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De causes à Effets [Livre II - Terminé]
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MessageSujet: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Dim 7 Juil - 17:31



Cela faisait maintenant plusieurs jours que j’avais annulé tous mes rendez-vous à l’extérieur et que je restais au manoir. Ce n’était pas l’idéal, mais j’avais des sujets à traiter, des choses à régler en Ecosse, qui requérait ma présence. Cela concernait énormément mon servant humain, mais pas que. Si je voulais être au courant de tout ce qui se passait en Ecosse, même en étant à l’étranger, que Torben puisse remplir pleinement son rôle de servant humain, il était important que je prenne du temps pour lui. C’était ce à quoi je m’employais depuis une semaine déjà, et nous avions pas mal avancé. A présent, l’humain arrivait à ne puiser que dans ses propres réserves et non les miennes ; il avait repris un rythme moins soutenu d’entrainement, le soulageant mais me soulageant également ; il arrivait à discerner ce qui venait de lui et ce qui venait de moi et faire la part des choses ; il captait ce que je voulais lui montrer, même si quand cela concernait des souvenirs, cela restait un peu aléatoire ; il commençait aussi à se sevrer de mon sang. Bref, nous avions fait de nombreux progrès et j’étais assez satisfaite de ces derniers. En même temps l’humain montrait une volonté de fer et une grande motivation, ce qui aidait beaucoup. Si tout n’était pas parfait, s’il restait de nombreux points encore, le plus important avait été vu.

Ce soir, j’avais donc estimé qu’il était prêt à siéger à une réunion avec certains de mes subordonnés, que j’avais organisés. Je l’avais repoussé, préférant attendre que mon humain soit prêt. Mais avant que mes convoqués arrivent, je me devais de régler de nouvelles choses. A mon réveil, je ne fus pas étonnant de ne pas trouver Torben. Il vivait à la fois la journée et la nuit, et je l’avais autorisé à ne plus être constamment avec moi, il y avait de cela quatre jours déjà. Il savait d’ailleurs que je n’avais pas d’attention à lui accorder lorsque j’ouvrais les yeux. Il m’était complètement inutile ainsi sa présence n’était pas requise. J’avais mes habitudes, et je ne dérogeais que très rarement à ces dernières si bien que mes nuits commençaient toujours de la même façon. Mes domestiques s’occupaient de ma chambre, tandis que je me rendais dans la salle de bain où ma baignoire avait déjà été remplie d’eau. Je pénétrais dans cette dernière et profitais d’un instant de calme pendant que mes humains lavaient chaque parcelle de mon corps. Ensuite l’un d’eux m’offrait son cou, et je m’abreuvais à ce dernier, juste de quoi me suffire. Je n’abusais jamais de sang. Je sortais du bain et on vint me vêtir d’un peignoir en soie. Je gagnais ma chambre, dont le ménage avait été fait impeccablement, choisissais une tenue, puis enfin appelait Torben à mes côtés, soit une bonne heure après. Sauf aujourd’hui. Je dérogeais à mes habitudes et l’appela alors que je venais tout juste de rentrer dans ma baignoire. Il arriva assez vite, comme je m’y attendais. Il est toujours agréable de pouvoir compter sur une personne aussi efficace que toi. Parlons un peu avant de recevoir nos invités veux-tu ? Bien entendu, ce n’était pas vraiment une question et il n’avait pas vraiment le choix. Vous autres, laissez nous. Je ne me séparais pas souvent de mes domestiques, mais il n’était pas question qu’ils puissent entendre les sujets que je voulais traiter avec Torben. J’étais capable de faire ma toilette toute seule après tout, même si j’aimais particulièrement paresser dans l’eau. Que penses-tu donc du chef de mes armées, Guillemaud ? Si je sais pouvoir me fier entièrement à Léopold, il n’en est pas de même pour ce premier. S’il n’avait d’ailleurs tenu qu’à moi, je ne l’aurais jamais ressorti de son cercueil. Cependant mon créateur semblait voir en lui un certain… potentiel.  . Je tournais mon regard vers mon humain, attendant qu’il me donne son opinion. Il le savait, il pouvait parler ici en toute liberté. Mes quartiers étaient des plus insonorisés, et plus personne ne se trouvait aux alentours. S’il y prêtait lui aussi attention, il « sentirait » via notre lien que je m’entendais aucun autre battement de cœur que le sien, qu’aucune odeur autre que celles habituels étaient présentes ; qu’il n’y avait en sommes, personne qui pouvait nous entendre.

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Dim 7 Juil - 18:10




    Je n'étais plus aussi bon qu'autrefois, mais je récupérais. Dans la salle d'entraînement du manoir, je passais ma fin de journée à m'user pour retrouver l'ensemble de mes capacités d'antan, et si possible, les aiguiser. Mon corps s'était maintenant presque intégralement remis des terribles reçues des mois plus tôt lors de la bataille sur les landes, lorsque nous avions tous failli périr dans le feu des pouvoirs des démons qui envahissaient ce monde. Le souci avec mon corps, c'était qu'il s'était regénéré à l'image de celui que j'occupais autrefois, mais sans avoir la même pratique pour le former. Ainsi, mes nerfs ne réagissaient pas de la même façon, mes réflexes étaient plus lents. J'étais musclé, et endurant, mais je perdais plus rapidement qu'autrefois les ressources incroyables que je parvenais à tirer de mon enveloppe physique, m'amenant régulièrement aux frontières de la mort dans des épisodes où, particulièrement implacable, j'avais exterminé les ennemis de ma Reine. Krystel dormait toujours, à cette heure ci. Je me perfectionnais sans me fatiguer, et en retrouvant plus de self contrôle que j'en avais fait preuve ces derniers mois. Peu à peu, je redevenais celui que j'avais été autrefois. Plus fort, mais aussi plus fragile. Je me redisciplinais à nouveau, mais le processus était long et difficile. L'ascendant que j'avais sur mon corps était plus ténu, et je passais la plus large partie de mon temps à corriger ce défaut. J'avais besoin que mon corps m'obéisse en toutes circonstances, peu importaient la douleur ou les blessures. Je devais être capable de survivre envers et contre tout, et d'accomplir ma mission sans jamais être trahi par mes capacités physiques. J'avais commencé par corriger mes pulsions charnelles, que je maîtrisais à nouveau, plus encore même grâce à mon lien avec Krystel. Ensuite, j'avais testé ma capacité à répondre à la douleur, ce qui m'avait pris du temps et m'avait plus durement éprouvé que le reste. Puis, j'avais affermit avec Krystel mon contrôle de moi même et de notre lien. Ne restait plus qu'à parfaire la machine physique que j'avais rebâtie ; mes nerfs encore fragiles car neufs, ne répondaient pas toujours aux ordres dictés par ma volonté.


    Ma main droite tremblait toujours un peu, et aujourd'hui, c'était ce défaut là que je corrigeais. Tendant mon flingue droit devant moi, je visais lentement mais sûrement. J'étais redevenu bon au corps à corps, bien qu'avec es réflexes encore à parfaire. Mon endurance était revenue, ma résistance aux coups aussi. Mais ma précision au tir ne restait que médiocre malgré mes efforts. La quasi-totalité de mes tissus étant neufs et jamais éprouvés, les connexions synaptiques étaient plus compliquées avec le tissu nerveux. Mon bras tremblait. Légèrement, mais suffisamment pour me faire dévier. Je bloquais ma respiration, focalisant ma concentration, et tirais. La balle frappa la cible à trois centimètres du centre. Encore raté. Je recommençais en prenant plus de temps. Deux centimètres à gauche. Soupirant, je changeais de chargeur, et je puisais dans mes nouveaux sens, bénéficiant de la force et de la puissance de la vampire qui me servait de lien psychique. Je ne tirais pas sur ses réserves, mais je profitais de mes capacités accrues, ayant bien conscience de n'être de ce fait plus tout à fait humain. Je vis la cible avec plus de discernement. Je bloquais ma respiration plus longtemps. Je transférais tout ma force et ma concentration dans mon bras, serrant mon arme plus fort. Je tirais. La balle mordait entre le cercle central et le cercle suivant. C'était mieux. Il fallait que je continue à me perfectionner, pour être plus rapide et plus régulier. C'est alors que je ressentis l'appel de ma Maîtresse. J'abandonnais mon arme, remis ma veste et allais la voir. On n'eut pas besoin de me conduire dans sa salle de bain ; j'y sentais sa présence. Elle était nue dans son bain. Le  précédent moi n'aurait su décoller son regard de son corps parfait, de ses lèvres voluptueuses, de son regard sensuel. Mais j'étais redevenu ce que j'étais autrefois, et mon regard ne quitta pas ses yeux. Froid, professionnel, détaché. Elle congédia ses serviteurs. Je me dessapais, retirant ma veste, ma chemise par le haut, et enfin, je déboutonnais mon jean, et laissais tomber mon caleçon. J'abandonnais mes vêtements sur un tabouret de bois d'ébène, et m'enfonçais dans l'eau. Si Krystel n'avait pas prévu de compagnie pour se laver, cela m'était égal. J'étais son servant, et j'avais moi aussi besoin de me laver. Partager des moments simples d'intimité nous rendait plus fort. Je profitais de l'eau chaude sur ma peau. Je savais pour autant que la Reine n'appréciait pas particulièrement les contacts, aussi ne collais je pas mes jambes à elle. Je me mettais en face de sa position, sans la toucher, en la regardant toujours.



