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Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Mar 9 Juil - 17:48


    Un jour comme un autre, banal, aucune envie d’aller me balader un peu pour éviter au maximum de rencontrer des personnes qui auront envie de me parler et où ce ne sera pas réciproque. J’avais eu un ras-le-bol complet il y a peu de ma vie quotidienne et sans aucun écart, jusqu’à ce qu’un membre de la PES arrive à me choper en me prenant par les émotions. Il avait été très haut et surtout trop loin en osant parler de Nathaniel. C’était à ce moment-là que j’avais craqué. Personne ne savait pour Nath et moi, le fait que nous soyons frère et sœur et toute l’histoire qui en découlait, à part Dom bien évidemment. Depuis que j’étais arrivé ici, je n’avais jamais parlé de mon histoire à quiconque. Il y avait bien sur des personnes qui suspectaient des choses sur ce que j’avais vécu, notamment ma collègue de travail Valentina. Mise à part des suspicions, il n’y avait rien d’autre, et j’espérais que ça resterait comme cela. A la limite, que l’on voit mes deux cicatrices à chacun de mes poignets, ça passait ; bien que j’essaye d’habiller mes poignets pour éviter toutes questions. Bref, ces temps-ci, c’était pas la joie. Et pourtant, le train-train quotidien redevenait normal et ça m’allait parfaitement, je n’avais donc pas envie d’avoir une autre péripétie qui viendrait ternir cet espoir d’avoir une semaine normale. J’avais presque envie de ne pas venir travailler, mais voilà, les heures filent et le temps me passe entre les doigts en moins de deux. Le temps de prendre une douche et j’arpentais déjà les rues de la parfaite Edimbourg. Pas si parfaite que cela d’ailleurs…

    Passant par une boulangerie pour m’acheter un sandwich en le mangeant sur le trajet que déjà j’ouvrais la porte du Celtic Pub. Je jetais mes débris dans la poubelle et mon regard fit un vague horizon des personnes présentes. Encore des habitués bien évidemment, quelques nouveaux mais pas beaucoup et surtout des gens que je n’irais pas voir à moins de les brûler à vif à la milliseconde où ils oseraient poser un doigt sur moi. Ils l’avaient déjà fait, ça avait déjà failli arriver. Heureusement que j’arrivais à m’arranger dorénavant pour m’éviter les pires clients avec un collègue. Je préférais grandement servir derrière le bar et ne pas être obligée de prendre les commandes aux tables. Sauf que là, pas de chance, c’était à mon tour, j’étais désignée d’office. C’est avec un air des plus enthousiastes que je me préparais dans l’arrière-boutique. Enfilant rapidement ma tenue et mon tablier pour enfin saisir un plateau et entrer en scène, si l’on pouvait dire…
    J’inspirais, comme si j’allais à l’abattoir ou dans une arène, j’essayais de me poser pour éviter de partir au quart de tour. Je ramassais d’abord tous les verres vides pour les ramener au plongeur et m’occupais des tables à nettoyer avant d’aller enfin prendre les commandes. Une table, deux tables… les commandes s’affilaient et je n’étais pour le moment pas dérangé. Il fallait dire aussi que les habitués commençaient à me connaître et savait pertinemment qu’avec moi ça n’allait jamais être un coup d’un soir. Alors que je n’arrêtais pas de faire des allers-retours, je n’avais pas encore vu qu’un homme était seul à une table, sans boisson. Je finis de servir un homme au  bar puis vint à sa rencontre rapidement.

    « Bonjour, que vous faut-il ? » ajoutais-je en constatant que je ne l’avais encore jamais vu.
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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Mer 10 Juil - 19:39

    La fin d'après midi touche à sa fin, et déjà, la soirée estivale arrive. Il fait encore beau, dehors, et doux. Le vent est léger, mais présent. La nuit sera fraîche. Je sors armé. Je ne peux plus être aussi discret que je l'aurais voulu, maintenant que la Reine et moi sommes liés et que je risque d'entraîner sa mort, ou en tous cas sa faiblesse, si jamais je venais à mourir. Pour autant, on ne renie pas comme ça sa nature, ni le caractère presque sacré de sa mission.


    Trouver et tuer les démons.


    Pendant des années, je m'étais fourvoyé. Je croyais que les vampires étaient l'ennemi. Les choses avaient bien mal commencé, lorsque l'un des leurs avait fait irruption dans ma vie en kidnappant ma femme. Les mois qui avaient suivis avaient été très durs. Physiquement, et surtout psychiquement. J'étais parvenu aux portes de la folie, m'engageant dans une croisade religieuse et violente contre ceux que j'estimais être mes ennemis. Mais Jana n'était pas morte. C'était seulement ma vie et mes espoirs qui l'étaient. Brisé, torturé, j'avais fini par comprendre que la voie dans laquelle je m'étais engagée était sans issue, et que je ne pourrais jamais en finir une bonne fois pour toutes avec l'injustice de ce monde en poursuivant dans cette direction. J'avais retourné ma veste le jour où je compris que Dieu ne me mettait pas à l'épreuve en m'amenant si souvent aux portes de la mort, en m'infligeant toutes ces souffrances et cette détresse. Dieu se fichait simplement que je vive ou que je meure, que je réussisse ou que j'échoue. Ce n'était pas le cas de Krystel, qui avait des pouvoirs divins mais qui se souciait de ceux qui servaient ses desseins. Elle n'était pas aussi absolue que Dieu. Elle voulait le pouvoir et la domination, mais uniquement parce qu'elle en avait les moyens. Ceux qui étaient sous son règne n'avaient à souffrir ni injustices ni blessures, mais ses ennemis pouvaient être terrifiés par elle. Je l'aimais, j'aimais ce qu'elle incarnait. L'espoir d'un monde uni sous la bannière d'une seule et même personne à caractère divin.


    Les démons avaient remplacé les vampires. Les Années Sanglantes étaient arrivées, et j'avais encore tué. Du sang, j'en avais versé jusqu'aux étoiles, et ne m'arrêterais jamais. Je protégeais, l'humanité, je protégeais les vampires. Les démons venaient du vide abyssal d'une dimension chaotique. Je l'avais vu, perçu, au travers du regard du démon majeur Caim, lorsque j'avais aidé le Roi des vampires, Augustus, à le bannir de notre plan de réalité. J'y avais laissé une fois encore la majeure partie de mon corps et de mon esprit. Et sans Krystel...


    bref.


    J'étais venu chasser. J'étais sur les traces d'un gamin, Manuel Logronio. Un espagnol. Qui changeait de pays comme il changeait de veste. Aperçu en Espagne à six ans à faire tomber dans le coma une bonne centaine de personnes dans un stade de foot. Il était le seul dans les gradins à ne présenter aucun symptôme de la « fièvre hemorragique inexpliquée » qui avait tué tous ces gens. Il était dangereux. Un semi-démon de niveau A, un liquamenpathe. On l'avait vu dans ce bar. J'y allais... et j'attendais. Ce que je faisais de mieux, jaugeant ma proie. Le jour baissait, dehors. Le poids de mon pistolet sous ma veste ne me dérangeait pas. Une voix me sortit de ma concentration. Je me tournais vers la jeune femme. Bronzée, cheveux sombre. Elle était belle, séduisante. Un air vif dans le regard. Elle était serveuse. Je souris, entrant machinalement dans un rôle. L'avantage, quand on a perdu toute personnalité, c'est que l'on peut jouer n'importe quel rôle.



    | Un vrai boulot, que ma femme revienne à la maison, et que je me débarasse de touts mes défauts. |


    je ne devais pas éveiller les soupçons... L'humour était salvateur.


    | [color=white]Un whisky sec, pour commencer, mademoiselle. Vous faites à manger, ici ?

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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Mer 10 Juil - 22:22


    Je l’observais, peut-être même trop minutieusement ou trop fixement d’ailleurs. Visage inconnu, j’en étais certaine car j’avais une mémoire photographique assez bonne, et surtout des clients réguliers que je connaissais désormais par cœur. Il n’y avait pas tant de touriste que cela finalement, peut-être que lui en était un. Je laissais le loisir à mes pensées de m’étourdir quelques instants, repensant à l’homme que je ne connaissais pas non plus, mais qui s’était avéré plus qu’insistant et au final il m’avait eu par de simples mots. J’étais partie en furie et ce con m’avait suivi. Ce fut là que tout s’enflamma, au sens littéral du terme. Depuis que j’étais venue ici, à Edimbourg, j’avais évité relativement les emmerde, avait tout fait pour me fondre dans la masse ; ne jamais attiré l’attention ô combien ça me fut difficile. Je rêvais quelques fois des entraînements que Dom me faisait, je comprenais les conseils qu’il me donnait, me rappelait des entraînements et arrivait en suivre certain tandis que d’autres se dissipaient dans mes souvenirs. Parfois je me demandais si je ne devais pas renouer le contact, pour au moins qu’il continue de me former. Je savais me défendre, mais j’étais encore des plus mauvaises face à lui. J’aurai aimé être une élève exemplaire et magnifiquement adroite et rapide. Seulement je n’avais pas acquiert encore assez d’expérience. Et puis… je ne pratiquais plus…
    Sa voix me parvint à mes oreilles bien avant que je ne réalise que je m’étais perdue dans mes pensées. Revenant à la réalité grâce au son de sa voix. Ses paroles ne me surprirent guère, j’avais l’impression d’entendre la même chanson à chaque fois, surtout concernant les femmes. Qu’est-ce que je pouvais bien dire face à ça ?

    « Ooh, tout ça à la fois ? Si je peux vous donner un conseil, réglez un problème à la fois, ça marche presque toujours. »

    Conseil à la con, je conçois. Il n’était pas encore bourré donc il ne boirait pas mes paroles comme d’autres dont j’avais l’habitude, trop peut-être pour entamer une conversation banale dès les premiers mots.

    « Sauf peut-être pour quelques défauts. » ajoutais-je avec un fin sourire.

    Je prenais note dans ma tête de son whisky et lui proposa… une des seules choses que nous faisions et que les clients commandaient sans cesse d’ailleurs.

