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En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]
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MessageSujet: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Mer 24 Juil - 18:10

    La brigade PES était un gros morceau à gérer mine de rien. Franchement, je ne pensais pas que cela me mettrait autant la pression, du moins que je me mettrais autant la pression pour être au top. C'est pourquoi, après le départ de Becky pour notre ancien appartement que j'avais décidé de faire volontairement un petit break, que j'avais décidé de me remémorer des petites choses, aux alentours d'Edimbourg, mais surtout de faire un tour chez le coiffeur ! Oui, Makayla Brown allait redevenir brune comme je m'amusais à le faire par le passé. J'avais gardé ma couleur naturelle bien trop longtemps, c'est moi qui vous le dit, je devais me métamorphoser, me changer les idées, et cela passait par une nouvelle perception de mes cheveux. Oui, je suis comme ça, j'aime changer de couleur de cheveux, blonde ou brune, tout m'allait bien. J'avais donc envie de ce changement qui flottait dans l'air depuis quelques temps déjà. Et le départ de mon amie pour Glasgow m'avait définitivement décidée. J'allais donc chez mon coiffeur qui me ferrait une petite coupe, coupant les pointes surtout et quelques centimètres de cheveux, et me faisant donc la teinture brune qui me rendrait différente. Ce serait la première fois que je serais brune à la PES, et cela me changerait, peut être qu'on me prendra mieux au sérieux, je ne sais pas, mais je ne serais plus blonde. Je discutais donc de toutes les banalités avec mon coiffeur et j'en ressortais comme une femme nouvelle, renouvelée entièrement. Bon, en fait, il n'y avait que les cheveux de nouveaux mais quand même. J'étais à présent prête pour de nouvelles aventures ! Pour cela, rien de nouveau, mais je savais ce que je devais faire. J'allais rendre visite à Thomas, le maréchal ferrant que j'avais croisé au Celtic Pub. Je ne pense pas qu'il a eu des nouvelles de la brigade, donc j'allais lui en donner moi-même, pour en quelques sortes le décourager de nous rejoindre. Oui, je sais c'est moche, mais il ne pouvait pas nous rejoindre, il n'était pas assez bon, du moins, je le pensais. Je retournais cependant chez moi puisque le coiffeur était à 3 pâtés de maisons de mon appartement à Livingston. Je fouillais dans une vieille boite à chaussure ce que j'avais pu récupérer de chez William Drake, il y a des années, un peu de vieille herbe séchée. Oui, pour décourager Thomas, je serais en mode délirium, en mode stone si vous voulez quoi, je rirais à gorge déployée, je savais l'effet que cela me faisait. Je prenais mes clés de motos, mon casque et ma veste et je me rendais en direction de sa baraque aux alentours d'Edimbourg. Je sentais que j'allais bien m'amuser, histoire de me détendre à fond.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Sam 27 Juil - 16:19

Le vent soufflait du nord, en longs souffles continus, faisant tout plier sur son passage... J'avais fait le ménage, plié le plaid sur un coin du canapé, et un petit feu crépitait dans le foyer fermé. C'était mignon et propret, mon petit chez moi. Satisfait, je sortis, fis les boxs, montais le fumier au carré -on ne le voyait pas de la maison-. Les chevaux vinrent me voir et je passais du temps avec eux. Failthe aboyait autour de nous, cherchant à attirer l'attention. Le chiot avec cinq mois à présent et paraissait tout dégingandé. Il me fit rire avec sa truffe par terre et son derrière en l'air, je lui lançais une poignée de terre mêlée au sable, pour m'amuser... Le cheval blanc s'ébroua et fit mine de courir après le chien. Je vérifiais les abreuvoirs, tout était en ordre. Le foin sentait bon, et mes yeux clos m'emportèrent là où il avait été coupé... J'imaginais ces vallées vertes, plus à l'intérieur des terres... Au loin, j'entendais les vagues sur la grève : la mer devait être blanche d'écume. Le ciel était bleu, avec des cavalcades de nuages blanc qui filaient, complètement affolés, plein sud, dessinant toutes sortes de personnages changeant...

Après avoir rangé fourche, pelle et brouette, je m'attaquais à la camionnette. Ca en valait la peine, franchement. J'en sortis deux seaux remplis à ras-bord de fers usagés, et remis de l'ordre dans mon équipement, avant de recharger mes râteliers en fers neuf, aciers ou alu, ainsi que les boîtes de clous. Vérification du matos, tricoises, etc... Satisfait, je fermais la porte coulissante de côté, et claquais les deux de derrière. Maintenant, j'allais nettoyer un peu la carrosserie, histoire qu'elle soit blanche et non plus grise et parsemée de boue : la météo annonçait beau -c'est à dire sans pluie- pendant quatre jours ! Un coup d'oeil au sommet de la cheminée où un petit panache blanc se couchait sous le joug du vent qui l'empêchait de rejoindre les nuages fuyant. Sonnerie de téléphone, ferrure demain, en urgence, suite à une visite vétérinaire... une ferrure orthopédique en vue... du temps, un travail de précision... j'aimais ça. Sauf que les véto avaient toujours une certaine vue sur leurs patients, une vue idyllique, dirais-je même, où tout se passait bien, avec un terrain plat et non boueux... le monde des bisounours, quoi... Je me souris : peu importait, j'irai. Le proprio, satisfait, me lança un "à demain !" et je sus qu'on ne boirait pas que du café après le boulot... Je le connaissais bien, Ryan... il aimait les chevaux, les femmes, et les bonnes bitures. Et je savais aussi que, pendant les Années Sanglantes, il s'était mis à distiller dans le plus grand secret, un put*** de whisky : une merveille ! bref, j'étais content et lorsque j'entendis une moto sur la route, je n'y fis pas attention. Après tout, même si la route n'était pas très fréquentée, elle menait tout de même au village tout proche. Et puis, la maison était un peu en retrait, donc, ça ne me gênait pas.

* ne pas oublier d'aller acheter le pain et commander du "haggis" chez Mc Connor... pour ce soir, c'est fête ! *

Je retournais voir les chevaux, derrière la clôture de bois grise à force d'attaque de sel et de vent et de pluie. Leur compagnie me procurait plus de plaisir que n'importe quoi d'autre... Failthe s'assit à mes pieds, sachant très bien que je m'occuperai de lui juste après : tout n'était qu'une question de patience...
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Mar 30 Juil - 14:19

    Enfin, je ne sais pas, peut être que je ne prendrais pas le temps de fumer, mais je devais montrer à Thomas que même si j'avais combattu durant les années sanglantes, que j'étais quelqu'un, tout ce qu'il y a de plus normal. En fait, je ne sais même pas pourquoi je venais ici. Becky s'en était allée, j'étais à nouveau seule, et finalement ça ne me plaisait peut être pas, je ne sais pas. Peu importe, je me rendais chez le maréchal ferrant pour voir s'il avait eu des nouvelles de la brigade PES. Si ce n'était pas le cas, je savais quoi faire, quoi dire. La dernière fois, il voulait en savoir tellement, en savoir trop. L'analyse du bout de verre n'avait rien donné, il n'y avait pas de traces exploitables dessus. Peut être que je réussirais à trouver quelques choses avec son ADN ici ? Consciemment, je venais simplement pour le décourager d'intégrer la PES, mais inconsciemment, j'avais plus d'ambition que je ne voulais l'admettre. Je cacherais évidemment bien mon jeu, je me montrerais gentille avec lui, juste ce qu'il faut pour peut être obtenir les bonnes informations et tenir en ma main quelques choses d'important, de crucial pour l'avenir de l'humanité. Le moteur de ma moto avait du s'entendre, je la garais un peu en retrait pour ne pas effrayer les animaux qu'il y avait dans le coin. J'avais cru voir des chevaux, mais peut être avait-il d'autres animaux. C'est alors que je le vis, il était à proximité de chevaux, et son chien semblait être à ces pieds, attendant patiemment son tour. J'étais là, avec ma veste de moto, vidée de son petit arc et de ces flèches. Elle était plus légère, plus malléable, mais ce n'était pas plus mal. De toute façon, qu'est ce que je risquais ici ? J'avais mon arme au cas où.

    " Thomas !! Cela fait plaisir de vous voir ! Vous vous souvenez de moi ? "

    Oui, je lui demandais cela, car la dernière fois, il avait un peu trop bu, même si je ne doute pas qu'il se souvienne de moi, on ne sait jamais.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Mer 31 Juil - 8:25

Dès que la moto pénétra sur la propriété, Failthe quitta sa position pour courir en direction du motard, jappant amicalement et agitant la queue. Du haut de ses cinq mois, tout était nouveau et potentiellement amusant. Je souris en le voyant faire, caressais une dernière fois le grand blanc et me dirigeais vers le nouvel arrivant, probablement quelqu'un d'égaré qui me demanderait son chemin... J'approchais lentement de l'inconnu qui retira son casque : je reconnus immédiatement Mak', et mes yeux s'agrandirent de surprise. J'allais rapidement à sa rencontre, visiblement content de la voir :

- Eh ! bonjour Makayla !

