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Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Dim 10 Nov - 1:27




Biting words like a wolf howling

L'aiguille ? Quelle aiguille ? Camille fermait les paupières volontairement pour oublier ce que le toubib était en train de faire. Petite nature ? Disons qu'en tant que métamorphe, il avait toujours fui les hôpitaux et le personnel médical. Se retrouver confronter à une seringue restait presque inédit pour lui et rien qu'à imaginer le métal froid transpercer sa chair, il en avait la chair de poule. Ironique venant de quelqu'un s'étant recousu lui-même par le passé ? Il maîtrisait l'outil, la situation n'était en rien similaire. Maîtriser ? Avec l'alcool qu'il avait ingurgité, il était vrai qu'on pouvait douter de ce point mais peu importait. En vérité, il en avait simplement ras-le-bol de passer de main en main et de faire subir des doses médicamenteuses affolantes à son organisme peu habitué à ce type de traitement. De quoi se plaignait-il sinon du luxe d'être soigné ? De son propre comportement et de sa bêtise, assurément. Il savait pertinemment qu'il ne pouvait pas prendre le risque d'une transformation et pourtant, pas un instant il n'avait cherché à contenir sa part animale quand Kate lui avait expliqué la situation. Au bord de la crise de nerfs constamment, il ne pouvait pas s'attendre à une autre réaction. La moindre impulsion pouvait faire basculer son équilibre bancale des dernières semaines. Le voleur pouvait s'estimer heureux que les dégâts n'aient pas été bien pire que des plaies légèrement rouvertes. Après avoir fini les soins basiques, le médecin jugea bon de lui administrer un calmant plutôt puissant au vue de sa tension élevée et de son rythme cardiaque bien trop chaotique. Le volatile dû s'empêcher de ricaner quand Jake lui déclara très naturellement qu'il devrait apprendre à se ménager et à se détendre. Entre la trahison et la menace d'une rupture d'alliance, il avait vraiment tout le temps de se reposer et d'être zen. Il essaya de négocier avec le pédiatre mais ce dernier, au final, ne tenu pas compte de son avis et lui injecta un sédatif. Les effets commençaient seulement à s'en ressentir une fois qu'il fût dehors habillé et rabiboché. Un petit vertige le surprit mais il le dissimula à son meilleur ami habilement en ouvrant au même moment la porte de sa voiture côté passager. Il était  encore assez réfléchi pour confier son jeu de clés à Alan et ne pas reprendre la route seul. Une fois assis à l'intérieur de l'habitacle, le métamorphe coula un regard déjà un peu nébuleux mais néanmoins inquiet, sur son conseiller et regretta sincèrement qu'il n'ait pas voulu qu'on touche à sa morsure. Le français était trop las pour se lancer dans un débat féroce avec l'homme le plus têtu du monde. Au moins, il savait que sa femme serait assez vigilante pour le forcer à consulter si jamais sa blessure devenait trop sérieuse. C'était là, sa seule consolation.

Le corbeau cala sa tête dans son siège et trouva étrange d'être de ce côté dans sa propre voiture. Son esprit commençait à devenir un peu brumeux, ses raisonnements un peu décousus et son pouls plus lent. Le sale mélange antidouleurs et calmant rendait leur hôte partiellement groggy et désorienté. A moins que ça ne soit la conclusion et conséquence logique à tout ce bazar. Le voleur soupira lourdement et refoula sa culpabilité oppressante ainsi que ses souvenirs douloureux. Il n'était pas prêt à assumer ce qu'il s'était passé ici et à Wolfheaven. D'une voix, un peu endormie et lointaine, il articula doucement « Merci de me ramener. » Il offrit alors l'ébauche d'un sourire peu convaincu à son conducteur. Encore une fois, il avait dû s'imposer à son presque frère, l'accabler de son incompétence et devenir un véritable poids pour lui. Il savait pertinemment que laisser son épouse repartir de son côté ne lui avait pas plu – ne leur avait pas plu, et pourtant, il était resté tout de même. Il s'occupait de lui malgré tout. Et pour ça, le changeur lui serait toujours éternellement reconnaissant. Sa sollicitude à son égard dépassait toujours son bon sens. Il devait tellement à Alan que ça en devenait ridicule. Il ne pourrait sûrement jamais lui revaloir cela dans cette vie, ni dans la suivante d'ailleurs. Il essayerait néanmoins – en commençant par endosser dignement son rôle de parrain auprès de son enfant. Le leader tendit lentement et pesamment un bras vers la radio pour diminuer son volume quand le moteur fut allumé avant de se rappeler qu'en arrivant ici, il était déjà accompagné de Dafné et avec donc adapté de ce fait, le son. Il relaissa tomber son membre mollement sur sa jambe. Chaque geste qu'il exécutait, tiraillait ses plaies mais grâce aux drogues diverses, cette douleur était relativement bien supportable.

Le jeune homme trouva vite son silence inconvenant – à moins que ça ne soit tout ce qui se disputait le terrain dans sa tête sans son consentement. Quoiqu'il en soit, il se décida à déclarer très calmement pour froisser l'absence de conversation « Tu bosses demain, je suppose ? » Camille étouffa un bâillement et ouvrit un peu sa vitre d'un geste gauche afin de laisser l'air frais du soir le cueillir, le réanimer un peu. « Désolé que tu aies dû passer ta soirée d'anniversaire comme ça. Je n'ai pas réfléchi quand j'ai... Programmé tout ce bordel. Je vous inviterai au restau', toi et Kate, pour me faire pardonner. » Oui, le français essayait d'y mettre du sien pour mener une discussion plus ou moins normale. Il ne voulait pas reparler des événements et remuer leur situation. Il était fatigué et planait un peu de surcroît. Ce docteur l'avait shooté à trop forte dose, plus ça allait et pire c'était. En effet, il était relativement plus serein mais aussi incroyablement confus. Heureusement qu'il n'y avait plus que son bras droit pour être témoin de son état lamentable. Il s'était juré de ne pas amener de sujet délicat sur le tapis et pourtant, plusieurs minutes après cette promesse, complètement largué et drogué, il s'entendit chuchoter « Et si je lâchais tout ? » Il osa même relever les yeux vers son voisin. Tout ? Son rôle principalement. C'était une question plus rhétorique qu'autre chose, il n'attendait pas une réponse. Il ne vivait que pour la question, celle qui revenait le hanter chaque jour, chaque minute, qui le réveillait au milieu de la nuit et cultivait ses insomnies. Abandonner ou pas ? Pour ce que sa présence changeait au final...
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MessageSujet: Re: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Dim 10 Nov - 11:21




