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« On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]
MessageSujet: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Dim 8 Sep - 23:39




« On rejette toujours la faute sur le messager. ».


Bon. J’allais mourir. C’était une certitude, et étrangement, je ne l’ignorais pas. Je allais mourir, ou du moins les chances pour que je meure étaient assez élevées. Quelle drôle d’idée d’aller vers sa mort sans sourciller. Je savais déjà depuis bien des années que je ne me comportais pas comme un humain normal, mais là, je ne me comportais pas comme un humain tout court. J’avais un sens de la survie malgré mon handicap émotionnel. C’était ce sens qui m’avait poussé à fuir l’Ecosse lorsque lesdites « années sanglantes » avaient débuté, c’était ce sens qui m’avait poussé à revenir lorsque la Mafia avait commencé à menacer ma famille.

J’avais reçu le SMS en début d’après midi, mais je ne devais bouger qu’en soirée. Et pour cause. La Mafia m’obligeait à remettre le pied dans le monde vampirique, que j’évitais soigneusement depuis… et bien, depuis sept ans. J’étais maintenant allongé sur mon lit, à observer le plafond en vérifiant mes armes. Deux 9mm chargé de balles en argent. Un couteau avec une lame comprenant un fil d’argent. Je chargeais et déchargeais sans y penser mon 9mm préféré, du moins celui qui m’avait le plus servi jusque là. Ma mission était relativement simple : aller au Laurentia, voir la gérante, et lui faire gentiment remarquer que tout ce qui était trafic et proxénétisme relevait du territoire de la Mafia et qu’elle devait reverser une part de ses revenus au réseau mafieux. Rien de dangereux en apparence. Mais le problème, c’était plus que la maison close était gérée par une vampire. Deux vampires. J’avais déjà fait l’expérience avec un nocturne : ils étaient tous des mégalos narcissiques, et je pensais bien que faire ce genre de remarques à une vampire n’allait pas être sans conséquence. Je posai mon flingue et croisai mes mains sous ma nuque. J’avais déjà décidé de ne pas emmener Vlad. Une maison close n’était pas sa place, et il risquait plus de me déranger qu’autre chose.

Rester à savoir comment j’allais m’introduire dans le bâtiment. La porte d’entrée me semblait la chose la plus évidente, mais la plus stupide aussi. Si Guillemaud traînait dans le coin, et ce devait être le cas, il n’allait pas manquer de me voir. Et ses sbires aussi. Et je n’avais pas vraiment envie qu’on me ramène chez lui, pas pour le moment tout du moins. La porte d’entrée était donc une option non envisageable, ce qui pouvait poser un petit problème puisque ça ne laissait pas beaucoup d’autres options.

Je fermai les yeux une fraction de seconde avant de me lever brusquement, tous les muscles opérationnels et les sens aux aguets. En quelques gestes précis, je m’habillai. Il s’agissait d’être présentable, sans entraver mes mouvements si je devais agir rapidement. J’enfilai une chemise blanche, passai par-dessus une veste noire qui allait me rendre moi visible dans mes déplacements, et je calai entre les deux un holster pour y glisser mes armes. Après un moment d’hésitation, j’attachai autour de mon cou la chaîne qui supportait le poids de mes plaques militaires, sur lesquelles était inscrit, non pas mes nom et prénom, mais un Rubens qui me fit sourire. Avant de froncer les sourcils. C’était sous ce pseudo que Guillemaud me connaissait. Il n’était pas prudent de les mettre. Mais pour une fois, j’étais prêt à prendre ce risque. J’ouvris la fenêtre et observai la ville qui était endormie et pleinement réveillée en même temps. D’un bond, je grimpai sur le rebord, et m’accrochai au rebord, pour descendre la façade de l’immeuble. C’était la façon la plus simple que j’avais trouvé pour me dérouiller, et je n’habitais pas trop haut pour risquer ma vie bêtement. Arrivé sur l’asphalte qui m’attendait à la base du bâtiment, j’époussetai mes vêtements, et appelai un taxi.

J’étais à quelques pas du Laurentia à vol d’oiseau. A vol d’oiseau, parce que j’étais en haut d’un toit, juste en face du bâtiment. Un simple saut, et j’allais être sur le toit du bâtiment. Je m’étais renseigné, il y avait une fenêtre dans le bureau de la gérante, et cette fenêtre était facilement accessible si on prenait la peine d’être discret. Ce que j’étais, à ne pas en douter. Je fermai les yeux brièvement le temps de me concentrer, et lorsque je les réouvris, ce fut pour relire le message de mes employeurs. Mon message à moi, pour la vampire, devait être : clair, marquant, et obtenir un résultat. Je n’étais pas stupide : le résultat allait être ma mort. Mais bon, on pouvait toujours tenter. Le message clair ? Je l’avais en tête et il tenait en peu de mots. Vous êtes sur le terrain de chasse de la mafia, avec votre établissement. Ils réclament leur part.. Difficile de faire plus clair. Marquant ? J’avais prévu de l’attendre directement dans son bureau. J’étais concentré. D’un bond, j’atterris sur le toit du bâtiment et discrètement, sachant quelle efficacité avaient les oreilles des vampires, je me laissai glisser le long de la façade, passant de prises en prises, pour atterrir sur le rebord de la fenêtre, que j’ouvris d’un coup de coude bien placé dans les montants. Le bruit de verre me fit accélérer. Je n’étais pas un voleur, je n’avais rien de leur attirail. Je remis mes affaires en place, le temps qu’elle arrive –elle ne pouvait pas ne pas avoir entendu le bruit dans son bureau – et je m’installai dans un fauteuil, observant la pièce, attentif.

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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Mer 11 Sep - 19:47

En arrivant au Laurentia, un vent frais s'engouffra dans le grand hall. Je m'étais réveillée aux premières heures de la nuit, afin de m'occuper de choses importantes par rapport à ce foutu événement qui avait fait tomber la tête, si l'on pouvait dire du Prince d'Aubusson. Alors, vous pensez bien que ces derniers temps, les hauts placés, dont moi, se retrouvaient sur le qui-vive, en plein feu de pour parlé et autre connerie. A mon avis, on devrait surtout arrêter de regarder les humains et les caresser dans le sens du poil. Je regardais autour de moi, la Laurentia était comme à son habitude, étrangement chaleureux, malgré l'espace, pourtant, ça sentait toujours l'alcool, le parfum, le tabac et bientôt le foutre. Le métier le plus vieux de mon se portait toujours aussi bien, c'était aussi amusant que pathétique. Les filles descendirent toutes au fur et à mesure, habillée de petites robes de soirées, de jupes brodées, ou de pantalons, de chemisiers souples, et de bijoux manufacturés. Un sourire de circonstances aux lèvres, leurs déprimes et leurs histoires ne m'intéressaient absolument pas, tout ce que je voulais c'était les voir sourire et absolument ravie d'être là. Aucune d'entre elle n'était là contre sa volonté, c'était un des facteurs d'excellence de la maison. Beaucoup ne voulait pas partir car après tout malgré leur métier, le Laurentia leur offrait un luxe qu'elles ne pourraient pas s'offrir. Nourries, logées, blanchies, ça n'avait rien à avoir avec ces bordels du Sud où les putes rivalisaient de vulgarités. Pas sous le toit du Laurentia, ça certainement pas.

Je passais plus de temps avec elles, leurs expliquant le contexte actuel des choses. Qu'elles ne devaient rien accepter et ne rien faire de plus que ce qui était au... "Menu". Et je ne cautionnerais aucun écart. Les seules informations qu'elles obtenaient me revenait, point barre. Interdiction de laisser mordre les vampires, et interdiction de laisser les humains leurs faire n'importe quoi sous prétexte qu'ils ont payer. Chacune s'installait, dans les coucheuse, les fauteuils, discutant, et les premiers clients entraient et moi je montais quand un bruit de verre siffla dans mes oreilles. Autant vous dire que ce bruit, ne me disait rien de bon. Encore un amant rejeté ? Ou un crétin assez stupide pour ne pas vouloir rentrer par la grande porte. J'attrapais le coupe papier dans l'entrée, le gardant en main. Pas moyen d'être tranquille même au Laurentia. J'ouvris la porte, et allumais la lumière de mon bureau. Regardais l'intrus s'installer dans un des fauteuils de mon bureau. Se laissant le privilège de regarder tranquillement la pièce, les pièces d'ouvrages, la bibliothèque, les tableaux. Je fonçais sur lui, plongeant le coupe papier sur le dos de sa main traversant de par et d'autre la main de l'intrus. Lui imposant le silence, vos cris n'ont rien à foutre dans mon bureau, autant que vous jeune homme.

Je vous conseille de laisser ce coupe papier à sa place. Car je peux le refaire avec des stylos, et je vous assure que c'est plus douloureux.

Je fis tourner le fauteuil pour qu'il fasse, face au canapé. Je m'asseyais, croisant les jambes, allumant une cigarette, posant le briquet sur la petite table basse. Je manquais de savoir vivre ? Cela vous étonne ? Si encore il avait fait le choix de demander à me voir par la grande porte, je me serais montrée bien plus polie. Mais les politesses face aux intrus, je ne m'en encombrais pas. Et par les temps qui court, c'était bien plus une qualité, qu'un défaut. Je regardais ma montre. Autant vous dire que son sang dans mon bureau, qui s'imprégnait dans mon fauteuil, chronométrait un peu son temps ici. Qui vous regretterait mon cher monsieur ? Aucune idée, et je m'en fous. Mais votre présence ici à piqué ma curiosité, alors parlez, laissez moi entendre votre belle voix, criez, criez, illustrez votre douleur, après, nous pourrons discuter.

Vous me devez un carreau. Le fauteuil, c'est pour moi. Vous allez donc me dire ce que faîtes dans mon bureau, et je vous avoue que je ne suis pas un vampire très patient. Donc dépêchez vous. Et espérez que vous n'allez pas me faire perdre mon temps, car même si j'en ai à disposition, je n'aime pas le gaspiller. Et vous perdez du sang. Ce qui ne joue pas en votre faveur.
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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Jeu 12 Sep - 15:45




« On rejette toujours la faute sur le messager. ».




J’avais fait deux erreurs, de toute évidence. Deux erreurs, mais aucune pour le moment ne m’avait coûté la vie. S’il y avait une chose que je n’aimais pas, et c’était suffisamment rare que je sois clair sur mon avis sur la chose pour y prêter attention, c’était bien faire des erreurs. Si mon esprit était suffisamment détaché de toute émotion pour rester logique et rationnel, et si je ne commettais que très rarement des erreurs, ce n’était pas pour autant que j’allais me montrer moins sévère envers moi-même. C’était bien tout le contraire d’ailleurs ! Contrairement aux humains normaux, je n’avais aucune excuse valable pour avoir eu un raisonnement erroné. Deux erreurs donc que je n’arrivais pas à classer hiérarchiquement. Je n’avais pas pris en compte la vitesse des vampires, ou du moins pas assez, puisque la vampire contrairement à ce que j’avais prévu m’avait visiblement observé m’installer et j’avais dans un même ordre d’idée sous estimé la prétention et la susceptibilité de ces créatures étonnantes et particulières qu’étaient les vampires. Le coupe papier planté dans ma main était une punition suffisamment claire pour que je n’aie nul doute sur le fait que je l’avais vexée et j’envisageai toutes les possibilités pour ne pas mourir épinglé à un fauteuil comme une chauve souris de collection pouvait bien le vivre – juste avant de mourir, cela se devait d’être pointé du doigt. La douleur était vive, il était inutile de le préciser. Un léger cri avait voulu franchir mes lèvres mais s’était aussitôt mué en un cri silencieux et une crispation passagère.

