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Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Sam 7 Sep - 11:11




Hasard ou pas, chaque rencontre est unique.


Mon attention était toute entière à ce que j’étais en train de faire, et je perdais en vigilance de par ce simple fait. Mais pour le coup, ça m’importait peu. J’étais sensé réfléchir à ce que j’étais en train de faire. La maquette que je cherchais quelques jours plus tôt, juste avant d’aller voir Camille, était devant moi, crayonnée de toute part. Je l’avais soumise au responsable de la licence Sciences du Vivant, et j’avais eu quelques retours, et modifications à faire. Oh, rien de bien compliqué bien sûr ! En apparence du moins. Les casse-tête m’amusaient et je voyais l’élaboration des emplois du temps comme tels. Je fronçai les sourcils, annotant le bord de ma feuille. A l’aide d’une règle, je traçais quelques flèches, un nouveau cadre, et une légende pour rendre explicite l’imbroglio de traits. Je me mordillai la lèvre, fouillant dans ma mémoire pour trouver des incohérences entre les six tableaux éparpillés devant moi. Et je commandai un café supplémentaire.

D’un coup d’œil à ma montre, je m’aperçus qu’il était bientôt l’heure que je guettais depuis que je m’étais installé dans ce bar. Ce n’était pas compliqué : j’étais venu à cet endroit précis pour croiser par hasard le chemin d’une métamorphe bien précise. Non, ce n’était pas Kate. Non, ce n’était pas Roxane. C’était l’une des premières à avoir accepté l’offre que Camille et moi proposions aux Métamorphes – à savoir se rassembler – et c’était donc l’une des rares métas à avoir une bonne part de ma confiance. Elle avait eu le temps de faire ses preuves en quelque sorte. Et elle chantait, donc, dans des bars comme celui dans lequel je m’étais installé. Dos au mur, à proximité d’une sortie tout en restant suffisamment excentré pour ne pas être visible au premier abord, je levai la tête pour observer la salle, rassemblant d’un geste machinal les feuilles que j’avais éparpillées devant moi. Kate savait que je n’étais pas là de la soirée parce que j’allais prendre des nouvelles d’Hamilton. Je m’appuyai contre le dossier de ma chaise, en profitant pour m’étirer. Elle était déjà là. Je lui jetai un coup d’œil, m’assurant qu’elle m’avait remarqué et d’un signe de tête, je lui signifiai que je voulais lui parler. Sans attendre qu’elle me réponde – de toute manière je me doutais que c’eut été inutile – je me remis au travail pendant qu’elle chantait, l’écoutant d’une oreille distraite. J’avais autre chose à penser, notamment ce que j’étais venu lui dire. Ce n’était pas compliqué : je venais tâter le terrain. Savoir comment elle allait, si elle avait eu vent d’autres métas, si elle avait eu des démêlés avec la PES, si… bref : prendre la température. L’anonymat des métamorphes était quelque chose d’important, voire plus que cela. J’avais la conviction qu’il n’allait pas duré, mais qu’il fallait tenter de le préserver le plus longtemps possible. J’étais recensé comme étant un lycanthrope, et je ne mettais donc pas vraiment notre couverture en danger. Même si bon, il fallait filtrer nos discussions, ou nous débrouiller pour esquiver les cerbères qui m’encadraient. La chanson de la jeune femme s’acheva, il y eut plusieurs applaudissements dont les miens, discrets et polis. Puis une nouvelle musique s’éleva. Puis une autre. Je relus une dernière fois mes emplois du temps, et entrepris de les ranger sérieusement dans mon sac, sortant une nouvelle liasse de feuilles. L’inaction ne m’aimait pas, et je n’aimais pas l’inaction.

J’en étais au tiers de la publication scientifique lorsqu’une ombre s’approcha de moi. J’offris un léger sourire à Elektra, accompagné d’un « Bonsoir » poli. Ce n’était peut être pas très chaleureux, mais ce n’était ni agressif, ni hautain. On pouvait même dire que ça ne mettait pas volontairement de distance supplémentaire entre elle et moi ce qui était en soi un remarquable exploit. « Tu chantes bien en tout cas ! Non que ça m’étonne, en soi c’est ton métier, mais je tenais à te le dire. » Alan, tu as d’autres banalités à dire ? J’avais l’impression de me forcer à paraître aimable et sympathique, et le plus dérangeant c’était que… ce n’était pas qu’une impression. J’avais réellement besoin de me forcer et c’était inquiétant. Depuis quand étais-je aussi mal à l’aise en société, depuis quand approchais-je plus de l’ours bougon que de l’humain social ? Je n’avais pas envie de savoir la réponse à ses questions, au final. J’avais trop peur de m’entendre répondre un « depuis toujours, très cher » pour le moins déprimant. Je fronçai les sourcils avant de rajouter :

« Tu as du temps pour qu’on parle… de choses et d’autres ? »

Je ne tournais pas longtemps autour du pot d’habitude, et ce soir n’y faisait pas exception, malgré mes phrases relativement… voilées. Nous étions – encore – dans un lieu public et il n’était pas question que je parle de métamorphe, Camille, transformation etc. Pas question du tout. Mieux valait s’en tenir aux banalités et aux termes vagues pour le moment, le temps que l’on se mette hors de portée d’oreilles trop curieuses. Elektra était au courant, heureusement, que j’étais suivi par la PES.

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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Sam 7 Sep - 16:25

    Après le succès du 22 juillet, j'avais obtenu mon ticket d'entrée "Chez Andrew". Les clients du bar & restaurants m'avaient apparemment appréciés, et ils voulaient me revoir, du coup, je passerais une soirée de temps en temps dans le coin. Je n'avais pas de contrat sur la durée mais le gérant m'avait fait comprendre qu'il ferrait appelle à mes services plusieurs fois au cours de l'année pour animer les soirée à travers de petits concerts composés d'une petite dizaine de chansons, pour une durée effective d'une demi-heure environ. Et je ne pouvais pas refuser vu que j'étais plutôt bien payée pour ça. En même temps, j'apportais tout le matériel avec moi, à part le petit estrade qu'il y avait. Je ne chanterais pas les mêmes chansons que lors de mon premier passage, il y a de cela 3 semaines environ lorsque j'avais rencontré Aaron, on ne sait jamais. Je regardais la salle, je guettais le public qui commençait à arriver. Contrairement à la première fois, j'étais déjà positionné et j'attendais que la salle se remplisse. Et cela fut le cas assez rapidement, plus rapidement que l'autre fois. Si bien, que je lançais le petit concert, tout d'abord par un peu de musique d'ambiance, pendant qu'ils prenaient leurs commandes. Puis, je me lançais dans le show, 8 chansons au programme. Je vis dans l'assistance une personne que j'avais connue en même temps que Camille ou presque, un certain Alan Dougal. Je ne savais pas trop ce qu'il faisait là, peut être avait-il certaines habitudes dans ce bar-restaurant après tout, ce n'était que la deuxième fois que je venais. A moins qu'il ne soit venu pour moi, peut être que c'était le hasard, je ne saurais tellement le dire. En tout cas, il me fit un petit signe de tête, je lui fis un petit sourire. Il semblerait qu'il veuille me parler. Dans un lieu public, c'était dangereux, mais je connaissais sa situation. La PES en avait après lui, elle le considérait comme un loup alors, pas questions de faire de bourdes. Je ne m'occupais pas plus que ça de lui durant le concert que je donnais. Il était dans un coin, tranquille avec ces feuilles. Une fois que j'eus fini ma performance vocale, je m'approchais donc de lui au lieu de me mettre au bar comme la première fois. Il n'y avait pas de photographe de toute façon ce soir.

    " Bonsoir Alan. Et merci pour le compliment, j'essaye de faire de mon mieux comme souvent. "

    Oui, il y avait quelques applaudissements, pas grand chose mais cela me convenait à merveille. Je ne savais pas trop ce qu'il voulait mais de toute évidence, il avait dans l'intention de me parler.

