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C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]
MessageSujet: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Sam 21 Déc - 21:15

Le gouffre, tout le monde le connait, tout le monde le frôle. C’est un ami très cher qu’il m’arrive souvent de visiter avec un plaisir certains. Mais le gouffre est une crasse, un peu comme une maîtresse possessive... Manque de chance, j’avais les deux et justement, ça commençait à faire beaucoup.
Autant j’étais incapable de me lasser du gouffre, de ses affres, du sang, de la violence, de la torture et du sadisme, autant cette fois, j’avais peur. Ce n’était ni mon dérapage avec Randall, ni même ma discussion avec Julien ou Yaâqov, pas même ma rencontre avec cet espèce étrange... Je regrettai le temps jadis. J’avais soif de carnage, j’étais nostalgique des années sanglantes. Je me foutais même de Freyja et de ses débordements. Je n’avais pas besoin de sang, non, j’avais besoin de meurtres... Cependant, je ne pouvais pas me le permettre, pas en étant surveillé, je risquais trop et si je n’avais aucun scrupule à briser un humain en deux, je savais que je risquais plus qu’un simple ciseau à bois en argent dans l’épaule. Certains sanguinistes pouvaient se le permettre, moi non.

De rage, de frustration, j’avais retourné mon propre appartement à mon réveil, après avoir accompli ces gestes maintes fois répétés et ma rage n’avait pas été apaisée, que du contraire, j’étais déchaîné. J’avais de l’amour propre, un orgueil certain mais aujourd’hui, j’avais besoin d’aide et une seule personne savait... avait conscience de ce que j’étais et de qui j’étais. Julien n’était qu’un peigne cul à mes yeux malgré son grade, il était infichu de comprendre le merdier dans lequel j’étais. Une seule personne... Constance. J’avais juré tous mes grands dieux que jamais au grand jamais je n’irais mendier son aide mais je n’avais plus le choix.

Je descendis en vitesse, oubliant de me nourrir, oubliant mes cigarettes, oubliant ma veste, oubliant jusqu’à mon masque d’humanité en passant la porte de chez moi comme un ouragan. Je ne me souciais pas de paraître humain, je devais arriver au plus vite, c’est donc par des moyens purement vampiriques que je me rendais chez elle, tambourinant à la porte dès mon arrivée.
Je ne savais pas comment expliquer ma présence, encore moins mon état. J’étais foutrement incapable de me justifier et si je n’étais du genre à avoir honte, j’avais pourtant une sainte horreur de perdre le contrôle comme maintenant. Avant, c’était facile. Au diable les conséquences, on camouflait le tout... mais maintenant... J’étais rarement grossier mais... Putain d’époque !

Pas de réponse, je tambourinais de nouveau à la porte. Nom de Dieu, elle n’allait pas me forcer à m’annoncer non ? D’accord, elle était une supérieure, de très loin, elle était beaucoup plus âgée que moi, elle m’avait vu comme un jeune vampire en apprentissage. Face à elle, je me prenais mes jeunes années dans le visage et elle était parfaitement capable de m’étaler sans que je le vois venir mais j’avais besoin d’aide, ici et maintenant.
Je ne pouvais pas hurler dans la rue non plus, malgré moi, j’amochais la brique sur le côté de la porte en l’écrasant d’une contraction du poing un peu trop franche.

« Merde. » J’en arrivais à jurer ouvertement, c’était mauvais signe.


Dernière édition par Spencer Yates le Ven 27 Déc - 21:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Ven 27 Déc - 16:55

 Quand j'ouvris les yeux, je fus réveillée par un bruit sourd qui tambourinait à ma parte d'entrée. Voilà quelque chose d'extrêmement impoli. On me brisait mon moment de pleine quiétude matinale, par des bruits de point frappant le bois massif de ma porte d'entrée. La personne qui se trouvait à ma porte allait besoin d'une très bonne excuse pour se tirer du pétrain dans lequel elle s'était empétrée. Je restais là, quelques minutes essayant de profiter tout de même du fait que je venais de me réveiller. Je regardais le plafond, et la bruit ne semblait vouloir cesser.

Je n'attendais personne à cette heure là. Je n'avais pas d'amis ou de connaissance qui ne s'annoncerait pas avant de venir, la Reine certainement pouvait se permettre cela, mais personne d'autre ne pouvait débarquer ainsi à l'improviste. Qui pouvait débarquer ainsi, chez moi ? Je me levais lasse de devoir le faire par obligation. Je regardais l'heure, et j'enfilais un long kimono en soie japonaise, serrant la taille, et faisait glisser mes cheveux sur le côté, par réflexe. Je descendis les marches, ne cherchant même pas élever la voix pour faire cesser ce bruit intempestif qui s'imposait dans mon duplex. J'ouvris la porte, les yeux noirs de colère, tombant sur un oiseau tombé du nid, une vieille conaissance, certainement la plus vieille. Si je m'attendais à le voir ici. Pourtant je ne décolérais pas.

Malgré notre amitié, je pourrais te briser seulement pour le fait de m'avoir réveillée, Spencer Yates, je ne sais pas ce tu veux, mais j'espère que tu as une très bonne excuse. Entre.

Je quittais la porte, lui tournant le dos pour le laisser entrer et fermer la porte derrière lui. Il n'avait pas l'air bien, pour quelle raison, je n'en avais pas la moindre idée, mais quelque chose me disait que je n'allais pas avoir à patienter bien longtemps pour connaître la raison de cette mine grise et de la raison de sa présence ici. Je me dirigeais vers la cuisine d'un bas lent, ouvrant le frigidaire remplie de sang, et sortie une poche de sang, que j'ouvris avant de m'en servir un large verre. Je m'asseyais dans le canapé. Croisant les jambes, levant mon verre pour le porter à mes lèvres. Décidément, le sang comme cela commençait à être très ennuyeux, mais c'était toujours mieux que s'encombrer d'immonde bouteille de True Blood. Ces choses n'allaient définitivement pas avoir de place ici. Peu importe ce qui amenait Spencer, il allait devoir se libérer de ce qu'il avait sur la conscience parce que je n'avais pas toute la nuit, et lorsque le jour se lève, je retourne me coucher.

Je n'ai pas encore saisi la raison de cette visite plus que qu'impromptue. Donc... Au nom de quoi viens tu me tirer du calme que je chérie tant lors de mon réveil ?

J'avais le ton plutôt calme, et pourtant assez tendu, le fait de ne pas avoir pu profiter de mon réveil me mettait de très, très mauvaise humeur, autant dire qu'il allait devoir peser ses mots.

Pèse tes mots, Spencer, car je ne suis pas de bonne humeur, et ce par ta faute.
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Ven 27 Déc - 21:09

Si Constance ne me tuait pas sur place, j’aurais sans aucun doute de la chance mais je n’avais pas réfléchi ou plutôt si. J’avais très bien réfléchi. Je savais qu’elle était la seule à pouvoir comprendre et pourtant, j’avais lutté pour ne pas à avoir à me retrouver face à elle. Raté, lamentablement raté mais c’était la seule solution qu’il me restait. Elle savait... sous bien des angles, même si elle ne savait pas tout, celui que j’étais capable de devenir pour l’avoir entendu de façon très précise de la bouche de mon créateur.

Elle était furieuse, j’aurais pu le comprendre si j’avais été dans mon état normal, hors... je ne l’étais pas. J’en étais même très loin. J’étais au bord de la rupture nette et froide, de celles qui oblitèrent totalement le reste. Sans lui répondre encore, j’entrais à son invitation non sans penser que je n’aurais jamais pu avoir de meilleur raison d’être là.
Patient mais en proie à une marée déchaînée de sentiments, d’envies et de pulsions, je fermais les yeux, tentant de refouler tant bien que mal. Les poings serrés, j’étais droit et malgré mon visage crispé je tentais de présenter au mieux. La sauvegarde des convenances devenait de plus en plus dure à maintenir mais je n’ignorais ni sa place, ni son âge, ni mon respect à son égard. L’odeur du sang m’assaillit et je détournais le regard, rempli d’une rage mal contrôlée. Cependant d’une voix vaguement contrôlée, je répondais à Constance gardant le regard figé sur un détail insignifiant du décor. Quoi que ce soit, il fallait que je fixe autre chose que le sang contenu dans le verre. Oublier de me nourrir... imbécile.

« Je suis navré. Jamais je n’aurais agi aussi stupidement mais je perds le contrôle. Je suis en train de le perdre totalement et je ne parle pas que de sang. » J’étais incapable de me calmer, de penser de façon cohérente, de peser le poids de mes actes. Je rêvais éveillé. « Quelle que soit la quantité de sang synthétique, mes activités, je dérive. Je vais perdre la bataille et je ne tomberai pas seul si je la perds, le quartier où je vis risque de perdre plus que quelques voisins. Vous seul savez, vous seul avez entrevu et j’ai fais une promesse il y a longtemps. Les humains ne peuvent me servir pour éviter la chute. » Parer au plus pressé, faire au mieux, éviter le carnage. C’était la promesse faite à mon créateur. Peu importait le moyen m’avait-il dit. Hors, la torture et la mort d’un humain était désormais exclue puisque j’étais surveillé de près et le sang... je n’y avais pas accès. Je me foutais des humains mais m’exposer était synonyme de mort assurée.
Je n’étais certes personne pour Constance et elle pouvait me laisser ressortir de chez elle sans sourciller mais j’avais été obligé de tenter. Elle était ma seule et unique option. Jamais Julien n’entrerait en ligne de compte, général ou pas. La seule chose qu’il aurait jamais serait ma politesse. Mon respect était une chose différente.

Entre temps, mes yeux s’étaient posé sur le verre et j’avais désormais un mal de chien à en écarter mon attention. Après quelques secondes, j’en arrachais finalement mon regard à grande peine. Je ne désirai pas réellement me nourrir, non. J’avais soif de mort, ni plus ni moins. Mon envie de sang n’en était qu’un symptôme secondaire. J’étais assez solide pour contrôler mon estomac mais pas mes pulsions.
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Dim 29 Déc - 0:46

 
Je le sentais agité. Il entra, ferma la porte. Je restais assise. Il semblait préoccupé. Qu'avait-il fait ? Je connaissais Spencer, il était au final, ma plus vieille connaissance malgré son jeune âge. Ce qui prouve mon problème à créer des liens sociaux durables. Cela remontait à un siècle ? Peut être un peu plus. Quand j'ouvrais avec un autre vampire une maison de joie dans Paris. Mais Spencer était venu accompagné de son créateur, une ancienne connaissance, et nous avions organisé une soirée plus.... spécifique à la race vampirique.. Une soirée qui avait attiré bon nombre de créatures nocturnes. Nous voulions retrouvé les joies violentes et sanglantes qui m'avait tant manqué du temps de la renaissance. Et Spencer, lui, avait eu un comportement de jeune vampire, mais pas seulement. Une grande cruauté, et un véritable plaisir aux meurtres. Son créateur s'était approché de moi, alors que je buvais du sang après avoir ouvert les poignets d'une des victimes mise à disposition ce soir là. Il m'avait marmonné, en disant que celui ci allait soit duré des siècles, soit ses démons le rattraperait et il se ferait tuer. Pourquoi avais-je l'impression que les démons de Spencer le tourmentait bien plus que de raisons.

Nous avions tous un goûts pour le sang. Mais chez certains, ce n'était pas seulement le sang qui importait. C'était le sentiment de toute puissance lorsqu'on ôte la vie d'un humain.C'est là qu'il prit la parole, affirmant les pensées qui me trottait dans la tête. Je reportais mon attention sur lui. Il avouait qu'il n'en pouvait plus, qu'il perdait le contrôle. Et c'était donc une bonne raison pour me réveiller en début de soirée ? Je le regardais, allais-je faire preuve de patience ? Il disait partir à la dérive, ses activités, les quantités de sang, que je soupçonnais absolument astronomique. Je fronçais les sourcils, terminant mon verre d'une traite. Je voyais son regard vide, il ne manquait plus qu'un événement déclencheur, et nous allions avoir plus que quelques cadavres dont nous allions devoir nous débarrasser. Je n'avais fait aucune promesse à son créateur, mais me voilà à devoir jouer les baby sitters. Pourquoi n'était il pas allé voir quelque d'autre ? Je n'étais pas un exemple de contrôle, la seule solution que j'avais trouvé pour stoppé mon impulsivité, mes pulsions et ma colère, était de couper toute émotion, de me forcer à ne ressentir que très peu d'émotions. Depuis la mort d'Arthur, je n'avais ressenti qu'un maelstrom de sentiments d'une ennuyeuse banalité. Je regardais les yeux de Spencer, ils se concentraient sur le sang. Il n'avait pas faim de sang. Cette situation m'énervait presque.

