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Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Ven 20 Déc - 20:51


    Jour - de - congé ! Qui étais-je pour me plaindre de ne pas devoir aller au bahut ? C’est un peu facile, je le reconnais mais personne ne crache sur un jour de congé gracieusement offert par l’administration de l’école pour permettre au comité des fêtes de faire la déco et avant les examens encore bien. Bon, on allait devoir se coltiner les décorations de Noël pendant deux mois et demi au bas mot mais qu’à cela ne tienne. Aujourd’hui, j’avais droit à la journée entre fille, juste maman et moi.Hayden était parti faire je ne sais quoi et les petits -grands- monstres étaient à l’école, eux. De fait, j’avais le champ libre. Je soupçonnais mon beau-père adoré d’avoir trouvé un prétexte bidon pour me laisser toute seule avec ma mère mais là encore, je n’allais certainement pas me plaindre. Ça me faisait du bien de l’avoir un peu pour moi. Attention, j’adorais les moments qu’on passait en famille. J’étais complètement neuneu de mon frère et ma sœur même si je ne le reconnaîtrais jamais de vive voix... je le montrais déjà bien assez, même si parfois, la force dont ils faisaient preuve tous les deux me fichait un peu la trouille. Pas simple d’être l’humaine de service au milieu de quatre loups-garous, ne fut-ce que pour toutes les conversations desquels j’étais exclue... pour mon bien.Je comprenais qu’on me protégeait, que moins j’en savais, plus j’étais en sécurité mais ça n’était pas facile. Comparé à eux, j’étais fragile et ils en étaient tous conscients, même Niamh et Kean se retenaient parfois pour ne pas me faire mal. Malgré moi, je me sentais parfois exclue, en dehors de ma famille. Je n’aurais jamais la complicité qu’ils partageaient tous entre eux mais je m’étais fait une raison... ou presque.Voilà pourquoi je savourais cette journée alors que je n’avais même pas encore mis un pied hors de mon lit. Certes, la chaîne hi-fi beuglait depuis dix bonnes minutes et le morceau qui passait, vieux comme les chemins de Rome -les années 2000 en fait-, ne m’aidait pas à bouger mes fesses. Il fallait dire que le morceau en question était particulier, pas de quoi motiver les troupes. Je lui clouais donc le bec, comme j’aurais dû le faire neuf minutes plus tôt, à grand coup de zapette.Pourquoi mettre son réveil quand on est en congé ? Parce que. Pour profiter de la journée, maximiser le temps passé avec ma mère, à commencer par la délicieuse odeur que je sentais dans la cuisine. Comment avais-je fait pour ne pas la remarquer plus tôt ? En un seul mot : pancakes ! Je sautais sur mes pieds, en oubliant mes chaussons, le fait qu’on était en plein mois d’octobre et que le carrelage était froid, surtout en hiver. J’aurais pu réveiller un troupeau d’éléphant en descendant les escaliers et même battre mon frère et ma sœur à la course, du moins jusqu’à ce que mes orteils rencontrent le fameux carrelage et ne se rétractent d’un coup me faisant pousser un juron pas très glorieux suivi d’une insulte sur ce fichu hiver pourri. Ronchonnant, j’étais donc remontée en vitesse pour me saisir des objets censés m’empêcher de chopper la mort par les voûtes plantaires. Enfin, le Graal allait apparaître devant moi.« Salut m’man ! Bien dormi ? » Par dignité, je choisissais de faire un détour par le frigo pour attraper MON jus d’orange, du moins jusqu’à ce que je n’aperçoive un pichet de jus frais. J’haussais un sourcil. Au diable la dignité, je refermais le frigo et m’asseyais devant mon assiette qui dégoulinait de sirop de chocolat. C’était injuste. Comment voulez-vous que je fasse pour ne pas avoir l’air d’un gouffre sur pattes ou d’une gourmande invétérée ? « Y a quoi au programme ? Hayden rentre quand ? Les jumeaux sont pas là jusqu’à quelle heure ? » En gros... jusqu’à quelle heure serions-nous toutes les deux, rien que nous et seulement nous ? Jusqu’à quelle heure pourrais-je profiter de ma mère à cent pour cent ?Je me fichais plus ou moins des activités, je devais bien le reconnaître. Tant que nous étions seulement toutes les deux, on pouvait encore faire le ménage, je m’en fichais royalement. Bon, ok, peut-être pas tant que ça mais presque.


Dernière édition par Savannah Livingston le Dim 22 Déc - 1:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Sam 21 Déc - 18:36




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

Je m’étais levée très tôt, comme à mon habitude. Je m’étais tirée du lit aux alentours de cinq heure trente, et mon réveil avait été assez difficile. Les petits ne s’étaient pas endormis très tôt. Excités par leur première transformation quelques jours plus tôt, ils n’arrêtaient pas de réclamer pour aller à Wolfheaven pour courir. Ils avaient tellement été insistants que nous avions finis par céder la veille. Hayden était resté à la maison pour veiller sur Savannah qui était depuis longtemps dans sa chambre, et moi j’avais pris la voiture pour nous rendre sur le territoire lupin. Lancés tous les trois, je ne m’étais pas rendue compte de l’heure, et ce ne fut que lorsque Kean montra des signes de fatigue que nous étions rentrées. Le temps de rejoindre la maison, il était deux heures passé. Heureusement ils n’avaient pas mis longtemps à s’endormir. Pas besoin de six câlins et deux histoires. A peine avaient-ils eut la tête sur leur oreiller qu’ils tombaient dans les bras de Morphée. Et même si ce fut aussi mon cas, j’eu du mal à me tirer du lit. Je  quittais les bras chaud de mon loup pour filer à la douche et me réveiller un peu plus. Une demi-heure après, j’étais prête, et déjà en train de cuisiner pour ma petite troupe, qui se leva une heure après moi. Je laissais mon rugbyman s’occuper des crapules, comme tous les deux matins, afin que je puisse m’atteler à finir de faire à manger. Nourrir quatre loups n’était pas quelque chose des plus faciles, vous pouvez me croire sur parole. Nous mangions tous énormément, si bien que je devais faire des proportions deux fois plus importante. Ce matin, c’était pancakes,  œufs brouillés, et lards.

Pendant le petit déjeuner, nous dûmes essuyer de nouvelles « exigences » des jumeaux. Ils étaient adorables la majeur partie du temps, mais ils avaient beaucoup de mal à me partager. Ainsi était-ce inconcevable pour eux, que je puisse passer une journée entière avec leur demi-grande-sœur, juste elle et moi. Ils insistèrent eux aussi pour rester à la maison, et jouer tous ensembles. Ils adoraient Savannah, ce n’était pas un problème. Mais ils ne se rendaient pas compte qu’elle aussi avait besoin de passer du temps qu’avec sa maman, et partager des choses en dehors d’eux. Ils étaient trop jeunes pour comprendre, et s’imaginaient que je ne les aimais plus, que j’étais fâchée.  Je dû passer tout le reste du repas à les rassurer et les amener à l’école, alors qu’il était prévu que ce soit Hayden. Et encore, ils eurent du mal à me lâcher, prétextant être malade,  ne pas être à l’aise avec les autres enfants humains, ou encore vouloir aller voir leur papa qui leur manquait tellement. Toutes les raisons surtout celles qui touchaient ma corde sensible. Ils savaient comment m’amadouer même si cette fois ci, je ne cédais pas. Je l’avais promis à Savannah…

Je fus soulagée, en rentrant de voir qu’elle n’était pas levée. Je débarrassais la table, mit le tout dans le lave-vaisselle avant de me remettre à cuisiner. Nous avions tous manger, si bien que mon ado n’avait plus rien. Je commençais par lui faire du vrai jus de fruit –et non pas le truc industriel qu’elle buvait d’habitude – puis reparti pour une fournée de pancake. Mon timing était parfait. J’eu le temps de vider l’appareil ménager de la vaisselle lorsque ma fille sauta hors de son lit. Mon ouï était plus développée que la norme ce qui aidait pas mal dans ce genre de cas. Je lui dressais son assiette, et la posa à sa place. J’y mis une petite touche finale, juste avant qu’elle ne prenne place à table. A peine avait-elle débarqué dans la cuisine qu’elle m’assailli de questions. Je lui souriais tendrement, déposais un baiser sur son front – attention, pas de calin, c’est plus de son âge, elle est trop grande pour ça comme elle me le répétait souvent – avant de prendre place en face d’elle. Bonjour ma puce. Non pas vraiment, les monstres en avaient décidé autrement, et tu sais combien ils sont têtus. Ils te ressemblent bien sur ce point-là Je lui fis un sourire pour lui faire comprendre que je la taquinais. Sav’ était une ado, et donc avec les humeurs qui allaient avec. Hayden finit tôt l’entrainement, du coup il s’occupera des jumeaux après l’école. Ils iront faire un tour à la bibliothèque et ensuite ils iront Là-Bas. Je les rejoindrais juste après t’avoir déposé à tes cours de violon. Et fait pas cette tête, tu sais que cela tenait à cœur à ton père et en plus, tu es douée !.  Depuis que son père l’avait récupéré, ma fille jouait de cet instrument de musique, et c’était vraiment un domaine dans lequel elle était douée. J’aimais beaucoup l’entendre jouer, et quelque fois l’accompagner au piano. Cela faisait longtemps d’ailleurs que nous ne l’avions pas fait. Avec le déménagement et l’arrivée des monstres, nous n’avions plus l’occasion. Si Sav’ ou moi, jouions pour eux et leur montrions les bases, nous n’avions plus le temps de le faire ensembles. Les jumeaux prenaient beaucoup de place, c’était indéniable et j’avais la chance d’avoir une jeune femme très compréhensible. Ce n’était pas facile pour elle, je le voyais bien. Elle était entourée de loups, qui partageaient un univers et des moments qui lui étaient interdits. Et pourtant, elle ne se plaignait jamais et faisait toujours tout pour m’aider. Oui vraiment, j’avais beaucoup de chance et c’était quelque part pour la remercier que j’avais pris ma journée pour lui consacrer du temps, juste à elle seule. Alors tu veux faire quoi aujourd’hui ma puce ?

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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Sam 21 Déc - 19:23

    C’était un peu bizarre d’avoir ma mère pour moi seule. Ça n’était pas arrivé depuis un moment, depuis que les jumeaux avaient refait surface en fait et je m’en étais parfaitement accommodée. Elle les avait perdus et elle les avait retrouvés. Jamais ne me serais permise d’être jalouse mais une journée duo mère-fille... c’était tout simplement ce dont j’avais besoin et maman l’avait senti je crois. C’était uniquement parce que j’avais mon petit orgueil sinon, je lui aurai dit, à ma mère, qu’elle était mon héros. Ce serait profondément cucul mais c’était vrai. Un jour peut-être, je lui dirai mais pas maintenant, pas alors que j’avais un morceau de pancake gros comme une montagne dans la bouche. De toute façon, je n’aurais pas pu articuler plus qu’un inintelligible « humhum ». Pas très utile en somme.
    Bon, si j’avais eu connaissance de la vague crise que les jumeaux avaient faite ce matin, j’aurais sans doute sacrifié cette journée sans broncher pour leur faire plaisir. Ils comprenaient sans vraiment comprendre et je ne pouvais pas leur en vouloir. Pour le peu que j’en savais, ils avaient été des enfants stars, uniques en leur genre. Pas facile de partager dans ces cas-là.

    Ce petit baiser sur le front aussi, c’était mon nouveau petit rituel. Exit le câlin, j’avais passé l’âge de me faire câliner au réveil par ma mère. Avalant donc ma bouchée de pancake, je fronçais le nez. Aussi têtu que moi hein ? Pas faux. On avait tous de bons arguments dans cette maison. J’étais quand même la pire, difficile de me faire changer d’avis. Au moins, personne n’avait à s’inquiéter que je sois influençable.

    Je cachais également mon intérêt pour leur future sortie de ce soir pour cet endroit que je ne verrais jamais. Je cachais donc aussi cette infime déception qui faisait son chemin, de ne justement jamais connaître cet endroit. Heureusement, maman prit sa pour du râlage profond quant à mon cours de violon. Au moins, pas besoin de râler, elle m’avait devancé. « Je sais oui, je sais. Mais c’est bien pour papa... et pour toi. » En vrai, j’adorais jouer même si ça me faisait passer pour une foutue intello. Le violon, c’était compliqué, pourtant, j’avais le feeling qu’il fallait. J’aimais aussi beaucoup jouer quand maman se mettait au piano, encore quelque chose qu’on ne faisait plus vraiment à deux mais tout le monde pouvait en profiter. Et puis... j’étais contente de pouvoir apprendre ça aux jumeaux même si ça avait coûté trois archets et un changement de corde depuis qu’on avait commencé.

    Je relevais le nez de mon assiette pour réfléchir un peu. Ce que je voulais... Il y avait des millions de choses que je voulais mais que je savais devoir éviter, pourtant, il fallait que je demande, j’avais vu Hayden mais pas ma mère. Après tout, c’était pas dangereux que je sache à quoi elle ressemblait sous sa forme de louve... « Je... Je sais que j’dois pas en savoir de trop mais tu ressembles à quoi ? J’te demande pas de me montrer. Juste, je sais pas... me le dire ? C’est pas dangereux que je le sache, si ? »
    Bon, ça n’avait carrément rien avoir avec ce que je voulais faire et même si j’en avais une très bonne idée, j’avais pas pu m’empêcher de poser cette question avant de lui dire ce dont j’avais envie. Rien de très transcendant... Cinéma, lui montrer mon arrêt favori en rentrant, c’est-à-dire l’endroit où je m’offrais mon chocolat chaud moka brownies. Peut-être même réussir à me faire offrir une paire de bottes d’hiver toute neuve ? On pouvait aussi tout à fait regarder des dvd, j’en avais des tonnes même si la moitié de ma collection était là dans l’unique but de faire grincer des dents Hayden. Entre film romantique et film fantastique, je crois qu’il était verni. Autant le premier genre m’ennuyait profondément parce que je trouvais ça vraiment trop niais pour être ne fut-ce qu’envisageable, autant le seconde avait son petit intérêt malgré tout. Devait pas y avoir que des conneries là-dedans. Les mythes avaient toujours un petit fondement de réel nan ?