Biting words like a wolf howling


Mes yeux dérivaient sans cesse sur Camille, à côté de moi, alors que je me concentrais sur la route qui se déroulait sous les roues de la voiture. J’étais crispé, et ce n’était pas étonnant. Crispé et silencieux. J’avais tenté de prendre les choses en main, j’avais demandé aux métamorphes encore présents de rentrer chez eux. Lorsque Jake était, enfin, arrivé, je l’avais immédiatement conduit à Camille, et je l’avais observé en silence lui fait des piqûres, lui injecter des antidouleurs, le bander : en bref lui donner les soins urgents. Son regard avait bien dérivé vers mon épaule, mais mes yeux foncés avaient stoppé ses intentions quelles qu’elles fussent et je lui avais intimé d’une voix bourrue de se reconcentrer sur Camille, pendant que je réglais les derniers détails. Derniers détails qui consistaient à prendre Kate dans mes bras pour me rassurer et m’assurer de sa santé. Kate. Kate que j’avais, non que le tigre avait oublié pendant plusieurs minutes. Kate qui avait failli, qui aurait pu être blessée. Et notre fils, aussi. Bon sang. Pendant que Jake calmait Camille, je m’étais assuré que tout le monde allait bien rentrer, que Dafné avait trouvé une voiture, et que Kate allait m’envoyer un message dès qu’elle serait à la maison. Moi, je restais avec Camille, pour le ramener chez lui. Vu l’état dans lequel il était, physique bien sûr mais surtout psychologique, je n’avais pas l’intention de le confier à quelqu’un d’autre. Que tous aillent se faire voir, c’était moi qui allais veiller sur Camille. Le QG était vide lorsque je revins auprès des deux métamorphes, et d’un mouvement de tête, je demandais à Jake ce qu’il en était. Il jugea bon de préciser que Camille devait se reposer et se ménager. Nous le savions tous les trois, mais nous savions aussi qu’il n’en serait rien. Parce que Camille était Camille et qu’il prenait tout trop à cœur, bien trop à cœur. Je ne pouvais pas lui reprocher puisque j’avais parfois tendance à faire de même mais je ne pouvais pas non plus l’accepter sans rien faire. Il avait vraiment besoin de se reposer. Mais vu le massacre qui venait d’avoir lieu, alors qu’il avait quitté la pièce qu’une poignée de minutes, je comprenais ses réticences. Mon regard se reporta sur la route. Bon. Mes mains étaient crispées sur le volant – je n’avais jamais aimé ce mode de locomotion – et je grimaçais légèrement lorsque je devais solliciter mon épaule et tirer sur la plaie – légère – qui la marquait. Ce n’était pas une blessure grave puisque le venin allait être évacué de mon organisme dans les jours à venir, mais j’étais aussi conscient qu’il fallait que je sois deux fois plus vigilant qu’en temps normal. Parce que ma vision se brouillait parfois, et qu’il y avait une certaine raideur dans mon mouvement qui trahissait l’effet paralysant du venin du cobra. Saleté de métamorphe reptilien. Camille cala sa tête dans son siège, tendit une main vers l’autoradio, la retira après avoir baissé très légèrement le son. « Merci de me ramener. » Je fus surpris qu’il parle et sursautai légèrement. Son ébauche de sourire se refléta comme en miroir sur mon visage, et je murmurai d’une voix aussi basse que la sienne, et il fallait se le dire : un peu fatiguée : « C’est la moindre des choses. Tu n’as pas à me remercier pour ça. » avant de replonger dans mon mutisme songeur. Je m’étais transformé en tigre En tigre blanc si on voulait être précis, mais l’important c’était que je m’étais transformé en autre chose que le berger allemand, en autre chose que la buse. J’étais réellement un métamorphe, donc, si j’en avais encore eu quelques doutes. Je m’étais transformé en tigre et j’en concevais une certaine fierté. Je m’étais transformé naturellement en un animal bien plus imposant que le berger allemand. Le berger allemand, d’ailleurs, qui avait presque invité le tigre à prendre place, cédant le pas devant un animal bien plus puissant parce que la situation l’exigeait. Ca avait été une erreur, mais le résultat c’était que je sentais encore le tigre palpiter en moi. Ce n’était pas comme pour la buse, dont j’avais forcé l’apparition. Là, le tigre était… il était blotti au fond de moi, à croire que j’avais son agressivité et sa possessivité. A croire que j’avais le caractère solitaire du tigre aussi. Etait-ce son individualisme qui avait pris le pas sur l’esprit de meute du berge allemand ? Je ne savais pas trop. Dans tous les cas, il n’était pas caché au fond de moi, apeuré comme la buse, mais bel et bien blotti, prêt à répondre à ma sollicitation, comme le berger allemand qui acceptait, lui, de partager son territoire. Mon silence sembla gêner Camille qui parla à nouveau. « Tu bosses demain, je suppose ? » Oui, normalement. Mais je peux prendre encore un jour d’arrêt maladie. Disons que je ne pointe pas, et comme il n’y a pas encore de cours à donner, je peux ne pas y aller. Toi, tu ne bosses pas. »[/color] Ce n’était pas une question. « Désolé que tu aies dû passer ta soirée d'anniversaire comme ça. Je n'ai pas réfléchi quand j'ai... Programmé tout ce bordel. Je vous inviterai au restau', toi et Kate, pour me faire pardonner. » Ma voix monocorde s’agaça légèrement, alors que je me concentrais encore davantage sur la route que je ne quittai pas des yeux. « Je suis un grand garçon, Camille. Cette réunion était nécessaire, et j’ai fêté mon anniversaire avec Kate, ce midi. Je ne veux pas que tu nous invites au restau parce que tu te sens coupable. » Je n’étais pas vraiment sympa avec Camille pour le coup. Il voulait visiblement faire la conversation, moi je me repassais les derniers évènements sans relâche pour savoir exactement quand j’avais perdu le contrôle sur ma part animale. Quand est ce que j’avais laissé mon agressivité prendre le pas sur mes tentatives de tempérance. J’étais naturellement violent et agressif, mais ça faisait plus de vingt ans que je m’évertuais à écraser cette part de moi en exigeant de moi plus que quiconque. J’avais tout foutu en l’air, ce soir. Et je n’avais pas envie d’en parler pour le moment. Les minutes s’égrenèrent, et je jetai un coup d’œil inquiet à Camille. S’était-il endormi ou… « Et si je lâchais tout ? » « Camille… » Je négociai un rond point, entrai dans le parking en bas de son immeuble, et me garai en marche avant, ne me sentant pas de tirer sur mon épaule pour me retourner légèrement si j’avais à faire une marche arrière ou un créneau. Je coupai le contact, éteignis la radio, avant de me tourner avec Camille. « Tu aurais le droit plus que quiconque parmi nous de tout lâcher. De t’envoler ailleurs, de te reconstruire une vie autre part, dans un autre pays, de recommencer tout à zéro. Tu en aurais le droit, comme moi je l’ai eu il y a plus de vingt ans. Si tu le fais, je ne te dirais rien. Mais tu ne pourras pas le faire. Pourquoi ? » J’essayai d’happer le regard de Camille et de le fixer dans le mien. « Parce que pour tout lâcher et partir, il faudrait que tu quittes l’Ecosse. Que tu t’exiles. Que tu recommences tout à zéro, que tu lâches réellement tout. Et je te connais, Camille : tu ne pourrais pas le faire. Tu ne pourrais pas lâcher la communauté, tu ne pourrais pas lâcher R… Rebecca. Tu en as envie, mais si tu le faisais, tu reviendrais finalement. Parce que tout lâcher, ça ne se fait pas facilement. Et qu’on a toujours envie de revenir en arrière, de revenir voir les gens qu’on a abandonnés. » Etait-ce la fatigue, était-ce le contre coup de la crise que nous venions de vivre ? Je ne savais pas trop ce que c’était, mais je n’avais jamais autant parlé à Camille de moi. Et pourtant, ça me semblait nécessaire. Lui m’avait confié des parts de son passé lorsqu’il était venu chez moi pour me parler de mes problèmes de transformation. Le contraire s’appliquait désormais, et je n’avais aucune hésitation à lui confier ce dont je n’avais parlé à personne pendant tant d’années. Je déverrouillai les portières, comme pour l’inviter à sortir et à monter à l’étage.

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MessageSujet: Re: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Dim 10 Nov - 13:18




Biting words like a wolf howling

Agacé ? Le mot semblait faible pour décrire l’attitude d’Alan. Rien de surprenant parce que malgré ce qu’il lui disait, il n’en avait pas moins gâché sa soirée d’anniversaire. Camille aurait pu répliquer pour lui expliquer que non, il ne voulait pas faire ça au nom de sa culpabilité mais bien pour passer également du temps avec son meilleur ami et sa femme – voir potentiellement lui présenter Rebecca officiellement en tant que sa… Sauf qu’ils se dirigeaient vers son appartement où elle se trouvait. Le volatile n’avait pas pensé à ça du tout et son estomac se contracta légèrement à cette pensée. Les circonstances ne s’y prêtaient pas mais il ne pouvait rien y faire. Un mutisme sans précédent s’allongea entre lui et son conducteur. Il n’osa plus parler pendant un certain temps et se concentrer sur Becky finalement, réussi à l’éloigner un peu de ces histoires de métamorphe. Mais ça c’était avant qu’il ne se souvienne de leur dernière discussion, il lui avait révélé sa nature. Si le calmant ne roulait pas avec autant de férocité dans ses veines, il aurait sûrement paniqué à la seule perspective de mettre en relation son conseiller et sa copine alors qu’il n’avait pas prévenu cette dernière du silence requis même devant son ami. Toute son angoisse habituelle se mua très rapidement en lassitude et en découragement. C’était à ce moment précis qu’il avait éjecté dans l’air sa question. Il savait que ça n’allait pas aider à l’entente entre lui et l’autre changeur mais c’était plus fort que lui. Il ne possédait plus vraiment le contrôle de ses facultés cognitives avec ce sédatif et pour dire vrai, ça l’arrangeait d’avoir ce type d’excuse pour justifier cet abandon, cette lâcheté.

Le corbeau se tut durant les manœuvres qu’observait son voisin et détourna même le regard après qu’il ait prononcé une première fois son prénom. Il ne voulait pas d’une réponse mais il avait cherché un discours. Il devait être recadré. Il ne le voulait pas mais il le devait, sinon pourquoi provoquer à ce point ce speech. Sans attendre, son allié d’infortune dévoila la réalité, sa réalité avec justesse. Pas étonnant qu’il soit aussi juste, il le connaissait assez maintenant pour pouvoir anticiper ça. Attendez… Il avait parlé de lui également. L’oiseau cligna bêtement des yeux en n’en croyant pas ses oreilles. Il n’avait pas assez de lucidité pour analyser les nouveaux éléments qu’il venait de recevoir mais il les calait dans un coin de sa tête pour y songer une fois que les drogues auraient déserté son organisme. Il resta muet après cette tirade, incapable d’aligner deux mots sans le contredire ou sans laisser entrevoir son abattement total et complet. En réalité, il fuyait ce débat. Heureusement, Alan déverrouillait rapidement les portières et lui offrait la possibilité de s’extirper de cette situation sans issue. Le français saisit l’opportunité et sortit de l’habitacle mollement. Le fumeur fût surpris par son état général. Ses jambes ressemblaient davantage à du coton qu’à autre chose, il avait l’impression d’être à peine relié à ce corps. Il aurait été ivre que l’effet aurait été presque similaire. En grognant à moitié entre ses dents et en se rattrapant de justesse à la carrosserie de sa voiture, il déclara « Jake a abusé. » Il respira profondément avant d’entamer une marche hasardeuse jusqu’à l’entrée de son immeuble. Il essayait de filer tout droit, ce qui se révéla vite être plus difficile qu’il n’y paraissait.