Qui te fait croire que je suis un exemple de contrôle Spencer ? Que veux tu ? Que je t'offre un massacre sur un plateau d'argent comme je les fait il y a un siècle ? Les temps changent, et tu n'es pas le seul vampires dont les natures, et les démons les plus profonds refont surface.

Je commençais, me relevant. Je n'avais pas de solution pour lui. Plus maintenant. A l'époque ou nous nous étions rencontré, les choses étaient entièrement différentes. Nous étions tout puissants, parce que nous étions des mythes, des légendes que les mères, racontaient à leur enfants avant de se coucher.  Nous n'étions réels pour les humains que quelques secondes avant leur mort. Aujourd'hui, nous n'étions, ni mythes ni histoires d'horreur pour enfants turbulents. Les humains avaient conscience de ce que nous représentions, du danger que nous étions. Voilà pourquoi, pour le bien de la paix, nous avions troqué nos besoins, nos plus profondes natures pour le bien de la politique. Tuer étaient un luxe que très peu de vampires pouvait se permettre. Je regardais Spencer.

Tu n'as pas soif de sang Spencer. Sinon, tu te serais jeter sur le verre que je tiens depuis bien longtemps. Tu n'as pas soif d'hémoglobine, tu as soif de meurtres, tu veux laisser le monstre que j'ai vu il y a un siècle libre. Sauf qu'aujourd'hui, avec cette politique de paix utopique, la moindre goutte de sang est un crime. continuais-je Que veux tu de moi Spencer Yates ? Car trouver une solution à ton problème, restera très dur, même pour un membre du Conseil.

Je me levais, et sortais un second verre. Je vidais le contenu de la poche de sang dans les deux verres et la balançait dans la poubelle. Je posais alors le verre sur la table, laissant à Spencer le choix de se nourrir ou non. Nous avions tous envie de sang, de meurtres, de cris, de détresse, de panique et de hurlements. Je rêvais moi même de ces moments où le mot limite ne faisait pas partie de notre vocabulaire. Je haussais les épaules, nous étions tous sur la lame du rasoir, certains plus que d'autre, bien entendu, mais il était évident que nous avions tous de sang. Quelle pourrait être la situation, laissez aux vampires une heure ou deux pour se libérer de leurs démons ? Impossible.
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Dim 29 Déc - 12:54

Je n’étais pas certains que Constance m’aiderait, qu’elle le pourrait, qu’elle le voudrait. Je ne me serais même pas aidé moi-même si j’avais été à sa place. J’avais bien supprimé la totalement de mon engeance avant la fin des années sanglantes pour être certains de n’avoir aucune responsabilité à leur égard. Et là encore, il s’agissait d’une promesse. Tant que je n’étais pas stable, il était hors de questions que je devienne créateur à mon tour. Non pas que la chose m’ait jamais intéressée. Je n’y voyais aucun intérêt à part un encombrement certain.
J’avais cru, à tort, que la petite séance de torture offert par Julien m’aiderait... que me retrouver face aux anciennes tortures de mon créateur me calmerait. Ça avait effectivement fonctionné. Quelques nuits seulement. Je n’avais été hanté par aucune envie de carnage et puis, de façon insidieuse, le spectre de celui que j’étais s’était remis à me narguer. Je n’avais aucun remord quant à mes actes, pas le moindre regret et si j’agissais contre moi-même pour m’empêcher de dériver, c’était pour continuer à marcher sur cette terre. Mon but était de revoir les temps anciens, un espoir fou. Mon instinct de conservation me poussait à me préserver, quel que soit le moyen.

« Je sais ! » Trop sec, trop brusque. Ma mâchoire se bloqua alors que je cherchais mon calme. Je repris avec un peu plus de calme mais pas tant que ça. « Je n’en doute pas. Ces temps sont révolus, j’en suis plus que conscient. Mais j’ai réveillé celui que j’avais été pour faire face aux années sanglantes et je n’ai plus... aucun moyen de le contrôler. Ce que je faisais pour me tenir éloigner de celui-là m’est désormais impossible, interdit. Je n’ai aucune marge de manœuvre et ce... » Politesse, en toutes circonstances, qu’importe mon état. « Mon cher général... » Impossible de m’empêcher d’ironiser cependant malgré les risques. « ...pourra tenter tout ce qu’il voudra, il n’enterrera pas celui que j’étais. » Je n’entrais pas dans les détails, ça n’était pas nécessaire ni même utile. Mais je n’étais pas de ces vampires sociable... j’aimais ma solitude. Je n’étais pas plus capable que Constance sur le plan sociale et ça n’avait rien de nouveau. Tisser des liens n’était pas dans mes priorités et ne le serait sans doute jamais... à moins d’y être contraint et forcé.
Je relevais la tête pour la regarder dans les yeux entendant ses mots. Oh oui, elle savait qui j’étais, ou presque. En tout cas, elle en savait bien assez.

J’avais honte de ma faiblesse. Dire que je me pensais maître de moi-même. Erreur grossière. Oui, j’avais eu la présence d’esprit de m’empêcher d’agir de façon inconsidérée. J’avais passé mes nerfs sur le mobilier plutôt que de les passer sur un humain. J’aurais pu faire un Randall bis... mais depuis mon tête à tête avec Julien, c’était impossible, trop risqué. « Je suis conscient du monde dans lequel nous vivons, de la tournure qu’il prend. Je me fiche de la sécurité des humains, de leur petite vie mais je n’ai plus le choix que de composer. Je me sais mal embarqué et je hais tout particulièrement être conscient de cet état de faiblesse. Mettre genou à terre pour des humains... » Ma rage était dirigée contre eux parce qu’ils étaient mon problème. J’étais incapable d’éprouver autre chose que de la haine à leur égard et c’était sans doute mon plus gros problème.
Soupirant, je la remerciais pour le verre de sang, m’en saisissant avec précaution. Je fermais les yeux pour m’imprégner de l’odeur. J’en aurais frissonné de plaisir si je n’avais pas été aussi proche de la chute. J’en avalais une gorgée, la savourant comme un humain pouvait savourer son repas. Depuis l’interdiction, je n’avais fait que boire le sang de Randall, celui de mon client canin et j’en avais ingurgité par nécessité lors de ma séance de torture privée avec Julien. Je n’avais pour ainsi dire jamais pris part aux débordements des réunions sanguinistes pour éviter Freyja malgré l’envie bien présente de me servir à la source.

« Je rêve éveillé... Je rêve de carnage et pour oublier, je rêve de torture, d’agonie, de peur, d’angoisse, de sang. Et puis je me souviens que même un simple humain contre dix est devenu interdit. J’en viens à envier, à jalouser, à haïr ceux des nôtres qui parviennent à se contrôler. Alors je ne sais pas ce que je veux mais je sais ce que je deviens. »
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Mer 1 Jan - 20:05

Je n'étais pas en mesure de lui apporter l'aide dont il avait besoin. Les vampires comme nous, les impulsifs, les amoureux de la morts, les incontrôlables ont besoin de temps, d'expérience et des conseils et ordres de nos créateurs. Le contrôle n'est pas une chose innée, cela s'apprend, en fonction ce que l'on souhaite faire, et souvent s'illustre par différente chose. Le mien par exemple se manifeste pas une très grande politesse et un grand respect des hiérarchies, des conventions sociales de ma race, mais seulement et uniquement de ma race. J'écoutais Spencer, me rendant compte que tous les vampires étaient passé par cette phase, à des degrés différents bien entendus, et dans des contexte différents. Pourtant, il était évident qu'il allait falloir trouver une situation. Nous ne pouvions pas nous permettre de laisser Spencer se laisser aller et s'abandonner à ses instincts. Je devais trouver une solution en tant que Membre du Conseil, et vampire plus âgé. L'idée que je puisse le faire en tant qu'amie de Spencer me semblait absolument hors de propos.

Son ton, pour son intervention me fit lever le regard vers lui, choquée qu'il ose me parler de cette manière. Il s'en rendit compte, pourtant, son ton restait tendu. Il confirma mes dires, paraphrasant chacun de mes mots. Puis parla de ce cher général. Il devait parler de Julien. Son ironie m'arracha un sourire. Y'avait il seulement une personne en de lui même qui l'appréciait ce Julien ? Je haussais un sourcil, intriguée par la présence de Julien dans son discours. Julien était à la tête des troupes, un général à pour rôle de guider et de prendre soin de ses soldats jusqu'à la prochaine bataille. Pourtant, me voilà a devoir jouer les psychothérapeute alors que ce n'est pas mon rôle. Je ne pouvais pas écouter les problèmes de tous les vampires dans la Garde Royale. C'était à Julien de jauger le morale des troupes, pas de les envoyer aux hauts gradés une fois qu'il s'en ai servi. Mon regard se fit plus dur. Je ne rejetais pas toute la faute sur Julien, car les maux de Spencer allaient avec le contexte politique actuel, il était bancale, instable, fragile.

Il continua, déballant tout ce qu'il avait sur la conscience. Ce dont il avait besoin, moi j'en mourrais d'envie. La Grande révélation nous avait privé de toute la jouissance que nous procurait notre statut d'être immortel. Nos actes n'avaient pas forcément de conséquences, car le temps les effaçait, les vendettas mourraient avec le trépas des blessés par la mort d'un être cher. Nous étions invisibles, encore plus dangereux. Cette Grande révélation ? Une vaste connerie. L'ennemi ne peut nous vaincre s'il ne sait pas que nous existons réellement. Mais là n'était pas la question et je m'éloignais définitivement du sujet. Alors je ne sais pas ce que je veux mais je sais ce que je deviens.

Je me levais, continuant de boire mon verre, et sortait une cigarette de la poche de mon kimono, que j'allumais tranquillement réfléchissant. On savait tous ce que devenait un vampire qui perdait les pédales, je savais pertinemment ce que devenait Spencer.

Julien est ton supérieur direct. Est-il au courant de son instabilité ? Il est impossible qu'il ne soit pas au courant. Tu transpires l'instabilité. commençais-je en expirant la fumée de ma cigarette Je crois que tu sais exactement ce que tu veux. Et ce que tu ne veux pas. Perdre le contrôle reviendrait à quasiment te mettre à mort. Ce qui serait fâcheux, un échec dans tous les camps surtout le notre. Tu ne peux pas te permettre de perdre le contrôle. En aucun cas. ce serait donner raisons aux humains, et cette simple idée m'horripile au plus au point.

Je reportais mon attention sur lui. Spencer avait fui les responsabilités. Mais les responsabilités apportent le contrôle, elles donnent un rythme, occupe l'esprit. En arrivant en Ecosse pour entrer dans le Conseil Sanglant, j'avais pu parcourir des dossiers, et entendre les gens parler. Je savais que Spencer s'était débarrassé de son engeance qui avait survécu aux attaques lors des Années Sanglantes.

Tu as fui les responsabilités alors qu'elles apportent un rythme, le contrôle. Tuer ta propre engeance fut une abomination, Spencer. Fuir ses responsabilités est lâche. Tu ne peux effacer ce que tu es, ou le contrôler entièrement. Mais le faire patienter, faire patienter le monstre que nous avons tous. Ton atelier ne suffit pas, car ton appétit est bien plus grand.
Je soupirais.

Et un peu de confiance, Spencer, pour l'amour de Dieu. Nous sommes une race orgueuilleuse et avec une confiance en soi presque condamnable.


