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[FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]
MessageSujet: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Sam 24 Aoû - 0:08




The Lightning Strike


- Oui, c'est ça, Rebecca, parfait, tu peux me la refaire la mine un peu plus boudeuse ? Voilàààà, exactement, regarde au loin l'air songeuse, magnifique ! C'est très bien, l'appareil t'adore, ma belle !

Alessandro était un drôle de numéro mais j'avais l'habitude. Il pouvait passer une heure à prendre des photos et tout trouver sublime alors qu'il n'avait en réalité besoin que d'un cliché ou deux. Mais il fallait avouer que le résultat était toujours à la hauteur. Les plus beaux clichés de moi étaient ceux qu'il avais pris pour les deux autres shootings auxquels j'avais participé sous son objectif. La prise de vue d'aujourd'hui était un peu différente, en plein air. Malgré le climat difficile, il avait tenu à imposer sa vision et je m'étais donc plié à ses caprices comme tout bon modèle qui se respecte. C'était le photographe, l'artiste, nous n'étions qu'un outil dans la réalisation de ses œuvres.

- Ok, parfait, encore une, voilà, mets-toi légèrement en en avant, les mains sur les genoux, oui voilà, comme ça ! Une petite dernière et je te laisse prendre une pause. Voilà, magnifique !

Son accent italien me faisait sourire et il était beaucoup plus agréable que la majorité des autres photographes avec qui j'avais pu travailler, imbus d'eux-mêmes, impatients, intolérants.

- C'est bon, ma belle, tu peux prendre cinq minutes et on reprend.

Alors que je me dirigeais vers la fourgonnette pour attraper une bouteille d'eau, un vacarme sourd et lointain me fit tourner la tête vers l'autre côté de la rue. Les bruits se rapprochaient et je commençais à discerner des cris. Je jetai un coup d'œil à l'assistante d'Alessandro:

- Il y a une manifestation en ville, aujourd'hui ? Demandai-je, surprise.

Elle pâlit et secoua la tête :

- Pas autorisée en tout cas.  
- Ho non, tu crois que c'est… ?

Son regard inquiet m'en dit plus long que ses paroles:

- Il faut qu'on s'en aille ! Tout de suite !

Je sentais la peur s'immiscer sournoisement dans mes veines. Les derniers rassemblements citoyens avaient finis en émeutes et les surnat étaient pourchassés et tués sans pitié. Pour l'instant, personne ne connaissait ma nature, mais cela ne me mettait pas à l'abri pour autant. Personne n'était à l'abri. Les gens perdaient complètement la tête. D'autres humains avaient péri depuis le début des hostilités, certains simplement en essayant de s'interposer. Cela faisait depuis le début du mois que les rues étaient devenues particulièrement dangereuses mais nous avions pourtant pensé que nous serions plutôt tranquilles au beau milieu de la journée, loin du couvre-feu et de toutes les histoires qui se racontaient dans les rangs des émeutiers, il semblerait que j'ai eu tort.

- Alessandro ! Appelai-je. Il faut qu'on parte !

Je l'entendis jurer en italien et il nous fit signe de ramasser le matériel et de monter dans la fourgonnette. On ne se fit pas prier et deux minutes plus tard nous étions en route. Alessandro jura encore alors qu'une déviation due à des travaux nous obligeait à faire demi-tour, droit vers la source du chaos ambiant.

- Arrête-toi ! On ne peut pas aller là-bas !

Je m'agrippais à son bras alors qu'il grommelait que ce n'était pas de foutus extrémistes à la noix qui allaient lui dicter sa conduite. Avant que je comprenne ce qui arrivait, nous étions pris au beau milieu d'une foule compacte. La police essayait tant bien que mal de contenir les flux incessants d'humains survoltés brandissant arme en tout genre et pancartes haineuses envers ceux qui étaient différents d'eux. J'étais terrorisée.
Le véhicule cala et se mit à tanguer sous les assauts des manifestants. Je sentis mon cœur s'affoler. Les cris, les coups de feu, le début d'incendie qui semblait s'être déclaré un peu plus loin, tout ça donnait à ce spectacle un avant-goût d'apocalypse.
Le photographe à mes côtés était rentré dans une rage folle, galvanisée par les insultes autours de nous. Quelque chose s'écrasa contre le pare-brise et je me crispai dans mon siège. Puis tout se passa très vite, Alessandro ouvrit la fenêtre pour répliquer et insulter ceux qui nous entouraient, klaxonnant comme un forcené.

- Alessandro, arrête, je t'en prie ! Suppliai-je, livide, alors que la fourgonnette tanguait de plus en plus.

Puis soudain, une main jailli à travers la fenêtre ouverte et je poussai un cri alors que le photographe était violemment tiré à l'extérieur.

- Non !

Horrifiée, je posais mes deux mains sur ma bouche alors que je le voyais être poussé entre les mains d'un petit groupe qui s'amusait de lui. Il fut plaqué contre la portière et je vis parfaitement le premier poing fuser. Puis je l'entendis grogner et crier :

- Ça vous allez le regretter !

Tétanisée, je le perdis un instant de vue, mais un mouvement de panique se répandit dans les émeutiers autour de la fourgonnette et soudain je vis l'imposante silhouette d'un loup se jeter sur ses bourreaux. J'eu à peine le temps de penser "Alessandro est un loup-garou !" qu' une giclée de sang tapissa le pare-brise alors qu'il en attrapait un à la gorge. Je restai figée, horrifiée, alors que les autres pointaient leurs armes sur lui. J'entendis deux coups de feu, mais le loup n'était toujours pas à terre, et il déchiquetait sa troisième victime.
Je me précipitai sur la portière pour refermer la fenêtre et me tournait vers l'assistante. Elle avait disparue !

- Abigail ? Abigail !

Je me pressai contre la portière passager pour essayer de voir son visage à travers la foule, en vain. J'étais paniquée. L'attaque du loup avait empiré la hargne des manifestants. Un nouvel assaut contre la fourgonnette me fit reculer au beau milieu du véhicule. Je me pris la tête entre les mains en priant pour qu'on me sorte de là. Je ne sais pas combien de temps je restai là, sursautant et criant de peur à chaque fois que quelque chose heurtait le véhicule. Je voulais tellement être invisible, que j'avais sûrement dû le devenir, malgré moi. Mais bientôt les choses se calmèrent. Quelqu'un, quelque part, sembla avoir entendu mon appel.

- Mademoiselle ! Mademoiselle, vous m'entendez ?

Je relevai la tête pour croiser le regard d'un membre des forces de l'ordre derrière la vitre. Les émeutiers étaient en train de se disperser. J'entendais les sirènes en tout genre retentir partout à l'extérieur.

- Est-ce que vous pouvez ouvrir la portière ?

J'acquiesçai, incertaine et me penchai pour débloquer la porte.

- Vous êtes blessée ? Demanda-t-il.

Je secouai la tête même si je n'en étais pas certaine. Il me tendit la main et m'aida à m'extirper du véhicule. Je tremblais tellement qu'il dû me prendre dans ses bras. Mon regard se perdit sur le cadavre méconnaissable d'Alessandro et des quatre bourreaux qu'il avait emmené dans la tombe avec lui.

- Ne regardez pas.

Mais il était trop tard. J’enfouis mon visage contre l'épaule du policier tandis qu'il me portait jusqu'à une ambulance non loin. J'étais en état de choc. Un médecin s'occupa de moi avec douceur et le policier me posa quelques questions pour que je lui explique ce que j'avais vu. Les mots moururent dans ma gorge. Il me demanda mon adresse mais je fus incapable de lui répondre. J'étais loin de chez moi, enfin je crois. Je ne savais pas comment j'allais faire pour rentrer. Il m'expliqua qu'on allait m'emmener à l'hôpital et cela sembla me réanimer :

- Non ! Pas l'hôpital ! Je n'ai rien, je veux rentrer chez moi, s'il vous plaît. Je… je peux vous raconter ce qu'il s'est passé !


La voix hachée et tremblotante, je lui expliquai tout, depuis notre séance photo avortée jusqu'à l'agression d'Alessandro et la disparition d'Abigail. Je n'arrivais pas à croire qu'une telle chose ait pu arriver. J'avais l'impression d'être éteinte. Il me demanda s'il fallait que quelqu'un m'accompagne chez moi. J'acquiesçai.

Je ne m'étais pas rendue compte que je pleurai avant que ma vision ne se trouble et que je doive chasser les larmes de mes yeux pour voir la route. Le policier me laissa sa carte et m'abandonna devant mon immeuble en me promettant que ça allait aller et en me conseillant d'éviter le centre-ville pendant quelques temps. Il était un peu tard pour ça.
Je rentrais chez moi et m'effondrai sur le canapé en me mettant à sangloter sans pouvoir m'arrêter. J'étais horrifiée, écœurée, bouleversée, par ce que j'avais vu. Comment qui que ce soit pouvait faire preuve d'autant de méchanceté ? Ça aurait pu être moi sous leurs coups, ça aurait pu être n'importe qui… Alessandro était mort sans avoir rien fait pour mériter ça… dans quel monde vivions-nous aujourd'hui ? Cela ne me rappelait que trop les circonstances qui m'avaient fait emménager ici plus de deux ans et demi auparavant. J'avais voulu tirer un trait, recommencer ailleurs, et maintenant ? Je me disais à nouveau que j'aurais mieux fait de tout plaquer et de quitter le pays quand j'en avais encore l'occasion. Je finis par m'assoupir en pleurant sur mon sort, celui d'Alessandro et celui de toutes les créatures surnaturelles persécutées. Sans compter les dommages collatéraux et ces pauvres humains qui n'avaient rien à voir avec tout ça mais qui en payaient tout de même le prix.  Nous vivions une époque troublée. Nous n'avions plus aucun repère, tout le monde vivait dans la crainte. Je n'avais jamais été une grande fan de vampires et même si je n'avais rien contre les loups-garous, j'évitais généralement de les côtoyer, pas par discrimination mais par sécurité. Je vivais déjà dans la crainte constante qu'on découvre mon secret, je ne pouvais pas gérer celui des autres. Je ne supportais pas d'être au cœur des conflits, cela faisait 6 ans que j'essayais de les éviter et je finissais toujours par me retrouver mêler à tout ça sans le vouloir. Je devais être maudite.

Je me réveillais avec la tête douloureuse d'avoir trop pleuré. La nuit tombait à peine. Je me demandais combien de vampires avaient été tués dans leur sommeil aujourd'hui et malgré moi cette pensée m'attrista encore davantage. Personne ne méritait un tel acharnement. Nous étions en train d'être disséminés. Un véritable génocide et l'état ne faisait rien ! Je rejoignis la salle de bain et m'aspergeais le visage d'eau. Le miroir me renvoya l'image de mon double aux yeux rougis par les larmes, plus pâle que je ne me souvenais l'avoir jamais été. Je portais encore les vêtements du shooting. J’eus l'impression d'étouffer tout à coup et je me débarrassais brusquement de ces fringues pour aller noyer ma peine sous la douche. Je ne supportais pas le contact de l'eau chaude sur ma peau alors je pris une douche glacée.  Puis j'enfilai un jean et un tee-shirt propre et m'attachais les cheveux après les avoir sommairement séchés. J'essayais de me redonner figure humaine, sans grand succès, mais ça n'avait pas d'importance. Je savais déjà que je ne fermerais pas l'œil de la nuit de toute façon. Pas sans un peu d'aide.
Je me dirigeai vers la cuisine et fouillai dans les placards pour en sortir une bouteille de vodka. Voilà toute l'aide dont j'avais besoin.
J'envisageai un instant de me laisser choir sur le sol et boire toute seule jusqu'à la dernière goutte du précieux liquide. Mais de la musique de l'autre côté du palier me fit reconsidérer cette option. L'étau autour de mon cœur se desserra légèrement alors que je pensais à Camille. Oui, voilà, c'est exactement de ça dont j'avais besoin. De lui. De sa gentillesse, de son sourire. Il fallait que je sorte de chez moi, que je vois du monde, je n'allais pas supporter mon appartement étriqué avec pour seule compagnie ma sordide solitude. J'avais besoin d'air, j'avais besoin de voir des gens, des gens normaux, des gens que j'appréciais, des gens capable de me faire oublier l'horrible journée que je venais de vivre. En fait, je n'avais pas besoin "des gens", j'avais besoin de Camille, mon voisin craquant qui était devenu au fil du temps, sans même vraiment que je le réalise, mon meilleur ami. Ce n'était pas juste d'aller l'ennuyer avec mes histoires, mais j'avais désespérément besoin de sa présence. Tout plutôt que de me morfondre ici toute seule. J'hésitai un instant, la bouteille toujours dans les mains avant de sortir mon appartement et de frapper à la porte d'en face.
Mon cœur s'allégea un peu plus quand Camille ouvrit la porte. Je savais que je devais avoir une tête affreuse et qu'il devait être évident que j'avais pleuré. Mais ça n'avait pas d'importance. Je me forçais à sourire, mais ne réussit qu'à grimacer légèrement en lui montrant la bouteille.