Une fois qu’ils eurent atteint la première porte, il déclara très sommairement  en direction de son comparse «  C’est toi qui a les clés, c’est la plus petite. » Il ignorait si dans sa transe, il serait capable de placer sa clef à l’intérieur du mécanisme – pas sans se trahir complétement du moins. Il attendit que son ami leur délivre la voie avant de s’engouffrer à l’intérieur. La somme de marches le fit soupirer et il s’agrippa d’emblée à la rampe pour effectuer l’ascension d’un pas lent, pesant. Il mobilisa toute sa concentration durant la manœuvre et préféra ainsi ne rien ajouter. Ils arrivèrent à vitesse d’escargot à son palier au second étage. Le changelin posa sa paume sur la poignée pour constater que sa jolie brune lui avait obéi. A moins qu’elle soit sortie, il n’en savait rien mais il s’écarta pour laisser Alan ouvrir à nouveau bien que l’idée de tout simplement frapper lui ait traversé l’esprit. Il s’adossa au mur à côté de la porte, éreinté en attendant. Ce qui circulait dans son crâne ? Des nuages. Des nuages et des nuages. Complétement dans les vapes. Ce qui ne présageait rien de bon pour la suite.  
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MessageSujet: Re: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Dim 10 Nov - 22:20




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Le bruit de clés dans la serrure me sort de ma torpeur et du sombre fil de mes pensées. Camille… il est enfin de retour ! J'ai vraiment besoin qu'il me prenne dans ses bras et chasse nos derniers démons de ses lèvres. Je veux définitivement tirer un trait sur tout ce qui nous a séparés, sur tous les évènements dramatiques qui nous ont fait souffrir. Oui j'ai besoin que l'on passe à autre chose. Je me lève au moment où la porte s'ouvre. Le plaid tombe sur le sol et je fais quelques pas vers l'entrée pour me figer soudain lorsque je reconnais Alan, qui soutient Camille. Le début de mon sourire s'évanouit et je me sens pâlir en comprenant qu'il est blessé. "Ho c'est pas vrai…" Les mots sont sortis en français sans même que je m'en rende compte. Je comble précipitamment l'espace entre nous pour me rapprocher de mon petit-ami et pose ma main sur sa joue pour le regarder de plus près. Je plonge mes yeux dans les siens, inquiète et demande, toujours en français : "Tu vas bien ?" Mon cœur bat avec affolement alors que mon esprit essaye de se raisonner. Il est là, il est revenu, ce n'est pas grave s'il est un peu amoché. Pas grave ? PAS Grave ? Non mais c'est vraiment n'importe quoi ! L'inquiétude et la colère s'affrontent sous mon crâne avec fracas. Je ne suis pas d'accord ! Je ne serai jamais d'accord ! Jamais je ne pourrais considérer que le retrouver blessé est une victoire. Personne n'a le droit de faire souffrir l'homme que j'aime ! Je ressens avec surprise cette possessivité me prendre les tripes. Si on l'atteint, on m'atteint, et il est hors de question que je laisse une telle chose se reproduire encore et encore. Ca doit cesser ! Il faut que je sache, il faut que je comprenne et il faut absolument trouver une solution pour arranger les choses. Je n'en peux plus d'être tenue loin de tout ça. "Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" Je pose cette deuxième question en anglais car elle s'adresse autant à l'un qu'à l'autre. Je passe délicatement un bras autour de la taille de Camille, autant pour le soutenir à mon tour que dans le but de m'apaiser. Je sais qu'ils ne vont pas me répondre, je sais qu'ils vont encore essayer de minimiser tout ça, de me tenir éloignée de la vérité, de leurs secrets. Mais la nature de Camille n'est plus un secret, j'ai le droit de savoir maintenant ! Je l'observe avec angoisse. Il n'a pas l'air bien du tout, je le trouve horriblement pâle et il ne semble pas tout à fait là. Mon regard croise celui d'Alan et je murmure, reconnaissante : "Merci de l'avoir ramené…" Je remarque seulement à ce moment-là qu'il est torse nu et que Camille ne porte pas les vêtements qu'il avait en partant. Prise d'un doute, je soulève son tee-shirt pour y trouver ses bandages légèrement ensanglantés. Pas de nouvelles plaies, à première vue, mais si les vieilles se son rouvertes alors cela signifie que… Aussitôt mon esprit remets les pièces du puzzle à leur place et cette fois je sais, cette fois il n'est pas très difficile de comprendre et je chuchote horrifiée, toujours dans notre langue maternelle : "Tu t'es transformé ?" Avec sa blessure c'est de la folie ! Mon imagination débordante imagine déjà la scène, la douleur qu'il a dû ressentir, son corps se brisant pour prendre une nouvelle apparence. Rien que d'y penser, j'en suis malade. Il m'avait promis d'être prudent, cela ne devait être qu'une simple réunion, comment cela a-t-il pu encore dégénérer ?
Alors je fronce les sourcils et lance un regard incrédule à son meilleur ami "Tu l'as laissé se transformer ?" Je secoue la tête et ma voix se brise malgré moi alors que mes yeux s'embuent déjà de larmes. "Mais c'est quoi votre problème à tous ? Il a failli mourir il y a à peine deux semaines !" Alan n'est-il pas censé veiller sur Camille ? Où était-il quand mon petit-ami se faisait déchiqueter à Wolfheaven ? Comment une telle chose a-t-elle pu arriver en premier lieu ?

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MessageSujet: Re: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Lun 11 Nov - 0:34




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Je déverrouillai la voiture. J’avais dit ce que j’avais à dire, dans un sens, et il semblait tout aussi clair que Camille n’était pas en état pour réfléchir lucidement. Et qu’il allait me dire des bêtises. Comme souvent lorsqu’il se butait. J’inspirai en l’aidant à sortir de la voiture, et en la verrouillant. J’expirai lorsque nous arrivâmes, jambes flageolantes pour lui, vue troublée et raideur pour moi, devant la porte de l’entrée. « C’est toi qui a les clés, c’est la plus petite. » « Okay, attends deux secondes… » J’agitai le trousseau de clef pour les dissocier et j’attrapai à une main la plus petite. Il s’agissait de faire vite. Il était peut être tard, mais il n’était pas encore suffisamment tard pour que croiser quelqu’un soit tout à fait impossible. Il fallait bien se le dire, j’étais torse nu avec l’épaule ensanglantée, et pieds nus. Jusqu’à présent, j’avais écarté ce fait de mon esprit, dans le sens où je n’avais pas jugé prioritaire de m’habiller davantage. J’avais mon portable dans ma poche, et mes papiers si besoin. Je finis par ouvrir la porte, et toujours soutenant Camille, je nous fis monter à la vitesse d’un escargot les escaliers qui nous séparait du deuxième étage. A nouveau, j’agitais les clefs pour trouver la bonne et je tournai la serrure, prêt à allumer la lumière. Qui est déjà allumée. Le tigre et le berger allemand se réveillent, prêt à sortir les crocs. "Ho c'est pas vrai…" « What the f#uck ?! » Nos voix se chevauchèrent et j’hésitai à lâcher Camille pour me mettre en position de défense. Mais non, je devais soutenir mon petit frère que je fis entrer dans la pièce, fermant d’un coup de pied la porte derrière nous. Elle s’approcha, je la foudroyai automatiquement du regard avant de me demander pourquoi je n’avais pas songer une seule seconde qu’elle allait être là. Ca semblait logique. Même si Camille ne m’en avait pas parlé. La voilà qui reprit en français, puisque je reconnus la langue maternelle de Camille : "Tu vas bien ?" Ma voix essoufflée commença à vouloir s’élever dans la pièce, mais une nouvelle intervention de Rebecca me rendit muet. "Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" J’étais fatigué. J’avais passé des vacances de mȝrde, une soirée de mȝrde, un anniversaire presque tout aussi joyeux si Kate et moi n’avions pas pris du temps pour tous les deux ce midi. Je n’avais pas besoin de rendre des comptes à une petite humaine qui devait encore croire au Père Noël. J’étais fatigué, et déjà que je n’étais pas particulièrement patient en temps normal, là, ça commençait à devenir critique. J’opposais une légère résistance possessive lorsqu’elle passa son bras autour de la taille de Camille, mais je dus aussi me rendre à l’évidence : une simple humaine ne pouvait actuellement pas lui faire beaucoup plus de mal que ce que j’avais pu lui faire avant. "Merci de l'avoir ramené…" Je la fixai du regard, imperturbable. Qu’avaient-ils tous à me remercier, sincèrement ? Hein ? Pourquoi me remercier, pourquoi ? Etait-ce si surprenant de ma part ? Ca commençait à m’énerver. Le Tigre aussi commençait à s’énerver de cette mascarade stupide. Ils pensaient quoi, tous ? Que j’allais laisser Camille là-bas, blessé ? Que j’étais à ce point un lâche ? Je serrai les poings, peu conscient que la crispation de mes muscles se voyait sur mon torse de manière évidente. Le regard de Rebecca qui coula sur moi, mon épaule, et sur Camille dont elle ausculta les blessures attentivement répara cette ignorance, et j’aidais Camille à s’asseoir sur la chaise la plus proche, juste avant que Rebecca lâche, horrifiée, une nouvelle phrase de français. On allait aller loin s’ils communiquaient ainsi devant moi. Si je n’avais pas su que Rebecca était une simple humaine, j’aurai pu penser qu’elle le sermonnait de s’être transformer. Idée stupide que ses sourcils froncés n’évacuèrent pas. Le regard incrédule qu’elle posa sur moi non plus. Sa phrase, prononcée sur un ton accusateur, encore moins. "Tu l'as laissé se transformer ? Mais c'est quoi votre problème à tous ? Il a failli mourir il y a à peine deux semaines !"

