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Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Lun 30 Déc - 16:22

C’était d’une imbécilité. Une réunion de vampire, en plein Glasgow. Dans le centre. Je me demande parfois si mes congénères ne cherchent pas à crier aux humains de les achever. Cette paix avec les humains, quelle stupidité… Mais je ne suis pas là pour déclamer un monologue haineux envers les humains. Je suis au contraire là pour m’entretenir avec l’un d’entre eux. Torben Badenov. La Mort. Le Servant de la Reine. Cela faisait deux mois, maintenant, qu’il avait cru s’être infiltré à mon insu parmi les Sanguinistes. Nul n’échappait à mon attention, pas plus lui qu’un autre.

Cela ne signifiait pas pour autant que je ne devais pas m’en méfier. Il était dangereux, et je le savais très bien. Cela ne m’empêchait pas pour autant de le suivre, en cette nuit froide. Comment, sinon en le questionnant, m’assurer que la Reine était au courant ? Je me rappelle très bien des propos que j’ai adressé à la Mort, au sein des Sanguinistes, ce soir-là. Redevenir celle qu’elle était, ou être remplacée. Les humains nous étaient, nous sont, inférieurs, il est impensable de se plier à leurs désirs.

Alors masquée, je déambule dans les rues de Glasgow, suis l’ombre de Bardenov, bien décidée à me révéler à lui quand il sera seul, à l’écart. Je ne peux me compromettre, l’arrêter dans un lieu où l’on est susceptibles de nous voir. Je l’aurai bien volontiers entraîné au cimetière, je m’y sens bien, après tout, mais ça aurait été trop risqué. Je croise plusieurs humains imprudents, bien peu vêtus, notamment en vertu du froid glacial de cette troisième semaine de novembre, dont le sang me donne incroyablement envie de m’arrêter un instant pour le goûter, mais je n’en ai guère le temps.

Je ne sais quel est son but, ni même s’il m’a repérée, mais tous ces lieux bien éclairés mettent ma patience à mal. Je n’entends pas vagabonder jusqu’au lever du jour. Enfin, nous nous éloignons de tous ces lieux de perdition où les miens prétendent être les égaux des humains qui se targuent de vivre la nuit – quels imbéciles, les uns comme les autres. Cohabiter pour les uns avec ces faibles êtres comme s’ils ne leur étaient pas supérieurs… Et se priver de la lumière du soleil, pour les autres, qui était un bienfait de tous les jours. Ils mériteraient tous de se voir trancher la tête, sans plus de considération.

M’éloignant de ces pensées de vendetta, qui viendront plus tard, bientôt, à la prochaine réunion des Sanguinistes – en plus petit comité cette fois, avec mes frères et sœurs, et des vampires triés sur le volet -, je souriais, d’un sourire carnassier, avant de prendre la parole.

« Monsieur Bardenov. Enchantée de vous voir à nouveau. »

Je m’avance, pour qu’il me voit – ou qu’il voit ce que mon masque dévoile, du moins. Sans nul doute qu’il me reconnaîtra.

« Je viens m’assurer que le message que je vous ai confié ait bien été transmis, compris, et reçu. »

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Dernière édition par Freyja Swayne le Mar 31 Déc - 11:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Lun 30 Déc - 19:19

    Encore une ennuyeuse réunion où je n'ai absolument rien de spécial à dire. Guillemaud était retenu ce soir pour une entrevue avec la princesse, et d'Aubusson n'avait toujours pas été remplacé. Sans généraux, coordonner et unifier les avis de différents chefs subalternes de l'armée royale s'avérait compliqué... Mais nécessaire. Personne d'autre que moi n'était disponible. La Reine avait alors annoncé à tous ces capitaines venus de partout dans le monde que ce serait moi, sa main noire, qui parlerait en son nom et défendrait ses intérêts. Il allait sans dire que le seul souci à l'heure actuelle pour la Reine Rouge était d'assurer une certaine cohésion de ses différentes unités. Après tout, le pouvoir royal avait en quelque sorte changé de main puisque la légitimité du pouvoir s'était déplacée des mains d'un vieux vampire romain qui avait été blessé à mort à une noble britannique bien plus moderne et contemporaine dans sa façon d'organiser les choses. Là où Augustus avait maintenu plus d'un millénaire et demi la même structure de commandement féodale, la Reine avait tout chamboulé une fois son époux en convalescence forcée. Remplaçant de véritables seigneurs par des grades militaires, elle avait recruté chaque vampire du nouveau né à l'ancien, sous la férule de son armée qu'elle avait strictement organisée. D'un certain côté, cela ressemblait à la Meute. Tous ceux qui n'étaient pas du groupe étaient des dangers et étaient donc réduits au silence... L'armée avait permis de colmater le désastre de la bataille sur la lande à laquelle j'avais participé et malgré la défaite, les vampires avaient toujours un argument de poids ; un outil militaire perfectionné, organisé, performant, qui n'attendait qu'une chose ; d'entrer en guerre à nouveau. J'avais donc écouté des heures durant les palabres, les problèmes liés à certaines tensions régionales autour du globe. En Sibérie, la situation était désespérée entre les troupes locales et une meute aux proportions gigantesques. Le gouvernement russe ne savait pas gérer et les vampires là bas étaient sur le point de perdre. Je décidais donc d'un repli vers l'ouest de l'Oural. Inutile de combattre une meute si importante qu'elle en menace les humains eux mêmes... Qui feront le travail à la place de nombreux vampires qui pourraient encore mourir dans ce conflit. D'autres probèmes survenaient. En France, bien évidemment, et dans d'autres pays. Je réglais la quasi-totalité, reportant certains décisions à une date ultérieure lorsque la Reine en personne serait disponible.


    Je quittais la réunion, vêtu d'un large manteau de laine noire qui dissimulait à la perfection le flingue armé de balles en argent dont je ne me séparais plus depuis que la Reine m'avait fait comprendre que ma propre vulnérabilité la mettrait en danger. Je rabattais le col de mon manteau de part et d'autres de mon visage. Officiellement j'étais mort, mais je me méfiais du hasard des rencontres, et m'engouffrais dans la nuit. D'abord, plusieurs rues où humains, vampires et même loups garous s'adonnaient à leurs vices. Je traverse un petit parc, quand mes sens devenus inhumains depuis que Krystel m'avait lié à elle m'avertirent de quelque chose. Un bruit, une odeur, une impression diffuse. J'étais suivi. Restant sur mes gardes, je retirais la sécurité de mon flingue en passant discrètement ma main gauche entre les boutons de mon manteau pour atteindre mon holster. Finalement, cette présence se renforce. Je me retourne. Dans l'allée faiblement éclairée, je vois une haute silhouette se découper. Grande, svelte, séduisante. Masquée. Je sais de suite à qui j'ai affaire. Il n'y a pas grand monde qui aurait choisi de m'aborder de la sorte, et je reconnais sa silhouette alors que nous nous sommes déjà rencontrés...



    | ... Je ne sais trop comment vous appeler. Madame ? Mademoiselle ? Prêtresse ? Ôtez vous donc cet avantage... Quant au reste, ce que je vois, ce que je sens, ce que j'entends, la Reine Rouge le perçoit aussi. Je sais que vous êtes forte et ancienne. Vous n'êtes pas venue pour savoir quelque chose que vous savez déjà, quand ben même je vous imagine mal avoir un jour eu un servant humain... Si vous me disiez, beauté masquée, ce que vous voulez vraiment me transmettre comme message ce soir? |


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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Mar 31 Déc - 11:33

Il a repéré ma présence, je le sais. Son surentrainement, ou le fait que je ne cherche pas tellement à la cacher mais seulement à lui faire comprendre que je veux parler dans un endroit isolé ? Les deux, surement. Je suis efficace dans l’art de la dissimulation et de la perception des choses qui se veulent cachées, mais lui aussi. Mon but premier n’était pas de me dissimuler, mais de nous dissimuler. Sous couvert de la nuit, dans cette rue mal éclairée et peu fréquentée, nul ne pourra nous repérer. Et il ne me fera rien : il sait mon importance. Que j’organise des massacres humains pour mes camarades Sanguinistes et moi est un fait… Leur attitude si j’en venais à disparaître et n’était pas là pour les canaliser compromettrait notre survie, et Torben Bardenov n’est pas un idiot, il le sait. Il ne se débarrassera pas de moi ainsi, j’en suis persuadée.

Je le sens mettre la main sur les armes qu’il dissimule forcément - comment pourrait-il protéger la Reine autrement ? Ses paroles sont vraies : je n’ai pas de servant humain, et ne serai probablement jamais en mesure de m’abandonner suffisamment pour cela, mais je sais bien comment cela fonctionne. Ou je le suspecte, du moins. Combien de vampires ais-je vus, affaiblis, suite à la mort de leurs servants ? Mon imbécile de progéniture, pour commencer, qui a voulu bruler les étapes sans en comprendre les tenants et aboutissants. Encore un que j’ai du tuer par moi-même.

Mais s’il est juste dans ses paroles, il n’a toutefois pas fait le bon choix. Si je m’étais exprimée de façon aimable au préalable, quoi qu’implacable et qui ne faisait nul doute sur la menace sous-jacente dans mes propos, la fureur toute entière m’habitait. La Mort ne savait pas qui j’étais, il ne savait donc rien des sujets à ne pas aborder et de mes désaccords avec mon créateur, mais il allait le savoir. Peut-être ferais-je mieux de me taire, mais j’en étais incapable.

« Ne vous avisez pas de parler de ce dont vous ne savez rien, Torben Bardenov, le prétendu mort. Que j’ai eu ou non des servants humains ne vous regarde pas. »

Beau contrôle, pour une vampire centenaire. J’avais bien malgré moi adopté une voix froide, quelque peu menaçante bien que je savais qu’il serait risqué de m’attaquer au servant de la Reine, et que je n’en avais nullement l’intention. C’était plus fort que moi, je ne pouvais rester de marbre en entendant parler de servant humain et du fait qu’il doutait que j’en ai créé, alors que ça me renvoyait au visage mon incapacité à transformer et conserver un rejeton humain. Là où mes indignes frères et sœurs avaient réussi. Je m’efforçais toutefois, tant bien que mal, de revenir au sujet premier de cette conversation amicale. Un sourire sarcastique étira mes lèvres à cette pensée : comme si nous étions en mesure de discuter de telles choses sagement assis à la terrasse d’un café, autour d’une bonne bouteille.

« Qu’elle ait entendu mes propos ne signifie pas qu’elle les a écoutés. Vous le savez aussi bien que moi. Et vous savez pertinemment que c’est ce que je cherche à savoir. Si elle n’adhère pas à notre cause, qu’elle veuille nous traquer n’a aucun mystère. Je ne doute pas de l’acharnement que vous avez du mettre à trouver une entrée dans notre société – vous devez donc savoir que nous sommes plus que prudents, et que nulle trace ne mène à nous. Alors là est la question : est-elle prête à redevenir celle qu’elle était ? Il n’y a aucun autre enjeu à voir dans cette conversation. »

Je disais vrai, pour une fois. Savoir que le message était transmis n’était pas l’important. Il était évident qu’il n’allait pas cacher une telle information à sa Reine – s’il l’avait fait, sa loyauté envers elle aurait été à remettre en question, et s’il y avait bien quelqu’un de loyal dans son entourage, c’était lui. Ou du moins le pensais-je ainsi. Je doutais que la Reine change d’avis si facilement, mais seul son servant pouvait servir de communiquant entre nous. Je n’aurai pas pris le risque d’affronter Krystel directement, même masquée. Elle aurait su qui j’étais en peu de temps, et aurait mis fin à mes jours instantanément. Elle aurait traqué, par la suite, tous les Sanguinistes livrés à eux-même et imprudents, s’il le fallait. Alors oui, je voulais qu’il me transmette la parole de sa Reine, sa réaction. Ce qu’il ne ferait surement pas.


« Quant au nom que vous me donnez... Il importe peu, choisissez celui qui vous sied le plus. »

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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Sam 4 Jan - 16:31

    J'ai probablement en face de moi la personne la plus dangereuse chez les vampires, celle dont on ne sait pas grand chose sinon qu'elle a le front de mettre en garde sa souveraine. Cette fille devait bien avoir quelque chose, un atout. J'imaginais assez aisément que la frustration d'une non-victoire devait avoir énormément pesé vus les travers égocentriques que l'on observait régulièrement chez les nocturnes. Bien sûr, entre ça et les restrictions encore plus importantes que les humains avaient imposé en matière de dons de sang ou de relations sexuelles avait forcément dû faire monter un peu plus la pression. Beaucoup devaient se précipiter vers la source de rumeurs quant à ce culte innommable, antique et monstrueux. Ces gens étaient dangereux ; ils étaient perdus s'ils pensaient que la force était le seul moyen pour pouvoir obtenir ce qu'ils désiraient des humains. J'imaginais déjà que le groupuscule avait pas mal recruté dernièrement, puisque sinon comment la vampire sous mes yeux pourrait elle faire preuve d'un tel aplomb ? Il me semblait sûr et certain qu'elle devait être persuadée de son bon droit si elle était fanatique... Ou bien, elle était encore en train d'avancer à couvert, masquant ses intentions comme une intrigante des plus intelligentes. Dans ce cas il était assez facile de comprendre que les ramifications de son espèce d'organisation secrète aient pu aussi vite s'étendre. Quoiqu'il en soit, je passais outre ces impressions. Pour une raison ou pour une autre cette garce était dangereuse. Je devais savoir la gérer, puisqu'elle remettait directement en question les efforts de Krystel pour rétablir le bon droit de son espèce. Il me semblait primordial d'en savoir plus sur cette nouvelle menace interne, avant de pouvoir planifier notre réponse avec ma Reine. Je la regardais donc s'approcher lentement, à la manière toujours dominatrice et confiante des vampires, comme un prédateur qui sait qu'il ne risque rien. Elle n'a pas tord. Tant qu'on aura pas isolé et détruit chaque cellule du culte, nous ne pouvons nous en prendre à elle directement. Tout plutôt que fabriquer une génération de martyrs vampiriques...



