étaient un plaisir, mais sentir ses crocs frôler ma chair, menaçant... était grisant. Il ne fut pas aisé de la regarder sucer ce sang sur ses doigts sans l’y aider... et puis la laisser s’éloigner. Je la relâchais pourtant, joueur à mon tour, curieux de voir ce qu’elle me réservait. Elle avait réussi à attiser ma curiosité. Si elle me mettait dehors maintenant, j’allais avoir un mal fou à ne pas laisser au moins un cadavre sur mon chemin.
Mais au lieu de ça, mes yeux se figèrent sur le sang qui s’insinuait désormais entre ses seins, disparaissant sous le tissu. Au diable la retenue devant pareille invitation. Au diable mes doutes sur ses connaissances en matière de traîtrise. Je réduisis la distance entre nos corps, m’emparant de sa main, portant les doigts qu’elle avait auparavant sucés pour les porter à mes lèvres. Pour m’assurer qu’il n’en restait pas une goutte... J’entaillais légèrement la pulpe de l’un de ses doigts d’une canine, appréciant le peu de sang qui en avait perlé avant de poses mes lèvres en amont de la coulée de sang et puis la langue, recueillant le liquide qu’elle avait sacrifié pour son jeu. Je terminais de ruiner sa robe en la déchirant par le haut jusqu’à dévoiler la fin du tracé à mi ventre.
Le sang encore sur les lèvres, je lui offris les dernières gouttes s’y attardant en l’embrassant. J’avais soif de sang, j’avais soif de son corps. J’achevais de déchirer sa robe, offrant là une toute nouvelle ouverture au vêtement et une vision au combien agréable à mes yeux.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Dim 9 Fév - 23:13

    Le sang m’enivrait et me donnait envie de plus, c’était certain. J’aimais allier sang et séduction, sang et sexe si cela était possible. Et je n’avais pas prédit qu’il serait autant avenant, qu’il profiterait du sang que je lui offrais de même que le toucher que je lui avais accordé. Il me plaisait beaucoup plus finalement, et j’aimais le voir continuer, ne s’arrêtant pas pour des possibles doutes. En tout cas, s’il en avait, il ne les laissait pas transparaître. La vue du sang et le goût aussi l’avait fait plonger dans ce que je voulais finalement, même si je m’étais attendue à toute sorte de réponse, négative d’abord. Mais finalement il ne lui fallut pas bien longtemps, presque rien d’ailleurs, comme si tout lui venait naturellement. Si je m’étais doutée qu’une livraison d’une commande de meuble aurait atteint ce summum, je l’aurais fait plus tôt… Même si finalement il y avait un côté que je n’aimais pas chez lui. Mais ça, il ne le savait pas encore et il ne le saurait pas tout de suite. Je voulais profiter un peu, comme lui avait l’air de profiter. Souvent c’était les affaires avant le plaisir, et pourquoi pas l’inverse pour une fois ?
    Mes lèvres s’étirèrent doucement alors qu’il me parlait de certains hobbies qui ne nous quittaient pas.

    « Il est vrai… je ne peux que vous croire sur parole, étant donné que je n’ai des souvenirs que depuis neuf ans. » Je ne savais guère s’il le savait. Maintenant il était au courant. Je n’avais pas conscience de qui savait pour mon amnésie après ma transformation. Pour moi j’étais née il y a neuf ans de cela. J’étais née à 31 ans. Je ne connaissais rien d’autre de ma vie si ce n’est ce qu’avait pu me raconter mon ex-mari, Torben Badenov. Je l’écartais bien vite de mes pensées, ne souhaitant pas qu’il interfère. J’avais fait un gros travail sur moi-même, et je ne saurais malheureusement s’il était efficace que si je le recroisais de nouveau. Chose que j’évitais finalement, le plus longtemps que je le pouvais. Je ne rajoutais rien alors que Spencer s’expliquait sur cet espèce de vampire très original, même s’il pouvait être aussi dangereux. Je le savais, et je ne me mettais pas en danger de la sorte, j’étais toujours aussi prévoyante que possible. Je retranscrivais ce que ma Mère m’avait appris… aussi pour la séduction qui était un de mes plus précieux atouts lorsqu’on aimait le plaisir sexuel.

    Ma réflexion sur les traitres semblait le faire réagir. J’avais l’impression qu’il parlait de lui, qui d’autre ? Voulait-il s’expliquer, se faire comprendre ? Avait-il seulement compris que j’étais au courant de son penchant pour la dissidence ? Je ne savais pas trop, à première vue je dirais que non. J’étais d’accord sur un certain point qu’il avait annoncé. Et je ne me tardais pas de pouvoir le lui affirmer.

    « En effet, assumer les conséquences. Si chacun des traitres que j’ai connus avaient pu le faire, je leur aurais peut-être épargnés une mort dans d’affreuses souffrances. Hélas beaucoup ne sont pas comme ça. Et pour moi, tout va avec. L’admiration, le respect, la loyauté… Comment pouvons-nous être contre la Famille Royale et ne pas l’être en même temps ? » J’essayais de comprendre son point de vu, même s’il était clair que j’avais un avis bien tranché à ce sujet. J’avais dû mal à concevoir que l’on ne puisse pas nuire au sien, surtout avec cette nouvelle dissidence. Si on voulait faire quoi que ce soit, il fallait le faire dans l’ombre, être plus subtil. Je savais très bien que cette pseudo-paix ne resterait pas pour longtemps. Peut-être que tout commencerait au moment où Augustus se réveillerait. Je me demandais d’ailleurs comment il allait. Après tout, il était un peu comme un père, tout comme la Reine en qui je voyais une Mère. Je ne serais rien sans eux.
    Je laissais passer ses paroles lorsqu’il parlait des règles. Je lui avais moi-même effacé l’une d’entre elles en ce qui concernait la petite fiole, ou même ce meuble. Je savais faire preuve de complaisance, quand cela m’arrangeait bien entendu. Mais il avait l’air d’être assez respectueux de la Royauté, j’étais assez surprise d’ailleurs du pourquoi du comment il avait atterri dans les griffes de cette dissidence. Il n’avait pas l’air stupide ni faible, mais je ne m’arrêtais pas à quelques minutes d’une rencontre pour fixer mon jugement.

    En attendant, je me reconcentrais sur la situation présente, sur les invitations que je faisais depuis tout à l’heure à l’artisan et jusqu’alors, il n’avait pas refusé. Je le provoquais ouvertement et je me faisais un malin plaisir à le faire. Il pouvait le voir dans mes yeux, mon regard était emplit de malice. Le désir intense de boire son sang depuis qu’il me l’avait fait goutter restait présent, et ce fut avec une volonté d’acier que mes crocs ne firent que parcourir son cou. Je le sentis se tendre, légèrement, mais ce qui ne m’échappait pas. Je n’en fis rien, continuant mon trajet, pour ensuite le quitter, mettre de nouveau cette distance entre nous. Je ne le quittais pas du regard, faisant mes gestes en même temps, suçant mes doigts toujours aussi sensuellement, pour au final opté pour tout autre chose. Je n’avais rien calculé, les idées me venaient au fur et à mesure, tout comme le fait de verser le sang sur ma poitrine. Je ne savais pas comment il allait prendre le geste, prendre l’invitation puisque je m’étais reculée et attendait à présent, muette. Peut-être se réfrénerait-il, après tout, il avait eu le loisir de réfléchir un court instant, sauf s’il était toujours plus préoccupé par mes gestes, mon regard, et désormais ce sang qui se frayait un chemin entre mes deux seins jusqu’à mon ventre. Je n’attendis pas longtemps, il réduisit considérablement la distance entre nous, me prenant la main, mes doigts plus précisément alors qu’il les suçait à son tour. Rien de tel pour m’exciter un peu plus, je sentis un très léger picotement et je le laissais faire. Après tout, qu’était-ce que quelques gouttes ? C’était un autre cadeau, seulement il ne fallait pas qu’il en prenne de grosse gorgée. Il se limitait, tout aussi sensuellement. Puis, ses lèvres touchèrent enfin ma peau, là où j’avais fait couler le sang. Mes lèvres s’étirèrent davantage, mes paupières se fermèrent alors que je savourais seulement ses lèvres sur ma peau. Mes mains s’insinuaient dans ses cheveux pour l’inciter à continuer. J’entendis un déchirement et je rouvris les yeux. La limite était presque franchit, et je me demandais s’il hésiterait à me déshabiller complètement. Si l’aperçu de la moitié de mes seins le ferait continuer sur sa lancée. Il m’embrasse et je réponds à son baiser un peu plus bestialement alors que je mordille ses lèvres pour ne perdre aucune goutte. Au final, j’entendis un nouveau déchirement et d’un simple geste le tissu s’écroula au sol. J’étais entièrement nue, et mon sourire ne désamplifiait pas.

