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Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Lun 25 Nov - 0:15

    Je n’étais pas déchiré, je n’étais pas instable, je savais ce qui se cachait dans les tréfonds de mon âme et je ne m’étais pas fait d’illusion sur ce qui s’y trouvait depuis longtemps. Je n’avais jamais cru au bon dieu et je n’étais pas une bonne âme, ni une de ses créatures. S’il avait jamais existé un jour, le Vieux Barbu s’en était allé depuis longtemps se griller les fesses en Enfer.

    En général, j’étais bon joueur, je restais agréable à vivre avec les croyants, quels qu’ils soient mais cela faisait quelques jours que mon humeur était maussade et cela jouait fatalement sur mon appétit et mes plus bas instincts.
    Je n’étais pas une bête, j’étais capable de contrôler mes faits et gestes, la plupart du temps… Le fait était que malgré mes envies de sang comblées, je n’étais pas satisfait, cette vie ne me satisfaisait pas. Je pouvais détourner mon esprit autant que je le voulais, j’étais lucide. Je déraperai encore. Je n’avais jamais eu à me poser de telles questions avant u plutôt, je pouvais en éviter les conséquences même si la tâche était ardue. Aujourd’hui, les conséquences n’étaient que trop réelle et je me donnais l’impression d’être un lion en cage que l’on narguait avec pas un mais une quantité astronomique de steak. Le pire, c’est que mes steaks à moi parlaient, marchaient, se donnant en spectacle dans le seul but de me faire saliver. Dieu, que tout cela me donnait envie.
    Et j’étais fou, fou de traîner le soir dans des rues bondées à m’imaginer les pires horreurs. Je retournais le couteau dans la plaie, quelque part, j’avais peur de me perdre dans ce monde de paix. Je voulais voir le monde brûler, sentir le sang sur ma langue et mes doigts, sentir l’odeur de la mort. Je poussais un soupir factice en m’enfonçant dans des ruelles sans me soucier de quoi que ce soit jusqu’à ce que je me sente suivi…

    Je fermais les yeux, qui était-ce cette fois ? Non pas que cela ne m’amusait guère mais je n’étais pas tout à fait d’humeur. Je me laissais cependant suivre, mettant un terme à ce petit jeu en décidant de m’arrêter net et d’attendre, assez pour qu’il me rattrape et que je reprenne la route.
    Errant au gré des trottoirs, il fallut un quart d’heure pour que mon chien de garde se décide à ne plus prendre de précaution et le seul qui agissait ainsi était toujours le même. Lassé, je m’installais sur un banc dans une zone pour touriste en villégiature. J’attendais qu’il se décide. Je ne connaissais pas son nom mais sa présence m’était presque devenue familière à force. Plusieurs fois, cet homme m’avait suivi, plusieurs fois, il avait agi ainsi que je m’en étais rendu compte. Peut-être qu’enfin, nous allions pouvoir discuter. Il finirait bien par trouver un de mes petits papiers à son attention.

    Le jeu du chat et de la souris me manquait… j’aurais tant aimé traquer quelqu’un de cette manière.


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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Lun 25 Nov - 21:21

Encore une nuit à suivre cet homme à travers les rues de la ville, une tache que l'on peut rapidement trouver ingrate car elle s'avérait être des plus ennuyeuses qui soit. Yaâqov avait toujours eu cette préférence pour le meurtre et même si les siens étaient un tant soit peu « légaux » cela en était toujours. Il ne s'était jamais plus posé de questions. Est-ce que c'est bien ? Est-ce que c'est mal ? Pourquoi devrait-il se torturer encore après tout ce qu'on lui avait fait ? Il recevait des ordres, il exécutait. C'était tellement plus simple que de penser par soit même, il avait abandonné depuis longtemps, se comportant comme un animal avant de recevoir la punition ultime probablement pire que la mort elle-même, n'était-il pas déjà mort après tout ? Bien sur que si... Mort... Comme tous ses frères juifs dans cette putain de guère gravé dans sa chaire pour l'éternité, lui volant âme et raison, ne vivant qu'à partir de souvenirs d'une vie brisée et d'une foi qui ne valait plus rien. Il vivait parce qu'il n'avait nul autre choix, parce qu'on avait décidé de faire de sa vie un enfer et de sa mort sa continuité. Dans le fond, le blondinet espérait bien que ce type pète un boulon. Histoire de mettre un peu de gout dans cette soirée, de se battre même s'il était plus jeune des deux, sa folie était un atout car il n'avait rien à perdre. Rien ne lui manquerait. Il n'avait pas perdu la trace de cet homme, mais il devait tenir une certaine distance pour éviter d'être repéré mais en milieu de soirée quand celui-ci avait ralentit le pas, l'air de l'attendre tout simple. Kaufman avait compris que c'était inutile de continuer à se cacher. Marchant plus près de celui considéré comme dangereux, il parait qu'il ne faut pas se fier aux apparences, le blond en était la preuve. Sous ses allures chétives d'homme sortis des camps, sa gueule d'ange lui donnait un air tellement inoffensif et pourtant, il cachait bel et bien un monstre puissant dans ce corps et cet esprit malmené.

Le type s'asseyait sur un banc, d'abord son regard azuré balayait l'endroit. Est-ce que ce Spencer attendait quelqu'un ? Un rendez-vous galant ? C'est alors que le Blondinet sentait une ombre dans son dos.... Et bien... Qui est-ce qui surveillait celui qui le surveille ? Il savait que ce n'était qu'un « ronde » pour s'assurer que tout allait bien avec le vampire dément. Après quelque instant, cette ombre disparaissait et Spencer n'avait pas bougé, la tête tournée dans sa direction sans que le traqué puisse le voir. Lentement il sortait un papier de la poche de son large sweet qui cachait sa silhouette trop mince pour supposer qu'il fut en bonne santé de son vivant. Le dépliant lentement entre ses doigts de jeune femme pour y voir des lettres formant des syllabes qu'il ne savait lire, son anglais parlé était déjà des plus approximatifs qui soit... Il ne savait pas le lire, aussi il sortait son téléphone pour le taper dans le traducteur et de se rendre compte que celui-ci lui était directement adressé. Relevant ses yeux azurés vers ce type, qu'est-ce qu'il risquait après tout à se dévoiler ? Il n'allait certainement pas sympathiser avec ce vampire, ni avec personne d'autre. Alors à pas lents il approchait de sa cible jusqu'à arriver à une paire de mètre de celui-ci. « Ce être très mignonne laisser petite mot pour moi. » Finissait-il par trancher avec cet immonde accent de l'est qui prenait ce grand soin de massacrer la langue de Shakespeare accompagné d'un ton froid comme s'il y avait un gouffre entre eux deux. Etait-il moqueur ? C'était difficile à dire, il n'y avait pas grand-chose qui puisse amuser notre homme, il s'était éteint dans les camps et avait perdu toute volonté si ce n'était celle de tout détruire, volonté que Julien prenait grand soin à étouffer depuis quelques années déjà au point de l'asphyxier. « Tu voulu me voir, tu as très déçu ? » Les gens étaient souvent étonné par le gringalet qu'il était, loin des gros bras qui peuvent être habituellement dans la garde royale. Il était cette chose à part, ce secret de la honte humaine... Il ne savait pas vraiment pourquoi il parlait à ce type, lui qui n'aimait pas cela et regarder quelqu'un assis sur un banc pendant des heures ne le gênait pas plus que ça. A vrai dire, il était plutôt interpellé par le fait qu'il ne cherchait pas à se débarrasser de lui, à moins que ce soit une ruse et il était près à réagir. Avec les instructions données par Julien, il savait ce qu'il était autorisé à faire subir à ce vampire si nécessaire et il n'était pas du genre à modérer sa violence...

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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Mer 27 Nov - 14:08

    Je n'étais pas lassé, je n'étais pas blasé... Pas réellement. Je ne me mentais pas non plus, si je n'étais, pour l'instant pas dans cet état, c'était pour une unique raison. Ce soir, j'avais une distraction, légère, certes, mais c'était mieux que rien.
    Mon chien de garde du jour m'apportait une distraction bienvenue. Je l'avais souvent aperçu, parfois semer pour le plaisir, souvent laissé me suivre. Pourtant, je ne savais pas qui il était. La plupart du temps, je ne savais pas d'ailleurs. Je ne cherchais pas à savoir, je n'en avais jamais eu envie. Si on me faisait suivre, c'était pour une bonne raison. Quelqu'un avait décrété que j'étais dangereux. Bien... Très bien. Si j'avais eu un ego sur-dimensionné en tout cas. Mais l'ego, bien que présent chez tout un chacun n'était pas ma caractéristique première. Il faut savoir, parfois disparaître et si j'avais plutôt bien réussi mon coup jusqu'à présent, les années sanglantes, quelque part, avait tout gâché. Que l'on s'entende, ces années m'avaient procuré un grand plaisir et je ne regrettais absolument rien.

    Pour me divertir, j'attendais, assis sur ce banc qui avait vu, sans aucun doute, un sacré paquet de gens passer. J'eus un rictus alors que le vampire chargé de ma surveillance approchait. Quand je l'entendis parlé, je fus certain, de manière plutôt vague cependant, des origines de mon vis-à-vis. Un accent pareil ne pouvait signifier qu'une chose : pays de l'est. De plus, c'était un être aussi froid que lui qui lui faisait face, cela rendait les choses d'autant plus amusantes, il l'espérait du moins.

    « Je suis un grand romantique à ce qu'on dit. » Sarcasme, mensonge, même combat. J'aurais tout aussi bien pu dire que j'étais un rat de l'opéra ou un danseur de claquette. Cependant, se fier aux apparences étaient toujours une erreur grossière, une erreur que je ne faisais plus depuis des décennies. Aussi, je n'étais certainement pas déçu de voir en face de moi un homme taillé comme un cure dent, blond comme les blés, avec une gueule qui ferait se damner n'importe quelle sainte ou nonne. J'étais enthousiaste bien que je n'en montrais pas grand chose pour le moment. « Déçu ? Pas le moins du monde mon cher. C'est tomber sur un stéréotype qui m'aurait déçu. » Clairement, ce n'était pas le cas.
    Je ne savais rien de cet homme mis à part qu'il était de mon espèce, qu'il était de l'est et qu'il me suivait. Mis à part son accent à couper au couteau, je ne savais rien et j'aimais cette incertitude bienvenue. Elle me changeait agréablement de ces derniers jours. De l’inattendu, j'aimais ça.