Ma première réaction fut l’incrédulité. J’avais du mal entendre. Mon regard coula en une fraction de seconde entre Camille et Rebecca, et mes réflexes jouèrent. Sans que je ne les contrôle tout à fait. J’avais bien trop réveillé ma part animale et mes anciens réflexes de Londres pour contrôler quoique ce soit, d’ailleurs. Je lui sautai à la gorge, la plaquant contre le mur le plus proche en appuyant mon avant-bras sur sa carotide pour la garder immobile. Ma respiration était courte lorsque je crachai : « QU’EST-CE QUE TU AS DIT ? QUI ES TU ? » Mon torse se soulevait rapidement, irrégulièrement. Bon sang, c’était quoi ce bazar ? Comme le berger allemand dont je prenais la forme, je reniflai son odeur avant de faire un pas en arrière, relâchant la pression. Et m#rde, c’était bien Rebecca, il n’y avait aucun doute à avoir. « P#tain de m#rde, c’est bien toi. Et m#rde. » C’était bien Rebecca, ce qui rendait le tout encore plus inquiétant. Je posais une main sur mon épaule malmenée et que je venais de solliciter violemment, avant de dire d’une voix rauque à Rebecca : « Va l’allonger, on parlera après. » Je me laissai tomber contre un mur, fermant les yeux en faisant confiance à mes autres sens pour me prévenir si problème. Il fallait que je fasse le point, là. Que je fasse le point sur tout ce qu’il se passait. « P#tain… » Si je m’écoutais, là, tout de suite, je me transformerai en je ne savais trop quoi, la première forme qui allait me passer sous la main, pour aller dormir et le poser, seul, dans un coin de l’appartement de Camille. Le temps de réfléchir. Je me dirigeai vers la cuisine pour attraper un verre dans un placard et le remplir d’eau. J’avais beau être déjà habillé pour me transformer, j’avais encore assez de décence pour ne pas le faire devant Rebecca. Elle pensait quoi, en fait, de nous ? Moi, d’accord, j’étais un loup reconnu. Mais Camille… elle le pensait loup aussi ? Ca se tenait. « Et tu nous as déjà vendu à la PES ? » Calme toi, Alan, calme toi. j’avais l’impression que mon ancienne personnalité, que j’avais fait taire si douloureusement et avec tant de difficulté, rejaillissait sans souci.

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MessageSujet: Re: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Lun 11 Nov - 22:06




Biting words like a wolf howling

Entre le palier et la porte, Camille crut un instant s'assoupir mais la voix de Rebecca s'empressa de le sortir de toute potentielle léthargie. Il n'avait pas vraiment réalisé qu'Alan le soutenait et qu'il faisait une entrée fracassante dans son appartement. Les intonations de sa jolie brune associées à la surprise de son ami le secouèrent assez pour ne pas sombrer toujours plus dans cette somnolence. Qu'est-ce que le métamorphe allait penser de cette présence chez lui? Cette question ne fit que l'effleurer brièvement car déjà, Becky enchaînait sur une nouvelle interrogation en français puis en anglais. Le volatile voulut répondre pour la rassurer mais il passait d'une paire de bras à une autre sans vraiment comprendre ce qu'il lui arrivait. Aphone et désorienté, il se laissait d'abord porter. Absent. Il l'était à tout niveau. Il ne fût qu’un témoin silencieux alors que plusieurs échanges s'ensuivaient entre ses deux invités. Il parvint seulement à articuler faiblement un  « Ne t’inquiètes pas, ça va. » plutôt plat à l’attention de la brune alors que déjà, elle se mit à l’examiner. Son comportement l’irritait réellement mais il lui manquait bien trop d’énergie pour parvenir à lui faire cesser ses gestes. Quand elle évoqua dans leur langue maternelle sa potentielle transformation, il se crispa légèrement. D’une voix enraillée et dans la continuité linguistique, il lui souffla très doucement.  «  Becky, s’il te plait… » Mais il n’eut pas le temps de terminer sa supplique qu’elle surenchérissait en anglais. Le changeur sentit sa respiration lui échapper alors que la panique s’emparait déjà de tout son être. Comment avait-elle pu déballer ça comme ça à la figure de son meilleur ami ? Elle n’avait pas compris qu’elle devait se taire et garder le secret ? Il lui avait pourtant expliqué qu’il n’était pas censé lui révéler ça et pourtant… A la première personne venue – dont elle ignore en plus l’appartenance, elle le balance ? Et tout ça moins de cinq heures après la révélation, bravo. L’oiseau serra la mâchoire en regrettant amèrement de s’être à nouveau laisser prendre au jeu des confidences. Il savait qu’il n’aurait pas dû parler – du moins, pas à ce moment-là sans lui faire comprendre l’importance de cet aveu et la nécessité de tenir sa langue dans sa poche. Au-delà du fait, il trouvait ça incroyablement grossier de sa part de remettre cette faute sur le dos d’un homme qu’elle connaissait à peine alors qu’elle ignorait tous des circonstances. En bref, elle se montrait impulsive et injuste. Peut-être qu’il l’aurait comprise en d’autre temps mais là, il n’en avait pas la patience. Excédé et à bout de nerfs, il fusilla Rebecca du regard alors que ses mots mourraient dans l’air avant de poser son attention sur son conseiller, terrifié à l’idée de devoir affronter les conséquences de son insouciance. Ce n’était pas l’heure, le lieu.

A force de contracter ses muscles, il réveilla les douleurs multiples mais le calmant faisait au moins en sorte que son rythme cardiaque tienne la route. Et heureusement vu le tournant que la situation pris en l’espace de quelques secondes. A peine eut-il tourner son regard vers l’autre silhouette que celle-ci se jeta à la gorge de la jeune femme. La colère du métamorphe retomba d’un seul coup laissant la place à une peur viscérale qui le fit se relever d’un seul coup – d’ailleurs depuis quand était-il assis ? Comme si on venait de le dessaouler, ses sens se manifestèrent brutalement, sa raison émergea et une force inexplicable qu’il puisait de nulle part le fit s’exclamer avec force. «  Alan. Qu’est-ce que tu fous ? Arrête ça ! Lâche-la ! C’est REBECCA » Il fit quelques pas gauches  en direction de la scène « Putain, Alan ! LACHE LA ! » Il s’apprêtait à repousser le changelin quoiqu’il en coûte quand ce dernier se mit à reculer laissant mollement retomber sa proie au sol. Livide et passablement effrayé, le fumeur enjamba la distance le séparant de sa copine. Il s’accroupit, un genou à terre et tâtonna la nuque de la jeune femme de ses mains tremblantes. « Ca … Tu n’as rien ? Becky, regarde-moi, tu … n’as rien ? » Il posa sa main sur le bras de l’humaine et ignora promptement les répliques suivantes de l’homme. Comment ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui… ? Pas le temps, pas le temps de penser. La ferme. Il ne fallait pas analyser, se perdre en pensées. Non, il fallait agir, raisonner, calmer. La réflexion viendrait après quand la menace serait écartée. Le voleur, après s’être assuré qu’elle n’ait subi aucun dommage physique, déposa furtivement ses lèvres sur son cuir chevelu – à dix kilomètres de sa lucidité ou de sa pudeur habituelle, et se redressa en titubant afin de retrouver Alan qui s’était de toute évidence servi un verre d’eau.

Camille arriva à sa hauteur de sa démarche incertaine, il s’accola au plan de travail et fixa avec dureté son meilleur ami. Il était en train de péter les plombs, ce qui pouvait très vite devenir dangereux qu’on possédait des facultés surnaturelles comme les leurs. Le français ignorait d’où il tirait autant de ressources – sûrement de son affection pour les deux personnes présentes et de l’adrénaline qui coulait dans ses veines à foison, mais il parvint à tenir la route niveau cohérence mentale. Il parla calmement alors contre toute attente – dont la sienne. C’était comme si on venait de le forcer à rendosser son rôle de leader imperturbable. Un mécanisme de défense, peut-être ? Un sursaut de conscience ? Allez savoir.  Les mots et les concepts formaient des brouillons de cheminement et de phrases à l’intérieur de son crâne mais il essaya de garder le bon cap quand il se mit à parler. « Ça suffit maintenant, Alan. T’es en train de tout confondre, tu n’es pas dans ton état normal. Ce n’est pas la parano qui va nous sauver la peau. C’est ça qu’ils recherchent ! A nous séparer et à s’introduire dans nos têtes ! » Le métamorphe fit en sorte de garder son regard planté dans celui de son interlocuteur afin qu’il y lise sa fermeté et sa détermination. « S’il te plaît, calme-toi pour ton bien, notre bien. Rebecca n’a vendu personne à la PES. J’ai confiance en elle. Je ne te demande pas de partager mon opinion mais aie au moins confiance en mon jugement. De toute manière, je pense que tu le sais mais c’est le cadet de nos soucis. » Il n’osa pas avancer une paume vers son épaule valide, de crainte d’être repoussé alors il embraya. « Tu as seulement besoin de repos, Alan. On a tous besoin de repos. Regarde-nous. Il faut qu’on prenne de la distance pour qu’on soit efficace et qu’on y voit plus clair. Mais ça va aller. » Le changelin n’oscilla pas du tout quand il ajouta. « Ça ira. On a connu pire et tu le sais. Alors s’il te plaît, assieds-toi et calme-toi. Tu ne veux pas que ça dégénère plus et moi non plus. On est éreinté. S’énerver ne résoudra rien. » Dans un murmure, il termina sa tirade. « La dernière chose dont j’ai besoin en ce moment, c’est de te perdre ou de perdre Rebecca. J’ai besoin de vous alors assieds-toi et reprends-toi bon sang. » Après tout ce speech et cet accès de bravoure, Camille sentit son esprit se déconnecter une seconde. Un blanc opaque lui recouvra les méninges et l’instant d’après, il était assis à terre. Au moins, il n’était pas mal tombé. Il soupira lourdement et marmonna en français. « Je vais tuer Jake. »
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MessageSujet: Re: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Mar 12 Nov - 11:27