    « Alors ? Que vois-tu de tes yeux d’artisan ?... Satisfait ? » ajoutai-je en le laissant me regarder de toute part, avant de m’approcher de lui et me coller de nouveau. Mon doigt vint approcher un de mes crocs, laissant un filet de sang descendre de mon doigts. Je posais mon doigt au coin de ses lèvres, avant de descendre lentement sur son cou et enfin son torse, à travers le tissu que je laissais pour le moment. L’autre partait des reins pour revenir vers l’avant, descendre doucement vers son intimité. Je voulais y aller doucement, car j’y prenais plaisir et j’aimais le voir avancer également.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Lun 10 Fév - 16:40

Il y avait dans cette soirée quelque chose de particulier, de surprenant. Je n’étais là que pour livrer un meuble et voilà qu’il y avait désormais un jeu de tentations qui se développait. Ça n’était pas pour me déplaire mais je devais me montrer prudent. Ça n’avait rien d’évident. Elle jouait sur des tableaux qui m’étaient cher, qui m’avait toujours entraîné aussi loin qu’il m’était permis d’aller. Je ne perdais pas de vue qui j’avais en face de moi, pas plus que ce qui m’attendait si je commettais un impair. Plaisir oui... mais pas pour sacrifié le bon sens. C’était hors de question, je l’avais déjà bien assez fait.

Je fus surpris d’apprendre que ces souvenirs remontaient à neuf ans. C’était intriguant. « Vraiment ? Je ne sais si je dois vous envier. Ce dit être si plaisant de ne pas traîner le passé derrière soi. » En l’occurrence, une telle chose m’aurait peut-être évité la somme d’ennuis qui était mienne à présent. J’avais eu une vie paisible en dehors d’un démarrage un peu compliqué, jusqu’à ce qu’on m’enlève mon enfant puis ma femme. Elle avait choisi de partir et j’avais choisi de ne pas la chercher mais je n’avais plus été le même. J’avais tué et torturé par vengeance puis par justice bien qu’au fond... c’était devenu du plaisir.
J’avais également choisi de me rendre en France en sachant que la mort m’attendait. À l’époque, je ne m’étais pas douté un instant que la mort m’attendrait réellement mais un autre type de mort. Je ne regrettais pas ma vie, pas plus ma mort. Ce que je regrettais aujourd’hui, c’était de ne pas avoir respecté ma parole auprès de mon Créateur. « Ou peut-être pas. Je ne peux pas le savoir de toute façon. »

Mais parler de traîtrise me mettait -si pas mal à l’aise- dans une position délicate. Je n’aimais guère ce chemin mais je m’y étais engagé. « Il est des circonstances particulières qui font agir et réagir. Ce n’est guère excusable. Tout du moins, ce peut-être explicable. Tant que l’on assume en tout cas. » Car si j’avais des excuses, je ne m’y réfugiais pas pour autant. En ça, Julien avait très mal saisi mes explications, j’en étais certain. Je ne regrettais pas ce que j’avais fait ni pourquoi je l’avais fait. Regretter une partie de sa vie, c’était renier une partie de son futur. Les actes, les conséquences... c’était un tout.
Encore une fois, tout cela sonnait parfaitement neutre dans ma bouche. Je ne me mouillais pas. Nul ne devait connaître mon implication. Parler : oui. Se livrer sans certitudes : jamais.

Pour l’heure, j’oscillais entre passé et présent, entre raison et tentation. Le mélange n’était pas mauvais mais il pouvait s’avérer dangereux pour quelqu’un comme moi. Ma... position de traître en sursit était possiblement mortelle. Pourtant, je ne pouvais pas renoncer. J’aurais pu mais ça n’aurait pas été honnête de ma part. Une telle invitation ne se refusait pas, sauf quand elle venait d’une catin infernale que j’essayais de faire chuter de son nuage.
Je la regardais, je répondais à ses invitations, ne prenant que l’initiation de lui écorcher légèrement un doigt. Je la laissais mener la danse sans faire preuve de stoïcisme et d’inactivité. Sang et courbes féminines étaient des plaisirs fort agréable, d’autant plus dans ce genre de circonstances. Ce genre de jeu de pouvoir m’allait très bien. Déchirer sa robe entièrement n’avait pas été dans mes plans initiales mais je déteste l’inachevé, c’était une affreuse manie. Et puis tant qu’à ruiner sa robe... autant y mettre du cœur, que le tissu n’ait pas souffert pour rien.

Sa question suscita chez moi un sourire franc, toutes canines dehors, ne soyons pas cachottier. « Une inspiration neuve concernant la sensuelle des courbes Princesse. Mais je suppose que vous ne parlez pas de cela. Je me trompe ? » J’eus un léger sourire mais n’eut pas le temps de développer puisqu’elle réduit à néant la distance qui nous séparait.
Je fus tenter de lécher le sang qui s’attardait au coin de mes lèvres, mais n’en fis rien. Je n’allais pas lui gâcher son plaisir de mettre du sang partout. C’était de bonne guerre après tout, n’avais-je pas totalement ruiné sa robe ? J’avais bien saisi au vol le regard du serviteur de la Princesse. Il appréciait de spectacle de voir ainsi sa maîtresse si peu vêtue. Cependant, je ne m’en occupais pas plus, revenant à nos affaires.
À l’instant, il n’était plus nécessaire de déchiffrer mon visage pour déchiffrer ce qui se passait dans ma tête. Mes crocs et mon entrejambes suffisaient amplement à cette tâche bien que cette dernière était un indicateur légèrement plus traître étant donné la couche de vêtements que je portais. Un léger raclement de gorge me fit revenir à la réalité. Le serviteur était reparu avec un jeune homme visiblement ravi d’être là.


Dernière édition par Spencer Yates le Lun 10 Fév - 22:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Lun 10 Fév - 20:19

    Apparemment, cela le surpris que je sois amnésique. C’était une chose que j’avais acquis durant ma transformation. Je ne savais comment ni pourquoi, mais c’était arrivée. Je ne savais si c’était bien ou pas, en tout cas, cela ne m’avait jamais perturbé. J’étais devenu vampire et ma vie d’avant ne me manquait pas puisque je ne m’en souvenais pas. Je vivais dans ma nouvelle famille. Cela avait été compliqué au début, mais le fait que ce soit la Reine en personne qui vienne me sauver, alors qu’à cette époque je ne savais qui elle était, m’avait sorti de la misère. Egalement d’une vie éternelle avec mon créateur qu’elle avait tué. Je lui en serais éternellement reconnaissante pour cela. Sa réaction me fit arquer légèrement mon sourcil. S’il devait m’envier ? Je ne savais pas si on pouvait l’être, sauf si vraiment on souhaitait véritablement se détacher du passé. Je ne savais pas ce que ça pouvait être, j’étais jeune et je n’avais que peu de souvenir. Neuf ans… c’était bien peu comparé à d’autres vampires. Je lui souris finalement.