    Sans faire montre d'agressivité, je souriais avec bonhomie tout en l'observant de haut en bas, notant ce qui pouvait l'être. Je n'étais pas du genre à faire dans la provoc', encore moins à mettre mes fesses en danger sans réfléchir. Ou du moins pas toujours. Il fallait bien que je reconnaisse que je n'étais pas la finesse incarnée et qu'il m'arrivait de déraper allègrement sans avoir ne fut-ce qu'imaginer ce que j'allais faire la minute avant.
    Je ne me maîtrisais pas toujours aussi bien que je voulais le faire croire et j'avais, malgré les années passées avec mon créature, des lacunes certaines en matière de maîtrise de moi-même dans certaines circonstances.

    « Que vous ai-je donc appris aujourd'hui dans cette balade aussi ennuyeuse pour vous que pour moi ? » marcher sans but était un exercice assez étrange. Dans des lieux connus, vos pas ont tendance à vous emmener à des lieux familiers. Heureusement pour moi, la mémoire des rues que nous avions empruntées ne pouvaient resurgir aujourd'hui.


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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Ven 29 Nov - 14:54

Le vampire en question avait répondu ce qui aurait pu être tout à fait prévisible. Deux seule options avaient pu être possible avec la remarque de blondinet, soit il en aurait été amusé, soit il l'aurait mal prit et aurait entrepris une réponse violente ou aurait même usé de la force pour témoigner son mécontentement. C'était le genre de réaction que l'on trouve chez les vampires qui se cherchent encore, qui ne supportent pas la provocation et qui ont besoin de montrer leur supériorité en se comportant comme des chiens ayant cette nécessité à dominer l'autre, à marquer son territoire. C'était probablement là, la seule ressemblance entre les lycans et les vampires. Cette soif de pouvoir et de hiérarchie qui dégoutait Yaâqov autant qu'il en était soumis pour être tout simplement un prisonnier de guerre. Et puisque le vampire qu'il suivait ne semblait pas agressif, Yaaqov sortait de l'ombre pour dévoiler son visage. Qu'est-ce que ça changeait ? Si ce second voulait se débarrasser de Yaâqov par la suite, il n'aurait nullement besoin de connaitre son visage pour le retrouver bien qu'il lui facilitait ainsi la tache. Mais le Polonais était persuadé que lorsque l'on veut tuer quelqu'un, on trouve toujours le moyen de la faire. D'ailleurs, il était plutôt bien placé pour le savoir. Le problème n'était pas de le trouver, c'était d'être à la hauteur. Cette réponse pleine de sarcasme en disait long sur la personnalité du vampire, la tache sera plus dure pour Spencer de comprendre Yaâqov, car en cherchant de comprendre la folie on risque d'y sombrer à son tour. Il se tenait là, face à ce vampire que Julien jugeait bon à surveiller. Parfois, quand il n'y avait plus personne de disponible pour le faire, c'était le blondinet qui le faisait parce que lui, était toujours disponible, toujours au service de Julien. Que pourrait-il faire d'autre ? Pas d'amis, pas de famille... En tout cas, pas dans cette vie. Il n'avait aucune passion, n'aimait plus le péché de chair, n'aimait plus tout simplement qu'on le touche. Il n'y avait rien qui puisse occuper sa solitude si ce n'était l'attente. Il n'était plus capable de pleurer, de supplier, de penser à la liberté, il n'y avait rien qui puisse le motiver, même mourir n'avait plus cette vertu de repos à ses yeux. Il fallait attendre, et tous les jours il attendait dans cette éternité sans gout... Plus même celui du sang humain sur ses lèvres, il n'y avait plus rien dans sa vie. Et l'homme qui n'a rien à perdre était des plus imprévisibles car du jour au lendemain le monstre risquait de s'éveiller pour ne laisser derrière lui que le feu et le sang.

Il disait ne pas être déçu, à vrai dire ce n'était pas comme s'il serait peiné que le second soit déçu de sa personne. Mais il affirmait ne pas l'être du tout, le blondinet ne témoignait rien cependant. Analysant ce vampire, lui debout et l'autre assis. Mais cette distance entre eux ne marquait aucun signe de supériorité entre l'un ou l'autre. Il le fixait de ses grands yeux bleus sans rien ajouter de plus, le plus âgé souriait en l'analysant également. Comme deux ennemis qui se regardent, mais en étaient-ils vraiment ? Yaâqov ne ferait aucun mal à celui-ci tant qu'il ne ferait rien qui puisse déplaire à son maitre. La question de Spencer rappelait le juif à la conversation, le genre d'exercice qu'il n'aimait pas forcement, plus on le laissait moisir dans son coin, plus il en était satisfait. Mais il savait qu'on ne le laisserait pas, il était étrange et attirait la curiosité de certain autant qu'il en laissait indifférent. « Ennuyais cette soirr... Mais... Je ne pas apprendrre quelque chose, juste regarrder ce que toi tu faites. » Il tutoyait cette homme parce que parler l'anglais était déjà un exercice difficile qu'il avait appris à l'aide de Julien puis avait voulu lui épargner quelque règle, misant le principal sur la capacité de l'autre à avoir le maximum de vocabulaire. Détournant le regard sur une petite fille portée par son père qui s'empressait de rentrer chez eux car la nuit semblait les effrayer, des canettes de sang ambulantes, quoi de plus fragiles dans ce monde. Il l'avait été aussi par le passé. Reportant son attention vers Spencer il ajoutait « Et je punirr si tu faites mal. Mais tu le savoir... » Il restait immobile, il savait bien que ce vampire était au courant de sa situation, à quoi ça servirait de mentir et le blondinet chétif n'avait pas peur. Il ne tremblait devant personne. Plus depuis qu'il était mort. Même Julien ne lui faisait pas peur dans le fond, mais il se savait plus faible et savait surtout qu'il serait toujours perdant face à celui-ci, un état de soumission qu'il n'éprouvait qu'envers celui-ci. « Etrre facile prendrre mauvaise chemin, mais le jeu sont trrès dangereux. » Il n'engageait pas plus la conversation, il ne posait pas de question. Il n'avait pas à discuter avec ce vampire, mais il savait que ça ne servait à rien de se cacher. En approchant, en parlant avec lui, mine de rire il s'aurait clairement que celui-ci ne fasse rien d'hors la loi. Alors il engageait une question bien que cela n'avait pas vraiment des allures naturelles, on pouvait voir qu'il s'efforcait clairement à le faire. Ce n'était pas le genre de stratégie qu'il avait l'habitude d'applique, c'était une méthode trop tendre pour notre dément « Tu veulent jouer peut-êtrre cette soirr ? Dommage... » Son regard semblait juste laisser supposer que son seul partenaire de jeu serait lui cette nuit et cela risquait d'être beaucoup moins drôle que de s'en prendre à des humains innocents tellement délicieux... Yaâqov restait le visage figé par la mort, comme s'il n'avait jamais reprit vie depuis qu'il avait succombé, c'était le cas. La vie l'asphyxié, cette nouvelle vie n'était autre que la suite du supplice des camps.

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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Mer 4 Déc - 20:20

    Le sarcasme, le mensonge, l’hypocrisie... que d’armes formidables si peu utilisées au nom de la bienséance ? Ou alors si mal maniées qu’elles en perdaient leur tranchant. Quel dommage. Notre vie étant aussi longue que notre envie et notre désir de rester sur terre - sans complications évidement -, il fallait se divertir et j’avais trouvé en ces petites choses un bon moyen de tuer le temps.
    La lutte était certes fort amusante et les guerres une distraction des plus revigorante mais je n’étais pas du genre à chercher la bagarre inutilement. Il fallait choisir ses combats avec soins, surtout si on voulait garder sa mort intacte. L’homme en face de moi semblait autant s’amuser qu’un bibelot sur une étagère de musée.

    Petite digression... c’était sans doute dans un musée qu’était ma place. J’aurais fait fureur derrière une vitre dans la pénombre avec un petit marteau d’urgence en cas de conflit. Le petit panneau expliquant les affres de ma chère mort et de ma vie ennuyeuse. Quelle barbe. Au final, heureusement que ce genre de choses n’arrivaient pas.

    Pour en revenir à mon chien de garde du moment, je ne savais trop que penser. Un regard presque éteint quoi que vif... ça en disait souvent long sur quelqu’un mais il ne fallait pas juger hâtivement, jamais. Je ne savais rien de ce type et de fait, je m’en méfiais. Telle était la bonne façon de survivre.
    La petite conversation, aussi burlesque soit-elle, m’en apprenait quand même un peu et ça n’était pas si mal. Mon interlocuteur avait un problème certain avec la langue. Son utilisation était purement fonctionnelle et ne relevait d’aucun besoin de communication. Cet homme-là n’était pas prolixe, pas plus qu’il n’était sociable. Ça, ça en disait déjà plus long.
    On pouvait faire ce que l’on veut, le temps nous obligeait à la sociabilisassions, d’une façon ou d’une autre... tout comme il nous obligeait à assimiler certains pans de la société à laquelle on appartenait.  Ce vampire-là semblait avoir été épargné par ces nécessités, pour moi, cela signifiait danger. Nul ne reste en dehors du monde sans en payer les conséquences. J’avais moi-même beaucoup de mal à comprendre certaines choses faute d’avoir daigné me mêler au commun des mortels. L’utilisation de certaines machines restait un mystère pour moi. Les téléphones portables en étaient un parfait exemple mais pas seulement... Je faisais face à d’autres difficultés, telles que la compréhension de l’être humain ou tout simplement la tolérance. Je ne faisais aucun effort de ce côté, je l’admets, ce monde n’était pas le mien, quoi que l’on puisse en dire. À mes yeux, les humains étaient une distraction bienvenue qu’il fallait épargner un maximum pour pouvoir en abuser et en user quand bon nous semblait.