- J'ai pas l'habitude de boire toute seule, mais j'ai vraiment besoin d'un verre. Ou de plusieurs… Tu m'accompagnes ?




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MessageSujet: Re: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Sam 24 Aoû - 23:27




The Lightning Strike

Le poids de portable sur ma paume devenait presque dérangeant alors que je restais figé devant ma télévision. La journaliste expliquait avec une froide objectivité les événements qui bouleversaient à l'heure actuelle les rues écossaises. J'observais impuissant les images du massacre depuis mon canapé. Que pouvais-je faire ? Sortir ? Me battre contre qui ? Des humains se sentant menacés ? Être tué au nom de quoi ? De l'insécurité ? Je me passais une main sur le visage. Je ne savais pas quoi faire alors qu'on venait de m'annoncer la mort de quatre métamorphes pris dans la mêlée. La vérité, c'était qu'il n'y avait rien à faire. Je ne pouvais pas sauver tout le monde, pas vrai ? Cette seule et simple pensée me donnait la nausée. Je me dégouttais à être ici alors que des miens étaient en train d'agoniser là-bas. De longues minutes s'écoulèrent sans que je parvienne à détacher mes yeux du triste spectacle que les médias nous offraient. Je voulais me confronter à la réalité sans pour autant être au coeur de la crise. Un lâche ? Peut-être. Fondamentalement, me retrouver bloqué au centre des batailles, de cette bataille particulièrement ne changerait rien. N'est-ce pas ? Tout ça sonnait tellement faux et je ne me supportais pas à contempler tout ce massacre. J'abandonnais le peu de bravoure qu'il me restait en coupant le son – apparemment, les émeutes s'estompaient de toute manière. Je posais mon téléphone sur la table basse et balayai mon appartement. Je suffoquais ici. Je décidais de passer sous la douche pour me remettre les idées en place, encore chamboulé par tout ce remue-ménage, priant une fois de plus pour une stabilité proche. Est-ce que la paix pourrait être jamais rendue à cette partie du Monde ? Je commençais à croire que nous resterions toujours en guerre. Le jet d'eau n'y changea rien d'ailleurs, aussi brûlant qu'il soit, je me sentais toujours frigorifié. Encore plus de morts sur la conscience. Pas ma faute ? Ils étaient sous ma protection – peu importe les circonstances. Je revoyais leur visage en boucle, sans répit. Je sortis de la salle de bain après avoir changé de vêtements. Ce silence me lacérait l'âme et engendrait toujours plus de questions. Je choisis au hasard un cd dans ma pile et le plaçai dans ma chaîne hifi. Je mis le volume presque à son maximum avant de me servir un verre de vin et de m'allonger dans mon lit avec. Drôle de façon de penser à autre chose ? Certes. J'en bus de longues gorgées tout en jetant un œil distrait sur mon ordinateur portable qui reposait juste à côté de moi. La nuit allait être longue. Je restais dans l'attente du nombre d'innocents massacrés, des prochains noms qu'on me sortirait – changeur ou non. Nous vivions tous dans cette crainte depuis tellement longtemps. La culpabilité me torturait toujours plus sournoisement alors que je dégustais mon breuvage avec peu d'entrain.

Quelques petits coups contre le bois de ma porte me firent relever la nuque. Qui ? Je déglutis douloureusement. Un loup, un membre de la brigade, un des miens ? Mon esprit fonctionnait tellement que je partais en délire irrationnel. Je m'approchais très lentement de l'entrée, reposant mon nectar sur la table de la salle à manger en passant. Mon odorat trouva une forte concentration d'un parfum plutôt réconfortant et en ouvrant tranquillement mon antre, je découvris sa propriétaire. Cette vision apaisa un peu ma peine mais grossit mon inquiétude. Rebecca avait les yeux rougis, les traits décomposés, la mine pâle. Qu'est-ce que... ? Que s'était-il passé ? Elle me proposa de but en blanc de partager sa bouteille. Mon premier réflexe fut de me rapprocher d'elle et de poser ma main sur son bras en un geste de pur soutien, voir de protection. J'avais envie de lui demander ce qui n'allait pas. Mais je me doutais que ça avait un rapport avec ces manifestations de violence. Elle avait perdu quelqu'un ? Ou pire... on s'en était pris à elle ? Je la fixais avec intensité, laissant l'anxiété prendre place sur mon visage. Elle voulait oublier de toute évidence, pas en parler. Après quelques secondes à me battre contre cette envie démentielle de la serrer contre moi, j'articulais en fin « D'accord. » Elle était mal et j'étais moi-même chamboulé. Je réalisais les risques que j'encourais à l'amener chez moi dans le but de se saouler qui plus est. Je me rappelais de la dernière fois où sa vulnérabilité était entrée en collision avec mes envies. Et surtout, j'avais conscience que je n'étais pas en état de lutter proprement aujourd'hui. « Je te propose mieux, on va dans un bar et c'est moi qui régale. Attends moi ici. » Je la lâchai à regrets et reculai pour éteindre la télévision, la chaîne hifi. J'enfilai des chaussures en quatrième vitesse tout en veillant à ne pas la perdre de vue et attrapai au vol une veste. Je la rejoignis sur le palier en moins de deux minutes et résistai à l'envie oppressante de l'envelopper de mes bras. Je n'aimais pas la voir dans cet état, vraiment pas.

« On peut y aller. » Je lui offris l'esquisse d'un sourire avant de dévaler les escaliers à ses côtés. J'ouvris la portière de ma voiture sans un mot et la laissa prendre place dans l'habitacle. Je me plaçai derrière le volant en me sentant relativement plus détendu pour l'instant - bouger me donnait l'occasion d'évacuer toute la tension et je me félicitais d'avoir eu cette idée. Sans compter que même si ma voisine semblait attristée, sa présence m'apaisait étrangement. Je coupais la radio dès que les premiers échos des infos s'animèrent dans notre espace. La déprime était déjà assez évidente pour qu'on en rajoute. Je ne lui parlais pas de la vraie destination quand je me lançai sur l'asphalte. Je choisis l'endroit le plus près et le mieux fréquenté pour notre soirée beuverie. Je me garais quasiment en face de l'enseigne et me retournai vers elle pour jauger son expression. « On est arrivé à destination. » J'avais envie de la toucher, de l'implorer de m'expliquer ce qui l'avait rendue si... triste. Mais je n'en fis rien. Je sortis le premier du véhicule et la retrouva sur le trottoir. Nous entrions tous les deux dans l'établissement. Je la laissai choisir nos places et commandais quasiment directement de l'alcool fort pour nous deux au comptoir. J'avais aussi besoin d'un remontant.
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MessageSujet: Re: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Dim 25 Aoû - 13:26




The Lightning Strike


Mon trouble devait se lire aisément sur mon visage car Camille se rapprocha immédiatement de moi pour poser sa main sur mon bras. Cela m'apaisa, même si je dû lutter pour ne pas me jeter dans ses bras et me mettre à pleurer comme une enfant. Son regard ancré au mien, l'anxiété se lisant sur son visage, il me proposa plutôt de sortir. Je n'étais pas très rassurée à l'idée de remettre les pieds à l'extérieur mais j'acquiesçai. Camille savait sûrement ce qu'il faisait et de nous deux, ce soir, il était le seul en état de prendre de bonnes décisions. J'étais une loque. Je me sentais misérable. Je le regardai s'affairer pour éteindre télévision, musique et enfiler ses chaussures. Il ne lui fallu pas longtemps pour me rejoindre et il m'offrit un petit sourire avant de m'inviter à descendre les escaliers. On rejoignit sa voiture en silence et je ne lui posai pas de questions alors qu'il prenait la route. J'avais confiance en Camille et en sa capacité à me distraire de cette horrible journée. Je voyais bien qu'il n'était pas non plus au mieux de sa forme et je me demandais si son sujet d'inquiétude était le même que le mien. Avait-il perdu quelqu'un aujourd'hui ? Je connaissais quelques uns de ses amis, pour les avoir croisés à l'occasion, mais la plupart du temps lorsque nous nous voyions, nous étions seuls, comme ce soir. J'avais déposé la bouteille à l'arrière du véhicule. Nous n'en aurions pas besoin là où nous allions. Je regardais la route défiler sans rien dire. Ces derniers temps, les choses avaient été étranges entre Camille et moi. Depuis que j'avais jeté dehors mon connard d'ex et qu'il m'avait surprise les yeux rougis par les larmes, quelque chose semblait avoir changé entre nous. Quelque chose que je ne m'expliquais pas. Malgré mes efforts, je n'avais jamais réussi à faire disparaître l'attirance que j'éprouvais pour lui. Je l'avais maîtrisée d'une main de fer, m'étais même jetée à corps perdu dans une autre relation lorsque les choses avaient failli déraper quelques mois après mon emménagement, mais elle n'avait jamais disparue. Elle s'était peut-être même amplifiée avec le temps. Au lieu de me lasser, je m'accrochais. J'avais bien essayé de revoir quelqu'un mais ça s'était encore plus mal terminé. Je n'étais décidément pas faite pour avoir un homme dans ma vie et c'était sûrement mieux ainsi. Camille était la personne dont j'étais la plus proche ces derniers mois et il était hors de question que je mette ça en danger. Il avait pris une grande importance dans ma vie et je n'allais pas gâcher ça. Même si ce soir, j'avais envie d'abolir les barrières que je m'étais fixée et de me serrer dans ses bras, juste quelques minutes, pour profiter de sa chaleur. Mais je me contenterai de sa présence. C'était déjà bien plus que ce que j'avais osé espérer. Camille était mon ami. Probablement mon meilleur ami, même, ce qui était presque triste quand on pensait à toutes les choses qu'il ignorait sur moi et que j'ignorais sur lui. Mais c'était sûrement le lien le plus proche, le plus solide, que je ne pourrais jamais tisser avec quelqu'un. A cause de ce que j'étais. Alors il fallait que je le chérisse, que j'en prenne soin, et que je m'en contente…. Ma solitude serait toujours moins difficile à supporter à deux…
Mon voisin me tira de mes pensées en nous annonçant que nous étions arrivés. Il avait choisi un bar tranquille, pas très loin de chez nous.
Quand on entra, la majorité des clients semblait, à notre instar, avoir eu une mauvaise journée.

Camille me laissa choisir nos places pendant qu'il commandait nos boissons. Je me dirigeai vers le coin le plus éloigné de la salle et m'installai sur la banquette d'angle.
J'entendis un type au bar dire quelque chose et mon regard fut attiré par la télévision au dessus du comptoir tandis que le barman augmentait le son. Mon cœur rata un battement alors que la chaîne d'infos locale diffusait des images de l'émeute. Je reconnu la camionnette blanche dans laquelle j'avais été piégée au milieu de la foule et je me sentis pâlir brusquement. Non, ils n'allaient quand même pas montrer ça ? C'était macabre ! Inhumain !
Mes doigts se crispèrent sur le rebord de la table alors qu'un journaliste quelconque commentait la transformation du loup et son attaque.

"…On déplore aujourd'hui près d'une douzaine de victimes et plus d'une centaine de blessés… le maire enjoint la population au calme et encourage les habitants a respecter le couvre-feu et l'interdiction temporaire de rassemblement…"

Je sentis les larmes me brûler les yeux et je sursautai presque quand une main sur posa sur la mienne. Je tournai la tête pour découvrir Camille dont les deux océans me dévisageaient avec inquiétude et j'ancrai mon regard au sien, essayant de calmer les battements affolés de mon cœur. Je voulu dire quelque chose mais aucun mot ne franchit mes lèvres. Ses yeux et le contact de sa peau sur la mienne me ramenèrent doucement au présent, dans une réalité que je pouvais davantage gérer. Celle d'une sortie entre amis dans un bar. Loin des horreurs de la journée et des semaines passées.
Le calme revint, les larmes refluèrent, mon souffle s'apaisa.
Camille était la stabilité dont j'avais besoin dans ma vie. Il était une constante dans celle-ci depuis que j'avais emménagé en face de chez lui. Deux ans et demi…

- Merci… chuchotai-je.

Le serveur nous interrompit en déposant un plateau de shots de vodka.
Mes doigts quittèrent le rebord de la table pour prendre un verre et, sans quitter Camille du regard, j'attendis qu'il fasse de même. Nos verres s'entrechoquèrent avant qu'on en vide le contenu, cul sec, à la suite. Le précieux liquide cristallin laissa une traînée brûlante dans mon œsophage. C'en était presque douloureux, mais c'était exactement ce qu'il me fallait.
Je fermai un instant les yeux pour apprécier la sensation et la laisser m'envahir, me réchauffer, m'apaiser. Ce soir, je voulais oublier et je ne connaissais qu'un seul moyen pour ça. Je rouvris les yeux pour sourire à Camille. Mon premier sourire depuis que j'avais frappé à sa porte et je lui lançai un regard de défi en m'emparant d'un deuxième verre.

- Tu crois pouvoir me suivre, Fontayn ?