    J’espérais juste ne pas la fâcher en lui demandant ça, c’était vraiment pas le but de la journée...
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Sam 21 Déc - 21:33




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

Je savais que Savannah voulait en savoir plus sur le jardin secret qu’Hayden Kean, Niamh et moi partagions. C’était difficile pour nous comme pour elle. Nous évitions de parler de Wolfheaven, et de ce tout ce qui concernait de près ou de loin les loups garous. Moins elle en savait, moins elle serait en danger, et nous aussi d’ailleurs. Elle était une étrangère pour et à la meute, et nous ne pouvions lui parler de ce qui s’y passait. Cela faisait partie du serment que nous avions fait au notre. C’était pour le bien de tous, et même si cela posait problème à ma fille, elle était assez intelligente et grande pour le comprendre. Elle n’essayait pas d’interroger son petit frère ou sa petite sœur, et changeait de sujet quand ils évoquaient Wolfheaven. Elle savait que, si je la gardais loin de tout cela ce n’était pas lui faire de la peine, la rejeter ou l’exclure, mais pour elle, pour sa sécurité. Vraiment j’avais une grande fille merveilleuse, loin d’être parfaite, mais merveilleuse quand même.

Je lui servais un verre de jus d’orange frais, puis en fit de même pour moi, avant de lui répondre. Je faisais mon maximum pour ne pas parler de nos secrets, même s’il était inévitable de l’évoquer, comme je venais de le faire. Elle savait déjà « trop de choses », déduite de nos propos. Par exemple, elle avait compris d’elle-même que nous avions un besoin viscéral de courir et de chasser sur notre territoire ; que nous avions une vue, une ouïe et un odorat très développés ; Que la meute était une seconde famille ; Ou encore que nous dépensions énormément d’énergie, et que nous devions engloutir énormément de nourriture. Et c’était déjà bien suffisant à mon goût même. J’avais essayé d’orienter la conversation vers autre chose, quelque chose dont nous pouvions parler, et qui était agréable en règle générale. Je lui fis un sourire tendre quand elle me dit que c’était aussi pour moi qu’elle continuait à jouer du violon, ce à quoi je répondis tout simplement Tu es adorable et j’espère alors avoir bientôt l’occasion de t’entendre de nouveau jouer. J’ai l’impression que cela fait très longtemps que tu n’as pas pris ton violon pour autre chose qu’apprendre aux "p'tits monstres" à jouer. D’ailleurs, j’en profite pour te remercier. Je sais qu’ils ne sont pas toujours faciles à vivre, et pourtant tu restes toujours calmes et patiente avec eux. Tu fais de moi une maman très fière ma Savonnette. Et de même pour Hayden. C’était important pour moi de mettre des mots sur des sentiments avec ma fille. Elle ne pouvait pas les ressentir comme le pouvait les autres membres de la famille. Elle n’avait pas de moyen de savoir quand on mentait ou non, et ce qui se bousculait en nous. Elle était humaine et non lycanthrope. Alors je prenais vraiment le temps de lui parler, et de lui dire ce que nous n’avions pas besoin de nous dire entre loups. D’autant plus qu’elle n’était plus très câline avec moi, ce qui était la plus pénible des choses qu’elle pouvait m’imposer. Mais elle ne savait pas, elle ne savait pas que nous avions besoin de ça, et que c’était pour ça que Niamh et Kean étaient toujours collés à ses basques, à vouloir la toucher, et s’asseoir à côté d’elle. Elle pensait surement que c’était dû seulement à leur jeune âge.

hum ? Je sortais de mes pensée lorsqu’elle me demanda à demi-mot et avec beaucoup d’hésitation ce à quoi je ressemblais sous ma forme lupine.  Je me mordais légèrement la lèvre, avant de soupirer. .   Savannah… Je n’aimais pas vraiment qu’elle me questionne, parce qu’à chaque fois, j’étais un peu mal à l’aise. Je ne voulais pas lui mentir, mais je ne pouvais pas tout lui dire non plus. C’était tellement compliqué comme situation, tellement. Je poussais de nouveau un soupir assez las, avant de la regarder de nouveau Je sais que c’est compliqué pour toi, d’être tenue à l’écart et que tu aimerais en savoir plus… Mais, nous ne pouvons pas t’en parler… Je ne peux pas t’en parler, je n’en ai pas le droit Sav’. Si même moi je ne respecte pas nos lois, comment puis-je faire respecter ces dernières et exé… faire ce que j’ai à faire au sein de la meute ? Ma langue avait légèrement fourchée et je m’étais reprise à temps. Et Exé… exécuter ceux qui ne les respectent pas. Voilà ce que j’allais dire. Non, elle ne devait pas savoir, pas connaitre mon rôle au sein de la meute. Quelle image aurait-elle de sa mère si elle apprenait ce que nous faisions avec Hayden ? J’aimais mon rôle d’exécutrice, et il était important pour moi. Mais elle ne comprendrait pas. Elle ne pourrait pas comprendre que je doive traquer, et punir de mort les hors la loi lupins. Je soupirais une nouvelle fois, ne m’en apercevant même pas.  Niamh est noire, et a les pattes ainsi que le dessous de sa queue marron, comme Johan. Elle est son portrait en plus petit. Kean… Il tient de nous deux. Il est gris et son pelage se fonce sur sa queue et ses pattes qui sont noires. Ce sont deux boules de poils, à la stature encore frêle, mais cela ne saurait durer… Ils sont déjà plus grands que les autres loups de leur âge…  Et moi et bien… Mon pelage est blanc et gris. Je suis donc plus visible qu’Hayden, et moins grande que la majorité des notre. Je suis moins forte que mes frères, mais plus que mes soeurs. Hayden les surpasse quasiment tous. En revanche je suis plus rapide, et plus endurante que lui, ce qui fait que je ne suis pas facile à dominer en combat et que je les remporte plus souvent. Je te l'ai déjà dis, être fort ne suffit pas. Il faut savoir se servir de ses atouts, et jouer sur les faiblesses des autres...  Je me levais de la table sur ses mots, et récupéra son assiette vide, pour la remplir de nouveau. Je n’étais pas vraiment à l’aise lorsqu’il s’agissait de parler de tout ça, même si je cachais à Savannah. Je ne voulais pas qu’elle s’en veuille pour ça, et qu’elle reporte la faute sur elle.

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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Sam 21 Déc - 22:27

    Cette situation n’était simple pour personne. Eux avaient besoin de ça et moi, je me demande parfois si je ne les retenais pas. Il m’était arrivé dans des moments plus difficiles de me dire qu’ils auraient sans doute été bien moins ennuyés si je n’avais pas été là. Que si mon père avait été en vie, ils n’auraient jamais eu besoin de me parler, même un minimum de leur monde et que ma présence, bien qu’en pointillé aurait été un bienfait pour eux.
    Oui, j’aurais ignoré tout ça, je n’aurais pas réellement connu ma mère comme je la connaissais aujourd’hui, je n’aurais pas eu cette complicité avec Hayden ni avec les jumeaux... mais eux n’auraient pas eu à se contenir face à moi. Pourtant, je ne pouvais pas m’empêcher de ne pas regretter les choses comme elles étaient maintenant. Je les aimais trop pour regretter la situation, même si c’était dur.
    Oh oui... parfois... je m’imaginais pouvoir partager leur secret mais quelles étaient les implications ? Je n’en savais rien. Mais j’étais humaine et ça s’arrêtait là.

    C’est vrai que j’aurais pu en savoir plus en tentant de soutirer des infos à mon frère et ma sœur mais ils se feraient engueuler, moi aussi et je n’avais aucune envie, de toute façon, de causer du tort à qui que ce soit, surtout pas à Niamh et Kean. S’il devait leur arriver quelque chose, je le vivrais très mal. Non pas que je ne tenterai jamais d’en savoir plus... c’était leur monde et je ne pouvais pas empêcher ma sécurité de me ronger mais... je ferais ça intelligemment et surtout, je n’avais personne à qui en parler. Cela dit, je n’avais personne à qui demander.
    Tout ça était tellement compliqué, tellement contradictoire... Je ne pouvais parfois pas m’empêcher d’être renfermée, de me retrancher. J’étais à peu près sûre qu’on mettait ça sur le dos de mon adolescence. L’excuse facile... J’avoue, je l’utilisais aussi parce que justement, elle était facile. Mais elle n’était pas la réponse. On aurait tout aussi bien pu répondre 42, ça n’aurait rien changé.

    « Peut-être ce soir ? Si vous ne rentrez pas trop tard. Ou ce week-end ? » Je souriais, un beau compliment que j’avais pourtant du mal à accepter pour la bonne et simple raison qu’il m’arrivait de les envier, ignorant complètement pourtant, ce que pouvait être leur vie. « Je ne sais pas si c’est mérité... » Je soupirais. « Qu’est-ce qu’ils y peuvent de toute façon ? Non pas que je leur trouverai des excuses s’ils faisaient des bêtises ou s’ils agissaient de travers mais ils sont qui ils sont et pour moi, ça fait partie d’eux. Un point c’est tout. Ils sont mon frère et ma sœur, on ne pourra jamais m’enlever ça. » Et qu’on essaie seulement. Ils avaient beau être forts, endurant ou que savais-je encore... Qu’on tente seulement de les arracher à ma mère et je jure que je ferai un massacre avec mes petits poings d’humaine.
    Finissant mon pancake, je fis le tour de la table pour faire quelque chose que je n’avais pas fait depuis longtemps... un câlin à ma mère. Nous étions toutes les deux, personne pour nous voir, ma réputation serait saine et sauve. « Tu sais, j’m’en fiche de pas savoir au fond. » Mensonge. « Tant que vous allez bien tous. C’est tout ce qui m’importe. » Mais si je ne me fichais pas de savoir, je me fichais de tout tant qu’ils allaient bien. Maman en avait assez vu pour cent ans.

    Je m’écartais cependant alors qu’elle me regardait, hésitant à me répondre. Je m’étais préparée à une absence de réponse, j’avais l’habitude. À sa tournure de phrase, je finis d’ailleurs par me résigner en avalant une gorgée de jus d’orange gigantesque pour cacher ma déception. Elle ne pouvait pas, ils ne pouvaient pas. Tant pis. Je ne m’aperçus même pas que j’aurais pu avoir une partie de réponse si j’avais écouté mieux que ça. Pourtant... elle me parla de l’apparence de Niamh... puis de Kean, puis de la sienne. De ce dont ils étaient capables. Dur de cacher les étoiles que j’avais dans les yeux. Je ne pouvais que les imaginer et je suis sûre que j’étais loin du compte, pourtant, je trouvais déjà ça beaucoup. « Merci m’man. » Je n’avais rien à ajouter et je n’en demanderai pas plus. Je voyais à quel point c’était aussi dur pour elle que pour moi. « Dis ? Tu voudrais pas qu’on aille au ciné ? On pourrait passer par un coin génial après ! C’est ouvert depuis peu mais c’est super. Ils font les meilleurs chocolats de Glasgow, en dehors des tiens, et ils mettent des morceaux de brownies dedans. » Je détournais la conversation, comme si de rien n’était, comme je l’aurais fait avec les jumeaux. Je refusais de laisser un blanc entre nous parce que j’avais encore demander quelque chose que je n’aurais pas dû demander. « Et puis... J’ai vu une nouvelle paire de bottes pour l’hiver... » Je traînais légèrement la voix en regardant un peu sur le côté. « En plus, les miennes sont abîmée. » Je savais que ça l’amuserait et que ça la soulagerait en plus. En plus, je n’avais plus vraiment le courage nécessaire pour faire mes courses seules... pour l’instant.
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Dim 22 Déc - 0:08




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

J’étais contente que Savannah ne soit pas contre jouer pour nous. Cela me manquait beaucoup de partager ça avec elle, de la voir époustouflante, et se laissait complètement aller par la musique. Elle était vraiment douée, et je pensais vraiment la pousser de plus en plus vers le conservatoire. Cependant si elle préférait faire autre chose que violoniste professionnelle, je la soutiendrais. Peu importe ce qu’elle fera plus tard, du moment qu’elle était heureuse. Regardez moi. J’ai été femmes de ménage pendant plus de dix ans, sans que cela me pose de problème. J’étais une maman comblée et cela était le plus important. Et puis j’avais été strip-teaseuse pour les besoin de la meute, à la lune bleue. Et maintenant, grâce à Hayden, j’avais pu passer mon diplôme de comptable et faire un métier qui me plaisait vraiment. Oui, je devais beaucoup au loup, et j’avais beaucoup de chance de l’avoir. Il acceptait ma fille comme si c’était la sienne et était très complice et protecteur envers elle. Et cela faisait du bien à Savannah, d’avoir un homme dans sa vie sur qui elle pouvait compter. Oh bien sur, il ne remplacerait jamais son père et cela n’avait jamais été notre but. Pour autant, elle savait qu’il serait toujours là pour elle, et qu’elle n’avait rien à craindre.

J’ai peur que ce soir, ce ne sera pas possible ma puce. Mais ce week-end on se bloque ça. On ira dans la journée, comme ça, nous serons tout à toi ce soir. Samedi ça t’irait ? Et si tu veux, on essayera de jouer un peu ensembles. C’est à toi de voir Je ne voulais pas lui imposer ma « présence ». C’est sûr que depuis qu’elle était passée d’« enfant » à adolescence, j’avais du mal à savoir si je n’étais pas trop envahissante à son goût. Je ne voulais pas être de ses mères en conflit avec leur fille, parce qu’elle ne comprenne pas que leur enfant ait besoin d’air. Et puis c’était plus saint pour elle comme pour moi. J’étais là, et elle le savait. Pour autant, elle était libre et indépendante. Je ne mettais jamais les pieds dans sa chambre, sauf autorisation de sa part. Elle pouvait laisser trainer son journal intime n’importe où, je n’y toucherais pas. Et lorsqu’elle rentrait dès fois du bahut et qu’elle sentait la cigarette, je ne l’accusais pas ni n’en parlais. Je lui faisais confiance tout simplement et j’avais conscience qu’elle devait aussi mener ses propres expériences. J’avais une jeune femme responsable sous mon toit, et cela était suffisant pour moi. Bien sur que tu le mérites. Et oui, personne ne pourra jamais t’enlever ton lien avec eux. Eux même se battront pour rester avec toi. Ils t’aiment beaucoup tu sais. Même s’ils ne le disent pas, crois-moi, cela se voit. Tu es un être à part entière de leur famille Et cela me faisait énormément plaisir. J’avais appréhendé leur première rencontre. Savannah n’était pas une loup, mais une humaine. J’avais peur que la sauce ne prenne pas. Et mes craintes n’avaient pas été fondées. Mes enfants étaient tous trois adorables et je devais reconnaitre que Johan les avait bien élevés.