Souriant, j'ajoutais :

- Vous avez trouvé ?... et ainsi, vous êtes venue...

Visiblement, je n'y avais pas cru avant de le voir de mes yeux vu.

- Failthe ! arrête, viens ici.

ordonnais-je au chiot qui commençait à mettre ses pattes sur le cuir de la jeune femme. Visiblement déçu, il revint vers moi, mais voyant que je ne lui en voulais pas, son regard s'alluma encore, tellement il espérait jouer. Je le disculpais :

- Désolé... il adore jouer, et je n'ai pas encore eu le temps...

Si je me souvenais d'elle... évidemment... qui pouvait bien l'oublier ?... le rouge me monta un peu aux joues au souvenir de mon état pitoyable d'après match... le taxi... et mon pote qui avait ramené ma camionnette avec le chien dedans... Quelle cuite !

- Euh... ouais... ouais... bien sûr !

Nouvelle bourrasque de vent. Le sable nous vola dans les jambes. Je l'invitais à entrer à la maison :

- Venez, je vous en prie, avant qu'une tempête de sable ne nous transperce !

Je ris en l'entraînant à l'intérieur, osant la prendre amicalement par l'épaule. De toute manière, vu dans l'état dans lequel elle m'avait déjà vu... on était presque intime, non ? le salon était petit et cosy, avec son canapé et son fauteuil chesterfield encadrant une table basse devant une cheminée à foyer fermé où crépitait un petit feu. Le plaid du sofa était plié sur l'un des accoudoirs et le ménage avait été fait de frais. Aux murs blancs étaient accrochés des cadres représentant des chevaux, peints ou esquissés, un fer à l'envers, un autre comme horloge. Sur un guéridon, et sur la poutre de la cheminée, des statuettes de chevaux, bronze, plâtre, porcelaine, métal... c'était bien l'antre d'un cavalier - maréchal ferrant...

- Vous voulez boire quelque chose ? thé ? café ?

D'un geste, je l'invitais à s'asseoir alors que j'allais déjà vers la cuisine, séparée du salon par une entrée sans porte et remplacée par un rideau type tartan que j'écartais déjà. Je comptais bien me faire un bon thé, après mon ménage... le lave-linge sonna sa fin de cycle, je poussais le bouton pour le faire taire.

- Arf ! désolé ! je vais devoir étendre mon linge...

J'eus conscience que çà avait quelque chose d'impudique d'être surpris ainsi en pleine vie quotidienne...
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Ven 2 Aoû - 23:53

    Est ce qu'il se souvenait de moi ? Je le pensais, je l'espérais, enfin, je ne sais pas, peut être que mon visage ne lui revenait pas en mémoire tellement il était bourré cette après-midi là. Le chien de Thomas était venu m'accueillir comme il se doit, mais je n'avais pas peur d'un chien. De toute façon, il avait juste envie de jouer, c'était un jeune apparemment. En tout cas, mes doutes sur le fait qu'il me reconnaisse ou pas furent très rapidement dissipés. Visiblement, il ne pensait pas me voir, il ne pensait jamais me voir à son domicile mais j'étais bien là, en chair et en os, ce n'était pas une douce illusion, j'étais là ! Il semblait content de me voir, mais je n'étais pas là pour ce qu'il pensait. Je ne sais pas à quoi il pense mais de toute évidence il se fourvoie sur mes intentions. Mais cela m'était égal, peut être que nous nous amuserions bien aujourd'hui, si j'arrivais à mettre en place ce que je désirais. Le jeune chiot qui s'appelait Failthe s'amusait à me sauter dessus, ce n'était rien mais Thomas le réprimanda gentiment et le chien fut très obéissant, ce qui était presque étonnant pour son âge.

    " Ce n'est rien, il est jeune, c'est normal qu'il aime jouer. "

    Il y avait du vent qui se levait, et une bourrasque de sable s'envola entre nous deux. Cela ne laissait rien présager de bon, un orage ne tarderait pas, sans doute. Il me le fit alors bien savoir m'invitant à rentrer à l'intérieur. Il me prit pas l'épaule ce qui me surprit un peu, mais c'était, je crois, ces manières de faire. Il était un peu rustre, mais très amical, presque trop tactile, mais je me faisais peut être des idées. Je rentrais à l'intérieur de la maison et je vis tout ces chevaux, que cela soit au mur ou sous forme de statuette, Thomas était vraiment à fond dans son univers. Il me proposa à boire, et m'invita à m'asseoir par la même occasion. Je prenais place donc sur le canapé.

    " Je prendrais un thé si possible Thomas. "

    Il s'était déjà dirigé vers la cuisine, je ne sais pas s'il prendrait quelques choses mais s'il se faisait un café, je prendrais un café, cela ne me dérangerait pas le moins du monde. J'entendis un petit bip sonore, il semblerait que cela soit sa machine à laver qui était finie. Il allait écarter le linge. C'était presque drôle de le surprendre en train de faire les petites choses quotidiennes de la vie.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Sam 3 Aoû - 10:40

Après avoir mis l'eau dans la bouilloire, je sortis étendre mon linge rassemblé dans un panier d'osier. Le vent était si fort qu'il me le sécherait rapidement... Ce fut vite fait, et les épingles mises à la va-vite trahissaient la hâte de mes gestes sans en expliquer la raison. Evidemment. Refermant la porte sur moi, la bouilloire s'était mise à siffler sur le gaz. J'éteignis, versais l'eau brûlante dans la théière avant d'y ajouter les herbes séchées et odorantes. C'était un Orange Pekoe très odorant. J'espérais que Mak' aimerait. Je mis ça sur un plateau, avec un minuscule pot de lait froid, deux tasses et sous tasses et une assiette de scones faits le matin même par mes soins... Ma vaisselle était en porcelaine blanche, toute simple. Après avoir déposé mon fardeau sur la table basse, je m'assis dans le fauteuil. Je souris à cette jeune femme qui avait si bien toléré mon chien. Failthe s'était couché sur son coussin, près de la cheminée, mais s'était assis à l'odeur des scones. Je le reconnaissais bien là... surtout que j'en mangeais un sur deux, lui cédant toujours la deuxième part. Le coquin le savait, mais, sûr d'avoir sa part, demeurait sur son arrière train à nous observer, penchant parfois un peu la tête pour nous rappeler qu'il était vivant. Et gourmand.

- Désolé... c'était un peu long, hein...

J'étais visiblement embarrassé... comment lui dire.... je me raclais la gorge, brièvement, avant de verser le thé dans les tasses, jusqu'à un doigt du bord.

- Un peu de lait ?

Jusque là, c'était simple. La suite serait plus compliquée... Mon dieu que j'étais gêné... Je pris la soucoupe de la main gauche, portais la tasse de la droite à mes lèvres. Le liquide ambré était brûlant. Je reposais le tout, sachant pertinemment que je devais en parler.

- Euh... c'est à propos de l'autre soir... vous savez...

Oh ! c'était comme une confession, un aveu pénible mais nécessaire pour la suite de ma vie. Curieusement, ce que la jeune femme penserait de moi m'importait énormément.

- Quand j'ai fait ce courrier pour la PES, avec le CV et tout çà...

Nous y voilà ! Maintenant que c'était amorcé, il n'y avait plus qu'à poursuivre. Le plus dur était fait : le premier pas. J'avalais un scone et en donnais un à Failthe, qui l'engloutit, les yeux exorbités par la convoitise. Pourtant, il ne bougea pas de sa place, attendant sagement la suite.

- Trois ou quatre jours après, j'ai fait une mauvaise rencontre dans un parc, à la sortie d'Edimbourg...

* Breuhhhh ! quel mauvais souvenir ! *

Visiblement, j'étais troublé et gêné... je triturais mes mains, ne sachant trop qu'en faire.

- Un type est venu discuté avec moi, puis... je ne sais pas... quelque chose clochait avec lui, et je me suis senti super mal à l'aise.

J'inspirais profondément, histoire de me calmer, car les émotions me revenaient par vagues successives et très désagréables.

- Je veux dire, il avait l'air bien, enfin, propre sur lui et tout... mais son attitude me... bref. Deux de vos collègues l'ont interpelé et m'ont informé que c'était...

Je déglutis difficilement.

- Un loup-garou !

* Ca y est, je l'ai dit ! *

- Tous mes souvenirs me sont revenus, ceux des Années Sanglantes, et j'ai littéralement fuis. Heureusement que l'un de vos collègues m'a raccompagné jusqu'à la camionnette, j'étais tout retourné... bref... tout ça pour vous dire...

Ah mon dieu que j'étais gêné !!!

- Je me suis dit, comme ça... vous pourriez intercepter mon courrier. Je ne peux pas travailler pour la PES. Trop de peur. Je serai incapable de faire quoi que ce soit contre ces créatures surnaturelles.