    « Quelle soirée ! » Ironie, une chose admirable aussi que l’ironie. « Une occupation fort ennuyeuse donc, je ne m’étais pas trompé. » Je suivais finalement le regard de mon vis-à-vis vers un père et sa gamine. Ce qu’ils devaient être savoureux. Hélas, chien de garde ou non, c’était devenu interdit. Verboten, comme l’aurait si largement souligné mon créateur s’il avait été à mes côtés. J’avais toujours détesté son habitude de me rappeler aux bonnes mœurs en allemand mais chacun son truc dit-on. « Je suis au courant, message parfaitement reçu. Rester calme, sage, tranquille, civilisé et ne pas enfreindre les lois. » J’étais tenté d’ajouté que j’étais un brave petit vampire sur ce ton où les humains parlaient à leur chien quand il avait réussi un tour mais je me disais que ça ferait un peu trop.
    Bon Dieu... il avait raison sur ce point-là, c’était terriblement facile de prendre le mauvais chemin et de se prendre au jeu. Je m’amusais d’ailleurs énormément ces temps-ci mais pas comme les miens, je jouais à un jeu nettement plus sournois. La question qui suivi sonna tellement creux que j’eus presque envie de rire. Si je n’étais pas un fan des discussions sur la pluie et le beau temps, je m’amusais tout de même un peu. « Le jeu, c’est surfait et puis il faut un partenaire à la hauteur pour ça. » Ne m’étais-je pas venger de la mort de mon agréable garce préférée dans l’espoir d’avoir un ennemi après tout ? Bon, je n’avais pas réellement besoin d’excuses, je l’admets mais il faut bien justifier certaines circonstances parfois. S’il prenait cela comme de la provocation, c’était bien dommage. Pour une fois, ça n’était pas mon but, il fallait en profiter.
    L’inconvénient, c’est que je ne pouvais me permettre de jouer avec mon traqueur ambulant. On risquait de m’en tenir rigueur...
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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Sam 7 Déc - 18:01

Spencer était en train de l'analyser, Yaâqov savait que tout ce qu'il disait et faisait, n'étaient qu'indice de plus sur qui il était, mais surtout sur ce qu'il n'était pas. Il avait fait mine de se soucier de ce que pensait l'autre à son égard, à vrai dire, il y avait bien longtemps qu'il avait arrêté de se demander ce que l'on pensait de lui, de quelle était sa place dans ce monde à quel point en était important ou pas. Personne n'était irremplaçable, surtout quand on est plus personne, quand la honte coule dans vos veines et que tout ce dont en quoi vous avez toujours cru et sacrifié votre vie vous abandonne lâchement. Quand la solitude vous fait clairement comprendre que vous n'êtes plus rien pour ce monde, pour personne, que vous ne faites ni partis des vivants, ni partis des morts. Pouvait-il être victime de la guerre ? Certainement pas, il en était pas mort après tout, il demeurait prisonnier pour toujours. Mais l'on peut vivre même si personne ne vous aime, on peut encore trouver une certaine satisfaction dans des activités plus ou moins licites. Mais quand on arrive à ce stade où l'on n'a plus même de considération pour soit même, quand on s'habitue à ne plus rien ressentir, que la seule chose qui puisse vous donner cette sensation d'exister vous est strictement interdite... A quoi bon ? Il ne restait plus qu'à obéir et à attendre, attendre la fin de cette prise d'otage qu'était sa vie.

Yaâqov lui expliquait sans chercher à mentir ce qu'il faisait ce soir là, lui disant clairement quel était son rôle en cas d'écart. Pourquoi ne pas être honnête ? Après tout, le blondinet en savait beaucoup plus sur l'autre, ce n'était qu'être équitable d'une certaine manière bien qu'il doutait que son nom ait la moindre importance pour le second. A ses yeux, le blondinet ne serait qu'un cabot qui le surveille de temps à autre quand il n'y avait personne d'autre pour le faire ou quand Julien savait qu'il était temps d'éloigner Yaâqov des meurtres qui pourraient le faire de nouveau basculer dans cette folie démoniaque dont peu d'individu en sont au courant par simple sécurité. C'est alors que ce Spencer récitait sa leçon de bonne conduite avec lassitude, il était clair que ce type s'ennuyait des lois, il n'aspirait qu'à être libre. De toute évidence, il ne savait pas ce que c'était d'être vraiment prisonnier.

La réponse à sa question fut assez particulière, probablement pourrait-on prendre cela pour un défi. Mais le blondinet n'était pas du genre à se prendre au jeu, il n'aimait plus jouer. Il n'aimait plus grand-chose... Le dévisageant toujours, qu'est-ce qu'il entendait par partenaire à la hauteur. Pour ainsi dire, Yaâqov avait plutôt pensé à un jeu de traque d'humains, sans quoi quel intérêt ? A chacun ses lubies, ses vices après tout. Le blondinet demeurait alors silencieux en le fixait de ce calme déroutant qui le caractérisait tout bonnement avant d'enfin répliquer « C'êtrre un chose de la savoirr sienne leçon... » Il n'achevait pas sa phrase, pourquoi faire après tout ? On avait tous deviné où il voulait en venir. Spencer avait beau faire le vampire de compagnie obéissant, il fallait se méfier des apparences quoi qu'il advienne. Base élémentaire à l'école de la vie. Par cette simple phrase il avait signifié au second qu'il ne se laisserait aucunement convaincre par ces talents d'acter, enfoiré de menteur... Il était comme les autres quoi qu'il en pense. Malgré sa gueule d'ange il savait être parfaitement grossier, cette discussion semblait déjà avoir duré que trop longtemps déjà à ses yeux. C'était d'un ennuie mortel, bien plus depuis qu'ils étaient obligés de tenir une conversation... Alors il amorçait un geste de repli, un pied lentement dirigé en arrière du second avant de basculer son poids plume sur celui-ci et exécuter un premier pas en arrière qui signifiait sa volonté de se tenir en retrait où il pourrait toujours le surveiller sans être pour autant forcé de converser avec lui. « Maintenant tu savoirr mienne face. » Il n'avait rien à craindre de Yaâqov s'il se tenait tranquille après tout. Il connaissait son visage mais surtout ses intentions. Le visage toujours figé, il ne dégageait pas cette lueur de vie qui permettait parfois de confondre les vampires aux humains. Rabattant sa capuche lentement en dessinant un sourire infime qui ne savait pas même apporter un souffle de vie sur ce visage qui s'apprêtait à disparaître sans jamais être bien loin.
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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Sam 7 Déc - 19:29

    Le regarde qu’avait jeté mon chien de garde vers la petite famille m’avait titillé jusqu’à maintenant. Si j’avais eu un regard avide, le sien avait été plus... viscéral, inconscient. Il m’avait fallu un moment pour le décrypté mais je savais précisément à quoi m’en tenir à présent. Ce type, en plus d’être un vampire, d’être comme mort, cachait la folie, le massacre. Il n’avait pas seulement songé à leur sang, il les avait simplement vus avec indifférence. Il était froid, éteint, pire que moi sous bien des angles. J’étais presque persuadé de ce que j’avais vu mais je n’avais pas beaucoup de solution pour tester mon impression.
    Si j’étais désormais persuadé d’une autre chose, c’était que vivant, il avait dû en baver. De traits grossiers, mal assurés, vieillis, des chiffres sur un bras ne trompaient pas. Son accent et cet indice m’empêchait de me planter. Juif. Ce mec était juif, il avait vécu plusieurs vies car quoi que l’on en dise, un homme peut renaître plusieurs fois autrement qu’en mourant pour de bon ou en changeant.
    Je n’avais encore rien dit, je rassemblais quelques idées de ça de là... participant à la conversation sans vraiment m’y investir totalement. Quand bien même, il n’en avait pas plus à faire que moi. Mon sarcasme et mon ironie passant pour ce qu’il était, de l’ennui.

    Pas plus dupe que moi, il ne termina pas sa phrase. Je me fichais comme de ma première chemise de ce qu’il pensait de ma capacité à respecter les règles ou non. Je les suivais, pour l’instant. Cela était bien la seule chose qui importait à Julien que je sache.
    Alors qu’il s’apprêtait à partir sans pour autant lâcher son job, je tentais ma chance... délaissant l’anglais pour l’allemand. Un allemand un peu vieillot mais compréhensible. « Mort... mort et abattu. Pantin sans âme, programmé pour avancer en automatique. » Je compris à son regard qu’il me comprenait parfaitement et même beaucoup mieux. Je poursuivais dans la langue de Goethe. « Un monstre en cage qui en surveille un hypothétique autre... quelle ironie. Je me demande comment on-t-il donc dompter le monstre qui a vu de véritable monstre de son vivant. » Ne jamais reconnaître ses torts.
    Je m’appuyais sur les coudes en regardant le ciel puis un petit groupe d’adolescents, saisissant son regard dans la foulée encore une fois. « Le sang nous manque à tous, nous vivons pour ça. Respecter les règles n’empêche pas de penser... Et je n’oublierai jamais le goût du sang sur ma langue, la sensation de la chair percée, l’odeur exquise de la peur ou du désir inconscient, le regard expressif de chaque humain. Je n’ai aucune foi en l’humanité, pas plus que j’ai foi dans cette mascarade qui se fait passer pour de la paix. » Ce que je me demandais à présent, c’était comment avaient-ils maîtrisé la bête que ce type pouvait devenir. « Et la chasse... la frayeur, l’impunité. Ce sentiment de toute puissance et d’excitation en tenant au creux de sa main la vie fragile d’un tiers. »

    Combien d’entre nous pouvaient s’en tenir à ces règles ? Combien d’entre nous parviendraient à se maîtriser ? Je m’en savais incapable, pas dans les proportions actuellement requises. C’était la pire de mes certitudes. Tôt ou tard, je m’attirerai des ennuis et j’y allais avec le sourire parce que je ne regrettais jamais mes actes, jamais.
    Je coulais un regard vers le groupe d’adolescent un peu trop sûr d’eux qui nous observait de loin avec un sourire malsain, tous crocs dehors. Du sang si jeune... quel gâchis. Je restais cependant calme et retrouvais une dentition des plus banales.

