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I think we have an emergency [Livre II - Terminé]
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MessageSujet: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Sam 14 Sep - 15:25




 I think we have an emergency  


HJ : Pour ceux qui n’auraient pas participé à la mission, je vous invite à consulter la nouvelle intrigue ici . En cas de doutes ou de questions, n’hésitez pas à me mpotter bien sûr ^^ Je vous invite à consulter la description du QG également pour mieux visualiser l'intérieur.

30 août 2017 – soit 15 jours depuis la mutinerie de Wolfheaven. La migraine qui m’accompagnait jusqu’à ma voiture, était significative. Elle démontrait mon état d’épuisement moral et physique que je subissais depuis cet événement. Il y avait toujours plus de questions à mesure que les jours avaient défilés et toujours moins de réponses apportées. Nous nous étions fait trahir par les nôtres, par les loups et apparemment un semi-démon avait même été convié à cette petite sauterie. Pourquoi vouloir tuer Mary ? Pourquoi m’attaquer ? Qu’une autre espèce surnaturelle ait été impliquée me chiffonnait. Ce n’était pas qu’une question de désaccord vis-à-vis de l’alliance. Ça ne pouvait pas être que ça – surtout  que les métamorphes étaient libres de quitter la communauté et de ne pas adhérer à nos idées. Non, une justification aussi simple n’était pas logique. D’autant plus que dans ce cas, pourquoi auraient-ils cherché à collaborer, lycan et changeur, s’ils ne veulent plus être alliés ? Ça n’avait aucun sens. Je finirai par apprendre la vérité. J’y veillerai. L’heure était davantage à la remise en question, aux recherches et à l’apaisement collectif. Je devais veiller à ce que les miens ne se désolidarisent pas et à leur rappeler les enjeux pour notre espèce. Nous devions faire front ensemble. Et ceux qui ne voulaient pas de tout ça, pourraient alors prendre la porte. Je n’étais pas quelqu’un d’extrême mais la situation avait été trop loin pour  que je puisse rester aussi indulgent qu’antérieurement. Je m’étais senti trahi et ce sentiment m’animait autant que celle de la culpabilité. J’ignorais si des concessions pouvaient encore fonctionner. J’aviserais.

Je pris la route très tôt, trop tôt pour aller chercher notre dernière recrue que je comptais introduire auprès des nôtres aujourd’hui. Je récupérai Dafné chez elle et profitai du trajet pour lui expliquer exactement ce que nous avions accompli durant les Années Sanglantes. Je lui détaillai nos liens avec la meute pour qu’elle soit au courant avant de se retrouver face à la crise. Je ne lui expliquai pas dans quelle mesure nous étions arrivés à être face à un conflit avec eux, gardant cette partie de mon récit pour la réunion. Je lui donnai suffisamment d’éléments pour qu’elle sache de quoi il en retournait. Pour atteindre le QG, je pris sentier et chemins détournés afin  qu’il lui soit incapable de retrouver la route par elle-même. Je gardai une méfiance certaine – redoublée par tout ce qu’il s’était passé à Wolfheaven. Conduire dans mon état restait assez laborieux mais je m’en sortis relativement bien. Je veillai juste à ne pas lâcher le volant avec ma main droite. Je m’étais shooté aux antidouleurs avant de m’engager sur l’asphalte de toute manière. Les tiraillements au niveau de mon épaule déchiquetée par les crocs du tigre et la poitrine, par ses griffes, restaient supportables. Ma mine ne paraissait pas forcément radieuse mais elle était moins épouvantable qu’à ma sortie de Wolfheaven. J’espérais que je parviendrais à camoufler mes blessures et leur gravité. J’avais manqué de mourir, certains le savaient, d’autres pas. Inutile de préciser que cette faiblesse et manque de compétence de ma part me rendaient aussi coupable qu’honteux vis-à-vis des miens au vu de la place que j’occupais.

Je n’avais vu personne depuis les incidents de surcroît – même pas Alan, mon conseiller et bras droit. Juste deux coups de fil rapides. L’un pour attester de ma survie, l’autre pour planifier ce rendez-vous. D’ailleurs, c’était son anniversaire. Quel piètre ami faisais-je, organiser ça ce jour précis. Je chassai toutes ces pensées de mon crâne alors que je me garais non loin du chalet niché dans les bois. J’invitai ma passagère à me suivre et sortis mon trousseau de clés afin d’ouvrir les lieux. J’ouvris la porte sur un décor très normal et continuai mon avancée jusqu’à la trappe dissimulée que j’ouvrai avec beaucoup de difficultés mais surtout de l’aide de ma comparse. Nous descendions alors à la cave aménagée pour les rassemblements de cet  acabit. J’allumai les lumières et invitai Dafné à s’asseoir avant de moi-même prendre place en bout de table pour présider la réunion. Je profitai des quelques minutes qui nous séparaient de l’heure à laquelle j’avais convié tout le monde. 19h50. Encore dix petites minutes durant lesquelles, je tentai de réorganiser ma pensée. Il fallait qu’on débusque les traitres restants, qu’on solidarise le reste du groupe, qu’on prêche le bien fondé de l’alliance et qu’on comprenne pourquoi tout ça avait dérapé il y a quinze jours. On ? J’ignorai ce que pensait Alan de tout ça. Je craignais un peu son positionnement. Mais nous verrions. Je vérifiai une dernière fois du bout des yeux que ma chemise camoufle bien mes bandages et croisai les mains devant moi. Nous avions déjà joué des décisions importantes en ces murs et je priai intérieurement pour que celles d’aujourd’hui ne soient pas dramatiques, voir fatales pour notre avenir.
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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Sam 14 Sep - 17:19

 I think we have an emergency


Il était enfin là ce fameux mercredi 30 août ! Depuis que Camille m'avait annoncé que la réunion des métamorphes se tiendrait ce jour là j'étais divisé entre plusieurs sentiments dont les principaux étaient l'impatience et la crainte. Il me tardait de retrouver mes semblables car ils seraient bientôt ce qui ressemblait plus à une famille. Ce n'était pas rien pour l'orpheline que j'étais depuis plus d'un an maintenant. Cependant, même si j'avais parfois eu l'impression que le temps passait au ralentit depuis que je connaissais la date, l'appréhension me donnait parfois à croire que les minutes étaient des secondes. Et si les autres membres de la communauté ne m'acceptait pas ? Non pas que j'avais du mal à sympathiser avec les gens, loin de là, mais il faut une première à tout ! J'espérais seulement qu'elle n'aurait pas lieu concernant mes rapports avec les autres métamorphes.
Voilà toutes les pensées qui me venaient à l'esprit tandis que j'observais mon reflet dans le miroir de la salle bains. La journée avait été longue car j'avais eu plusieurs rendez-vous mais tous éparpillés par ci par là et pas en continue pour couronner le tout ! Cela avait eu le don de titiller de nouveau ma blessure à la jambe... Souvenir que je garderais dans la peau concernant ma première rencontre avec des loup-garous ! Enfin, la rencontre par elle-même n'avait rien eu de désagréable c'est surtout le choc qui l'avait précédé qui n'avait pas été appréciable. Je souris en repensant à tout ça puis me décidais à arranger mes cheveux et me refaire une mise en beauté légère. Après tout, je n'allais pas à une soirée ! Je jetais un coup d'œil à la pendule pour voir qu'il était déjà 18h25. Comme j'étais vêtue d'un jeans basique et d'un top noir, je choisissais d'enfiler des converses assorties au haut et de prendre ma veste en cuir rouge. Je filais ensuite attendre mon chauffeur à l'entrée de mon immeuble.

Je n'eus pas à attendre longtemps et je pus remarqué en entrant dans le véhicule que Camille avait mauvaise mine. Je lui aurais sûrement dit s'il n'avait pas immédiatement pris le parti de me raconter l'histoire de la communauté, de la façon dont ils avaient fait face aux années sanglantes. Il me parla aussi de l'alliance des métamorphes avec les loups-garous... Je voulu lui dire que j'avais justement rencontrer un de leurs deux jours auparavant mais son monologue ne m'en laissa pas le temps. Et je ne voulais pas le couper car il fallait que je sois au courant... Je ne voulais pas être la méta fraichement débarquée et en plus, complètement larguée. J'étais tellement concentrée sur ce que me racontait Camille que j'aurais été capable de dire où nous étions.
D'ailleurs je n'avais pas remarqué de suite que nous étions arrivés. En sortant du véhicule je constatais que nous nous trouvions au milieu et que se trouvait une cabane de grade-chasse un peu plus loin. Euh... C'était ça le QG des méta ? Notre leader me fit signe de le suivre et j'obtempérais sans rien dire. L'intérieur était banal à souhait si on ne tenait pas compte de la trappe dissimulée que Camille n'arrivait visiblement pas à ouvrir. Je l'aida en l'interrogeant...



- Hé ! Ça va aller Camille ? demandais-je soucieuse.


Oui ! Il m'arrivait d'arborer un air plus calme quand j'abordais un sujet sérieux ou que je m'inquiétais. Et là, je me faisais un peu de soucis pour celui qui m'avait accueilli en Écosse.

Une fois en bas, Camille alluma les lumières et m'invita à m'asseoir. Je ne le fis pas de suite et tournais sur moi-même pour observer le décor de la pièce meublée d'une table, des fauteuils, d'un distributeur d’eau, de placards et d'un frigo. Les murs étaient quant à eux tapissés de cartes géographiques et d'articles de presse plus ou moins en rapport avec les métamorphes. En m'asseyant, en face de Camille, je remarquais une autre pièce mais ne pris pas la peine d'aller l'observer. Je gardais le silence dans un premier temps mais très vite je commençais à trouver le temps long.
Je cessais de jouer avec ma chaîne et fixais le métamorphe qui semblait pensif, voir très soucieux. Je ne devais peut-être pas le déranger... mais ce silence pesant m'angoissait moi. D'une voix légère je pris alors la parole...



- Camille ? Est-ce qu'un des loups de l'alliance se prénomme Hayden ?


J'avais cette question en tête depuis que mon leader m'avait expliqué que notre communauté avait choisi de s'allier aux loups et cela faisait déjà trop longtemps que je me retenais de la prononcer.

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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Dim 15 Sep - 0:31

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C’était étrange. Il me semblait que plus les années passaient, plus le trente août devenait… non pas insignifiant, certes non, mais il prenait une nouvelle dimension. J’avais passé la journée à la fac, à régler des problèmes administratifs. Le fait que je saute sur n’importe quelle occasion pour travailler, même ce qui était particulièrement ennuyeux et que personne n’avait envie de faire. J’avais rendu les emplois du temps une semaine avant, lorsque j’étais revenu de mes vacances particulièrement… constructives. Et pour cause… en deux semaines, j’avais contracté une foutue maladie canine, ma femme s’était faite attaquée et nous avions eu peur pour Globule, et moi j’avais eu peur pour elle, et mon meilleur ami, mon petit frère, le parrain de notre enfant… il avait frôlé la mort et je ne l’avais toujours pas revu. Supers vacances. Bon. Tout allait mieux, pour le moment… j’avais eu par deux fois Camille au téléphone, et il guérissait bien à ce que j’avais compris. Je l’espérais du moins. Je me massais les tempes. Les crampes abdominales, musculaires surtout, de ces dernières semaines en étaient venues à me faire craindre mon corps et ses réactions face à la leptospirose. Mes coudes appuyés sur le bureau, je fermai les yeux et posais ma tête dans le creux de mes mains. J’avais envie de dormir. Non. J’avais envie de retrouver Kate, pour le coup. Nous nous étions vus à midi, pour aller fêter mon anniversaire dans un restaurant qu’elle avait choisi, nous avions passé plus de temps ensemble qu’habituellement le midi. Mais j’avais envie de la voir, j’avais envie de rentrer à l’appart, que l’on se pose, que l’on soit tous les deux. Que l’on ait une soirée rien que tous les deux. Bon d’accord, on en avait presque tous les soirs, des soirées tous les deux, mais bon… le trente août avait une saveur différente, je ne pouvais pas nier.

Je poussai un long soupir, me frottai les yeux, dénouai mes muscles endoloris en m’étirant lentement et en me levant pour marcher dans la pièce qui me servait de bureau. En réalité, c’était plus un cagibi qu’un véritable bureau, plus un amas d’armoires, d’étagères, de livres avec au milieu deux chaises et un bureau portant à bout de bras un ordinateur, et sur ce bureau, des feuilles, des pochettes, des feuilles et des feuilles. Un cadre, aussi, avec une photo de Kate, forcément. Une autre, plus discrète, de Camille. Une dernière, coincée entre un cadre la tour de l’ordinateur, de mes parents adoptifs. Mes doigts effleurèrent la dernière photo que j’avais rajoutée, que j’avais postée sous celle de Kate et moi quelques années plus tôt, et qui montrait notre enfant. Une photo donnée par le médecin le jour de la première échographie. Mon regard dériva sur l’horloge, et je sortis chercher des documents chez une des secrétaires, un étage au dessus. Devant ma tête, son regard fut éloquent. Les mots qui suivirent aussi. En quelques phrases, elle me fit gentiment comprendre que ce n’était pas grave si je rentrais dès maintenant, parce qu’il fallait que je me repose. Quelques dizaines de minutes, j’étais allongé dans le canapé, en train de dormir. Et dire que c’était Kate qui était sensée être fatiguée… J’étais crevé depuis quinze jours, et même si ça allait dans une nette amélioration, et bien… j’étais tout de même fatigué. Quatre heures et demi. Je fermai les yeux. Lorsque je les ouvris, il était sept heures passées, Kate était déjà à l’appartement, je l’entendis au bruit. Je grommelai un vague « Déjà rentrée ? » avant de me lever du canapé. Ce soir, réunion métamorphe. Ce soir, on allait reparler des événements du quinze, et je n’avais pas intérêt à faire faux bond. Ce soir, je ne devais pas être à moitié endormi, je ne devais pas avoir l’esprit ailleurs. J’allais me passer un coup d’eau sur le visage. Je devais avoir l’air fier pour le coup. L’avantage de notre appartement, c’était qu’il n’était pas petit mais que nous n’avions pas non plus besoin de crier pour nous faire entendre. « On a dit quoi déjà ? J’y vais à pied, tu y vas en voiture avec mes affaires ? »

C’était à des occasions comme celles-ci que je trouvais la surveillance de la PES particulièrement fatigante. Il n’était pas question de les mener au QG, et il n’était donc pas question de m’y rendre sous forme humaine. J’étais bien plus discret sous la forme canine qui était la mienne. L’inconvénient, malheureusement, était aussi que je ne pouvais pas transporter mes habits sur moi. Nous avions donc convenu avec Kate que dans les cas de réunions au QG, qui étaient relativement fréquentes, tant qu’elles n’étaient pas improvisées, elle y allait en voiture et m’apportait des habits.

J’embrassai Kate, ouvris la porte, et me fondis dans ma part animale pour terminer à quatre pattes. Je m’ébrouais pour tout remettre en place, et humais l’air avec un sourire canin. La sieste que j’avais faite, ou plutôt mon début de nuit, et l’afflux de sensations du à mes sens canins me permirent d’être tous les sens aux aguets alors que je descendais les escaliers en courant, la langue pendante. La petite trotte qui me mena au QG, au bas mot trois petits quarts d’heure, me permit de faire le point sur ce que je savais, sur ce qu’il allait convenir de dire, de faire, et surtout sur le fait que c’était à Camille de parler en premier. La cabane du garde chasse fut bientôt en vue, et j’avisai une fenêtre ouverte au rez-de-chaussée. La promenade en plein air sous forme animale m’avait fait bien plus de bien que prévu au final. D’un bond, je sautai sur le rebord – pour une fois que ce n’était pas du rebord que je sautai – et sautai à nouveau pour arriver au niveau du plancher. Camille devait déjà être en bas, et il devait déjà m’avoir vu venir par les caméras de surveillance. Du bout de la truffe, je poussai sur le loquet de la trappe, avec de gratter légèrement. Je n’avais pas envie de me retransformer en humain tant que je n’étais pas certain de la présence de mon petit frère dans la masure. Rapidement, la trappe s’ouvrit, et je sautai lestement dans les escaliers, frôlant au passage la métamorphe – reconnaissable à l’odeur – qui m’était inconnue. J’observai Camille, penchai la tête sur le côté, et me mis à trottiner tout autour de la table, allant flairer du côté de la pièce. Kate n’était pas encore arrivée ? Je revins près de Camille, et m’allongeai dans un coin de la pièce, tous les sens aux aguets.

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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Dim 15 Sep - 10:42




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L’air frais de cette fin de journée vint emmêler mes cheveux lâchés alors que je m’extirpai du véhicule en faisant attention de ne pas heurter le volant avec mon ventre qui s’arrondissait peu à peu. Pour les métamorphes qui seraient présents ce soir et qui n’étaient pas au courant de ma grossesse, ils allaient pouvoir le deviner à présent. Je ne pouvais plus le cacher. Alan et moi l’avions déjà annoncé à Camille, mais aucun des autres changeurs de la communauté n’était au courant… Du moins par nous. Il serait bientôt temps que j’aille m’acheter de nouveaux habits pour ma grossesse car ceux que je portais habituellement étaient trop serrés. Ma main alla machinalement caresser mon ventre. Par moments, je pouvais sentir le bébé bouger et j’avais réussi à le faire sentir par Alan également. Le sourire qu’il avait arboré à ce moment-là avait été très communicatif.

