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[Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]
MessageSujet: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Mer 7 Aoû - 10:57




A few mistakes ago...


Ça ne faisait qu'une poignée de jours que j'avais récupéré les clés de mon nouvel appartement. Si l'immeuble ne payait pas de mine, le quartier était sympa, à deux pas des quais, et surtout il était loin des dernières émeutes qui m'avaient poussée à déménager. Rien que d'y penser, je frissonnais. J'en faisais encore des cauchemars. Tout ça avait été tellement horrible ! Je ne pouvais pas rester dans mon ancien immeuble qui avait même été vandalisé. J'avais besoin de changer d'air mais j'aimais habiter à Glasgow et mon agence se trouvait ici. Ca ne servait à rien d'aller m'installer à Edimbourg pour faire ensuite deux heures de trajets par jour. Non, je préférais changer de quartier. D'autant qu'Edimbourg n'était pas plus épargné que Glasgow. Les tragédies semblaient se répartir aléatoirement entre les deux cités écossaises. J'aurais peut-être mieux fait de quitter le pays… mais pour aller où ?  J'avais déjà eu cette discussion avec moi-même des centaines de fois et le résultat était toujours le même. Je ne voulais pas partir, j'avais peur de ce que je trouverais ailleurs. Ici, j'avais mon petit train-train, un métier sympa pas trop mal payé et il suffisait que je continue à faire profil bas pour ne pas m'attirer d'ennuis. Concrètement, j'avais jusque là toujours réussi à éviter les problèmes. J'espérais que cela durerait encore longtemps.
Entre le boulot et les différentes démarches, je n'avais pas arrêté de courir depuis que j'avais emménagé quelques jours plus tôt, ce qui expliquait que beaucoup de mes cartons m'attendaient encore dans ma voiture. Je profitais d'un début d'après-midi de libre pour m'y atteler.  
Deux encombrants cartons dans les bras, je montais rapidement les escaliers. Arrivée sur le palier du deuxième, je dégageai mon bras droit en tenant le carton en équilibre sur le genou pour ouvrir la porte mais les clés m'échappèrent des mains.
"Merde !"
Bon sang, mais qu'elle idiote ! C'était ça de vouloir toujours tout faire trop vite !
J'essayai de se contorsionner pour les ramasser mais je me sentis perdre l'équilibre et me rattrapai de justesse en m'appuyant contre le mur. Si je lâchai ce foutu carton j'allais casser quelque chose, mais si je ne le faisais, j'allais finir par tomber.
Bon dilemme, dilemme. Qu'est-ce que je devais faire maintenant ?
J'entendis soudain des pas dans l'escalier et j'eu un regain d'espoir. Peut-être qu'on pourrait m'aider à ne pas avoir l'air totalement ridicule ! Quoi que.. la situation elle-même était déjà ridicule ! Charmante façon de rencontrer ses voisins, vraiment, bravo Rebecca !
"S'il vous plaît ? Un petit coup de main ?"
Je tournai la tête pour croiser le regard de mon sauveur. Woaw, ce qu'il était canon ! J'avais peut-être été bien inspirée de choisir cet appartement plutôt que l'autre que m'avait proposé l'agence… Grand brun aux yeux bleu, il devait avoir à peu près mon âge, peut-être à peine plus vieux. Je lui souris et soufflai de soulagement lorsqu'il récupéra les clés sur le sol pour m'ouvrir la porte. Je réussi à me redresser et posai les cartons dans l'entrée de l'appartement. Je me tournai vers lui en souriant à la fois amusée et soulagée:
"Je me suis un peu sur-estimée, je crois. Merci !"
Je  me remis une mèche de cheveux derrière mon oreille, par pure nervosité.
"Tu es… mon nouveau voisin ?" Demandais-je en montrant la porte qui faisait face à la mienne. "C'est toi que je vais devoir embêter quand il me manquera du sucre, qu'il faudra arroser mes plantes ou relever mon courrier ?"
Je pris un air angélique, consciente que je le harcelai déjà à peine arrivée:
"Ne prends pas peur, hein, je suis "délicieuse" d'après mes derniers voisins ! Ils adoraient mes cookies ! Bon, il faut dire qu'ils n'étaient pas tout jeunes, et je les trouvais plutôt louches, je me demandais souvent s'ils ne faisaient pas des trucs bizarres…tu sais, genre séquestrer des gens dans leur cave ? Mais… ça ne change rien au fait que je sois une adorable voisine, pas vrai ?"
La ferme, Becky, bordel ! Tu es ridicule ! Ferme-la, ferme-la !
Je me mis à rire et me mordis la lèvre, embarrassée :
"Désolée, je suis une vraie pipelette quand je suis nerveuse… et rencontrer de nouvelles personnes me fait souvent cet effet là."
Bon sang, il avait un de ces regards ! Comment je pouvais rester calme et naturelle alors qu'il me dévisageait comme ça ? Et son sourire ! Et cette fossette ! Mon dieu, j'allais mourir !
Essayant de paraître moins bizarre et me rendant compte que je ne m'étais même pas présentée, je m'essuyai sur mon jean et lui tendis la main:
"Au fait, moi c'est Rebecca !"


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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Jeu 15 Aoû - 23:05




A few mistakes ago...

Y aurait-il une finalité à cette guerre ? Chaque confrontation laissait son lot de cadavres, de traumatismes et de questions. Pourquoi en étions nous arrivés ? C’était une lutte de pouvoir qui me dépassait toujours tellement. Et si Alan et moi n’avions pas réagi à temps, nous aurions sûrement fini en chair à canon sous les crocs des vampires. Cette alliance s’avérait  être une aubaine, même si elle restait bien souvent tendue. Mais vu les temps difficiles auxquels nous devions faire face, personne ne faisait la fine bouche. Je passais la plupart de mon temps à me faire un sang d’encre et à chercher à anticiper les prochains affrontements. Nous pouvions tous mourir demain, tous sans exception et j’avais déjà sur ma liste un nombre incalculable de victimes, des miens qui s’étaient fait massacrés. Je me sentais responsable de ces morts même si mon ami tentait de me convaincre du contraire. Bon, il fallait que je relativise, que je garde la tête sur les épaules et que je continue à me focaliser sur les objectifs. Là, tout ce que je devais faire c’est rentrer, prendre une douche et avaler un repas, un vrai repas. Dans moins de deux mois, ça ferait un an que je vivais dans cet immeuble et pourtant, je ne m’y sentais toujours pas chez moi. Ce n’était pas une question de luxe ou de confort mais plus de circonstances. J’essayais autant que possible de bouger, de sortir, retrouver les métamorphes, Alan, peu importe. J’avais toujours détesté rester enfermé mais depuis que j’habitais là, c’était pire. Le contexte politique n’arrangeait rien. Je grimpais deux par deux les marches. Depuis que j’avais arrêté la nicotine, j’arrivais à atteindre mon palier sans présenter des signes inquiétants d’essoufflement – légers certes mais réels. Une odeur inconnue se manifesta quand j’atteignis la dernière marche et je me figeais pour en analyser les composantes. Humaines, normalement mais après, je ne savais pas identifier les semi-démons. Les lycans – eux, avaient cette chance. Je restais sur mes gardes quand j’approchais de ma porte avant de découvrir la propriétaire de cet arôme.  

Ah oui, j’avais oublié. Changement de locataire, je le savais pourtant. J’avais une façon de trier les informations assez drastiques depuis un moment. J’avais du mal à couvrir tous les fronts. Bref, peu importait. Je trouvais ma nouvelle voisine dans une situation évidente de détresse alors qu’elle m’interpellait. Bon au moins, elle était bien plus agréable à regarder que l’ancien voisin – ce type ne m’avait jamais inspiré rien de bon et les rares fois où nous nous étions adressés la parole, il m’avait limite agressé. Ce qu’il était devenu ? En ce moment, les disparitions faisaient légions alors bon. Bref, en bon gentleman, je m’abaissais pour ramasser les clés à terre et croisa ensuite pour la première fois son regard. Je confirmais que je préférais largement cette nouvelle habitante. « Je vous ouvre peut-être ? » Ajoutais-je en souriant légèrement. Toujours entretenir un bon rapport avec son voisinage, n’est-ce pas ? Et autant démarrer sur une bonne note. J’enjambais l’espace restant pour lui délivrer l’entrée. La très charmante inconnue me remercia et je lui adressais un signe poli de tête en retour. Je n’eus pas vraiment le temps de répliquer car elle embrayait déjà et m'ensevelit sous un flot de paroles incroyable qui m’arrachèrent un vrai rictus. Je la rendais nerveuse? Mh intéressant. Elle semblait haute en couleur, voilà qui ne manquerait pas d'animer mes brefs passages ici. J’attendis qu’elle me décline son identité pour oser prendre la parole. J’acceptais sa main bien évidemment et répliquais simplement. « Camille et oui, j’habite en face. Mes placards sont trop souvent bien vides et je n’ai jamais eu la main très verte malheureusement mais je te rassure ces deux lacunes sont comblées par ma spécialité à relever et classer le courrier comme un vrai pro. » J’élargis mon sourire à ses mots avant de relâcher sa paume. « La séquestration n’est pas repris dans mon cv si ça peut te rassurer. »

Trop de familiarité Fontayn, tu ne la connais pas. Méfiance, vigilance. Rappelle-toi, il n’y a pas de risque zéro et même si elle est plutôt canon, interdit, hors d’atteinte, communauté-mission-guerre-pasletempsdejouer. Je le savais tout ça mais ça ne m’empêcha pas répliquer « Tu as besoin d’aide pour décharger le reste ? » Je n’allais quand même pas laisser une jeune et innocente femme se débrouiller toute seule comme ça alors que j’avais du temps libre à tuer, pas vrai ? Je savais bien me donner conscience tranquille quand je le désirais. De toute manière, qu’est-ce qu’elle pouvait me faire ? Apparences trompeuses, oui, oui. Mais je restais toujours sur le qui-vive de toute manière et dans ce cas précis, mon intuition ne mettait pas en état d’alerte. Tout allait bien. Je repris de plus belle en me dirigeant vers ma propre porte de l’autre côté et sortis mon trousseau pour entrer. « Si tu me laisses une micro seconde pour me changer, je peux t’aider. »
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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Ven 16 Aoû - 11:15




A few mistakes ago...


Mon nouveau voisin super canon accepta ma main et se présenta à son tour, tout en répondant à mon flot de bêtises. Je laissai échapper un petit rire. Il avait l'air de ne pas manquer d'humour, voilà qui était parfait! Au moins, je ne l'avais pas fait fuir.

- Je m'en souviendrai. Promis-je, amusée, lorsqu'il avoua être le pro du triage de courrier.

J'allais le remercier encore une fois avant de retourner à mes affaires quand il me prit par surprise en me proposant son aide. Je n'étais pas habituée à tant de gentillesse d'un inconnu. Le climat de méfiance ambiant ne favorisait pas les contacts humains. Tout le monde avait peur, tout le monde préférait être égoïste et fermer les yeux sur les horreurs qui les entouraient. C'était quelque chose que je pouvais comprendre, après tout, je me faisais moi-même la plus discrète possible, mais cela m'attristait toujours. J'essayais de continuer à faire confiance aux gens, même si ce n'était pas toujours aisé.

- Ho ? Heu, oui, pourquoi pas, ça ira plus vite à deux, c'est gentil ! J'ai fait livrer le plus gros des meubles mais ma voiture est encore pleine de cartons.

J'acquiesçai lorsqu'il me demanda de lui laisser le temps de se changer et en profitai pour refermer la porte de chez moi en l'attendant. Camille… quelque chose me disait qu'on allait bien s'entendre. Ça me changerait du vieux couple Davis, c'était certain ! D'ailleurs, c'était un prénom particulièrement rare par ici. Je n'avais pas particulièrement décelé d'accent mais je n'en avais pas vraiment moi-même alors il ne fallait pas s'y fier.
Je lui souris quand il revint, presque aussi vite qu'il l'avait annoncé, et n'hésitai qu'une seconde avant de satisfaire ma curiosité, alors que nous descendions tranquillement les escaliers.