    « Tristes lois... »


Dernière édition par Spencer Yates le Mer 11 Déc - 17:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Dim 8 Déc - 13:24

Le blondinet c'était apprêté à prendre congé, qu'avaient-ils à se dire davantage après tout ? Spencer avait pu découvrir le visage de l'homme qui l'avait suivi toute la soirée et c'était en soit un privilège pouvait obtenir car Julien demandait à ses agents un minimum de discrétion. Mais alors que le vampire allait s'éclipser le second reprit la parole, mais le langage avait changé et les mots semblaient enfin vouloir signifier quelque chose. Allemand, une langue qu'il avait du apprendre sur le tas dans les camps qui avaient volé sa dignité d'être humain à l'époque il le fut, époque si lointaine que c'était à peine s'il s'en souvenait à ce jour. La sensation de bonheur avait cessé d'exister bien avant le jour de son décès. Le regard du blondinet avait laissé entrevoir une reconnaissance de la langue employée par le second alors que les mots choisis par celui-ci étaient des plus pertinents à son égard. C'était bien la première fois que l'on lissait en lui avec tant de simplicité. S'en était déroutant, ou cela aurait pu l'être. Mais le visage de Yaâqov demeurait clos et hermétique à la moindre émotion. A croire qu'entre monstres ils pouvaient se reconnaître, ne faisaient-ils pas parti de cette grande famille de l'horreur et de l'inhumanité ? C'est alors qu'il s'interrogeait sur les méthodes employées pour rendre le blondinet aussi docile, il ne répondait pas, il n'avait certainement pas envie de le savoir n'est ce pas ? Les gens aiment mieux l'ignorer et être tout simplement insouciant de ce qui les attendait. Ne pas vivre dans la crainte, s'il l'on savait à l'avance ce que la vie nous réserve, à quoi bon la vivre ? Il ne répondait toujours pas, laissant son regard suivre celui de Spencer vers de jeunes personnes insouciantes quand celui-ci venait lui parler du sang et de cette attraction que tout vampire éprouve fatalement pour celui-ci. Cette discussion un brin alléchant semblait apporter des souvenirs ignobles en sa mémoire. Il avait été un homme bien n'est ce pas ? Il ne savait plus vraiment, mais qu'est ce que ça changerait à présent ? Pendant que Spencer avait observé les humains, Kaufman avait lentement tiré sur la manche de son chandail pour masquer ce numéro qui c'était découvert pendant sa marche et qui constituait un indice sur sa vie qu'il aurait préféré garder secret.

L'expression agressive sur le visage de Spencer poussait Yaâqov à en faire de même et sa gueule d'ange prit des allures de démon, prouvant que c'était bien Satan qui l'habitait comme les autres. Caché derrière sa capuche il semblait prés à frapper le plus âgé s'il venait à faire l'idiot. C'est alors que son faciès reprit cette allure plus humaine, mais le blondinet demeurait avec ce regard rouge assoiffé de sang. Puis brutalement il saisissait Spencer par le col de sa chemise, sa capuche retombant sur ses épaules étroites alors que ses canines s'allongeaient sous les yeux du second alors que les adolescents prirent la fuite avec tout le courage et la fierté qu'ils possédaient. Spencer n'avait pas peur et il avait raison car il ne lui ferait rien tant qu'il ne lui en donnerait pas une bonne raison. « Tu ne sais pas ce que c'est que d'être un monstre, mais je suis là. Je t'empêcherais de devenir comme moi. Quand tu mordras leur chaire... Souviens-toi de mon putain de visage, je serais là pour t'arracher des yeux cette folie. » Sa voix c'était faite froide mais l'intonation toujours base faisant de cette menace une sorte de promesse. Puis son visage repris ses allures d'angelot inoffensif, doucement il avait relâché le col de sa chemise et sur son visage sans égratignures se dessinait un large sourire d'une bienveillance mensongère tandis que dans ses yeux brillaient une lueur malsaine, cette folie qui le gouvernait. Maintenant, il pouvait craindre Yaâqov. Il n'était pas un monstre comme les autres, il était fou à lier et d'autant plus dangereux.

Tapotant doucement l'épaule de Spencer, le visage illuminé d'un sourire pourtant si vide de vie. Il reculait, instaurant une distance nécessaire au confort de l'un et l'autre. L'avant bras de nouveau découvert par cette « altercation » il réajustait sa manche car la vue de cette marque encrée dans sa chaire lui était source de colère. « Il y a toujours existé des lois, aussi injustes sont-elles parfois. Quand on vient vous prendre dans votre maison en ne vous laissant pour choix de mourir ou de mourir, sais-tu ce qu'il faut choisir ? » Léger changement dans le comportement du blondinet qui était loin d'être stable comme vampire mais Spencer n'avait pas idée à quel point, cette question pouvait paraitre sans queue ni tête, mais avec un minimum de réflexion (si le second en été doté) cela prendrait tout son sens. A vrai dire, Yaâqov n'attendait pas de réponse de la part du second. Il aurait presque rit de la situation s'il savait encore ce qu'était un rire... Soupirant faiblement l'air d'ors et déjà lassé et son sourire mourrait pour rendre à son visage cette froideur qui le représentait le mieux, comme si cette pulsion d'adrénaline était déjà passée pour ne laisser place qu'à un semblant de conscience artificielle fragile comme du verre. Cette façon qu'il avait de le fixer signifiait simplement qu'il n'aurait jamais la bonne réponse.

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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Mer 11 Déc - 17:41

    Je ne m’étais pas imaginer reparler un seul mot d’allemand un jour. J’avais commencé à apprendre cette langue par nécessité quand j’étais humains et j’avais terminé de l’apprendre lors de la seconde guerre, toujours pas nécessité. Quand bien même, elle m’avait été d’une grande utilité à l’époque, elle n’en avait plus eu depuis. Comme quoi... tout arrive. Mais j’avais vu juste, plus juste encore que je ne le croyais. La question n’était pas de savoir comment, ni pourquoi. Je n’en avais cure. Ce que je voulais savoir, c’est si cela pourrait m’être utile. La plupart de mes questions étaient en générale inutile... ou plutôt la réponse que l’on pouvait y apporter. Je ne faisais jamais rien sans raisons, qu’elles soient mauvaises ou non.
    Tout cela n’empêchait cependant pas le fait que ce que j’avais dit demeurait vrai. Museler la nature est une bêtise. Tôt ou tard, ça se paie. J’en étais une preuve vivante bien que tous l’ignoraient. J’étais un tortionnaire, un assassin, un sadique, un monstre... Je pouvais refréner mes instincts et mes envies autant que je le voulais, je finirai par céder, encore.

    Quand ce brave toutou me saisit par le col, je retins de justesse un geste malheureux et souris de façon on ne peut plus clair à la place. La situation m’amusait très clairement tant qu’il restait dans les limites du raisonnable, auquel cas je n’hésiterai pas un instant à lui arranger le portrait provisoirement. « Je te pensais plus intelligent que ça mon cher. Nous sommes tous des monstres en puissance. » Encore une fois, ne pas parler de mon cas même si j’étai plus que fier de mes œuvres. Tous ou presque, car on ne pouvait pas se vanter d’être invisible en permanence, ignoraient qui j’étais en réalité. Je brûlais parfois d’agir comme je l’aurais fait au bon vieux temps. « Encore faut-il pouvoir agir. Quant à ton visage, je ne l’oublierai pas. Sois-en certain. » Si la menace ne pouvait passée inaperçue, ma promesse pesait tout autant. J’oubliais qui je voulais oublier et il n’en ferait pas partie.
    Je remis mon col correctement, l’époussetant. Je crois que c’était toujours ce qui avait agacé le plus Sandra. Je pouvais entrer dans une colère noire et une rage folle en un rien de temps ou ne pas réagir du tout à ses provocations. Il en allait de même avec chaque chose, chaque personne. Tout dépendait de l’attitude, de l’intonation, des circonstances... Je ne cernais pas moi-même les déclencheurs, pas toujours. C’était peut-être ça le pire.

    Je souriais à pleine dent devant ses belles phrases. Je me foutais de la douleur des autres, de leur problème, de leur histoire. Chacun son vécu, ce qu’il en avait été fait ne me regardait pas. Je me rappelais des guerres avec une joie malsaine au point d’en tirer quelque satisfaction. Mon sourire, tout de crocs vêtu, je lui répondais. « Mourir mon cher, c’est ce que j’ai fait lors de la première guerre. Et j’ai choisi pour d’autres. Douce époque révolue... Mourir plusieurs fois dans une vie n’est pas un problème, c’est la suite qui est intéressante, ce qu’on en fait. Je suis mort plus d’une fois et j’ai vécu plus d’une fois... sans jamais m’ennuyer très longtemps. » Comprendrait qui pourra mais ça n’était certainement pas clair pour mon chien de garde. « Chaque guerre fut et sera pour moi le paradis sur terre. »
    Un monstre, j’en étais déjà, nous étions juste des monstres différents. Je pouvais être plus d’un monstre à la fois et cela me ravissait. Je comptais expérimenter encore bien des choses et je ne laisserai personne me priver de cette joie sordide que je ressentais en donnant la mort. Je n’avais pas soif que de sang... j’avais soif de la terreur de mes proies, de leur questionnement, de leur résignation, de leur abandon, de voir la vie les quitter. Le tout était de parvenir à jongler avec moi-même et c’était bien ça le plus compliqué.
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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Lun 16 Déc - 7:28

Yaâqov n'avait pas oublié à qui il avait à faire, il savait bien que celui-ci pouvait très bien décider de le tabasser si le coeur lui en disait et il ne savait pas vraiment qui sortirait vainqueur d'un combat avec ce second, la haine que Yaâqov emmagasinait était avantage comme inconvénients bien que son plus jeune âge de démon lui était défavorable, ils étaient deux monstres incomparables dont le combat pouvait conduire à bien des souffrances, mais quand serait-il d'une alliance ? Il lui parlait de faire preuve d'intelligence et il se contentait de lui sourire, du moins à essayer de faire quelque chose qui y ressemblait malgré cette lueur malsaine. L'esprit de Yaâqov était tout ce qu'il y avait de plus dérangé en ce monde. Il l'observait réajuster ses vêtements avec dédain et cette façon d'être hautain par un simple geste si insignifiant. Il en fallait beaucoup plus pour heurter la sensibilité du blondinet. Sa réaction n'avait été en rien de la colère ou de la volonté à jouer les gros durs avec Spencer. Pourquoi faire après tout ? Tout ce qui importait le Polonais finalement c'était bien que celui-ci se tienne tranquille et puisqu'il avait tant tenu à le rencontrer, il avait tout intérêt à savoir ce qui l'attendait s'il faisait le moindre pas de travers sous sa surveillance, il ne lui laisserait aucune chance. Mais finalement, il avait eu cette chance de voir le visage de sa véritable mort qui planait au dessus de sa tête. Bien sur que si Julien ne lui avait pas donné cette consigne, il se serait pas mal fichu de ce crétin d'ébéniste persuadé de tout savoir de la mort, de la monstruosité de leur espèce. Il n'en connaissait rien, il était juste un de ses hommes avec ce caractère dominant dont la nature de vampire les transformait en prédateurs sanguinaire.