Je ne pus cacher ma surprise quand ma grande fille qui avait si vite grandi à mon humble avis se leva pour m’étreindre. Je restais quelques secondes figé, avant de la laisser la serrer contre moi. Elle était mignonne, menteuse pour me réconforter, mais mignonne. Elle ne voulait pas me tracasser, même si cela signifiait se renfermer sur elle-même. Je n’étais pas aveugle, je le voyais bien, même si je ne savais pas quoi contre. J’aurais pu m’excuser, mais cela n’aurait fait qu’amplifier son mal être. Je pensais d’ailleurs de plus en plus à l’amener à voir Sarah. J’avais confiance en la louve, et elle pourrait aider Savannah à aller mieux, sans pour autant dévoiler ces secrets qu’elle voulait tant percer. D’ailleurs, elle essaya de nouveau de me lancer sur le sujet, en me questionnant sur ma louve. Je ne savais pas vraiment si je devais lui répondre ou non. Mais elle avait raison, il n’y avait aucun danger à lui parler un peu de ça. Et cela lui ferait du bien. Alors lui dévoilais-je un peu de nous, commençant pas sa sœur, et son frère, puis finir par lui parler de moi –chose que je détestais faire. Qu’est-ce qu’il y avait d’intéressant à parler de ma vie ? Parler des gens qui m’entoure oui, mais de moi ? Aucun intérêt -. Je vus des étoiles briller dans ses yeux réchauffant mon cœur lourd. Et d’ailleurs, elle changea tout de suite de sujet. Cette gamine était trop intelligente pour son âge, trop mature et pas aussi insouciante qu’elle devrait l’être. A son âge, je ne pensais qu’à m’amuser, même si c’était au détriment de mes parents. En fait surtout si cela pouvait faire enrager mes vieux, qui n’avaient pas été de bons parents. Je me permettais de les juger, maintenant que moi-même j’étais dans cette position. Jamais je ne pourrais traiter Sav’ comme il l’avait fait avec moi. Elle était toute ma vie, je ne pourrais jamais lui faire du mal. Déjà ? Elles ne datent que de l’année dernière ! A croire que tu les manges… Bon va pour une nouvelle paire de bottes. Et on passera aussi d’acheter quelques vêtements, histoire que je puisse récupérer les pulls et les chemisiers que tu aimes tant m’emprunter. Ensuite tu me montreras donc où tu traines après les cours et où tu dépenses ton argent de poche. Puis on ira au ciné si on a encore le temps. Mais avant, tu vas me faire le plaisir de finir ton assiette jeune fille. Hors de question qu’elle ne finisse pas son petit déjeuner. Et elle savait que je ne transigerais pas dessus. Elle n’était pas très épaisse et ne mangeait pas énormément, et cela même pour une humaine. Alala les ados et leur ligne, je ne vous en parle même pas. Si je pris un air sévère, je retrouvais rapidement le sourire. J’étais vraiment contente de passer une journée avec ma fille. Cela m’avait manqué et j’avais besoin de retrouver notre complicité.


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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Dim 22 Déc - 2:01

    Si je n’avais plus joué, je devais bien avouer que ça n’était pas seulement parce que j’apprenais aux jumeaux. Oui, ça leur faisait du bien à eux aussi de faire passer leur surplus d’énergie dans autre chose mais j’avais l’impression de me livrer complètement. Toutes mes émotions passaient dans la musique et je ne pouvais rien faire contre ça, rien du tout. Je ne jouais pas depuis si longtemps que ça. Il y avait un paquet d’autres gens à mon cours qui jouait depuis qu’ils avaient cinq ou six ans... Mais quand papa, Melisa, Anton et Clayton Junior étaient morts et que j’étais venue vivre à Glasgow avec maman... dès que j’avais récupéré un violon, je m’étais perdue dans la musique un moment pour compenser, pour oublier pour avoir moins mal. Parce que tout ce que j’avais voulu, c’était tout oublier, ne plus rien ressentir. Atroce pour une gamine de douze ans et c’était encore trop près, beaucoup trop près, il y avait des soirs où je ne pouvais pas m’empêcher de pleurer sans raison sur l’oreiller. La première fois où les jumeaux m’avaient demandé où était mon père, j’avais bêtement fondu en larmes sans pouvoir répondre et c’était maman et Hayden qui avaient dû expliquer à ma place ce qui était arrivé. J’en avais été incapable.
    Voilà pourquoi je redoutais de jouer, parce que dans ces cas-là, j’étais un livre ouvert et j’avais peur qu’ils ne se rendent compte de quelque chose. Je ne pouvais pourtant pas éviter ça indéfiniment, ça manquait à tout le monde visiblement, et à moi aussi... En plus, je ne me trouvais pas si douée que ça malgré toutes les éloges, c’était bizarre même. Tout simplement parce que je n’avais pas l’impression d’être vraiment douée pour quoi que ce soit. J’avais de bonnes notes, sauf en histoire mais je n’atteignais pas non plus des sommets, sauf en math puisque j’avais maman pour me filer un coup de main. Je n’aimais pas le sports, j’avais l’impression de me traîner, d’être cruche, d’être gauche et puis en plus j’étais maladroite. C’était pas maladif mais ça suffisait à me taper la honte une fois tous les deux mois en moyenne et devant les garçons de préférences, sinon c’était pas drôle.

    « Oui ! On jouera à deux. » Trop d’enthousiasme, je crois que ça m’avait vraiment manqué. « Ce week-end alors ! Je prendrai mon archet neuf pour avoir un meilleur son. » J’avais fini par ressortir mes vieux archets pour les jumeaux, histoire d’arrêter de sacrifier du neuf. C’était pas une mauvaise chose et en plus, ça leur apprenait à doser leur force un peu mieux. C’était moins drôle pour maman et Hayden qui devait souffrir pas mal auditivement parlant, moi j’avais de l’entraînement. « Je sais, ne te fâche pas mais ils viennent parfois squatter ma chambre pendant la semaine pour dormir avec moi. Vu qu’on se lève presque tous en même temps... J’arrive pas à dire non, ça leur fait trop plaisir et je sais même pas pourquoi. Tu les en empêcheras pas hein ? » La première fois, ils s’étaient glissé en douce dans ma chambre et quand je leur avais dit d’aller dans la leur, ils étaient tellement tristes que j’avais céder. Depuis, ça arrivait parfois et jamais l’un sans l’autre. C’était notre presque secret mais j’avais ressenti le besoin de le partager avec maman, parce que ça me semblait important.

    Je me pensais douée au jeu du non-dit mais je n’avais pas toutes les cartes en mains pour savoir que je me faisais griller à chaque fois. De toute façon, je n’étais pas une menteuse géniale. J’avais bien failli opter pour l’option creusage dans le jardin jusqu’à ma chambre quand j’avais essayé de fumer... Non seulement c’était dégueux mais en plus, j’avais eu peur de me faire trucider. Pourtant, ni maman, ni Hayden n’avait rien dit. Je m’étais jurée de ne jamais recommencer, ce qui ne m’empêchait pas de traîner avec les copains et copines qui fumaient en cachette dans la cours.
    Je profitais donc de mon câlin et de sa description. J’aurais vraiment adoré les voir tous les quatre mais je n’en avais pas le droit et en plus, peut-être que c’était dangereux...

    « Beeen... J’me balade beaucoup ? » Moitié de mensonge. Elles étaient en bon état mais celles que j’avais vues, elles étaient juste trop belles pour que je ne tente pas de les avoir. Et cerise sur le gâteau, j’avais réussi ! « Yes ! Merci m’man ! T’es géniale. Promis, j’te les piquerai plus. » Bon, ça, ça restait à prouver. Y avait toujours un bon prétexte à piquer les fringues de sa mère, ça faisait plus classe. « Parce que tu pensais que j’allais laisser traîner des pancakes ? Tes pancakes ? Même pas en rêve, personne les aura si ce n’est moi. » À ces mots, je piquais dedans. C’est vrai, je mangeais pas des masses comparé à eux mais je mangeais pas mal. J’étais pas franchement complexée même si j’trouvais pas mes jambes extra. Aucune envie de me mettre à manger des salades tous les midis pour perdre des kilos qui n’existaient pas, j’aimais trop manger pour ça, sans compter que je crachais pas sur un Burger King sur le temps de midi de temps en temps. Une fois mon assiette engouffrée, je filais dans la salle de bain mais après avoir débarrassé et fait un bisou sur la joue de maman. C’était notre journée à nous, j’avais le droit de me montrer plus démonstrative que d’habitude.
    Ma douche dura à peu près deux siècles et demi le temps que je démêle mes cheveux et que je les sèche. J’arrivais finalement habillée et prête au départ, mis à part que je faillis oublier mon téléphone. « On y va ? » Non, non, ça n’était pas moi qui avais traîné trois plombes sous la douche.
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Lun 23 Déc - 16:55




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

Je rigolais face à l’enthousiasme dont fit preuve Savannah. J’étais contente de voir que l’idée de jouer pour sa famille et avec moi la réjouissait autant. Vu que ce n’était jamais elle qui proposait en premier, je prenais toujours des gants pour qu’elle ne se sente pas obligée. Si j’étais sans compromis quand il s’agissait de faire ses devoirs, ou des tâches ménagères, j’étais plus laxiste sur le reste. Si elle n’allait pas en cours un jour, je n’étais pas plus heureuse qui soit, mais bon, ça arrivait quelque fois d’être fatigué. Et puis, elle allait au prochain et le rattrapait, donc que pouvais-je dire ? Tant que ses résultats scolaires restaient bons, et qu’elle n’en abusait pas, elle pouvait sortir le soir, et le week-end. Savannah était assez grande pour se gérer et s’autoréguler toute seule. Ou du moins, elle était assez mature pour ça. Rien qu’à voir pour son argent de poche. Elle avait la même somme chaque fois, et elle le dépensait ou l’économisait comme elle se sentait, sans jamais demander de rallonge. Si nous avions les moyens et étions assez riches – le métier d’Hayden aidant beaucoup – il était important qu’elle ait la notion de l’argent. Au début, à son retour en Ecosse, ce n’était pas gagné vu que son père « achetait » quelque fois son affection. Mais elle s’y était habituée et ne rechignait plus. Ou juste pour le plaisir de le faire, sachant qu’elle n’aurait pas un centime de plus…

C’était plus difficile avec les petites crapules, qui en voulaient toujours encore plus et qui n’arrivaient pas à comprendre pourquoi je ne faisais pas « un papier qu’il faut signer » à chaque fois qu’ils avaient envie de quelque chose. Leur innocence et vision des choses me faisaient toujours sourire et j’étais vraiment heureuse de les avoir de nouveau auprès de moi. Ils avaient comblé le vide en moi, et cette grande peine que j’avais ressenti lorsque je les avais perdus. Savannah était elle aussi attachée à eux, et je souris tendrement à ses propos On a besoin de ça, ma chérie, de contact. Cela fait partie de notre nature, encore plus pour eux. Tu fais partie de leur famille, je te l’ai dit. Avec toi, ils sont à fois en sécurité, à la fois tes « protecteurs ». Et non, je ne vais pas me fâcher ni leur interdire cela, tant que toi tu es d’accord. Ils rejoignent de temps en temps notre lit aussi, même si on n’est pas trop pour, pour ne pas leur donner de mauvaises habitudes. C’est important qu’ils apprennent à dormir seuls, chacun dans leur chambre. Cela fait partie de l’apprentissage que nous devons leur donner. Ils ne peuvent pas éternellement dormir avec nous ma puce Je ne lui interdisais pas, mais je lui indiquais quand même qu’elle ne devait pas toujours accepter, pour leur bien à eux. D’ailleurs, je pensais vraiment voir avec Hayden pour essayer de les « séparer » un peu. Ils ne voyaient jamais l’un sans l’autre, et même s’ils étaient proches, cela étaient dangereux pour eux. Il était important qu’ils puissent s’épanouir individuellement, que Niamh soit Niamh en dehors de Kean, et que Kean soit Kean, en dehors de Niamh. Mais pour l’instant, j’avais d’autres préoccupations plus urgentes, donc celle de prendre plus de temps avec Savannah et de « l’obliger » à ne pas se refermer totalement sur elle-même.

Je la laissais filer dans sa chambre pour se préparer, en profitant pour faire le ménage dans la cuisine, et commençait à préparer le repas du soir. Vu que nous ne mangerions pas ensembles, je prenais toujours le temps de lui faire un diner qu’elle n’aura plus qu’à réchauffer. Je sortais les ingrédients du frigo et m’attela à lui faire des lasagnes aux légumes. Je plaçais  le plat dans le four puis programma ce dernier pour qu’il commence la cuisson à 18h30. De telle manière, tout sera prêt lorsque ma fille sera de retour à la maison. Elle n’aura plus qu’à le sortir du four et le manger. Je n’avais fait qu’une quantité pour elle. Ce soir, nous chasserons et nous mangerons sur Wolfheaven, comme nous le faisions régulièrement. Inutile de nous faire donc à manger, même si nous finirions surement notre repas par une part de tarte au citron se trouvant dans le frigo…

J’attendis encore cinq bonnes minutes avant que Savannah ne soit prête. Je constatais avec plaisir qu’elle avait pris le temps de se sécher les cheveux. Quand elle manquait de temps, elle sortait la tête mouillée, ce que je n’aimais pas. Par des températures pareilles, elle retomberait malade, ce qui ne manquait jamais de m’inquiéter. Nous, nous n’étions jamais malades, mais son organisme n’était pas aussi « résistant » que le notre. Je faisais toujours attention aux températures, et sur le fait qu’elle soit moins couverte. Chiante ? Parano ? Peut-être. C’était sans aucun doute mon côté louve qui ressortait énormément de ce côté-là,  à vouloir toujours la protéger du moindre mal, du moindre danger.   Tu n’as rien oublié ? Si non, on peut y aller. Fermes bien ton manteau, on y va à pied ma grande Je récupérais mon sac à main, enfiler une petite veste puis lui ouvrit la porte. Lorsqu’elle fut sortie, j’enclenchais l’alarme, avant de traverser avec elle l’allée. Si j’imaginais sans mal que ma fille aurait préférer y aller en voiture, j’évitais un maximum ce mode de transport. Je préférais prendre l’air, et marcher, plutôt d’être enfermer dans un engin dangereux, et rouler sur les mêmes voix que de gens dangereux. Je fermais bien la grille derrière nous, vérifiant plusieurs fois, puis me retourna vers ma fille Alors où se trouvent donc ses bottes si sublimes, que tu veux absolument avoir ?  