   
 

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MessageSujet: Re: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Dim 25 Aoû - 15:09




The Lightning Strike

Les boissons commandées, je me retournais pour retrouver ma compagne d’infortune au fond du bar. Elle avait choisi un endroit à l’écart – bien. Le son de la télévision augmenta au moment où je décidais de la rejoindre, mon regard fut partiellement captif des images atroces qui tournaient en boucle sur l’écran. La boule fichée dans ma poitrine grandit considérablement aux mots du journaliste mais j’évitais de m’attarder sur cette sensation. Je vins m’installer face à Rebecca dont l’expression et l’attitude me firent arquer les sourcils d’inquiétude. Elle était crispée, livide, presque malade. Ok, ça avait bien un rapport avec les émeutes. Qu’est-ce qu’elle avait traversé ? Je n’osais même pas l’entrevoir et la détailler un peu plus en quête de blessures potentielles mais heureusement, n’en vis aucune. J’étais pitoyable dès qu’il s’agissait de réconforter quelqu’un ou de gérer la détresse d’autrui alors je décidais de ne pas m’encombrer de mots que je ne maîtriserais surement pas. Je laissai mon instinct agir et machinalement, je posai ma main sur la sienne en un geste qui se voulait rassurant. Sa peau était gelée ce qui redoubla mon anxiété. Je me contentai alors de poser mes yeux dans les siens et de lui signifier par cette attitude qu’elle n’était pas seule ce soir pour affronter ça. Cette scène servait autant à elle qu’à moi et cela me réconfortait de ne pas devoir traverser cette nuit seul dans mon coin. Le plateau arriva avec nos verres et j’interpellai alors le serveur. « Vous pourriez couper ça ? Je pense que personne n’est venu ici dans le but de se rappeler ça. Merci. » Il acquiesça, lui aussi, apparemment perturbé par les infos. Quelques minutes plus tard, plus de bruits ne vinrent perturber nos plans mais je gardais mes doigts sur les siens parce que ça m’apaisait – c’était presque purement égoïste. Si ça la dérangeait, elle n’aurait qu’à les ôter. Premier shoot, j’eus une pensée pour la jeune Ashley – 21 ans. Bordel, l’âge d’Enola. Je laissais la vodka dégringoler et me brûler l’œsophage tout en veillant aux expressions de la jolie brune. Elle rouvrit les yeux après un moment d’absence et son sourire électrifia mon humeur pesante. Je continuais sur sa lancée et profitais de l’opportunité qu’elle nous offrait pour être plus légers. « Tu ne sais pas dans quoi tu t’embarques Scott avec moi. » C’était vrai, je tenais bien mieux l’alcool qu’elle. Je le savais. Je levais mon second verre en ajoutant « A l’amitié. » J’essayais de me convaincre que tout était normal entre nous. Hors depuis l’épisode du connard, ça ne l’était pas. Le corbeau ricana. Stupide petit homme aveugle et obstiné.

Nous enchaînions les shoots sans nous soucier du nombre exact, prenant notre temps pour les savourer tout de même. Je dénombrais les morts et leur nom mentalement à chaque nouvelle gorgée mais bien vite, je décidais de mettre ça de côté au moins pour aujourd’hui. Ma paume sur sa main glissa sur son poignet délicatement et sans m’en rendre compte je me mis à faire des allers et retours du bout des doigts. Nous parlions de tout, principalement de rien. Le début d’ébriété allié à notre chamboulement eut tôt fait de faire tomber les barrières que ma raison et ma personnalité m’imposaient. Je me retrouvais entrain de lui expliquer. « Mme Maxwell m’a fait jurer de ne pas te briser le cœur quand t’as emménagé. Je te laisse imaginer sa tête quand elle nous a vus revenir du brunch l’autre jour. J’ai eu droit à un interrogatoire. Tu as des gardes du corps silencieux qui l’eut cru. » Je lui offris un autre rictus tout en continuant mon petit manège des caresses sur le dos de sa main et le début de son avant-bras. Seriez-vous entrain de la draguer Fontayn ? Mh peut-être bien. Mon esprit embrumé avait congédié mon bon sens confirmant mes craintes d’un peu plus tôt. C’était dur de freiner cette attirance alors qu’en ôtant l’inhibition grâce à l’ivresse, elle me revenait encore plus en pleine figure, plus évidente et plus sournoise. L’oiseau sifflotait dans mon crâne, une mélodie lancinante et enivrante. Je me penchais par-dessus la table et replaçai très naturellement une mèche de ses cheveux derrière son oreille en exagérant volontairement la lenteur. « Et je me compte dans cette catégorie d’ailleurs. » Je laissai le dos de ma main effleurer sa mâchoire alors que je reprenais ma position initiale. J’avais tellement envie de toucher sa nuque que je dû me contrôler. Encore un peu de résistance ? Uh. Satané volatile, il me faisait faire n’importe quoi. Il a bon dos l’animal ? Certes. Je repensais à son ex et l’état dans lequel je l’avais alors ramassé. Ça m’avait mis hors de moi. « Tu méritais mieux qu’un type pareil. » Je commençais à faire des associations silencieuses – houlà. Je parlais d’une voix basse et douce – trop douce.« Tu es trop bien pour la plupart des hommes de toute façon. Moi y compris. » Camille ! Ah ma conscience émergeait de la brume et vexa la bête. Je me mordis l’intérieur de la joue et me levai pour retrouver mes esprits. « Je te prends quelque chose ? »

J’allais jusqu’au bar pour prendre un verre d’eau histoire de retrouver le Nord. Je devais conduire en plus… Un peu tard pour s’en soucier ? Hum. Quand je revins à notre table, je m’assis à côté d’elle très normalement. Mais à quoi tu joues ? Chut. Je bus une longue gorgée désaltérante de mon breuvage neutre avant d’articuler. « Je crois que le mec là-bas a des vues sur toi. » Ce qui était vrai. Je m’en étais aperçu début de soirée et il avait même hésité à venir la trouver pendant que je m’étais éloigné. « On va lui faire passer l’envie de te reluquer, tu en penses quoi ? » Je passais mon bras autour de ses épaules et la rapprochai de moi. Quel prétexte… L’animal grondait le peu de conscience qu’il me restait. Je posais mes lèvres près de son oreille et lui chuchotais très délicatement. « Le pauvre, il n’avait pas dû encore comprendre que tu étais à moi ce soir. » Insolent, j’étais officiellement insolent et je poussais le vice trop loin. Je m’en fichais ? Je commençais doucement en effet à ne plus me soucier de la suite. La nuit se termina cependant quelques minutes plus tard quand le barman nous expliqua qu’il fermait ce qui déclencha notre hilarité. Je me relevais et dû admettre que mon sursaut de conscience avec l’eau n’avait servi à rien. J’avais trop bu pour reprendre le volant. « Je vais appeler un taxi, je crois pas que je sois en état de conduire. » Je composai le numéro d’une compagnie et très vite, notre véhicule nous attendit dehors. Depuis que je m’étais décroché de Becky, je n’avais plus cherché le contact.

Nous entrions dans l’habitacle, moi à sa suite et je donnais l’adresse au chauffeur. La vitre teintée nous séparant du conducteur rendait à cette parano générale, une dimension concrète, palpable mais je m’en foutais pour le moment. Nous étions pour le moins serré à l’arrière, confiné dans un espace restreint ce qui amplifiai l’électricité qui circulait sans aucune gêne entre nous depuis que nous nous étions mis à nous prendre d’affection pour la vodka. Son odeur m’apparaissait tellement plus évidente ce qui n’arrangea pas la violence de ce qui me saisissait. J’avais envie d’amoindrir la distance entre nos deux corps et de franchir toutes les limites là. Maintenant. Non, Fontayn ! Deux ans et demi à te battre contre ça ! Tu ne peux pas tout jeter par la fenêtre sur un simple coup de tête. Coup de tête ? Ça fait deux ans et demi que nous rêvions de ça me rappela l’oiseau. Ca n’empêchait que nous risquions de tout perdre, notre amitié, sa présence. Je ne pouvais pas me le permettre. Je ne pouvais pas. Et si ça n’avait pas de conséquences ? Ça en aurait forcément. Peut-être que ça rendrait les choses plus intéressantes. Non, je n’avais rien à lui offrir – juste une nuit peut-être. Ma dualité fût coupée quand je la vis se mordre la lèvre – encore une fois. Mes idées s’emmêlèrent et avant que je ne puisse réfléchir correctement, je me penchais très lentement vers elle en posant mon pouce sur sa bouche. « Tu devrais arrêter de la maltraiter comme ça… » Je croisais ses yeux, me laissai porter par leurs teintes. Je ne résistais plus au courant qui me foudroyait sur place et j’ajoutais d’une voix rauque. « … Parce que ça me rend fou. » avant de passer la frontière interdite et de l’embrasser. Je ne fis que poser mes lèvres sur les siennes très doucement puis ma paume glissa sur sa mâchoire pour atteindre cette nuque qui me faisait de l’œil depuis trop longtemps. Je calais ma main là et laissai ma langue se frayer un chemin jusqu’à la sienne. J’intensifiais ce baiser en gardant fermement ma prise sur son cou. Je venais de briser toute notre réserve et j’ignorais où ça nous mènerait. Une seule chose était sûre. Je ne regrettais rien. Pour le moment du moins.
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MessageSujet: Re: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Lun 26 Aoû - 0:54




The Lightning Strike


- A l'amitié, oui. Acquiesçai-je avant de vider mon second verre.

C'était étrange de boire au nom de notre amitié alors que sa main reposait toujours sur la mienne. Nous prétendions que tout ça était on ne peut plus normal mais ça ne l'était pas. Ce n'était pas "normal" mais c'était naturel entre nous. Nous n'avions pas besoin de nous forcer, et c'était sûrement le plus inquiétant. Pourtant, aucun de nous ne voulait faire face à la réalité ce soir. Nous avions besoin de nous évader, par tous les moyens possibles. Et je ne pouvais pas nier que ses caresses me distrayaient grandement… elles me faisaient presque oublier que nous étions en train de briser trois ans et demi de barrières et de bonnes résolutions… je savais que c'était sûrement une erreur, mais je ne voulais pas enlever ma main. Je ne voulais pas me soustraire à ses doigts, je ne voulais pas lui dire d'arrêter. Il parlait et il me souriait et cela me faisait du bien. Et j'avais désespérément besoin de me sentir bien. Le reste n'avait pas d'importance pour l'instant.
Les verres qui suivirent m'aidèrent à me défaire de ce qu'il me restait d'appréhensions face à ce que nous étions ou n'étions pas en train de faire. Ce n'était qu'une discussion banale, innocente, entres voisins et amis. Nous parlions de tout et de rien, comme nous le faisions si souvent. Rien n'était différent, au fond, à part, ses doigts qui jouaient sur ma peau.  
J'étais toujours bouleversée par les évènements de la journée mais l'alcool m'autorisait une parenthèse bienvenue. Il m'offrait l'oubli et m'aidait à me détendre, même si je savais que tout ça me heurterait avec encore plus de force le lendemain. Mais en attendant, le temps s'écoulait paisiblement au rythme de notre discussion. Pour l'instant, je souriais, je riais même, chose que j'aurais crue impossible une heure auparavant. Car oui je trouvais très drôle que Mme Maxwell veille sur moi. Drôle et absolument adorable.

- Elle m'a déjà mise tellement en garde contre toi… elle a dû être terriblement déçue de croire que j'avais succombé à tes charmes.


Ses caresses semblaient provoquer des étincelles à chaque contact et je frissonnai tandis qu'il se penchait sur moi pour glisser une mèche de cheveux derrière mon oreille. Je retins ma respiration alors qu'il s'incluait naturellement dans la liste de mes protecteurs silencieux et effleurait ma joue.

- J'ai beaucoup de chance alors… parvins-je à répliquer en lui rendant son sourire séducteur.

Camille était en train de flirter avec moi et je ne faisais rien pour l'en dissuader. Le monde tournait définitivement à l'envers ce soir… mais j'avais décidé de ne pas m'en inquiéter. Alors qu'il reprenait sa place initiale, s'écartant de moi suffisamment pour que sa présence ne court-circuite pas entièrement ce qu'il restait de mon cerveau désinhibé, je m'emparai d'un nouveau shot et le vidai aussi sec. Je sentais à peine la brûlure de la vodka à présent, signe sûrement que j'avais trop bu. Pourtant, je me sentais bien, juste assez engourdie pour ne plus souffrir, au moins quelques heures. Je relevai les yeux vers mon compagnon, surprise, lorsqu'il déclara que je méritais mieux. Je déglutis difficilement alors que mon regard ne quittait pas ses prunelles bleutées.    

- Tu n'en sais rien… tentai-je de plaisanter alors que mes mots semblaient pourtant si graves.

