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Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]   Mar 9 Juil - 10:25

La camionnette blanche marquée "maréchal ferrant" s'arrêta sur le parking, tout prêt de l'entrée du parc, et à l'ombre ! une chance incroyable, comme quoi, le moment était bien choisi pour faire une pause entre deux ferrures. Quand le moteur s'arrêta, Failte se redressa et tenta de regarder par la fenêtre. Je lui caressais la tête en souriant :

- Oui, Failte, tu vas pouvoir courir tout ce que tu veux !

Il m'interrogea du regard en penchant sa tête. Mon deerwood n'avait que quatre mois, mais semblait déjà avoir fort bien prit ses marques. N'empêche qu'en ouvrant la portière, il fila avant que je n'ai pu l'en empêcher, faisant piler une voiture qui l'évita par miracle. J'en remerciais le chauffeur d'un signe de main, il partit lentement, s'assurant que le clebs ne soit plus dans le coin. Ce n'était pas un râleur, une chance... je m'en tirais bien. De l'arrière, je tirais ma boîte repas, et un sac de toile kaki contenant bol et bouteille d'eau pour le chien, ainsi qu'une couverture pour pique niquer. Failte me précéda et courut dans le parc à la recherche de copains, en trouva un et joua. Je m'assis sous un chêne, étalais ma couverture mi-ombre, mi-soleil, et m'installais pour ma pause de midi. De ma boîte, je tirais une bière, qui, dès qu'elle fut décapsulée, fut bue de moitié, et je la rangeais dans la boîte, des fois que le chien ne vienne le bousculer... Mes sandwichs me semblèrent appétissants et je mordis dedans de bon coeur.

Quelques personnes déambulaient, rentrant chez elle pour le repas, d'autres arrivaient pour déjeuner sur l'herbe. Je lissais mon jean et m'amusant à taper la coque de protection de mes chaussures l'une contre l'autre dans un bruit de ferraille à peine adoucit par le cuir, et sentis mon tee-shirt noir passé noté "Scottish Games 2009" sur le devant et présentant le jeu de la corde stylisé sur l'arrière, en blanc sale : je sentais la fumée et la corne brûlée. La pelouse était impeccablement tondue, douce au toucher, odorante au possible, bref, tout était reposant ici. Failte jappais en tournant autour d'un autre chien qui se tournait sans cesse pour faire face à ce chiot qui lui tournait autour comme un indien autour d'un chariot du Far West. La propriétaire rit, moi aussi... puis quand elle s'éloigna, mon chien faillit bien suivre, mais en sifflant deux ou trois fois, il finit par revenir. Je lui tendis un bout de mon casse-croûte et il l'avala tout rond.


- Eh !!! doucement ! c'est pas des croquettes, ça. Cà se déguste !

Le chiot me regarda, curieux de savoir ce que je lui disais, et je mordis à nouveau dans mon sandwich au jambon. C'était sec et bourratif, le pain de mie était complet, et les trois feuilles de salade agrémentées de mayonnaise  ne suffisaient pas à le rendre plus moelleux. J'en avalais un second, et m'apprêtais à faire de même avec le troisième, ayant bu un coup entre quand même (!),  puis finis par une pomme bien croquante et juteuse. Enfin, je m'allongeais, décidant de faire un somme avant de reprendre le taf. Je dus m'endormir, car le réveil fut dur quand Failte se mit à aboyer avec insistance autour d'un homme qui s'avançait sur la pelouse, probablement à la recherche d'un coin où manger, ou d'un rendez-vous... J'étais en plein soleil et avais du mal à sortir de ma torpeur, et dus me lever, abandonnant tout sur place, pour aller chercher le coquin afin de m'excuser en le retenant par le collier :

- Désolé... il est d'un excité aujourd'hui...

Machinalement, je regardais ma montre : deux heure dix !??? j'avais dormi près d'une heure. Dans le parc, il n'y avait presque plus personne : les gens étaient parti travailler, et les mamans veillaient sur la sieste des petits à la maison, en attendant d'aller chercher les plus grands et de réinvestir le parc.
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MessageSujet: Re: Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]   Mer 10 Juil - 9:45




Pause casse-croûte


Un gros soupir, avant de me masser les tempes. Je ne donnais pas de cours aujourd’hui, et pour cause : je venais d’aller pointer au centre de la PES, et je préférais ne pas risquer de louper des cours si jamais mon pointage durait plus longtemps que prévu. Ainsi donc, tous les vendredis, je n’avais rien d’autre à faire que de prendre sur moi pour rejoindre le commissariat d’Edimbourg. Et tous les vendredis, il s’agissait après coup de me détendre et d’aller courir. Surtout que lorsque la Pleine Lune s’approchait, et que son influence se faisait déjà sentir, comme cette semaine, j’étais beaucoup plus facilement irritable. Et comme déjà d’habitude, je n’étais pas des plus agréables… Bref. S’il me fallait une bonne raison pour aller courir dans un des parcs d’Edimbourg, j’en avais à foison, il n’y avait qu’à piocher au hasard. Me voir en survêtement était assez déroutant, surtout lorsqu’on savait que j’étais plutôt un adepte des costumes, chemises, pull et autres pantalons en lin. Me voir en jean ou en tee-shirt relevait du miracle, m’apercevoir en polo ou en short, relevait un peu plus de l’intimité. Ca devait faire bien des années que je n’avais pas mis de short, en fait, les gardant pour l’appartement, les excursions en forêt, ou que sais-je encore. Dans tous les cas, je ne les mettais jamais lorsqu’il s’agissait de sortir en ville. A petites foulées, j’arrivais devant d’Holyrood Park que j’avais précédemment rallié en voiture. Je consultai du regard le plan du parc que je ne connaissais pas par cœur, afin d’avoir une vue d’ensemble, et j’envoyais un rapide texto à Kate, pour lui demander de ne pas m’attendre pour le déjeuner. Suis allé courir, m’attend pas, ça s’est bien passé. Ca s’est bien passé… l’absurdité de cette phrase me fit sourire, alors que je glissais mon téléphone dans la poche de mon pantalon de sport. Heureusement que ça s’était bien passé, je n’avais eu qu’à remplir des formalités que je commençais à connaître par cœur. Ca faisait près de six ans que je devais me plier à ce petit rituel, et malgré son ancienneté et sa familiarité, maintenant, je n’étais toujours pas à l’aise, toujours pas habitué.