    « C’est plaisant… lorsqu’il ne vous retombe pas dessus à l’improviste. » C’était mon cas en ce qui concernait Torben et c’était un homme vraiment très contraignant pour le coup depuis le jour où il m’avait reconnu alors que pour moi il m’était totalement inconnu. Comment avais-je supporté la nouvelle lorsqu’il m’avait fait part de nos vies communes alors que j’étais humaine ? J’avais accusé le coup. Mari et femme, presque à fonder une famille. C’était étrange de se retrouver dans ce genre de situation, et je pensais que personne ne voulait que tout lui retombe dessus comme cela. Pas même Spencer. Il y avait donc des avantages oui… mais aussi de gros inconvénients, surtout me concernant. Ce n’était pas qu’une épine dans la main que j’avais, c’était un pieu qui me faisait penser autrement et agir différemment. Je ne supportais pas de ne pas contrôler les choses. Autant dire que j’évitais depuis quelques temps déjà de le croiser de nouveau. Mais tout ça était loin, je me contentais de l’instant présent. Finalement il revint sur sa décision concernant l’amnésie et je ne lui affichais qu’un simple sourire amusé. Il ne le saurait jamais de toute façon…

    Ne faisions toujours cette petite parenthèse sur la trahison, mais qui avait commencé ? Moi bien sûr, mis c’était lui qui avait voulu continuer. C’était amusant de le voir continuer à répondre. Je me contentais de l’écouter finalement, même si je ne voyais pas trop où il voulait en venir. Il parlait d’expérience, son expérience à n’en pas douter. Alors je suivais le jeu gentiment. « Ce n’est guère excusable en effet, et nos lois sont faites ainsi. Si on laissait passer tout et n’importe quoi, nous ne serions plus là, la Reine serait déjà anéantie. Il faut un peu donner l’exemple, être sans scrupule parfois… » Un sourire en coin se dessina sur mes lèvres. « Mais je suis curieuse de votre opinion… donner moi donc un exemple pour justifier vos paroles ? Peut-être comprendrais-je mieux ainsi votre vision des choses… » Oui, l’étau se resserrait petit à petit autour de lui, si on pouvait faire cette métaphore. Je laissais les choses coulées, ne laissant rien paraître, comme si c’était une discussion normale. Pour autant, je profiterais quand même de la situation. Je n’étais pas du genre à m’arrêter en chemin… en si bon chemin qui plus est.

    On pouvait dire que j’étais une opportuniste, en ce qui concernait mes propres plaisirs tout du moins. Le plaisir de la séduction, le plaisir du corps et du sexe. Comment s’en passer ? Je ne pouvais pas, c’était certain et allié le sang en plus était tout bonnement exquis. Qui ne céderait pas à la tentation ? Il n’avait pas céder… pour mon plus grand plaisir. Ma robe était à mes pieds nus, déchirer alors que j’en possédais plusieurs centaines. Cela m’était égale en somme, je pouvais m’en racheter une dizaine, ce n’était qu’un bout de tissu. Un tissu qui gênait apparemment mon partenaire. Ma question ne resta pas en suspend très longtemps, lui laissant le loisir de parcourir mon corps quelques secondes. J’eu un sourire amusée à ses paroles. « Peut-être… peut-être pas… Mais un artisan aime prendre soin de ses œuvres non ? Il a des mains très expérimentées… » Je laissais en suspens, alors que je le laissais percevoir par mon regard ce côté pervers et sensuel qui en découlait. Même si ce n’était pas faux. Je lui laissais voir que j’étais une œuvre qu’il fallait cajoler. N’était-ce pas une belle métaphore ? Je brisais de nouveau la distance, me plaquant contre lui alors que je lui offre le goût de mon sang sur le coin de ses lèvres. Je fus presque surprise qu’il ne le lèche pas immédiatement. Il commençait à avoir des réticences ? Ce n’était pas le moment pour… et c’était bien trop tard pour cela. Ma main constatait le désir qui montait inéluctablement en lui. J’étais satisfaite de provoquer chez lui ce désir et on pouvait lire à travers mon regard le désir de prendre son corps tout entier. Mais c’était à ce moment, alors que je commençais à déboutonner le pantalon de ce bel étalon qu’une odeur me piqua le nez doucement. J’arrête complètement ce que j’entreprends alors que je fis volte-face pour me montrer, sans aucune pudeur aucune, nue devant l’inconnu humain qui se présentait devant moi. Mon serviteur à côté qui baissait le regard alors que je l’observais. Je jetais un coup d’œil à spencer alors qu’il était dans mon dos. « Vois-tu comme mon serviteur est bienveillant ? » Puis je m’approche de lui, mes doigts se posent délicatement sur son menton alors que je le relève. Je l’avais choisi personnellement. Un homme fort et avec des formes qui en ferait plié plus d’une. Il était fort à mon goût, et je lui offrais parfois des moments de plaisir. Je possède ses lèvres furtivement, avant de le congédier. Je me retourne alors devant l’humain qui ne quittait pas mon corps, s’attardant sur mes seins et mon bas ventre. Un sourire amusé traversa mon visage. « Alors très cher… arriveras-tu à rester de marbre plus longtemps ? » Aussitôt, il était sur moi à prendre mes lèvres d’une bestialité sans égal et d’empoigner mon sein droit alors que l’autre main se saisissait de ma fesse. Je l’arrêtais dans son mouvement, le plaquant sur l’arrête du mur qui séparait l’entrée du salon et ma prise sur son cou l’immobilisait. « Doucement… ce n’est pas toi qui choisit, et puis vois-tu… j’ai un invité peut-être bien plus attirant... » Naturellement, je l’hypnotisais pour qu’il reste quand même un brin plus calme. La dose de testostérone qu’il avait en lui était bien trop forte, même si ce n’était pas pour me déplaire.

    Je le lâche et il reste à sa place. Je déchire sa chemise et sa veste pour découvrir un corps musclé. Tout ce que j’aimais. En même temps mon serviteur connaissait toutes mes passions, tous mes plaisirs. C’était ses attentions qui me ravissaient, et j’étais heureuse de l’avoir à mes côtés. Mes mains parcouraient son torse tranquillement, avant de me tourner vers Spencer. Je laissais l’humain et me dirigeais gracieusement vers Spencer. « Dis-moi… que ferais-tu de ce cadeau… ? » Je suis de nouveau collé à lui, ma jambe enroule la sienne sensuellement et une de mes mains glissent dans son dos pour s’insinuer en dessous de son pantalon et de son sous-vêtement pour venir palper sa fesse. Je me demandais seulement comment il allait réagir avec une telle offre. Il pourrait s’il le voulait boire un peu du sang de l’humain, c’était son choix. Sauf si son désir un peu plus bas se faisait plus pressant. Dans tous les cas, je saurais profiter de la situation…
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Lun 10 Fév - 22:54