Je vous conseille de laisser ce coupe papier à sa place. Car je peux le refaire avec des stylos, et je vous assure que c’est plus douloureux.

Je l’observai froidement et attentivement sans dire un mot pour répondre à cela. Bien évidemment, je ne comptais pas conserver cette matière étrangère planté dans ma main. Si je devais mourir, autant que ce fusse rapide, bref, mais sans le subir comme un animal pris au piège. J’avais bien trop cherché mon humanité, sans la trouver tout à fait, pour y renoncer à présent. Mais pour le moment, je laissai glisser ma main droite jusqu’à mon col, pour l’entrouvrir et le repositionner convenablement. L’apparence que j’avais m’importait personnellement peu, mais j’avais aussi appris qu’elle avait beaucoup d’influence sur ce que les gens pensaient de nous. Elle alluma calmement une cigarette, posa son briquet, s’installa les jambes croisées. Je n’avais toujours pas fait un mouvement plus rapide que ce simple passage en revue de mes habits, lorsqu’elle reprit la parole.

Vous me devez un carreau. Le fauteuil, c’est pour moi. Vous allez donc me dire ce que vous faites dans mon bureau, et je vous avoue que je ne suis pas un vampire très patient. Donc dépêchez vous. Et espérez que vous n’allez pas me faire perdre mon temps, car même si j’en ai à ma disposition, je n’aime pas le gaspiller. Et vous perdez du sang. Ce qui ne joue pas en votre faveur.

J’arquai un sourcil. Pardon, de quoi ? Lentement, j’approchai la main du coupe papier, et accélérant soudainement mes mouvements, je l’ôtai et le replantai aussitôt à quelques centimètres de sa place initiale, juste à côté de ma main. Je n’avais pas quitté la vampire des yeux. Ce n’était pas forcément de l’effronterie, j’avais juste plus ou moins laissé l’objet à sa place, ne lui faisant quitter la douceur du rembourrage du fauteuil que quelques fractions de seconde. Je fermai mon poing, sans l’observer, et ma voix atone en profita pour s’élever dans la pièce. J’étais souvent surpris par la voix grave que je pouvais avoir, et cette fois ne fut pas différente de tant d’autres fois. Peut être était-ce parce que je n’avais pas parlé depuis plusieurs heures maintenant ? Ce n’était pas le moment de se poser des questions à ce propos.

« Je ne vous dois aucun carreau. Pour les remboursements, vous devrez vous adresser à mes employeurs, dont je suis sensé être la voix. Et je dois dire que si vous estimez que mes employeurs vous doivent un carreau, j’ai le regret de vous dire que vous allez leur devoir une vie, un assassin et un exécuteur plus ou moins loyal, ce qui n’est pas aussi facile à trouver. Mais ce n’est pas le sujet, pour le moment, de la conversation, je fis une courte pause, pour placer en prévision ma main non loin d’un de mes revolvers sans que ce soit trop rapide pour devenir menaçant. Mes employeurs vous font savoir que vous êtes sur leur terrain de chasse, avec cet établissement. Ils aimeraient donc recevoir la part de vos revenus qu’il leur revient, et avec cela les intérêts sur ce que vous ne leur avez pas versé les années précédentes. »

C’était ridicule. C’était stupide. La Mafia avait juste envie de me voir disparaître, c’était ainsi que je l’avais compris. Peut être avaient-ils trouvé une nouvelle perle rare dans la lignée des deux frères Ivanov, peut être doutaient ils de ma loyauté, et plus encore de mon attachement à ma famille (qui était équivalent à ma loyauté d’ailleurs). Mes mots même n’étaient pas ceux d’un convaincu, mais simplement ceux d’un simple messager qui délivrait un message sans y instiller une once de subjectivité. Ce n’était vraiment pas à moi d’émettre une critique sur le fonctionnement de la Mafia, sur ses entrées dans tous les réseaux illégaux, puisque j’avais été happé et pris au piège dans ses tentacules juste après avoir bénéficié de leur aide. Jusqu’à maintenant, j’avais toujours pris soin de ne pas émettre d’opinion personnelle, sauf à la rigueur avec Valentina. Auparavant, c’était pour la simple raison que je n’avais pas d’opinion, juste un faisceau de probabilité, de statistique, d’optimisation, puis depuis mon retour d’Afrique, parce que j’avais pris le temps d’observer, de m’acclimater, d’apprendre à émettre un jugement subjective. Pour la première fois de ma vie, finalement, j’arquai un sourcil, et un rictus se dessina sur mes lèvres.

« Puisque j’imagine que votre réponse va être négative, je vous propose de ne pas vous faire gaspiller davantage votre temps. Et le mien. »

Mon regard se posa sur ma main blessée, et je cherchai du regard quelque chose pouvant me permettre de faire un bandage rapide et efficace. J’imaginais sans peine que déchirer le bas de ma chemise, ou lui demander un de ses foulards serait très mal vu, et pris.

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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Sam 14 Sep - 20:59

Les gens qui se permettent de rentrer chez d'autre, ne mérite pas forcément d'égard. Peu importe la raison, il y avait toujours la grande porte que je pouviez prendre. Et cette remarque concerne bien évidement l'intrus qui a cru raisonnable de ne pas frapper avant d'entrer. Si le léger cri me fit sourire. Il ne semblait pourtant pas non plus paniqué. Intéressant, ou étrange, j'avoue que je ne serais pas trop vous dire. Pourtant, il est évident que Monsieur n'est pas la pour une des filles, sinon, il serait entré en douce dans une de leur chambre. Je l'observais, attentive, jetant la cendre dans le cendrier sur la table basse. Que voulait il ? Franchement, à en juger par sa tête... Je ne saurais vous dire. Après le cri vint rapidement l'impassibilité. J'adorais l'impassibilité, aucune idée de la raison, mais je trouvais cette neutralité toujours très éloquente. Beaucoup de vampires se font impassibles. J'ai toujours trouvé ça très dur à faire. Chacun se jaugeait d'une certaine manière, et j'avais bien compris que je n'avais pas affaire à une pucelle effarouchée, non loin de là. Je haussais un sourcil, bien curieuse de la suite, j'étais convaincue, que monsieur était un véritable petit comique.

Il ne suivait alors pas mon conseil, retirant le coupe papier du dos de sa main. Sa main fut un trajet bien inconnu, autant vous que j'étais à ... ça, de sortir les dents. Nous commencions vraiment sur de mauvaises bases. De très mauvaises bases. Le temps que tu sortes je ne sais quel tour de ton chapeau magique, je t'aurais déjà saigné à blanc. Je souriais. Mes employeurs Je haussais un sourcil, qu'est ce que c'était que cette histoire encore. Comme si j'avais le temps pour ce genre de bêtises. Moi devoir quelque chose ? A cause de ton insignifiante petite vie ? En effet, Monsieur était un comique. Je tiquais sur les mots assassin et sur ses termes. Plus ou moins loyal. Et attendez la meilleure, parce que je crois que ce n'est pas terminé. Non loin de la, le pigeon voyageur à encore un message à transmettre, écoutons, écoutons, je suis certaine que c'est hilarant. Ses employeurs, très mystérieux, me faisait savoir que j'étais sur leur terrain avec le Laurentia. Je tirais sur ma cigarette. Que je leur devais de l'argent, ça c'était la meilleure, et une commission sur ce que j'avais déjà gagné. Je le regardais, je crois que c'était bien la première fois qu'on me surprenait de cette manière, et là, d'un coup, j'éclatais de rire. Oh, non vraiment ce devait être une blague. Le bras accoudé sur le canapé. C'était une blague. Non vraiment, je ne sais quelle mafia, italienne, russe ou chinoise, je m'en foutais, voulait l'argent du Laurentia sous je ne sais quel prétexte de chasse gardée. Un véritable comique ce type, décidément.
Il continua, estimant que ma réponse allait être négative, et qu'il ne valait mieux pas qu'il perde son temps et le mien. Mon rire s'effaça, laissant tout de même une trace sur mes lèvres. Il ne pensait quand même pas s'en sortir aussi ... tranquillement. Je le regardais.

Dîtes moi donc quelle organisation à but tout à fait lucratif vous venez représentez. Vous ne pensez quand même pas que je vais vous laisser sortir tranquillement alors que vous venez réclamer de l'argent.

Je fis une pause. Regardant mon interlocuteur. Tout à fait entre nous, je continuais de tirer sur ma cigarette, ne lui en proposant pas une. Je regardais le sang, sa main tour à tour. Un voilà un, qui bien téméraire, vient demander de l'argent à un vampire avec une main qui dégageait plus qu'une forte odeur de sang, celui ci débordait de la plaie que je lui avais infligé. Je décroisais les jambes, pour les recroiser. Un exécuteur de la Mafia, bah tiens. Je soupirais, reprenant un peu mon sérieux. J'aurais été humaine les choses auraient peut être un peu différente. Mais vampire, en plus d'être susceptible comme le reste de ma race, j'étais profondément convaincue de mon invulnérabilité, surtout depuis la mort d'Arthur. La plus grande faiblesse du vampire n'est pas forcément les balles en argent et tous vos jouets qui brille, la plus faille du vampire, c'est son égo, son orgueil.

Restez assis. Vous vous êtes donné du mal pour rentrer, vous n'allez pas nous quitter tout de suite. Dîtes moi, vous saviez pertinemment à qui vous alliez avoir affaire, et vous vous dîtes plus ou moins loyal pourquoi prendre le risque de venir ? N'avez vous, donc, rien à perdre ?

Les humains sont capables de s'attacher à tout et n'importe quoi. Leur famille je peux comprendre. Mais leurs perroquets, leurs perruches, leurs chats et leurs chiens, c'était vraiment trop me demander de les comprendre. J'ai été humaine. Pourtant, les comprendre, je n'y arrive pas, je n'y arrive plus. Je ne souviens pas de la chaleur des rayons du soleil, des sensations comme le froid, la chaleur. Je ne me souviens pas du goût des aliments. J'ai renié tout ça. Sans jamais me retourner, ni regretter. Alors, vous, qui vous gargariser de votre cœur qui bat et de vos veines qui palpitent, pourquoi mettre votre vie en danger. L'adrénaline ? Le gout du risque ? Soignez vous, commencez à avoir peur, et laissez les autres tranquille.
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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Mar 24 Sep - 23:31




« On rejette toujours la faute sur le messager. ».




Dîtes moi donc quelle organisation à but tout à fait lucratif vous venez représentez. Vous ne pensez quand même pas que je vais vous laisser sortir tranquillement alors que vous venez réclamer de l'argent.