Biting words like a wolf howling



J'ai à peine le temps d'apercevoir le regard furieux de Camille qu'avant même que je ne comprenne ce qui m'arrive, Alan me plaque violemment contre le mur, en criant. Je lui jette un regard terrorisé alors que son bras appuie si fort sur ma gorge que pendant une poignée de secondes, ​je suis incapable de respirer. J'entends Camille crier derrière lui tandis que je cherche mon souffle. Ce moment est interminable et j'ai l'horrible sentiment qu'il pourrait me tuer sur le champ. Quelques larmes s'échappent de mes yeux écarquillés. Il faut que je me défende ! Il faut que je fasse quelque chose ! Mais je ne peux pas utiliser mon pouvoir, je ne peux pas… Je ne comprends pas ce qu'il dit, pourquoi est-ce qu'il fait ça ? Rien de tout ça n'a le moindre sens ! Comment peut-il croire que je suis une menace ?

Alan finit par me relâcher soudainement et je m'effondre sur place en toussant, une main sur la gorge, tremblante. Je suis encore sous le choc lorsque Camille s'agenouille près de moi et prend ma nuque entre ses mains pour s'assurer que je vais bien. Sa voix parvient à atteindre un coin de mon cerveau et je plonge mon regard affolé dans le sien mais c'est le contact de sa peau qui me pousse à me reprendre. Je secoue la tête alors qu'il me demande si je n'ai rien, incapable de prononcer le moindre mot. Non je n'ai rien, un peu mal mais ça ira. Ça ira forcément.
​J​e ferme les yeux un instant alors que Camille pose ses lèvres au beau milieu de mes cheveux et ne les rouvre que pour le voir rejoindre son meilleur ami avec difficultés. Mon cœur se serre à cette vision et je croise les bras inconsciemment, comme pour me réconforter alors que je ne peux dévier mon regard d'eux. Bon sang, Camille n'a pas besoin de ça, il ne mérite pas tout ça… Je suis décidément le pire fléau qui ait jamais​ croisé son chemin. Bon… après la Reine peut-être… Je laisse échapper un soupir. J'ai envie de me gifler.

Je coule un regard vers Alan, incrédule, alors qu'il me demande si je les ai déjà vendus. Pendant une seconde je le dévisage, horrifiée et ma voix s'étrangle dans ma gorge. "Quoi… ?! Non..." Je n'ose imaginer la piètre opinion qu'il a de moi pour pouvoir croire une chose pareille. Enfin, je ne l'ai pas volé, il faut croire...​

Mais Camille continue à essayer de le raisonner, de l'apaiser et se porte garant pour moi. Ses mots me touchent et j'espère qu'ils atteignent également Alan. Je ne veux pas qu'on se déchire, je ne veux pas qu'ils se disputent à cause de moi. A la fin de sa tirade, mon petit-ami vacille. "Camille !"
​J'observe Alan, incertaine, inquiète de sa réaction si je m'approche mais je finis par rejoindre mon changeur malgré tout et pose ma main sur sa jambe, sans un mot, me contentant d'attraper son regard. J'ai peur. Je n'avais jamais imaginé que son meilleur ami puisse être violent avec moi. Oui, j'ai peur, peur qu'il ne soit pas tout à fait calmé et que dire quoi que ce soit ne fasse qu'empirer les choses. Pourtant je relève les yeux vers lui. ​"Je ne ferai jamais rien qui puisse vous mettre en danger..."
​​
J'ai conscience que l'accuser de tous les maux de mon petit ami est totalement injuste. Alan n'a pas à subir mes humeurs et je sais bien, au fond, qu'il n'aurait rien pu faire.  Mais je ne sais pas gérer tout ça et savoir la vie de Camille en danger constamment ne m'aide pas à réfléchir calmement.  Je prends sur moi et essaye d'apaiser le rythme affolé de mon cœur. "Je suis désolée, Alan, je sais bien que tu n'y es pour rien… Je…  Je suis juste…" Inquiète, idiote, une véritable catastrophe. Je regarde Camille à nouveau car c'est plus simple que d'affronter Alan et je puise encore un peu de courage dans ses yeux.  "...c'est plus facile de t'en vouloir, de vous en vouloir à tous les deux et à la terre entière, que d'affronter tout ça. Pardonnez-moi..." Et ces excuses s'adressent également à mon petit-ami qui mériterait définitivement quelqu'un de plus fort que moi.  Camille a raison, nous avons vraiment besoin de repos, d'un peu de recul, d'une accalmie dans la tempête perpétuelle qu'est notre vie ces derniers mois. Il a besoin de nous, et nous avons besoin de lui. Il faut que l'on fasse front, ensembles, peu importe nos différents.

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MessageSujet: Re: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Mar 12 Nov - 19:06