Dernière édition par Constance A. Bellanger le Sam 4 Jan - 11:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Jeu 2 Jan - 15:21

Pourquoi étais-je venu chez Constance... La réponse était claire et nette. J’avais besoin d’elle et de ses conseils, j’avais besoin de la voir et de parler faute de quoi je finirai en un amas d’hémoglobine. Chose que je ne désirai évidement pas le moins du monde. Elle était une de mes plus vieilles connaissances, mon créateur et elle avaient semblé s’apprécier cordialement. Dans ce monde qui ne tournait à rien de compréhensible, elle était une forme d repère immuable bien que dérangeant pour un homme aussi solitaire que je l’étais.
J’étais au bord de la rupture, de l’effondrement et je me connaissais assez bien pour pouvoir au moins tenter de trouver une solution mais ce dont j’avais besoin ne pouvait pas m’être fourni, c’était facile à deviner, je le savais bien, au fond, avant même d’avoir franchi la porte. Alors pourquoi étais-je là ? Pour me souvenir de Romain, de mon créateur... Certes, il avait eu des méthodes drastiques, sanguinaires mais elles avaient fonctionné. Il avait rapidement compris ce que j’étais et avait remédié au problème comme il lui était possible de le faire à l’époque. Pas plus que moi, il n’avait envisagé que nos existences seraient remises en cause. Je payais le prix de notre orgueil.

Je devais me contrôler au maximum face à Constance, ce qui au fond, n’était pas compliqué. J’avais un respect immense pour cette femme sans savoir pour quelle raison exactement. Peut-être son regard cette fameuse soirée, je n’en savais rien. J’avalais une nouvelle gorgée en fouillant mes poches. Mais en la regardant cette fois dans les yeux. « Au courant ? Il me surveille depuis la fin du conflit. Il a même tenté de me calmer il y a quelques jours, je dois reconnaître que ça a fonctionné quelques nuits. » Même si je haïssais le fait qu’il ait osé user des méthodes de mon créateur.
J’écoutais Constance qui me parlait de ce que je voulais. Elle avait raison, je refusais de donner raison aux humains, de me montrer faible et de mettre les nôtres en échec. Le simple fait que nous étions au sommet de la chaîne alimentaire sans pouvoir agir m’enrageait. Pourtant, elle avait raison, je ne voulais pas perdre le contrôle, sous aucun prétexte.

Ainsi donc, elle savait pour mon engeance... J’avais tenté d’être le plus discret possible. Ça n’avait pas été aussi simple, aussi facile. Il m’avait été très dur de les supprimer, au moins une en particulier qui s’était montrée différente mais je ne pouvais pas m’occuper d’eux, de ce que ça impliquait, de ce qu’ils allaient devenir. « J’ai agi pour ce que je pensais être le mieux à l’époque. » En effet, mon atelier était insuffisant, mais en quoi éduquer mes... enfants m’aurait-il aidé à me maîtriser ? « Pensez-vous que c’est ma confiance en moi qui pêche ? Probablement un peu, je dois le reconnaître. Seulement, c’est bien cette confiance qui me sauve aujourd’hui puisque sans ce manque, je ne serais pas ici malgré la gêne et le dérangement occasionné. »
Cependant, je n’avais plus aucun repère ou du moins pas assez. Ce monde prenait des tournures improbables. L’ennui commençait à me gagner, il avait fallu quelques mois pour qu’il pointe son nez. J’avais la haine de mon côté au moins... « Mais comment suis-je censé m’y prendre alors que je lutte malgré l’apprentissage de Romain, quand un humain à l’odeur envoûtante pénètre dans mon atelier en me saignant sous le nez, quand mon supérieur use des méthodes de l’homme qui m’a initié à la mort alors que ce dernier à quitter notre monde ? Tout ce qu’il me reste, c’est ma haine et ma colère comme autrefois quand je n’étais encore qu’un vulgaire humain. » Sans m’en rendre compte, je venais d’évoquer la mort de mon créateur.
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Mer 8 Jan - 19:42

Je n'avais pas la moindre idée de la raison de la présence de Spencer dans mon duplex. Il ne me devait rien, à par peut être une obéissance vu que j'étais après tout sa supérieure, et de très loin. Pourtant, je ne saurais dire pour quoi, mais cette entrevue n'avait rien de très formelle. Elle n'avait rien de formelle même. Elle semblait ancrée dans un rapport plus respectueux qu'autre chose. Ce qui me dérangeait. Je ne pouvais me permettre ce genre de lien. Mon instabilité, que j'ai mis de nombreuses années à contrôler ne pouvait se manifester. Pas maintenant. Je regardais Spencer, comprenant que ce n'était pas seulement d'aide ponctuelle, mais de quelque chose de plus régulier. Du moins jusqu'à ce qu'il puisse se débrouiller tout seul. Je tirais sur ma cigarette, plus que de raison.

Je n'avais pas vocation à cela. Lui donner, ce que son créateur, que j'ai connu, n'avait pas pu lui fournir, faute de temps et certainement de volonté. Les instincts, se domptent, mais ne se contrôlent pas, du moins pas entièrement. Le voulions nous ? Je reportais mon attention sur Spencer. Que me voulait-il ? Alors que je lui avais demandé si Julien était au courant, sa réponse me surpris. Non, elle me mit sur les nerfs. Le fameux général, était au courant. Il le surveille depuis la fin du confit, ce qui était une bonne chose mais pas une solution en soi. Il continua en expliquant qu'il avait essayé de le calmer il y a quelques nuits de cela, et que le résultat ne fut que provisoire. Un échec de la part de Julien, et je me retrouve à devoir gérer des vampires centenaire instable. Je restais perplexe. Il se justifia par rapport à l'éradication de son engeance, en déclarant qu'il pensait agir pour le mieux. Je me retournais vers lui, le fusillant du regard. Quand je fus mise au courant de cette tuerie, j'avais estimé que ce genre de comportement était impardonnable. Mais nous étions à une époque, ou peu importe ce qui arrivait les conséquences n'était pas forcément des plus néfastes. A part là mort d'Augustus, il va sans dire. Il reprit, me demandant si c'était son confiance en lui qui pêchait. Pas seulement, mais je me souviens, qu'en apprenant à contrôler mon impulsivité, je l'avais fait par confiance en moi, et par orgueil. Donner raison aux humains sur notre bestialité ? Jamais. Je regardais Spencer, il continua. Il reprit sur Romain, son créateur, qui avait usé de méthodes peu recommandable pour contrôler Spencer, il m'avait avouer cela lors de la petite réception que j'avais donné à Paris. Il parlait d'un humain à l'ode envoûtante, qui saignait devant lui, puis Julien qui usait des mêmes méthodes que Romain. Sauf que Julien n'était pas le créateur, et n'avait aucune légitimité auprès de Spencer. Sa tentative avait été soldée par un échec, pourtant, il n'y avait pas eu vent de cette histoire. Et enfin, il m'apprit que Romain était mort.

Romain est mort ? Depuis longtemps ? repris-je intéressée par cette donnée manquante.

Je regardais autour de moi, tirant une nouvelle fois sur ma cigarette. La question qui me trottait dans la tête c'était pourquoi je m'y intéressais surtout. Car au final, si Spencer venait à péter les plombs, la faute retombait forcément sur Julien, qui avait échoué à sa mission de Général des armées. Et je serais la première à jubiler face à son échec. Pourtant, je préférais conseiller, et aider Spencer. Que m'arrivait-il ? M'adoussiçais-je ? J'eus un frisson, cette simple idée me dégoutait. Je repris le fil de mes pensées, pourquoi n'étions pas au courant de la mort de Romain, un vampire plus âgé que la majorité des armés était mort sans que personne ne le sache sauf Spencer qui avait du ressentir la mort de Romain. Seulement, son instabilité n'était pas liée à ça, ou alors Romain était mort depuis les années sanglantes… Spencer avait été réveillé, d'une certaine manière, et avait été contrôlé, endormi, par les nombreuses … tortures de Romain. Julien avait tenté de recréer cet espèce d'environnement, seulement un général n'est pas un créateur, là est toute la différence. On ne réponds pas de la même manière à un général, on ne réponds pas de la même manière à un créateur. L'engeance est quelque chose de complexe, bien plus difficile à cerner d'un lien paternel ou maternel. En quoi pouvais-je lui apporter de l'aide ? Je tirais sur ma cigarette. Ce qui m'énervait le plus dans cette histoire, c'est que Julien n'avait as été capable de tenir ses troupes. A quoi servait-il ? Aucune idée, et dire que j'avais commencé à le respecter dans son travail. On ne m'y prendra plus.

Julien est il au courant, que vos… sessions ont été un échec cuisant ? Car quelques nuits, on ne peut pas appeler ça un succès.

Ce petit opportuniste, était bien trop occupé à montrer les échelons de la hiérarchie vampirique, et à faire de cette petite traînée sa servante. Le verre que je tenais explosa entre mes doigts. Je regardais les morceaux de verre tomber au sol dans un bruit plutôt mélodieux il fallait l'avouer. Je soupirais. Le verre était vide, et heureusement. je déteste nettoyer. Je sentais ma chair ouverte, qui se referma dans la seconde, l'entaille n'étant pas profonde. Je me retournais vers Spencer, soupirant une nouvelle fois. Excédée par le zèle dont faisait preuve Julien.


Que veux-tu faire ? Je n'ai ni le temps, ni l'envie, ni la patience de te torturer pour que tu comprennes que ton contrôle est primordiale si tu tiens à ta vie. Je n'ai pas envie de me répéter, sur le contexte actuel et compagnie, tu n'es pas stupide, et je n'aime pas gaspiller ma salive. Faut il que je demande à Julien de te mettre dans la prochaine expédition punitive ? Ou Il faut une solution plus… rapide ? Je pencherais naturellement pour la seconde option. La question est : comment veux-tu t'y prendre Spencer ?



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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Jeu 9 Jan - 15:14

Ce n’était pas ma plus grande idée... Me rendre chez Constance, c’était reconnaître ma faiblesse et la chose n’était pas coutume chez moi, loin de là. Il fallait m’arracher la vérité pour l’obtenir et elle n’était pas si simple à avoir. Elle aurait très bien pu me coller dehors avec un coup de pied aux fesses mais il n’en avait rien été, hors, je l’avais dérangée avec aplomb. Dire que pour une fois, je n’avais rien calculé, rien prévu. J’étais au bord de la rupture, vraiment tout proche, je n’avais trouvé que cette solution, je n’avais rien d’autre.
Romain avait fait ce qu’il avait jugé nécessaire dans la mesure de ce qu’il avait envie de faire. Il n’était pas tout blanc mais il ne m’aurait pas choisi s’il ne s’était pas retrouvé en moi à ses débuts. Ça, je l’avais toujours su. En son temps, Romain avait été un véritable fléau. Il m’avait enjoint au contrôle, pas à la sagesse. Seulement, j’estimais mon créateur plus que de raisons, comme beaucoup d’entre nous.

Apprendre à Constance mon petit tête à tête avec Julien mais aussi notre petit exercice de contrôle ne lui avait visiblement pas plu. Là, ça n’était plus mon problème mais bien celui de Julien. Je devais bien admettre que lui nuire un minimum était un véritable plaisir. En revanche, lui annoncer la mort ultime de Romain n’avait pas été dans mes intentions premières. J’étais coincé. Je ne pouvais pas mentir, ça finirait de toute manière par se savoir. « Romain est mort en mai. Je ne sais pas où il était mais ça a pris du temps, de ça, je suis certain. C’était... comme me faire incinérer de l’intérieur. » J’avais d’ailleurs mis fin au jour de Randall le mois suivant. J’avais ensuite peu à peu commencé à perdre le contrôle même si mes choix avaient été discutables bien avant ça. Je ne fuyais pas Freyja par hasard non plus du reste. Quoi qu’il en soit, ne plus avoir les menaces de Romain planant au dessus de la tête m’avait compliqué la vie même si elles étaient bien ancrées dans mon esprit et que ma chair s’en souvenait.

