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Une cordiale entente... [Livre I - Terminé]
MessageSujet: Une cordiale entente... [Livre I - Terminé]   Dim 3 Oct - 18:22

Le bruit un peu fatigué de la vieille sonnette de l’appartement retentit, brisant le silence qui régnait en ce lieu. Elle tinta encore une ou deux fois, avant qu’une voix ne parvienne au visiteur de l’intérieur. Un “ J’arrive “ lancé par un cri de frustration. L’homme, devant la porte, tressaillit. Il n’avait jamais entendu dire que Bill était violent, mais tout de même, un homme avec sa réputation devait avoir plus d’un tour dans son sac pour parvenir à la place qu’il occupait aujourd’hui. D’autant plus qu’il fallait avoir de la ressource pour récupérer le sang de Vampire qu’il vendait. Et qu’il vendait cher. Il hésita à recompter l’argent, dans l’enveloppe, mais haussa les épaules en entendant les bruits de pas se rapprocher du seuil. S’il était surpris en train de compter, Bill penserait qu’il n’était pas sûr, et la négociation serait tuée dans l’oeuf. Il inspira à fond, se préparant à l’ouverture de la porte, qui arriva bien vite, avant qu’il ne soit complètement calme...

Le bruit un peu fatigué de la vieille sonnette de l’appartement retentit, brisant le silence qui régnait en ce lieu. Elle tinta encore une ou deux fois, avant qu’il ne se lève et gueule un “ J’arrive “ frustré, qui avait dû parvenir aux oreilles de son visiteur, et qui peut-être avait dû l’effrayer. Il sourit à cette idée. Il fallait que ces clients aient peur de lui, pour qu’il n’y ait aucun accroc au moment des négociations. L’affaire était simple : soit le client payait, il avait son produit, et il repartait. Soit le client hésitait à payer, ce qui sentait déjà un peu le roussi, et dans ce cas, il suffisait d’un bon coup de gueule pour qu’il se décide. Dernière possibilité, il était possible que le client finisse par trouver le prix trop élevé, et refuse de payer. Dans ce cas, une seule solution : la fenêtre était ouverte, et pour les remercier de leur fidélité, William leur offrait un baptême de l’air gratuit. Et, habituellement, ils ne se débrouillaient plutôt pas mal. Sauf pour l’atterrissage, bien évidemment. Il était toujours très lourd...

William ouvrit la porte très légèrement, juste assez pour confirmer l’identité du client qui attendait. Il le fit entrer dans l’appartement, le guidant directement dans le salon. Il l’invita à s’asseoir sur un des deux fauteuils, et se mit sur le deuxième. Puis, observant son client, il haussa un sourcil. Il semblait nerveux... Et pourtant, il n’y avait pas de quoi. Tout était sous contrôle. Tout avait toujours été sous contrôle. William saisit la bouteille de whisky sur la petite table, et en servit à son invité, un petit verre. Lui, il ne buvait que rarement. Toujours cette envie de rester lucide pour que son travail se passe à merveille. Le gros client attrapa le cristal à pleine main et descendit le liquide cul-sec.

Puis, lorsqu’il le reposa, William prit la parole :

“- Vous avez l’argent ?
- Il est ici... Sa voix tremblait légèrement, et il sortit une grosse enveloppe qu’il tendit au jeune homme. “

Will ouvrit le papier, et compta l’argent. Il mit plus de temps qu’il n’aurait fallu, juste pour faire monter la pression et vérifier sur son client de dégonflerait ou non. Et puis, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas jeté quelqu’un au travers de la fenêtre. Il hocha la tête, et entendit le gros lard pousser un soupir de soulagement. Il se leva, et se dirigea vers sa salle de bain. Il ouvrit le placard sous le lavabo, et en sortit une bouteille de détergent vide. Il cachait toujours les fioles qu’il était sur le point de vendre là-dedans. Pour son stock, il avait une autre planque dans l’appartement, mais en agissant de la sorte, cela évitait que les clients en visite ne découvre l’emplacement de sa cachette.

Il en sortit une fiole de sang ouvragée. Très belle, de l’extérieur... Et ses effets, ma foi... Il ne pouvait pas les connaître, mais si les clients se bousculaient au portillon, c’est que ça valait le coup. Il l’amena à l’homme, qui la saisit avidement, avant de déguerpir sans demander son reste. Mais le dealer n’en avait pas terminé avec lui. Il le poursuivit jusqu’au pallier, et attrapa son bras, avant de planter son regard colérique dans celui du gros bonnet.

“- Vous n’oubliez pas quelque chose ?
- Mais...
- Pour devenir un de mes clients réguliers, vous devez faire ce que je vous ai demandé... Il saisit l’homme par le col, le soulevant légèrement de terre. Impressionnant, au vu de la carrure du bonhomme.
- D’accord, d’accord. Je vous le donne.
- Et ça doit rester secret. Car, vous savez ce qui vous arrivera si ça venait à être ébruiter.
- Oui, oui, je le sais. Prenez le papier, il est dans ma poche.

Le jeune homme reposa son client, et saisit la petite feuille. Lisant le nom qui y était écrit, il sourit. Elle serait contente. Il rentra dans l’appartement, assez euphorique. William posa l’enveloppe d’argent sur sa table de nuit, et s’assit sur le lit. Il n’avait presque plus de stocks, et pourtant toujours plus de clients. Les chasses devenaient plus durs, et il soupçonnait certains Vampires de le surveiller. Il devait préparer de plus en plus minutieusement ses coups, et cela le ralentissait... Heureusement, il avait encore quelques atouts dans sa manche. Il se pencha pour attraper son portable, et chercha le numéro dans sa liste de contact, avant d’envoyer le SMS :

Bonjour, Maryana. J’ai quelque chose pour toi. Un nom, plus exactement. Viens le plus tôt possible, viens tout de suite. Et... Si tu en as la possibilité, n’oublie pas le petit cadeau que tu me dois... J’en ai besoin. À tout de suite.

Il reposa le portable sur le lit, et se dirigea vers la salle de bain. Elle arrivait, et il devait donc être apprêté pour l’accueillir. Il glissa dans la petite douche, et fit couler l’eau, chaud. Bouillante, même. Il inspira longuement alors que l’eau frappait sa peau. Les gouttes chaudes glissaient le long de son torse, zigzaguant entre ses pectoraux et ses abdominaux, avant de se frayer un chemin sur ses cuisses pour tomber au sol et se transformer en un nuage de vapeur qui enveloppa le corps nu du jeune homme. Il passa les mains dans son dos, accrochant les nombreuses cicatrices qui parsemaient son épiderme clair. Cicatrices qui venaient avant tout de son métier, mais également, certaines d’origine plus grivoises. Les rapports charnels entre Maryana et lui avaient toujours été très violents, et il en ressortait souvent avec de nouvelles marques. Et pourtant... C’était un déluge de désir et de plaisir. Une extase comme n’en connaît jamais un homme normal. Une jouissance si forte qu’elle en était étourdissante, enivrante... Et dont il commençait à devenir dépendant. D’ailleurs, cette pensée lui arracha une grimace. Il avait pour règle de ne jamais trop s’attacher, et pourtant, il trouvait qu’il se rapprochait trop de Maryana à son goût. Ils avaient réussi à trouver une entente cordiale, alors pourquoi en venaient-ils toujours à partager leur lit ?...