    « Je peux vous proposer un hamburger avec des frites… ou une salade si vous préférez. »

    C’était surtout des boissons que l’on servait et on avait déjà pas mal de clients alcooliques, on n’en manquait guère, c’était certain. Donc nous avions une carte très restreinte, mais je ne la connaissais toujours pas. Dans une grande ville, on ne pouvait qu’être débordée, bien que je ne comprenne jamais pourquoi les hommes se saoulaient aussi fréquemment. Je fis un aller-retour pour lui prendre la carte qui n’était pas très fournie et le lui tendit.

    « Avec la carte, ça ira mieux pour choisir. En attendant, je vais chercher votre whisky. »

    Je reparti, avec un tonus qui ne me quittait pas ce soir. Pourtant, j’étais venue à reculons pendant plusieurs jours. J’avais encore peur d’avoir une mauvaise surprise, et à chaque fois que je franchissais la porte avec le son de la clochette si familière, j’avais toujours mon regard qui errait dans la pièce et la peur de revoir son visage de nouveau. Pourtant il ne m’avait pas plus bousculé que ça, et il s’était excusé. C’était surtout que l’on parle de mon frère qui me poussait tout de suite à des choses impossible. J’étais impulsive, mais là j’étais partie au quart de tour, ce qui m’avait trahie d’ailleurs. Je chassais ses pensées alors que je ramassais les verres vides pour les ramener derrière le bar. Je préparais rapidement le whisky et me retrouva de nouveau à la table de l’inconnu.

    « Et voici ! » ajoutais-je en lui posant le verre juste devant lui.

    « Vous avez pu choisir ? »
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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Ven 12 Juil - 14:23

    Je me rendais compte que mes paroles plongeaient la jeune femme dans l'expectative. Il était sûr et certain que mon discours était connu de la serveuse ; ce devait être à peu près le même que celui de tous les poivrots du coin. Et sous cette couverture se cachait un certain degré de vérité, je n'en disconvenais pas. Même si les choses m'atteignaient nettement moins que je ne le montrais... Ma femme était devenue vampire voici des années, nous n'étions plus mariés d'ailleurs, puisque j'avais fait disparaître toutes traces de celui ci en traquant les éléments de mon passé. Je me voyais encore brûler les documents qui nous unissaient pour la vie à l'état civil russe. La serveuse me regardait non sans un amusement que j'imaginais feint. Que cela devait être redondant d'entendre toujours les mêmes histoires, qui racontaient toujours la même chose ! Je lui souriais, l'air d'apprécier de court et futile échange, l'air d'un poivrot qui est face à une belle femme et qu'il croit naïvement qu'il a une chance d'oublier tous ses soucis avec elle. Je suis un instant désemparé du rôle que je joue à la perfection, alors que la jeune femme ne se doute probablement pas un seul instant de ma véritable nature. Derrière ma jeune et séduisante interlocutrice, je voyais toujours ma cible. Ce démon de classe alpha, un des plus puissants, un des plus dangereux. Je continuais de le surveiller pour éviter de le perdre, ce qui signifierait probablement le mort de tas d'autres personnes. Je me fichais bien de la mort des gens ; je ne leur vouait aucun attachement. C'était à l'idée même d'un monde uni que j'étais fidèle, et j'étais prêt à sacrifier, comme je l'avais déjà fait par le passé, des tas et des tas de gens. Je partais d'un petit rire à la petite vanne qu'elle me fit.


    | Je n'y manquerais pas, mademoiselle. Vous avez raison. On ne se refait pas. |


    Je n'avais ni réellement soif, ni réellement faim, mais je rentrais dans la peau de mon personnage. Qui n'était jamais que celui que j'avais été autrefois, un paumé en perdition qui se noie dans le sang, le sexe, l'alcool, pour oublier le désastre et le déshonneur de la perte de l'être tant aimé. Les carnages d'avant les Années Sanglantes n'avaient jamais suffit à combler ce manque atroce que je ressentais, même si je devenais vraiment bon dans le meurtre. Un hamburger frites, ou une salade ? Ca irait. Je ne ressentais plus ni goût ni passion pour mon alimentation depuis des années, me contentant de considérer ce qu'il y avait dans mon assiette comme l'inévitable apport nécessaire au bon fonctionnement de la machine que j'étais devenue. Je prenais la carte que la serveuse me tendit, et l'ouvrit. La belle alla me chercher mon verre pendant que je choisissais. Le démon mangeait et draguait toujours, de l'autre coté de la salle. Je jetais un coup d'oeil au menu, toujours aussi peu familiarisé avec la nourriture britannique malgré les années. Lorsqu'elle revint en me posant le verre devant moi, je ne masquais pas le retour de mon sourire.


    | Merci, mademoiselle. Je prendrais un hamburger frites, avec sauce cocktail, ça m'ira très bien. Je prendrais en même temps une bière brune, s'il vous plait. Mais d'abord, je bois mon whisky. |


    Je jetais un regard autour de moi, et lui dit, tout sourire.


    | Vous n'avez pas encore beaucoup de monde, ce soir. Vous faites quelque chose après votre service? |

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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Ven 12 Juil - 15:16


    J’attendais sagement et immobile à côté de la table, mon regard parcourant quelques fois la pièce lorsque j’avais cru entendre que l’on m’appelait. Beaucoup m’appelait par mon prénom même si je détestais ça. J’avais eu le malheur de le prononcer une fois, et ça avait déjà fait le tour depuis longtemps ; même les nouveaux s’y étaient mis. A la rigueur, s’il n’y avait pas les surnoms qui allaient avec, ça ne me dérangerait guère. J’avais vraiment l’impression que je n’étais pas faite pour servir, mais je n’y échappais jamais bien longtemps. J’essayais donc de prendre sur moi, car c’était le seul revenu que j’avais et j’étais obligé de garder ma place. Je n’étais aucunement qualifié, avait arrêté mes études bien trop tôt. J’avais été forcé, ma voie s’étant dangereusement rapprochée de la mort. Je n’avais pour ainsi dire plus peur, je pouvais encore frôler cette ligne, je ne pouvais pas subir plus que ce que je n’avais déjà eu. C’était vrai ? Que pouvait-on me faire de pire ?
    Mon visage s’était assombrit de plus en plus au fil des minutes qui s’écoulaient, et lorsque je me rendis compte que je n’étais plus présente pour la deuxième fois, j’arborais un tout autre visage. Mon regard se posa de nouveau sur l’homme lorsqu’il prit commande. Encore une fois, j’avais tout en tête, ce n’était pas si difficile avec peu de personnes dans la pièce. Ce n’était aussi que le début de soirée, j’espérais finir mon service derrière le bar, lorsque le monde sera trop important pour que je me mette à fuir. J’essayais par tous les moyens de trouver des parades aux éventuels énervements que je pouvais avoir. Et même si ce n’était pas facile tous les jours, je commençais à acquérir une certaine expérience.

    « C’est noté ! » ajoutai-je gaiement alors que je remettais mon plateau sur le plat de ma paume de main.

    « Vous aurez le temps de finir votre whisky, je vous rassure. »

    Avant même que je ne m’éclipse, sa phrase m’immobilisa sur place. Un nouveau client et déjà ça commençait. J’eu un air soudainement très lasse et exaspérée, même s’il ne m’avait pas fait du rentre dedans comme j’avais souvent eu.

    « Les gens arrivent bien plus tard, donc ne vous en faites pas, j’aurai du travail jusqu’à la fin de mon service qui n’est pas avant une heure du mat’. Et je ne suis pas intéressée, proposez donc cela à une autre femme qui aura tout le loisir de vous offrir une réponse positive. »

    Aussitôt, j’étais partie à une autre table pour ramasser les verres et prendre d’autres commandes. Je n’avais pas été trop méchante, ni trop sèche envers lui. Je l’avais seulement redirigé vers les femmes qui arpentaient le bar et se ferait une joie de combler ses attentes. Je n’étais pas intéressée, combien même il avait été poli. Il était nouveau, alors il ne savait pas encore pour la « serveuse intouchable ». C’était parfois les échos qui me revenait parfois, mais ça amusait bien les hommes qui redoublaient d’effort parfois, c’en était presque épuisant.
    Je me retrouvais derrière le bar, et je fus soulagée d’entendre que dans trente minutes on me remplacerait. En attendant, j’avais des commandes de whisky à servir. Je m’y attelais avec une dynamique presque étonnante, me retrouvant de nouveau devant le bar pour ce coup-ci, servir le plat de l’inconnu avec sa bière brune. Je mis tout sur le plateau rapidement et arriva de nouveau à sa table.