    | Je veux, oui. |


    J'écoutais ensuite sont point de vue sur son subordonné. Je réfléchis un instant à ma réponse, la fixant toujours de mon regard particulier. Puis, je me lançais.


    | C'est un ambitieux, qui aime le pouvoir autant qu'il aime la domination. Je l'ai rencontré récemment, conformément à tes ordres. Il a insisté pour conserver le service de Mr Anderson ; je l'ai donc prévenu qu'en cas de nouvel impair, je me chargerais personnellement d'offrir la mort véritable à son second. Il a accepté la sentence, et m'a considéré comme son supérieur hiérarchique. Il n'a manqué à aucune explication ni à l'étiquette de rigueur. Je dirais même qu'il a été particulièrement prévenant avec moi, comme d'un hôte précieux, en tous cas pas un non-vampire. Je le crois sincère dans son dévouement. Mais je me méfie de lui. Il est trop impliqué, c'est quelque chose de difficile à expliquer, mais je sais qu'il s'occupe de trop de choses, et qu'il veut trop bien faire. Il engage des vampires et des humains pour tisser un réseau de surveillance et de complicités qui, s'ils peuvent être utiles, sont aussi un danger. J'ai bien peur également que son ambition le condamne à vouloir grimper plus haut qu'il ne l'est actuellement. Il t'es fidèle ; j'ai senti grâce à mes nouveaux... dons... Qu'il me disait la vérité. Je m'interroge donc sur ses désirs. La réflexion n'est pas compliqué. S'il t'es fidèle mais qu'il veut continuer de grandir, il n'a pas le choix. Il doit t'épouser, ou à défaut, épouser ta fille. Le premier cas n'arrivera pas. |


    Mon ton était égal à mon attitude : détaché, observateur et analyste. Sauf à la fin, où je m'étais compromis d'un ton plus autoritaire.

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Dim 7 Juil - 20:16



Sans m’en avoir préalablement demandé la permission, Torben vint me rejoindre dans ma baignoire. J’étais satisfaite de voir qu’il ne se posait plus la question de savoir s’il le pouvait ou non. Il connaissait la réponse. Son attitude ne me dérangeait pas. N’est-il pas mon servant humain après tout ? Si je n’imposais aucune intimité pour cet acte avec mes autres humains, ce n’était pas pour le faire avec lui. Encore moins avec lui d’ailleurs. J’appréciais d’ailleurs qu’il se glisse lui aussi sous l’eau, et qu’il prenne également la peine ne pas me toucher, même si, cela n’était pas nécessaire non plus. Je lui fis d’ailleurs sentir. Il n’y avait plus aucune distance entre nous qui tenait, aucune barrière, qu’elle soit métaphysique ou physique d’ailleurs. Si je l’avais fait venir c’était pour, entre autres choses, pouvoir lui demander son avis sur un de mes subordonnés. Je le reconnaissais, m’être tenue loin des affaires écossaises, laissant ses derniers gérer le temps de régler les problèmes dans les autres pays, je n’avais pas toutes les clefs en main. Je savais que Torben s’était renseigné. N’avait-il pas pour mission d’être mes yeux et mes oreilles ? Je savais qu’il avait des informations qui me seraient des plus utiles, et qu’il n’y aurait aucun intérêt pour lui de me les cacher. Il prit la peine d’ailleurs de réfléchir un instant, avant de me répondre. Je le laissais s’exprimer librement, sans l’interrompre, ne le quittant pas des yeux. Il aurait été impoli de détourner les yeux ou de faire autre chose pendant qu’il me répondait. Ce fut lorsqu’il eut fini que je pris ma fleur de bain et commença à me laver. J’avais noté attentivement tous ses dires, toutes ses réactions aussi. Je lui répondis Nous sommes d’accord, c’est un ambitieux, et c’était d’ailleurs là ce qui m’inquiète. Je l’ai placé à une position assez stratégique et gratifiante qui lui permet d’être des plus performants, mais cela ne semble pas lui suffire. A en vouloir toujours plus, il risque de nous mener à notre perte aussi fidèle soit-il. Car cette dernière s’arrête pour bien des vampires où commence le pouvoir. Je suis tout de même satisfaite qu’il t’ait traité avec l’égard que te revient. Il me semble aussi qu’il connait de nombreuses erreurs de justement quant à son entourage, et cela aussi me pose véritablement problème. Penses-tu vraiment que tous ses alliés sont aussi fiables ? Je n’en ai pas l’impression et à trop vouloir, il prend aussi de nouveau le risque d’ébranler le pouvoir. Si je peux apprécier ses initiatives, elles sont trop nombreuses. Je suis à la tête de mon peuple, c’est à moi que cela revient de les prendre et à lui de les suivre. Il n’est aucunement question que cette tendance s’inverse ou qu’il vienne à décider également. Que cela lui plaise ou non, cette place est toujours celle de mon créateur et personne ne pourra rien y changer. . J’arrêtais tous mouvement pour regarder droit dans les yeux Torben Cela t’irrite de penser qu’il pourra siéger à mes côtés, je le sens bien. Je suis étonnée qu’il n’en va pas de même concernant Jana. Cela te laisserait de marbre qu’il la possède ? Pourtant tu sembles énormément désirer et être attachée à elle. . Je ne testais pas mon servant humain, je l’interrogeais pour connaitre ses réelles raisons. Oui j’aurais pu lire en lui et trouver moi-même la réponse. Mais cela aurait été impoli. Et puis, il était en face de moi, alors autant lui demander directement. J’avais bien senti ce qui s’était passé entre eux, et qu’il avait fini par la repousser d’ailleurs. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi tu l’as repoussé. Elle peut être d’ailleurs tienne si tu le désires. Il te suffit de me le demander.. Un constat, rien de plus, rien de moins. Je lui avais promis une fois qu’il pourrait la récupérer s’il me servait correctement. Je tenais toujours mes promesses et qu’il s’attache aussi à ma pupille n’était pas un problème pour moi. Il me serait toujours loyal et il était mon servant humain. Je ne craignais absolument rien les concernant. Il ne pourrait lui offrir son sang – cela serait une marque d’irrespect envers ma personne-, mais il serait totalement libre en dehors de cela avec elle. Vraiment, il te suffit simplement de me le demander, et elle sera tienne. Vous disposeriez l’un de l’autre et cela pour l’éternité, avec ma bénédiction. Je ne suis pas possessive, et te partager ne sera pas un problème si tel est ton envie. Cela pourra être d’ailleurs… Intéressant… Tout vous serait permis… Sauf une chose. Mais ais-je vraiment besoin de te préciser quoi ? Je lui jetais un coup d’œil, avant de me remettre à passer ma fleur de bain sur mes bras.