Voilà, c'était dit. Je me jetais sur mon thé que je bus d'une traite.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Sam 3 Aoû - 15:12

    Il alla donc écarter son linge dehors alors que le vent soufflait. Je ne sais pas s'il le laisserait longtemps mais un vent comme ça annonçait souvent la pluie. Quoiqu'au moins, il serait rapidement sécher. Je l'observais, on aurait dit qu'il était vraiment pressé de l'étendre son linge, sans doute parce que j'étais là. Il rentra à l'intérieur du bâtiment pour arrêter la bouilloire qui sifflait, l'eau était à présent à bonne température. Je le voyais donc revenir vers moi avec sa théière pleine d'une belle senteur à mes narines. Je ne saurais dire ce que c'était exactement mais ça me plaisait. Il vint alors s'asseoir non loin de moi sur un autre fauteuil, me disant qu'il avait été un peu long mais ça ne me dérangeait pas, j'avais tout mon temps devant moi. Il versa le thé dans les tasses me demandant si je voulais du lait, mais si en général les anglais le boivent ainsi, je préférais sans. Je lui fis un petit signe négatif de la tête, prenant alors ma tasse, soufflant sur le liquide brûlant. Je le sentais cependant gêné, comme si ma présence, qui n'était pas prévue soit dites en passant, allait le libérer d'un poids. Je ne disais rien, j'allais le laisser parler, pour le moment. Il me parla alors de ce qu'il avait vécu et si je ne disais rien sur l'instant, je restais déçue à quelques parts. Moi qui pensait qu'il était encore motivé à fond, et qu'il voulait absolument être agent de la PES. Je lui faisais un petit sourire. Je ne pouvais pas intercepter son courrier, ce n'était pas mon rôle, mais de toute façon, il y avait peu de chance qu'il soit pris.

    " Oh, je vois. Vous savez que vous n'êtes pas obligé de répondre favorablement si jamais vous obtenez un entretien d'embauche. Et puis, pas besoin d'être agent pour nous donner des informations. Si jamais vous entendez des choses intéressantes, vous pourrez toujours me les donner. "

    Voilà, ça s'était la réaction que je devais avoir pourtant, même si cela avait dur pour lui de me dire ça, je voulais en savoir plus.

    " Mais dites moi Thomas. Pourquoi est ce que ça n'allait pas avec ce loup garou ? Pourquoi est ce que vous vous êtes senti mal à l'aise ? A cause de vos souvenirs ? Ou à cause d'autres choses ? Non, je dis ça simplement pour vous aider si jamais vous en recroisez un. "

    Je le soupçonnais de ne pas être humain, mais il était clair qu'il n'était pas un loup, ni un vampire. Pouvait-il être un semi-démon qui s'ignore ? Je ne savais pas vraiment, il n'en avait pas la tête, ni la méchanceté. Rebecca n'avait pas la tête d'un semi-démon vous me direz aussi. Je pourrais certainement récupéré un peu de son ADN par ici de toute façon.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Sam 3 Aoû - 19:58

En clair, j'étais mal : Makayla ne pouvait intercepter le courrier... j'avais téléphoné au patron du bar, évidemment, mais voyant le temps s'écouler, il avait fini par poster le courrier, la veille de mon appel.

* M*rd* ! *

Bon... sinon, elle écouta quasi religieusement ma confession, sans m'interrompre, ce dont je lui sus gré, me laissant le temps d'hésiter et de reprendre le fil de mes souvenirs. C'était pénible d'avouer une telle faiblesse à une femme, mais en plus à une femme de la PES ! Elle sourit, mais ce n'était pas pour se moquer de moi, enfin, je crois... plutôt pour regretter son impuissance à m'aider. Mes mains esquissèrent un geste de dénégation pour la mettre hors de cause. Je ne voulais pas la mettre mal à l'aise avec mes histoires. Je remplis de nouveau les tasses de ce Pekoe odorant et orangé, et le thé tourbillonna un instant dans la porcelaine blanche. On pouvait le voir en transparence si la lumière s'y prêtait. Je poussais l'assiette de petits gâteaux en direction de ma visiteuse inattendue, et Failthe nota le changement de position de sa cible, suivant avec une précision diabolique le trajet de la petite assiette.

* Quel coquin celui-là ! *

Et quel gourmand. Je souris à mon tour, content de la tenue du chiot. Il me faisait honneur, là. Franchement. La nana de la PES  reprit la parole :

" Mais dites moi Thomas. Pourquoi est ce que ça n'allait pas avec ce loup garou ? Pourquoi est ce que vous vous êtes senti mal à l'aise ? A cause de vos souvenirs ? Ou à cause d'autres choses ? Non, je dis ça simplement pour vous aider si jamais vous en recroisez un. "

Je me fis attentif à ses paroles, cherchant au fond de moi la réponse que je devais apporter... Finalement :

- J'avoue que je ne sais pas. J'ai peur des loups, depuis que je leur ai échappé durant les Années Sanglantes.

Je frémis, c'était comme si, redevenu cheval, mon muscle peaussier eut été capable d'agiter ma peau humaine le long de mon corps.

- Ca relève de l'instinct de survie. Je ne suis pas fait pour être para !

Je ris. Ce rire me permit une brève mais salutaire détente, car tous mes muscles se crispaient à la simple évocation d'une rencontre lupine.

- Vous savez... j'ai vu comment deviennent les gens qu'ils mordent. Et je ne veux pas devenir "ça". Je n'ai pas l'esprit d'un tueur sauvage et sans pitié.

Mon front se rida, puis se dérida, comme je songeais à ce que je pouvais dire pour que Makayla comprenne bien ma position.

- Ce n'est pas pour prendre la défense des vampires, hein...

Je regardais la jeune femme droit dans les yeux, pour m'assurer qu'elle comprendrait bien ce que je disais, et n'interprétait pas mal mes paroles à venir :

- Mais eux ne changent pas de forme. C'est moins effrayant. Et ils ne tuent pas systématiquement. Ils semblent posséder une sorte de... reste d'humanité qui peut les aider à ne pas sombrer dans la folie du sang.

C'était grave, ce que je disais, je le savais. Mais elle voulait des explications quant à ma réaction de terreur, je les lui donnais, simplement. Sans arrière pensée. Je piquais deux nouveaux scones : un pour Failthe, un pour moi. Je souris, avant d'ajouter :

- Sauf qu'ils sont morts et ne peuvent plus manger de scones ou de haggy. Je pourrais pas survivre à ça non plus.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Sam 3 Aoû - 23:21

    Je ne savais pas pourquoi il m'avait dit tout ça. Pourquoi moi ? Parce que je lui avais fait une forte impression la première fois ? Je ne sais pas, peut être, je ne saurais le dire. En tout cas, je l'avais laissé terminer son récit et dès qu'il avait fini, du moins, je le supposais, j'avais fait mon commentaire puis j'avais posé mes questions. Il s'était donc découragé tout seul de venir à la PES, et c'était tant mieux. Du coup, je ne sais pas si je sortirais ma fumette, quoique, ce serait marrant de tester ça avec lui comme si nous fumions le calumet de la paix, comme si nous allions sceller notre amitié en quelques sortes. Mais pour le moment, ce n'était pas le cas, je veux dire, nous n'étions pas en train de fumer. Son thé en tout cas était très bon, il faudra qu'il me donne la recette que je m'en fasse à la maison. Je vidais rapidement ma tasse du coup moi aussi et il me resservit avant de faire de même pour lui. Il me tendit l'assiette de petit gâteau et j'en prenais un. Son jeune chien suivait l'assiette du regard, je m'attendais à ce qu'il saute dessus mais il restait dans son coin. Un chien bien éduqué de toute évidence. Je lui posais donc la question du pourquoi il avait autant peur des loups. Comme précédemment, je le laissais dire ce qu'il pensait du début à la fin. Il avait vu comment les gens qu'ils mordent deviennent sauvage, la transformation est terrifiante, quand la personne y survit évidemment. Cela me rappelait également des souvenirs que je détestais, des souvenirs qui m'avaient fait partir de Glasgow, pour me rendre à Livingston. Je continuais à lui sourire, attentive à ce qu'il me disait. Il ne savait pas trop pourquoi il avait peur des loups, mais les années sanglantes l'avaient marquées en profondeur, comme pour moi, alors que lui avait fuit loin de tout ce remue ménage, et que moi je m'y étais jeté la tête la première. Si sa dernière phrase était dites sur un ton comique pour les petits gâteaux, celle d'avant ne me paraissait pas forcément correcte. Les vampires et les loups, c'est un même combat. Quand ils sont décidés de tuer, ils le font de façon plus ou moins violente.