    " Je ne savais pas que tu avais des habitudes ici, c'est seulement la deuxième fois que je chante dans ce bar. Que puis-je faire pour toi ? "

    Je lui posais directement la question, je savais de toute façon qu'Alan n'est pas du genre à tourner autour du pot quoiqu'il arrive.
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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Dim 8 Sep - 14:29




Hasard ou pas, chaque rencontre est unique.


" Bonsoir Alan. Et merci pour le compliment, j'essaye de faire de mon mieux comme souvent. Je ne savais pas que tu avais des habitudes ici, c'est seulement la deuxième fois que je chante dans ce bar. Que puis-je faire pour toi ? "

Si j’avais des habitudes ici ? Ce n’était certes pas la première fois que je mettais les pieds dans ce bar – un bar qui n’appréciait pas les vampires était toujours agréable à fréquenter – mais je n’y venais pas pour autant toutes les semaines. Habitué, donc, était un bien grand mot. J’haussai légèrement les épaules, comme pour dire que ça importait peu, je le rajoutai par ailleurs à l’oral, par un « On ne peut pas parler d’habitude, non. ». Je jetai un coup d’œil à la salle, pour tenter d’apercevoir mes cerbères préférés. Le bar accueillait avec plaisir les loups-garous, ma présence en ces lieux ne devait très certainement pas les surprendre et c’était pour cette raison qu’ils étaient restés, de toute évidence, à l’extérieur, à mon plus grand plaisir. « Assieds toi donc, si tu as un peu de temps. ». Je fermai les yeux pour me concentrer sur mon odorat, et j’essayai de déterminer si nos voisins les plus proches étaient, ou non, des lycanthropes. Mon odorat était depuis mes huit ans le sens qui, de loin, était le plus développé chez moi. Je jaugeai la place plus ou moins sûr, les oreilles de lycans ne devant pas pouvoir traîner jusqu’à nous, avant de prendre, sur le ton de la conversation.

« Je suis venu voir comment ça va pour toi. Si tu as fait des rencontres… dérangeantes. Si jamais tu as eu… des démêlés. Avec certaines personnes. »

Je restais volontairement prudent dans mes paroles, de peur d’avoir oublié de vérifier une possibilité de fuite, de ne pas avoir entendu, senti, ou vu une personne qui pourrait, éventuellement, nous espionner. Je me demandai brièvement ce que devait penser Elecktra de temps de précautions… Certes, ça commençait à faire un bout de temps qu’elle me connaissait, et elle devait maintenant avoir une idée de mon niveau de paranoïa, mais… on n’était jamais assez prudent et je ne faiblissais pas dans mes « mesures de sécurité » qui pouvaient presque être décrites comme risibles à ce niveau là. Le risque zéro n’existe pas, telle était ce que l’on pouvait décrire comme étant ma devise et je m’appliquai à la respecter. Pour risquer le moins possible, et surtout ne jamais me reposer sur mes lauriers. Ou sur ce qu’on pouvait appeler comme un surplus de confiance. Oh, un surplus de confiance… je ne devais pas en faire preuve trop souvent, moi. Je me mordillai la lèvre avant de poursuivre.

« Ce n’est pas un interrogatoire, hein ! Que ce soit clair pour toi, ce n’est pas un interrogatoire, je ne veux pas te mettre mal à l’aise. C’est juste que… Je préfère juste… prévenir d’éventuels… problèmes. »

On m’avait souvent reproché mon manque de finesse, moi le premier, et j’avais décidé qu’il fallait que je fasse des efforts. Il ne fallait quand même pas que je sois un père trop dur, trop sec et avec la patience d’une poule non plus. Des efforts, donc, c’était une bonne idée sur le papier. Dans la réalité, ma maladresse avec les mots me jouait plus de tours que prévus, puisque j’avais beau vouloir paraître plus sympathique, ça n’était pas forcément le résultat obtenu. J’inspirai profondément pour me décrisper, m’obligeant à détendre mes muscles, et à m’appuyer sur le dossier du fauteuil. Je n’étais pas excessivement en danger, il ne fallait non pas tomber dans l’excès de paranoïa, non ? Oui, moi, Alan Dougal, venais de dire, penser plutôt ça. C’était un concept assez particulier, un peu (beaucoup ?) l’hôpital qui se moquait de la charité… Mais bon. Je fis signe à un serveur de venir prendre nos commandes, et je le suivis du regard attentivement, presque inconsciemment.


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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Dim 8 Sep - 15:05


    J'avais été assez franche avec Alan, pour qu'il puisse en venir rapidement au but, tout en essayant de savoir s'il était vraiment venu exclusivement pour moi, ou si c'était vraiment le hasard que nous nous retrouvions ici. Nous sommes amis, malgré sa paranoïa très prononcée, il me fait confiance dans l'alliance, il sait que je ne vais pas trahir mon groupe comme ça. Ainsi, il n'avait pas vraiment d'habitude "Chez Andrew". Il était donc venu exprès pour me voir, peut être que cela était plus important qu'il n'y parait, je ne savais pas tellement à quoi m'attendre, je dois bien vous l'avouer. Il avait haussé légèrement les épaules en me répondant cela comme si le fait qu'il prenne racine ici de temps en temps ou pas, n'avait guère d'importance. Il m'invita donc fort logiquement à m'asseoir devant lui. Je prenais donc place sans me faire prier devant lui faisait signe à la serveuse de me donner un Red Storm comme la dernière si elle s'en souvenait bien. Enfin, elle devait savoir faire le cocktail de toute évidence. Je regardais le bar avec un brin de nostalgie, enfin, je me remémorais un souvenir. Je me revoyais à discuter avec Aaron là-bas, je le voyais me dessiner et me donner son numéro de téléphone aussi. Alan ferma les yeux, non pas pour faire une petite sieste mais pour humer l'air, et voir si les personnes autour de nous étaient potentiellement dangereuses ou non. Je reconnaissais là, sa grande paranoïa, mais je ne disais rien de plus, je le laissais me dire ce qu'il voulait entendre de ma part. Il me demanda donc de mes nouvelles. C'est vrai que nous ne nous croisions pas tout les jours, alors il faisait régulièrement un petit topo. Il me précisa que ceci n'était pas un interrogatoire, ce qui me fit sourire. Je le regardais avec ces petits yeux, dans le genre, je te connais Alan, je sais que tu ne veux pas mal à la communauté, alors je vais te répondre franchement.

    " Et bien, cela va bien pour ma part, je n'ai croisé aucune personne nuisible depuis quelques temps déjà, depuis que nous sommes en paix. Étrange n'est ce pas ? Et pour toi, tout va bien ? "

    Il n'y avait donc pas de problèmes pour ma part. C'est vrai, à part Aaron que j'avais rencontré récemment, je n'avais croisé la route de personne pour ainsi dire. Et mon petit chasseur n'était pas une personne nuisible, au contraire, il semblait être quelqu'un de très bien, de trop bien même peut être pour moi. Même si actuellement, je suis quelqu'un de bien, enfin, je veux dire qui ne fait rien de mal, qui essaye d'aider son prochain, je n'ai pas toujours été cette personne, j'ai frôle la mort, je me suis brisée toute seule, avant de remonter la pente en prenant conscience de la loque que j'étais devenue.
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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Lun 9 Sep - 0:33




Hasard ou pas, chaque rencontre est unique.