- Camille, c'est français, non ? Tu viens de là-bas ?

Mon sourire s'agrandit encore et mes yeux se mirent surement à briller, lorsqu'il me confirma ses origines. Je me mis aussitôt à parler en français:

- Ho, c'est génial ! Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas trouvé quelqu'un qui parlait français ! Je viens de Belgique, même si ça fait… quelques années que je suis à Glasgow !

Je me sentais presque comme une gamine surexcitée le matin de noël. Beaucoup de choses de ma vie d'avant me manquaient, même si je faisais mon maximum pour ne pas y penser. Mes famille adoptive, mes "frères", ma langue maternelle, le climat, les frites !
Parler français me donnait l'illusion de retrouver un peu de stabilité dans le chaos ambiant. C'était sûrement bizarre, mais c'était l'effet que ça me faisait…

On atteignit ma voiture et j'ouvris le coffre. Une douzaine de cartons envahissaient l'habitacle. Le coffre, les sièges passagers, tout était bondé. Et dire que ça faisait 4 jours que je roulais comme ça, j'avais presque honte !
J'attrapai un carton, un seul cette fois. Je n'allais pas réitérer ma bêtise d'en prendre deux et de me retrouver coincée. Et puis, peut-être que j'avais, un tout petit peu, inconsciemment, envie de faire durer le déchargement de ma voiture…  

- Ça fait longtemps que tu habites ici ? Demandai-je, toujours en français, tandis que nous remontions, côte à côte. Ça te plaît ? Le quartier a l'air sympa… et les voisins… et bien, tu es le premier que je rencontre, alors… je réserve encore mon jugement pour l'instant, mais…

Je lui jetai un regard en coin, taquine et haussai les épaules:

- …ça devrait aller !

S'ils étaient tous aussi charmants que lui, j'allais me plaire ici, c'était même certain.

- Est-ce qu'il y a de quelconques règles de survie à suivre pour s'intégrer dans l'immeuble ? Des choses importantes à savoir ? Si tu as des conseils, je suis preneuse !

On déposa les nouveaux cartons et reprit le chemin inverse. C'était bien plus sympa à deux, il n'y avait pas de doutes !



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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Sam 17 Aoû - 18:05




A few mistakes ago...

J’entrais dans mon appartement en quatrième vitesse et fila droit vers ma commode afin d’extirper un t-shirt et un jean dans mon tas de fringues sacrifiable. Je virais ma chemise très rapidement et me changeais alors afin d’aller secourir la jeune demoiselle en détresse. Ça me ferait faire un peu d’exercices comme ça – Je parlais bien de déménager oui, de déménager. Je ne me trouvais de jolies excuses, pas vrai ? Si elle avait eu soixante ans et huit chats, ça ne m’aurait pas empêché de l’aider cela dit. Avec des intentions similaires ?  Celles très nobles que je me louais ? Bon, ok. Ça n’aurait pas été avec le même enthousiaste que je me serais dirigé vers ma porte afin de la retrouver si elle avait eu un paquet d’années en plus sur les bras – ok. Mais ça ne changeait rien au fait que je comptais juste limiter mes interactions avec elle au bonjour/au revoir que le voisinage requière après ce petit épisode. Vraiment ? Oh et puis zut. Si je devais commencer à vivre en ermite et à craindre chaque rencontre, j’allais finir fou pour de bon. Dans l’absolu, je ne risquais rien. Ce n’était qu’une prise de contact, il était justement sain et logique que je cherche à connaître les nouveaux locataires dans le but de me protéger, moi, mon secret et accessoirement ma vie. Ma paranoïa me salua à cette pensée tandis que je retrouvais ma mystérieuse voisine sur le palier. « Et voilà.  Après toi… » Déclarais-je en lui désignant d’un mouvement de mains les escaliers que nous nous empressions de descendre. Enfin empresser… Elle n’avait pas l’air méga pressée et à vrai dire, moi non plus. Mais c’était la vérité, je ne l’étais pas. Je n’avais aucune obligation dans l’immédiat. Et sinon, est-ce que je pourrais un jour cesser de me justifier avec moi-même pour chaque acte posé ? Je m’épuisais tout seul. Mon interlocutrice me sortit de ma brume psychique et je lui souris machinalement. Une interrogation à propos de mes origines ? Je taisais ma méfiance mal placée et lui répondis très naturellement. « Eh oui. » Cette révélation alluma son regard – plus qu’intéressant tiens. C’était bien rare que ma nationalité rende autant les gens heureux bien qu’il fallait avouer que le côté accent français plaisait aux écossaises. Je m’égarais vraiment.

La raison de cette illumination me fût très vite connue lorsqu’elle reprit la parole mais dans ma … Notre – apparemment, langue maternelle. Je mis quelques secondes avant même de réaliser qu’elle était passée d’une à l’autre. De Belgique ? Amusant. Même si je ne connaissais pas vraiment, voire pas du tout le pays. J’avais bien fait un détour par sa capitale avec mes parents mais c’était il y a bien longtemps. Mes souvenirs n’avaient rien de très nets mais peu importait. Cela me réconfortait de pouvoir parler français – aussi stupide que ça puisse être et de toute évidence, elle partageait ce sentiment. Ça m’arrivait à moi aussi d’avoir le mal du pays. Je repris donc la suite de la conversation en français. « A qui le dis-tu ! Moi, les seuls français que j’ai croisé, s’obstinaient à me parler anglais parce qu’ils voulaient s’améliorer. Du coup, je suis obligé de tenir des conversations avec moi-même. L’autre option serait de chanter mais ça risquerait vite d’inquiéter M. Robinson à l’étage du dessous. Il risquerait de croire que je m’adonne à des sacrifices païens. » Mais qu’est-ce que je racontais ? J’avais envie de me gifler. Je la sentais tellement nerveuse que ça me rendait encore plus nerveux et voilà ce que ça donnait quand je cherchais à détendre l’atmosphère. Cela dit, je ne mentais pas. J’avais parfois peur de perdre mon orthographe ou même ma prononciation – bien que je savais ce fait physiologiquement impossible. Ça m’amusait néanmoins.

Rebecca allait finir par me prendre pour un fou furieux. Peut-être tant mieux ? A voir, à voir. J’embarquais deux cartons, un sous chaque bras et remontais avec elle avec une aisance déconcertante. Merci l’entrainement de la meute. Une nouvelle question et un nouveau sursaut Alanesque, je devais rester évasif bien que je ne voyais pas en quoi cette anecdote pouvait me mettre dans une position fâcheuse. « Quelques années aussi. »  Est-ce que je me plaisais ici ? Honnêtement, j’en savais rien. Sûrement que non mais je me voyais mal entamer son enthousiasme. J’avais choisi cet endroit car reculé et donc tranquille. Peu de passage, je pouvais me transformer généralement dans un coin ou l’autre sans trop de soucis en cas d’urgence. Et puis le loyer peu élevé avait aussi déterminé ce choix. Son commentaire concernant le voisinage m’arracha un énième rictus – vraiment intéressant. Fontayn, t’arrêtes de balancer comme ça des sourires à une inconnue et à l’encourager de cette façon ? Oui, oui. Bon, j’allais pas tirer la tête non plus quand même. « Tu m’en voies ravi. Le quartier est plutôt tranquille, c’est le gros point positif. »  Je ne m’étendais pas plus que ça et la laissa embrayer. Sa curiosité me ravissait et m’inquiétait également. Les gens curieux étaient généralement du genre à fourrer leur nez là où il ne fallait pas et à être plus observateur que la moyenne. Je le savais en connaissance de cause – c’était un de mes défauts. Oui, défaut dans mon cas quand on voyait où il m’avait conduit.

Je chassais tout le poids de ma culpabilité en répondant à la jolie brune après avoir déposé ses cartons dans l’entrée. « Alors laisse-moi réfléchir. »  Je fis mentalement le tour de tout ce qui m’avait surpris en arrivant là et déclarais tout en redescendant les marches. « Bon, il y a déjà M. Robinson. Il est toujours en train d’échafauder des théories très romanesques sur ce qu’il se passe autour de lui, il voit des complots partout et invente des phénomènes particuliers. Il est un peu bizarre et il s’entendait très bien d’ailleurs avec l’ancien locataire que tu remplaces. Cela dit, M. Robinson ne lui arrive pas à la cheville, question … bizarrerie. Je vais dormir plus tranquillement maintenant que je connais sa remplaçante. »  Quoique… Allez Cam, arrête de lui sourire. Je lui avais expliqué ça notamment parce que oui, il était un peu excentrique sur les bords mais aussi parce qu’il m’avait déjà vu une fois entrer par la fenêtre sous forme d’oiseau et depuis, il me demandait si j’en élevais secrètement dans un but nébuleux. Je protégeais un peu mes arrières donc en exagérant un peu plus la réalité. « Le couple juste au-dessus de chez toi est charmant mais Mme Maxwell fait parfois des crises de somnambulisme. Donc si tu entends des bruits étranges, il ne faut pas trop t’en faire. » Elle avait l’art de déplacer les meubles la nuit ou de taper à sa vitre. Ça pouvait foutre les jetons à trois heures du matin. Je repris deux autres caisses et l’attendis pour effectuer le même trajet en sens inverse histoire que nous restions côte à côte durant la manœuvre. « De manière général, évite de t’adresser au type du rez-de-chaussée quand tu es pressée. Impossible de l’arrêter quand il commence à te parler. Mis à part ça… » Je m’apercevais que j’avais pris le temps de bien connaître les occupants. « Il n’y a pas de règles sinon. Enfin à part ne rien laisser traîner dans les escaliers et éviter de laisser traîner tes poubelles sur le palier comme la femme du troisième. Ça devrait aller. » Nous re-déposions tous deux nos paquets avant de redescendre à nouveau, cette fois-ci plus lentement histoire de ne pas s’essouffler. Et histoire de faire durer notre petite discussion, aussi… Pour ma part. « J’espère que je t’ai pas encore fait regretter d’emménager ici ? Les voisins ne sont pas méchants dans l’ensemble et pas aussi saoulant que moi, je te rassure. » Je me rendais compte que j’avais été excessivement bavard – ce qui ne me ressemblait pas du tout. Ça me foutait tout à coup un peu mal à l'aise. J'ajoutais pour essayer de faire passer ma gêne. « Des animaux domestiques à craindre? »
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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Dim 18 Aoû - 22:34




A few mistakes ago...