Il soupira, quand la sonnette de l’appartement retentit. Rapidement, en quatrième vitesse, il sortit de la douche, enroula une serviette autour de sa taille, et essuya ses cheveux avec une deuxième qu’il passa autour de ses larges épaules. Puis, sortant de la petite pièce, il alla ouvrir.

Lorsque le visage de la jeune femme apparut, il avait un sourire aux lèvres. Il la salua d’un signe de tête :

“- Bonjour, Maryana. Désolé d’apparaître comme ça devant toi, mais tu es arrivée plus vite que prévu...

Il avait accroché un faux sourire gêné à son visage, tandis que quelques gouttelettes d’eau luisaient encore sur son torse musclé...
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MessageSujet: Re: Une cordiale entente... [Livre I - Terminé]   Lun 4 Oct - 19:29

Maryana avait pris cette habitude dés le début de sa vie solitaire. Lorsqu'elle rentrait dans son appartement, elle se devait de fermer la porte à l'aide du pied et d'appuyer de l'index droit sur le bouton du répondeur, et ce, avant même d'avoir ôté sa veste. Plus particulièrement depuis quelques semaines maintenant. Donc, lorsqu'elle rentra dans son lieu de vie, elle mit en marche le répondeur. Et ce malgré les sacs de courses qu'elle portait. Alors que le téléphone se mettait en route, elle posa les contenants sur la petite table face à l'entrée et commença à déballer son nécessaire vital de la semaine. Inutile de décrire la colère qui est montée en elle, lorsque de sa voix mécanique la messagerie vocale lui annonça fièrement qu'elle n'avait pas un seul message. Elle sortit sèchement un à un les articles. Ce qui provoqua inéluctablement un léger incident. Un pauvre paquet de farine explosa, tapissant la pièce principale d'une fine couche blanche. Maryana inspira de tout son soûl cherchant à se calmer. Rien ça n'était rien. Juste un peu de farine sur le sol. Elle se répétait inlassablement ces mots, balai à la main en train de nettoyer. Mais lorsqu'elle n'eut plus rien à faire et qu'elle finit par s'installer dans son sofa, la colère reprit le dessus. Non pas naturellement, sans déclencheur, -bien que cela puisse lui ressembler- , mais à cause de ces petites fioles. Devant ses yeux. Elles étaient vides. Mais ce qu'elles représentaient la ramena à la raison de sa colère face à l'absence de messages.

William Bogden. Il devait la contacter. Il ne l'avait pas fait. Elle finissait par se demander si tout ceci lui était réellement utile. Si elle n'était pas mieux avant. Indépendante. Être dans l'attente l'insupportait. Être assise et inactive brûlait son peu de tolérance. Elle haïssait cela. Ses doigts se mirent à pianoter l'accoudoir. Bientôt ses ongles se mirent à le griffer laissant sur leurs passages de longues rainures gravées à jamais. Il ne s'agissait pas des premières. Elles complétaient déjà une bien belle collection. Preuve de son tempérament impulsif et de son incapacité à intérioriser sa colère. Elle regretta une fois de plus cette alliance. Passer son temps à attendre ici, alors qu’eux, dehors courraient toujours. Puis elle fit un rapide calcul. Depuis la fin de leur quiproquo il lui avait tout de même été utile. Grâce à lui, elle avait doublé sa cadence et se rapprochait de plus en plus de son objectif. Elle devait se rendre à l'évidence. Ce qu'elle n'aimait pas c'était justement cette partie de la traque qui s'était évanouie. En lui laissant les recherches, elle s'investissait moins. Elle attendait. Heureusement le soulagement atteint lors de leurs derniers spasmes restait inchangé. Leurs regards l'assurait qu'elle avait raison d'agir de la sorte. Cela la calma quelques instants. Comme à ses habitudes elle se mit à utiliser ses heures perdues à son art.

Ses œuvres étaient devenues sombres. Il fallait l'avouer, ça plaisait énormément à la horde de touristes attirés en Écosse à cause du phénomène vampirique. De la violence, du sang, du fantastique. Cela attirait les ventes. Les humains étaient comme fascinés par ce phénomène. S'ils savaient. Après une heure passée dans sa chambre noire personnelle, elle retira un cliché. Une sangsue avec un de ces humains. De ceux qui s'offraient corps et âmes dans une relation à sens unique. Stupides. Ils devaient être idiots pour croire à une réelle rédemption. Finalement ces êtres surnaturels ne valaient pas mieux que ceux qu'elle faisait disparaître tour à tour. Tous avaient besoin de confier leurs méfaits. Tous dans ce monde étaient vils et cruels. Sinon pourquoi se délecter de telles images ? Mort, douleur, soumission. Tous aimaient le mal. Alors qu'elle, elle provoquait la justice, rectifiait le tir. Elle rendait au monde son équilibre. Elle jeta un coup d'œil à sa droite. Là où se trouvait sa pellicule. Les dernières photos de sa Jessica. Elle n'arrivait pas encore à les travailler. Elle ne pouvait pas. Pas tant qu'ils vivaient du moins. Pas temps que sa fille ne serait pas vengée.

Ses pensées furent interrompues par une sonnerie stridente. Son téléphone portable pour exacte. Elle quitta la pièce avec les plus grandes précautions afin de ne pas gâcher son travail. Mais cela en avait valu la peine. Le message tant attendu. Une sorte de fourmillement lui traversa le corps. Un frisson d'excitation. Ses mains plongèrent dans la poche de son jean. Elle en retira son arme. Ces deux crocs acérés. Tranchants. Répandant la loi. A travers elle, à travers ses gestes des règles s'édifiaient. Elle n'était que la main utilisée. Que celle qui frappait. Et ce soir elle en aurait la possibilité. De sauver à nouveau ce monde. Grâce à ce message. Grâce au travail qu'il avait effectué pour elle. Elle soupira en lisant la fin du message.
Bien évidemment, elle avait déjà prévu son "présent". Pour la simple et bonne raison qu'il lui avait deux jours plus tôt communiqué un autre nom sans rien exiger. Après avoir jugé la mégère qui avait tenu lieu de directrice du centre, elle était partie recueillir son paiement. Souvent surpris, ils ne s'attendaient pas à ce qu'elle frappe. Elle avait donc rempli deux grandes fioles du liquide que son indicateur lui exigeait. Une serait amplement suffisante. Elle lui confirma sa venue. Du sang contre du sang. Une alliance bien utile pour eux deux.