Visiblement, le fait que mon cher général n’ait pas assuré agaçait prodigieusement Constance. Étant donné son rang, ça n’avait rien d’étonnant. « Je n’en ai pas la moindre idée. Pardonnez-moi mais Julien n’est pas le genre d’homme avec qui j’ai envie de boire du sang et fumer un paquet de cigarettes en parlant du bon vieux temps. » Supérieur ou pas, il avait osé contrefaire, et mal avec ça, les méthodes de Romain tout en oubliant ce qu’il y avait autour. Oui, j’avais été privé de liberté, de lumière, de sang, j’avais été torturé, maîtrisé, affaibli... mais Romain avait observé, analysé, compris. Je ne fus qu’à moitié surpris par la colère froide de Constance, je me faisais violence pour ne pas manquer de respect à Julien puisqu’il était mon supérieur et avait presque tous les droits à mon encontre.
Je vidais mon verre de sang et le posait avant qu’il n’arrive la même chose au verre que j’avais entre les mains. Fouillant ma poche avec frénésie, je fus ravi de sentir une cigarette dans un paquet que je croyais vide. « Me permettez-vous ? » Demander l’autorisation d’enfumer le salon à mon tour était tout de même la moindre des choses.

Que voulais-je faire ? Bonne question. L’espace d’un instant, tout fut plus clair. Ça arrivait parfois, bien que ce phénomène fût rare. J’entrevoyais les possibilités, la portée de mes actions. Je ne comptais pas laisser les humains avoir un quelconque poids dans la balance, une nouvelle raison pour rapidement écarter Freyja de mon chemin. « Non, il n’est pas nécessaire de vous répéter, j’en ai tout autant horreur que vous. » Je n’avais jamais été très patient dans ce type de circonstances. Me répéter m’avait toujours fait une sainte horreur, aussi, je comprenais cela parfaitement bien. Je croisais les bras et baissait la tête, pensif. « La torture n’est pas nécessaire, je ne l’acceptais que d’une seule personne et cette personne n’est plus. Ce que je veux, c’est être maître de ma haine et de ma colère. J’ai besoin d’un catalyseur mais je n’en vois aucun de suffisant. Mon esprit refuse de voir au delà de ce qui m’a été enseigné par Romain alors que j’ai besoin de nouvelles options aujourd’hui plus que jamais. Je sais désormais que je ne peux pas me permettre de rester inactif et de me contenter d’être l’artisan du coin. »

Je commençais seulement à comprendre pourquoi Constance semblait furieuse contre moi à l’évocation de l’exécution de mon engeance. Non pas que j’étais sentimental mais cela m’aurait très certainement occupé suffisamment pour ne pas avoir le temps de me retourner comme je l’avais fait dernièrement. Mais il était trop tard pour regretter.
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Sam 11 Jan - 23:47

Je sentais qu'il n'avait pas été dans l'intention de Spencer de dévoiler la mort de son créateur. Pourtant, son instabilité pouvait parfaitement être lié à la mort de Romain. Ses expressions étaient tendus, j'observais la tensions de ses muscles, qui parfois se relâcher, pour se tendre à nouveau. Il était au bord du gouffre, il suffisait d'un coup de vent malheureux. Son instabilité, et le fait qu'il puisse s'adonner à un massacre en bon et du forme pourrait me permettre d'empêcher l'ascension de Julien. Seulement, Spencer n'avait définitivement à payer les pots cassé et l'incompétence évidente de son supérieur. J'avais enfin un prétexte plus que valable pour ralentir le Julien, et le recentrer sur ses réelles responsabilités. Je soupirais pour la énième fois, tentant de trouver une solution au problème de Spencer. Mais tout à fait entre nous, je n'avais pas la moindre idée de comment m'y prendre. Je n'avais jamais été face à l'instabilité, je la vivais, mais se contrôler est toujours difficile, et personnel. Et ma créatrice n'avait jamais chercher à associer le contrôle à la douleur. Le contrôle devait être quelque chose de facile, et d'associer à quelque chose de presque plaisant. Spencer avait associé le contrôle à la douleur, et à la torture. Nous sommes tous des serviteurs de la Faim, mais quitte à ses à ses bottes autant les lécher pour qu'elle soit agréable avec nous. C'est une manière de voir les choses, c'est la mienne, et elle semble marcher assez bien non ? Il commenta la mort de Romain comme une incinération intérieure. C'était si vrai. La douleur que j'avais éprouvé lors de la disparition d'Amélie était à la hauteur de la description. C'était ressentir la mort dans toute son agonie, et dans toute sa souffrance physique et pshychologique. C'était des émotions que je me refusais de revivre, c'était bien trop douloureux à chaque fois.

Il reprit. Me parlant encore une fois de Julien. Je ne m'estimais pas non plus comme une personne avec qui on appréciait boire et fumer. J'étais profondément distrayante, ou du moins je l'avais été. Mais je suis devenue froide, hautaine et orgueilleuse, refusant tout lien social trop fort, non pas par peur de décevoir, mais par peur de la perte et surtout, des conséquences de la perte sur ma santé mentale. Il fouilla dans sa poche, sortant une cigarette, demandant la permission. Je hochais la tête, pour lui dire qu'il pouvait fumer à son saoûl, j'ouvrirais les fenêtres un peu plus tard de toute façon. Spencer était arrivé, se disant incertain de ce qu'il souhaitait, mais le voilà à énumérer ce qu'il ne souhaitait, et j'approuvais, la torture n'était définitivement pas à l'ordre du jour.

Nous sommes donc d'accord sur le fait que la torture n'est pas à l'ordre du jour. Romain t'as enseigné le contrôle par la douleur, ce qui fonctionnait tant qu'il était en vie. L'emprise d'un créateur sur son engeance est omnisciente et toute puissante. Tu te contrôlais pour Romain, pour éviter la torture. Maintenant qu'il est mort. Pourquoi te contrôler ? commençais-je.

Je n'étais pas experte en matière de contrôle. Quel vampire l'était réellement ? Après tout, j'avais aussi mes moment de faiblesse. Cet épisode où je m'étais laissé entraînée par la Faim et la tentation. L'odeur alléchante du sang avait été plus forte. La faim est toujours plus forte. Pensait-il être l seul à chercher l'excès, les jours où le sang coulait dans nos gorger comme l'eau coule dans la leur ? Je rêve de ses jours, mais je sais, je sais, il est évident, que les choses changent, mais ces jours reviendront. De gré ou de force, les jours de terreur reviendront. Nous ne sommes pas des créatures nés pour la paix, je ne le pense pas. Dans la mesure où nos existences sont liées aux meurtre, nous ne connaissons pas la paix. Il voulait un catalyseur ? Et il ne pouvait se contenter d'être l'artisan du coin. Cette remarque m'arracha un rire. Je retournais m'asseoir, écrasant ma cigarette dans le cendrier en cristal sur la table basse. Je croisais les jambes. L'instabilité de Spencer était directement lié à sa soif. Soif de sang, soif de meurtres et soif de massacres, contrôler, accepté cette faim, cette soif qui nous brûle les entrailles, et il pourra se balader en homme libre dans les rues d'Ecosse. Mais la chemin était long. Avais-je seulement cette patience ? Devenir… un mentor ? Une sorte de … créateur de remplacement ? En étais-je arrivée à ce point là ? Je n'aimais ce sentiment d'incertitude. Je n'en avais pas l'habitude. Ou du moins plus l'habitude, et cela depuis un petit moment. Je ne vivais pas avec les incertitudes. Je ne comprenais pas bien ce qui me poussait à aider Spencer. Etait-ce le fait qu'il fallait garder un climat de calme parmi les troupes ? Etait-ce parce l'absence d'Arthur se faisait trop grande ? Je haussais les épaules, agacée par ces questions.

Pourquoi te contrôler ? Car au final, ce n'est que répondre à un besoin qui est physique et normal pour notre race. Et aucun vampire ne t'en voudra d'avoir tué deux ou trois humains pour le plaisir. Nous sommes tous des serviteurs de la Soif, de cette Faim. Nous pouvons n'avoir ni Dieu, ni Maître, ni Créateur, ni Grand amour, pourtant, nous sommes soumis à la faim. Et elle nous enroule autour de son petit doigts. continuais-je. Les humains nous observent, nous attendent au tournant, la PES est sur notre dos. Ne leur pas le moindre os à ronger, de leur fait pas le plaisir de lâcher prise. Ils en serait bien trop heureux. Mais le contrôle c'est … personnel. Je ne peux pas trouver une raison pour toi. Tu dois la trouver seul. Certains se battent et vivent pour l'amour, quel ennui, d'autre pour l'ambition, terrible, d'autre pour la vengeance, sanglante, et pour bien d'autre raisons, trouve la tienne.

Je sortais une nouvelle cigarette, la gardant entre les doigts, me levant à nouveau. J'avais soif. Parler de contrôle, et de faim n'était pas une chose facile sans un grand verre de sang. Qu'est ce que je ne ferais pas pour avoir une veine à croquer. Je pris le verre vide de Spencer, et le mien avait terminé en morceaux sur le sol. J'en sortais un second, ouvrit machinalement le frigo, et servit les deux verres. Je me rapprochais en quatrième vitesse, posant le verre sur la table. Etait-ce bien raisonnable de nourrir Spencer ? Evidement que oui. S'il était rassasié, il allait pouvoir se concentrer. Et s'il cherchait à en avoir plus par je ne sais quel moyen, la force par exemple, je lui collerais le visage sous une lampe à UV assez longtemps pour qu'il n'oublie pas à quel point je déteste le désordre. Surtout chez moi.

Il va falloir te donner plus de rythme mon cher Spencer. Bois, débarrasse toi de ce que tu peux te débarrasser sans avoir à écarteler tout le voisinage.
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Lun 13 Jan - 22:45

Je n’avais pas débarqué ici dans le but de larmoyer sur la mort de Romain et j’en avais parlé sans même m’en rendre compte. Comment en étais-je arrivé à ce point ? Aussi loin ? Dans le fond, je le savais bien. Les années sanglantes, Romain, Freyja, Randall... Une addition d’explosifs résolument saccageurs et mortels. Julien n’avait été qu’un simple frein et c’était toujours l’idée que je m’en faisais à ainsi ruminer mes souvenirs et mon esprit dérangé. Je n’avais plus vraiment de bon sens ou tout du moins juste assez pour que les paroles de Constance soient encore capables de m’atteindre et de me faire réfléchir.
L’ennui, c’était que reconnaître la mort de mon Créateur était à mes yeux une forme d’acceptation et je ne pouvais pas avoir accepté ça. Je n’avais plus de guide, plus de mentor, plus de limites, il ne me restait que des défis, et ces misérables humains à guider tout droit vers l’horreur, au fond du trou, en enfer... le mien. J’aurais voulu savoir qui était responsable pour lui faire subir une souffrance sans nom mais je ne pouvais même pas savoir s’il n’en était pas lui-même responsable bien que Romain n’eut jamais été un lâche. Il aurait tout affronté pour survivre, j’en étais profondément et intimement convaincu.

Tentant de recouvrer la totalité de mon calme, je finis par allumer ma seule cigarette. Heureusement que ces saletés n’avaient aucun impact sur nos biologies. M’imaginer soumis à un manque de nicotine dans cet état, j’aurais brisé un cou comme un cure dent juste pour évacuer la frustration de ne pas avoir ma dose de cancer. Au moins cela occuperait-il mes mains.
Quand Constance me donna son point de vue, ce que je supposais être son point de vue, je ne pus qu’acquiescer. Je n’étais plus ou pas encore aveuglé suffisamment par ma rage pour ne pas écouter. Ce qu’elle disait pouvait être vrai et l’était même effectivement en partie. J’avais associé la punition à Romain et il m’avait clairement fait comprendre qu’il me tuerait lentement de ses mains si je dérogeais à ses règles. Il avait attendu que je saisisse le sens de son enseignement jusqu’à la fin et je n’avais pas pu le voir.

J’inspirais à fond inutilement avant de tirer furieusement sur ma cigarette. Le tabac de maintenant ne valait décidément pas un clou. Saletés d’additifs. Seulement voilà, repenser au passé n’allait certainement pas m’aider à avancer. Je ne pourrais que constater l’étendue de mes erreurs et je risquais de me mettre dans un état bien pire que celui dans lequel j’étais arrivé. Mieux valait ne pas lâcher stupidement la bête.