Je commandais un café, préférant rester dans le sans alcool pour le moment. Je restai attentif à toutes les odeurs qui me parvenaient, les classant presque inconsciemment, entre les « anodines », « étranges » et « inquiétantes ». Nous étions dans un bar qui accueillait les lycans les bras grands ouverts, et c’était pour cette raison que j’étais partagé entre la tension que créait chez moi l’assaut d’une odeur étrangère, et le fait que ce fusse une odeur que l’on pouvait qualifier de… cousine. Et ils étaient, en théorie, nos alliés. En théorie…

" Et bien, cela va bien pour ma part, je n'ai croisé aucune personne nuisible depuis quelques temps déjà, depuis que nous sommes en paix. Étrange n'est ce pas ? Et pour toi, tout va bien ? "

J’essayai de filtrer les propos d’Elecktra, pour en trouver le sens caché. Il devait forcément y en avoir un, il y en avait toujours. Je cherchais la petite bête – même si on ne pouvait pas qualifier son léopard fétiche de petit – mais je n’allais pas non plus réprimer mes instincts. Aucune personne nuisible ? J’interprétais ça comme aucun vampire. C’est vrai… elle avait raison de me le rappeler, nous étions en paix. Vraiment. Normalement, ça aurait du être suffisant pour que je m’autorise à baisser ma vigilance, mais étrangement… je n’arrivais pas à m’en convaincre. La paix… c’était un concept que les gens appliquaient à un simple cessez-le-feu. Les loups étaient parqués, les vampires contrôlés, les humains régnaient en maître et les semi-démons étaient proclamés ennemis de l’humanité. De l’humanité, hein. Pas de la Vie en général, ce qui aurait regroupé les humains avec les métamorphes et les loups garou – ça ne comprenait pas les vampires, mais de toute manière, ils étaient nuisibles, presque autant que les semi-démons donc bon, on n’allait pas chipoter pour eux.

J’haussai les épaules devant ses propos concernant la paix. Sincèrement… je n’y croyais pas vraiment à cette paix imposée par les humaines aux créatures surnaturelles. De toute manière, il n’y avait guère que les humains, en fait, pour croire qu’elle allait tenir. Ils mettaient une muselière en carton aux lycanthropes, passaient une laisse en laine aux vampires, et pensaient que ça allait suffire à les retenir ? Ils étaient stupides, et ignorants. Comme des enfants. Je ne me prenais pas pour quelqu’un de particulièrement au courant en politique, diplomatie, relations inter-espèces, mais j’étais à moitié dans le monde de la nuit, et de ce fait, par mon sang métamorphe, je comprenais l’animalité des loups, l’inhumanité des vampires. La paix… peuh, elle n’allait pas durer, et ce n’était être pessimiste ou paranoïaque que de le croire et de l’affirmer.

« La paix… bien grand mot pour décrire une période de transition et de statu quo qui ne peut être durable, tu ne penses pas ? Nous sommes, j’imagine, les prochaines sur la liste de ceux qui veulent tout maîtriser. Tant que nous restons dans l’ombre, nous préservons notre liberté… mais ça ne va pas durer… »

Je me redressai sur mon siège lorsque le serveur arriva, et j’attendis qu’il reparte et qu’il soit hors de portée au niveau de l’ouïe pour reprendre calmement.

« Moi… ca peut aller. »

Je n’allais pas m’étendre davantage. Elecktra était peut être une métamorphe de l’alliance, et une « vieille » métamorphe puisque ça faisait un certain temps qu’elle était avec nous, je n’allais pas non plus lui raconter ma vie, il ne fallait pas non plus pousser. De toute manière, que pouvais-je dire ? « Ca ne va pas, j’ai manqué par trois fois de sauter par la fenêtre dans un état semi-conscient parce que je me prenais pour un oiseau » ? Non, pas question. Kate est enceinte ? Non, pas question non plus, nous avions décidé de garder ça secret, et ce n’était pas pour rien. Moins de gens au courant, ça voulait dire plus de sécurité. Plus de sécurité, ça voulait dire… et bien… plus de sécurité. Moins de stress, dans l’idéal. Mais bon, si je ne pouvais pas décemment dire ça, il fallait bien que je dise quelque chose tout de même. C’était du donnant-donnant, ou du moins c’était ainsi que je voyais les choses, et si Elecktra avait des soucis – même si apparemment ce n’était pas le cas – je ne pouvais pas exiger d’elle qu’elle me les confie, sans que je ne donne rien en retour – même si j’aurai bien aimé.


« Disons que j’ai eu quelques démêlés avec la PES il n’y a pas si longtemps. Mais ça s’est bien arrangé. Du coup, j’essaye de m’assurer qu’il n’y a eu aucunes répercussions… et ça me permet de voir comment ça va pour toi. N’oublie pas, si tu as besoin d’aide ou autre, tu peux faire appel à moi ou à Cam. »

Je devais être légèrement répétitif dans mes propos, mais bon… Voilà.
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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Jeu 12 Sep - 14:51

    J'avais donc opté pour un cocktail avec alcool, un Red Storm et Alan lui avait choisi un simple café, comme pour ne pas avoir les idées embrouillées d'une quelconque façon. Nous n'étions pas en position de danger, mais bon, c'était Alan tout craché, rester attentif en toutes circonstances afin de vérifier que le risque zéro ne se présenterait pas maintenant. Il y avait de nombreux humains dans ce bar-restaurant, mais aussi de nombreux loups, mais aucun métamorphe à part nous deux, ce qui ne m'étonnait guère. Je lui répondais donc franchement, tout en étant évasive, comme il le désirait en lieu public. Il y avait des mots tabous, des mots qui ne devaient pas être prononcé, puisqu'aux yeux de la loi, il était un loup comme un autre. C'était complètement faux, je ne l'avais jamais vu se transformer en loup d'ailleurs, mais c'était bien mieux que tout cela se passe ainsi le concernant. Les métamorphes étant inexistants officiellement, pour le moment, il était bien que cela reste ainsi, jusqu'au jour où nous serons obliger de nous dévoiler, mais plus ce jour sera retarder, mieux cela sera. Alan mit quelques secondes à me répondre, le temps d'analyser ce que je venais de lui dire, et il eut un petit haussement d'épaule lorsque j'avais évoqué la paix. Il n'y croyait pas, comme moi d'ailleurs, mais elle semblait duré depuis quelques mois maintenant. Elle ne serait sans doute pas définitive cette paix, mais elle semblait être réelle. Ce n'était pas simplement une trêve, du moins cela y ressemblait de moins en moins, mais si demain il fallait retourner au combat, j'étais prête. Je ne savais pas ce qu'il en était pour Alan, mais tous, qui que nous soyons devions être prêts pour le combat. Je l'écoutais donc me dire qu'il ne pensait pas que la paix soit durable, mais je ne comprenais pas sa seconde phrase : " Nous sommes, j’imagine, les prochaines sur la liste de ceux qui veulent tout maîtriser. " Que voulait-il dire par là ? Je le regardais, d'un regard perplexe qui demandait des explications. Pourquoi parlait-il au féminin ? Pourquoi pensait-il a tout maîtriser ? Avais-je loupée un épisode ? Peut être, cela ne m'étonnerait qu'à moitié. En tout cas oui, il fallait mieux rester dans l'ombre.

    " Oui, il faut mieux rester dans la pénombre, par contre, je comprends ce que tu veux dire par vouloir tout maîtriser. "

    Oui, je lui posais la question car bien qu'il ne parle pas de façon direct, je ne comprenais pas ce que tout ceci venait faire là. Peut être serait-il plus explicite ou éluderait-il la question. S'il ne me répondait pas, je n'insisterais pas quoiqu'il arrive. Il me précisa que ça allait pour lui. Quoi ? C'est tout ? Non, pour Alan, cela ne pouvait pas aller tout simplement, il y avait toujours quelques choses, enfin en principe. Il me dit qu'il avait eu des démêler avec la PES sans entrer dans les détails puisque tout était réglé, pas besoin d'en dire plus. Il me précisa que si j'avais besoin de parler, il y avait Camille ou lui-même. Personnellement, je préférais sa femme, sans vouloir l'offenser mais je ne lui dirais pas, pas besoin.

    " Si tout est réglé, c'est ce qui compte. En tout cas, pour moi ça va. Si jamais j'en ai besoin, je sais que je peux vous parler. Il n'y a jamais eu de malaises entre nous de toute façon. Et pour ta famille, tout va bien ? "

    Même si j'avais vu Kate récemment, je préférais lui demander, sans donner de noms, on ne sait jamais. Je ne savais même plus si vis à vis de la loi, il était officiellement avec quelqu'un. Ce genre de petit détail m'échappe parfois.
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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Dim 15 Sep - 10:49




Hasard ou pas, chaque rencontre est unique.