    " Je vois, vous avez été témoin de morsure de loups mais vous y avez échappé ? C'est quand même étonnant, non ? Pourquoi ne vous ont-ils pas attaqués à ce moment là ? C'est ce que j'ai du mal à comprendre depuis la dernière fois. En tout cas, je ne suis pas certaine que les vampires valent mieux que les loups. S'ils ont décidé de vous tuer ou de vous transformer, ils le font sans se poser de questions. Ce sont des êtres sanguinaires. Je ne dis pas que certains sont plus dociles que d'autres mais dans l'ensemble, ils sont mauvais, très mauvais. Votre thé en tout cas est vraiment très bon ! "

    Oui, je finissais ma tirade par un peu de légèreté, j'avais le droit non ? Je ne sais pas ce qu'il me répondrait à nouveau, mais je le laisserais dire. Pour moi, les vampires et les loups étaient dans le même panier de terreur. Dans un autre, un cran au dessus, il y avait 99% des semi-démons, à l'exception de Rebecca évidemment.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Dim 4 Aoû - 11:12

La réponse que me fit Makayla tombait sous le sens. Un membre de la PES n'allait tout de même pas avouer une différence entre les créatures surnaturelles qu'elle combattait probablement avec acharnement, accordant aux unes ce qu'elle déniait aux autres. Mais je me doutais de cela en prononçant mes paroles... Le fait que mon invitée terminée par une note amusante ne me leurra pas : j'avais intérêt à garder pour moi mes commentaires à la c**. La buche craqua dans le foyer fermé, envoyant valser une pluie d'étincelles qui s'écrasa contre les parois de fonte et de verre qui l'emprisonnaient. J'avais jeté un coup d'oeil à ce spectacle qui me fascinait toujours. Enfant, à l'orphelinat, il y a avait des poeles en fonte, mais la plupart étaient aveugles... je recherchais toujours ceux avec une lucarne pour observer le phénomène tournoyant de la chaleur et des flammes. En travaillant à la forge, plus tard, je pus observer cela tout mon saoul en ne m'en privais jamais, sauf que mon four au gaz était bien moins romantique... et plus efficace, avec ses flammes d'un bleu pur et brûlant. Je me demandais si elle appréciait mes gâteaux... Mak', mais n'osais lui poser la question...

- Vraiment ? c'est un mélange que je prends à l'épicerie du village. De l'Orange Pekoe.

Je souris, gêné... elle avait l'air de penser que c'était moi qui créait ce truc... Et puis, il y avait autre chose que je devais savoir... Les nuages dans le ciel continuaient leur course folle vers le sud, et semblaient rester bloqués quelque part. Du coup, ils s'amoncelaient au-dessus de nous, encore blancs et inoffensifs, moutonnant en hauteur, laissant passer le bleu sombre du ciel qui me faisait penser qu'il ne pleuvrait pas tout de suite.

- C'est sympa d'être passée en tout cas. Vous faisiez la route le long de la côte ?

C'était une balade courue et appréciée des motards, mais au fond de moi, je savais que Makayla était passée pour moi. Restait à savoir pourquoi... pour un petit interrogatoire à propos de mon CV et de mon courrier ? une sorte d'enquête de pré-embauche ? non... pas d'après ce qu'elle m'avait déjà livré. Alors, pourquoi ? Honnêtement, maintenant que j'étais désaoulé, ce n'était pas mon type de femme, même si elle était jolie. Trop piquante, trop... masculine à mon goût. Pas le genre à avoir besoin d'un homme pour la protéger. Pas le genre câline et douce, et encore moins une femme prête à devenir mère. Mais ce dernier point, j'étais prêt à l'oublier pour une compagnie féminine. Alors... pourquoi était-elle là ?
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Dim 4 Aoû - 14:04

    Il ne voulait donc pas m'en dire plus. Est ce parce que cela lui serait préjudiciable ? Ou parce qu'il avait peur de trop en dire ? Cela était sans doute un mix entre les deux, mais je m'efforcerais d'être convaincante pour qu'il crache le morceau. J'avais des doutes sur sa nature. Mais peut être qu'il n'était qu'un petit humain, vieux garçon et un peu paumé. Je n'aurais peut être pas du terminer par le fait que j'aimais bien son thé, et il aurait répondu à mes questions concernant le fait qu'il n'avait pas été mordu par les loups lors de l'attaque qu'il avait subit durant les années sanglantes avant qu'il ne parte loin d'ici. Il prenait donc son mélange de thé à l'épicerie du village, de l'orange Pekoe. Je ne connaissais pas, mais en repartant, sans doute que je m'y arrêterais pour en prendre un petit peu, ça ne me couterait pas grand chose sans doute. Bref, à ce niveau là, la conversation semblait bouchée, en fait, il semblerait que la conversation ne soit plus présente. Thomas d'ordinaire bavard ne semblait déjà plus rien avoir à me dire, et je ne m'y attendais pas. Il me dit que c'était sympathique d'être passée, me demandant si je faisais la route en moto et que le voyant je m'étais arrêtée. Mais non, j'étais bien venue spécialement le voir lui, et pas un autre. Le prétexte était le boulot, mais au fond, je voulais en savoir plus sur lui, vraiment plus, mais pas dans le sens qu'on pourrait le croire. J'avais un doute sur lui, sur ce qu'il était, humain ou pas ? Mon cerveau avait réfléchit à cela durant de longues heures, je le revoyais, je croyais qu'il s'était blessé à la main, mais en vérité, non. Du coup, ici, je trouverais plus facilement de son ADN, non ? Mais je ne pouvais décemment pas lui dire ça.

    " Oh oui, cette route est top pour faire de la moto mais j'étais venue vous voir spécialement à vrai dire. Je ne sais pas ce qu'il en est pour votre lettre mais je pense que vous n'avez pas le profil pour être agent quoiqu'il arrive. Enfin, si jamais vous le devenez, ce sera un plaisir de vous avoir comme collègue, mais je ne pense pas. J'ai une petite question pour vous. Est ce que vous fumez ? "

    Il penserait peut être que c'est une question piège pour savoir si oui ou non, il pourrait intégrer la PES, mais non, c'était une question purement personnelle, que je voulais savoir. J'avais sur moi, ce qu'il fallait pour mais s'il n'avait jamais fumé, et qu'il ne voulait pas tester, je ne sortirais rien. Sa tête serait cependant marrante à voir, je n'en doutais pas une seule seconde.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Dim 4 Aoû - 20:09

Au moins, elle avait été clair ! je ne correspondais pas au profil de la PES, et elle était venue... pour moi ! Eh bien... au-moins, j'étais fixé. Disons qu'en plus, la balade à moto s'était révélée sympa. Et ensuite, se fut le jeu des petites questions : est-ce que vous fumez ?

- Non... mais si vous voulez, je vous trouverai quelque chose pour vos cendres. On peut sortir, si vous voulez...

Manière polie de lui dire que... je voulais bien qu'elle fume, mais pas chez moi. Je n'arrivais pas à déterminer si elle posait la question à mon sujet ou si elle tâtait le terrain pour s'en griller une...

* Mais pourquoi elle est pas directe ?! je sais pas moi, du genre : "euh... j'peux fumer ?" *

Mais non... au lieu de ça, elle posait une question sur moi. Et bien... j'allais lui en poser une sur elle, après tout, ça pouvait devenir un jeu amusant :

- A moi. Voyons voir... Vous prenez votre pied en chassant la créature surnaturelle ?

Oui... j'étais certain que oui. Ca devait lui donner un sentiment de puissance, de supériorité, elle, petite humaine, avait à sa botte ces créatures mieux dotées par la nature que sa pauvre petite personne. Et moi, là-dedans ?

* Moi ? moi ?!!! je suis un Kelpie ! j'ai pris forme humaine pour quelques temps, ensuite, je redeviendrais cheval marin... *

Je n'avais aucun problème avec mon identité : elle était clairement établie par les contes et légendes celtes. J'étais admiré, craint, convoité, haïs suivant les gens qui lisaient mes aventures... jamais je ne laissais indifférent. Et jamais on ne me tuait. C'était ainsi. Cette certitude me donnait cet aplomb en temps qu'être humain que n'avait pas, par exemple, un lupin comme ce pauvre Alan, traqué par la PES, suivi et contrôlé comme une bête.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Dim 4 Aoû - 23:32

    Ce cher Thomas me faisait bien rire. J'avais été clair avec lui et à quelques parts, je le sentais soulagé de ne pas correspondre au profil d'un agent de la brigade PES. Mais après tout, les agents les plus atypiques sont parfois les meilleurs. Qui pourrait se douter qu'un maréchal ferrant est un agent ? Personnellement, je me méfie de tout le monde, mais c'est vrai qu'il ne paye pas de mine. Je lui demandais s'il fumait, mais il me répondit que non, puis il me posa une question à son tour. Il pensait que c'était un jeu. C'est pour cela que je ris à sa question. Bon, je ne sortirais pas ma vieille herbe de toute évidence. Je ne fumais que très rarement et s'il le faisait, je lui aurais fait partager l'expérience de cette vieille herbe qui était bien plus âgée que nous. Elle m'avait fait plâner véritablement la première fois, ainsi que la 2ème. Depuis, vu que le stock était très limité, je ne la sortais que pour les grandes occasions. Est ce qu'aujourd'hui été une grande occasion ? Je ne le dirais pas, mais je l'avais quand même sortie dans un but purement statistique. Pourtant, il s'était découragé de lui-même, alors ça ne servait plus à rien. Je ne voulais pas passer pour quelqu'un que je ne suis pas vraiment. Je n'avais pas pour but de jouer avec lui de cette façon, mais puisqu'il s'était lancé dans le jeu, j'allais le jouer.