Je la regardai tirer sur sa cigarette, et un fin rictus s’étira sur mes lèvres. En effet, je ne le pensais pas. Je trouvais même ridicule le fait de m’avoir demandé de venir alors que de toute évidence la réponse allait être négative, mais parce que j’avais été conditionné pour obéir – dans certaines mesures – et parce que je faisais par moment preuve d’une insolence – une nouvelle facette de ma personnalité qui s’éveillait alors que je devenais de moins en moins insensible ? – qui m’étonnait toujours. La vampire fit une pause et m’observa. Un soupir. Je ne bougeai pas d’un pouce, toujours assis tranquillement au fond du fauteuil, considérant ma main qui saignait et qui me faisait mal. Non, elle ne faisait pas mal : c’était au-delà de ça. Ma main devenait peu à peu insensible. Finalement, j’entamai un mouvement pour me lever lorsqu’elle m’arrêta d’un mot.

Restez assis. Vous vous êtes donné du mal pour rentrer, vous n'allez pas nous quitter tout de suite. Dîtes moi, vous saviez pertinemment à qui vous alliez avoir affaire, et vous vous dîtes plus ou moins loyal pourquoi prendre le risque de venir ? N'avez-vous, donc, rien à perdre ?

J’arquai un sourcil. Lentement, je me rassis au fond du fauteuil, pressant ma main blessée contre la valide dans le but d’endiguer le saignement. Je pris le temps de réfléchir à la question posée par la jeune –vieille plutôt – femme. Aux questions d’ailleurs, vu qu’après sa première intervention j’étais resté de marbre, calfeutré dans un silence réfléchi. J’inspirai posément, avant d’expirer de la même manière.

« Je reste assis alors. Et vous savez, il n’a pas été si difficile d’entrer. J’aurai pu faire mieux, casser la vitre était une facilité que j’ai prise et il est vrai que c’est un peu décevant de ma part. »

J’observai un instant les débris de verre, et je sentis le fin courant d’air que l’ouverture inopinée de la fenêtre avait provoqué. Il fallait que j’apprenne à être plus discret à l’avenir dans mes fins d’infiltration. Pourquoi avais-je brisé la vitre à la base ? Parce que je ne savais pas comment m’y prendre pour ouvrir la fenêtre, et aussi pour l’avertir de ma venue. Mais les deux étaient une erreur, et il fallait que je remédie à mon ignorance des techniques de vol. Relâchant ma main, je m’appuyai sur le dossier, posant mon menton dans la paume de ma main valide.

« Mon organisation à but tant lucratif que je représente n’apprécierait pas que je nomme son nom. Appelons donc là « Mafia Russe », ça vous renseignera sur ses activités principales, et sur son opiniâtreté. Si effectivement je n’avais rien à perdre, je vous conseillerais de me tuer pour leur faire comprendre que ce n’est pas une demande acceptable qu’ils vous ont faite, et appuyez le coup d’une menace simple et claire. Malheureusement, ma vie est en jeu j’en ai bien l’impression, ou du moins ma santé, et étrangement j’y tiens. Ce doit être la seule chose que je possède et qui vous fait défaut, c’est donc quelque chose de relativement précieux. »

Je m’interrompis, détachant mon menton de ma main, avec de me repositionner dans le fauteuil. Si je bougeai temps, c’était tout simplement que je n’avais pas, ou plus, l’habitude de rester immobile, et assis. Je préférai pour l’attention la faction allongée, sur un toit ou un perchoir aménagé. Le fauteuil ne me convenait pas, être assis encore moins, tout simplement. Je m’humectai les lèvres, tendis les jambes – quitte à rester assis comme elle me l’avait ordonné, autant s’installer – et croisai les bras avant de reprendre.

« En effet, je savais que vous refuseriez. Si je suis venu, et bien… c’est qu’il y a certaines choses que l’on ne peut pas obtenir en fuyant et en se défilant à chaque fois. Disons que… vous ne pouvez guère comprendre, vu votre appartenance à une espèce qui n’est que de très loin parente avec la mienne., je rajoutai après une infime pause. J’imagine que vous n’avez rien à boire qui ne soit pas du sang… »

Non, contrairement à ce que l'on pouvait croire, il n'y avait ni insolence, ni moquerie dans le ton de ma voix. Juste une question, une supposition et peut être une légère déception.


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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Mer 25 Sep - 22:56

Un rictus s'étira sur son visage. Mon visage, quant à lui se pencha légèrement. Qu'avait il donc en tête, cet humain ? Il se ressaya, comme je le lui avais ordonné. Brave bête, au moins, il était obéissant, une qualité bien rare chez les humains de nos jours. Il disait alors qu'il n'avait pas été difficile de rentrer. Je voulais bien le croire. Le Laurentia était dans une ancienne bâtisse, un vieil hôtel particulier, que je n'avais pas voulu dénaturer, tant l'architecture me rappelait l'ancien bordel que j'avais ouvert il y a de cela plus de quatre vingt ans. Y mettre des doubles vitrages ? Aucun intérêt, j'étais l'alarme et la sécurité à moi seule. Sa tête se tourna vers les débris de verre. Je n'étais pas franchement ravie de cela d'ailleurs. Une main, pour une vitre. Je crois que le deal était bon.

Mafia Russe. Je me redressais légèrement. La Russie ? En Ecosse, je me mettais à rire légèrement. Le symbole des mafias n'était pas la pieuvre pour rien. Ces organisations cherchaient à se loger dans n'importe quelle roche, n'importe quelle grotte, un parasite, un parasite intelligent. Mais pour le coup, ceci me faisait bien rire. La Russie n'tait donc pas assez vaste ? Il fallait que la Mafia s'installe en Ecosse ? Ridicule, véritablement ridicule. A croire que les affaires ne marchaient pas très bien dans le pays de la vodka. Si effectivement je n’avais rien à perdre, je vous conseillerais de me tuer. Allons, allons, ne soyez pas aussi tentant. Vous savez bien que les vampires, surtout de mon type ne se le font pas répéter deux fois. Si j'aimais la musique, la peinture et l'Art, vous pensez bien que j'adorais tuer. Que cela me donnait du plaisir, véritablement. Je penchais la tête vers l'arrière, cette simple idée déjà me mettait l'eau à la bouche. Je tirais sur ma cigarette, en appréciant l'âcre saveur, avant d'en expirer la fumée. Malheureusement, ma vie est en jeu j’en ai bien l’impression, ou du moins ma santé, et étrangement j’y tiens. Ce doit être la seule chose que je possède et qui vous fait défaut, c’est donc quelque chose de relativement précieux. Défaut ? En quoi ? Parce que mon cœur ne bat pas et que je n'ai pas cette manie de tomber malade au moindre coup de vent ? Ce n'était pas un défaut en soi. Mais soit, laissons parler l'humain, après tout, il piquait ma curiosité, ce qui était déjà un exploit. Les humains ne me rendaient pas curieuse, car il était prévisible, effroyablement banal, et piégé dans leur implacable routine. Les humains étaient de la nourriture, rien de plus. Il s'installa, croisant les bras pour reprendre. Disons que… vous ne pouvez guère comprendre, vu votre appartenance à une espèce qui n’est que de très loin parente avec la mienne.  

Je ne peux pas comprendre ? En effet, je ne cherchais pas à comprendre. Parce que les humains se donnaient un genre complexe, alors qu'ils étaient tous les même. Mais vous vous méprenez monsieur, nous sommes bien plus proches que vous ne voulez l'admettre, je ne suis qu'une version morte de l'humain. Ma non-vie dépend de ce liquide que vous gardez précieusement dans vos veines. Vous vous trompez nous ne sommes pas éloignés, car j'ai été humaine, tout vampire l'a été à un moment, sauf peut être le premier, mai s ça c'est une autre histoire. Je me mettais à rire. Nous sommes de lointains cousins, mais l'humain, le loup et le vampire ont tous la même racine : l'humanité. Nous sommes même plus proche de l'humain que ces foutus loup-garous. J'ai eu un cœur qui bat, la veine palpitante et cette incroyable faiblesse physique. J'ai été comme vous monsieur, et c'est la toute la subtilité de la chose. Je suis une version... améliorée de mon point de vue. Rien de plus, rien de moins.

Très loin vous dîtes ? Vous vous méprenez. Pour mon cas peut être oui.  Mais j'ai été comme vous à une période, bien humaine, avec ce cœur qui palpite, cette veine jugulaire qui crépite. Votre misérable fragilité physique et psychologiques n'est ni enviable, ni ne me fait défaut. Je pourrais vous briser sans même vous ayez le temps de sortir l'arme que vous avez avec vous. Je suppose que vous en avez une, ou alors vous êtes stupide pour un mafieux commençais-je. Parente, c'est exactement le mot. Nous ne sommes rien d'autre que des versions de vous mortes, et nous dépendons de vos vies pour continuer à marcher, tête haute, face à la mort. Vous savez ce qu'est un vampire n'est ce pas ? Un défi à la mort, la terrible erreur de la Nature. Et pourtant, chaque jour des humains comme vous, brisent des vitres, curieux de voir les crocs que j'ai entre les lèvres ou de venir réclamer un du qui n'est pas le leur.  

Je le regardais, rictus aux lèvres. Il demandait s'il y avait autre chose à boire que du sang. Je le regardais. Le Laurentia était fréquenté par des humains, il y a toujours quelques choses pour vous soûlez tous et vous faire poser l'argent sur la table. Je le regardais, haussant les épaules. Je me levais, décroisant les jambes, écrasant ma cigarette dans le cendrier de la table basse. Je contournais le fauteuil où il était assis, sentant l'odeur de son sang, fermant les yeux quelques instants. Il fallait soigner cela, ou sinon, j'allais terminer de vous saigner.

Nous sommes dans un bordel, ici, l'alcool est presque obligatoire.  Comment croyez vous que les filles emmènent les puceaux dans leurs chambres ?  

Je sortais un verre. Je vous servirais bien de la vodka. Mais cet alcool a définitivement peu de noblesse. Je déteste cet alcool. Petite eau. c'était exactement ça. Petite, aucune intérêt. Je sortais ensuite une bouteille de scotch, très vieux, pas aussi vieux que moi vous pensez bien. Mais assez vieux pour être particulièrement apprécié.

Avant de vous servir, vous allez bien me donner votre prénom. Votre nom de famille ne m'intéresse pas vraiment.

Je lui tendis le verre. J'étais définitivement le vampire le plus poli, et le mieux élevé d'Ecosse. Vous devez quand même l'avouer. Je ne vous traite pas en égal, monsieur, non. Ne vous méprenez pas. Mais si nous devons continuer cette conversation, autant que vous soyez agréable. Sinon, je vous tue. Oui. Aussi simplement. Un problème ?
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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Lun 30 Sep - 9:31




« On rejette toujours la faute sur le messager. ».


Mafia Russe. Ce mot l’avait fait se redresser, et j’arquai un petit sourcil tout en continuant ma phrase. Je réfléchissais déjà à ce qu’elle pouvait bien avoir avec la mafia, si elle en faisait partie, si elle se moquait tout simplement de l’organisation ou si elle en avait peur. Son petit rire raya de ma liste la dernière possibilité et je me concentrai davantage sur ce que je disais. Il était difficile de lire tout ce qu’il se passait sur son visage. Non parce qu’elle était aussi impassible que moi, mais parce que je ne savais toujours pas décrypter les émotions qu’elles soient humaines ou non. Visiblement, toutefois, elle avait tiqué à ma remarque sur la compréhension inter-espèce. Lorsque je repris mon souffle, elle s’immisça dans mon petit silence pour rétorquer.