Courir m’avait toujours permis de m’éclaircir les idées, et j’imaginais sans avoir beaucoup de doutes, que c’était lié à ma forme animale de prédilection ; ma seule forme animale, en fait, puisque la buse… voilà. Lorsque je courrais, j’oubliais presque complètement mes peurs, mes doutes, ma culpabilité, pour avoir l’esprit clair et ne plus penser à quoique ce soit. Je me concentrais sur mes sens et sur le côté joueur du berger allemand qui sommeillait en moi. Je sentais presque tous mes muscles travailler, mon ouïe s’affiner, ma respiration se bloquer sur une régularité sans pareille. C’était… fichtre, je me sentais pleinement moi-même, presque près à fermer les yeux tant j’étais sensible à mon environnement. Un aboiement me tira de mes pensées métamorphiques (puisque, après tout, je doute qu’une seule espèce au monde autre que les métamorphes puisse avoir de telles réflexions…), et j’aperçus un jeune chien, d’une race que je ne connaissais pas, qui avait du sentir mon odeur et qui venait me faire la fête. Loin de le rebuter, visiblement, l’odeur du berger allemand, mêlée de celle du métamorphe, que j’émanais avait du l’attirer.

« Coucou toi, comment tu t’appelles ? »

Dire que j’aimais les chiens était un euphémisme. Je n’en avais pas en animal de compagnie, tout simplement parce que je me disais que ce n’était pas leur place, mais j’avais une affinité particulière avec ces animaux, leur loyauté éveillant un écho en moi. Le chien n’était pas désigné comme étant « le meilleur ami de l’homme » pour rien, après tout. Son maître arriva rapidement, s’excusant pour le dérangement, et retenant son chien par le collier. Ce dernier geste, d’ailleurs, me fit me crisper. C’était déjà très désagréable d’avoir un collier, ça l’était encore plus lorsqu’on tirait dessus, puisque ça appuyait sur la gorge, et que ça entravait la liberté. Il ne pouvait pas le comprendre, ça ? Calme, Alan, calme, tu n’es pas sous forme canine, et c’est juste un humain qui n’a jamais expérimenté la chose. Pendant les premières années à Londres, j’avais longtemps erré sous forme canine pour quémander la nourriture qu’un petit voleur pas très adroit n’arrivait pas à obtenir. En berger allemand, d’ailleurs, il était beaucoup plus simple de voler à l’arrachée, même si ça n’était pas très glorieux. Bref, et donc pendant ces années, il m’était arrivé une fois de me faire prendre par la fourrière. Et de me retrouver avec un collier. L’expérience m’avait appris la prudence… et que ce n’était absolument pas à refaire. La hantise de se retrouver dans une cage m’habitait encore, des années et des années plus tard. Celle d’être privé de ma liberté, encore plus. Mais bon, ce n’était qu’un humain, il ne pouvait pas comprendre. Ma voix se fit plus sèche que je ne l’aurai voulu lorsque je répondis :

« Ce n’est rien, ce n’est rien, les beaux jours n’aident pas à rester calme, et il est encore jeune je présu…

Le vent avait tourné, m’apportant de nouvelles effluves. Tous mes sens olfactifs se mirent en marche pour les classer selon leur origine, ignorer celles qui étaient inutiles, appréhender celles qui étaient menaçantes, localiser d’où provenait… Un métamorphe. Celui que j’avais pris pour un simple humain était un métamorphe, comme moi. Je fronçai les sourcils, en achevant ma phrase. … me. » Que faisait il là ? Pourquoi ne l’avions nous pas repéré ? Qui était il ? Notre rencontre était elle fortuite ? Qu’étais-je sensé faire ? Ma main glissa jusqu’à ma poche pour effleurer le téléphone. Envoyer un texto à Camille me semblait la meilleure option. Communiquer avec le métamorphe, pouvait en être une deuxième, tout aussi bonne. Ignorer l’odeur et poursuivre mon chemin était tout aussi envisageable, et m’attirait pas mal, aussi.

« Relâchez votre chien, j’ai l’impression qu’être retenu comme ça ne lui plait pas forcément. »

Et moi, ça me crispait. C’était physique, je ne supportais pas les laisses, muselières, colliers, cages, encore plus que tous les autres objets inventés par les humains pour avoir un semblant de contrôle sur ce qu’ils ne pouvaient pas contrôler. Je me passai d’ailleurs une main sur la gorge, m’apercevant un peu tard que c’était… inhabituel. A croire que le fait de savoir que je me trouvais face à un méta me faisait abaisser ma vigilance, ce qui n’était pas vraiment bon signe. Je camouflai mon mouvement en remontant dans ma nuque pour faire comme si je voulais me masser des muscles endoloris.

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MessageSujet: Re: Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]   Mer 10 Juil - 13:29

Le gars ne le prit pas mal, au contraire, plutôt amical avec Failthe -et moins avec moi-. Il me parut même mal à l'aise à un moment. Je me demandais un instant s'il allait sortir sa carte SPA et me fiche une amende pour avoir retenu mon chien... Je reculais, captant soudain son odeur de chien mouillé :

* Putain ! un loup !!!!! *

Prudemment, je fis un pas en arrière, entrainant mon chien avec moi, hors de question que cette saloperie me le bouffe !!!-, un coup d'oeil rapide autour de nous, nerveusement, personne : c'était bien ma veine ! et le chiot qui se sentait hyper à l'aise avec le lupin !!!

* Non mais il est con ou quoi ? *


- Il s'appelle Failthe. Ca veut dire "merci" en Ecossais, précisais-je en le mettant derrière moi. Le Scottish me regarda de son regard interrogateur du style "mais pourquoi tu veux pas que je joue ?" et je lui répondis : Je ne veux pas que tu te fasses mordre, c'est tout.. Il gémit pour me supplier de le laisser y aller et j'ajoutais : N'insiste pas, non. sans quitter le quidam du coin de l'oeil. Toujours personne alentour. Je me redressais, finalement, un peu tordu sur la gauche pour retenir Failthe : oui, il a quatre mois...

* Comment je vais me sortir de là ?... *

Cette fois, j'allais me faire bouffer.

* Bon... du calme, les loups, c'est que la nuit... donc, je ne risque rien. *

Et l'autre, là, qui insistait, comme si je maltraitais mon chien... déjà que j'avais évité qu'il ne lui pourrisse son jogging à la noix ! Je fronçais les sourcils en répondant :


- Oui... les beaux jours sont rares, mais Failthe est comme ça même sous la pluie, vous comprenez...

Ca voulait dire des pattes toutes mouillées sur un pantalon ou les griffes dans un collant... des tas d'emmerdes en perspectives, pour rien, alors que mon chiot voulait juste jouer, et moi, lui éviter de se faire remballer par le premier conn.... venu.

* Mais casse-toi ! c'est bon !!! *

La grille devait bien être à deux cents mètres, et donc, ma camionnette... comment y retourner sans me faire bouffer tout cru par l'autre loup garou, là ?... Je sentais la tension monter en lui, et bientôt, il découvrirait les crocs...