Elle passa un gilet sur ses épaules et détacha ses cheveux, remplaça ses baskets par une paire de talons. Si elle avait compris quelque chose durant ces trois dernières années, c'était que les gens étaient attirés par ce qui était joliment enrobé. Elle n'avait jamais eu aucun mal à les attirer avant d'effectuer sa tâche. Elle quitta son appartement une fiole dans le sac à main, les crocs serrés entre ses phalanges. Maryana réussit pendant tout le trajet à rester dans un état serein. Chose qui était plutôt rare. Enfin elle arriva devant chez lui. Devant chez William. Elle trouva sans difficultés aucune une place où se garer et gravit les marches de l'immeuble. Elle était par chance, arrivée au même moment qu'un des habitants de l'édifice. Il lui avait ouvert la porte, sourire lubrique aux lèvres. Ses mains s'étaient serrées sur son arme. Mais elle ne frappa pas. Elle ne voulait pas souiller les crocs du sang de cet homme. Ils avaient une mission bien plus importante. Elle se posa dans devant la porte d'entrée et sonna.
William Bogden était en réalité un peu plus que son indicateur et qu’un dealer de V. Un peu plus. Tout dépendait du point de vue. Mais le fait était là. Ils n’en étaient pas restés aux simples rapports professionnels. Certainement du à leur rencontre dans une ruelle sombre et devant une victime. Ou alors la traque. Quoi qu’en était la raison, cela ne changeait rien. Maryana passait certaines de ses nuits ici. Par mesure de pratique certaines fois. Par simple envie d’autres fois. Le sexe. Le sexe pouvait être tout aussi violent que les actes auxquels elle s’adonnait en temps normal. Surtout avec William. Elle se souvint même d’avoir utiliser son arme une fois, laissant un léger sillon sur le corps du dealer. Jouissif. A la recherche de son unique bonheur elle aimait ces nuits. Ces nuits aux couleurs de vengeance et de brutalité. Ces nuits qui lui faisaient perdre raison et l’emmenait dans une nouvelle folie tout aussi agréable que la réalité. Il ouvrit enfin la porte.

Uniquement vêtu d’une serviette au tour de la taille et d’une seconde négligemment posée sur son épaule, quelques gouttes perlaient et attestaient de sa douche récente. Il afficha une gêne évidente. Si évidente qu’elle permit à Maryana d’en douter. Elle n’était de toute manière pas d’humeur. Elle était là pour une seule et unique chose. Il le savait. Alors qu’elle rentrait dans son appartement il partit se vêtir. Elle s’installa dans son salon et vit une bouteille de sortie. Elle se leva et pris un verre avant de se servir. Elle avait toujours besoin de ce petit instant de solitude. Elle se contentait d’observer ce qui l’entourait. Sans que rien ne l’atteigne. Les bruits de la route, les cris du voisin, les cris provenant du parc. Rien ne la touchait. Elle était en autarcie complète et n’attendait qu’une seule chose. Qu’il lui donne ce nom, cette adresse. Qu’elle le trouve et obtienne sa rédemption. Il revint dans la pièce principale toujours à moitié vêtu, se séchant les cheveux de sa serviette. Elle sortit la fiole de son sac. Elle observa quelques gouttes toujours présentes sur le corps musclé du saigneur. Elle s’approcha de lui et passa l’un ses doigts sur son torse dessiné, prenant sur son passage une larme dégoulinante. Elle la porta à sa bouche dans un geste sensuel. Elle retourna à sa place initiale et plongea son regard dans le sien.


- Tentant William. Vraiment. Mais tu sais parfaitement que ce n’est pas la raison de ma venue.


Elle lui tendit la main afin de recevoir sa propre drogue. Elle lui sourit, comme elle était désormais capable de le faire. Ne le voyant pas réagir, elle insista.


- Tu m’as dis que tu avais un nom. Aurais-tu l’amabilité de me le donner ?

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MessageSujet: Re: Une cordiale entente... [Livre I - Terminé]   Mar 5 Oct - 0:10

Il l’observait sans en avoir l’air. Elle s’était habillée de manière très chic, et cela renforçait l’envie que ressentait William lorsqu’il avait ouvert la porte, et croisé son regard. Mais elle n’était pas là pour ça, et il s’écarta légèrement de l’embrasure de la porte, afin de la laisser rentrer dans l’appartement. Il la vit se diriger vers le salon, tandis que lui repassait dans la salle de bain. C’était plus correct de s’habiller tout de suite. De toute façon, elle ne voulait que le nom et rien de plus. Si sa chasse se passait correctement, peut-être qu’elle reviendrait profiter de son corps, et qu’ils passeraient une nouvelle nuit ensembles. La dernière avait été douloureuse pour lui, mais tellement plaisante. Jamais il n’avait connu telles sensations dans les bras d’une femme, et pourtant, Dieu sait qu’il avait forniqué avec un grand nombre. Et, étrangement, elle était la seule femme qui partageait sa couche sans qu’il ne lui prenne l’envie de l’arnaquer. Par contre, il espérait qu’elle avait bien ramené un peu de sang de Vampire. Il lui avait fait une fleur la dernière fois, mais ses stocks étaient vraiment trop bas pour qu’il s’autorise un nouveau cadeau. Il enleva la serviette autour de sa taille et attrapa le caleçon et le jean qui étaient accrochés au porte-manteau, à côté de la douche. Les passant rapidement, il sortit de la pièce et rejoignit la jeune femme, terminant de se sécher les cheveux en frottant vigoureusement son crâne. Il ne se souvenait plus où il avait mis ses t-shirts. Et puis, il fallait bien l’avouer, il voulait tenter la jeune femme. Même s’il se doutait qu’elle ne mordrait pas à l’hameçon. Pas pour le moment, en tout cas.

Il la vit sortir de son sac une grande fiole de sang. Et un sourire séduisant et satisfait accrocha son visage. Les fioles qu’elle lui ramenait était plus grandes que celles qu’il vendait, alors une seule représentait un sacré bénéfice. Elle était debout près de la fenêtre, et il s’approcha d’elle en se retenant de se jeter sur le fruit de son désir. Désir, ici symbolisé à la fois par la fiole, mais aussi par le corps parfait de la jeune femme. Lorsqu’il fut en face d’elle, elle s’approcha et glissa son index sur son torse, le faisant très légèrement frissonné. Elle avait toujours cet effet sur lui. Juste une envie soudaine et immédiate qui se déclenchait avec sa proximité. Sensuellement, elle décrocha une goutte d’eau, et porta délicatement son doigt à ses lèvres, avant de reculer légèrement.

Il hocha la tête à sa première phrase, sans se départir de son sourire. Néanmoins, il prit le compliment avec humilité, se demandant même si elle était vraiment sincère dans ses mots. Quoique, si elle finissait toujours par revenir certains soirs, cela voulait bien dire que leurs rapports lui plaisaient autant qu’à lui. Elle lui tendit la main, mais, perdu dans ses pensées, il ne répondit pas tout de suite. Lorsque sa douce voix parvint de nouveau à son oreille, il secoua légèrement la tête.