C’était son anniversaire aujourd’hui, et nous avions fêté ça ce midi ensemble au restaurant. Alan aimait la cuisine française, aussi avais-je réservé dans un restaurant qui servait cette cuisine. J’avais dit à mes collègues que je prendrais une pause de midi plus longue, afin de passer un peu plus de temps avec lui, surtout que la réunion des métamorphes était prévue pour le soir et que nous n’aurions donc pas l’occasion de nous retrouver tous les deux en soirée. Je ne pouvais pas dire que je n’attendais pas cette réunion avec impatience. Nous avions tous subi des blessures et des dangers lors de la réunion avec les loups de l’alliance du quinze août. Nous avions tous des rancœurs secrètes contre eux. Il était temps de mettre tout ça sur la table, d’exposer et de défendre son avis sur cette alliance, sur ces loups, sur la sécurité de notre espèce.

J’approuvais totalement cette idée de réunion lancée par Camille, qui avait appelé deux fois Alan, une fois pour lui dire qu’il était en vie, et une fois pour lui donner l’heure de rendez-vous. J’avais vécu une longue semaine sans nouvelles de Camille et je ne l’avais pas bien vécue. Après tout, j’avais abandonné notre ami sur les lieux de Wolfheaven, et je n’avais eu aucune idée de ce qui lui était arrivé quand j’avais fui pour protéger mon bébé. Je l’avais laissé là, sans protection et ne pas avoir de ses nouvelles pendant huit jours avait été horrible. J’avais cru qu’il était mort. Oui, bien sûr. Comment aurais-je pu ne pas le penser alors que la dernière image que j’avais de lui était celle de deux métamorphes, l’un ours et l’autre tigre, sautant sur lui et sur Elecktra en un bond, les laissant sans défenses ? Alors les jours étaient passés, lentement, très lentement, me torturant l’esprit, déclenchant des crises de larmes soudaines que j’essayais de calmer dans les bras d’Alan, et me laissant épuisée à la fin de la journée, juste capable de m’effondrer dans le lit. Le fait que j’avais une semaine de vacances cette semaine-là n’avait pas aidé. Le fait qu’Alan ait été malade non plus. Mon esprit avait beaucoup trop de temps pour se lamenter et pour penser. Si j’avais été au travail, cela n’aurait pas été pareil, j’aurais eu l’esprit occupé. Mais là ça n’avait pas été le cas et j’avais vraiment passé huit jours affreux. J’avais repris le boulot depuis trois jours quand Alan m’avait appelée directement après avoir eu Camille. Il allait bien. Ou du moins, il était en vie. La pression sur mes épaules était retombée d’un coup, et j’avais été tellement heureuse d’apprendre qu’il n’était pas mort que j’avais tremblé de soulagement lorsque la nouvelle m’était parvenue et je n’avais plus su me concentrer de l’après-midi. Le soir-même, j’étais rentrée à l’appartement et j’avais directement sauté dans les bras d’Alan, laisser couler cette fois des larmes de joie, tentant de chasser cette culpabilité qui revenait sans cesse me torturer, jour et nuit.

En ouvrant la porte de notre appartement juste avant de partir à la réunion métamorphe, Alan m’interpella et je lui répondis par un petit sourire, allant poser mes affaires dans mon bureau. Lorsque je revins vers lui, il se trouvait dans la salle de bains, où je comptais aller aussi dès qu’il aurait fini. Il me posa une question à laquelle nous avions déjà réfléchi plus tôt dans la journée. Je lui répondis néanmoins :

« Oui on fait comme ça. Pars devant, je te rejoins là-bas aussi vite que possible. Le temps de prendre une douche, j’ai bien besoin de ça après cette longue journée. Je n’en aurai pas pour longtemps. »

Il m’embrassa avant de partir et je me dépêchai d’aller prendre une douche avant de rejoindre le QG des métamorphes, où avait lieu la réunion. Le trajet était relativement court, de vingt à trente minutes en fonction du trafic entre Édimbourg et Glasgow. Ça roulait assez bien, je parvins à atteindre ma destination en peu de temps cette fois-ci. Je me garai en bord de forêt, connaissant par cœur le trajet pour parvenir à la cabane de garde-chasse qui accueillait ceux de notre espèce. Je vérifiai que personne ne m’avait suivie et, les habits d’Alan dans un petit sac, je pris la direction du QG. Lorsque j’y arrivai, je me glissai à l’intérieur de la cabane et entrai directement dans la petite trappe secrète qui me mena au sous-sol, où je vis plusieurs métamorphes déjà rassemblés. Mon cœur manqua un battement quand je vis Camille assis en bout de table, l’air amoché mais en vie. Indéniablement en vie. Je lui fis un sourire qui se transforma en une petite moue, ne sachant pas me défaire de la culpabilité qui me rongeait. Une métamorphe inconnue était aussi dans la pièce et je lui fis un sourire poli, moins chaleureux que celui que j’avais adressé à Camille néanmoins.

J’avisai Alan, toujours sous forme animale, dans un coin de la pièce et je me dirigeai vers lui, sortant du sac les habits qui lui appartenaient pour aller les poser sur un des deux lits qui se trouvaient dans une pièce annexée. Je fus suivie par Alan, derrière qui je refermais la porte en rejoignant la pièce principale, pour lui donner un peu d’intimité. Je m’avançai ensuite vers Camille, mon sourire à moitié moue toujours plaqué sur mon visage. Je laissais la place à sa droite à Alan, pour quand il viendrait nous rejoindre sous sa forme humaine, et m’assit donc un siège plus loin, à la droite du siège que je réservais à mon mari. Ma main s’avança vers les mains croisées de Camille, qui reposaient sur la table, pour se poser sur elle un instant et je lui fis cette fois un sourire franc, laissant filtrer en un murmure :

« Je suis tellement contente que tu ailles bien. »

Je ne pouvais rien dire d’autre pour l’instant, le fait de le revoir enfin pour la première fois après tant de jours d’inquiétude me nouait la gorge. Avisant la métamorphe inconnue, je me tournai encore une fois vers elle, me présentant d’une voix un peu plus forte :

« Bonsoir, je suis Kate. »

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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Dim 15 Sep - 18:44




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La métamorphe avait été surprise de recevoir ce message de la part de Camille. Elle n’était pas sure de recevoir des nouvelles de lui, ni de personne d’autre de la communauté métamorphe d’ailleurs, après les évènements qui les avaient réunis la dernière fois. Pas une seule seconde la renarde n’avait hésité lorsque les choses avaient dégénéré. Elle avait pris la défense de Mary, et s’était jetée entre elle et ses assaillants, laissant ses congénères changeurs se débrouiller seuls. Elle ne doutait pas que ce comportement ne lui rapporterait pas des amis chez les métamorphes.

Cependant pas un seul instant elle ne regrettait d’avoir porté secours à Mary. Bien qu’elle n’ait pas la sensation d’appartenir à la meute, n’étant pas une louve, elle se sentait proche des lycans. Les métamorphes étaient trop réservés, trop attachés à maintenir leur identité secrète, ne laissant que rarement leurs pulsions et leurs besoins animaux prendre le dessus. Elle ne pouvait se séparer de son côté sauvage, ce qui avait toujours rendu difficile son intégration dans le monde des humains. Bien sûr elle savait donner le change, le temps d’une soirée de larcins dans un pub ou tout autre endroit citadin. Mais ça ne durait jamais bien longtemps. Elle était bien trop à l’écoute de son côté sauvage pour pouvoir l’ignorer suffisamment longtemps pour s’intégrer quelque part.

Le jour de cette fameuse réunion était donc enfin arrivé. La rouquine avait hésité longtemps. Elle était presque sûre de ne pas être la bienvenue, alors pourquoi l’avoir invitée ? Camille avait-il compris que le réflexe de la renarde n’était pas un acte de trahison mais un cri du cœur envers celle qui l’avait remise sur pieds alors qu’elle était quasiment morte des suites d’une attaque de vampires dont elle avait été victime ? Et si oui qu’en était-il des autres métamorphes ? Ils ne la connaissaient pour la plupart que très peu, et ne pouvaient avoir vu en elle autre chose qu’une traitresse. Elle appréhendait leurs réactions. Pourtant elle souhaitait vraiment voir comment les choses allaient évoluer. Après tout l’alliance pendant les Années Sanglantes avait permis aux métamorphes de se changer plus souvent, de laisser leur côté sauvage prendre le contrôle, ne serait-ce que le temps d’une bataille. Les métamorphes allaient évoluer elle en était certaine, et cette évolution lui permettrait peut-être de trouver une place parmi eux, de se sentir un peu plus chez elle.

La métamorphe avait fait le choix de se rendre au QG sous sa forme animale, pour plus de discrétion. Camille avait été clair sur ce point lorsqu’il lui avait révélé l’emplacement de ce dernier. Personne, pas même Mary, ne devait savoir. Elle sortit donc vêtue d’une simple petite robe verte, qu’elle savait suffisamment résistante pour être transportée entre les dents pointues d’un renard. Elle avait prétendu se rendre à Edimbourg. Le QG était dans cette direction, il ne semblerait donc suspect à personne qu’elle se dirige au sud.

Elle s’arrête après environ 10 minutes de marche pour retirer sa robe et la plier, puis elle ferme les yeux, et laisse le renard prendre sa place. La transformation n’est plus douloureuse, elle l’a fait tant de fois. Seules restent les sensations incomparables qu’elle procure. Les sens s’aiguisent. Tu sens l’odeur d’un lapin que le vent t’apporte. Tes oreilles se dressent et tu te lèches les babines. Mais ce n’est pas le moment. Attrapant la robe comme tu attraperais un renardeau, tu te mets en chemin. Les kilomètres rapidement avalés par tes petites pattes rapides. Tu t’arrêtes à mi-chemin et t’assures que personne ne t’as suivi. Tes sens aiguisés ne repèrent rien et tu reprends ta route, le vent soufflant des effluves de bois et de mousse.

Arrivé à quelques mètres de la cabane qui abrite le QG tu t’arrêtes. Il est temps de te changer à nouveau. Profitant une dernière fois des odeurs si particulières de la forêt, quelque peu troublées par la présence des tous ces métamorphes, tu poses la robe au sol et tes pattes antérieures se dressent tandis que la rouquine reprend les commandes. Récupérant la robe au sol Roxane l’enfile avant de franchir les quelques mètres qu’il lui reste à parcourir. Elle entre dans la cabane et soulève la trappe qui dissimule l’entrée du quartier général. Les voix qu’elle entend lui confirment ce que les sens aiguisés de sa forme animale lui avaient fait penser. Elle n’est pas la première arrivée. N’ayant pas de montre impossible de savoir si elle est en retard où si les autres sont arrivés en avance. Tant pis. Elle entre dans la pièce.

Camille est présent bien sûr. Placé de manière à présider l’assemblée. De l’autre côté une métamorphe qu’elle ne connaît pas. Un bref examen olfactif lui révèle une odeur de forte. Un genre de furet peut-être. Mais Roxane ne s’attarde pas sur cette jeune fille qui semble un peu intimidée. Car non loin de Camille elle a reconnu la femme aperçue aux côtés d’Alan, le métamorphe avec qui elle avait eu une aventure. La jeune femme lui a toujours été hostile, mais Roxane ne pense pas qu’elle soit au courant de ce qui s’est passé entre elle et son mari. En tous cas si elle est là, Alan doit sans doute l’être également. Elle le cherche rapidement des yeux sans le trouver. Pourtant elle reconnaît son odeur canine, fortement présente dans la pièce.

Après un bref bonjour collectif elle va s’asseoir à une place peu remarquable, sur le côté. Elle veut éviter les regards. Elle se doute qu’elle n’est pas la bienvenue. Si elle a l’occasion de s’expliquer elle le fera. Elle ne veut pas de mal aux autres métamorphes. C’est ce qui l’a décidée à venir à cette réunion même si elle n’y a pas vraiment sa place après les derniers évènements. Son absence aurait été comprise comme une coupure de sa part envers la communauté. Elle ne veut pas empirer son image à leurs yeux. Surtout en ce moment, où les loups sont particulièrement hostiles aux métamorphes. L’atmosphère est tendue à Wolfheaven, et elle n’a eu le droit de rester que parce que Mary en a décidé ainsi.

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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Mer 18 Sep - 18:28

    Je n'avais pas aimé la tournure que les événements avaient pris à Wolfheaven concernant notre communauté, je ne pouvais pas m'en cacher, surtout qu'Alan n'était pas là, ce qui avait sans doute accentuer certaines choses. Il fallait que les métas qui s'étaient réunis dans l'alliance ne se désolidarisent pas des idées de Camille. Je serais la première à le suivre comme toujours ou presque depuis maintenant quelques années. J'avais été l'une des premières recrues, j'étais donc là depuis le début ou presque, je m'étais déjà rendue plusieurs fois dans ce QG, ce ne serait pas la première décision que nous allions prendre, mais elle allait être très importante, pour notre survie à nous tous, que ce soit vis à vis de l'alliance avec les loups mais aussi vis à vis de ce cheval qui était apparu en plein milieu de la foule lors de cette fameuse exposition sur les vampires qui avaient été un gros carnage d'après ce que j'avais pu en savoir. Même si Camille avait été hors jeu durant une grosse semaine, et qu'il ne devait pas être encore en forme olympique, il avait du entendre parler de cela, au pire, si ce n'était pas le cas, je le lui dirais à l'oreille, le faisant de façon douce afin qu'il ne se liquéfie pas sur place, ce serait dommage. J'avais encore en tête les évènements de Wolfheaven. Je gardais encore quelques traces de cette bataille, à la jambe, il y avait encore un gros hématome, mais aussi au visage, sur le front mais rien de trop grave par rapport à Camille.

    Je me posais pourtant des milliers de questions sur le pourquoi des choses. Pourquoi était la plus grande ! Et franchement, je n'en avais pas la moindre idée : certains loups avaient-ils agit de la sorte afin que nous soyons évincés de cette alliance qui n'aurait donc plus lieu d'être ? C'était une hypothèse que je m'étais forgée mais je ne savais pas du tout si elle était possible ou même plausible. Les semi-démons étaient-ils dans l'équation ? Les vampires ? Pourquoi est ce que les vampires voudraient nous mettre à mal ? Ils ne savent pas que nous existons, du moins en théorie. Peut être que c'était un coup des humains ... Allez savoir qui est vraiment derrière cette tentative de meurtre sur la personne de Mary Wellesley ! Peut être même que c'était son ulfric, je crois qu'on l'appelle comme ça qui avait agit de la sorte. Je souriais à cette dernière pensée tellement cela était insensée, mais bon, mon cerveau tournait à plein régime dans le vide, car je n'avais absolument aucune information pour corroborer mes propos. Camille m'avait convié donc, comme sans doute bon nombre de métas de l'alliance à nous rejoindre au QG. Je ne pouvais pas manquer ce rendez-vous. Je m'y rendais alors, comme j'avais l'habitude de faire, au beau milieu de cette forêt entre Glasgow et Édimbourg. Nous avions rendez-vous à 20h. Par chance, je n'avais rien de prévu ce soir là, sinon, je me serais débrouillée pour annuler ou reporter, notre communauté était de loin la plus importante ! Je me rendais donc discrètement à cette petite cabane de jardin. Ma voiture se trouvait être à une distance raisonnable du lieu, je finissais à pied. Il était pratiquement 20h, il y avait déjà du monde, je pouvais le sentir. Alors j'entrais, passant par la trappe et je vis des visages connus pour la plupart, mais il y avait une petite nouvelle. Je prenais place non loin de celle-ci, attendant que la réunion commence véritablement.
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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Ven 20 Sep - 12:40




 I think we have an emergency  


HJ : Pour ceux qui n’auraient pas participé à la mission, je vous invite à consulter la nouvelle intrigue ici . En cas de doutes ou de questions, n’hésitez pas à me mpotter bien sûr ^^ Je vous invite à consulter la description du QG également pour mieux visualiser l'intérieur.

Un vrai pêle-mêle intérieur me préservait d’une vraie discussion avec la nouvelle recrue. Avec tout ce que nous avions à débattre aujourd’hui, je n’étais pas du tout dans le bon état d’esprit pour mener une conversation digne de ce nom. Dafné finirait par le comprendre une fois que les nôtres seraient là. Elle brisa le silence au bout de quelques instants en me posant une question à laquelle je répondis instantanément sans même y réfléchir. « Il y en a même deux. » L’un était mon ami et l’autre… Peu importait. Je ne devais pas me focaliser là-dessus. La caméra de l’étage me montrait au même moment l’entrée fracassante d’un berger allemand. Cette vision amplifia ma nervosité. Alan était là. Le poids de ma culpabilité m’écrasa sommairement alors que j’allais ouvrir la trappe pour l’aider à descendre. Ses griffes le revendiquèrent d’ailleurs bien vite. Je demandai à la jeune femme de m’aider – lever le bras droit si haut m’était encore interdit sous peine de douleur vive. Le chien dévala les escaliers pour atterrir dans la pièce principale. Je lui accordai un petit signe de tête signifiant tout et rien à la fois. J’étais aussi stressé de devoir lui faire face qu’heureux de le savoir ici. Il fit le tour avant de venir se ranger à mes côtés. Il attendait sûrement Kate qui ne se fit pas trop attendre à la suite. Leur petite mise en scène pour semer la PES était tout de même ennuyeuse, je lui offris un regard compatissant avant que sa femme ne se joigne à nous. La voir en bonne santé m’ôta un poids considérable de la poitrine. Je lui rendis son sourire alors qu’elle allait avec son mari dans la pièce aménagée pour ce genre de cas – afin qu’il se retransforme et s’habille. Elle revint ensuite et se plaça non loin de moi, laissant une place libre entre moi et elle pour mon conseiller. Avant que je puisse esquisser le moindre bruissement, sa main abolit l’espace entre nous et sa voix se perdit dans l’air me nouant la gorge. C’était à moi de dire ça. Je plaçai rapidement mon autre paume sur la sienne. « Moi aussi, je suis rassuré de voir que tu vas bien. Je suis désolé de ne rien avoir pu faire pour toi. » Je notai dans mon crâne qu’il fallait la remercier pour le coup de fil passé à Becky. Je le ferais avant de partir. Là, le moment était plutôt mal choisi.