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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Lun 23 Déc - 18:18

    Ce qui était parfois aussi bizarre que génial, c’était que maman ne me forçait presque jamais à rien. Bon, je devais ranger mon bordel dans ma chambre et m’occuper de quelques corvées de temps en temps. Pas le choix et même si c’était pas la chose la plus transcendante du monde, je le faisais même si je le faisais parfois en râlant. J’étais pas le genre à traîner sur internet mais j’avais le téléphone greffé à la main et il n’était pas rare que j’oublie momentanément de faire ce que je devais faire à cause de ce dernier. Au moins, je n’étais pas du genre à traîner sur les réseaux sociaux malgré les nombreuses demandes de mes amis, je trouvais ça trop... dangereux pour ma famille. Je n’avais même pas de webcam. Toujours est-il que les corvées, quelles qu’elles soient, c’est jamais une partie de plaisir et y a certains devoirs que j’oublierai bien parfois mais c’était sans compter sur quelques petits rappels à l’ordre de temps en temps. On a tous envie de tirer au flanc, au moins un peu...
    Pour les jumeaux, il fallait parfois tirer en longueur même si j’avais ma technique. Cependant, je ne m’attendais pas à ce que maman me disent qu’ils avaient, tous, besoin de ça. Je me sentis soudain un peu mal à l’aise vis-à-vis de maman. Je ne comptais plus le nombre de fois où j’avais fait ma mauvaise tête et m’étais extirpée de ses bras. J’avais un peu honte et je tâcherai de faire un effort, d’autant que ça ne me gênait pas, je voulais juste faire ma têtue. Mais je comprenais aussi que je ne devais pas toujours leur céder malgré leur air de chiens battus -sans mauvais jeu de mot. « Je ferais attention à ce que ça n’arrive pas trop souvent alors. Mais bon, ils abusent pas donc ça va. » Je ne comprenais pas forcément mais je pouvais essayer. Je ne voulais pas qu’ils prennent de mauvaises habitudes à cause de moi, surtout s’ils devaient apprendre à se désolidariser un peu. Je surnommais ces deux là tic et tac tant ils étaient proches, ça voulait tout dire.

    Je pris un temps considérable pour me préparer après ça mais aussi pour assimiler un peu les choses, les digérer. Ça n’était pas toujours simple et quelques part, j’apprenais, moi aussi, à vivre un peu comme eux aussi bien pour eux que pour moi même si parfois, je trouvais certaines choses étranges, comme ce besoin de contact, dont ils semblaient avoir besoin. Je comprenais soudain beaucoup mieux le fait que les jumeaux me collent à ce point et particulièrement que je ne me sentais pas dans mon assiette, physiquement ou mentalement. Ce qui voulait dire que maman aussi le sentait, et Hayden... C’était dur à digérer et ils devaient certainement se faire violence pour ne rien demander. C’était compliqué... pour tout le monde.

    Quand je fus descendue, je sentis directement le repas de soir, miam. Dire que je devais aller à mon cours de violon... Tsss. Bon, j’avais au moins le loisir d’avoir un morceau de tarte au citron avant qu’elle ne disparaisse. La bouffe avait tendance à s’effacer du paysage vitesse grand v dans la maison. À tel point que j’avais une réserve de chips perso dans ma chambre.
    Je vis au regard de maman qu’elle s’assurait que je m’étais bien séchée les cheveux et habillé chaudement. J’avais toujours l’impression d’être en sucre. « Tu sais, je ne suis pas aussi résistante que vous mais quand même... Je ne vais pas mourir parce que j’ai attrapé un petit coup de froid ou autre. Zen m’man, respire. J’ai pris mon écharpe, regarde ! » Je la lui montrais. Ok, je me moquais gentiment mais ils étaient parfois étouffants à s’inquiéter de la moindre toux ou raclement de gorge.
    Je ne pus m’empêcher de froncer le nez quand elle me dit qu’on irait à pied et de bien fermer mon manteau. J’allais étouffer dans le coton. Ce que je ne musclais pas en faisant du sport, je le faisais en me promenant avec elle. J’aurais pu traverser Glasgow à pied maintenant avec l’entraînement que j’avais et j’étais sûre qu’en montagne, un bouquetin n’aurait pas fait mieux, j’en étais certaine.

    Une fois dehors je me retournais vers ma mère, pleine d’enthousiasme. « Rue commerçante, pas loin du centre. Et en plus, mon fournisseur officiel de chocolat moka brownies n’est pas loin. » Je n’avais plus la place d’avaler quoi que ce soit mais pour ça, il n’y avait pas besoin de place. Mais avant de partir, je me saisis de sa main, pour me rassurer. J’espérais que je m’étais trompée et qu’ils n’étaient pas capable de tout ressentir, sinon, elle me demanderait ce que j’avais et je me voyais mal lui expliquer mes raisons de me comporter comme ça.
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Jeu 26 Déc - 14:57




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

Savannah aurait beau me répéter de ne pas m’inquiéter pour sa santé, je ne cesserais jamais de le faire. Elle était si fragile et il était tellement simple qu’elle se blesse, ou ne tombe malade. C’était ma plus grande crainte la concernant. Jamais je ne pourrais ne pas m’en faire pour elle et ne pas redouter qu’elle ne soit pas en bonne santé. Je me sentais tellement impuissante que j'essayais vraiment de prévenir tout risque, quitte à être un peu extrême. Elle était la seule de la famille à être humaine si bien que je m’en faisais beaucoup, et j’en faisais beaucoup. Ce n’était plus quelque chose à laquelle j’étais habituée. Nous n’étions jamais malade, nous les lycanthropes et nous récupérions très rapidement de nos blessures, même si nous pouvions en garder des traces corporelles. Je ne comptais plus le nombre de fines cicatrices ou de traces de crocs que j’avais un peu partout sur le corps. Cela faisait partie de notre nature et je ne connaissais aucun loup qui n’avait pas été marqué d’une manière ou d’une autre. Hayden en avait beaucoup plus que moi, signes de ses nombreux combats et des nombreuses situations qu’il a été amené à traverser dans sa vie de loup. C’était à cause de ses dernières qu’il était rare de le voir sans tee-shirt à la maison. Il ne voulait pas choquer Savannah en fait, même si une fois, elle avait aperçu son dos très marqué, l’espace de quelques secondes avant qu’il ne s’habille, chose pour laquelle elle avait eu le bon sens de taire et de ne pas questionner. Et pourtant, à l’époque, elle ne savait pas pour notre nature. Allez savoir ce qu’elle s’était dit à l’époque… Sans doute une histoire d’agent secret, ou d’ancien prisonnier, allez savoir avec son imagination débordante… Jamais ma puce, jamais. Tu seras toujours ma petite fille Sav’, et ça peu importe l’âge que tu auras. Je ne cesserais jamais de m’en faire pour toi… Un jour tu comprendras Oui, lorsqu’elle-même sera mère, elle comprendra alors vraiment ce que je venais de lui dire. Et cela, même si je serais toujours là à l’aider et à veiller sur elle.

L’avantage aussi lorsqu’on est loup, c’est que nous vieillissons plus lentement. Le plus vieux loup que nous avons consigné, avait 150ans. Pour autant, notre condition faisait que rarement nous dépassions les soixante-dix ans. Les guerres de pouvoir avaient tendance à prendre beaucoup de place dans le cœur des hommes, voulant être à leur tour des dominants, quitte à y laisser leur vie. Et quant aux femelles, elles étaient tellement exploitées comme réceptacle de désir charnel qu’elles ne survivaient pas vraiment bien longtemps non plus. Je ne jetais pas la pierre aux mâles. L’amour entre deux loups est plus intense, plus proche que peut l’être entre un loup et une humaine, ou une louve et un humain. Il n’y a pas besoin de faire attention, ni d’avoir peur de blesser l’autre, car les deux sont résistants. Pour autant, j’étais contente de n’appartenir qu’à Hayden, parce que je n’aurais pas supporté être l’objet de tournantes lupines. Encore moins avec son père. Rien que d’y penser, j’en avais la nausée. J’avais beau appartenir à son fils, il ne se gênait jamais pour me reluquer, et me lancer des regards qui voulaient tout dire. Je n’arrivais pas à comprendre comment un homme tel que lui puisse se considérer comme un bon père. Car il était loin d’être le cas. Et si, de mon côté, je n’étais pas une mère parfaite, je faisais tout pour le bonheur de mes enfants, même si cela était au détriment du mien. Que ce soit pour mon humaine de fille, ou pour mes louveteaux, ils passeraient toujours en premier si mes envies. C’était mon devoir et je les aimais assez pour être simplement heureuse en les sachant heureux et en bonne santé.

Nous prîmes le chemin indiqué par Savannah. Nous n’habitions pas trop loin non plus du centre-ville. Une quinzaine de minutes à tout casser en prenant bien notre temps et en trainant devant les vitrines. En voiture, nous en aurions eu, certes, pour trois fois moins de temps, mais je n’aimais pas ce moyen de locomotion. Je préférais vraiment prendre l’air, et sentir tout ce qui m’entourait. Je pouvais aussi prévenir le moindre danger plus rapidement, et protéger plus facilement ma fille. Et puis, je n’aimais pas être enfermé et le froid ne me gênant pas le moins du monde, marcher m’apparaissait comme la meilleure des solutions. Ta gourmandise te jouera un jour des tours ma chérie. A croire que tu es aussi un estomac sur patte. Mais j’imagine que l’on a toujours faim quand il s’agit de chocolat… Commençons tout de même par tes bottes. Je te suis, amène-moi dans cette boutique et voyons surtout combien va me couter la beauté de tes pieds Parce que ces bottes actuelles étaient très bien, mais bon, sans doute dépassées vue qu’elles dataient de l’année dernière. Ou alors il y avait quelque chose derrière, un garçon peut être ? J’allais l’interroger dessus, lorsqu’elle me prit la main, me faisant tourner la tête vers elle, et la dévisageant. Jamais au grand jamais elle ne voulait s’afficher trop proche de moi. Je savais très bien que ce n’était pas parce qu’elle avait honte ou autre, mais juste parce que « ce n’est pas de son âge ». Ce revirement de situation n’était pas anodin. Je connaissais assez ma fille pour le savoir. Tout vas bien Savannah ? Tu sais que tu peux me le dire sit u as le moindre problème ou le moindre souci ?


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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Jeu 26 Déc - 15:30

    Il fallait que je me fasse une raison... j’étais en sucre. Pour eux, j’étais et resterai fragile. Je pouvais tomber malade, me blesser alors qu’eux... et bien à mon souvenir, ils ne choppaient jamais rien, pas même un coup de froid. Je ne les avais pas vus blessés longtemps non plus. Je ne posais pas de questions, ça ne servait à rien, je savais, j’avais vu, ça suffisait. Que m’auraient-ils répondu de toute façon ? « On ne tombe pas malade. » ? Je le savais déjà. « On guérit vite. » ? Sans blague. Il y avait des questions inutiles et elles en faisaient partie. Les poser les aurait gênés et ça aurait été inutile au possible à part jeter, sans aucun doute, un froid.
    La seule chose que je pouvais faire, c’était me laisser enrouler de coton et de papiers bulle jusqu’à ce que je parte et ça n’était pas prévu. Je n’avais aucune envie de prendre mon envol de façon précoce, pas dans ce monde. Peur ? Un peu... Juste un peu mais assez pour être lucide. Vivre normalement n’était juste plus possible et je n’enviais pas les ignorants, pas du tout. Bref... je devais subir la façon dont on me couvait. « Je sais m’man. Tu ne pourras pas t’empêcher d’être toujours là de toute façon. Tu as toujours été là. » Et c’était très loin d’être un reproche. C’était un remerciement déguisé qu’elle comprendrait, du moins je l’espérais. « Et si par un jour je comprendrais, tu parles de plus tard un jour lointain quand j’aurais des enfants... bah... le plus lointain possible ok ? » Je ne m’imaginais pas deux secondes dans le futur. Ça me filait froid dans le dos en fait. Pas question que j’imagine ça. À vrai dire, j’imaginais rarement le futur. Ce que je voudrais faire. Ce que je voulais devenir. Je n’osais pas. Tout simplement. Pas du pessimisme, juste... Demain était toujours loin.