* Ouep... essaie un peu, et tu vas te prendre deux postérieurs dans la gueule, tu vas couiner tout c'que tu sais. *

Rassuré par cette perspective, je me calmais un peu, relâchais lentement Failthe qui partit en courant droit devant lui, en jappant pour fêter sa libération, avant de tourner autour de nous dans des virages fous... L'air de rien, je retournais à mon pique nique et dis  en souriant de mon mieux, l'air le plus décontracté possible :


- C'est rare les gens comme vous... surtout les joggeurs... en général, c'est plutôt "TENEZ VOT' CHIEN !"...

J'imitais assez bien l'air coincé et supérieur du sportif à l'effort interrompu par un de ces emmerdeurs pas capables de se bouger le popotin, ces gens qui coûtaient un max à la sécu à cause de leur immobilisme et de leur manque de volonté de se conserver en bonne santé.

*Mouais.... vient ferrer avec moi une semaine, et on en reparle après le match de rugby du dimanche...*

Il devait venir ici souvent, et avoir l'habitude des chiens... mais non, idiot, c'est un loup, l'a pas peur des caniches ! ah oui, merde, c'est vrai... Il y avait un petit lac, pas très loin, où je pourrais le noyer s'il arrivait à me grimper sur le dos. Là, il y resterait collé, selon la légende, et j'aurai tout loisir de l'entrainer au fond pour le bouffer. Et cette fois, je comptais bien le faire. Pour la première fois de ma vie. Mon attitude s'en trouva raffermie et ma carrure de maréchal ferrant vint terminer le tableau un type qui ne s'en laissait pas compter. Même s'il sentait le chien mouillé si caractéristique des loups...
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MessageSujet: Re: Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]   Mer 10 Juil - 21:56




Pause casse-croûte

Il s'appelle Failthe. Ca veut dire "merci" en Ecossais. Je ne veux pas que tu te fasses mordre, c'est tout. Oui, il a quatre mois… Oui... les beaux jours sont rares, mais Failthe est comme ça même sous la pluie, vous comprenez...


Etrangement, le métamorphe semblait avoir peur de moi. Ou du moins, vu sa manière de retenir son chien, il craignait une réaction de ma part. Enfin… c’était ce que je comprenais de son attitude. Mais ce que je ne comprenais pas, c’était le pourquoi de cette réaction, d’autant plus qu’il parlait à son chien. J’étais bien placé pour savoir que les chiens ne pouvaient pas comprendre ce qu’on leur racontait, même quand on savait parler leur langue, si on n’était nous même pas transformé en chien. Oh, certes, les grognements, les regards, l’attitude menaçante pouvait faire passer un message, même sous forme humaine, mais c’était tout. Donc oui, l’autre métamorphe, à moins que ce fusse le chien qui le soit ?, n’avait rien compris à la communication animale. Et pire encore, qu’il ne soit pas conscient que son chien n’avait pas à porter de collier me tuait. D’où le ton sec de ma voix lorsque je repris, lui demandant de lâcher son animal. Ca me stressait pour lui, c’était vraiment physique, et je ne pouvais pas me contrôler. J’en avais les poils qui s’hérissaient, et je ne pouvais pas détacher mon regard du collier du chien, m’y reportant sans cesse. Je n’avais jamais voulu avoir d’animaux de compagnie, même s’ils appréciaient manifestement ma présence, et ce n’était pas pour rien. D’ailleurs, il me semblait que Camille avait le même point de vue que moi. Kate aussi, sûrement. Je mis les mains en avant, pour ne pas sembler menaçant. Vu comme il avait reculé, il avait vraiment un problème avec moi. Mon odeur ? Bon sang, nous étions de la même espèce, ça se sentait, je n’avais quand même pas l’odeur d’un vampire ou d’un loup ! Non ? Enfin… l’odeur des loups était bien plus nauséabonde, à mes narines, que celle des métas. D’autant plus qu’elle était plus… sauvage, agressive. Celle des métamorphes était beaucoup plus raffinée, même s’il fallait avouer qu’il devait y avoir un léger facteur psychologique dans ma réaction face aux cartes d’identité olfactives des Homo Versipellis. « Je… vous… il y a un problème ? ». C’était tout ce que je pouvais demander, pour le coup, parce que là, j’étais un peu perdu. Okay, je l’accordais sans trop délibérer, je n’étais pas des plus avenants, sociables, sympathiques et drôles au premier abord. Mais jusque là, je n’avais jamais fait peur à quelqu’un avant d’avoir eu une véritable conversation avec lui. Dans tous les cas, maintenant qu’il avait relâché son chien qui courait comme un fou autour de nous, je sentais ma boule dans mon ventre se desserrer, comme un stress inconscient qui s’en allait. L’effet Pleine Lune qui se faisait déjà sentir ? Certainement, je n’étais pas si sensible aux autres animaux, d’habitude. L’air de rien, l’autre métamorphe reprit la parole, avec une attitude décontractée qui me sembla factice. Je restais sur mes gardes.

C'est rare les gens comme vous... surtout les joggeurs... en général, c'est plutôt "TENEZ VOT' CHIEN !"...

Ca aurait pu m’arracher un sourire, mais ça ne le fit pas. Ou plutôt, si un sourire vint à éclore sur mes lèvres, ce fut plus en raison des pitreries du chien que de la phrase de son maître. Je réfléchissais à toute vitesse à l’attitude à tenir, au moment où j’allais pouvoir envoyer un message à Camille, à ce que je devais faire, dire, là maintenant, et tout de suite. Tendre une perche pour entamer un dialogue méta ? Je baissai la voix, le son devenant inaudible pour les non-métamorphes… ou loup-garous.

« Nous ne sommes pas aussi rares que vous le pensez, et certains d’entre nous se regroupent, même. avant de reprendre d’une voix plus normale : et bien… J’imagine que ces gens là ne comprennent pas ce que peut ressentir un animal lorsqu’il est tenu en laisse. C’est une sensation qui doit être très dérangeante, lorsqu’on aime courir comme… Failthe, c’est cela ? »

Fichtre. J’étais ridicule. Pire que ce que je pouvais penser. Il valait vraiment mieux laisser Camille approcher les métamorphes, la subtilité et la diplomatie étaient loin, très loin, d’être mon fort. J’étais trop direct et impatient pour être celui qu’il fallait pour ce genre de situation. Bon. C’était mal poli, mais je craquai, numérotai rapidement le téléphone de Camille et composai un message le plus neutre possible. Comme je venais de pointer à la PES, je n’avais pas sur moi le téléphone occulté qui me permettait d’avoir des conversations…sensibles avec mon leader. Je rangeai mon téléphone dans ma poche, guettant la vibration d’une réponse éventuelle.

« Excusez moi, vous disiez ? »

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MessageSujet: Re: Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]   Jeu 11 Juil - 20:52

J'attendais donc une bonne raison de filer à l'anglaise, mais pour le moment, le gars était devant moi, entre la sortie... et moi. Bon... je pouvais tous laisser ici aussi, comme on dit : "la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie"... prétexter aller chercher une laisse dans la voiture...