Quelques autres métamorphes gagnèrent le QG à la suite – quasiment toute la communauté se trouvait au rendez-vous à l’exception de quelques personnes dont je soupçonnai l’affiliation de près ou de loin aux traîtres. Cela ne voulait pas dire qu’ils n’en restaient pas néanmoins dans nos rangs à l’heure actuelle. J’avais à l’œil Roxane dont l’allégeance se portait bien plus aux loups qu’à nous. Elle faisait une espionne de choix pour la meute – j’en avais conscience. Mais bon je ne pouvais pas décemment ne pas l’inviter. Elle faisait partie de notre espèce, peu importe son ressenti. J’adressai un rictus poli à Elecktra et attendis calmement qu’Alan nous rejoigne pour me lever afin de commencer la réunion. Je débutai les hostilités par les nouvelles les plus réjouissantes et les moins pesantes. « Bonsoir à tous. Je suis heureux de constater que la plupart d’entre vous ont répondu présent. Avant de nous lancer à cœur perdu dans des débats concernant les événements survenus à Wolfheaven, laissez-moi vous présenter, une nouvelle venue au sein de notre communauté. Dafné, si tu veux bien te lever. »  Je laissai la jeune femme se montrer à l’ensemble.  « Je pense que certains d’entre vous ont peut-être connu son père. » Je lui fis un petit signe afin de lui signifier qu’elle pouvait s’asseoir. « Bien. Je pense qu’il est inutile de tourner autour du pot. Vous savez tous – techniquement, ce qu’il s’est passé ce 15 août dernier. Pour ceux qui seraient dans l’ignorance, néanmoins, laissez-moi vous faire un récapitulatif. »  Je balayai l’assemblée d’un regard empreint de sérieux mais surtout de gravité. « Une tentative d’assassinat a été orchestré par trois des nôtres, un des loups et enfin un semi-démon. La cible n’était autre que la Lupa, Mary Wellesley. Au cours de cette folie, un des plus vieux loups est décédé. C’est à ce sujet qu’elle nous a conviés à Wolfheaven. Ceux qui y ont assisté savent ce qu’il s’est passé ensuite. »

J’essayai de rester calme, posé, mesuré bien qu’à mesure de ce récit, une certaine forme d’injustice, de rancœur et d’impuissance se mêlait en moi.  « La colère des loups a entraîné une succession de discussions complétement disproportionnées. A l’issue desquelles, il semblerait que la majorité d’entre vous ne soient pas pour cette alliance. Ma première question est donc celle-ci. Pourquoi ? Pourquoi personne n’a jamais exprimé cette opinion ? Pourquoi lors de nos réunions, quand nous faisions le point sur notre situation et ce pacte, personne ne se levait pour nous faire part de son désaccord ? Vous savez tous qu’ici, vous êtes libres de parler, de vous exprimer. Nous ne sommes pas enchaîner à une dictature, nous sommes en démocratie. Vous êtes tous libres de partir comme bon vous semble également. Ma deuxième question est donc celle-ci. Si vous ne vouliez plus de cette alliance, pourquoi rester ? Nous ne sommes pas une meute, c’est un choix non-définitif d’être ici. Vous savez tous que nous n’avons aucune autre alternative viable pour l’instant. Les loups sont notre seule chance de contrer les vampires. S’il y a des sujets de discordes entre notre espèce et la leur, vous devez nous en parler. Il existe des solutions mais si nous ignorions les problèmes de base, nous ne pouvons rien faire pour améliorer ça. C’est un travail d’équipe que de construire une entente optimale et de réussir à la conserver. Nous devons assurer notre cohésion. Une bonne partie d’entre vous savent ce que nous avons enduré durant les Années Sanglantes et vous savez bien que sans eux, nous ne serions pas ici en train de discuter calmement. Nous nous sommes battus à leur côté, nous avons versé du sang avec eux. Certains ont donné leur vie pour sauver la vôtre. Nous ne sommes pas encore assez nombreux pour nous permettre de faire bande à part, nous avons besoin de leur expérience de combat et de leur protection. Alors si vous avez des objections. Si vous avez un avis à émettre. Je vous en prie. Je vous laisse la parole. Nous continuerons ensuite à parler de ce qu’il s’est produit là-bas. Mais nous devons d’abord mettre au clair ce point avant de pouvoir avancer. »  Je me rassis en les observant à tour de rôle toujours avec cette même intensité dans le regard. Le premier débat était ouvert.
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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Ven 20 Sep - 17:58

 I think we have an emergency



Je m'étais très vite rendue compte que Camille n'avait pas l'air en grande forme et le fait que je doive l'aider à soulever la trappe donnant accès à la salle de réunion me le confirmait. Une fois installés, un silence pesant s'était créé entre nous ! Camille semblait perdu dans ses pensées et moi... bah oui, j'étais perdue tout court ! Je détestais attendre sans rien faire, j'étais du genre à toujours vouloir faire quelque chose et là s'était impossible. A part attendre, il n'y avait rien à faire. J'avais donc tenter d'engager la conversation en parlant du loup rencontré, Hayden. Je voulais la confirmation que ce dernier faisait partie de l'alliance et je demandais donc à notre leader si un loup portant ce prénom était des nôtres.
J'eus ma réponse... très brève cela étant dit ! Oui, l'alliance comptait pas un mais deux loups portant le prénom Hayden. Et voilà ! Le silence retombait et moi je recommençais à jouer avec mon collier. Et oui, je faisais ce que je pouvais pour tuer l'ennui et aussi le stress ! Heureusement pour moi, d'autres personnes commencèrent à arriver et le premier était sous sa forme animale, un berger allemand. Camille eut donc de nouveau besoin de mon aide pour ouvrir la trappe. Je ne perdis pas une seconde pour me rendre utile et retournais ensuite à ma place tandis que l'animal se positionnait près du leader. Une femme enceinte arriva peu de temps après et s'éclipsa dans la pièce annexe en compagnie du chien. Elle revint très vite pendant que l'autre métamorphe devait reprendre forme humaine.

A peine fut elle installée que je ne me sentis pas du tout à ma place même si je ne laissais rien paraître. Mais Camille et cette femme qui se disait, à ce que je crus entendre, heureuse de le voir aller bien semblaient si proche que j'avais l'impression d'être de trop. Je souris à la brune lorsqu'elle se présenta comme étant Kate.



- Bonsoir Kate, enchantée. Je suis Dafné !


D'autres membres arrivèrent ensuite et de manière plus rapproché. Une rouquine offrit un bref salut à tout le monde avant de s'installer puis une deuxième rouquine débarqua et prit place non loin de moi... Il me semblait déjà avoir aperçu cette dernière ! Elle chantait me semblait-il... Mais je n'en étais pas certaine non plus. Je lui aurais volontiers demandé mais Camille se leva ce qui me fit comprendre que la réunion allait commencer. Avant d'entrer dans le vif du sujet notre leader prit le parti de me présenter d'abord et me demanda de me lever. Je n'étais pas une personne de timide mais l'atmosphère était tendue et ce n'était pas pour m'aider.
Cependant, je ne me fis pas prier et je me levais pour que les autres membres puissent me voir. Je leur adressais un léger sourire et signe de main tandis que Camille leur expliquait que certains d'entre eux avaient sûrement du connaître mon père. Après ça je m'asseyais et notre leader reprit la parole pour nous expliquer pourquoi nous étions réunis. Pour le coup, je me sentis exclue ! Je n'étais pas totalement ignorante mais tous ces faits ne m'avaient pas touchés directement.

Cependant, je faisais preuve d'une grande attention et je pus noté qu'un manque de communication devait exister au sein du groupe que j'avais intégré. Il y avait apparemment des gens contre l'alliance et d'autre pour ! Je ne pouvais que me douter de ce qu'avait été cette alliance pendant les années sanglantes et ce qui en ressortait me faisait la voir d'un bon œil. L'aide inter-espèce était une bonne chose selon moi mais c'était mon point de vue ! Et le loup que j'avais rencontré et qui était le seul que je connaissais m'avait fait une bonne impression.
Cependant, même si Camille attendait visiblement que les autres membres prennent la parole, je n'allais pas le faire. J'étais la petite nouvelle qui n'avait pas participé aux derniers événements et je n'étais donc pas la mieux placée pour donner mon avis... ou du moins, pour parler la première ! Je me contentais d'observer les réactions de chacun.


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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Dim 22 Sep - 23:32

 I think we have an emergency




Ce qui était magique dans la métamorphose, c’était surtout l’affluence de données venant de nos cinq sens soudainement exacerbés. Il n’appartenait qu’à nous à apprendre à les gérer, les classer, les comprendre, mais dans tous les cas, presque quelque fusse la forme que nous prenions, au moins l’un de nos sens était amplifié. Que le monde me semblait fade lorsque je redevenais humain… je ressentais à chaque fois la pointe aigue du regret d’avoir quitté une vision du monde haute en couleur et en odeurs, pour n’avoir finalement que les résidus olfactifs mémoriels que mes narines percevaient encore. J’avais beau avoir un odorat, une ouïe et une vue meilleurs que ceux des humains, ce n’était rien comparé à ce que le chien pouvait percevoir.

Je m’étais assis aux pieds de Camille plus ou moins, à observer la pièce et à laisser mes sens s’étendre autour de moi, fermant même les yeux pour affiner mon ouïe et mon flair. J’entendis des pas reconnaissables entre mille arriver, descendre dans la cave, et je me levai brutalement sur mes pattes, agitai la queue comme un bon chien pour dire que j’étais content de reconnaître Kate et vins me frotter à elle en lui léchant la main. Je trottinai à sa suite jusqu’à la chambre attenant où déposa mes habits et ferma lentement la porte, pour me laisser de l’intimité. Je sautai sur le lit, m’ébrouant légèrement, et m’y allonger consciencieusement. Mon côté chien ne voulait pas que je redevienne un homme, étrangement. C’était plus amusant d’être chien, c’était plus amusant de courir derrière une balle que de se soucier de ce qu’on devait faire. Mais de l’autre côté du mur, il y avait Camille, blessé, il y avait Kate, impliquée, et il y avait tous les métamorphes de la communauté, ou plutôt ceux qui avaient répondu à l’appel de Camille. J’inspirai profondément. Je me levai du lit, sautai à terre, et redevins humain. En quelques mouvements, je m’habillai, et pris le temps de me concentrer pour faire le point. J’essayai de me détendre en premier lieu : j’allais déjà être suffisamment vite à cran, il s’agissait de reculer au maximum le moment où j’allais m’énerver sérieusement. J’avais essayé de ne pas penser aux derniers événements, être sous ma forme canine avait aidé, pour ne pas arriver déjà énervé à la réunion. Je devais bien ça à Camille qui avait beaucoup à gérer. J’inspirai, ouvris la porte et posai mon regard successivement sur chacun des métamorphes présents dans la large pièce. La plupart, je les connaissais pour avoir aidé Camille à les recruter, pour les avoir moi-même interrogé gentiment pour savoir ce qu’ils avaient en tête, une partie de leur passé, une partie de leur vie. J’avais beau avoir un certain respect pour l’intimité des gens, je n’en avais aucun lorsqu’il s’agissait de la sécurité de ceux qui avaient confié leur secret à Camille et à moi. Je passai dans la pièce, et vins me caler près de Camille, à sa droite. Je passai un bras autour de l’épaule de Kate, tout naturellement, pour lui montrer que j’étais bien là. Camille se leva et je fronçai les sourcils devant une certaine raideur dans ses mouvements. Je me concentrai pour écouter ce qu’il allait dire lorsque mon regard tomba sur une personne que je ne pensais pas voir avant… plusieurs jours. Roxane. Mon regard se durcit instantanément, et ma prise sur l’épaule de Kate s’en ressentit. Une boule se forma aussitôt aussi dans mon ventre, et l’amertume de la honte se fit sentir au niveau de mes papilles. Je foudroyai Roxane du regard avant de détourner les yeux pour les poser autre part. Peine perdue, mes yeux se reposèrent quelques secondes plus tard sur la rouquine. Qu’est ce qu’elle faisait là ? Bon sang, qu’est ce qu’elle faisait là ? Je ne pouvais pas lui faire payer mon erreur, mais dans un sens… c’était de sa faute. Je ne savais pas, je ne voulais pas. Je ne pouvais pas nier qu’il y avait quelque chose dans l’attitude de la rouquine qui m’avait attiré il y avait de cela plusieurs années, mais j’aimais profondément Kate, et ça changeait tout. Vraiment. Il n’y avait rien de comparable entre le malaise que je ressentais face à Roxane qui avait plus en commun avec moi que je ne pouvais me l’avouer, et l’amour profond que je ressentais sans doute possible pour ma femme que je serrai contre moi dans une attitude protectrice. Roxane et son côté sauvage était ce que je craignais de plus en moi, et c’était pour cette raison que j’étais certain de ne strictement rien ressentir pour elle. Kate. Je n’écoutais rien à ce que disait Camille, j’entendis vaguement un nom être prononcé, et une métamorphe se lever. Je ne m’étais même pas rendu compte que je m’étais assis, en réalité. J’étais trop… ailleurs pour ça. Trop à penser, trop à prévoir, trop à gérer. La faction assise ne me convenait certainement pas, j’avais besoin de bouger, j’avais besoin de me détendre. Qu’il devait être facile pour un corbeau de rester immobile ! Pour un berger allemand, être assis était une torture. Allongé ou en train de courir, voilà deux positions qui me convenaient bien. Je pris mon mal en patience, cherchant à retrouver le fil de ce que disait Camille et évitant consciencieusement de regarder Roxane. Ma main glissa dans le cou de Kate avant d’attraper l’un de ses mains.

« La colère des loups a entraîné une succession de discussions complètement disproportionnées. A l’issue desquelles, il semblerait que la majorité d’entre vous ne soient pas pour cette alliance. Ma première question est donc celle-ci. Pourquoi ? Pourquoi personne n’a jamais exprimé cette opinion ? Pourquoi lors de nos réunions, quand nous faisions le point sur notre situation et ce pacte, personne ne se levait pour nous faire part de son désaccord ? …

Je fermai les yeux, et serrai un peu plus la main de Kate. Dis comme ça, la situation semblait plus… moins… moins réelle. Discussion disproportionnée ? Camille avait failli mourir, Kate avait été blessée, notre bébé avait failli être… d’autres métas avaient été blessés, Roxane ?, et Camille se contentait de dire que… J’inspirai pour me taire. Et je broyai aussi la main de Kate.

…Je vous laisse la parole. Nous continuerons ensuite à parler de ce qu’il s’est produit là-bas. Mais nous devons d’abord mettre au clair ce point avant de pouvoir avancer. »

Un silence. Je comptais les secondes avant de parler, pour me forcer à réfléchir à ce que j’allais pouvoir dire. Arrivé à 60, je me levai – libération ! – et je me mis à tourner dans l’espace entre la table et le mur.

« Il va sans dire que l’alliance est la seule option de survie des Métas. La communauté est fondée sur une chose relativement simple : la liberté. D’opinion, de position, de vie. Je veux dire que nous n’avons jamais été menteurs et hypocrites avec vous. Ce n’est pas compliqué : nous ne sommes pas une structure aussi fixe que celles que l’on peut observer chez d’autres espèces. Tout est basé sur le choix, l’acceptation, et la réflexion. On ne veut pas que des oui, on ne veut pas que des non, on veut un débat, des avis, et de la réflexion. C’est un travail d’équipe, Camille l’a dit. Si certains d’entre vous pensent qu’il n’est pas dans notre intérêt de rester avec les loups, qu’ils se séparent de nous, nous ne les trahirons pas, nous n’irons pas derrière eux par rancune ou autres. Mais… »

Je fis une pause, et je laissai mon regard courir sur tous les métas, sautant étrangement une rouquine.

« Si le problème a une solution, il ne sert à rien de s'inquiéter. Mais s'il n'en a pas, alors s'inquiéter ne change rien. Je sais, ça peut étonner de m’entendre dire ça mais… et oui, il y a un mais, c’est simple. Soit vous voulez trouver des solutions, et nous aider à conserver l’alliance, à conserver notre intégrité, à conserver nos anonymats ou, si la situation devient critique, à nous adapter à ce qui est. Je ne suis pas le plus… calme d’entre nous, ni même le plus confiant. Et je veux être clair : s’il y a toujours un retour en arrière possible, la trahison est inacceptable. Qu’on attaque Camille est inacceptable. Qu’on touche à Kate… »

Ta g#ueule Alan.. Je me mordis la lèvre, et me laissai tomber sur la chaise la plus proche.

« Voilà. »

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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Lun 23 Sep - 1:45




I think we have an emergency.





A peine une minute ne passe avant qu’Alan ne fasse son apparition. Il se trouvait dans la petite pièce attenante à celle où se déroulait la réunion. Se dirigeant d’un pas décidé vers sa femme il ne remarque pas Roxane, contrairement à elle qui n’a pas manqué de remarquer son entrée. Elle le suit des yeux, repensant à cette nuit qu’ils ont passé tous les deux. Il avait semblé découvrir un côté de lui-même qu’il enfouissait en temps normal. Les pulsions animales que la rouquine avait voulu assouvir en sa compagnie avaient réveillé en lui le côté sauvage venant de sa condition de métamorphe. Un côté sauvage qu’il devait laisser enfoui profondément en temps normal, au vu de la violence avec laquelle il s’était manifesté.