Pouvoir parler français avec quelqu'un était génial. Cela me faisait du bien de retrouver cette langue que j'adorais, la douceur de ses intonations, la richesse de son vocabulaire, la beauté de ses mots. D'autant que le français n'avait jamais été aussi sexy que dans la bouche de Camille.
Je me mis à rire aux bêtises de mon nouveau voisin:

- Et bien considère-toi sauvé de tes longs monologues avec toi-même : Je serai ravie d'être ton interlocutrice francophone à l'avenir ! Ho, je vois, monsieur serait-il un amateur de chansons sous la douche ? En même temps, je le comprends, le répertoire de la chanson française est… particulier ! Celui des anglais est, disons, plus… étoffé…

On continua à faire quelques allers-retours, montant et descendant les escaliers côtes à côtes.
Mon charmant voisin avait décidément un sourire à tomber ! Je me demandais si c'était moi qui lui faisais cet effet-là ou s'il était comme ça avec tout le monde. Bizarrement, j'espérais ne pas être étrangère à ce comportement. Pourtant ce n'était pas raisonnable. Je n'allais pas le draguer et lui courir après ! Je venais à peine d'arriver et le simple fait qu'il soit mon voisin devrait être une raison suffisante pour qu'il ne se passe rien entre nous. Ce serait trop bizarre de se croiser dans le couloir si on avait une aventure. Et puis, ma propre nature m'interdisait de m'accrocher à qui que ce soit. Même si je me voilais la face, je savais au fond que j'étais moi-même une surnat, et sûrement d'une des pires espèces qui soit… Mais je voulais juste ne pas y penser, l'ignorer, continuer à ne pas utiliser mon pouvoir et faire semblant de mener une vie normale. Une vie normale, seule et célibataire, car je ne pouvais partager ce secret avec personne. Et j'étais trop honnête pour mentir. Même si techniquement, ce n'était pas un mensonge, mais une omission, ça ne changeait rien. Je pouvais me permettre d'avoir des flirts et des histoires sans conséquences, ça m'arrivait de temps en temps, mais pas de vraies relations. Mes derniers essais en la matière s'étaient trouvés être désastreux. Je n'allais plus tenter l'expérience. Camille était intouchable. C'était mon voisin. Je ne devais pas tenter quoi que ce soit même s'il était tout à fait mon type. Je ne devais pas céder. Je ne cèderai pas. Aussi mignon, drôle et serviable qu'il soit…    
Si serviable d'ailleurs, qu'il répondait volontiers à ma demande d'informations sur les locataires, me croulant sous les détails importants que je tentai de mémoriser. Cela serait plus facile dès que j'aurais mis des visages sur ces noms. Bon sang, j'allais mourir s'il ne s'arrêtait pas de sourire. J'acquiesçai, en souriant moi-même, à chacun de ses commentaires:

- Robinson, théorie du complot. Maxwell, somnambule. Rez-de-chaussée, vrai pipelette. Noté ! Récapitulai-je, amusée.

On redescendit une nouvelle fois, plus lentement, notre rythme se calant automatiquement sur celui de l'autre. Nous avions l'air sur la même longueur d'onde… c'en était presque bizarre.
Il me demanda s'il ne m''avait pas encore fait regretter mon emménagement et je secouai la tête, malicieuse :

- Pas encore…! Mais rassure-toi, il en faut bien plus pour me saouler ! Bien au contraire, pour la première fois depuis mon arrivée, je suis plutôt contente d'avoir atterrit là… "You made my day" comme on dit par ici !

Je repris un carton et lui deux autres. Les derniers. Tout ça était allé beaucoup trop vite ! Mais c'était sûrement mieux ainsi.
Il me demanda si j'avais des animaux et je secouai la tête:

- A vrai dire, j'ai déjà du mal à garder une plante en vie plus de trois semaines... alors j'évite tout ce qui est vivant ! Et toi, des petites bêtes à déclarer ? Enfin, si ton studio est aussi grand que le mien… ça limite les possibilités !


Tandis que nous remontions les escaliers, avec une lenteur calculée, la porte du premier s'ouvrit pour laisser apparaître un quadragénaire bedonnant, au crâne déjà légèrement dégarni:

- Hey Fontayn ! Alors, vous aidez votre copine à emménager ? C'est bien de vous caser enfin, je commençais à me poser des questions !


Je rougis légèrement et secouai la tête pour le détromper, repassant aussitôt à l'anglais :

- Ho, non, non, non, on est pas… on vient de se rencontrer, Camille m'a gentiment proposé de m'aider avec les derniers cartons. Je suis Rebecca, j'emménage au deuxième. Me présentai-je en lui tendant la main.

Il la saisit et la garda un peu trop longtemps dans la sienne. Il était moite et mou. Quelle horreur ! Je détestai instantanément l'air qu'il avait pris, mielleux, intéressé:

- Enchanté, belle Rebecca. Monsieur Robinson, mais vous pouvez m'appeler Jack… Si vous avez besoin de quoi que ce soit… n'hésitez pas, ma porte est toujours ouverte !


- C'est gentil, merci. Bonne journée, Mr Robinson.

- Jack ! Insista-t-il.

Je forçai un sourire et lui fis un petit signe de la tête pour lui signifier que j'avais compris –mais que je n'avais pas l'intention de l'appeler par son prénom- et me dépêchai de grimper au deuxième. J'attendis d'entendre la porte se refermer pour me tourner vers Camille, un air de faux reproche amusé sur le visage :

- Tu aurais pu me prévenir que c'était aussi un pervers ! Je ne vais plus oser passer devant sa porte !

Je ne plaisantais qu'à moitié. Ne pas utiliser mon pouvoir me donnait toujours l'impression d'être particulièrement vulnérable. Enfin, je l'utiliserai tout de même si cela devenait nécessaire, je n'allais pas me laisser embêter par un mec dans son genre. Mais il valait mieux éviter. Discrète, invisible. Voilà ce que je devais être. Même pour mon charmant voisin d'en face… ce serait mieux pour nous deux. Après aujourd'hui, je me contenterai d'un "bonjour, merci, au revoir" poli et c'est tout. Voilà. Ce n'était pas compliqué si ?

J'ouvris la porte de mon studio et chacun de nous déposa son fardeau. Je levai les yeux vers lui et ne pu m'empêcher de lui sourire. Bon, et bien quoi ? J'ai dit "après aujourd'hui", on était pas encore demain à ce que je sache ! Et puis il avait été si serviable, je ne pouvais pas le laisser en plan comme ça :

- Et voilà, c'était les derniers… Merci beaucoup pour ton aide. Je t'offre un verre ? C'est le moins que je puisse faire…


Je l'invitai à entrer et me dirigeai vers le frigo que j'ouvris en grimaçant :

- Je n'ai pas encore grand-chose à te proposer, désolée ! J'ai à peine eu le temps de faire les courses depuis mon arrivée. Nous avons donc… De l'eau, de l'eau pétillante qui ne doit plus être très pétillante, du thé glacé et hummm…

Je me penchai pour attraper une bouteille au fond du bac à légumes et lire l'étiquette:

- Une despé ! e dois avoir une bouteille de vin quelque part, mais pas au frais. JAjoutai-je avec un sourire d'excuse.

Bon, j'étais décidemment la pire hôte qui soit. J'espérais qu'il ne m'en tiendrait pas rigueur.

- Promis, la prochaine fois je serai mieux approvisionné !
Dis-je en riant.

La prochaine fois ?! Ok, j'avais complètement cessé d'utiliser mon cerveau. Bon, au point où j'en étais… !


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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Lun 19 Aoû - 1:44




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Ma petite sérénade ne l’aurait donc pas assommée et je lui aurais illuminé sa journée ? Sérieusement, il fallait que j’arrête d’étirer autant de sourire sur mes lèvres. Je ne devais impressionner personne. Ah ouais alors pourquoi tu tentes de la charmer comme ça ? Pervers. Bon, bon, j’allais apprendre à maîtriser un peu plus mes expressions et calmer mes ardeurs zygomatiques si je ne voulais pas frôler l’indécence. Mes paumes s’emparèrent, à regret, du dernier duo de cartons et nous reprenions notre petite marche dans les escaliers en continuant à jaser avec insouciance. Un bon point pour elle. Non, cette question n’avait pas été tout à fait innocente de ma part. Je ne supportais pas les animaux de compagnie. Enfin, ce n’était pas les petites bêtes qui me dérangeaient en soi mais plus l’idée qu’elles soient soumises à un être humain et non libre. Être élevé par l’Homme relevait presque de l’endoctrinement pour ma part animale. L’ironie voulait que ces deux parties cohabitent dans une même carcasse mais à part égale. Il n’y avait pas de domination ou… Je m’égarais ? Un peu trop, en effet. Tout était bon pour me distraire du regard de ma nouvelle voisine et de m’empêcher de l’ensevelir sous une horde de rictus sordide. Je lui déclarais très sérieusement «  A part, Annabelle l’araignée qui a séjourné une partie de l’été dans un coin avant de partir et que je n’ai pas eu le cœur de chasser… » Et la moitié de ce que je suis accessoirement. « … Aucune non plus. Albert, poisson rouge de son état – paix ait son âme, pourrait témoigner de mon inefficacité à gérer un être vivant. » J’arrivais déjà à peine à me gérer moi après tout. Concernant cette anecdote, j’avais 5 ans et disons que le concept « ne pas sortir un poisson de son aquarium » était encore plutôt flou dans mon esprit. Pauvre Albert.

Nous arrivions au palier du premier étage tranquillement – trop tranquillement même, quand M. Robinson jugea bon de passer sa tête. Evidemment, il ne pouvait rien louper ce cher Jack, toujours à l’affût. Il me héla ce qui m’obligea à détacher définitivement mes yeux de mon interlocutrice pour l’observer. Eh bien, merci de me remettre les idées en place d’une façon très courtoise et posée. Sa réplique m’arracha un nouveau sourire malgré moi – mais ironique celui-là. Je ne supportais pas les gens qui se mêlaient de la vie des autres et il en était le parfait exemple. Je n’eus pas l’occasion de dissiper le malentendu pour la simple et bonne raison que Rebecca prit la parole avant moi. Son embarras semblait presque supérieur au mien – si c’était physiquement possible cela dit. Je profitais de sa poignée de main avec la jolie brune pour répliquer. « Toujours à tirer des conclusions trop rapidement, Robinson. » Je ne marquais pas mon agacement dans ma voix parce que ça ne servait à rien mais sérieusement, en quoi ma vie sentimentale ou même sexuelle le regardait ? Il devait vraiment s’ennuyer sec. Si je pouvais, je me passerais volontiers de ses commentaires quotidiens. Il ne m’avait pas écouté et à vrai dire, je ne savais même pas dans quelle langue je venais de m’exprimer. La lueur dans ses prunelles ne me plaisait pas et encore moins, sa façon de caler ses compliments dans sa phrase d’une manière dégoutante. Possessif, Fontayn ? Non, réaliste. Je pouvais sentir le dégoût qu’éprouvait la jeune femme de là où je me trouvais. Elle eut même droit à son prénom. Waouh, il devait vraiment être intéressé.

Heureusement pour nous, il ne nous retint pas outre mesure et nous reprenions l’ascension très silencieusement. Une fois sa porte claquée, elle reprit notre discussion et je ne pus m’empêcher de lui couler un regard compatissant. Il lui avait fait une sale impression, pas surprenant. Pervers, hein ? Aucun sourire cette fois-ci ne vint froisser mes traits, je ne voulais pas finir comme Robinson. « He ben, je t’avoue que c’est la première fois que je le vois agir comme ça. Aussi surprenant que ça puisse te paraître, je ne fais pas parti de son gibier, je ne dois pas être à son goût… Dieu merci d’ailleurs. » Dieu ? Quand je commençais à évoquer le seigneur, c’était que je perdais vraiment les pédales – je n’étais même pas croyant. « Au pire, tu pourras toujours descendre en rappel par la fenêtre. » Résolution du rictus… Abolie d’une simple phrase. Je ne pensais pas que le quadragénaire soit réellement une menace. Il était un peu bizarre mais pas méchant.

Toute cette histoire m’avait fait oublier que nous en étions au dernier voyage et qu’il allait donc falloir, la laisser emménager tranquillement. Je déposais les deux dernières caisses à terre tandis qu’elle m’invitait à boire un verre. Je comptais refuser bien sûr, imposer certaines limites. Ah oui ? Non mais après, si c’était sa façon de me remercier, ça serait grossier de ne pas la prendre. Toujours réponse à tout ? Et comment. Néanmoins, je commençais un « Je ne veux pas t’emb… » - elle était déjà entrée et je la suivis donc pour terminer ma phrase. « …barasser. » Je balayais l’endroit des yeux alors qu’elle me listait les boissons disponibles. Ça me mettait mal à l’aise de m’imposer ici et qu’elle s’excuse pour des raisons injustifiées. « Un thé glacé alors, merci. Et ne t’en fait donc pas. Je ne blaguais pas sur les placards vides. Je n’emménage pas et pourtant, je crois qu’à part de l’eau… Et peut-être une bouteille ou deux de vin… Je n’ai rien grand-chose. C'est aimable à toi de prendre la peine de me proposer quoique ce soit. Les déménagements sont toujours éprouvants et je ne voudrais pas être dans tes pattes... » Pourquoi est-ce que je lui expliquais ça ? Je commençais à être nerveux. Parce que je ne l’étais pas avant ? Oui, bon, une autre forme de nervosité alors. Parce qu’il en existait plusieurs ? Avec moi, c’était sûr. La prochaine fois ? Il y aurait une prochaine fois ? Peu probable. Peu envisageable. Je devais m’en tenir au code de conduite alors après cette petite séance d’entraide, nous nous arrêterions aux formules de politesse. De toute façon, je vivais à peine dans cet immeuble.