* T'es fou ?!!! il va te prendre pour un tortionnaire ! il est complètement barge. Déjà quand j'ai retenu mon chien, alors, une laisse ! *

Ouais, donc, mauvaise idée... toujours personne alentour, le grand désert. Bon. Résumons la situation :
- je suis seul dans un parc avec un loup garou face à moi,
- la pleine lune, c'est cette nuit,
- que dois-je faire ? : 1) garder mon calme
2) sortir de ce parc désert -avec mon chien !-
3) éviter toute confrontation avec le lupin.

Mon calme foutait le camp et mon pouls s'accélérait au point de friser la panique, toujours personne dans le parc, même pas un de ces foutus joggeurs, et l'autre, là, ne me quittait pas des yeux et refusait de passer son chemin. Et il me parla bizarrement, ce qui finit de me paniquer.


« Nous ne sommes pas aussi rares que vous le pensez, et certains d’entre nous se regroupent, même.»

* Quoi ? de qui il parle en disant "nous" ? il est crétin ou quoi ? il me prend pour un garou ?!!! *

Mon regard ne laissa aucun doute sur ce que je pensais : le type était fou ! et dangereux !


- Je ne vois absolument pas de quoi vous voulez parler.

Mais il insistait ! reprenant une voix normale -l'autre, ça devait être pour m'endormir, ou un truc comme ça... histoire de mieux me bouffer ! Je ne me laisserai pas faire.

"et bien… J’imagine que ces gens là ne comprennent pas ce que peut ressentir un animal lorsqu’il est tenu en laisse. C’est une sensation qui doit être très dérangeante, lorsqu’on aime courir comme… Failthe, c’est cela ?"

Il voulait relancer une conversation "normale" avec moi ? pourquoi ?

* Ah ! oui ! pour attendre la nuit !!! et se transformer ! *

C'était débile. Ce ne pouvait être réel. Jamais encore je n'avais vu de loup-garou aussi... enfin, comme celui-là. Je le regardais d'un air suspect.


- Ouais... Failthe.

Le chiot sut qu'on parlait de lui et se mit à japper joyeusement, pensant qu'on allait lui courir après ou lui lancer un bout de bois. Le pauvre... Le gars envoya un SMS : il appelait sa meute ! je devais me tirer d'ici. Aux grands maux les grands remèdes :

- Bon, là, je dois vraiment partir.

Pour avoir l'air naturel, je ramassais mes affaires au milieu de la couverture, la serrais aux quatre coins comme un baluchon, et entrepris de sortir tout simplement du parc, par la porte, avant l'arrivée des renforts. Hors de question, maintenant, de traîner. Je comptais faire le tour de mon interlocuteur, oser lui tourner le dos, et filer au camion. Démarrer dès que Failthe se soit engouffré dedans et ficher le camp ! Mon regard déterminé, alors que je marchais sur le type lui disait clairement "pousse-toi". Lui pensait vraiment que j'allais continuer à disserter avec lui alors qu'il venait d'appeler des renforts ? avec son air d'avoir raté quelque chose ?!!! je répétais :

- Je dois partir. Tout de suite. Des clients m'attendent.

Ouais, voilà, il devait savoir que j'étais attendu, et que si on me voyait pas venir, on s'inquiéterait. Je n'étais plus très loin de la panique totale, pour un grand gaillard comme moi, ça la foutait mal, mais tant pis.
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MessageSujet: Re: Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]   Dim 14 Juil - 18:43




Pause casse-croûte


Bon, là, je dois vraiment partir.

Nan mais b#rdel. C’était quoi ça. Je lui foutais vraiment la trouille ? Okay, oui, d’accord, les métamorphes étaient des gros asociaux de base, mais bon, quand même pas à ce point  Qu’est ce qui lui prenait, là ? J’étais comme lui, m#rde. Ca commençait sérieusement à m’agacer. D’ailleurs, pour que je commence à m’énerver comme ça, fallait le faire. Ou pas. Je sifflai entre mes dents un « C’est ça, cassez vous, ça fera de l’air… » qui me surprit moi-même. J’étais sur les nerfs, ce n’était pas nouveau, j’étais pas des plus calmes, ce n’était pas nouveau non plus. Mais généralement, j’extériorisais lorsqu’il n’y avait personne aux alentours, et certainement pas alors que je venais de pointer à la PES. Non, certainement pas. La Pleine Lune, c’était ce soir, je le sentais dans mes tripes, jusqu’au tréfonds de mon être. Paradoxalement, le contraste entre les jours de Pleine Lune et les autres n’était pas si exceptionnel dans mon comportement, parce que le chien était toujours très actif. Lorsque la Pleine Lune approchait cependant, j’étais bien plus irascible, réactif, énervé, et attiré par Kate. Et Roxane, aussi. Avant. Maintenant, il n’y avait que Kate dans ma vie. Dès qu’elle était revenue vers moi, même si c’était moi qui était parti, j’avais compris que c’était la seule que je voulais avoir dans ma vie. Si j’avais jamais eu un doute, à présent c’était une certitude. C’était la seule qui avait droit à ma confiance pleine et entière, c’était la seule capable de me calmer, de me faire sourire, de me faire crier avec quelques mots. C’était la seule dont l’odeur m’enivrait, me calmait, m’exaltait. Mais là, malheureusement pour l’autre métamorphe, Kate n’était pas là, et le berger allemand commençait à râler encore plus. Je sentais arriver les prémices d’une transformation, mais je ne pouvais pas me le permettre. Surtout pas. Nous étions dans un parc, public, et j’avais toujours mes suiveurs de la PES que je n’avais pas encore repérés. Calme toi Alan, ce n’est pas le moment de tout foutre en l’air. Calme-toi.

Je dois partir. Tout de suite. Des clients m'attendent.

Visiblement, il avait capté la menace. Est-ce que je dégageais une odeur plus… sauvage ? Ou alors mes traits tirés et mes poings serrés étaient suffisamment clairs sur mon état. Qu’est ce que je lui avais fait à ce crétin ? Il y avait quelque chose qui ne lui convenait pas chez moi ? Parce que son chien me préférait à lui ? Et bien fallait pas se poser de questions, moi au moins je ne le foutais pas en cage ou autre. J’étais sûr qu’il avait une laisse quelque part. Et peut être même une muselière, ce truc immonde qui te comprimait la mâchoire, qui t’interdisait d’aboyer et qui avait failli manquer de m’étouffer lorsque je m’étais retransformé en humain. Déjà que le collier m’avait comprimé le cou et m’avait empêché de respirer le temps que je le détache. Pourquoi il comptait s’en aller, là ? Je lui foutais la trouille, c’était ça ? Le berger allemand parlait pour moi, là, tout de suite. Il pensait pour moi, et prenait les choses en main. Ou en patte. Même si ça ne sonnait pas très bien. Et voilà que je déraillai totalement.