" Oui, il faut mieux rester dans la pénombre, par contre, je comprends pas ce que tu veux dire par vouloir tout maîtriser. "

Je fronçai les sourcils. Elle ne comprenait pas ? Avais-je parlé de choses dont elle n’avait pas connaissance ou avais-je été un peu trop flou pour le coup. Je répondis en premier à sa question me concernant, par un vague « ça peut aller », avant de compléter ma réponse. Je n’esquivai pas sa question me demandant des éclaircissements sur mes propos, je la repoussai juste pour trouver une réponse adéquate. Il s’agissait d’être fin : discret, compréhensible pour Elecktra mais incompréhensible pour toute autre personne. Les bars étaient le meilleur moyen pour avoir une discussion sécurisée tout en étant le pire lieu pour ça. Tout le monde pouvait être une oreille discrète cherchant à entendre ce qu’elle n’avait pas à entendre, mais d’un autre côté le bruit ambiant, la musique de fond, le va et vient des personnes rendait toute écoute plus délicate. Toute mise sur écoute surtout. J’assurai à la métamorphe que Camille et moi étions disponible s’il arrivait qu’elle eut un problème, et sa réponse me fit sourire contre mon gré.

" Si tout est réglé, c'est ce qui compte. En tout cas, pour moi ça va. Si jamais j'en ai besoin, je sais que je peux vous parler. Il n'y a jamais eu de malaises entre nous de toute façon. Et pour ta famille, tout va bien ? "

Ma famille… Elle parlait de Kate par ces mots, c’était une certitude, et pourtant… si elle savait, que cette famille allait s’élargir… Un fin sourire naquit au coin de mes lèvres, alors que je répondais :

« La famille va très bien, ne t’inquiète pas. Kate va bien, on ne peut mieux. N’hésite pas à l’appeler hein !, je fis une petite pause. Je suis désolé de revenir là-dessus, le fait était que je n’étais pas désolé, juste soucieux, mais tu disais ne pas avoir compris ce que je disais à propos de la paix… Tu sais,… Je cherchai mes mots, et pour cela je fis tourner dans sa tasse le café encore chose. Lorsque les humains ont découvert les loups, ils l’ont relativement mal pris. Maintenant, les loups et les vampires sont plus ou moins contrôlés, et je sais de quoi je parlais. La main qui tient la laisse des loups et ferme. Celle des vampires, je l’imagine plus lâche, mais elle existe. S’ils apprenaient l’existence… les humains ont un sentiment d’infériorité qu’ils transforment en arrogance et en prétention. Ils ne peuvent pas tolérer que des êtres plus puissants qu’eux puissent ne pas être contrôlés. »

J’avais essayé de mettre des mots sur ce dont j’avais la conviction. Si l’existence des métamorphes venait à être dévoilée, l’humanité allait mal, très mal prendre cette nouvelle. C’était une certitude, et c’était logique d’ailleurs. Le fait que des êtres puissent se transformer en n’importe quel animal était dérangeant pour eux. Les vampires : ça va, ils étaient facilement reconnaissables. Les Loups Garous ? On avait qu’à se méfier des loups et les exterminer d’une balle en argent, c’était facile. Les Métamorphes… nous avions les faiblesses des humains, qui nous permettait de ne pas se faire particulièrement remarquer par une guérison rapide ou une agilité extrême. Nous pouvions prendre n’importe quelle forme animale, ce qui ne rendait pas prévisible nos transformations. Notre regroupement n’avait pas une hiérarchie bien visible, bien figée, ce qui faisait que Camille ne parlait pas au nom de tous les métas, et un méta n’était pas la voix de tous les autres. Nous étions bien trop coulant, aussi inattrapable qu’un filet d’eau, pour l’humanité qui avait la manie du contrôle et de la maîtrise totale. Sur bien des points, nous étions aussi dangereux que les semi-démons puisque eux aussi n’étaient pas facilement trouvables. Oui, nous étions les prochains dont l’existence allait être dévoilée – nous étions les derniers dans un sens, dans l’anonymat – et donc notre répression allait être d’autant plus terrible qu’implacable. Les vampires s’étaient dévoilés en premier, c’était ceux dont la surveillance était la moindre. Les loups s’étaient dévoilés dans une situation trouble, on voyait ce que ça donnait. Les Semi-démons, les derniers à avoir été mis en lumière – drôle d’expression – étaient proclamés ennemis de l’Humanité. Et nous ? Qu’allions nous être ?


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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Mer 18 Sep - 18:56

    Oui, je n'avais tout à fait compris ce qu'il voulait dire par tout maîtriser, mais en y repensant, il voulait sans doute parler de ce que nous étions. Mais dans le doute, je voulais être certaine de ne pas faire de boulette, vous comprenez ? C'est si vite arrivé de dire quelques choses que vous n'auriez pas dû, et comme je ne voulais pas me faire gronder par le second de l'alliance, surtout que j'étais en train de lui parler, je devais me montrer très prudente. Il avait raison de ne pas appeler un chat un chat dans un endroit pareil, surtout s'il avait des démêlés avec la PES. En tout cas, Alan semblait être en bonne forme, tout du moins, pas forcément pire que d'habitude, alors je demandais des nouvelles de Kate même si j'avais pu la voir assez récemment en compagnie d'Aaron. Peut être qu'en quelques jours, il a pu arrivé quelques choses même si ce n'est pas forcément logique. Kate est de toute façon prudente, et ce n'est pas son travail qui devrait la mettre dans une situation difficile, enfin, logiquement. Alan avait sourit un peu, cela semblait lui faire plaisir que je parle de son épouse. C'est vrai que j'étais bien plus proche d'elle que de lui, mais aujourd'hui c'était à lui que je parlais. Il est vrai que si j'avais un soucis personnel, j'en parlerais d'abord avec Kate. Si j'avais un soucis concernant ma nature ou l'alliance, j'en parlerais d'abord à Camille. Alan ne serait qu'un second choix bien que je l'apprécie toutefois, mais nous n'étions pas aussi proche que cela, en grande partie à cause de sa paranoïa, et au fait qu'il ne faisait pas facilement confiance, mais bon, je pouvais comprendre. Comme je lui disais, il n'y avait jamais eu de malaise entre nous, je ne vois pas pourquoi cela commencerait aujourd'hui, n'est ce pas ? Il me dit donc que je pouvais l'appeler elle aussi. Je l'avais déjà fait à de nombreuses reprises sans qu'il ne le sache sans doute. Puis il me confirma ce que je pensais à propos de cette paix factice et à propos de nous, de notre race. Je fis un petit sourire quand à ces propos, j'étais d'accord avec lui évidemment.

    " Oui, je comprends ce que tu veux dire, et je suis d'accord avec ça. Mais peut être qu'un jour cette situation changera, il faut se préparer à cette éventualité même si elle ne me plait pas du tout, d'autant plus à toi ! "

    Oui, pour le moment, nous vivions bien, nous vivions cachés, mais combien de temps est ce que cela durerait ? Je n'avais pas la réponse à cette question, mais un jour nous serons découvert, il faut se préparer à cela, car si nous n'y sommes pas préparés et que cela arrive d'un seul coup, nous courrons à la catastrophe et je ne suis pas certaine que cela plaise à Camille, et encore moins à Alan. Je n'avais nullement l'intention de mettre notre existence en péril, mais certains métas n'appartenant pas à l'alliance seraient peut être moins scrupuleux que nous ...
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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Mar 8 Oct - 12:47




Hasard ou pas, chaque rencontre est unique.




Je m’étais très légèrement emballé dans mon explication et plus encore en pensées. J’avais le défaut de pousser au maximum les hypothèses qui effleuraient mon esprit lorsque j’étais confronté à un problème et malheur à ceux qui osaient m’en demander davantage, ils étaient surpris par la longueur de mes explications. Comment en étais-je venu à penser que les Semi-démons étaient l’espèce humanoïde la plus proche des métamorphes niveau fonctionnement ? Je remontai le fil de mes pensées pour essayer d’en saisir une logique mais l’intervention d’Elecktra, qui acquiesça à mes propos, me coupa dans ma réflexion et j’abandonnai mes recherches mentales pour porter mon attention sur la jeune métamorphe face à moi.