Vu que je ne savais pas trop quoi faire planter là au milieu de son appartement, je me remis à parler. « C’est la première fois que je rentre ici. Tu n’as pas retrouvé d’objets… inquiétants ? Je suis quasi sûr qu’il était amateur du vaudou. Je l’ai entendu parler latin un jour… Si ça se trouve, cet endroit est maudit ! » Qu’est-ce qui me prenait à faire un mauvais remake de film d’épouvante ? Je revins planter mes prunelles dans les siennes avant de m’avancer vers elle. « J’ai l’imagination très fertile. » J’étais parano, ouais. C’était mignon d’envelopper ses défauts comme ça, n’est-ce pas ? « Alors, dis-moi, je dois m’inquiéter du tapage nocturne ? De fêtes organisées à l’improviste ? Histoire de savoir si je dois investir ou non dans un casque insonorisé. » Mais j’allais arrêter de la saouler comme ça ? Plus j’étais en proie à la nervosité, pire c’était. En plus, commencez un interrogatoire comme ça… Mais enfin. Je n’étais pas comme ça. « Je blague, bien sûr. Je bosse la nuit de toute façon. » Et je lui racontais ma vie en plus. Mais qu’avez-vous fait de Camille Fontayn ? Il devait être mort quelque part sur ce palier là-bas plus loin et on avait investi sa carcasse. Encore un coup de l’ancien locataire à tous les coups ! Je partais vraiment en diagonale. Je me grattais la nuque distraitement, officiellement perturbé par mon propre comportement. Innocemment, je repris la parole afin qu’on ne s’attarde pas sur moi. « Tu fais quoi dans la vie sinon ? » Indiscret ? Pas moi. Curieux ? Tout moi ça par contre. J’espérais qu’elle ne prenne pas tout ça pour du harcèlement.  En fait, je ne valais pas mieux que l’autre bedonnant du premier. J’aurais dû partir quand j’en avais l’occasion.
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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Lun 19 Aoû - 10:36




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Camille a écrit:
« Au pire, tu pourras toujours descendre en rappel par la fenêtre. »
Je me mis à rire​en acquiesçant. J'étais déjà plus détendue et je passais un bon moment. Je n'avais pas vraiment envie que ça s'arrête.

- Excellente idée ! ​C​'est sûr qu'il ne trouvera pas ça bizarre du tout de me voir passer devant sa fenêtre plutôt que devant sa porte !

Je lui fis un clin d’œil amusé​ alors que nous déchargions notre dernière cargaison et je l'invitai à boire quelque chose. Je sortis deux verres pour nous servir le thé glacé. Il avait l'air un peu mal à l'aise. Avais-je dit ou fait quelque chose de mal ? Cela faisait longtemps que je n'avais pas dû côtoyer de nouvelles personnes. Dans mon ancien immeuble, je ne connaissais presque personne et pourtant j'y avais habité assez longtemps. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir essayé, mais les gens ne voulaient pas se mêler à leurs voisins. Par sécurité probablement. J'espérais que les choses seraient un peu différentes ici. La solitude que je m'imposais me pesait. Camille me plaisait. L'équation n'était pas difficile à résoudre. A défaut d'en faire un amant, je pensais pouvoir m'en faire un ami.

- Ho non ne t'inquiète pas, c'est agréable d'avoir un peu de compagnie ! Et puis, en réalité, j'ai déjà emménagé il y a quatre jours ! Je suis juste un peu en retard ! ​

​Je lui coulai un regard moqueur lorsqu'il parla du vaudou et de l'ancien locataire.

​- Maudit, hein  ? Tu es déjà si pressé que je m'en aille ? M'exclamai-je, faussement peinée. Tu viens de me briser le cœur !

​Amusée, je souris pour démentir mes propos et lui tendis son verre :

- Tiens, au lieu de de dire des bêtises ! Je compte refaire la déco dès que j'aurai un peu de temps. Quelques coups de peintures, un ou deux accessoire, et ce sera comme si l'ancien locataire n'avait jamais existé !

​Je bus une gorgée de soda et sortit un paquet de gâteau que j'ouvris pour le déposer sur le table en une invitation implicite. D'ailleurs, je m'emparai d'un biscuit et croquait dedans alors qu'il me​ disait avoir l'imagination fertile. Ho, vraiment? On était deux dans ce cas... il y avait pleins de choses que je m'imaginais faire avec mon charmant voisin... toutes sortes de choses dans toutes sortes d'endroits... Chut ! La ferme, Becky​ ! Il fallait vraiment que je tienne ma vilaine imagination en laisse. Mieux valait que j'entre dans son jeu, cela me distrairait peut-être suffisamment pour que j'arrête de penser des idioties :

​- Quoi que, maintenant que tu le dis, il me semble bien avoir jeté ce qui ressemblait à des petites poupées​.

Oui bon, pour au temps pour moi. Le jeune homme en face de moi me faisait dire et penser n'importe quoi. Mais bon, j'allais continuer sur ma lancée. Cela nous amusait à défaut d'autre chose ! Je me rapprochais et plissai les yeux pour le scruter:

- Hum.. je crois même qu'il y en avait une qui te ressemblait... j'espère que tu n'es pas superstitieux.

Il me demanda s'il devait s'inquiéter du tapage nocturne et je secouai la tête en montrant l'appartement autour de nous:

- Tu me vois organiser de grandes fêtes ici ? Non, non, je te rassure aucun risque !

Je levai les sourcils, intriguée:

- Ho, tu travail de nuit ? Alors je me souviendrai de ne pas passer l'aspirateur ou toute autre activité bruyante le matin, histoire de ne pas te déranger. Qu'est-ce que tu fais comme job ?

​La question me fut retournée et je me mordis la lèvre avant de répondre:

- Je fais un peu de doublage de dessin animés et je suis modèle, pour des shootings photos.


J'étais toujours mal à l'aise de parler de mon travail. Je trouvais que c'était prétentieux et franchement, il n'y avait pas de quoi se vanter. Je passais parfois des heures sur un set pour  une seule photo, le doublage était payé une misère et de toute façon, je n'étais pas assez célèbre pour que le mannequinat célèbre soit vraiment lucratif, mais en multipliant les jobs, je vivais correctement. J'avais assez pour ce petit studio -j'aurais même pu prendre plus grand d'ailleurs, mais ça me suffisait- et pour vivre simplement en mettant un peu d'argent de côté. J'avais ma voiture, me faisait des petits plaisirs de temps en temps, bref, pour l'instant, cela me convenait parfaitement.
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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Lun 19 Aoû - 22:54




A few mistakes ago...

Je pris le verre qu’elle me tendit et la salua d’un nouveau sourire – une vraie maladie chez moi. En effet, un petit rafraichissement de l’endroit ne pouvait pas lui faire de torts. Elle éliminerait peut-être les mauvaises ondes comme ça. Quoique avec moi pour voisin, elle était officiellement fichue niveau poisse. Lui proposer mes services pour ça ? Ça me traversa bien l’esprit mais fût aussitôt étouffé par ma conscience qui se remit à me faire la liste de toutes mes erreurs passées. Ok, ok. Je devais arrêter de me laisser mener par le bout du nez par l’animal qui grondait. Le corbeau releva la tête, interloqué par la mauvaise foi typiquement humaine dont je faisais actuellement preuve. Facile de se cacher derrière l’oiseau pour justifier tout type d’attraction physique, en effet. Peu importait. Face à ce conflit interne, je ne surenchérissais pas à ce que m’avait confié mon interlocutrice préférant boire une gorgée du breuvage qu’elle m’avait servi à la place. Oui, j’espère que tu me le feras oublier aussi mais je n’en doute pas. Voilà pourquoi je devais la fermer. Allez, la séduire serait la dernière bonne idée que je pourrais avoir. Je devais la côtoyer quotidiennement, je ne pouvais pas « abuser » d’elle d’une façon ou d’une autre. Abuser, quel terme inadapté. Enfin, ça dépendait du point de vue. Les aventures d’un soir que je collectionnais étaient peut-être un abus certain. Bien que je veillais à être plutôt clair avec mes partenaires et savais très bien vers lesquelles me diriger dans ce but. Rebecca ne faisait définitivement pas partie de cette catégorie et pas que d’un point de vue purement géographique, non. Elle avait trop de répondant déjà et elle était trop… intéressante. Bref, tout m’amenait à la conclusion que je devais réfréner gravement cette attitude amicale…trop amicale. J’avais décidé ça sur quoi un quart d’heure ? Certes mais j’avais le flair pour ça. Après, je pouvais me tromper sur son compte mais de toute manière, merde, je n’avais pas à essayer de négocier avec moi-même comme ça. Qu’est-ce qu’il me prenait à la fin ?

Elle reprit la parole m’arrachant à mes délires internes et les confirmant quelque part. Je me mis à jouer la surprise mêlée à l’effroi avant de répondre songeur. « Cela explique donc les douleurs aigües inexplicables… » Je me mis à rigoler silencieusement à la suite et acheva mon hilarité sur un centième sourire. Superstitieux ? J’avais une multitude de tares mais celle-là n’en faisait définitivement pas partie. Cela serait mal venu de quelqu’un pour qui les principales transformations sont le corbeau et le chat noir – que des mauvais augures. A bien y réfléchir, ce n’était peut-être pas un hasard cela dit. Enfin bref. Elle répondit encore gentiment à ma boutade sur les fêtes. L’espace n’aidait pas, en effet. Je ne pus retenir un autre rictus quand elle fit une remarque très attentionnée à mon égard – ne te laisse pas attendrir espèce d’andouille. « Je bosse en tant que barman... » à la Lune bleue, tu sais l’endroit bourré de lycans ? D’ailleurs, ne te méprends pas j’en suis pas un. Mais pas très éloigné – vraiment pas une bonne couverture, de jouer l’humain dans un endroit prompt au surnaturel d’ailleurs. Je gardais cette information pour moi, pour l’instant. « … Dans un bar » complétais-je alors. « Jusque-là, rien d’illogique me dirais-tu. » Conscient que ma petite dualité avait rendu cette phrase loufoque. La jolie brune se mordilla la lèvre, je m’obligeais à détourner partiellement le regard. Bien ma veine ça encore, qu’elle soit aussi sexy. Cela ne me surprenait même pas quand elle me dévoila son métier. Mais les mannequins n’étaient pas censés être … aussi, je-ne-sais-pas, … spontanée et naturelle. Ce serait un pêché de la nature, un summum, une Utopie. Les clichés avaient la vie rude surtout quand je tentais de me convaincre que la séduire ne me mènerait à rien de bon.