« Qu’est ce que je t’ai fait, b#rdel ! C’est ma tête qui te revient pas, c’est ça ! Tu veux qu’on règle ça tout de suite ? »

Le mec voulait que je me pousse ? Qu’est ce qu’il croyait ? Ce n’était pas son territoire à ce que j’en savais, il ne l’avait pas marqué, et c’était lui qui était venu à moi pour récupérer son chien, c’était bien un signe, ça. C’était un signe qu’il savait qu’il avait pénétré dans mon territoire. Alors je n’avais pas à céder et à lui laisser le passage. Un grognement franchit mes lèvres. Mon regard était clair sur un point : je n’allais pas céder un pousse de terrain, je n’allais ni reculer, ni m’écarter. J’étais sur un fil et je me concentrais pour ne pas céder, que ce soit à la violence ou à la transformation qui était si proche que j’entendais mon sang battre dans mes oreilles. Je ne devais pas me transformer en public. J’étais un grand garçon. J’étais censé être capable de me contenir, à 12h d’un minuit de pleine lune.

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MessageSujet: Re: Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]   Lun 15 Juil - 15:10

Tout en marchant droit vers la sortie, et vers le supputé loup garou, je songeais qu'il ne manquait pas d'aplomb d'appeler sa meute par SMS juste devant moi ! Ces lupins ! la PES ne faisait donc rien pour les juguler ? Mon empressement à partir sembla l'agacer profondément, et pour cause, je lui enlevais "le pain de la bouche". Voyons voir... alors, il fait encore jour pour un bout de temps et sans doute l'inconnu ferait tout pour me retenir... En plus, il avait du retard à l'allumage, me faisant répéter... non, c'est pour me retenir.

C’est ça, cassez vous, ça fera de l’air…

grinça-t-il entre ses dents. Ah ! y avait du mieux : maintenant, je pouvais partir. Autant dire que je ne me le fit pas redire deux fois. Faudrait pas qu'il change d'avis... rohhhh ! et toujours personne aux alentours ! normalement, les loups ne se transforment que la nuit, non ? un sacré coup de pot pour moi. Surtout que moi, jour ou nuit... je pouvais redevenir Kelpie en un clin d'oeil. La tension montait, je le sentait plus que nerveux et ma peur ne fit que s'accroître. L'odeur de chien mouiller sembla devenir plus forte : il n'allait quand même pas se transformer en plein jour ?!!! Je jetais des coups d'oeil à droite à gauche, de plus en plus sur le qui-vive, peut-être que l'odeur venait d'autres loups... mais non, il était seul. Pour le moment. Et il ressemblait toujours à un homme.

Qu’est ce que je t’ai fait, b#rdel ! C’est ma tête qui te revient pas, c’est ça ! Tu veux qu’on règle ça tout de suite ?

Alors là ! je tombais des nues, et ça dut se voir dans mon regard, ma perte de contenance... Littéralement : je n'en revenais pas ! Du coup, je stoppais nette ma progression direction la sortie, me tournais d'un bloc vers celui qui osait me dire ça, haussait un sourcil, sentit la présence de deux hommes qui se dirigeaient vers nous, en provenance des bois... Je laissais tomber mon "sac-couverture" dans un bruit mat et vaguement métallique sur l'herbe courte et répondis, goguenard :

- Ah ! ah ! ah ! c'est une blague, j'espère ? Vous voyez... sans être méchant, vous vivez probablement bien confortablement installé dans votre canapé la majeure partie de votre temps, alors que moi, je suis maréchal ferrant.

Bon, allez, j'étais gentil, je le prévenais juste qu'un coup de poing de ma part, équivalait à quelque chose près, à un coup de pied de cheval. Soit il était normal et arrêtais là son jeu stupide de "j'vais t'casser la gueule à la récré", soit je lui faisais ravaler ses livres. On m'avait suffisamment emm.... à l'école pour que je laisse passer ça maintenant. Et je passais sur les matchs de rugby dominicaux, et les jeux écossais annuels... Je le regardais droit dans les yeux. Il voulait la bagarre, j'oubliais toute peur et devenais son homme. J'étais bizarre quand même... J'étais trouillard, vrai ! mais fallait quand même pas me chercher. Je pris une position de combat, prêt à l'affronter. Les types se mirent à courir dans notre direction en criant des trucs comme :

- Et vous ! ça va ? cet homme vous importune ?

Mon regard alla de mon futur hypothétique adversaire à ces deux olibrius. Quoi ? ils vont me piquer mon pushing ball ? Je les regardais de travers comme s'ils allaient me piquer mon joujou... mon regard changea et sembla s'obscurcir, comme celui d'un Kelpie, par exemple... le blanc de mes yeux avait disparu, ce qui n'augurait rien de bon. Pourtant, une question demeurait en suspens : pourquoi accusait-il mon vis-à-vis de m'embêter ? Je le regardais et lui demandais :

- Ils sortent d'où, ceux-là ? tu les connais d'où ?

Déjà, c'était pas les potes qu'il avait SMSer cinq minutes plus tôt, sinon, ils se seraient jetés sur moi. Z'avaient pas l'air copains du tout, d'ailleurs... j'observais la réaction de mon lupus tout en gardant un oeil sur les deux mecs qui venaient de s'arrêter à deux mètres de nous. Mes yeux étaient redevenus normaux.

hrpg : j'espère que ça va... (relire les deux derniers paragraphes)
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MessageSujet: Re: Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]   Jeu 18 Juil - 14:41




Pause casse-croûte

Ah ! Il ne s’attendait pas à ça, l’ahuri ! Il ne s’attendait pas à ce que je m’énerve alors qu’il essayait volontairement d’entrer dans MON territoire, et qu’il pensait avoir un instant eu la possibilité de me faire reculer ! Ahah. Je fulminai. Tout en moi avait pris l’attitude du mec face à moi comme une provocation ouverte et gratuite. Je ne lui avais strictement rien fait, bon sang ! Ca m’énervait. Ca m’agaçait. Pire, ça agaçait le berger allemand qui était bien plus présent que d’habitude en ce moment. Forcément. Déjà qu’en général, il la ramenait dès que ça lui chantait, alors là… aujourd’hui, il aboyait constamment. Il laissa tomber son baluchon, qui émit d’ailleurs un bruit métallique extrêmement désagréable à mes oreilles, avant de répondre à ma provocation, d’un ton qui m’agaça, ou plutôt m’enragea davantage encore :

Ah ! ah ! ah ! c'est une blague, j'espère ? Vous voyez... sans être méchant, vous vivez probablement bien confortablement installé dans votre canapé la majeure partie de votre temps, alors que moi, je suis maréchal ferrant.