Biting words like a wolf howling



J'étais épuisé psychologiquement. Là, je crois que je touchais le fond. Mes limites. Jamais depuis des années je n'avais autant été à la limite de mon contrôle sur moi même niveau transformation. Des années et des années d'expérience, de maîtrise de soi, d'apprentissage... tout ça pour... ça. Ce n'était certainement pas pour rien que la forme du tigre s'était imposée un peu plus tôt, au QG des métas. Ce n'était très certainement pas pour rien que j'étais resté torse nu, habillé du seul survêtement vite attrapé dans l'armoire du sous sol. J'avais vaguement mes papiers sur moi, mon téléphone, mais je n'avais strictement rien d'autre. Pas besoin. Dès que j'avais lâché mon emprise sur Rebecca, je m'étais vite éloigné pour me calmer, clairement, et ne pas lui sauter vraiment à la gorge cette fois. Parce que le tigre et le berger allemand n'étaient pas loin, et ils n'étaient pas vraiment protecteurs pour le coup. Son  « Quoi… ?! Non... » incrédule subit sans le moindre souci ni scrupule mon étude et j'en conclus qu'elle était sincère. Ma main se décrispa légèrement, rendant au verre d'eau glacée que je m'étais servi sa liberté alors que Camille venait vers moi dans une démarche incertaine. Mon regard se fit dur lorsqu'il se posa sur mon meilleur ami, et je gardai une attitude crispée. Camille n'avait jamais du me voir aussi tendu, aussi proche de l'explosion, depuis que l'on se connaissait. En sept ans, même les années sanglantes ne m'avaient pas mené autant à bout. Même les combats n'avaient pas usé à ce point le contrôle que j'avais sur mes transformations et sur mon agressivité naturelle. J'étais passé pour faible auprès d'Hayden, l'exécuteur de la meute, j'étais passé pour faible auprès des autres métamorphes, j'avais ravalé mes colères – ou presque – et mes envies de violence. Plus que ce qu'on pouvait le croire. Et là, la pauvre Rebecca assistait sans le savoir à ma perte totale de contrôle. « Ça suffit maintenant, Alan. T’es en train de tout confondre, tu n’es pas dans ton état normal. Ce n’est pas la parano qui va nous sauver la peau. C’est ça qu’ils recherchent ! A nous séparer et à s’introduire dans nos têtes ! S’il te plaît, calme-toi pour ton bien, notre bien. Rebecca n’a vendu personne à la PES. J’ai confiance en elle. Je ne te demande pas de partager mon opinion mais aie au moins confiance en mon jugement. De toute manière, je pense que tu le sais mais c’est le cadet de nos soucis. » Je l'écoutais très attentivement, gardant les lèvres serrées, la mâchoire crispée, pour ne pas l'interrompre. J'avais l'impression que nous étions à un point de rupture possible. Il semblait déterminer à me calmer, j'étais bien conscient que ce n'était suffisant. Il ne fallait pas simplement vouloir me calmer à cet instant. Il fallait vouloir calmer le berger allemand, calmer le tigre, et calmer la buse qui volait de partout dans mon crâne en se heurtant aux barreaux de sa cage. « Tu as seulement besoin de repos, Alan. On a tous besoin de repos. Regarde-nous. Il faut qu’on prenne de la distance pour qu’on soit efficace et qu’on y voit plus clair. Mais ça va aller. » « Non ça ne va pas aller. » Mon murmure se fit discret, silencieux, acide et implacable, alors que Camille poursuivait. « Ça ira. On a connu pire et tu le sais. Alors s’il te plaît, assieds-toi et calme-toi. Tu ne veux pas que ça dégénère plus et moi non plus. On est éreinté. S’énerver ne résoudra rien. La dernière chose dont j’ai besoin en ce moment, c’est de te perdre ou de perdre Rebecca. J’ai besoin de vous alors assieds-toi et reprends-toi bon sang. » Me calmer, m'asseoir, me reprendre ? Oh que... non. Non et non. J'étais incapable, à cet instant, de me calmer. J'avais envie de lui hurler de se regarder, de regarder ce qu'il était devenu, comment les dernières semaines l'avaient marqués. Il était une loque au niveau du physique, à se traîner, à se blesser, sans prendre même la peine de se calmer, lui. Qu'est ce qui lui avait pris de se transformer, tout à l'heure ? Hein ? Il pensait que nous étions incapables de nous en sortir seuls, c'était ça ? Certes, j'avais tout fait foirer, j'avais réagi excessivement, mais il n'avait pas à se bousiller la santé pour m'éviter une égratignure. Je n'étais pas un grand père gâteux qui risquait de se blesser en sautant d'un tabouret, je n'étais pas non plus indispensable. Kate, Kate et notre fils eux étaient indispensables. C'étaient eux qu'il aurait du protéger, pas moi. Je lui en voulais, je lui en voulais d'être dans cet état à cause de moi, parce que je m'en voulais. Je voulus lui dire tout cela, mais lorsque je trouvai mes mots, la troisième personne de la pièce intervint. C'était bien ma veine, elle savait pas se la fermer. "Je ne ferai jamais rien qui puisse vous mettre en danger... Je suis désolée, Alan, je sais bien que tu n'y es pour rien… Je…  Je suis juste…c'est plus facile de t'en vouloir, de vous en vouloir à tous les deux et à la terre entière, que d'affronter tout ça. Pardonnez-moi..." Bien. Ils avaient fini. Mon regard froid se posa sur Camille, se posa sur Rebecca, se posa sur la porte. Se posa sur le plan de travail. Bon sang. Il fallait que je me calme, mais j'en étais incapable. Je ne ferai jamais rien qui puisse vous mettre en danger. Erreur : elle nous côtoyait. On a connu pire et tu le sais. Oh que non. Parce que là, le problème, c'était que j'étais incapable d'être l'Alan « posé » habituel. J'étais au bord de l'explosion, tous mes muscles étaient tendus et crispés. Et ils ne semblaient pas s'en rendre compte. Mes yeux se redéplacèrent vers Camille, puis vers Rebecca. Je les fermai. « P#tain mais vous allez vous la fermer ? » Je fis un pas en arrière. La buse voletait de partout, se heurtait aux barrières de ma volonté de rester humain. Le berger allemand montrait les crocs, se sentait menacé. Ils étaient bien trop proches de moi. Bien trop. « Vous vous êtes regardés une seconde ? Sincèrement ? Camille, tu t'es regardé une seconde avant de parler ? Vous n'êtes que des gamins, des gamins qui se pensent sages et posés, mais vous ne comprenez rien, là. Et j'espère que c'est parce que tu es fatigué, Camille, parce que je t'ai connu beaucoup plus raisonnable. Regarde toi, bon sang ! Tu ne tiens plus debout, ta place est dans ton lit, ton canapé, pas ici à essayer de me faire la morale. B#rdel, je pourrais être ton père, et toi tu me demandes de me calmer, tu me fais la leçon ? », voilà, mon maigre contrôle sur moi même s'évaporait comme une goutte d'eau sur une pierre laissée au soleil. « Fais comme tu veux, mais arrête de te penser responsable, ou je ne sais quoi, de moi. Qu'est ce que tu crois ? Que je ne suis pas capable de prendre mes responsabilités ? Que je suis déraisonnable au point d'agir par impulsivité sans avoir réfléchi une seconde ? Peut être que tu lui fais confiance, à elle, pour garder ton secret. Je le respecte. Mais je ne lui fais pas une once de confiance pour garder le mien. Ta vie, c'est ta vie. Ma vie, c'est la mienne. » Le ton de ma voix montait dangereusement, donnant l'impression que j'étais en train de crier alors que je mesurais attentivement mon volume sonore pour ne pas réveiller et ameuter tout l'immeuble. « J'ai perdu mon job parce qu'une petite idiote a fumé, j'ai perdu ma réputation, des années d'intégration, ma liberté d'action, une partie de mes droits, parce qu'une petite secrétaire a cru que j'étais un p#tain de loup garou. Alors ne me dis pas que ça pourrait être pire ! Qu'une civile sache ce que je suis, et le divulgue à des personnes intéressées, et je dois tout recommencer au départ. Et je suis à nouveau fiché, suivi, consigné, épié ! Alors NON ! Je ne me calme pas. » Je vidai sur la table mes poches, histoire de pouvoir prendre dans ma gueule de chien la pochette contenant mes affaires, une fois que j'allais être sous forme animale. « Fais lui confiance autant que tu veux, mais n'essaye plus de jouer à l'adulte responsable, alors que tu n'es même pas capable de voir où sont tes limites. » Ca devait se sentir, j'étais prêt à me transformer en n'importe quoi pour me barrer d'ici et retrouver Kate. Ca devait se sentir dans la pièce, mon animalité naturelle si longtemps réprimée souhaitant s'échapper avec une rage que je ne dissimulai presque plus. J'en étais incapable.

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MessageSujet: Re: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Mar 12 Nov - 21:06




Biting words like a wolf howling

Le métamorphe sentait à peine le contact de la paume de Rebecca contre son genou, il était encore un peu dans l’espace. Quand elle s’exprima, il réalisa alors sa proximité et elle était aussi apaisante que stressante. Il aurait préféré qu’elle soit loin d’Alan qui peinait à se contenir. Camille n’était pas sûr de parvenir à réagir assez vite pour l’arrêter. Il ne l’avait jamais vu dans un état pareil et ça le faisait vraiment flipper que son humaine soit dans les parages alors que lui, en plus, ne pouvait pas faire grand-chose avec ses blessures. Elle s’excusa et même si il ne la regardait pas parler – trop occupé à surveiller les réactions de son meilleur ami, sa main alla chercher la sienne sur sa jambe. Il devrait sûrement discuter de tout ça avec elle plus tard mais plus tard, quand ils ne seraient plus que deux. Pendu aux lèvres de son interlocuteur, il nota, durant ce moment de flottement, sa dualité. Il connaissait ça lui aussi, le combat entre l’animal et l’humain. Aucun gagnant dans tous les cas vu qu’il n’était qu’une seule et même entité. Mais ce jeu pouvait très vite devenir dangereux quand on avait atteint un certain seuil de fatigue nerveuse. C’était le cas de l’homme qui le dominait de toute sa hauteur. Ses premiers mots sortirent durement forçant le voleur a froncé les sourcils. Il avait encore réussi à empirer la situation en voulant la calmer. Pas surprenant, il n’avait pas réussi à réfléchir correctement. Et il savait pourtant à quel point il était délicat de communiquer avec le professeur quand ce dernier était excédé. Il n’eut pas le temps de méditer sur ses torts car son invité s’empressa d’alimenter l’atmosphère pesante de nouvelles phrases. Gamins. La morale ? Est-ce qu’il avait vraiment… ? Responsable de…. ? Non, il n’avait pas voulu que… Son secret ? Mais il n’avait rien dit… Sa vie et la sienne… Comment ? Qu’est-ce que… Pourquoi… Jouer à l’adulte responsable ? C’était donc comme ça qu’il le voyait ? C’était donc là, l’image qu’il avait de lui ? Un gosse qui faisait des caprices et qui prenait le monde de haut ? Le ton qu’il avait employé avait amplifié l’effet de chaque pensée, chaque son.

La douleur physique sembla complétement s’effacer au profit de la souffrance mentale qui semblait bien pire. Il savait que les personnes que l’on estimait, avait ce pouvoir particulier, celui d’atteindre directement et de toucher les points sensibles. Des reproches dans la bouche d’Alan raisonnaient comme des fatalités, comme des erreurs inadmissibles. Il venait de lui rappeler pourquoi il affectionnait tant sa solitude avant, pourquoi il ne supportait pas de se rapprocher d’autres personnes. Pour ça, exactement. Pour ne pas ressentir ça. La déception, l’échec et la réprimande. Il ne pouvait pas supporter ça quand ces concepts étaient alliés à celui qu’il considérait comme son frère. Seulement, il ne l’était pas et il lui avait bien rappelé. Ta vie, c’est ta vie, ma vie, c’est la mienne. Camille relâcha les doigts de Becky après les avoir serrés bien trop fort. Il lui reprochait d’être excessif ? S’était-il au moins regardé ? A sauter à la gorge de sa copine ? Non. Pas de colère. Il ne pouvait pas être fâché contre lui. C’était la dernière personne au monde avec laquelle il voulait se disputer. Alan n’allait pas bien. C’était tout. C’était stupide, il ne fallait pas marcher sur le même chemin. Mais ça n’empêchait pas les dégâts. Il était blessé et usé, il n’en pouvait plus. Il avait parlé de ses limites, hé bien, elles avaient toutes été franchies et s’il les avait repoussées jusqu’ici c’était uniquement pour aider ceux qu’il aimait. Il ne regrettait rien. Rien à part cette conversation et cette situation qui tournait au règlement de compte. Le corbeau sentait les picotements familiers sur son épiderme mais ce n’était pas ça qui l’inquiétait réellement, c’était plus cette oppression au niveau de la poitrine. Il connaissait la finalité de ce mal être. Et il était hors de question qu’Alan assiste à ça, voit l’effet que sa folie entraînait sur lui et voit à quel point Camille avait été vraiment trop loin.