Je n’avais jamais entendu parler de vampire amnésique auparavant. Nous revenions, identique en tout point à ce que nous avions été mais en étant plus fort, plus rapide, plus meurtrier. Nous traînions nos apparences avec nous dans la mort, figées à jamais. Je n’avais vraiment jamais entendu que nous traînions avec nous certains ennuis très humains, tel que celui-là.
J’aurais pu l’envier, véritablement mais cela n’aurait pas fait le monstre que j’étais aujourd’hui. J’aurais sans doute eu beaucoup moins d’ennuis mais je n’aurais vécu qu’une vie pâle. J’aimais le meurtre, le sang, le carnage, la mort... je me plaisais dans le sadisme et la torture et ne voulait pas y renoncer définitivement. Il y aurait toujours des occasions pareilles aux années sanglantes, pareilles aux guerres d’autrefois.
Pour toutes ces raisons, je compris précisément ce dont elle voulait parler. Je n’aurais pas apprécié que mon passé me plane au dessus de la tête telle une épée de Damoclès. C’était un danger que je n’étais pas tenté de connaître, j’avais déjà bien assez de cadavres dans mon placard. « Je ne peux que vous croire sur parole Princesse. Je n’apprécierai sans doute pas ça plus que vous. » Mes expériences faisaient de moi l’homme que j’étais, malgré ma quantités astronomiques de défauts. Fort heureusement, j’échappais aux affres de mon humanité. L’attachement était une chose qui ne me préoccupait plus depuis que j’étais un vampire. Ce qui me reliait à mon créateur était une autre histoire, comme souvent quand il s’agissait de ceux qui nous avait permis de marcher en tant que prédateur.
Visiblement... mes réflexions amusaient la Princesse. Comprenait-elle à quel point j’aimais tenter de comprendre autrui ? Sans pour autant y parvenir. J’étais parfois hors du monde, même des vampires, sous bien des angles. Je ne désirais pas me lier, je ne désirais pas de pouvoir, je désirais juste vivre ma vie, tuer et me nourrir... Hélas, cette existence commençait à ne plus me suffire et je n’aimais pas ça. Je n’aimais pas le changement. Il me perturbait.

Concernant les trahisons, la conversation prenait des tournures plus personnelles, moins badine et je n’en étais pas ravi. Cependant, je ne pouvais y couper par une simple pirouette. Je réfléchis donc avant de parler, trouver un exemple concret tout en gardant ma propre implication à distance bien que je commençais à douter très fortement qu’elle n’en sache pas d’avantage à mon sujet. Un fait qui ne me plaisait guère. « Imaginez que votre vie entière ait été pavée de cadavres, composées de guerres... » Ma propre expérience y passait. Si elle savait, il était déjà trop tard. Si elle ne savait pas, je ne donnais qu’un exemple que nombre de mes congénères avaient pu vivre. « Imaginez n’avoir connu que cela de votre existence sans avoir aucun repaire auquel vous raccrocher. Vous étiez le prédateur, le monstre sous le lit ou tapi dans l’ombre. Vous parveniez à faire frissonner vos proies avant même de les approcher. Vous vivez une guerre d’un nouveau genre où vos plus bas instincts sont satisfaits pour ensuite vous être retirés. Le tout, dans des circonstances ne s’y prêtant peut-être guère. Vous respectez vos dirigeants mais une part de vous ne peut se soustraire à ces souvenirs. » Je n’avais pas bronché, je n’avais fait montre d’aucune émotions personnelles. Trop dangereuses en cet instant. « Ce genre de traîtres ont quitté le droit chemin. Ils ont nui sans pour autant vouloir causer du tort à leurs dirigeants. Quant aux autres... » Mon regard se figea. « Ils méritent la mort. Et là où les premiers accepteront leur punition sans pour autant se résigner... les seconds entraîneront peut-être leur espèce à sa parte. » J’étais l’héritage de Romain Daval et mon créateur haïssait par dessus tout les lâches. Je vendais les traîtres pour survivre mais j’acceptais ma punition. J’aurais probablement déçu mon créateur mais si la chance m’était donnée de me racheter... il n’y aurait rien à craindre de moi en temps de paix. Mais en cas d’instructions contraires... je redeviendrai provisoirement le monstre. Constance m’avait donné de précieux conseils.

Mais quand il avait été temps de penser au plaisir... J’étais un autre homme. Et le fait que la Princesse se compare à une œuvre me fit forcément sourire, d’autant plus dévêtue comme elle l’était par ma faute. « L’artisan dose sa force, mesure ses gestes, caresse du regard et des doigts son travail tout comme il se plait à le faire sur les formes qui l’inspirent. » J’étais un beau parleur, je n’avais pas mon pareil quand il s’agissait d’utiliser les mots. Ce qui n’était pas toujours à mon avantage. Ce qui n’était pas le cas ici, du moins l’espérais-je.

Si je ne léchais pas son sang immédiatement, c’était pas patience, par envie de faire durer les supplices. J’aimais l’attente presque autant que le sang, le sexe et la sauvagerie. J’aurais presque été tenté de glisser ma langue au coin de mes lèvres alors qu’elle s’attaquait à mon pantalon quand son serviteur entra dans la pièce avec un humain. Il choisissait bien son moment celui-là. « En effet. Et je dirai qu’il vous connaît bien. » Si je trouvais cela intéressant, ça n’en demeurait pas moins un mystère pour moi qui n’avait jamais eu d’humaine sur le long terme. Fragile, indigne de confiance... Je n’avais jamais compris, pas plus que le fait d’avoir une progéniture à élever. Ce point m’avait par ailleurs été reproché de façon virulente par Constance.
Elle embrassa finalement son serviteur avant de le congédier et de s’intéresser à l’humain qui sauta, à proprement parler sur la Princesse. Ils étaient parfois si sensibles... J’eus un sourire en la voyant l’hypnotiser pour le calmer. Elle aimait manifestement jouer. Bien, très bien. Je n’allais pas être raisonnable mais soit. Je toisais l’humain avec un sourire mi carnassier mi amusé, une lueur prédatrice dans les yeux. J’observais la Princesse d’amuser et découvrir le présent de son serviteur. Elle vint finalement me demander mon avis sur ce que j’en ferai à sa place.
Avant de répondre, je léchais enfin le sang au coin de mes lèvres, resserrant vivement l’étreinte de la fille de la Reine, plongeant sur ses lèvres. « Permettez-moi de vous montrer. » Je m’écartais de la Princesse non sans la regarder d’un œil appréciateur pour planter mon regard dans celui de l’humain. Je contrais l’hypnose première pour l’obliger à se rapprocher d’elle plus lentement, comme je l’aurais fait, lui mettant en tête d’embrasser son cou pour lui mordiller finalement la clavicule assez fort pour qu’elle le sente mais sans faire couler le sang. Je terminais ma petite démonstration en allant me saisir d’un coupe papier affûté pour entailler légèrement la peau à la verticale au niveau du sternum. En aucun cas dangereux et certainement pas un endroit facile à mordre. Juste de quoi appâter à l’odeur.