Non mais quoi ? Il pensait que j’étais un petit crétin lambda qui ne faisait du sport que lorsqu’il regardait un match à la télé, une bière à la main ? Il avait fumé ses fers à cheval ou quoi ? Je le fixai, le regard noir. Bizarrement, dans un même temps, il sembla gagner en assurance, comme s’il se décidait enfin à lâcher son déguisement stupide et à combattre en homme. Il avait lancé une provocation évident, il ne fallait pas qu’il s’étonne que je ne la laisse pas passer. Le berger allemand grognait, pensait, réagissait pour moi. J’étais en train de décompresser de ma visite au Commissariat, et de ce fait, j’étais beaucoup plus sensible au berger allemand. Cela ajouté à l’effet pleine lune… le résultat était catastrophique. Le mec se mit en position de combat, alors que les leçons de combat au corps à corps données par les loups me revenaient en mémoire.

Et vous ! ça va ? cet homme vous importune ?

Ils sortent d'où, ceux-là ? tu les connais d'où ?

Et m#rde. Et m#rde, et m#rde, et m#rde. Et encore une fois, m#rde. Parce que je nageais dedans, là. L’intervention de personnes étrangères dans le conflit avait fait perdre du terrain au berger allemand, et je reprenais plus ou moins le contrôle de mes actes et ma lucidité. Et je me prenais aussi, en pleine poire, le retour du boomerang. J’avais failli me transformer en plein milieu d’un parc. Si j’en étais déjà conscient même sous l’influence du chien, je percevais maintenant toutes les conséquences qu’une telle bêtise aurait pu avoir. J’en percevais d’ailleurs des, qui n’avaient pas pu être évitées, puisque la PES avait bien vu que je menaçais le clampin de base, et qu’il valait mieux pour eux, et pour lui, qu’on me calme direct. Je n’étais pas dupe, je n’étais, malheureusement, pas ignorant du fait qu’ils avaient à portée de main des armes à feu chargées d’argent. Et que s’ils essayaient de m’intimider avec et qu’ils s’apercevaient que ce métal n’avait que peu d’effet sur moi… J’envisageai, là, tous les cas possibles. Le berger allemand et la buse voulaient prendre la fuite, et c’était bien le seul point sur lequel ils étaient d’accord. Pour une fois, d’ailleurs… J’essayai de me décrisper. Il ne fallait pas, surtout pas, que le métamorphe face une bourde et qu’il dise quelque chose concernant notre nature commune. S’il faisait ça… déjà, il allait avoir un sacré paquet d’emm#rdes, ensuite… les métas en général allaient avoir des ennuis, et qui disait méta en général disait Camille et Kate. J’essayai donc de me calmer, et aussi de calmer le jeu.

« Hola ! Calme, calme. Nous réglions juste un léger différent, j’ai rien fait. Je me calme, on se calme…, je me tournai vers l’autre métamorphe, y’a rien, okay ? Juste un petit agacement, je me calme… »

Mon côté berger allemand me hurlait de leur régler leur compte une bonne fois pour toute, et de me carapater ensuite loin de là en passant par les fourrés et autres buissons. Mon côté volatil en revanche… il n’avait qu’une envie, décoller du sol, échapper à la gravité, et s’échapper tout court. Rien de violent chez l’oiseau, alors que le chien était une boule de nerf qui ne demandait qu’à se défouler sur les intrus. Ils l’avaient sciemment provoqué, et ils pensaient qu’il allait partir la queue entre les jambes. J’essayai de me détendre. Vraiment. Il fallait que je me calme. Je fis un pas en arrière, battant en retraite, même si je hurlais à la mort de devoir le faire.

« D’accord, je recule, je recule. Vous voyez ? »

Ca ne semblait pas leur suffire, puisqu’ils s’approchèrent de moi, sur leur garde. J’avais envie de leur sauter à la gorge, mais de la part d’un humain, c’était un peu… surprenant.

« Dougal, c’est ça ? Vous êtes passé pointer ce matin ? »

« Oui, je viens d’y aller… Ce matin. Je… »

« Hum… bien. Faites attention à ce qu’on n’ait pas à intervenir à nouveau sinon, on vous embarque. Je sais que la journée est pas facile pour vous, alors faites gaffe, c’était le premier et le seul avertissement. On vous laisse partir, que si le monsieur nous assure que vous ne lui avez rien fait. »

Je serrai les poings. L’autre n’avait pas intérêt à m#rder, là. Pas vraiment. Sinon, j’étais vraiment très, très mal vis-à-vis de la PES. Et lui aussi était mal, surtout s’ils faisaient des analyses de sang. Et les métas étaient mal. Et c’était vraiment… la m#rde.


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MessageSujet: Re: Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]   Jeu 18 Juil - 21:55

Et alors là !!! j'ai assister au plus drôle de truc jamais vu ! J'étais sidéré et ne faisais rien pour le cacher, avec des yeux ouverts grands comme des soucoupes et des milliers de questions à la bouche. J'observais l'échange entre le couple de ce que j'aurai qualifié de flicaillons, et le loup-garou qui voulait m'empêcher de sortir du parc un instant plus tôt, en les laissant se débrouiller. Mon chien revint au pied, comme s'il sentait l'orage et venait s'abriter près de moi, je caressais sa tête, afin de le rassurer, après avoir vu dans ses yeux, sa peur. Tout à coup, le lupin me paru beaucoup moins menaçant, il avait même l'air de mettre la queue entre les jambes face à ces deux inconnus qui parlaient de "pointer à la PES". Et puis lui, là, il était gonflé de dire des trucs comme "c'était juste un petit différent" -je l'imitais dans ma tête en mettant un air de bourgeois satisfait"-. Perso, je l'avais interprété comme une véritable menace... et maintenant, il reculait. Comment ? lui, si sûr de lui l'instant précédent ? Cela me mit la puce à l'oreille... La PES le tenait par la peau des couil.... bref, par là où ça fait mal, et un sourire de ravi de la crèche s'étala sur mes lèvres alors que je regardais ces gardiens de l'ordre et de l'autorité humaine rabrouer vertement le mini loulou à mémère. Parce que du coup, il avait l'air vachement moins impressionnant : comment j'avais pu avoir peur de lui ?!!! Même qu'ils connaissaient son nom "Dougal". Donc, il était fiché, comme un criminel.

* Eh ! on en apprend tous les jours... *

Je levais un sourcil à cette phrase, en jetant un coup d'oeil étonné à mon hypothétique ancien agresseur. Je me trouvais en position de force maintenant, un mot de moi, et pour lui, c'était le trou ! et des tas d'ennuis pour sa meute. Je jubilais !

* Ah ! y'a une justice ! *

Après tout ce qu'ils avaient fait pendant les Années Sanglantes ! terminé les hurlements dans la nuit, la terreur semée et le crime répandu impunément. D'ailleurs...