Non, il n'en savait rien. Il avait tort, j'étais même convaincue que c'était, au contraire, tout ce que je méritais…

Camille a écrit:
« Tu es trop bien pour la plupart des hommes de toute façon. Moi y compris. »
J'écarquillais les yeux et me sentis rougir face à ces mots. Le fait qu'il se lève brusquement me laissa sans voix, perplexe, et je fus presque soulagée qu'il s'éloigne après que j'ai secoué la tête à sa proposition. Je tentai de me secouer intérieurement. La soirée prenait un tournant trop étrange. Ce n'était pas ce que j'avais prévu, je me sentais déboussolée. Qu'étions-nous en train de faire ? Tout ça était une erreur, il fallait que j'y mette un terme. Pourtant la chaleur de sa main, de son regard, me manquait déjà. Je ne voulais pas être seule ce soir. Je lui souris quand il revint avec un verre d'eau:

- Si tu crois que ça va t'aider à tenir plus longtemps tu te fais des illusions, Fontayn. Avoue que pour une fille, je tiens plutôt bien l'alcool ! Il va falloir essayer plus fort si tu veux m'enivrer…

Pourquoi est-ce que je le provoquais ? J'étais en train de l'encourager là, non ? Je notais avec plaisir qu'il s'était rapproché de moi en s'asseyant. Je sentais son corps irradier de chaleur à quelques centimètres du mien. Je tournais les yeux vers l'homme qui m'indiquait et fronçai les sourcils. Non, il disait n'importe quoi, il voulait juste m'embêter ! Pourtant, je croisai le regard de l'homme un instant et compris immédiatement que Camille ne mentait pas. Je ne remarquais même pas les regards des autres hommes, toute hypnotisée que j'étais par celui de mon ami. C'est sûrement la raison pour laquelle je me contentai de sourire et d'acquiesçer lorsqu'il mit en place sa petite mise en scène. Son bras glissa autour de mes épaules et m'attira contre lui, sa bouche effleurant mon oreille me faisant frissonner de son souffle chaud:

Camille a écrit:
« Le pauvre, il n’avait pas dû encore comprendre que tu étais à moi ce soir.»
Mon entrejambe se serra douloureusement à ces mots. Cette possessivité illusoire me prenait aux tripes, me laissant totalement sans défense. Car oui, j'avais envie d'être sienne ce soir… je le voulais tellement que j'en avais mal…

- Ca me paraît pourtant évident… chuchotai-je en retour avant de me mordre la lèvre.

Mon regard glissa sur sa bouche et je me mis à me demander quel goût il pouvait bien avoir. Vodka ce soir, sans aucun doute… j'en avais bu moi-même plus que de raison, mais je n'étais pas contre une dernière dose si je pouvais la prendre sur ses lèvres… mon dieu je ne pouvais pas réellement être en train de penser ça ? Et pourtant si… j'avais tellement lutté contre cette attirance que je ressentais pour lui… j'étais fatiguée de lutter, je ne voulais plus me battre… pour une fois, juste une seule, j'avais envie de me défaire de ma raison, de ma conscience, de ma culpabilité et juste succomber à tous mes désirs. Ou en tout cas à celui-là, ce désir étouffant que j'avais de l'embrasser, de le caresser, de lui… ho mon dieu, il fallait que j'arrête ! Il fallait que je m'éloigne, que je trouve un moyen, n'importe quoi. J'étais totalement intoxiquée par sa présence, je ne pensais plus clairement. Et la vodka dans mon sang ne devait pas aider…
Pourtant, c'est sûrement l'alcool qui nous sauva à cet instant, car, sans prévenir, je me mis à rire. Un rire clair, franc, cristallin qui ne tarda pas à contaminer Camille. Nous étions toujours l'un contre l'autre, son bras autour de mes épaules, ma main sur son autre bras, et nous riions, comme des gamins, sans même savoir pourquoi on riait. Mais bon sang que ça faisait du bien de rire ! J'aurais pu rester là des heures à l'écouter rire…
Ma main se posa sur sa joue entre deux éclats de rire et je la lui tapotai gentiment :

- Tu fais un excellent garde du corps, c'est certain ! Quel sens de l'abnégation !

Je n'avais aucune idée de ce que je disais et je me demandais presque comment je pouvais aligner deux mots cohérents. Mais au moins, la gêne s'était envolée. Le barman nous annonça qu'il allait fermer et que nous devions partir. Nos regards se croisèrent et ont se remit à rire de plus belle. Je poussai Camille sur la banquette pour que nous nous levions, laissant peut-être volontairement traîner mes mains sur lui un peu plus longtemps que nécessaire et il régla la note avant que nous sortions. Il se rendit alors compte qu'il n'était pas vraiment en état de conduire et je ris encore :

- Tu crois, Sherlock ?

Je le laissai appeler un taxi alors que le froid de cette fin septembre me glaçait les os. Quand il raccrocha, il se tourna vers moi et sans un mot glissa sa veste sur mes épaules.  

- Quel gentleman, Fontayn... Je suis impressionnée !

Sa veste me réchauffa mais pas autant que l'auraient fait ses bras. Sa chaleur me manquait déjà.

Le taxi ne tarda pas et je m'engouffrai à l'intérieur, Camille sur mes talons. L'ambiance était électrique. Je sentais presque physiquement la tension qu'il y avait entre nous, j'en avais la chair de poule. Cela faisait si longtemps que j'essayais d'ignorer et de repousser l'attirance que j'avais pour lui. Deux ans et demi à me répéter régulièrement les raisons pour lesquelles il ne devait jamais rien avoir entre nous. Il m'avait tout de suite plu lorsque nous nous étions rencontrés, mais c'était mon voisin et je n'étais qu'une semi-démone n'ayant pas le droit au bonheur, alors je m'étais efforcée de ne plus y penser. Nous étions devenus amis et je m'en étais contenté. Mais cette envie, ce désir, était revenu, régulièrement, s'immiscer dans mes pensées. Plus d'une fois je l'avais secrètement observé en me demandant quelles sensations procureraient ses mains sur ma peau… j'avais eu deux ou trois relations pendant ce laps de temps, mais ça n'avait pas marché, pas duré, mal fini à chaque fois, et au fond, cela m'arrangeait bien. Camille était juste un fantasme… lui et moi ça ne pouvait pas, ça ne DEVAIT pas, arriver. Je le savais, il le savait, tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais résister à tout ça était une véritable torture parfois tant il pouvait être charmant, drôle, prévenant. Comme l'autre jour après mon esclandre quand j'avais jeté l'autre connard dehors… Il m'avait serré dans ses bras et j'avais été à deux doigts de me mettre à sangloter. J'aurais voulu me fondre en lui, me perdre dans sa chaleur et ne plus jamais avoir à souffrir… me séparer de lui avait été presque douloureux. Tout mon corps le réclamait ardemment et cela ne faisait que s'accentuer depuis. Voilà pourquoi je n'avais pas repoussé sa main tout à l'heure… tout plutôt que rien…  
Mais je ne voulais pas tout gâcher.. j'avais été trop heureuse d'avoir un ami, un véritable ami, juste ici, en face de chez moi, alors que j'étais seule et que j'avais peur de tout. Simplement quelqu'un sur qui compter, quelqu'un qui pouvait récupérer mon courrier, me demandait comment j'allais et avait toujours une bouteille de mon soda préféré dans son frigo. Quand j'avais un meuble à monter, du sucre à emprunter, ou simplement un peu le blues d'être seule, Camille était toujours là. Nous avions passé des tonnes de soirées ensemble, seuls tous les deux, et je ne voulais pas que ça s'arrête. Je ne supporterais pas de le perdre…
Sa proximité sur la banquette arrière me perturbait et je me mordis la lèvre machinalement.
Avec une lenteur exacerbée, je vis Camille se pencher sur moi et son pouce effleura ma bouche.  

Camille a écrit:
« Tu devrais arrêter de la maltraiter comme ça… »
Je me figeai et croisai son regard, troublée. J'osai à peine respirer et mon cœur battait si fort dans ma poitrine que j'étais certaine qu'il pouvait l'entendre.

Camille a écrit:
« … Parce que ça me rend fou. »
Et soudain, je fus plongée au cœur de la tempête. Avant même que je comprenne ce qu'il m'arrivait, ses lèvres s'étaient emparées des miennes et sa main avait attrapé ma nuque pour m'attirer davantage vers lui. J’eus l'impression d'être frappée par la foudre quand sa langue trouva la mienne sans rencontrer la moindre résistance, provoquant un long et intense frisson le long de ma colonne vertébrale. Qu'étions-nous en train de faire ? N'allions-nous pas signer l'arrêt de mort de notre amitié, de tout ce que nous avions construit ? Non, non, ce n'est pas ce que je voulais, si on s'arrêtait maintenant, on pouvait encore prétendre que tout ça n'était jamais arrivé, que c'était juste l'alcool, que… Je laissai échapper un gémissement alors qu'il intensifiait son baiser, notre baiser… cela dépassait mes espérances les plus folles. Je ne m'étais pas attendue à ressentir un tel feu d'artifice, je n'arrivais plus à réfléchir, je ne voulais plus réfléchir, je ne voulais pas qu'il s'arrête et c'est tout ce qui comptait. Je lui rendis son baiser avec force et pressai mon corps contre le sien. Mes mains vinrent encadrer son visage pour mieux approfondir la découverte de sa bouche. Chaque contact était électrisant, stupéfiant, c'était comme si on ne m'avait jamais embrassé avant, comme si je n'avais jamais vraiment su qu'on pouvait vivre quelque chose d'aussi fort juste à travers un baiser…

Le véhicule stoppa et le conducteur nous annonça que nous étions arrivés. Les lèvres de Camille se détachèrent à contrecœur des miennes et je me sentis orpheline, alors même que ses bras me tenaient toujours. Il posa doucement son front contre le mien alors que nous essayions tous les deux de reprendre notre souffle. Ma main tâtonna derrière moi pour ouvrir la portière et je me forçai à me glisser à l'extérieur de l'habitacle pour rejoindre le trottoir. J'étais complètement sans dessus-dessous. Je regardai Camille payer la course, incapable de penser à quoi que ce soit, ce qui était sûrement mieux. Le véhicule redémarra et j'oubliai jusqu'à son existence lorsque mon compagnon revint calmement vers moi. Il m'observa quelques instants. Qu'attendait-il de moi ? Un mot ? Un geste ? Un signe ? Mon dieu, je ne savais pas ce que je voulais. Je voulais qu'il recommence et je ne voulais surtout pas qu'il le fasse. Mais il était trop tard, bien trop pour ça, n'est-ce pas ?
Je ne savais plus quoi dire ou quoi faire et pourtant, instinctivement, mon corps se colla à nouveau au sien et je levai le visage vers lui. Alors comme pour exaucer les prières que je n'osais formuler à haute voix, nous nous mîmes à nous embrasser à nouveau, passionnément, langoureusement. Je lui rendais ses baisers avec la même fièvre. Un minuscule filet de conscience essaya de percer la brume que nos baisers avaient formée dans mon esprit.

- Camille… on… on ne devrait pas… soufflai-je entre deux baisers alors que nous nous entraînions l'un l'autre vers la porte d'entrée de l'immeuble.

Sa voix me parvint étouffée par mes lèvres mais j'étais incapable de me détacher de lui ou d'arrêter de l'embrasser. Non, on ne devrait pas, mais je ne supporterai jamais qu'il veuille …

- … s'arrêter… ?

Il acquiesça mais aucun de nous ne tenta de briser notre étreinte. Bien au contraire. On stoppa sur le palier du premier pour partager un autre baiser enflammé. Mes dernières barrières s'effondrèrent avec lui. J'avais l'impression que l'oxygène se raréfiait dans mon cerveau tant j'étais loin de toutes mes bonnes résolutions, mais je n'en avais cure. Je ne pouvais plus m'arrêter maintenant. Je ne voulais pas qu'il s'arrête. Tout ce qui comptait c'était sa bouche sur la mienne, de plus en plus demandeuse, et ce que provoquaient en moi ces baisers. Chaque seconde de plus dans cette folie réveillait de nouvelles sensations, des sensations que je croyais avoir oubliées. Camille était en train de me réveiller. Ses gestes réveillaient mon corps qui s'était trop longtemps tu, que j'avais trop longtemps négligé et frustré. Il voulait Camille, et il le voulait maintenant. JE voulais Camille, maintenant…  
Je ne réfléchissais plus à rien. Je l'avais tellement rêvé, tellement espéré cet instant. Je ne pouvais plus faire marche arrière. Le pouvait-il, lui ? Le voulait-il ? Je n'en savais rien, je ne savais plus rien.
Nos lèvres se séparèrent juste un instant, un instant interminable alors que nous franchissions une deuxième volée de marche, avant de mieux se retrouver. Mon envie, ce désir impatient qui me tiraillait, sembla trouver un écho en lui car nos baisers se firent plus empressés, plus sauvages.  Je ne voulais pas résister, je ne voulais pas lutter, je voulais juste m'abandonner à lui et tout oublier…
Dieu qu'il était beau et il embrassait comme un dieu. J'en avais mal tant je le désirais. Mon entrejambe m'élançait douloureusement dans l'attente d'être comblé et je vins mordiller sa lèvre. Je voulais le dévorer, je voulais m'imprégner de son odeur, de son goût. Alors que nous atteignions enfin le deuxième étage, je le poussai un instant contre sa porte d'entrée tandis que mes mains se mettaient à glisser dans son dos, sous son tee-shirt. Je mourrais d'envie de retirer ses vêtements, les miens, tout ce tissu qui empêchait nos peaux de se retrouver. Tout mon être se tendait vers lui, pour lui. Je le désirais tellement fort… cela faisait trop longtemps que je reniais mon attirance pour lui et elle me heurta de plein fouet là, à ce instant, collée contre lui, nos souffles chaotiques et nos battements de cœur irrationnels se mêlant entre chaque nouveau baiser. Malgré moi je me cambrai pour épouser davantage son corps.