Il parlait de la guerre comme d'une époque de bonheur et de jouissance, Yaâqov avait vécu la guerre sous de si différents aspects. D'abord comme enfant qui perd son père pour cette stupidité sans nom ; puis ce fut son tour de mourir. Dans les camps, victime au plus au point avant de devenir fou à lier. Puis il était passé dans l'autre camp et ce fut à son tour de tuer à la surveillance de cette putain de frontière sans savoir pourquoi il le faisait. Le sang, toujours plus de sang... Il n'en aura jamais assez. Puis il y avait eu ce transfert en Ecosse, une pulsion sanguinaire et la bête c'était échappé dans la nature avant d'être traqué par ce cher Julien au milieu des années sanglantes pour être enfermé de nouveau, pour souffrir encore et encore. Dressé comme un chien pour lui obéir, pour être cette chose vide de volonté qu'il était à ce jour, vivant dans le mensonge à croire encore que les nazis vont venir le prendre et puis cet humain... Cet homme venu de nulle part qui lui annonçait que la guerre été achevée depuis des décennies, que la guerre n'était qu'un mensonge et qu'elle était juste dans sa tête, dans son coeur... « Tu t'ennuiera quand tout cela n'aura plus de sens. A quoi bon vivre plusieurs fois ? Cela n'a pas la moindre importance, ta vie est insignifiante. » Tout comme la sienne, Yaâqov n'était pas un vampire en conflit avec sa nature, à vrai dire il était plutôt le genre passif, victime et dénudé de volonté. Blessé par le passé, la guerre encrée jusque dans sa chair, jamais il ne s'était réveillé comme les autres vampires. Jamais il n'avait reprit son souffle, la mort n'avait pas été un nouveau départ, juste la continuité de son calvaire. Spencer ne croyait pas en dieu, mais Yaâqov savait qu'il n'y avait qu'auprès de celui-ci que la mort prenait sons sens. Personne ne lui avait appris à vivre avec sa nature de vampire, personne ne lui avait donné cette chance de vivre enfin. On l'avait utilisé et à présent il n'était plus que l'ombre de lui-même, une arme que l'on privait de droit de liberté par défaut d'avoir le temps à lui apprendre à se sociabiliser. De lui apprendre les bases de l'humanité tels que le désir, le sentiment d'appartenance, les émotions... Seuls les souvenirs semblaient pouvoir encore l'animer, coquille vide qui s'emplissait de colère et de soif pour continuer à fonctionner. Mais pour combien de temps encore ?

« Un jour la guerre reviendra, elle revient toujours. Finalement, elle ne nous quitte jamais. Tant qu'il en restera des précepteurs... Ou des résidus... » Lui-même étant bien évidement un résidu, un reste de cette guerre ignoble qui finalement lui collait tout aussi à la peau qu'à Spencer qui l'avait vécu d'un autre front. Tant qu'il y aura des enfoirés comme lui dans ce monde et des faibles pour en souffrir, la guerre persistera. Dieu avait voulu que l'homme soit une espèce diversifiée, mais dieu avait regretté la création de cette race vile et malsaine. Même dieu pouvait se tromper. La nuit risquait d'être particulièrement longue, il aurait cru pouvoir ressentir quelque chose de parler à nouveau de la guerre, mais il n'y avait rien en son coeur. Yaâqov ne savait pas s'il devait se sentir frustré de ne rien ressentir, que pourrait-il y changer ? Soupirant faiblement il lui disait d'un ton bien plus distant cette fois ci, engageant de nouveau cette langue anglaise qui instaurait de nouveau ce gouffre entre eux « Si t'avoir aucune rien à mienne demander de plus je laisse toi... Je pas être gentil compagnie. » La conversation avait à peine durée quelques minutes qu'elle semblait avoir prit des heures aux yeux de Yaâqov. Il était à part dans cet univers où les gens vivent, même les morts. Il était peut-être le seul à être mort, peut-être parce qu'il l'avait été avant même d'avoir expiré son dernier souffle.


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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Ven 20 Déc - 15:46

    J’étais intrigué, très clairement... Cet homme renfermait une folie que je ne pouvais qu’entrevoir et la chose me contrariait. Il était un monstre en puissance, je l’étais aussi mais nous n’étions pas du même type. J’étais du genre minutieux, patient, retord, d’un calme olympien, d’une précision millimétrique. J’étais de cette race de monstre qui, hélas, pouvait également perdre toute contenance. Je renfermais deux monstres et je ne savais toujours pas lequel était le plus dangereux des deux. Peut-être les deux dans le fond, que ce soit pour moi ou pour les autres.
    Cacher des monstres tels que les miens derrière un masque de politesse et de banalité n’était pas des plus simple mais j’adorais ça, je ne pouvais le nier. Le mensonge et l’hypocrisie était devenus des secondes peaux. Mais celui que j’avais en face de moi était bien différent. Plus viscéral, plus animal, d’une rage maintenue en cage qui ne demandait qu’à sortir mais qui était confinée de façon fort curieuse. Un peu comme si elle se brûlait les doigts à chaque tentative. Intéressant. Pourtant, je ne pouvais pas en apprendre plus comme ça. Il faudrait que je le pousse à bout pour ça et le pousser à bout m’attirerait irrémédiablement de gros ennuis, ennuis dont je n’avais pas besoin dans l’immédiat, c’était un fait.
    De plus, quelque part, j’étais à peu près certains que mon chien de garde à gueule d’ange sous estimait l’homme, le vampire, le monstre que j’étais. Qu’à cela ne tienne, je n’étais pas stupide, je n’allais pas réagir de travers parce que mon ego et mon orgueil avait été blessé. Heureusement pour moi, j’avais dépassé ce stade. Mon orgueil avait été blessé plus d’une fois, récemment encore et je devais m’armer de patience, je n’avais pas d’autres choix. Être mis en cage ou recevoir la mort ultime n’était pas dans mes projets, j’avais déjà un boulet accroché au pied et une laisse autour du cou. Dans le fond... les lois n’étaient pas tant responsables que moi mais j’avais la tête dure.

    « Mon cher, ma vie, ma mort plutôt... m’est précieuse. Mais après tout, qu’en savez-vous mon ami pantin ? Vous êtes plus mort que je ne le suis et pour un peu j’aurais pitié. Heureusement pout vous et moi, j’ai oublié ce sentiment il y a longtemps de cela alors que j’étais encore humain. Nous n’en viendrons donc pas à ce moment immonde de la discussion où je tente de vous aider sous couvert de quelques sentiments chrétiens dégoulinants d’hypocrisie. Avec ça aussi, j’en ai terminé. » J’étais parfaitement conscient de qui j’étais, jusqu’où j’étais prêt à aller et ce que j’étais prêt à faire. Je n’étais pas un humaniste, je n’étais pas non plus du genre martyr et encore moins un bon samaritain. Cependant, j’étais prêt à sacrifier certaines libertés pour me sortir des pièges dans lesquels je m’étais fourré tout seul, comme un abruti qui n’avait réfléchi qu’avec ses crocs et ses pulsions. On apprenait constamment, la preuve n’était plus à faire pour moi. J’avais compris ma leçon, parfois, la tentation est une putain doublée d’un cul de sac avec des barreaux en argent. « Quant à la guerre et bien... j’attends la prochaine, je l’attends avec délectation et impatience. C’est le propre de l’être humain mais aussi des espèces dominantes. Nul ne s’en lasse, les guerres font tourner le monde plus sûrement que n’importe quelle économie. Je ne vais pas me culpabiliser d’en profiter. »

    Alors que l’ange mort se détournait pour reprendre sa route, j’éclatais de rire et poursuivais en allemand malgré son retour à un anglais approximatif. « Vous ? De mauvaise compagnie ? Certainement mais divertissant tout du moins. Si j’avais voulu être en agréable compagnie, j’aurais mis les voiles depuis un moment. Vous n’êtes pas mon genre, c’est un fait mais au moins êtes-vous plus distrayant que ces humains qui vivent persuadés d’être en sécurité. »
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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Dim 22 Déc - 23:00

Yaâqov écoutait le discourt de ce vampire, qu'avait-il de si précieux pour se croire à ce point « intéressant »... Il l'aurait bien voulu, il y avait ce fossé entre ce que l'on désir et ce que l'on est. A condition d'encore éprouver du plaisir, chose que Yaâqov n'était pas certain de connaitre si ce n'était qu'en buvant ce substitu de sang qui lui rappelait parfois cette jouissance malsaine du sang humain chaud sortis de l'artère carotidienne qui plongeait immédiatement sa victime dans l'inconscience par hypoxie du cerveau... Une jouissance qui lui avait laissé entrevoir qu'il était encore en vie, qu'il était encore capable d'apprécier quelque chose aussi ignoble soit cette source de satisfaction. Un plaisir qui l'avait dévoré au point de lui faire oublier ce qu'il était, n'attendant que son prochain repas pour revenir à la vie... Le sang humain n'était pas une bonne chose pour Yaâqov, il avait ce pouvoir de l'attirer et de le ramener à la vie et à ces émotions... Emotion de plaisir puis de colère, d'une haine brutale, tout simplement bestiale... Cette colère qu'il pouvait ressentir lorsqu'il tuait, il ne savait pas si c'était un souvenir ou une émotion concrète. Spencer parlait de pitié à son égard, le blondinet aurait presque rit s'il en était encore capable. Etait bien pathétique celui qui éprouve de la pitié pour celui qui n'en avait aucunement besoin. Mais Spencer n'était pas aussi méprisable, il avait un minimum de fierté de toute évidence. Il ne répondait pas, laissant le second s'exprimer librement sur ses attentes sur la guerre bien que dans le fond Yaâqov s'en fichait pas mal, tant qu'il ne faisait rien qui ne puisse déplaire à son maitre, pourquoi s'intéresserait-il des « envies » de celui-ci ? Il n'y avait rien d'intéressant dans son discours. Il était inutile et sans réel sens. Ce vampire se plaisait à se comparer à un monstre, c'était ce qu'il voulait être. Mais l'était-il vraiment ?