" Oui, je comprends ce que tu veux dire, et je suis d'accord avec ça. Mais peut être qu'un jour cette situation changera, il faut se préparer à cette éventualité même si elle ne me plait pas du tout, d'autant plus à toi ! "

Elle ne lui plaisait pas plus que ça, cette éventualité ? Et bien, nous étions bien d’accord sur ce point. Perdre notre couverture était quelque chose qui me faisait froid dans le dos. J’étais quelqu’un de lâche, et j’en avais parfaitement conscience à mon grand désarroi. De lâche, de prudent, de couard, j’accumulais tous les défauts qui montraient que j’avais la trouille d’être sous les projecteurs et que je préférais me défiler d’une situation dangereuse pour moi si j’en avais l’opportunité. Je pouvais être violent, provoquant, agressif, tant que j’avais un minimum de contrôle de la situation mais dès que ça commençait à dégénérer, j’avais un certain don pour prendre la fuite la queue entre les jambes. Mais bon. Ca ne servait à rien pour le moment de songer à ce que je risquais de vouloir faire le jour où les métas allaient être découvert, mieux valait se concentrer sur comment faire pour éviter le dévoilement de l’existence des métamorphes. J’haussai les épaules, fis tourner le café dans mon verre, et grommelai un vague :

« Reste à savoir dans quelle sens elle va changer, la situation… Y’a toujours moyen de tirer son épingle du jeu, reste juste à savoir comment s’y prendre pour ne pas perdre trop de plumes dans l’affaire. »

Le café était encore chaud lorsque j’en bus une gorgée, mais je le laissais me brûler la gorge sans sourciller, tout à mes réflexions. Les Semi-démons, les derniers à avoir été mis en lumière – drôle d’expression – étaient proclamés ennemis de l’Humanité. Et nous ? Qu’allions nous être ? Voilà quelles avaient été mes dernières pensées avant qu’Elecktra ne me répondent, et ma dernière question tournait dans ma tête sans trouver de réponse. Qu’allions nous être aux yeux des humains ? Des menteurs, des voleurs, des criminels ? Je songeais à Camille et Roxane qui avaient profité de leur capacité à la métamorphose pour voler. Moi, j’en avais profité pour m’imposer, à Londres, dans les exécuteurs comme le bras droit de Max. Je ne savais pas l’histoire de tous les métamorphes, à commencer par celle de Kate, mais il était assez courant de remarquer, du moins de ce que j’avais pu voir, que nous flirtions le plus souvent avec l’illégalité. Comme si nous ne pouvions pas associer normalité et métamorphose. Comme si dans notre conscience même était inscrit le fait que nous n’étions pas comme les humains et parce ce simple fait nous nous interdisions inconsciemment d’être normaux. J’aurai du me reconvertir en psychanalyste pour Métamorphes complexés au final, j’avais l’impression que discuter avec une métamorphe de la communauté me faisait bien trop réfléchir au sens de tout ça. Trop ? Ou seulement beaucoup ? Je fronçai les sourcils, et décidai de poser une autre question à Elecktra, pour savoir un peu ce qu’elle pensait de tout ça. J’avais en tête la discussion que j’avais eu il y avait de cela pas mal de temps maintenant, avec Camille, concernant une manière de contrôler la perte de notre anonymat.

« Si les circonstances nous amenaient à perdre notre… invisibilité, comment le vivrais-tu ? Tu y as déjà réfléchi ? »

Moi, je préférais ne pas y réfléchir, en temps normal. Mais je ne pouvais pas m’empêcher, dans un même temps, d’envisager toutes les possibilités. Les scénarios. Les possibles catastrophes que cela entraîneraient. Joie.


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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Jeu 10 Oct - 19:01

    Pour le moment, nous étions caché, nous le vivions bien comme le disait le proverbe : "vivons bien, vivons cachés !" mais ça ne resterait pas ainsi éternellement, je le savais. Jusqu'à quand ? Il était impossible de le savoir, mais il fallait rester en éveil quoiqu'il arrive, il fallait veiller à cette possibilité, celle où les métamorphes seraient découverts. Cela ne me plaisait pas, et je le confirmais à Alan qui était plus que d'accord avec moi mais que faire fondamentalement pour que cette échéance soit la plus lointaine possible ? Je ne savais pas, continuer à agir prudemment comme nous le faisons jusqu'à présent ? Oui, c'était la meilleure solution quoiqu'il arrive. Mais si jamais je devais faire comme Morgane Raybrandt dans le passé, je le ferrais. Je n'avais pas peur de montrer ce que j'étais aux autres même si je ne le désirais pas actuellement, mais si jamais nous devions nous révéler, je pourrais faire la porte parole s'il le fallait, être sous les feux des projecteurs je connaissais très bien, je l'avais été pendant quelques temps avec mon groupe de musique. Je ne serais pas un visage totalement inconnu du grand public, comme Camille l'avait été en France, avant de venir ici il y a maintenant une dizaine d'année au moins. Mais si je l'avais déjà envisagé, je préférais de loin que cela ne se fasse jamais ! J'écoutais alors Alan me dire que la situation changera un jour mais qu'il fallait voir dans quel sens cela irait. Perdre des plumes, lorsqu'il me dit ça, je pensais immédiatement à Camille qui se transformait en corbeau très souvent. Oui, il ne faudrait pas perdre trop de plumes, mais c'était facile à dire, dans les faits c'était plus compliqué que ça.

    " Facile à dire, mais dans les faits, c'est un peu plus complexe que ça, mais bon, il n'y a pas de raisons que cela n'aille pas dans le bon sens, n'est ce pas ? "

    Je disais ça en essayant de me persuader même si je n'y arrivais pas complètement. Il but une gorgée de café, il devait être encore brulant mais il ne sourcilla pas, comme s'il était tout en maîtrise. Mais je sentais qu'il était en train de réfléchir à nous, à ce que nous sommes et ce que nous pourrions devenir. Si nous nous révélions qu'est ce qui pourrait nous arriver ? Est ce que nous serions traités comme des bêtes de foire ? Pire, est ce que nous serions acceptés ou donner nouvel ennemi de la nation en plus des semi-démons. Je savais qu'il devait penser à cela, car j'y pensais moi aussi, puis il me posa finalement la question.

    " Qui n'y a pas déjà réfléchi ? Cela fait combien de temps qu'on se connait ? 7 ans environ. Alors j'ai eu le temps d'y penser, j'ai émis de nombreuses hypothèses, et je pense que toutes ne sont pas bonnes. Quoiqu'il advienne, le regard des gens changera, en bien ou en mal, mais il changera. Mon visage n'est pas totalement inconnu du grand public, je pourrais être le visage de ce que nous reflétons, comme certaines personnes l'ont été il y a 10 ans. Je serais prête à prendre ces risques pour nous tous ! "

    J'essayais de ne pas mettre véritablement de mots sur tout ça, restant évasive, mais suffisamment clair pour qu'Alan comprenne pleinement ce que je pourrais faire si jamais nous devions être révélés. Je pourrais devenir la Morgane Raybrandt ou d'Aubusson, je ne sais plus trop au niveau des métamorphes. Camille et Alan quant à eux deviendrait pour ainsi dire les Krystel et Augustus Raybrandt au niveau de notre race. La comparaison ne me plaisait pas plus que ça, mais elle était réaliste à mon sens.
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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Mar 22 Oct - 18:26




Hasard ou pas, chaque rencontre est unique.