- Tes clés… soufflai-je contre son oreille, haletante, les joues rosies par le plaisir. Où sont tes clés…?

Je glissai ma main dans la poche de son jean pour y attraper le trousseau et mes doigts durent s'y prendre à plusieurs fois pour réussir à ouvrir alors que nous continuions à nous embrasser.  La porte céda enfin et c'est à peine si j'entendis le bruit du trousseau tombant sur le sol. La seconde d'après, c'était moi qui était plaquée contre la porte à l'intérieure de son appartement. Nos regards se croisèrent une  seconde et je secouai imperceptiblement la tête avant de murmurer ce que nous pensions tous les deux :

- Ne t'arrêtes pas…

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MessageSujet: Re: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Lun 26 Aoû - 15:31




The Lightning Strike

Ses réactions invoquèrent un peu plus d’éclairs et je ne fus rapidement plus habité que par le son percutant du tonnerre. L’intensité de nos baisers ne s’estompait pas et plus je me perdais sur sa bouche, plus je voulais la retenir. Comment avions nous pu ne jamais franchir cette limite auparavant ? Maintenant que j’avais capitulé face à cette attraction démentielle, il m’apparaissait évident que je n’aurais jamais réussi à garder mes bonnes résolutions éternellement. Je l’avais toujours désiré, j’avais toujours attendu finalement que cet écart se produise et que nous osions céder à cette tentation. J’avais eu le temps d’imaginer beaucoup de scénarios et ils risquaient tous fort de paraître pitoyablement en-dessous de ce que je vivais à l’heure actuelle. Son corps se collait à moi, mon bras l’entoura mais ça ne suffisait pas. Ça ne suffisait plus. Ses doigts se hissèrent sur mon visage raffermissant toujours plus notre étreinte interdite. J’oubliais presque que nous étions dans un taxi et heureusement pour nous, le chauffeur – lui, n’avait pas omis ce détail. Nous étions donc arrivés. Je m’écartais à regret de ses lèvres. Le vide entre nous me semblait déjà insoutenable. Mon front s’accola au sien, j’étais un peu perdu. Un peu ? Ok, beaucoup. Tout ça n’avait pas de sens et ce soir, je décidais que pour une fois, je pouvais arrêter de chercher à lui en trouver un. Elle s’échappa la première. Elle avait raison, j’avais besoin qu’on me réveille. Je sortis à mon tour et paya la course très rapidement en m’en fichant complètement de la monnaie. Le conducteur sembla heureux du pourboire démentiel que je lui laissais et partit aussi sec. Je retrouvais Rebecca sur le trottoir. Maintenant que nous avions espacés nos deux corps, peut-être que la raison nous retrouverait.

Ce ne fût pas mon cas. Je laissais ma carcasse revenir naturellement vers elle, attirée définitivement par l’électricité qu’elle suscitait même à distance. Je m’approchais néanmoins prudemment et je ne pus m’empêcher de plonger mes yeux dans les siens, de la toucher. J’attendis un signe de sa part – conscient que je ne pourrais sans doutes pas résisté longtemps qu’elle réagisse ou non. Elle releva la nuque et je lus dans son regard ce que je cherchais. Ma bouche replongea sur la sienne et le ciel s’illumina encore. Je la voulais tellement depuis si longtemps. Chaque seconde augmentait ce désir viscéral et je marchais sans même m’en rendre compte vers l’entrée. Sa voix perça la démence mais l’aliénation ne me permit que d’esquisser des paroles sans suite concrète.  « Oui… Je sais… » Un autre baiser, une nouvelle braise pour les flammes.  « On devrait… » Elle compléta la phrase que j’approuvais. Mais c’était trop tard. Je ne voulais plus m’arrêter – encore moins réfléchir à ce qu’on faisait. Nous montions les escaliers toujours enveloppé dans cette fièvre incontrôlable, je remarquais à peine que nous étions bien sur mon palier. Chaque éloignement même minime me faisait physiquement souffrir. Elle me poussa contre ma porte d’entrée. Je devais ouvrir. Je le devais… Je crois. Ses mains venaient de trouver leur chemin sous mon t-shirt détachant le peu de réalité qui s’imposait. Il fallait qu’on entre. Il le fallait. Je la calais un peu plus contre moi cependant au lieu de chercher mes clés. Une de mes paumes dégringola sur ses fesses. Elle tenta de me rappeler la priorité. « Poche avant. » Je la laissais faire et la laissais ouvrir mon antre à la suite sans pour autant lui faciliter la tâche, mes mains voyageant sur ses hanches, ses épaules, ses cheveux.

Nous entrions finalement précipitamment, je refermais en m’en fichant complétement de ce qui nous entourait désormais et la plaquais contre la porte. Mes yeux fouillèrent les siens – un dernier avertissement, je ne m’arrêterais plus après ça. Ses mots salvateurs emportèrent toutes les dernières barrières avec.

Je n’y croyais pas. Et je ne comprenais toujours pas ce qu’il venait de se produire. Toute cette intensité, toute cette rage contenue à force de frustration, de désir étouffé – je n’avais jamais rien connu de pareil. En même temps, Rebecca était la seule femme que je n’avais pu fuir quand l’attraction était devenue trop difficile à gérer. Pire j’avais lié une amitié plutôt stable au fil des années. Après m’être débarrassé des dernières preuves de cette démence, je regardais longuement ma voisine. Et demain ? Eh bien, nous laisserons l’aube en décider. Là, seule la satisfaction et l’euphorie dansaient dans mon esprit, dans ma poitrine. Dans mon crâne, l’oiseau chantonnait. Je te l’avais bien dit.
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MessageSujet: Re: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Mar 27 Aoû - 18:19




The Lightning Strike




Sa veste, mon tee-shirt, ce qu'il me restait de raison, tout s'éparpilla sur le sol sous les assauts de Camille. Ses lèvres quittèrent les miennes pour honorer d'autres parties de mon corps, ma nuque, mes épaules, mes seins…
Il me tira loin de la porte et je titubai avec lui alors que sa langue retrouvait la mienne et que mon soutien-gorge valsait dans les airs. Je tirai sur les boutons de sa chemise et lui retirai avec empressement. Ma poitrine à présent libérée vint s'écraser contre son torse nu provoquant une violente décharge dans tout mon être alors que nous bouches et nos mains s'entremêlaient dans une danse sauvage et impatiente. Nous avions attendu trop longtemps, bien trop longtemps, pour que l'on puisse à présent être patients. Je ne voulais pas prendre mon temps. Le désir était brûlant, presque douloureux. J'avais tellement envie de lui, je crois bien que je n'avais jamais ressenti ça avant. Cette envie avait pris le pas sur tout le reste. Je ne pensais plus à rien à part aux sensations de son corps contre le mien. La moiteur de sa langue, la douceur de ses lèvres contrastant avec l'irritation que sa bouche provoquait sur ma peau tendre, la rugosité de ses doigts qui provoquaient des étincelles de plaisir sur tout mon corps. J'avais l'impression que l'air crépitait d'électricité autour de nous tant la tension était à son apogée. Je n'avais fait qu'effleurer les possibilités qui s'offraient à moi… jamais je n'avais imaginé pouvoir ressentir tant de choses au même instant, tant de sensations provoquées par un seul homme. Mon cerveau en était totalement court-circuité. Toute morale, toute conscience, toute peur avaient déserté et il ne restait que l'instant présent, l'envie, le désir, le plaisir…
Camille me souleva et mes jambes vinrent entourer sa taille, collant un peu plus nos peaux si cela était possible. Ses baisers me faisaient perdre la tête, totalement, irrémédiablement et c'était tellement bon que je ne voulais plus jamais qu'il s'arrête.  Même dans mes rêves les plus fous, même dans mes fantasmes les plus libérés, je n'avais jamais imaginé une telle intensité, une telle réciprocité. Nos corps réagissaient en parfaite harmonie, comme s'ils se connaissaient depuis toujours. J'aurais pu y voir un quelconque signe mystique ou divin si j'avais été capable d'émettre ne serait-ce qu'une pensée, mais ce n'était pas le cas. Je n'étais plus que sensations.
(...)


Deux autres coups de tonnerre résonnèrent en moi avant le final, l'apothéose de ce moment parfait. Toute ma vie ne semblait n'avoir été qu'une interminable attente pour ce moment,  cet instant incroyable, cette seconde d'éternité...
Oui, la réalité pouvait aller se rhabiller. Cet instant était magique, surnaturel presque, alors que l'orage nous percutait de plein fouet, nous entraînant dans des abysses de plaisirs inégalés. D'un seul coup, toute la pression retomba et on s'effondra tout deux dans les oreillers, cherchant toujours à rattraper notre souffle. Je fermai les yeux un instant, le sourire aux lèvres, essayant de retrouver mes esprits et des constantes moins affolantes.

Mon Dieu... qu'est-ce qu'on venait de faire ? On avait fait l'amour... Camille et moi avions couché ensemble en dépit de tout bon sens. Et ça avait été... incroyable, grandiose... tout ce à quoi je pouvais pensé étaient les adjectifs qui qualifiaient cette partie de jambe en l'air pourtant indescriptible. L'euphorie du moment chassait encore, pour l'instant, toutes les inquiétudes que je pourrais nourrir concernant notre relation. Tout ça avait été trop parfait pour que je le regrette. En tout cas, je n'allais pas regretter l'acte en lui-même... ses conséquences par contre... mais plus tard, je penserai à cela plus tard, j'étais sur mon petit nuage et je ne voulais pas remettre mon cerveau en marche pour l'instant.

Quand je rouvris les yeux, il me regardait. Je me tournai vers lui et lui souris. Mon dieu qu'il était beau... malgré l'intensité de ce que nous avions vécu et même si j'étais ravagée, mon corps réagissait déjà rien qu'à sa vue. C'était de la folie, de la folie pure et simple.
Ma main vint trouver sa joue tandis que je me rapprochais de lui pour abolir le peu de distance entre nos corps.
Mon regard capta le sien et je soufflai :

- C'était....

Je souris et me mordis machinalement la lèvre inférieure, incapable de trouver le mot adéquat pour décrire ce que nous venions de vivre. Alors à la place, je capturai ses lèvres une dernière fois avant de me blottir contre son torse.
J'étais tellement harassée par ma journée que je sombrai très vite et avec délectation dans les bras accueillants de Morphée.

Je me réveillai presque en sursaut, les yeux grand ouverts, comme si mon cerveau redémarrait brusquement.  Je mis quelques instants à me rappeler où j'étais et ce que je faisais là. Malgré la légère migraine qui évoluait en sourdine à l'arrière de mon crâne, les évènements de la veille me revinrent soudainement en mémoire.
Je tournai la tête pour apercevoir le visage endormi de mon voisin-amant et  me sentis rougir bêtement en repensant à ce qu'il s'était passé, à ce que nous avions fait, à comment nous l'avions fait. La vue de son torse nu et la sensation de ma propre nudité me ramena brutalement à la nuit dernière et au plaisir infini que j'avais pris.
Il m'avait... et je l'avais... nous avions...
HO.MON.DIEU.
Non. Non, non, non, non, non… Non, non et non ! Pourquoi ? Qu’est-ce qui m’avait pris ? Qu’est-ce qui nous avait fait craquer ainsi ? L’alcool ? C’était trop facile de mettre ça sur le dos de la Vodka alors que l’attirance entre nous avait atteint son paroxysme. Nous avions voulu croire que nous pouvions l’ignorer, la dépasser, et elle nous avait finalement rattrapé avec encore plus de violence. J’étais si mal hier soir et  Camille avait été… parfait. Je m’étais sentie si bien avec lui… mais à présent, plus jamais rien ne serait comme avant.
J'eus soudain envie de pleurer et je fermai les yeux un instant pour essayer de contrôler la vague de panique qui m'envahit. Je venais de ruiner la seule relation positive, la seule amitié durable de mon existence actuelle. J'avais tout gâché, tout détruit, enfin nous avions tout détruit, en une seule nuit. Une incroyable nuit d'ivresses et de plaisirs. Est-ce que c'était une erreur ? Certainement. Est-ce que je la referai ? Probablement...
Mon regard avisa l'heure et acheva de me miner le moral. J'étais en retard. Qu'est-ce que je faisais maintenant ? Je le réveillais ?  Je partais comme une voleuse ? Déjà, il fallait que je m’extirpe des draps et que je me rhabille. Je me levai silencieusement et partis à la recherche de mes vêtements éparpillés dans tout le studio. J'enfilai mes sous-vêtements, grommelant de ne pas pouvoir prendre une douche avant de partir, et me glissai dans mon pantalon.
J'étais penchée à ramasser mon tee-shirt quand sa voix, encore rauque de sommeil, me fit tressaillir et je me tournai vers lui, uniquement vêtue de mon jean et de mon soutien-gorge. Son adorable air endormi me contracta violemment l'estomac et je m'en voulu presque de partir de cette façon:

- Oui, je, j'ai... je suis attendue au studio à 09h00...
expliquai-je avec un petit sourire timide teinté d’embarras en enfilant rapidement mon tee-shirt. Pour une séance d'enregistrement.  Je devrais déjà être partie…

Le doublage pour dessin animé. L’une des rares activités que je pouvais encore effectuer l’esprit tranquille. Aucun risque de ce côté-là, du moins je l’espérais.