Alan s’assoit donc aux côtés de sa femme, enserrant ses épaules dans un geste protecteur. Lorsque Camille entame son discours la métamorphe détourne fixe son regard sur lui, mais elle surprend du coin de l’œil le regard d’Alan qui a l’air de découvrir sa présence avec un enthousiasme plus que débordant. Roxane n’est pas déçue par son regard, elle s’attendait à cet accueil depuis qu’elle s’était rendue compte qu’il était marié.

Tentant de rester concentrée sur Camille elle ne résiste pourtant pas à l’envie de vérifier si il la regarde toujours. Surprenant l’un de ses regards elle le fixe un instant, et lui sourit d’un air qu’elle veut rassurant. Elle ne va pas briser son couple. Et même si elle pense qu’il ferait bien de laisser parler son animalité un peu plus souvent (il est tellement craquant lorsqu’il se laisse aller), elle ne va pas se mêler de sa vie, ni de son couple. Elle espère vraiment qu’il peut comprendre cela.

La rouquine reprend le fil lorsque Camille présente la nouvelle arrivante, Daphné. La jeune fille en question se lève et effectue un petit geste de la main. Elle semble un peu timide et légèrement mal à l’aise, mais elle n’a pas l’air méchante. En soit Roxane ne compte pas spécialement sympathiser avec elle, mais elle tente de se concentrer pour ne pas tourner la tête lorsqu’elle sent Alan la regarder. La suite du discours de Camille se fait plus sérieuse, et rend l’atmosphère plus pesante. La discussion qui va avoir lieu ici est importante, et l’avenir de l’alliance est en jeu.

Un silence un peu pesant s’installe suite au discours de Camille. Personne ne veut être le premier à parler. Je regarde les autres métamorphes qui font de même. Chacun se toise, se regarde du coin de l’œil, quand soudain Alan prend la parole, en appui du leader évidemment. Ponctuant son discours d’un regard pivotant d’un bout à l’autre de la salle, fixant son regard sur chacun d’eux, sauf sur elle. Pourquoi ? Pourquoi reste-t-il si gêné, si méfiant envers elle ? Si elle est capable d’avoir compris que ce n’était qu’un coup de folie de sa part, et qu’il ne souhaite pas y faire suite, pourquoi ne le comprend-il pas ?

Le discours d’Alan terminé il se rassoit. Il tient vraiment à sa femme. L’idée qu’elle ait pu être blessée semble le toucher et le mettre dans un état de nervosité visible. Un nouveau silence s’installe, que personne n’ose briser. Roxane ne se sent pas la bienvenue, et n’a pas vraiment sa place ici, mais participer au débat lui permettra peut-être de gagner des points, ou en tous cas de rattraper ceux qu’elle a perdu d’office de par son entente avec les loups et sa dévotion envers Mary. Surtout que pour le coup elle est plutôt de leur côté.

Il serait idiot de rompre l’alliance avec les loups. Cette alliance est un rempart entre les vampires et nous.

Elle avait délibérément employé le mot « nous », se plaçant ainsi comme partie intégrante de cette communauté.

Les évènements qui se sont déroulés il y a deux semaines ont échauffé les esprits, mais ne jetez pas en l’air ce qui a été construit. L’alliance est importante pour nous, et elle l’est aussi pour eux. Pour moi elle a été l’occasion de me rapprocher de cette communauté et des autres métamorphes, et bien que je ne me sente pas encore tout à fait chez moi parmi vous, je pense que cette communauté est une bonne chose. Mon avis n’a que peu de poids pour vous, je le sais. Mais si Camille nous a réunis ici, c’est pour que chacun s’exprime.

Elle était restée assise pour parler, n’étant pas très à l’aise en public, surtout lorsqu’elle savait que ce public avait potentiellement des raisons de ne pas l’apprécier. Et elle avait passé sous silence le fait qu’elle pensait que fréquenter les loups ne faisait pas de mal aux métamorphes. Laisser s’exprimer leur côté animal était encore chose trop peu fréquente chez ses compatriotes à son goût. Mais elle savait que ce genre d’opinions engendrerait de houleuses protestations, dont elle n’avait pas envie pour le moment.


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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Lun 23 Sep - 16:48

    Je n'aimais pas vraiment cette réunion, je dois bien vous le dire, car après ce qui s'est produit, c'est une réunion de crise, il ne faut pas en doute, et la crise est quand même grande, c'est notre avenir qui est en jeu, l'avenir de l'alliance, mais aussi sans aucun doute possible l'avenir de notre anonymat. Les enjeux étaient de taille, et ça me dépassait presque. Camille se mit à parler quand Alan fut à ces côtés. Je sentais qu'il n'était pas en forme, même s'il essayait de ne rien laisser voir. Il se montrait fort, car il le devait, il était notre leader ! Il commença donc par nous présenter Dafné. Elle semblait être quelqu'un de gentille mais les apparences sont parfois trompeuses, même si je devais me tromper puisque Camille lui faisait "déjà" confiance en l'ayant amener ici. Nous avions peut être connu son père, mais cela ne me disait rien. Cette annonce me paraissait finalement assez anecdotique par rapport à ce que nous avions à dire. Camille ne nous laissa pas le temps de dire "bienvenue" à Dafné qu'il avait déjà enchainé sur le reste, sur le 15 août notamment qui resterait un jour noir pour notre communauté, du moins c'est comme ça que je le voyais et ressentais. Il posa ainsi deux questions importantes à l'assemblée à propos du futur de cette alliance avec les loups. Personnellement, j'étais pour la conserver. Je ne m'étais levée ce jour là que dans le but de sauver Camille qui était attaqué violemment. Je n'avais donc rien à dire de spécifique, mais peut être que tout le monde ne serait pas de mon avis. Notre indépendance ne devait pas arrivée tout de suite, si elle pouvait arrivé un jour. Personne ne se mit à parler pourtant, si bien qu'au bout de ce qui ressemblait à un siècle, Alan se leva pour dire quelques choses. J'étais d'accord avec lui, il fallait conserver cette alliance, pour notre survie immédiate. Roxane ouvrit alors à son tour la bouche. Elle était pour conserver l'alliance. En même temps, elle était l'une des plus proches des loups ce n'était guère étonnant. Que pouvais-je ajouter de plus ? Je ne prenais pas la peine de me levait non plus mais je me mis à ouvrir la bouche.

    " Je suis d'accord avec ce qui a été dit. Cette alliance avec les loups nous est bénéfique. Ils sont des combattants hors du commun, ils nous protègent. On ne peut pas rompre l'alliance comme ça, il faut la conserver. "

    Est ce que j'avais employée les bons mots ? Est ce que j'aurais du parler déjà ? Ce n'était pas facile de savoir si ce qu'on venait de dire faisait plaisir aux autres ou pas. En tout cas, il fallait conserver l'alliance, telle était l'idée que j'avais donnée. J'espérais que la majorité, si ce n'est tout le monde soit de cet avis aussi.
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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Lun 23 Sep - 18:09




I think we have an emergency.


Camille avait placé sa main sur la mienne après que j’ai englobé ses doigts des miens. Il me rendit mon sourire et ses quelques paroles me firent hocher la tête de gauche à droite :

« Tu n’as pas à être désolé, Camille. Tu n’aurais rien su faire pour moi, tu étais déjà assez occupé comme ça à défendre ta propre vie. »

Je me retournai vers l’entrée quand j’entendis quelques bruits, signes que d’autres métamorphes arrivaient. Parmi eux je pus apercevoir notamment Elecktra, à qui je fis un petit sourire, mais aussi Roxane, une métamorphe que je n’appréciais guère, à cause de son allégeance clairement affichée pour les loups-garous plus que pour nous. Je trouvais ça assez ironique en fait. Camille et Alan avaient voulu construire une communauté pour regrouper les métamorphes, les rendre plus forts en les unissant mais chacun était resté très individualiste, privilégiant ses propres intérêts que ceux du groupe que nous formions à présent. Puis, nous nous étions alliés aux loups, ce qui avait radicalement changé ce que nous constituions comme groupe. Nous n’étions plus seulement responsables de nous-mêmes, nous l’étions également des loups à présent, et inversement. Cela ne m’avait jamais plu. J’avais toujours considéré que les changeurs devaient rester seuls, comme nous l’avions toujours fait au cours de toute notre histoire. Si le monde ne connaissait pas notre existence, c’était parce que nous avions tout fait pour nous protéger. Les Années Sanglantes nous avaient bien montré l’atrocité qui peut résulter du combat entre êtres surnaturels, ainsi que les conséquences que cela avait dans les yeux des humains à présent. Pourquoi la PES s’était-elle formée ? Et pourquoi Alan était-il à présent suivi dans tous ses déplacements ? Parce que les êtres surnaturels, les vampires, les loups, les semi-démons, nous-mêmes, avions cru bon d’exposer nos rancœurs, et de nous battre, emmenant les humains dans nos luttes sans merci. Et à présent, qui en pâtissait ? Nous. Les métamorphes. Je considérais que tout cela n’était que folie. Si les vampires voulaient se battre, si les loups le voulaient aussi, qu’ils le fassent, mais sans nous. Cependant, tout cela était déjà trop tard et le savoir m’emplissait d’un désespoir sans nom. Les changeurs auraient dû rester seuls dans leur coin depuis le début, cela nous aurait évité bien des problèmes. Ce qui s’était passé à Wolfheaven le quinze août en était bien une preuve.

Alan était venu s’asseoir à mes côtés juste avant que Camille ne se mette à parler et il avait glissé son bras autour de mes épaules, amenant un sourire sur mes lèvres. J’avais détourné le regard pour observer notre leader lorsque je sentis la prise d’Alan se crisper sur mon épaule et je le fixai alors les sourcils légèrement froncés, pour tenter d’apercevoir ce qui avait pu le faire agir de la sorte. Je le vis détourner les yeux du point qu’il fixait avant de revenir dessus et je tournai la tête pour apercevoir Roxane, à l’autre bout de la table, le fixant elle aussi. Les sourcils toujours froncés, je mis ma main sur la cuisse d’Alan et lui fit un petit sourire pour tenter de le calmer vu qu’il semblait soudainement stressé.

Avant de débuter à proprement parler la réunion, notre leader nous présenta Dafné, la métamorphe que j’avais vite saluée avant que les derniers participants n’arrivent. Il l’invita à se lever pour que tout le monde puisse l’apercevoir et dit quelques mots qui concernaient son père. Pour ma part, je ne pensais pas l’avoir connu mais je pouvais me tromper. Elle se rassit et alors la vraie réunion commença. Camille commença et je le vis un instant chercher ses mots, comme s’il hésitait, mais la seconde suivante, il se lança et toute hésitation avait disparu de son visage. Je ne pus m’empêcher d’être un peu fière de lui. Quand nous l’avions connu Alan et moi, il y a sept ans de cela, il paraissait encore si jeune avec ses vingt-et-un ans et si on m’avait dit que quelques années plus tard il serait en train de lutter pour notre espèce, avec autour de lui toutes des personnes qui le reconnaissaient comme leader, je ne sais pas si je l’aurais cru. Il était presque comme un petit frère pour moi et le voir là à présent devant nous en train de dire ce discours m’impressionnait.

Je pensais Alan à nouveau calme mais au fur et à mesure des paroles que prononçait Camille, il se crispa à nouveau et je le sentis serrer ma main qu’il avait attrapée un peu plus tôt. Je lui chuchotai rapidement :

« Alan, j’ai encore besoin de ma main. Si tu pouvais me la laisser entière ça m’arrangerait. »

Comme je m’en doutais, à peine quelques secondes après que Camille ait terminé son discours, Alan se leva pour prendre la parole. Je le voyais s’exciter petit à petit, retenant difficilement ses émotions. Il termina brutalement, et je lui serrai la main à nouveau en lui souriant. Toute focalisée sur lui, je fus surprise d’entendre la voix de Roxane s’élever à sa suite, et plus encore par ses propos. Je n’arrivais pas à savoir si elle était sincère ou pas. Cela me frustrait mais j’essayais de chasser mes doutes pour écouter la personne suivante qui parlait, à savoir Elecktra. Elle n’ajouta pas grand-chose à ce qui avait été dit, se contentant de déclarer, elle aussi, comme tous ceux qui avaient parlé à présent, qu’elle était pour l’alliance et qu’elle ne devait pas être brisée. Je m’échauffais légèrement. Est-ce qu’ils ne voyaient pas quel était le problème ? Prenant sur moi, je me penchai un peu plus en avant, histoire que tout le monde puisse me voir, appuyant mes coudes sur la table avant de parler.

« Je pense que nous sommes en train de dévier du problème principal. Je ne vais pas me cacher, beaucoup d’entre vous connaissent mon opinion sur cette alliance avec les loups. Je n’ai jamais été pour. Quel est mon avis à présent ? Je pense que c’est plus compliqué que de répondre par un simple « oui » ou « non », ou un simple « pour » ou « contre », comme nous sommes tous en train de le faire. Je suis entièrement d’accord avec vous en ce qui concerne la protection dont nous bénéficions grâce à eux contre les vampires. C’est un énorme avantage et je ne suis pas stupide au point de ne pas le savoir. Mais ce n’est pas la seule chose que nous devons considérer. Il y a eu des traîtres des deux côtés ce soir-là. Des deux côtés. Cette alliance part complètement en vrille ! De plus, elle n’est pas et n’a jamais été équitable. Il ne faut pas se leurrer, les loups se croient supérieurs dans cet arrangement avec nous. Il suffit de regarder… qui a demandé aux gens présents à Wolfheaven de se lever pour manifester leur avis sur l’avenir de l’alliance ? Mary. Et, si je me rappelle bien, sans te demander quoi que ce soit Camille. Alors est-ce qu’on va encore se voiler la face longtemps ? Ils n’ont aucun respect pour nous parce qu’ils se sentent supérieurs, parce qu’ils sont une meute alors que nous ne sommes qu’un petit groupe. Est-ce que vous avez remarqué combien de loups se sont levés ce soir-là ? Combien de métas se sont levés eux-aussi ? Nous sommes en train de décider si nous voulons toujours de cette alliance alors que nous ne savons même pas ce qu’eux pensent. Personnellement, je suis persuadée qu’à l’heure actuelle, cette alliance, ils n’en ont plus rien à foutre. Seulement voilà, nous, nous avons un problème. Ils savent tous qui nous sommes, ils connaissent nos noms et nos visages. S’ils décident de briser cette alliance, qui nous dit qu’ils ne vont pas nous vendre au plus offrant ? Et j’ai comme l’intuition que les vampires risquent d’être fort intéressés par nous. »

À peine mes derniers mots prononcés, je me recalai dans le fond de ma chaise, pour trouver une position plus confortable pour mon dos et pour mon ventre arrondi.

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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Dim 29 Sep - 12:54




 I think we have an emergency  


HJ : Désolé pour l'attente !

De longues secondes insupportables s’effilochent sans que personne n’ose prendre la parole. Ils réfléchissent sûrement pour la plupart et je prends alors ce temps pour réajuster ma position légèrement à cause d’un tiraillement  désagréable à l’épaule droite. Alan se lève enfin et dans la suite logique selon moi, il est le second à prendre la parole. Je suis curieux, inquiet et impatient d’entendre son positionnement par rapport à tout ça. Je ne doute pas que toute cette situation soit aussi confuse dans son esprit que dans le mien alors je crains silencieusement ce qu’il va avancer comme propos. A mon grand étonnement, il ne se place pas contre l’alliance et appelle comme moi à l’unification. Il est plus directif dans le choix de ses termes mais c’est un soulagement pour moi. De nous deux, il est celui qui a le moins peur de poser les limites et d’employer des termes moins arrangeant. Ça n’a pas que des torts, surtout dans ce cas-ci. Pour ça, on se complète plutôt bien d’ailleurs. Je me détends légèrement avant de me re-crisper quand je le sens sur le point d’exploser. Tout ça n’a pas dû être du tout facile à gérer pour lui, Kate blessé, moi bloqué à Wolfheaven dans un état précaire. Je lui offre un regard compatissant discrètement alors qu’il se rassied. Je m’en veux toujours plus de ne pas avoir su maîtriser la situation dans le domaine de la meute mais ce qui est fait est fait. Il faut qu’on puisse reprendre le dessus maintenant. La rouquine suivit mon conseiller et ce qu’elle dit ne me surpris pas vu sa franche affection pour les loups. Elle n’a pas hésité à protéger Mary lors du combat et je ne peux pas lui en vouloir de ce geste. Je le comprends, au contraire. Sa position entre les deux espèces est peu enviable et à la fois importante. Elle pense que son avis n’a pas beaucoup de poids mais elle se trompe. Je suis un peu rassuré qu’elle partage ma décision concernant l’alliance.

Elecktra se lève à sa suite et appuie l’ensemble de nos propos. Tout ça est trop beau, je n’oublie pas que la majorité a dit ne pas vouloir de ça alors j’ai du mal de croire qu’ils puissent tout approuver aussi rapidement nos discours respectifs. Kate prend à son tour la parole et avant qu’elle n’ouvre la bouche, je sais déjà que c’est mal parti. Elle n’a jamais voulu de ça. Elle a manqué d’y laisser la vie de son bébé. Je peux la comprendre elle aussi, facilement. Je retiens presque ma respiration quand elle se positionne contre nos points de vue. Ce qu’elle dit trouve du sens et elle met le doigt sur toute la complexité de nos échanges avec les loups et sur ma propre incompétence quelque part que je reconnais moi-même. Je suis d’accord avec elle en grande partie mais si c’est facile de dénoncer, le contexte et climat actuel ne sont pas propices à une affirmation de notre indépendance vis-à-vis d’eux d’une manière ou d’une autre. Je médite longuement sur ce qu’elle dit et l’entend bien. Elle doit conscientiser qu’elle appelle à la révolte ou du moins qu’elle entraine la panique là où je cherche à apaiser tout le monde après le choc de la trahison. Certains parmi nous acquiescent et je perçois sur ma droite une agitation peu commune. Il y a au moins un traître ici. J’étends mes sens dans un coin précis de la pièce et fais celui qui n’a rien vu alors que je ne prends pas la peine de me relever pour  continuer le débat.