    « Et voilà pour vous. » ajoutais-je en lui posant le plat et sa bière à son niveau, en ayant pris soin de décapsuler la bouteille.
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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Lun 15 Juil - 15:55

    Comme le boulet que j'étais sensé incarner, je commençais à sérieusement gonfler la jeune femme. Etre serveuse ne devait pas être facile. J'en savais quelque chose, pour en avoir fréquenté beaucoup. C'était arrivé plusieurs fois même que je sorte ou que je couche avec certaines d'entre elles, en particulier durant la période très difficile de mon existence où je me perdais moi même dans une route sanglante, reflet de la perdition qui menaçait mon âme. Je ne voulais pas expliquer comment ni pourquoi, mais je comprenais bien plus que beaucoup ce qu'il se passait dans la tête d'une serveuse. Je savais précisément quoi dire pour tenir mon rôle, et n'éveillerais les soupçons de quiconque, ce qui me semblait parfaitement convenir à la situation. Je n'étais pas là pour batifoler, ce qui n'avait d'ailleurs plus aucun sens pour moi. Je n'avais plus âme à la séduction, pour la simple et bonne raison que j'avais accepté depuis longtemps maintenant ma véritable nature. Enchaîner les conquêtes était dangereux car pouvait m'affaiblir. En sus, il fallait trouver un intérêt charnel ou passionnel à draguer des femmes, ce dont je ne disposais plus. Pour moi, ce n'était plus qu'une couverture, ou rien du tout. La satisfaction de mes besoin primaires ne s'accomplissait pas en ces termes, puisque j'avais longtemps disposé de la proximité de Cora. Elle était un peu amoureuse de moi, et aimait par dessus tout le sentiment de sécurité que je lui procurais. Moi, j'en avais aussi retiré ce qui m'était nécessaire. La serveuse reprit ses airs avenants, ceux qu'on était en droit d'attendre d'une personne dont l'emploi consistait à nous servir. La bonne humeur semblait une condition sinequanone. Je lui souriais. Un pauvre hère à moitié alcoolique ne se vexe pas des rebuffades, il en est coutumier.


    | Parfait, alors! |


    Sa rebuffade était claire, nette, inspirée. J'étais un poivrot en mal de chaleur humaine, mais je n'étais pas un violeur ni un pervers. Je lâchais prise, en ayant le bon sens de prendre l'air contrit de l'individu qui a été repoussé, ce qui lui fait non pas se sentir coupable, mais seul, terriblement seul. Tant pis. Ma couverture est parfaite, et elle réagit très bien. Maintenant, je suis fondu dans la masse. Plus personne ne se méfiera du pauvre type en train de se bourrer la gueule et d'avaler un morceau en laissant filer les heures. Je ne lui répondais pas, visiblement trop gêné pour ça. On ne tente pas le diable et on n'est plus très tenace, quand on rencontrait la situation que j'en étais venu à jouer. Le démon que j'étais venu chercher draguait toujours. Je sirotais mon verre, le goût âcre et parfumé du whisky emplissant mes sens. Le démon n'allait pas passer toute sa soirée ici. Il fallait qu'il bouge. Qu'il fasse sa victime, ou qu'il lui fasse subir ses dépravations, en bon rejeton de l'enfer qu'il est. J'en oublie presque de regarder la serveuse lorsqu'elle vient me servir mon plat. Je la remercie silencieusement, d'un signe de tête, lorsque je me saisis de ma bière. Je n'ai pas le temps de toucher à la nourriture que le semi démon se lève, et vas aux toilettes. Je le laisse faire. Il ne sortira pas. Il ne m'a pas repéré. Je regarde la fille en face de lui, sous le charme. Pauvre chose naïve. Je déboutonnais ma veste, mais que sur le haut. Je ne voulais pas révéler le poids de mon pistolet. Le semi démon s'attardant, je me mis en tête de finir mon plat, ce que je parvins à faire rapidement. Rappelant la serveuse en levant deux doigts. Le jeune espagnol était retourné s'asseoir.


    | S'il vous plait ! Vous connaissez un peu les habitués ? Le type là bas, il me dit vaguement quelque chose... Mais je ne voudrais pas m'approcher de lui sans me rappeler son nom vous voyez ? Il vient souvent ici? |

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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Lun 15 Juil - 18:00


    Je fus surprise de ces deux mots. Deux misérables mots qui me firent un soulagement instantané. Il était nouveau, mais il semblait réfléchir avant de parler. Peut-être n’était-il pas assez entamé par l’alcool pour pouvoir être lourdingue comme savait le faire certains. C’était bien, un bon point pour lui finalement, car j’apprécierais de le servir une nouvelle fois s’il le fallait ; ce qui n’était pas le cas de tout le monde. Mais bon, un boulot est un boulot, et je ne pouvais guère être sélective ni trop exigeante quant au choix très restreint qui se présentait à moi. J’avais envisagé de changer de boulot pour en prendre un autre, mais lequel ? Je ne savais pas vers qui me tourner car le mieux aurait été de me pistonner dans n’importe quel autre domaine. Je pouvais changer de bar ou travailler dans une boîte de nuit, mais finalement, le mieux était de rester ici. Les clients commençaient à bien me connaître et je me faisais une réputation un peu de sainte ni touche ou de femme à très fort caractère. Ça me convenait, qu’ils aillent voir ailleurs, je m’en portais que mieux.
    Je restais donc presque abrutie devant ces quelques

    « On va bien s’entendre dans ce cas. » lui lançais-je avec un sourire.

    « N’hésitez pas à m’appeler, je serais pour un moment derrière le bar. » ajoutai-je avant de filer vers le bar.

    La pièce commençait à se remplir, l’ambiance montait peu à peu et j’étais ravie de ne pas avoir à faire à une bagarre dès le début. Ca arrivait quelque fois, c’était régulier mais c’était rare que ça dégénère vraiment. Les éclats de rire des femmes s’intensifiaient parmi ceux des hommes. J’avais toujours trouvé aberrant que certaine soit déjà sur les genoux à batifoler. Généralement, je m’arrangeais pour ne pas aller les servir, manquant de peu que mon aberration ne se transforme en parole très désagréables. Ca restait des clients et je devais me contenir, même si parfois il y avait des soirs où je n’arrivais pas. C’était le cas de cette soirée, je n’avais pas la tête à voir des femmes se dévoiler autant, qu’ils prennent une chambre !
    Mon exaspération se dissipa très vite alors que je servais les clients accoudé au bar. Les verres de whisky s’enchainaient et les bouteilles se vidaient à vive allure. Il fallait que j’aille en chercher à la réserve. Je m’exécutai rapidement, passant dans l’arrière-boutique quelques instants pour revenir avec un pack de six bouteilles. Il y eu une exclamation vive de la part des soiffards comme si je ramenais quelque chose de précieux. Je ne pouvais pas comprendre leur joie, je n’appréciais pas les alcools forts, sauf si on me proposait un cocktail. J’avais un palais qui se voulait raffiner. Je rangeai les bouteilles à leur emplacement respectifs et servait les derniers verres commander avant de lever la tête pour apercevoir quelques mains levées. Je pris mon plateau et fit le tour rapidement des tables avant de m’arrêter à celle de l’homme dont je ne connaissais toujours pas le nom. J’évitais de faire connaissance la première pour leur éviter tout soupçon de drague.

    « Je commence à connaître les habitués oui. En revanche, lui, ça fait pas longtemps qu’il côtoie ce bar, quelques mois je dirais. Pour ce qui est de son prénom, il me semble que c’est Manuel, quant à son nom, je n’en ai aucune idée. Pourquoi vous intéressez-vous à lui ? »

    Une question que j’aurai mieux fait de garder pour moi. Sauf qu’elle était sortie toute seule. Je préférais me méfier des questions indiscrètes, bien que je lui aie répondu aussi clairement que je pouvais le faire. J’avais souvent entendu des femmes exclamer son prénom d’un ton mielleux dans le bar, mais pour ce qui est du reste, je n’en savais pas plus. Des haussements soudain de voix me firent me retourner, et lorsque j’aperçu deux hommes, l’un assez mastoc et l’autre d’une musculature à toute rivalité, commencer à s’insulter et à échanger des coups. D’un mouvement très rapide, je jetais le plateau que j’avais en main, ne voyant pas qu’il tapa contre la bière la faisant chavirer sur le côté et se vider instantanément. Je me dirigeais rapidement vers les deux hommes, me mit par réflexe au milieu pour les arrêter dans leur débâcle puérile de preuve de virilité. J’avais déjà fait ça auparavant et je calmais beaucoup de personne par mon interruption entre les deux personnes, sauf que là, il y eut un raté. Essayant de calmer l’un qui venait de se faire de nouveau insulter, je me pris un méchant coup dans la mâchoire, manquant de peu de me faire tomber. Le temps de retrouver mes esprits, mon poing partit tout seul vers le visage de l’homme. On m’interrompit moi-même dans mon geste par un collègue qui était venu à la rescousse. J’eu le temps de leur sortir un « Dégagez-moi de ce bar à la minute et réglez vos affaires dehors !! » avant que la douleur ne se fasse trop intense pour articuler davantage. Je réalisais après coup que je saignais de la lèvre, mon collègue venait de me le faire remarquer, mais au moment où il voulut poser sa main sur ma joue juste pour vérifier les dégâts, je lui sortis un « C’est bon, lâche-moi ! » qui me réveilla la douleur en moins de deux. Ca y est, ces deux blaireaux m’avaient énervée, et je sentais en moi cette puissance familière et dangereuse qui m’alertait. Il fallait que je descende de deux crans ma colère sinon j’allais finir par flamber ce bar à la con !
    Alors que les deux hommes avaient l’air calmés, je me dirigeais directement vers le bar pour retirer mon tablier et pointer mon arrêt de service avant l’heure.

    « Après ce qu’il s’est passé, j’ai bien le droit à un arrêt de service avant l’heure ! Si ça vous dérange, remplacez-moi, j’en n’ai rien à foutre ! » annonçai-je plus qu’irriter vers le mec qui était censé nous diriger, le sous-patron en quelque sorte, avant de me diriger vers la sortie.