Très loin vous dîtes ? Vous vous méprenez. Pour mon cas peut être oui.  Mais j'ai été comme vous à une période, bien humaine, avec ce cœur qui palpite, cette veine jugulaire qui crépite. Votre misérable fragilité physique et psychologiques n'est ni enviable, ni ne me fait défaut. Je pourrais vous briser sans même vous ayez le temps de sortir l'arme que vous avez avec vous. Je suppose que vous en avez une, ou alors vous êtes stupide pour un mafieux. Parente, c'est exactement le mot. Nous ne sommes rien d'autre que des versions de vous mortes, et nous dépendons de vos vies pour continuer à marcher, tête haute, face à la mort. Vous savez ce qu'est un vampire n'est ce pas ? Un défi à la mort, la terrible erreur de la Nature. Et pourtant, chaque jour des humains comme vous, brisent des vitres, curieux de voir les crocs que j'ai entre les lèvres ou de venir réclamer un du qui n'est pas le leur.  

Je ne répondis pas tout de suite à sa remarque, me contentant de demander si elle avait quelque chose à boire. Son haussement d’épaule, alors qu’elle se levait, me surprit, avant que je ne me souvienne de l’utilité du bâtiment. Une maison close – une petite voix me murmura que je devais me sentir chez moi, non ? – et donc, il y avait forcément de l’alcool quelque part. Sa réponse confirma ce que je venais de déduire de ses mouvements.

Nous sommes dans un bordel, ici, l'alcool est presque obligatoire.  Comment croyez vous que les filles emmènent les puceaux dans leurs chambres ?  Avant de vous servir, vous allez bien me donner votre prénom. Votre nom de famille ne m'intéresse pas vraiment.

Elle me tendit un verre, et je pris ça comme une proposition de non violence, et mon accent russe chanta davantage lorsque je répondis, dans un petit sourire : « On m’appelle Alexei. ». Décroisant les bras, je pris le verre de ma main valide et en considéra le contenu ambré. Me souvenant de la politesse de base, une vampire aussi polie ne devait pas être patiente sur ce genre de chose, je rajoutai posément, aucunement intéressé par mes propres mots. « Merci. » De l’alcool bien sûr. Il était bien regrettable que ce fusse un alcool goûteux, j’aurai aimé user d’un peu de vodka pour cautériser la plaie de ma main, mais j’avais le pressentiment que si je versais une part du verre sur ma main, la vampire allait mal le prendre. Je repensais à ses propos, avant que je ne demande de quoi me désaltérer. Qu’avait-elle dit ? Que j’étais stupide si j’étais venu sans arme ? Et bien… je ne l’étais pas. Les deux flingues passés dans un holster, le couteau en argent facilement accessible, j’avais une capacité de réaction bien plus importante que ce qu’elle ne pouvait imaginer, même si elle restait en deçà de la sienne. Je ne pouvais pas rivaliser avec une vampire – surtout une vampire aussi âgée – et je n’en avais pas l’intention : il me suffisait personnellement d’être le meilleur dans ma catégorie. Briguer une place dans la catégorie supérieure était quelque chose de profondément stupide, et encore une fois je ne l’étais pas le moins du monde. Vous savez ce qu'est un vampire n'est ce pas ? Un défi à la mort, la terrible erreur de la Nature.

« Vous dites que vous êtes un défi à la mort, une erreur de la Nature ? Je vous voyais simplement comme des cadavres qui refusaient de s’immobiliser définitivement. Des morts plus coriaces, qui ont changé les règles du jeu. Si vous avez été humaine, c’était, ma foi, il y a de cela bien longtemps, et je doute que vous puissiez vous souvenir avec exactitude des caractéristiques de votre humanité. Non pas que ce ne soit un tort, c’est juste dommage pour vous. »

Je pris une gorgée d’alcool avant de continuer posément.

« Vous m’intriguez., Constance. Pourquoi converser avec moi aussi naturellement ? Vous vous ennuyez, je vous apporte une certaine distraction ? Ou discutez vous ainsi avec  tous les humains comme moi, qui brisent des vitres, curieux de voir les crocs que vous avez entre vos lèvres et qui viennent réclamer au nom d’une organisation tentaculaire un revenu donc elle n’aura que faire ? «

Comme un peu plus tôt, je fis une courte pause pour bien séparer mes deux propos, avant de demander avec une voix dont l’humilité était proportionnelle à l’inexpressivité.

« Je vais finir par paraître exigeant, mais si vous voulez que nous discutions posément, il serait intéressant de cautériser ou de bander la plaie que j’arbore sur ma main, avant que je ne finisse de me vider de mon sang. J’imagine que vous n’allez pas lécher votre canapé, que moi, je ne vais pas y survivre : aucun de nous deux ne serait gagnant. Après, bien sûr, je peux toujours user d’alcool, mais ce serait malheureux de gâcher du scotch pour ça… »

Malheureux, heureux, je ne connaissais ces termes que par leur signifiant phonique. Leur signifié m’échappait et je n’allais pas lui courir après surtout actuellement ; c’eut été ridicule. Certes, en parlant de me vider de mon sang, j'exagérai très légèrement, mais l'idée y était. J'étais un humain, avec les forces et les faiblesses de mon espèce. Associer alcool et perte de sang n'était pas une bonne idée, et je savais aussi que si j'étais résistant à la douleur, un peu trop de sang en moins allait me faire vite avoir des vertiges. Et la plaie ne donnait pas mine d'avoir envie de cicatriser, puisque du sang en suintait toujours allègrement. Certes, il eut été plus malin de ma part de cesser de la bouger, mais mes mains m'étaient relativement indispensables.

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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Lun 7 Oct - 19:16

Alexei. Très russe, avec l'accent qui allait avec. Je ne faisais pas de suppositions quant à la véracité de son prénom, il était assez crédible pour être vrai, ou proche de la vérité. Il prit le verre de son unique main valide. Je regardais l'autre, qui semblait tout de même très mal en point. Je restais pourtant insensible à sa douleur, car je doutais que c'était une partie de plaisir pour mon invité du soir.
« Vous dites que vous êtes un défi à la mort, une erreur de la Nature ? Je vous voyais simplement comme des cadavres qui refusaient de s’immobiliser définitivement. Des morts plus coriaces, qui ont changé les règles du jeu. Si vous avez été humaine, c’était, ma foi, il y a de cela bien longtemps, et je doute que vous puissiez vous souvenir avec exactitude des caractéristiques de votre humanité. Non pas que ce ne soit un tort, c’est juste dommage pour vous. Des cadavres qui refusaient de s'immobiliser ? C'était profondément nous sous-estimer. Car nous étions tout de même bien plus complexe que cela, beaucoup plus beau qu'un cadavre qui se décompose dans une boîte en bois. Changer les règles du jeu, j'avoue ne pas bien saisir ce concept, quelle règle ? La règle comme quoi l'humain était en haut de la chaine alimentaire ? Il ne l'a jamais été, il n'est au courant de cela que depuis que de temps, ce n'est pas vraiment un changement c'est... Une mise au point. Si j'avais été humaine ? Je vous assure Monsieur, que je l'ai été, pas besoin de mettre du conditionnel dans votre discours, nous l'avons été à un moment. Il était vrai que je ne me souvenais pas de la chaleur des rayons du soleil sur ma peau, je ne me souviens pas du goûts des aliments, il y a même certaines saveurs que je ne connais pas, je ne me souviens pas des jours d'été à Paris, mais je me souviens, oui, je me souviens de la tristesse, de l'impuissance, de la fragilité, de l'injustice, des blessures. Je me souviens de la souffrance d'être impuissante, l'injustice d'être une frêle créature féminine, je me souviens de l'insolence, de la détermination. Nous sommes des races parentes. J'ai juste choisi de vivre plus longtemps, d'échanger ce grand cadeau qu'on appelle l'humanité pour me venger de l'injustice du monde, pour me venger tout court. Ce n'est pas dommage, parce que je ne regrette pas d'avoir oublié ces choses futiles, qu'est ce que la chaleur du soleil, quand on peut regarder le monde grandir et évoluer.

Je l'intriguais. je haussais un sourcil, et je me mettais à rire. Je l'intriguais ? Voilà qui était nouveau, les gens m'intriguaient, l'Homme m'intrigue, mais je ne suis que très rarement l'objet de l'intrigue d'une personne et surtout d'un humain. Je me penchais, récupérant mon paquet de cigarettes en allumant une.

Je vous intrigue ? commentais-je en expirant la fumée. Pourquoi ? Pourquoi converser avec moi aussi naturellement ? Vous vous ennuyez, je vous apporte une certaine distraction ? Ou discutez vous ainsi avec tous les humains comme moi, qui brisent des vitres, curieux de voir les crocs que vous avez entre vos lèvres et qui viennent réclamer au nom d’une organisation tentaculaire un revenu donc elle n’aura que faire ? L'ennui peut être, il est vrai que je n'ai pas pour habitude de laisser un humain converser avec moi aussi naturellement. Mais n'était il pas plus préférable que cela soit comme ça et non que je me soumette à ma terrible envie de lui arracher le bras et de lui voler cette subtance rougeâtre qui coulait dans ses veines et sur mon fauteuil, d'ailleurs ce n'était pas pour me plaisir. Il exprima par la suite le fait que si je voulais continuer à converser avec lui, il était certainement préférable qu'il puisse se soigner. Je haussais un sourcil. Devais-je encore me lever ? Aller chercher une des filles pour qu'elle apporte ce qu'il fallait. Je haussais les épaules. J'étais en plein dilemme, parce que me lever pour le soulager de sa misère n'était vraiment pas quelque chose que j'avais envie de faire, mais d'un autre côté, je trouvais cette conversation... intéressante, ce qui était un chose rare en ce moment, et j'avais toujours adoré les Conversations. En ces temps où tout le monde ne jure que par son téléphone et son ordinateur, on oublie bien souvent que la valeur des gens se jugent aussi par leur manière de parler, de communiquer et aussi, incroyable que cela puisse paraître, j'appréciais la manière dont pouvait parler cet humain. Je tirais sur ma cigarette, restant dans ma réflexion. Je pris mon téléphone sur la table, envoyant un message. Voilà, c'était à ça que me servait mon téléphone, envoyer des ordres.

Il est vrai que je ne me souviens pas de vos... petits privilèges d'humains, le soleil, et tout ce qui peut l'accompagner. Mais je n'en fais pas des regrets, car j'ai échangé ces futilités contre quelques choses de beaucoup plus grandiose, de plus admirable qu'un lever de soleil. Ça n'a rien de regrettable. Dommage, vous me plaignez ? Vous ne devriez pas, et pas seulement parce que je suis vampire stéréotypé d'un susceptibilité insupportable, non parce le monde a bien plus à offrir qu'un misérable couché de soleil, ou la sensation d'un coup de soleil. Je tirais sur ma cigarette, on toqua à la porte, et une des filles entra avec de quoi soigner mon invité. Je lui fis signe d'un mouvement de tête de le poser sur la table basse. Elle s'exécuta, me souriait poliment et quitta la pièce me souhaitant une bonne soirée.

Je ne discute pas avec les Humains. Vous avez cette tendance à penser que votre Humanité est la plus belle chose au monde. Alors que vous êtes la seule race à vous exterminer entre vous. Elle est belle votre Humanité sous le soleil. J'eus un sourire en coin. Je vous intrigue ? Pour quelles raisons ? Parce que je ne vous ai pas sauté dessus pour vous videz de votre sang ? Je peux si vous préférez.