    Le chemin était un poil long mais ça, c’était parce qu’il avait encore fallu que ma mère choisisse la marche à pied. Je la soupçonnais de le pas aimer la voiture et de ne l’utiliser que parce qu’elle n’avait pas le choix. On parlait de tout, de rien, de l’école, de mes notes, de la musique et ça m’allait jusqu’à ce qu’elle me taquine sur mon estomac. « Ma gourmandise va bien. Puis y a pas de mal à se faire du bien il paraît. Puis au pire, une crise de foie et hop ! » Je souris alors qu’elle me jetait un regard désapprobateur en biais. Coton... sucre... Le cycle éternel de la mère louve. « La beauté de mes pieds ? Si peu. J’te jure, pas grand chose. » Mais trop pour mon argent de poche et Noël dans deux mois...
    Et puis, on passa devant cette maudite ruelle et je ne pus m’empêcher de prendre sa main. J’avais espéré qu’elle ne remarquerait rien, qu’elle prendrait ça pour un geste tout bête, banal. Mère fille main dans la main faisant des courses. C’était raté, la question me vrilla les oreilles aussi normalement posée soit-elle. J’aurais pu balancer un mensonge mais je ne m’en sortirai pas comme ça. Même si on faisait tous semblant de ne pas savoir à la maison, j’étais une menteuse épouvantable et ils étaient des détecteurs d’humeurs... J’étais mal.
    J’avais réussi à passer sous silence ma rencontre avec le serviteur de la Reine pour une seule raison... ils n’étaient pas là quand j’étais rentrée et heureusement. Les jumeaux n’avaient pas besoin de savoir, maman et Hayden non plus. Tant pis... j’allais tenter le mensonge, mon cœur se mit tout pile à courir un marathon. Sale traître. « T’inquiète. Ça va. J’vais bien, j’te promets. C’est pas grave. » Mauvais choix de mots, je me mis à mordre l’intérieur de ma lèvre. Signe d’anxiété et de stress manifeste chez moi. « La boutique de chaussures est pas loin. » Jolie tentative, six sur dix à peine cependant...
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Dim 29 Déc - 23:44




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

Savannah me cachait quelque chose. En soit ce n’était pas grave. Mais là si. Parce que c’était quelque chose qui était important, qui lui… faisait peur. Oui c’était bel et bien ça. Elle sentait la peur et ça, je ne pouvais pas le laisser passer. Elle essaya de détourner la conversation vers la boutique de chaussure, mais c’était peine perdue. Je ne comptais pas la laisser s’échapper aussi facilement. D’autant plus si elle me le cachait, cela signifiait que ça me concernait. Sinon elle m’en aurait parlé. Je la connaissais mieux qu’elle ne pouvait se l’imaginer, et je me demandais dans quel pétrin elle s’était fourrée. Et surtout pourquoi ? Pourquoi n’avait-elle rien dit qui l’affectait autant ? Je n’étais pas parano finalement. Ma fille se renfermait bien sur elle et cachait de plus en plus de choses. Je la stoppais, lui faisant bien comprendre que sa réponse n’était pas suffisante. Je pris la peine de lui laisser quelques minutes, le temps que je compose le numéro de Sarah et que je l’appelle. Tombant que le répondeur, je lui laissais un message, m’éloignant de Savannah le temps de ce dernier. J’informais mon amie louve que j’avais d’elle pour aider ma fille et que je venais d’avoir la certitude qu’elle n’allait si bien que cela, et que dès qu’elle avait de la place qui se libérait, je voulais prendre rendez-vous entre elle et l’humaine. Cela fait, je revins vers ma fille et me planta devant elle, la forçant à me regarder. Si cela avait été une des crapules, je les aurais forcés à tout me dire, sans prendre vraiment de gant, et laisser ma louve contrôler les siens. Non cela n’était pas aussi violent que ça laisse à penser, loin de là. Ce sont de jeunes loups qui ont besoin d’être recadrés et dont la partie animale a besoin d’être contrôlée et réprimée. Je ne leur faisais pas de mal, mais juste comprendre qui était le dominant. Pour Savannah… C’était différent et je risquais juste de la braquer plus qu’autre chose. Je pris ses mains froides dans mes miennes, et lui dit doucement Ce n’est pas à toi de me protéger. Qu’est-ce qui ne va pas ma puce ? je n’étais pas brute ni dominante. Mais je ne comptais pas pour autant laisser tomber. Elle ne se défilerait pas et s’il fallait y passer la nuit, et bien nous y passerons la nuit. Hors de question qu’elle ne me parle pas. Pas cette fois ci, et elle devait le comprendre Je suis désolée lui dis-je même si ce n’était pas le cas mais je ne ferais pas un pas de plus tant que tu ne m’auras rien dit. J’étais plus ferme, mais je restais douce et accessible. Je voulais qu’elle me parle, qu’elle est envie de le faire… Et que si ce n’était pas cas, qu’elle sache que, de toute façon, je ne passerais pas outre. J’étais sa mère, et qu’elle le veuille ou non, je ne laisserais rien ni personne la terrifier, pas même un des miens pour vous dire. Le loup-garou qui pouvait s’en prendre à ma fille n’était pas encore né.


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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Lun 30 Déc - 0:33

    Je mentais mal, très mal, c’était pas un scoop. J’étais même très mauvaise à ce jeu-là sauf quand j’avais le culot suffisant et la motivation qui allait avec... ce qui n’était pas le cas. J’étais incapable de mentir à ma mère, omettre à la limite mais là, c’était clairement foutu. Elle avait flairé, et je ne savais pas à quel point j’avais raison, l’embrouille... je ne m’en tirerai pas avec une pirouette même si on pouvait saluer la tentative. Pourquoi avait-il fallu qu’on passe là, précisément par ce chemin ? Je n’aimais pas les « si » mais là, ça m’aurait bien servi.
    Malgré ma tentative de fuite, on s’arrêta et je savais qu’elle refuserait de bouger. Je n’étais pas sa fille pour rien, j’avais hérité d’une bonne partie de son caractère ce qui n’était pas toujours un bien semblait-il. Je ne savais pas qui ma mère appelait mais ça concernait fatalement ma cachoterie. Si j’avais su qu’elle allait appeler Sarah, j’aurais tout fait pour l’en dissuadé mais le temps que je m’approche un peu, il était trop tard même si j’avais bien compris de quoi il s’agissait. Ma mère allait m’envoyer chez le psy, quelque part, je lui en voulais. Tu parles d’une journée mère fille.

    Une fois qu’elle en eut fini, elle m’obligea à relever le menton, à la regarder, doucement, presque trop mais je ne pouvais pas détourner le regard. Elle saisit ensuite mes mains. J’étais toujours un peu en colère mais j’étais toujours terrifiée par la proximité de cette fichue ruelle.
    Ce qui n’allait pas... J’aurais pu remplir des journaux intimes complets avec ce qui n’allait pas. J’avais l’impression que tout allait de travers mais ça n’était pas le problème, pas aujourd’hui. Je ne voulais pas lui en parler. Je devrais parler de ma première rencontre avec le serviteur de la Reine... et de la seconde. Je ne voulais pas en parler pour ne pas l’inquiéter, je ne voulais pas en parler pour être sûre qu’elle ne ferait rien. J’étais complètement flippée par la situation parce que je savais que je ne m’en sortirai pas comme ça et ça me filait le bourdon.
    Je ne savais même pas comment m’expliquer, ni même par quoi commencer. Mon cœur partit en marathon rien que d’y repenser, je serrais les mains de maman et je détournais les yeux. Je ne voulais pas parler et pourtant...

    « D’accord mais... pas ici, s’il te plait m’man. » Elle hésita mais finit par céder. Après quelques mètres dans un silence de plomb alors que je réfléchissais et que j’allais m’asseoir dans le fond de la salle de mon dealer de chocolat avec maman sur mes talons. Assise, je retirais mon écharpe et mon manteau énonçant ma commande pour avoir encore quelques secondes mais cette fois, je n’y échapperai pas. Je saisis la main de maman sans la regarder pour autant. « J’me baladais après les cours, j’faisais du repérage, tu sais, pour Noël... Et puis un homme m’a tirée par le bras. » J’eus un frisson. « Je l’avais déjà vu. Il avait posé des questions sur toi, sur Hayden un peu mais, enfin tu sais, j’savais rien. J’pensais pas que je le reverrais. » Je chuchotais, je savais très bien qu’elle m’entendait parfaitement. « Cette fois, il a même pas pris la peine de faire genre... Il a sous entendu direct. J’ai failli t’appeler mais il demandait que ça, alors j’ai rien fait. Puis il a voulu voir une photo de toi. J’ai effacé tout ce que j’avais et j’ai éteint mon téléphone. J’ai rien dit m’man... j’te jure... mais il te connait. C’est ce qu’il a dit. » On posa nos commandes devant nous, je délaissais mon gobelet, j’avais peur de lui donner son nom. « Mais j’ai vraiment rien dit, jamais. J’aurais pas fait ça. Il a dit qu’il était le serviteur de la Reine. Tu m’crois quand j’dis que j’ai rien dit, pas vrai ? » J’avais autant peur de Torben que du fait que ma mère ne me croit pas et pense que j’avais parlé d’eux. Je ne voulais pas qu’on m’en dise encore moins, je ne voulais pas qu’on s’arrête de parler dès que j’entre dans une pièce. J’avais un vraie monstre dans mes cauchemars et moi, je flippais qu’on m’abandonne. J’avais vraiment un truc qui tournait pas rond...

    Je m’accrochais à sa main.
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Ven 3 Jan - 18:19




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

Je n’allais pas lâcher et ma fille en avait conscience. Elle finirait par céder car elle n’en avait pas d’autres choix. S’il lui fallut un peu de temps pour s’en rendre vraiment compte, elle finit par m’amener dans ce restaurant qu’elle aimait tant. Si en temps normale j’aurais commandé quelque chose, je n’en fis rien. Mon enfant n’était pas bien, et ni l’humaine ni la louve que j’étais ne pouvaient le supporter. Rien ne pouvait nous distraire toutes les deux et nous ne laisserions rien y arriver d’ailleurs. Je sentais en moi gronder une grande colère, que je contenais et que je ne montrais pas. Je n’avais pas été assez attentive. J’avais été une mauvaise mère, pensant qu’elle pouvait se débrouiller et qu’elle se confierait à moi quand elle serait prête. J’avais trop attendu, beaucoup trop attendu et je m’en apercevais bien. Mais cela ne se reproduirait plus. Plus jamais. Quitte à être trop protectrice, je n’en avais plus rien à cirer.

Je la laissais nous amener à une petite table tranquille et passer commande pour elle. Je fis signe au serveur que je ne voulais rien, et mon regard suffit à le convaincre de ne pas insister plus que ça. Je n’en avais rien à faire qu’il se fasse engueulé par son patron parce que quelqu’un ne consommait pas. Cet humain n’était pas intéressé, tout juste bon à chasser…. Je me secouais mentalement pour me calmer et éloigner ma louve de ma tête. Si elle prenait le contrôle comme elle le voulait, cela n’apporterait rien de bon. Je devais prendre sur moi, me contenir comme j’avais appris à le faire. J’étais une dominante, l’exécutrice de la meute et la compagne de l’héritier de l’Ulfric. Je ne devais pas me laisser aller, je n’en avais pas le droit. Je reprenais totalement le contrôle de mon même, sortant mon côté animal à se faire tout petit, alors que Savannah me prit la main, comme pour se rassurer. Je ne la lâchais pas du regard, gardant un visage sans aucune expression. Je paraissais neutre, et distante à souhait et l’écoutais sans une seule fois l’interrompre. J’analysais le tout comme s’il s’agissait d’une menace Lupine, que je devais régler dans l’exercice de mes fonctions. Son nom. Quel est son nom ? . Je ne la consolais pas, ni ne la rassurais pas. Non pas pour le moment. Je devais d’abord en savoir plus et agir ensuite en conséquence. C’était trop grave pour que je laisse mon côté mère-poule l’emporter. Car là, c’était la sécurité de membres de la meute qui était mis en péril et je devais pallier à cela. Que lui as-tu dis exactement et qu’as-tu fait ? Je devais les protéger tous. Et ensuite protéger Savannah, l’emmener loin d’ici si cela était nécessaire, et la confier à la famille de son père même si cela n’était pas du tout pour me plaire. Mais pour l’instant, je devais savoir exactement ce qui s’était passé et en aviser la meute en conséquence. Je ne pouvais mettre aucune personne de ma famille en danger, même si je devais enfoncer un peu plus Savannah dans sa solitude en apparaissant aussi détachée. Apparaissant, car je bouillonnais de rage qui n'avait qu'une seule envie : exploser. Mais elle ne le pourrait pas. Non. Je n’en avais pas le choix, je devais le faire. Je sortais d'ailleurs mon téléphone et envoya un sms à Hayden sans que ma fille ne puisse en lire le contenu. Depuis combien de temps me caches-tu ça? Tu l'as rencontré quel jour à quelle heure?


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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Ven 3 Jan - 19:14

    Plus le temps passait et plus je savais que j’avais merdé. Royalement merdé. Je le savais, je le voyais. J’étais tout simplement en stress, il n’y avait qu’à voir la réaction de ma mère. Je choisis de me réfugier dans un lieu connu, dans un endroit où je me sentais bien... en temps normal. Là, je ne me sentais plus bien du tout, je me sentais mal et j’étais morte de trouille qu’elle ne me croit pas. J’avais été stupide, totalement idiote, je les avais mis en danger alors que je ne voulais tout simplement pas les inquiéter. Je laissais ma commande en plan pour prendre la main de ma mère mais je l’enlevais presque aussitôt rien qu’en voyant son regard. J’avais vraiment merdé. Je relevais la tête lentement quand elle me demanda son nom. Je savais que je n’avais pas intérêt à ne rien dire. Ils étaient en danger... à cause de moi. Je ravalais ma peur. « Torben... Torben Badenov. C’est le nom qu’il a dit. Je sais qu’il est censé être mort mais c’est ce qu’il a dit, j’te le jure. » J’avais eu le temps de chercher son nom, et j’avais lu qu’il était mort. Pour un mort, il était bien vivant.
    Elle voulait tout savoir maintenant, je n’y couperais pas. Je mis mes mains entre mes jambes et arrêtais de la regarder. « Je n’ai rien dit. J’ai dit que je ne savais rien, j’ai effacé les photos que j’avais sur mon téléphone et je l’ai éteint. J’ai dit que vous étiez normaux. Je te jure que je n’ai rien dit maman... » J’avais envie de m’enfoncer sur ma chaise, j’avais envie de disparaître. Je ravalais mes larmes. Je n’avais pas le droit de pleurer, pas après les avoir mis en danger. « Il y a un peu plus d’une semaine. Je... c’était après les cours. Une heure ou deux après. » J’inspirais à fond. « Maman... il a dit qu’il viendrait chercher ses réponses à la maison... Je suis désolée. » Je baissais la tête pour de bon. Je n’avais plus envie de rien, à part de rentrer. Rien ne me faisait envie maintenant que je réalisais que j’avais fait n’importe quoi. Je ne savais pas si je devais parler de l’autre type, de celui qui m’avait aidé... sans doute que si, mais pas maintenant. De toute façon, j’avais tout fichu en l’air.