" Facile à dire, mais dans les faits, c'est un peu plus complexe que ça, mais bon, il n'y a pas de raisons que cela n'aille pas dans le bon sens, n'est ce pas ? "

« Que croyez vous ? Que je ne suis pas conscient que ce ne sera pas aussi simple ? »

J’étais quelqu’un de susceptible. Elle était censé le savoir, elle était supposée en avoir conscience et brosser ma susceptibilité dans le sens du poil histoire que je ne me bute pas et que je ne devienne pas un peu trop sec dans mes réponses. Parce qu’en plus d’être susceptible, il s’avérait que j’avais sale caractère et encore plus lorsque j’étais vexé. Il n’y avait que quelques rares élus qui pouvaient me taquiner sans que je ne prenne la mouche, ou du moins sans que je ne me vexe trop. Kate, bien sûr, et Camille, parfois. La fin de sa phrase en revanche, essayait de dédramatiser la situation. Etait elle inquiète ? Nous l’étions très certainement tous, notre culte du secret s’étant mué en paranoïa aigue et asociabilité inquiétante, et nous ne devions surtout pas nous le cacher. Si nous commencions à ignorer notre peur face à la potentielle (j’avais peur, justement, de la décrire comme probable) perte de notre anonymat, nous étions très certainement totalement foutus. Car ignorer ce qui était probable, c’était stupide, et nous risquions ne pas nous y préparer ce qui était la pire erreur à faire, assurément.

" Qui n'y a pas déjà réfléchi ? Cela fait combien de temps qu'on se connait ? 7 ans environ. Alors j'ai eu le temps d'y penser, j'ai émis de nombreuses hypothèses, et je pense que toutes ne sont pas bonnes. Quoiqu'il advienne, le regard des gens changera, en bien ou en mal, mais il changera. Mon visage n'est pas totalement inconnu du grand public, je pourrais être le visage de ce que nous reflétons, comme certaines personnes l'ont été il y a 10 ans. Je serais prête à prendre ces risques pour nous tous ! "

Quel beau discours. Qui me laissait de marbre, clairement. Quel beau discours, avec tant de prises de risque et de position. Elle y avait déjà bien réfléchi, donc et de manière bien plus extrême que Camille ou moi avions pu le faire – et pourtant, nous avions envisagé de nombreuses possibilités tous les deux. Elle pensait déjà à la médiatisation, nous étions simplement à l’étape administrative et discussion avec les différents gouvernements qui allaient vouloir nous transformer en bouc émissaire, profitant pour cela de nos capacités métamorphiques en les prenant au pied de la lettre. Un peu trop d’ailleurs. Elecktra, elle, avait déjà surmonté ces problèmes en pensant à notre image publique et en s’appuyant sur ce qu’il s’était déjà produit avec les Raybrandt, et sous-entendant ainsi que nous allions devancer le monde et entamer nous même le processus de dévoilement. Je ne savais pas trop en penser. Le regard des gens changera. Qu’est ce qui lui faisait dire cela ? Certes, si nous nous exhibions comme des métamorphes, le regard des gens allait changer mais n’était-ce pas le cas ? Nous n’étions pas aussi visiblement différents des humains, et c’était simple de le prouver : notre anonymat malgré les années. Si nous n’étions pas aussi semblables, ils y auraient eu bien plus de marques de notre existence au sein des mythologies du monde. Non : il n’y avait pas de métamorphes polyvalents dans les cultures folkloriques ; les kelpies, les chat-garous, les tritons, le plus mineur des dieux égyptiens lui-même était mi-homme, mi-animal. Mais pas de métamorphe polyvalent. Pas non plus d’espèce distincte. Soit on est un kelpy, soit on est un triton : selon le folklore, des êtres capables d’être les deux ou les millions d’espèces animales possibles au monde n’étaient pas envisageables. Il y avait un besoin d’une unicité transformationnelle chez les humains, sûrement pour éviter de songer à toutes les possibilités. C’était d’ailleurs pour cette raison que Camille et moi avions eu l’idée de nous présenter, dans un premier temps, uniquement comme des garous d’une certaine famille. Par égard pour la pauvre humanité qu’une vérité aurait perdu, et pour nous préserver nous aussi. D’une voix que je voulus douce et posée mais qui s’avéra plus sèche qu’autre chose, je lui répondis :

« C’est bien gentil d’accepter de prendre de tels risques pour nous. Mais je ne pense pas que ce sera nécessaire si nous oeuvrons bien et négocions bien les récifs qui sont droits devant nous. Après tout… »

Je terminai mon verre d’une traite, sentant la brûlure du café suivant la descente du liquide dans l’œsophage, avant de reprendre.

« Toutefois je vais garder ça à l’esprit. C’est vrai que nous n’avions pas encore songé à une face médiatique, comme d’autres l’ont fait. S’il s’avère que nous n’avons pas le temps de prendre une décision, il serait bon de prévoir une mesure d’urgence, et je doute que Camille ou moins apprécions nous retrouver devant les projecteurs : dans ce cas là, nous aurions besoin de ton aide, c’est certain. Jusque là… tâchons principalement de trouver des solutions. Dans tous les cas : il est impératif de prévoir un… plan d’action pour ne pas se retrouver pris aux dépourvus. Et crois moi, Camille et moi y réfléchissons. Beaucoup. »

Même si je n’avais pas que ça en tête en ce moment, même si nous avions bien plus à faire, même si… même si nous n’en avions plus parlé depuis longtemps. Il fallait remettre ce sujet au goût du jour et prendre des décisions sans forcément demander son avis à tous les métamorphes. Après tout, si nous options pour une révélation partielle (imaginons que quelqu’un se transforme en chevreuil dans un centre commercial et que ça prenne une dimension incontrôlable), nous ne risquions pas de mettre en jeu l’anonymat des métamorphes du monde. Des êtres polyvalents dans leur transformation étaient bien trop incontrôlables pour les humains : il ne fallait pas qu’ils existent.

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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Ven 25 Oct - 15:41

    Il semblerait que j'ai atteint les limites d'Alan au niveau de la susceptibilité, alors je ne m'aventurerais pas plus loin sur ce terrain. Nous nous entendions bien, alors je ne voulais pas qu'il commence à me détester juste parce que je disais les choses qui étaient évidente. Je pouvais bien m'amuser à la brosser dans le sens du poil, mais après tout, je n'avais pas plus peur de lui que d'un autre. Nous étions métamorphe, dans cette alliance depuis le départ ou presque, j'avais adhéré immédiatement à leurs idées, à lui et Camille, ce n'était pas maintenant que j'allais me désolidariser d'eux. A moins qu'ils ne me rejettent totalement, chose qui n'avait pas lieux d'être, je leur resterais toujours fidèle, quoiqu'il advienne. Pour le moment, nous vivions dans l'ombre, pour le moment seulement, mais pour combien de temps ? C'était une question qui valait son pesant d'or, et je n'avais pas la réponse, le plus tard étant le mieux, évidemment. Mais ce plus tard semblait être à nos portes. J'avais déjà envisagé de nombreuses choses, comme choisir de nous révéler au monde. J'étais prête à porter le chapeau d'ailleurs si cela était nécessaire, mais sans doute que mes propos ne plairaient pas forcément à Alan. Pourtant, mon beau discours à propos de ce que je pourrais devenir pour les métamorphes le laissa de marbre, comme si finalement, il n'avait aucun sens, ou alors qu'il allait y réfléchir. Bien entendu, je ne prendrais pas une décision seule, nous nous rendrions au QG pour décider si cela pouvait se faire ou pas, mais j'attendais un premier avis d'Alan, il était quand même le second de la communauté, son avis aurait de l'importance. Il me dit que c'était bien gentil de prendre de tels risques pour la communauté mais que nous n'en aurions pas besoin si nous agissions intelligemment. Néanmoins, il retenait ma proposition. Il la gardait à l'esprit si jamais il fallait que les métamorphes prennent une forme publique. Il n'y avait pas pensé visiblement, j'avais été plus prompt qu'eux deux à ce niveau mais si jamais nous nous révélions, bon gré ou mal gré tout, il fallait pensé à cela. Pour le moment, il essayait de penser à un autre plan d'action pour ne pas se retrouver le bec dans l'eau et Camille et lui y pensaient sérieusement. Un plan pouvait s'élaborer rapidement, j'en avais élaboré des centaines dans ma tête, mais quoique nous décidions de faire, l'issue serait incertaine.