Souriant de plus belle, il lança sa serviette sur le lit, et se dirigea vers la table de nuit, attrapant le papier qui s’y trouvait. Il le relu et fit une petite moue contrite. Son client avait vraiment une écriture déplorable. Il alla jusqu’au placard pour prendre une feuille vierge ainsi qu’un stylo, et s’assit à table pour tout réécrire. Se faisant, il s’adressa à la jeune femme, revenant sur la tentation qu’elle lui avait trouvé :

“- J’aurais au moins essayé... Il sourit, continuant d’écrire. Je plaisante, Maryana. Je sais que ce n’est pas le moment. Mes infos sont fiables. Je te les écris ici. Le nom, l’adresse, et même les habitudes de ta cible. J’ai eu la chance d’avoir un bon client, cette fois-ci.

Il termina de gribouiller, et se leva pour tendre le morceau de papier à la jeune femme, dont elle s’empara avidement.

“- Merci de m’avoir ramené cette fiole. J’en avais vraiment besoin. Les clients se font plus nombreux, et les stocks rares. Il devient dangereux de s’en prendre au Vampire pour un simple humain comme moi.

Il sourit à la jeune femme, avant de se détourner, pour retourner au placard, qui lui servait également de débarras. Il en sortit une chaîne en argent, quelques fioles arrondies contenant de l’eau bénite, et une paire de chaussures. Spéciales, bien évidemment. Une petite lame en argent était dissimulée dans la semelle. Il fallait être équipé pour affronter les suceurs de sang et en ressortir indemne. Il s’assit ensuite sur son lit, posant son barda derrière. Puis, il leva les yeux vers la belle :

“- Tu vas y aller tout de suite ?

Il la fixa intensément, dans les yeux. Elle menait une vie dangereuse. Sa vengeance pourrait lui être fatale, à elle aussi. Un meurtre ne passe jamais inaperçu, alors quand William imaginait toutes les vies qu’elle prenait, il en venait presque à s’inquiéter pour elle. Presque, seulement. Il n’avait jamais posé de question, quant au pourquoi de cette quête insensée. Rédemption, culpabilité, qu’en savait-il ? Tout ce qu’il avait appris à son contact, et à force de l’observer, c’est qu’elle avait le courage d’aller au bout de son “travail”, qu’elle serait sans pitié, et qu’elle faisait ça du mieux qu’elle pouvait. À la perfection, tout comme lui. Ils se ressemblaient plus qu’il ne voulait bien l’imaginer, en réalité.

Et, sans qu’il ne sache d’où cette pensée était venue, sa voix résonna à ses oreilles :

“- Maryana... Fais attention à toi.

Mais qu’est-ce qui lui prenait de dire une chose pareille ? Il arqua un sourcil après s’être entendu. N’importe quoi. “ Fais attention à toi “. Depuis quand un homme disait ça à sa distraction passagère ? D’ailleurs, elle ne lui avait jamais dit, et ne lui dirait sans doute jamais, quelque chose comme cela.

Se relevant, il passa une main dans ses cheveux encore légèrement humides, et haussa les épaules :

“- Oublie ça. J’aurai bientôt de nouvelles infos pour toi. Quant à moi, j’ai un stock à refaire, et quelques clients à contacter... Ma porte t’est toujours ouverte, tu le sais.

Il avait bien commencé, mais pourquoi avait-il fini sa phrase comme ça ? Encore une connerie. Pour un peu, il se serait giflé lui-même. Il soupira longuement, et se détourna, baissant les yeux vers son attirail de chasseur de Vampire. Il devait absolument trouver une proie. Avec la fiole de Maryana, il lui restait assez de produits pour fournir ses clients pendant un ou deux jours, mais pas plus... Et un dealer qui perd sa source de revenue et ses clients, ce n’était jamais bon pour le commerce. Et pour la réputation...

Il osa un regard vers la jeune femme, qui n’avait toujours pas bougé. Et à la voir là, il comprit pourquoi sa langue avait fourché par deux fois. Cette femme était forte. Plus forte que nombre de femmes qu’il avait connu. Et pourtant... Pourtant, quelque chose clochait. Sous cette carapace de pierre, sans pitié, se cachait une certaine faiblesse qu’il avait à peine entrevu... Mais qui l’avait touché, inconsciemment. Elle était fragile malgré tout. Il ne savait pas pourquoi, ni s’il avait raison... Mais c’était ce qu’il ressentait. Il afficha une moue gênée, réelle cette fois, et se détourna afin qu’elle ne puisse pas voir son visage. Mais une nouvelle fois, sa voix retentit sans qu’il ne la contrôle vraiment :

“- Tu vas bien, Maryana ?
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MessageSujet: Re: Une cordiale entente... [Livre I - Terminé]   Mar 12 Oct - 18:37

Opportuniste ? Non ce n’est pas ainsi qu’il fallait voir les choses. En aucun cas Maryana ne profitait de lui. Ils agissaient tous deux de la même manière. Un prêté pour un rendu. C’est bien comme cela que ça devait fonctionner non ? Elle lui donnait sa matière première, il lui donnait de quoi occuper ses soirées. Etrangement, les toxicomanes n’étaient pas ceux qu’il fournissait habituellement, mais elle. Mais il fallait l’avoué elle était elle aussi une droguée dans un certain sens. Simplement dépendante au sang qui coule, à la violence et à la justice. Depuis quelques semaines, son rythme s’était accéléré la rendant toujours plus ivre à chaque fois. Soulagement indéfinissable, perte de tension. Calme recouvré et esprit sain. Voilà ce que lui apportait ce qu’elle lui réclamait. Et plus elle agissait plus elle en avait besoin. Plus elle répandait sa justice plus sa soif de vengeance grandissait. Elle aurait déjà aimé tous les avoir achevés. Les avoir tous vu lui implorer pardon. Qu’elle leur donnerait. Par un coup sec dans la gorge. Par les deux trous qui perceraient l’épiderme. Par le liquide vermeil qui s’échapperait. Oui, elle leur accorderait le pardon. Parce qu’ils auraient réglés leur dette de par leur trépas. Seule cette pensée la calmait presque autant que les actes. Elle en avait besoin. Elle se sentait sujette à des tremblements. Le manque tout simplement. Elle resta le bras tendu. Souriant à l’idée de sa soirée. Expression qui lui fut rendue avant qu’il ne quitte la pièce.