    J’avais eu raison en me considérant comme une faiblesse. C’était ce que j’étais pour eux. Je faisais partie de la famille mais sans vraiment y appartenir. Ils avaient leurs problèmes à gérer et moi j’en rajoutais. Je ne voulais pas qu’ils soient en danger par ma faute mais je l’avais fait. Je m’en voulais. J’avais la guigne et je la refilais aux autres. Pour la première fois, j’aurais voulu avoir été chez moi pendant l’incendie. Ça aurait facilité la vie de tout le monde. Personne n’aurait eu de problèmes, n’aurait été menacé. Maman aurait été triste mais s’en serait sortie avec l’aide d’Hayden. J’aurais encore voulu dire que j’étais désolée mais ça ne servait plus à rien, le mal était fait.
    Je pris la décision de ne plus rien demander sur eux, ce qu’ils étaient. J’étais déjà une menace, je n’allais pas en rajouter. Ils avaient raison... moins j’en savais, mieux ils se porteraient et c’était tout ce qui comptait. Ils n’avaient vraiment pas besoin que j’en rajoute.
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Mar 14 Jan - 20:10




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

J’interrogeais consciencieusement ma fille. Il fallait que je sache exactement ce qui s’était passé ce jour-là. Je restais très distante par rapport à tout cela, afin d’obtenir le plus d’information possible. Je devais le faire. Pour les miens, pour ma meute, pour ma famille. Pour l’instant je devais être impassible, je devais être mon autre moi, l’exécutrice des loup-garous. Et ensuite, seulement ensuite, je me comporterais comme la mère que j’étais, comme la mère de Savannah qui allait d’ailleurs passer un mauvais quart d’heure si vous voulez mon avis. Je l’écoutais, tout en prenant des rapides notes sur mon téléphone. Je ne devais rien laisser au hasard, rien oublier, rien louper. Je ne lui parlais pas, je la laissais raconter ce qu’elle avait à me dire, sans rien faire d’autre que ça. Je n’avais pas réagi à l’évocation du nom de Torben. Je ne lui laissais pas l’occasion de voir la moindre de mes pensées, ni de mes émotions. J’étais en chasse après tout. Lorsqu’elle eut fini, je lui dis simplement Rien d’autre ? , afin de savoir si je pouvais conclure ou non. D’ailleurs, je déposais des billets sur la table, la somme exacte que coutait sa boisson, et je me levais en lui déclarant On rentre. Mon ton lui faisait bien comprendre qu’elle n’avait pas le choix et que cela n’était pas ouvert à la discussion. Nous prîmes la direction de la maison le plus rapidement possible. Je la fis passer devant moi, surveillant discrètement les alentours, vérifiant qu’aucun danger n’était sur notre chemin. J’attendais que nous soyons de nouveau entre nos quatre murs pour ouvrir une nouvelle fois la bouche. Je lui fis signe de se rendre dans le salon et de s’installer sur le canapé, alors que je me plaçais devant elle sur un fauteuil. Je me penchais un peu en avant et la regardais droit dans les yeux. Alors maintenant tu vas m’écouter attentivement et jusqu’au bout. Ce qu’a fait Savannah, je ne peux pas l’accepter. Comment as-tu pu faire une chose pareille ? Comment as-tu pu faire ça ? Comment as-tu pu te taire et ne rien dire ! Bon sang, je suis ta mère je te le rappelle ! Pourquoi m’as-tu caché une chose aussi importante ? Tu croyais quoi ? Que je me fichais bien de ta sécurité ? Que cela n’était pas mon problème ? A la dernière nouvelle, tu es ma fille et tu es sous ma responsabilité. Et sa jeune fille, il va bien falloir que tu t’en rendes compte. Je me contre-fous de ce que tu as pu dire ce n’est pas important. C’est ta sécurité qui m’importe le plus. A partie de maintenant et jusqu’à nouvel ordre, tu resteras à la maison. J’en parlerais à Hayden, mais nous allons prendre les dispositions nécessaire et adéquat. En attendant, tu es privée de sorti, de téléphone, d’ordinateur portable. Je contacterais tes professeurs et je m’arrangerais pour que l’on nous apporte tes devoirs et tes leçons. Egalement, et cela jusqu’à nouvel ordre, tu ne t’occuperas plus des jumeaux. Il va falloir aussi que tu comprennes que oui, ils font partis de ta famille mais qu’ils ne sont pas sous ta responsabilité, et que ce n’est pas à toi de t’en occuper. Ca c’est mon boulot, comme celui de m’occuper de m’occuper de toi. Je me levais et rajoutais, toujours en la regardant, de manière on ne peut plus équivoque Je pensais que je pouvais te faire confiance et que avais confiance en moi. Mais je me suis trompée. Tu me déçois Savannah, énormément.


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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Mar 14 Jan - 22:52

Plus on avançait dans mon monologue et moins je regardais ma mère. Je me sentais mal, plus que jamais et je ne voulais pas qu’elle s’en rende compte même si c’était peine perdue. J’avais la gorge nouée et du plomb dans l’estomac. Pourtant, je n’avais pas le droit de pleurer, encore moins ici. Je racontais tout ce qui était arrivé comme elle le demandait, sans relever une fois la tête. Je ne voyais même pas qu’elle notait tout en vitesse sur son téléphone. De toute façon, j’avais assez bourdé pour des siècles. Et encore... bourde n’était qu’un mot bien trop faible. Si on m’avait demandé comme je me sentais, je me sentais moins qu’une merde, totalement inutile et encombrante.
Quand elle me demanda si je n’avais rien d’autre à dire, je hochais négativement la tête. Je n’étais pas du genre à gaspiller mais ma boisson resta sur la table sous les yeux effarés du serveur qui se garda pourtant bien de l’ouvrir. Je n’en avais rien à foutre, je ne voulais rien. Sans rien dire, en marchant le plus vite possible devant elle, je ne me retournais même pas, malgré sa main se posant parfois sur mon coude que j’esquivais. Je n’avais pas besoin de ça, je n’en voulais plus de ce soutien. J’avais bien pigé que j’avais merdé. Message enregistré et bien intégré.

Arrivé à la maison, je larguais sur le porte manteau mes affaires et allais dans le salon comme demandé. Je refusais de la regarder mais elle me fit bien comprendre que ça valait mieux. Sans rien dire, je l’écoutais. Je serais les dents. Maintenant, j’étais en colère autant que je me sentais mal. C’était injuste, vraiment injuste. Alors je me levais d’un bond. « Parce que moi j’ai pas envie de vous protéger ? J’ai pas le droit de vouloir vous éviter des emmerdes moi aussi ? Je ne voulais pas t’inquiéter ! J’en ai marre d’être la petite humaine qu’on protège de tout, tout le temps. J’ai bien compris que vous êtes forts, que vous vous défendez très bien sans moi ! Merci ! J’suis pas débile ! Et si pour une fois, juste une toute petite fois, j’avais voulu protéger à mon tour ? Hein ? Mais prive-moi de sorties ! Prive-moi de communication ! De toute façon, c’était pas comme si j’avais des amis. Ah oui, pardon. J’peux pas en avoir, j’peux pas me confier maman ! C’est sûr que ça va m’aider comme décision ! Bonne chance pour expliquer aux jumeaux ce que je fous à la maison H24 et 7J/7. Ah et pour leur expliquer que j’suis punie pour avoir cru bien faire aussi ! C’est quoi la prochaine étape maman ? Me renvoyer je sais pas où pour m’éloigner du danger, de vous, de vous tous ? Et me dis pas que t’y as jamais pensé. » J’insistais sur le mot tous. Elle saurait très bien à quoi je faisais allusion. Entre temps, je ne savais pas trop comment, je m’étais mise à pleurer, mais ça ne me soulageait pas du tout. Je bouillonnais de rage parce que je me sentais mal et qu’elle m’enfonçait encore plus. Je n’étais pas comme elle, pas aussi solide. J’étais une déception non ? Alors je pouvais bien continuer à l’être... Tout ce que j’avais réussi à retenir, c’était des paroles qui auraient pu dépasser ma pensée. J’avais failli crier que j’aurais préféré mourir avec papa mais je l’aurais regretté aussitôt. Je lui en voulais mais je ne pouvais pas dire ça même si j’avais vraiment l’impression que ça les débarrasserait d’un poids.
Je n’avais jamais eu envie de frapper dans quelque chose, de casser quelque chose, mais j’avais l’impression que c’était trop à encaisser, que je ne me calmerais jamais. Pourtant, je ne bougeais pas, je restais plantée debout, les poings serrés, à pleurer comme une conne. J’avais l’impression d’être... je ne savais même plus.
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Mar 14 Jan - 23:33




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

Ma fille n’était pas contente et ne comprenait pas, mais je m’en fichais complètement. Que pensait-elle qu’il allait se passer franchement ? Elle avait très mal agi en nous cachant une telle chose. Alors oui, elle avait voulu nous épargner mais elle s’était trompée. Elle avait tout gardé pour elle, plutôt que de venir se confier à nous. Comme elle le faisait de plus en plus. Avant elle n’avait jamais eu de secret pour moi. Mais ça c’était avant qu’elle sache qu’Hayden et moi étions différents. Elle avait changé depuis ce moment là, et cela resterait un de mes plus gros regrets. En ne voulant pas lui mentir, j’avais nui à sa psychologie, et à son comportement. C’était de ma faute et entièrement de ma faute et je devais ramasser les pots cassés. Il était de mon devoir de m’adapter et de faire avec cette nouvelle situation. Je souffrais beaucoup, même si je ne le montrerais pas à mon enfant, ni même à quiconque d’ailleurs si ce n’était mon compagnon, une fois la nuit tombée et tout le monde endormi. Mais en attendant qu’il rentre, je devais faire ce que j’avais à faire et ma priorité était de mettre en sécurité Savannah et de lui faire comprendre l’ampleur de ses dégâts.

Elle se leva d’un bond, et se mit hurler. Je ne bougeais pas d’un poil même si elle me déchirait les tympans. Je la laissais s’énerver et pleurer. Cela ne me ferait pas changer d’avis, et je restais de marbre même si intérieurement j’avais mal de voir ma fille dans cet état. Cependant je devais me montrer forte et ne pas céder. Et alors qu’elle se mettait dans tous ses états, je restais calme, sans hausser la voix Tu vas tout de suite baisser d’un ton avec moi jeune fille. Jusqu’à preuve du contraire, je suis l’adulte et accessoirement ta mère. Je vins jusqu’à elle, non pas pour l’enlacer, ou encore la frapper – grand dieu non-, mais pour récupérer son téléphone portable, qu’elle avait rangé dans sa poche. Ma décision est prise et tu auras beau faire ce que tu veux, elle ne changera pas. Tu es encore une enfant ne l’oublie pas et je ne vais pas te féliciter alors que tu as fait une énorme erreur. Je ne suis pas sotte ni aveugle Savannah, comme tu sembles le croire. Penses-tu vraiment que je me soucis si peu de toi ? Le pire c’est que tu en viens même à penser que cela n’est qu’une question d’espèce. Tu te rabaisses sans cesses. TU et non pas NOUS. C’est toi qui ne mets dans cette position, qui ne cesse de nous inquiéter jour après jour. Que crois-tu Savannah ? Qu’on n’a pas remarqué que tu avais de moins en moins d’amis ? Que tu repoussais de plus en plus de personne, nous y compris ? Que tu fermes peu à peu au monde et tout ça pour quoi ? Parce que tu es dans une famille de monstre. Que crois-tu que cela nous fasses franchement ? Alors oui s’il le faut, tu ne vivras plus ici et tu seras confiée à la sœur de ton père et cela que tu sois d’accord ou non. Et ce ne sera pas parce que TOI tu nous mets en danger mais parce que NOUS, nous sommes peu à peu en train de te nuire. Ce n’est pas que tu es voulu nous protéger qui me dérange. Ce qui me dérange, c’est que tu as mis TA vie en danger, et qu’en plus de cela, tu ne nous as rien dit. Que tu sois humaine ou non, ça ne change rien. Me penses-tu mère si indigne, injuste et si préférencielle envers certain de mes enfants et pas les autres, que tu viens de le sous-entendre ? Penses-tu vraiment que j’aurais réagis autrement que si cela aurait été Niahm et Kean à ta place ? Est-ce vraiment cela l’image que tu as de moi ? Peu importe de toute façon. Tu aurais beau penser ce que tu veux, cela ne changera rien, vraiment rien. Tu me déçois parce que tu agis comme si nous te repoussons, comme si tu étais le monstre dans l’histoire, alors que nous avons toujours tout fait pour que tu sois à l’aise, et de ne pas te nuire. Tu ne nous a pas protégé Savannah, tu ne nous as pas fait confiance ce n’est pas du tout la même chose. Et je sais de quoi je parle vu qu’avec Hayden nous sommes les protecteurs de notre meute.

Je quittais son regard des yeux, pour sortir de la pièce. Je ne la laissais pas répondre car il n’y avait rien de plus à dire. Je parcourais le couloir, puis monta au première étage, pour aller jusqu’à sa chambre. Je m’arrêtais un instant à côté de son lit et saisi le cliché qu’elle avait sur sa table de chevet, elle enfant avec son père et moi l’encadrant. Je passais mon doigt sur elle souriant à souhait et heureuse, avant de reposer la photo et récupérer son ordinateur portable sur son bureau. Je pris ensuite la direction de la pièce qui me servait de bureau, et glissa son téléphone éteint, ainsi que son ordinateur dans le tiroir dans lequel je mettais mes papiers professionnels les plus important que je refermais à double tour, avant de raccrocher la clef à une chaine que je portais autour du cou. Je m’asseyais sur ma chaise de bureau, me pinçant l’arête du nez tout en fermant les yeux. J’étais fatiguée, si fatiguée de tout ça. Pourquoi ne pouvais-je pas être à mon tour épargnée ? Pourquoi fallait-il toujours que les choses finissent mal ? Entre les révélations d’Hayden et nos projets qui seraient sans doute compromis, l’état de santé de Johan inquiétant, et ça… Si ma fille n’était pas dans les parages, je pense que je me serais transformée en vrai fontaine. Mais je n’en avais pas le droit. Ce droit que j’avais laissé à Savannah, d’exploser pour mieux rebondir, je ne l’avais pas. Et dieu sait pourtant que j’en avais bien besoin….


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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Mer 15 Jan - 15:40

J’étais triste, en colère et tout un tas d’autres choses dont je n’arrivais pas du tout à déterminer l’origine. La journée aurait du être géniale, juste elle et moi et là... on en était très loin. C’était une des pires journées de ma vie. La deuxième en fait et loin devant pas mal d’autres.