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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Dim 7 Juil - 23:23

    Je comprenais que Krystel n'était pas opposée à cette proximité. Plus même, elle l'encourageait. Je me sentais dans mon élément, je me sentais chez moi, lorsque je pénétrais dans l'eau chaude du bain. La baignoire était plus spacieuse que l'appartement dont je disposais avant de rejoindre la Reine, et elle était plus que confortable. Même si elle n'avait été conçue pour moi, sa forme épousait parfaitement la mienne ; je m'y sentais comme dans un lit à forme mémorielle. Je sentais que j'étais chez moi, près de la seule personne qui comptait et au seul endroit qui en valait la peine. Les effluves odorants qui émanaient de la baignoire m'emplissaient les narines, et me rappelaient invariablement la femme devant moi. Droite et parfaite, douce et terrible. Elle formait l'alliage le plus résistant de cette planète, un mélange plus que capable de dominer toute vie sur cette Terre. Je la regardais alors qu'elle semblait satisfaite de la liberté que je prenais, la rejoignant dans l'intimité née de la nudité, sans aucune séparation autre qu'artificielle séparant nos deux corps. Je sentais en parallèle le fait que la Reine ne serait pas contre un peu de proximité supplémentaire, mais je choisissais de ne pas lui offrir. Pas pour l'instant, même si ces choses ne sauraient tarder. Je me sentais plus proche d'elle que je ne l'avais jamais été de quiconque dans cette vie ; le lien que nous partagions désormais était plus qu'à même de me faire sentir que nous étions plus proches même que l'idéal humain des âmes sœurs. Krystel prit la fleur de bain, et commença à savonner son corps aux formes parfaites. Il me semblait douloureux de ne pas attacher mon regard à ce spectacle, mais je continuais pourtant de l'écouter alors qu'elle prenait la parole. Je devais bien avouer que j'étais entièrement de l'avis de la Reine lorsqu'elle me signifia son impression sur le général de ses armées, ou plutôt sur l'un de ses deux généraux. Guillemaud était unique, et portait les germes de la victoire autant que ceux de notre destruction. Actif, il l'était trop peut être, pour ne pas commettre d'erreurs. J'avais tellement l'impression d'entendre dans la voix de ma Maîtresse l'écho de mes propres pensées que s'en serait destabilisant si je n'avais pas accès à ses pensées, si nous n'étions pas reliés par ce canal unique entre nos deux consciences. En parfaite symbiose ou peu s'en faut, nous échangions bien au delà des mots. Lorsque la Reine embraya sur ses propres interrogations, j'isolais les deux problèmes bien définis de cette conversation.


    | Il est ambitieux et multiplie les initiatives. C'est un fait. Pour autant, il est probablement ton subordonné le plus capable. Jana est là, mais bien trop enfermée dans sa soif de sang pour suppléer à tes responsabilités. Morgane... Elle est plus efficace qu'autrefois, mais elle aspire à la paix, non à la conquête. Quant à Leopold, ton gendre. Nous savons tous deux ce qu'il en est. Je désapprouve, si cela a une quelconque importance. Il m'apparaît comme étant beaucoup plus dangereux de continuer à … t'amuser... Avec un parvenu complet, le mari de ta fille. Un de tes généraux bénéficie de tes faveurs, l'autre fait tout pour te plaire. Ces deux situations sont dangereuses. Je pense que c'est une erreur de te focaliser uniquement sur Julien. |


    C'était dit. Je « désapprouve ». J'allais beaucoup plus loin que ce que j'étais accoutumé à faire, mais peu m'importait. Il fallait que je joue mon rôle, et maintenant que j'étais plus que jamais proche de ma déesse, je n'allais certainement pas m'en priver. Krystel me fit part de sa curiosité concernant Jana, et les sentiments que je nourrissais à son égard. Je me souvenais de la promesse qu'elle m'avait faite, au moins autant qu'elle se souvenait de l'avoir proféré. J'étudiais un instant son regard. Je fixais Krystel, avant de m'avancer dans l'eau, de poser mes mains sur ses cuisses, et de la rapprocher d'un coup sec contre moi. Les remous de l'eau éclaboussèrent le carrelage, et la Reine se trouvait collée à moi, me chevauchant alors que nous étions tous deux en position assise. Cela n'avait pourtant rien de sexuel. Pas pour l'instant, pas à ce moment précis. Je posais l'une de mes mains contre l'une de ses joues, cherchant dans le fond de ses pupilles quel était réellement son sentiment. Puis, je parlais.


    | Je me souviens. Tu m'avais promis ce que je voudrais si j'accomplissais ta volonté. Je désire Jana. Quelque part, je la considérerais toujours comme ma femme. Mais cette époque est révolue. Cette époque nous voyait tous deux humains. Ce que nous ne sommes plus. Nous sommes séparés par les évènements et par notre nature elle même. Ce que je veux aujourd'hui, c'est toi. |


    Je humais son odeur, la serrant dans mes bras puissants, avec une possessivité dont j'aurais pu m'abstenir, mais que je m'autorisais quand même.


    | Tu es, depuis notre toute première rencontre, la seule personne qui hante mes rêves, et mes cauchemars. Tu as été ma pire ennemie, j'ai essayé de t'abattre. Que ce fut vain ! Nous sommes faits pour faire un bout de chemin ensemble ; je suis l'arme, tu es la voix. Nous désirons l'ordre. Même quand nous étions ennemis. Je désirais autrefois mener une existence normale, avec Jana, et une descendance. Cette vie n'est plus à ma portée. Je le sais aujourd'hui. Même si je dois mourir jeune, j'accomplirais de grandes choses. Et si je dois mourir, ce sera ton nom sur mes lèvres et ton visage ma dernière pensée. |

