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Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Jeu 18 Juil - 19:02

    Le temps passe tellement vite, c'est fou mais déjà Rebecca devait partir, reprendre à nouveau son envol après moult péripéties. Je n'en avais connu qu'une seule vraiment avec celle du concert, mais j'avais cru comprendre, voir des choses qui allaient au delà de tout cela. Néanmoins, il y avait une chose qui me rassurait. Elle était avec Camille, du moins, s'ils n'étaient pas forcément officiellement ensemble, il était là pour la protéger même si cela lui coûtait. Elle avait pour ainsi dire, deux bouées de sauvetage : celle du petit ami, et celle de la meilleure amie. La mission qui l'attendait ne serait pas de tout repos, elle serait longue et périlleuse, à n'en pas douter, mais je croyais fortement en elle, en son potentiel, jamais elle ne deviendrait comme Maryana, du moins, je l'espérais. Cette nouvelle collocation était en tout cas passé à la vitesse de la lumière. J'avais cette impression que hier encore, elle était ma meilleure amie, cette petite humaine qui ne demandait rien à personne ou presque. Mais aujourd'hui, elle était officiellement ennemie de la nation, même si peu de personne était au courant de sa véritable nature. Camille l'avait-il appris ? Savait-elle pour lui ? Nous avions sérieusement évitée le sujet jusqu'à présent et je ne sais pas du tout si nous l'aborderions ce soir. Pourquoi ? Et bien simplement car je ne voulais pas gâcher cette dernière soirée, avant peut être un petit moment. Elle avait réussi à dégoter un job apparemment, du coup, elle serait sans doute peu disponible même si jamais on ne travaille pour ne plus avoir de vie. Même si je me devais d'être disponible à tout moment, je ne faisais pas mon job 24h/24 non plus, il ne faut pas rêver. Qu'est ce que nous allions faire ce soir alors ? Il y avait des cartons dans l'appartement, pas tellement finalement au vue de ce qui représentait la vie de mon amie, mais dans notre ancienne appartement, il y avait encore pas mal de meuble. Je n'avais jamais eu le courage de tout débarrasser. J'ai garder cet appartement, comme ça, sans vraiment savoir pourquoi, car je n'y mets jamais les pieds, mais bizarrement, je ne me suis jamais résolue à l'abandonner complètement, comme si un jour j'arriverais à faire le deuil de celui-ci. Personne ne savait vraiment ce qui s'était passé là-bas, mais je n'avais pas envie de le raconter non plus, c'était comme ça. Il y a des choses que vous gardez pour votre jardin secret, même pour votre meilleure amie. Mais si ce soir, elle me demandait, je lui dirais. Si elle n'abordait pas le sujet, je ne dirais rien à ce propos. Je revenais donc du travail, les cartons étaient tous dans une pièce de l'appartement, près à être embarqué dans un fourgon dès le lendemain. Elle avait fait les choses bien, tout avait déjà une place prédéfinie. Bref, elle ne semblait pas être encore là. J'en profitais donc pour prendre une douche attendant son arrivée.
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Ven 26 Juil - 11:49




Ce n'est qu'un au revoir...


​Et voilà, c'était notre dernière soirée ensemble. Je n'avais pas été très disponible depuis que Makayla m'avait laissée venir m'installer chez elle. Bon, cela n'avait duré que deux semaines et j'avais en plus passé pas mal de mes nuits chez Camille, alors je me sentais un peu coupable. Bien sûr, je savais que Mak comprenait mon besoin de retrouver un peu d'indépendance et de liberté. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle elle me louait son appartement à un prix très attractif. Elle me faisait une fleur, je lui en devais une. J'étais excitée comme une puce et je n'avais pas vu la journée passer.  J'avais passé des heures à finir d'emballer les cartons, récupéré la camionnette de mon ancien proprio qui me la prêtait gracieusement et vidé une partie du garde-meuble où se trouvaient mes affaires. Je n'avais pris pratiquement aucun meubles car l'appartement que j'avais partagé avec Mak contenait toujours le mobilier. J'étais allé faire quelques courses pour fêter dignement mon départ, glaces, bonbons, alcool, gâteaux apéro, j'avais peut-être un peu exagéré, mais au moins nous étions parées ! J'avais aussi mis de côté quelques dvds pour que nous ayons le choix, mais je pensais bien que nous allions surtout discuter.

 - Je suis rentrée ! Appelai-je en franchissant la porte de l'appartement de Livingstone, les bras chargé de paquets.

Je déposai le tout sur la table basse, mis les glaces au congélateur et entrepris de déballer tout ça. Makyala était à la douche, j'entendais encore l'eau ruisseler dans la salle de bain. Elle ne  tarda pas à me rejoindre et je lui souris en lui montrant la table basse:

- Comment était ta journée ?  Prête pour une soirée de débauche calorique ? Demandai-je avec un sourire.

Je m'installai sur le canapé, une jambe repliée sous moi et ouvrit un paquet dans lequel je piochai une chips. Je mourrais de faim !

-  Je te sers un verre ?


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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Mar 30 Juil - 13:24