« Les loups fonctionnent depuis des siècles dans une hiérarchie très distincte et précise. Ils ne se sont jamais ouvert sur le reste du monde ou très peu quand cela était nécessaire. Cette alliance est une première et nous sommes une communauté fraîchement créée. Ils ne nous reconnaissent pas en tant que groupe à part entière. Et c’est un problème, je le reconnais. Nous avons beau avoir combattu à leurs côtés, ils ne nous prennent pas toujours au sérieux. Mary reconnait mon importance au sein de notre groupe ainsi que celle d’Alan mais elle n’accepte pas mon autorité, là-dessus aussi tu vises juste. Je ne suis pas un chef à proprement parlé, je n’ai pas gagné cette place autrement que par la force des choses. Nous avons fait le choix d’instaurer cette démocratie là où eux sont dans un système typiquement tyrannique. Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients. Pour notre part, si vous me jugez inapte, il est temps d’en discuter. Je serai ravi de laisser ma place à quelqu’un qui se sent capable de nous mener plus loin et de prendre de meilleures décisions. Si les loups sont incapables de comprendre notre façon de fonctionner, il est plus que jamais temps de les détromper et de leur prouver que nous sommes solidaires, soudés et que notre indépendance est une force. Nous sommes libres, plus libres qu’eux à tout point de vue. D’une certaine façon, ils se sentiront toujours supérieurs parce qu’ils n’ont pas de comptes à nous rendre. Ils n’ont pas besoin de nous dans les faits, ils s’auto suffisent et nous leur avons en partie apportés nos problèmes. Est-ce que cette alliance est équitable ? Ni oui, ni non. C’est une nécessité rien de plus. Les vampires n’ont pas besoin des loups pour nous traquer et nous retrouver. Je comprends tes inquiétudes et tes peurs. Et tu soulèves un point qui je pense devient nécessaire d’abord pour la suite mais une chose à la fois. Est-ce que cette alliance tiendra la route ? Je n’en sais rien pour être honnête avec vous. Mais si eux n’en veulent plus, alors, il nous faut trouver une solution au plus vite. Il faut que nous soyons parés à toute éventualité. Mais je ne perds pas mes intentions de ne pas rompre ce pacte. Il n’est pas parfait mais c’est tout ce que nous ayons entre les mains. Ils nous ont entraînés et protégés durant plusieurs années. Il y a des ajustements à faire et là-dessus nous sommes tout à fait d’accord, Kate. Je ne nous laisserai jamais devenir les pantins de la meute, si c’est de ça que tu as peur. » Je m’emmêle un peu les pinceaux. Je suis tellement épuisé par cette situation et tellement en colère contre les événements. Je fouille l’assemblée du regard et repère la personne qui semble vouloir chahuter un peu. Il se lève, c’est un homme, la trentaine. Il a dû assister à trois réunions à tout casser. « Moi, je dis que Mary se fout de nous aussi. Les loups sont des crétins. On doit briser l’accord et les attaquer avant qu’ils nous vendent ! » J’observe l’énergumène. Il fait partie du complot. J’en suis certain.
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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Lun 30 Sep - 11:27

 I think we have an emergency




HJ: Tutututut ! Pas besoin de t’excuser je t’ai dit !

C’était amusant, les deux personnes qui, dans la pièce, me connaissaient le mieux, s’étaient crispées en m’entendant frôler la perte de contrôle. Kate me prit la main dès que je me rassis, et Camille me lança un regard compatissant auquel je répondis par un pincement de lèvres désolé et un éloquent haussement de sourcils. Tu te calmes, Alan, tu te calmes. Il fallait que je me mette dans le crâne que ce n’était pas vraiment le moment d’enlever mes gants de velours. Oui, pour le moment, je les avais gardés, mobilisant une bonne part de ma concentration pour ça. Il ne fallait pas que je fasse tout déraper, il ne fallait pas que je fasse parler le chien-loup que j’étais. Le Berger Allemand était en train de hurler de tous les défier en duel et de les plaquer au sol pour leur montrer vers qui devait aller leur loyauté. La meute ne pouvait se permettre des dissensions me chuchotait-il à cet instant, tandis que Roxane se positionnait avec Camille et moi. La meute ne pouvait se permettre d’avoir deux mâles alpha, ni même plus, grognait le chien en écoutant Elecktra nous soutenir. Il n’y en avait qu’un et il fallait que ce fusse Camille. Voilà qui était clair, net et précis. Je lançai un petit sourire à Elecktra pour la rassurer quant à ses mots, et je me contentai d’un regard appuyé à Roxane. J’étais injuste envers elle, et ça m’embêtait. Parce que j’étais injuste avec elle, je lui faisais payer ce qui me dégoûtait chez moi. Mais si j’arrêtais d’être injuste avec elle, j’allais avoir l’impression de ne pas regretter infiniment ma trahison. Qu’avais-je dis ? la trahison est inacceptable. Je fermai les yeux une fraction de seconde, mon pouce caressant le dos de la main de Kate qui était toujours serrée dans la mienne. Ce fut d’ailleurs parce que je tenais encore sa main que je la sentis bouger, la déloger de la mienne, s’avancer un peu et poser ses coudes sur la table avant de parler. J’ouvris instantanément les yeux. Je ne me faisais pas vraiment d’illusion quant à son avis sur la situation, parce que même si nos points de vue divergeaient légèrement, je la comprenais partiellement. C’était ma femme, tout de même, c’était la moitié de mon âme, et tout comme j’étais parfaitement capable de ne pas être d’accord avec moi-même sans me perdre, j’étais capable de ne pas la suivre dans ses raisonnements sans la condamner. Sauf au début de l’alliance… Cette alliance part complètement en vrille ! De plus, elle n’est pas et n’a jamais été équitable. Il ne faut pas se leurrer, les loups se croient supérieurs dans cet arrangement avec nous. Il suffit de regarder… qui a demandé aux gens présents à Wolfheaven de se lever pour manifester leur avis sur l’avenir de l’alliance ? Mary. Et, si je me rappelle bien, sans te demander quoi que ce soit Camille. Alors est-ce qu’on va encore se voiler la face longtemps ? Ils n’ont aucun respect pour nous parce qu’ils se sentent supérieurs, parce qu’ils sont une meute alors que nous ne sommes qu’un petit groupe. Est-ce que vous avez remarqué combien de loups se sont levés ce soir-là ? Combien de métas se sont levés eux-aussi ? » Je sifflai entre mes dents des « Chérie, tais toi, s’il te plait, tais toi » sans le moindre succès. De toute manière, elle devait être avec Camille la seule à être capable de les entendre. Kate était géniale. Intelligente, merveilleuse. Mais Kate avait aussi un caractère de cochon – sans vouloir offenser son côté ocelot – et Kate était aussi diplomate que moi dans de nombreux cas. Lorsque le couple Dougal était dans la place, ce n’était généralement ni très fin, ni très indirect, ni emplis de tact mais bon. J’adorai Kate, mais là, elle avait trop raison pour son propre bien. Je levai les yeux au ciel et pianotai sur la table en attendant qu’elle en ait fini. Ses derniers mots prononcés, elle se recala dans la chaise et je lui jetai un regard signifiant assez clairement un J’imagine que tu es fière de toi ?, ni énervé, ni agacé. Juste… complice et blasé dans un même temps. Je ne voulais pas qu’une telle discussion nous amène à un nouveau conflit, parce que je savais pertinemment qu’entre Kate et Camille, ce fois, j’allais la choisir elle. Je faillis manquer une agitation dans la pièce, et je ne pus la localiser avant que Camille ne prenne la parole, répondant à tout ce qu’on avait pu dire. Cette fois encore, je l’écoutais d’une oreille distraite, mais Roxane ni Kate n’étaient en cause : je cherchai la source de l’agitation. J’éternuai une fois, et je me concentrai sur mon flair. Il y avait trop de monde, je n’arrivais pas à discerner une odeur anormale. Pas une odeur de peur, non, elle était bien trop complexe et je n’arrivais à la sentir que sous ma forme canine, mais les marques d’un stress, d’une angoisse. Je toussotai à nouveau sous l’affluence d’odeurs, et je jurai dans ma barbe en échouant une nouvelle fois. Je me reconcentrai sur ce que disait Camille, blessé dans mon amour propre et un peu stressé de ne pas réussir à trouver la source de l’agitation.

« […] de comprendre notre façon de fonctionner, il est plus que jamais temps de les détromper et de leur prouver que nous sommes solidaires, soudés et que notre indépendance est une force. Nous sommes libres, plus libres qu’eux à tout point de vue. D’une certaine façon, ils se sentiront toujours supérieurs parce qu’ils n’ont pas de comptes à nous rendre » J’arquai un sourcil, penchant la chaise en arrière et croisant les bras. Camille ne s’était pas levé cette fois, aussi tous les regards étaient braqués sur lui, et de ce fait, sur moi aussi. Est-ce que cette alliance est équitable ? Ni oui, ni non. C’est une nécessité rien de plus. Les vampires n’ont pas besoin des loups pour nous traquer et nous retrouver. Je comprends tes inquiétudes et tes peurs. Et tu soulèves un point qui je pense devient nécessaire d’abord pour la suite mais une chose à la fois. Est-ce que cette alliance tiendra la route ? […]»

Non. L’alliance ne tiendra pas la route si nous même nous en doutons. Mon but il y a sept ans, notre but, était de rassembler les métas pour que nous ayons un poids dans la balance et que nous n’affrontions pas seuls les dangers auxquels nous exposait notre espèce. Cousin des loups mais moins agressifs, voilà qui nous plaçait en proie de rêve pour les vampires. Je grommelai un « De toute manière, notre survie est liée à celle des loups, alors autant s’en accommoder et leur faire rentrer dans le crâne qu’on est pas de chien qu’ils se contentent de siffler… Et puis bon, « Moi, je dis que Mary se fout de nous aussi. Les loups sont des crétins. On doit briser l’accord et les attaquer avant qu’ils nous vendent ! »

Je réagis au quart de tour, me levant brutalement de ma chaise qui tomba en arrière. Mon regard se fit dur. J’avais l’impression que je redevenais de plus en plus souvent comme à Londres : manipulé par mon côté animal, menaçant comme le berger allemand que je couvais. Je croisais les bras et fixai du regard le crétin qui avait osé dire à haute voix ce que je pensais, et qui avait osé en tirer une mauvaise conclusion. Bien sûr que non, il ne fallait pas attaquer les loups. Nous n’étions pas stupides à ce point, ou du moins, la plupart des métamorphes ne l’étaient pas. Les événements récents donc, et le fait de savoir que j’allais être père me poussaient de plus en plus à replonger dans mon passé. J’avais rajouté des pages à mon journal intime, pendant les jours ou j’étais incapable d’aligner deux pensées cohérentes sur ce qu’il se passait. La tension ressortait dans ma voix crispée. J’étais comme ça, avant. Avant Edimbourg. Ca me plaisait de parvenir à imposer mon autorité par la crainte, ça me plaisait de régler mes comptes par les poings. Non, Alan, tu te retiens. Tu ne sautes pas à la gorge de celui qui dit des bêtises. Tu as dis quoi ? Que tu étais ouvert au dialogue ? Vas-y, prouve-le. Prouve toi que tu as changé. Je réprimai du mieux que je pouvais mon animalité violente qui sommeillait en moi.

« Et qu’est ce qui te fait dire ça ? Oui, bien sûr, allons attaquer les loups garous, et quand on en aura fait notre pique nique, allons bouffer du vampire. Pourquoi pas tous nous transformer dans la rue et pister les semi-démons, d’ailleurs ?! Vas-y, on t’écoute très attentivement. »

Ne lui saute pas à la gorge, ne lui saute pas à la gorge, arrête de le menacer directement. Pourquoi tu t’es levé, d’abord ? Parce que tu as eu le réflexe stupide de vouloir te transformer pour le plaquer au sol et te faire percevoir comme le chef de meute ? Tu n’es pas un animal, tu n’en es qu’un à moitié, Alan. D’un geste du pied, je pousse la chaise tombée à terre, et je vais m’adosser au mur le plus proche, sans quitter un seul instant du regard le trentenaire qui a parlé.

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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Mer 2 Oct - 0:34

 I think we have an emergency



Je ne savais pas ce que je devais faire... Je ne me sentais pas du tout à ma place et c'était bien la première fois que cela m'arrivait. J'avais toujours réussi à m'intégrer facilement mais le contexte de cette réunion ne jouait pas en ma faveur... absolument pas même ! On parlait de traîtres parmi la communauté des métamorphes et moi j'arrivais comme une fleur... Après un long monologue, Camille avait laissé la parole aux autres personnes présentes mais que pouvais-je dire ? Pour ou contre l'alliance ? Au fond de moi, j'avais envie de répondre pour parce que Hayden m'avait énormément plu et qu'il faisait partie de l'alliance. Mais rien ne me disait que les autres membres de sa meute étaient comme lui ! Je gardais donc le silence tandis que plusieurs personnes prirent la parole.
Les premiers membres qui ps'exprimèrent semblaient d'accord avec le fait qu'il fallait conserver l'alliance. La femme enceinte, Kate, semblait quant à elle mitigée à ce sujet ! Elle prétendait que les loups se sentaient supérieurs à nous... Pourtant je n'avais pas eu cette impression lorsque j'avais rencontré Hayden ! Non, il avait délaissé sa chasse pour venir voir si j'avais été blessée. Comme cela était le cas, il avait même pris la peine de me soigner ! A cette pensée, je me redressais sur ma chaise et posais ma main sur ma cuisse qui avait été ouverte. J'aurais bien aimé dire que tous les loups n'étaient peut-être pas forcément des c#ns arrogants mais une fois de plus je préférais me taire.

De plus, Camille reprenait la parole pour nous expliquer le fonctionnement des loups, leur manière de nous percevoir et tout le reste. Il annonça de nouveau que pour lui, il était vital pour les méta que le pacte ne soit pas rompu mais que quelques petites choses étaient à revoir. Jamais nous ne serions les pantins de la meute ! C'était une bonne chose non ? Pour ma part, et sans savoir pourquoi, j'accordais toute ma confiance au jugement de Camille. Peut-être cela venait-il du fait qu'il était le premier métaporphe que j'avais rencontré après le décès de mes parents et qu'il était le seul que je connaissais ici. Je n'en savais rien et je n'eus pas le loisir d'y réfléchir car un membre s'était levé pour tenir des propos qui n'avaient rien à voir avec les précédents entendus. Mary se fout de nous et les loups sont des crétins ? Hé bien... C'était très clair que ce trentenaire était contre l'alliance. Bizarrement, je n'avais pas aimé du tout l'insulte envers les membres de la meute ! Sûrement parce que le seul que je connaissais était loin d'être un crétin. Le méta en était un par contre... Attaquer les loups ! Non mais j'vous jure... Y'avait pas plus c#n comme idée. Et c'est alors que cette idée me traversait l'esprit qu'un choc me fit sursauter.
L'homme berger allemand s'était levé d'un bond et fixait l'autre méta... Il lui offrit une réponse on ne peut plus cynique ! Attaquer les loups, puis les vampires et pourquoi pas les semi-démons. Tout ça pour dire que l'idée évoquée était tout simplement du suicide. J'observais alors l'homme qui s'était levé furieusement tandis qu'il allait s'adosser au mur... Apparemment, il n'avait absolument pas apprécié la remarque un peu trop directe de l'autre. Cela me faisait donc une bonne raison de ne pas l'ouvrir. Je ne voulais pas dire de bêtise et je saisissais de nouveau mon collier que je fis tourner machinalement entre mes doigts.


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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Ven 4 Oct - 2:13

    J'avais ouvert la bouche pour dire quelques mots, pas grand chose évidemment, parce que j'étais d'accord avec Camille et Alan, il fallait allé dans le sens d'une certaine continuité, en accord avec les loups. Puis Kate avait pris le relai après moi, et son discours n'était pas le mien, elle n'avait jamais été en faveur de cette alliance avec nos "cousins" les loups mais nous l'avions fait. En même temps, je pouvais la comprendre, mais bon, il était plus sur pour nous de continuer avec eux et c'est ce que Camille essaya de faire comprendre. Je regardais les autres métamorphes. Je sentais que Dafné, la petite dernière ne savait pas quoi dire, elle ne devait pas se sentir à l'aise même. Être intégrée à la communauté avec une telle réunion de crise ce n'est pas terrible mais bon, si Camille l'avait fait, c'était qu'il lui faisait suffisamment confiance, en tout cas les apparences étaient pour elle, même si je ne me fis jamais aux apparences, elles sont si souvent trompeuses, mais bon, elle paraissait gentille. J'essayerais de faire sa connaissance, de faire un effort pour l'intégrée plus pleinement et de voir si elle est effectivement digne de confiance ou pas vraiment. Alors que mon regard se baladait sur l'assemblée, un méta que je ne connaissais pas vraiment ouvrit la bouche pour dire des inepties. Il avait du assister à quelques réunions, assez peu mais il semblait bien trop informer. Soit il était complice de tout cela, soit il voulait faire exploser la communauté et l'alliance. La réaction d'Alan fut vive, mais il réussit à se maitriser ce qui me soulagea dans un sens, car vu sa première once de réaction, je le voyais déjà fondre sur le méta calomniateur et lui enfoncer son poing dans la figure. Sa chaise tomba sur le sol, et il décida de s'appuyer sur le mur pour réagir au propos de ce fou qui voulait donc attaquer les lycanthropes parce qu'ils étaient sur le point de nous vendre. Les propos d'Alan auraient pu me faire rire dans un autre contexte mais pas dans ce cas là. Je le regardais alors, puis je me levais à mon tour de façon douce pour prendre la parole.