Il me proposa du café et je grimaçai. J’aurais adoré dire oui. Ne serait-ce que pour essayer de dissiper cette gêne que je ressentais et que je ne pouvais pas affronter. Camille collectionnait les histoires sans lendemain. Je ne l’avais jamais vu deux fois avec la même fille. Quand elles quittaient son appartement c’était pour ne jamais y revenir… est-ce que j’allais subir le même sort ? Est-ce que j’allais cesser d’exister à ses yeux maintenant que j’avais partagé son lit ? J’avais trop peur de connaître la réponse. Je préférai secouer la tête :

- C’est gentil, mais je n’ai vraiment pas le temps, j’en prendrai un sur la route…


Je finis de rassembler mes affaires en quatrième vitesse, retrouvant mon élastique pour cheveux au milieu de nulle part et en profitant pour refaire rapidement ma queue de cheval alors que je me dirigeai vers la porte d’entrée, hésitante. Avant de partir, je jetais un dernier coup d’œil à Camille et mon cœur se serra à l’idée que c’était peut-être la dernière fois. Je me sentais nauséeuse et je n’arrivais pas à savoir si c’était la vodka de la veille, mon estomac vide où juste la perspective de ne plus jamais le revoir. Bon sang, j’étais ridicule ! Avais-je besoin d’être aussi dramatique ? J’habitais la porte d’en face, voyons ! J’allais forcément le revoir… n’est-ce pas ? Même si c’était seulement au détour d’un couloir, même si on ne partageait plus rien après cette nuit…
Holala, j’avais envie de me frapper.
Il fallait que je dise quelque chose, pas vrai ? Oui, mais quoi ?
L’orage était passé et avait tout dévasté sur son passage. Il avait tout emporté avec lui et il ne me restait plus rien à quoi me raccrocher… mon cocon, ma petite parenthèse de sécurité, ma jolie bulle de bonheur, tout cela venait d’éclater. Je n’avais plus rien à faire ici, il fallait que je l’accepte.

- Merci pour… la soirée…

Vraiment ? C’est tout ce dont tu es capable, Becky ? Je me mordis la lèvre et voulu lui sourire, sans y parvenir. Ses clés étaient toujours sur le sol, je les récupérai lentement pour les rentrer dans la serrure. J’essayais de gagner du temps. Je ne savais pas ce que j’attendais. Qu’il dise quelque chose ? Qu’il me retienne ? Que pouvait-il dire de toute façon ? Rien ne me ferait me sentir mieux par rapport à ce que nous avions fait. J’avais tellement peur des conséquences. La main sur la poignée, je fermai les yeux quelques secondes avant de murmurer, toujours dos à lui :

- Bonne journée, à.. bientôt.


Non mais, sérieusement ? J’étais une calamité, un véritable désastre.  Après ça, il n’y aurait rien d’étonnant à ce qu’il ne veuille plus jamais rien avoir affaire avec moi, et franchement, il aurait raison… mes démons finissaient toujours par me rattraper. Je ne pouvais pas être heureuse. Surtout pas avec Camille. Oui, j’avais le chic pour m’enticher des mecs qui n’étaient pas pour moi…et dire que j’avais tenu si longtemps… que je m’étais convaincue que cette attirance n’était pas importante, que je n’y cèderai jamais… qu’est-ce que j’avais pu être idiote…

Je quittai son studio un peu trop précipitamment et dévalai les escaliers pour rejoindre ma voiture.  J’eus une pensée pour la sienne, qui l’attendait devant le bar et mon cœur s’emballa rien qu’au souvenir de ce qu’il s’était passé dans le taxi. Je n’arrivais toujours pas à le croire… Je mis le contact et fonçai sur l’asphalte pour rattraper mon retard ou peut-être pour être tellement concentrée que je ne pourrais plus penser à rien d’autre. Et surtout pas à mes erreurs et à la façon dont j’avais gâché la seule chose positive de ma vie…
J’aurai tout le temps de me torturer avec ça plus tard… bien plus tard, quand son odeur aurait disparu de ma peau, quand le goût de ses lèvres aurait quitté ma langue, quand le souvenir perçant de ses yeux bleus dévorant de désirs ne me ferait plus frissonner… pour l’instant je voulais encore un peu oublier les conséquences et juste me souvenir de cette délicieuse tourmente dans laquelle nous avions basculé pour quelques heures…



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MessageSujet: Re: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Mar 27 Aoû - 20:21




The Lightning Strike

Son sourire entraîna le mien. Je ne voyais toujours pas ça comme une erreur parce que j’étais définitivement emporté par mon allégresse et le chant de l’oisillon dans mon crâne. Ses lèvres trouvèrent une dernière fois les miennes avant qu’elle se blottisse dans mes bras. Je ne me posais pas de question quant à cette marque d’affection, j’étais officiellement court-circuité par l’intensité de la foudre et je m’en fichais complétement. Je somnolais avec sa fragrance comme seul oxygène et sa respiration comme seul bruissement. Son rythme cardiaque me parvenait avec délice et j’en appréciais chaque battement. Lentement, je me laissai porter par cette lancinante mélodie et je sombrais dans un sommeil implacable, comblé, amusé et incroyablement serein. Nous avions grappillé quelque temps à la réalité pour nous oublier au cœur d’un ouragan. Je m’endormis comme une victime insolite d’une catastrophe naturelle – éreinté et désorienté. Quand j’ouvrais les paupières plusieurs heures plus tard, c’est une migraine qui me cueillit de bon matin. Humpf. Je relevais un sourcil en direction des bruits que je percevais à peine. L’odeur de Rebecca me parvint avant sa vision ravivant les souvenirs de la veille et me forçant à outrepasser les effets de mon abus d’alcool du jour précédent. Oh putain. Merde ! Merde. Merde. Merde. Oui, bon tu peux varier un peu le vocabulaire après. Chut, crétin de volatile. Il fallait que j’émerge. Allez réveille-toi Fontayn et assume pour une fois. Je déglutis douloureusement quand je réalisais qu’elle était en train de se rhabiller. Tu n’as pas même pu l’admirer une dernière fois, regrettable. Le corbeau commençait relativement à me saouler. Ma voix partit avant que j’y réfléchisse toujours embrumé par mon mal de tête et le réveil pénible. « Tu pars ? » Bordel. Il fallait que je la retienne ? Qu’est-ce que j’en savais. D’habitude, tout était clair avec mes partenaires. Mais elle n’était pas une de ces femmes… N’est-ce pas ? J’étais censé agir comment ? Je n’en savais rien. Je la regardais complétement et définitivement paumé. Je voulus m’extirper des draps, rester là allongé sur le lieu du crime, le lieu de le centre de la tornade semblait tellement… déplacé. Je ne savais pas trop.

Quand je posais ma paume sur les couvertures, je me rappelais que j’étais nu et que ça serait carrément louche de… Elle avait tout vu la veille, peut-être bien mais… Là c’était bien mon amie que je jaugeais et pas mon amante. Tout s’embrouillait dans ma cervelle de moineau. Les dégâts m’apparaissaient évidents alors qu’elle attachait ses cheveux avec empressement. Le boulot, oui bien sûr. Elle ne savait pas non plus comment gérer la situation, je le sentais. Putain mais qu’est-ce qu’il m’avait pris encore de l’embrasser. Me rappeler cet événement ne m’aidait honnêtement pas à y voir plus clair.  Je ne pouvais pas laisser les choses se dérouler de cette manière. Il fallait que je tente de sauver les meubles – ok, dans cette tenue, je n’aidais pas. Ça ne m’empêcha pas de formuler ma seconde question et il était évident pour moi, qu’il valait mieux avoir ce rôle-là plutôt que celui s’occupe des réponses parce que je n’en possédais aucune. « Tu veux pas prendre un café avant de partir ? » Naturel, oui, sois naturel. Tout ceci est normal… Non mais j’essayais de convaincre qui ? Rien de tout ceci n’avait de sens. Et je n’avais jamais couché avec une amie si on omettait… – Ferme la. Ma conscience ricanait désormais, furieuse d’avoir été congédié la veille. J’observais les ravages nous séparer alors qu’elle déclina ma proposition. Elle avait peut-être peur que je retente quoique ce soit ? Et si ça avait été un désastre hier soir et si j’étais le seul qui avait aimé ça ? Depuis quand me posais-je ce genre de questions ? Depuis que tu couches avec tes potes, mon cher. Bon Dieu, j’allais avoir besoin de caféine moi et d’aspirine. Peut-être d’une corde aussi… A voir.

Toujours englouti dans ma confusion, je la vis me remercier pour la soirée. Surnaturel, cette situation, cette conversation. Tout était… Je me passais une main sur le visage. « Pas de … quoi. » Pas de quoi ? Allez sérieusement, Fontayn ? Tu aurais pu au moins ajouter quand tu veux… Non. Pas question de renouveler cette folie. Nous avions trop bu et… Et… Enfin, ça nous calmerait ça. Ah ouais ? Maintenant que tu avais vécu ça, ça te convenait comme ça ? Non, je ne voulais vraiment pas y repenser. Je savais que ça m’avait plu – un peu trop plu même. Je ne m’étais pas attendu à ressentir autant de choses. Parce que je la connaissais, parce qu’elle me plaisait depuis toujours et parce que… Je devais arrêter rationaliser. Ce qu’il s’était produit hier, c’était insensé. J’avais l’impression d’avoir trouvé une harmonie inhabituelle, une expérience physique unique qui ne devait pas arriver souvent dans une vie. Est-ce que si je me retrouvais devant cette situation, j’arriverais à me freiner ? Je ne supporterais pas cette réponse, je le savais. Elle ramassa mes clés et s’apprêta à franchir le seuil sans que nous ayons vraiment discuté du sinistre et des éclairs. Le souffre était encore intense dans notre atmosphère pour que nous puissions aborder le thème avec du recul. Et puis, de toute façon, je ne voulais pas vraiment en parler. C’était ma faute si elle était embarrassée. « A toi aussi… »  Elle fila si vite que je ne fus même pas sûr qu’elle ait reçu mes derniers mots. Elle me fuyait. Et voilà. J’avais encore tout gâché.

Je me forçais à me lever, à filer sous la douche pour me rafraîchir les pensées et revins habillé dans la pièce principale. Mes vêtements étaient encore éparpillés partout. Je n’eus pas le cœur à les rassembler comme si… Comme si je voulais être sûr de réaliser ce qu’il s’était produit. Comme si je voulais encore un peu m’envelopper dans cette somme de souvenirs qui affluait sans mal dans mon esprit. Ça me terrorisait mais pas que… Je me résignais après avoir englouti mon breuvage salvateur à tout ranger. Je fus hanté et habité par notre nuit à deux le restant de la journée. Et quand le soleil se coucha, je me retrouvai perdu au milieu de mes draps où l’arôme de la jolie brune résidait en maître. Je le regrettais ? Oui. Mais si c’était à refaire ? Je me jetterais sans doute dans l’aventure, les yeux fermés. Est-ce que ça valait le coup de la perdre ? Oui, non, peut-être. Je ne savais vraiment plus où j’en étais. Et les jours qui suivirent ne m’apportèrent pas plus de clarté. Je la croisais deux jours plus tard dans les escaliers et je restais complétement muet en la voyant. Je lui dis bonjour, n’osant pas m’approcher pour lui faire la bise comme avant – trouvant ça … étrange. Nous nous étions mis à ne plus savoir de quel côté passer pour que je descende et qu’elle remonte. J’avais manqué de la heurter. J’étais trop nerveux, trop … honteux. Je la revoyais le lendemain sur le palier. Je lui adressais toujours des salutations polies, un ça va qui servait plus pour la forme que pour le contenu. Et ainsi de suite à plusieurs reprises. J’étais distant et perplexe. Est-ce que nous parviendrons à digérer ça ?