    Je ne sais pas pourquoi mais quand je suis sous la douche, j'ai le don pour repenser aux choses anciennes, comme si cette eau sur mon corps chassait le présent, le futur et me ramenait en arrière. A moins que ce ne soit les évènements de ce soir qui me fasse remonter toutes ces années. Rebecca et moi-même avions donc cohabiter quelques semaines à nouveau ensemble, et elle reprenait son envol, pas bien loin, dans notre ancienne appartement que je n'occupais plus mais que je n'avais jamais réussi à quitter complètement. Je sais, je paye pour Glasgow et Livingston, mais c'était comme si je ne voulais pas, comme si je ne pouvais pas rayer ce passé de ma tête, qu'à quelques parts, je voulais encore y rester attaché même si cela me fait atrocement mal. Peut être que cela m'empêche de perdre définitivement mon âme comme si je risquais de devenir un tueuse de sang froid que rien n'arrête. Mais n'étais-ce pas le cas ? N'étais-je pas devenue ce monstre là ? Où est le temps où j'étais une innocente jeune femme qui pensait que les vampires étaient seulement des humains qui voulait se la jouer un peu en vivant la nuit et en buvant un peu de sang synthétique ? Ce temps est bien loin à présent, mais là, en me rappelant ma collocation avec Becky, je retombe en plein dedans. Elle était avec moi alors que j'ai appris tout cela, je me souviens lui avoir fait part de mes doutes, que je ne savais plus dans quelle direction me rendre, elle m'avait aidé. Mais j'aimerais tant que toutes ces années ne soient pas passées, que nous en soyons toujours à ce moment là. Je ne me sens en sécurité nul part, c'est terrible, même ici, j'ai peur qu'il m'arrive le même malheur qu'à Glasgow dans cette appartement. Il s'en était joué de quelques minutes sans doute, mais j'avais échappé à une morsure mortelle. Je le sais bien, j'aurais pu y laisser ma peau mais à la place ... Des larmes coulent, je le sens, même si sous la douche, cela ne se voit pas, l'eau se mélange, mais mon coeur se serre dans ma poitrine. Je ne peux pas m'empêcher de me recroqueviller sur moi même comme je le fais de temps en temps, l'eau perlant sur ma chevelure blonde. J'ai dans l'idée de redevenir brune, cela fait trop longtemps que je suis blonde. A chaque fois que je change de couleur de cheveu, il y a comme un renouveau en moi. Cette fois-ci, il semblerait que le départ de Becky soit en partie la cause, mais ce n'est pas tout. Je dois enfin me mettre dans le crâne que nous ne sommes plus en guerre, que je ne peux pas me balader avec un arc et des flèches comme ça, comme si nous étions en pleine guerre. Même si cela me rassure, je ne dois plus. Je suis agent à la brigade PES, et même si je sais que je n'hésiterais pas à dépasser les bornes pour arriver à mes faims, que je me dois d'être discrète et raisonnable avant tout. Ce sera ma meilleure arme si je veux coincée les semi-démons qui sont à ma porte. Je coupe l'eau, j'ai arrêté de pleurer, je dois me montrer forte, je n'ai pas envie que cette soirée soit gâchée par ma nostalgie morose. Il me semblait avoir entendu la porte s'ouvrir. Sans doute que Rebecca était arrivé. Je sortais donc de la douche, je me séchais le corps, ainsi que les cheveux et je sortais en peignoir pour voir si c'était bien elle. Je fus rassurée en la voyant elle et ce qu'elle avait apportée. Finalement, ce serait notre première et dernière soirée entre fille durant ce laps de temps où elle était restée là. Nous n'avions pas eu tellement le loisir de prendre ce temps là, entre le boulot, et Camille d'un côté. Je me suis bien rendu compte que bien des nuits elle n'était pas rentrée, j'osais espéré qu'elle était auprès de Camille, cela me rassurait dans un sens, je savais qu'il était quelqu'un de bien, même si tout s'était tendu avec le concert qui avait été un véritable fiasco en terme de renouvellement de confiance et tout ce qui va avec. Elle me demanda alors comment avait été ma journée.

    " Elle s'est bien passée, mais j'espère qu'elle se terminera encore mieux ! Et la tienne ? Le boulot se passe bien au moins ? Sinon oui, je suis prête, ne t'en fait pas. Sers moi ce que tu veux, je vais m'habiller, j'en ai pour une minute. "

    Je ne sais pas combien de temps j'étais restée sous la douche, mais j'y étais restée plus longtemps que prévu, c'était une certitude. Du coup, j'étais encore en peignoir. Je me rendais donc dans ma chambre à la recherche de vieux vêtements mais je ne me souvenais plus si je les possédais à l'époque de notre première collocation. J'enfilais donc un tee-shirt rouge, ainsi qu'un jean noir, rien de plus sorcier. Je passais par la salle de bain pour y remettre le peignoir, et prendre mes vêtements sales que je mettais dans la corbeille à linge. Je me dirigeais donc à présent vers elle.

    " Alors qu'est ce que tu as prévu pour nous ce soir ? "

    Et je m'asseyais à ces côtés, regardant la table basse qui semblait être aussi pleine que si nous étions une dizaine de personnes.
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Mer 31 Juil - 16:54




Ce n'est qu'un au revoir...


​Makyala pointa le bout de son nez alors qu'elle sortait de la douche et je répondis par un sourire à sa réponse :

- Oui, super, j'ai couru partout pour tout finir à temps, mais tout est bon ! Je commence le boulot officiellement à la rentrée donc en attendant, à part suivre quelques cours et rester en correspondance avec mon patron, c'est plutôt calme ! Oui pas de soucis, va t'habiller !

​Je lui ouvris une bière et ​levai les yeux vers elle lorsqu'elle revint en me demandant le programme:

- Que des bonnes choses ! Nos cochonneries préférées, deux trois dvds super ​
​kitch, même si je pense pas qu'on aura envie de regarder la télé et j'espérais que tu pourrais ressortir quelques albums photos de l'époque où on a habité ensemble !


Je pris un regard de chien battu. J'adorais cette facette de la personnalité de Makayla à l'époque. Elle prenait des photos de tout tout le temps et cela faisait de supers souvenirs. Et puis, j'étais curieuse de voir les fameuses où on apercevait Camille.

- Ça ne te manque pas trop la photo ? Être à la PES c'est tellement différent... tu ne m'as jamais dit pourquoi tu avais changé... Tu continues à en faire à côté ?​

J'avais eu du mal à comprendre ce changement de carrière. En même temps, avec les contacts épars que nous avions gardés, nous avions évités les sujets délicats pendant toutes ces années. Je savais qu'elle avait vécu des choses pas très sympas pendant les années sanglantes, mais j'ignorais quoi. ​

J'avais envie de lui poser des tonnes de questions, mais j'avais peur de gâcher notre dernière soirée ensemble. Et pourtant il y avait tellement de choses que je ne savais pas sur sa nouvelle vie, sur l'ancienne aussi. Je voulais lui parler de son rôle à la PES, de Camille, de cet appartement qu'elle avait quitté sans explications et qu'elle me laissait habiter aujourd'hui​, bon sang, j'étais vraiment trop curieuse pour mon propre bien.
Je me servi un verre et le levai à l'intention de ma colocataire :

- A notre amitié ! ​


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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Sam 3 Aoû - 0:12


    J'avais raté un épisode apparemment, je pensais qu'elle commençait le travail tout de suite mais cela ne semblait se faire qu'à la rentrée. Quand vous n'avez presque que le boulot en tête, c'est difficile de bien cerner toutes les informations aux alentours. Si j'avais pu dégoter un travail pour Hannah, pour Rebecca, elle s'était débrouillée autrement mais ce n'était pas plus mal pour elle. En tout cas, elle en avait un à présent même si elle ne l'avait pas encore pleinement commencer.