En s’aidant du sol et du meuble derrière lui, il se redressa. Il fixa alors l’autre homme avec autant de tristesse que de dureté. « Si c’est vraiment comme ça que tu me vois, alors je pense que nous n’avons vraiment plus rien à nous dire aujourd’hui. » Il avait envie qu’il parte. Jamais, il n’avait autant souhaité ne plus le voir, ne plus devoir soutenir son regard et le poids de ses accusations. Après ces mots et sans rien attendre d’autres de sa part, il fila vers la salle de bain et referma la porte derrière lui. Il se jeta alors dans un coin de la pièce et essaya de bloquer le début de sa crise comme il put. Des convulsions l’animaient en plus de cette sensation de suffocation. Le volatile dans sa cage thoracique donnait de grands coups de bec. Son orgueil et sa fierté lui lacéraient les côtes, il ne devait pas se mettre dans un état pareil pour ça. C’était le risque à courir. Tous ses efforts pour rien – encore une fois. Il n’avait plus envie de se battre ni pour la communauté, ni pour leur amitié, pas même pour lui-même. Il s’en fichait de tout là, recroquevillé comme un môme dans un coin de la pièce. Finalement, il avait raison, il ne restait qu’un enfant naïf qui rêvait toujours en grand. Il n’avait rien appris alors et il ne servait à rien pour personne. Il allait tout perdre – si ce n’était déjà pas le cas. Qu’est-ce qu’il l’empêchait de prendre un avion et de rentrer en France ? D’oublier tout ce chapitre, de repartir à zéro ? Là, il ne trouvait plus aucune raison de rester. L’oiseau l’implora d’arrêter l’exagération mais plus sa part animale voulait le raisonner, plus sa respiration lui manquait. Il enroula ses bras atour de sa poitrine et laissa sa tête rencontrer la paroi de la douche en fermant les yeux. Rebecca était encore dans l’autre pièce avec Alan. Il n’aurait pas dû l’abandonner là. Même si il semblait sur le point de partir. A quoi pensait-il ? A rien ou à tout. Peu importait finalement. Tout ou rien le clouait au sol.


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MessageSujet: Re: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Mer 13 Nov - 13:18




Biting words like a wolf howling



On pouvait le dire : j'étais fou de rage. Ce que Camille et Rebecca ne comprenaient pas à mes yeux, c'était que je n'étais pas seulement fou de rage contre eux, mais que j'étais aussi en colère contre moi. Je n'en pouvais plus : j'avais l'impression d'accumuler les échecs, et de ne pas arriver à remonter la pente. Malade lorsque j'aurai du être aux côtés de Camille, absent lorsqu'il avait besoin de moi, angoissé alors que Kate avait besoin de tout mon soutien : j'avais la désagréable impression d'être à côté de la plaque depuis plusieurs mois. Depuis que mon obsession pour le vide  -qui était étrangement loin de moi actuellement – et mon mal être vis à vis de ma métamorphie s'étaient accentués. La naissance prochaine de mon fils accentuait aussi cette sensation de ne pas être là où j'étais censé me situer, de ne pas réagir comme les autres l'attendaient de moi. Tout mon passé, houleux, me revenait en mémoire. M'angoissait. Les « et si... » me bousillaient mes nuits et j'hésitais à en parler avec Kate. Et si je n'allais pas être un bon père. Et si j'essayais de recontacter mes parents adoptifs. Et si je me mettais à la recherche de mes parents biologiques. Et si nous nous racontions toutes ces années avant de se rencontrer. Et si je lui disais, pour mon aventure avec Roxane. Et si nous révélions au monde l'existence des métamorphes, pour enlever cette pression sur nos épaules ? Et si nous partions à l'étranger, nous lâchions tout comme j'avais tout lâché par deux fois dans ma vie ? Et si, et si... Avec des si, on pouvait refaire le monde disait l'expression : avec des si je voulais construire le futur donc je rêvais, et réparer tous les torts que j'avais faits et traînés jusque là.

Je connaissais Camille. Je le connaissais même mieux que ce que Rebecca, si prompte à m'accuser, si prompte à oublier que j'avais presque plus d'expériences qu'eux deux réunis, même si nous n'avions très certainement pas vécu les mêmes choses, devait penser. Je connaissais Camille, donc, et je pouvais lire sur son visage qu'il ne comprenait pas ce que je voulais lui dire. J'étais incapable de communiquer avec les hommes, j'étais visiblement tout aussi incapable de m'exprimer correctement pour mes pairs et mes proches. Il ne comprenait pas ce que je voulais dire, mes mots ne transmettaient pas ma pensée, et tout allait exploser. Je sentais venir la rupture. Totale. Comme je l'avais sentie venir des années plus tôt avec Kate, lorsque la tension m'avait amené au bord de la rupture psychologique et que notre dispute, plus intense que d'habitude, s'était conclu par un combat sous nos formes métamorphes. Du grand n'importe quoi, peut être, mais l'agressivité animale avait permis d'évacuer un peu de la tension qui existait entre nous. Comme par hasard, d'ailleurs, c'était moi qui m'étais transformé en premier. Nous avions ensuite alterné au fil de la discussion qui s'était mué en cris. C'était il y avait longtemps de cela, mais j'avais à nouveau ce sentiment que nous étions sur un fil, et qu'en essayant de rester stables nous nous appuyions sur l'autre et le déstabilisions. Je terminai ma diatribe, beaucoup plus calme en apparence que ce que je ne l'étais en réalité. Mon torse contracté qui se soulevait à un rythme irrégulier et rapide le montrait clairement.  Camille se redressa, et me fixa durement. Je ne faiblis pas un seul instant. Je n'étais pas un gosse qui allait se plier sous son regard de chien battu, non. Certainement pas. Je pensais tout ce que je venais de dire, et j'étais excédé de le voir me donner des leçons alors que lui même ne savait pas les appliquer sur lui. Se reposer ? Depuis quand lui même ne s'était pas reposé vraiment, à se détacher totalement du reste, à arrêter de penser aux autres, à se comporter égoïstement ? Depuis quand ? « Si c’est vraiment comme ça que tu me vois, alors je pense que nous n’avons vraiment plus rien à nous dire aujourd’hui. » Bien. S'il le prenait comme ça. « Si tu ne me donnes pas de raison de te voir autrement, en effet, je ne vois pas ce que je pourrais te dire de plus. » Je ne pouvais pas lui en vouloir, pour le coup, parce que je n'avais pas été très doux dans mes propos, mais j'espérais aussi qu'il allait réfléchir à mes mots. Parce que contrairement à ce qu'il pouvait sembler vouloir dire, je n'avais pas l'intention d'arrêter de le surveiller. Parce que tant qu'il n'allait pas me prouver qu'il pouvait se comporter comme un adulte responsable, j'allais prendre mes responsabilités d'amis, et ne plus refréner mes élans paternels exacerbés par mon fils à venir. Je savais bien que je n'avais aucun droits sur Camille, que nous étions des amis, pas un père et un fils, mais plus des frères. Que nous donnions à l'autre autant que nous recevions de lui. Mais là, à cet instant, alors qu'il se redressait pour me parler, je considérais seulement ses blessures et son obstination à se sentir responsable de tout avec un désaccord évident. Je suivis du regard Camille filer vers la salle de bain et d'une main rageuse, j'attrapai mes papiers et mon portable, et, avant d'aller ouvrir la porte sur le palier, je inscrivis rapidement sur un bout de papier, après un temps d'hésitation, un numéro de téléphone que j'allais chercher dans le répertoire de mon téléphone. Je lançai à Rebecca un « Si son état empire dans les jours qui viennent, tu m'appelles et si je ne réponds pas, seulement si je ne réponds pas, tu appelles à ce numéro. Pas question de l'emmener à l'hôpital.  Surtout. Pas d'hôpital, j'espère que c'est clair pour toi. Et que ce soit bien clair aussi : y'a un mot qui s'échappe de tes lèvres, je te retrouve. » Oui, c'était clairement des menaces, que je ne cherchais pas à dissimuler.J'étais intraitable sur ce sujet, et personne ne pouvait me faire changer d'avis. Je ne me jugeais pas particulièrement imperméable, mais j'exigeai des autres autant que j'exigeai de moi. J'avais pu faire des erreurs de jugement, j'avais pu craquer sur la dissimulation – d'ailleurs c'était par ma faute que j'avais perdu mon job, j'avais simplement pu sauver les meubles – mais je ne prenais pas ce prétexte pour traiter la chose à la légère. Je sortis sur le palier, cherchai des caméras de sécurité et, n'en trouvant pas, je me laissai couler dans ma forme animale favorite, celle que je maîtrisais le mieux. Mon portable et mes papiers enfermés dans une petite pochette étanche que je calai avec habitude dans ma machoire, je descendis les escaliers au petit trot, jugeant le pincement de douleur de mon épaule comme négligeable. De toute manière, j'avais hâte de retrouver mon foyer, Kate et son ventre bien rond. Eux seuls pouvaient me calmer totalement, c'était certain, même si les 70 km que j'avais à faire allaient beaucoup agir. En bien, j'espérais, parce que je ne me voyais pas m'effondrer de fatigue au milieu du chemin alors que je venais de faire la morale, clairement, à Camille, parce qu'il ne se ménageait pas assez.