Je levais un sourcil perplexe quand Constance reprit la parole. Je ne pouvais qu’attendre la suite vu le tour qu’avait pris notre conversation. Et j’avais eu raison d’attendre même si ça ne m’aidait pas le moins du monde. Trouver une raison... Si seulement c’était si simple, si facile. J’en aurais trouvé des milliers de raisons. Pour l’instant, je n’en voyais qu’une seule... rester en vie, ou plutôt mort, le temps de trouver cette raison. Survivre à tout prix.
J’accueillis le nouveau verre avec un remerciement. Le sang humain, même sous cette forme n’avait franchement rien de comparable à ces immondices en bouteille. J’attendis avant d’en savourer l’arôme, réfléchissant, déjà légèrement plus à ce que je faisais qu’en passant cette porte bien que pas sauvé pour autant. « J’y songe... J’y songe avec beaucoup de sérieux. Qui eut cru que l’éternité et ma propre nature finiraient pas devenir mes ennemis les plus tenaces. »

Pas très sûr de vouloir poser cette question tout en voulant trouver des réponses... Je relevais le regard vers elle. Une idée de chasse aux sorcières venait malgré moi de se transformer en envie concrète. « Est-il possible de connaître les circonstances de la mort de son créateur par soi-même, après coup. » Je n’en revenais pas de ce que j’allais dire. « De ressentir à nouveau. » Je parlais bien évidement de la mort. Je voulais comprendre, savoir, trouver des réponses. En dépit de la souffrance et de la haine que je connaissais bien, peut-être y avait-il un moyen. S’il y avait bien une seule personne envers qui je pouvais me permettre d’être sentimental, c’était Romain.
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Mer 15 Jan - 22:21

La mort d'Amélia avait été un véritable traumatisme pour moi, malgré tout ce qu'elle avait pu dire, au moment de sa mort, j'avais pris cela comme un abandon de sa part. Mais après plusieurs siècles, je comprenais, l'éternité nous était imposée, mais nous pouvions faire le choix d'être éternel ou non. Amélia avait décidé qu'avec plus de mille ans au compteur, elle pouvait bien se laisser aller à la mort. Elle avait déjà vécu plus de dix vies. La mort d'un créateur n'est pas une chose facile à gérer et je m'estimais chanceuse d'avoir pu apprendre pendant trois siècles à ses côtés. Spencer n'avait pas eu cette chance. Un siècle pourrait sembler suffisant. Mais à y réfléchir, qu'est ce que cent ans quand on a l'éternité de son côté ? Pas grand chose il est vrai. Malgré tout ce temps, nous étions des créatures armées de très peu de patience. Pourtant, avec Spencer j'en faisais preuve, ce qui m'étonnait moi-même. Je bus une grande gorgée de sang, appréciant le goût acre. Le sang n'est pas quelque chose d'épais, ce n'est pas de la purée soyons sérieux. Il faut que ça coule fluidement dans une veine. Ou est l'intérêt sinon ? Spencer prit la parole après m'avoir écouté très religieusement. Je restais quelque peu perplexe quant à la relation que nous avions. Je ne m'étai jamais engagée auprès de Romain pour prendre la relève s'il venait à mourir. J'avais d'autre chose à faire, et une maison close à faire tourner. Ces derniers temps j'en avais été détournée, et avec la disparition de Ruby, il allait peut être falloir déléguer. Je n'aimais pas cela déléguer, c'était faire confiance. Et absurde de rappeler que je n'ai confiance en personne, ou très peu de gens. Je soupirais, buvant une autre gorgée, distraite par les lumières dehors. Il n'y avait pas de bruit de l'extérieur qui venait polluer notre conversation, j'avais fait installer des doubles vitrages. Je me mis alors à écouter Spencer. Pourtant il ne semblait pas bien comprendre, ou ne pas avoir de raison particulière pour le contrôle, estimant que son éternité et sa propre nature était des ennemis tenaces. Je haussais les épaules.

Le cliché est de dire : L'éternité est un cadeau. Mais un cadeau empoisonné. Combien de fois ai-je entendu cette phrase stupide ? Bien trop souvent. Un cadeau empoisonné ? Pourquoi ? L'éternité s'empoisonne par notre faute, par l'ennui, la perte de repère. Bon nombre de vampire ont perdu la raison parce qu'il n'évoluait plus. Leur physique n'évoluait plus, les femmes ne pouvaient avoir d'enfants, ce genre de cliché un peu débile que tout le monde aime entendre pour se rassurer que certains vampires restaient humains. Mais l'éternité n'est pas un ennemi, c'est un allié. Il avait tout le temps du monde pour apprendre, pour perfectionner. Il ne fallait pas avoir peur de l'éternité. Il fallait avoir peur de l'ennui. Car très personnellement, il ne vaut mieux pas être dans les parages quand je cherche à tuer l'ennui.


Pourquoi serait-il tes ennemis ? Au contraire, il te suffit d'apprivoiser le temps et de mater ta nature. Tu es maître de toi même. La nature propre de vampire, est un rappel, l'immortalité à un prix. C'est aussi simple. Dis toi simplement que que ta nature est … un créancier. Qu'il vient demander… sa dîme du jour. le reprenais-je

Je n'avais jamais pris la Soif, et le besoin de meurtre comme des ennemis. J'avais appris à les connaître, à en apprécier toute la cruauté, à ne jamais m'en cacher et à ne jamais en avoir honte. c'était aussi ce que j'étais. Essayer d'enfouir, de cacher, de masquer, de gommer demandait trop d'effort, trop de faux semblant, trop d'hypocrisie. Combien de fois devais-je le répéter ? Nous ne sommes pas des créatures scintillantes au soleil, se nourrissant de pigeons, d'écureuil, ou je ne sais quel rongeur. Il fallait arrêter de croire que nous pouvions faire des choses sorties de bouquins pour pucelles en manque de sexe. Je regardais Spencer, interloquée. Il m'avait demandé s'il était possible de connaître les circonstances de la morts de son créateurs, après coup. Il voulait ressentir à nouveau. Pourquoi vouloir s'infliger une telle douleur nouveau ? Et je ne connaissais pas de moyen pour cela. Je n'avais jamais cherché à retrouver cette sensation qu'était la mort d'Amélia. Je le regardais droit dans les yeux.

Ressentir à nouveau ? Pour quoi ? Te torturer ? Je croyais que cette idée était définitivement hors des options ? La mort d'un créateur n'est pas quelque chose que tu veux revivre. C'est bien trop douloureux. Pour connaître les circonstances de sa mort, tu devras trouver par toi même. On ressent la mort, on ne sait comment elle est arrivée. Toute la frustration est là. Certains ont la chance de savoir, d'autre doivent se contenter d'une sensation et d'une douleur. Pour se rappeler que c'était réel.

Je pris une longue respiration. Cette conversation me ramenait à trop de période douloureuse de ma vie. La mort d'Amélia, la mort d'Arthur. Combien de personnes avais-je perdu ? Je penchais ma tête sur le côté, fermant les yeux quelques instants, essayant de détendre les muscles noués que j'avais dans la nuque. Je ne permettrais pas à mon esprit de s'attacher à une autre personne. C'est pour cela, que je refusais les concepts de servants humains, les pommes de sang. Par pur égoïste, peut être par peur. Je n'aimais définitivement pas la tournure de mes pensées. J'avais l'impression d'être faible. Je ne l'étais pas, je ne l'étais plus. Je remis en place les pans de mon kimono, rallumait une cigarette.

Demande toi de quoi te prive le manque de contrôle et ton instabilité ? Et pitié, ne t'accroche pas à une personne, je suis fatiguée d'entendre les gens s'accrocher les uns aux autres. En se répétant qu'il ne peuvent pas vivre l'un sans l'autre. Le contrôle ne doit dépendre que de toi. De personne d'autre. Humains, ou vampires. Le piège est de croire que si c'est un vampire, tout va bien. Nous sommes éternels. Pas immortels.

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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Ven 17 Jan - 18:09

Je me rendais compte aujourd’hui que j’avais besoin de Romain et je me demandais si dans une certaine mesure, cela n’entravait pas plus encore ma capacité à me contrôler. Être redevable ou dépendant, voire les deux, était quelque chose que je n’appréciais pas le moins du monde, même s’il s’agissait de mon créateur.
Je ruminais également à moitié, mais intérieurement, à me demander ce qui m’avait poussé jusqu’ici. Je le savais mais sans me l’expliquer. Confiance ? Sans doute pas. Respect ? C’était certain. Pourtant, j’avais eu de grandes chances de me faire jeter dehors sans sommation alors pourquoi ? Je n’en savais rien dans l’immédiat et je n’en saurais sans doute jamais plus. J’avais agi par instinct, une part de moi qui semblait, fort heureusement, fonctionner indépendamment de ma volonté sans quoi j’aurais eu de sérieux ennuis bien avant aujourd’hui.

Mais si je considérais pour l’heure ma nature comme un ennemi, c’était tout simplement parce que je n’en avais plus la complète maîtrise et que ça me posait un problème plus qu’évident. D’autant plus que je n’avais donné qu’une réponse vague à Julien concernant le marché qu’il m’avait proposé. J’avais d’ailleurs la conviction très nette que j’avais tout intérêt à accepter, ça m’occuperait et il fallait que je m’occupe, c’était désormais très clair. Je souris cependant malgré moi à la métaphore on ne peut mieux choisie de Constance. Elle avait un sens des phrases à vous donner la migraine mais qui était juste bien que j’avais pour l’instant du mal à trouver le sens de nombre de ses conseils.
Notre discussion m’était plus qu’utile mais il me faudrait sans doute du temps pour en mesurer toute la portée. J’étais multiple et un véritable ennemi pour moi-même quand mes différentes facettes entraient en conflit ouvert comme aujourd’hui. Heureusement pour moi, mon ancienne nature d’humain n’avait jamais osé me poursuivre. Quand bien même elle ressurgirait, elle était bien trop proche de ma soif de carnage. Déjà humain, je me délectais de la souffrance d’autrui, me cachant derrière une pseudo justice qui elle même cachait une vengeance personnelle.