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Lun 8 Juil - 0:39



Torben était satisfaite en cet instant. Je pouvais le sentir. Bien, très bien même. Qu’il s’habitue à sa nouvelle condition et voit aussi les bons côtés des choses était important. Tout n’était pas qu’exercice, douleur et contrainte. Il devait prendre sur lui sur bien des aspects, mais il était aussi plus libre sur bien d’autre. Même si je dressais encore nous un légère barrière, afin qu’il ne puisse avoir accès à mes pensées et inversement, je pouvais lire sans mal dans les réactions qu’il avait. Je le déconcentrais un peu en faisant ma toilette et ce n’était pas pour me déplaire. J’aimais voir les autres succomber à mon charme, homme ou femme, vampire ou humain, métamorphe, ou semi-démon. J’avais toujours été maitresse dans cet art, et cela bien avant ma renaissance en tant qu’être suprême. C’était une des facettes de ma personnalité qui avait plu à mon créateur… Augustus. Sa présence me manquait, c’était indéniable. Je me refusais de m’ouvrir à notre lien métaphysique, ce dernier s’engouffrant trop en moi et absorbant toutes mes forces. J’avais déjà essayé une fois, et ma vie a faillit m’échapper. Si cela était suffisant pour la ramener, je le ferais sans hésiter. Mais ce n’était pas le cas. Il lui faudrait une centaine comme moi pour reprendre vie, et je n’existais pas en autant d’exemplaires. Son processus de guérison sera plus long cependant je savais qu’il me reviendrait un jour. Personne ne pouvait le détrôner. Ni Julien. Ni même mon servant humain d’ailleurs. Torben m’était dévoué autant que j’étais dévouée à mon Roi. Je tenais à mon servant, mais plus à mon créateur. C’était ainsi. Cela ne m’empêchait pas d’avoir de l’attachement pour l’être dont le cœur battait encore et avec qui j’étais en train de discuter. Je ne l’aurais pas sauvé sinon, ni même autorisé à être ici en cet instant. J’arquais un sourcil à ses paroles concernant mon gendre. Je n’aimais guère ces dernières et ce qu’elles sous entendaient ainsi précisais-je Léopold m’appartient depuis bien longtemps déjà, et cela avant que je ne lui donne ma fille pour des raisons purement stratégiques. Je devais renforcer ma base de pouvoir et cela passait par Morgane. Mon général m’a aidé dans ce sens et a été récompensé en retour. Pour autant il reste d’abord mien avant d’être sien. Julien appartient à mon Roi. Lui aussi a été récompensé pour ses actes, de la même manière que mon gendre. Ils ont tous deux bénéficiés de mes faveurs, pas plus l’un que l’autre. Quant à Jana, elle reste encore en apprentissage, mais elle n’en reste pas moins une de mes plus fidèles subordonnées. Et forçais-je fus de constater qu’elle mérite la confiance que je lui porte. Elle l’a gagné, de la même manière que tu l’as également gagné. Je n’aimais pas que Torben remette en doute mes jugements et les décisions que j’avais prise. Je n’avais rien fais au hasard, rien du tout. J’étais juste et je savais remercier mes alliés comme je l’avais toujours fait. Je ne faisais pas de favoritisme, je n’en avais jamais fait. Si je m’amusais avec Léopold, c’était parce qu’il était mien. Il l’avait toujours été et je n’allais pas me priver parce qu’il avait su avec brio gravir les échelons. J’avais toujours été la préférée de mon Roi, lorsque j’étais devenue shérif, puis maitre vampire. Je savais discerner plaisir et professionnalisme. Si mon gendre de vampire échouait et me décevait, il sera puni de la même manière que Julien, voir plus sévèrement comme il en avait déjà fait l’expérience. Je n’avais jamais été plus clémente avec lui parce qu’il partageait ma couche. Qu’il le fasse ou ne le fasse pas, cela ne changeait rien. Si mon humain ne pensait pas cela possible, il se rendrait compte avec le temps que c’était le cas. Une venue dans mes draps n’apportait qu’un moment de plaisir rien de plus, rien de moins. Et en parlant de plaisir, il me semblait important d’évoquer Jana et le comportement de Torben vis-à-vis d’elle. Je lui avais promis cette dernière, et s’il le désirait toujours, il pouvait l’avoir, avant qu’un autre ne demande après elle. Il me regarda un instant, puis se mut dans l’eau, de telle manière à me coller contre lui. Je le laissais faire, non sans arquer de nouveau un sourcil, avoir que l’eau vint claquer sur le carrelage de ma salle de bain. Je le sentais plus… Possessif. Oui, c’était complètement de ça qu’il s’agissait. C’était à la fois… Une bonne chose et une mauvaise chose. La possessivité entraine de nombreuses conséquences néfastes si elle n’est pas contrôlée. Il m’affirma ne pas vouloir Jana, mais moi. Il n’avait donc pas compris ce que je lui avais dit. En tout cas c’était ce qu’il me semblait. La nature humaine n’était pas facile à décripter et je ne l’étais plus depuis trop longtemps pour comprendre toutes ses singularités. D’autant plus que beaucoup étaient liées à cette nouvelle époque. Je me penchais à son oreille et lui rappela : Voyons Torben… Ne sois pas si possessif. N’oublie pas que je n’appartiens à personne. Pour autant, je ne compte pas m’envoler. Je t’ai fait mien, tu m’appartiens pour l’éternité. N’est-ce donc pas suffisant à tes yeux ? ; Je savais très bien que si. Et pour ce qui est de Jana, tu n’as pas totalement compris. Qu’elle soit tienne et que tu sois sien ne change rien au fait que tu es avant tout mien. Tu peux l’avoir et continuer à me servir. Tu peux faire d’elle ta femme vampire, de Cora ta femme humaine et la porteuse de tes enfants. Ne vois-tu donc pas toutes les possibilités qui s’offrent à toi ? Ne te résignes donc à un seul d’entre eux… Tu peux avoir tant de choses si telle est ton désir. Tout… Sauf moi. . Cet humain pouvait se montrer ambitieux et avoir tout ce qu’il voulait. Je ne comprenais pas qu’il ne se réduise qu’à une seule. Il devait en embrasser plusieurs. Ne le faisais-je pas moi-même ? Se limiter alors que nous avons les moyens de tout obtenir n’est qu’une modestie mal placée. Je ne voulais pas que mon humain se réduise à si peu. Il devait voir plus grand, de la même manière que moi, je voyais très grand. Je fis glissais ma main le long de son bras et ajouta Vois plus grand Torben. Tant que tu resteras conscient de la réalité et de ce qui est à ta portée et de ce qui ne l’ait pas, c’est là la clef de tout. Ait des ambitions à la hauteur de ce que tu peux avoir, et oublies celles que tu ne pourras jamais atteindre. Ce n’est que comme cela que tu pourras devenir fort et que tu pourras vivre pleinement ta condition de servant humain et de tout ce qu’elle te permet d’accomplir…. Je le laissais prendre pleinement conscience de mes paroles avant de le repousser et d’éparpiller un peu plus de l’eau sur mon sol. Je me glissais derrière lui sans qu’il n’ait le temps de vraiment s’en rendre compte et le forçais à pencher la tête en la maintenant fermement dans cette position-là. Je léchais ensuite sa jugulaire En attendant, pour avoir douté de mon intégrité, je vais devoir te punir. . Mes crocs s’enfoncèrent alors férocement dans son cou, brouillant sa chair. Il aurait mal c’était certain, et je faisais tout pour que ce soit le cas. Je ne bus pas son sang, même si la tentation était forte, le laissant couler et teinter mon bain quelques instants. Je vins ensuite m’entailler et poser ma paume sur sa plaie, qui se referma aussi sec, mais laissa une fine cicatrice. Ne m’oblige plus jamais à agir ainsi avec toi. . Je déposais un léger baiser à l’endroit même où je l’avais blessé quelques secondes avant. Je lâchais sa tête, le rendant libre de ses mouvements et posais mes mains sur ses cuisses. Gâcher ce sang qui s’est renforcé à mesure que tu t’es moi-même renforcé est un véritable gâchis. Oui un véritable gâchis. Vois-tu ce que tu m’as obligé à faire ? . Oui c’était de sa faute, entièrement de sa faute et aucunement de la mienne. L’odeur de son sang qui s’était répandu me donnait envie de le boire. Ma faim remontait, inévitablement. Je plaquais son dos contre ma poitrine et passais mes jambes entre sa taille. Je sortais de nouveau mes crocs, mais cette fois ci, ce n’était pas pour le punir, mais pour m’abreuver de lui. Et contrairement à ce qui venait de se produire, il allait plus qu’apprécier cela. Je baissais toutes les barrières que j’avais érigé entre nous, lui faisait ressentir mon désir de son sang. Puis, j’enfonçais délicatement mes crocs dans sa chair, savourant chaque goute de son liquide vital. Je n’avais pas besoin de rendre la morsure agréable, car elle le serait automatiquement du fait de notre lien. Une morsure de vampire, c’est aussi intime qu’un acte sexuel, plus puissant encore même. Si je lui avais refusé cela depuis si longtemps, c’était parce que je ne l’estimais pas assez fort pour pouvoir me sustenter entièrement, pas assez prêt non plus pour avoir pleinement conscience du cadeau que je lui faisais là. Mes morsures en avaient rendu plus d’un accro, et ce n’était pas pour rien…


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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Lun 8 Juil - 2:18

[J'ai effacé trois fois deux pages de rp pour recommencer, et je reste terriblement déçu du résultat. C'est un désastre >>

EDIT En fait, j'ai recommencé  7 fois, et je crois que je suis me suis dégoûté tout seul de mon personnage]



    Immédiatement, je sentais sa retenue alors que nous abordions le sujet de son gendre. Je savais que j'allais plus loin que je ne l'étais jamais allé auparavant. Pendant la guerre, et même avant ça, je m'étais cantonné uniquement au rôle du parfait serviteur, au tueur de l'ombre. Je savais que j'étais capable de tuer à peu près tout et n'importe quoi sur ce monde, pour le peu que j'en aie les moyens physiques ou financiers. Personne ne m'avait échappé, personne sinon la Reine que je servais aujourd'hui et qui m'avait retourné contre mon ancien camp. Je n'étais pas un diplomate, pas plus qu'un galant de cour. J'étais un tueur, et c'était tout ce que j'étais. J'avais parfois l'impression qu'on l'oubliait autour de moi. Certains me voyaient comme l'envoyé de la Reine, d'autres comme son compagnon. Une petite partie me voyait comme un objet manipulé au nom d'un plus grand dessein. Aucun finalement, ne voyait véritable nature, occultée par tout ce que je n'étais pas et que j'avais pourtant fait comme miens depuis. Personne ne semblait se rappeler qu'au fond de moi, je n'étais jamais qu'un destructeur de vies. La Reine elle même semblait parfois ne pas s'en rappeler. Comme la mort que j'incarnais, j'étais impartial. Impossible que l'on me prête un quelconque objectif personnel avec ce que j'étais entraîné à faire. Krystel m'expliqua les tenants et les aboutissants d'une relation qui me dépassait, comme beaucoup de choses chez les vampires, malgré le lien privilégié que je partageais avec elle. Il était clair que nous n'avions plus grand chose de semblable, malgré le lien qui nous unissait, et le fait que nous étions tous deux des tueurs. Elle détruisait des vies pour servir ses objectifs politiques. Je le faisais parce que c'était ce pourquoi j'étais fait. Elle me déballa ses arguments, mais je comprenais en parallèle que je continuais de juger la situation d'après des critères et des valeurs humaines, qui n'avaient pas cours dans l'univers dans lequel j'évoluais. Pour Krystel, sa façon de contenter ses suivants s'équivalait. Peut être était ce effectivement le cas chez les vampires, mais ça ne l'était pas chez moi. Mes propres règles étaient sous bien des aspects comme ma personne actuellement. Dépassée. A mettre à jour. Je ne répondais rien à ses paroles.