Il avait bien entendu remarqué la fiole posée sur la table ce qui expliquait son consentement silencieux. Elle se déplaça afin de suivre le chemin qu’il empruntait. Le verre toujours à la main, elle observa sa démarche, tout d’abord puis, s’attarda sur sa carrure plutôt avantageuse. Les muscles saillants de son dos. Cela la touchait presque. Elle se vit griffer son omoplate droite et laisser la trace des ses ongles dessinée. Les mêmes traces ineffaçables de l’accoudoir de son canapé. Ses instincts de femme pointaient quelque fois en sa présence. Mais en cet instant-ci, elle n’eut aucun mal à se contrôler. Car un autre désir était bien plus ancré. Ce coup-ci devait être important. L’un de son top 3. Cela était bien trop important aux yeux de la semi-démone pour qu’elle laisse des hormones décider du cours de sa soirée. Il devait payer. Cet homme, cet ambulancier. Celui qui s’était contenté de regarder Jessica mourir alors qu’elle aurait pu être sauvée. Celui qui avait baissé les bras avant même que ce ne soit finit. Lâcheté, fainéantise. Il représentait à lui seul bien des maux. Heureusement, elle, était là. Elle allait épargner à son entourage sa compagnie pestilentielle. Heureusement qu’elle, était là.

Alors que son regard pointait dans le vide, elle, absorbée par des pensées réconfortantes, fut sortit de son doux songe par son indicateur. Son indicateur et son amant. Ce dernier avait cependant tout à fait conscience de quand elle était disponible et devina qu’en cet instant ça n’était pas le cas. Absolument pas. Elle avait une justice à propager. Une vengeance à répandre. Ce soir. Elle le devait. Pour son bien certes. Mais Maryana n’était toutefois pas un monstre d’égoïsme. Car en éliminant cet homme elle en sauverait bien nombre d’autres de son incompétence. Ce soir allait être un grand moment. Pour elle, pour eux. Et apparemment cela allait être d’une facilité déconcertante. Tout lui était servi sur un plateau d’argent. Cela devait-il la réjouir ou non. Probablement. Mais cette traque lui manquait quelque fois. Puis elle se remémora la date d’aujourd’hui, du peu de temps qui lui restait. Oui. Cela était définitivement une bonne chose que d’avoir quelqu’un tel que William sous la main. Avec son activité, il arrivait toujours à lui trouver ce qu’elle recherchait. Il n’avait encore pas fait d’exception à la règle. Jamais. Effectivement, il se tenait maintenant debout et lui tendait un papier. Sans cérémonie elle s’en saisit. Comme à son habitude, elle se contenta de le garder fermer. Elle aimait découvrir tout de sa victime lorsqu’elle était seule. Dans son habitacle. A l’abri d’éventuels regards. Du sien aussi peut-être. Pour se cacher ou le préserver. Elle n’en connaissait pas réellement la raison mais c’était ainsi. Il s’agissait de son travail et voulait tant qu’il était possible épargner l’intrusion des autres dans son activité.

Cela était probablement un peu tard. Il lui fournissait toutes les indications dont elle avait besoin et cela ne faisait aucun doute qu’il jetait sans cesse des regards sur ses prochaines victimes. Il savait ce pourquoi elle lui demandait ces noms. Et c’était bien assez. Elle en était finalement à peu près au même niveau. Lui apportant sa source de revenus sans pour autant en connaître les acheteurs. Elle acquiesça à ses paroles. Bien entendu il s’agissait là d’un jeu dangereux. Pour elle notamment. Car si quelqu’un –et par cela elle entendait un vampire- venait à découvrir qu’elle saignait régulièrement les leurs elle aurait d’énormes problèmes. Mais peu lui importait. Si ça lui était nécessaire elle n’y renoncerait au grand jamais. Mais cela était probablement moins risqué pour elle que pour lui. Du moins dans la tâche finale. Une simple blessure et elle venait à bout de ses sources. De ceux qui étaient à présent contenus dans cette fiole. Elle ne releva pas son insinuation quand à son « don » et se contenta de le regarder déballer son attirail de saigneur. Elle voulait attendre qu’il finisse avant de quitter ce lieu. Car malgré tout, elle était dotée d’un minimum de bonnes manières.

- Tu vas y aller tout de suite ?

Elle sursauta légèrement à cette question. Cela allait de soi. Elle avait tout ce dont elle avait besoin pour le moment. Ses dettes réglées et les informations nécessaires pour sa nouvelle traque. Elle avait pour habitude d’observer légèrement ceux à qui elle s’en prenait. Seule. Sa soirée était amplement remplie et elle n’avait pas d’avantage temps à lui accorder. Et ce malgré le fait qu’il soit toujours à demi-nu, que son corps l’attire plus que tout et qu’elle sentait au fond d’elle qu’elle voulait ressentir du plaisir autrement que de par sa vengeance. Mais elle resongea au nom inscrit. Trop important. Bien trop. Cependant elle ne s’était en aucun cas attendue à ce qui se préparait. Certains mots qui s’échappèrent de la bouche de Bogden. Qui tenta tant bien que mal de se rattraper. Mais en rajouta une nouvelle couche. Qui l’invitait à venir le voir. Pourquoi fallait-il que tout soit compliqué. Pourquoi fallait-il qu’il eut prononcé ces mots. Mais surtout, pourquoi fallait-il que cela l’eu touché.

Comme un ronronnement venu de l’intérieur. Elle avait eu plaisir à attendre son inquiétude, plaisir à savoir qu’elle comptait aux yeux de quelqu’un. Impossible mais vrai. En cet instant elle avait ressenti quelque chose qu’elle pensait de totalement mort. Un sentiment. Réel. Pas un simple désir. Impossible. Une larme roula sur sa joue. Elle s’était sentie affaiblit. Non maître d’elle-même. Impossible. Cette faiblesse se mua en colère. Elle s’enferma à nouveau dans un masque de brutalité. Ne laissant pas apercevoir sa vulnérabilité. La carapace avait été fendue quelques secondes mais ça ne se reproduirait plus. Seulement, lui l’avait remarqué. Avait remarqué cette faiblesse cachée au fond d’elle. Et il le lui fit savoir. Elle tenta de se concentrer à nouveau. Vainement. Son corps se mit à trembler. Et au lieu de laisser place à la rage qui habituellement coulait dans ses veines, une nouvelle larme apparue sur son visage. Elle songea à sa quête. Elle revit le corps de Jessica sur la table. Son visage bleuté par la mort qui l’avait cueillie. Les joues qui avaient perdu leurs roses, ses boucles éparpillées. Les traces de suie sur ses vêtements. Elle se revit l’étreignant dans ses bras. Lui chantant sa berceuse alors que ses bras inertes pendaient dans le vide. Son souffle se coupa. Elle fit signe au saigneur de rester à sa place et s’assit sur l’un des fauteuils. Elle finit son verre d’une traite et le lui tendit.

- Je ne vais peut-être pas y aller tout de suite. Tu veux bien me resservir ?


Lorsqu’il s’approcha d’elle, elle lut dans son regard. Lu qu’il avait entrevu dans toutes les largeurs ce qui l’abritait. Sans pour autant il se saisit du récipient et y versa à nouveau le liquide ambré. Il la dévisagea en le lui servant. Toujours silencieux. Elle jeta un coup d’œil face à elle. Bien qu’elle arbore plus que tout, les conversations inutiles elle vit un sujet tomber du néant. Sur la table du salon trônait toujours ce qu’elle avait apporté avec elle.