    " Je ne fume pas vraiment, qu'en de très rares occasions, pas aujourd'hui, ne vous en faites pas, je ne vais pas embaumer votre salon. Sinon, oui, je serais sortie dehors. "

    Je ne faisais que répondre à sa première interrogation qui n'en était pas une, mais je tenais à enlever les éventuels doutes qu'il pourrait avoir à mon sujet. Puis, j'allais répondre de façon franche à sa question. Est ce que je prenais mon pied en chassant des créatures surnaturelles était une question particulièrement judicieuses. Je ne savais pas ce que je pouvais répondre exactement à vrai dire.

    " Oui et non, c'est au cas par cas. Certaines fois la chasse est longue et fatigante pour au final n'avoir presque rien. Mais d'autres fois, la chasse dure moins longtemps, elle se fait sur l'instant, l'adrénaline est là et je prends mon pied. Allez, une autre question pour vous. Si vous étiez une créature surnaturelle, vous seriez laquelle ? "

    La question n'était pas du tout innocente, je verrais bien ce qu'il me dirait mais j'avais hâte de savoir la réponse.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Lun 5 Aoû - 18:40

Le jeu des questions réponses se poursuivait... j'écoutais sa réponse avec attention, cherchant à savoir si elle me cachait quelque chose, mais non... une véritable chatte... elle chassait pour le plaisir et prenait son pied. Mak' n'avait pas répondu en cas de chasse longue et infructueuse, si elle se sentait dépitée, folle de rage ou amorphe après un échec.

- C'est la chasse : on ne sait jamais avec quoi on va revenir dans sa besace...

dis-je énigmatiquement. J'avais déjà vu des chasseurs, mais moi, la mort, je préférais l'éviter et ne pas la provoquer. Volontairement ou non. La vue du sang ne me faisait rien... mais la mort, cette histoire de passage dans l'autre monde, avec ou sans barque, un monde sombre où pouvaient rôder toutes ces saloperies de créatures surnaturelles, sans jamais s'arrêter de chasser les pauvres humains qui se trouvaient jetés sur le rivage de la mort... breuuhhhh !

- Personnellement, je n'aime pas la chasse, vous l'avez deviné. Je ne trouve rien d'excitant là-dedans.

Je disais vrai. La voir sous ce nouveau jour, moi qui ne l'avait fréquenté que fin saoul quelques jours auparavant. Elle me paraissait sympa, avenante, prête à m'aider... Je la découvrais sous le jour de la chasseuse. Cela ne m'attirait pas, mais je demeurais fasciner par ce qui pouvait la pousser à cela. Le pire, dans tout ça, était son attitude : elle semblait si... à son aise.

* Heureusement qu'il y a des gens comme elle pour nous débarrasser de ces salop*ries de vampires et autres lupins ! *

Je souris :

- Heureusement que vous êtes là. En tout cas, le lupin du parc, dès qu'il a vu la brigade, s'est calmé tout de suite. J'ignore ce que vous lui avez fait, mais ça marche super bien !

Visiblement, j'étais content. Je donnais un nouveau scone à Failthe qui le boulota tout rond, avec un joli bruit de déglutition. J'aimais mon petit chez moi. C'était minuscule, mais on s'y sentait bien. Mon regard accrocha une esquisse sur le mur, une reproduction d'une étude équestre de Vinci, sous verre mat, avec un cadre doré pour la mettre en valeur, comme si c'était nécessaire... La question que me posa Makayla me laissa un peu sans voix... qu'allais-je bien pouvoir répondre à ça...

- Et bien... franchement... les vampires deviennent des chauve-souris ou des rats, c'est pas attirant !

(rires ! je reculais dans mon fauteuil en réfléchissant)

- Honnêtement, le loup, au moins... ça ressemble à un chien, mais j'en ai une trouille bleue.

On pouvait voir que je faisais le tour de la question... réfléchissant aux avantages et aux inconvénients de chaque changement de nature, sans parvenir à une réponse satisfaisante selon mon jugement.

- Sinon... j'aimerais bien apparaître et disparaître, vous savez, comme dans les films... comme l'homme invisible, vous voyez ? ou ce vieux film français ou un homme pouvait traverser les murs pour se cacher, se mettre à l'abri...

Je souris d'une oreille à l'autre :

- OUI ! c'est ça : pouvoir échapper à tout danger par une fuite imparable.

Je me penchais à demi au-dessus de la table pour poser ma nouvelle question :

- A moi !

Qu'allais-je donc poser cette fois, comme question concernant cette nana ?

- Vous avez déjà aimé quelqu'un ? ou vous ne vivez que dans la haine ?

Parce que, franchement, poursuivre comme ça les plus faibles de ces créatures surnaturelles -nul doute que les puissantes s'échappaient !-, avait quelque chose de malsain, au fond. Pourquoi ne pas chercher à vivre ensemble, sans chercher à se décimer les uns les autres ? Après tout, nous partagions la même terre, non ?
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Lun 5 Aoû - 23:17


    Oui, quand vous partez sur une piste, autrement dit à la chasse au semi-démon principalement, vous ne savez pas sur quoi vous allez tomber. Vous espérez tombé sur le gros lot mais parfois ce n'est rien, parfois c'est entraînant, vous ne savez plus où donner de la tête. Thomas me dit qu'il n'aimait pas la chasse pourtant il semblait s'y connaître un petit peu, paradoxal peut être mais ça lui ressemblait bien. Il ne trouvait rien d'excitant dans la chasse, mais moi non plus à vrai dire, enfin c'était particulier. Pour moi, je ne partais pas à la chasse, simplement à la pèche ce qui est différent. Il me disait que le loup qui avait croisé la brigade avait mis la queue entre les jambes en guise de respect mais c'était normal.

    " Je ne pars pas forcément en chasse vous savez. Je veux dire, quand nous essayons de trouver un suspect pour l'interroger, ce n'est pas forcément une chasse que nous faisons. Notre but n'est pas d'éradiquer les créatures surnaturelles, mais simplement de les tenir en respect pour que la paix continue. "

    Puis je lui demandais simplement quelle créature surnaturelle il voudrait être. Il cita toutes les créatures existantes, pesant à chaque fois le pour et le contre de chacune. Et apparemment, il opta pour devenir un semi-démon. Quoique, est ce que les semi-démons pouvaient avoir cette capacité si spéciale ? Je m'y connaissais assez pour savoir que leurs capacités extraordinaires ne se manifestaient pas dans tout les domaines, et que certains domaines sont plus instables que d'autres. Les illusions, la pyromanie, la nécromancie, la météorologie étaient des domaines qu'ils pouvaient avoir. Mais bon, je ne notais pas, si Thomas était de ces créatures là, il ne pouvait pas être une créature existante. Après tout, il devait être un simple humain proche de la nature et des chevaux, pourquoi chercher plus loin ? En tout cas, je ne sais pas pourquoi mais nos questions semblaient être vraiment intéressée. Est ce que je pouvais tout lui dire ? Il me demanda alors si j'avais déjà aimé quelqu'un ou si je ne vivais que dans la haine. Je voyais en cela tout les préjugés qu'il pouvait avoir sur les gens appartenant à la PES. Je ne savais pas comment lui répondre vraiment.

    " J'ai un coeur Thomas, un coeur qui a aimé, et qui a été brisé. Je ne vis pas dans la haine, et je ne vivrais jamais dans la haine. Je ne suis pas belliqueuse, je suis une jeune femme qui a les mêmes besoins que les autres ... "

    J'aurais pu lui en dire tellement plus mais je ne voulais pas qu'il puisse mal interprété mes propos. Je ne suis pas une machine, je suis une petite humaine qui est comme tout le monde, qui a ces faiblesses, et ces qualités. Du coup, même si je lui avais fait un petit sourire, je n'avais plus envie de jouer à ce jeu des questions. Cela avait pu être drôle, mais là, ça ne m'amusait plus. Je prenais un de ces petits gâteaux que je mangeais comme ça, tranquillement sans lui poser de questions en retour.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Mar 6 Aoû - 19:56

(...) Notre but n'est pas d'éradiquer les créatures surnaturelles, mais simplement de les tenir en respect pour que la paix continue.