    Ce que me dit ensuite Krystel ne fit que confirmer ce que je pensais déjà. Je n'étais plus qu'un serviteur humain, j'étais devenu une personne qui renforçait son pouvoir. Sans pour autant en comprendre les bases, pas plus que je ne comprenais la nature exacte du lien qui nous unissait. Pas suffisant à mes yeux ? La question demeurait entière. Je devais faire un choix. Choisir entre le contentement de ma situation présente, et l'ambition. Je me savais capable de l'un ou de l'autre. Servir, cela signifiait ma mort, et mon existence dans l'ombre. Jamais je ne me lierais véritablement à qui que ce soit, et je mourrais tantôt. Le second impliquait de bien plus grand dangers, et une toute autre existence. Je devais choisir. La Reine me pressait ce choix. Je ne pouvais pas l'avoir, pas tant qu'Augustus était en vie. Je me rappelais les paroles du démon, juste avant que je ne le bannisse sauvant le Roi. Avais je eu raison, ou était ce ma plus grande erreur ? Krystel me poussait vers le choix de l'ombre. Elle voulait que je choisisse d'autres femmes, que je ne fasse que profiter de ce partenariat. Ce qu'il impliquait, dans le fond, selon ses dires ? Une vie de privilèges, de pouvoir et de luxure. Je pouvais prendre les femmes que je désirais, je pouvais vivre. En échange du pouvoir que je lui accorderais. Perdu dans mes pensées, me fermant complètement à elle, je n'entendis que dans le lointain qu'elle souhaitait me punir. Passant derrière moi, la beauté me maintint et me saigna. Je serrais les dents, le regard morne et concentré. Elle m'infligeait de la douleur pour me punir.


    La douleur n'a pas d'importance. Elle est le signe que je suis en vie. Tant que je suis en vie, je peux accomplir ma mission. J'encaisse en silence, sans un bruit. Elle ne se nourrit pas, même si je la sens désirer mon sang.


    J'ai bien compris la leçon. Espérer ce que le destin me réserve. Accepter le fait que je réponde parfaitement à la dénomination de « servant » humain. Krystel compte sur mon avis, mais je ne suis pas son égal. Et ne le serais jamais. L'ancien moi aurait été furieux, aurait tout jeté en hurlant et en tirant son arme. Je ne suis plus lui. J'encaisse, froidement. J'enregistre. Krystel est ma déesse. Nulle autre qu'elle n'a le pouvoir de déterminer le destin du monde. Destin dont je suis exclu, sinon au rôle de simple serviteur. C'est mieux que bêtement mourir, seul et oublié de tous. Je ne réponds toujours pas à ses paroles, le regard dans le vague. Je fais le point sur mon âme, solitaire et désolée, comme toujours. Je suis ce que je suis, je fais ce pourquoi je suis fait. Une vague de plaisir me submergea lorsque la Reine me suça le sang. Je fermais les yeux. Me forçait à ralentir les battements de mon cœur. A réprimer mes frissons. Je restais de marbre, fort, inébranlable. Je la servais. C'était la première fois depuis que j'étais son ennemi que Krystel me goûtait.


    Le plaisir était incroyable.


    J'y mettais fin, ma main sur sa mâchoire, la plaquant avec force contre le rebord du bassin. Mon corps nu collé contre le sien. Mon regard, plongé dans ses yeux. Ma respiration échappa à mon contrôle l'espace d'un instant. J'ai envie de plus. Je ne veux pas rester cantonné au rôle de « servant ». Ce que je suis. Ce que Krystel a fait de moi. La vérité se révèle à mes yeux. Ma déesse ne m'a pas fait vampire pour me sauver ; elle n'a pas fait de moi son égal ou son compagnon. Elle a reconnu en moi la force d'un tueur, et elle a compris qu'elle pouvait en tirer profit. Qui suis je pour désirer plus de considération ? Je maintiens toujours fermement ma Maîtresse, serrant son corps délicat entre mes poignes d'acier, par pur réflexe défensif. Nos corps sont tout proches. J'effleure ses lèvres ; je lâche sa mâchoire alors que mes mains passent derrière son bassin, la collant contre moi. Je suis son « servant », pas son égal. Je lui offre un sourire sans joie. Etre son servant m'apporte autre chose que mon humanité ne m'a jamais apporté. L'ambition. Le désir. Le pouvoir. Je partage ses sensations, ses pensées. J'en viens à voir le monde comme elle. C'était sans doute une erreur de sa part. Mon regard continue de fixer le sien, alors que mon corps, tendu et implacable, continue de maîtriser le sien. Savoir qu'elle peut se débarasser de moi est secondaire. Je ne suis pas homme à fléchir.



    | Je ne veux plus de femmes qui ne m'aiment pour ce que je suis. Ce que je suis vraiment. Jana est tombée amoureuse de souvenirs disparus. Cora, d'un faux sentiment de sécurité et d'une confiance en soi qui lui a longtemps fait défaut. Je ne veux pas de ces fausses récompenses. Tu as fait de moi ton servant, et non un vampire. J'ai compris quelle était ma place. |


    Je sais que si je ne fais qu'énoncer des vérités, cela ne plairait pas forcément à Krystel, tout autant que cela lui aurait coupé l'envie de se sustenter de moi, ce qui quelque part me chagrine. Ressentir de tels degrés de plaisir étaient une des rares façons de me faire ressentir quoi que ce soit. Je passais derrière Krystel, lui massant doucement la nuque, le cou, le dos. C'était plus des caresses qu'un véritable massage. Pour ça non plus, je n'étais pas doué.


    | Comprends tu que ma véritable place est dehors, à chasser ? Je n'ai rien d'une pomme de sang efficace et goûteuse, je n'ai rien d'un vampire, ni d'un conseiller. Sans parler d'un dirigeant. Si tu veux me récompenser, envoies moi seul, dehors. Tuer est la seule chose pour laquelle je suis compétent. La seule chose pour laquelle je peux t'être utile. Du fait du lien qui nous unis, tu sais qu'il ne s'agit pas de pitoyables jérémiades d'humains. Objectivement, tu n'as jamais pris de plaisir ou trouvé de puissance en moi. Mon sang t'étais insupportable, et la fois où tu m'as pris devant Jana, tu n'as éprouvé nul plaisir. Je ne brille pas par des talents particuliers d'éloquence ou de connaissances. Nous savons tous les deux que la seule chose dont j'excelle, c'est le meurtre. C'est ma seule compétence et ma seule récompense. Envoies moi tuer quelqu'un en ton nom, et cela me suffira. |


    Et je ne le serais jamais pour autre chose. En tous cas, pas quelque chose qui soit digne d'elle, ou de n'importe quelle autre. C'était comme ça que je payais mon tribut au bien commun. Pour l'avènement d'un empire terrestre, mon tribut serait ma solitude. Lié à la Reine, la plus belle et le plus puissante des femmes de ce monde. Mais jamais elle ne serait mienne. Et jamais je n'en aurais d'autres, qui pensaient toutes que j'étais autre chose que ce que j'étais vraiment.