    Chaque mot articulé était un calvaire, mais je n’étais pas du genre à me plaindre de la douleur. J’aurai mieux fait de rester à la table de l’inconnu. Je réalisais soudainement que je l’avais carrément planté et sûrement arrosé avec mon plateau que j‘avais balancé sur la table. Tant pis, je laissais à d’autre le soin de réparer mes dégâts, si infimes soient-ils.
    L’air frais me fit du bien, autant pour me refroidir que pour calmer cette joue qui me faisait souffrir. Je tatais encore cette lèvre qui était fendue et constatait moi-même que je saignais, en plus du goût ferreux que j’avais dans la bouche et qui ne quittait pas mon palais. Je lâchais un juron, si j’avais su que ça se passerait comme ça, je serais restée tranquillement chez moi.
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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Lun 15 Juil - 23:44

    Mes paroles semblaient raviver l'espoir chez la serveuse que je n'étais pas un connard fini, puisque nous en étions même arrivés au point où elle me dit que je pouvais l'appeler si j'avais besoin de quoi que ce soit, qu'elle n'était pas loin. Et qu'on allait bien s'entendre. Langage commercial, mais quand même. J'avais redressé la barre. Et on me prendrait peut être un peu moins pour un bouffon aux tables alentours ; on fera sûrement même encore moins attention à moi. C'était un fait. Je reportais mon attention sur mon burger. Savoureux, même si je ne retirais aucun plaisir dans le fait de manger quelque chose de bon. Je le remarquais, c'était tout. Le pain était correct, la viande bien cuite, le fromage fondu à point. Les frites étaient grillées mais à la chair encore bonne. C'était copieux. J'allais faire le plein d'énergie, même si je n'étais clairement pas là pour ça. De l'énergie à brûler, j'en avais toujours suffisamment pour tuer un type qui s'y croyait un peut trop. Je remarquais en même temps que je mangeais à quel point ma serveuse semblait dégoûtée du comportement de certains couples, ou plus particulièrement, de celui que formait le semi démon avec ce qu'elle ne savait pas être sa prochaine victime. Lui était la mienne. Que l'humaine vive ou meure à la fin de l'opération m'importait guère. Je me battais pour un idéal bien plus élevé que la survie de l'intégralité des personnes peuplant ce monde. L'unité avait un prix qu'il fallait parfois payer au prix fort. La vie n'était jamais qu'un moyen d'y parvenir, une monnaie pour façonner le destin. Le sang permettait de payer l'addition, comme depuis le début des temps de ce monde. Quand elle revint à moi répondre à ma question, elle se fit curieuse, et elle me confirma bien l'identité du type que je surveillais depuis un moment maintenant. J'étais sur la bonne piste. Je pouvais le liquider discrètement dès qu'il partirait. J'offris un parfait sourire d'ivrogne à la jeune femme en continuant de boire ma bière. Sèche et âcre, elle était elle aussi bien brassée. Ce n'était pas comme la majorité des bières anglo-saxones. Peu goûteuses, de la pisse comme on disait chez nous.


    | Oh, pour rien. Je suis commercial dans une imprimerie. Je l'ai peut être rencontré en visitant une boîte du coin, ou en rendez vous pro... Je ne sais pas. Peut être suis je en train de me tromper ? Ce ne serait pas la première fois, remarque! |


    Les évènements s'enchainèrent très vite. Une bagarre éclata. La serveuse réagit et se prit un mauvais goût. Je ne bougeais pas, autrement que pour avoir l'air bêtement surpris d'un client qui est en train de se faire arroser de bière, ce qui était précisément le cas. Elle se battit. Elle perdit. La serveuse se barra une fois la bagarre fini. Je me levais à sa suite, laissant un billet sur la table. Je contournais les deux bagarreurs de service, en les frôlant précautionneusement. J'aurais pu les tuer, là ici et maintenant, avec ma fourchette ou même rien du tout. J'aurais pu venger l'honneur et la fierté blessés de la jeune femme. Sans problème, froidement, mécaniquement, leur briser la mâchoire ou les bras. Mais je ne le fis pas. Je sortais. Un vent frais balaya l'allée et redressa mes cheveux sur la tête. Je sortais une clope. La fille était toujours là. Je tirais un mouchoir de ma poche intérieure de veste et le lui tendit. D'un regard, je m'assurais que Manuel était toujours là.


    | Un mouchoir, mademoiselle ? Ils vous ont pas raté ces connards... Vous tenez le coup? |


    Mes sens développés par ceux de Krystel avec qui j'étais lié m'avertir de quelque chose. Manuel sortait avec sa pouffe. Je tendais mon bras à la serveuse, laissant le semi démon prendre de l'avance et à s'esclaffer avec la donzelle.


    | Venez, je vous emmène faire un tour. Juste pour nous changer les idées. Promis, je suis pas un pervers, et promis, je ne vous draguerais plus. Mais vous avez besoin de sortir ou vous allez exploser |

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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Mar 16 Juil - 17:46


    Je remémorais mes souvenirs. Je n’avais pas un seul instant hésité, j’avais foncée tête baissée – coupant presque la parole à l’homme attablé – et j’avais peut-être mérité ce coup en pleine face. Ce que je n’acceptais pas, c’était que je m’étais ridiculisée devant toute une populace, un public qui avait tourné les yeux dès l’instant on les deux hommes s’étaient levés. Il n’avait donc pas pu rater le coup de théâtre par la suite, soit mon étourdissement soudain mêlé à une immense surprise. J’avoue que si je ne m’étais pas contrôlée à ce moment-là… Je respirais un bon coup l’air frais du dehors. Je fuyais les gens et jetais des regards noirs à ceux qui me regardaient, histoire de les dissuader de toute tentative de discussion. Ce n’était plus le moment, et si jamais je recroisais ces deux connards dans le bar ou où que ce soit, je finirais ce que j’avais commencé, et personne ne pourra m’arrêter dans mon geste. Je soufflais longuement. Je pensais cela sur le coup de la colère, mais après, il fallait que je reste discrète et que je me canalise. Ce n’était pas gagné en ce moment alors que je ressentais une vague de chaleur me parcourir de toute part. Mes mains brûlaient d’une fureur nouvelle. Je n’avais envie que d’une seule chose, retourné dans ce bar pour lui marteler la tronche, et par ailleurs le cramer, c’était envisageable au vu de mon état plus qu’instable. Je devais rentrer. Oui c’était cela. Alors que j’entrepris ma marche vers mon appartement – en réalité j’avais fait tout juste deux pas – j’entendis une voix m’interpeler. Je ne reconnue pas tout de suite la voix, me disant qu’une voix masculine ne pouvait être qu’un connard de plus.

    « Si tu oses ne serait-ce que… »

    Je m’interrompis brusquement alors que je m’étais retournée tout aussi violemment. J’étais là en face du mec que j’avais quitté plus tôt et où j’avais balancé sur sa table mon plateau pour foncer vers la bagarre. La surprise sur mon visage ne dura qu’une fraction de seconde, et je regardais sa main qui me tendait un mouchoir. Je le pris en le remerciant pour tamponner ma lèvre qui me faisait un mal de chien et qui était très certainement gonflée. Ce qu’il me fallait, c’était surtout de la glace pour m’apaiser et diminuer l’inflammation. Je voulais éviter de ressembler à un espèce d’hamster et que cela s’éternise surtout.

    « Désolée, je pensais avoir à faire à… un autre connard. Ce début de phrase ne vous était pas destiné, si du moins vous restez calme. Et… » je regardais sa veste où l’on pouvait encore apercevoir la bière qui avait coulé « je suis aussi navrée de vous avoir arrosé et d’être parti sans même vous avoir débarrassé et donné l’addition. »

    Je tamponnais encore ma lèvre qui  n’arrêtait pas de saigner et je me demandais si ça allait s’arrêter d’ailleurs. Comme si j’avais besoin de ça… je n’imaginais pas travailler de nouveau demain, je me ferais un plaisir de prendre une journée de congé. Le patron me devait des heures depuis x temps, alors il ne pourrait pas me les refuser. Juste un jour, pour me permettre de me poser et de me calmer, histoire que je ne saute pas sur les deux hommes pour exploser tout un quartier. Je plaisantais intérieurement, mais en réalité, la colère ne descendait pas. Je suivis le regard de l’homme qui était à côté de moi lorsqu’il regarda ce Manuel sortir, puis reportai mon attention sur lui. Je failli lâcher un rire à son dernier mot. S’il savait vraiment que je pouvais réellement faire exploser quelque chose, ou tout du moins, la brûler sans le moindre effort… ou presque. Il était vrai que ça me pompait de l’énergie à chaque fois que mon pouvoir se déclarait, et comme je ne faisais rien dans la dentelle, j’étais à chaque fois épuisée. Je devais donc à tout prix essayer de me contrôler, par tous les moyens possibles. Je pensais alors soudainement à Dom, mon regard se fit mélancolique un instant pour revenir presque aussitôt à la réalité. La douleur à ma lèvre et ma joue ne pouvait me laisser de répit plus de quelques secondes.

    « Ya intérêt, sinon je vous promet de lâcher rien que pour vous le poing qui n’a pas fini son trajet et qui me démange énormément à présent. »

    Ceci pour lui faire comprendre que je n’étais pas d’humeur courtoise tout simplement. Je ne sais pas pourquoi, j’acceptais de marcher avec lui, cependant, je ne pris pas le bras qu’il me tendait. Mes mains étaient brûlantes, je ne voulais pas risquer de faire découvrir mon identité. Mais était-ce bien sage de rester à marcher avec un inconnu ? Ça ne me ressemblait pas, qu’est-ce qui me prenait ?

    « Puis-je au moins savoir votre nom ? Histoire de ne pas rester dans l’ignorance, je déteste ça. Et puis, je n’aime pas marcher aux côtés d’un inconnu. »

    Je n’aimais guère marcher avec un homme tout court, mais une petite marche ne me ferait pas de mal. Il avait l’air aussi d’avoir compris que j’étais une femme à caractère et que je ne cherchais aps à satisfaire mes désirs en parcourant les clients. C’était peut-être ce aspect-là du personnage qui me mettait un peu plus à l’aise.
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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Mer 17 Juil - 0:04


    Manuel avançait, la cible était mobile La fille pendue à son bras. Mon esprit analysait à toute vitesse les différentes opportunités, et les conséquences de celles que je choisirais de privilégier. Si je préférais foutre ma couverture par terre, je pouvais l'attaquer ici et maintenant avant qu'il n'aille éventuellement dans un endroit inaccessible. Mais depuis que je disposais de sens, de forces et d'endurance accrue grâce à mon lien avec Krystel, très peu d'endroits répondaient à cette caractéristique négative. J'étais plus fort, plus rapide. Je pouvais aller où je voulais. J'étais tenté du coup de suivre le semi démon jusqu'à sa planque, quand il coucherait avec l'humaine jusqu'à lui faire bouillir le sang, une fois son plaisir pris et ses pulsions rassasiées. J'avais émis l'hypothèse au fil des années sanglantes qu'un semi démon qui s'ignore n'est pas une priorité en terme d'assassinat. Plus urgent est le cas de ceux qui avaient conscience de leurs pouvoirs, et plus encore ceux qui en usaient constamment. J'avais noté au sein de l'entourage de Caim lorsque celui ci se battait pour les vampires, que les semis démons qui étaient là depuis le plus longtemps, dans nos équipes de tueurs, étaient aussi ceux qui utilisaient le plus leurs pouvoirs, pour tout et pour rien, et qui voyaient leur arrogance décuplée. Ils devenaient incontrôlables, persuadés que leurs petits tours les protégeaient de tout et n'importe quoi. Grave erreur. Je n'en avais jamais rencontré à l'épreuve des balles. Et un liquamenpathe comme Manuel n'avait aucune chance. J'étais plus vif, plus rapide. S'il ne m'avait pas tendu un piège, ce dont je doutais sérieusement, je n'aurais aucun mal à l'abattre. Il fallait que je reste concentré. Si je le prenais sur le vif avec sa gazelle du soir, j'augmentais mes chances. J'étais prêt à la sacrifier. Tout comme j'étais prêt à sacrifier la femme qui m'accompagnait depuis... Quelques secondes. D'ailleurs, ce n'était pas encore joué puisqu'elle n'avait pas encore accepté. Je me rendais compte que j'étais peut être un peu présomptueux, mais cela n'avait au final que peu d'importance. Elle s'excusa, mais je ris doucement de ses paroles.