- Ne t’inquiète pas. J’en ai une autre d’avance au cas où. Je te l’apporterai demain. Comme ça nous seront quitte.


Il s’était assis sur l’accoudoir. Ses cheveux encore humides laissaient tomber quelques gouttes. Son odeur, masculine attaquait les narines de Maryana. Dans cet instant où elle semblait totalement égarée elle ne contrôla pas son geste. Plus de pensées, plus de raisons, plus rien. Plus rien sinon le désir de cacher cette faiblesse. Elle posa son verre et se leva. Posa sa main sur le bas-ventre du saigneur et laissa ses hormones parler en se mettant à mordiller son oreille sans aucune délicatesse.
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MessageSujet: Re: Une cordiale entente... [Livre I - Terminé]   Jeu 14 Oct - 14:49

La larme... Cette seconde larme, qui coulait au ralenti sur sa joue dépourvue de toutes impuretés. C’est cette larme, qui déclencha un certain malaise chez le jeune homme. Sa phrase avait eu un effet dévastateur sur son interlocutrice. Son corps s’était mis à trembler, ses yeux se perdirent dans un vague, illuminé d’images dont seule Maryana connaissait l’objet. Il n’en venait pas à regretter ses paroles, non. Même si ces quelques mots lui avaient échappé, en un sens, il ne regrettait qu’une seule chose : que la jeune femme s’était révélée fragile. Elle n’aurait jamais dû l’être. Pas en face de lui, en tout cas. Il savait que la vengeance à laquelle elle aspirait prenait racine depuis un lointain passé dont elle se servait sûrement pour se pousser en avant, comme toutes les vengeances. Mais la voir craquer, jamais il n’aurait dû. Il se souviendrait, dans les prochaines heures, qu’il devait oublier cet événement. Il n’avait aucun droit sur sa vie, aucun droit sur ses actes, aucun jugement à apporter à ses aspirations. Lui-même était loin d’être un parangon de vertu, de toute façon. Elle le regardait toujours, sans pour autant le voir. L’avait-il manipulé, finalement ? Avait-il tellement eu envie d’elle, de manière si forte, qu’inconsciemment il avait fait en sorte qu’elle ne claque pas la porte tout de suite ? Non, impossible. Il n’était pas ce genre d’hommes. Avec toutes les autres, peut-être, mais pas Maryana. Ils avaient bâti une certaine relation de confiance, et il ne lui ferait pas ça.

Néanmoins, la voir frissonnante devant lui, en proie à des démons qui l’emportaient loin de la pièce où ils se trouvaient, il la trouva d’autant plus belle. Et d’autant plus attirante. Quelque chose venait de changer radicalement, dans la manière dont il la percevait. Était-elle finalement plus qu’une simple source de sang, qu’une simple amante... Qu’une simple connaissance ? Il secoua la tête. Non...
Ses pensées le menèrent à son adolescence. Ses souvenirs, son enfance, ses parents, ses femmes. Avait-il déjà été amoureux ? Impossible. L’amour, il lui était inconnu. Ses géniteurs eux-même n’avaient consenti à leur mariage que par intérêt. Ils lui avaient appris à graver les marches de l’ambition et à atteindre le sommet, sans compter sur personne. Ils avaient construit pour lui une route toute tracée. Un chemin d’indifférence calculée. Un chemin qu’il arpentait depuis si longtemps qu’il n’avait pas souvenir de s’en être égarer. Ce sentier grimpait. Grimpait, vers le sommet. Toujours plus haut. La voix de son père résonnait à ses oreilles, l’encourageant froidement dans sa tâche. Il lui intima intérieurement de se taire. Cette indifférence, il ne l’avait jamais abandonné. Il leva la tête, contemplant le pique de la montagne. La route vers la gloire, la richesse, et le succès. Il sillonna des yeux le chemin rocailleux qu’il lui restait à parcourir. Et il lui semblait sans fin. Pourtant, à ce moment-là, son regard fut attiré par une silhouette longiligne, debout devant lui, bloquant le passage.

Maryana. Elle le regardait gravir les embûches et les difficultés, un sourire éclatant aux lèvres. Un sourire comme il ne lui avait jamais vu. Il se hissa jusqu’à elle, et elle s’écarta du chemin, glissant sur l’herbe, juste à côté. Puis, sans dire un mot, elle s’écarta encore, s’éloignant doucement jusqu’à l’orée des bois. William fronça les sourcils. Cela voulait-il dire qu’elle pouvait l’éloigner de son chemin d’indifférence ? Qu’elle connaissait un autre chemin pour parvenir au sommet ? Ou qu’elle ne voulait simplement pas qu’il y parvienne ? Mais la tentation était forte. Il la vit l’observer longuement, attendant peut-être qu’il se décide. S’il tournait à droite, s’il posait le pied sur l’herbe des sentiments, il ne pourrait jamais revenir sur la route. Il ne pourrait jamais retrouver le sentier, et y rester sans avoir l’impulsion de revenir flirter avec la fraîcheur de la terre. Et, sans qu’il ne puisse plus réfléchir, il se détourna du droit chemin, et tendit la main vers Maryana.

Il revint à la réalité, la main légèrement levée vers la jeune femme. Alors, elle lui adressa un signe pour qu’il reste où il était.
Il la vit disparaître dans les bois, alors qu’il n’avait toujours pas bougé. Et, une seconde plus tard, il se remit en route. Sur le sentier de l’indifférence, le chemin menant à sa victoire. Un dernier regard derrière lui, et il comprit. Que si un jour, les choses changeaient... Il pourrait à nouveau avoir la chance de quitter cette route.

Elle s’assit sur le fauteuil le plus proche, et vida son verre cul-sec, avant de le lui tendre pour qu’il la resserve. Elle allait rester. William se posa la question qui le turlupinait depuis qu’elle avait hésité et n’était pas partie : l’avait-il obligé à rester, à cause de ses mots, ou le faisait-elle de bon cœur ?
Et d’autres lui brouillèrent l’esprit... Pourquoi était-elle restée ? Et qu’avait-elle vu, lorsque ses yeux avaient quitté la pièce ?... C’est toutes ces interrogations qu’il se posait lorsqu’il s’approcha d’elle.

Il attrapa le verre, et fit couler lentement le whisky à l’intérieur, sans pour autant cesser de l’observer. Puis, elle détourna les yeux, et il suivit son regard jusqu’à la fiole de liquide rouge posée sur la table. Il entendit sa phrase, et hocha doucement la tête, s’asseyant sur l’accoudoir, près d’elle. Il ne pouvait pas nier qu’il avait besoin de cette deuxième fiole. Mais il ne lui avait jamais exigé, et il ne lui exigerait jamais. Mais, à travers cette phrase, il sentit autre chose. Il ne savait pas vraiment quoi, mais en tous les cas, elle comptait revenir le lendemain... Et il n’aurait pas le temps de lui trouver un nouveau nom dans un laps de temps si court. Pourquoi tenait-elle à ce qu’ils soient quittes ? D’autant plus que la dernière fois, quand il lui avait offert sa cible sans exiger de sang en échange, il n’avait pas imaginé une seule seconde qu’elle veuille le “rembourser”...