Je fus surpris que Constance pense que je voulais me torturer en vivant à nouveau la mort de Romain. Ça n’était pas le cas mais j’attendis qu’elle terminé avant de la détromper, trouvant dans sa réponse, la solution à mon interrogation. Je ne pourrais jamais savoir de cette façon. Il me faudrait trouver autre chose. « Il n’est pas question de me torturer à nouveau mais effectivement de trouver des réponses. Romain n’avait rien d’un enfant de cœur et c’était un homme intelligent bien que particulièrement vicieux à sa manière mais tout en discrétion. Je n’arrive pas à concevoir qu’il puisse avoir été tué. » J’étais convaincu que ça ne pouvait pas être un suicide, sa mort avait été bien trop lente pour que ce soit le cas. De plus, son orgueil ne lui aurait pas permis de faire ce choix. Mais la conversation revint sur moi. Je n’y échapperais pas. Je devais prendre l’aide que Constance me fournissait alors que je savais pertinemment qu’elle était très loin d’être dans l’obligation de s’occuper de mon cas.
Quand elle mentionna un ancrage personnel, je ne pus m’empêcher de faire une grimace de dégoût. Que Dieu -pardonnez-moi l’expression- me préserve de ce genre d’horreur. J’avais déjà bien assez à gérer avec moi-même pour ne pas rajouter au tableau une autre personne que moi à prendre en considération. Je n’avais pas supprimé mon engeance pour rien malgré le fait que ce soit très mal vu. « Que l’on me donne la Mort Ultime si j’ose un jour dire une chose pareille. S’il y a bien un défaut que je n’ai pas, c’est le sentimentalisme. » Depuis que j’étais vampire, je ne m’étais attaché qu’à une seule personne, mon créateur et la chose était on ne peut plus normale. Quand bien même il m’avait torturé, cet homme m’avait élevé à ma nouvelle vie malgré tous ses propres défauts. « Céder reviendrait à perdre ma maîtrise de moi-même, satisfaire certaines personnes que je ne veux pas satisfaire mais surtout, me priver définitivement de l’espoir de revoir un jour une guerre digne de ce nom. » Curieux pour un homme de mon époque d’aimer à ce point la guerre et le carnage mais j’étais né dedans, en son cœur. Je m’y complaisais. J’ignorais ce qu’elle avait pu perdre durant l’un d’entre elles.
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Dim 19 Jan - 22:19

Je devais avouer que cette conversation, aussi passionnante pouvait elle se montrer, me fatiguait. Je n'étais pas las de la présence de Spencer, ne mettez pas de mots dans ma bouche. Mais elle m'épuisait psychologiquement. Les souvenirs qui entrait en jeu m'était bien souvent très douloureux, et synonyme d'une souffrance que je ne souhaite jamais éprouver à nouveau. C'était trop de … désagrément, c'était désagréable, et ingérable. J'avais trop de choses à faites, trop de responsabilités. Je regardais Spencer. En ce moment je m'intriguais, je me demandais ce qu'il m'arrivait. J'avais laissé cet humain, à l'accent russe dont j'oubliais le nom, avoir une discussion, un dialogue avec moi, alors que je méprise l'humain à la source de son existence. Au final, l'humain et le vampire ne sont pas du tout éloigné. Nous nous nourrissons de la souffrance, les humains naissaient eux, dans la souffrance. Une vie contre de la souffrance. Je glissais ma main droite, dans mes cheveux, les ramenant vers l'arrière pour me dégager le visage. Je restais là, à l'écouter, alors que je n'en avais absolument pas l'obligation. Et de plus, j'avais toujours eu plus d'intérêt à ma vie, qu'à celle des autres. Je soupirais, buvant une gorgée de sang. Qu'est ce que j'avais envie de massacre, de cris, de sangs, de hurlements. Je revoyais encore les décors somptueux des différentes époques, où la seule règle était de se débarrasser du corps, et encore… Je me souviens de ses moments, où j'aurais pu prendre un bain dans la quantité de sang que je pouvais ingurgiter par pure plaisir et gourmandise. Je revois les instants de cruauté, de sadisme clairement, envers ses pauvres âmes en perdition, que nous attirions à une mort certaine. Il n'y avait pas d'autre fragrance que celle du sang, peut être le parfum d'autre vampire, mais tout était recouvert par l'odeur alléchante du sang. Je sentais la Faim monter en moi comme une gangrène attaque un membre, perverse, terrible, contrôlable, mais qu'est ce qu'on aimerait arrêter de tout contrôler.

Spencer n'avait aucune idée dans quel état émotionnel il allait me laisser. Nous avions tous besoin d'un carnage, nous le montrions moins que d'autre. Certains disent que les vampires avec l'âge n'aime plus ce genre de pratique, trop barbare, trop salissante. Mais, moi, j'avais toujours adoré me salir les mains. Il reprit, m'affirmant qu'il ne souhaitait en aucun cas se torturer. Il n'arrivait pas à comprendre la mort de son créateur. Comment l'en blâmer. Romain, en effet n'avait jamais été du genre suicidaire. Il continua, déclarant qu'il préférait plutôt mourir, que de faire preuve de sentimentalisme. Je riais. Comme si c'était une chose que nous pouvions parfaitement contrôler. Le sentimentalisme, ou l'amour, est pire que la Faim. Ca ne se contrôle pas, on ne peut pas le contrôler, on subit. C'est la seule règle du jeu qui fonctionne. Je continuais de rire.

Le sentimentalisme est quelque chose que tu ne contrôleras jamais. Impossible, malgré le fait que nous soyons des vampires, nous n'échappons pas aux règles pré-établies. Les sentiments ne se contrôle pas, ou alors très mal. Non, ce que je te demande c'est d'être ton propre ancrage. Ne cherche pas à te contrôler pour une personne. Contrôle toi, parce que c'est ce que tu veux toi. Toi et toi seul.

Le sentimentalisme ne se contrôle pas. Ou alors il peut se réguler. Moi par exemple ? J'évite toute interaction qui pourrait tendre au sentimentalisme. Mes partenaires sexuels ne durent qu'une fois, et pas une nuit, soyons sérieux, je n'ai que très peu de personnes que je peux considérer comme des amis. Je ne m'ennuyais pas, si c'est ce que vous vous demander. Non, puisque chaque nuit, quelqu'un vient frapper à ma porte. Pourquoi ? Aucune idée, puisqu'il est bien connu que je n'aime que moi. Il avouait alors nourrir le souhait de revoir une guerre, une véritable guerre digne de se nom. Je n'avais jamais vraiment aimé le principe de la guerre, même si bien entendu pour un vampire la guerre n'a que des avantages, des corps, et des centaines de corps à saigner sans avoir le moindre soupçon de remords, rien pas une seule seconde de remise en question. Une guerre… Une vraie guerre. Mon dieu. La prochaine guerre pourrait se montrer bien plus fatale que nous le pensions. Mais passons. Etait-ce là sa seule motivation ? Je me demandais alors si c'était une bonne chose, une vraie chose. Aucune idée. Quelles étaient mes motivations à vivre après tout ? L'insolence face à la mort, ma liberté, et je n'avais encore rien vu du monde. Nous n'en étions qu'au début. Je voulais en voir plus. Je terminais, mon verre, avide.

Les guerres. Je suppose que c'est une bonne motivation. Ca plairait à Krystel. Un vampire qui ne vit et ne se contrôle pour pouvoir déverser toute sa haine, toute sa nature la plus profonde lors des combats. Oh oui, a qui cela ne plairait pas. Mais penses-tu que cela sera suffisant pour te tenir toi-même en laisse ? Je ne remet pas cela en cause. Je te pose la question.

Je me redressais, me levant, m'approchant de l'immense fenêtre à double vitrage insonorisée et anti-uv qui m'avait coûté les bras de la tête, mais qui au final, m'apportait calme, et pourtant toute la distraction de l'extérieur, les lumières des lampadaires.

J'aime l'idée de se contrôler par orgueil. C'est une des raisons de mon contrôle. Même si les humains ont raisons à propos de nous, nous ne pouvons, sous aucune prétexte leur donner des faits et des preuves. J'ai toujours préféré briser les clichés, nous sommes des monstres, mais tout de même, nous sommes bien plus que cela. Non ?

J'eus un sourire. Puis un rire. Je gardais un sourire de coin. Nous sommes des monstres. Mais nous sommes bien plus cela.

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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Lun 20 Jan - 20:11

Trop de questions se posaient... Ou du moins, plus j’avais de pistes pour y répondre, plus j’en avais à poser. Je n’aimais pas ça. Une telle remise en question ne m’était jamais arrivée et je me demandais d’ailleurs si le fait d’avoir parlé à Julien de mes écarts de conduite n’avait pas été un prémice à ce qui se jouait ici. Étais-je en train de me calmer ou de passer une autre étape dans la perte de mon contrôle ? Romain avait-il eut raison quand il m’avait dit que tôt ou tard, je verrai le monde autrement ? Était-ce cet autrement dont il avait parlé ? Beaucoup... beaucoup trop de questions et pas assez de réponses.
Je tirais sur ma cigarette, observant avec un nouvel intérêt la fumée former ses volutes chaotiques. J’avalais une autre gorgée de sang... J’en aurais presque grogné de plaisir si j’avais été un vulgaire animal. Je repensais à ma façon d’attaquer. Je pouvais m’en rapprocher très fortement lorsque mes instincts étaient hors de contrôle. Était-ce d’ailleurs la perspective d’assouvir mes instincts qui avait ainsi failli me trahir ?
Mais me poser toutes ces questions ne ferait que me torturer et je n’avais pas besoin de ça aujourd’hui, pas ce soir, certainement pas.

Cependant, Constance pensait qu’il était impossible de gérer des sentiments. Depuis quand n’avais-je pas aimé ? Des lustres. J’étais homme à haïr, pas à aimer. Les sentiments étaient bien proches, selon certain, mais je n’en avais pas été la victime. Je n’aimais pas, je respectais, j’écoutais mais je n’aimais pas. Cette faculté, je l’avais perdue bien avant de devenir celui que j’étais. Si un jour pareils sentiments devaient ressurgir, j’espérais pouvoir m’en débarrasser fissa.
Me contrôler pour moi... mais pour quelle raison ? Je n’en avais, au fond, aucune envie. Ma motivation était extérieure. Mon orgueil était-il suffisant pour devenir une motivation ? Peut-être. Je désirais changer. Non pas changer la personne que j’étais mais changer ma façon de procéder. Ces mois de surveillances et d’ennuis m’avaient au moins fait me poser certaines bonnes questions. Des questions essentielles à ma survie auxquelles je n’avais pas toutes les réponses non plus. Rageant.

« J’ai été créé en pleine guerre. Peut-être n’est-il pas étonnant que je les aime tant. L’odeur de la mort, du sang, de la peur... C’était une belle époque pour un nouveau-né comme moi. Mais j’avais aimé ça bien avant de devenir un nocturne. Cependant, ce n’est pas une raison suffisante. C’est une raison parmi tant d’autres. J’ai bien des choses à faire pour atteindre certains buts que je me suis fixé et me débarrasser de certains parasites gênants. Un but à court terme et dépendant de beaucoup de variables. Et pourtant... » En disant cela, je sentais la colère se remettre à brûler lentement en moi. « L’orgueil serait en effet une bonne raison également. » Je ne pus m’empêcher de repasser à mes pensées premières. Je vidais mon verre avant d’écraser ma cigarette dans un cendrier, observant mes mains finalement. Calleuses, rudes et pourtant délicates en cas de besoin. Plus d’une fois j’avais brisés des os et des cous de mon vivant. « Que pensez-vous de la vengeance ? De vouloir récupérer la liberté de sa mort ? De vouloir... s’améliorer tout en demeurant celui que l’on est au plus profond de soi ? »

Étais-je vraiment en train de prendre la voie de la confidence ? Pourvu que ce ne soit pas par besoin...
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Ven 24 Jan - 22:19

L’orgueil, voilà quelque chose qui ne manquait à aucun vampire. Du moins, je n’en connaissais aucun qui n’en avait pas. Et d’aussi loin que je me rappelle, je pouvais me montrer d’un grand orgueil et d’un grand égoïste dans ma vie humaine. Voilà des souvenirs qui ne m’était pas passé par la tête depuis plusieurs dizaines années.C’était dérangeant. Très très dérangeant. Je m’adossais à la large fenêtre, face à Spencer, croisant légèrement les jambes. Je balayais l’air, balayant des souvenirs dont je n’avais pas envie de me souvenir devant qui que ce soit. Mon orgueil me rappela à l’ordre. Cette conversation … était trop… beaucoup… intense pour mes sentiments enfermés dans un endroit de ma tête. Je reportais mon attention sur Spencer. Je me demandais ce qui me poussait à l’aider. Il ne ressemblait en rien à Arthur, ni physiquement, ni psychologiquement. Spencer n’était pour moi qu’un vampire perdu, dans le véritable ordre des choses je ‘aurais renvoyé chez Julien sans autre forme de procès. Je ne me serais pas posé la moindre question. Je l’aurais pris par la peau du cul, et je l’aurais envoyé valsé dans le couloir. Pourtant, j’étais là à me torturer et à l’aider. Car si vous pensez que cette conversation sur le contrôle, donner des conseils à un vampire plus jeune m’était facile, et que j’avais cet air dramatique avec aisance, vous vous trompiez.