Je l’envoyais enfin vers elle, comme je le lui avais imposé. J’aimais bien trop jouer de la sorte avec les humains. Ils étaient des préliminaires très agréables.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Sam 15 Fév - 19:23


    Aurais-je été différente si je n’avais pas perdu tout souvenir de ma vie d’avant ? De ma vie d’humaine ? Très certainement, ou cela n’aurait rien changé. Peut-être aurais-je pu oublier très vite ce passé justement qui me rattrapait toujours avec Torben. Là j’étais dans l’inconnu, me fiant seulement à ce qu’il avait bien pu me révéler sur notre relation, sur ma vie d’humaine alors que tout cela me paraissait loin, obscur… éphémère. Comment peut-on se remémorer quelque chose que l’on ne peut pas ? Et bien on fait avec, je fais avec et je m’en sors plutôt bien. Ceci étant, je le fuis comme la peste, et je sais bien qu’un jour il reviendra de nouveau frapper à ma porte, au moins pour parler affaire. C’était aussi de ça dont je souhaitais parler avec la Reine, j’avais tellement de chose à lui dire en vérité. Elle aussi en aurait beaucoup à mon sujet, je l’avais tellement déçue au point que nous n’ayons plus du tout de contact. Pour combien de temps cela durerait-il ? En tant que vampire, les années me paraissaient des mois, seulement là, le manque de communication avec ma Mère me paraissait être une éternité. Je subissais sûrement les conséquences de mes échecs. J’avançais tout simplement, même si c’était très dur. J’en avais déjà parlé avec Morgane d’ailleurs…

    « Oh mais on apprends à vivre avec. Et puis, comment être affectée par quelque chose que l’on ne connait pas ? »

    Ce n’était pas vrai, je sentais des choses en moi, et c’était ces mêmes émotions qui me fracassaient complètement. A voir dans quel état j’avais été quand j’avais eu l’entretien avec Julien pour que l’on parle de notre avenir et d’un certain nombre de chose. Complètement lunatique, sur les nerfs et ne contrôlant plus rien. Absolument plus rien. Je détestais être dans cet état, alors je m’étais fait une sorte de désintoxification. Oui, on pouvait l’appeler comme ça, mais je faisais un grand travail sur ma personne concernant ce… petit problème. Mais pour l’heure, ce n’était pas le problème, cela ne devait pas entraver la situation plaisante qui se présentait devant moi. J’en jouais, bien évidemment, et c’était le cas alors qu’il répondit à mon questionnement le concernant. Pour qu’il puisse me fournir un exemple digne et que je puisse, de ce fait, mieux le comprendre. Au moins sa vision des choses. Et je ne m’attendais pas à sa petite explication, qui représentait bien là ce que lui était. Je souriais, un sourire très léger, en l’écoutant parler. J’étais attentive, alors que je comprenais ce qu’il voulait m’expliquer. Je calculais chacun de ses mouvements, de ses éventuels tiques, mimiques du visage. Mais rien, se retenait-il ? Dans tous les cas, je semblais réfléchir après qu’il eut fini.

    « Je pense que ce serait mentir si chacun d’entre nous affirmait que nous apprécions plus ce sang synthétique à présent que le véritable sang lorsque nous étions tapis dans l’ombre. » Je fis une pause, lui révélant aussi que je n’appréciais pas le true blood. Mais qui l’aimait véritablement ? «Vous parlez donc de faibles dans nos rangs…. Il y en a partout de toute façon, on ne peut y échapper, nous, vampire. » Je m’approche de lui doucement, pénétrant son regard. « Vous étiez donc aussi faible que cela ? » Là c’était certain, il aurait plus que des doutes. Même s’il ne pourrait vraiment affirmer si je savais pour son histoire. Pour le moment je n’en disais pas plus, me contentant de prendre plaisir de la situation, même si pour le moment j’étais la seule mise à nu. Bientôt ce ne serait plus le cas. J’avais d’ailleurs fait des sous-entendus plus qu’évoquant, lui ouvrant un peu les belles possibilités qui pouvaient s’ouvrir à lui, à nous. Je m’approche de lui alors que nous n’étions pas aussi distants, puis mes doigts effleurent sa joue doucement alors que mon sourire se fait taquin et que mon corps se rapproche sensuellement du sien. « J’espère donc que les miennes t’inspirent, pour que tu puisses me montrer toute ton… efficacité et professionnalisme. » Mon sourire s’accentua alors que bien vite je m’occupais du ce cher artisan, lui prouvant combien il était étroit désormais dans son pantalon. Sauf que voilà, les événements m’interrompent, mais pour une bonne cause. Mon serviteur connaît parfaitement mes goûts, autant physiquement que pour l’aspect du liquide qui coule dans les veines de cet humain. L’intelligence dans ses cas-là m’importe peu. Il se montre très avenant, trop à mon goût avant que je le réfrène bien vite. J’aime la brutalité, la bestialité et j’aurais pu le prendre ici et maintenant, qu’il provoque mon orgasme devant Spencer qui ne manquerait pas d’une scène des plus érotique. Mais je décidais d’autrement, de prendre mon plaisir autrement et je verrais par la suite ce que je ferais. Pour le moment, je pensais à mon invité premier. L’humain ne servait que de pantin, je ne pouvais l’appeler ainsi. Finalement, je retourne vers Spencer, lui pose une simple question pour voir ce qu’il pourrait en faire. Faire de cet humain qui était mon pantin, ma proie, mais qui pourrait l’être aussi par lui. Une telle offre, refuserait-il alors que nous étions si avancé ? Il lécha enfin le sang au coin de ses lèvres et cela m’indiqua bien avant qu’il ne parle de ses intentions. Je souris, un sourire qui se voulait interrogateur et pressant, car oui, je voulais voir ce qui le traversait, ce qu’il avait en tête. Il allait me montrer, et bien soit, je ne le quittais pas des yeux alors qu’il se dirigea vers l’humain.

    Il l’hypnotisa, comme j’avais dû le faire et l’humain se dirigea vers moi lentement avant que sa tête ne s’engouffre dans mon cou. Je décalais ma tête et appréciais ses baisers sur ma peau et je mordis ma lèvre alors qu’il m’avait mordillé assez fortement ma clavicule. Mon dieu… que de volonté pour ne pas lui sauter dessus, lui enlever le reste de ses vêtements et de faire mon affaire. Autant dire que je retenais mon désir, mais il me semblait que Spencer aimait jouer également. Alors j’attendrais, jusqu’à décider du moment propice pour arrêter tout cela. Finalement, il vint lui couper la peau, en plein milieu de son torse, sur son sternum et même s’il s’approche, je suis déjà coller à lui, profitant de ma rapidité hors norme. Je lèche sensuellement de haut en bas le sang, avant d’englober la plaie de mes lèvres, profitant de la coulée suffisamment avant de m’écarter avec un gémissement de plaisir. J’aimais trop le sang. Je possède ses lèvres et il m’enveloppe de ses mains alors qu’il palpe mes fesses. Je cherche sa langue et la mords au passage pour me donner un baiser des plus sanglants que j’apprécie tout autant. Ma main s’insinue vers son pantalon pour l’ouvrir doucement, il fera le reste si Spencer lui ordonne, mais je voulais aussi qu’il profite. Je décolle mes lèvres doucement, le plaquant de nouveau sur le mur alors que mes doigts parcourent le sang sur son torse pour m’en mettre plein les doigts. J’en avais déjà sur la poitrine alors que je l’avais collé à son torse. Puis je me retourne vers Spencer, la main en l’air en frottant le sang sur mes doigts lentement, prenant la pose d’attente et toujours ce petit sourire… « Et alors ? Vas-tu rester simple observateur ? » C’était une sorte de défi presque, alors que mes yeux ne quittaient pas les siens.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Dim 16 Fév - 21:56