Le blondinet tentait une fois de plus à couper court à cette conversation qui l'ennuyait bien plus que l'autre prétendait l'être puisqu'il ne cessait de le retenir à lui. Employant de nouveau cette langue d'un peuple que Yaâqov ne portait pas dans son coeur et si seulement il pouvait ressentir cette étincelle de vengeance, peut-être pourrait-il faire quelque chose d'autre que d'attendre sans cesse. Mais il n'y avait rien, juste le vide qu'il comblait. Le vampire à la gueule d'ange dessinait de nouveau un léger sourire sur ses lèvres, penchant lentement la tête de coté pour lui répondre en cette même langue « Tu voudrais que l'on te craigne, que l'on te prenne pour un monstre, que l'on cherche des réponses à ton mystère... Mais la seule question que l'on se pose pour toi est la suivante : Dois-tu mourir ou peut-on t'accorder encore de vivre... Vois un peu comme tu as de l'intérêt à ce monde... » Et aux yeux de Yaâqov ? Il n'en avait pas le moindre et s'il pensait que le blondinet serait plus tendre sous prétexte qu'ils avaient fait la conversation. Kaufman soupirait faiblement avant d'ajouter le ton toujours aussi froid « Je ne suis pas ici pour te divertir Spencer Yates... Ne te crois pas si différent des humains, tes émotions te trompent... L'envie, la convoitise, l'impatience... Tu empestes ce que tu t'efforce à mépriser. Finalement c'est peut-être toi qui pourrais m'être divertissant... » Pourrait certes, car au fond cela ne lui faisait ni chaud ni froid, si le second se plaisait à croire qu'il n'avait rien gardé de son humanité c'était dans ce cas qu'il était un parfait idiot. Yaâqov lui-même savait qu'il cultivait un reste d'humanité en vivant de ses souvenirs, mais aussi à travers cette infime lueur d'espoir de se sentir vivant par le sang. Son espoir de revivre qu'il avait perdu dans les camps au profit de l'espoir d'être accueilli auprès de son Dieu, le seul, le vrai ; avant d'être rejette par celui-ci même.

Encore un sourire forcé sur son visage que trop parfait pour avoir l'air d'avoir vécu les pires horreurs de ce monde. Dire qu'il avait presque cru que ce type était « comme » lui, non pas fou, mais lassé... En attente certes, mais l'espoir était bien grand dans son coeur et même si la notion d'espoir dans leur cas était malsaine c'était malgré tout un sentiment pur et propre à l'être humain qui cherchait sans cesse à se réaliser. « Rassures toi, je ne suis pas là non plus pour te juger. Si tu veux un peu de sincérité, sache que je me fiche pas mal de tout ça, la seule chose qui m'importe est de te faire saigner comme un chien et de te regarder crever s'il s'en avère nécessaire. » La menace était cette fois ci beaucoup plus claire. Probablement ne serait-il pas le plus simple adversaire qu'il avait eu à éliminer, mais il le ferait sans la moindre pitié à son égard quitte à blesser ce corps pour parvenir à ses fins. Sa loyauté envers Julien était telle qu'il était près à se sacrifier dans une mission folle aussi longtemps que son maitre ne l'autorisera à cesser. Une fidélité que Julien avait obtenue après de longues tortures où Yaâqov suffoquant dans son propre sang et la peau brûlée par l'argent qui était venu à bout de sa rage, de ce vent de folie qui l'avait gouverné pendant toutes ces années et qui pourtant n'était pas essoufflé pour autant et menaçait de resurgit d'un instant à l'autre... Kaufman jetait un regard en direction du second, l'air de lui demander par celui ci s'il avait encore besoin de certaines précisions quant-à son sujet ou si cette fois c'était suffisamment clair. Après tout, qu'est-ce qui pourrait bien l'interesser d'autre que ces intentions à son sujet ?

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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Lun 23 Déc - 13:26

    J’avais bien conscience que je parlais à un mur ou à quelque chose approchant. Je n’aurais normalement pas dû me montrer sous ce jour au chien de garde étant donné ma rencontre... musclée, avec Julien mais ne lui avais-je pas dit que je n’étais pas si facile que ça à remettre sur le droit chemin ?
    Toujours est-il que cet homme-là ne recelait pas la plus petite parcelle de vie. Il marchait, parlait, exécutait les ordres probablement à la lettre, point à la ligne. Il était bel et bien mort, un pantin sans âme, comme je l’avais imaginé. Tout cela était d’un intérêt fort relatif. Mais sa phrase me fit sourire. « Que l’on me craigne ? Je n’ai pas besoin de ça. La crainte est encombrante, trop facilement traçable. Il n’y a pas plus de mystère chez moi que n’importe quel pécore. Vous croyez qu je me pense exceptionnel ? Grand Dieu non et heureusement. Si nous avions tous un égo surdimensionné, nous serions tous incapable de loger dans la même ville. Quant à mon intérêt pour ce monde, j’en ai, c’est un fait certain mais en matière de mort ou de vie, vous n’êtes pas celui qui aura ma peau. J’ai plus d’ambition que cela. » Présomptueux mais vrai, si je devais y passer, ce ne serait pas de son fait ou alors, j’aurais gravement échoué et j’aurais probablement mérité de mourir des mains du pantin à gueule d’ange.

    « Encore heureux que je ne sois pas vraiment différent. Mais s’il y a un qualificatif qui ne me convient pas, c’est l’impatience mon cher. » J’étais patient, trop peut-être. Parfois impulsif mais patient. Mon créateur avait réussi en cela que je pouvais prendre un temps considérable à agir même si les années sanglantes avait mis à mal cette patience sans faille qui me caractérisait jusqu’alors. Il avait réussi autre chose, ma politesse, ce qui n’était pas du tout mon fort dans le temps et ne parlons même pas de ma façon de parler. « On ne peut jamais véritablement se détacher de son espèce d’origine. Si nous n’éprouvions rien, nous ne serions que des cadavres évoluant sans but et sans ambition. » Ce qui me différenciait en revanche, c’était mon absence totale de remords et de pitié. Je n’avais conservé que le pire de l’Homme, y compris sa soif de violence... Ce qui chez moi, avait pris des proportions inquiétantes, loin devant le besoin de sang que j’assouvissais en passant.
    Je ne cherchais pas à me convaincre, c’était vrai. Errer sans but aurait fait de nous des morts marchants, ni plus ni moins. Nous aurions été une espèce faible et condamnée à disparaître. Pour le meilleur et pour le pire, je vivais dans l’attente de carnage et violence malgré le fait que mon contrôle s’en retrouverait irrémédiablement remis en cause, du moins, si les lois ne changeaient pas. Au jour d’aujourd’hui, j’étais condamné -et je le savais-, à sombrer malgré toutes les punitions que l’on pourrait m’infliger. Au mieux, je pouvais couper court et agir en conséquence. J’espérais juste ne pas devoir en arriver là de si tôt.

    « Je suis ravi d’entendre vos projets mais votre maître vous a devancé de loin. Je ne vous ferrai pas ce plaisir, ni à l’un, ni à l’autre. Contrairement à ce qu’il semble croire, je suis loin d’être stupide bien que n’ayant malheureusement pas la science infuse. » Je me redressais d’un bon sur le banc en m’étirant par réflexe inutile avant de regarder alentour. « Un jour peut-être verrai-je chez vous la folie qui couve sous les chaînes. Tout cela sera d’un grand intérêt, je n’en doute pas un instant. » J’aurais sans doute apprécié croisé ce vampire à la belle époque, du temps où je brisais les civils ou les soldats, sans distinction aucun, comme des allumettes chez eux ou dans leurs tranchées à la nuit tombante. Parfois blessés par leurs balles, leur baïonnette ou leur couteau lorsque je prenais plaisir à les approcher pour voir la mort éteindre leur regard définitivement. J’avais encore les souvenirs olfactifs de cette époque, presque des hallucinations tant parfois ces odeurs me semblaient réelles ces derniers-temps... La mort, la putréfaction, le sang, la poudre, la fange et le fer...

    Mais je revins au présent pour ne pas m’égarer trop loin.

    « Si ce jour arrive... J’espère ne rater ça pour rien au monde et être aux premières loges. Je suis sûr que le spectacle sera saisissant. » Le carnage et moi, une belle histoire.
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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Jeu 26 Déc - 20:54

Yaâqov observait son interlocuteur de ses yeux bleus désormais d'un calme que l'on trouve dans les cimetières à des heures tardives, il n'y avait pas de colère dans son regard bien qu'au fond de lui tout cela semblait n'être que magma en fusion. Ce Spencer pensait avoir de l'ambition, qu'un grand avenir l'attendait, mais il n'était rien. Rien de plus qu'un prisonnier de lui-même, prisonnier de guerre, ou plutôt contrairement à Yaâqov prisonnier à la guerre. Le blondinet ne répondait pas, il savait que le second ne ferait rien d'alarmant ce soir là à en juger par ses propos mais il en fallait toujours plus pour éteindre sa méfiance, il n'était pas de ceux à qui l'on apprend son « travail ». Il se souvenait de ces années sous la gouverne des Russes où il avait du égorger tout ce qui passait devant lui, il se souvenait des femmes, des hommes, des enfants... Tous ces éléments qui avaient fait qu'il avait oublié son humanité au point de ne se baser que sur de vague souvenir de ce qui avait pu être un semblant de bonheur pour imaginer ce que c'était d'être humain et d'éprouver encore des émotions, autre que la douleur et la tristesse bien qu'elles faisaient pleinement parti du genre humain. Mais Yâaqov n'était même plus triste, seule lui restait la colère, l'émotion la plus primitive de l'humain, de l'animal, du vivant. Il n'y avait plus que la colère enfouie au fond de lui, étouffé par Julien. Il ne restait plus que la lueur de la colère et les souvenirs du passé qui s'éloignait toujours plus. C'est alors que Spencer lui annonçait que Julien c'était occupé de son compte, le blondinet savait à quel point son maitre pouvait se montrer cruel et imaginatif... Mais il ne montrait rien bien qu'il portait en sa mémoire les marques des coups et blessures qui n'étaient pourtant à ses yeux qu'une accumulation de plus de ce qu'on lui avait déjà fait quand il était humain.