Maman voyait ma façon d’agir comme un manque de confiance mais c’était pas ça sauf qu’elle ne comprenait pas. Je ne me rabaissais pas non plus, je voulais juste les comprendre, me rapprocher d’eux et j’avais parfaitement fait le contraire sans même m’en rendre compte et je ne m’en rendais toujours pas compte. J’étais... jalouse. Je n’en savais rien mais c’était ça. J’étais jalouse, je voulais les comprendre, être comme eux peut-être. J’avais besoin de ma mère malgré tout ce que je pouvais dire ou faire. Je ne voulais d’aucune autre famille que celle-là.
La voir me prendre mon téléphone sans même me regarder ou presque fut pareil à une gifle. Le même effet. Je tentais de m’expliquer, mal, mais j’essayais. Les yeux rouges, gonflés et les lèvres sèches, j’écoutais à moitié ce qu’elle me disait. Je n’en croyais pas mes yeux ni mes oreilles. J’avais envie de... je n’en savais rien. Je n’avais jamais éprouvé autant de sentiments contradictoires. J’avais l’impression qu’elle ne m’écoutait pas, qu’elle ne comprenait pas ou ne voulait pas comprendre. Tout ce que je voulais c’était... ne pas leur causer de soucis inutiles, ne pas en rajouter. J’avais fait tout l’inverse mais j’avais essayé, pourquoi me jugeait-elle si durement pour ça ?
De toute façon, elle ne me laissait pas le temps de répondre. Pas plus que je lui en avais laissé. C’était de bonne guerre mais ça me rendait furieuse. Si elle croyait que c’était facile de garder des amis à quinze ans avec sa mère sur le dos. Les soirées à la maison, c’était pas possible, personne avait jamais mis un pied ici. Je ne l’avais pas demandé pour la simple raison que les jumeaux ne faisaient pas forcément attention et que les gens s’adonnaient tous au jugement de leur voisin. Mais ça, apparemment, tout le monde s’en foutait.
Évidement, quand elle ajouta que s’il le fallait, elle me confierait à ma tante, je ne pus m’empêcher de le prendre très mal. Je ne la connaissais pas plus que ça et je m’en moquais. Je ne voulais pas déménager. Si on me faisait un coup pareil, je ferais une crasse, de ça, j’étais certaine. On ne m’enverrait pas ailleurs, jamais, je refusais. Ils étaient ma famille, point barre. Je me fichais de son avis. Je me tirerai malgré le danger. Je n’irai pas ailleurs. Mais là encore, je ne pus rien dire puisqu’elle enchaînait alors que j’ouvrais la bouche pour lui balancer tout ça.

Ne pouvant pas répondre à tout, je pus juste crier assez fort pour qu’elle m’entende bien. « Vous n’êtes pas des monstres ! » Je l’avais hurlé aussi fort que je pouvais. Je ne supportais pas ce mot, tout simplement.
Je me mis à tourner en rond dans le salon à m’énerver autant que je pouvais et à pleurer autant que je le voulais aussi inutile et stupide que ce soit. Pleurer n’avait jamais aidé personne, c’était stupide. Ma petite crise dura près de dix minutes avant que je ne me décide à monter les escaliers bien décidée à tirer la gueule. Pourtant, je m’en voulais autant que je lui en voulais.

En passant devant le bureau, je la vis assise et j’hésitais. J’étais calmée même si je tremblais toujours légèrement. J’aurai du mal à assimiler, c’était clair et net puisque je ne me sentais pas tout à fait fautive. « M’man... » J’hésitais toujours avant de rentrer. « Tu... » J’aimerais qu’on parle elle et moi mais j’avais peur de m’énerver encore. « On peut parler ? J’te promets que... j’essaierai d’être calme. S'il te plait... » Essayer oui...
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Ven 17 Jan - 20:03




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

J’avais trouvé un peu de calme dans mon bureau de travail qui me servait souvent de refuge. Le travail avait tendance à me faire oublier mes problèmes, une fois que j’étais complètement plongé dedans. D’ailleurs j’avais fini par ouvrir mon ordinateur, et relever mes mails pros pour répondre, supprimer et archiver les messages que j’avais reçu. En bas ma fille n’était toujours pas calmée, mais j’essayais de faire comme si de rien n’était. Je ne pouvais pas lui céder pas cette fois ci. Ma main se serra un peu sur ma souris lorsqu’elle cria que nous n’étions pas des monstres. Elle niait complètement la vérité, complètement. Bien sur que c’était ce que nous étions. Nous ne pouvions rien y faire, c’est certain, si ce n’est l’accepter. Cela m’avait pris du temps, et maintenant cette réalité ne me posait plus aucun problème. Se voiler la face ne servait à rien et empêchait d’avancer. C’était d’ailleurs ce qui était en train de se passer avec Savannah. Je ne pouvais rien faire pour l’aider, mais ce n’était pas pour autant que je ne ferais rien. La solution résidait en la personne de Sarah. Elle était douée pour parler avec les gens, et pour les aider. Je ne compte plus le nombre de fois où elle l’avait fait avec moi. Tout comme Hayden d’ailleurs. Jamais je ne pourrais leur rendre tout ce qu’ils m’avaient donné. Alors je me contentais de les protéger et de prendre soin d’eux. Comme je le faisais en cet instant avec ma fille. Il fallait qu’elle s’endurcisse et qu’elle comprenne les erreurs qu’elle avait commises. Elle avait mis sa vie en danger et je ne pouvais pas me contenter de la prendre dans mes bras et la consoler, sinon elle recommencerait. Elle avait fait là une énorme bêtise et je devais la punir en conséquence. Tant pis si elle allait me détester pour ça, car moi, je continuerais à l’aimer. Je ne ferais jamais les mêmes erreurs que mes parents, je ne la laisserais jamais tomber.

Je la laissais à sa colère, calmant la mienne avec quelques exercices de respiration que j’effectuais tout en mettant à jour ma boite mail. Cela ne marchait pas du feu du diable, mais quand même un peu. Je l’entendis monter les escaliers et arpenter le couloir, mais je ne vins pas vers elle. Je restais là, assise devant mon ordinateur, à regarder l’écran. Je n’allais pas l’interpeler alors qu’elle allait dans sa chambre. Chose qu’elle ne fit pas en fait alors que j’aurais pensé le contraire. Elle m’interpella et je tournais la tête vers elle. Ce n’était pas parce qu’elle m’avait déçu et contrariée que j’allais l’ignorer. C’était ma fille après tout. Elle restait sur le pas de la porte comme si elle hésitait à rentrer. Je fronçais les sourcils bien malgré moi. Elle continua, sur une voix on ne peut plus hésitant ce qui me dérangea un peu. Elle voulait parler ? Je ne voyais pas ce qu’il y avait à rajouter, mais je n’allais pas la jeter. Je t’écoute Sav’. Je fermais le clapot de mon ordinateur portable et tournais ma chaise vers elle pour l’avoir bien en face de moi Mais si c’est pour pour essayer de lever ta punition saches que cela n’est pas sujet à discussion. Pour le reste, je suis toute ouïe. Je me gardais d’ajouter un « comme d’habitude », qui ne ferait que raviver le feu. Toujours… J’avais toujours été là pour elle, peu importe quand, où. Elle était ma fille et si elle se sentait lésée, c’était de son fait, pas le mien. Je n’aspirais pas à être pour elle aussi intrusive ou contrôlant tout comme mes parents l’avaient été avec moi. Elle avait son espace personnel, et je lui laissais avoir sa vie privée. Je ne critiquais ses choix de petits amis, ni d’amis tout court, la laissant faire comme elle le sentait. Je ne la jugeais pas et si elle tombait, j’étais là, pour l’aider à se relever, pour l’écouter, et pour calmer ses larmes. Je ne l’avais jamais abandonné ni laissé de côté. Elle était mon trésor, elle était ma vie tout simplement. Au même titre que Kean et Niahm. Je ne l’aimais pas moins parce qu’elle était humaine. Mais c’était quelque chose dont elle devait se rendre compte par elle-même. Et là, alors là, tout irait mieux.


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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Ven 17 Jan - 21:09

Je tournais en rond... ou plutôt, je réfléchissais. Oui, j’avais crié, j’avais pleuré, j’avais du mal à me calmer mais... Il n’y avait pas que ça. Maman m’avait demandé si je lui avait tout dit et ça n’était pas le cas. Pas le cas du tout même. Je lui avais parlé de Torben mais pas de l’autre gars. J’avais peur de le lui dire mais de toute façon, j’étais déjà punie, j’avais déjà fait n’importe quoi alors tant qu’à me faire engueuler, autant y aller en une fois. C’était comme arracher un pansement. J’me sentirai peut-être mieux après ça, du moins je l’espérais. Assez pour me calmer pour de bon même si maman me crier dessus. Je me disais que peut-être, c’était parce que je me sentais coupable de m’être tue mais ça, au final, je ne le saurais qu’en lui parlant. Il n’y avait pas que ça bien sûr mais ce serait un bon début. Le reste... je verrais. Tirer la tête ne servait à rien, du moins pas dans l’immédiat.
Finalement, je me décidais à entrer dans le bureau même si j’avais très peur du résultat. Je ne dis rien quand elle me dit qu’elle ne lèverait pas la punition. Ça, j’avais saisi. Pourtant, je ne protestais pas malgré le fait que j’avais soudainement envie d’en discuter, bien plus que ce que j’avais envie de parler de ce pourtant, entre autre, j’étais montée. « C’est pas pour la punition. J’t’ai pas tout dit... J’avais peur que ce soit pire mais en fait, ça peut pas. Quelques jours après... ma. » Je respirais un bon coup. « Ma rencontre avec Torben. Y avait un type devant l’école. J’ai eu des ennuis avec des garçons. Y en a un qui a failli me frapper mais un gars est venu m’aider. J’ai eu peur qu’ils se connaissent et il m’a dit que non. Il a voulu que je lui explique ce qui m’était arrivé mais je l’ai pas fait. Je vous l’avez pas dit alors j’allais pas lui dire à lui. Il a dit qu’il était humain mais qu’il avait quand même un certain pouvoir. J’lui ai pas fait confiance mais... j’ai quand même laissé entendre que le gars qui m’avait menacé n’existait normalement plus. J’me suis dit que si c’était vrai. Ça pourrait éloigner Torben de vous. Voilà, c’est tout, j’te cache plus rien. » Enfin, si, mais c’était des trucs nettement plus mineurs, des conneries qu’elle avait pas besoin de savoir... genre mon stupide béguin pour Irving.

J’avais parlé d’un seul coup ou presque pour éviter de me dégonfler. Maintenant, j’attendais l’engueulade suivante courageusement. J’avais tenu tête à un dingue et j’osais même pas regarder ma mère. C’était dire à quel point je flippais. Pour quelle raison ? J’en savais rien. Peut-être qu’elle décide pour de bon de m’éloigner d’eux parce que je cachais des choses. Peut-être parce que j’avais vraiment besoin d’elle... En tout cas, j’espérais qu’elle ne le ferait pas.
Je crois qu’en fait, c’était vraiment de ça que j’avais peur... ne plus être avec les jumeaux, Hayden et elle. Je ne voulais pas vivre avec de parfaits inconnus. J’étais peut-être punie, j’étais peut-être encore en colère mais j’aimais ma mère même si je l’avais détestée quelques minutes plus tôt.

J’inspirais à fond pour la regarder dans les yeux en attendant le verdict et le nouveau savon.
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Jeu 23 Jan - 22:55




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

Je ne savais pas vraiment quoi faire pour et envers ma fille. Et croyez-le ou non, c’était la première fois que cela m’arrivait. Je ne savais pas quoi faire et cela me terrifiait quelque part. J’avais merdé. A un moment où à un autre j’avais merdé. Il fallait que je comprenne mon erreur, que je l'identifie pour y remédier. Mais c’était plus facile à penser qu’à faire. J’étais complètement perdue. Quand ma fille avait-elle commencé à devenir un inconnu pour moi ? Quand s’était-elle vraiment fermée à moi ? Quand avait-elle commencé à rejeter notre relation de confiance ? Toutes ses questions restaient sans réponse et ça me faisait beaucoup de mal. Je l’avais puni parce que c’était la chose à faire. Mais pas la seule. Je me remettais énormément en question, dans mon rôle de mère. Bon sang, comment avais-je pu laisser les choses tournée ici. En avais-je trop attendu d’elle ? Ou au contraire pas assez ? Le truc, quand on est parent, c’est qu’on a pas un mode d’emploi qui nous dit quoi faire dans telle situation, et à tel moment comment agir. On devait se débrouiller tout seul, et essayer de faire au mieux même si ce n’était pas du tout facile ni évident. Je m’étais plantée, je le reconnaissais, même si cela était très douloureux. Je devais essayer de rattraper les pots cassés et de ne pas continuer sur cette lignée ou faire la même chose avec Neamh ou Kean…

Quand elle vint dans mon bureau, je vis son hésitation à rentrer. Cela me fit comme un coup de poignard dans le cœur. Et ce qu’elle me déclara ensuite. Je crois que ce n’était pas ma journée en fait. Et dire que j’avais eu hâte d’y être, que je m’en étais réjouie. Oui, vraiment, je ne m’étais pas attendue à cela. Elle était honnête, mais un peu tardivement et surtout par obligation. Cela ne faisait pas de doute dans mon esprit et c’était ce qui était le plus dur à encaisser. Bon sang Savannah…. Je n’avais pas pu m’empêcher de lâcher ça sur un ton de lassitude. Je la regardais, un peu tristement même si j’essayais de chasser cette émotion de mon visage, qui ne dura d’ailleurs que quelques secondes. Pourquoi ? Pourquoi n’as-tu rien dit à personne. Que tu ne veuille pas me parler à moi pour X ou Y raisons parce que j’ai merdé avec toi ok… Mais même pas à Hayden ou encore Irving qui aurait pu t’aider… Pourquoi ? Qu’avons-nous fait pour que tu n’aies plus confiance en aucun de nous ? Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas humain que nous ne pouvons pas te comprendre, ou que nous ne sommes pas là pour toi. Depuis quand penses-tu que, parce que tu es humaine, tu es moins importante, ou que tu ne peux pas non parler, ou que tu es inintéressantes ou je ne sais pas quoi d’autre ? On t’aime pour ce que tu es à l’intérieur ma puce. Je m’étais levée. Cela avait été plus fort que moi. Après mon premier pourquoi, j’avais réduit à néant les mètres qui nous séparaient pour la prendre dans mes bras, et la serrer tout contre moi. Elle détestait ça, je le savais mais… Cela avait été plus fort que moi, plus fort que tout le reste. Elle était ma petite fille, celle que j’aimais tant. Je ne pouvais pas rester là, assise à ne rien faire et ne rien dire.


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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Jeu 23 Jan - 23:21

En fait, je ne savais pas ce qui était le pire. Que ma mère me punisse alors que j’avais cru bien faire ou de lui avoir fait du mal sans le vouloir. Je n’avais pas voulu ça, à aucun moment. Je n’avais voulu qu’une chose, aider à ma façon, au moins un peu. C’était dur pour moi de me rendre compte que j’étais jalouse parce qu’au final, c’était ça. J’étais jalouse et j’en avais honte. Je l’avais compris en m’énervant en bas. Je voulais partager ce qu’ils avaient entre eux. Ça n’était pas que je me sentais moins importante, je voulais les comprendre, partager tout ça.
Seulement, je ne pouvais pas dire ça à maman parce que ça la blesserait et qu’elle croirait encore plus qu’il fallait m’éloigner. Mais de ça, il n’était pas question. Elle pourrait toujours essayer, c’était tout vu, même si elle m’obligeait. Je ne voulais pas la blesser encore plus mais c’était tout ce que je semblais capable de faire pour le moment et c’était dur. Vraiment dur. Son ton ne fit qu’en rajouter une couche et me faire me sentir plus mal encore puisqu’en fait... Je n’avais pas tout dit du moins, ça venait de me revenir. Tout ça me dépassait complètement.