    " Oh, j'avais cru comprendre que tu devais commencer tout de suite en fait, mais mon cerveau a pas du tout capter. Bref, je vais m'habiller. "

    J'esclaffais un petit rire à cette remarque concernant mon cerveau. Normalement, il fonctionne bien, mais des fois, quand ça ne concerne pas la PES ou la photo, il ne capte pas bien, comme les si les connexions neuronales n'étaient pas renforcés pour ces autres informations. Bref, je m'habillais et je revenais auprès du festin calorique que Becky m'avait préparé. Elle m'ouvrit une bière que je prenais et je buvais déjà une gorgée. Le programme semblait être déjà tout près, et j'aimais déjà ça ! Bon, je ne pense pas que nous allions faire la moitié de ce qu'elle avait dit mais au moins nous avions pleins de choses de prévues. Elle voulait donc que je ressorte nos vieux albums photos. Je ne les avais pas tous ici me semble-t-il, il devait y en avoir encore là-bas, je n'avais pas tout rapporter. Mais les meilleurs étaient ici.

    " Ahah oui, je vais les chercher, je crois que je sais où ils sont planqués. Je crois que j'ai fait un album exprès sur Camille d'ailleurs. "

    Et je pouffais de rire en disant cela. Ils étaient ensemble, enfin, même si ce n'était pas officiel, s'ils en avaient discutés ou pas, pour moi c'était le cas. Il faut dire qu'à l'époque mon appareil photo était une extension de mon bras, je l'avais, enfin, j'en avais toujours un à portée de main. Aujourd'hui c'est un peu différent, mais souvent encore je prends des photos. Je revins après quelques instants avec un carton rempli de photos. Elle me demanda si la photo ne me manquait pas trop, et pourquoi j'avais changé finalement. C'est vrai que si l'on m'avait dit que je ne ferrais plus de la photo pour gagner ma vie, il y a quelques semaines, je ne vous aurais pas cru.

    " Mais je fais toujours de la photo tu sais. C'est juste que mon appareil photo n'est plus tout à fait un prolongement de mon bras. La PES me prends du temps, mais même dans ce cadre là, je peux prendre des photos. J'aime et j'aimerais toujours en prendre de toute façon. Si j'ai changé, c'est que c'était mon devoir, du moins, je le vois comme ça. Durant les années sanglantes, j'ai combattu sans pour autant avoir la loi de mon côté et à mon niveau, autrement dit pas grand chose. Mais là, lorsqu'on a annoncé la création de cette brigade, j'ai vu l'opportunité de faire mon devoir, en ayant la loi de mon côté à une plus grande échelle. C'est ce que tu ferras toi aussi quand tu seras en infiltration, nous allons essayé de sauver ce monde pourri, pour que la paix soit durable ! "

    Je m'arrêtais là, mais mon discours était celui d'une passionnée, tant dans la photo que pour sauver le monde. Douce utopie, je sais mais, j'y crois tellement que je pourrais en parler durant des heures. Puis elle se servit un verre et le leva.

    " A notre amitié. "

    Et je bus une nouvelle gorgée de ma bière. Je ne savais pas de quoi serait composé pleinement cette soirée, mais déjà, je prenais un album photo au hasard et je tombais sur le spécial Camille Fontayn, douce ironie.
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Lun 5 Aoû - 10:29




Ce n'est qu'un au revoir...


Je fronçais les sourcils quand elle se mit à rire en me disant qu’elle avait peut-être un bien un album sur Camille :
- Tu plaisantes ! Est-ce que je dois m’inquiéter que tu ais un album remplis de photos de mon… enfin de… Camille ?
Et merde, j’étais une idiote. Comment mettre les deux pieds dans le plat. Je ne savais pas si je devais expliquer à Makayla à quel point les choses étaient compliquées entre Camille et moi. Ce n’était peut-être pas le meilleur moyen de garder une ambiance détendue, même si ça me ferait peut-être un peu de bien.
- Si tu as des vues sur lui, dis-le tout de suite, que je sache à quoi m’attendre ! Ajoutai-je sur le ton de la plaisanterie.  Tu sais que je déteste la compétition !
Elle revint avec un carton rempli de photos. J’adorais passer des heures à regarder de vieux clichés. C’était quelque chose qui me manquait de ma vie d’avant. Je n’avais pris aucune photo avec moi lorsque j’avais fui et malgré moi les souvenirs de mon enfance s’étiolaient. Les visages de ma « famille » se floutaient avec le temps. Ils avaient sûrement changé énormément en 8 ans… je n’osais pas imaginer ce qu’ils étaient devenu, j’espérais simplement qu’ils allaient bien.  
J’avais été très surprise par le changement de carrière de mon amie et je me permis de lui demander comment elle en était arrivée là et si la photo ne lui manquait pas trop. Je souris et acquiesçais quand elle affirma faire toujours de la photo. J’en avais conscience, mais comme elle le disait elle-même, à l’époque son appareil était pratiquement greffé à son bras, je devais d’ailleurs être sur bon nombre de ses clichés de l’époque. Je me souvenais de quelques photos peu flatteuses de moi au réveil, sans maquillage et en guenilles. Si je me souvenais bien, je m’étais vengée en la prenant à son tour à la sortie de la douche. Je me mis à rire doucement mais retrouvai mon sérieux lorsqu’elle m’avoua avoir combattu à sa façon pendant les Années Sanglantes. Elle ne me l’avait jamais dit.
Elle compara sa situation à la mienne et j’haussai les épaules, légèrement mal à l’aise :
- Ce n’est pas exactement la même chose… je ne suis pas comme toi, moi j’ai essayé de rester le plus loin possible de tout ça et c’est seulement parce que cela m’a rattrapé que je suis obligée de m’impliquer… même si je le fais pour aider, je n’aurais jamais accepté si j’avais eu le choix… je n’ai pas ton courage, ni ta passion ! Je t’admire pour ça.
C’était la stricte vérité. J’étais une peureuse. J’avais peur de  tout et même si je luttais contre ce trait de caractère, il finissait souvent par me rattraper.  Je n’avais pas envie de penser que bientôt je rejoindrai les rangs de Maryana. Pour l’instant, Lyssander ne m’avait pas recontacté et cela me convenait parfaitement. Plus je repoussais mon intégration parmi les Semi-démons renégats, plus je pouvais faire l’autruche et prétendre que ma vie était normale… Si je me laissai bouffer par tout ça, c’en était fini de moi. En attendant, il était bien plus facile de me plonger dans ma relation avec Camille, dans mes projets professionnels et universitaire et dans cette soirée entre amies plutôt qu’imaginer la suite.
Nous trinquâmes à notre amitié et Makyala sortit un album et l’ouvrit entre nous.
- Tu étais sérieuse ! Me mis-je à rire en reconnaissant mon amant sur les premiers clichés. Mon dieu, comme il était jeune !
C’était étrange de voir ces images. Et cela me rappelait la réaction de Camille lorsque j’étais tombé sur les photos de son enfance et de son adolescence. Il détesterait savoir que j’étais en train de regarder celles-ci. Et il détesterait encore davantage que Makayla ait un album de lui…
Je me perdis dans la contemplation de l’album et souris. Il était déjà canon à l’époque. Je ne pouvais m’empêcher de penser à l’ancien Camille avec une nostalgie étrange alors que je ne l’avais jamais rencontré. Au vu de son passé, c’était vraiment tordu de ma part de penser ça. En fait, c’était plutôt à une version alternative de Camille que je pensais. Une version de lui détendu, plus léger, ne portant pas ce poids si lourd qui pesait sur ses épaules et barrait son front d’inquiétudes. Le plus surprenant c’est que parfois, tout ça disparaissait quand nous étions ensembles. J’avais l’impression d’effacer une partie de ses peines par ma présence. C’était très prétentieux de ma part, et sûrement erroné d’ailleurs, mais j’espérais que c’était le cas. J’espérais que parfois, en ma compagnie, il arrivait à oublier tout ce qui n’allait pas dans sa vie. Parce que c’était ce que c’était vrai pour moi quand j’étais dans ses bras.
J’attrapai un biscuit en tournant les pages et sur une des photos, je reconnu le quartier de notre ancien appartement, celui-là même où j’allais emménager le lendemain.
- Tu ne m’as jamais dit pourquoi tu avais déménagé… ? Tu adorais cet appartement autant que moi…  