    " Je doute qu'attaquer les loups soit une bonne idée très cher. Comme le dit Alan, nous ne pouvons pas nous permettre de faire ça, nous ne sommes pas armer pour. Surtout que c'est de la pure folie, même avec un plan bien rodé, il y aurait trop de pertes, et ce n'est pas du tout ce que nous voulons. Qu'est ce qui te fait dire que Mary va nous vendre déjà ? Tu penses véritablement qu'elle nous vendrait si facilement aux vampires ou aux semi-démons ? Quel avantage va-t-elle en tirer ? Je sais qu'elle nous prends pour ces larbins, c'est un fait, mais de là à nous vendre il y a un gouffre. Mais si tu dis cela, c'est peut être que tu en sais plus que nous ! Alors parle et dis nous tout ce que tu sais, s'il te plait. "

    Oui, je m'étais peut être un peu trop affirmée pour le coup, mais je lui faisais un petit sourire, l'invitant à jouer cartes sur table. S'il disait cela, c'était forcément qu'il en savait plus que nous, non ? Est ce que nous allions être livré aux vampires qui adoraient notre sang plus que tout ? Est ce que nous allions être livré aux semi-démons diriger par Maryana et Pandore ? Je ne l'espérais pas, mais en tout cas, nous n'avions pas de raisons d'attaquer, ça s'était une certitude.
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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Sam 5 Oct - 2:52




I think we have an emergency.





Roxane n’avait pu s’empêcher de remarquer tout en parlant les mimiques énervées de la femme d’Alan. Marques d’énervements qui s’amplifièrent pendant que la chanteuse appuyait nos propos. Il ne fallut pas plus de quelques secondes à Kate pour afficher son point de vue, se plaçant de manière prononcée à porte-faux des discours exprimés pour l’instant. La rouquine ne put s’empêcher de se dire qu’elle avait du cran. Pas évident d’ouvrir les hostilités. Bien qu’apparemment son avis, différent de celui de son mari et de Camille, ne soit pas pour autant un sujet de discorde entre les trois amis.

La métamorphe ne peut s’empêcher de tiquer en entendant Kate critiquer Mary, et les loups en général. Se sentir supérieur aux métas ? Certainement pas la Mary qu’elle connaissait. Celle qui l’avait prise sous son aile lorsque Roxane avait frôlé la mort. Celle avec qui elle partageait une amitié et un but, se venger des vampires. Mary écoutait toujours les conseils de Roxane. En tous cas lorsque ces conseils étaient avisés. Et Roxane faisait confiance à la lupa. Les nerfs avaient lâchés ce soir-là. C’était le cas chez les métas mais aussi chez les loups. Mary n’avait fait que tenter de rétablir l’ordre, en aucun cas elle n’avait voulu écraser ou accuser la communauté métamorphe. N’osant pas lui couper la parole elle se contenta de manifester son désaccord en secouant la tête.

S’apprêtant à répliquer à sa suite pour défendre Mary, elle réfréna son élan en remarquant la position que prenait Kate. Ses yeux descendirent sur le ventre de la métamorphe qui commençait à s’arrondir légèrement. Elle était enceinte ? Définitivement pas le bon moment pour que l’infidélité de son mari ne refasse surface. Perdue dans ses pensées elle en oublie quelques minutes son envie de parler.

Elle refait surface pour écouter la nouvelle intervention de Camille. Est-ce que les loups souhaitent poursuivre l’alliance ? Roxane n’en savait rien. Elle n’avait pas encore eu l’occasion d’en discuter vraiment avec Mary. Les autres loups étaient plutôt hostiles ces temps-ci, mais c’était sans doute le reflet de l’ambiance générale. Tout le monde se soupçonnait et s’accusait à tort et à travers, chez les métas comme chez les loups.

En parlant d’accusation une intervention inattendue et acerbe se fait entendre. Roxane n’a que le temps de tourner la tête vers l’auteur de ces propos avant qu’Alan n’intervienne, faisant tomber bruyamment sa chaise au passage. Roxane sent les pulsions animales du berger allemand qu’il tente de refreiner avec un succès mitigé. L’atmosphère est vibrante de tension. Elle-même s’est crispée en entendant le trentenaire prononcé le nom de Mary sur ce ton acide. Elle garde ses envies de meurtre pour elle, Alan a suffisamment réagi pour qu’elle n’en remette pas une couche. Et défendre Mary ouvertement à ce moment précis n’est sans doute pas une très bonne idée.

Le silence qui suit les paroles ironiques d’Alan est pesant. Personne ne bouge, personne ne parle. Le trentenaire fixe Alan mais ne répond pas. Même les respirations semblent s’être stoppées. Elecktra tente de calmer le jeu, se levant avec douceur pour intervenir et expliquer calmement son point de vue. En tous cas elle tente de rester calme. La fin de son discours se teinte d’agressivité non désirée alors qu’elle l’invite à nous dire le fond de sa pensée.




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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Sam 5 Oct - 11:26




I think we have an emergency.


Lors de mon discours, j’avais entendu Alan me demander en murmurant de me taire. Cela ne fit que m’énerver davantage et j’avais tourné une seconde la tête vers lui pour le fusiller du regard. Quoi ? Tout le monde pouvait s’exprimer tant que c’était un « oui je veux une belle alliance toute rose » mais pas si c’était le contraire ? Qu’est-ce que c’était que ce délire ici ? On n’était pas libres de s’exprimer peut-être ? Le fait que cela vienne d’Alan m’avait encore plus exaspérée. Il me connaissait, il savait que je ne me tairais pas tant que je n’avais pas dit tout ce que j’avais sur le cœur. Mais non, il avait fallu qu’il tente de m’arrêter. Il allait m’entendre une fois que tout cela allait être fini. Ma mâchoire s’était contractée un instant, signe que je me retenais de lui dire à lui aussi ce que je pensais de son petit murmure.

Mes paroles laissèrent un blanc sur le petit groupe que nous formions. Je le voyais bien. Mais j’avais dit ce que je pensais, parce que l’heure n’était plus aux murmures et aux voix basses. Il était plus que temps que nous nous exprimions franchement sur tout ça. Je l’avais fait et j’espérais que les autres le feraient aussi. Il n’y avait que comme cela que nous pourrions avancer et voir réellement ce que nous devions prendre comme décision et voir ce que le groupe allait devenir. Tout cela se faisait dans la précipitation, j’en avais bien conscience, mais ce n’était peut-être pas plus mal. Les événements de Wolfheaven faisaient que tout cela était nécessaire et que nous ne pouvions plus reculer l’échéance. Le sort et l’avenir des métamorphes se décidaient là, maintenant. Et j’aimais cela. Parce qu’enfin, peut-être, nous allions avoir assez de force pour faire ce qui était juste. Juste pour notre espèce et pour chacun d’entre nous. Si seulement tout le monde pouvait s’exprimer avec franchise en ce soir d’août.

Lorsque Camille reprit la parole, je tournai la tête vers lui, pour capter les expressions de son visage alors qu’il parlait. Je fis une petite grimace mêlée à une moue quand il nous dit qu’il serait ravi de laisser sa place à quelqu’un d’autre, quelqu’un qui se sentirait capable de nous mener et de le faire bien. Je sentis ma mâchoire se contracter. Non Camille, ne dis pas ça. Il ne comprenait pas. Ce n’était pas ça le plus important. Le fait que je ne voyais personne d’autre prendre sa place de leader n’aidait pas à me calmer. Je sentais mon cœur s’accélérer imperceptiblement, au fur et à mesure que l’angoisse me gagnait. Il ne voyait pas que s’il partait, nos chances de survie étaient encore moindres ? Il ne savait pas que nous ne pouvions compter que sur lui ? Comment pouvait-il dire une chose pareille ?

Mais avant que je n’aie le temps d’ouvrir la bouche pour lui répondre, Alan y répondit, mais fut interrompu par un métamorphe d’une trentaine d’années qui lâcha quelques mots emplis de colère retenue. Immédiatement, la réaction d’Alan ne se fit pas attendre. Il se leva précipitamment de sa chaise, la faisant tomber, et croisa les bras. Je le voyais tendu, prêt à exploser au moindre faux pas de l’autre changeur qui avait osé proférer de telles paroles devant lui. Si j’étais contre la communauté et l’alliance, mon mari était celui qui avait contribué à les créer toutes les deux. Il y tenait énormément et s’il acceptait plus ou moins mes paroles – son petit murmure pour me faire taire me restait toujours en tête – il devait se contenir de ne pas critiquer ouvertement cet imbécile. Car imbécile, ça il l’était. Je ne le connaissais pas beaucoup, même si sa tête m’était familière, et je ne pensais pas l’avoir entendu beaucoup s’exprimer aux précédentes réunions. Mais là, il venait de se forger une place bien négative dans mon esprit. Attaquer les loups. Nous n’étions pas si stupides, nous n’avions aucune chance face à eux et nous le savions tous. Pour qui se prenait-il à croire qu’il pourrait simplement blesser un loup suffisamment pour le faire tomber ? Nous n’avions pas leur force, leurs capacités de régénération et nous n’avions pas la même unité dans notre groupe qu’au sein de leur meute. Les attaquer revenait à déclarer notre suicide collectif.

La réponse d’Alan ne se fit pas attendre, et je vis qu’il se retenait pour ne pas sauter sur l’homme. Ses paroles n’étaient certes pas très intelligentes car elles suintaient d’ironie et l’ironie aide rarement à avoir un débat constructif, mais Alan n’avait jamais été très doué pour le dialogue. J’aurais pu donner des milliers d’exemples. Il alla s’adosser au mur, les bras toujours croisés. Je jetai un coup d’œil à la petite nouvelle, Dafné, qui semblait mal à l’aise. Forcément. Elle ne pensait certainement pas tomber en pleine crise du groupe métamorphe que nous étions. La pauvre, elle allait se demander ce que c’était que tout ça… Bah, elle aurait le temps de demander plus d’explications après la réunion, à Camille ou à quelqu’un d’autre. Me détournant d’elle, je fixai à présent Elecktra qui s’était levée pour se faire entendre.

« Elecktra a raison, ce serait de la pure folie. Nous savons tous que les loups sont bien plus forts que nous, c’est d’ailleurs pour ça qu’avoir été leurs alliés lors des Années Sanglantes nous a été bénéfique. Mais nous opposer à eux soudainement, en leur déclarant ouvertement la guerre relève de la stupidité. Nous ne tiendrions pas deux minutes. »

Tous nos regards étaient tournés vers le trentenaire, attendant qu’il réponde de nos accusations. Pas loin de lui, je tentai d’apercevoir le regard de Camille, mais il ne regardait pas dans ma direction aussi ne pus-je savoir si la colère le dominait lui aussi, ou si un autre sentiment flottait dans son esprit.

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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Dim 6 Oct - 16:08




 I think we have an emergency  


Depuis le moment où il a pris la parole, mon regard s’est uniquement focalisé sur lui. Lui, c’est peut-être un concept – celui de la trahison. Il fait partie de cette machination. Et après tout ça, après que ses potes soient morts, il est là. Il ose être là à nous dévisager et à nous suggérer d’organiser une attaque. Je le sonde silencieusement du regard alors qu’Alan s’insurge suivi par Elecktra. Je ne les entends pas vraiment, je n’écoute rien d’autre que le bruit de ma respiration. Il est là pour semer la discorde et pour nous narguer. S’en prendre à nous ? A moins d’être complétement stupide, je n’en vois pas l’intérêt. Mais qu’est-ce que j’en sais après tout ? Ils ont bien été assez inconscients pour bondir sur Mary. Tout se passe entre lui et moi, je fais abstraction du reste. Je veux comprendre, le comprendre. Comment peut-on arrivé à ça ? Pourquoi en arriver à ça ? Qu’est-ce qu’il pourrait en retirer ? Et si Krystel est bien mêlée à cette histoire. En quoi … L’hypnose ? Une théorie parmi mille autres. Il répond à Elecktra ignorant l’ensemble des discours précédents ou non.«  Tu veux que je te dise tout ma mignonne ? » Je ne sourcille pas alors qu’il revient poser son attention sur moi. Quand nous nous fixons, ce n’est plus d’homme à homme, c’est d’animal à animal. Et il ne me fait pas peur. « Nous avons placé tous nos espoirs en ces deux hommes-là et regardez un peu où ça nous a conduit ! Devoir s’allier à des loups. » Sa mine répugnée m’arracherait presque un sourire. Il est incohérent. « On est pas fichu de survivre sans ce pacte. Vous appelez ça une force ? Devoir compter sur une autre espèce ? Vous savez ce qu’ils faisaient avant aux nôtres ? Ils les bouffaient comme quatre heures. Pourquoi ne pas s’associer aux vampires tant qu’on y est ? » Il s’agrippe à mes prunelles, j’en fais de même.  « Mais on sait que ça te plairait ça, hein ? Les vampires, c’était ton truc pas vrai ? Tu parles d’un chef, t’as vendu notre secret à la reine. Comment est-ce que tous ces crétins peuvent t’écouter. Et le pire dans tout ça, t’as laissé les nôtres crevés sous les dents des loups, elle va où ta loyauté ? » Je ne réagis toujours pas et ça l’énerve, je le vois. « Ta petite protégée a dû venir à ton secours. J’aurais adoré voir ta tête si elle était morte à tes pieds pour sauver ta misérable petite existence. Mais ça, ça peut encore s’arranger. » Je le vois couler un regard vers l’assemblée et chercher Enola des yeux.

Il a gagné. Oui, il a réussi. Je m’avoue vaincu. Comme dans un mauvais film que je regarderais de loin, je me vois me lever et en l’espace d’une seconde, je suis face à lui. Je pourrais l’empoigner mais je n’en fais rien. Je ne sais plus ce que je pense, je ne pense rien en fait. « Je ne sais pas ce que tu as fait, ce que vous avez fait, ni au nom de quoi. Mais crois-moi. On finira par le savoir. Je t’assure que si une seule personne ici doit encore souffrir de vos agissements. Je n’aurai aucun scrupule à laisser les loups te massacrer pièce par pièce. » Nous nous observons comme des bêtes prêtes à bondir. Tout le décor s’est écarté. Si des personnes parlent, me touchent, je ne sens rien, je ne perçois rien. ]« Ca y est, encore à te cacher derrière les loups. T’es qu’un trouillard, t’es incapable de prendre les bonnes décisions. T’es faible et tu crois pouvoir mener tout le monde ici ? T’es même pas fichu d’éliminer les menaces et encore moins de contrôler les événements. T’es qu’un toutou. Tu suis la Lupa. T’es pas des nôtres. » Mes mains l’attrapent et pendant un instant, je me vois vraiment frapper ce mec. Sauf que ça, ce n’est pas moi. Je ne dois pas le laisser arriver à ses fins. Je le relâche finalement sans pour autant être calmé. L’adrénaline et la colère prédominent et altèrent mes sens, mes perceptions.