Il piquait ma curiosité, ce qui était déjà... très étrange.
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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Sam 12 Oct - 15:43




« On rejette toujours la faute sur le messager. ».


Je vous intrigue ?

Tiens donc ? Voilà que je l’étonnais par ma simple remarque ? Alors que je lui expliquais posément le pourquoi de cette déclaration – sous forme de question – je l’observai avec l’attention d’un militaire formé pour évaluer d’un regard toute personne face à lui. Oh, lorsque je parlais d’évaluer, il n’y avait rien de psychologique dans mon analyse, seulement, je mettais des probabilités, des chiffres sur les risques que je pouvais prendre à me confronter à la personne face à moi. Je cherchais des points de comparaison entre elle et le seul vampire que j’avais suffisamment côtoyé pour avoir une bonne idée de sa psychologie justement : Julien. A dire vrai, je ne les cherchais pas vraiment, je me contentais de les lister puisqu’ils étaient pour la plupart évident. A la différence de ma première rencontre ave le maître vampire, il y avait de cela sept ans, en revanche, j’avais bien plus conscience qu’à parler avec ma franchise habituelle je jouais avec le feu et la mort. Ma vie ne tenait qu’au fil de la susceptibilité d’un être si narcissique qu’aucun humain ne pouvait se targuer de l’être même à moitié autant. Et pourtant, il fallait se le dire : l’humanité n’était pas mal dans la catégorie nombriliste. Elle sembla aussi tiquer à ma demande de soin, que j’estimais assez légitime pourtant. Après tout, il n’était pas dans mes prévisions de mourir épingler à un fauteuil après avoir perdu tout mon sang bêtement. Je préférais être vidé de mon sang par un vampire ou éventrer. Question de…principe ? Non, juste que c’était plus propre. Et utile. Je l’observai tirer sur sa cigarette, attendant patiemment qu’elle eut fini de réfléchir. Au moins, elle ne m’avait pas encore sauté à la gorge, ce qui voulait dire que soit elle avait un seuil de tolérance impressionnant, soit elle avait compris qu’il n’y avait pas ou peu de subjectivité dans mes propos. Elle sembla prendre une décision en saisissant un téléphone et appuyant à une vitesse impressionnante sur les touches. Je me détendis légèrement sur le fauteuil.

Il est vrai que je ne me souviens pas de vos... petits privilèges d'humains, le soleil, et tout ce qui peut l'accompagner. Mais je n'en fais pas des regrets, car j'ai échangé ces futilités contre quelques choses de beaucoup plus grandiose, de plus admirable qu'un lever de soleil. Ça n'a rien de regrettable. Dommage, vous me plaignez ? Vous ne devriez pas, et pas seulement parce que je suis vampire stéréotypé d'une susceptibilité insupportable, non parce le monde a bien plus à offrir qu'un misérable couché de soleil, ou la sensation d'un coup de soleil.

Elle s’interrompit lorsque des coups à la porte indiquèrent l’arrivée de celle qu’elle avait appelée – car c’était une fille bien évidemment – qui déposa sur la table de quoi me soigner. Je restais silencieux, n’ayant rien à dire et aucun intérêt à m’exprimer en présence d’une tierce personne. Après tout, je n’avais strictement rien à faire ici et je ne devais pas l’oublier un seul instant.

Je ne discute pas avec les Humains. Vous avez cette tendance à penser que votre Humanité est la plus belle chose au monde. Alors que vous êtes la seule race à vous exterminer entre vous. Elle est belle votre Humanité sous le soleil. Je vous intrigue ? Pour quelles raisons ? Parce que je ne vous ai pas sauté dessus pour vous videz de votre sang ? Je peux si vous préférez.

J’esquissai un petit sourire. Oui, elle m’intriguait, et visiblement ce sentiment était réciproque. Soit le fait qu’elle m’intriguât l’intriguait à son tour, soit je l’intriguais tout simplement au même titre que elle, était une énigme pour moi. Je ne me targuais pas de comprendre totalement les vampires – il fallait déjà que j’apprenne à comprendre mes pairs avant de me lancer dans une entreprise d’une telle envergure – mais j’avais l’impression de commencer à pouvoir plus ou moins prédire la réaction des nocturnes. Elle se disait susceptible, mais elle ne m’avait en effet pas encore sauté dessus pour me vider de mon sang. Elle se moquait de mon humanité, mais elle prenait tout de même la peine de discuter avec moi, et de se remémorer –ou du moins de tenter de se remémorer- ce qu’elle ressentait lorsque son cœur battait encore au rythme de la vie. Ce simple fait montrait, à mes yeux, que, comme Julien sept ans plus tôt, elle était curieuse, et elle aimait parler. A croire que les vampires étaient toujours décalés dans le temps. Les humains se projetaient dans l’avenir, sans cesse, à inventer et imaginer toujours plus la technologie de demain. Les vampires, eux, vivaient dans le passé sans jamais réussir à dépasser le simple présent. Etait-ce parce qu’ils étaient morts que leur cerveau ne leur permettait plus de concevoir le futur et ne se repaissait que du présent ? Possible. J’hésitai à en faire par à la vampire, mais je préférai me lever pour récupérer le matériel de soin. Le passage de assis à debout me fit flancher et je titubai légèrement. Mes doigts agirent d’eux même pour verser un peu de désinfectant sur la plaie au creux de ma paume, mais je m’aperçus que du sang suintait de la plaie et goûtait sur la table. J’avisai mon verre d’alcool, que j’avais fini un peu plus tôt, et posai ma main au dessus histoire de ne pas tout salir. Le temps que je bande maladroitement ma main, il y avait bien un ou deux centimètres dans le verre. J’haussai les épaules, et m’adossait à la table, n’ayant pas spécialement l’intention de me rasseoir dans le fauteuil. J’avais saisi l’occasion de me lever, je ne comptais pas la lâcher maintenant. Posant ma main bandée sur la table, je fis glisser le verre que j’avais utilisé et qui était teinté de sang à présent vers le vampire.

« J’ai estimé qu’il valait mieux éviter qu’il se perde comme celui là, dis-je en désignant le fauteuil tâché. Nous sommes la seule race à nous exterminer entre nous ? Excusez moi si je me trompe, mais il me semble que c’est un trait commun entre toutes les espèces qui se targuent d’être intelligente que de s’entretuer pour des raisons aussi futiles que l’ambition, le pouvoir et la jalousie. Ca m'étonnerait qu'aucun vampire n'ait jamais été tué par un autre nocturne... Il y a sept ans, l'un de vous m'a ordonné directement d'éliminer certains des vôtres, d'ailleurs... Ambition, Jalousie, Pouvoir, Passion... voilà les moteurs des groupes. »

Je fis une petite pause, et mon sourire léger fleurit à nouveau sur mes lèvres.

« Sur ce point, je dois dire que je fais honneur à la définition que je viens de donner, même si ma seule préoccupation est pour le moins vénale, je n'en suis pas moins prêt à tuer pour évoluer. Mais ce n’est pas la question. »

Ca ne l’était pas du tout, en effet. Elle m’avait demandé pourquoi elle m’intriguait. Je pris une seconde pour observer la pièce qui nous entourait, avant de reposer mon regard dénué d’expression sur la vampire.

« Vous m’intriguez parce que vous ne m’avez pas encore tué, pas encore menacé outre mesure alors que je ne suis rien d’autre pour vous qu’un gêneur comestible. Ma précédente discussion avec l’un des vôtres avait abouti à un petit… arrangement. A sens plus ou moins unique. Aussi, ne vous y trompez pas, je ne me plains pas de cette différence d’approche. Ce serait stupide de ma part. Mais… »

J’haussai une nouvelle fois les épaules, d’un mouvement nonchalant. Si ce n’était pas très poli, voilà qui était bien dommage : j’avais ce tic étrange pour montrer le peu d’incidence que pouvaient avoir mes souhaits sur ce qu’il se passait effectivement.

« Mais s’il vous prend l’idée saugrenue de vous servir sur moi, je doute pouvoir vous retenir d’une quelconque manière. Ce doit être pour cela que les humains ne peuvent se retenir de vanter leur humanité, parce qu’ils savent qu’elle est leur principale faiblesse. Que voulez vous, nous ne sommes qu’humain… »

Mon sourire était un peu plus marqué à présent. En soi, qu’un vampire boive de mon sang ne me posait pas vraiment de souci dans le sens que je pouvais relativement vite le régénérer, avec quelques nuits de sommeil. Une tête, ou même un bras, arraché ne se régénérait pas aussi facilement… Même une main abîmée, d’ailleurs.

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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Ven 18 Oct - 21:02

Cet échange m'intéressait. La conversation était stimulante. Une chose rare de nos jours, tant les gens ne prennent plus le temps de se parler, mais préfère se parler via des écrans. Je ne suis pas vieux jeu, je ne suis pas un vampire qui écrit encore des lettres, même si j'apprécie le faire et encore plus en recevoir. Il s'affaira pour soigner sa plaie. Je restais stoïque et non pas neutre. Il m'intriguait, mais je l'intriguais aussi. Les vampires avaient toujours été le sujet des curiosités, des morts qui marchaient et avait pour nourriture le sang humain. Les vampires au fil des années avait été le sujet de nombres de livres, d'articles de films. Mais peu, très peu, sont ceux qui s'approchent de notre véritable nature. Plus complexe qu'un monstre assoiffé de sang, ce que l'humain oublie chez le vampires c'est que nous sommes soumis aux même sentiments que vous, nous avons simplement une manière plus excessive de les gérer. Et pour ma part, mes réactions pouvaient se montrer, particulièrement excessive. Il se leva, et moi, je recroisais les jambes.  Il glissa un verre où deux gouttes se battait en duel, trop aimable, mais je ne vous ai rien demandé. Il estimait qu'il valait mieux ne pas gâcher.

Trop aimable. Mais pensez vous vraiment que trois gouttes de votre sang  vont me rassasier. Votre connaissance des vampires étaient si... superficielles ?répondis-je avant qu'il ne reprenne la parole. Il retourna mon argument estimant que les humains n'étaient pas la seule race à s'exterminer. Les vampires aussi. J'eus un sourire presque carnassier. Il avait parfaitement raison, à un seul point. Les vampires et les humains ne répondent pas au même règles, mais surtout, les vampires n'ont jamais été... Et ne seront jamais une race pacifique, romantique et souriante. Je suis polie, et agréable parce que je le veux, mais je peux sans aucun problème me lever et lui vriller le coup par simple coup de tête. Les humains sont la seule race à s'exterminer entre eux, avec leur hypocrite humanité. Les vampires n'ont jamais caché leur tendances, nous ne sommes pas des Saints. Mais les humains cachent leur travers et leurs vices derrières des masques de vertus et d'humanité. L'Humanité est une vaste blague. Mais... Les vampires ne se targue pas d'humanité, de bonté et de toutes ces fabuleuses qualités que font votre humanité.  commençais-je en ironisant. Nous ne sommes pas humains. Nous ne répondons pas aux mêmes règles, nous ne nous cachons pas derrière une nature censé bonne.