J'opinais du chef, je comprenais... et cela me rassura : non, Makayla n'était pas une créature assoiffée de sang et abreuvée de haine primaire. Cela se vit peut-être dans mon regard soulagé. Autrement, ça aurait été inquiétant, non ? en plus, là, chez moi... Dieu seul savait ce qu'elle cherchait exactement ici... Mes pupilles accrochèrent une représentation fantasmagorique du Kelpie plongeant dans les eaux écumantes d'une mer démontée. Il était blanc, et ses sabots prenaient forme de nageoire, ses yeux devenaient comme ceux d'un requin, glauque, inquiétant, et l'on devinait sa force, toute les légendes que l'on contait sur lui. De son côté, la jeune femme avait semblé réfléchir un bon moment aussi à ma question... mais répondit d'une manière qui calma mes alarmes à son encontre, allant jusqu'à terminer par un :

(...) je suis une jeune femme qui a les mêmes besoins que les autres ...

qui me sembla plus tenir de l'auto hypnose pour se convaincre elle-même que d'une réelle affirmation. Cependant, je pouvais comprendre qu'appartenir à la PES pouvait conduire à ce genre de doute. En tout cas, elle était là pour me protéger de ceux qui auraient voulu mon sang, sous une forme ou sous une autre, et cela me suffisait amplement. Mak' ponctua même le tout d'un sourire qui se voulait sans doute engageant. En tout cas, elle ne posa pas de nouvelle question : cela impliquait-il que le "jeu" était fini ? Je ne relevais pas. Mais du coup, sa réaction me prit de court : voulait-elle que je lui parle comme à une femme normale ou juste mettre un terme aux questions réponses ? Ne sachant qu'en penser, j'optais pour un changement total de conversation :

- Ca vous dirait une balade à cheval ? j'en garde deux, là, à côté. Ils ne sont pas à moi, mais à des voisins, mais je peux les prendre quand je veux.

Je la regardais droit dans les yeux, peut-être qu'elle ne voudrait qu'aller les voir... ou même rien du tout.

- Alors ?

C'est fou comme les chiens pressentent toute chose : Failthe se leva d'un bond et fila à la porte, des fois qu'on le laisse à la maison... Je souris largement à sa réaction en attendant celle de ma visiteuse.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Mer 7 Aoû - 17:00


    Je le sentais, j'avais plombé l'ambiance mais après tout ce n'était pas si grave que ça. Ce n'était que Thomas, autrement dit, pas grand chose pour moi, même si je l'appréciais bien. Je n'étais pas une machine à tuer, loin de là. Je m'y étais un peu habituée, il faut dire ce qu'il en est, j'ai vu tellement de massacre, j'ai vécu tellement de choses horribles que je ne peux pas être aussi sensible qu'une jeune femme en fleur. D'ailleurs j'ai passé la trentaine, je ne suis plus une jeune femme en fleur, loin de là, mais je ne suis pas encore une rosé fanée. Bref, je lui avais dit le fond de ma pensée sans relancer de questions peut être parce que justement ces questions étaient un petit peu trop personnelles pour moi, et je n'avais pas envie de me dévoiler davantage à un inconnu finalement. Bien que je l'ai vu sous toutes les coutures quand il était bien bourré, je ne préférais pas lui dire trop de choses sur moi. La seule qui en savait vraiment était Rebecca, mais bon, nous nous connaissions depuis 10 ans pratiquement ce n'était pas pareil. Je connaissais Thomas depuis quelques semaines et encore, c'était la deuxième fois que nous nous croisions. Je ne pouvais résolument pas m'ouvrir à lui comme un livre ouvert. D'ailleurs, j'étais loin de savoir tout de lui, alors pourquoi devrais-je lui en dire de trop sur moi ? Du coup, il l'a bien compris et il changea de sujet presque aussitôt. Il me proposait une balade à cheval. Je n'en avais jamais monté, donc ce serait difficile, non ?

    " Euh, je n'ai jamais monté de cheval, donc ça va être difficile. Mais on peut se promener à pied si ça vous dit. "

    Le chien de Thomas en entendant le mot balade s'était immédiatement précipité dehors comme s'il avait peur qu'on l'oublie. Je sais qu'il aime bien les chevaux, mais je n'avais pas envie là, de monter sur un animal de ce genre. Je lui faisais un petit sourire, mangeant ensuite un dernier petit gateau pour finir mon thé.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Mer 7 Aoû - 20:40

- Euh... oui, bien sûr !

* Quel idiot ! *

En lui proposant une balade à cheval, je l'avais mise en difficulté. Tu parles d'un balourd ! c'est comme si elle me proposait d'aller chasser le vampire ce soir, avec un flingue ! Toutes proportions gardées, c'était le même type de proposition stupide. Mon naturel me rendait parfois excentrique, quand ce n'était pas tout à fait étrange aux yeux des gens. Mais ceux du village, ou mes clients, me connaissaient comme ça et m'acceptaient comme tels, surtout que je participais à toutes les fêtes, comme il se doit pour un bon Ecossais. Je me levais, sans un regard pour le plateau et les tasse de thé, je nettoierai en rentrant. Là, tout de suite, on allait se promener. Sitôt la porte entre ouverte, Failthe ficha le camp en jappant de bonheur et en bondissant de partout pour nous faire hâter le pas. Je souris en refermant la porte après Makayla, marchais quelques pas sur la droite en sa compagnie, puis, désigant deux directions, lui demandais :

- Alors ? Mer ou campagne ?

Une forte bourrasque de vent fit s'envoler nos cheveux... Pas sûr que la balade soit une bonne idée, mais la mer devait être belle, toute crêtée d'écume, et se lançant à l'assaut de la plage de sable gris, le vent du large balayant les herbes sèches des petites dunes protégeant ma maison. En tout cas, quand une voiture passait sur la route, on ne l'entendait pas, mais on devinait le bruit du ressac, et le sel venait nous gratter la peau, tandis que l'iode nous titillait les narines. Quand le vent soufflait comme ça, du nord, les mouettes se laissaient porter par lui et elles riaient à ce jeu providentiel. En levant les yeux, je vis leur ballet et me dis que voler, ça devait etre pas mal... mais j'aurai probablement le mal de l'air, comme en avion... Quand Makayla opta pour la direction, nous avons notre petit tour? J'étais curieux de savoir quel genre de questions elle me poserait encore, car c'était le genre de fille à ne pas s'arreter comme ça. D'ailleurs, elle était probablement venue pour ça, pour une sorte d'enquete de la PES sur moi, même si elle le niait.

Nos chaussures s'enfonçaient dans le sable du chemin tracé entre les joncs. J'élevais la vois pour me faire entendre et dit en riant :

- A ce rythme là, mon linge sera sec en rentrant !

C'était curieux, ce petit moment d'intimité que Maka avait partagé avec moi, lorsque j'avais sorti mon linge de la machine. Rien de plus intime que ça... même si elle n'avait pas vu mon linge !
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Ven 9 Aoû - 2:29

    Il me proposait donc de me promener à cheval mais je ne savais pas vraiment faire. En fait, je n'avais jamais monter à cheval, comment voulait-il que nous faisions une promenade comme si de rien n'était ? Je le lui avais donc clairement signifier que je ne savais pas faire, mais s'il voulait se promener, à pied ce serait aussi bien, non ? Oui, pour moi ce serait mieux car je me sentais presque oppressée dans ce petit salon. Ce n'était pas sa faute loin de là même mais voilà, j'étais venue ici pour m'amuser un peu, par pour me confier à quelqu'un qui devenait de moins en moins un inconnu au fil du temps, même si la dernière fois, il était un peu bourré, si j'étais venue à pied jusqu'ici, autrement dit pour plusieurs heures, nul doute que nous aurions pu parler de beaucoup de choses, de trop de choses même je dirais. Enfin, sans doute qu'il ne se serait pas souvenu de la moitié des choses que je racontais, à moins qu'il n'était pas tellement saoule. Enfin si, il l'était vraiment, ça se voyait et ça se sentait aussi, il était mieux qu'il rentre jusqu'ici en taxi. De toute façon, ces collègues avaient fait le reste pour que tout rentre dans l'ordre, heureusement qu'il avait toute une petite communauté avec lui. Le chien était à la porte, Thomas se leva laissant donc tout en plan. Je ne disais rien, je me levais aussi pour que nous puissions nous promener le plus tranquillement possible, évidemment. Une fois dehors, il me demanda si je préférais la mer ou la montagne.

    " Et bien disons côté mer. "

    Je lui faisais un petit sourire alors qu'une mèche de cheveux me venait sur le visage. Il y avait du vent, la balade n'était pas l'idéal mais n'étais-ce pas lui qui avait proposé cela ? Si alors nous n'allions pas rentrer tout de suite à l'intérieur, c'est moi qui vous le dit. Une fois la direction choisie, nous commencions à marcher de façon silencieuse ou presque le vent sifflant dans nos oreilles. Il me dit alors que son linge serait rapidement sec à ce rythme là et il avait probablement raison.