J’avais quelques soucis avec mon passé ces derniers temps et ça n’était pas pour me plaire. Ne pas avoir le contrôle ne me plaisait pas, comme c’était certainement le cas pour la plupart des vampires. Nous avions une confiance en nous qui frôlait l’excès et si c’était moins prononcé dans mon cas, ça n’en restait pas moins vrai. Le peu d’emprise que j’avais sur mon existence ces derniers temps était un problème que je ne pouvais hélas pas du tout résoudre dans l’immédiat. Il aurait été présomptueux et dangereux de croire que j’aurai pu résoudre mes problèmes d’un claquement de doigt. Quand on a fauté, il faut pouvoir en assumer les conséquences, aussi longtemps que nécessaire.
Ainsi, je n’étais pas tout à fait sûr que j’aurais, malgré tout, apprécier oublier ce dit passé. Ça ne m’aurait pas plus rendu service que le reste. « Très juste. Nous sommes de toute façon forcé de composer avec notre environnement, nos faits, nos gestes et notre passé, que l’on s’en souvienne ou non. » J’étais évidement loin de me douter que son propre passé lui jouait des tours dernièrement. Chacun sa croix. Nous devions effectivement tous composer avec tout un tas de circonstances mais également avec les gens, ce qui était dans mon cas, un problème majeur. Ce souci n’en était pour l’instant pas un bien que je n’aimais pas devoir parlé de circonstances de traîtrise, cela me touchant de bien trop près à mon goût. Fort heureusement, je n’étais pas homme à me laisser aller et en apparence, rien ne transparaissait. J’étais maître dans l’art de me dominer, au moins en ce qui concernait mes paroles. « Il est vrai que le sang synthétique n’a rien de très savoureux. C’est pourtant bien le seul sang que je m’octroie à présent. » Ce qui était vrai et cela me faisait mal de le reconnaître. J’aimais le sang plus que de raison, mais plus que le sang, j’aimais la mort de façon inconditionnelle... encore un autre problème.

Je ne m’attendais pas à ce qu’elle relève ainsi mon exemple. Moins encore qu’elle le retourne contre moi. Ainsi... j’avais eu raison de me méfier. Comment l’avait-elle appris ? Par qui ? Là n’était pas réellement la question. Quoi que... Je ne montrais plus rien. « Si vous le désirez, peut-être serait-il judicieux de revenir sur ce sujet... ultérieurement Princesse. »
Très égoïstement, je n’avais aucune envie de gâcher tout de suite cette soirée et ce sujet me la gâcherait irrémédiablement. Elle savait et je lui offrais la possibilité d’une discussion plus sérieuse un peu plus tard. J’espérais que cela suffirait pour l’instant. La seule personne au courant de ma condition de traître était Julien, ne pouvait-il donc pas la fermer comme notre accord le prévoyait ? Cet homme ne méritait décidément pas le moins du monde ma confiance ou mon respect.

Le petit jeu qui suivit fut d’autant plus agréable en raison du sujet précédent. Je n’étais pas de ceux qui changent rapidement d’humeur mais je devais reconnaître que malgré le fait qu’elle sache qui j’étais, je m’amusais beaucoup. Je prenais un plaisir certain à jouer selon ses règles tout en restant fidèle à moi-même. « Je me demande qui vous n’inspireriez pas. »
L’interruption qui eut ensuite lieu, bien que contrariante, offrait un monde de possibilités. La Princesse aurait très bien pu s’occuper de son cadeau de la soirée mais elle choisit de le partager à sa façon. Je pus ainsi lui montrer à quel point j’étais joueur mais aussi en quoi j’avais quelque problème de retenue. J’aimais jouer avec les humains, j’aimais les utiliser et je le lui démontrai. Au moins ne m cachais-je pas. J’étais authentique.
J’avais dicté chacune de mes injonctions à l’humain pour le regarder avec délectation s’y plier sagement, victime de mon hypnose. J’aurais pu aller tellement plus loin... La demi-mesure me posait de réels problèmes. Et l’odeur du sang qui se rependait à présent dans l’air par ma faute n’aidait en rien. Le jeu auquel je jouais était dangereux. La retenue n’était pas mon fort mais j’assistais à un spectacle délicieux auquel il devenait compliqué d’assister sans broncher.

Ce jeu de marionnette prenait des allures de manipulations sordides comme je les aimais et ça n’en devenait que plus dangereux. Les humains étaient des accessoires, rien de plus. À sa question, je ne répondis pas, l’approchant aussi vite que ma vitesse me le permettait. Je me saisis de sa taille à l’aide d’un bras alors que je m’accaparais son poignet de ma main libre pour en lécher le sang de l’humain.
Je savourais un instant le sang sur ses doigts avant de rapprocher l’humain, passant mes propres doigts sur la plaie pour étendre son sang sur les lèvres de Jana.
J’avais soif de sang et soif de sexe... Je mourrai d’envie de le mordre, de la mordre... de caresser ce corps qui m’avait inspiré les formes les plus voluptueuses et sensuels que j’avais sculpté et taillé. Sans même m’en cacher, je humais à présent l’air et sa peau. J’étais avide mais pas empressé. La main qui avait enserré sa taille plutôt alla se perdre sur ses fesses, les flattant et les massant à outrance. D’un regard rapide vers l’humain, je l’obligeais à se coller au dos de la Princesse, l’enjoignant à la caresser et à mordre à nouveau -mais pas jusqu’au sang- son épaule. Je n’aimais guère partager mais il était utile. Je ne lui laissais cependant pas le moins du monde son libre arbitre.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Dim 9 Mar - 16:23

    Sa phrase me révéla à quel point il avait tout compris. A quel point aussi nous ne pouvions éternellement fuir notre passé. Dans mon cas ce n’était pas tout à fait vrai, je ne le fuyais pas jusqu’à ce qu’il se retrouve devant moi. Sous le nom de Torben Badenov qui plus est. Depuis tout avait changé, même si nous avions baisé récemment, j’avais l’impression que tout ça était bien loin. Et il le fallait, car il avait le don de me faire tourner en bourrique, de me rendre folle. J’avais dû mal à me contenir face à lui. Et il avait aussi une certaine assurance et avait le don de poser les bonnes questions, de pointer là où j’allais tiquer. Finalement, j’étais mieux de jour en jour, Julien m’avait fait avancer sur la bonne voie et m’avait aidé à reprendre le contrôle. J’essayerais de ne pas le perdre de nouveau. Même si dans cette situation précise, celle qui se présentait devant moi, dérivait un tant soit peu…
    Le sang synthétique n’était pas du goût non plus de ce cher Spencer. Qui me dirait le contraire en même temps ? Je n’étais donc pas surprise. Juste heureuse car la soirée qui nous attendait promettait d’être riche en sang et en… sexe. C’était certain, mes sens avaient été éveillés au moment où j’avais ouvert la fiole. Sang précieux, découverte immédiate et embarquement rapide vers une destination qui nous rapprocherait très certainement. Je fus cependant surprise qu’il m’affirme qu’il ne buvait que cela.

    « En effet, pas savoureux du tout. Mais tu vas me laisser croire que tu ne bois rien d’autre ? »

    Mon regard se fit taquin, presque joueuse alors que j’attendais une réponse de sa part. Et qu’elle soit positive ou négative m’importait peu. Ou si finalement, car j’avais vu au travers de son regard que le sang, le vrai, lui manquait. Comment ne pouvait-on pas être en manque ? Je pourrais donc éventuellement lui offrir moi aussi un cadeau en retour… Mais pour l’heure, c’était un tout autre cadeau. Je lui avais fait une petite brèche, lui avais un peu prouvé que sa situation ne m’était pas indifférente. Je connaissais presque tout de lui finalement, au moins le plus gros. J’imaginais qu’il se posait tout un tas de questions désormais. Est-ce que j’étais ignorante ou savais-je tout ? Dans tous les cas, il ne perdit pas son sang-froid. Décidemment, je l’aimais de plus en plus. Quand bien même je gardais dans un coin de ma tête sa situation actuelle. Mais il avait raison sur un point. « Plus tard, oui… » murmurais-je sensuellement. Je n’étais plus du tout sérieuse, je voulais jouer… et lui aussi apparemment.