Quand je parle, ma voix est dématérialisée, blanche et lointaine. « T’as raison. » Je me retourne vers tous les métamorphes et fixe finalement mes prunelles sur Alan. « J’ai consacré sept ans à cette communauté. Vous savez pourquoi nous avons débuté tout ça, vous connaissez nos objectifs. Nous voulons être libres, que nos familles soient sauves. » J’englobe dans mon champ visuel Kate et son ventre légèrement arrondi. « Mais nous sommes dans un monde qui ne tolère rien d’autre que la force et c’est les plus forts qui s’en tirent. En cela, je ne suis pas le plus indiqué pour vous guider. Je ne sais même plus pourquoi nous nous battons d’ailleurs si c’est pour nous poignarder dans le dos et pour nous désolidariser à la première crise. Ma vie se résumait à cette position, à cette communauté. Mais nous avons peut-être fait une erreur. Tout ça, c’était peut-être une erreur. Nous n’étions peut-être pas prêts pour ça. » Je n’ai plus rien de clair à l’intérieur du crâne parce que je suis épuisé et découragé. Je n’ai plus les moyens de continuer tout ça. Les discours, la retenue et assurer la position de pilier. « La majorité d’entre vous a voté la fin de l’alliance. Est-ce que vous voulez aussi la fin de cette communauté ? » Mon regard est dur à l’instar de mon ton. « Si c’est le cas, je ne veux pas assister à ça. Je refuse de continuer à observer tout ce que nous avons construit couler stupidement comme ça. » Ce que je raconte ? Je l’ignore. Mais je m’en vais à ses mots parce que je ne supporte plus cette scène, cette situation et toutes ces négociations qui ne mènent nulle part. J’ouvre la trappe même si je me déchire l’épaule et que ça me fait un mal de chien. Je sors de la cave, de la cabane et je m’arrête quelques mètres plus loin juste pour observer l’endroit qui nous a abrité de nombreuses fois -ce symbole d’espoir et de ralliement. Je m’allume une cigarette et j’attends- la fin de tout ou le début d’autre chose. Je ne sais pas, je suis complétement perdu.
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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Lun 7 Oct - 0:09

 I think we have an emergency




Je devais suinter de toute part mon animalité qui menaçait de s’éveiller. Je serrai les poings, je me crispai, je m’étais même écarté, éloigné, adossé au mur pour me détendre, mais je ne quittai pas un seul instant le trentenaire qui s’était levé et qui avait osé dire ce que je pensais tout bas, tout en le formulant si grossièrement que s’en était… tourné en ridicule. J’avais honte d’avoir pensé dans les mêmes termes que lui que l’alliance était à notre désavantage. C’était un fait, mais il fallait aussi être un peu futé. L’alliance était ce qui nous protégeait des vampires, c’était ce qui nous permettait une protection contre les humains, c’était ce qui protégeait notre anonymat. Nous déclarer comme loup, nous mettre sous la protection des loups était une excellente idée. Au départ. Le problème, c’était la tournure que ça avait pris assez rapidement. Déjà ma séparation avec Kate n’avait pas été programmée, ensuite la puissance des loups, leur structure rigide et stable qui leur offrait une force brute époustouflante m’avait un peu dérangé. Enfin, les derniers évènements à Wolfheaven… J’observai tout à tour les métamorphes présents dans la pièce, mon regard glissant sans s’arrêter sur la nouvelle qui avait la confiance de Camille – et de ce fait était bien partie pour avoir une partie de la mienne – et sur Elecktra qui prit la parole pour calmer le jeu… et interroger à son tour le dissident. Mes yeux ne s’arrêtèrent pas non plus sur les métamorphes que je connaissais depuis longtemps, ceux que nous voyions souvent, ceux qui étaient assez sûrs à mes yeux. Finalement, mon regard accrocha Roxane. Inconsciemment, je me crispai en entendant mon prénom. Mon vrai prénom. Pour les trois quart des métamorphes, j’étais James, tout simplement. Pour m’assurer bêtement qu’il soit un chouillas plus difficile de me retrouver. Bien sûr, il était évident que ce n’était pas mon vrai prénom, et les trois quart devaient être aussi au courant que j’étais Alan Dougal, mari de Kate Dougal, mais j’étais paranoïaque, tout simplement. J’avais les yeux posés sur Roxane, en quête d’indice quant à sa position, quand Elecktra énonça encore une fois notre position – non, sa position – sur la considération que les loups avaient pour nous, et je notai de suite sa crispation. Un rictus se dessina sur mes lèvres : bien sûr, Roxane était bien plus amie avec ses amis les loups qu’avec nous. Bien sûr, Madame préférait ceux qui laissaient parler un peu plus souvent leur part animale. Bien sûr, les loups étaient plus sociables que nous. J’étais injuste avec elle, encore une fois. Elle n’était coupable en rien, j’avais confiance en elle sur ce point – était il utile de dire que cette simple confiance pouvait me mettre hors de moi tout en m’effrayant ? – et il était clair qu’elle n’avait pas trempé dans quelque complot que ce soit. Une voix s’éleva à nouveau, suivant celle d’Elecktra et mes yeux se reportèrent immédiatement sur celle qui parlait. Kate. Oui, Elecktra avait raison, et moi ? Ma réaction lui avait donc déplu, telle était ma conclusion. J’avais réagi un peu vivement, il fallait s’y attendre lorsqu’on parlait de moi. Et encore, je m’étais contrôlé. Je ne lui avais pas sauté à la gorge. J’acquiesçai lentement aux mots de ma femme qui allaient dans notre sens. Finalement, mes yeux se déplacèrent une nouvelle fois, et je me contraignis au calme, attendant avec une certaine impatience que le trentenaire me donne une bonne raison d’exploser.

Et pour en donner, il en donna. Dès ses premiers mots, je fis un pas en avant. Son échange de regard avec Camille cependant me cloua sur place, en retrait vis-à-vis de notre leader et du dissident. J’admirais Camille sans me cacher alors qu’il répondait par un silence aux propos de plus en plus agressif du métamorphe. Admiration parce que moi, seule la présence de Camille qui orientait vers lui l’agressivité du méta, la présence de Kate qui me poussait à me concentrer sur sa protection à elle, la présence de tous les autres métas devant lesquels je ne pouvais pas faire vraiment preuve de la fureur qui m’habitaient ; seules ces présences m’empêchaient de sauter à la gorge de celui qui crachait du venin en plus de débilités. Tu parles d’un chef, t’as vendu notre secret à la reine. Je me crispai davantage, peinant à me retenir de me transformer sur le champ. Alan, tu es un grand garçon, tu te contrôles.. Le berger allemand me suppliait de céder à ses impulsions et de lui sauter à la gueule, mais je le retenais avec une fermeté qui montrait les années passées à apprendre à me contrôler. Le duel de regard entre l’homme et Camille prit fin, je n’avais qu’à peine entendu ses paroles. Mon ouïe était occultée par ma fureur contrôlée et par mon flair que j’étendais à toute la salle. A croire que j’avais déjà commencé mentalement à me transformer. Mon cœur résonnait à mes tympans comme un tambour, mes mains étaient crispées sur le dos du fauteuil de Kate. Depuis quand y étais-je agrippé ? La voix de Camille était étrangement calme, je n’en percevais que les intonations, lorsqu’il finit par répondre aux attaques assassines du métamorphe. Contrôle toi, Alan, contrôle toi. Ralentis ton cœur, détend tes muscles.. La voix du métamorphe dissident s’éleva à nouveau et il fut soudainement proche de Camille qui l’empoigna. J’étais raide, aussi immobile que le reste des spectateurs. Ma voix grogna plus que gronda un « Camille… ». Je voulais que ma voix soit inquiet, soit un soutien, elle ne fut qu’une menace.

« T’as raison. »

Non. Je maudis un instant mon ouïe qui avait recommencé à fonctionner, et inconsciemment j’eus soudainement conscience de tous les échanges que j’avais loupé. J’étais pas calmé, loin de là, j’avais simplement passé un stade de colère et je me retrouvais dans un état de colère froide et contrôlée. Les prunelles de Camille se fixèrent dans les miennes, et j’entendis avant qu’il ne les prononce les mots qui me plantèrent un poignard en pleine poitrine. J’avais l’impression de savoir où il allait en venir avant qu’il n’ait terminé sa première phrase. Je n’avais pas besoin d’entendre le reste, mais les yeux de Camille m’obligeaient à ne pas le lâcher du regard. Et à l’écouter.

« J’ai consacré sept ans à cette communauté. Vous savez pourquoi nous avons débuté tout ça, vous connaissez nos objectifs. Nous voulons être libres, que nos familles soient sauves. Mais nous sommes dans un monde qui ne tolère rien d’autre que la force et c’est les plus forts qui s’en tirent. En cela, je ne suis pas le plus indiqué pour vous guider. Je ne sais même plus pourquoi nous nous battons d’ailleurs si c’est pour nous poignarder dans le dos et pour nous désolidariser à la première crise. Ma vie se résumait à cette position, à cette communauté. Mais nous avons peut-être fait une erreur. Tout ça, c’était peut-être une erreur. Nous n’étions peut-être pas prêts pour ça. La majorité d’entre vous a voté la fin de l’alliance. Est-ce que vous voulez aussi la fin de cette communauté ? Si c’est le cas, je ne veux pas assister à ça. Je refuse de continuer à observer tout ce que nous avons construit couler stupidement comme ça. »

Je regardai partir Camille, voulus poser une main sur son épaule, le supplier de ne pas dire ça, mais ma main se contenta d’effleurer son épaule pour partir, poing refermé, se fracasser sur la pommette du métamorphe qui était à l’origine de tout ça. Ma voix m’échappa et éclata lorsque la trappe retomba dans un claquement sourd. »

« C#nnard. C#NNARD. Espèce de petit C#N ! »

Je fis un pas en arrière, pour englober la pièce et les métas du regard. Ma voix était tendue par la fureur lorsque je repris, assénant un nouveau coup de poing au métamorphe.

« C’est ça que tu voulais ?! C’est ça ?! On a consacré SEPT ANS DE NOTRE P#TAIN DE VIE POUR CETTE COMMUNAUTE ! Les Métas étaient isolés, les métas étaient seuls, les métamorphes étaient bien décidés à conserver leur petit train-train d’EGOISTES, c’est ça que tu regrettes ? Regarde-toi ! Tu traites Camille de trouillard, je ne t’ai pas vu à ses côtés en train de combattre les vampires ! Tu dis qu'il est incapable d’éliminer les menaces, toi tu te terres comme un misérable cloporte dans ton coin en arguant que nous devrions nous élever contre ceux qui assurent notre protection depuis plus de cinq ans, quoique tu en dises ! »

Je me revis, plus de vingt ans auparavant, à dix huit ans, en train d’expliquer de la même manière qu’on ne s’adressait pas à Max de cette manière à un bleu. A une nouvelle recrue, un gosse de quatorze ans. Je me revis lui expliquer la règle du clan à coup de barre de fer. Et bien là, c’était sensiblement la même chose. J’empoignai violemment le métamorphe, pour le plaquer contre le mur le plus proche. Ses habits ne furent soudain qu’un tas de vêtements vides, et un cobra sortit la tête, semblant se moquer de moi avec sa langue fourchue qui humait l’air. Je fis un pas en arrière, et instantanément je laissai enfin couler en moi ma rage animale pour me transformer et atterrir à quatre pattes devant le cobra. Je dévoilais mes crocs pour feuler ma colère, avant de m’ébrouer pour laisser tomber le reste de mes habits et de me jeter sur l’animal sinueux.

Attendez… Feuler ?

Je pris conscience que je n’étais pas un berger allemand. J’étais bien plus imposant que le canidé en lequel je me transformais habituellement. En un soupir, je pris conscience de ce que j’étais. L’animal m’avait semblé trop noble lorsque je l’avais vu dans un zoo, et bien trop marquant pour passer inaperçu dans une ville d’Europe. J’ouvris grand ma gueule, tout naturellement, pour dévoiler d’énormes crocs d’une blancheur éclatante. Je sautai à nouveau pour essayer d’attraper de mes imposantes pattes de félin le cobra qui semblait un peu rapide. La physionomie d’un tigre blanc, les tigres les plus imposants, était semblable à celle d’un berger allemand, mais dans une dimension supérieure. Mes sens animaux eux non plus ne changeaient pas, même si je semblais pataud dans mes déplacements. Ce n’était pas vraiment le bon moment pour apprendre à me transformer en autre chose qu’un berger allemand, puisque mes réflexes étaient ralentis.

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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Mer 9 Oct - 1:43




I think we have an emergency.





La réponse de l’homme suit les paroles d’Elecktra, mais elle ne lui est pas adressée. Le regard du traitre, le venin de sa voix et l’acidité de ses remarques, tout est adressé à Camille. Roxane ne le considère pas comme un ami, mais elle connait son histoire, une partie de son passé. Elle a fait quelques missions à ses côtés pendant les Années Sanglantes. Elle comprend chaque mot que l’homme lui crache, et ce qu’ils impliquent et sous-entendent.

Comme les autres, elle regarde Camille, attendant sa réaction. Il se lève, s’approche de l’homme qui semble avoir terminé son show. Le leader est calme. Bien trop calme. Ses yeux sont fixés sur son accusateur. Et soudain il explose. Sa réponse est brève, et violente. L’insolent y répond par une nouvelle attaque, le traitant de couard. Et Camille perd son sang-froid, l’espace de quelques secondes. Il empoigne l’homme. Roxane attend le poing qui ne manquera pas de voler dans le visage de ce traitre. Mais Camille reprend le contrôle et le lâche.

Une phrase
« T’as raison »
Trois syllabes qui tombent comme des gouttes de pluie sous un ciel orageux.

Et l’orage ne tarde pas. Camille se tourne vers Alan et prononce froidement les mots que personne n’attendait. Roxane s’attendait à une fin de l’alliance. L’alliance lui avait permis de se rapprocher des autres métas. Pas qu’elle ne se soit fait des amis à leurs côtés non plus. La plupart considéraient ses liens avec les loups comme une marque de non appartenance à leur groupe, et la regardaient d’un mauvais oeil. Pourtant la métamorphe regarde avec dégoût l’homme qui vient d’attaquer Camille avec tant de haine. Et chaque mot qui tombe de la bouche de Camille vient frapper la confiance que Roxane avait placée en lui. Elle ne s'attendait pas à une fin de la communauté.

La communauté, elle n’y tient pas. Pas vraiment. Après tout son implication y a été plus que modérée. Elle avait pour le moment suivi de plus ou moins loin ses évolutions, attendant de voir. Une sorte de curiosité qui la poussait à venir malgré les regards parfois durs des autres métas. Même si elle n’aurait pas amené ce débat, elle voulait voir comment évoluerait cette communauté. Mènerait-elle les métamorphes à révéler leur existence ?

Alors que sa situation à Wolfheaven devenait de plus en plus instable, elle avait secrètement espéré trouver une petite place à leurs côtés. Les Années Sanglantes avaient appris à certains métamorphes à suivre leurs instincts bestiaux. Ce qui les rendaient plus proches de Roxane qu’ils ne l’avaient été jusqu’à présent. Ses espoirs s’écroulaient alors que Camille prononçaient ses derniers mots et sortait de la pièce.

Mais la métamorphe n’a pas le temps de réaliser ce qui vient de se passer. Elle n’a pas le temps d’analyser les mots qui sont tombés. Le regard de la rousse est attiré par le choc du poing d’Alan qui vient de frapper la mâchoire du traitre. L’orage est à son paroxysme. Le métamorphe perd son sang-froid et joint à son geste des insultes qu’il ne retient pas. Le trentenaire est plaqué au mur par Alan. Le Alan que Roxane a apprécié. Celui qui ne se retient pas et qui laisse ses pulsions et ses instincts prendre le dessus sur la retenue et la raison.

Mais le traitre laisse place à l’animal perfide qu’il inspire. Suivi de près par Alan qui laisse son enveloppe humaine pour se changer en tigre banc. La métamorphe est surprise en le voyant, et toute cette agitation réveille ses instincts de renard.

Fuir.

La rousse n’hésite pas un seul instant et laisse l’instinct de survie qui a déjà fait ses preuves agir. Quatre pattes, des oreilles pointues terminées par une petite teinte noire et un museau allongé. Tu laisses la robe en chiffon et cours vers la trappe restée ouverte. Avant de la franchir tu tournes ta tête vers la salle en contre-bas et lance un dernier regard vers les deux métamorphes qui se toisent et se jaugent.

Et tu vois l’attaque fulgurante du cobra qui vient de se jeter sur l’épaule droite du tigre, qui tente de l’éviter mais réagit un peu tard. Ton instinct de hurle de fuir. Tu ne veux pas te mêler à ça. Le souvenir de la dernière fois est encore trop bien ancré. Mais il a besoin d’aide. Tu le sens. Ses mouvements sont trop lents, bien que puissants. Tu tournes la tête vers la sortie, puis reviens fixer tes prunelles sur Alan.

Alan.
Tu bondis.

Les pattes se stabilisent au milieu de la table et se retendent pour te permettre d’atterrir derrière le cobra toujours fixé sur Alan. Tes griffes se plantent dans le corps du serpent qui se tortille, surpris, pour tenter de se dégager. Ta prise glisse le long du reptile qui s’agite et se libère. Toisant ses deux adversaires de ses pupilles allongées.



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Tu as fais de mon coeur un orphelin, C'est un pieu qui attend le tien
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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Jeu 10 Oct - 18:30

    J'invite le métamorphe à livrer le fond de sa pensée, Kate me suit dans ce que je décide. J'aimerais que cela se passe dans le calme, mais je me fais des idées assurément. Vu l'animosité de l'homme, Alan va perdre son sang froid, je ne sais même pas ce qu'il en est de Camille mais je sens que tout cela va mal se passer. Le dissident m'interpelle alors en m'appelant ma mignonne, chose que je n'apprécie pas du tout. Mon visage se crispe, mais je ne vais pas agir, je vais le laisser parler, je vais le laisser dire ces inepties les plus totales parce qu'il ne peut pas dire autre choses que du grand n'importe quoi ! Je l'écoute donc, alors que je suis toujours debout. Je viens de lui demander gentiment de donner son point de vue, mais il semblerait qu'il ne sait pas parler gentiment à nous autres. Mais qu'est ce qu'il fait là alors ? Il veut la fin de l'alliance, mais aussi la fin de la communauté, c'est une certitude. La pauvre Dafné est tombée dans une crise sans précédent, la première grosse crise, et cela m'embête un peu. Si nous n'arrivons pas à nous entendre, à discuter sagement, alors sommes-nous vraiment une communauté ? Ne sommes-nous pas simplement une somme d'individualité soit disant en communauté mais donc la communication laisse à désirer ? Le méta lâche alors quelques informations que je connais déjà comme pour mieux nous déstabiliser. Personnellement, cela ne me fait rien, je le fixe du regard alors que le sien fuit le mien en direction de Camille, comme s'il avait peur de m'affronter mais pas notre leader actuel. Il ne sait pas ce qu'il raconte, comment les choses ont évoluées, c'est flagrant. Mais ce qui me surprends le plus ce sont les paroles de Camille. Il approuve les dires de ce fou puis il se casse de là. D'instinct, mon esprit me dit de le suivre même si ce n'est pas forcément à moi de faire ça, qu'Alan est mieux à même de l'aider, mais non. Je sens que Camille est fatigué, complètement à l'ouest, peut être que cette réunion était trop prématuré finalement. Que faire ? Alan se jette alors sur l'homme qui se transforme en serpent. Alan suit et ne se transforme pas en berger allemand mais en tigre blanc. Dois-je me transformer en léopard ? Je ne pense pas que cela soit utile. Je décide alors de quitter la pièce à mon tour pour rejoindre Camille qui, je l'espère n'est pas partie trop loin. Je ne peux pas le laisser seul. Je sors de la cave, passant par la trappe et je constate qu'il est là, quelques mètres plus loin en train de fumer sa cigarette. Qu'est ce qui se passe exactement en bas ? Je ne sais pas, j'espère que le serpent sera maitriser.