Il reprit, déclarant qu’il avait été crée pendant la guerre, que ce n’était peut être pas si étonnant qu’il les aime tant. Spencer et Arthur avait tout de même ça en commun, avoir été crée pendant la guerre. Estimant que c’était une belle époque pour un nouveau né. Je haussais un sourcil. La guerre n’était pas pour moi le meilleur terrain de jeu pour un nouveau né. Allons, c’était trop facile, es soldats de guerre dont souvent épuisé, les proies trop faciles. Il n’y a pas de chasses, il n’y a pas le plaisir de la traque. Coincer la proie dans ses retranchements, apprécier la course effrénée pour nous échapper, sachant pertinemment qu’elle ne verra pas le lever du soleil. Non, la guerre était un terrain de jeu pour créateur feignant. Il disait qu’il avait des buts, et qu’il s’était débarrasser de certains parasites gênants. J’espérais pour lui qu’il ne parlait pas de son engeance, je pouvais me montrer extrêmement sensible à ce sujet. Et quand je dis sensible. Je pouvais lui briser la mâchoire pour lui cracher les paroles les plus abjectes qu’il avait à propos de son engeance. Je restais calme, non sans avoir froncer les sourcils.


Il me demanda alors mon avis sur la vengeance. Dangereux, mais un terrible carburant, une terrible motivation découlait de la vengeance. Mais la vengeance est quelque chose qui s’accomplit. Une fois accomplie, que se passe t-il ? Peut être ne devrais-je pas le surcharger de questions. J’avais ma propre vengeance dans le coin de ma tête. La vengeance était certainement un des pire, comme l’un des meilleurs arguments pour avancer. Je n’avais pas envie de m’étendre sur la vengeance. Je le laissais terminer. S’améliorer tout en restant ce que l’on est au plus profond de soi ? Evidement. Je ne savais pas bien pourquoi il me posait la question. Ce n’est pas changer que l’on lui demande. C’est d’accepter ce qu’il est. Nous serons tous des monstres, peu importe les lieux, les temps et les contextes. Je soupirais.

La vengeance est … une justice sauvage. C’est de Francis Bacon, il me semble. N’est ce pas tout à fait vrai ? Si la vengeance te fait avancer, te donne ce qu’il faut pour garder le contrôle alors pourquoi me poser la question. Venge toi si c’est ce que tu veux. Mais la vengeance demande de la patience. Beaucoup de patience Spencer. commençais-je Personne ne te demande de changer, tu resteras le même. Mais … Le monstre sera plus impitoyable, plus sanguinaire, qu’il aura attendu, patienter pour que tu lui donne le feu vert de se déverser. C’est ce qu’est le contrôle au final. Je le vois comme cela en tout cas.

On nous jugeait. D’aimer le sang, les cris, les pleurs. Mais ce n’était pas seulement cela. C’était ce sentiment de toute puissance qui grisait. C’est ce qui me grisait. Tenir une vie entre ses mains étaient certainement abjecte, Caïn fut bien envoyé en enfer pour cela. Mais le sentiment de puissance était bien là. Le sang était un aliment, pas seulement c’était plus complexe, tout devait bien l’avouer. Nous buvions du sang, nous buvions de la vie. Voilà pourquoi le True Blood ne pouvait nous rassasier, il n’y avait rien dans ses bouteilles. C’était froid, sans saveur et insultant. Nous retirions les espoirs, nous brisions des familles, réveillait des vengeances. Je soupirais d’aise, appréciant le chemin de mes pensées à nouveau. Je sentais déjà mes yeux s’allumer de cette lueur, les rendant plus clairs qu’habituellement. Je regardais Spencer droit dans les yeux.

S’améliorer pour mieux triompher. N’est ce pas le seul but au final ?

Je souriais.




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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Ven 24 Jan - 23:40

Si j’ignorais que Constance n’appréciait guère la tournure de la conversation, je ne l’appréciais pas plus. Toute cette remise en question avait une fâcheuse tendance à m’irriter. Je pouvais être d’une patience et d’une minutie à faire pâlir mes semblables mais je n’étais pas fichu de me retourner pour voir le chemin que j’avais accompli. Il y avait une bonne raison à ça et je ne souhaitais pas non plus y revenir. Je pouvais avoir une centaine d’année mais je n’étais pas fichu de laisser derrière moi mes rancœurs passées. Je n’étais pas rancunier pour rien, j’avais la vengeance dans le sang, le sadisme profondément ancré dans ma chair. J’attendais chaque nouvelle occasion de pouvoir me déchaîner, de pouvoir concrétiser les idées qui tournaient en boucles dans mon esprit quand je travaillais une pièce. Tout ça ne pouvait pas faire bon ménage, je l’avais suffisamment démontré. Je haïssais ne pas avoir de contrôle sur moi-même. C’était l’histoire du serpent qui se mord la queue. Je n’avais qu’une solution, occuper mon esprit en permanence, une tâche impossible.

Si je n’étais pas vraiment attentif à mon environnement, je ne pus que remarquer le regard en biais, mauvais que me jeta Constance quand je parlais de parasites. Pourquoi ? Je n’en savais rien. Elle ne connaissait sans doute pas le moins du monde mon implication chez les sanguinistes et elle ne devait, normalement, rien savoir sur le marché que j’avais avec Julien bien que ce dernier tournait sans arrêt en boucle dans mon esprit.
Je n’avais aucun respect pour cet homme et j’avais encore moins confiance en lui. S’il faisait un mauvais calcul, j’étais condamné à finir en tas de chair et d’entrailles sur un sol quelconque. Une fin qui ne me tentait pas le moins du monde. Je n’avais donc plus qu’à espérer qu’il était réellement aussi compétent qu’il n’était sûr de lui. Ce mec avait un ego surdimensionné, du jamais vu. Rien qu’à le voir, je pouvais aisément envisager les méfaits d’un ego trop grand. Je pêche par manque de confiance en moi -fait rare chez les nocturnes- mais lui, c’était l’inverse complet. Je vomissais mon cher général par tous les pores de ma carcasse froide.

Pour en revenir à ma vengeance, tout cela ne semblait pas une si mauvaise idée. Constance ajoutait cependant qu’il me faudrait de la patience. Pour la première fois, je souris à pleine dents, un sourire sournois et carnassier. « De ça, je n’en manque pas et je n’en manquerai jamais. J’ai la mémoire longue quand il s’agit de causer du tort à ceux qui m’en ont causé. » Romain m’avait vu à l’œuvre, acharné ,guettant sans relâche, jouant parfois avec leurs nerfs sans m’abattre sur eux. J’étais capable d’attendre, de traquer, pendant des années et je n’y allais pas avec le dos de la cuillère quand l’heure était venue. Néanmoins, j’appréciais beaucoup sa vision du contrôle. Pourvu que le monstre puisse s’en donner à cœur joie un jour. Paix... lois... il était impossible de maintenir le monstre en cage éternellement. De ça, j’étais certain, quel que soit le contrôle dont je pouvais, pourrai, faire preuve dans l’avenir. Il était facile de parler contrôle quand on avait accès à autre chose que ce sang synthétique infecte en bouteille. Je choisis pourtant de me taire. Il ne fallait pas que je pousse ma chance trop loin avec Constance où elle était capable de me jeter dehors par la porte ou par la fenêtre et sans ouvrir ces dernières encore bien.

« Un but fort louable. » Je jetais un œil à mon paquet. Vide. Avait-on idée de partir à la hâte comme ça ? Imbécile. Je fouillais mes autres poches dans l’espoir de trouver mon graal tabagique. Je mis la main sur mon étui. Je ne me souvenais même pas l’avoir un jour mis dans ma veste. Un coup de chance. J’en allumais donc une autre après avoir froissé le paquet vide. « Malgré tout... je reste nostalgique et je le resterais je crois... de cette époque merveilleuse où je pouvais chasser pendant des heures un humains, l’effrayer, en faire ce que bon me semblait sans avoir à craindre la justice. » Je fermais les yeux et humais l’air comme si j’y étais. Souvenir olfactif dangereux... J’avais une mémoire abominable concernant les gens mais jamais concernant les événements. J'en souriais de plaisir, canines dehors.
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Dim 26 Jan - 0:31

Je me demandais si tous les vampires pensaient comme moi. J’en doutais bien entendu. Mais dans les grandes lignes. Quand on y réfléchissait bien, voilà six ans que je parcoure la terre, j’aurais vécu des grandes choses, vu des choses encore plus grandiose, pourtant je n’étais pas rassasiée, non j’en voulais toujours plus. Je voulais voir plus, comprendre plus. J’aurais du mourir, il y a plusieurs siècles de cela, et pourtant, j’étais là, au 21ème siècle, prête à rencontre le prochain. Je refusais de mourir, de vivre dans autre chose que le monde. malgré mon aversion pour les liens sociaux, quelque chose me poussait à en créer. Je détestais cela. Je ne cherchais pas à ce que les gens m’apprécient, je voulais simplement qu’on me respecte. Bizarrement, quand des vampires comme Spencer se tournait vers moi, aussi barbant que cela pouvait paraître, ça prouvait que mon existence et mon expérience avait de la valeur. Etais-je si altruiste ? ou étais-je en manque d’attention, seigneur, cette idée me dégoutait qu’une grimace de dégout s’afficha sur mon visage l’espace d’une demi seconde. Je haussais les épaules, resserrait les mon kimono sur ma poitrine, resserrant la ceinture de soie autour de ma taille distraitement. Je me redressais, prenant une posture plus droite, attrapant mes cheveux, les attachant, les laissant tomber lentement dans mon dos dégageant mon visage et mon cou. La compagnie de Spencer méfait assez agréable, ça changeait des rencontres et des intrusions.

Il disait qu’il ne manquait pas de patience. Je arquais un sourcil, pourquoi d’une certaine manière cela ne m’étonnait pas. Je me souvenais alors de la première fois que j’avais rencontré Spencer. Et de la manière dont Romain m’en avait parlé. Comme s’il était fier d’avoir trouver un chien de chasse. Que cette époque était luxuriante. La débauche était un effet de mode, et je me baignais dans la débauche des gens avec plaisir. Mais maintenant… tout était inceptisé, plus rien n’avait de gout de valeur. Même l’Art était ennuyeux. Nous étions enfermés dans des maisons, les jeunes vampires étaient incapables, parce que les créateurs étaient feignant. Combien comme Spencer allait se lever un soir, et décider que les lois leur passait au dessus pour aller faire un carnage dehors ? Je regardais le large tableau de maître qui trônait dans mon salon, distraite, je détaillais les parfaites imperfections du tableau, le coup de pinceaux. Combien de propositions avais-je reçu pour que l’on me rachète cette pièce ? Je ne pourrais même pas les compter. J’étais distraite. Et puis mon attention se reporta sur Spencer, qui se remémorait les grands jours, les Grandes nuits plutôt. Avant la grande révélation, avant le True Blood, avant toutes ses conneries. Quand dans la nuit, nous prenions l’ombre comme alliée. Nous traquions, nous chassions, et nous nous nourrissions. Les nuits où les limites n’existaient pas. La faim, la plaisir de la traque, le bonheur de sentir le sang couler dans nos gorges, allègrement. Il se disait nostalgique. Et moi ? j’avais connu tous les excès de notre race, je n’avais jamais eue limite à ma sauvagerie, à ma nature de vampire, quand j’avais faim, je me nourrissais, quand je voulais tuer, je tuais. Si j’avais voulu d’un bain de sang, je l’aurais eu. Si j’étais nostalgique ? Je vivais pour retrouver ces jours. Je le voyais sourire, les crocs de sorties. Cette vision me fit sourire. Il semblait prendre un malin plaisir à se rappeler du passé. Nous étions des créatures qui nous attachions au passé, c’était fou. mais comment nous en vouloir quand ce que nous avons connu dans le passé est mille fois plus intéressant que ces dix dernières années. Cette décennie était d’un telle ennui… métro boulot dodo, on en était presque arrivé à cela. J’avais toujours plus d’ambition que d’être planquée derrière un bureau.

Nostalgique ? Quel vampire ne l’est pas ? Les nuits à se délecter, à se rassasier des veines humaines, nous pouvions presque le gaspiller, le laisser glisser sur nos menton, sur nos cous, l’essuyer pour ensuite avec le porter à nos lèvres. Traquer, prendre un malin plaisir à voir la détresse des proies qui ne savent pas ce qui les suit, mais il y a quelque chose, quelque chose de terrible. Je fermais les yeux, appréciant les souvenirs. Je reprenais une longue respiration. Ce n’est pas seulement le sang, la traque, la chasse qui manque… c’est ce … sentiment… presque jouissif de tenir une vie entre ses mains, de pouvoir étrangler les espoirs, les amours, les vies, les ambitions. Ce sentiment de pouvoir est tellement grisant.