    " Vous n'êtes pas les seuls à y avoir réfléchis. Un plan peu s'élaborer rapidement quoiqu'il advienne, je vous fais confiance, vous saurez agir de la façon qu'il faut pour tous. Si vous avez besoin d'une autre tête pensante, je suis et je serais toujours là. C'est dans la multitude des conseillers que la décision est la meilleure. Mais je suis prête à m'engager sur ce que j'ai dit, que je le fasse demain ou dans 3 ans, ça ne changera pas. "

    Je ne savais pas si mes propos allaient lui convenir mais jusqu'à présent, même s'il avait été un peu sec avant de finir son café, il avait été ouvert à ce que je lui avais dit. Espérons qu'il me fasse suffisamment confiance pour avancer vers le meilleurs, ou peut être le pire, allez savoir.
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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Dim 3 Nov - 20:38




Hasard ou pas, chaque rencontre est unique.




" Vous n'êtes pas les seuls à y avoir réfléchis. Un plan peut s'élaborer rapidement quoiqu'il advienne, je vous fais confiance, vous saurez agir de la façon qu'il faut pour tous. Si vous avez besoin d'une autre tête pensante, je suis et je serais toujours là. C'est dans la multitude des conseillers que la décision est la meilleure. Mais je suis prête à m'engager sur ce que j'ai dit, que je le fasse demain ou dans 3 ans, ça ne changera pas. "

Elle se trompait, j’en avais la conviction. Un plan ne pouvait pas s’élaborer rapidement, il fallait minutieusement le préparer, envisager toutes les possibilités, pour essayer d’atteindre le risque zéro – quand bien même il était impossible de l’effleurer. Elle se trompait, j’en avais la conviction, tout en me touchant d’une certaine manière par la confiance qu’elle pouvait placer en la communauté. Elecktra était le fruit de la communauté des métamorphes, c’était une certitude. Elle ne réfléchissait pas pour elle seule, elle réfléchissait pour la communauté. Elle avait cette idéalisation que Camille avait aussi, concernant une décision prise à plusieurs. Comme quoi, plus il y avait d’avis, meilleure serait la décision finale. J’étais moi aussi de cet avis, mais je mettais cependant quelques réserves quant à la mise en pratique d’une telle théorie utopique. Il y avait toujours des mécontents. C’était une constante dans tous les groupes, toutes les communautés, tous les rassemblements, tous les régimes et nous ne pouvions pas aller contre. Ce qui nous aidait actuellement, c’était le fort sentiment d’indépendance des métas et leur sentiment de solitude qui les poussait non pas à considérer la communauté comme ce qu’elle était, mais plus un rassemblement d’une même espèce pour arriver si ça s’avérait nécessaire un jour, à faire un front commun contre un adversaire de notre race. Nous n’étions pas les seuls à y avoir réfléchi ? Et bien, j’osais espérer qu’en effet, nous n’étions pas les seuls métamorphes à nous soucier de ce qui allait advenir de nous si jamais les humains apprenaient notre existence et se décidaient à nous haïr ou à nous protéger. Une vibration dans ma poche m’informa qu’on essayait de me contacter. « Hum, excuse-moi deux secondes s’il te plait… » Je sortis mon téléphone et regardai le numéro. Je fronçai les sourcils. Le numéro qui s’affichait m’était inconnu, et ce n’était pas ce que je préférai. Je laissai le téléphone vibrer dans ma main, incertain, et lorsque je pris la décision de répondre, l’appel s’interrompit, ma boite vocale ayant pris le relai. J’haussai les épaules, et rangeai le téléphone avant de m’excuser auprès d’Elecktra. « Un inconnu. Désolé. » Je fis un discret signe en direction d’un serveur qui répondit sur le même ton qu’il allait arriver dans quelques minutes.

« C’est le principe de la communauté. Que nous agissions le plus possible de concert, et que tous soient d’accord, dans la mesure du possible, avec les initiatives de Camille. Le problème, c’est que le risque zéro n’existe pas, que ce soit concernant notre anonymat ou le risque tout simplement, que certains ne soient pas contents. S’il faut agir rapidement, le problème ne sera pas de trouver un plan ni même de l’appliquer, c’est notre travail à Camille et à moi, et même à tous, de faire en sorte qu’il y en ait un de prêt, mais ce sera de… de faire face au contre coup., je fis une petite pause, avant d’expliquer davantage : Ce sera de faire face à des problèmes que nous ne pouvons que partiellement prévoir, des contre coups que nous ne pouvons pas envisager parce que nous n’avons pas tous les éléments en main… le problème, ce sera de faire face à tout cela., je fixai Elecktra dans les yeux. Ce sera lorsqu’il faudra faire face à ce contre coup que ton soutien sera le plus important, parce que ce sera à ce moment là que la communauté aura le plus besoin d’être soudée autour de celui qui aura pris les décisions en notre nom à tous. Ce sera à ce moment là, où tout dépendra de la réaction de chacun d’entre nous, et de toi plus encore parce que tu es l’une des premières à nous avoir rejoints. »

J’avais besoin de pouvoir faire confiance à quelqu’un, à au moins une personne qui ne plantera pas de couteau dans le dos de Camille – et dans le mien tant qu’à faire – si jamais nous prenions la décision de prendre les devants et de nous révéler nous même aux humains pour contrôler entièrement ou presque les implications d’un tel acte. J’avais besoin de savoir qu’Elecktra nous faisait suffisamment confiance pour savoir que nous réfléchissions chacun de nos actes, de savoir qu’elle nous faisait confiance quant au fait que nous sachions vers où nous allions. J’avais presque besoin qu’elle me dise qu’elle était prête à tout sacrifier pour que les métas ne subissent pas ce qu’avaient subi, dans une autre mesure, les loups, les semi-démons et les vampires. Moi-même, j’étais prêt à presque tout sacrifier si j’étais certain que la cause des métas s’en verrait renforcée. Presque, parce que bien sûr il n’était pas question de sacrifier Kate ou notre enfant. Ou Camille. En revanche, j’étais bien entendu tout à fait prêt à me sacrifier. Je l’envisageai, même. De toute manière, ma vie et mon intégrité n’était rien. Nous étions à un tournant de l’histoire des Métamorphes, il s’agissait de ne pas chipoter.

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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Jeu 7 Nov - 22:50

    Je ne savais pas vraiment si mes paroles lui conviendraient ou pas, mais j'étais franche avec Alan, sans pour autant le brusquer, du moins, je l'espérais. Il n'aimait pas qu'on aille dans un sens différent du sien, mais j'étais en phase avec ce qu'il voulait. Fallait-il prendre les devants et annoncer que les métamorphes existaient vraiment au même titre que les lycanthropes et les vampires ? C'était là un point assez difficile à dire. Quoique nous fassions, nous serions un jour ou l'autre découvert. Je le savais, notre anonymat était en péril alors j'avais pensé à cette éventualité de nous découvrir un petit peu avant que la tempête ne soit là. Mon visage était déjà connue, du moins, il le fut, il y a quelques temps, j'étais dans un groupe de musique assez connu, mais nous avons disparu de la circulation, je passerais les détails, mais je ne pense pas que le public soit mauvais avec moi si je décide de revenir sur le devant de la scène. Tout était difficile à prévoir de toute façon, c'était ce qui j'aimais le moins. On a beau pensé à de nombreuses possibilités, il y a toujours quelques choses qui ne va pas. Le téléphone d'Alan se mit alors à vibrer, il s'excusa auprès de moi, mais il décida de ne pas décrocher, ou tout du moins, il le fit trop tard, sa boite vocale ayant pris le relai. Un appel avec un numéro masqué, autrement dit, pas la meilleure chose qui soit mais bon, on ne sait jamais. Cela ne sembla pas le déranger plus que cela en tout cas, et il me dit ce qu'il avait à me dire. Le risque zéro n'existait de toute façon nul part, n'est ce pas ? Il est impossible de prévoir toutes les variables d'une équation. La vie, ce n'est pas un problème simplement mathématique. Il y a toujours cette variable totalement inconnu qui peut apporter le déséquilibre.