    " Oui, j'espère seulement qu'il est solidement accroché au fil. "

    Oui, parce que sinon, son linge s'envolerait et avec le vent, il ne le retrouverait peut être même jamais mais c'était ainsi, n'est ce pas ? Je ne disais rien d'autres, comme si je n'avais plus envie de parler. Je voulais peut être simplement profiter de ce petit moment pour ne penser à rien. Je ne sais pas ce que nous étions en train de faire tout les deux. Étais-je seulement venue ici pour le décourager de rentrer à la brigade ? C'est ce que je me persuadais, mais au fond, je le savais, je voulais avoir la preuve qu'il n'était pas humain, à moins que ça ne soit autre chose et que je me voilais complètement la face ...
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Ven 9 Aoû - 13:18

Nous marchions comme ça, en silence, dans le vent. Cà pouvait donner l'impression de voler. Autour de nous, le sable volait dans nos jambes -protégées par nos pantalons-, nous entendions ces minuscules grains les heurter et les herbes sèches bruisser. Tout à coup, un grand pan de ciel bleu apparu, faisant ressortir le vol des mouettes. Je souris largement, le vent sifflant aux oreilles :

- Vous vous souvenez, tout à l'heure ? vous me demandiez en quoi j'aimerais me transformer...

Je la regardais en m'arrêtant pour lui faire face :

- Là, tout de suite, en mouette. Pour jouer avec le vent. Mais en fait, je n'aimerais pas ça, car ces oiseaux ne voyagent jamais et mangent des ordures.

Je ris et repris la marche, lentement. C'était une balade, pas un trek. J'avais l'air songeur... et ajoutais, en élevant un peu la voix pour que la jeune femme m'entende :

- Vous n'aimeriez pas être un oiseau ? j'ai oublié de vous demander, tout à l'heure, si vous, vous aimeriez vous transformer en bestiole. Alors ? et si oui... en quoi ?

Là, j'étais curieux de savoir, à peu près certain que ce serait un animal de chasse, pas un animal de fuite. Si elle choisissait le chat, je lui prêterais sans doute de la cruauté et du jeu, une certaine indifférence. Si c'était un chien, de la loyauté et de l'amour débordant... En parlant de chien, le mien revenait vers nous en dévalant une petite dune, passant à travers les herbes sèches. Il avait l'air tellement heureux, tous ses poils gris fer au vent, et les oreilles flottantes. Tout de même... que venais faire Maka ici ? poser la question directement, je m'y refusais encore...

- Vous habitez en ville ?

Après tout, elle ne cherchait peut-être qu'un bol d'air vivifiant et une compagnie pour tuer l'après-midi, et que tout membre de la PES qu'elle était, Makayla n'était pas forcément poussé par un intérêt professionnel à chaque action. Nous avons débouché sur la plage, grise, en plein vent et le souffle du large nous arrêta un instant. C'était immense, puissant, attirant et inquiétant, tout à la fois. Un endroit qui pouvait nous engloutir en un instant sans que nous ne puissions rien faire, faibles créatures... La terre demeurait derrière nous, et ne pourrait rien faire en cas de fureur de la mer grise et surmontée de crêtes fluorescentes.

- Marcher là, dans le sable, face à la mer, c'est enivrant, n'est-ce-pas ? ça nous fait prendre conscience de ce qu'on est vraiment.

Pas comme en ville où un certain sentiment de puissance nous mettait à l'abri de la nature, de sa force, et révélait crument à chacun ses forces et ses faiblesses, sans diplomatie aucune. Parvenus en limite de zone humide du sable, nous nous sommes arrêtés. Les embruns nous parvenaient et déposaient sur nos lèvres et notre peau, une pellicule salée qui, tout à l'heure, nous gratterait. J'aimais le goût du sel sur mes lèvres, et le souvenir de ma première transformation surgit, les jambes du cheval noir dans l'eau, qui grattait, ravi, l'onde qui l'avait vu naître, en s'ébrouant avec bonheur. Je secouais la tête, visiblement ravi d'être là, humant avec délice ce dont de l'océan : la liberté sans fin, de danger sans fond, le mouvement perpétuel de la vie et de la mort.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Dim 11 Aoû - 10:07

    Nous prenions donc la direction de la mer et sa plage de sable fin. La vie semblait tout d'un coup devenue plus simple, plus légère aussi, mais ça ce n'était qu'une fausse impression. Le vent avec quelques bourrasques faisait voltiger le vent, mais heureusement pas jusqu'à nos visages. Le ciel était chargé dans son ensemble, peut être qu'il y aurait de la pluie, ou pas, je ne savais même pas mais ça ne me dérangerait même pas de me promener sous la pluie au pire. Il y avait des mouettes dans le ciel, tout allait bien, puis il rompit ce silence qui me faisait tant de bien. Il me dit qu'il aurait aimé se transformer en mouette, juste pour l'aspect voler dans le ciel car il n'aime pas ce que ces oiseaux peuvent manger. D'accord, mais ça ne m'avançait pas tellement à vrai dire. Il rit puis il reprit sa marche. Une mouette, ce n'était pas forcément très beau mais que voulez-vous, si c'était son trip du moment pourquoi pas. Il me retourna finalement la question. Franchement, je ne sais pas en quoi je voudrais me transformer, cela dépendrait des moments, mais un moment comme celui-ci, je voudrais juste me promener et rien d'autres.

    " Je ne sais pas trop, je crois que cela dépendrait des moments en fait. Quand je suis dans des moments calmes comme maintenant, une marmotte ce serait sans doute drôle, ou un castor voyez-vous ... "

    Oui, des animaux qui ne sont pas forcément très connus, pas pour leur agressivité. Il serait sans doute étonné de me voir dire ça mais après tout ça m'était égal. Son chien était en tout cas marrant, mais il était jeune, plein de fougue alors c'était normal qu'il s'amuse de la sorte puis il me demanda si j'habitais en ville.

    " Je suis sur Livingston à vrai dire, à mi-chemin entre Glasgow et Édimbourg à peu près comme je suis souvent en train de me déplacer entre les deux villes, j'ai trouvé un compromis. "

    C'était une des raisons pour lesquelles j'étais sur Livingston mais ce n'était pas tout, enfin il n'aurait que cette version là qui était vrai mais qui n'était pas tout à fait complète. Nous arrivions donc sur la plage après quelques minutes, le vent était un peu plus fort, le sable encore plus tourbillonnant. Puis il prononça une phrase quasi philosophique. Je ne savais pas quoi lui répondre.

    " Je ne sais pas, c'est possible, je n'ai pas l'habitude, mais il est sur que nous ne sommes rien face aux éléments de la nature. "

    Oui, s'il y avait un raz de marée par exemple, nous n'étions que des brindilles, rien de plus, n'est ce pas ? Est ce que c'était ce qu'il voulait me dire ? Je ne sais pas, en tout cas, c'est ce que je pouvais comprendre, ce dont je prenais conscience face à la mer et à son reflux permanent sur la plage. Nous continuions de marcher pour le moment, et ça me faisait du bien jusqu'à ce que nous nous arrêtions devant la mer. Je décidais alors de m'asseoir quelque peu dans le sable pour contempler un spectacle que je ne prenais jamais le temps de regarder.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Dim 11 Aoû - 16:39

Le coup de la marmotte et du castor, franchement, je ne m'y attendais pas... de gros rats ? quelle vie pouvaient ils avoir ? et quel trip en tirer ? aucun... la vie dans des terriers ou de la flotte, à ronger du bois... Je regardais la jeune femme avec curiosité : honnêtement, je ne l'avais pas imaginée ainsi. Pourquoi pas une taupe, aussi ?!!! mais cela me donnait une idée de son caractère : elle fouillait sans en avoir l'air... quoi de plus mignon qu'une marmotte ou un castor ? mais vus les dégâts qu'ils pouvaient occasionner... et les merveilles architecturales... ouais... Maka cachait bien son jeu, sauf que je l'avais découverte ! Elle, la jeune fille en fleur, qui venait me rendre visite innocemment... pourquoi venait-elle en réalité ? que cherchait-elle ?

* LE KELPIE !!!! *

La réalité m'explosa littéralement à la figure et je me mis à hurler contre le vent en étendant les bras comme un oiseau ! comment avais-je pu être aussi bête !?! Je m'étais laissé berné tout ce temps, pensant qu'une jolie jeune femme s'intéressait à moi, sans se l'avouer, ou que c'était à tout le moins pour un entretien d'embauche, une enquête...

* Satanée femelle ! *

Je m'en voulais, je m'en voulaiiiiiiiis... Combien elle en avait gaulé comme ça ? avait-elle ma bride faite d'écorce de bouleau ? prête à me la passer pour faire de moi son esclave ? Je ris de ma stupidité, à en hoqueter, avant de me tourner vers ma visiteuse :

- Bon, d'accord...

Un moment de silence... mon visage avait l'air de celui d'un ascète proche de la révélation divine finale, mes yeux parurent délavés.

- ... les mouettes crient pas comme ça... je vais devoir faire de sacrés progrès.

Je sautais le plus haut possible, peut-être à cinquante ou soixante centimètres de sable en battant des bras comme pour m'envoler. A croire que j'étais devenu fou ?...

- Si j'étais une mouette, j'échapperais sans doute au ras de marée. Finis-je par lâcher. Mais n'empêche que tu as raison sur un point : la Nature sera toujours plus forte que les humains. Et à force de la titiller... on se la prendra sur la figure.