« T’as pas merdé maman. Ni Hayden. Et puis... j’ose pas parler à Irving. » Si je n’avais pas été aussi mal, j’aurai sans doute piqué un phare mais mon béguin était vraiment le cadet de mes soucis pour l’instant. « J’ai confiance en vous maman, j’te le jure. C’est pas pour ça que je l’ai pas dit. Je croyais vraiment bien faire, que... j’allais juste vous inquiéter pour rien. Je crois pas que je suis moins importante. Je sais que vous m’aimez, que vous faites tout ce que vous pouvez. Ça a rien avoir même si c’est pas toujours facile de pas pouvoir savoir. Je pensais juste bien faire. »
Je fus surprise qu’elle me prenne dans ses bras après tout ça mais je m’y blottis, j’en avais besoin, je ne voulais plus bouger. « Maman... cet homme... il a dit qu’il te connaissait, par Johan. Un truc comme ça. Que ça risquait de t’énerver mais qu’il était prêt à traquer ce Torben avec toi... Que tu saurais où le joindre. » Je m’accrochais un peu, de peur qu’elle ne me repousse à cause de cette autre nouvelle. « Tout le monde dit que je te ressemble... Que j’ai ton caractère... » Je me retenais bien de dire qu’ils disait aussi que ça m’attirerait des problèmes ou bien d’autres trucs du même style. Là, tout ce que je voulais, c’était tenter de rattraper cette journée. Un peu.
J’avais le moral dans les chaussettes. Cette journée aurait dû être la meilleure, et c’était la pire. Je ne savais pas ce qui me faisait le plus de mal, vraiment pas. Jamais je n’avais voulu décevoir qui que ce soit mais j’avais l’impression d’être bien placée pour continuer mes bêtises. Est-ce que j’avais vraiment besoin de tant d’attention que ça ? C’était pas ce qu’on disait ? Les ados font tous de la merde pour qu’on les regarde ? Est-ce que c’était ce que je faisais moi aussi ? Peut-être que je me mentais après tout, que je voulais juste être le centre d’attention même si c’était dans le mauvais sens du terme...
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Dim 26 Jan - 11:29




Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux

Ma fille était avec nous de plus en plus réservée. J’avais mis cela sur sa période adolescence, mais je m’étais lourdement trompée. En fait le problème ne se situait au niveau hormonal, mais tout autre part. Elle n’avait plus confiance à moi, en Hayden, en notre famille. Elle nous cachait des choses parce qu’elle se faisait des idées sur nous, et qu’elle se sous-estimait. Bon sang, elle n’avait pas besoin d’être une louve pour qu’on l’aime ou que l’on partage des choses avec elle. Qu’elle soit humaine ou autres, cela m’importait peu. Le plus important était qu’elle était elle-même, et qu’elle était ma fille. Hayden l’aimait pour ce qu’elle était, Niamh et Kean aussi. Et c’était encore plus mon cas. Elle était, et restera toujours ma petite fille, même si elle n’avait plus rien de petite. Elle essayait de grandir trop vite et d’assumer des choses qu’elle ne devait pas assumer à son âge. Et en ce sens-là, elle se fermait à nous. Je ne sais pas vraiment où j’avais merdé avec Savannah, mais j’avais vraiment merdé quelque part pour que cela tourne ainsi. J’avais voulu qu’elle soit équilibrée et épanouie, et ce n’était pas du tout le cas. Cela me faisait énormément de peine et très mal aussi.
J’essayais de comprendre, vraiment. J’interrogeais la jeune fille, même si je savais que je n’aurais pas de réponse. Jamais elle ne viendrait me dire que j’étais une mauvaise mère ou un monstre. Elle était trop bien élevée pour ça, et elle m’aimait trop aussi pour ça. Sa réponse ne pouvait pas me satisfaire, je le savais déjà avant qu’elle ne me réponde. Je lâchais un petit rire à ses propos d’ailleurs et déposa un baiser sur son front. Arrêtes de me trouver des excuses. Tu es en faute, mais moi aussi. Si tu en es venu à penser que tu nous inquiéterais pour rien, c’est bien la preuve qu’il y a un problème. De la même manière si tu te sens obligée de ne pas avoir une vie sociale comme toute jeune fille de ton âge, c’est bien que nous avons commis des erreurs avec Hayden. Je la gardais tout contre moi, caressant légèrement ses cheveux, tout en lui déclarant Nous en avons sans doute trop attendu de toi. Déjà sache que cela ne dérangerait pas que tu invites des gens à la maison. Niamh et Kean sont beaucoup plus stables que tu te l’imagines. Et de toute façon, nous nous occuperions d’eux. Tu n’es pas leur mère Sav’, tu es leur sœur. Tu n’as pas à penser sans cesse à eux et à t’en occuper tout le temps. Je peux te garantir qu’ils ne manquent pas du tout d’attention ni d’amour. J’imagine que tu veux rattraper le temps perdu, mais ça ne marche pas comme ça ma puce. Il faut aussi que tu fasses ta vie en dehors d’eux, sinon ils vont t’envahir et d’engloutir toute crue. Ils ont besoin de limite, encore plus que les autres enfants de leur âge. C’était important qu’elle comprenne qu’elle devait arrêter de s’en faire autant pour les deux enfants et qu’ils n’avaient pas besoin d’une seconde mère, même si je n’étais pas toujours avec eux. Je devais les laisser eux aussi grandir et apprendre par eux même. Je devais ne pas me montrer toujours disponible pour eux, sinon ils allaient prendre trop de place. Ils ne le feraient pas avec de mauvaises intentions bien entendu, mais ils le feraient quand même et cela deviendrait infernal. Il fallait aussi que Savannah change sa manière d’être avec eux Ils ne t’aimeront pas moins si tu penses aussi à toi et que tu ne réponds pas toujours positivement à leur sollicitation. Ils comprendront juste que toi aussi tu as ta vie et que tu ne peux pas être toujours à leur disposition. C’est important que tu marques ton territoire avec eux ma chérie Oui territoire était le terme le plus adéquat concernant les deux crapules. Ils avaient besoin de limites et de cadre et Savannah devait penser comme une grande sœur et plus comme une seconde maman comme elle le faisait.

Si je n’avais rien dit plus tôt, c’était parce que je pensais que cela se tasserait. Mais ce n’était pas le cas, et cela empiétait sur sa vie à elle. Donc il était temps de remettre les choses à leur place. De la même manière, tu dois comprendre que tu ne dois pas nous protéger mais te protéger toi. On est adulte avec Hayden, et tu es notre fille, et non pas notre maman Sav’. Tu n’es encore qu’une enfant, et les problèmes d’adultes doivent rester des problèmes d’adultes. Aussi louables aient pu être tes intentions, tu avais tort et tu t’es mise inutilement en danger. Tu t’es repliée sur toi plutôt que de nous laisser prendre la place que nous devons avoir avec toi : celle de parents protecteurs. As-tu pensé à ce qui se passerait s’il t’arrivait quelque chose de grave ? A quel état nous serions Hayden et moi ? Nous t’aimons Savannah, et nous deviendrions fous si on devait te perdre… Tu es notre petit rubis… Je parlais au nom de mon compagnon loup parce que je savais très bien qu’il en était de même de son côté. Il aimait Savannah comme sa propre fille et même s’il n’était pas son père biologique, il était son père de cœur. Il faisait tellement pour elle, qu’à chaque fois, cela me touchait en plein cœur. Oui vraiment dans mon malheur, j’avais eu la chance de tomber sur lui et j’étais la plus chanceuse des louves qu’il soit mien et que je sois sienne.

Je desserrais mon étreinte pour la regarder et prendre son visage entre mes mains. Ecoute moi bien ma puce. Tu as oui une partie de mon caractère, mais tu n’es pas moi ma puce. Nous sommes à la fois semblable et différente, ne l’oublie jamais… Maintenant je veux que tout ce qui a pu se passer avec Torben ou encore McBorough, tu l’oublies. Ou du moins que tu te tranquillises avec ça. Je vais m’en occuper avec Hayden, et nous ferons en sorte qu’ils ne viennent plus t’importuner. Les magouilles de Johan et la PES ne les concernent qu’eux deux. Ils n’avaient pas à te mêler à tout cela. La seule chose que je te demande une nouvelle fois, c’est de ne jamais dire quoi que ce soit sur la nature d’Hayden ou la mienne. Réponds simplement que tu n’en sais rien et ne fait pas plus compliqué. Ne nous défends pas, laisse couler et s’ils insistent, tu leur donnes mon numéro de téléphone. C’est à nous de leur faire face et non toi, car nous connaissons parfaitement nos droits et que nous savons user de ces derniers. Je déposais un baiser sur son front, et la serra encore un peu dans mes bras avant de finir par la lâcher. A présent, va dans ta chambre lire ou jouer, et y mettre un peu d’ordre. Hayden ne devrait pas tarder à arriver à la maison avec les jumeaux. N’oublie pas ce que j’ai dit à leur propos et ne leur cède plus tout. Passe la journée à t’occuper de toi. Nous commanderons tes chaussures et des habits dans l’après-midi. En attendant je vais appeler ton établissement pour excuser tes absences à venir.


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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   Dim 26 Jan - 19:00

C’était plus ou moins clair maintenant, je ne pourrais pas rattraper cette journée, c’était tout vu. Je l’avais foutue en l’air parce que je n’avais rien dit à maman de ma rencontre avec les deux hommes. Parce qu’elle l’avait découvert juste parce qu’on était passées à côté de cette fichue ruelle. Je m’en voulais, je m’en voulais vraiment.
Ça n’était pas eux qui avaient merdé, c’était moi, moi toute seule, comme une grande. Je ne comprenais pas comment vraiment réagir, j’étais perdue mais je ne voulais pas le montrer. De toute façon, ça n’était vraiment pas ce qui m’inquiétait. Presque tout ce dont j’avais peur était occulté par ma peur que Torben ne fasse ce qu’il avait dit et je savais, j’étais certaine, qu’il était vraiment dangereux. Non seulement parce que le gars de la PES me l’avait bien fait comprendre mais aussi à cause de la réaction de maman.
Mais je ne savais pas quoi dire pour la rassurer à mon sujet, j’avais des copines, quelques copains sauf que je pouvais pas vraiment tout leur dire. Et vu que je ne savais pas mentir, c’était franchement pas évident de ne pas pouvoir répondre quand on me demandait pourquoi ça allait pas. Inventer des histoires, c’était pas mon truc. Quant aux jumeaux... j’avais bien compris que je ne devais pas tout accepter, tout céder. Mais oui, je voulais rattraper le temps perdu. Ça, c’était totalement vrai. « Je te promets de faire attention et de ne pas toujours m’occuper d’eux. Je ferai attention. » Ce ne serait pas facile, parce que Niamh adorait passer du temps dans ma chambre, écouter ma musique, essayer mes vêtements et que Kean, fatalement, passait son temps à l’emmerder quand ils n’étaient pas ensemble. Résultat, ils finissaient tous les deux, souvent, dans la mienne. Les seuls moments où je les mettais vraiment dehors, c’était pour étudier ou faire mes devoirs. Et depuis peu, pour pouvoir essayer de dormir. Hors, j’avais du mal à les renvoyer dans leur chambre puisque quand ils squattaient mon lit, je tombais comme une masse et d’un sommeil dénué de tout cauchemar. Est-ce qu’ils le sentaient ? Je n’en savais vraiment rien mais c’était comme ça. Si quelque part, j’étais jalouse d’eux, j’avais... besoin d’eux. « Je vais essayer de ne pas céder. Promis. Mais... » Je me mordis la lèvre. « Je n’arrive pas à les mettre dehors quand ils viennent dormir avec moi depuis que... que j’ai rencontré ce type. » Dur à avouer ça. Ça m’allait très loin cette histoire.

Je savais aussi très bien qu’ils pouvaient se protéger mais je n’avais pas voulu qu’ils aient des ennuis. Ils étaient tout ce que j’avais. J’avais pris conscience d’une chose en perdant mon père, mes frères et ma belle-mère... Tout pouvait arriver, vite. Et puis, j’étais sûre que je ne pourrai pas, jamais me remettre s’il devait leur arriver quelque chose. Je n’étais pas pessimiste, juste réaliste. « Je suis désolée. Si ça arrive encore, je vous appellerai. Je te le promets. » Même si je n’en aurais sans doute aucune envie, je le ferais vraiment. Mais ne pas penser au deuxième homme serait facile... pour le premier, c’était impossible. Je n’y arriverai pas. Maman était loin de se douter à quel point j’avais la trouille de ce gars-là, de la façon dont il m’avait regardé et dont il les avait menacés. Je réprimais un frisson à grande peine. « Je vais essayer maman et je ferais ce que tu m’as dit. » J’aurais du mal à ne pas les défendre mais je le ferai. Je ne voulais plus me disputer comme ça avec elle. Je me fichais pas mal qu’on s’engueule pour l’eau chaude, les vêtements que je n’avais pas rangé, ce genre de truc mais elle n’avait plus confiance en moi. Et si la plupart des autres ados de mon âge s’en fichait, moi pas. J’avais besoin de ça.

Je me détachais de ses bras et hochais vaguement la tête. Je me fichais complètement des chaussures et des fringues. « C’est pas important. J’m’en fiche de ça et puis j’en ai plus envie. Tu... voudras bien dire aux jumeaux de... me laisser tranquille aujourd’hui ? » Je n’avais absolument pas envie de les repousser, je n’y arriverai d’ailleurs pas du tout mais il le fallait. Sauf que je préférai que cette fois, on le fasse à ma place. Je savais que pour l’école, je n’avais pas le choix, que ça ne servait à rien. Ça allait me rendre dingue mais c’était comme ça. « À tout à l’heure. » J’hésitais puis déposait un bisou sur la joue de ma mère avant de filer. Ça voulait simplement dire que... ça irait.
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MessageSujet: Re: Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]   

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Il en faut peu, vraiment peu, pour se sentir mieux [Livre II - Terminé]
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