Rien ne serait plus comme avant. Cela avait été trop intense et trop électrique pour que je puisse- moi, l’oublier. J’aurais pu passer à côté de ça, ne jamais le vivre. Et le revivre ? Je ne l’envisageais même pas. Parce que j’étais le type avec qui on couchait une nuit pour s’amuser le temps de tomber sur son futur copain. Je n’étais l’homme d’aucune femme. Même pour plusieurs nuits. Pas d’attache. Pas de routine. Je ne prenais que ce qu’il m’arrangeait finalement sans engagement, sans aucune implication, sans effort. J’étais un salaud. Et elle le savait. Je lui prouvais en la fuyant constamment. Elle devait avoir compris. Et c’était mieux comme ça. Au moins, elle savait à quoi s’en tenir. Je n’aurais pas dû autant sympathiser avec elle à la base de toute manière. Amitié ou non, je ne devais pas perdre de vue mes objectifs, ma quête de rédemption. Rebecca avait été une magnifique distraction, un rayon de soleil au milieu de mon enfer mais … C’était fini. J’avais abusé d’elle d’une certaine façon et de sa gentillesse. Je tentais de m’en convaincre durement quant au bout d’une semaine après notre tempête, un petit coup familier contre le bois de ma porte m’alerta de son retour sur mon seuil. Alors, je voulais quoi maintenant ? Ouvrir, déjà. Ensuite, j’aviserais.
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MessageSujet: Re: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Mar 27 Aoû - 22:33




The Lightning Strike


Qu'est-ce que j'avais fait ? Qu'est-ce qu'on avait fait ? Pourquoi est-ce que je me planquais chez moi comme si j'étais une criminelle ?
Cela faisait une semaine. Une semaine que Camille et moi avions franchi la limite entre l'amitié et…dieu seul savait quoi. Nous avions couchés ensemble après avoir bu, ce qui était sûrement la pire décision que j'avais pu prendre depuis le début de la guerre. Et depuis, c'est à peine si j'osais rentrer chez moi. J'avais multiplié les sorties professionnelles et personnelles, à mes risques et périls, juste pour éviter d'être chez moi à ruminer.
Le premier jour avait été interminable d'autant qu'en plus d'essayer de comprendre ce qui nous était arrivé je devais aussi gérer la mort d'Alessandro qui m'avait conduite à cette situation. J'étais une loque. Je me sentais dévastée, abandonnée. Comment allais-je continuer d'avancer maintenant que j'avais contribué à ruiner mon unique soutien ?

J'avais croisé Mme Maxwell à la boîte aux lettres et elle m'avait jeté un regard triste en me demandant comment j'allais. J'avais souris bravement et fait l'innocente en prétendant que tout allait bien avant d'aller pleurer chez moi. La nouvelle avait du faire le tour de l'immeuble, même si j'ignorais comment. Car il n'avait pas fallu longtemps à Mr Robinson pour frapper à ma porte et me demander si j'avais besoin de quoi que ce soit. Je l'avais vertement envoyé balader et si je m'en voulais un peu à présent, au moins me laisserait-il tranquille maintenant que Camille n'allait plus faire le garde du corps pour moi…
Mon cœur se serrait douloureusement à chaque fois que je passais devant sa porte.
Le soir, quand tout était éteint et que j'étais étendue dans mon lit, les yeux grands ouverts, je tendais l'oreille pour essayer de guetter son retour ou sa présence dans le studio. J'avais espéré qu'il sonnerait à ma porte, qu'il trouverait un prétexte quelconque pour me voir. Mais non, fidèle à sa réputation, il se contenait de m'ignorer, peut-être même de me fuir.

Le deuxième jour, alors que je rentrais du boulot en fin de journée, on se croisa sur le palier. Son "bonjour" sonna faux, mon "bonsoir" aussi probablement. Nous avions failli nous rentrer dedans mais nous avions fui tout deux tant l'atmosphère était pesante. Et il ne s'agissait pas de désir à cet instant ou d'une quelconque tension sexuelle, nous étions embarrassés, lui comme moi. Et je commençais à me dire qu'en plus de ne pas assumer, il avait honte. J'avais dû être une amante pitoyable. Il s'était tant occupé de mon plaisir qu'il n'avait peut-être même pas apprécié nos ébats. J'étais vraiment une moins que rien…

Le surlendemain fut atroce, les jours suivants encore pires. Chaque face à face était plus pénible que le précédent alors que je commençais à réaliser véritablement dans quel pétrin nous nous étions fourrés. Nous n'allions pas en parler, nous n'allions même plus jamais parler vu la façon dont nous nous comportions en la présence de l'autre. Mon dieu, je n'allais jamais supporter ça. Je commençais même à redouter de sortir de chez moi.

Chaque fois que je devais me trouver sur le palier, que ce soit pour rentrer ou pour partir, j'en avais presque des sueurs froides de peur de le croiser. Plus les jours s'écoulaient plus je me dégoutais, plus je m'imaginais les pires scénarios quant à sa vision de ce qu'il s'était passé. Pensait-il que je l'avais saoulé pour le séduire ? Que j'étais un mauvais coup ? Que mon amitié ne valait pas la peine de se donner les moyens de la préserver ? J'étais écœurée, j'étais déboussolée. Pire que tout, il me manquait. Quand est-ce qu'il avait prit une place tellement importante dans ma vie ?

Je rêvais même de lui, de nos ébats, je me réveillais le cinquième jour, haletante, après un rêve érotique des plus… réalistes. Visiblement, mon subconscient n'était pas d'accord avec la décision ou l'absence de décision qu'avait prise ma conscience. Il voulait recommencer. Mon corps le réclamait alors même que mon esprit se résignait déjà. Il fallait que je fasse quelque chose, on ne pouvait pas s'éviter indéfiniment, si ? Ou alors, je pouvais peut-être juste déménager. Fuir comme je savais finalement si bien le faire…  

Le sixième jour, nos mains s'effleurèrent et je ressentis clairement l'électricité statique claquer dans l'air, me faisant violemment retirer ma main sous le choc. J'avais l'impression que c'était un signe. Ou peut-être que je cherchais désespérément, un signe, une raison, une excuse pour ne pas abandonner. Ce qui s'était passé entre nous était inexplicable. Encore une semaine après, je ne le comprenais. Aussi intense cela était, je pouvais en faire abstraction s'il le fallait, pour ne pas perdre Camille. Je ne voulais pas être l'une de ces filles qui passait dans sa vie sans jamais s'y arrêter. J'étais son amie. La situation était gênante pour nous deux, mais je devais prendre les devants si je voulais essayer de sauver notre amitié. Pour un peu qu'il reste quelque chose à sauver, mais il n'y avait qu'une seule façon de le savoir.

Alors, sept jours après notre… dérapage, je préparai une fournée de cookies, bien décidée à tenter de renouer le contact. Vêtue d'une tenue neutre, jean et tee-shirt  –ce qui était déjà le cas la semaine précédente et n'avait pas empêché l'impensable de se produire- je pris mon courage à deux mains pour aller frapper à sa porte. Je ne savais pas ce que j'allais dire ou faire avant qu'il n'ouvre la porte et que nos regards se croisent. Immédiatement, je sentis mon corps se raidir mais je m'efforçai de sourire le plus naturellement possible. Je savais qu'il ne serait pas dupe, il connaissait assez bien mes sourires, je pense, pour savoir quand ils étaient forcés, mais je faisais un effort. J'espérais que cela l'encouragerait à en faire de même.

- Salut ! Je t'ai apporté ta fournée hebdomadaire de biscuit ! M'exclamai-je en pénétrant dans l'appartement comme je le faisais habituellement.

J'étais moins spontanée, moins naturelle, moins à l'aise que d'habitude. Mais la situation avait de quoi être gênante. Je faisais au mieux avec ce que j'avais et pour le coup, il n'imaginait pas à quel point je luttais contre mes peurs et mes angoisses en me trouvant ici. Je n'en avais pas encore la moindre idée, mais c'était le début d'une longue succession de batailles, pour lui, contre lui…

Je posai la boîte sur son plan de travail, sans tout de suite me retourner. Il fallait qu'on parle de tout ça, qu'on le mette au clair le plus vite possible, comme ça ce serait derrière nous et on pourrait reprendre notre bonne vieille amitié sur des bases solides.

- Cam… à propos de ce qu'il s'est passé l'autre jour…

Je me mordis la lèvre, ne sachant pas exactement quels mots utiliser :

- On n'aurait pas dû. On avait bu et… c'était une erreur mais… on est des adultes, on peut dépasser ça. Ce n'était qu'un dérapage, ça ne veut rien dire, pas vrai ?

Je me tournai enfin vers lui, espérant trouver un peu de soutien dans son regard:

- Je déteste cette situation. Est-ce qu'on peut juste prétendre que ce n'est jamais arrivé et continuer comme avant…?

Il fallait qu'il dise oui. J'avais désespérément besoin qu'il dise oui. Même si je n'avais absolument aucune idée de comment j'allais faire pour arrêter de fantasmer sur ses lèvres. Mais chaque problème en son temps.

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MessageSujet: Re: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Mer 28 Aoû - 0:23




The Lightning Strike

J’ouvris donc après avoir pris une profonde inspiration pour la trouver devant moi. Je me crispais et inhalais malgré moi à outrance sa fragrance – celle qui avait traîné si longtemps dans mes draps, refusant de me laisser un semblant de répit. Bon sang, pas étonnant que je l’évite autant, elle était tellement… indescriptible. Elle m’était toujours apparue fascinante mais depuis cette fameuse nuit, mon regard avait évolué. C’était pire qu’avant. On aurait pu croire que la tension entre elle et moi soit redescendue mais ce n’était pas le cas. Et c’était une des raisons qui m’avait fait fuir. Je m’étais refusé de me l’avouer avant qu’elle ne reprenne nos habitudes. Je notais le décalage désormais parce qu’il me sautait à la gorge. Son faux sourire entraîna l’esquisse d’un rictus forcé sur mes lèvres. Ca n’avait rien de naturel et ça me désolait. Je n’avais plus l’habitude de jouer un rôle en sa présence et ça m’était difficile de devoir endurer un masque. « Salut… » Elle entra comme toujours avec un vieux motif que je ne relevais pas pour le moment. Sauf que « toujours » aujourd’hui, devait être revu. Car ce n’était pas depuis toujours que nous étions aussi tendu elle et moi pour d’autres motifs que celui d’une attraction démentielle. J’étais tellement nerveux que je me forçais à m’adosser dans un coin de la pièce pour ne pas m’agiter devant elle inutilement. La dernière fois qu’elle s’était tenue ici… Je déglutis difficilement. Elle posait les cookies sur le plan de travail et mon esprit dériva. Bordel. Sa voix, heureusement, me sortit de ces songes déplacés et me rappela la gravité du moment. J’étais pétrifié quand elle commença à tracer l’ébauche d’une discussion que nous ne pourrions sûrement pas assumer. Bon ok, que je ne pourrais pas assumer, moi. Et si l’autre jour, j’avais tellement merdé qu’elle n’avait pas aimé et que c’était ça maintenant qui la gênait, que j’ai été nul et que… Sérieusement ? Tout ce qui m’inquiétait, c’était ma performance ? Alors que nous jouions notre relation amicale à l’heure actuelle. Elle se mordit la lèvre, je me contractais un peu plus. Je ne savais plus si j’étais tétanisé ou si j’étais simplement entrain de refouler ma libido. J’oscillais entre les deux problèmes de façon constante.

Une erreur, oui, sûrement. Adulte, dépasser ça. Aussi simple que ça ? Mh. Peut-être bien. Ça ne veut rien dire. Possible, probable. J’avais du mal de rester concentrer en réalité sur ce qu’elle disait même si c’était important. Elle se tourna vers moi finalement, je m’emparai de ses prunelles, m’y noyai même. Son interrogation me réconforta sommairement. Elle voulait sauver notre amitié – elle avait raison. On ne devait pas tout balancer sous prétexte que nous avions couché ensemble. Après tout, qu’était une nuit de sexe comparé à plusieurs années d’amitié ? « Oui… » On devait pouvoir oublier pour notre bien... Sauf que je ne voulais pas oublier. J’allais devoir vivre avec alors. Vu comment je la reluquais, ça n’allait pas être évident. Un peu de contrôle, Fontayn ! J’ajoutais en murmurant « … Je crois… » Bon ok, autant être honnête au moins avec moi – vu que toute évidence, je ne l’étais pas totalement avec elle. J’avais envie de me jeter sur elle, de l’embrasser, de tout lui arracher, de la retrouver dans mes bras, contre moi. Je respirais de façon inadéquate. C’était viscéral comme je la désirais encore plus fort qu’avant notre dérapage. Mon corps se souvenait tellement bien de ce qu’il s’était passé qu’il la réclamait. C’était complétement irrationnel, insensé. Je devais me faire violence pour ne pas marcher dans sa direction et pour ne pas abolir toute simplement nos bonnes, nouvelles résolutions, ce pacte tacite que nous évoquions. J’allais devoir apprendre à gérer mes pulsions. J’allais devoir apprendre à ne la revoir que comme une amie. Une amie excessivement attirante. J’essayais de ne pas la dévorer des yeux, de me calmer et de repousser ce magnétisme. Elle m’électrocutait et je ne devais pas disjoncter. Jusqu’à combien de volts allais-je savoir résister ?
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MessageSujet: Re: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Mer 28 Aoû - 17:56




The Lightning Strike


Ses mots me permirent de respirer à nouveau et le soulagement se distilla dans mes veines, apaisant la course fulgurante de mon cœur et de mes pensées. Il était d'accord, nous allions trouver un moyen de faire fonctionner tout ça. Oublier cette nuit de folie, la dépasser, la taire, faire comme si elle n'avait jamais existé. On pouvait faire ça, n'est-ce pas ?