    La beauté semble m'étudier ; elle me regarde, elle jauge mes paroles. Je ne sais rien d'elle hormis sa réputation, mais la réciproque est vrai. Ce qui constitue de facto notre seul véritable point commun... Elle a l'air de mal prendre mes paroles. Le prétendu mort ? Ainsi, elle est donc au courant de l'histoire officielle et de mon vrai nom. Que tout le monde me pense bel et bien enterré était illusoire. Ce qui importait vraiment, c'était de savoir comment elle avait eu l'information. Je hochais doucement la tête à ses paroles, ne la quittant pas des yeux pour autant. Elle est le prédateur, mais moi, je suis un traqueur. Je ne suis pas du genre à m'enfuir devant un défi de ce genre. C'est mon devoir. Mon devoir et ma vie. Et seule la mort met fin au devoir... Quand bien même on accomplit ce dernier un millier de fois. Je m'approche d'elle de deux pas de plus ; la distance se rétrécie.



    | Le prétendu mort ? Je ne prétends rien. J'avance et je continue. Pour le reste, cela explique bien des choses. |


    Vampire acerbe, elle n'a pas l'habitude de frayer avec des humains qu'elle considère non seulement comme sa nourriture, mais comme des créatures clairement inférieures. Cela je l'ai bien compris, mais je ne lui en montre rien. Elle tente de rester de marbre, mais je sens tout de suite qu'elle est atteinte d'une certaine manière par mes paroles, mon interlocutrice apparaît agacée. Qu'est ce qui lui déplait ? La mention aux servants humains ? Peut être en a-t-elle eu un et que l'histoire s'est mal finie... Comme cela arrivait plus souvent qu'on l'imaginait chez les vampires. La belle se fait sarcastique. Encore ce syndrome de supériorité. Sait elle qu'elle est à moins de deux secondes de la mort. Du fait de mes capacités accrues c'est la vitesse à laquelle je dégaine, aligne, tire, touche. Mais je ne le fais pas. J'écoute. Un sourire sauvage orne bien vite ma figure.


    | Vous êtes prudents, c'est vrais. Durs à trouver, durs à identifier. Mais la tâche n'est pas impossible... Je vous ai trouvée vous une fois. Et j'ai eu le loisir de trouver deux trois sympathisants à votre cause, même s'ils n'ont guère pu m'aider à vous trouver. J'en déduis que l'histoire de votre fronde précède largement votre implantation réelle chez les vampires. L'enjeu est donc de savoir ce qu'a la Reine au plus profond de son cœur ? Pouvez vous réellement douter que son but premier ai changé? |


    Encore un test, puisque la discussion semblait se faire en ces termes autant continuer. Mon sourire s'élargit.


    | Grande Prêtresse, alors. Puisque c'est ce que vous êtes dans le fond, non ? Au delà du simple fait que vous êtes une tueuse sadique et perverse, vous construisez un culte... Si j'ai bien saisi? |


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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Sam 4 Jan - 19:18

Je perdais mon temps. J’en étais intimement convaincue. Je ne retirerai rien de cette conversation, quand Bardenov semblait y gagner quelque chose qui m’échappait. Il ne saurait pas qui j’étais. Ni maintenant, ni jamais. Je l’espérais, du moins. Il me jaugeait, j’en étais sûre. Il voulait savoir à quelle force il se mesurait. La réciproque était vraie. Des rumeurs à son sujet, j’en avais entendu pléthore. L’annonce de sa mort, aussi. Ça, et les informations que j’avais essayé de glaner ça et là… bien peu. Ce que je savais réellement, c’était que je ne devais guère le sous-estimer. Le faire signait mon arrêt de mort. Et quoi qu’on en dise, aussi égoïstement que je la vivais, je tenais à ma vie. Pourquoi, sinon, ne pas me dévoiler à mes Sanguinistes, à la communauté vampirique ? Pourquoi m’infliger le calvaire de convoquer chaque recrue de nos assemblées, avant de voir s’ils étaient dignes d’être présents lors des plus petites réunions ?

Je m’étais approchée, mais guère trop. Je ne doutais de son agilité, et de sa capacité à me blesser à distance, mais je craignais bien plus une blessure à bout portant. Il me suivait des yeux, je sentais son regard sur moi, même lorsque le mien n’était pas dardé sur lui – pour des courts, très courts instants. Je n’étais pas stupide au point de le quitter des yeux plus que nécessaire. Il était autant, sinon plus, dangereux que moi, et de cela j’en étais persuadée malgré le flou dans lequel j’étais à son sujet. Mon sourire, carnassier, ne me quittait pas, et s’élargit même lorsqu’il affirma ne rien prétendre. Soit. Mais il ne niait pas sa mort publiquement pour autant. Là était notre différence : il profitait de l’ombre pour agir à visage découvert, il y avait peu de chance qu’il soit démasqué de toute façon. Quant à moi, je profitais de la lumière pour agir masquée et me protéger, tout en dénonçant à tous l’absurdité de se plier aux humains.

« Ne vous accordez pas plus de mérite que vous n’en avez, Bardenov. Vous ne seriez pas entré, si je ne l’avais pas autorisé. Par qui croyez-vous donc avoir été renseigné, pour rejoindre l’assemblée à laquelle vous avez assistée ? Quelqu’un de proche de moi. Sur mon ordre. »

C’était partiellement vrai. Je ne mentais pas, j’omettais volontairement des détails. J’avais eu vent de la tentative de quelqu’un d’en découvrir plus sur nous, sans pour autant savoir qui. Il aurait pu passer inaperçu, il s’en était d’ailleurs fallu de peu. Il aurait fini par trouver seul, sans mon intervention. Je le savais, et cela m’agaçait au plus haut point, mais il était hors de question qu’il le découvre. Mon éclat maîtrisé difficilement en ce qui concernait les serviteurs n’était plus, et j’étais d’un calme olympien face à mon mensonge.

La Mort ne devait guère se douter qu’il avait été mis au parfum par l’un des vampires créés par les imbéciles dont l’un de mes frères était le créateur. L’un de mes frères non libéré par Charles, tout comme moi. Je ne l’en haïssais que davantage, ne voulant avoir aucun point en commun avec eux, mais cela m’était bien utile. Le manipuler pour le faire croire que donner l’information qu’il manquait à Bardenov me nuirait avait été aisé. Tout en sachant qu’il ne pouvait se compromettre directement, faute de quoi Charles le punirait et lui ferait probablement subir une mort définitive, il avait œuvré contre moi. Et avait insidieusement conduit sa progéniture à ordonner à la sienne d’aider l’intrus.

« Quant aux sympathisants… Pensez-vous réellement que j’ai l’œil et le contrôle de chacun d’entre eux, en dehors de nos réunions, et la main mise sur leur faiblesse d’esprit et de résistance face à vous ? »

Oui. Majoritairement. Je savais l’identité de chaque personne qui foulait de ses pieds le lieu de réunion de notre groupuscule. De là à prétendre pouvoir les contrôler… Dans une moindre mesure. Lamia me permettait de les fédérer. En m’instaurant comme sa porte parole, je m’assurais leur fidélité, et évitais ainsi qu’ils créaient des groupes annexes aux Sanguinistes, incontrôlables, et à même de trahir leur identité, et de nuire à notre espèce. Là où je tentais de redorer notre blason, et de faire comprendre notre position à ces misérables humains, ils ne feraient que détruire cela. Pour autant, je n’étais pas en mesure d’empêcher leurs langues de se délier. Seule une poignée d’entre eux se démarquait et avait gagné le droit de connaître mon identité. Et eux ne me trahiraient pas, auquel cas je les traquerai et tuerai sans hésitation.

« Croyez moi sadique et perverse si cela vous plait, monsieur Bardenov, mais il n’en est rien. Dominer les humains, me repaitre de leur sang et profiter des plaisirs de leur chair, oui. M’amuser avec eux, avec leur peur, quelques fois, je ne le nierai pas. Les réduire à des amas de chair sanguinolente… On est parfois contraints à agir contre notre gré, mais votre connaissance des vampires est tellement approfondie que vous devriez le comprendre. »

Créer les Sanguinistes était un ordre de mon créateur, c’était un fait. Je ne sous-entendais pas pour autant être rebutée par les carnages de ces vampires incapables de se contrôler – mais je n’étais pas dans le même cas qu’eux. Charles m’avait appris le jeu, m’avait appris à amener l’humain à se donner pleinement et à être consentant. A demander la douleur. Et surtout, m’avait appris à ne pas tuer quand ça n’était pas nécessaire, et à charmer efficacement mes victimes. Mon interlocuteur ne se leurrerait probablement pas quant à mes propos, ou quant au fait que je n’étais nullement indisposée d’être obligée à agir de la sorte, mais peut-être cela le mènerait-il sur la piste de Charles. Charles, qui était bien assez ancien et fort pour tenir tête à la Mort en personne, quand bien même voudrait-elle lui ravir sa vie une seconde fois. C’était un secret que je n’aurai le droit de savoir que lorsque je serai prête, tout comme je n’avais encore acquis le droit d’être libérée parce que je n’étais pas prête, mais je suspectais Charles d’être sinon millénaire, au moins âgé de plus de 700 ans.

« Vous devriez aller chercher l’information auprès de celui qui connaît réellement les raisons d’une telle initiative parmi les vampires. »

Un peu d’effronterie, et de défi. Mais je suspectais Bardenov de ne pas marcher aussi facilement.

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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Sam 4 Jan - 23:52

[HJ pas top ? Tu m'as pavétisé la gueule alors que j'ai plus l'habitude xD. Du coup j'essaie de te suivre mais me faudra sûrement un temps d'adaptation pour raconter les choses de manière optimale ;p]



    J'essayais d'en savoir plus bien sûr ; il s'agissait ni plus ni moins d'une occasion unique que je n'avais pas envie de laisser se gâcher. Ma proie qui vient à moi, si ce n'était pas beau ! Cela aurait pu être noêl avant l'heure, si seulement j'avais encore eu du goût pour ces fêtes sans queue ni tête. Mais bref. Je la regardais, et j'essayais d'en apprendre le plus possible. Sa voix bien sûr. Je faisais tout pour la mémoriser, pour l'imprimer dans ma tête. Ainsi, je serais plus ou moins certain de pouvoir la reconnaître si j'en venais à la croiser alors qu'elle serait démasquée. J'essayais aussi de retenir chaque courbe de sa silhouette, de la jauger, de l'analyser, de la mémoriser. Je faisais souvent un excellent travail de mémoire mais dissociait souvent les voix des physiques correspondants ; je ne voulais pas passer à côté de la moindre chance de pouvoir la démasquer à l'avenir si l'opportunité se présentait. En sus, je devais faire attention à ce qu'elle me disait. Après tout, c'était surtout cela l'enjeu. Le discours. Le sien. Celui de la Reine qu'elle essayait de capter à travers moi. Je ne savais pas encore comment la caractériser. Séparatiste, révolutionnaire, fanatique religieuse ou simple intrigante ? Tous ces qualificatifs pouvaient convenir, mais je sentais bien qu'ils ne refletaient absolument pas la réalité complexe de cette vampire. Un sujet passionnant, voilà ce que c'était. Un défi à ma hauteur, qui n'avait rien à voir avec les minables que j'avais pu affronter ces derniers mois. Elle était intelligente, belle, et charismatique. Disons qu'elle faisait une excellente remplaçante dans les préoccupations royales à feu Belle Angeline Renard, cette française millénaire qui avait décidé de soutenir la cause des humains envers et contre tout. Ce qui l'avait amenée à la trahison et à la mort, quand elle n'avait plus supporté le carnage des Années Sanglantes avec son lot de transformations de force. Je restais sur mes gardes. La belle continuait d'afficher son sourire carnassier qui allait de pair avec un fort sentiment d'auto-suffisance que je décelais sans peine. Cette fille était un peu mégalomane... Du moins, je le suspectais.