    | Un autre connard ? Vous seriez d'accord avec mon ex femme, elle aussi pense que j'en suis un. N'en parlons plus, si vous vous faites pardonner en tout bien tout honneur. |


    On ne pouvait pas dire que je n'y mettais pas les formes. Je laissais faire la jeune femme avec le mouchoir qu'elle avait sélectionné. Elle tamponna ses lèvres endolories et commençait à avoir le visage qui enflait légèrement. Dommage, d'un point de vue esthétique. Elle était déjà tellement jolie. Quelque part, cela ne lui donnait qu'un air de fragilité qui ne faisait que souligner ses traits délicats, et j'imaginais que ce ne serait pas pour déplaire à bien des hommes. J'haussais les sourcils quand elle m'envoya sa menace à peine voilée. Peu importait, je le pris sur le ton de la rigolade comme l'alcoolo mal embouché que j'étais ce soir. Je remballais le bras tendu en haussant les épaules.


    | Vous avez un sacré caractère, mademoiselle. Je suis étonné que vous avez pas explosé ces deux mecs. |


    Nous nous mîmes à marcher, et elle me demanda qui j'étais. Je répondis avec une franchise incroyable, de sorte à ce qu'elle ne pouvait savoir si c'était du lard ou du cochon. Intérieurement, je m'amusais de la situation.


    | Moi ? Je suis un homme mort. Depuis un bon moment. Ca semble crétin de dire ça, mais je ne suis plus le même depuis que je n'ai plus ma femme. |


    Je réglais ma vitesse de sorte à ne pas aller trop vite et laisser une bonne avance à ma cible.


    | Et vous ? Sauf votre respect, vous n'avez pas l'air d'être une serveuse dans l'âme, je vous aurais vu ailleurs à faire autre chose... |

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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Mer 17 Juil - 14:24


    J’aurai pu être surprise de sa remarque concernant sa femme, mais j’avais beaucoup d’expérience dans le domaine. Ceux qui venaient faire un tour dans ce lieu si commun ne rêvait que d’une vie plus tranquille et paisible. Ils n’avaient pas de vie de couple au bonheur idyllique, ni même de famille d’ailleurs qui les soutenaient. Nous étions – moi-même et les autres serveurs – peut-être les seuls personnes qu’ils voyaient en dehors de chez eux. Pour la plupart, il était divorcé depuis longtemps, c’était peut-être le cas de cet homme. J’avais pour habitude de demander un peu ce qu’il s’était passé, sauf que là, rien ne m’y obligeait, je n’arborais plus l’air compatissant de serveuse. Parfois, je me demandais pourquoi les gens s’ouvraient à moi aussi facilement. Jamais je ne pourrais faire pareil, je ne parlais jamais de moi, étant toujours sur la réserve ou évitant bien efficacement une question posée qui ne m’enchantait guère. C’était devenu une habitude, et puis avec les alcoolos, tout passait très bien dans l’humour.

    « Me faire pardonner ? Tsss… je peux éventuellement faire un geste commercial, rien de plus. »

    Ça lui donnait une réponse très radicale et j’évitais les réponses évasives, je ne souhaitais guère réveiller ses pulsions d’homme ; même s’il m’avait promis de ne plus jamais me draguer. J’étais à moitié sceptique quand même, les hommes avaient des besoins non ? Les femmes aussi d’ailleurs, sauf que pour ma part, cette part d’excitation c’était envolé à la minute où… Je secouais la tête, me concentrant sur la douleur de ma joue qui n’arrêtait pas de me lancer par intermittence mais tellement régulier. Il fallait que je stop mes pensées avant que ces flashs ne me reprennent, si ce n’était pas déjà trop tard. C’était pour cela que j’évitais la compagnie des hommes, ça me rappelait que trop bien ce que j’avais vécue. Je remis machinalement mes bracelets en place sur mes deux poignets. Ceux que je ne retirais jamais, même au travail, me permettant quand même de cacher mes deux cicatrices que j’avais ; même si dans un sens je préférais que l’on voit celles-ci plutôt que celles éparpillée sur mon corps.

    « Je l’aurai fait avec grand plaisir, s’il n’y avait pas eu mon collègue pour m’arrêter en pleine lancée. »

    C’était vrai, s’il ne m’avait pas arrêté, mon poing serait arrivé à destination et je l’aurai peut-être même brûlé, si ce n’est cramé tout court. C’était bien dans un sens qu’il m’ait arrêté, même si je l’avais envoyé paître presque aussitôt. J’avais eu le bon réflexe, mais ça avait été surtout sa main qui s’approchait de mon visage qui m’avait effrayé.

    « Pourquoi ne pas essayer de la reprendre alors ? Vous vous sentirez plus vivant peut-être. »

    Ces mots étaient sortis tous seul de ma bouche, mais sa réponse avait été des plus… troublantes. Oui c’était cela. Personne ne m’avait répondu aussi honnêtement, si du moins il était franc avec moi. Et puis… je m’en fichais un peu, quelle était la probabilité pour que nous remarchions ensemble une fois ? Aucune. Il avait juste eu de la chance d’arriver à un moment où m’aérer la tête me ferait sans doute du bien. Au moins, ce qui me rassurait, c’était que mes mains ne semblaient plus aussi brûlantes que tout à l’heure. L’air frais avait du bon finalement.

    « Nous n’avons malheureusement pas tous la chance de prendre le chemin le plus direct pour arriver à nos fins. Moi ? J’ai été détournée, si je puis dire. »

    Je ne pouvais plus envisager une vie normale, surtout depuis que le monde avait changé, depuis que ce buveur de sang m’avait changé. Pourquoi accepter d’être serveuse ? Parce que je n’avais pas trouvé autre chose et qu’à la fin du mois, le salaire tombait. Point. C’était comme ça, j’avais besoin d’argent et ce job me servait à ça, rien d’autre. Si j’avais pu être milliardaire, je serais sûrement autre part. Je souris lorsqu’il m’envisageait faire autre chose.

    « Et j’ai une tête à faire quoi ? » lui répondis-je en l’observant du coin de l’œil.
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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Jeu 18 Juil - 21:24

    J'avais noyé le poisson comme j'avais pu, pas tout à fait convaincu que la jeune femme relancerait le sujet puisque d'après ce que j'avais compris, elle devait en avoir plus qu'assez des gros lourds qui draguaient ouvertement les serveuses au Celtic Pub, ou alors la clientèle qui jouait assez peu innocemment au jeu du chat et de la souris entre sexes opposés ou même du même sexe. Pour ce que j'en savais. Je misais tout en tous cas sur la confiance que j'affichais, cette force sereine et cette mainmise silencieuse sur mes propres réactions. Je ne voulais pas que l'on découvre trop de choses sur moi, ni que je sois forcé par les évènements à mentir outre mesure sur la réalité de mon existence. Me perdre dans les mensonges était toujours une fausse bonne idée. Depuis longtemps, les agents secrets avaient compris qu'il ne fallait jamais s'inventer une couverture totalement hors de contexte avec leur histoire personnelle, sinon le moindre faux pas pouvait s'avérer désastreux. Je ne souhaitais absolument pas en arriver là. Et dire la vérité avait un petit effet libérateur sur moi, effet dont je ne me privais pas un seul instant. Après tout, les distractions, si je n'y goûtais que peu, étaient indispensables pour faire le vide dans sa tête. Je me distrais en mentant et en tuant des gens. Vous avez trouvé le sociopathe de la décennie. Je bondissais sur la perche qu'elle me tendait avec l'avidité de l'alcoolique qui fonce tête baissée sur la moindre proposition... Même pas sexuelle en plus!


    | Un geste commercial ? Pour moi, happy hour toute la journée? |


    Pathétique, mais je m'amusais bien à jouer des émotions que je ne ressentais plus depuis des lustres. En plus, la jeune femme ne me montrait en aucune manière qu'elle était ouverte ou au dialogue, ou à l'humour. Dans le temps, je me serais détourné, serait rentré dans le bar, aurait recommandé un whisky ou deux... Ou trois, ou quatre. Et j'aurais fini avec une inconnue, une autre serveuse, ou une pute. Le lendemain, je me serais réveillé ivre mort en me demandant à quel point j'avais encore dilapidé l'argent du sacro-saint-siège du Vatican au lieu de terminer ma traque et d'éliminer le Semi Démon. Cela dit, j'avais peut être beaucoup tiré sur la corde, mais j'avais aussi largement contribué à la destabilisation de la société à cette époque là en massacrant vampires et collabos humains à tour de bras, et un certain nombre de fois même par accident, ne souhaitant pas en tuer autant mais les circonstances s'étaient souvent avérées explosives... Comme cette explosion imprévue quand j'officiais avec Andréa, ou encore comme ce carnage d'humains quand j'avais posé des bombes à clous d'argent à la sortie d'une boîte de nuit de vampires. J'en avais du sang sur les mains... Mais j'avais été plutôt efficace. Je partais d'un petit rire amusé lorsqu'elle me dit qu'elle en avait été empêchée par un collègue. Je remarquais ensuite qu'elle était suspicieuse, mais je ne laissais pas mon sourire se fâner.