« Doublage de dessin animé ? Ça doit être super sympa comme job, ça. » Oui, j’étais fier de moi, j’avais réussi à esquiver la partie pas-surprenant-pour-la-photo-avec-un-visage-pareil. Allez, Fontayn ne continue pas trop à t’étendre et exagérer avec ce verre. Tu vas le regretter. Je finis mon récipient alors avant de le déposer sur la table. J’avais bien remarqué les biscuits mais mon appétit et moi n’étions pas en bon terme en ce moment. « Eh bien, ce fût un honneur de faire ta connaissance. » Ça sonnait trop comme … Comme un adieu ? « Enfin… si tu as besoin de quelque chose, tu sais où me trouver. » Ok, en voulant rectifier le tir… je venais seulement de m’enfoncer. Bravo, triomphe, applaudissements. Bah, de l’entraide entre voisins, c’était normal. J’avais déjà plusieurs fois aidé Mme Maxwell après tout. « Je vais te laisser défaire tes cartons tranquillement. Merci pour le verre. » Et là je devais faire quoi, lui faire la bise ? Carrément louche. Comment je faisais avec les autres ? Je ne savais même plus. Je n’arrivais pas à être naturel là. C’était ridicule. R-I-D-I-C-U-L-E. « A la prochaine, alors... Rebecca. » Je la gratifiais d’un dernier sourire et me dirigeais très sereinement vers la porte pour retrouver mon appartement. Quelque chose me disait que j’allais être très certainement en conflit permanent concernant cette nouvelle locataire. C’est ce qu’elle me confirma quelques jours plus tard en se présentant à ma porte – me tirant même du lit à une heure relativement indécente de l’après-midi.


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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Mar 20 Aoû - 13:12




A few mistakes ago...


Camille a écrit:
« Je bosse en tant que barman... … Dans un bar. Jusque-là, rien d’illogique me dirais-tu.»
Je me mis à rire amusée :
-          Hum, intéressant … j’aurai le droit à une conso gratuite si je viens te voir ?
Non mais voilà que je m’invitais déjà sur son lieu de travail ? J’étais complètement à côté de la plaque. Le pauvre, j’allais lui faire peur ! Bon et maintenant on parlait de mon boulot, sujet encore plus épineux. Au moins, il avait l'air de trouver ça cool. Je lui souris.
-          C’est assez sympa, j’avoue ! Ça ne paye pas super bien mais je m’amuse bien !
Il termina son verre et s’apprêta à prendre congé. Je fus un peu surprise par la soudaineté de son départ. Il sembla se raviser et ajouta que je saurai où le trouver si j’avais besoin d’aide.
-          Oui, la porte en face, c’est ça ? Je devrais pouvoir m’en souvenir. Acquiesçais-je avec un sourire radieux. Du moment que ça ne concerne ni les placards ni les plantes vertes, bien sûr ! J'ai été enchantée en tout cas...
Camille a écrit:
« Merci pour le verre. »
-          Merci pour le coup de main, c’était vraiment gentil !
Camille a écrit:
« A la prochaine, alors... Rebecca.  »
-          Oui, à bientôt, Camille.
Je m’efforçai de ne pas fondre devant son sourire et lui fis un petit signe de la main alors qu’il disparaissait dans le couloir. Je m’assis dès que la porte se referma sur lui. Je me sentais toute tremblante, encore sous le choc, comme si je réalisais seulement.  Je n’aurais jamais imaginé une telle rencontre en me levant ce matin ! Bon sang, je ne savais pas si j’avais de la chance ou si j’étais juste totalement maudite ! Quelles étaient les probabilités pour que je rencontre le mec parfait sur mon pallier ? Non, ça ne pouvait pas être de la chance de vivre avec une telle tentation juste en face de chez moi ! Il était intouchable, IN-TOU-CHABLE ! Je ne devais même pas y penser ! Et pourtant, c’est tout ce que je faisais depuis que j’avais croisé son regard. Holalala… il fallait que je me calme, avec un peu de chance, il avait juste été sympathique et allait ensuite m’ignorer complètement et se contenter d’être poli lorsqu’il me croiserait dans le couloir. Après tout, rien ne disait que je lui plaisais aussi. Aucune raison de m’inquiéter, pas vrai ?
Voilà, exactement. Aucune raison de paniquer. J’étais une grande fille, je savais gérer mon attraction pour un homme tout de même ! Nous allions simplement devenir de bons voisins. Rien de plus. Fin de la discussion.



Cette lutte avec moi-même aurait pu s’arrêter là. Mais, bien évidemment, ce ne fut pas le cas. Cela aurait été trop facile.
Une poignée de jours plus tard, alors que j’avais enfin rempli mes placards, il me prit l’envie de faire des cookies. J’avais un peu galéré à utiliser mon nouveau four mais la deuxième fournée était parfaite et je me retrouvais au beau milieu de l’après-midi avec assez de biscuit pour nourrir un régiment. Bon, j’avais peut-être vu un peu grand. Et puis, mes pensées se perdirent vers l’appartement de l’autre côté du couloir et donc vers son locataire. Camille. Je ne l’avais pas recroisé depuis qu’il m’avait aidé à monter mes derniers cartons et j’avais plutôt bien réussi à ne pas penser à lui. Je lui avais parlé de mes fameux cookies lors de mon babillage d’introduction et il avait été si serviable.. je pouvais bien aller innocemment lui apporter quelques gâteaux !  Je fis taire la vilaine conscience qui me disait que ce n’était pas raisonnable et que ce n’était pas comme ça qu’on se contentait de relations de voisinages innocentes, et trouvai un petit panier dans lequel je disposai mes cookies.
Je vérifiai mon apparence dans le miroir que j’avais installé près de mon entrée et m’observai quelques instants d’un air critique. Je portais un petit pull noir un peu moulant, aux épaules échancrées et aux manches évasées, un jean taille basse et une queue de cheval sur le côté. La tenue, qui laissait apparaître mon cou et le haut de mes épaules et mettait mes formes en valeurs, restait malgré tout relativement sage. Enfin… pas trop sage non plus, je n’étais pas une sainte !
Je souris à mon reflet dans le miroir. Parfois, j’étais même diabolique… et oui, je saisissais l’ironie. Mais je n’allais pas gâcher mon plaisir pour deux trois pensées culpabilisantes. Je ne faisais rien de mal ! Je voulais juste remercier comme il fallait mon CVHC (Charmant Voisin Hyper Canon). Et puis, qui sait ? J'étais peut-être juste un peu dans le brouillard quand on s'était vu pour la première fois, il n'allait peut-être plus du tout me plaire aujourd'hui…
Oui, je pouvais rêver.

Il ne me fallu qu'une poignée de secondes pour sortir et franchir l'espace entre nos deux portes. Je frappai à sa porte. Le silence me répondit et je fronçai les sourcils. Ha ? Il ne devait pas être là. Déçue, je m'apprêtai à faire demi-tour quand j'entendis du bruit derrière la porte, et quelques instants plus tard, elle s'ouvrit laissant apparaître mon CVHC encore plus HC que d'habitude… torse nu et les cheveux en bataille. Ho mon dieu, je venais de le réveiller.
Mortifiée, je posais ma main sur ma bouche et eut un mouvement de recul:
- Holala, je te réveille ! Je suis désolée ! Vu l'heure j'ai pensé que…
Je devais avoir l'air malin avec mon petit panier maintenant ! Mes yeux glissaient vers ses abdos et je me forçai à les détourner pour les plonger dans son regard. Erreur fatale… il avait des yeux à tomber… Je n'aurais jamais dû franchir ce foutu couloir ! Idiote, j'étais une véritable idiote !
Je lui tendis le panier, embarrassée :
- Je… je voulais juste… j'ai fait des cookies alors je voulais t'en apporter… pour te remercier…  Holala, Camille, je suis vraiment, vraiment désolée ! Je suis la pire voisine qui soit !
J'avais du rougir, en tout cas je ne savais plus où me mettre.
- Je te les laisse, je t'embête pas plus longtemps, tu peux retourner te coucher… désolée !
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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Mar 20 Aoû - 21:19




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Trois petits coups me donnèrent le temps de bondir dans un sursaut sur mes jambes, à l’affût prêt à agir avant de réaliser que j’étais dans mon appartement et que de toute évidence, quelqu’un s’était présenté devant ma porte. Je relâchais toute la tension en essayant de me convaincre que tout allait bien, que j’étais en sûreté. Mon cœur battait avec ferveur dans mes tempes alors que je continuais à m’exhorter au calme. Je réagissais comme un animal traqué. Cette fichue guerre me forçait à être sur le qui-vive 24h/24 et puis avec l’incident de la veille ou plutôt du matin, j’avais encore plus de raisons d’être parano. Je flottais encore dans ma somnolence et discernais à peine l’heure. 16h. Merde, j’avais trop dormi. Je me dirigeais machinalement toujours pas très réveillé vers l’entrée pour voir ce que me voulait l’étranger. Je m’autorisais un bâillement avant d’ouvrir. La mignonne petite voisine d’en face ? Je clignais des yeux définitivement paumé ce mat… cet après-midi. Je l’observais se débattre avec sa gêne, la pauvre. Je ne pus m’empêcher de hisser un sourire sur mes lèvres en voyant son embarras qui s’agrandit à la vue du panier. Trop adorable… Bien trop adorable pour mon bien et le sien aussi, sûrement. J’avais du mal de mettre en marche ma cervelle et j’étais encore trop dans les vapes pour réfléchir avant de parler. Mais ça ne m’empêcha pas de le faire néanmoins d’une voix trop grave, trop enraillé. « Tu blagues ? Heureusement que tu m’as tiré du lit ! Tu es une aubaine ! » Et je le pensais. J’aurais risqué d’abuser encore plus si elle ne m’avait pas ramené dans le monde des conscients. Se décaler à excès n’était guère une idée judicieuse. « Tu m’as apporté des cookies alors ? Il ne fallait pas ! Mais merci, c’est très attentionné de ta part. » Je n’acceptais pas pour autant le cadeau pour le moment, préférant me détacher de l’encadrement de la porte.  Je devais au moins lui proposer d’entrer pour la remercier, un verre, quelque chose. Tant que j’étais encore relativement absent, c’était le bon moment pour saisir l’opportunité qu’elle me tendait afin de mieux la connaître.

Voyant qu’elle semblait vraiment trop embarrassée, j’ajoutais avec un nouveau rictus « Laisse-moi au moins te remercier pour ce joli panier avec un café ou autre chose. » J’en avais d’ailleurs besoin moi-même pour émerger. Je ne lui laissais plus trop le choix car je ne pris pas le contenant, ni le contenu qui m’était destiné et m’écartai définitivement de l’embrasure pour atteindre le coin cuisine -  l’obligeant à faire quelques pas pour entrer même si elle voulait le poser quelque part. « Tu peux le poser sur la table. » déclarais-je en préparant eau et filtre avant de déclencher la cafetière très rapidement. Je me passais une paume sur mes traits en cherchant à les déchiffonner vainement tout en me tournant vers elle, m’accolant au plan de travail pour se faire. « Longue nuit. » expliquais-je simplement. « Et donc … Ces cookies sont fait maison ? Eh bien. » Je lui souris – plutôt rare de nos jours. Un frisson me désarçonna. Un peu frisquet là non ? Ah oui, non. Je n’avais même pas pris la peine d’enfiler un t-shirt. Je venais seulement de le percuter. J’étais donc en train de me pavaner devant elle avec ma mine d’endormi et mon torse nu. Mh, ça avait attisé son embarras ? Cette idée me plaisait un peu trop pour que je puisse même toujours dans les choux continuer à entretenir le spectacle. Je me déplaçais pesamment jusqu’à ma commode afin d’en sortir un pull quelconque que j’enfilais alors très vite. Je remontais les manches à la suite et revins près de mon invitée.