J’ouvrais les yeux. Passant une langue sur mes crocs, je regardais Spencer.

Ce que tu fais est dangereux, Spencer. Me laisser me souvenir de jours aussi … magnifiques n’est définitivement pas à ton avantage.

Pourquoi ? C’était mon plaisir égoïste de me souvenir de ces jours là. Parce que je les avais partager avec Amelia, parce que je ne comptais pas supporter une décennie de plus cette vaste mascarade qu’était cette foutue paix, qui nous entravait, nous enchaînait. Quand ? Quand ? Quand allions nous nous réveiller et terrifier cette bande petits cafards aux veines palpitantes si chères à nos gorges ? Quand ? La colère, l’impatience. A ce train là, j’allais tuer quelqu’un ce soir. Et ce n’était définitivement pas prévu. Je ne pouvais sous aucun prétexte perdre le contrôle. Comment Spencer osait-il se rappeler ? me rappeler ? Me faire me souvenir. Comment osait-il ?


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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Dim 26 Jan - 16:06

J’étais plus calme, apaisé d’une certaine manière bien que les mêmes démons me hantaient qu’à l’arrivée. Mais le flot de questions qui tournait, incessantes, chuchotantes, obsédantes, semblaient tenir à distance mes craintes, mes angoisses, ma rage et ma colère. Je n’aimais guère cette situation mais je devais composer avec. On ne règle pas de vieux problèmes en claquant des doigts et j’en avais un certain nombre en attente. J’allais devoir prendre les choses comme elle venait, moi qui détestais l’incertitude, j’étais verni. Jour après jour j’allais devoir composer avec les événements sans savoir si ma nuit allait ou non se passer comme je l’avais prévu. Je n’étais pas un maniaque du contrôle, mais je n’en étais pas loin. Ça n’était pas par hasard que j’avais choisi mon art et que j’excellais particulièrement dans la torture. Dans le fond, tout ça était très révélateur.
Mais si je pouvais encore comprendre tout cela, je n’arrivais toujours pas à comprendre pourquoi j’étais venu ici, la voir elle. Était-ce sa façon d’être ? La distance qu’elle avait dans tous ses rapports sociaux ? J’avais envie de le croire car je ne pouvais admettre qu’il s’agissait-là d’une réaction vieille comme le monde, la recherche de conseils auprès d’un aîné mais aussi, tout simplement, un besoin d’interaction. J’aurais véritablement détesté me rendre compte que j’avais cette faiblesse, ce besoin primitif de tisser des relations, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

J’ignorais tout de ce qu’avait bien pu dire mon créateur à mon sujet auprès de Constance. Je savais juste qu’ils avaient plus ou moins le même âge bien que Romain fut un peu plus jeune je crois. Il avait toujours été avare en compliment bien qu’il ne cachait pas sa satisfaction lorsque son enseignement avait porté ses fruits. Jusqu’à ce qu’il disparaisse, je n’avais jamais réalisé à quel point j’avais eu besoin de sa reconnaissance et bien qu’il m’était cher, j’avais détesté, et je détestais toujours, me rendre compte que j’étais capable de ressentir de pareils sentiments.
Mais repenser à cette époque me renvoyait automatiquement à mes carnages, mon plaisir à la traque, à la chasse, à la torture et au sang. Il m’était arrivé de traquer si longtemps que j’en avais oublié le décompte des jours, même sous le regard intrigué te appréciateur de mon créateur toujours plus stupéfait de ma capacité à maintenant ma concentration à des extrêmes parfois dangereux, en oubliant parfois de me nourrir. Il m’était arrivé fréquemment de ne pas forcément me nourrir chaque nuit. Mais depuis la fin des années sanglantes, il avait été hors de question de m’y risquer. C’était encore pire à présent. Je ne pouvais, ne devais pas faire abstraction de ma faim.

J’écoutais Constance me détailler avec délectation ses souvenirs. C’était précisément pour ce genre de raisons que j’avais rejoint les sanguinistes. J’avais pu déchaîner ma sauvagerie, mon sadisme, ma soif de sang. Freyja avait assouvi mes désirs les plus violents en s’opposant à mon caractère taciturne. Si un temps, elle m’avait ainsi retenu à elle, cette époque était bel et bien révolue désormais. Sa rage n’en serait que d’autant plus grande quand elle se rendrait compte que j’avais trahi son groupe. Oui... Son groupe, pas le mien. Je ne m’étais jamais réellement considéré comme l’un d’entre eux. Je restais malgré tout un vampire relativement solitaire et agacé par le monde, ne le comprenant qu’à moitié et mal. Certains de ses progrès me laissant profondément perplexe.
Finalement, elle finit par me dire qu’évoquer ces temps-là était dangereux. Comment devais-je prendre cela ? Une menace ? Possiblement. Si je ne rechignais jamais à la perspective d’avoir des ennuis contrôlé, je ne pouvais me permettre d’entacher davantage la soirée de ma vieille connaissance, ma supérieure. Je fis ce qui était le plus sage. « Désirez-vous que je vous laisse ? J’envenime votre humeur avec la mienne. »
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Jeu 6 Fév - 20:26

J’avalais difficilement ma salive. Je n’avais pas eu le moindre indice que cette discussion tournerait de cette manière. Les choses semblaient prendre toujours des directions assez inattendues. Me souvenirs des jours d’excès aussi jouissifs que difficile. Ces jours étaient toujours accompagnés d’Amélie, ou d’Arthur. Quand une personne meurt, une personne qu’on a aimé, ou va tous cet amour ? Je n’aimais pas mes pensées aujourd’hui. J’allais me noyer dans la mélancolie à ce rythme là. Je n’ai jamais recherché à trouver la lumière du soleil, je n’ai jamais recherché la petite parcelle d’humanité qui pouvait resté, je n’avais jamais regretté cette nuit de 1432, ou j’ai tout abandonné par égoïsme et par pure soif de vengeance.Je n’étais pas de ces vampires romantiques, à noyer leur besoin d’humanité dans l’alcool, ou les substances illicites. Je n’avais jamais eu besoin de raisons pour profiter de ma nature

Je sentais déjà l’envie de me débarrasser de ces chaînes qu’était la politique, pour pouvoir assouvir, mes plus atroces pulsions et traits de ma personnalité. Combien de vampires encore allaient tomber au mains de la PES, ou de je ne sais quel groupe de tarés anti-vampire ? Combien de temps encore allions nous devoir enduré ce calvaire, cette profonde torture. Nous affamer n’était pas à l’avantage des humains, car une fois, la paix terminée, le sang allait coulé à flot. Nous n’allions pas éradiquer la race humaine en une nuit, ni même jamais. Mais à la seconde où nous aurons le feu vert, je me revendiquerais redoutable. Cette pensée me fit sourire. Je n’étais définitivement plus en état pour l’instant d’aller au Laurentia. Cette pensée m’énervait. Il allait me falloir un petit moment, pour faire redescendre cette Faim, cette soif, ce besoin vitale, de tuer, et de ma rassasier d’une veine. Il demanda alors, certainement dans son intérêt s’il ne fallait pas mieux qu’il me laisse. Il ne voulait pas envenimer mon humeur. Je me contrôlais, je savais me contrôler, j’avais appris au fil des années et des siècles. Mais, il était vrai que si le régime poche de sang était toujours mieux que le régime True Blood, j’étais aussi affamée que les autres. La vérité était assez troublante.

Tout dépends, as-tu les réponses à tes questions ? Je n’ai pas vocations à répéter l’échec de Julien, notre conversation a t-elle eu un quelconque impact sur ton envie de contrôle ? Je ne peux pas te laisser vagabonder dans la rue sans être certaine qu’au moins tu ne tueras pas quelqu’un. Ca ne me poserait pas de problème sur le principe. Mais tu devrais répondre de tes actes, possiblement te faire condamner, moeurs sociales humaines, et nouvelles lois, bref, beaucoup de paperasses.

Je le regardais, même si la fin de ma phrase se voulait ironique. L’échec n’était pas quelque chose que j’acceptais, surtout quand je tentais d’aider quelqu’un. Surtout quand quelqu’un venait chercher mon aide, ou mes conseils. Je n’aimais pas l’échec, non, j’exécrais l’échec. Je n’aimais pas cela. Je n’avais eu que très peu d’échecs dans ma vie, et je préférais que cela reste ainsi, par pure fierté et orgueil bien entendu.

Dans ce cas, tu peux prendre la voie de la sortie.




désolée, c'est un peu court. '_'
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   Sam 8 Fév - 13:20

Je n’étais pas venu dans le but de faire ressurgir les vieux souvenirs de Constance, cette idée ne m’avait même pas traversé l’esprit. Je n’étais d’ailleurs pas certain que si j’y avais pensé, j’aurais agi de façon différente. Je n’aurais pas pu terminer cette journée dans un mort, j’en étais convaincu, c’était une certitude totale. J’avais pris la bonne décision en venant et j’avais désormais quelques pistes pour de permettre de me contrôler.
J’envisageais même de refuser mes petits avantages bien qu’à mes yeux le marché que j’avais conclu n’était pas plein et entier. Je n’avais aucune foi en ses propres, aucune confiance en lui et aucun respect qui plus est. Cependant, en dehors de son échec à repousser mes envies de meurtres, je ne pouvais pas en dire d’avantage à Constance. C’était me mettre dans une position trop délicate.

Il était ironique que je sois plus calme qu’à mon arrivée alors que l’inverse se produisait pour elle. J’avais réveillé de très vieilles envies, de très vieux besoins, ces choses que nous faisions auparavant mais qui nous étaient interdite. Je devais la laisser, par respect. Car tel était bien la raison de mon départ, le respect. Je n’avais pas la prétention d’être responsable de ce qu’elle ressentait mais j’avais dégagé le passé sans vergogne en me souvenant de mes propres envies de carnage.
Mais avant de me laisser partir, elle voulait s’assurer que j’avais des réponses, des pistes à suivre. « Oui. Pour l’instant, le temps que je trouve une motivation plus grande encore, mon orgueil et ma vengeance suffiront. Je ne donnerai aucune satisfaction aux humains de pouvoir me coincer pas plus que je ne donnerai de raisons à Julien de pouvoir m’exécuter. Il ignore à quel point je peux haïr et il est bien parti pour... En attendant, je ne toucherai plus aux cheveux d’un humain à moins d’en recevoir l’ordre explicite. Vous n’aurez pas à regretter cette conversation. »

Je lui baisais la main avant de me diriger vers la porte. « Je vous remercie pour tout ceci. Vous ne tarderez pas à recevoir bientôt un gage de ma gratitude. » Cette femme avait tout mon respect. Mais avant de sortir, je restais dans l’entrebâillement de la porte. « Et bien que je ne vous décevrai guère sur ce point. Je risque bel et bien un jour de vous décevoir. J’en suis navré. » Quand elle apprendrait ma trahison et les conditions actuelles de ma survie, peut-être regretterait-elle de m’avoir ouvert sa porte ce soir mais pour l’heure, je refermais la porte derrière moi une fois dans la rue. Je traînerai jusqu’à l’aube dans la périphérie de la ville, j’userai de mes facultés pour la parcourir de long en large. De plus, il me fallait mettre la main sur mon invité. Si la Reine me convoquait, acceptait de me voir, j’avais tout intérêt à avoir cet homme en ma possession. Cela m’aiderait, au moins ce soir, à focaliser mon attention sur autre chose. J’avais bien assez réfléchi ce soir, je m’étais bien assez remis en question. J’allais traquer un de mes congénères, la chasse risquait d’être fort amusante.


HRP :
J'me suis dit que c'était pas mal de clôturer là-dessus. N'hésite pas à me dire si ça te gêne.
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MessageSujet: Re: C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]   

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C'est d'aide dont j'ai besoin... pas de reproches. [Livre II - Terminé]
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