    Ah. Commençaient doucement les quolibets. Elle ne s'en prenait pas directement à moi ni ne m'insultait, mais la vampire me rabaissait à l'importance qu'en tant qu'humain j'incarnais. Quantité négligeable, ou comme on dit dans les bas fonds que je suis souvent amené à fréquenter... Peau de zob. Ainsi donc, elle avait orchestré ma venue. Sur son ordre direct ? Je n'avais aucun mal à le croire, mais dans ce cas elle s'était mise elle même en situation de porte à faux vis à vis de la Loi vampirique. Difficile à croire qu'elle avait le front de reconnaître cette machination sanglante devant la main noire de la Reine. Savait elle que mon surnom me venait de vampires renégats bien plus que de ces humains ou lycanthropes que j'avais longtemps combattus ? Sûrement, informée comme elle l'était.



    | Avoir l'exécuteur, le bourreau de la Reine pour spectateur quand on pratique des jeux interdits passibles de la Mort Véritable... Etait ce un risque calculé ? Que vous inspire le fait que je musèle ce soir mon sens du devoir qui me pousse à vous éliminer pour l'affront que vous faites à la Reine, et Augustus King lui même ? |


    J'étais curieux de sa réponse, curieux des cartes qu'elle mettrait sur la table. Je n'avais aucun de mal à avaler toutes ses paroles, mais qu'est ce qui me disait qu'elle ne faisait pas passer quelques couleuvres ? De ce fait, je ne prenais absolument rien de ce qu'elle pu me dire pour argent comptant. Je ne savais pas jusqu'à quelle amplitude réelle s'étendait son pouvoir, pas plus que je ne savais comment elle pouvait disposer de ses suivants. S'il y avait effectivement une base religieuse à son pouvoir, alors probablement que ceux ci pouvaient parfois se montrer peu coopératifs face à certaines directives... Je gardais mes pensées pour moi. Inutile d'alerter la vampire sur mes doutes. Je remettrais la moindre de ses paroles à plat une fois rentré au manoir, écrivant le tout pour pouvoir le comparer aux données que j'avais recueillies dans le cadre de mon enquête sur elle et sur sa secte. Je souriais à ses paroles suivantes. Bien sûr que ce type de candeur m'était totalement inconnue.


    | Non, bien sûr que nous. Toute organisation a ses maillons faibles. Toute loyauté a ses failles. Parfois prévisibles, parfois non. Les vôtres vous trahiront un jour ou l'autre. Je vous conseille donc de continuer de profiter de votre bonne fortune jusque là. Vous êtes allée plus loin que beaucoup dans votre dissidence. |


    Parce qu'au final, c'était bien de cela qu'il s'agissait. De sa remise en question de la monarchie absolue qui régissait tout nocturne rouge de sa naissance à sa mort peu importe l'avis qu'il avait sur la question. La vampire me dit que je pouvais la considérer comme je le souhaitais, que finalement mon avis importait peu puisqu'il était erroné. Je la laissais dire. Je savais ce que moi j'avançais. La belle me confirma tout ce qu'elle pouvait faire et qu'elle assumait : s'amuser, profiter, se nourrir, les torturer et les mettre en pièces. Oui, je comprenais. Dur de se retenir de certaines extrêmités lorsqu'on était humains, alors vampires... Cela ne m'étonnait pas finalement, que les sanguinistes puissent rencontrer un tel succès. C'est comme si on légalisait partout l'esclavage, la torture et la prostitution en même temps pour une seule catégorie de population. Les humains eux mêmes seraient ravis d'un tel ascendant sur leurs propres congénères... Ah, information sensible... Quelqu'un d'autre était derrière tout cela et elle n'était qu'un intermédiaire ? Soit elle venait brouiller les pistes, soit elle venait me mettre en garde. Dans l'un comme l'autre, j'avais à gagner à avoir l'information.


    | Vous ne m'aviez pas l'air d'agir contre votre gré lors de cette fameuse réunion... Nous savons tous les deux quel sort serait le mien si vous n'aviez pas besoin de moi. Oh, parce qu'il y a quelqu'un d'autre d'impliqué dans ce mouvement ? Votre créateur ? Votre amant ? Votre enfant ? |



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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Dim 5 Jan - 1:28

Je jouais avec le feu, et je risquais de me brûler les ailes si je continuais ainsi. Je ne pensais pas une seconde que je resterai impunie. Me feraient-ils subir la vraie mort, s’ils venaient à démasquer mon identité ? Je ne pouvais en être sûre. Je pouvais me racheter, je le savais. Le voulais-je ? Probablement pas. Mais j’étais clairement une funambule sur un fil, avec à l’une de ses extrémités un psychopathe en train de scier la corde, devant avancer rapidement et efficacement, mais précautionneusement. Un seul faux pas, et je m’écraserai au sol.

La façon de l’homme, si l’on pouvait réellement le qualifier comme tel, de me dévisager, de m’étudier sous tous mes aspects, me mettait mal à l’aise. Je voyais clair dans son jeu, et dans les informations qu’il essayait d’obtenir. Dans le fait qu’il essayait d’établir mon identité. Il était intelligent, très intelligent, et bien formé, mais moi aussi. Il ne pourrait s’assurer d’aucun de mes propos, sans les vérifier. Et quand bien même il pourrait être sceptique, quand bien même il pourrait ne pas croire entièrement à ce que je lui disais, il ne pouvait passer entièrement outre. Il devrait vérifier. Et me garder en vie, tant qu’il n’avait aucune confirmation de ce que j’avançais. Tant qu’il ne savait pas l’étendue des Sanguinistes.

Oui, cela, j’en étais persuadée. C’était cela, qui pouvait garantir ma survie. Et, peut-être, un peu de merci, si j’en venais à être découverte. Je n’avais aucun doute quant au fait qu’un jour, les choses échapperaient à mon contrôle. Que Torben Bardenov le croit ou non, qu’il estime qu’il puisse en être ainsi, je n’étais pas réellement sadique, ou désireuse de perpétuer le carnage des humains. Je préférais les avoir à ma merci, certes, et prêts à répondre au moindre de mes appels, mais pas en tant que flaque sanguinolente sur le sol de mon lieu d’habitation. Je ne mentais pas, en disant avoir plus de mesure que certains des Sanguinistes.

Je ne suis pas une bonne samaritaine pour autant, à ne tuer que les voleurs, assassins, criminels, j’ai eu ma part de sang autrement que dans mon corps, mais pas de la même façon que les amis d’amis vampires qui avaient rejoint nos réunions. Et pourtant, j’orchestrais ces carnages. J’étais peut-être un paradoxe, mais je ne faisais pas dans la boucherie. Je faisais dans le délicat, dans le subtil, dans le jeu du chat et de la souris, rien de plus.

Mon sourire m’avait quittée, toute absorbée que j’étais par mes pensées, mais il revient rapidement, neutre cette fois. Ni carnassier, ni provocateur. Sans intérêt, au fond, mais il était là. Evidemment, je m’étais mise en porte-à-faux vis à vis de la Royauté. Et pourtant, ma fidélité était sans faille. Je ne voulais pas nuire à leur règne, mais leur ouvrir les yeux, et les ramener à leur gloire d’antan… Au summum de leur superbe. Non pas les ersatz de vampires qu’ils semblaient être, alors qu’ils étaient capables de bien plus. Mais je ne pouvais pas dire cela. Pas sans crainte de me trahir davantage. Beaucoup de vampires admiraient la Reine, c’était un fait. L’admirer telle qu’elle était dans le passé, s’être renseigné à ce sujet, était probablement le lot de bien moins…

« Je ne remets nullement en cause la Reine, ou Augustus King. Krystel Raybrandt est une vampire de qualité. Il serait juste… »

Je me tus, instantanément. Dire qu’il serait bon qu’elle s’en rappelle n’était clairement pas une façon correcte d’exprimer les choses. Evoquer qu’il serait bon qu’elle ne soumette pas ses vampires à des lois aussi drastiques, à accepter de ne pas être autorisé à se nourrir sur des humains consentants, ou sans les blesser plus que nécessaire, serait plus judicieux. Mais je ne m’y risquais. J’avais fait entendre, lors de la Réunion à laquelle le Servant avait assisté, ce que l’on attendait d’elle. De revenir aux sources. De ne plus être soumis à ces sanctions.

« Vous remettez ma parole en cause, principe de défense et de précaution, je n’en doute pas, mais je ne suis pas une barbare. J’ai vu la barbarie, j’ai vécu ces guerres assassines entre les humains, entre êtres surnaturels aussi. C’est bien loin de mon mode opératoire, quand bien même j’orchestre les réunions de Sanguinistes. Vous étiez sans doute trop concentré sur le spectacle qui se déroulait sous vos yeux, pour l’observer, pour constater que je n’avais tué personne, ni torturé plus que de mesure. Et qui vous en blâmerait ? »

Du bluff. Il était évident qu’il avait observé le carnage, tout autant que moi. Moi probablement davantage. Et même dans ce cas, il ne gagerait pas de mon honnêteté : il devait être aisé pour lui de se dire que je n’avais agi comme cela que pour prouver que je n’étais pas aussi irrécupérable que tous ces vampires poussés à dévoiler leurs plus grands vices.

« Je n’en ai aucun doute. Leur nombre grandit de jour en jour et cela augmente les chances de groupes indépendants reproduisant les carnages avec moins de discrétion, ou de mesure… Si l’on peut dire cela. Avec moins de diligence à couvrir les traces impliquant notre espèce, aussi. Vous savez qu’ils sont brûlés, après, n’est-ce pas ? Que le crime est imputable à n’importe quelle créature surnaturelle ? Vous ne seriez pas parti avant que le dernier des nôtres ne le fasse ? »

C’était un jeu truffé de risques, que de chercher à blâmer une multitude de gens à la fois. Tout cela pouvait se retourner contre toutes les créatures, sans exception. Et je savais bien que les vampires chargés du nettoyage n’avaient pas toujours effectué correctement le travail, mais ça n’en levait pas pour autant le voile, ça n’impliquait pas uniquement les vampires. C’était à double tranchant.

« Vous pensez que j’essaierai de vous mordre ? Que je tiens si peu à ma vie ? C’est bien mal me juger. Pourquoi vous apparaitrais-je masquée, si telle était le cas ? Je n’aurai qu’à marcher jusqu’à la Reine, et à tout lui dévoiler, au lieu de vous utiliser comme intermédiaire. En revanche, obéir aux ordres n’implique pas que j’agisse contre mon gré. Non, je ne suis pas pour des boucheries telles. Ce groupuscule, à l’origine ? Des vampires triés sur le volet, assurant la vie à leurs victimes, ou une mort douce en cas de manque de contrôle. Les rumeurs et la liesse populaire ont fait le reste, et en ont fait ce qu’il est. »

Je souris, sincèrement, cette fois. Il m’amusait. Il essayait de me prendre à mon propre jeu, de forcer mes confidences. Je n’étais pas idiote. Je n’allais pas lui livrer Charles sur un plateau d’argent. Premièrement parce que ça serait trop douloureux pour lui et que je ne pouvais faire souffrir mon créateur, et deuxièmement parce que ça serait priver Bardenov du plaisir de faire fonctionner ses méninges.

« Ne me prenez pas pour une idiote, Torben. Vous savez que je ne vous dévoilerai pas plus que cela. Vous mâcher le travail ne m’intéresse guère, et ne ferait dans tous les cas que vous frustrer devant la facilité de la chose. Dans tous les cas, vous ne devez pas être sans savoir que cela n’a pas lieu qu’à Glasgow, mais dans une multitude de villes européennes, et peut-être au delà des mers même. »

Je tressaillis un instant, bien involontairement, et presque imperceptiblement. Je me maudissais de cela, mais je ne surmontais pas cette peur humaine qui s’était manifestée en moi après la perte de mon unique mari, lors d’un trajet en bateau. S’il était attentif, il pourrait en tirer des conclusions très nuisibles pour moi. Les vampires qui avaient peur de l’eau, ça ne courrait pas les rues. Peu avaient de phobies, ou du moins peu les manifestaient. Notre capacité à garder le contrôle jouait sur cela. Mais je n’étais qu’une stupide vampire centenaire incapable de dissimuler cela.

« N’associez pas cela à la personne que je vous dis être derrière mes actions, c’est une simple remarque. Cette dissidence nous dépassera bientôt tous, que vous l’appréciez ou non. »

Ce n’était pas une menace, tout au plus une simple constatation. Peut-être une mise en garde. Un aperçu de l’étendue des recherches que j’avais effectuées, aussi, et qui pourraient leur être utiles s’ils me démasquaient, et pour plaider une peine inférieure à la mort véritable. Je plaçais savamment mes pions, mes atouts, et je ne doutais pas une seconde de la diligence de la Mort à s’en rendre compte.

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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Dim 5 Jan - 22:39

    La quête d'en savoir plus, d'en savoir toujours plus. Le pouvoir, en quelque sorte. Je ne l'aimais pas pour ce qu'il était, mais je le cherchais quand même. Parce que c'était ainsi ; je ne me l'expliquais pas. Je n'étais pas ambitieux. Je n'étais pas un dominant non plus. Je n'étais rien de tout ça. Je donne et je prends, je ne partage pas. Une des devises de ma Reine. Je prends et je donne... qu'il était lointain le temps où je ne savais pas séparer les choses de cette manière, ou je subissais la vie bien plus que je n'en profitais ? Les choses n'allaient pas pour le mieux mais le changement était radical, c'était un fait que personne ne saurait me dénier. Autrefois, la seule vue de cette vampire m'aurait mis au supplice. J'aurais dégainé sans réfléchir, et je l'aurais butée. Ou bien je serais mort en essayant, cela avait finalement tellement peu d'importance ! Un bon carnage, une décharge brute d'adrénaline. C'était à ça que je fonctionnais, sept et huit ans plus tôt. Les choses étaient différentes. Je restais immobile, sur de ma force, à peu près certain des intentions de la vampire. Je ne comptais pas perdre un seul instant en mouvements belliqueux inutiles. Je l'étudiais. Je restais sur mes gardes bien sûr, mais je ne comptais pas faire le moindre faux mouvement qui pourrait faire basculer la conversation. J'avais bien plus à gagner en la prolongeant qu'en l'abandonnant, et c'était également son cas. Nous nous regardions donc. Encore et encore. Je ne savais rien déceler de plus dans ce regard félin qu'elle avait. Une belle femme. Superbe, sans nul doute. Sa voix comme son physique jouaient de son charisme, ainsi que l'apparence d'une force froide, grandiose, bouleversante. Les sanguinistes devaient se jeter à bras ouvert dans le discours d'une telle vampire. Cela me rappelait certains discours de Krystel son regard, sa silhouette, captivaient les foules, son timbre de voix trouvait de l'écho en chacun de nous. N'importe qui aurait donné n'importe quoi pour ce genre de femme.