En voyant qu’elle n’osait pas prendre place, je lui offris un autre sourire. Je lui désignais d’un mouvement de tête le coin salon en déclarant. « Tu peux t’asseoir dans le divan. Café, thé, eau… Il me reste sûrement du soda aussi ? » Je sortis deux tasses et servis notre breuvage tout en lui demandant. « Lait ? Sucre ? » Je les posais sur la table basse tout en reculant du bras le journal qui y reposait encore de la veille. Je revins chercher le reste et embarquais les cookies. Je n’avais pas vraiment faim mais ces biscuits me faisaient de l’œil. Je m’installais dans le fauteuil sur sa droite en m’emparant de mon récipient dans la foulée et en bus une longue gorgée. « Bénis sois la caféine. » Voilà que je lançais des bénédictions maintenant… J’essayais toujours de retrouver ma lucidité quand j’articulais. « Alors, toujours aucun regret quant à l’emménagement ? Tu m…te plais ici ? » Je profitais d’une nouvelle gorgée pour me détourner partiellement des yeux de la jolie brune afin de reprendre mes esprits. Je complétais ma pensée par « M.Robinson ne t’a pas trop ennuyé, j’espère ? » Son regard vitreux de l’autre jour ne m’avait pas plu… « Apparemment, tu plais à Mme Maxwell. Je l'ai croisée hier, elle n'a pas arrêté de complimenter notre nouvelle voisine. » A tel point qu’elle m’a fait jurer de ne pas lui briser le cœur. J’avais vraiment une sale réputation par ici décidemment. A juste titre ? Mmh. Probable. Je pris un des cookies et le savoura. « Délicieux. Mes compliments au chef. » Un autre rictus. Quelle maladie…
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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Mer 21 Aoû - 21:17




A few mistakes ago...



Mon dieu qu'il était sexy.... au temps pour moi et mon "Avec un peu de chance il ne me plaira plus".
C'était pire que tout ce que j'avais pu imaginer !
J'étais embarrassée, mais pas seulement. Je ne m'étais pas attendue à ce que le voir me fasse un tel effet. Il fallait que je m'en aille. Maintenant.
Mais sa voix, rauque et chaude, me cloua sur place alors qu'il prétendait me remercier de l'avoir réveillé. Non, non, non, il était vraiment trop charmant ! Les hommes n'étaient-ils pas censés être des rustres, des ours grincheux quand on les réveillait ? Si, totalement, pas de beaux apollons au sourire craquant et aux intonations  plus douces que du chocolat chaud. Holala… au secours…

J’eus un sourire ennuyé lorsqu'il évoqua mes cookies. Attentionné, oui c'est cela, bien sûr, est-ce qu'il faisait semblant de ne rien voir ? Parce que non, la vérité c'était que c'était égoïste et complètement stupide !

- Ho, c'est rien… j'en fais tout le temps. Ça, des muffins, des pancakes… j'adore cuisiner, autant sucré que salé, je suis plutôt gourmande…

Bon j'allais la fermer oui ? Je voulu lui tendre le panier pour qu'il le prenne et me laisse partir, mais au lieu de ça il se détacha de l'encadrement de la porte et je déglutis péniblement quand mes yeux retombèrent sur ses abdos.
Il me proposa un café, avec ce sourire qui me faisait chavirer le cœur et je dû prendre sur moi pour secouer la tête :

- Ho non, non, ce n'est pas la peine, vraiment, je…


Mais il ne semblait pas décidé à me laisser le choix et me planta là en se dirigeant vers son coin cuisine, m'invitant à poser mon présent sur sa table. Je regardai un peu autour de moi, mal à l'aise mais fini par obtempérer. Je déposai le petit panier là où il m'avait indiqué et restai debout comme une idiote en attendant "l'autorisation" de m'en aller. Oui bon, c'était ridicule, mais je ne pouvais quand même pas fuir comme une voleuse ? Quelle image cela allait donner de moi ?
Le studio était le miroir du mien. Relativement propre et bien rangé –pour un appartement de mec- on sentait néanmoins qu'il n'y passait pas beaucoup de temps et qu'il ne s'y était pas attaché. Pas de photos, de bibelots, pas même un tableau. C'était relativement vide et triste, en fait. Rien à voir avec le joyeux bazar que je m'appliquais à introduire dans le mien pour le rendre chaleureux et agréable.
Je fus brusquement tirée de mes pensées quand Camille se pencha sur le plan de travail en se passant une main sur le visage. Mon cœur fit une violente embardée à cette vision. Comment pouvait-il être aussi mignon ? C'était… indécent !

Je souris silencieusement lorsqu'il m'expliqua, sans rentrer dans les détails, qu'il avait eu une longue nuit avant d'acquiescer comme une bécasse lorsqu'il voulu confirmation que mes cookies étaient fais maison. Je ne savais même plus aligner deux mots, surtout pas lorsqu'il me souriait comme ça. Mon dieu que j'étais stupide ! Je devais vraiment avoir l'air d'une débile ! Au moins, il me congédierait rapidement si je ne parlais pas.

Je profitai qu'il s'éloigne pour essayer de reprendre un peu contenance, ce qui n'était pas évident plantée comme ça au beau milieu de son salon. Je me mordis la lèvre en l'observant se diriger vers une commode et enfiler un pull. Mon regard se perdit encore un peu sur ses abdos avant que le tissu ne les cache. Quel gâchis… non ! Non. C'était parfait, en fait. Oui, voilà qui était mieux. J'allais peut-être pouvoir me concentrer maintenant.
Il m'invita à m'installer avant de me proposer une boisson. Bon, voilà, j'étais coincée, je ne pouvais tout simplement plus dire non.

- Bon alors, juste quelques minutes. Cédai-je. Un café sera parfait, merci.

Il rempli deux tasses. Je m'installais sagement sur le canapé et acquiesçai lorsqu'il proposa du lait ou du sucre:

- Les deux, s'il te plaît.

Il s'assit près de moi après avoir posé cafés et cookies sur la table et je le regardai se délecter de sa boisson en trempant mes lèvres dans la mienne.

- Pas mal, acquiesçai-je avec un sourire. C'est rare un homme qui sait faire du bon café !

Pourquoi est-ce que je le taquinai maintenant ? J'étais en train de flirter là ? Je n'en avais aucune idée mais je ne voulais pas aller sur ce terrain, pas vrai… ?
Oui, bon, peu importe.

Camille a écrit:
«Alors, toujours aucun regret quant à l’emménagement ? Tu te plais ici ?»
Mon sourire s'agrandit et je haussai les épaules avant de plonger mon regard amande dans ses prunelles azurées:

- Pour l'instant, oui, aucun regrets à l'horizon…

Je bus une nouvelle gorgée sans le quitter des yeux. Moi, provocante ? Pas du tout ! J'essayais juste de me montrer aussi amicale que lui… Tiens, tiens, c'est lui qui détourna le regard cette fois. Je n'étais peut-être pas la seule à être intimidée finalement !
Mais je ne gardai pas longtemps cette impression et je grimaçais quand il évoqua notre voisin du dessous:

- Il a essayé de me coincer une ou deux fois dans le couloir et il est même venu sonner à ma porte ce matin pour me demander si je n'avais pas besoin d'aide… j'ai cru que je n'allais jamais pouvoir me débarrasser de lui ! Il est hors de question qu'il mette un pied dans mon appartement ! Il m'a proposé de prendre mon double de clé, en cas de problèmes, tu te rends compte ? Brrr, ça me fait froid dans le dos rien que de l'imaginer fouinant chez moi… du coup, je lui ai dit que je t'avais déjà prêté un double, vu que tu es mon voisin d'en face, ca paraissait logique et j'ai inventé tout une histoire comme quoi c'était plus pratique… donc si jamais il te pose la question…

Je me mordis la lèvre. Et voilà, ma nervosité me trahissait encore en me faisant babiller. Quoi que… je parlais aussi beaucoup quand j'étais à l'aise et à l'instant, je ne savais plus trop si c'était l'embarras ou le bien-être qui me faisait parler. Enfin, cela ne justifiait pas ma petite histoire, je me sentais bête:

- Désolée de t'avoir mêlé à ça, il me fait un peu flipper, à vrai dire. Du coup, si jamais je dois m'absenter, je te laisserai quand même un double, si ça ne t'embête pas ? Pas pour les plantes, bien sûr, juste pour le courrier !

Bizarrement, l'idée de Camille évoluant dans mon appartement était une vision bien plus agréable… surtout quand je l'imaginai torse nu, me transperçant de son regard océan, ses lèvres sur… la ferme, Becky, la ferme ! Arrête de penser à ça !
Je me frappais mentalement et secouai légèrement la tête pour m'ancrer dans l'instant présent et me concentrer sur ce qu'il disait.  Quoi ? Ha oui, Mme Maxwell. Je réussi à rougir et à rire légèrement en même temps:

- Elle est adorable ! Elle m'a reparlé de ses crises de somnambulisme ! Il paraît que son mari l'a retrouvé une fois dans le parking alors qu'elle s'apprêtait à prendre la voiture pour aller acheter du lait ! Ca doit faire bizarre ! Maintenant, il barricade la porte d'entrée pour l'empêcher de sortir ! L'angoisse !

Mme Maxwell et moi avions discuté pendant un moment alors que je l'avais aidée à monter quelques courses quand nous nous étions croisées dans le hall deux jours auparavant. Elle m'avait parlé de mon TCVHC (Toujours Charmant Voisin Hyper Canon) en se lamentant qu'un si gentil garçon soit seul mais qu'il semblait décidément avoir un problème pour garder une fille. J'avais été mal à l'aise lorsqu'elle m'avait conseillé d'éviter de finir dans son lit en me disant que j'étais trop gentille et trop mignonne pour me laisser détruire par un garçon. Si elle savait… mon parcours sentimental ressemblait à un champ de mine. Je préférais ne pas y penser.

Il attrapa un cookie et mordit dedans. Je me sentis stupidement fière et contente quand il me complimenta :

- Merci. Mais je n'ai pas tant de mérite que ça, c'est facile à faire, tu sais !

Le problème avec son pull sur le dos, c'est qu'il ne me restait plus que ses lèvres et ses yeux à admirer et franchement, aucun des deux n'aidait à me calmer. Sa fossette était incroyablement sexy et quant à ses yeux… ils étaient hypnotisant. J'allais devoir me tenir éloignée le plus possible de son studio si je ne voulais pas devenir accro et me jeter sur lui comme une folle désespérée. Honnêtement, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Bien sûr, Camille était bel homme et le peu que j'avais entraperçu de sa personnalité me plaisait, mais je n'avais jamais ressenti une telle attirance pour qui que ce soit. C'était vraiment… bizarre, d'une certaine façon. Intriguant, aussi, et excitant… j'allais avoir du mal à tenir mes bonnes résolutions. Pourquoi est-ce que je ne pouvais pas me laisser tenter, déjà ?
Ha oui, c'était mon voisin, les hommes ne me réussissaient pas, j'étais une semi… enfin une créature des enfers et lui un coureur de jupons. Oui, il faudrait que je me répète cette liste souvent pour tenir le coup… Espérons que ça suffirait.

- Enfin, je suis contente qu'ils te plaisent. Si tu veux, je dois pouvoir te mettre quelques biscuits de côté quand je fais de la pâtisserie ! J'en fais toujours beaucoup trop !

Bon, il fallait que je change de sujet. J'avais toujours peur de finir par lasser les gens quand j'étais le sujet principal de la discussion, et bien évidemment, je préférais m'intéresser à lui. C'est pourquoi, je demandai:

- Au fait, tu ne m'as pas dit dans quel bar tu bossais !

Je reposais ma tasse sur la table basse et mes yeux se posèrent sur le journal que j'attirai distraitement vers moi. Les gros titres me firent soupirer et je pris un cookie pour penser à autre chose et me consoler avec un peu de sucre et de chocolat. Puis je reportai mon attention sur Camille et son allure m'arracha un sourire à la fois amusé et attendri:

- Mon pauvre, tu as vraiment l'air épuisé… tu bosses ce soir ? Ca va aller ? Je sais pas comment tu fais pour avoir des horaires tellement décalés ! Moi qui deviens grognon quand je n'ai pas mes 9h de sommeil ! Enfin, cela dit, ça doit être intéressant, tu dois rencontrer pleins de gens !

Babillages inutiles, le retour. Il allait vraiment falloir que je m'en aille avant que je me grille définitivement. Quoi que… après tout, c'était peut-être mieux qu'il se rende compte tout de suite que j'étais un désastre, non ?
Pfff, je n'en savais rien, j'avais la tête en vrac, et c'était entièrement sa faute !
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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Ven 23 Aoû - 1:09




A few mistakes ago...