    | Détournée ? Comment ça ? Je sais pas. Vous etes une battante, vous avez pas l'air conne et vous vous laissez pas faire. Je sais pas, je vous aurai bien vu boxeuse ou alors manager, je sais pas. Un truc où vous êtes pas obligée de vous laisser pourrir par les gens qui vous entourent. |


    Manuel, loin devant nous, se posa dans un autre bar, en terrasse. Je proposais d'un geste à la serveuse de prendre place à la terrasse d'à côté.


    | Ca la fout mal quand même, je vous paie un verre sans même savoir votre nom. Vous vous appelez? Moi, c'est Philipp. |

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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Lun 29 Juil - 15:45


    Autant dire que ma proposition quant au geste commercial que je pouvais faire ne passa pas à côté de l’oreille attentive de l’homme qui était à mes côtés. Ce fut presque marrant, mais en même temps, c’était justifié. Je l’avais trempé de bière, ce n’était pas si agréable que ça. J’aurai peut-être même été moins calme à sa place. J’avais toujours un feu dormant en moi, et je partais en vrille assez rapidement. Les entrainements que je faisais seule n’arrangeait rien du tout. Je n’avais aucune progression, et je ne pouvais pas me permettre d’en faire chaque jour, j’avais peur de me faire repérer. Toujours cette peur en moi de me faire prendre avant même que j’ai pu finir cet objectif qui me paraissait toujours aussi lointain. Je ne savais d’ailleurs pas du tout ce que je deviendrais ensuite, une fois cette quête inachevée accomplie. Peut-être ne serais-je pu de ce monde finalement. Alors que j’errais dans mes pensées, je ne réalisais pas que je souriais de sa réponse.

    « Alors là, pour cela, il faudra voir avec le patron. »

    C’était vrai d’ailleurs. On avait des soirées où on pouvait cela mais ça ne durait qu’une heure et c’était toujours à des heures très tardives. Et puis, ce n’était pas nous, les serveurs, qui allaient prendre ce genre de décision. A la rigueur offrir un verre ou deux, ça passait, ce que j’avais proposé à cet homme ; et c’était bien rare venant de ma part !
    Mon sourire se dissipa bien vite lorsqu’il avait tilté sur le mot « détourné » que j’avais prononcé moi-même. Un mot de trop, car il avait l’air bien curieux à chaque phrase que je sortais. Il fallait manifestement que je sois plus prudente sur ce que je disais. C’était vraiment étrange cette balade et cette discussion finalement. Qu’est-ce que je foutais là ?

    « Pas l’air conne ? Merci du compliment. » ajoutai-je faussement amusée.

    « Si seulement j’avais eu le choix… Sauf que j’ai rien décidée, si je suis encore dans ce bar, c’est juste pour la rentrée d’argent, rien de plus. »

    Je m’arrêtais soudainement, le regardant plus attentivement, réalisant brusquement quelque chose.

    « C’est marrant d’avoir une telle discussion avec un poivrot. Vous avez d’autres conseils peut-être ? » ajoutai-je sur le ton de la plaisanterie.

    Oui voilà que je me mettais à plaisanter. Ça sonnait un peu faux, mais je rigolais rarement avec les personnes que je ne connaissais que très peu. Comme cet homme où je me demandais pourquoi il n’était pas avec une pimbêche pour passer la nuit. Il était attirant tout de même. A cette pensée, je détournais le regard, presque ahuri de ma pensée qui m’avait traversé l’esprit à l’instant. Puis je fus surprise de sa soudaine proposition. J’haussais un sourcil avant de poser mon regard de nouveau sur lui.

    « Attention, j’accepte seulement si ce n’est pas un rencard. »

    Il fallait dire que j’avais bien besoin d’un alcool fort, au moins pour calmer cette douleur, ou juste l’oublier ; car à chaque fois que j’ouvrais la bouche, je sentais le tiraillement jusqu’à ma joue et ma mâchoire. Je m’avançais à la table et entrepris de m’assoir.

    « Alienor, mais je suis sûre que vous l’avez déjà entendu dans le bar, non ? »

    HJ:
     
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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Mar 30 Juil - 15:24

    Petit à petit, j'amenais la jeune femme à se détendre, ce qui ne semblait d'ailleurs ne pas être une mince affaire au vu de son caractère profondément colérique et insatisfait, selon en tous cas ce qu'elle voulait bien me montrer. Je ne savais pas si elle était toujours comme ça, et très honnêtement, je m'en fichais. Je n'avais pas pour vocation quand j'étais en mission à me trouver des amis, des conquêtes ou toutes ces futilités que j'entretenais autant par plaisir que par désespoir quelques années plus tôt. J'avais bien changé. Autrefois, la plastique de la serveuse m'aurait rendu fou, et j'aurais su la séduire. Maintenant, mon esprit notait que je pouvais très bien désirer ce corps, mais surtout qu'elle servait utilement mes desseins, à savoir me filer une couverture quasiment parfaite pour suivre le semi démon et l'exécuter. Il ne fallait pas que l'on se leurre, pourtant. Couverture ne voulait pas dire lien, car je voulais éviter à tout prix éviter de me trouver encore engoncé dans une relation avec quelqu'un qui serait susceptible de me trahir ensuite, même sans le vouloir. Victoria avait été une erreur que j'avais rectifié de la plus tranchante des manières, une fois que cette relation avait fini de m'apporter des avantages pour se concentrer sur les inconvénients. L'attachement qu'elle avait ressenti pour moi, la surveillance involontaire et passive qu'elle mettait en place autour de moi. Mimer une vraie relation avait été un rôle trop compliqué pour moi. Je ne menais tout simplement pas une vie susceptible de donner naissance à ce genre de double rôle. C'était trop compliqué, les imprévus dans ma situation « normale » étant bien trop nombreux pour que je puisse mener tranquillement une petite vie de couple. La serveuse me tira de mes pensées en me disant qu'il fallait voir avec le patron. Immédiatement, je repris mon air jovial.


    | Ah ça, je n'y manquerais pas! |


    Ouais, un poivrot ça ose tout, et surtout n'a honte de rien. J'étais parfait à ce petit jeu là, je n'avais jamais qu'à rejouer ce que j'avais pu être autrefois. Je savais bien que la serveuse ne pouvait rien décider d'elle même, elle n'en avait tout simplement les prérogatives. Quoiqu'il en soit, je remarquais son espèce de gêne ou de malaise, je ne savais pas trop, lorsque je tiquais sur les mots qu'elle employait. Il fallait que je prenne garde, à me montrer trop incisif je quittais les balises qui encadraient mon rôle. Il ne fallait pas que j'aille trop loin, ou bien je perdrais mon principal atout, et ça je ne le souhaitais pas le moins du monde. Je haussais les épaules à ses paroles suivantes, compatissant silencieusement et discrètement à son sort. Je répondis à son sourire par le miens, alors que les rôles s'étaient curieusement inversés au fil de notre conversation.


    | Oui, je vois ce que vous voulez dire. Un conseil ? Je sais pas. Quelque part, le même que vous ? Profiter de la vie et vous reprendre. Un job n'est jamais plus qu'une rentrée d'argent ; à vous d'en changer. Vous n'êtes pas bête, vous êtes jeune, vous trouverez bien. |


    La confiance insupportable du mec plus âgé, je la jouais également à la perfection, c'était un fait. On ne pouvait pas dire que je ne comprenais pas les caractéristiques du rôle qui était le miens, pas avec tout ce que j'avais saisi. Les gens plus âgés sont toujours convaincus que la jeunesse se suffit à elle même pour avancer dans la vie. Quand je regardais ne serait ce qu'une dizaine d'années en arrière, j'étais tenté de dire que j'étais d'accord. A l'époque, il n'y avait que ma jeunesse qui me poussait en avant, avec la témérité propre à cette classe d'âge. Surprise de la proposition que je lui faisais, la jeune femme se reprit très vite pour accepter si ce n'était pas un rencard. Je partais d'un petit rire, ouvertement amusé. A l'intérieur, je n'étais que concentration, pour ne pas perdre de vue le type que je suivais.


    | Vous ne lâchez jamais, n'est ce pas? |


    Je n'attendais pas vraiment de réponse. Je fis un signe de dénégation en m'installant à ma place, quand la jeune femme me dit que j'avais sûrement entendu son nom. Quand un serveur se pointa, je lui commandais deux whisky.


    | En quoi l'idée que ça en soit un vous dérange à ce point ? C'est juste par curiosité, hein... |

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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Ven 2 Aoû - 22:35

    Je failli rire alors qu’il me répondait pour l’histoire de l’happy hour. J’aurais bien aimé le voir à l’œuvre, juste pour le voir se faire incendier par mon patron. Je le respectais, tout simplement parce qu’il me versait mon salaire ; mais ce n’était pas pour autant que je la fermais. Généralement, j’étais des plus franches avec lui, et comme cela faisait longtemps désormais que je travaillais dans ce bar, il commençait à savoir que malgré mon fort caractère, je n’étais jamais en retard et pratiquement jamais malade. Une salariée modèle en fait. Je souris intérieurement à cette pensée. Je n’étais en aucun cas fière de ce que je faisais. Je ne savais même plus ce que j’avais envisagé de faire, tellement tout ça me paraissait lointain. Ma carrière d’étudiante n’avait même pas commencé, et à l’âge où tout avait basculé, je ne me souciais guère de mon avenir. J’avais eu tort, mais j’étais une adolescente avec dès le départ un frein dans la vie. Pas de père, une mère présente mais inexistante pour moi. Tout l’amour que ‘j’avais eu m’avait été donné par une seule et unique personne… Nathaniel. Je soufflais un coup, juste pour redescendre sur terre, parmi les vivants et surtout me reconcentrer sur ce que me disait mon interlocuteur.