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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Lun 5 Aoû - 16:17

    Si j'avais eu le temps de prendre sa tête en photo en parlant d'un album photo sur Camille Fontayn, j'aurais pu l'ajouter à la fin de celui-ci mais je n'avais pas pu. Elle avait tiré une de ces têtes. En tout cas, vu comment elle avait hésité en parlant du jeune homme, je sentais que les choses n'étaient pas si simples que ça entre eux. Ils s'aimaient, mais il y avait autres choses assurément. Savaient-ils respectivement l'un pour l'autre ? Si la réponse était négative, ça ne pouvait qu'être compliqué, surtout que Camille est un chouette garçon, mais toujours un brin complexé, compliqué, torturé d'après ce que j'avais pu voir. Mais bon, si elle avait envie de m'en parler elle le ferrait, voilà tout. Mais elle réagit de la façon que j'attendais. Elle plaisanta à ce sujet.

    " Tu verras, tu ne seras pas déçue par l'album photo que j'ai de lui. "

    Et je partais sur cette phrase, en rigolant, afin de chercher l'album ainsi que tout les autres. Je la laissais imaginer ce qu'elle voulait. A l'époque, la photo était toute ma vie, alors j'en prenais énormément, de tout et de rien. Je ne disais en tout cas rien sur le fait que j'ai pu entrevoir très brièvement une relation avec lui. Mais cela n'avait pas duré longtemps, l'espace de quelques minutes à peine et c'était il y a tellement de temps. Bref, je revenais avec un carton plein à ras bord de photos. Puis elle me demanda pourquoi j'avais opté pour la brigade PES, je lui disais que pour moi cela avait été naturel finalement. Mais Becky aussi allait devoir faire preuve de courage. Elle me dit alors que sa situation n'était pas comme celle que j'avais connue. Elle n'avait pas tord, mais quand même.

    " C'est peut être vrai mais ne te méprends pas sur toi. Tu es quelqu'un de bien plus courageux que tu ne veux l'admettre. Le courage s'apprends petit à petit. Il t'en faudra pour lutter contre Maryana, car elle n'est pas un enfant de coeur. Mais je sais que tu peux le faire ! Au pire, prends moi comme exemple. "

    Si elle m'admirait, elle pouvait essayé de prendre exemple sur moi pour le courage. J'avais échappé un petit rire, je ne me sentais pas si courageuse que ça. J'étais devenue en quelques sortes une tête brûlée, qui n'avait peur de rien, mais ce n'était pas vraiment du courage, du moins, je le suppose. En tout cas, ce sujet était clos pour la soirée, nous ne reviendrons pas dessus. Je trinquais alors à notre amitié. Elle était là depuis toutes ces années et même si nous ne nous étions pas vue aussi souvent que nous l'aurions voulu, jamais nous ne nous étions vraiment perdues. Bref, j'ouvrais l'album Camille Fontayn. Il y avait quelques photos de nous, mais la plupart était des clichés d’Édimbourg où il apparaissait dans le fond. Le premier cliché, le seul où nous avions pris la pause me représentait avec lui à mes côtés. Un petit sourire, nous étions jeunes et sérieux sur la photo, ce qu'elle ne manqua pas de remarquer.

    " Oui, c'est une des rares photos où nous avons pris la pause tout les deux. Regarde là, c'est un jour où il pleuvait beaucoup que je l'avais vu. il n'avait pas apprécié le flash puis, nous avions bu un café je crois dans un bar environnant. Et puis là, j'ai fait un agrandissement, parce que sinon, il était minuscule dans le fond du paysage. En fait, c'est comme ça que je l'ai croisé. Je prenais des photos d'Edimbourg et souvent, sans le vouloir je le prenais en photo dans le fond avec bien souvent une clope à la bouche. Du coup, je lui a montré les clichés et nous avons sympathisé comme ça, nous croisant au détour d'une rue bien souvent par hasard. "

    Je ne pense pas que Camille lui avait dit ceci, mais c'était comme ça que nous nous étions croisés en 2010 déjà. Que le temps passe vite. L'album ne contenait qu'une petite trentaine de photos. Puis, nous avons regardé des photos de ces années là où nous étions dans certaines positions douteuses, elle et moi, car si je prenais souvent les photos, elle en prenait aussi pour se venger de certaines photos dossiers. Becky allait emménager demain dans cette appartement à nouveau, appartement que je préférais oublié pour ce qu'il s'était passé quelques années après, c'était je crois en 2013. Je n'en parlais jamais parce que je voulais oublié. Ce fut un combat auquel je n'ai pas assisté, et heureusement, sinon, je ne serais plus de ce monde, pour sur.