    " Je serais là s'il faut faire face à un contre coup. Il est très important que vous soyez soutenus, que nous nous soutenions entre nous. Sans cela, je ne vois pas comment nous pourrions survivre à quoi que ce soit. Même si la situation est critique, il faut agir ensemble, se soutenir. J'ai parfaitement conscience que je peux jouer un grand rôle dans tout ça, et je suis prête à le faire quoiqu'il en coute, n'importe quand ! "

    Est ce que c'était ce qu'il voulait entendre ? Je ne le savais pas, mais je parlais avec mon cœur et mon esprit qui allaient de paire. Ce n'était pas pour rien que je faisais partie de cette communauté depuis ces débuts ! Je savais que je n'étais pas la seule à pouvoir me transformer, alors j'avais accepté tout cela, je faisais partie des fers de lance de cette communauté, et ce n'était pas parce que la situation se détériorait que j'allais abandonné le navire, croyez-moi !
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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Sam 9 Nov - 22:57




Hasard ou pas, chaque rencontre est unique.




J’étais quelqu’un d’un petit peu pessimiste. De méfiant. De stressé. D’angoissé. J’avais tendance à ne faire confiance qu’à très peu de personnes, et à retirer ma confiance aussi rapidement qu’elle était venue lentement. Et pourtant Elecktra avait réussi à gagner de ma confiance. J’avais besoin actuellement de cette confiance, pour ne pas avoir peur que l’on me plante un couteau dans le dos, quand, avec Camille, nous allions être dans une tension bien supérieure à celle que l’on vivait actuellement, et lorsque nous allions devoir gérer une situation de crise. C’était pour ça que la question que je posais à Elecktra était bien plus importante que ce qu’elle pouvait s’imaginer. C’était pour ça, aussi, que je la fixais intensément, en guettant sa réaction. « Je serais là s'il faut faire face à un contre coup. Il est très important que vous soyez soutenus, que nous nous soutenions entre nous. Sans cela, je ne vois pas comment nous pourrions survivre à quoi que ce soit. Même si la situation est critique, il faut agir ensemble, se soutenir. J'ai parfaitement conscience que je peux jouer un grand rôle dans tout ça, et je suis prête à le faire quoiqu'il en coute, n'importe quand ! » Elle se surestimait, à n’en pas douter. Peut être qu’elle allait jouer un grand rôle mais je ne comprenais pas vraiment cette ambition. A croire qu’elle n’avait pas passé sa vie dans l’anonymat, qu’elle n’avait pas… elle n’avait pas cette même fibre métamorphique qui nous avait poussés, Camille et moi, à protéger l’anonymat des métamorphes pendant toutes ses années, tout en combattant notre habitude d’indépendance poussée à l’extrême par le biais de la création de la communauté. Elle n’avait pas cette fibre qui nous poussait à nous fondre dans la population. Ce n’était pas simplement par crainte de la réaction de l’humanité que je voulais voir notre anonymat préservé. Ce n’était pas simplement par peur, c’était plus parce que dans un sens, je n’assumais pas ma nature. J’avais grandi dans une culture du secret qui frôlait la psychose, des années plus tôt j’avais été choqué de voir une métamorphe se fondre parmi les loups pour ne pas avoir à cacher qui, ou plutôt ce que, elle était. Je ne concevais pas la possibilité d’assumer en public le fait de ne pas faire partie de la même espèce que l’humanité. Je ne me voyais pas du tout me transformer en public, c’était bien trop intime, c’était bien trop secret. Oui, si elle était amenée à jouer un grand rôle, ça allait être parce que j’allais avoir la trouille de l’assumer, moi. Parce que ce n’était pas moi, ce n’était pas ma conception de la métamorphose, que d’arriver devant une scène de télévision et de dire à haute voix : [i] « Bonjour, je m’appelle Alan Dougal, et je suis un métamorphe »[/color]. Qui, parmi les métamorphes, était capable d’une telle… franchise ? Elle, visiblement. Je pris une inspiration. Cette discussion, au moins, m’avait permis d’avoir quelques certitudes, ou du moins des convictions s’en approchant. J’avais atteint mon objectif, et j’étais quelque peu rassuré. Je commençai à me lever.

« Tu m’en vois rassuré. Autant que tu peux le croire. En effet, il faut se soutenir. C’est l’intérêt de la communauté, d’ailleurs. D’ailleurs, j’ai un dernier service à te demander. » Je rangeai la chaise, en sortant mon portefeuille pour payer nos consommations auprès du serveur venu à mon appel. Je le remerciais, avant de poursuivre, fixant Elecktra dans les yeux : « Si jamais il y a un problème, si jamais un jour il y a un problème., un conflit avec des vampires, un conflit avec des loups, un conflit avec des humains… je n’avais pas besoin de préciser tout cela, ou du moins je ne le jugeais pas indispensable. Protège Camille en priorité, c’est lui qui permet à la communauté de rester soudée. Compris ? » Ce n’était qu’à moitié une question. Je voulais que ce soit clair, et il n’y avait pas intérêt à ce qu’elle démente cette semi-affirmation. Je lui fis un petit sourire, et ajustai ma veste, en regroupant les feuilles de la publication scientifique que j’avais lu avant son arrivée, et les rangeai dans mon sac, dont je fis passer une lanière sur mon épaule. Il était temps de rentrer.


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MessageSujet: Re: Hasard ou pas, chaque rencontre est unique. [Livre II - Terminé]   Jeu 14 Nov - 16:15

    Il faut l'avouer, depuis que je me savais différente des humains, j'avais appris à le cacher, mais je ne m'en étais jamais rendue au même niveau que celui d'Alan. Est ce que c'était bien ou mal ? Je ne savais pas trop, mais je me trouvais plutôt équilibrée dans le sens, où jamais je ne dirais aux autres ma nature, mais que je ne me privais pas de vivre une vie à peu près normale. Je savais que tôt ou tard, il y aurait une crise, et que peut être je devrais me dévoiler au monde, je devrais nous dévoiler au monde. Même si je ne l'espérais pas, je ne le voulais pas vraiment, j'y avais réfléchis, et je le ferrais s'il fallait le faire. Alan devait bien le comprendre. Même si nous vivions dans le secret depuis ces années sanglantes, s'il le fallait je me transformerais devant une salle ébahie en léopard. C'était quelques choses d'intime, j'en conviens, mais peut être que cela serait nécessaire et je le lui disais clairement. J'avais cette chance que mon visage n'était pas complètement inconnu aux yeux du monde. Si jamais ils me voient, alors peut être penseront-ils que je vais me relancer véritablement dans la musique, avec un nouvel album et tout cela, alors que je serais là pour leur prouver l'existence d'une nouvelle espèce, comme Morgane Raybrandt l'avait fait en son temps. Alan semblait être rassuré de savoir que je serais là pour lui, pour Camille pour les autres quoiqu'il arrive. Il avait cependant un dernier service à me demander. Je le regardais de mon petit air surpris, même si au fond, je me doutais de ce qu'il allait me dire. Pourtant, quand les mots sortir de sa bouche, je fus réellement surprise de ce qu'il voulait me demander. Si jamais il y avait un problème, il voulait que je protège Camille en priorité, il était le ciment qui permettait à la communauté de rester soudée. Enfin, je sentais un ton légèrement interrogateur, même si la réponse ne pouvait être négative.

    " Oui, tu peux compter sur moi ! "

    Il s'était levé, la conversation se finissait, j'en avais bien conscience. En même temps, nous avions fait à mon sens le tour de la question. Il était venu pour prendre la température, pour se rassurer à quelques parts à mon sujet, non ? Je ne l'avais vraisemblablement pas déçue, il me faisait confiance et c'était réciproque, depuis plus de 6 ans à présent. Il regroupa ces feuilles qu'il rangea soigneusement dans son sac, il allait partir. Je le laissais aller, je devais aller voir le patron pour savoir ce qu'il avait pensé de ma prestation du soir. J'espérais sincèrement qu'il l'avait appréciée. C'était déjà la deuxième fois que je venais ici en peu de temps, et je ne doutais pas que j'allais revenir encore.
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