Juste quelques minutes ? Ce que j'avais pris pour de la politesse sonnait étrangement comme un désir de fuite désormais. Pourquoi m'avoir apporté les cookies dans ce cas ? Était-ce l'embarras qui parlait ? Le corbeau me murmura que de toute évidence, l'idée qu'elle veuille partie vite, parasitait ma bonne humeur. Quelle bonne humeur ? Certes, j’enchaînais les sourires depuis son apparition. Tout ça devenait grotesque et je ne pus m'empêcher d'en prendre conscience chaque seconde un peu plus. Elle me complimenta pour mon café, je lui retournais un énième rictus. Je manquais de répliquer qu'il existait de nombreux autres domaines dans lequel j'excellais mais je m'abstins ce commentaire houleux. Je voulais blaguer bien entendu mais étrangement dans ma bouche, je doutais que tout ça sorte comme une plaisanterie. La vérité, c'était que ça me plaisait un peu trop de la contempler à l'intérieur de mon appartement. « Eh bien, tu es la première à me complimenter à ce sujet. Voilà qui illumine ma journée. » Tu en fais trop Camille, bon sang! Et arrête de te focaliser sur ses lèvres se posant sur cette fichue tasse. Il fallait vraiment que j'émerge rapidement parce que la brume ne m'aidait pas à y voir clair. Détourner les yeux avait au moins eu le mérite de me rafraîchir les idées sommairement. Ses allégations concernant le voisin du dessous me forcèrent la main et je revins instinctivement cueillir ses prunelles. Je la regardais atterré par cette situation et par le comportement déplacé de M. Robinson. Je ne le pensais pas comme ça mais après, dans l'immeuble, avant Rebecca, il n'y avait jamais eu de canon pareil pour hanter les couloirs. Pas étonnant que ça fasse perdre la tête à Jack, je peinais moi-même à contenir un flot de songes plutôt obscènes – autant se l'avouer tant que je nageais dans le flou matinal. Néanmoins, de là à se montrer aussi... insistant. J'aurais une petite discussion avec lui, je devais très gentiment le décourager. Pas question qu'il la harcèle comme ça. C'est pas tes oignons, abruti ! Tu te rappelles de l'époque où tu étais le premier à reconnaître qu'il fallait se mêler de ses affaires ? Certes. Mais joli minois ou non, elle venait de se confier à moi. J'avais le droit et même le devoir de l'aider désormais. Je me prenais pour qui ? Juste un voisin serviable. Pervers, oui.

Si elle ne lui faisait pas assez confiance pour lui confier les clés de son antre, de toute évidence, je faisais moi l'affaire. Mh, hautement intéressant. Ce fait éparpilla la certaine aigreur voir hostilité que ses révélations avaient déclenchées concernant notre habitant du premier étage. « Si jamais... Ça empire avec lui, n'hésite pas à me solliciter, d'accord ? Je ne pense pas qu'il soit du genre à s'obstiner éternellement mais si ça te met dans l'insécurité... Enfin je suis juste en face, donc... Faut pas hésiter. » La séduction en jouant les preux chevalier, sérieusement Fontayn ? « Pas de soucis pour le double. Et heureux de pouvoir te servir d'alibi. » Allez maintenant, je devais un peu me calmer. Nous enchaînions notre tour d'horizon du voisinage en abordant Mme Maxwell. Elle l'avait accostée ? Hum connaissant le personnage, elle avait du la mettre en garde sur moi. Elle savait que j'avais toujours enchaîné des conquêtes ponctuelles – principalement lunaires cela dit, et jamais deux fois les mêmes. Elle les surprenait s'enfuyant sur le petit matin pour la plupart. Note, mon interlocutrice ne devrait pas dévaler les escaliers vu qu'elle habitait en face. Ça avait son avantage... Recentre-toi ! Je me mordis la langue violemment, trop violemment même et grimaçais de douleur. J'ajoutais après avoir digérer la souffrance que je m'étais infligé. « Oui, je l'ai déjà trouvée dans les escaliers une nuit en rentrant du boulot. Ça ... surprend. » C'était le moins que l'on puisse dire. La modestie de la jolie brune m'arracha un léger rire. « Facile à faire, vraiment ? J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les personnes sachant cuisiner. J'arrive encore à rater des pâtes parfois – tu as le droit de rire. » Je n'avais jamais eu le don, ni l'envie de réussir quoique ce soit dans ce domaine. Après, j'ignorais si c'était la société qui voulait que ce terrain me répugne ou si simplement, je n'avais pas de patience pour ça parce que je n'aimais juste pas. Peu importait. Je savais faire le minimum vital pour pouvoir varier mes menus sans trop non plus devoir faire des efforts terrifiants quotidiennement. « Fais attention, je risque de finir par m'attacher à ces suppléments pâtisseries. » Ainsi qu'à ton visage. Bordel mais enfin. Je savais que ma dernière aventure remontait à quelques temps maintenant mais ça ne justifiait pas ça. Je me serais gifler.

Je finis d'une traite mon breuvage et me leva pour aller chercher ce qu'il restait de caféine dans la cuisine. « Je te ressers ? » Je remplis à nouveau mon récipient en méditant sur son interrogation. Je pouvais mentir mais ça m'avancerait à quoi ? Elle allait me penser lycan et cette pensée me froissait un peu. J'aurais pu rester évasif, un bar quelconque du centre-ville, un bar peu connu. « Oh... Eh bien... Disons que ce n'est pas un bar très fréquenté – enfin en tout cas pas pour les bonnes raisons. » Je m'égarais. « Je bosse à la Lune Bleue. » Je lui offris un rictus un peu désolé sans savoir pourquoi et continuais sur ma lancée. « Et oui, avoir des collègues loup garous est perturbant si tu te poses la question. L'avantage, c'est d'avoir congés les soirs de pleine lune. » Et de finir la nuit dans les bras d'une belle inconnue quand tu es métamorphe et maître de toi. Ses inquiétudes à mon sujet me firent passer une main distraite sur ma joue et mon menton. Elle était si spontanée, naturelle et ... agréable. C'était facile même pour quelqu'un d'aussi secret que moi d'entretenir la discussion. « Je suis si atroce à regarder que ça ? » Je soupirais intérieurement face à ma propre connerie et repris mon sérieux. « J'ai justement trop dormi. C'est gentil de t'inquiéter. Après si tu as envie de me remplacer pour mon service de cette nuit... » Je souris. « Et il est vrai que le terme intéressant est adapté en effet.» La clientèle était... surprenante. Quand on ne subissait pas des attaques d’extrémistes anti-surnat. Je n'avais pas trop envie de m'étendre sur tous ces sujets trop personnels et trop proches de mon secret alors j'embrayais. « Le décalage est une question d'habitude. J'ai toujours été un ... oiseau de nuit de toute façon. Ça ne me dérange pas. Je suppose que dans ton cas, la flexibilité des horaires doit être un certain avantage ? Pas de routine. Non ? » Avoir une conversation aussi normale était étrange. Je passais la plupart de mon temps les miens alors ce genre de moment simple où on ne mentionnait ni la guerre, ni notre nature et les enjeux... se faisait plutôt rare pour moi.

Quelques petits coups prononcés percèrent notre atmosphère. Je fixais mon regard dans le sien alors. « Tu attendais quelqu'un ? Un petit ami peut-être ? » Mais allez, ça ne me ressemblait vraiment pas. Qu'est-ce que je foutais ? Je me relevais à la suite rapidement afin d'aller voir en ouvrant ma porte, l'autre côté du palier mais non. C'était pour l'étage du dessus. Merci à l'ouïe fine, trop fine. Je revins m'asseoir. « Je dois pas être bien réveillé, rien à signaler.  » Je haussais des épaules en reprenant un cookie. « Alors rassure-moi. L’appartement n'est donc pas hanté ?  L'ancien locataire qui y vivait, était vraiment un amateur d’ésotérisme. Si tu n'as pas retrouvé une seule bougie à l'intérieur, c'est surprenant. Ce n'était pas un très grand fan de la lumière artificielle à bien y réfléchir.» Pourquoi est-ce que je racontais ça ? Allez savoir... Je prenais tout et n'importe quoi comme prétexte afin qu'elle reste. Oui, je ne comptais pas la séduire ou la toucher mais ça ne m'ôtait pas la satisfaction de la contempler et de profiter de sa compagnie intellectuelle également. Faire du lèche vitrine, pas mon truc ? Vrai. D'habitude, je fuyais consciemment les femmes trop intéressantes. La dernière fois que je ne m'étais pas écouté... Je chassais Tanwen de mon esprit et re-bus une longue gorgée de café en détaillant silencieusement ma voisine. Je saurais m'imposer des barrières avec elle, j'avais assez de raison pour le faire. J'étais plus réfléchi et déterminé. Forcément, ça resterait amical. Forcément.
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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Ven 23 Aoû - 16:13




A few mistakes ago...


J’avais illuminé sa journée, voilà qui illuminerait la mienne. Non, je n’avais pas vraiment pensé ça, si ? J’étais une vraie calamité en présence de ce mec, c’était désolant ! Non mais est-ce que c’était ma faute si son sourire était contagieux et me donnait envie de tout faire pour qu’il continue à fleurir sur son visage ? Non, c’était la faute à cette fossette ! Je n’y étais pour rien, moi ! Je n’étais qu’une pauvre femme, seule depuis trop longtemps, qui avait un voisin non seulement physiquement à tomber, mais qui était on ne peut plus charmant depuis qu’ils s’étaient rencontrés. Bon, Mme Maxwell m’avait laissé entendre que c’était un coureur, alors son attitude ne devait pas m’être spécialement réservée. Il devait être comme ça avec toutes les filles qui croisaient son chemin. Il fallait que je me raisonne.

Il me proposa son aide concernant Mr Robinson et j’acquiesçai, reconnaissante :

- C’est gentil, merci. Je pense qu’il se calmera tout seul, mais au cas où, je saurai où te trouver.

Je dégustais mon café, et mon cookie, alors que nous continuions la conversation sur Mme Maxwell et je me mis à rire :

- Holala, je crois que je serai à deux doigts de faire une crise cardiaque si ça devait m’arriver ! Enfin, à priori, son mari fait tout pour que ça évite de se reproduire, je devrais aussi être à l’abri de cette frayeur ! Et puis, contrairement à toi, je rentre rarement au milieu de la nuit aussi !

Il me complimenta sur ma cuisine et il se mit à rire devant ma modestie, arguant qu’il admirait toujours les personnes qui cuisinaient. Son trait d’humour m’arracha un grand sourire et je me mordis les lèvres en secouant la tête :

- Me moquer ? Moi ? Jamais… enfin… des pâtes quand même !

Ma petite comédie me fit finalement pouffer et je lui jetai un regard de pitié :

- Bon si jamais tu meurs de faim, ma porte est ouverte en tout cas, mes placards sont généralement pleins à craquer.  

Je pris un air innocent. Pas besoin qu’il connaisse les détails de mon appétit d’ogre pour le moment.
Ho, il allait s’attacher à mes pâtisseries ? Mais qu’il fasse donc, je n’y voyais aucun inconvénients. Bien au contraire… il pouvait s’attacher à mes biscuits, ou à moi, ça n’avait pas d’importance.  Bon ce n’était pas raisonnable, mais c’était purement amical ! Je faisais des pâtisseries en trop, il aimait ça, je partageai, il n’y avait rien de mal à ça, si ? Holala, mais à qui j’essayais de faire croire ça ? Je n’allais pas me mentir à moi-même, tout de même ? Si ? Si. Finalement, c’était ce qu’il y avait de plus simple. Je n’allais pas admettre qu’il y avait bien plus que du simple voisinage amical. J’étais une peureuse, je pouvais me mentir à moi-même et ignorer l’évidence pour ne pas avoir à l’affronter. Oui, je pouvais faire ça. J’allais le faire, même. Facile ! Tout serait plus facile comme ça. Il suffisait de faire « comme si ». Bon sang, parfois j’aurais aimé qu’il y ait un bouton OFF pour que j’arrête de cogiter à tout va.  