Et elle riva de nouveau son regard dans celui de William. Et ce qu’il y lut... Une brusque bouffée d’envie tempêta à l’intérieur de lui.
Était-il amoureux d’elle ?... Non. Il ne le pensait pas. Il savait que non. Et puis, toute cette scène n’était qu’un grain de sable éphémère dans leur relation. Cette faiblesse... Et ces deux larmes, elle ne les avait versé que par erreur. Cela ne recommencerait pas. Et pourtant...

Elle posa son verre et se leva, avant de glisser délicatement la main sur son bas-ventre, sans autre préambule... Et avant de lui mordiller l’oreille sauvagement. Cela le surpris grandement. Cette pulsion, peut-être cachait-elle quelque chose qu’il n’aurait pas voulu lui faire ressentir. Il hésita. Devait-il l’arrêter ? Lui parler ? Ou se laisser entraîner dans ce bouleversement des sens qu’elle lui offrait ?

Il n’eut pas longtemps à réfléchir. Ce qu’elle lui faisait subir, violemment, le fit frissonner terriblement, trembler presque de désir. Sa raison s’inhiba, ses pensées également, et il n’eut d’autre choix que d’accepter l’étreinte, malgré les réserves que son âme émettait toujours : était-ce seulement du sexe pour du sexe, ou bien autre chose ? Elle n’eut aucun mal à chasser ses pensées, continuant de lui dévorer presque le lobe de l’oreille. Il se redressa et se releva, laissant échapper un soupir d’aise qu’il ne put retenir. Il se redressa et se releva, lui faisant lâcher prise, non sans douleur. Mais la douleur avait un tel pouvoir excitant, érotique... Il captura ses lèvres sauvagement, l’emprisonnant dans un baiser gorgée d’une envie irrésistible.

Il se leva, et passa une main dans son dos pour la plaquer contre son torse, tout en lui mordant la lèvre sans délicatesse. Pris dans une étreinte bestiale, les deux amants tapèrent contre la table basse, et le verre de whisky, posé sur le bord de celle-ci, glissa au sol et explosa, répandant la boisson sur le parquet. Il souleva la jeune femme entre ses bras, pour la porter jusqu’au lit, sans rompre le contact entre leurs visages. Une lignée de sang glissa sur sa joue depuis son oreille, dégoulinant jusqu’à son torse pour se mêler à l’eau, vestige de la douche qu’il venait de prendre. Au moment de la lâcher pour qu’elle tombe sur le matelas, il se retint une seconde. Son attirail de guerre était toujours là. Il se retourna, dos au lit. C’était son corps, qui était couturé de cicatrices, et il ne souhaitait pas que celui de la jeune femme soit couvert d’impuretés.

Il se laissa tomber sur la couette. Elle était à califourchon sur lui. Le dos de William percuta une des chaussures. Et le mécanisme de la lame secrète qu’elle cachait s’activa, faisant sortir la petite dague. Elle se planta dans sa chair à nue, et il grogna, laissant échapper un râle de douleur. Mais il n’en avait que faire. Il se redressa sur les coudes, et reprit possession de ses lèvres, avant de descendre pour lui mordre le cou et d’y laisser une trace qui finirait par s’effacer. Son propre sang coulait à présent sur la couette, la nimbant du rouge vermeil de l’hémoglobine. L’auréole s’agrandit, mais cela ne l’empêcha pas de se retourner pour faire passer Maryana sous lui. Il en profita pour écarter l’attirail, mais la lame avait néanmoins tracé un long sillon sur sa hanche, en plus du trou qu’elle avait fait en s’y enfonçant.

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MessageSujet: Re: Une cordiale entente... [Livre I - Terminé]   Dim 17 Oct - 22:47

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MessageSujet: Re: Une cordiale entente... [Livre I - Terminé]   Jeu 21 Oct - 14:06

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MessageSujet: Re: Une cordiale entente... [Livre I - Terminé]   Lun 25 Oct - 16:23


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MessageSujet: Re: Une cordiale entente... [Livre I - Terminé]   Mer 27 Oct - 5:43

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MessageSujet: Re: Une cordiale entente... [Livre I - Terminé]   Lun 1 Nov - 1:34

Indescriptible. Il était réellement impossible de poser des mots sur ce qui se passait en cet instant précis. De ce qui se passait en elle. D’où lui venait cette pulsion, d’où naissaient ses envies. Il n’y avait plus aucun cheminement logique. Plus aucune raison qui ne tienne la route. La folie. Elle s’était totalement emparée d’elle. Pour de bon cette fois-ci. Elle avait détruit la moindre parcelle pensante, la moindre réflexion qui lui arrivait encore de posséder. Elle tremblait, elle riait. Elle pleurait, elle criait. Rien de tout ceci n’avait de sens. Rien n’était lié. Rien n’était logique. Absolument rien. La folie. La folie s’était emparée de tout son être. Il ne s’agissait pas là de l’instabilité qui la saisissait d’ordinaire. Pas de celle méthodique qui guidait ses actions et ses recherches. Pas de celle qui donnait une raison à des gestes irrationnels. Pas de celle qui justifiait son comportement. Pas de celle qui laissait encore une petite place à sa conscience. Non. Là, en cet instant précis, plus rien n’était logique et la frénésie qui se saisissait d’elle ne se justifiait par aucun moyen.

Comment était-elle apparue ? Elle était incapable de s’en souvenir. Incapable de comprendre. Elle n’était même plus en état de réfléchir à quoi que ce soit. Plus de paroles. Seuls des gestes, irrationnels ? Peut-être. Elle était comme un pantin désarticulé. Comme une marionnette. Toutes ses réactions, tous ces gestes n’étaient qu’automatismes. De simples réflexes dictés par son instinct, acquis de par son expérience. Rien. Elle ne comprenait rien. Et rien ne la touchait. Rien en elle n’était réellement ébranlé. Tout son ressenti, toutes ses pensées, toute sa vie et sa conscience étaient sous clé. Soigneusement bouclés. Son corps lui, vibrait tremblait sous les caresses. Les mains qui se promenaient sur sa peau incandescente. Rien, elle ne ressentait plus rien en son for intérieur. Tout se passait dans une autre dimension. Comme si elle avait observé la scène depuis l’extérieur. La scène au ralenti. Et bien qu’elle sache que ses doigts, sucés, léchés par la langue avide du saigneur devait l’émouvoir, il n’en était rien. Aucun des baisers n’affectaient son esprit. Aucun.