    « Ah non, les conseils réciproques j’aime pas ça. Et puis, je profite déjà. » Mensonge grandiose « Quant au fait de me reprendre, je ne vois pas de quoi vous parlez, je suis déjà une femme équilibrée, ou presque. »

    Ce n’était pas vrai, que des mots faux. J’avais une vie pourrie, plus de famille, ou du moins je n’en savais encore rien. Même pas un homme qui aurait pu me combler malgré le fait que je sois encore brisée, recouvert d’une carapace féroce. Personne ne l’avait percé, et c’était grâce à Dom d’ailleurs que j’avais pu me fortifier. Si seulement je pouvais avoir de nouveau mon pilier… l’avoir à mes côtés. Mais je ne savais pas si c’était une bonne idée. Je me perdis encore dans mes pensées, alors que mon regard se fixait sur mes mains qui étaient jointe sur la table. Le son de sa voix me ramena aussitôt à la réalité.

    « Je ne lâche jamais, car il suffit d’un instant pour que tout bascule, et pas du bon côté voyez-vous… surtout avec les hommes. »

    C’était vrai. Toujours à observer les gens, toujours à regarder au-dessus de mes épaules, toujours la sensation d’être épiée, la peur de ne rien maîtriser ; ce qui était le cas d’ailleurs. J’avais failli tout lâcher dans ce bar alors que je m’étais pris une pêche en pleine face. Elle me lançait toujours d’ailleurs, je ne savais pas si je saignais encore mais je gardais le mouchoir taché dans ma main, avant de le fourré dans ma poche. Je le jetterais plus tard, je ne devais pas être belle à voir, mais je ne verrais rien avec mon miroir que j’avais brisé dans mon appartement. Ca guérirait sur plusieurs jours. J’espérais seulement ne pas revoir leur gueule de sitôt, car je ne savais absolument pas si ma colère se serait totalement effacée.
    Le serveur arriva pour passer la commande. Avant même que je ne puisse ouvrir la bouche, Torben me devança en demandant deux whisky. Il avait lu dans mes pensées, un alcool fort allait me faire énormément du bien. Pas de contraintes, pas de service… j’avais la soirée pour moi, et même si j’avais hâte de rentré chez moi pour prendre une douche et m’étaler sur le lit, j’apprécierais ce bon whisky.

    « Un alcool fort, vous avez bien choisi, j’en ai réellement besoin. »

    Je m’avachi sur la chaise, étendant mes jambes sous la table, essayant de trouver la meilleure position. J’avais mal au dos, comme d’habitude car les chaises n’étaient guère confortables. Je n’allais pas tenir toute la soirée assise comme je l’étais, mais j’étais tellement épuisée et lassée que je parvenais à passer outre. La douleur à ma joue était bien plus dérangeante. Mon regard se posa dans celui de Torben alors que j’attisais sa curiosité. Je laissais quelques secondes avant de lui répondre.

    « Peut-être parce que voir en permanence des gens se bécoter aussi ouvertement m’a immunisé… Peut-être aussi parce que vous êtes bel homme et que vous auriez pu aller vers les belles femmes qui n’attendaient que vous au bar. Ne me dites pas que vous n’avez pas vu les regards qu’elles vous faisaient. »

    Je m’amusais, oui c’était cela, juste pour éviter d’aller là où je ne voulais pas. Il n’avait pas l’air d’être intéressé, ou s’il avait essayé, il avait l’air d’avoir compris que ça ne marcherait jamais avec moi. Au pire des cas, je pouvais lui faire une petite piqûre de rappel sans aucuns problèmes.

    « Ou alors vous cherchez autre chose que la compagnie des femmes. Mais dans ce cas, pourquoi être là avec moi ? Surtout que je ne suis pas des plus plaisantes ce soir depuis que ma joue n’arrête pas de me lancer. »

    Le serveur m’interrompit alors qu’il nous servait nos verres. A peine avait-il posé le mien que je m’empressais de le boire cul sec avant de le reposer avec une certaine brutalité. Un soupir de soulagement m’échappa suivi d’un « ça fait du bien. » avant de m’affalée de nouveau sur la chaise. Je sentais encore le liquide brûler ma gorge, mais ça m’allait parfaitement. Ce soir, c’était ce qu’il me fallait, ce verre était le bienvenue.
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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Mer 14 Aoû - 18:58

    J'avais de plus en plus l'impression que la jeune femme était un peu ailleurs, comme si elle pensait à tout sauf à ce qui nous occupait actuellement : marcher et discuter. Je ne savais pas si cela avait un rapport avec ce que je disais ou si c'était simplement parce qu'elle avait du mal à se distraire, mais il y avait bien quelque chose. Quoi ? Je n'en savais rien. Et très concrètement, je m'en fichais pas mal. Il ne fallait pas perdre de vue qu'elle n'était jamais qu'un outil, un moyen de parvenir à mes fins. Elle ne comptait pas, dans l'absolue. Quantité négligeable comme tous ceux que nous croisions. Se focalisant à nouveau sur moi et sur ce que je lui disais, Aliénor me dit qu'elle n'aimait pas les conseils réciproques, et qu'elle était une femme équilibrée. L'ombre d'un sourire passa sur mes traits. Le presque prenait tout son sens dans son cas ; elle me semblait tout sauf équilibrée. Sa colère, sa vivacité. Elle était déterminée, mais il y avait toujours une raison sous jacente à ce genre de comportement. Je réprimais un faux toussotement, alors que les choses se passaient décidément bien entre nous. La couverture qu'elle m'apportait était anodine mais efficace. Je l'écoutais me dire ensuite qu'elle ne lachait rien puisque, sans avoir à lire entre les lignes, elle se méfiait de la gente masculine. Que dire de plus à quelqu'un qui est convaincu que quoi que vous fassiez, vous serez toujours fautif de quelque chose ? Parce que c'était ça que ça signifiait ; si elle lâchait du lest à un individu masculin, celui ci en profitera aussitôt. Cette vision était erronée en plus d'être négative. Et fausse, dans le sens où elle n'avait pas compris que ce raisonnement n'avait pas à se concentrer uniquement sur les hommes, mais sur l'ensemble des représentants de l'espèce humaine. Après tout, elle avait une vision alarmiste de ses rapports avec les autres, mais à mon sens elle se trompait en se focalisant sur une seule cible. Les femmes étaient toutes aussi dangereuses que les hommes, potentiellement aussi traîtresses, et au moins tout aussi fourbes. Peu importait de toute manière, c'était sa vie, pas la mienne. Je pris l'ai outré de l'alcoolique qui se sent brusqué dans sa virilité.


    | Héo, ne pas mettre tous les hommes dans le même sac hein! |


    Non, il y en a des pires que les autres, des qui tuent, qui torturent. Qui assassinent dans le noir, qui vous pourchassent jusque dans vos cauchemars, et qui vous font disparaître de la surface de la Terre. Je pense intérieurement à la réaction d'Aliénor si elle apprenait ce que je faisais réellement de mes journées, et pire encore, ce que je faisais en ce moment même... Je souris mentalement à cette pensée, et me mis à sourire pour de bon lorsqu'elle me dit qu'elle voulait bien d'un alcool fort, en bon gros alcoolique ravi de voir que sa proposition aura été la bonne. Elle répondait maintenant à mes questions, et le parallèle qu'elle faisait avec son boulot était des plus évidents. Je lui fis un petit sourire énigmatique, alors que le serveur nous amenait nos verres et que j'y trempais mes lèvres.


    | Peut être parce que vous étiez de loin la plus jolie... |


    et non, je n'avais pa remarqué les regards. Je surveillais plusieurs choses à la fois, ce qui n'était pas simple même si j'étais plus quelqu'un d'observateur. En plus, je n'avais pas envie de m'isoler avec une femme pour tirer un coup ; ce n'était pas le moment et je me contrôlais à la perfection depuis des années, capable de repousser des avances pendant des mois sinon des années. J'haussais les sourcils lorsque ma compagne finit son verre d'un trait. Je vis du coin de l'oeil ma cible aller seul vers les toilettes. Je tenais mon moment. Je reposais mon verre.


    | Je reviens, vous pouvez recommander, ce sera toujours pour moi. |


    je suivais le semi démon jusqu'aux toilettes. Mixtes. Spacieux. Par pure chance, il n'y avait personne. J'avais une chance incroyable, qu'un lieu aussi bondé avec des toilettes uniques n'était pas rempli de gens. Je suivais le type, qui jeta un regard par dessus son épaule avant de rentrer dans une des cabines alignées. Il n'eut pas le temps de refermer la porte que je le poussais à l'intérieur, rentrant avec lui. Létouffant d'une main, je tirais mon flingue de sous ma veste de l'autre. Pointais le cœur. Il essaya d'hurler au travers de ma main, mais n'y parvint pas. Trois pressions, et autant de tâches rouges grandissant apparurent sur son t-shirt. Il tomba sur le trône comme on dit. Je lui en rajoutais une dans la tête, juste pour être sûr. Tirant un chiffon d'une autre poche, je dévissais le silencieux brûlant du bout du canon, et rangeais le tout à l'abri. En sortant, je ne pu retenir un sourire.


    C'était la première fois que je me débarassais d'une merde dans un chiotte. Pourtant, c'est logique.

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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Jeu 15 Aoû - 21:56


    Ma tête pivota pour que mon regard se mette à arpenter les différentes tables qu’il y avait dehors et les différentes personnes aussi. C’était un coin sympathique, ou était-ce le fait que j’avais déjà bu un verre de whisky cul sec. Je ne savais guère, mais au moins, je n’étais plus dans un endroit étouffant. Je soufflais un peu dans la nuit presque paisible et  le vent frais qui enveloppait mon visage. La chaleur me montait petit à petit dû à l’alcool très certainement, donc j’appréciais être assise dehors. Sa voix me rappela à lui soudainement, alors que j’étais des plus étourdies ce soir. Je le regardais avec un léger haussement de sourcil alors qu’il me disait de ne pas mettre tout le monde dans le même panier. Je failli rire aussi, aussi surprenant que cela puisse paraître, mais le laissa au fond de ma gorge, n’ayant pas eu de difficulté à le retenir. Ce n’était pas faux ce qu’il disait, mais travailler dans un bar ne m’avait pas spécialement permis de voir d’autres horizons que celui de la forte testostérone qui régnait en maître dans le bar où je travaillais. Il n’y en avait pas  beaucoup qui se détachait du lot, et les clients peu réguliers je ne les voyais qu’à peine. Les clients réguliers, eux par contre était des vrais connards et qui s’assumait horriblement. Depuis le temps que je travaillais là-bas, je m’y étais habitué. Ou non, j’essayais de ne plus faire attention, comme s’ils faisaient partis d’un décor… le décor du bar. Si j’avais pu trouver un autre job… Je soufflais, avant de lui répondre.