    Durant les années sanglantes, j'étais une des rares à avoir un revenu fixe, beaucoup en effet, par peur, ou parce que la conjoncture était mauvaise n'avait pas de travail ou très peu. Du coup, mon appartement servait de logis pour certains de mes amis de l'époque, 4-5 à peu près. Ce soir là, j'étais partie pour je ne sais plus quelle raison. Et mon appartement fut mis à sac par des vampires assoiffés de sang. Ils tentaient un recrutement de force pour grossir leur rang. Un de mes amis ce soir là avait accepté d'être transformé, trahissant aux yeux des autres ces "croyances". Mais il était partie en mission d'infiltration comme ça, sur un coup de tête. Les autres avaient été décimés. C'est ainsi qu'en revenant dans mon appartement que je vis la porte grande ouverte mes amis jonchant le sol. Ils étaient tous morts, sauf un qui était à l'agonie. Il réussit à me dire ce qui s'était passé ce soir là avant d'expirer. Je regardais mon ordinateur car même s'ils étaient mes amis, ma webcam enregistrait ce qu'il se passait dans mon appartement durant une semaine, du moins ce qui passait devant celle-ci évidemment. Et la scène était horrible. Même si je n'ai pas assisté à cette scène ce soir, j'en fais encore des cauchemars, une fois par an le jour où cela s'est produit. J'aimais mon appartement, j'y ai vécu encore quelques mois avant de partir un peu avant le putsch raté de Belle à l'égard des vampires dirigeants. J'avais opté pour un changement de vie. Je ne voulais plus être au centre des combats, et une fois que je m'étais retrouvée "seule", cela m'avait fait du bien de me retrouver dans un appartement vierge de tout mauvais souvenirs. J'en avais profité pour m'acheter une moto avec une belle veste. Je commençais pour ainsi dire une nouvelle vie en solitaire puisque mon groupe avait été décimé. Pourtant, je ne m'étais jamais résolue à vider l'appartement et à le vendre. Bref, Becky m'avait demandé. Je ne savais pas si j'avais la force de le lui dire. Les photos seraient peut être plus parlante.

    " C'est une histoire bête, enfin, je l'aime toujours cet appartement, c'est pour ça qu'il m'appartient toujours, mais j'ai de mauvais souvenirs à l'intérieur. Je pense que des photos seront plus parlantes. Elles sont un peu choquantes aussi. J'espère que ça ne te dérange pas de voir ta vision de cet appartement changer un peu. Sinon, tu ne les regardes pas hein. "

    Et je cherchais l'album photo qui était consacré à cet incident justement. Avril 2013 : Recrutement sanglant des vampires. Surtout que peu de temps avant, il y avait eu le même cirque dans l'appartement de ma mère. Rien qu'en regardant le titre de l'album mon regard s'assombrissait. Et je le donnais à Becky, lui laissant regarder le délabrement de l'appartement. J'avais fait du ménage après, racheté quelques étagère et tout mais voilà à quoi cela ressemblait quand je suis arrivée. Il y avait 4 corps sur les sol, dans des états plus ou moins lamentables. Enfin, si elle décidait de regarder l'album, elle constaterait tout cela par elle même.
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Dim 11 Aoû - 19:37




Ce n'est qu'un au revoir...



J’ignorais pourquoi Makayla pensait que j’étais courageuse. Ce n’était vraiment pas un adjectif que je me serais attribuée. Peureuse, oui, peu sûre de moi, obstinée, mais courageuse ? Non, vraiment pas…  même s’il fallait l’avouer, je n’avais pas une vision des plus flatteuses de ma personne. Je pensais, enfin j’espérais surtout, que j’étais effectivement quelqu’un de bien mais c’était difficile de s’en convaincre quand son paternel était une créature des enfers et qu’on était initialement destiné à répandre le chaos sur terre… mais peut-être avait-il raison, peut-être me suffisait-il de prendre exemple sur elle et d’y aller pas à pas. Je lui souris et acquiesçai :

-          Je vais essayer !

Il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire de toute façon. Je devais être forte si je voulais espérer mener ma future mission à bien.

On clôtura ce sujet pour enfin débuter notre soirée et je n’en cru pas mes yeux lorsqu’il revint avec un petit album consacré à Camille. C’était dingue ! Mes yeux s’attardaient malgré moi sur les traits de mon amant. J’avais tellement hâte de le revoir le lendemain ! Ça devrait être interdit d’être tellement accro à quelqu’un… tout ça allait mal finir, mais franchement, en attendant, je savourais chaque instant !

-          J’arrive pas à croire que tu l’ais convaincu de poser pour une photo ! C’est tellement pas son genre ! Est-ce qu’il était déjà tellement secret ? J’ai du mal à l’imaginer à cette époque…

Makayla l’avait connu à l’une des pires périodes de sa vie, je me demandais à quel point tout cela l’avait changé…

Je souris tandis qu’elle me racontait à nouveau​ leur rencontre.
​Le destin avait parfois beaucoup d'humour. ​


- Ha oui, c'est vrai, j'avais complètement oublié qu'il avait habité à Edimbourg... et toi qu'est-ce que tu faisais là-bas ?


En parlant d'humour, certains des clichés que nous regardions n'en étaient pas dépourvus. C'était tellement étrange de regarder ces photos. Presque 7 ans, au tout début des années sanglantes. J'étais tellement jeune sur ces photos... je me disais souvent que j'avais eu beaucoup de chance de croiser le chemin de Makayla à cette époque. Elle avait fait tant pour moi, comme une grande sœur alors qu'elle me connaissait à peine. Elle avait eu pitié de moi, elle m'avait pris sous son aile. Je me souvenais encore de sa tête lorsqu'elle avait vu ma chambre minuscule et miteuse. Elle m'avait proposé d'emménager avec elle peu de temps après, cela avait vraiment dû la secouer. Elle était mon aînée mais j'avais toujours été très mature, probablement bien trop, pour mon âge. Les rôles étaient donc parfois inversés à l'époque. Elle avait beau veiller sur moi, la réciproque était vraie. Elle m'avait permis de me remettre sur pieds, d'avoir une situation stable avant d'avoir mon propre appartement. D'ailleurs, en parlant d'appartement, je me permis de lui poser des questions sur celui que j'allais habiter, que nous avions habité ensemble. J'ignorais de quoi elle voulait parler quand elle disait qu'elle y avait de mauvais souvenirs. Je fronçais les sourcils tandis qu'elle allait chercher un nouvel album, le titre me fit pâlir. Avril 2013 : Recrutement sanglant des vampires.
Je secouai la tête en reposant l'album, loin de moi, sans même l'ouvrir:

-  Non, je ne préfère pas voir ça...