Il reprit, et j'éteignais ma cigarette. Ses préoccupations étaient purement vénale. Cette précision me fit sourire. Et je gardais cette information dans un coin de ma tête. Je m'accoudais, posant mon menton sur le dos de ma main, écoutant ce qu'il avait encore à dire. Vous m’intriguez parce que vous ne m’avez pas encore tué, pas encore menacé outre mesure alors que je ne suis rien d’autre pour vous qu’un gêneur comestible. Cette remarque me fit beaucoup rire. Il avait en partie raison. Mais il était passé de gêneur à interlocuteur. Ce qui était une sacré promotion vous ne pensez pas ? En tout cas, pour moi ça l'était. Cette conversation battait tous les records. Je n'avais jamais eu de conversation aussi longue avec un humain. Mais surtout je n'avais jamais eu de conversation aussi longue avec un humain sans avoir l'intention de le vider entièrement de son sang. Et ça monsieur, je crois que c'est une prouesse. L'idée saugrenue ? Ce n'était pas saugrenue; Au contraire, ce serait la chose la plus naturelle que je pouvais faire. Assouvir un instinct primaire. La faim.

Ne vous sous-estimez pas. Je vous considère comme un ... interlocuteur... comestible si vous voulez. Le fait de boire votre sang jusqu'à la dernière goutte n'est saugrenue que pour vous. Il n'est pas saugrenue que vous mangiez une steak quand vous avez faim. Et bien, ce n'est pas saugrenue que je veuilles assouvir ma faim. C'est un instinct plus que basique. Ne prenez pas mon manque d'offensive comme une preuve de faiblesse. J'estime simplement que votre conversation est plus intéressante que votre sang.  Et prenez cela comme un compliment. commençais-je avec un fin sourire. Un arrangement vous dîtes ? Comment peux t-on faire confiance à quelqu'un qui vend sa loyauté ? Dès que l'on se montre plus offrant, votre fusil change d'épaule. C'est intelligent, autant que cela est dangereux. N'avez vous donc rien à perdre ?
 
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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Mer 23 Oct - 11:43




« On rejette toujours la faute sur le messager. ».




En quelques mouvements, je m’étais soigné la main, ou du moins je me l’avais bandé sommairement, et pour éviter un gâchis, avais récupéré mon sang dans un verre que je tendis à la vampire qui me faisait face. Sa remarque, associée à un léger sarcasme – c’était ainsi que je l’interprétai sans me vexer outre mesure – ne me toucha pas particulièrement, et je revenais sur ses propos précédant concernant la capacité assez exceptionnelle, selon elle, des humains à s’exterminent mutuellement. Son sourire, carnassier, éveilla un sourire sur mes lèvres, sans que je ne sache vraiment ce qu’ils signifiaient l’un et l’autre. Sa réponse me fit arquer un sourcil, et réfléchir. Aussi. Mais... Les vampires ne se targue pas d'humanité, de bonté et de toutes ces fabuleuses qualités que font votre humanité.  Nous ne sommes pas humains. Nous ne répondons pas aux mêmes règles, nous ne nous cachons pas derrière une nature censée bonne. Intéressant comme hypothèse. Les idées qu’elle émettait étaient intéressante et méritaient une réflexion poussée que je repoussais légèrement en poursuivant sur mes préoccupations, tout à fait vénale, et mes explications quant au fait qu’elle m’intriguait. Et m’intriguait toujours davantage. Parce qu’elle n’avait pas encore tenté de me mettre sous son emprise, par le marchandage, la violence, l’hypnose… Elle n’avait strictement rien tenté qui ne dépassât la simple légitime défense. Son explication me fit sourire davantage, sans que je ne semble prendre ses mots au sérieux : on contraire, je lui faisais pleinement confiance pour me dire la vérité, puisqu’elle n’avait aucun intérêt à me mentir.

Ne vous sous-estimez pas. Je vous considère comme un ... interlocuteur... comestible si vous voulez. Le fait de boire votre sang jusqu'à la dernière goutte n'est saugrenue que pour vous. Il n'est pas saugrenue que vous mangiez un steak quand vous avez faim. Et bien, ce n'est pas saugrenue que je veuilles assouvir ma faim. C'est un instinct plus que basique. Ne prenez pas mon manque d'offensive comme une preuve de faiblesse. J'estime simplement que votre conversation est plus intéressante que votre sang.  Et prenez cela comme un compliment. « Et bien je le prends comme tel dans ce cas », intervins-je avec un léger mouvement de tête pour accompagner mon acquiescement oral. Un arrangement vous dîtes ? Comment peut-on faire confiance à quelqu'un qui vend sa loyauté ? Dès que l'on se montre plus offrant, votre fusil change d'épaule. C'est intelligent, autant que cela est dangereux. N'avez-vous donc rien à perdre ?

N’avez-vous donc rien à perdre ? Sa question revenait. Cette question, plus généralement, revenait bien souvent. Je n’avais pas grand-chose à perdre, que je n’avais déjà perdu. Certes, je restais plus ou moins fidèle à la Mafia pour la simple raison qu’elle tenait en otage en Russie ma sœur et mes neveux et nièce. Certes, la vie de Valentina m’importait presque plus que la mienne – et encore, le presque n’avait pas sa place ici. Certes… certes il y avait Sasha, il y avait Vlad, il y avait toute une foule de personnes avec qui j’avais sympathisées. Et une foule de personnes qui avaient une certaine valeur affective à mes yeux. Donc oui, j’avais beaucoup à perdre. Mais à mes yeux aussi, je les avais déjà perdus à partir du moment où des personnes les avaient utilisées contre moi. Sans la moindre émotion, j’haussai les épaules :

« J’imagine que vous êtes tombées sur le moins humain des humains, pour le coup. Si j’ai des choses, des proches, des connaissances à perdre, et bien... peu m’importe : à partir du moment où quelqu’un a déjà voulu les utiliser contre moi, j’estime les avoir perdues. Comprenez bien qu’il n’y a guère que moi qui m’intéresse au monde. Moi et ce qui est dans mon intérêt. Les rares fois où je vais contre mon instinct de préservation pour ne pas perdre quelque chose… et bien, je me retrouve ici. »

C'est intelligent, autant que cela est dangereux. Elle jugeait mon attitude intelligente ? Je me demandai brièvement si c’était un compliment ou si j’étais supposé mal le prendre. Je repensai à sa description sommaire des vampires, avant de reprendre :

« Pardonnez moi, mais je reviens sur vos propos précédents. Je commence à comprendre ce que vous voulez dire : en tant qu’humain sans en être vraiment un de par certaines problèmes psychologiques que l’on a identifiés chez moi, je cherche en vous, espèce humanoïde et successeuse dans un sens de notre humanité, quelque chose de ressemblant et le plus simple est, bien sûr, votre façon de penser. Si j’ai bien perçu ce que vous essayiez de m’expliquer, la configuration même de votre mode de pensée n’est pas humaine et donc extrêmement complexe à comprendre pour quelqu’un comme moi. »

Je fis une pause, pour quitter l’appui de la table et marcher dans la pièce pour me dégourdir les jambes et laisser couler mon regard sur les murs, étagères et la décoration globale. Je m’appuyai à un mur pour faire de nouveau face à la vampire. J’avais mis de la distance entre nous, sans pour autant rajouter de tension à l’atmosphère que j’estimais relativement détendue. Etonnamment détendue même.

« Si j’essaye de faire une analogie à mon niveau, je suis pour vous aussi intéressant qu’un bœuf qui me tiendrait une compagnie agréable, mais je n’aurai pour autant aucun scrupule lorsque viendra l’heure de manger et donc de l’immoler pour cuisiner sa viande. ». Voilà qui était un peu effrayant, même pour moi, si elle acquiesçait. J’avais plus l’habitude d’être un prédateur qu’une proie, mais même un loup se faisait tuer par l’homme s’il avait besoin de nourriture et de fourrure, après tout. Et il n’était pas honteux pour le loup que d’avoir été vaincu par son prédateur naturel. « Effectivement, formulé ainsi, il n’y a rien de saugrenu. Ce qui est plus inattendu, finalement, c’est que vous appréciez ma compagnie. Et je reçois une nouvelle fois avec sérieux, votre compliment… »

Effectivement, si elle était l’homme et moi le loup, il était fort normal qu’elle gagne si elle souhaitait m’attaquer. L’avantage, cependant, c’était que je n’avais rien à perdre mais qu’un loup aussi pouvait gagner. L’autre avantage, c’était que le loup pouvait prêter allégeance à plusieurs hommes pour survivre, et tourner sa veste au dernier moment pour protéger son ultime allégeance : la meute.

J’aimais bien cette idée.

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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Sam 2 Nov - 23:35

Mon interlocuteur restait debout. Beaucoup verrait une envie de dominer, mais ma position assise prouvait selon moi à quel point je ne le craignais pas. Il prit mon compliment comme un compliment, car sortant de ma bouche s'en était un. Les vampires n'était pour moi que de faibles créatures, abusant ce qu'elles peuvent abuser, en ce terrant derrière des pleurs, des hurlements, et leur toute puissante humanité. J'ai été humaine. D'une faiblesse terrible, d'une insatiable folie. Vampire, j'étais devenu d'une redoutable force, et d'une incotrolâble folie. Alors j'avais fermé les valves, plus de sentiments, peu d'émotions, et une incorrigble aptitude à la politesse et à la bienséance, me permettait de contrôler mon incapacité à gérer des émotions fortes. Il haussa les épaules, et son visage afficha un air d'une morbide neutralité, pas la moindre émotions, absolument bien, un humain sans air d'humain. Voilà qui était intéressant. Je m'accoudais, posant mon menton sur ma main, particulièrement intéressé par la suite. Il pensait que j'étais tombésur l'humain le moins humain. J'eus un rictus. Allons, allons, jeune homme, j'ai 600 ans, ne vous sous estimez pas, mais ne vous sur-estimez pas. Le monde est peuplé d'être inhumain, pas seulement parce qu'ils sont vampires, ou loup, non, ils ne voient simplement pas les choses comme les humains. Ils ne ressentent rien, il n'éprouve pas le moindre remord, regret, il ne s'attache à rien, il n'y arrive pas. Ces individus portent des masques, pour que lorsque vous le croisez dans un bar, ou dans votre bureau, vous le saluez, sans vous doutez qu'il pourrait vous éventrez comme un boucher ouvre un porc.

Comprenez bien qu’il n’y a guère que moi qui m’intéresse au monde. Moi et ce qui est dans mon intérêt. Sa phrase fit écho dans ma tête, comme une phrase que j'aurais pu dire. Cela m'énervait. Comme cela m'intriguait. Je me penchais en avant, continuant de l'écoutez. Les humains qui se permettent autant de vanité, sont tout de même les plus intéressant. Je me souvenais de cette jeune femme effronté de la Renaissance, d'un égoïsme terrible, d'une beauté dangereuse. Amélia l'avait quasiment brisée en deux, un bain de sang, d'une atroce cruauté. Je ne me souviens plus très bien de la raison. Mais elle me rappelait cet humain, cet Alexei. Il reprit, me sortant de mes souvenirs de l'Italie de la Renaissance. Je me penchais, récupérant une cigarette dans mon paquet, l'allumant machinalement, je décroisais les jambes, pour mieux les recroiser. Il tentait de résumer ma pensée, mon raisonnement. intéressant, voyons comment il s'en sortait. Si j’essaye de faire une analogie à mon niveau, je suis pour vous aussi intéressant qu’un bœuf qui me tiendrait une compagnie agréable, mais je n’aurai pour autant aucun scrupule lorsque viendra l’heure de manger et donc de l’immoler pour cuisiner sa viande. Je me mettais à rire, reposant mon briquet sur la table basse, la couleur de mes yeux se fit plus... intense, plus clairs que d'habitude, un des signes de mon espèce, un vert bleu éclatant, profondément inhumain. Il termina, en appréciant le fait que je donnais plus de valeur à notre conversation qu'à son sang.