    Mon sourire s’élargit à ses mots, alors que je faisais des sous-entendus assez spécifiques. Il ne pouvait pas ne pas comprendre, et il était très fort pour tout ce qu’il se passait jusqu’alors. Cela me ravissait. Au moins je pouvais m’amuser ne serait-ce que pour un moment. « Peut-être beaucoup plus que vous ne l’imaginez… je ne suis pas la seule femme de ce monde… » En réalité, je faisais succomber tous les hommes qui croisait mon chemin. Je n’avais encore jamais eu de refus, peut-être que cela arriverait pour plus tard, mais je pouvais aussi les hypnotiser comme bon me semble. Seulement, j’aimais qu’on m’observe réellement, et qu’on me complimente pour de vrai. L’hypnose ne me servait que rarement dans le cas où je cherchais du sexe. Mon corps en faisait bander plus d’un… pour mon plus grand plaisir. Et Spencer n’était pas indifférent à mes formes, encore un autre que j’avais su charmer. Et pour l’heure, nous nous amusions gaiement avec ce petit pantin. Je profitais, tandis que l’artisan restait en retrait. J’aimais prendre les devants, mais j’aimais également que les hommes prennent le dessus parfois. Il était entreprenant, je ne pouvais le nier, mais je voulais qu’il agisse beaucoup plus, même si nous faire languir mutuellement m’excitait davantage.

    La marionnette ne bougeait à présent plus, je l’avais collé au mur et j’aurais pu me satisfaire de son sexe, baisé devant Spencer tout simplement, mais ce n’était pas le moment. Combien même je commençais difficilement à retenir mes pulsions sexuelles. Je prenais pour l’heure la pose devant Spencer, à quelques mètres à peine, alors que je jouais toujours avec le sang sur mes doigts. Mon sourire en coin ne vacillait pas, et à mes paroles, Spencer s’avança vers moi automatiquement. Je le regardais faire alors qu’il léchait le sang sur ma main et mes doigts. Je souriais, victorieuse. Il aimait à ce point le sang pour ne pas y résister. C’était juste parfait. L’humain se rapprocha grâce à Spencer et plongea ses doigts sur la plaie avant de m’en faire profiter. Ma main empoigna son poignet pour le contrôler et je suçais alors sensuellement ses doigts, aussi lentement que je le pouvais et ne perdant pas une seule goutte. Mon bassin se colla au sien et je pus de nouveau constater que son pantalon était bien trop étroit, son désir n’avait pas disparu, il s’était même amplifier à mon humble avis. Je sentis sa main sur mes reins descendre et venir palper mes fesses. Mon sourire s’accentua et je laissais les doigts de l’artisan pour prendre à pleine bouche ses lèvres, cherchant sa langue dans un baiser fougueux et très rapide. Je sentis l’humain se mettre derrière moi, caressant mon corps alors que j’étais déjà dans un niveau d’excitation intense. Une de ses mains palpa mon sein, pressant parfois mon téton alors que je ne faisais que profiter. Ses lèvres aussi parcoururent mon cou et je laissais ma tête pencher vers l’arrière pour atterrir sur l’épaule de l’humain. Mon sourire s’accentue alors que je le sens me mordre une nouvelle fois. Après en avoir profiter quelque peu, je redresse ma tête, plonge mon regard dans celui de Spencer. « Ou sont donc tes mains expertes ? Si tu continues comme ça… je prendrais seulement du plaisir avec l’humain… » ajoutais-je avec un sourire des plus espiègles avant que mes deux mains ne glisse de sa taille à son pantalon, avant de le déboutonner et de l’ouvrir assez brutalement avant de poser ma main sur son sexe, le palpant pour constater non sans mal son désir présent depuis un petit moment déjà. J’enroule mon bras autour de son cou, me déchirant de l’emprise de l’humain pour me coller à l’artisan. Je possède rapidement ses lèvres, ma langue cherche ses crocs et je lui offre mon sang dans un baiser des plus passionnels. Je quitte ses lèvres pour parcourir son cou. Ma main avait quitté son intimité pour se placer dans son dos. Je savoure son cou et j’effleure avec mes crocs sa peau sans pour autant la couper ni la pénétrer. Je ne voulais pas pour le moment. Je me décolle ensuite de lui, me reculant pour être de nouveau dans l’emprise de l’humain qui continua de me caresser. « Alors ? Vas-tu me laisser dans ses bras… ? » Je me retourne avant de m’abaisser au niveau de son bassin et de descendre d’un seul coup tous ses vêtement qu’il lui restait, le découvrant à présent nu. Je remonte doucement, lèche une nouvelle fois la plaie sur son sternum avant de remonter sur son cou et de doucement pénétrer sa chair si chaude et boire ce liquide si savoureux… L’excitation était encore plus présente, encore plus alors que je collais mon bassin sur son sexe désormais mise à nu.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Dim 9 Mar - 18:21

Je ne m’étais pas particulièrement attendu à la tournure des événements mais je ne m’en plaignais pas. Pas tout à fait du moins car j’aurais largement préféré éviter que ma condition de traître soit connue de la Princesse Jana. Il était clair que je ne pouvais pas avoir confiance une seule seconde en Julien, à moins qu’un autre lui ait parlé ce qui était tout autant problématique pour ma sécurité. J’évitais cependant d’afficher ma contrariété, cela aurait gâché l’ambiance à coup sûr.
J’étais persuadé que cela était mauvais pour moi et j’espérais réellement me tromper pour une fois. Je n’avais pas besoin que mon nom passe de ainsi dans les mains de chaque vampire bien qu’elle n’était pas n’importe qui. C’était quand même très agaçant. Je choisis cependant de répondre malgré tout à la question qu’elle me posait, suspicieuse. « Et pourtant, c’est bel et bien le seul sang que je bois depuis un moment à présent. » Un cours moment certes, mais assez long pour me faire languir de véritable sang. Le Tru blood comblait mon appétit, pas mes désirs. Ça revenait à forcer un humain à manger de l’avoine et de la salade, du moins le supposais-je. Ça n’avait rien d’agréable.
Aimablement, la Princesse accepta de revenir sur le sujet de ma trahison ultérieurement ce qui, je ne le cachais pas vraiment, me délestait provisoirement d’un poids. Je me devais cependant d’éviter de mentionner mon entrevue avec sa mère, la Reine. Je supposais aisément que ce qui se passait en haut lieu y restait. Au moins avais-je compris cela.

Le jeu reprit donc de plus belle puisque nous avions relégué à plus tard le sujet épineux de mon cas. Je préférais de loin flatter la beauté de la femme que mettre mon nez dans mes exactions. Je souris, flatteur. « Pas la seule, c’est un fait mais je n’ai pas envie de penser à d’autres alors que vous êtes là. » Elle était une belle femme et elle en était parfaitement consciente, il aurait été étonnant qu’elle n’en joue pas.
Jouer ensemble avec un humain n’était pas la meilleure des idées mais ça ne m’empêchait pas d’y succomber. J’aimais clairement manipuler et je ne tentais même pas de m’en cacher. J’étais joueur au point d’apprécier regarder cette chose fragile vouloir s’approprier une vampire comme elle. C’était un plaisir malsain, un plaisir que je n’étais pas le seul à prendre cependant.
Nous ne nous privions pas de nous amuser avec son sang quand bien même je ne plongeais pas mes crocs par respect. Cet humain était son jouet, en aucun cas le mien même si je pouvais en profiter un peu pour améliorer et alimenter notre propre jeu qui continuait de m’obliger à avancer vers de moins en moins de retenue. Il me fallait doser ce qui était plus que compliqué désormais avec ce corps aux formes voluptueuses collé au mien.