Contrairement à ce qu'elle pensait, je n'étais pas courageuse. J'étais une peureuse et je ne voulais pas avoir peur au beau milieu de mon nouvel appartement. Parfois il valait mieux ne pas savoir !
Je me servis un verre et en profitai pour changer de sujet.

- Comment ça va au boulot, sinon, en ce moment ? Quelles sont les dernières nouvelles du monde surnaturel ?



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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Lun 12 Aoû - 22:37

    La future mission de Rebecca allait être difficile et il faudrait qu'elle soit courageuse. Je savais qu'elle pouvait l'être même si elle n'en était pas persuadée encore. Le courage n'est pas inné, il se cultive. Je n'étais pas courageuse avant les années sanglantes, du moins pas vraiment, sauf si pour vous, faire un tour du monde est un acte courageux. Enfin, à quelques parts ça l'est mais cela n'a rien à voir avec le courage dont Rebecca devrait faire preuve. Nous étions donc partie pour voir l'album photo de monsieur Camille Fontayn. Elle semblait étonné que je possède un tel album photo mais si cela pouvait la rassurer, il avait été fait, il y a des années, et je n'avais pas vraiment eu l'occasion de l'actualiser. La photo la plus récente devait donc remonter à 2010, autrement dit il y a plus de 7 ans déjà que le temps passe vite. Elle n'arrivait pas à croire que j'avais réussi à lui faire prendre la pause. C'était bien la seule fois. Je ne sais plus du tout ce que j'avais pu dire, mais il avait accepté, toutes les autres photos de l'homme avait été prise de très loin dans leur majorité.

    " Oui, je ne sais plus ce que j'avais dit à ce moment là mais il avait accepté, tu remarqueras que c'est la seule que j'ai de lui et moi dans cette position. Toutes les autres sont prises de loin, ou par surprise comme celle-ci alors qu'il pleuvait vraiment beaucoup ce jour là. Camille était déjà quelqu'un de secret à cette époque oui, mais je crois qu'avec les années sanglantes, tout cela n'a fait que s'accentuer, enfin, je suppose. Après tout, c'est toi qui le connait mieux à présent. Pour moi, il est presque un étranger, c'est tellement dommage, nous nous entendions bien, puis il y a eu ce conflit ... "

    J'étais un peu nostalgique de cette période antérieur aux années sanglantes. Mais elle me posa une autre question, qui me fit bien vite évacuer ces idées de ma tête.

    " Oui, il était à Edimbourg avant les années sanglantes. Moi, je me baladais souvent dans la ville pour prendre des photos. Tu sais bien qu'à l'époque, j'aimais prendre des photos de tout et aussi parfois de n'importe quoi. Glasgow, Edimbourg, Livingston ... J'aimais bien changer de ville pour prendre de photos. "

    Et puis, nous en étions venues à parler de là où elle allait emménager le lendemain, un album souvenir que j'aurais dû brûler, tout simplement mais je l'avais garder. Le titre de celui-ci était assez explicite, du coup, elle ne voulut pas voir les photos. Je ne lui avais rien dit car le simple fait de penser à ce jour là, ça ne me faisait que du mal. Elle prit l'album pour le poser loin d'elle, sans même être tentée de l'ouvrir, me disant qu'elle ne préférait pas. Elle se servit un verre puis changea de sujet. Le boulot et tout ça serait donc notre prochain thème.

    " Cela va bien. Il n'y a pas grand chose de nouveau dans ce monde là, tout du moins, rien de très important. En tout cas, ça me plait bien comme job, c'est tellement différent de la photo, mais pas si différent de ce que j'ai pu faire durant ces quelques années, donc je ne suis pas vraiment déboussolée. Il y a cependant plus de paperasses que je ne le pensais, c'est pas sympa de faire de la paperasse. "

    Et je riais à cela. Oui, je pensais être en permanence sur le terrain, mais non, je ne l'étais pas. Il faut dire qu'il n'y pas tout les jours des alertes.
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Mer 21 Aoû - 13:59




Ce n'est qu'un au revoir...



J’avais rencontré Camille quelques années après les photos de cet album et pourtant, j’étais capable de voir à quel point il était différent à ce moment-là. Les années sanglantes l’avaient marqué. Elles nous avaient tous marqués, d’ailleurs. Je me souvenais de notre rencontre avec nostalgie. Nous avions fait tant de chemin depuis… bon cela remontait à plus de trois ans maintenant… depuis, la guerre avait enfin pris fin, même si nos problèmes n’étaient pas encore résolus. Il fallait vraiment ​que je reprenne ma vie en main, déménager m’y aiderait.

-          Je ne sais pas si qui que ce soit peut se vanter de vraiment connaître Camille. Il n’aime pas parler de lui. Mais oui, j’imagine que la méfiance ambiante y est pour beaucoup. Il a raison d’essayer de se protéger. J’ai bien fait pareil toutes ces années ! Tout le monde aussi, en quelque sorte...

​Préférant changer de sujet, je lui demandai des nouvelle de son job à la PES. Encore une fois, ce changement de carrière m'avait on ne peut plus surprise, mais Makayla semblait y trouver son compte, à part que visiblement, elle n'aimait pas la paperasse. Je me mis à rire en acquiesçant:

- Comme quoi, ça n'a pas changé depuis notre rencontre ! Tu as toujours aimé être dans l'action et moi plus dans la réflexion ! Je suis très contente de ce job d'assistante, c'est tranquille, posé, calme, tout le contraire de ce que tu fais, finalement ! Je ne me verrai pas devoir porter une arme et faire régner l'ordre, même si je suis vraiment pour une paix durable entre toutes les espèces... mais j'ai l'impression que c'est juste un joli rêve qui ne verra jamais le jour... la trêve a l'air tellement fragile, tu crois que ça va durer ?