- Bien...

Je réussi à lui sourire, de manière un peu plus naturelle maintenant que je savais que nous n'allions pas laisser le sexe gâcher notre amitié. Ou du moins que nous allions essayer...
Bon et puis quoi, maintenant ? Il valait sûrement mieux que je m'en aille, que je nous laisse penser à ça chacun de notre côté et demain tout irait mieux.

Je me rapprochai de lui et de la porte et haussai les épaules, d'un air faussement décontractée:

- Alors... peu importe à quel point c'était...

Que c'était quoi ? Quoi au juste, Becky ? Incroyable ? Foudroyant ? Un véritable feu d'artifice ? La meilleure baise de ta vie ? Non, je ne pouvais pas m'aventurer sur ce terrain là ! Pourquoi j'avais dit ça d'abord ?

-...intense... nous n'aurons plus qu'à...

Qu'est-ce que j'étais en train de dire ? Pourquoi je continuai de me rapprocher ? Il fallait que je recule ! J'étais incapable de penser clairement quand il était trop près de moi et on avait vu ce que cela avait donné l'autre nuit... Ma voix était basse, presque un murmure tant je sentais le poids de son regard sur moi, sur mon corps. Et j'aimais la façon dont il me regardait, dont il me dévorait, même, du regard...

-...ne plus jamais en parler...


Je me rendais compte tout à coup que mon corps m'avait trahi. L'attraction qui existait toujours entre nous, et qui avait même été amplifié par ce que nous avions vécu, m'avait poussée à me rapprocher de lui plus que de raisons. Je me tenais dangereusement à quelques centimètres de lui et il suffisait d'un pas, hautement symbolique, pour combler l'espace entre nous.

Mon regard glissa sur ses lèvres, me renvoyant des flashs des baisers fiévreux que nous avions échangés, avant de revenir se perdre dans ses yeux océans. J'étais déboussolée, j'étais perdue, j'étais inquiète. J'avais toujours envie de lui. Peut-être même encore plus qu'avant...
Je déglutis péniblement alors que mon esprit semblait prendre un malin plaisir à me remémorer nos ébats. Mon Dieu, comment allions-nous faire ?
Dans un souffle, je terminais mon raisonnement même si je réalisais bien à quel point il ne tenait pas la route :

- Ça sera comme si... rien ne s'était passé...

Et puis, je compris. Je vis dans son regard ce qu'il devait voir dans le mien. Ce désir, sauvage, implacable, qui ne nous laisserait pas en paix tant que nous ne l'aurions pas assouvi, encore et encore, jusqu'à se lasser, jusqu'à être cassé.

- C'est ce qu'on veut... pas vrai...?

Non, non c'était un odieux mensonge. Je ne voulais pas oublier, je ne voulais pas faire comme si ça n'avait jamais existé. La vérité c'était que ça avait été fantastique et que je crevai d'envie de recommencer. Mais j'avais peur, bien trop peur et comme toujours, c'était mes angoisses qui me dirigeaient. Elles m'avaient dirigée toute ma vie, je n'étais pas sûre de savoir comment faire pour les surmonter. Pas sûre de le pouvoir, pas sûre de le vouloir. Non, décidément, je n'étais plus sûre de rien.

Tout me ramenait à cette demi-seconde, interminable, où il s'agissait de décider de la suite. Quoi que... avions-nous encore le choix ? J'avais comme l'impression que tout était décidé d'avance, que sur ce coup-là, nous n'avions pas vraiment notre mot à dire. Nous subissions cette attraction, nous n'avions qu'à y céder et en profiter.

Cela allait être, encore, une terrible erreur. Mais avant même de l'avoir clairement pensé, je savais que j'allais abdiquer. Que j'avais déjà abdiqué, en quelque sorte...

Mon cœur repartit dans de violentes et douloureuses embardées. Le souffle court, nous nous dévisagions sans un mot. Tout mon être était dans l’expectative. Succombera ? Succombera pas ? Alors qu'au fond, je savais que la véritable question était de savoir qui de nous deux craquerait en premier...

Ma conscience essaya bien de me réveiller dans un dernier sursaut d'agonie, mais tout ce que je fus capable de penser fut "Ho et puis merde..." et je me jetais sur ses lèvres à l'instant précis où il en faisait de même. Abolissant toute réserve, j'attrapai son visage entre mes mains pour approfondir notre baiser alors que le monde autour de moi cessait d'exister.

Je me foutais des conséquences.

Sans réfléchir -à quoi bon de toute façon- j'attrapai son tee-shirt avec empressement et lui passai au-dessus de la tête en l'entraînant avec moi vers le coin salon. Mon corps collé au sien, mes mains parcouraient son corps furieusement, comme pour se convaincre qu'il était bel et bien là, à ma merci. Je ne cessai de l'embrasser que l'espace de quelques secondes pour le pousser sur le canapé et venir m'installer à califourchon sur lui. Je repris mes baisers, impatiente, vibrante.

C'était hallucinant... tout bonnement hallucinant, ce que nous vivions, cette énergie qui circulait entre nous, l'intensité de tout ça.. j'étais complètement dépassée par ce qui nous arrivait... et je n'en avait absolument rien à faire... je le vivais simplement.

Ce corps-à-corps fut encore plus intense que le précédent. Si je m'étais principalement laissée faire la première fois, cette fois c'était moi qui menait la danse. Nos vêtements se rejoignirent sur le sol  Nous étions tout deux trop excités, trop demandeur, pour y aller doucement. La prochaine fois, une autre fois. Je venais vraiment de penser ça ? Oui, oui parce que je savais finalement que nous serions incapable, lui comme moi, de nous arrêter après ça. La semaine dernière n'avait été qu'un avant-goût de tout ce qui s'offrait à nous. Cette complicité, cette entente sexuelle parfaite, c'était peut-être quelque chose qu'on ne rencontrait qu'une fois dans sa vie. Nous n'allions pas gâcher ça. Et alors que nous plongions à corps perdu dans cette folie destructrice, une petite part de moi criait victoire. Je n'étais pas une fille d'un soir. Je n'étais pas comme toutes les autres. Il y aurait d'autres nuits, d'autres ébats.

(...)


Je me sentais incroyablement bien et j'avais envie de plaisanter, de partager ma bonne humeur et mon bonheur.

- On est tellement bon qu'on devrait nous donner une médaille pour ça...! Plaisantai-je avant de me mettre à rire.

Je battais tous les miens en tout cas. Je n'avais définitivement jamais vécu une telle expérience.

- Ce n'est plus aussi bizarre que ça, la deuxième fois, si ?

Je plaisantais toujours, en partie du moins.  Je voulais rester légère comme mon humeur, je voulais désamorcer toute situation de crise.

Toujours agenouillée sur lui, je me redressai pour le regarder. Mes yeux plongèrent dans les siens. Je savais que ce que j'allais dire maintenant allait être déterminant pour la suite. Je savais déjà que je ne pourrais pas revenir où nous en étions avant. Je ne serais pas assez forte pour le côtoyer innocemment après ça. Je savais aussi que Camille n'était pas le genre de mec à avoir une copine et de toute façon, je ne me sentais pas à la hauteur d'être une petite-amie. J'avais essayé, ça ne me réussissait pas. Sûrement parce qu'au fond, je ne pensais pas mériter qu'on m'aime. Mais on ne parlait pas de sentiment là. J'avais pour Camille une profonde et sincère affection, un minimum réciproque à mon avis, et nous étions non seulement très attirés l'un par l'autre mais en plus totalement compatibles... plus que compatibles même... Nous pouvions peut-être nous contenter de profiter des deux meilleurs aspects de notre relation. L'amitié et le sexe. On ne serait pas les premiers à le faire. Je ne savais pas ce qu'on serait, ni ce qu'on deviendrait, mais pour l'instant, c'était le dernier de mes soucis. Je devais le convaincre lui, qu'on pouvait le faire. Et j'avais bien une petite idée…
Je lui souris et vint l'embrasser:

- Ca ne change rien au plan… soufflai-je contre ses lèvres entre deux baisers. Il suffit juste… de ne pas y penser… et de ne pas en parler…

Je mordillai sa lèvre inférieure avant d'abandonner la chaleur de ses bras pour me relever et faire quelques pas, entièrement nue, jusqu'à la porte de la salle de bain. Puis sur le seuil, je me tournai vers lui, dans une attitude sensuelle et provocante :

- Alors, Fontayn…tu réfléchis… ou tu me rejoins plutôt sous la douche…?


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MessageSujet: Re: [FlashBack] The Lightning Strike ~18 septembre 2016~[Livre II - Terminé]   Lun 2 Sep - 20:04




The Lightning Strike

Bien. Est-ce que c’était bien ? Ça ne pouvait pas être mal, si ? Tout dépendait du point de vue après... Non, nous faisions sûrement ce qui était juste pour elle comme pour moi. Nous nous porterions mieux tous les deux si nous réussissions à sauvegarder les pans de cette amitié. Parce que c’était tout ce que je pouvais lui offrir de toute façon. Son sourire ne m’aidait en rien à accepter cette décision que je continuais de trouver évidente et simple pourtant. Elle passa près de moi pour trouver la porte. Je n’avais aucune envie de la voir partir alors que tout mon être souhaitait céder à la folie. Ma raison s’affirma avec voracité et je retins ma respiration quand elle fût plus proche. Elle débuta une nouvelle phrase, je vins frôler sa silhouette du bout des yeux. C’était… intense ? Oui, c’était le terme. Qu’elle pense ça me rassurait, me plaisait et me donnait du fil à retordre concernant notre résolution. Elle s’approcha à la suite, ses mots effaçaient la nuit, ses gestes l’invoquaient. Moi ? Je n’écoutais plus vraiment son discours depuis qu’elle comblait l’espace entre nous, déjà aspiré dans le magnétisme qu’elle provoquait de sa simple présence. Je ne pouvais pas tellement contenir mes envies s’oppressant déjà bien trop vite dans le regard que je lui coulais. Je ne fis pas un seul pas dans sa direction pourtant, ne faisant qu’englober sa silhouette de mes prunelles. Je voulais voir jusqu’où elle pouvait aller. Je retins ma respiration quand elle se posta face à moi et que son regard glissa sur mes lèvres. J’acquiesçais à ses paroles sans savoir une seule minute de quoi elle parlait.

Je lisais dans ses yeux la suite, je savais que ça finirait par re-déraper. Je l’attendais, l’espérais. La seconde symbolique déclina et elle se jeta sur moi la première. Ses lèvres, ses mains, son corps. Je ne savais même plus me focaliser sur autre chose qu’elle. Où nous allions, ce que nous faisions. Je la laissais me mener dans sa démence cette fois-ci. Nous atterrissions sur le canapé, nos vêtements s’étalèrent au sol et sans chercher à comprendre, me laissant porter par son désir, par le mien, nous nous retrouvons l’un sur l’autre. Tout ça était complétement hallucinant, mes souvenirs ne rendaient pas justice à ce que nous traversions tous les deux. J’avais passé tellement de temps à me convaincre d’avoir fait la pire connerie possible que j’avais réussi à ternir les réminiscences – qui restaient pourtant assez dignes, de notre premier corps à corps. Nous étions en parfaite harmonie – aucun de nous ne pouvait le nier. Sans l’ivresse, cette évidence me sauta d’autant plus à la gorge alors que les lèvres de Rebecca vinrent se perdre sur ma nuque une dernière fois après que nos ébats nous aient laissés pantelants. Becky brisa officiellement le silence d’une réplique légère, amusante. Je lui répondis d’un sourire. Est-ce que c’était moins bizarre ? Je n’en savais rien. Nous n’étions pas passé par la case ébriété, nuit et petit matin. Ça n’était pas vraiment comparable. Je n’eus pas vraiment le temps de répondre, toujours perché dans ma confusion qui s’amplifia alors qu’elle se redressait pour m’observer. Où en étions-nous ? Qu’est-ce qu’on allait faire maintenant ? Mon angoisse recommençait déjà à poindre et je restais toujours paralysé dans mon mutisme. Ma voisine effaça le doute cependant quelques instants plus tard, d’une réplique à laquelle j’acquiesçais très – trop, rapidement. Pas de prise de tête, de conversations, nous restions des amis… Des amis qui couchaient ensemble. Nous n’étions pas les premiers à se lancer dans ce type de relation après tout. Si la brune croyait que c’était envisageable, alors… Je me déchargeais de toute inquiétude de cette simple manière. Elle me délaissa alors pour gagner la salle de bain, avant de franchir le seuil, elle me fit une proposition plutôt éhontée. Elle arriverait toujours à me surprendre. J’allais devoir m’y faire. La douche ne semblait pas pouvoir attendre. La réflexion, par contre… « J’arrive, Scott. » Je n’avais décidément aucune idée de ce que nous faisions et dans quoi nous nous embarquions. Peu importait pour le moment. Peu importait.
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