    " Qu'est ce que c'était que ça Camille ? Première grosse crise et tu veux déjà tout abandonner ? Cela fait 7 ans qu'on essaye de construire ça, et tu voudrais tout balayer en quelques secondes ? Ton bras ça va au fait ? Je sais que tu t'es fait mordre lors de cette fameuse journée. Regarde moi ! Dis moi ce qui ne va pas. Je sais que ça ne va pas ! Parle moi ! Essaye en tout cas ! "

    Est ce que mes propos vont être bien accueillis ou voudra-t-il rester en paix ? Je n'en sais rien du tout, j'ai un peu de mal à le reconnaître, il a une mine de déterrer, il n'est pas en forme mais ceci n'excuse pas tout.
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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Sam 12 Oct - 0:00

 I think we have an emergency



J’avais définitivement compris que je n’avais pas ma place lorsque tout avait commencé à partir en vrille à cause des propos du trentenaire ! Je ne voulais pas dire que je ne devais pas faire partie de la communauté… Non, au contraire ! Mais aujourd’hui n’était pas le bon jour pour mon intégration apparemment. J’avais donc fait une croix sur l’idée de parler pour donner mon avis et avait laissé mon esprit s’égarer tandis que je jouais avec mon collier. Ce geste machinal me rassurait et j’avais vraiment besoin de ça en ce moment même ! Tout était en train de partir en vrille et je ne pouvais absolument rien faire. J’avais toujours détesté voir les gens se déchirer et là c’était pire car j’étais tout à fait inutile et qui plus est, de trop !
Je n’écoutais plus vraiment ce qui se disait mais mon esprit capta quelque chose qui me surprit, voir même qui me choqua ! J’observais alors Camille… notre leader ! Le trentenaire venait de dire que c’était Camille qui avait parlé de notre secret à la Reine des Vampires ? Oui, il avait bien dit ça ! Je lâchais mon pendentif en cherchant à comprendre… Est-ce que ces accusations étaient vraies ? Je regardais les autres métas qui ne parurent nullement troublé et j’en déduis que cela ne voulait dire qu’une chose. C’était vrai ! Sinon, j’étais persuadé que les autres métamorphes auraient fait taire le trentenaire s’il mentait.

Je regardais alors Camille et uniquement lui ! Il allait donner une explication quant à ça… J’en étais persuadée car il m’en fallait une ! Ce type avait plu à mon père qui n’avait cessé de répéter qu’il était un homme bien. Mais un tel gars dénonce-t-il ses congénères à la reine des ennemis ? Non, je ne pensais pas ! Notre leader prit enfin la parole mais rien n’éclaira ma lanterne et je fus même déçue de le voir prendre la fuite. Non ! Il se devait de tenir tête à l’autre débile. Je soupirais mais mon soupir fut tué par la réaction du berger allemand. Sa rage fut telle qu’il s’en prit à l’homme qui se métamorphosa et lui-même fit de même. Mais son apparence était différente ! En effet, il venait de se transformer en tigre blanc. J’écarquillais les yeux ! Cette réunion était vraiment en train de partir en vrille et j’envisageais de prendre la fuite en voyant sortir une des rouquines.
Un renard avait ensuite remplacé la deuxième jeune femme rousse ! J’hésitais à me métamorphoser pour prendre la fuite comme ils avaient tous l’air de le faire. Cependant, la renarde venait de changer d’avis et venait aider le tigre blanc aux prises avec le cobra. J’ignorais à quel moment je m’étais levée mais lorsque je me rendais compte de ça, j’eus encore plus envie de m’enfuir. Mais c’est en observant une dernière fois les lieux que mon attention se porta sur la femme enceinte. J’allais donc près d’elle…



- Vous devriez sortir d’ici… Il ne serait pas bon pour le bébé que vous soyez blessée ou mordu, ajoutais-je en jetant un coup d’œil au cobra. Ayant compris que le berger allemand devait être son compagnon et aussi le père du futur bébé, je rajoutais. Je suis sûre qu’ils vont le maîtriser sans problème.


Bah oui ! Ils étaient déjà un tigre blanc et une renarde pour maîtriser le cobra. Ajouter d’autres métas à ça aurait donné un sacré bordel. Du moins, c’était mon avis et niveau combat d’animaux, je n’y connaissais rien. C’est sûrement pour ça que je ne voulais pas y participer ! Cependant, mon idée de fuir était oubliée car je ne voulais pas laisser la brune enceinte seule ici. Je ne sortirais que si elle le faisait aussi.

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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Lun 28 Oct - 23:49




 I think we have an emergency  


HJ : Suite à un emploi du temps surchargé, Kate a préféré passer son tour et me permettre d’anticiper son action. N'en soyez donc pas surpris ;)


Partir ? Et aller où ? Rentrer et oublier, planter vraiment tout le monde ? Je peine déjà à croiser mes prunelles dans la glace. Fuir ne ferait qu’amplifier mon malaise. Je suis bloqué. Je ne peux pas y retourner et je ne peux pas m’éloigner. Ce n’est pas un dilemme, c’est un piège et je me laisse écraser par la cage que j’ai bâtie ou non autour de mon propre corps. Je mords le filtre de ma cigarette et m’agite toujours en faisant des allers retours entre deux arbres. Pourquoi se battre ? Et pourquoi rendre les armes ? Au nom de qui, de quoi, je pense encore pouvoir jouer un rôle qui ne me convient pas ? Il y a tellement d’issues et pourtant, aucune ne satisfait mon esprit embrouillé. C’est pire qu’être largué à ce stade. Je me suis laissé atteindre, j’ai tout laissé déraper et j’ai participé au début de cette fin. Je pose une main sur mon front et contrôle ma respiration oscillante. Je sens ma poitrine m’opprimer désagréablement. Je suis à bout depuis des mois. A quoi je m’attendais ? Je ne peux pas supporter plus de pression et plus d’exigence. Je suis toujours en pleine crise interne quand une tête rousse gagne mon horizon. Je tire deux bouffées de nicotine pour supporter la prochaine discussion et plante mes yeux dans ceux d’Elecktra sans vraiment les voir. Je suis ailleurs. Dans les airs sûrement, à survoler l’enfer. Prendre de la hauteur. C’est tout ce que je demande. Je n’écoute pas ce qu’elle me raconte, je suis emmuré dans ma colère et ma confusion. Ma conscience ne capte que la fin et je la toise alors froidement. Je ne suis plus moi-même. Ou bien si. C’est juste ma part animale qui se manifeste bien plus. Je me pince l’arête du nez en soupirant lourdement. « Je n’ai pas envie de parler là Elecktra au cas où tu n’aurais pas compris. S’il te plaît, laisse-moi juste souffler. » Je me sens tellement étouffé par toutes ces attentes.

J’écrase mon mégot d’un geste las quand Kate se matérialise devant moi, paniquée. Elle dit quelques mots, je n’en capte que quatre. Alan – en -  danger - attaque.  Je n’ai pas d’emprise sur mon corps épuisé et tendu, je ne réfléchis pas. Je suis instinct et rage. Je recule de plusieurs pas et grogne à moitié alors que la bête prend les commandes de mon organisme. Avant de réaliser ce que je fais, le bruit de mes vêtements se déchirant m’alerte de ma folie. Un gémissement se perd dans ma gorge alors que les endroits où mes plaies s’alignent, me brûlent à crever. J’ai l’impression qu’on m’a poignardé lors de ma transformation mais ça n’a pas d’importance. Je cours vers le QG sous ma forme lupine – la seule qui soit apte à blesser voir… Tuer. Je ne m’explique pas ses sentiments primitifs, ils sont simplement là. Ils font partie de mon être. Et ce que je suis l’accepte. Je me débrouille pour entrer par la trappe que mon amie a légèrement laissée entrouverte. Je ne me soucie pas de la douleur qui vrille mon épaule alors que ma patte droite touche le sol. Je me faufile et atterris au milieu de la pièce. Mon pelage ébène voile partiellement les blessures que j’expose à la vue de tous impunément mais c’est le cadet de mes soucis. En deux secondes, je bondis sur le serpent. Je sais que c’est lui. Le tigre blanc ? Je ne sais pas qui il est et je ne vois pas mon comparse. Il ne l’a pas… Non, il ne peut pas… Ma hargne m’aveugle et j’enfonce mes crocs avec force dans la chair du reptile. Mes griffes trouvent le reste de son corps et grâce aux efforts communs, il est amoché et affaibli. Mes quenottes reviennent à plusieurs reprises l’assaillir, j’ai le goût de son sang dans ma bouche. Chaque morsure renforce mon animalité et mon envie de meurtre. Il se débat et tente à tour de rôle de nous coincer que ça soit en s’enroulant autour de nous ou en cherchant à nous mordre en retour. Finalement, je parviens à le mobiliser avec l’aide de Roxane et de l’inconnu. Je leur laisse le soin d’achever le boulot et il finit par retomber inconscient sous forme humaine au sol.

Je ne suis pas satisfait au fond de moi, j'ai envie de le voir mourir, il a peut-être … Alan… Mais la souffrance a triplé après tous ces efforts et avant que je puisse décemment rejoindre la pièce au fond, à l’écart des regards, je roule sur moi-même à terre et redeviens subitement humain sans pouvoir y faire quoique ce soit. J’étouffe mes hurlements en calant mon poing entre mes dents. Je crains un instant de m’évanouir tellement la douleur me cloue au sol. Je n’ose même pas tâtonner mon épaule pour vérifier son état, pas plus que mes côtes où les plaies sont pourtant moins profondes. Je comprends pourquoi le toubib ne voulait pas que je me transforme avant la date indiquée. Je reste allongé pitoyablement au sol, en ayant plus du tout conscience de ce qui m’entoure. Il n’y a qu’une chose qui prédomine et c’est la souffrance- physique principalement et psychologique en second lieu. Un échec. La réunion, la situation, moi.
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MessageSujet: Re: I think we have an emergency [Livre II - Terminé]   Mer 30 Oct - 15:42

 I think we have an emergency




Je feulais une nouvelle fois en essayant de frapper de ma lourde patte de félin l’animal qui s’agitait bien trop vite pour moi. Ma démarche alors que j’essayais, encore une fois, d’attaquer la bête, semblait étrangement balourde ; J’étais incroyablement mal à l’aise et à l’aise en même temps, comme si je découvrais un muscle que je possédais depuis toujours, dont j’avais toujours eu inconsciemment conscience et que je réapprenais à utiliser. J’aperçus un brouillard roux, j’entrevis la panique et l’agitation, tout en restant aveuglé par la rage animale qui m’obscurcissait la raison tout en aiguisant mes sens. J’étais un félin alors que mon grognement poursuivait le cobra qui ondoyait d’une manière presque insolente entre mes pattes. Pendant un instant, soudain, nous nous figeâmes. Son attaque fulgurante me laissa immobile et je sentis ses crocs pénétrer mon épaule droite juste et une sourde douleur se répondit dans tous mes muscles, me faisant grogner de mécontentement. Je piétinai, je secouai mes lourdes épaules immaculées et rayées pour faire lâcher prise au reptile, peine perdue. Le renard qui avait filé vers la sortie atterrit à quelques pas de moi, et je me retins in extremis de lui donner un coup de patte. Ami, Alan, le renard est un ami. Une amie. Roxane. Je me figeai de surprise, alors que les pattes du petit canidé se plantèrent dans le lourd cobra, le forçant à lâcher sa prise et à tomber au sol dans un sifflement. Je sentis pleinement ses crochets quitter ma chair, et l’explosion de douleur qui suivit. Ma vue se brouilla légèrement, et je secouai ma gueule de félin en rugissant des injures, et en cherchant à nouveau à le piétiner. Il n’avait pas eu le temps d’injecter beaucoup de venins, encore heureux, mais le peu qu’il y avait dans mon organisme me faisait voir flou et je détestais ça.

Un autre animal arriva à notre aide, un loup, et à force de coups de pattes, de plus en plus maladroits de mon côté parce que ma vue s’embrouillait, mais de plus en plus adroits dans un sens parce que je prenais pleinement conscience des dimensions du tigre blanc, j’arrivai à l’acculer alors que la renarde parvenait à frapper avec sa rapidité coutumière et loup plus adroit encore frapper, et frappait encore. Finalement, d’un coup de patte puissant, j’envoyai valser le cobra contre un mur où, assommé, il tomba à terre, inconscient. Sa forme brouilla pour redevenir celle d’un humain et je fronçai les moustaches. Humain ? Que faisait un humain dans un combat animal ? Le souffle court, j’haletai gueule ouverte alors que le loup se décalait sur le côté pour atteindre les murs de la pièce mais s’effondra lui aussi en humain bien avant d’atteindre le fond. Encore un humain. Ma pupille affinée pour percevoir mieux les formes glissa vers la renarde, pour vérifier qu’elle était un vrai animal, elle, mais je m’aperçus qu’il y avait beaucoup d’humains dans la pièce. Humains. Alan. Je pris conscience que je n’étais pas totalement un tigre, et en un clin d’œil, je pris aussi conscience que je n’étais pas un berger allemand et que je m’étais transformé en félin. Okay. J’avais été totalement submergé par la colère, la rage et les émotions animales qui s’étaient emparées de moi, tant et si bien que j’avais mis de côté ma part humain. Okay. J’étais totalement taré.

Kate. Camille.

En quelques bonds je rejoignis Camille qui s’était effondré au sol. Bien sûr que c’était lui, le loup. Mon flair chercha Kate et sentis son odeur à l’extérieur qui revenait vers nous alors que d’un coup de patte, je flaquai une tape à Camille pour le maintenir éveiller et voir ce qui n’allait pas. Ses blessures s’étaient réouvertes. D’un nouveau bond, j’atteignis une armoire au fond de la salle, redevins humain et enfilai rapidement un survêtement qui y était entreposé avant d’en apporter un à Camille. Je crachai d’une voix rauque aux autres métamorphes sur un ton plus qu’autoritaire: « B#rdel, mais qu’est-ce que vous regardez, vous voyez pas qu’il a besoin de soin ? » Je désignai d’un geste brusque les deux premiers métamorphes qui passèrent sous mon regard et indiquai les lambeaux de mon pantalon dans lesquels se trouvait mon téléphone consacré aux métamorphes. « Appelez Jake, il était de garde cette nuit et n’a pas pu venir, mais vous lui dites de rappliquer illico avec ses affaires. » Jake était un métamorphe qui avait l’avantage, aussi, d’être pédiatre à l’hôpital de la ville. Ce n’était peut être pas un urgentiste, mais au moins c’était un médecin et un métamorphe. Je m’accroupis souplement à côté de Camille, en palpant avec délicatesse son épaule salement amochée, à nouveau, avant de lancer à Roxane en désignant d’un mouvement de tête le métamorphe qui avait foutu la m#rde: « Tu surveilles ce c#nnard, il n’a pas intérêt à faire le moindre mouvement. »

Alan, tu as encore foutu la m#rde, et si Camille se vide de son sang, c’est à cause de toi, tu sais ? Je ne voulais pas l’écouter, mais la petite voix de ma conscience disait pourtant la vérité. J’avais totalement pété un cable, j’avais totalement craqué et résultat : Camille avait mis sa santé en jeu, j’avais mis la vie de mon fils en jeu, et j’avais mis l’alliance des métamorphes en jeu en quelques instants, tout ça parce que je n’avais pas su garder mon calme. Ce n’était pas moi, bon sang, le mec qui laissait totalement parler son côté animal, qui était violent et agressif. Ce n’était pas moi, ce tigre qui n’avait eu qu’une envie, sauter à la gorge du cobra pour l’écraser sous mes pattes albâtres. Ce n’était pas moi, bon sang. Non ? Non. Il fallait que je me l’avoue, j’avais toujours été ainsi. Je marchais sur un fil, je marchais sur des œufs, j’étais toujours sur le point de tomber dans la violence. La tension de ces derniers jours, mon stress naturel et ma tendance à l’anxiété m’avaient fait chanceler. Ou était Kate ? Ou était ma femme, ou était mon bébé, ou étaient-ils tous les deux ? J’avais senti son odeur à l’étage, mais j’avais peur de sa réaction. Un frisson parcourut ma colonne vertébrale. Il fallait vraiment que je me fasse soigner. J’essayai de me souvenir de ce qu’il s’était passé, alors que j’entendais d’une oreille discrète le coup de fil passé par le métamorphe que j’avais interpellé, et la respiration hasardeuse de Camille. La nouvelle. Je l’avais vue du coin de l’œil éloigner Kate, qui était sortie. Aller chercher Camille ?

« Je suis désolé, Cam. Je suis sincèrement désolé. »

Mon chuchotement fut si infime que je doutais l’avoir fait assez fort pour que Camille l’entende. Ma voix me sembla toujours aussi anormalement grave lorsque je repris, un peu plus fort :

« Tu veux que je te déplace jusqu’au lit ou tu peux te lever et marcher avec mon aide ? Le cobra t’a mordu ? Tu pourrais avoir du venin dans tes plaies, il va falloir les nettoyer., je me mordillai la lèvre avant de rajouter, ne pouvant me retenir : Kate était dehors avec toi ? ».

Sous-entendu: Kate était en sécurité, loin de ma perte de contrôle, loin de ma folie, loin de ma violence ?

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