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Mar 16 Juil - 23:50



Mon servant manquait cruellement d’ambition. C’était ce qui me sautait aux yeux. Il se contentait de tellement peu alors qu’il pouvait avoir tellement plus. Ce n’était pas vraiment pour me plaire, dans le sens où je cherchais toujours à améliorer ma condition, à ne jamais me satisfaire de ce que j’avais. Car c’est, pour moi, là une grande faiblesse, qui me mènerait à une routine qui finirait par me détruire au profit d’un vampire au sang neuf, et à la vision plus conquérante que la mienne. Ce trait, je devais l’inculquer à Torben. Ce n’était pas vain que de désirer de nombreuses choses. C’était porteur et stimulant. Oui, il fallait qu’il change d’avis et se montre plus ambitieux. Je rajoutais cela à la liste des choses que je devais lui apprendre. A côté d’un mémo sur sa condition. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi je l’avais puni et quels étaient ses tords. Il s’imaginait ne pas pouvoir donner son avis, et devoir rester quelque part un simple pantin bon qu’à tuer les autres. Il était pourtant bien plus que cela. La preuve en était que je l’avais laissé me couper dans mon repas que je prenais à son cou, et le laissais avoir légèrement le dessus sur moi physiquement. Je l’observais agir et parler, avant de pousser un soupir las. Je le forçais à me faire face, à arrêter de toucher mon corps. Je lui faisais comprendre mentalement qu’il était complètement à côté de la plaque. Voyons Torben. Je ne t’ai pas puni parce que tu as donné ton avis, mais parce que tu as fait preuve d’une erreur de jugement me concernant. Imagines-tu les dégâts que tes paroles auraient pu avoir sur ma base de pouvoir ? N’oublie jamais d’avoir toutes les cartes en main avant de te prononcer d’une manière aussi tranchée, et ait donc plus confiance en ma manière de gérer les choses. Et lorsque tu ne sais pas, demandes. Je passais mes mains sur son torse, et me pencha de nouveau à son cou. Je léchais la blessure que je venais de lui infliger pour me nourrir, goûtant encore un peu à son sang. Je remontais mes lèvres vers son oreille, lui susurrant Et arrête aussi de sous-estimer la valeur que tu représentes à mes yeux. Tu n’es pas seulement là pour tuer en mon nom. Des tueurs, je peux en recruter plus d’un si je le voulais vraiment. Tu es bien plus que cela à mes yeux. Et cesses donc d’être aussi prévenant et de te contenter de si peu. Fais-moi plaisir de voir plus grand. Je t’ai proposé Jana, et Cora. Cela n’exclue pas d’autres possibilités, ni perspectives. Reste réaliste dans tes désirs. Telle sera ma seule recommandation. J’avais pris son visage entre mes mains et plantais ses yeux dans les miens alors que je lui demandais de cesser d’être aussi peu ambitieux. Je le lâchais pour revenir à ma toilette. Je ne pouvais pas rester toute ma matinée dans mon bain et l’eau commençait à se refroidir. Je lançais mon tube de shampoing à l’humain, puis lui tourna le dos pour qu’il me lave les cheveux. Je n’avais pas besoin de lui demander, c’était assez clair il me semblait. Et parler pour ne rien dire de me correspondait pas. Je passais ma fleur de bain sur mon corps et repris le sujet initial Penses-tu que, concernant le général Guillemaud, que je devrais surveiller ses arrières et les activités qu’il a mis en place pour limiter les dégâts de ces dernières ? Ou estimes-tu cela pas nécessaire ? Parles moi d’ailleurs un peu plus de tout cela. J’ai été que trop longtemps absente ici, et je ne peux pas compter sur Morgane pour me remplacer efficacement. .


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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Mer 17 Juil - 0:26

    Je reçus les pensées de Krystel avec plus de force que précédemment. Je savais donc que c'était volontaire, et qu'elle tenait à me faire part d'une pensée bien précise. Je ne savais pas encore quoi, mais je compris très vite que c'était un désaccord vis à vis de tout ce que j'avais pu lui dire, ou en tous cas, de ma façon de percevoir, non de vivre les choses. Je savais que je m'étais trompé quelque part, en tous cas à ses yeux. Je restais raide et immobile, réussissant parfaitement à dominer mes émotions et les siennes qui me parvenaient par son canal psychique. Elle me dit qu'elle ne m'avait pas puni par esprit de sanction, mais plutôt à cause de la fameuse erreur que j'avais faite. Elle me demandait d'avoir foi en elle, de la croire, de lui faire confiance. Tout cela lui était déjà bien évidemment acquis. Que pouvais je faire de plus à ce niveau ? Je n'en savais rien. Je savourais son contact quand elle se pencha sur moi, nue, et qu'elle lécha la plaie qu'elle m'avait faite au coup. La chair endommagée, à vif, était bien plus sensible. Et je ressentais souffrance et plaisir mêlés, alors que je n'étais pas familier de ce genre de cocktail particulier. Je lui répondis pourtant avec toute la franchise qu'il m'était possible d'avoir. Je voulais bien qu'elle remarque que ce n'était pas de la vulgaire jalousie que je ressentais, mais bien que j'appuyais mes propos d'une réflexion sinon aboutie, au moins fondée sur des arguments. Et c'était justement mon attachement à elle qui me faisait le lui dire.


    | Le souci, altesse, c'est que t'amuser avec le général d'Aubusson était innocent quand il n'était pas marié à ta fille. Celle ci n'est pas au courant. Au fond d'elle, j'imagine qu'elle sait. Mais elle préfère vivre dans le mensonge. Qu'arrivera t'il si un jour la vérité éclate et qu'elle ne peut plus la museler ? Je crains la Fronde, la révolte. C'est une Raybrandt, plus aujourd'hui que jamais auparavant. Et la vie m'a appris qu'on ne pouvait bafouer une femme impunément... Même si tu es sa mère et sa Reine. Tu les connais mieux que moi, et je ne suis pas vampire. Soit. Tu seras pourtant avertie de ma vision des choses. |


    La sécurité, la prudence, avant tout le reste. Il ne fallait jamais sous estimer le pouvoir du contrôle de l'information. Je ne voulais pas que Krystel pêche par excès d'orgueil ou de confiance. Je voulais qu'elle se méfie de tout, et de tout le monde. Les plus grands personnages de l'histoire ont toujours été trahis par leurs proches. Je voulais lui éviter cette fatalité. Elle vint ensuite susurrer à mon oreille des paroles rassurantes, réconfortantes. J'avais pourtant compris qu'elle était ma place, qu'elle tienne à moi n'y changeait rien. J'étais un tueur, et j'étais pragmatique. Rien ne pourrait me détourner de l'objectivité... je me retournais finalement vers elle, le torse bombé et un sourire carnassier, exsudant de force, et d'une certaine cruauté.


    | Recruter des tueurs ? Pourquoi faire ? Je suis capable de tous les tuer. Plus encore maintenant qu'avant. Je suis ton meilleur atout dans ce domaine. Dans celui là seul. Celui de la mort, de la clandestinité. |


    J'hochais ensuite la tête, plissant mes lèvres en signe de circonspection.


    | Je suis réaliste dans mes désirs. Je désire tuer. Je fais tout pour accéder à ce désir. Qu'y puis je si c'est la seule chose qui me comble à terme? |


    Oui, plus le temps passait, moins je croyais en l'amour, au bonheur, à toutes ces choses éphémères que j'avais subies dans le passé. Oui, subies. Parce qu'à cause de ces choses, j'avais failli tout perdre. J'avais tout perdu même, et ce, à plusieurs reprises. Attrapant le shampoing de la vampire, je l'ouvrais et me rapprochais d'elle, encadrant son corps de mes jambes, répandant le savon sur mes mains, les frottant l'une contre l'autre avant de les poser sur le cuir chevelu de la Reine, mes doigts s'insinuant dans ses cheveux, les tenant avec force parfois, tirant dessus ou frottant, massant le cuir chevelu. Elle me relança ensuite sur Guillemaud, et je lui répondis. C'était ce à quoi je servais, ma vocation.


    | Il faut le faire, sans plus tarder. Utiliser son réseau mais le contrôler. Il est utile de s'appuyr sur les informations de sa boîte de sécurité, mais il faut aussi assurer le contrôle de sa pomme de sang, sa quasi... servante... car elle détient le plus gros sous traitant de True Blood au niveau logistique. Je pense qu'il faut le surveiller étroitement, mais à distance. Il ne faut pas qu'il s'en rende compte. J'ai bien peur que son désir soit de vous complaire, comme je vous l'ai dit. Et il veut se hisser plus haut. Et comme je l'ai dit, la seule solution que j'envisage est un mariage. Il va chercher à vous épouser, ou à épouser l'une de vos filles. |


    Je reposais finalement mes mains dans l'eau pour les rincer.


    | A sa place, c'est ce que je ferais. Et lui aussi est ambitieux et pragmatique. |