    Je note que son sourire disparaît un temps avant de revenir. Visiblement, je la trouble. Parfait. C'était un premier pas qui m'intéressait, un premier pas que j'appréciais. Le trouble est le début du doute. Et le doute, le premier pas vers la défaite. Lorsque son sourire revient, il est beaucoup plus neutre. Elle a compris qu'elle avait affaire à un adversaire au moins aussi déterminé qu'elle l'était elle même. La « Grande Prêtresse » me dit qu'elle ne remet nullement en cause la Reine ou Augustus King. Tu parles Charles...



    | Il serait juste qu'elle retrouve enfin la place qui est sienne, au sommet d'une pyramide de corps et d'un océan de sang. J'avais compris, la première fois. |


    Je ne forçais pas le trait, quand bien même l'image dont j'usais était terriblement puissante. Bien sûr que la vampire en face de moi imaginait le règne de la Reine Rouge dépositaire d'une nature idéalisée des vampires retrouvée. Certes. N'empêche que le résultat serait le même. La prépondérance des vampires ne pouvait se faire qu'au détriment des humains. J'étais relativement d'accord, dans une certaine mesure en tous cas. J'avais mesuré la gêne dans le ton de la vampire alors qu'elle allait trop en dire. Bien sûr qu'il s'agissait d'une remise en question du pouvoir royal. De quoi d'autre ? La vampire considérait ses suzerains comme illégitimes car corrompus. Qu'elle emballe ses pensées de tous ces jolis mots n'y changeait rien. Rien ne saurait remplacer l'amère vérité qui ne pouvait qu'avoir de sanglantes conséquences. Et la voilà qui défendait son honneur et sa dignité... grand bien lui fasse. Il s'agissait d'autant de faiblesses que je pouvais exploiter. Ni sens de l'honneur, ni dignité, ni humanité. Je n'hésiterais pas à la poignarder dans le dos si j'entrevoyais un quelconque avantage à pareil geste. Voilà qu'elle se faisait passer pour une pacifiste... Je souriais, amusé par la tournure que prenait la conversation.


    | C'est moi, ou vous essayez de me convaincre que vous n'avez rien fait hormis mettre le pouvoir de votre Reine en question ? Il est trop tard pour ce genre de mots, Prêtresse. |


    Je m'approche d'elle, rompant toute distance de sécurité. Je tourne la tête, et elle peut admirer ma veine jugulaire alors que mon corps bat avec force. Elle doit humer mon sang. Un sang puissant, au goût froid de l'acier et à la force de la mort, avait un jour dit Krystel. Bon et dangereux. Voilà ce que j'avais été, une fois débarrassé de mes anciennes faiblesses pour épouser mieux que jamais ses desseins.


    | Nous savons tous deux quel genre de démon vous habite, n'est ce pas? |


    Je lui fait face à nouveau. La voilà qui relativise la puissance et le contrôle qu'elle exerce sur le culte qu'elle fonde, sur ces meutes assoiffées de sang qu'elle déchaîne sur ce monde. Rien ne peut plus nous aider que cela. Plus ils commettront d'exactions et plus il sera facile de les isoler que ce soit au sein de l'empire de la nuit que vis à vis de l'opinion publique en règle générale. La belle blâmait nombre de personnes. Mais se faisant, elle reconnaissait sa faiblesse. Elle tenait mal ses chiens en laisse, tout simplement. Soit elle essayait de me faire comprendre quel genre de chaos attendait tout le monde si sa secte se généralisait, soit elle essayait d'excuser son incompétence. Dans les deux cas, cette vampire ne faisait que confirmer l'idée de danger qu'elle émettait dans notre esprit, à Krystel et à moi.


    | Eh quoi ? La prochaine fois vous m'expliquerez que c'était pas vous mais l'autre ? Assumez. Vous tuez des gens, vous contrevenez aux ordonnances royales. C'est un fait. Assumez le que cette discussion nous mène à quelque part. Vous tuez les gens parce que vous en avez envie. Vous allez sciemment à l'encontre des commandements des chefs de votre espèce. Ne vous cachez pas devant d'autres faux sembants, c'est indigne de vous. |


    Je savais qu'elle assumait. Comment s'élever à cette position quand on n'était pas capable de tolérer le meurtre ou les bavures ? La nocturne rouge essayait de m'enfumer, et en reportant la faute sur des éléments qu'elle ne maîtrisait pas, et en circonstanciant sa propre faute. Pathétique. Même un meurtrier humain n'aurait pas la décence de dire à son tribunal « c'est moi, mais vous avez vous, j'ai laissé aucune trace ! ». Parce que ce que ne semblait pas comprendre la vampire, c'était qu'il y avait de fortes chances pour que dans son cas je sois juge et bourreau. Je continue de la questionner. Sa réponse est évasive, imprécise. Elle noie le poisson, et elle brouille la piste. Je ne lui en veux pas. A sa place, j'aurais sans doute fait la même chose. Je la laisse me mettre en garde. J'obtempère. Je souris toujours.


    | Me mâcher le travail ? Vous me prenez donc pour un espèce d'intrigant, un fin limier qui passe son temps libre à pourchasser les chimères qui font réfléchir Sa Grâce ? |


    Je m'approche d'un dernier pas. Nous sommes terriblement proches ; je lui montre que l'échange, je le domine. Qu'elle soit vampire et moi... Humain ou peu s'en faut, n'a aucune importance.


    | Je ne suis pas un enquêteur, Prêtresse. Je suis un traqueur. La finalité n'est pas la même. Si je dois vous traquer, cela se terminera par votre mort, ou par la mienne. Etes vous prête à ça ? Ou est ce que vous ne préféreriez pas abandonner dès maintenant cette chimère? |


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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Lun 6 Jan - 0:31

Cela commençait à être trop dangereux. Je n’étais plus susceptible de me brûler les ailes, mais de me soumettre à la morsure du soleil. Et ça n’était ni dans mes intérêts, ni à mon goût. J’observais, silencieusement. Je n’avais plus rien à rajouter. Plus aucun mot ne sortirait de ma bouche, à moins d’en être contrainte. J’en avais laissé échappé bien trop, malgré le fait que c’ait été voulu, et la sagesse voulait que je m’arrête là. Aussi me contentais-je de dévisager Torben Bardenov. Qu’allait-il dire ? Que croyait-il ? Quelle serait sa réaction ? Tant d’éléments que je n’aurai jamais été en mesure d’anticiper, quand bien même l’aurais-je tenté.

Il avait compris… Je n’en étais pas sûre. Il se fourvoyait. L’idée était là, la façon de l’appliquer bien plus extrême que celle que je désirais moi-même. Museler ses vampires n’était pas la façon d’agir que notre Reine aurait du avoir selon moi, mais leur laisser toute liberté et reproduire sans limite aucune ces carnages que la Mort exprimait non plus. Ces ‘règles’ que l’on nous imposait n’étaient pas des règles, mais des entraves. Alors certes, je poussais au vice et au pire, pour amener vers le raisonnable, vers une réelle régulation, et non pas une interdiction de faire usage des humains, mais j’étais persuadée d’agir comme il le fallait. Quoi que qui que ce soit en dise.

Je n’avais guère confiance en le fait qu’il s’approche. Il me mettait au défi. Au défi de lui résister, ou de démontrer que je n’avais pas la retenue que je disais avoir. Difficile de l’avoir, quand une telle odeur se présente. Difficile aussi, de cerner l’émotion la plus présente en moi. L’envie, ou le dégoût. Comment ce sang pouvait-il faire naître deux ressentis aussi contradictoires, en moi ? Je ne tenais pas à le savoir. Je me contrôlais cependant pour ne pas frôler les sourcils, et ne pas reculer alors qu’il venait de s’avancer. Il était évident qu’il voulait me déstabiliser. Un pas de plus, ou deux, et il y arriverait. Mais il n’était pas dit que mon orgueil cèderait si rapidement. J’étais loin d’être la vampire la plus âgée de Glasgow, mais je n’étais pas si faible pour autant.

« Envisagez-vous réellement que je me présente à vous à nouveau, sans assumer ? Non, Torben Bardenov, vous ne saisissez pas mon propos. »

Je ne dirai rien de plus. Je lui avais fourni assez d’éléments, pour le moment. Pour un long moment, même. Je n’envisageais nullement de lui en fournir d’autres, à vrai dire. Un air amusé, bien qu’éphémère, dut passer un instant dans mon regard, alors qu’il m’annonçait ne pas être un fin limier. De toute évidence. La Reine ne le garderait pas à ses côtés, si tel était le cas. Mais il ne m’enlèverait pas la croyance qu’il pouvait demander une telle recherche aux hommes que Krystel pouvait lui fournir. Il s’approcha davantage, augmentant conséquemment mon malaise. Rester ici n’était plus envisageable. Pas sans me compromettre bien trop pour ma propre sécurité, du moins.

« Je n’ai pas le moindre doute à ce sujet. Et n’ai pas émis en avoir. Quant au fait d’abandonner, ou de mettre fin peut-être, cette chimère ; oseriez-vous prétendre que j’en sortirai moins perdante que de me lancer dans cet affrontement futur ? »

J’étais sceptique. Réellement sceptique. Jamais il ne laisserait pareil affront impuni, et je pouvais difficilement imaginer Torben Bardenov punir autrement qu’avec la mort véritable. C’était toutefois une réelle question. J’étais malgré tout intriguée par la réponse qu’il pourrait me fournir. Cela dit, quand bien même je voudrais mettre fin à la machine enclenchée dans l’espoir de négocier ma propre survie, je ne le pourrai guère pour deux raisons : lâcher ces vampires survoltés et indignes de confiance dans la nature, après quelques mois à se fortifier grâce au sang humain et aux plaisirs qu’il tirait de ces orgies n’était pas envisageable, premièrement.

Mais ensuite, et surtout, c’était un ordre direct de mon créateur. Tant la création des Sanguinistes, que son expansion. En tant que tel, je ne pouvais y désobéir. La seule solution était qu’un vampire plus vieux mette fin à ses jours, pour me libérer de son emprise – et ça ne courait pas les rues. Et cela, je ne pouvais l’envisager. Être libérée de lui, et par lui, oui, mais ne plus l’avoir à mes côtés si je le désirais ? Je ne pouvais l’imaginer un instant. Je n’étais certes plus l’imbécile niaise qui s’était crue amoureuse de lui quand il m’avait transformée, mais je l’aimais tout de même profondément, d’un amour filial, et ne pouvais me résoudre à imaginer ma vie sans lui. Sachant cela, et réellement sur un sentier glissant, je me détournai de l’odeur ambivalente de Bardenov, et prenait sur moi de m’éloigner, pour partir. Me répondrait-il ? Me retiendrait-il ? Je ne partais pas aussi vite que je l’aurai pu, lui donnant entièrement le choix.

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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Lun 6 Jan - 23:44

    Non effectivement, je ne saisissais pas son propos. Il fallait dire qu'il était dangereux de se rencontrer ainsi. Nous n'étions pas forcément dans les meilleures prédispositions l'un envers l'autre ; nous avions tous deux tendance à forcément tirer la couette un peu plus de notre côté... Parce que le souci, dans le fond, c'était bien de voir qui avait la plus grosse paire. Tout se résumait à ça, c'était d'une évidence... Ce qu'il fallait avoir à l'esprit aussi c'était que nous avions tout à prouver l'un à l'autre. L'instant était crucial, c'était le moment où l'on se faisait une idée plus précise de qui nous avions en face. Pour moi, c'était un véritable prélude à la bataille. Et quand je dis bataille, cela ressemble bien plus souvent à quelque chose d'éminemment solitaire. Mais plus maintenant. J'oubliais Erin. J'avais le physique sauf le visage. J'avais la voix. J'avais le regard. Le but. Quelques informations douteuses. Je savais qu'ensemble, avec l'ancienne espionne de la CIA, nous avions en capacité de retrouver cette dissidente, mais il allait falloir s'armer de patience... Au moins j'étais fixé. Il n'y avait pas que la fanatique religieuse. Il y avait aussi l'intrigante froide et retorse derrière cette tentative d'ébranlement du pouvoir royal. Forcément, elle était plus dangereuse que j'avais pu le penser de prime abord. J'avais tout de suite noté l'excellente organisation du groupuscule. Pourtant, j'avais imaginé que ces cultistes ne seraient pas plus difficiles à pourchasser que les dissidents d'autrefois. Je m'étais trompé. Ceux là était intelligents en plus d'être fanatiques. Ce qui créait forcément une étrange combinaison... ! Et dangereuse. Plus que jamais, il allait falloir faire attention. Les choses pouvaient facilement basculer à un point de non retour qu'il serait bien mal aisé de retrouver...