    « Et bien pour l’instant, c’est le cas. Je n’ai croisé aucun qui sortait du lot voyez-vous. » finissais-je  par lui dire alors que c’était ma vraie conclusion. Je n’étais pas du genre à chercher l’âme sœur non plus. Je n’avais pas cette flamme en moi, on me l’avait prise, détruite totalement il y a des années. Comment savoir si on l’avait encore malgré tout ?

    Ce coup-ci, un rire nerveux s’échappa de ma bouche. Je savais que j’attirais l’œil, mais je ne m’en vantais pas, c’était tout le contraire en fait. Je ne savais pas d’ailleurs pas si on me regardait parce que je pouvais être un jouet ou si vraiment la beauté signifiait quelque chose. C’était le cas en cet instant, je ne savais pas s’il fallait que je le prenne comme un compliment simple ou s’il cachait autre chose derrière. Pourtant il m’avait promis, n’est-ce pas ? Mais est-ce qu’une promesse d’un ivrogne tiens réellement ? Je le saurais sous peu…

    « J’accepte seulement le compliment s’il s’avère sincère. N’est-ce pas l’alcool qui parle ? »

    J’avais toujours du mal avec les compliments, du moins lorsqu’ils sortaient de nulle part comme ça, ou lorsqu’ils s’avéraient véritablement sincère. J’espérais que ça ne soit pas le cas, au moins pour me permettre d’éviter cette gêne que je ne pouvais qu’à moitié cacher. Ça m’était insupportable, ça m’irritait même. J’avais pour habitude de toujours passer à l’offensive lorsqu’on me complimentait, sauf que là c’était avec des mots plus doux que ce que j’avais pu entendre. Je passais à autre chose alors qu’il reposait lui aussi son verre sur la table et se levait en m’indiquant que je pouvais recommander ce que je souhaitais. Ça c’était une invitation que je ne refuserais pas, en tout point ! Car je n’avais pas eu l’intention de payer, ou du moins je n’avais absolument rien en poche, ou quelques pauvres pièces qui ne couvriraient pas le verre de whisky. Je l’observais partir vers les toilettes, puis dirigeais mon regard vers le serveur qui allait de table en table. Je levais alors la main pour qu’il vienne vers moi.

    « Deux autres whisky s’il vous plait. »

    Je n’eus pas à attendre longtemps avant qu’il débarrasse nos verres et nous fournissent une deuxième tournée. Je trempais mes lèvres lentement pour boire une petite gorgée. Pas cul sec cette fois-ci, je voulais juste apprécier son goût, tout simplement. Je reposais le verre et vit au loin revenir mon compagnon de table.

    « Je me suis repris un whisky et vous ai fait profiter également… j’espère que c’est une boisson que vous appréciez, je n’ai pas eu l’idée de choisir autre chose. »

    Je trempais de nouveau mes lèvres dans le verre pour boire deux gorgées, puis le posa sur la table un peu trop brusquement.

    « Par contre, ce sera mon dernier, j’ai pas envie de finir au fond d’une ruelle au lieu de mon bon lit douillet qui m’attends sagement. »

    Je commençais à ressentir l’alcool dans le sang. Il ne fallait pas que j’abuse de trop, sinon je ne sais pas de quoi je serais capable. C’était plus cela qui me dérangeait, et je préférais rentrer sobre, si du moins je l’étais encore un peu. Je devenais juste un peu trop joyeuse, je pouvais encore maîtriser.

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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Jeu 15 Aoû - 22:35

    Je me penchais sur le lavabo, regardant un court instant derrière moi. On ne voyait que le bout des pieds du mec, sans verrou indiqué par un petit signalement rouge dans le loquet. D'extérieur, on ne remarquerait rien. Les gens qui passeraient ici finiraient par se poser des questions, mais je serais loin lorsque le corps serait découvert. Maintenant que j'avais fait ce qu'il fallait, je pouvais partir. Je n'avais pas d'autres choix. Si je restais dans le coin, on me dirait que j'avais été aux toilettes en même temps que lui. Il y avait toujours un mec plus observateur que les autres dans le lot. Tandis que si je partais, qu'il s'écoulait au pire dix minutes quand le corps serait découvert... Je serais loin. Et d'autres personnes seraient allés aux toilettes dans le même laps de temps. Je m'en sortirais donc. Je me lavais quand même les mains consciencieusement pour nettoyer tous les résidus de poudre, frottant jusqu'en dessous de mes ongles quand j'y arrivais. Quand je sortais, j'avais les mains niquel chrome. Et c'était à ça qu'on reconnaissait un habitué de ce genre de choses. Il restait bien entendu les résidus de poudre sur ma chemise et sur ma veste, mais ça je n'y pouvais rien et les tests étaient plus compliqués à faire. Et puis, il suffisait de se débarasser de ces vêtements en cas d'urgence... Ce qui n'était arrivé qu'une seule fois en plusieurs années de pratique. Quand je rentrerais, ce sera le personnel de Krystel qui s'occupera de mes vêtements. Une bonne machine en intensif, et ils en ressortiront comme neufs. Et si je ressentais le besoin d'en changer, j'avais un crédit presque illimité. L'avantage quand on partage la vie de la personne sans doute la plus puissante et la plus riche en ce monde, c'est qu'on n'est jamais à cours de consommables... Et cela vaut pour tous les registres, y compris pour ce qu'il y a de plus rare et de plus précieux. Je m'essuie les mains et je sors des toilettes, saluant le barman d'un signe de tête. Il ne me reconnaît pas, alors que j'étais jadis le criminel le plus recherché d'Ecosse, et que je suis venu plusieurs fois noyer mon chagrin dans l'alcool et repartir avec plusieurs de ses clients. Parfois même, plusieurs en une unique fois. Qu'est ce que les choses avaient pu changer...


    Quand je reviens à ma table, la jeune femme, Aliénor, semble plus décontractée à défaut d'être plus heureuse. Elle est ce qu'il y a de plus avenant lorsque je viens me rassoir à ma chaise, un whisky devant moi. Elle m'explique qu'elle a repris la même chose sans penser à en changer. Je la détrompe d'un regard, buvant une première gorgée.



    | Oh, ce n'est rien. Le whisky qu'ils servent ici est très bon. |


    je lui souris, finissant mon propre verre, lorsqu'elle sortit une phrase qui me fit penser à bien des choses. L'ancien Torben aurait sauté sur l'occasion avant de sauter la fille tout court. Hop, quelques dizaines de livres, quelques blagues, une proposition de la raccompagner, et ce serait bon. Elles avaient toutes leur seuil limite. Mais je n'étais plus ce Torben là. Je sortais trois billets de la poche intérieure de ma veste et les posais sur la table.


    | Dans ce cas, je ne voudrais pas être à l'origine d'une situation embarrassante pour l'un comme pour l'autre. Bonne soirée, Aliénor. Ce fut un plaisir. |


    Et la couverture parfaite... Je m'évaporais rapidement dans les ruelles.


    Mission accomplie, un semi démon de moins sur cette Terre...

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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   Ven 16 Aoû - 11:23


    Je contemplais mon verre et le liquide à l’intérieur, me demandant finalement si je pouvais tout finir sans être obligée d’avoir la tête qui tournait lorsque je me serais relevée. Au final, je ne savais pas pourquoi je m’étais permise un deuxième verre. Sûrement pour terminer la journée sur quelque chose de positif, car il fallait bien l’avouer, un bon verre de whisky faisait du bien. Après le coup que je venais de me prendre en pleine face, j’appréciais vraiment cet alcool, même s’il m’avait brûlé la plaie que j’avais à ma lèvre. J’avais été accompagnée, invitée à cette table sans avoir eu de grosse emmerde. Du moins je le pensais, car je ne savais absolument pas que devant moi se tenait un tueur et qu’il venait de s’occuper de sa victime dans les toilettes des hommes. Non pour moi c’était un ivrogne, un de plus, mais fort sympathique il fallait l’avouer. Je ‘n’avais pas été des plus dociles, des plus charmantes, mais il était resté quand même un peu. Ça m’avait permis de souffler.
    Il finit son verre alors qu’il me rassurait sur mon choix. C’était vrai qu’il était bon leur whisky, peut-être même meilleur que celui que je servais.

    « Oui c’est vrai. Il est plus goûteux celui-là. » ajoutai-je en faisant référence bien évidemment au bar où je travaillais. Je pus alors finir mon fond de verre, avant de poser mon regard sur lui lorsqu’il s’apprêtait à partir.

    « Vous avez bien fait, notre rencontre aurait mal fini sinon… »

    Oui, il aurait fini en cendre ou brûler au troisième degré. En tout cas, je ne lui aurais pas permis de rentrer chez moi, de me toucher même. J’avais un peu trop bu, mais pas assez pour faire n’importe quoi. Je n’étais même pas sûr que l’alcool puisse me dévergonder assez pour avoir un homme dans mon lit. Pas pour le moment, et je n’étais pas adepte des coups d’un soir. C’était peut-être ma très mauvaise expérience qui valait ça. Je n’avais pratiquement rien connu le jour où je m’étais fait totalement brisé, à l’intérieur comme à l’extérieur.

    « Bonne soirée à vous aussi. » ajoutai-je simplement en guise d’au revoir en me relevant moi aussi, constatant l’effet léger de l’alcool, mais qui était présent. Je fourrais mes mains dans ma veste et parti en direction de mon appartement, pour pouvoir avoir un repos bien mérité.
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MessageSujet: Re: Rester invisible, n'être la proie de personne... pour longtemps ? [Livre II - Terminé]   

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