Je ne me privais pas de partager son baiser alors que je contrôlais l’humain à qui il était hors de question que je cède un libre arbitre minime. Il était un instrument, rien de plus même s’il était évident que je laisserai à la Princesse tout le loisir de le manipuler à sa guise sans entrave quelconque de ma part.
S’il était évident que j’aurais bien volontiers répondu à cette petite attaque en règle, j’en n’en eus pas le temps, coupé dans mon élan. Je souris cependant, une lueur perverse au fond des yeux alors qu’elle s’appropriait ma langue et mon sexe. Son sang en bouche, elle se retira, trop rapidement à mon goût. L’anticipation suivante était tout aussi habile mais aucune morsure ne vint, j’en aurais grogné de frustration si je ne m’enjoignais pas à me tenir aussi bien.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Lun 10 Mar - 16:51

    Voilà qu’il m’affirmait ne boire que du sang synthétique. Même si nous étions lié par différentes lois, rien ne l’empêchait d’avoir une pomme de sang pour pouvoir étancher sa soif autant qu’il le voulait. Mais il devait juste être dans une position plus que délicate en ce moment, je ne l’imaginais pas enfreindre encore plusieurs autres lois. Il devait se tenir à carreau, pour autant, il ne l’était pas du tout ce soir. Il dérivait lentement mais sûrement, pour ne pas me déplaire, bien au contraire. Je le voulais, dès l’instant que j’avais pu entrevoir un peu son côté joueur. Je me souvenais de lui pendant les Années Sanglantes, comment oublier un tel combattant ? J’avais aimé le voir combattre, il était cruel et sans pitié, c’était un peu mon miroir. Je l’étais également, même si ce soir je lui montrais en premier lieu mon côté séductrice et sexuel. J’avais bien l’intention de toute façon de me satisfaire de son corps. Le reste attendra encore un peu, de toute façon, lui-même m’avait dit que plus tard je pourrais lu parler. Même si ce n’était pas lui qui décidait, j’avais approuvé dans son sens. Je ne pouvais faire marche arrière à un tel degré. Je ne voulais pas, même si j’aurais pu. J’aurais pu en effet jouer tout autrement, le laisser à l’écart alors que je m’envoyais en l’air avec l’humain. Mais finalement, j’avais envie d’en savoir plus, j’avais envie de voir jusqu’où il irait, et jusqu’où son expertise allait. Une certaine curiosité en somme.

    Je lâchais un petit rire à ses paroles. Je l’avais alors pour moi… je l’avais totalement charmé et c’était bien là mon but. Il m’avait mise à nu le premier, je n’avais rien fait, et j’attendais de lui qu’il soit encore entreprenant comme il avait si bien su le faire jusqu’à présent. Je lui avais laissé le loisir de pouvoir jouer avec mon jouet, juste parce que j’aimais aussi découvrir ce qu’il me réservait, et que ça me laissait un brin de surprise que je ne pouvais faire moi-même. Quoique, j’aurais pu avoir tout ce que je voulais avec l’humain, vu comment il m’avait sauté dessus. J’étais certaine qu’il avait beaucoup de choses en réserve. Mais pour l’heure, je m’occupais de lui volontairement, oubliant presque Spencer même si je me plaisais à sentir son regard sur moi. Apprécier mes courbures alors que j’étais dos à lui. Je l’avais tenté, j’avais possédé ses lèvres et lui avait fait goûter de mon sang. Juste assez pour le laisser ensuite en suspens, le faisant encore plus languir alors que je l’avais quitté. Le laissant complètement débraillé, avec un air jouissif et taquin à souhait. Il saurait me déchiffrer en cet instant, j’en étais certaine. Je le poussais à faire le premier pas en le provoquant quelque peu, je l’avouais. Mais j’aimais tellement cela !


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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Lun 17 Mar - 16:01

J’étais parvenu à repousser la discussion sur ma traîtrise. Je n’étais pas pressé d’y être, pas le moins du monde. Je n’avais aucune envie de parler des raisons qui m’avaient poussé à faire ça, pas plus que de ce que j’avais ressenti bien. Je ne pouvais pas me permettre de me taire sur le sujet si elle me demandait réellement de m’exprimer mais j’avais déjà eu bien assez de difficultés à énoncer les choses telles qu’elles avaient été à sa mère, notre Reine.
J’ignorais à quel point la Princesse appréciait le prédateur réel que j’étais, le combattant, le meurtrier. Toutes ces facettes devaient rester enfouies pour mon propre bien à moins qu’on me donne l’ordre d’en user, ce qui n’arriverait sans doute pas de si tôt. Je me devais d’être exemplaire désormais, aussi étrange ou compliqué que cela soit. Et pourtant... Je dérogeais à mes propres règles pour contenter Jana. On ne décevait pas une Princesse, ainsi étaient les choses.

J’étais flatteur, joueur mais patient. Je ne pouvais agir avec elle comme j’aurais agi avec une vulgaire humaine ou même une autre vampire. Je devais quand même faire preuve d’une certaine retenue et d’égards que je n’aurais pas eus pour d’autres qu’elle. S’adapter aux situations était une nécessité.

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MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Mer 19 Mar - 19:04

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    MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Mar 25 Mar - 16:47



    Dernière édition par Spencer Yates le Jeu 3 Avr - 17:48, édité 1 fois
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    MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Mer 2 Avr - 20:43

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      MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Jeu 3 Avr - 18:13

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      MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Jeu 3 Avr - 21:34



        Je savais que lui n’avait pas pris son pied, mais cet air de malice que j’affichais lui faisait déjà parvenir mes pensées. Je me dirigeais vers l’humain, l’intimais de se redresser avant de m’occuper de ses plaies et de lui souffler qu’il m’attende dans la salle de bain. J’étais toujours souillée de son sang, puis je me mettais face à Spencer. J’étais debout, une main sur ma hanche alors que je le regardais en contre-bas.

        « Bien, assez joué. J’ai pris mon pied, maintenant passons aux choses sérieuses. » ajoutais-je d’un ton presque allégé alors que j’étais tout à fait sérieuse. J’étais curieuse de savoir comment il comprendrait ma phrase…


      Dernière édition par Jana P. Raybrandt le Dim 6 Avr - 17:44, édité 1 fois
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      MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   Jeu 3 Avr - 23:26



      Je me rhabillais, me forçant ainsi à penser autrement, le visage de nouveau fermé à toute émotion visible. Un masque, ni plus ni moins, un masque obligatoire, indispensable. Les limites, je les avais dépassée et de très loin et presque toutes encore bien.
      Je désirais plus que jamais revoir la guerre, faire couler le sang, ne pas être en total décalage avec cette vie lisse, désertée par la saveur du sang et l’odeur de la mort. Je voulais entendre à nouveau les cris, lire la peur dans les yeux, la goûter dans leur sang. Je m’étais avancé bien vite quand j’avais assuré que je ne profiterai pas de mon marché avec le Général. Pour la première fois, j’avais pêché par orgueil. Voilà où mener mon orgueil. C’était brillant.

      Sans demander quoi que ce soit, je m’allumais une cigarette. Je n’en avais pas besoin, je n’en avais pas envie. Tout cela était un problème de dépendance humaine. Non, j’avais besoin de m’occuper les mains car il m’en fallait peu pour dévaster mon environnement en cet instant précis.
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      MessageSujet: Re: L'ombre de l'ébène Ω [Livre II - Terminé]   

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