    Mon rapprochement ne la laissa pas indifférente, c'était un fait. Je ne savais pas si cela éveillait du désir ou de la colère, mais je la sentais destabilisée. Pas comme un vampire nouveau né. Au contraire, sa retenue prouvait son ancienneté, sa force, sa sagesse. Je ne savais pas qui elle était, d'où elle venait et pourquoi elle faisait tout ce qu'elle faisait, mais je glanais des informations mineures pourtant essentielles. Je savais qu'elle était capable de contrôle. De ce fait, succomber à l'appel de la chair, du sang et de la mort étaient des faits voulus. Elle maîtrisait le tout. Chaque geste sanglant était calculé. Je devais en tenir compte ; il s'agissait de véritables messages que je me devais d'interpréter et m'accaparer pour que je puisse peindre un tableau convaincant de la situation, qui me permette de la traquer comme il se doit. La vampire continue de m'appeler par mon nom complet, en me disant que je ne la comprends pas.



    | Mais je vous en prie... Il faut m'expliquer les choses plus clairement ; je ne suis qu'un humain, et pas l'un des plus intellectuels. |


    C'était la vérité. Je n'avais pas fait d'études, et mes compétences se limitaient à un peu de communications et de mécanique, mais aussi et surtout à la délivrance de la Mort elle même. On ne peut pas dire que ce soit particulièrement utile pour faire la discussion... Et la preuve en était qu'une fois encore, mon interlocutrice commençait à se refermer telle une huître. Mon sourire se dévoile à sa question suivante.


    | Bien sûr. Pourquoi risquer l'ire d'une créature millénaire quand vous pouvez travailler avec elle? |


    Elle part. Je la hèle.


    | Alors on en reste là ? Vous n'allez pas essayer de me convaincre du bien fondé de votre action ? Vous en restez à cette simple mise en garde? |



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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Mar 7 Jan - 0:35

Cette situation était bien plus étrange que je n’avais envisagée qu’elle le soit. Je n’attendais pas que mon vis-à-vis reste sagement là à m’écouter, mais je m’attendais à le voir plus hargneux. Il était presque déstabilisant qu’il ne l’ait pas été, à vrai dire. Mais ça n’était qu’une poussière dans l’œil, sur l’échelle de la déstabilisation. Son approche physique m’avait réellement déstabilisée, réellement mise sur mes gardes, elle. Et il l’avait forcément perçu, ce qui m’énervait clairement – quoi que je réprimais aisément ce sentiment là. Bien que dérangée par la tournure de notre entretien – si l’on pouvait appeler ça comme ça, je ne détournais pas le regard, je ne perdais nullement ma concentration. Je continuais à le jauger, comme je me devais de le faire.

Que retirait-il, lui, de cela ? D’infimes détails, sur ma personnalité. Sur celle qu’il envisageait que j’étais. Des détails qu’il associerait, sur lequel il passerait des heures, des jours, des semaines, peut-être, pour former un portrait qu’il estimerait fidèle, qu’il lierait tôt ou tard à Freyja Swayne. Mieux valait tard que tôt, pour moi, bien évidemment. Ce que j’en retirais ? Je mettais des faits concrets, des traits réels, sur les rumeurs glanées ça et là. Plus ? Je ne saurai le dire à l’instant. Il fallait que je laisse reposer tout cela à la lueur du jour – ou dans la noirceur de ma planque -, pour l’analyser de façon adéquate.

Un léger sourire naquit, lorsqu’il évoqua sa faiblesse intellectuelle. Bluffait-il, ou du moins l’exagérait-il ? Je ne savais guère. Mais peu importait, au fond. Ca n’était pas le seul élément entravant la compréhension de lui à moi. Car j’avais beau être instruite, je l’avais été à une époque différente. Je ne maitrisais pas l’instruction étrange qui était dispensée maintenant. Et nous étions plus que l’instruction qui nous avait été dispensée. Bien plus que cela. Deux personnalités distinctes, et affirmées, hautes en couleur. Nos différences fondamentales jouaient sur ce que l’on arrivait à percevoir ou non, j’en étais intimement persuadée.

Il parla, alors que je partais. Affirmant qu’il valait mieux être au service d’une vampire millénaire, que de m’opposer à elle. Il n’avait réellement pas saisi le message que je tenais à lui faire passer, lorsque je lui avais quasiment exposé à nu le fait que j’agissais sur un ordre que je ne pouvais contredire. Je contenais difficilement le ton railleur dans ma voix, lorsque je lui répondais, en m’arrêtant et me tournant vers lui.

« Deux éléments vous ont échappé, pour que vous disiez cela. Nul ne peut désobéir à un ordre direct, peu importe l’envie qu’il en a, en premier lieu. Quant au second… Pouvez-vous m’apporter des garanties que je ne serai pas purement et simplement la cible d’un pieu dans le cœur, si je décidais de vous communiquer ce que je savais ? Ou bien soumise à une torture perpétuelle, sans que jamais elle ne prenne fin ? Qui me dit que l’on ne m’arrachera pas mes crocs, et ce à chaque fois qu’ils repousseront ? Que l’on ne m’enfermera pas, entourée de nos pires faiblesses, et de toutes armes susceptibles de susciter la douleur chez les vampires ? Parce que je ne doute pas un instant que, dans la théorie, coopérer avec la Reine soit bénéfique. Dans la pratique, dans un tel cas ? A vous de me le dire. »

Je venais de lui livrer sur un plateau d’argent le fait que j’obéissais à un ordre direct, qui ne pouvait donc m’avoir été donné que par mon créateur. Il ne pourrait pas laisser, cette fois, ce détail lui échapper. Surement partirait-il à la recherche de Charles. Peut-être mes frères et sœurs vampiriques finiraient-ils privés de leur vie après la mort, dans cette quête ? C’était une de mes principales motivations, à trahir mon créateur. Je le savais loin, et je le savais surtout capable de se défendre. Mes frères et sœurs, plus jeunes que moi… Je n’en étais pas si sûre. J’aurai pu les descendre un à un, si je l’avais souhaité. Si Charles ne m’avait pas interdit de le faire, ne connaissant que trop le courroux que je nourrissais envers eux. Et n’ayant que trop assisté à mes tentatives de les blesser.

« Je n’adhère pas aux causes perdues. Et tenter de vous prouver les bienfaits de ce que les Sanguinistes font en est une. Je ne suis pas une imbécile, persuadée de pouvoir vous faire adopter ma cause. Quant au fait d’en rester à cette mise en garde… Vous n’avez pas répondu à mes questions, pour le moment, concernant ce qui pourrait m’arriver, quand bien même je reviendrais à la raison, me rangerais définitivement aux côtés de la Reine. Alors peut-être vais-je rester, vous écouter. Malgré le fait que je sois sceptique. Malgré la perte de temps évidente de cela. Je vous ai avoué avoir les pieds et les mains liés. Mais je vous écoute… avez-vous quoi que ce soit à ajouter ? »

Aussi étrange que cela puisse paraître, j’étais sincère. De toute évidence, je ne tolérais pas que l’on soit muselés, mais l’instinct de survie des vampires était bien présent en moi. Bien trop. Au point même de vendre mon créateur – quoi que je ne l’eusse pas fait, si j’étais persuadée de le perdre. Il survivrait, il ne pouvait en être autrement. Si je le trahissais, en l’instant, c’était pour que je ne souffre pas de la vraie mort, et que le plaisir que j’avais à le voir – même si c’était pour de courts moments espacés – ne soit pas réduit à néant par ma réelle disparition. Si tant est que j’envisageais réellement de me ranger… Ne plus diriger les Sanguinistes, et en trahir n’était pas un souci. Le groupe ne serait pas dissous si je m’en éloignais, dans tous les cas. Tout au plus bien moins bien organisé. Et cela ne m’empêcherait pas de me nourrir sur des humains. Je n'envisageais malgré tout pas réellement un tel revirement... Pas sans réel intérêt, sans réelles assurances. Qu'il ne pouvait, j'en étais sûre, pas me fournir. Qu'il ne pourrait jamais me fournir.

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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Mar 7 Jan - 12:40

[HJ Interdiction de me répondre, je veux pas que tu te plantes à cause de moi. Au boulot, hop hop hop!]


    J'essayais de la retenir, de la rendre captive de la discussion. Je ne voulais en aucun cas qu'elle ne parte avant que je puisse tirer le maximum de ce qu'elle détenait comme information accessibles et exploitables. Bien sûr, cela signifiait de la même occasion que la nocturne rouge avait elle même l'occasion d'en apprendre beaucoup plus sur moi, mais quel mal cela pouvait il faire ? J'étais un tueur, pas un politicien. Je n'avais pas à me construire un échiquier propre à cette situation où j'essaierais d'obtenir le maximum de coups d'avance. Non, ce n'était pas ça. Moi, je récoltais des informations sur ce qu'il était possible de retenir de cet échange, sur ce qu'il était possible d'exploiter. Bien sûr, elle même cherchait forcément à en savoir plus non sur moi, mais sur la Reine. A ses yeux, je n'étais probablement qu'un obstacle, qu'un insignifiant petit humain qui aimait se sentir important et qui n'était effectivement qu'un danger éphémère. Elle n'avait pas tout à fait tord. Le plus grand danger était bien évidemment Krystel elle même, seconde vampire la plus ancienne après Augustus en personne. Ancienne et cruelle, elle avait appris des dizaines de manières de se battre en plus de la conscience accrue qu'elle avait d'une force et d'une puissance sans cesse grandissante. Si j'étais dangereux, elle était bien pire. Et c'était cela qui intéressait vraiment la vampire. Je notais cependant que la proximité physique dérangeait la nocturne. Elle ne devait pas être habituée à un humain aussi entreprenant. Cela ne me dérangeait pas outre mesure, ce qui comptait vraiment c'était l'ascendant dont je pouvais faire preuve sur elle. De la sorte, elle serait bien plus sur la défensive que sur l'offensive. Certes, je perdais en effet de surprise mais je gagnais énormément en initiative. C'était moi qui avait la main, désormais. C'était moi qui faisait cet échange, et non sa venue spontanée.


    Lorsqu'elle revint, la prêtresse semblait moqueuse, de ce ton condescendant qu'ont parfois involontairement les vampires lorsqu'ils s'adressent à de simples humains que bien souvent ils considèrent comme du vulgaire bétail. Bien sûr, cela jouait beaucoup sur nos représentations à tous. Et aux vampires en particulier. La belle me dit que des éléments m'ont échappé. La premier me fait involontairement froncer les sourcils. Un ordre direct ? Le seul ordre direct qui peut imposer sa loi aux vampires est un ordre du créateur et encore, uniquement si le lien n'a pas été rompu. Est ce qu'elle essayait de se dédouaner en rejetant la faute de ses actes sur plus grand qu'elle, ou était ce une nouvelle mise en garde d'un mal plus grand ? Elle voulait savoir si ses confessions pouvaient garantir sa sécurité. Je me fis sérieux. Après tout, j'étais dépositaire du pouvoir Régine. Je savais que ma parole valait celle de la Reine, l'incarnait même, en son absence.



    | Si vous coopérez, bien sûr. Croyez vous vraiment que chez une espèce aussi sanguinaire tous ses dirigeants et tous ses exécutant sont lavés de tous péchés ? Tous ou presque ont un jour ou l'autre tué, meurtri, violé ou torturé. C'est dans votre nature que de vous montrer cruel avec ce que vous considérez de facto comme votre gibier ou votre bétail, au choix. Mais rejoindre la Reine et participer à un dessein plus grand que la simple satisfaction de vos besoins peu vous apporter beaucoup. La repentance. Le pouvoir. La satisfaction d'oeuvrer pour le bien commun. Oseriez vous me faire croire que vous êtes prête à monnayer la sécurité de votre créateur contre votre sauf conduit? |


    J'avais forcément du mal à le croire quand on connaissait la nature des vampires et le lien extrêmement fort qu'ils partageaient avec leur créateur. C'était quelque chose qui dépassait le rang de simple relation social, il y avait même quelque chose d'ésotérique dans cette relation, quelque chose que je ne pourrais jamais pleinement appréhender à moins de me faire moi même transformer. Ce qui ne risquait pas vraiment d'arriver quand on connaissait ma situation... La belle cultise me dit alors qu'elle n'adhérait pas aux causes perdues et qu'elle renonçait à me corrompre à son action. Bien sûr, elle devait se douter de la loyauté envers ma Reine, que je nourrissais chaque jour un peu plus. Les pieds et mains liées... J'en doutais vraiment, mais ça il n'était pas temps d'en faire mention à la vampire.


    | Moi, vous convaincre de rejoindre la Reine ? Je vais vous raconter mon histoire. Il ne s'agit pas tant de dire ce que vous pourriez gagner, que ce que vous pourriez éviter de perdre. A savoir vous même. Autrefois, j'étais un humain tranquille, qui n'aspirait qu'à aimer sa femme, fonder une famille, vivre en paix. Un vampire a débarqué un soir, chez nous. Sans voir qui voulait entrer, ma femme a invité la créature. Je me suis battu comme j'ai pu, mais je n'étais pas assez fort. Le monstre a saigné ma femme. Fou de douleur, je l'ai pourchassé des mois durant dans toute l'Europe, brûlant mon existence en même temps que mes économies. J'ai fini par le retrouver. La bête m'a avoué avoir violé et tué ma femme, abandonnant son corps. Je l'ai tué. Ensuite, j'ai rejoint l'Eglise Humains Contre Vampires. J'ai fait de votre traque mon unique but. Véritable épave, je me complaisais dans la mort de mes ennemis et dans mon auto destruction. Jusqu'à ce que je la rencontre. Belle, infiniment puissante. La thérapie qu'elle m'a infligé a failli me tuer, mais lorsqu'elle avait fini de me prodiguer de son attention, j'étais à son service. Délivré de mes anciens démons. Les femmes, l'alcool, la mort... Je ne la distribuais plus qu'aux ennemis de son dessein. Elle me récompense de sa confiance, de sa proximité. Beaucoup d'autres ont connu cela à ses côtés. Certains de vos plus grands dirigeants étaient autrefois ses ennemis, minables chefs de complots. Aujourd'hui, tous oeuvrent pour son grand dessein. Dominer le monde, dans la paix et la prospérité. Mais avant cela, il faut encore le conquérir |

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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Jeu 9 Jan - 21:36

Pourquoi ne partais-je pas, alors que j’avais prévu de le faire ? J’avais été persuadée de ne plus rien retirer de cette conversation, et pourtant. Et pourtant, j’étais revenue vers Torben, et j’avais réengagé la conversation. Quel intérêt en avais-je ? C’était quelque chose que je ne saurai pas en l’instant. Il me faudrait, réellement, y réfléchir. Mais j’agissais de manière risquée. Plus je restais, et plus il pouvait m’ébranler. Je n’avais pas réellement remis en question l’ordre de Charles, mais je n’avais aucun doute quant à ce qui m’attendait, si l’on remontait jusqu’à moi. Et Bardenov me faisait reconsidérer cela. Gagnerais-je réellement plus, si je trahissais ceux que j’avais réunis ? Je n’avais aucune fidélité à leur égard, comme je n’étais fidèle à personne, Charles mis à part.