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MessageSujet: Re: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Mer 13 Nov - 16:00




Biting words like a wolf howling



Tout ça est totalement irréel. C'est un véritable cauchemar. Je sursaute lorsqu'Alan se remet à vociférer et le dévisage, terrifiée. La violence de ses mots, de son attitude, me déstabilise complètement. Je ne suis peut-être qu'une gamine idiote irresponsable mais ce n'est pas le cas de Camille. Il est tellement torturé par son devoir, par ses responsabilités et cet engagement que je ne fais encore que deviner mais qui semblent tellement l'accabler. Sa main broie la mienne mais je ne le lâche pas, je ne bouge pas et me contente d'écouter le discourt surréaliste d'Alan qui critique à présent le comportement de Camille. Peut-être s'est-il surmené et surestimé, oui, probablement même, mais il l'a fait pour les autres, pour moi, pour lui. Ce n'est pas juste de lui reprocher ça, tout comme je n'aurais jamais dû reprocher à l'enseignant l'état de Camille, je m'en rends bien compte.

Je tressaillis à nouveau lorsqu'Alan crache ce "elle" pour me désigner. Ses mots sont tellement durs que j'en ai mal pour eux deux. Peu importe l'opinion qu'il a de moi, mais je suis écœurée qu'il juge mon petit-ami avec aussi peu d'indulgence, surtout à cause de moi. C'est son meilleur ami et il est en train de creuser un fossé entre eux, d'ériger des barrières et des murs que Camille est impuissant à franchir. Il n'est pas en état. J'ai l'impression qu'ils franchissent un point de non-retour et j'observe la scène avec horreur, muette et immobile. J'ai l'impression que si je tente de faire quoi que ce soit d'autre que respirer je vais déclencher un cataclysme. A moins que nous soyons déjà au cœur du cyclone, je ne sais pas, je ne sais plus.

La main de Camille a déserté la mienne et je mets quelques instants à réaliser qu'il est en train de se relever. Je sens la rancœur, la tristesse, l'incompréhension dans ses mots et je reconnais l'agitation dans son regard. "Camille…"

La porte de la salle de bain claque et je suis toujours agenouillée sur le sol, totalement dépassée, déboussolée. Alan semble sur le point de partir. Je me relève à mon tour, péniblement et l'observe pendant une poignée de secondes alors qu'il consulte son téléphone et note quelque chose sur un morceau de papier​. J'ai envie de pleurer, de hurler, de le frapper, de m'excuser, de l'insulter. Je voudrais dire quelque chose, pour prendre la défense de Camille, ou pour apaiser Alan, mais je sens que quoi que je dise ce dernier l'interprètera mal.

Les quelques phrases qu'il m'adresse ensuite ne font d'ailleurs que confirmer mes inquiétudes et je frissonne. Je le fixe en silence en serrant les dents et les poings, tremblante. Je ne réponds rien à sa demande ni à ses menaces parce que je sens que si je commence je ne pourrais plus m'arrêter et cette fois-ci j'ai réellement envie de l'insulter et de l'envoyer balader, voir de le frapper, ne serait-ce que pour me défouler.  Comme si j'allais faire quoi que ce soit qui puisse mettre Camille en danger ! Comme si j'allais le laisser mourir sans rien faire ou au contraire l'emmener à l'hôpital au risque de dévoiler sa nature ! Bon sang, il me prend vraiment pour une gamine idiote ! Mais avec cette attitude, il peut être certain que si je peux éviter de l'appeler, alors je le ferai. La seule chose que nous avons en commun est Camille et j'ai du mal à comprendre comment ils peuvent s'entendre alors qu'ils sont si différents...

Je ne peux rien dire, rien faire, alors je détourne le regard et rejoins plutôt la salle de bain. Je ferme les yeux et pose mon front contre la porte un instant, essayant de rassembler mon calme et mes pensées. J'attends que la porte de l'appartement claque derrière moi avant de pénétrer à l'intérieur.

Camille est proscrit dans un recoin de la pièce, contre la douche et semble sur le point de refaire une crise d'angoisse. Je ne me souviens que trop des dernières. Avec sang-froid, ou en tout cas tout le sang-froid dont je suis encore capable, j'attrape un gant de toilette que je passe sous l'eau froide avant de venir lui tamponner délicatement le front et le cou pour essayer de le rafraichir un peu. Je n'ose rien dire car j'ai peur d'empirer les choses. Je reste attentive à ses battements de cœur et au rythme de sa respiration. Il faut qu'il se calme, il a besoin de dormir, de fermer les yeux et de tout oublier.



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MessageSujet: Re: Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]   Jeu 14 Nov - 1:27




Biting words like a wolf howling

Le bruit d’une porte le fit resserrer sa prise autour de sa poitrine alors que des pas l’alertaient de la proximité soudaine de Rebecca. Elle entrait déjà et il fût incapable  de se redresser un minimum pour l’accueillir. Il lui en voulait vraiment. D’avoir tout balancé, d’avoir déclenché ce cataclysme. L’animal le gronda et força un premier appel d’air. Quelque chose d’humide percuta son cou et son visage au même moment. Le métamorphe ferma les yeux et se focalisa sur la respiration voisine pour ne pas sombrer plus dans sa suffocation. Il voulut repousser cette main qui le ramenait sur terre mais il ne parvint pas à remuer alors il subit sans broncher ces actes d’attention qu’il n’avait ni voulu ou mérité. Il voulait qu’elle parte, il voulait qu’elle reste. Il voulait être loin d’elle et près d’elle. Il la détestait et il la désirait. Il ne savait plus quoi faire, les deux émotions se passaient violemment le relais durant deux bonnes minutes alors qu’il luttait contre son propre corps. Quand il put mieux respirer, son bras écarta brusquement celui de sa jolie brune. Sa voix enraillée et essoufflée lui intima un ordre sec. « Arrête. Arrête ça. » de le regarder dans cet état, d’être témoin à chaque fois qu’il tombe et d’avoir été une partie du problème actuel. En tremblant, il redressa sa nuque et toujours sans la regarder, il articula. « Qu’est-ce qui tourne pas rond chez moi ? Merde. » Il aurait pu, il aurait voulu pouvoir s’énerver vraiment contre elle. Plus il retenait toute cette rage, plus elle lui s’agrippait à sa cage thoracique pour la malmener. Mais il n’avait plus d’énergie et pas assez de connerie pour tout rejeter sur sa copine. Non, c’était sa faute. Il n’avait pas su gérer la réunion, ni su apaiser Alan alors qu’il était inquiet, déçu et… « J’ai encore tout fait foiré. Je fais toujours tout foiré. » Le changeur se laissa glisser sur le côté jusqu’à ce que sa tête rencontre l’épaule de sa compagne. « Laisse-moi. Rentre chez toi. Oublie-moi. » Ses gestes lui demandaient tout l’inverse, il enroula péniblement son bras autour de sa taille et cala son visage dans sa nuque. Il resta là de longues minutes à défier sa propre capacité à inhaler l’air. Plus ou moins calmé, il se laissa porter par les mouvements de la jeune femme.

Il atteignit son lit sans trop savoir comment. Ces baskets qui ne lui appartenaient pas tout à fait, valsèrent et il se glissa sous les draps en gardant toujours sa paume dans celle de son amante afin d’être sûr qu’elle ne s’échappe pas comme il lui avait demandé un peu plus tôt. Il fit en sorte qu’elle soit là et il se colla à elle directement. Son nez sur son cou, un bras barrant sa taille. Il ne voulait pas parler, pas réfléchir mais juste dormir. Dormir. Des heures, des jours, des années. Jusqu’à ce que cette douleur s’estompe. Jusqu’à ce que tout s’arrange. Le français voulait clairement jouer à l’autruche aussi longtemps que possible afin de semer ses ennuis. Puéril ? De toute manière, son conseiller lui avait dit. Il n’était qu’un gamin. Un gamin capricieux et égoïste. Avant de sombrer – merci au calmant, il murmura pour lui et seulement pour lui. « J’aurais dû partir. J’aurais dû… » Sans crier gare, Morphée l’engloutit d’une seule étreinte. Un sommeil de plomb, pas vraiment réparateur pour autant. Surréaliste. Il se mettait en veille pour le bien de ce corps abimé et de ce cœur encore plus ravagé. Rien ne semblait vraiment stable. Même cette amitié, même sa seconde famille. Que lui restait-il ? Une silhouette allongée à ses côtés qui finirait tôt ou tard par le délaisser à tort plus qu’à raison. Rien n’était acquis. Rien n’était éternel. La solitude, sa seule conviction. Elle l’entraînait cette nuit-là dans de biens noirs songes. Plus rien de vrai, plus rien de faux. Seulement des situations et aucune vérité absolue, que des perspectives. Depuis quand celles de son meilleur ami et frère écrasaient les siennes  avec autant de violence ?



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Biting words like a wolf howling [Livre II - Terminé]
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