« Hum… bien. Faites attention à ce qu’on n’ait pas à intervenir à nouveau sinon, on vous embarque. Je sais que la journée est pas facile pour vous, alors faites gaffe, c’était le premier et le seul avertissement. On vous laisse partir, que si le monsieur nous assure que vous ne lui avez rien fait. »

J'eus franchement l'impression de me trouver à un procès, avec une phrase du genre : "la parole est à l'accusation..." ! Je regardais les mecs, puis ce... Dougal, puis les deux types : j'avais la liberté, peut-être même la vie de Dougal entre les mains. Un mot, et il disparaissait des écrans radars. Paf !!! Là, il devait regretter son attitude envers moi... je le voyais : ça galopait ferme dans sa caboche. Mais il serrait les poings ! la vache !!! il osait ?!!! dans la situation dans laquelle il se trouvait, serrer les poings pour être prêt à frapper ?!!! je me rembrunis :

- On allait juste... discuter un peu, monsieur et moi. Une discussion entre hommes. Rien de bien grave. Un simple différent.

Après tout, il avait voulu "régler ça tout de suite", et trouvé quelqu'un qui lui réponde. Voilà. Je laissais la question de la "culpabilité" dougalienne en suspens. Dougal se retrouvait de fait sur la sellette, même si je ne le désignais pas comme agresseur, et moi, une fois sur la route... peu m'importait ce type. je ne l'incriminais pas spécialement, mais je ne le dédouanais pas non plus complètement. Une fois ma couverture-baggage ramassée, je me tins prêt à partir. Autant dire que j'avais hâte de quitter ce terrain miné. Donc :

- Mais grâce à vous, j'ai peut-être échappé à quelque chose... ce... monsieur Dougal est un loup-garou, n'est-ce-pas ? Donc, en plein jour, je ne risque théoriquement rien. De mon côté, je suis maréchal ferrant, vous voyez...

Les mecs de la PES se regardèrent, étonnés, et l'un d'eux se lança dans une tentative d'explication qui me sidéra :

- Pas exactement, monsieur. Et je ne suis pas sûr que même votre carrure de maréchal ferrant puisse vous mettre à l'abri de cette... créature surnaturelle.

Il avait mis, dans ces deux derniers mots, une telle dose de mépris que je pris l'observation en pleine poire. Pourtant, elle n'était pas pour moi. Moi, j'étais humain. Enfin,..... humain et Kelpie. J'appartenais aux légendes du coin. Les gens me craignaient mais me connaissaient depuis toujours... il y avait des bouquins, des séries, et même des films où j'apparaissais, sans compter les peintures, desseins, chansons !

* Remarque... les vampires aussi ! et même plus !!! *

Evidemment... alors, la popularité des Kelpies s'en trouvait entachée... vu le traitement réservé aux suceurs de sang. Deux profondes rides du lion séparèrent mes yeux, sous le coup d'une profonde réflexion... je ne comprenais pas bien une chose :


- Vous... vous avez dit "créature surnaturelle", et pas "loup-garou"...

Je regardais ce pauvre Dougal se décomposer sur place et poursuivis :

- Puis-je vous demander pourquoi, s'il vous plaît ?
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MessageSujet: Re: Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]   Dim 28 Juil - 15:30




Pause casse-croûte

Les hommes de la PES qui étaient intervenus venaient de remettre mon sort, dans un sens, entre les mains du méta inconnu qui m’était si antipathique. Génial. Ô joie. C’était vraiment mon jour de chance. J’avais droit au combo vendredi-pleine lune-foirage total de recrutement. A croire que j’avais croisé un chat noir ce matin – dans un rire jaune, je me fis la réflexion que je n’avais même pas croisé Camille sous sa forme méta. Je serrai les poings pour évacuer quelque part la tension et la nervosité qui m’habitaient et qui risquaient de me faire exploser d’une minute à l’autre. Calme, Alan, calme. On se calme, on ne fait plus de vagues, on se dépêche de sortir de cette m#rde pour aller courir dans la nature sous la forme d’un berger allemand que personne ne viendrait embêter. Il fallait juste que je me calme, que je contienne ma rage, que j’arrête de vouloir sauter à la gorge de ceux qui me provoquaient ouvertement.

- On allait juste... discuter un peu, monsieur et moi. Une discussion entre hommes. Rien de bien grave. Un simple différent. Mais grâce à vous, j'ai peut-être échappé à quelque chose... ce... monsieur Dougal est un loup-garou, n'est-ce-pas ? Donc, en plein jour, je ne risque théoriquement rien. De mon côté, je suis maréchal ferrant, vous voyez...

QUOI ? Non mais il se foutait de ma g#eule là, où il le faisait exprès ? Enfin… au moins, il n’avait pas fait de bourde plus… dérangeante. Mais je ne pouvais pas ne pas me demander s’il n’était pas capable d’être sérieux lorsqu’il affirmait avec une interrogation malsaine que j’étais un loup garou. B#rdel. Il croyait quoi ? Que j’étais surveillé pour être un semi démon capable de me transformer en animal ? Non mais… où allait le monde ? J’étais tombé sur le seul méta incapable de comprendre par son flair lorsqu’il se trouvait en présence d’un membre de la même espèce, c’était bien ma veine… Si encore j’avais eu une forme animale qui avait boosté particulièrement ma vue ou  mon ouïe, je ne l’aurai certainement pas aussi mal pris, mais pour le coup, l’odorat était quelque chose d’important dans ma vie de tous les jours, et c’était impensable pour moi qu’un membre de mon espèce y soit aussi peu… sensible. Ou du moins, il en donnait l’impression. Sa réponse, dans tous les cas, si elle m’énerva, interloqua les deux hommes qui répliquèrent :

- Pas exactement, monsieur. Et je ne suis pas sûr que même votre carrure de maréchal ferrant puisse vous mettre à l'abri de cette... créature surnaturelle.

- Vous... vous avez dit "créature surnaturelle", et pas "loup-garou". Puis-je vous demander pourquoi, s'il vous plaît ?

Mais comment pouvait-on être aussi… ailleurs ? Out ? Perdu ? Déphasé ? Ce mec avait vécu tout sa vie dans un igloo pour ne rien comprendre ? Créature surnaturelle, ça voulait dire « loup garou, vampire ou semi-démon », rien de plus – encore heureux d’ailleurs – ! Il n’avait pas intérêt à les faire se poser des questions sur ce que je pouvais être d’autre qu’un loup garou… Je me sentais capable de tout, à cet instant, pour protéger le secret des métas. L’influence de la Lune y avait une part de responsabilité, mais mon énervement naturel aussi. J’avais bousillé ma carrière pour protéger les métas, et il était certain que sous le coup de la colère, je risquais de faire pire, sans m’en rendre vraiment compte. Mais pour le moment, mes mots, et le langage animal étaient mes meilleurs alliés, et je crachai, sifflai, bref rétorquai avec acidité, avant que les hommes de la PES ne puissent le faire.