Et même là, ma frustration qu’il ne m’ait pas libérée alors que certains de mes frères et sœurs vampires l’aient été me faisaient reconsidérer cette fidélité. Il ne me considérait pas à ma juste valeur, au final. Ou alors il me sous-estimait. Ou peut-être avait-il raison… Mais là n’était pas le propos, et je me refusais à le reconnaître. Qu’il fronce les sourcils me plut grandement, bien que je reste impassible. Si j’avais perdu le contrôle, j’en regagnais partiellement, par la surprise que je lui infligeais. Ou je le croyais du moins, et peu m’importait ce qu’il en était réellement.

J’acquiesçais lentement de la tête, bien qu’à contrecœur. Me prenait-il pour une demeurée qui ne saurait pas que des bavures, il y en avait eu des tonnes ? Je connaissais bien mon espace, et nos penchants – ne les exacerbé-je pas après tout, en organisant les petites réunions des Sanguinistes ? Mais cela n’impliquait pas le pardon quant à ça. Pas le moins du monde. Je n’arrivai toutefois pas à percevoir la vérité dans ses paroles. Me menait-il en bateau ? Je n’en avais aucune idée, mais cela me contrariait. Et si j’envisageais de trahir Charles – avec leur aide, car je ne pourrais me défaire de ma promesse -, et qu’au final, je me retrouvais entravée et punie ?

Avais-je réellement une autre option, toutefois ? La Reine saurait sous peu d’où venait l’initiative de réunir les Sanguinistes, et je n’avais pas le moindre doute que cela ne resterait pas impuni. Etait-ce si mal d’en profiter ? Mon affection pour mon créateur me criait que oui, quand ma raison me disait l’inverse. Vous avez déjà entendu parler du petit diable et du petit ange, en train de se disputer et de chercher à faire entendre raison au héros, dans ces histoires humaines ? Eh ben c’était un peu ça. Même si l’idée était ridicule. Et puis quoi encore ? Des anges, des fées, des licornes, des leprechauns ? Au secours.

« Vous en doutez ? Et pourtant. Vous savez qui est derrière tout ça, et si vous ne savez peut-être pas encore l’identité de mon créateur, vous la trouverez rapidement. Pourquoi ne pas vous faciliter la tâche, et me sortir d’une situation fâcheuse dans laquelle je pourrai me trouver, à l’avenir ? »

Ils devaient savoir que mon créateur était Charles – il nous avait après tout tous réunis, moi, et les moins-que-rien qu’il avait créé après moi, et s’était battu à nos côtés pendant les années sanglantes. Mais ils ne savaient probablement pas où il se trouvait. J’avais au moins ça pour moi. Même mes frères et sœurs vampiriques ne savaient pas. Dans tous les cas, afin de savoir qui était mon créateur, ils avaient besoin de savoir qui j’étais moi. Et pour cela aussi, je pourrais leur faciliter la tâche.

« Si je vous le dis, et que vous traquez les Sanguinistes, je peux aussi vous offrir de m’occuper moi-même de mes frères et sœurs. Je serai ravie de les tuer jusqu’au dernier. »

J’étais, cette fois, on ne peut plus sincère. Si j’avais un attachement forcé envers Charles, et probablement sincère malgré tout, il n’en était rien envers eux. Et je n’aurai rien souhaité de plus que de les torturer, de manière plus que cruelle.

« Mes seuls démons sont d’avoir cru, jeune et naïve que j’étais, que j’appartenais à la famille de mon mari. Cela a-t-il empêché que ma belle famille me jette dehors et me vole tout ce qui m’appartenait, à la mort de ce dernier ? Il n’en est rien. Vous dites que nous sommes carnassiers, violeurs, tueurs, mais qu’en est-il des vôtres ? Est-ce une attitude normale, pour des humains, d’envoyer à la rue une jeune femme de vingt-trois ans, qui vient de perdre son mari ? Je ne suis devenue que ce qu’ils ont fait de moi. »

Et j’avais appris à aimer ça. Me jouer des humains, profiter d’eux à leur insu, les manipuler. Surtout les manipuler. J’excellais déjà, avant que je ne sois transformée. Maintenant que je l’étais, la tâche était facilitée, bien moins excitante… C’est pourquoi je chassais mes proies par moment, avant de les charmer, puis de leur faire oublier.

« Mais vous n’aviez pas offensé la Reine elle-même, et à ce que vous en dites, vous lui étiez plus utile à ses côtés, que contre elle. Vu votre talent. Cela s’est d’ailleurs prouvé. Mais ça ne s’applique certainement pas à moi. Vous l’avez dit vous-même : j’ai remis en cause sa position, lorsque vous avez assisté à notre tea party*. Son pardon serait si grand ? »

J’en doutais. J’en doutais énormément. Comment aurais-je pu le croire ? Alors que moi-même, je n’avais jamais assisté à tant de clémence ? Et croyait-il réellement que je sois en mesure de renoncer à mes… besoins, dirons-nous ? J’ai un certain contrôle, et m’efforce d’éviter de consommer du sang d’humain dès lors que je risque d’en payer le prix, mais l’abandonner ? Je n’en suis, et n’en serai pas capable. Je ne tolèrerai pas de devoir me contenter de Tru Blood. Et je suis certaine que Bardenov le sait. Et s’il le sait, cela veut dire qu’il me tend un piège.

Je me surprenais toutefois moi-même, à constater que je considérais réellement de trahir Charles. Certes, ma passion d’adolescente à son égard m’était passée. Ne subsistait plus que l’affection que tout vampire avait pour son créateur, malgré la rancune que je ressentais. Mais l’envoyer à la mort véritable ? Sans même avoir pu le convaincre que j’étais en mesure d’être libérée ?... Mais cela arriverait-il un jour ? N’était-ce pas ma seule chance de l’être ? Mon visage devait arborer un air songeur, sans même que je m’en rende compte.

J’aurai eu encore davantage de question à lui poser, quant à ma possible rédemption, mais cela n’aurait pas dissous mon scepticisme. Alors j’attendais. Je verrais bien. Et s’il n’était pas sérieux… Eh bien, je n’aurai qu’à espérer m’en rendre compte. Ou me convaincre que cela ne faisait qu’avancer ma mort véritable – ils auraient bien fini par me trouver, après tout. Un élément crucial me vint toutefois en tête.

« Et si réellement j’en venais à vous donner les informations que vous souhaitez… Comment comptez-vous combattre les Sanguinistes ? Deux mois sont passés, depuis que vous avez constaté le nombre. Il a grandi, de toute évidence. »

Je doutais qu’ils puissent endiguer entièrement la menace. S’ils capturaient, ou tuaient, tous les membres – et cela prendrait du temps -, quelqu’un relancerait la machine. Volontairement ou non. C’était dans la nature des vampires, après tout, non ? Et cela n’avait pas lieu qu’à Glasgow, ou qu’en Ecosse, si les Sanguinistes étaient réduits au silence… Eh bien, ma foi, les rumeurs courront. Mais bon, la Mort devait me mener en bateau. Jusqu’à la mort, justement. Enfin, pas que je crois à cette idiotie de passeur qui mènerait à la mort dans son bateau. Et puis quoi encore ? Comme si de misérables humains pouvaient survivre éternellement sous forme d’âme. On n’allait pas leur donner une telle chance, tout de même. Mais je crois que je divague. Torben Bardenov devait se jouer de moi, disais-je. Je devais le regarder d’un air tellement circonspect qu’il ne pouvait manquer ma suspicion, et ma difficulté à croire un seul de ses mots.

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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Lun 13 Jan - 21:14

    Autant dire que les choses s'annonçaient... Etranges. Convertir une opposante n'avait rien à voir avec la seule autre personne que j'eus jamais convaincu de rejoindre librement la Reine, à savoir Cora Mc Lensfield. La jeune femme, ancienne prostituée, l'était encore à ce moment là, d'ailleurs. Droguée au jus de vampire, à la cocaïne et au sexe, la jeune femme était une vraie épave. Mais quelque part, sa souffrance et sa détresse avaient fait écho aux miennes de l'époque, et même encore aujourd'hui je me sentais irrémédiablement liée à l'humaine. Bien sûr, elle n'avait plus rien à voir avec la fille perdue et esseulée qu'elle était alors, et moi je n'avais plus grand chose non plus de cet ancien Torben que parfois, je me surprenais à redevenir un petit peu... Bref. Cora avait été une jeune femme fragile en mal d'attache et d'affection, qui avait tout à gagner et rien à perdre à changer de maître pour servir directement Krystel. Je savais de toute évidence que la Grande Prêtresse que j'avais devant moi eh bien... Ce serait forcément une autre perte de manche.


    L'intelligence aiguisée par des décennies sinon des siècles d'existence, la vampire blonde était susceptible de se trouver d'autres centres d'intérêt et d'autres avantages que ceux que je voulais bien lui afficher. Je faisais ce travail là plus par acquis de conscience qu'autre chose, je ne souhaitais en aucun cas que la Reine soit jugée à travers moi comme un bourreau plutôt qu'une Reine, comme une extrêmiste plutôt qu'une dirigeante éclairée qui savait écouter les maux de son peuple. Pour autant, je doutais de la réelle capacité d'intégration de la vampire aux desseins royaux. J'imaginais assez difficile de changer ainsi de voie du tout au tout... Même si au final, j'étais l'exemple incarné de ce genre de revirement brutal à cent quatre vingt degrès. C'était peut être ce qui donnait le plus sens à mes paroles ; la rédemption était possible, probable. Souhaitable, même. J'essayais de brouiller les pistes en même temps que son esprit. La belle me parle une fois de plus de son créateur, et de l'empêcher de se retrouver dans de sales draps. Là, c'était elle qui me perdait. De quoi parlait elle ? Quelle situation fâcheuse, la mise à mort pour trahison? Je ne comprenais pas ses soudaines vélléités sanguinaires. Pour quoi avait elle fondé cette secte si c'était finalement pour m'aider à la détruire ? Calcul politique, obligation vampirique ou quelque autre raison glauque ? Il fallait que je tire tout ça au clair sous peine de rapidement plus rien comprendre à la réalité de la situation.



    | Pourquoi ne pas me le dire vous même ? Cela m'éviterait des recherches fastidieuses, alors que nous savons tous deux que cela ne ferait que repousser l'inévitable que vous me cachiez la vérité. Pourquoi nourrissez vous une telle haine pour votre lignée ? Prête à détruire votre propre secte... j'ai du mal à comprendre votre calcul à ce propos. |


    La voilà qui se défend de sa vraie nature. Je hausse les épaules, indifférent.


    | Pourquoi croyez vous que je sers la Reine Rouge plutôt qu'un gouvernement humain ou l'Eglise? |


    Voilà qui apporte un peu plus encore au crédit de ma loyauté, je sais que je ne suis pas en reste dans tout ceci... Je n'avais en plus aucune idée de la véracité de ses propos. Certes, je m'étais ouvert à elle. Dans une certaine mesure. J'avais passé toute la partie sur ma décadence, sur le sexe, sur ma relation avec Jana et sur ce que Krystel avait réellement pu me faire. Mais elle même avait elle réellement recours à la vérité vraie ? Je la voyais assez bien veuve, pour le coup, mais je la voyais mal se laisser marcher dessus par qui que ce soit. Autre temps, autres mœurs, autre personne en ce qui concernait beaucoup de gens. Je soutenais ensuite son regard, amusé de ses paroles comme de la situation. Sa tea party, là où le thé s'était bien vite changé en sang... et en hurlements. Son pardon ? Infini. Tout comme son esprit de vengeance. Il n'y avait aucune limite à l'un comme l'autre, seulement un perpétuel jeu d'adéquation entre les deux.


    | J'ai moi même attenté à sa vie au moins trois fois de manière infiniment plus directe que vous. La seule question qui se pose dans notre cas est la suivante ; avez vous envie de servir une cause plus grande ? Et sa corollaire... Pour quelle raison vous le feriez? |