C'est alors que le type se redressait assez brusquement mais Yaâqov ne sourcillait pas, il en fallait bien plus pour le surprendre. Mais les mots qui sortaient de sa bouche étaient assez inattendu. La stupidité n'appartient qu'à ceux qui savent tout, le reste n'est qu'ignorance. Le blondinet fixait le second toujours aussi silencieux alors qu'il avait l'air si pensif. C'était assez particulier comme situation, ce type avait vu assez juste sur son cas, il ne lui en avait rien caché pour être honnête. Il espérait voir Yaâqov céder à ses vieux démons, de le voir dans la folie la plus pure où son corps agissait sans raison, juste animé par cette soif. Une soif intense que l'on pouvait comparer à cette faim qu'il avait eue dans les camps, faisant de ce corps ce qu'il était actuellement. Un rien. Kaufman ne bougeait pas d'un cil avant de lui répondre enfin sans le quitter de ses yeux bleus « Un jour où l'autre ce que l'on construit est détruit. » Le moins idiot était celui qui ne construisait rien. Il avait construit une famille et il n'en restait rien, les vampires construisaient un empire qui s'écroulera tôt ou tard. Et ce que l'on avait fait de lui, cela se brisera comme du verre un jour ou l'autre. Mais il n'était pas garanti que l'on puisse assister à tous ces spectacles de désolation. « C'est ainsi que les choses gardent leur équilibre. Du moins, c'est ce que l'on dit. » La roue de la fortune était capricieuse et il semblait que celle-ci ne voulait pas tourner en la faveur de Yaâqov, il avait échappé à la règle d'une autre manière... Mais pour combien de temps ? Il ne pensait pas que la fortune viendra à lui, sa « libération » ne conduirait qu'à l'achèvement de sa destruction commencée en 1939.

Le blondinet décroisait enfin les bras, laissant ses mains pendre de chaque coté de ses hanches et ajoutait toujours aussi calme « Si mon maitre t’as déjà fait par de ses intentions à ton sujet, pourquoi as-tu mis en œuvre ce jeu grotesque pour que je me présente à toi ? Je n’ai rien à te cacher et je n’aurais aucune sympathie... Que voulais-tu ? » Se divertir ? N’aurait-il pas trouvé plus intéressant que celui qui le surveillait ? N’avait-il pas cherché un intérêt à cette rencontre ? Voulait-il se battre ? Se rassurer ? Ou essayer de le corrompre ? Le blondinet n’avait pas grande idée du profit que l’on puisse imaginer tirer en discutant avec lui,  avec personne en soit... Qu’avait-il voulu et surtout l’avait-il obtenu ou renonçait-il à son objectif premier ? Si jusque là il avait laissé Spencer dominer cette conversation, Yaâqov venait d’y apporter sa première contribution où il s’intéresserait à la réponse de l’autre de façon concrète. Peut-être cela sera finalement aussi intéressant que leurs échanges depuis début de la conversation...
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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Ven 27 Déc - 10:59

    La discussion ne menait nulle part. C’était un fait mais ça ne me posait aucun problème. Je n’étais pas là pour que ça mène quelque part. Au demeurant, elle était malgré tout instructive, intéressante, il y avait quelque chose qui pouvait en ressortir et c’était l’unique raison pour laquelle elle s’éternisait. C’était un mur d’incompréhension qui se dressait entre le blondinet et moi et il était intéressant de voir sous quel angle il envisageait le monde.
    La présence du chien de garde se tenait, c’était un fait. Ma petite rencontre avec Julien n’avait pas arrangé mon cas et je restais, somme toute, visiblement un danger. Ce n’était pas un tort, loin de là. Je ne savais juste pas à quel point il avait compris ce que je pouvais être et ça m’arrangeait.
    Évidement, je n’étais pas disposé à recroiser mon cher général qui à mes yeux n’étais jamais qu’un supérieur pour qui je n’avais que peu de respect. Le fait qu’il connaisse le nom de mon créateur et ses méthodes n’y étaient pour rien. C’était le fait de les utiliser à mon encontre. J’estimais que seul celui qui m’avait fait tel que j’étais avait le droit d’en user sur moi. Dans les méandres de mon esprit tordu, Julien avait manqué de respect à mon créateur même si cela m’avait été provisoirement bénéfique.

    Avec amusement, je dardais sur blondin un regard presque sincère à l’évocation de la destruction. « Construire, détruire, ce n’est pas ce qui importe. L’ennui est le seul fléau. La destruction engendre toujours une certaine agitation, tout comme la construction. » Je songeais, non sans ironie à un film qui avait vu assez juste en la matière. Moi qui avais quelques difficultés avec la technologie en général, j’avais dû voir ce film du temps où il y avait encore une télévision chez moi. Un engin que je n’avais jamais remplacé après sa destruction malencontreuse. « L’équilibre... Les balances naturelles... Je n’ai jamais rien entendu d’aussi idiot. La balance ne tient jamais très longtemps. L’équilibre est dérisoire, provisoire. »

    Je souris finalement à la question de mon chien de garde pour la soirée. « La lassitude, l’ennui, la curiosité. Vous l’avez dit vous même, nous restons habité par une certaine part d’humanité. C’est la mienne. Je me moque de votre sympathie et si nous devons un jour nous affronter, je n’hésiterai pas plus que vous. Ne voyez pas en cette conversation un moyen de vous amadouer, tel n’est pas mon but. Je n’y trouverais aucun intérêt. Ce que je voulais ? Voir de mes yeux mon paradoxal surveillant. Depuis le temps, vous devriez être habitué à cela venant de moi. » Mais je le soupçonnais de ne pas réellement prendre garde et d’exercer son devoir simplement, comme le pantin qu’il était. « Voyez-vous, je suis suivi depuis la fin des années sanglantes. Par les hommes de Julien, par vous, par lui, par qui sais-je d’autre. Cette routine bien huilée a été brisée et ma foi... je m’intéresse à ce qui m’entoure surtout quand il s’agit de ceux qui me tiennent à l’œil. Aussi mince soit-il, l’intérêt est toujours mieux que de faire sa route dans l’indifférence la plus totale. Nous avons tous un but. Vous comme les autres même s’ils sont motivés différemment. »
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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Jeu 2 Jan - 21:11

Il ne semblait pas tout à fait d’accord sur cette théorie de l’équilibre, estimant que l’équilibre était bien trop instable, c’était bien là toute la complexité de l’équilibre. Le blondinet ne répondait cependant rien, c’était bien plus simple que de se lancer dans ce débat perdu. Spencer lui était opposé sur de bien nombreux points et probablement ne pouvaient-ils avoir de même avis en vu de leurs histoires de vies belles et bien différentes. Lui posant enfin une question qui avait un minimum d’intérêt dans cette discussion tout à fait sans intérêt quant-à elle. La réponse de ce type n’était pas satisfaisante probablement parce qu’il ne comprenait pas même ce qu’était que la curiosité, du moins pas de façon poussé au point de faire des choses ridicules, au point de s’intéresser à tout et n’importe quoi. Le vampire n’avait pas quitté l’autre de ses yeux bleus pendant son discourt qu’il avait écouté avec un calme légendaire avant de lui répondre simplement « Tout le monde espionne tout le monde ici, drôle de paix n’est-ce pas ? Je n’ai vu nul intérêt de me cacher si tu savais que je te suivais bien qu’il n’y ait grande utilité à ce que l’on se rencontre ce soir. » Cela n’était qu’un incident insignifiant qui ne changerait rien à l’un ou à l’autre. Aucun n’était redevable à l’autre de quoi que ce soit, ils pouvaient bien partir et oublier le visage de l’autre, cela n’était que sans importance. Mais Yaâqov savait que cela en avait un avantage, celui avait permis à Spencer de savoir qu’il n’était pas surveillé par des novices, mais bel et bien des type qui pourraient lui dévisser la tête si besoin. Pour Yaâqov ? L’intérêt était bel et bien nul. Il n’était pas ennemi de Spencer, à vrai dire il se foutait bien du nombre d’humain que ce salopard avait pu tuer dans sa vie ; il était juste l’allié, un servant de Julien.

Le blondinet soupirait faiblement avant de croiser de nouveau les bras devant son torse sans le quitter des yeux. Finalement peut-être avait-il pu trouver un intérêt à cette rencontre, c’était l’une de ses premières discussions de vampire « libre » et il avait ainsi pu « tester » sa patience envers autrui et se rendre compte qu’il pouvait encore perdurer dans ce monde malgré ce foyer de colère qui grandissait en lui depuis que cet humain lui avait fait comprendre qu’on lui avait menti, qu’on l’avait tout bonnement manipuler pendant des dizaines d’années. Bien que dans le fond il ne savait pas pourquoi il ne cédait pas, comme si son cerveau mettait des barrières dont il avait toujours ignoré la nature. Julien, il n’était pas gradé pour rien... Il était puissant bien que non invincible. La nuit risquait d’être encore très longue, que lui valait cet élan de solidarité pour que Spencer décide de s’y ennuyer autant que le plus jeune ? Yaâqov qui restait des plus silencieux. Son travail ce soir ne consistait qu’à le surveiller après tout ; il n’était pas là pour le divertir. Il pouvait aller, mais il le suivrait jusqu’à ce que l’horizon prenne une teinte qui promettait la venu du soleil, lui laissant les derniers minutes de répit avant son arrivé pour disparaitre en une toute autre direction.

Yaâqov savait pertinemment pourquoi Julien lui avait demandé de surveiller l’ébéniste plutôt que de faire une tache plus « digne » des « compétences » du blondinet. Il le savait instable, assez instable pour organiser une seconde ronde pour espionner Kaufman qui repérait déjà sa présence. Un novice, messager ; ou quelqu’un d’expérimenté capable d’étouffer sa folie. Le blondinet aurait presque été moqueur tellement cette situation était grotesque penchant légèrement la tête en fixant Spencer croirait-il qu’il avait du renfort ou comprendrait-il que lui aussi était sous surveillance ? « La discrétion est encore à travailler... A partir de quand as-tu senti ma présence ? » Il y avait encore du boulot à faire de ce coté là, il fallait dire qu’il n’effectuait pas assez de « mission » de ce genre pour être ce que l’on pourrait qualifier de doué, mais il était suffisant.
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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Ven 3 Jan - 13:04

    L’équilibre était une chose assez bancale, bien trop bancale pour que je n’y accorde une quelconque importance en dehors de ce qui me concernait du moins. Cela dit, le fait que nous soyons en désaccord tacite n’avait rien de surprenant. Nous étions lui et moi des êtres diamétralement opposés.