Tout se passait au ralenti. Tout manquait d’action. Son esprit déjà loin n’arrivait à revenir. A se raccrocher. Mais en avait-elle envie ? De toute manière, ses désirs seraient assouvis. Son corps aurait reçu ce qu’il désirait tant. Ses pulsions auraient été calmées lors de son retour dans cette carcasse. N’étais-ce finalement pas ce qu’elle souhaitait ? Laisser son enveloppe corporelle à l’abandon. La laisser agir seule. La regarder se cambrer une nouvelle fois lors du passage forcé de ses doigts en elle. Peut-être, peut-être était-ce ce qu’elle souhaitait. Oui. Laisser libre cours à ce qui se passait, Ne plus réagir par elle-même. Ne vivre qu’à travers son corps. Ne vivre que parce qu’elle ressentait.

Ne vivre qu’à travers ses pores, ouverts, laissant échapper des gouttes de sueur provoquées par cet effort prolongé. Elle était désormais plaquée contre le lit. Le corps écrasé par celui de son amant. Elle était plus excitée que jamais. Plus irrationnel que possible. Elle voulait être libérée. Libérer ce feu qui la brûlait de l’intérieur. Elle voulait jouir. Enfin. Arrêter. Mais son œil fut attiré par autre chose. La seule qui pouvait la retenir réellement. Il s’agissait de ce liquide, qui toujours quittait le corps de l’homme face à elle. La main désirait s’avancer, plus près, encore plus près, le sentir glisser entre ses doigts. Encore et toujours. Ne pas arrêter une minute de le contempler. Sa respiration était saccadée. Ses pupilles ne quittaient pas ce point. Fascinée. Oui. Totalement. Elle était incapable désormais de réagir à autre chose, et même si son corps manifestait une quelconque réponse face aux caresses reçues, elle, Maryana ne désirait plus qu’une chose.

Etait-elle en quelques sortes en manque ? Fort probable. Très fortement. Voilà deux journées qu’elle n’avait pas sévi. Et voir ce sang… qui coulait… juste devant ses yeux… C’était probablement bien trop tentant, bien trop attrayant. Elle était désormais scindée en deux. Deux parties d’elle-même. Mais une seule comptait réellement, une seule la dominait. Une seule atteignait désormais sa conscience endormie.
D’un coté il y avait ses membres, ses hormones, ses envies et ses désirs charnels. Ses pulsions sexuelles. Celles qui quelque part appréciaient les mains fortes qui lui pétrissaient la taille. Son corps qui trembla lors de la morsure reçue à l’épaule. Ses pulsions charnelles. Présentes de par sa condition de femme. Présentes parce qu’elles étaient en chacune d’elle. Parce qu’elle n’y pouvait rien. Parce qu’elle ne les contrôlait pas. Présentes en elle et à la recherche de quelque chose de bien particulier. Ses pulsions charnelles. Le désir de l’autre. Le désir de l’autre en soi. Le désir d’hurler de plaisir. De se faire du bien.
D’un autre coté il y avait son âme, sa raison, son être. Qui recommençait à faire surface. Ce qui résumait son existence, ce qui la résumait, elle. Un être froid, sadique peut-être. Quelqu’un. C’était déjà un point acquis. Et même si elle sentait ses mains sur elle, même si le contact des dents sur sa peau la faisait frissonner, elle ne le ressentait pas. Tout son être attiré par autre chose. Sa seule et unique passion. Sa seule et unique envie. Sa seule et unique vie. Toute son existence tournait autour de ce seul et unique fluide. Tout absolument tout. Envies, désirs. Actions et réflexions. Tout se rassemblait autour de ce liquide fascinant. Ce liquide captivant qu’était le sang aux yeux de Maryana.

Les deux moitiés se disputaient, se déchiraient en elle. Chacune voulant prendre le dessus. Refusant désormais de cohabiter dans une seule et même enveloppe. Peut-être était-ce ça la folie. L’incapacité de s’accorder avec soi-même. L’incapacité de relier deux personnalités, deux envies, deux désirs. L’incapacité de faire fusionner deux choses essentielles. Essentielles en cet instant précis. Quoi de plus normal. Deux corps, dénudés, l’un contre l’autre. Friction entre deux peaux. Entre deux épidermes trempés. Trempés de sueur, preuve de leurs efforts, preuve de leurs mouvements rapides et saccadés. Trempés de sang. Dégoulinants de sang. Preuve de leurs sadismes, preuve de leurs masochismes. Second désir, celui de la violence. Celui de frapper, de faire hurler. Remplacer la jouissance par de la douleur. Voir les visages se tordre sous les coups. Voir son visage se tordre sous les coups. Deux moitiés, qui ne parvenaient pas à s’entendre. Qui luttaient. Qui lutteraient encore quelques instants. Raison contre corps. Besoin contre désir. Lutte incessante. Mais qui devrait se résoudre. Parce qu’il le lui demandait.

- Commande, Maryana... Commande, et j’obéis...

Parce qu’elle devait choisir. Parce que tout cela lui revenait. Parce qu’il était désormais impossible de combiner à nouveau ces deux aspects. A nouveau maîtresse d’elle-même, toujours sujettes à des pulsions. Son corps était toujours en suspension. Son bas-ventre si près du sien. Impossible de l’ignorer. Impossible de ne pas en avoir envie. L’excitation revint. Elle posa sa main sur son torse et le poussa. Ils tombèrent tous deux sur la couche. Elle avait le dessus. Il le lui avait demandé. Ses doigts touchèrent le corps de son amant. Comme à la recherche d’un élément qui pouvait la conforter dans son choix. Comme à la recherche de quelque chose pour la guider. Elle le sentit frissonner sous ses mains. Soumis. Au moindre de ses caprices.
Pathétique. Tout simplement. Voilà que sa seconde partie reprenait le dessus. Sa raison, sa rancœur. Sa haine. Mais elle pouvait aussi y trouver une nouvelle source de jouissance. Une toute nouvelle. Un sourire carnassier naquit sur ses lèvres. Une main se posa sur son fessier, la troublant. Véritable girouette, elle devait trouver un moyen de se recentrer, de savoir quoi faire. Que choisir. Ce duel interne l’usait. Elle posa les mains des deux cotés du corps qu’elle chevauchait gracieusement. Se doigts fins se posèrent sur quelque chose de dur. Et de froid. Son arme.

Elle l’aurait reconnue entre mille. Enfermée à travers un sac. Dans le noir le plus complet. Cet objet était devenu une partie d’elle-même. Une prolongation de sa main. Elle vivait par lui. Son outil le plus utile. Sa seule et unique attache réelle en ce monde. La seule chose qui la guidait. Elle la saisit dans ses doigts alors que les mains de son amant se faisaient pressantes. Souhaitant la satisfaire. Mais elle avait arrêté de trembler. Elle avait arrêté de ressentir. Elle savait parfaitement où est-ce qu’elle se trouvait. Ce qui lui advenait de faire. Elle transféra l’objet dans sa main. Taché de sang. Leur sang. Elle regarda la plaie qui s’était arrêtée de saigner. Contrariée. Elle fit une moue rageuse. Ses ongles griffèrent le torse placé sous sa paume. Elle fut néanmoins surprise.
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