« Que vous soyez maréchal ferrant ou catcheur professionnel ne change rien si vous vous retrouvez face à un loup, crétin. , je rajoutai d’un air hautain, Les Années Sanglantes ne vous l’ont pas fait comprendre ? Et oui, je suis un lycanthrope, et en me désignant comme créature surnaturelle, au moins, ils ne me désignent pas comme un paria, eux…, je retins le berger allemand qui voulait grogner et montrer les crocs. Je sentis une de mes veines du cou palpiter sous la colère, alors que je poursuivais : Ca vous dérange que je sois un loup, c’est ça ? Vous êtes pathétique… »

Un mouvement dans l’extrémité de mon champ de vision m’indiqua que je m’approchais de la ligne rouge. J’allais trop loin, je m’en rendais compte, mais c’était difficile de faire marche arrière. Je fis un pas en arrière, pour m’éloigner du méta et de mon envie de plus en plus grandissante de lui faire comprendre qui était le chef de la meute – en l’absence de Camille – et à qui il devait obéir. Non. Non. Il ne fallait surtout pas que je pense ainsi. C’était la lune qui me faisait penser ainsi, ce n’était pas mon avis. Les métamorphes n’étaient pas, et ne seraient jamais, de vulgaires cabots aux ordres d’un cabot encore plus stupides.  Je fis à nouveau un pas en arrière. J’étais le mâle dominant dans le groupe là. Le Berger Allemand me le murmurait du moins, ou plutôt me le grognait, et je n’avais qu’une envie : le prouver. Mais j’étais encore suffisamment lucide pour savoir que je n’avais pas intérêt à le faire. Avec peine, j’arrivai à formuler quelques mots et une phrase :

« Visiblement, comme je dérange, j’ai plutôt intérêt à me barrer. »

Je vis clairement les deux hommes de la PES se décrisper. Ils savaient que je n’avais pas fait de vagues depuis que j’étais fiché, et que je n’avais pas du tout envie de changer cet état de fait. Je fis une dernière fois un pas en arrière, les mains en avant comme pour montrer que je ne comptais rien faire d’agressif, et aucun coup fourré. Bon. Il s’agissait maintenant de trouver quoi faire, parce que je n’avais aucune envie de rentrer à l’appartement, et que j’avais encore plus besoin qu’avant de courir…

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Pause casse-croûte [Livre II - Terminé]   Mar 30 Juil - 20:39

Je sentais la tension monter de minute en minute. Tout le monde était sur les dents : tu parles ! Et à commencer par moi. Malgré la fin des Années Sanglantes, j'avais toujours peur. Ce type, là, sur ses deux jambes, pouvait à tout moment se transformer en loup et m'attaquer, sans déc' ! et il avait le droit de circuler librement ?!!! fichtre ! ces humains étaient drôlement tolérants, tout de même. Surtout avec la vie de braves citoyens comme moi. Je revis la première attaque dont je fus presque victime... si le Kelpie n'était pas intervenu, je serai mort les premiers jours de guerre ! La sueur, la peur, dégoulina dans mon dos, j'étais mort de trouille. Et on aurait dit que l'autre, là, le loup garou le sentait, qui bouillait littéralement d'impatience de se transformer pour se jeter sur moi ! Autant dire que, sans la PES, je serai mort...

* Merde ! c'est la pleine lune ce soir !!!! *

Je me promis de ne plus jamais, jamais (!!!) aller pique niquer un jour de pleine lune, mais d'aller au resto, ou de manger un truc au comptoir d'un pub. Jamais plus on ne me prendrait à une telle imprudence. Jamais. Et puis, finalement, il explosa :

(...) Les Années Sanglantes ne vous l’ont pas fait comprendre ? Et oui, je suis un lycanthrope, et en me désignant comme créature surnaturelle, au moins, ils ne me désignent pas comme un paria, eux…, je retins le berger allemand qui voulait grogner et montrer les crocs. Je sentis une de mes veines du cou palpiter sous la colère, alors que je poursuivais : Ca vous dérange que je sois un loup, c’est ça ? Vous êtes pathétique… »

faisant jaillir toute la haine dont il était capable et la terreur n'était plus très loin : je sentis le Kelpie sur le point de venir me prendre... cela me rassura, et je gardais contenance, au final, ne lâchant pas des yeux le prisonnier en liberté surveillée... Lorsqu'il eut terminé, je me demandais si je devais lui répondre ou non, ou demander à la PES d'embarquer cet animal dangereux, qui aurait dû être piqué à la fin de la guerre, dès sa capture. Et puis, curieusement, il recula -sans doute s'était-il rendu compte de son impudence- : la mettre en veilleuse s'imposait à lui.

* Sage décision, mon vieux... *

Incapable de parler, paralysé par la peur, maintenant que je venais de me rendre compte à quoi je venais d'échapper, mon regard allait des agents au lupin, cherchant visiblement du soutien quelque part sans pouvoir le formuler.

* Quoi ?!!! ils vont le laisser partir, comme ça ?!!! un soir de pleine lune ?!!! *

J'avais envie de lui hurler ce que j'avais vécu, la fuite, la peur, les attaques, les hurlements, mon incompréhension qu'il soit encore en vie, menaçant la mienne par sa seule présence, mais... rien. Rien ne sortit. Littéralement liquéfié en sa présence, je n'osais rien. Pourtant, j'avais la PES de mon côté... Ils devaient voir que je me sentais mal, car l'un d'eux me suggéra de me raccompagner à la camionnette. Je fis un simple signe de tête que... oui, je voulais bien...

* Surtout, ne pas rester seul avec le loup. *

Poliment, je saluais l'autre type et le loup, avant de m'esquiver avec mon escorte. Sur le chemin, une fois à quelque distance du lupin, j'osais demander pourquoi la PES ne le bouclait pas, au-moins les nuits de pleine lune, que ce n'était absolument pas rassurant pour les citoyens, de savoir que de telles "créatures surnaturelles" puissent ainsi librement circuler et...

Vous savez ce qu'il a répondu, ce crétin bâté ? que c'était la loi, et que je ne risquais rien !?!!! J'étais sidéré. Une fois à la camionnette, je montais, mis le contact, Failthe était content sur sa couverture, et moi, je regardais ce à quoi j'avais échappé, là-bas, encore dans le jardin public. Le moteur me rassura, je saluais le garde et roulais au pas, direction la route... Voir défiler les bandes blanches indiquait seulement que je m'éloignais du danger. Et s'il me retrouvait ? m'attaquait ? Je tremblais comme une feuille. J'étais donc couard à ce point ?... la fuite est le salut.

Et je fus obligé de constater que même en temps de paix... ma sécurité n'était pas assurée. Je téléphonais à mon client suivant, annulant le rendez-vous... et le remettant au surlendemain. Il me faudrait bien ça pour récupérer...


hrpg : merci beaucoup ! j'espère que mon perso t'as bien foutu les boules parce que la prochaine rencontre se fera normalement à "visage" découvert... mdr ! je crois que ça va valoir le coup...
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