    Je haussais les épaules à l’évocation de l’espionnage. « On s’y fait, on s’y plie quand on n’a guère le choix. Ce choix, je ne l’ai pas, il ne m’appartient pas le moins du monde. Je vous l’ai dit, la paix est une chose relative, trop relative pour que le mot concernant cet état soit utilisé à tort et à travers. Qui est en paix ? Les humains ? Ils sont tourmentés par nos seuls présences, celle des loups et celle de ces semi-démons. Nous sommes nous même tourmentés par nos propres natures, les loups ne doivent pas se porter mieux, quant aux semi-démons, ils sont plus instables que nous le sommes. Alors qui est en paix ? Je me le demande ! » Cela dit, ça n’avait effectivement aucun sens de rester planqué alors que je l’avais senti me suivre. Je devais lui reconnaître cela, je n’aurais pas agi différemment. « Vous n’avez pas tort. » Continuer à me suivre en tentant d’être discret aurait été particulièrement inutile et puis je me serais profondément ennuyé pour le reste de la soirée. Fâcheux. Fort heureusement, il avait répondu à mon mot doux, comme il l’avait appelé. Je me demandais finalement combien de vampires Julien m’avait mis sur le dos d’autant que je ne sentais pas toujours qui me suivait ni depuis quand. Non pas que cela avait une quelconque importance depuis ma petite séance privée avec mon Général... paradoxalement, cela m’avait aidé provisoirement mais m’avait rapproché plus encore de mes démons que l’attente d’une probable action.

    Pourquoi donc me faire surveiller par un type presque aussi instable que moi ? C’était la question majeure à laquelle je n’aurais pas de réponse. De toute évidence, cet homme là n’était pas taillé pour ça, du moins, il l’était autant que j’étais taillé pour vivre en paix.
    J’allumais une cigarette alors qu’il me demandait des précisions. Pourquoi pas après tout... « Vous vous fichez presque d’être vu, vous ne faits pas attention. Tout est important, y compris les passants, votre reflet dans une vitrine, n’importe quoi. En l’occurrence, là, c’était un miroir d’angle de rue et une passante qui vous a regardé comme si elle avait vu la mort en personne. J’ai rarement vu quelqu’un traverser si vite. Cela dit, votre ami ou que sais-je est encore moins doué que vous. » Les humains que nous avions effrayé tout à l’heure avait fait un détour qui ne trompait pas vraiment. « Pour des humains, ça suffirait mais quand il s’agit des nôtres... il faut voir s’ils sont aussi conciliant pour la surveillance ininterrompue que moi. » La surveillance dont je faisais l’objet me servait cela dit, puisque j’avais le devoir, pour ainsi dire, d’éviter de les ramener dans l’environnement proche de Freyja. Je pouvais ainsi l’esquiver comme bon me semblait. Tout n’avait pas que des désavantages.
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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Lun 6 Jan - 13:14

Spencer était un vampire plutôt intelligent il devait le reconnaitre bien que ça ne change pas grand-chose mis à part qu'il devait s'en méfier, mais ça il le faisait déjà. Et puis il n'était pas vampire manipulable, il n'existait rien qui puisse l'acheter. La seule façon de se faire obéir de Yaâqov était de le soumettre par la violence et ce n'était pas chose gagnée pour tout vampire qui parfois se permettaient à lui ordonner certaines choses, il pensait à ce Leslie en particulier... Vampire d'à peine quelques années, si faible et arrogant à la fois. Le blondinet fixait Spencer en l'écoutant parler bien qu'il ignorait si cela l'intéressait vraiment de savoir ce qu'il pensait de la paix, mais il pouvait faire semblant puisque c'était bien ce qu'il faisait la plus part du temps. Le laissant donner son avis qui cependant n'était pas des plus idiots bien que dans ce cas il ne parlait pas de la même « paix ». Les gens ne le sont jamais, la paix intérieure était une chose accessible qu'à de très rares individus. L'instabilité des races n'était que le reflet de leur conflit intérieur. La paix était un vaste sujet, mais elle n'appartenait pas à Yaâqov. Alors que tous avaient pu jouir de la liberté, du droit de choisir, du droit de mourir... Lui, il était resté là dans le mensonge le plus odieux qui soit. Qu'importe, il n'était pas question de lui. D'ailleurs, il n'en avait jamais été question. Si Yaâqov lui-même ne se préoccupait pas de sa personne, pourquoi d'autres devraient se soucier pour lui ? Ce serait défier toute logique, pourtant on ne l'avait jamais laissé tranquille, s'acharnant sur son sort et son être, du moins ce qu'il en restait. Il ne se plaignait pas, il avait compris depuis bien longtemps que cela ne serait que sans intérêt...

Le blondinet demandait alors à Spencer à quel moment il avait perçu sa présence et son explication s'avérait des plus perspicaces ; mais il avait raison. Il n'avait pas cherché à se cacher plus que cela de la vue du vampire. « Pourquoi devrais-je me cacher puisque tu sais que l'on te surveille ? Et peut importe son visage. Cela ne m'amuse pas de jouer, suivre quelqu'un est une tache suffisamment ennuyante. » Yaâqov ne tournait pas la tête en direction de celui qui « l'espionnait » bien qu'il savait exactement où celui-ci se situait. Spencer trouvait Yapaqov plus talentueux pour se faire discret ? Il fallait dire qu'il n'y avait pas grand monde qui puisse prêter attention à lui en règle générale. « Celui-ci est là pour moi. » Répondait-il tout simplement, non pas qu'il souhaitait prouver qu'il était assez dangereux pour que Julien veuilles le surveiller lui aussi, mais plutôt pour lui assurer qu'il n'avait nul besoin de renfort pour lui faire la peau. Son maitre devait s'assurer que la loyauté de Yaâqov perdure, n'était-ce pas ce qu'il lui avait dit ? Une injustice de plus dans un monde qui se plaisait à encore croire que la justice gagnait. Il n'y avait pas de justice, juste le profit des plus forts. Pourtant aujourd'hui il n'était plus faible, il pouvait se battre, il pouvait réclamer sa liberté, il pouvait réclamer sa vengeance... Mais pour aller où ? Pour faire quoi ? Et pour qui ? Il ne faisait rien pour lui-même, probablement l'un des rares individus de ce monde qui ne cherchait pas à faire profit. Subissant tranquillement sa peine. Il y en avait qui étaient fait pour commander, d'autres pour subir. Yaâqov faisait partis de ceux qui subissent.

Il restait là, debout face à celui qu'il était sensé surveillé. A vrai dire, il se serait bien débarrassé de cet imbécile de garde bien qu'il ne savait pas vraiment pourquoi. C'était cette colère qui le poussait à penser de la sorte, mais tant qu'il ne passait pas aux agissements tout irait bien n'est-ce pas ? C'était déjà tellement nouveau de récupérer la possibilité de pensées, même si celles-ci étaient des plus lugubres... « Il parait que tu parviens à échapper à cette surveillance parfois ; il faut dire que cela ne consiste pas à un exercice difficile. Je n'ai pas l'habitude de suivre les gens ; mais puisque tu me donnes conseil je tacherais d'en faire usage le jour où cela s'en avéra utile... » Car jusque là il n'avait jamais eu besoin de se cacher, mais qu'en était-il de l'avenir si avenir il y avait un jour ? Le blondinet ne considérait pas qu'il était redevable des conseils donnés puisqu'après tout il n'avait rien demandé. On ne lui avait pas enseigné comment suivre les gens, pas plus qu'on ne lui avait enseigné comment les tuer. Il avait appris sur le tas comme dit, il parait que c'est la meilleure école...
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MessageSujet: Re: Pour changer, j'attends. Ω [Livre II - Terminé]   Mar 7 Jan - 16:17

    Racontais-je des choses intéressantes ? Peut-être, peut-être pas. Je me divertissais, ou plutôt, je m’étais diverti. Je savais fort bien que tout ceci ne mènerait à rien. Au final, j’avais vu à qui j’avais affaire et bien que nous ayons à présent une conversation constructive qui fonctionnait presque dans les deux sens, je perdais mon temps. Lui et moi ne pouvions nous comprendre, c’était un fait constaté et cette gueule d’ange n’était pas assez angélique pour capturer mon attention indéfiniment. Quoi que fort intéressant, je n’allais pas passer la nuit à papoter sur un banc dans les alentours d’Edimbourg.

    L’écoutant réagir à ma remarque sur le fait que je l’avais grillé rapidement, je souris. « C’est bien ce que je dis, vous ne vous intéressez pas à ce que vous faites concrètement, vous ne pouvez donc que vous faire repérer. » Cet homme n’était pas discret pour un balle, pas plus que celui qui le suivait d’ailleurs. À se demander si ce cher général ne le faisait pas exprès, histoire de tester nos nerfs. Les miens se portaient bien, fort heureusement.
    « Comme c’est drôle. » Je ne trouvais rien d’autres à dire. En vérité, cela m’amusait effectivement grandement de savoir qu’il était lui aussi surveillé. Mais sa crédibilité, pour peu qu’il en ait eu à mes yeux, n’existait plus désormais.

    Une grande bouffée de nicotine, substance aussi inutile à mon organisme d’un steak saignant, et je reportais mon attention sur mon surveillant de la soirée non sans hausser les épaules. « C’est effectivement vrai. Il m’arrive d’en avoir assez, tout simplement. Dans ces cas-là, j’esquive, je sème, que cela plaise ou non. » Et ça, il ne fallait pas être un génie pour s’en douter. N’importe qui finirait par semer quelqu’un à un moment ou à un autre, ou au minimum, en éprouvait le désir. Moi qui n’étais pas quelqu’un de véritablement sociable, être suivi me gênait autant que cela m’indifférait, un paradoxe complet.
    Je revins ensuite sur terre, à proprement parler. Finissant de tirer sur ma cigarette avant de l’écraser méthodiquement, je jetais un coup d’œil alentour pour finalement regarder Yaâqov. « Il est temps pour moi de rentrer. Vous comme moi nous fichons de cette conversation mais en avons appris suffisamment. Il ne serait pas très crédible de ma part de vous invité à faire le chemin. D’autant plus je sais que vous serez sur mes traces malgré tout. Sur ce, je vous remercie et je vous souhaite une bonne fin de nuit. Remettez donc mes amitiés au général. » Je prononçais cette phrase en anglais. Fin de la discussion, nous y avions mis bien assez d’efforts tous les deux pour en terminer maintenant. Il ne fallait pas gâcher les bonnes choses. De la vitesse qui est la nôtre, je pris ma route. J’avais assez joué cette nuit.


HRP : Je me voyais pas encore éterniser leur rencontre, j'ai préféré m'arrêter là. Libre à toi de réagir ou non.
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