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Lun 29 Juil - 0:51



Je pouvais comprendre les inquiétudes de Torben vis-à-vis de ma relation avec le mari de ma fille. S’il ne me jugeait pas – heureusement encore – ni l’homme, il était soucieux de ce que cela pourrait impliquer. Ces paroles étaient sensées, je devais bien le reconnaitre. Cependant, il n’avait pas toutes les cartes en main. Oh ce n’était pas sa faute sur cet aspect-là. Il n’avait que trop peu côtoyer ma fille et je ne lui en avais jamais vraiment parler pour qu’il sache quelle femme elle était. Un sourire non moins satisfait sur les lèvres, je lui dis Ne te tracasses pas sur ce point. Morgane est certes une Raybrandt, mais je reste sa mère. Sa plus grande qualité est qu’elle m’est des plus fidèles. Peu importe ce que je peux faire, elle restera toujours à mes côtés. Elle n’est pas ambitieuse, c’est un fait. Son seul souci est de me plaire et de rester à mes côtés. Je suis sa seule famille et elle a beau être marié à Léopold, je resterais toujours sa priorité. Saches qu’elle est encore là après que j’ai massacré son premier époux humain, tous ses servants et sa belle-famille. Le jour où je viendrais à lui révéler ma véritable relation avec son époux, qu’elle connait déjà d’ailleurs mais qu’elle ne veut pas accepter, je sais qu’elle aura beau m’en vouloir, elle restera avec moi, et finira par oublier. Elle en a toujours fait ainsi. C’est ma plus fidèle alliée dans ce monde… En ce sens tu as raison, je ne pus la perdre. Ainsi, est-ce plus sage de mettre fin à mes rapports avec mon gendre. Dieu sait que cela n’est pas pour me plaire, mais mon peuple est plus important que mes caprices et mes envies . Je ne le faisais clairement pas pour moi. J’adorais humilier l’écrivain, le punir, puis le mettre dans mon lit. C’était un jeu que j’affectionnais. Y renoncer n’était pas plaisant, mais je savais déjà depuis longtemps qu’il le faudrait un jour ou un autre. Les vampires n’étaient pas vraiment au beau fixe, et ils avaient besoin que je sois forte pour deux. Je devais reconquérir le monde, et je ne pouvais pas perdre ni de crédit, ni même la fidélité de ma fille. J’avais besoin d’elle. Tout comme j’avais besoin de Jana, de Julien, de Constance, et de toutes les personnes haut placées dans la hiérarchie vampirique. Sans eux, pour l’heure, tout s’écroulerait. Je ne pouvais accepter cette idée, et je me battais d’ailleurs pour que cela n’arrive pas. Mon Roi m’avait fait confiance, je devais m’en rendre des plus dignes et lui offrir, à son retour, un royaume plus fort et uni que jamais. Le poids de cette tâche était très lourd, mais c’était mon fardeau, moi fardeau à moi toute seule. Enfin seule… Disons que non. Parce qu’à présent j’avais Torben avec moi. Son destin était étroitement lié au mien, et soulagé un peu ce que dont je devais m’acquitter. Il n’était pas un simple humain, ni un simple tueur à mes yeux. C’était important qu’il le comprenne. Un monde nouveau s’offrait à lui, et il gagnait à la fois en importance et en puissance. Il n’était plus le banal tueur de la HVC. Je laissais un sourire courir sur les lèvres lorsqu’il bomba le torse pour m’affirmer qu’il pouvait tuer tout le monde et qu’il était meilleur que les autres. Il n’avait absolument pas tort Pour sûr. Nous sommes d’accord sur ce point. Mais attention. Te reposer sur tes lauriers peut causer ta perte. Un conseil et un avertissement. Voilà ce que c’était. J’avais vu de nombreuses personnes tombaient parce qu’un jour elles furent à leur apogée et qu’elles n’ont pas pris garde aux serpents qui gagnait en puissance à côté d’eux, et qui ont fini par les renverser. Torben ne ferait pas exception à cela s’il ne faisait pas attention. Et je ferais tout pour que cela n’arrive jamais. Il était un puissant allié, et je comptais bien pouvoir compter sur lui encore un bon moment. Par contre il m’agaçait un peu à se montrer aussi peu… Ambitieux dans ses envies. Et pourtant ce n’était pas faute de le pousser à l’être. Je laissais échapper un soupir de lassitude. Il était vraiment borné lorsqu’il le décidait Très bien. Puisque tu n’en fais qu’à ta tête, je choisirais pour toi et tu n’auras pas le choix que de te plier à ma volonté. Je t’offrirais donc une maison, la main de Cora avec qui tu auras une descendante… Et Jana comme Amante. Ou l’inverse, nous verrons. Cela dépendra des rouages vampiriques qui se mettront en place ce soir. Et pour ce qui est de Guillemaud… . Je pris le pommeau de douche pour me rincer les cheveux, puis sortis de mon bain. Je laissais une trainée d’eau jusqu’au lavabo où je récupérais une serviette que j’enroulais autour de mes cheveux, puis une autre autour de mon corps. Je sortais des placards une autre propre pour l’envoyer à l’humain. Lui faisant signe de me suivre, je regagnais ma chambre, qu’il avait partagé toutes ses dernières nuits. J’ouvrais mon dressing, puis le regardais en cherchant une tenue pour ce soir. Tout en contemplant le nombre astronomique de vêtements que j’avais, je dis à Torben Je te laisse prendre les mesures nécessaires le concernant. Si tu penses que cela est adéquat, je te détacherais auprès de lui. A toi de voir comme tu veux agir. .


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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Lun 29 Juil - 16:10

    Savoir quelle est sa place est l'objet de tellement de questions existentielles chez l'être humain, mais faisais je encore partie de cette espèce, avec tous les changements que j'avais subi depuis des années ? Je n'en savais rien, en tous cas, personne ne pouvait vraiment en être sûr. Je ne savais même pas quels autres changements internes étaient intervenus chez moi depuis que j'étais lié à Krystel. Peut être n'étais je même plus vraiment humain, biologiquement parlant. Aucun moyen de le savoir, sauf en passant des tests. Et meme encore comme ça, pas certain de savoir comment les choses se passeraient. Tout ça pour dire que les questions existentielles n'étaient clairement plus mes priorités. En ce qui me concernait, je pouvais très bien assumer ma position actuelle. Il fallait surtout que je pense à ne jamais remettre en question ma nature ; cela ne serait qu'une perte de temps. Je ne comprenais pas pourquoi Krystel voulait me voir endosser un rôle qui n'était pas le miens. Etait ce parce qu'elle sentait des choses au fond de moi même que je ne ressentais plus depuis longtemps, ou simplement par simple dessein politique ? Je n'en savais rien du tout. Krystel se tourna vers moi avec un large sourire. Visiblement, elle était assez fière d'elle même, lorsqu'elle m'énonça la vérité sur sa fille. Des choses que j'avais pu constater par moi même, mais je l'imaginais plus... Plus mature ? Peut être. Sa mère semblait la considérer toujours comme une seconde main. Ce qu'elle n'était plus vraiment. Tout comme Jana ne l'était plus non plus. Il semblait en tous cas que la place libérée par Augustus. La Reine me semblait parfois trop confiante, mais comment discerner l'erreur de la connaissance ? Elle avait vécu tellement plus longtemps que moi, et avait tellement plus d'expérience... Je choisissais donc de me taire, d'écouter, d'emmagasiner. Il fallait que je retienne tout. Le savoir, c'est le pouvoir. Maîtriser l'information m'avait toujours sauvé la peau. Je ne cachais pas ma satisfaction lorsque Krystel choisit finalement de laisser passer sa relation avec Leopold, pour se concentrer sur l'essentiel. Une part de mon cœur en était peut être un peu trop satisfaite.


    | Je pense que c'est plus sage, en effet. On ne sait jamais quelles répercussions nos actes peuvent avoir. Et quand on sait le nombre de dirigeants qui ont été décrédibilisés, fragilisés puis évincés pour des histoires de sexe... Je ne te laisserais pas prendre ce risque. Sachant qu'en plus, Augustus désapprouvait, ce n'était pas un secret. Il aimait que vous alliez tous deux faire vos petites affaires, mais il n'aimait pas ce d'Aubusson. Je n'ai jamais su pourquoi, je sais juste qu'il s'en méfiait. |


    C'était la vérité. Je savais que Leopold avait toujours été sous la surveillance du Roi, j'avais déjà surpris plusieurs dispositifs humains, vampires ou matériels, pour établir une connaissance accrue des faits et gestes du proche conseiller de la Reine. Etait ce la jalousie, ou bien autre chose ? La jalousie à elle seule semblait peu probable venant de la part d'un type aussi sûr de lui même que l'est le Roi. Mais quoi d'autre, alors ? Je n'en savais rien. Somme toute, je savais aussi que le Roi ne me faisait pas confiance non plus. A raison, vue l'hésitation que j'avais eu quant au sort à lui réserver lors de la bataille contre Caim. Mais je l'avais trompé sur mes intentions, plus louables qu'il n'y paraissait. Je regardais la Reine avec détachement lorsqu'elle me mit en garde, un sourire de prédateur vint lentement se dessiner sur mes traits. Les rares fois où j'éprouvais un réel plaisir sauvage, c'était en de pareils moments. Quand je savais quelle était ma force, et à quel point je la maîtrisais.


    | Ma Reine croit donc que j'aurais pu rester en vie aussi longtemps vu tous ceux qui ont voulu me tuer, si je ne l'étais pas ? Je suis parfaitement conscient qu'à plus ou moins brève échéance, je rencontrerai plus fort que moi, et que je serais tué. Ainsi va le cours des choses. Un être humain est toujours surpassé par un autre. |