Il se leva pour se resservir et me demanda si je souhaitais qu’il fasse de même pour moi. Je secouai la tête en lui montrant ma tasse :

- Je n’ai pas encore fini, merci !

Est-ce que je ne faisais pas volontairement traîner les choses ? La ferme !
Changer de sujet, vite. Son boulot. Bien.
La Lune Bleue ? Je laissai échapper un petit « Ho ! » surpris avant de sourire lorsqu’il m’avoua qu’avoir des collègues loup-garou pouvait être perturbant :

- Oui, j’imagine ! Au moins tu ne dois pas t’ennuyer…

J’avais pris un ton léger mais en réalité, je trouvais ça assez inquiétant. Traîner avec les loups ces temps-ci n’était pas particulièrement raisonnable. Ça pouvait même devenir sacrément dangereux, surtout pour un humain !
Je préférai changer de sujet et enchainai sur sa mine fatiguée.

Camille a écrit:
« Je suis si atroce à regarder que ça ? »
Ho non, pas atroce. Loin de là. C’était même surprenant de voir à quel point même épuisé, il était tout le contraire d’atroce. Absolument divin.

- Je n’ai pas dit ça… répondis-je malicieusement avant de boire une nouvelle gorgée de café pour me donner contenance.

Il plaisanta sur le fait que je pouvais le remplacer et je rentrai dans son jeu :

- Ho tu sais, j’ai déjà été serveuse, donc techniquement, je pense que je pourrais gérer, mais moi je me lève demain matin, je doute pouvoir concilier les deux, tu m’en vois navrée !

Quant à la flexibilité des horaires :

- Ça dépend, c’est à double tranchant en fait. C’est difficile de prévoir quoi que ce soit quand on peut t’appeler à la dernière minute pour un shooting. Mais c’est diversifié oui et on peut toujours s’arranger ! En fait, j’ai un peu atterri là-dedans par hasard et je m’en contente tant que ça me permet de vivre correctement ! Je ne ferai probablement pas ça toute ma vie.

Déjà parce qu’il ne faudrait pas attendre trop longtemps avant que je ne corresponde plus aux « canons » de la mode, et ensuite parce que j’aspirais tout de même à autre chose, même si j’ignorais à quoi.

Je fronçais les sourcils lorsqu’il me demanda si j’attendais quelqu’un avant de comprendre qu’il avait dû entendre quelque chose dans l’entrée qui m’avait échappé.

- Qu… heu non ? Je n’attends personne.


Personne n’avait ma nouvelle adresse d’ailleurs. Et je n’étais pas certaine de la donner à qui que ce soit pour l’instant.

- Et pas de petit-ami à déclarer, non. Ajoutai-je avec un sourire timide en haussant les épaules.

J’ignorais pourquoi j’avais répondu à cette question. Peut-être parce qu’inconsciemment je voulais qu’il sache que j’étais célibataire et disponible ? Non, non et non ! Roh et puis merde à la fin. Quelle importance ?
Je l’observai aller ouvrir la porte puis la refermer lorsqu’il se rendit compte qu’il s’était trompé :

- Alors, on entend des voix, Mr Fontayn ? Dis-je pour le taquiner. Je sens que ton service de ce soir va être épique… ! Tu sais que tu es censé servir les boissons et pas les consommer ?

Je plaisantais allègrement, sans gêne et j’espérais que je n’allais pas le mettre mal à l’aise. Je me sentais bien, ici, avec lui. C’en était presque étonnant vu toutes les barrières que j’essayais de mettre entre mon voisin et moi. Je craignais que les choses dérapent tout en étant totalement lucide sur le fait que j’en avais également vraiment envie. Je n’aimais pas être indécise comme ça, vouloir une chose et son opposé, cela ne me ressemblait tellement pas !
Je savais qu’on pouvait devenir amis, de bons amis, il fallait juste que je me fixe des limites. Et la première limite à me mettre était celle de ne pas flirter. Mais cela allait être vraiment très difficile. Surtout s’il continuait à être aussi insolemment beau et gentil.  

Il reprit un cookie, ce qui me fit sourire, et m’interrogea sur mes découvertes dans l’appartement :

- Désolée de te décevoir mais non, rien à signaler, à part les petites poupées vaudou !
Plaisantai-je encore en faisant référence à notre dernière discussion. Et rassure-toi, je m’en suis débarrassées !

Je pris un air mystérieux et repris :

- Mais qui sait ce que trouvera le prochain locataire ? Je ne t’ai pas encore dévoilé tous mes petits travers !

J’allais continuer sur ma voie et dire des bêtises quand une sonnerie de portable retenti. Je mis quelques secondes avant de comprendre qu’il s’agissait du mien.

- Ho pardon !
Dis-je en me levant et en tâtant mes poches à la recherche de mon téléphone.

Je jetais un coup d’œil au nom de l’appelant :

- C’est le boulot, excuse-moi, faut que je le prenne. Grimaçai-je avec un sourire d’excuse à l’adresse de Camille.

Je fis machinalement quelques pas vers la cuisine et décrochai en anglais :

- Rebecca Scott. Oui ? Bonjour.

J’écoutai mon interlocuteur en acquiesçant, ponctuant de « hum hum » et jetai un coup d’œil à Camille puis à ma montre :

- Avec qui ? A Edimbourg, alors… ? Oui, non, non ça ne pose pas de problèmes…c’est très gentil d’avoir pensé à moi ! Oui. Bien sûr. Je peux être là d’ici… une heure et demie… oui très bien. D’accord. A tout à l’heure. Encore merci !    

Je raccrochai en me tournant vers Camille :

- On vient de me proposer un shooting de dernière minute, une des filles ne s’est pas présentée…! Il faut que je parte pour Edimbourg tout de suite… ! Je suis vraiment désolée de m’enfuir comme ça, j’espère que tu ne m’en veux pas. Tu n’auras qu’à m’imaginer avec  4 autres filles en petites tenues sur la plage, alors que l’eau fait 12°C… ces photographes ont de ces lubies parfois ! Donc pendant que tu serviras des cocktails à tes loups, je me gèlerai en priant pour rejoindre mon lit !

Je me rapprochai de lui machinalement et lui fit la bise :

- Merci pour le café et bon courage pour ce soir ! A bientôt, Camille !

Je ne demandai pas mon reste et me dirigeai vers la porte d’entrée en lui faisant un petit geste de la main puis rejoignis rapidement mon appartement pour me changer. Dix minutes plus tard, j’étais dans la voiture, en route pour Edimbourg, et je percutais seulement ce qu’il venait de se passer.  J’avais embrassé mon voisin. Sur la joue, certes, mais tout de même ! Et je lui avais parlé de bikini et de plage ! Mon dieu, mais qu’est-ce qui m’avait pris ? Il allait croire que j’avais inventé tout ça pour me vanter ! Non… si ? Non, je lui montrerai les clichés quand je les aurais. Quoi que, c’était peut-être encore plus prétentieux ! Holala, la honte… je n’allais pas oser lui reparler avec des jours après ça !
Encore que, tout c’était fait si naturellement… il me suffirait de prétendre que rien de gênant n’était arrivé.
Oui, oui définitivement, ce plan me plaisait. Mais pas autant que mon CVDPEPC… (Charmant Voisin De Plus En Plus Canon)
Aucun soucis, pas de problème, tout allait parfaitement bien.
Camille et moi ? Juste des voisins ! Et pour l’avenir ? Juste de bons amis…
Tout à fait ! C’était le plan. Il n’y avait plus qu’à s’y tenir.
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MessageSujet: Re: [Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]   Sam 24 Aoû - 22:11




A few mistakes ago...

Pas de petit ami ? Surprenant pour une femme aussi... et regrettable pour moi. Elle était donc libre. Voilà qui ne m'aiderait pas à freiner des pieds – pourquoi ça t'enchante autant abruti ? Un nouveau sourire se hissa sur mes lèvres malgré moi. J'avais été terriblement indiscret et non, je n'arrivais toujours pas à en avoir honte. En quoi ça m'avançait fondamentalement de savoir qu'elle était célibataire ? Finalement, je ne préférais pas répondre à cette question. Elle était rhétorique, voilà. Ma conscience soupira lourdement et je l'ignorai volontairement. En parlant de voix intérieures... Autant qu'elle me croit fou plutôt que potentiellement non-humain – enfin à moitié, bref. J'aimais un peu trop sa façon de me taquiner. Ne pas tisser de lien ? Mais si, amical. Je savais quand même être ami avec les femmes. Je ne les voyais pas toute comme des proies ou que sais-je. Dans ce cas-ci ? Hum. J'oubliais la réponse et zappais la question pour le bien de l'ambiance générale. Je rentrais dans sa légèreté en ajoutant.  « Ah mince, je croyais que c'était pour la dégustation qu'on me payait ! Cela dit, les voix sont sûrement dû à la malédiction que l'ancien locataire a jeté sur moi. Si tu trouves le contre sort... J'en serais relativement ravi. » Je ne pus m'empêcher de rire silencieusement concernant ses potentiels travers ne trouvant pour l'instant qu'une beauté indécente et une personnalité bien trop attachante. « Oui, tu m'as l'air plus terrifiante que lui. Je n'ose pas imaginer ce que tu caches dans ton antre entre deux cookies. » Je pris un air horrifié et lâchai le cookie que je tenais entre mes doigts quelques instants auparavant avant de placer ma paume sur ma gorge. « De la mort au rat? Tu m'as empoisonné c'est ça ? » Bon t'arrêtes de faire l'enfant Fontayn ? Oui, oui. Son téléphone sonna et je l'excusais d'un autre rictus profitant de ce moment pour terminer ma tasse. Je jetai un regard en biais vers l'horloge et songeai déjà à la suite de mon programme. Douche, coup de fil et Lune Bleue. Youpie.

Rebecca revint près de moi après avoir raccrocher. Sans avoir le temps de lui demander quoi, qu'est-ce, elle embraya. Je n'aurais qu'à l'imaginer... comment, quoi ? Devant cette licencieuse remarque, je ne pus que sourire avec amusement. Mon imagination avait dépassé trop vite ma raison bien entendu. Ma charmante voisine avait une drôle façon de se congédier. Après avoir semé un peu de confusion dans mon esprit, elle me fit la bise ce qui me désarçonna partiellement. Nous en étions donc arrivé à ce type de contact pour nous saluer. Au moins, j'étais fixé désormais. Mmmh elle sentait vraiment bon en plus. Chut. Ne pas détourner la tête au mauvais fatidique... Ne pas détourner... Je répliquais à ses dernières remarques. « Bon courage alors, essaie de survivre ! De rien. Au plaisir Rebecca. » Au plaisir ? Sérieusement ? Je la regardais partir dans un mélange de fascination et de crainte quant à ce fameux lien amical que je devais techniquement noué. Je refis sans grand mal le tour des cents raisons qui me poussaient à ne jamais franchir la limite avec elle. Communauté, voisine, aventure compliquée, amener à la revoir, pas le temps à perdre, ne devais pas la blesser, ni l'impliquais dans ma vie, etc etc. Ce constat maussade ternit les quelques images que son discours sur un certain maillot de bain avait suscité. Oui, j'allais devoir rester vigilant et ne pas laisser mes pulsions gâcher nos vies communes. Le corbeau riait. J'acceptais le défi qu'il me lançait ouvertement. Je n'allais pas toucher à la jolie brune. Jamais. L'oiseau gloussait encore quand je rangeais la vaisselle. Rira bien qui rira le dernier...
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[Flashback] A few mistakes ago... ~28 janvier 2014 ~[Livre II - Terminé]
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