Savez vous l'âge que j'ai Alexei ? Pensez vous que vous êtes le premier humain qui se dit inhumain, qui parfois se comporte comme un humain, mais qui derrière cette façade s'avère ne pas l'être ? Je connais ce genre par coeur, vous êtes aussi fascinants que d'une banalité ennuyeuse. Ne vous sous-estimez pas, mais ne vous sur-estimez pas non plus. Après tout, vous ne savez que très peu de chose sur ma personne. commençais-je. Pour ce qui est de votre comparaison, elle est parfaitement avérée. Je ne ressentirais pas le moindre regrets,si je venais à vous vider de votre sang, et briser la petite nuque qui tient votre tête. Mais comparez l'humain à un bœuf est une erreur, vous êtes tout de même beaucoup plus complexe qu'un bovin.

Je tirais sur ma cigarette, distraite par la fumée, qui s'élevait dans la pièce. Je reportais ma cigarette à mes lèvres.

Mais la plupart du temps, votre complexité n'est pas intéressante. Ou elle ne l'est plus. Le fait de m'intéressez à la votre est aussi énervant que curieux pour moi. Voilà 600 ans, que je ne vois en votre espèce, qui fut la mienne, des veines palpitantes, et des gorges qui ne cherche qu'à être déchirées. Comprendre les humains, perte de temps. Vous ne vous comprenez pas vous même, vous n'avez pas le temps de vous connaître, de vous comprendre. Alors vous avancez, fragile, sur une lame de rasoir, et à la moindre petite coupure, hésitation, trébuchement, le monde s'écroule, et vous vous trouvez des solutions dans l'excès, l'alcoolisme, la dépression, la drogue, les médicaments, ou le suicide. Ou alors vous vous cherchez un ennemi commun, qui sera votre défouloir. Pathétique. Vous êtes d'un pathétique complexe. Pourtant, pourtant, vous avez éveillez ma curiosité, mais ne vous méprenez pas. Le prochain humain que je croiserais n'aura certainement pas votre chance.

J'eus un rictus.
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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Sam 9 Nov - 15:31




« On rejette toujours la faute sur le messager. ».




Elle se mit à rire, et je l’observai poser son briquet sur la table basse, sans bouger. De toute manière, j’étais occupé à observer la pièce, observer ses mouvements, observer son attitude. Et puis, la distance n’importait que peu lorsqu’elle était aussi minime et lorsqu’on se trouvait face à une créature surnaturelle qui gagnait chaque minute un peu plus de mon respect – chose qui n’avait aucun sens il fallait en convenir. Je me demandai toutefois ce qui l’avait fait rire de cette manière. La réponse à cette question vint lorsqu’elle entreprit de m’expliquer : Savez vous l'âge que j'ai Alexei ? Pensez vous que vous êtes le premier humain qui se dit inhumain, qui parfois se comporte comme un humain, mais qui derrière cette façade s'avère ne pas l'être ? Avait-elle déjà rencontré Sergeï ? Ou alors, me surestimais-je réellement en me pensant être une créature rare d’inhumanité malgré mon appartenance à cette espèce si fragile qu’étaient les humains ? Je n’en savais trop rien, mais j’écoutais son conseil – car je le pris comme tel – de m’estimer à ma juste valeur. Que croyait-elle, en réalité ? Je devais avoir une conscience de mes capacités bien plus précise que l’humain lambda. Je connaissais mes limites sur le bout des doigts, pouvais estimer à quelques secondes près mon temps de réaction si un évènement imprévu se produisait. Je savais à quelques minutes près le temps que je pourrais courir dans des telles conditions, en tenant compte de ma blessure à la main. Je ne me sous-estimais pas, et je ne me surestimais pas non plus, contrairement à ce qu’elle pouvait bien croire. Sauf si justement, je me trompais sur tout cela et me surestimais en pensant me connaître aussi bien. Pour ce qui est de votre comparaison, elle est parfaitement avérée. Je ne ressentirais pas le moindre regrets,si je venais à vous vider de votre sang, et briser la petite nuque qui tient votre tête. Mais comparez l'humain à un bœuf est une erreur, vous êtes tout de même beaucoup plus complexe qu'un bovin. Un sourire s’étira sur mes lèvres. Au moins, j’étais fixé. Ma comparaison était la bonne, mais elle admettait que nous n’étions pas des êtres aussi inintéressants que les bœufs pouvaient l’être pour nous. L’humanité venait donc de gagner quelques points de crédibilité aux yeux de la vampire, et ce grâce à moi. Mais la plupart du temps, votre complexité n'est pas intéressante. Ou elle ne l'est plus. Ou alors, était-ce moi qui me démarquais par rapport au reste de l’Humanité ? Le fait de m'intéresser à la vôtre est aussi énervant que curieux pour moi. Voilà 600 ans, que je ne vois en votre espèce, qui fut la mienne, que des veines palpitantes, et des gorges qui ne cherchent qu'à être déchirées. Au moins avait-elle compris que ma gorge ne demandait strictement rien. Comprendre les humains, perte de temps. Vous ne vous comprenez pas vous même, vous n'avez pas le temps de vous connaître, de vous comprendre. Elle ne croyait pas si bien dire, me concernant tout du moins. Je ne me comprenais pas, en me comprenant tout à fait dans un même temps. Cette complexité de compréhension, ne la connaissait-elle pas, ou plus ? Je l’écoutais continuer son intervention, en tirant sur sa cigarette, fixant de mes yeux gris le moindre de ses mouvements. Pourtant, pourtant, vous avez éveillé ma curiosité, mais ne vous méprenez pas. Le prochain humain que je croiserais n'aura certainement pas votre chance. Un nouveau petit rictus s’étira sur mes lèvres, et ma voix grave murmura, légèrement rieuse – ce qui m’étonna grandement d’ailleurs : « Tant que cet humain, ce n’est pas moi, voilà qui ne me dérange pas. »

Je me détachai du mur, pour passer mes doigts sur les livres de sa bibliothèque que je frôlai distraitement. Les livres étaient une source de savoir que j’avais découverte en même temps que la lecture : tardivement. D’une voix détachée, laissant mes mots traîner au rythme de mes doigts qui lisaient, à l’aveugle, le titre des livres, je remarquai : « Au moins la curiosité que vous avez pour moi est réciproque. » Je m’approchai de la vitre précédemment brisée, jetant un regard au bureau de la vampire au passage, par réflexe, pour voir s’il y avait quelques informations à voir et à monnayer plus tard, et observai la rue. Ce n’était pas que la conversation n’était pas intéressante, c’était plutôt que puisque ma mission n’avait pas abouti, et que chaque minute avec du sang frais qui suintait et une vampire qui ne cachait pas son dédain pour la race humaine me rapprochait d’une morsure et peut être d’une mort que je souhaitais pas tant que ça. Et puis, il fallait se le dire, j’avais l’impression d’avoir le rôle du bouffon du roi, présent pour divertir sa majesté, et ça ne m’intéressait pas vraiment de rester beaucoup plus longtemps ici. Mes doigts frôlèrent les papiers du bureau, les dérangeant discrètement – même si le terme de discret ne s’appliquait pas en présence d’un vampire – et cherchant des mots clés, alors que ma voix atone reprenait tout haut pour détourner l’attention de la nocturne. Si je partais d’ici sans point positif, voilà qui allait déplaire à la Mafia. Elle avait peut être tenté de m’éliminer en m’envoyant ici, j’étais suffisamment particulier pour ressentir le besoin de lui apporter une bonne nouvelle. Des informations qu’elle n’avait pas, un point de pression pour une nouvelle visite. Il me fallait des noms, il me fallait des chiffres, que ma mémoire allait mémoriser sans effort. « Et vous n’avez jamais eu envie d’avoir un humain à votre service uniquement pour vous divertir ? Si vous vous ennuyez à ce point, depuis… combien avez-vous dit ? 600 ans ?, pourquoi créer un tel endroit ouvert aux humains, les dépravant dans l’alcoolisme, et toutes ces faiblesses que vous méprisez ? » En soi, ma question n’était pas dit sur un ton moqueur ou agressif, il ne fallait pas s’y méprendre. C’était une question pour continuer de l’amuser, alors que je cherchais des choses intéressantes tout en envisageant un moyen de partir sans passer par la porte principale. Il s’agissait de ne pas croiser Guillemaud. En parlant de lui… « Et les vampires, sont ils tous aussi inintéressants à vos yeux ? »

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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Mer 20 Nov - 22:54

Sociopathe, Psychopathe, ils étaient dans la société humaine, tout le temps. Ils sont votre patron, votre mari, votre meilleur ami. Du moins pour pensez qu'ils tiennent à vous, mais en réalité tout ça n'est qu'une façade, derrière se cache une coquille complètement vide d'émotions normal. Ils considérons normal ce que vous pensez immoral. La normalité, je haussais les épaules. Ce débat était intéressant, et énervant. Car mon intérêt grandissait, cette conversation, était stimulante, et le fait de l'avoir avec un humain était définitivement quelque chose que je n'acceptais que très difficilement. Mais il fallait l'avouer, il se montrait très pertinent. Je tirais distraite, sur ma cigarette, gardant toujours au coin de l'oeil mon interlocuteur.

Je n'étais pas un vampire assoiffé de sang. Du moins je l'étais, mais ma vie, et ma créatrice m'avait appris à me tenir. J'ai vu le monde avancé, les manières changé, et croyez moi, plus elle avance et plus la civilisation se montre vulgaire, irrespectueuse et terriblement insolente. C'était certainement une des raisons principales. Et qu'il ne se trompe pas, je ne déteste pas les humains, il faudrait pour cela que je les considère comme des égaux, ce qui n'est profondément pas le cas. Il me demanda alors si je n'avais jamais voulu avoir d'humains à mon service ? Je levais les yeux vers lui attendant la suite, parce qu'il devait bien avoir une forme d'argumentation, ou alors un chemin de pensées qui m'intéressait. M'ennuyez ? Je me mettais à rire. Je ne me m'ennuyais pas, au contraire. Mon mépris de la race humaine ne m'avait jamais autant amusé. Il est vrai que j'ai eu beaucoup, beaucoup plus de distractions dans mes jeunes années vampiriques, mais j'avais aussi, à cette époque, beaucoup moins de responsabilités. Pourquoi avoir créer un endroit pareil ? Mais parce que les faiblesses humaines sont une véritable tragi-comédie. Vous êtes d'une telle distraction, et vous céder si facilement que c'est risible, et en plus, je deviens un peu plus riche à chaque fois que vos faiblesses et vos démons font surfaces.

Un humain à mon service ? Je ne veux pas d'humains à mon service, parce qu'aujourd'hui il faut prendre soin de vous, s'occuper de vous, bien vous traitez, je n'ai pas cette patience. Et vous êtes lassant à la longue, et vos besoin grandissent à mesure que vous vous accoutumez à un niveau de vie surtout quand il est élevée.