Je ne me faisais pas d'illusions, il y avait peu de chances pour qu'une cohabitation soit possible sur le long terme. Je craignais que ce soit le calme avant la tempête. Espérons que la PES pourrait convenablement jouer son rôle de médiation et de contrôle. Enfin, je disais ça, en même temps, cela m'aurait bien arrangé de n'avoir aucun lien avec eux et d'être toujours une petite Semi-démone anonyme. Je ne savais plus vraiment où j'en étais, ce que je voulais, ce que je comptais faire, tout ça se mélangeait dans ma tête.
Je me servis un nouveau verre, repiquais un biscuit

- Et sinon, côté cœur ? Depuis quand est-ce que tu n'as pas eu un petit-ami sérieux ? Il serait temps de t'y mettre, non  ? Ça ne te pèse pas d'être toute seule ? Tu es une fille géniale, Mak, je comprends pas pourquoi tu n'as pas de mec ! Est-ce que c'est volontaire de ta part ou... ?

Bon, j'étais sûrement mal placée pour parler vu ma relation chaotique avec Camille mais bon...
Peut-être ne voulait pas s'engager, comme moi il y a quelques années. En trois ans et demi je n'avais eu que 2 relations, 3 si on incluait Camille. La première avait duré plusieurs mois mais s'était mal terminée et m'avait convaincue qu'il n'était pas raisonnable pour moi d'essayer d'avoir une relation stable. Mon secret, ma nature, m'empêchaient d'être vraiment proche de quelqu'un et moi qui détestais les mensonges, j'avais du mal à cacher ce genre d'informations. J'avais donc essayé d'éviter de m'attacher... ce qui de toute évidence n'avait pas bien fonctionné vu comme je m'accrochais à Camille aujourd'hui... j'étais une calamité ! Quant à l'autre relation que j'avais eu ces dernières années, mieux valait l'oublier et l'enterrer. J'étais tombé sur un connard, comme cela m'était arrivé régulièrement depuis ma jeunesse. J'ignorais si j'avais la poisse et que je les attirais ou si je ne le faisais pas inconsciemment exprès. Après tout... j'étais une Semi-démone, je n'avais pas le droit au bonheur, pas vrai ?


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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Mer 28 Aoû - 15:27


    Nous aurions pu parler de Camille toute la soirée, je suis presque certaine que cela n'aurait pas déplu à Rebecca, car cela se sentait, elle l'aimait. Après, étais-ce de façon officielle, ou pas, je ne savais pas mais pour moi, ça ne faisait pas une très grande différence, ils étaient ensemble. Elle me dit qu'elle même ne le connaissait pas vraiment. Savait-elle pour sa nature différente ? Peut être, ou pas, je préférais obscurcir ce point plutôt que de créer un différend entre les deux. Je ne voulais pas "briser" leur couple sur des révélations qui m'auraient échappées. Mais cela tombait bien, Becky changea de sujet, comme si finalement elle se sentait un peu mal à l'aise de parler de l'homme qu'elle aimait le plus au monde. Elle enchaîna donc sur la PES. Elle restait encore surprise de ce changement de carrière signe que finalement, elle ne connaissait pas les tréfonds de mes pensées. Nous sommes amies, je la considère comme l'une de mes meilleures amies mais au fond, on ne se connait pas aussi bien qu'on le devrait. Disons simplement que nous ne sommes pas la confidente l'une de l'autre. Elle a ses secrets et j'ai les miens. Cela est sans doute mieux ainsi me direz-vous, n'est ce pas ? Je lui disais donc que je n'aimais pas la paperasse alors qu'elle allait commencer son travail dans la paperasse justement. Cela nous fit rire. Si Rebecca était en mesure d'élaborer un plan sur le papier, je le mettais à exécution sur le terrain. Une femme de réflexion contre une femme d'action, telle était l'une de nos différences, telle était l'une de nos complémentarités. Mais je n'eus pas le temps de réagir de vive voix à cela qu'elle me disait que maintenir la paix était utopique. La trêve va-t-elle durer ? La question qui a une réponse logique : non.

    " Comme son nom l'indique, c'est une trêve. Une trêve c'est une pause, ce n'est pas la fin de tout. Alors, j'aimerais te dire que ça va durer, que plus jamais nous n'aurons à affronter de nouvelles années ensanglantées, mais je ne peux te l'assurer. Un jour ou l'autre, il y aura une nouvelle étincelle, je peux te le garantir. Mon job, c'est d'agir afin que ceci ne se passe pas trop vite. Dans l'idéal, cette trêve devrait être éternelle, mais je n'y crois pas, comme toi apparemment. "

    Oui, maintenir la paix entre les espèces avait quelques choses d'utopique mais j'aimais ça. J'avais un rôle à part entière à jouer dans tout cela, et même si je m'en fichais d'avoir mon nom dans les livres d'histoire, je voulais que mes actions soient efficaces, qu'elles servent à quelques choses. C'est pour ça que j'avais intégrée la PES. Puis, elle me demanda ce qui se tramait dans mon coeur. J'étais toujours restée discrète à ce niveau là, parce qu'en général, je n'avais jamais rien de sérieux. En ce moment, il y avait Jeremy qui ressemblait à une sorte de petit ami, mais ce n'était pas vraiment le cas, rien de plus qu'une amitié améliorée même si j'aime passer un peu de temps avec lui.

    " J'ai l'esprit occupé tu sais, alors je ne pense pas trop à cela. Ce n'est pas un choix, mais tout ce qui me touche de près ou de loin fini par avoir des ennuis. Disons que ce n'est pas une priorité, je dois sauver le monde avant de penser à ma petite personne. "

    Je disais cela en riant, histoire de dire que je plaisantais, mais au fond, c'est ce que je pensais. Je ne pouvais pas me permettre de perdre du temps avec un petit copain, je dois sauver le monde, enfin je dois essayer de le faire à mon niveau.
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Sam 28 Sep - 9:59




Ce n'est qu'un au revoir...


J'acquiesçai à la réponse de Makayla. Oui une trêve était une pause, finalement, et rien ne garantissait que cela allait durer. Comme moi, elle en doutait. Il y aurait bientôt de nouveaux conflits, c'était inévitable.

- Au moins, nous sommes lucides, j'espère tout de même que tout ira bien… mais laissons-ça de côté pour le moment !


Je changeai de sujet pour évoquer ses amours. C'était assez culoté de ma part d'évoquer ça alors que je ne parlais pas ou peu de Camille et moi –mais pour ce qu'il y avait à en dire…- mais je m'inquiétais pour ma vieille amie. Elle aussi avait le droit de goûter au bonheur et peu importait à quel point elle était satisfaite de son travail, cela ne remplaçait pas quelqu'un auprès de soi.