Sauf que moi, j'étais un Kelpie, et qu'à ce titre, je pourrais m'enfoncer dans les profondeurs océanes, bien à l'abri.

- Sans rire, cette fois. Sérieusement, quoi. Vous adhéreriez à des organisations contre la vivicection ou comme Green Peace ? Moi... quand j'étais en France, j'ai fauché des OGM, pendant les Années Sanglantes. J'avoue que j'ai pris mon pied à faire un truc illégal, où je risquais de me faire embarquer par la gendarmerie, tirer le portrait avec ma taille en mur de fond, et des heures d'interrogatoire. Et vous savez pourquoi ? parce que je croyais à ce que je faisais.

Mon regard, jusque là plongé dans le passé, visiblement, revint brutalement au présent.

- Qu'en pensez-vous ?... vraiment.

Du fait que j'ai osé braver les lois ? ou était-ce une demande indirecte sur ce qu'elle faisait très légalement, en chassant des gens différents d'elle ? Bon, d'accord, j'étais un trouillard, et sur ce coup là, j'étais bien content que la PES se charge de notre sécurité et du maintient de cette paix de papier.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Lun 12 Aoû - 22:14

    Je savais qu'il serait étonné de me voir en castor ou en marmotte, mais comment allait-il interprété cela ? Non, parce qu'il faut bien se le dire, chacun de nos propos était analysé, on se demandait ce que l'un ou l'autre voulait dire. Je me demandais ce qu'il s'était imaginé avec ces animaux mais il était assurément surpris de ces réponses là. J'étais assise dans le sable, j'étais bien là. Je le regardais alors faire le fou. Il s'était mis à hurler comme un fou, écartant les bras comme s'il allait s'envoler. Je m'imaginais déjà le voir en train de se transformer en mouette. Je rigolais lorsque je le vis faire ça, puis il se mit à rire lui aussi. Puis ce qu'il me dit me fit encore plus rire. Les mouettes ne crient pas comme ça apparemment, il ne savait pas les imiter. Puis, il se mit à sauter en l'air et à battre des bras. Dans mon esprit, je le voyais se changer en mouette, mais vraiment, alors qu'il n'en fut rien, ce ne devait pas être son animal de changement. Enfin, s'il savait se changer en animal évidemment. Qu'est ce qu'il voulait me faire comprendre en jouant ainsi avec son corps ? C'était une réponse au fait que je veuille me transformer en marmotte ou en castor ? J'en doutais pourtant, mais ce devait être sa manière à lui de se défouler, d'extérioriser les choses. Je le laissais dire ce qu'il avait à dire, il semblait bien partie pour dire tout un tas de choses. Je restais assise, je me disais que peut être il se poserait à mes côtés. Il me parla alors des OGM qu'il avait pu déraciner en France, qu'il avait aimé à faire ce qui est illégal et tout. Qu'est ce qu'il voulait me faire dire ? Je restais pourtant sur sa dernière phrase : " je croyais à ce que je faisais. " C'est ça le plus important.

    " Ce que je pense, c'est que c'est important de croire en ce qu'on fait, sinon, notre vie n'a aucun sens. Si vous pensiez faire du bien en arrachant ces OGM alors c'est qu'à quelques parts vous le faisiez. C'est comme moi. J'ai combattu durant les années sanglantes, je croyais fermement en ce que je faisais même si la loi n'était pas toujours de mon côté. Du coup, j'ai intégré la PES, pour faire ce que je crois être bon, et en plus de cela, avoir la loi de mon côté. En tout cas, je trouve que vous faites parfaitement bien la mouette, j'ai presque cru que vous alliez vous transformer en cet oiseau pour partir dans les airs. "

    Et je faisais un petit sourire pour appuyer mes propos. J'avais été parfaitement sincère avec lui, comme si finalement, je n'avais pas peur de lui dire la vérité.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Mar 13 Aoû - 16:15

Je la rejoignis sur le sable, en m'asseyant en tailleur, moitié tourné vers elle, moitié tourné vers la mer qui venait lécher le littoral. M'asseoir me fit du bien, me soulagea, même, parce que cette position nous mettait au niveau de l'eau, nous rapprochait de la terre, et montrait une certaine confiance entre nous et envers la Nature autour de nous, d'insouciance... Je fermais les yeux brièvement, inspirant profondément, emplissant mon ventre, mes poumons d'air vif et salin. Le sel... symbole de vie et de mort... de vie pour les hommes, de mort pour les champs... il cuisait ce qu'il touchait, relevait les plats, représentait la pureté dans les rites. Indispensable sel... Ici, l'atmosphère s'en trouvait saturée. Je me demandais s'il en restait dans nos poumons, après... mais c'était une question intérieure et idiote... quoi que... peut-être qu'il nous purifiait... ou nous rongeait... ou nous donnait bon goût si ce soir, nous étions croqué par un loup garou ou un vampire... J'avais de ces idées des fois... Je rouvris les yeux. Tout s'était passé très vite.

En tout cas, elle avait ri à mon imitation d'oiseau blanc et criard... on dit que c'est une bonne chose quand une fille se met à rire de vos simagrées... je repris (bêtement ?) confiance en elle, en moi, dans les choses de la vie, les rencontres... non que je fus changeant, mais j'avais bon fond, et une sacrée insouciance, aussi. Sa franchise finit de me rassurer. Une fois en confiance, je pouvais beaucoup, énormément... mais dans la crainte, je devenais dangereux, imprévisible, mortel, même. Ce n'était que pour me défendre, car je n'avais pas une once d'agressivité, sauf en présence d'une femelle, bien entendu... Finalement, je ressemblais beaucoup à un cheval, que je le veuille, ou non... Je la regardais en tentant de savoir si elle se moquait de moi ou si elle pensait réellement que j'imitais très bien les mouettes... et pris le parti d'en rire. Je partis donc d'un énorme éclat de rire, qui naquit dans mon ventre, remonta en secouant tout mon corps, avant d'exploser, plus fort que les vagues sur un rocher, allant même jusqu'à me cacher les yeux d'une main qui s'appuyait sur le front, et ces spasmes n'étaient pas prêts de s'arrêter, durant deux ou trois minutes, peut-être. J'arrivais péniblement à hoqueter :

- Vous êtes sérieuse ?

et tentant d'imiter encore la mouette criarde entre deux éclats, les larmes me montaient aux yeux. C'était vraiment le bon gros fou rire de derrière les fagots... plus naturel que ça, tu meures ! Pourtant, je n'oubliais pas la menace que pouvait représenter son côté "PES" pour ma vie et ma tranquilité, bien déterminé à ne plus l'oublier, et un cheval n'oublie jamais.

hrpg : désolé, c'est court, mais j'ai besoin de connaître ta réaction avant de poursuivre...

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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   Mar 13 Aoû - 23:20


    Cette rencontre était presque aussi étrange que la première dans le Celtic Pub, mais finalement, je commençais au fond de moi à bien l'apprécier ce Thomas. Il était un vrai fanfaron, il me faisait oublier le poids de la vie qui était sur mes épaules. Il avait fini par s'asseoir à côté de moi, fermant les yeux. Je ne sais pas à quoi il pouvait bien penser, mais il semblait être très tranquille. C'était un grand enfant qui savait s'assumer depuis un petit moment mais n'est ce pas le plus merveilleux ? Savoir agir en adulte tout en gardant son âme d'enfant était quelques choses que j'avais perdu quelques parts durant les années sanglantes. Il faudrait qu'il m'apprenne à agir de la sorte parce que je ne savais plus vraiment le faire. Quoique, peut être qu'il me faudrait essayé d'imiter la mouette, peut être que je serais crédible moi aussi, non ? Puis, il s'était mis à rire, à éclater de rire même et c'était très communicatif. Je me mettais aussi à rire parce que je le voyais rire, je visualisais ce que je venais dire, ça pouvait être débile, mais après tout, s'il est possible que des personnes se transforment en loup, pourquoi pas en un autre animal comme une mouette ? Oui, je sais, ce n'était pas possible, enfin, vous allez me dire, après tout ce que nous avons pu vivre, plus rien ne pourrait m'étonner alors que nous étions en train de rire à gorge déployée. Il me demandait si j'étais sérieuse.

    " Bah oui, sinon, je ne l'aurais pas dit, vous êtes une superbe mouette Thomas ! Essayez de vous envolez, je suis sur que vous pouvez y arriver ! "

    Je me levais et j'essayais d'imiter la mouette à mon tour, enfin sans le petit cri que je n'arrivais pas à faire, mais je battais des bras et je sautais en l'air comme si j'allais m'envoler. Mais je ne sais pas ce qu'il y avait sous mon pied droit, mais je glissais sur quelques choses, et alors que je faisais la folle comme Thomas, je me retrouvais les fesses par terre mais pas de façon volontaire et je riais de plus belle.
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MessageSujet: Re: En souvenir du bon vieux temps [Livre II - Terminé]   

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