Je décroisais les jambes, et écrasait ma cigarette.

Pourquoi ouvrir un tel établissement ? Mais parce que j'ai beau mépriser votre race, et ses faiblesses, vous êtes d'une distraction terriblement amusante. Et les vampires auront beau vouloir vous mépriser, ou vous haïr, ne pas vous considérez, nous sommes dépendant de ce coeur qui bat et de ce sang qui coule dans vos veines, vos artères... Fut une période, où il n'y avait pas toutes ces règles, toutes ces conventions sociales, les mères se remettaient de la mort des morts nés, elles faisaient d'autre enfant, fut une époque, où tuer des humains n'était pas une affaire d'état. Je méprise les humains et pourtant, notre race est entièrement dépendante de la votre. Mais plus le temps passe, et plus vous êtes vulnérables. Et de vos faiblesses, je deviens plus riche. Je dirais que c'est gagnant-gagnant pour moi.

Je me levais. Par contre, cette petite conversation m'avait ouvert l'appétit, alors, la question était allais-je aller me servir dans le meuble désigné, ou allais-je plutôt boire directement du cou de cet humain qui se tenait dans mon salon, la main blessé, le sang qui encore tâchait et embaumait la pièce de son odeur. Je n'ai jamais été très douée quand il s'agissait de faire des choix raisonnables. J'aurais voulu m'excuser, mais je n'avais pas le moindre remord. Disons que c'était de la politesse. J'approchais tranquillement.

Voyez vous, Alexei, je connais beaucoup de langues, mais, je ne saurais pas dire en russe, que j'ai terriblement faim. Mais je sais dire une chose. Na zdrove Alexei. Na zdrove!

Je fonçais dessus, attrapant sa main blessée, pressant dessus pour qu'il ne cherche pas à lutter, car je n'avais pas envie de le tuer. Je n'allais pas le vider de son sang. J'étais civilisé tout de même j'avais des manières. J'enfonçais ma ongle dans son épaule, plantant mes canines, sentant la chair craquer. Et la première gorgée fut jouissive. La seconde terrible.Et ainsi de suite. Je savais quand m'arrêtez, mais décidément c'était une déchirement à chaque fois. Mes lèvres quittèrent son cou, et je me reculais, essayant de mon index une goutte qui perlait de la commissure de mes lèvres, pour le porter à ma bouche.

J'ai oublié de vous mentionner, que je ne suis pas quelqu'un en qui il faut faire confiance. Après tout, je suis un vampire. Par contre, je vous déconseillerais de sortir votre arme, ce serait une perte de temps, et j'aurais à me débarrasser de vous, ce qui me ferait perdre un temps précieux. Après, je ne peux pas vous en vouloir si vous décidez de quitter le Laurentia.

J'étais curieuse de voir sa réaction. Allait-il s'en aller ? S'indigner ? Un sourire s'étira sur mes lèvres. Alors Alexei, quel était le choix ? Rester ou s'en aller ? Soyez prévisible comme un humain, céder à votre instinct de préservation ? Ou piquer encore un peu plus ma curiosité en vous asseyant encore quelques minutes en me demandant pourquoi les vampires devaient boire du sang, pourquoi le faire ? Pourquoi ne pas se contenter de ce sang en boite qu'on nous servait comme remède miracle ? pourquoi était-il différent du vrai sang ? Attisez ma curiosité Alexei, ne me décevez pas. Mais je ne vous en voudrais pas si vous quitter les lieux. J'avais eu faim, voila tout. Comme un humain à envie d'un bout de chocolat, j'avais cédé à mon envie de sang. Une... friandise si vous voulez. Peu m'importe.
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MessageSujet: Re: « On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]   Ven 6 Déc - 11:04




« On rejette toujours la faute sur le messager. ».


Je fouillai sans aucune gêne les papiers posés sur son bureau. Mes doigts parcouraient les titres, tournaient les pages et feuilletaient les blocs sans le moindre scrupule. J'avais posé des questions avec nonchalance à Bellanger, sachant pertinemment qu'elle devait savoir ce que j'étais en train de faire, et que si elle avait voulu m'en empêcher, elle l'aurait fait dès que je m'étais posé devant le meuble. J'en déduisis qu'elle n'avait rien d'intéressant d'exposé. Pas le moindre nom ne me parlait, les chiffres que je pouvais voir, dates, pourcentages, comparaisons, n'étaient en rien pertinents à première vue. Je les retins tout de même : mes employeurs pouvaient toujours leur trouver un quelconque intérêt. Distraitement, j'écoutai la réponse qu'elle donna à mes deux questions, concernant les humains pour la première, les vampires pour la deuxième. Un humain à mon service ?  Je ne veux pas d'humains à mon service, parce qu'aujourd'hui il faut prendre soin de vous, s'occuper de vous, bien vous traitez, je n'ai pas cette patience. Et vous êtes lassant à la longue, et vos besoin grandissent à mesure que vous vous accoutumez à un niveau de vie surtout quand il est élevé.   J'esquissai un petit sourire. N'étions-nous pour elle que des enfants ? Certainement. Ou plutôt, comme la comparaison que j'avais formulée un peu plus tôt, du simple bétail qui demandait une attention journalière. Pourquoi ouvrir un tel établissement ? Mais parce que j'ai beau mépriser votre race, et ses faiblesses, vous êtes d'une distraction terriblement amusante. Et les vampires auront beau vouloir vous mépriser, ou vous haïr, ne pas vous considérez, nous sommes dépendant de ce coeur qui bat et de ce sang qui coule dans vos veines, vos artères... Fut une période, […] je deviens plus riche. Je dirais que c'est gagnant-gagnant pour moi. Il fallait se le dire, ma concentration avait flanché. Le bureau délaissé, je parcourais les étagères du regard. Je faisais comme chez moi, c'était vrai. Mais bon, chez moi désignait, pour moi, tous les endroits que je pouvais atteindre. J'étais entré ici, j'avais donc le droit de visiter le tout. Je sentis un mouvement, et je me tournai avec la souplesse d'un prédateur soudainement chassé en direction de la vampire qui s'approchait de moi. Pourquoi ne pas aller plus vite ? Je n'en avais aucune idée. Mais je savais sans le moindre doute, qu'elle était partie en chasse, et que j'étais la proie. Je posai lentement le livre que j'avais en main et que j'avais commencé à feuilleter. Voyez vous, Alexei, je connais beaucoup de langues, mais, je ne saurais pas dire en russe, que j'ai terriblement faim. Mais je sais dire une chose. Na zdrove Alexei. Na zdrove!  « Приятного аппетита в данном случае.» J'avais haussé les épaules, sans sourciller. Je savais à quoi m'attendre, j'avais déjà été mordu par un vampire, même si ça remontait à des années. Et mon propre frère m'avait considéré comme son casse-croûte, même si je l'avais immobilisé avant qu'il ne me touche réellement. Pourtant, je ne pus m'empêcher de faire un pas, illusoire, en arrière. Elle m'immobilisa par la douleur qu'elle infligea à ma main blessée. Bon appétit, dans ce cas. Je n'avais rien trouvé de mieux à dire, et je restais stoïque en sentant mon sang me quitter pour finir dans sa gorge. J'étais raide et crispé, mais je ne montrai aucune panique. Juste un peu de fatalité. Elle se détacha de moi, ma main glissa lentement vers mon côté pour chercher mon poignard. Cobaye, casse-croûte même, conciliant, certes. Mais prédateur, toujours. J'avais grandi dans la violence, j'avais appris la violence en même temps que la victoire, et j'avais le réflexe de saisir les opportunités lorsqu'elles se présentaient. J'ai oublié de vous mentionner, que je ne suis pas quelqu'un en qui il faut faire confiance. Après tout, je suis un vampire. Par contre, je vous déconseillerais de sortir votre arme, ce serait une perte de temps, et j'aurais à me débarrasser de vous, ce qui me ferait perdre un temps précieux. Après, je ne peux pas vous en vouloir si vous décidez de quitter le Laurentia. Mon mouvement s'interrompit. J'avais pensé être bien plus discret. Non, j'avais été discret : juste effroyablement prévisible. Je me frottai le cou, contemplant mes doigts rougis.  « Pourquoi vous aurai-je fais confiance ? D'ailleurs, vous ne m'avez rien promis... Il ne s'agit pas de confiance, il s'agit de nature. Et vous vous pliez à la vôtre avec une naïveté touchante. » Je me décalai. En soit, je ne pensais pas un mot de ce que je venais de dire. Si, bien sûr, j'étais d'accord avec moi concernant l'inutilité d'aborder la question de confiance, mais pour le reste... ce n'étaient que des mots. J'essayai de retrouver toute liberté de mouvement, sans cacher toutefois le léger étourdissement provoqué par ce qu'on pouvait appeler une hémorragie externe. En l'exagérant discrètement aussi, en restant dans le domaine du plausible. Si elle me sous-estimait, j'allais pouvoir la prendre au dépourvu. Si je la prenais au dépourvu, et bien... j'allais pouvoir la toucher. Il ne fallait pas non plus me faire confiance, j'étais un Ivanov, après tout. Ma main, qui s'était approchée de mon holster, poursuivit son chemin, et releva le coin de ma veste pour finir dans ma poche, comme si c'était le but premier de mon mouvement. Elle dévoila aussi, et c'était voulu, le 9mm. Elle me proposait de partir, étrangement, je ne voulais pas me plier à sa proposition sans lui avoir prouvé que je n'étais un humain du même gabarit que ceux qu'elle avait déjà pu rencontrer en plusieurs siècles d'immortalité. Mais c'était plus prudent de quitter les lieux dès à présent, tant que je le pouvais encore et tant qu'elle semblait... conciliante à ce propos. « Je vais sûrement vous paraître d'une prévisibilité triste, mais je vais accepter l'offre. » Je m'approchai de la fenêtre, que j'ouvris, sans tenir compte du verre brisé un peu plus tôt. Mon regard glissa sur le rebord, sur le mur, et sur le chemin que je comptais emprunter. J'étais arrivé par le toit d'en face, ayant sauté de toit en toit jusqu'à celui du Laurentia. J'avais réfléchi à mon itinéraire pour rentrer, pas à celui pour sortir. Etrangement, je n'avais pas prévu de ressortir. Je tournai le dos à la fenêtre, pour observer Bellanger.  « Il vaut mieux pour moi partir avant de commencer à vous ennuyer, si je comprends bien. Cette discussion était agréable, ne la laissons pas se détériorer. » Je sortis mon téléphone, ouvrant un message en particulier, et inscrivis un numéro, de portable jetable, sur la première feuille qui passa sous ma main : « Si vous changez d'avis, pour les intérêts, avant que mes employeurs ne s'agacent davantage, appelez ici. » Oui, reparlions travail avant de se quitter. Ca ne pouvait être qu'intéressant, non ? Et puis, j'étais professionnel.

Je grimpai sur le rebord de la fenêtre, cherchant une prise, en hauteur, pour entamer l'ascension vers le toit. Histoire de prendre le même chemin qu'à l'aller. C'était amusant de se rendre compte qu'elle n'avait qu'à me pousser pour que je m'écrase plusieurs mètres plus bas sans aucune chance de me rattraper à quoi que ce soit.

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« On rejette toujours la faute sur le messager. » [Livre II - Terminé]
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