- Ne dis pas ça… moi aussi j'ai l'impression de porter la poisse parfois, mais ce n'est pas nous, ce sont juste les circonstances. Il faut penser à toi un peu de temps en temps ! Plus tu seras en forme et heureuse, plus tu seras efficace pour "sauver le monde" comme tu le dis si bien ! Revois un peu tes priorités… à quoi sert la paix si on n'a personne avec qui en profiter ?


Je savais que mes mots ne changeraient pas grand-chose, mais je voulais lui faire comprendre que je m'inquiétais pour elle et que j'espérais qu'elle était épanouie. On pouvait être heureux en étant célibataire, le tout c'était de le vouloir et non pas de le subir.

- Bref, je comprends, si tu es bien comme ça, c'est le principal.. mais pense un peu à toi aussi, d'accord ?


Je levai mon verre pour trinquer :

- A cette soirée !

L'ambiance devint dès lors plus légère et les bonnes vieilles habitudes revinrent très vite. La soirée passa à une allure hallucinante. On parla beaucoup, de tout de rien, on rit aussi énormément, tout en piochant allègrement dans les courses que j'avais faites. Il était presque deux heures du matin quand mes yeux commencèrent à papillonner de fatigue et que je jetais un regard à l'horloge du salon.

- Ho Maka, je suis désolée, je n'avais pas vu l'heure ! Et dire que tu bosses demain, enfin… tout à l'heure…


Je me levai du canapé et lui fis un petit sourire d'excuse.

- Merci pour tout ce que tu fais pour moi… tu es vraiment une amie formidable. Tu vas me manquer, Makayla.


Je la serrais dans mes bras, bizarrement émue et je secouai la tête quand on se sépara:

- Je suis bête, ça sonne comme un adieu alors que je serai juste dans la ville d'à côté, dans notre vieil appartement. Tu peux passer me voir quand tu veux, tu sais ? Je sais qu'avec mon retour et Camille… je n'ai pas été très disponible. Mais tu sais que tu peux aussi compter sur moi.


Je me mordis machinalement la lèvre et fis un geste de la main à mon amie pour qu'elle s'en aille :

- Allez, file te coucher, je vais débarrasser et ranger un peu. Je te laisserai les clés dans la boîte aux lettres demain matin.

Je commençai à prendre nos verres puis levai les yeux une dernière fois vers l'agente de la PES :

- Je te tiens au courant pour… tu sais… "ma mission"… en espérant que je n'ai pas besoin de commencer avant un moment… Bonne nuit, Mak.


Puis je la laissai aller se coucher en me mettant à vider et à nettoyer la table basse. Makayla allait me manquer mais j'avais vraiment hâte de retrouver un peu d'autonomie et d'indépendance. J'avais besoin de ça, de l'illusion que je pouvais mener une vie normale. Avoir un appartement, un job, un… substitut de petit-ami à défaut d'être officiellement mon petit-ami. Bref, tout ça était ce dont j'avais besoin pour m'accrocher à mon humanité. Alors j'allais m'accrocher, et puis, je n'étais pas seule, j'allais y arriver…



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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   Sam 28 Sep - 16:13

    Une trêve est une trêve, pas autre choses et je lui disais le fond de ma pensée sur cela. Elle semblait être entièrement d'accord avec ce que je venais de lui dire. Il fallait être lucide devant la réalité des évènements. La guerre n'était peut être plus vraiment chaude, elle était froide, mais elle était toujours là, comme une épée de Damoclès au dessus de nos têtes. Elle changea alors de sujet pour me parler de mes amours. Je lui disais simplement que je n'étais pas faites pour être avec quelqu'un sur le long terme, que je devais sauver le monde et je le pensais sincèrement. Je n'étais pas faite pour ça, et avec tout ce qui me tombait sur la tête, la personne risquerait bien de se faire plus de mal que de bien. Les paroles de Becky étaient pleines de sens, mais j'étais heureuse dans la solitude, je m'y étais tellement bien habituée que c'était comme ça que je pourrais vivre. Même si je devais être la dernière survivante, la solitude ne me pèserait pas. Enfin, je dis ça, mais je sais que je ne vais pas me retrouver à proprement parler dans cette situation alors je ne devrais peut être pas me dire ça.

    " Tu sais, même si je n'ai pas de petits amis, je m'entretiens avec des hommes parfois. Je suis célibataire, et ça me va très bien, mais merci de t'inquiéter pour moi, même si ça devrait être l'inverse. "

    En fait, je pense que c'était mutuel. Nous ne sommes pas des amies pour rien, c'est à la vie à la mort pour ainsi dire. Je savais penser à moi de temps en temps. La soirée se déroula alors sans accroc, nus parlions de tout et de rien, comme nous le faisions souvent avant. Puis, alors que Becky sentait la fatigue arriver, elle me sonna d'aller dormir. Je pouvais l'aider, mais demain je commençais tôt. Elle me serra dans ces bras et je lui rendis son étreinte qui l'ému plus que je ne l'aurais pensée.

    " Ne t'inquiètes pas pour moi, ça devrait aller. C'est plus pour toi que je me fais du soucis. Cette mission ne sera pas simple, alors si tu sens que ça part de travers, n'hésite pas à m'appeler ou à m'envoyer un sms ! J'ai le sommeil léger, alors je répondrais quoiqu'il advienne. Nous ne nous reverrons peut être pas avant quelques semaines, mais je suis sûre que tu vas réussir ! Ne te sous estime pas ! Tu vaux plus que tout les coraux de la mer ! Tu es sûre que tu ne veux pas que je t'aide à débarrasser ? "

    Oui, il fallait vraiment qu'elle prenne conscience qu'elle était une vraie femme à présent, une femme forte avec du caractère, quelqu'un qui n'a pas froid aux yeux, quelqu'un qui agira de la bonne manière ! Même si elle était une semi-démone, elle était quelqu'un de bon, plus que moi-même. Je n'insistais pas pour débarrasser la table, et me dirigea vers ma chambre pour essayer de dormir. Ce serait difficile, je le savais, car je pensais déjà à tellement de choses concernant Becky, la PES et j'en passe ... Demain serait un autre jour.
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MessageSujet: Re: Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]   

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Ce n'est qu'un aurevoir, n'est ce pas ? [Livre II - Terminé]
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