    Le pardon de Krystel se limitait bien évidemment à la posture de ceux qui la servaient. S'ils ne voulaient en retirer que pouvoir et ambition plus grande encore, cela ne suffirait pas, cela ne pouvait jamais suffire. La Reine était quelqu'un d'exigeant, et rien n'était jamais acquis pour personne. Il suffisait de voir comment elle refusait aujourd'hui encore à sa propre fille d'épouser un général ambitieux ! Je doutais quoiqu'il en soit de la capacité d'adaptation de la vampire. Après avoir goûté le sang dans autant d'orgies, comment accepter de s'occuper différemment et de se nourrir de la sorte, avec du sang en poche ou pire, du sang de synthèse ? Certains hauts placés, nous le savions bien, entretenaient toujours un cheptel humain dans le plus grand secret. La Reine elle même le faisait. Mais cette information n'était pas à mettre entre toutes les mains, quand bien même la prêtresse ici présente serait sans doute rassurée de savoir ce genre de choses... Pourtant, j'avais l'air de faire réfléchir la vampire, ce qui n'était forcément pas un mal. Je me satisfais autant du doute que de l'hésitation chez mes adversaires... C'est alors qu'elle me posa sa dernière question. La croisée des chemins. Ou elle nous rejoignait, ou elle ressortait satisfaite des informations qu'elle pouvait obtenir. Je n'avais pourtant rien d'un politicien.... Et je n'étais pas un homme de mots ou d'esprit. Seulement la Mort.


    | Qui a parlé de combattre ? Je suis sûr qu'un discours de vous relatant la réalité de l'existence et de l'objectif poursuivi par votre dirigeante suffirait à convaincre les plus intelligents... Les autres, les brutes qui ne se satisfont jamais que de carnages, il nous faudra les détruire. Ce ne sera pas la première ni la dernière fois. Les vampires ont leurs propres criminels, tout comme les humains. |


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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Mar 14 Jan - 22:09

Si l’on m’avait dit que les choses prendraient une telle tournure, en allant voir Badenov, je n’y aurai pas cru une seule seconde. Il me menait bien trop à mon goût vers des questionnements que je n’aurai jamais pensé avoir. Et pourtant… La Reine pouvait elle réellement être aussi clémente qu’il l’annonçait ? J’étais réellement sceptique. Pour avoir survécu si longtemps, il devait, à défaut d’être intelligent, savoir où il souhaitait se rendre, et mener ses adversaires là-bas. Rien ne m’affirmait qu’il n’était pas sincère. Rien ne m’affirmait non plus qu’il l’était. Tout portait à croire qu’il pouvait chercher à me manipuler, à jouer son jeu, pour en savoir plus sur les Sanguinistes, sur moi, sur Charles. Pour mieux me punir ensuite. Car il devait certainement sacrément apprécier cela. Le contrôle, le revirement de ses ennemis, pour mieux les piéger dans leur dos. La Reine avait peut-être un semblant d’honneur, mais Badenov n’était-il pas appelé la Mort parce qu’il la dépensait – sans crainte des conséquences ? Je n’en savais rien, au fond, ça n’était que de simples déductions que j’estimais pouvoir tirer de son comportement. Mais s’il considérait si froidement la mort, sans doute en était-il de même pour la torture.

Et malgré tout… Malgré tout ce que mon bon sens me disait, malgré la peur insidieuse qu’il se joue de moi, j’étais légèrement désemparée par son attitude, et ce que ses mots pouvaient impliquer pour moi. Si ma prudence me hurlait de me méfier, mon sens de survie me murmurait de ne pas fermer cette porte. C’eut été à en devenir folle. Pourquoi me disait-il tout ça ? Qu’espérait-il tirer de moi ? Envisageait-il réellement que les Sanguinistes ne cessent leur activité, si j’y mettais fin ? J’avais pourtant évoqué le fait que cela ait lieu hors de Glasgow – dans un nombre incalculable de villes européennes. Je ne l’avais, de toute évidence, pas constaté moi-même, étant bloquée en Ecosse depuis une dizaine d’années maintenant, mais jamais je n’aurai remis en cause cette connaissance apportée par Charles.

« Pourquoi, en effet ? Parce que malgré votre tentative de me convaincre que la rédemption est offerte à tous, vous ne m’en avez apporté aucune preuve tangible – si ce n’est votre propre rédemption, à vous qui étiez dans l’HCV. Mais vous dites vous-même que cela ne s’est pas fait sans douleur, que vous avez failli en mourir. Que ferait-elle, ou ferait-elle faire, à une vampire comme moi, qui ne peut pas mourir aussi facilement qu’un humain ? Qui peut me soigner aisément, afin que l’on recommence tout aussi aisément à me faire souffrir ? »

Il ne pouvait pas savoir qu’en dépit de cela, et de ma non envie de souffrir des mains de Krystel, je craignais ce que m’infligerait Charles. S’il apprenait ma trahison, et il l’apprendrait forcément s’ils venaient le chercher, que ferait-il de moi ? Je lui ai été utile, je le sais, et je l’ai aimé sincèrement. Tout aussi sincèrement qu’il m’a aimée. Cela ne l’empêcherait pas de m’ordonner de m’exposer au soleil, par velléité de vengeance.

« Quant à ma lignée… Chaque être humain aime-t-il dès sa naissance ses frères et sœurs, ou y-est-il poussé par les règles tacites de la vie familiale, de la société ? Un vampire est-il à même de se leurrer comme peuvent le faire les humains ? Je vous laisse méditer là-dessus. Quant à ma secte, dites-vous, si réellement vous vous questionnez, c’est que vous ne croyez pas le fait que j’agis sur ordre de mon créateur, n’est-ce pas ? Vous ne croyez donc pas non plus que je n’attache aucun importance aux Sanguinistes. Eh bien, ma foi, libre à vous de vous complaire dans votre erreur. »

Que dire de plus ? Démentir, encore une fois, qu’il s’agisse là d’une de mes volontés ? J’avais beau être patiente, j’avais mes limites. Et me répéter, ou répéter ce que j’avais déjà évoqué de manière plus ou moins explicites, n’était pas de mon envie. Il devait de toute évidence vouloir me pousser à me trahir, en me faisant répéter à plusieurs reprises les choses. Je n’avais aucun doute à ce sujet.

« Eh bien ma foi… Je n’en sais rien. Dites moi donc, qu’a fait la Reine pour vous rallier à elle, davantage qu’à l’église auprès de laquelle vous vous êtes battu si vaillamment, ou que votre propre espèce ? »

Je ne savais, en soi, rien de ses combats auprès de l’église. Ou rien de plus que des on-dit. Je n’y avais guère assisté moi-même – et grand bien m’en faisait. Nul ne dit que j’aurai survécu, si j’avais été prise en embuscade par un certain nombre d’entre vous. Les fanatiques étaient les plus dangereux – du moins, ceux comme eux. Organisés, en grand nombre, sans aucune limite.

« Vous formulez mal votre question. Serais-je prête à renoncer à ma liberté quant à me servir sur des humains, pour servir une cause plus grande ? Je ne doute pas que vous vous souvenez de mes propos lors de notre première rencontre, à l’égard de la Reine. Perdre l’occasion de constater que, peut-être, je me fourvoie ? Qu’elle est réellement digne de ma loyauté ? En aurais-je une seule autre ? »

Mes propos avaient, bien évidemment, de multiples sens. Badenov se doutait-il seulement de mon souhait de devenir comme cette Vampire dont on m’avait tant parlé, depuis ma renaissance ? Avant de réaliser celle qu’elle était actuellement… Avait-il la moindre idée du fait que, malgré la clémence que j’exprimais désirer si je trahissais les Sanguinistes, j’espérais aussi et bien inconsciemment qu’elle soit bien plus impitoyable qu’elle ne le montrait publiquement. Je n’y croyais qu’à peine, mais suffisamment pour envisager, réellement, un revirement, bien que je n’avais pas conscience que ce critère entrait dans ma réflexion.

« Quant à la raison de le faire… Être libérée de la parole que j’ai du donner à mon créateur, et de diverses autres exigences ? »

Comme celle de ne pas décimer ma famille, par exemple. Il m’avait demandé pourquoi tant de haine pour ma lignée… Une rancœur inoubliable, de ma vie humaine ? Pour rien au monde je ne l’aurai reconnu. Et pourtant. – nul membre de la famille Smith ne vivait, je m’en étais assurée personnellement. Nul vampire créé par moi non plus. Ne restait que mes frères et sœurs. Et Charles, bien que je me sache incapable de faire une croix, de mon plein gré, sur lui. Il me provoquait, pour me pousser à créer ma famille vampirique, je le savais. Et du ressentiment, j’en avais beaucoup à ce sujet.

« Et parce que je ne suis pas la meurtrière que vous croyez. Nier me nourrir de sang humain, je ne le pourrai, de toute évidence. Affirmer ne pas tuer à tort et à travers – c’est un fait. Mais que je le dise ou non, vous n’y croiriez pas. Quoi d’autre ? Vous voulez vous assurer qu’à la moindre occasion, si réellement je m’appliquais à servir les intérêts de la Reine, je ne m’opposerai pas à elle dès qu’une meilleure occasion se présenterait, n’est-ce pas ? Rien ne saurait servir pour me manipuler – je n’ai aucune famille à laquelle je suis attachée, ou je n’en aurai plus si je vous avoue la vérité, car mon créateur n’aura pas la vie sauve, n’est-ce pas ? Nul autre moyen n’existe pour me défaire de l’ordre qu’il m’a confié. »

Je frémis, à l’idée de perdre Charles. Que je le veuille, de façon toute relative et parce que j’étais aveuglée par ma haine davantage que par mon amour forcé pour lui car il était loin de moi, ne m’empêchait pas de le craindre à part égale.

« Krystel a toujours été une grande vampire. Et je suis persuadée qu’elle ne s’entoure que des plus grands. Qui de mieux placé pour me faire atteindre cette rédemption, et me permettre ce contrôle que l’on souhaite de tous ? Mais je ne vous tromperai pas : je sais déjà me contrôler. Que puis-je réellement vous dire de plus ? Que je sais faire preuve d’humilité ? Je suis une vampire. Vous savez probablement aussi bien que moi que ça n’est pas notre crédo. Mais comme je viens de le dire, je sais me contrôler. Surement pas aussi bien que des vampires doublement, ou davantage, centenaires, mais tout de même. Mes intérêts peuvent très bien concorder avec ceux de la Reine, et les siens avec les miens. Il ne s’agit pas de bénéfice pour moi, mais de ceux que nous pouvons mutuellement nous apporter. Pas de la raison pour laquelle je me retournerai contre les Sanguinistes, mais des raisons qui nous pousseraient, vous – ou la Reine à travers vous – et moi, à conclure une telle union. Vous ne devez pas sous-estimer mon intelligence, ni ses bienfaits à vos côtés, plutôt que contre vous, n’est-ce pas ? »

Je noyais le poisson, littéralement. Comment lui apporter ce qu’il attendait de moi, comment lui avouer sincèrement que je serai exemplaire, ne me nourrirai plus d’humains ? C’était impensable. Que je n’en tuerai pas ? Oui. Je pouvais me contrôler, et arrêter avant d’ôter la vie. Ne pas transformer d’humains en vampires ? Je n’avais aucun goût pour cela. Servir de mon mieux la Reine ? Oui, je pouvais le faire. Sans comploter. J’agissais dans mes intérêts, mais en utilisant à mon escient les règles de la société dans laquelle j’évoluais, et en les respectant. Il n’y a qu’à voir la fin de ma vie humaine, et les débuts de ma vie vampirique – menacer de riches hommes trompant leurs femmes, en prétendant être enceinte, afin d’obtenir de l’argent et de vivre confortablement ? Les règles de la société de l’époque. Utilisées à mon avantage. Et à celui de Charles. Ma loyauté d’antan ne tenait pas de notre lien, pas uniquement. Elle tenait davantage du respect, de nos caractères compatibles, et du fait que nous nous jouions communément de ces nobles pourris jusqu’à la moelle, et ignorants. Pourrais-je offrir la même loyauté à la Reine ? Seul le temps le prouvait, si réellement je me joignais à eux.

« Les brutes, comme vous dites, sont légions. Pourquoi pensez-vous donc que cela finit en sol composé de cadavres ? »

Oui, quelques vampires censés et ambitieux se laisseraient convaincre de ne plus perpétuer de massacres à telle échelle – sans pour autant ne plus se nourrir de sang humain, n’exagérons pas. Mais la majeure partie ? Aussi stupide que les humains, ou presque.

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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Mer 15 Jan - 22:36

    Je la jaugeais, plus que jamais. Je testais sa motivation. Je testais ses limites, je testais ses mensonges. Je savais comment faire. Cela n'avait rien de bien sorcier que de conduire quelqu'un qui voulait parler à parler plus encore. Je ne voulais pas que les choses dégénèrent, bien sûr. J'étais seul et exposé, je ne pouvais compter sur un soutien immédiat d'Erin. Je ne voulais donc pas la pousser dans ses retranchements. Me cantonner à la tester me suffirait amplement. Me suffisait, même. Je ne comptais pas prolonger ces instants ad vitam aerternam, cela ne ferait que nous exposer et je pourrais trop en dire sans même le vouloir, ce que je voulais éviter à tous prix. Je savais fort bien que je ne pourrais jamais être parfait, que je ne pourrais jamais mener une mission à bien sans difficulté. Mais je relevais le présent défi d'en dire le moins possible et d'en obtenir le plus en comparaison. Relation asymétrique. C'était la clé de la guerre de l'information, de ce type de combat en sous marin. J'essayais également d'entretenir le doute, aussi bien sur mes propres intentions que sur celles de Krystel. Je ne tenais pas à trop en dévoiler, tout comme je ne tenais pas à mésestimer les souhaits de ma compagne. Je tenais mon cap envers et contre tout. Je sentais que la belle blonde n'était pas insensible à mes paroles. Jusqu'où je disais la vérité et où commençait le mensonge ? Elle n'en savait rien, et cela devait la changer des humains qu'elle passait son temps à briser. Croirait elle à ma proposition de rédemption ? Je n'en savais rien. Mais maintenant elle serait forcée d'y réfléchir, et ne pourrait pas se targuer du martyr qu'elle semblait vouloir incarner ; la Reine lui avait tendu la main au travers de son propre serviteur. Maintenant, peu importait son choix elle serait forcée de s'y tenir. Ce genre de proposition ne revient rarement sur la table des négociations une deuxième fois... La belle se rebiffe. Aucune preuve ? J'en étais la preuve incarnée. La Reine était elle donc capable de pareille cruauté ? Bien sûr que oui. La violence légitime est l'apanage du pouvoir. Il n'y avait absolument aucune ambiguité là dessus.


    | Vous essayez de parlementer, d'obtenir des garanties... Je n'en ai aucune autre à vous offrir que ma propre parole d'honneur. Vous ne devez pas être aussi vieille que je le pensais si vous marchandez votre propre survie ainsi, comme une marchande. Vous êtes née dans une société commerçante, capitaliste, j'en mettrais ma main à couper. Vous sauriez autrement qu'on ne transige pas avec une monarchie menée d'une poigne d'acier. Ainsi les vampires sont dirigées depuis des siècles, bien que le gouvernement de la Reine Rouge soit plus... Libéral. Moins cruel, que les précédents. |


    Bien sûr que c'était vrai. Mais je passais sous silence toutes ces orgies démentes que la Reine organisait parfois, avec des humains tellement drogués et accros aux vampires qu'ils se laissaient égorger en multipliant les plaisirs des hôtes de la Reine. Ce genre de petite festivité très sanguiniste n'avait plus lieu depuis la paix, mais ce n'était que partie remise. Augustus était d'un autre style. Froid. Krystel aimait le pouvoir, la paix, jouir de son existence. Augustus ne vivait que pour asservir toutes formes de vie sous son emprise. Qu'on le critique, et c'était la mort véritable dévoré par les fauves de son passé antique. Qu'on se dresse contre lui, et l'on subissait mille tourments sur la table de question, avant de brûler en plein soleil. J'avais déjà vu comment il punissait ses opposants. j''avais eu la chance d'intéresser la Reine. Autrement, j'aurais probablement été violé, torturé et dévoré vivant par les immondes serviteurs du Roi. Non, je n'étais pas pressé de le revoir sur le trône, quand bien même il s'agissait d'un stratège hors pair. Le vampire qui marche le jour... Laissez moi rire. La prêtresse continue de brouiller les pistes. Visiblement, elle veut que l'on s'attache pour de bon à étudier sa lignée. Pourquoi ? Immédiatement, mon instinct me criait rivalité. Chez les vampires cela prenait parfois des proportions épiques.


    | Je le conçois aisément. J'étudie les possibilités. |


    N'avais je pas moi même abandonné ma propre famille le jour où Jana s'était fait mordre par un vampire ? Hannah, je l'avais finalement abandonnée à son sort alors qu'elle était venue en Ecosse pour me porter secours et me ramener au pays. Elle s'était alors elle même compromise avec les vampires, et aujourd'hui elle vivait loin d'ici, avec son mari et son fils. J'étais content pour elle, parce que j'avais été un frère bien plus exécrable que ce qu'elle méritait. Je l'avais abandonnée à la drogue et au stupre, et sa survie tenait du miracle. Le miracle Badenov... On survivait tous aux pires coups du sort. Jusqu'à ce que la chance ne tourne. Je ne savais pas pourquoi la vampire me questionnait à nouveau sur mon retournement.


    | Elle m'a offert la vie dans la mort, dans un quotidien de ténèbres et de carnages sans fin. Plus que tout, elle m'a donné un but. |


    Là encore, c'était vrai, même si j'utilisais ces informations pour manipuler la vampire. Elle aussi pouvait avoir un but, mais je la soupçonnais nourrir ses propres desseins... Je me rappelais tout de même de cette époque honnie où j'avais un but. La vengeance. Le but le plus motivant qui soit. La folie des grandeurs, quand je débarquais dans toutes ces vieilles maisons, ces manoirs, et que je trucidais du vampire à tour de bras sans prendre garde à ma propre sécurité, voulant me noyer dans un océan de sang. Comment cela se faisait il que je n'avais pas été tué ? Certes, je n'avais tué qu'une majorité de cibles faciles. Des aristocrates, des jeunes, des fêtards. Peu de guerriers. Il n'empêchait que j'avais alors manqué de mourir un certain paquet de fois. Plusieurs fois remis sur pied en ingérant ce V que je détestais tant. La vampire me demande ce que je veux réellement dire par sa mise au service de la Reine.


    | Sûrement, vous vous fourvoyez. Que les choses soient bien claires. Elle est votre Reine et vous lui devez loyauté. Remettez une fois prochaine encore en cause celle ci et je vous tue, ou vous me tuez, mais cela vous condamnerait. |


    La menace résonnait dans la nuit. Pourtant, je savais fort bien que la capacité de riposte de Krystel serait limitée par notre absence de connaissances réelles sur les sanguinistes. La connaissant, je l'imaginais envisager la décimation pour débusquer les sanguinistes. Ce ne serait pas seulement une atteinte à l'affection qu'elle me portait de me tuer, mais une atteinte à la base même de son pouvoir : le respect de sa domination. Je notais que la vampire me reparlait de son créateur. Il faudrait sans doute que je creuse pour de bon la question. Mais j'étais sûr que le débusquer et le tuer ne ferait que servir ses desseins ; je me devais donc d'agir avec précautions. J'avais de plus en plus de mal de la suivre ; il me manquait des informations essentielles sur elle et sur son créateur et je ne voyais pas où elle voulait en venir.


    | Je pense que contre ce genre de traîtrise il n'existe de toute manière aucune garantie. Mais la sanction à chaque fois qu'un traître est pris, et ils le sont tous tot ou tard, est cruelle et éternelle. |


    Cela me faisait bien évidemment penser au supplice subi par William des mains de Krystel, sa propre mère. Le Prince avait conspiré contre son père adoptif, et il avait été enfermé par sa génitrice dans un cercueil serti d'argent et cadenassé, et jeté eu plus profond d'une faille océanique. A jamais condamné par la pression sous marine et l'argent de sa cage argentée... Incapable de mourir, mais souffrant mille tourments. Le peu qui avaient réchappé à ce destin en ressortaient finalement fous. C'était son tour de proférer des menaces. Joliment tournées il est vrai, mais menaces quand même. Je notais qu'elle considérait que son mouvement pourrait travailler aux côtés de la Reine. Et non sous ses ordres. Décidément ; il était temps que l'on règle une bonne fois pour toutes la question des sanguinistes, il s'agissait même d'un intérêt particulièrement vital si on ne voulait pas se laisser dépasser par les évènements.


    | Prenez garde à vos paroles. La Reine Rouge n'a aucun égal sur cette Terre, et seulement un supérieur. Ne vous perdez pas dans votre ambition. Vous pouvez vous élever, mais sous son commandement, et pas en parallèle. Les dissensions que vous voulez provoquer ne sont qu'un moyen pour les ennemis des vampires de vous abattre une bonne fois pour toutes. |


    Je soupire et me détourne d'elle. Bientôt, il sera temps de repartir pour la guerre. Pas forcément celle à laquelle je m'attendais, mais j'y suis quand même prêt. Je me retourne une dernière fois.


    | Je vais vous laisser, je dois rejoindre Sa Grâce. Mais n'oubliez pas ; mon offre est unique et a une date de péremption. Si je n'ai pas bientôt de vos nouvelles, les choses se gâteront immanquablement et deviendront plus compliquées et plus sanglantes qu'actuellement. Je vous souhaite le bonsoir. Et bonne réflexion. |


    Je me détournais, m'enfonçant à nouveau dans la nuit. Il allait falloir en discuter avec Krystel. Et avec Erin. Et Cora. Mettre tout le monde sur la question.



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MessageSujet: Re: Was I understood? Let's see [Livre II - Terminé]   Ven 17 Jan - 20:21

Je n’avais plus rien à dire, aussi j’écoutais. J’écoutais, et je regardais. J’essayais de scruter le moindre détail de son visage, à la recherche de la moindre indication que je pourrais y trouver concernant sa sincérité – ou le manque de celle-ci. C’était la seule et unique chose que j’étais en mesure de faire, en l’instant. Oh, j’aurai pu accélérer les choses, me dévoiler, assurer que la Reine avait ma fidélité… Mais nous aurions tous deux su que cela était faux. Je n’étais pas idiote, et j’avais entièrement connaissance du fait que je ne savais où me positionner. J’avais suivi l’ordre de Charles sans protester – parce que je ne le pouvais pas, du fait qu’il soit mon créateur, mais aussi parce que cela me permettait de noyer dans une masse nettement plus dangereuse ma propre soif de sang, et parce que, de toute évidence, je n’avais cure de l’impact sur les humains et la PES. Je ne pouvais me départir du fait que nous étions supérieurs aux humains, et que les lois que l’on nous imposait étaient inacceptables.

Et pourtant, malgré tout ça, Badenov semait le doute en moi. J’avais certes toujours admiré la Reine, avant qu’elle ne se montre si faible, mais était-ce suffisant ? Pourrais-je réellement dépasser les convictions que j’avais, qu’elle jouait le jeu des humains à nos dépends ? Il me testait tout autant que moi en me questionnant à ce sujet – pourquoi aurait-il, sinon, ignoré certaines de mes paroles ? Pourquoi aurait-il choisi avec soin à quoi répondre, et quoi laisser dans le flou ? Je ne peux retenir un sourire sarcastique, alors qu’il affirme qu’il ne peut m’apporter que sa parole d’honneur. Croit-il réellement que je suis naïve au point de l’accepter ainsi sans me questionner ? Probablement pas, étant donné les doutes que je viens de soulever. A de nombreuses reprises.

Mon sourire devient légèrement plus sincère, alors qu’il affirme m’avoir cru plus âgée. L’avais-je trompé à ce point ? Je n’y croyais pas une seule seconde. Il n’avait cependant pas tort. Mais société capitaliste ou non, je gère un commerce depuis des décennies maintenant, quoi qu’à distance, et depuis mon émancipation, qu’aurais-je pu faire d’autre que ce que je connaissais ? On reproduit les schémas que l’on connaît. Or, le commerce, ça me connaît. Commercer pour ma survie ? Cela ne me pose aucun problème. Outre celui que ce détail pourrait les rapprocher de moi, et m’attirer des ennuis. Mais ils n’envisagent pas un seul instant que j’ai été une femme d’affaire. Ils ne peuvent pas. A mon époque, rares étaient les femmes qui s’assumaient elles-mêmes, qui avaient un travail.

Je reportais mon attention sur mon interlocuteur. Je ne devais rien manquer à son attitude, auquel cas je risquais de ne pas déceler un geste qui serait susceptible de dévoiler sa potentielle trahison. Je restais dans mon mutisme, même lorsqu’il affirma la possibilité que si je persistais à ne pas dire que ma loyauté était gagnée à la Reine, il n’y aurait que d’autre solution que de le tuer, ou que de me laisser tuer – ce qui revenait au même, au fond, car comme il le disait, je serai condamnée si je mettais fin à ses jours. Aucune alternative, par conséquent. Et je n’étais pas stupide au point de me répéter, dans tous les cas. La menace était réelle, omniprésente, et je ne l’ignorai pas. Je ne l’ignorai absolument pas, à vrai dire. Sinon, pourquoi écouter ces paroles, que j’aurai du rejeter en bloc si je me croyais impunément à l’abri ?

Je fronçais les sourcils, bien malgré, en l’écoutant discourir sur les sanctions réservées aux traitres. Cela concernait en apparence mon maître, mais cela m’était aussi adressé. J’en aurai mis ma canine droite au feu. Sur une impulsion, je faillais lui répondre, quand à sa tirade sur le fait de travailler au côté de la Reine. Il m’avait de toute évidence mal comprise. Comment aurais-je pu envisager cela, alors qu’elle était notre souveraine à tous de un, et que jamais une traitresse – car nul ne pouvait me considérer autrement, de la Reine ou de sa Mort – n’aurait une place significative auprès d’elle. Ou pas avant de longues décennies, voire de longs siècles. Il se fourvoyait sur la façon de percevoir mes propos. Je m’empêchais aussi de réagir impulsivement à son ultimatum. Que la balance penche dans un sens ou dans l’autre, je ne devais pas le jouer sur l’instant. Je n’avais que peu de temps pour revenir vers lui, mais j’en avais tout de même. Combien ? Je l’estimerai plus tard. Je le regardais partir, et pris le chemin inverse.

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