    Ce qui n'était pas le cas de Krystel, même si elle n'était pas invulnérable. Je savais de source sûre du fait de renseignements glanés durant les Années Sanglantes que les nouveaux poisons à l'argent, les radiations ou encore les armes à UV seraient mortelles à haute densité, pour la Reine que je servais. Mon travail, ma vocation, était justement vouée à l'en préserver. Krystel soupira par pur agacement. Pas le choix ? Je laissais échapper un petit rire, très rare chez moi.


    | En aucun cas je ne ferais une chose pareille. Prendre une maîtresse, ou pire une femme et des gosses, ça me ferait tuer. Tu ne te rappelles pas comment j'étais quand nous nous sommes rencontrés ? Seul, ivre toute la journée, je ne dormais plus ni ne mangeais correctement. Enragé, je ne pensais plus qu'à tuer, et me faire tuer. Si demain je me mets à baiser avec Jana, à me marier et à avoir des enfants avec Cora... Dans six mois, les problèmes recommenceront. Je multiplierais les faiblesses. Je ne peux pas me le permettre. Je ne serais plus jamais faible, Krystel. |


    je suivais la Reine hors du bain, m'essuyant à sa suite et la suivant dans sa chambre. M'essuyant rapidement, je me dirigeais nu vers les vêtements pliés que l'on mavait fait apporter. Je les dépliais, les jaugeant du regard. Je ne sentais pas le froid de la pièce sur ma peau nue, insensible comme toujours aux rigueurs imposées par mon environnement.


    | Non. Il ne faut pas que je décide, ou il se murmurera que je remplace le Roi auprès de toi. Tes sujets sont trop attachés à l'Ancien Ordre. Je ne peux pas non plus me permettre de murmurer dans l'ombre ; on t'accuserait de collusion avec un humain. Je dois symboliser ce que les servants ont toujours été pour les vampires, comme Tannen l'était pour ton époux. Un soutien, un allié. Mais pas un égal. Je suivrais Julien, mais je ne trouverais rien. Il est trop intelligent pour laisser des traces. Mais en le surveillant, je saurais qui il rencontre et ce qu'il fait. Ses contacts me seront utiles pour me fournir une nouvelle identité ; celle de Torben Badenov n'est plus utilisable. Jamais. |

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Mar 30 Juil - 18:15



Torben était un peu trop contente de ma décision pour que cette dernière soit aussi détachée qu’il voulait le laissait penser. Je pouvais le sentir. Le fait que mon cher Léopold ne soit plus sur ma liste d’homme à croquer lui plaisait autant que cela me déplaisait. C’était un fait. J’aurais pu le questionner, mais je laissais passer. Après tout, je saurais le pourquoi du comment au moment voulu. Et puis, nous ne pouvions pas perdre de temps avec de telles futilités. Ou concours de testostérones. Cela revenait un peu au même à mes yeux. Je fis comprendre par contre à l’homme qu’il était hasardeux que d’essayer de comprendre mon créateur et ses intentions. J’avais essayé pendant mes jeunes années, mais je n’y étais jamais parvenue. De la même manière qu’il était presque impossible de connaitre et d’anticiper sur mes propres intentions. Nous étions trop libres, trop promptes aux changements, trop imprévisibles en sommes. En cela aussi mon humain gagnait en puissance. Parce que dès lors qu’il saura parfaitement contrôler notre nouveau lien, il aura accès à ce que personne n’a accès. Il aura cette connaissance que beaucoup aimerait avoir par n’importe quels moyens. Je mettais un peu ma vie en danger en le prenant à mon service. Il en aurait conscience bien assez tôt d’ailleurs. Mon Epoux se méfie de tout le monde même de moi. dis-je pour clôturer sur ce sujet. Si la confiance que me portait mon créateur n’était pas à remettre en cause, je savais très bien qu’il s’était toujours montré méfiant envers moi. Il m’avait fait à son image et il savait que si j’estimais avoir totalement raison sur un sujet, je pourrais m’élever contre lui et défier son autorité. Cela était déjà arrivé. En privé bien entendu. D’aussi long que je me souvienne, j’avais toujours été de ses femmes qui agissent comme bon elles l’entendaient. J’avais toujours fais ce qu’il fallait pour les êtres à qui je tenais, même si cela signifiait les blesser. Avant je me battais pour William et Morgane… Et depuis des décennies, je me battais pour… Mon Roi. Il était le seul à trouver encore une place dans ce qui me restait de cœur. Son absence n’en était que plus pesante d’ailleurs.  Mon créateur me manquait oui, mais je regrettais surtout le compagnon qu’il est pour moi. Cela fait bien longtemps que l’affection que je lui porte a dépassé l’affection que je porte à mes enfants. Morgane compte à mes yeux oui. Cependant si je devais choisir entre elle et Augustus, il n’y aurait aucune hésitation concernant mon choix. De la même manière qu’à présent, je privilégierais l’humain à n’importe quel vampire de ma lignée. Je devais le préserver, des autres, tout comme de lui-même. Je lui répondais d’ailleurs Tu n’es plus un simple être humain ne l’oublie pas. Et je te donnerais les moyens de surpasser les autres. A partir du moment où tes efforts et tes entrainements ne se relâcheront pas, tu continueras d’écraser le monde comme s’il n’était qu’un vulgaire insecte. Et si tu dois tomber, tu auras l’obligation de te relever. . Je lui fis de nouveau sentir combien cela était important. Tout comme le fait qu’il ambitionne à autre chose qu’à me servir uniquement. J’avais vu de trop nombreux servants humains ou même de simples pommes de sang, devenir complètement fanatiques, pour ne pas dire barges, à cause d’une trop grande attention et affection portées à leur maitre. J’avais assisté à la mort d’un ami, après que son servant est attenté à sa propre vie, parce qu’il s’était senti délaissé, malaimé, abandonné. A mon sens, il fallait trouver un équilibre, et cela passait par la conjugaison d’une vie humaine et vampirique. A présent Torben se trouvait entre deux mondes, faisant parti des deux de manière partielle. Même s’il ne le désirait pas, je lui imposerais ma volonté, jusqu’à ce qu’il la comprenne de lui-même. Je le regardais droit dans les yeux, ne le lâchant pas. Soit il se choisissait lui-même sa femme, soit je le ferais. Il n’y avait aucune autre option envisageable, et le célibat était à exclure. L’avantage qu’il pouvait avoir avec Cora, c’était qu’elle m’appartenait corps et âme, et qu’il n’aurait pas besoin de jouer un double jeu avec elle, avoir une double vie. Enfin, c’était à lui de voir ce qu’il préférait face aux options qui s’ouvraient à lui.   Je te laisse une semaine, pas plus. Il ne s’agit pas de faiblesse, mais au contraire de force. . S’il ne pouvait pas l’admettre, il devra se satisfaire de mon expérience. Nous quittâmes la salle de bain pour rejoindre ma chambre. Il nous fallait nous préparer avant que nos invités ne finissent par arriver. Je questionnais de nouveau l’ancien guerrier de la HVC sur Julien d’ailleurs, m’imprégnant ainsi de ses connaissances et de ses expériences. Lorsqu’il me dit que ce n’était pas à lui de décider, je quittais la contemplation de mes vêtements pour arquer un sourcil. Il ne comprenait vraiment pas. Ou ne voulait-il pas comprendre. Perdant un peu patience, je lui dis, un ton un peu plus haut que les précédents Tannen n’était qu’une sotte, qui n’a jamais été plus qu’une femme dans le lit de mon Roi. Elle n’a jamais été utile qu’à ça… Seigneur JE prends toutes les décisions. Cela n’est aucunement à remettre en cause. Je te demande juste ce que tu en penses. Nous sommes deux à présent, il va falloir te faire à cette idée. Je te solliciterais encore de nombreuses fois. D’une certaine manière tu seras mon plus proche conseiller et mon plus fidèle guerrier. Tu feras ce qui est donc nécessaire pour mes intérêts. . Je lui tournais de nouveau le dos et m’avança vers ma penderie pour récupérer la toilette que je porterais ce soir : une robe  bleue et noire comme la nuit, de style victorienne, faites d’un corset et de dentelles. Un cadeau d’un lointain amant. « Et n’oublie donc pas qu’il n’y a pas seulement par la parole que tu peux me faire part de tes impressions…  » lui communiquais-je sans prononcer un mot. Je m’enfonçais un peu plus dans mon immense dressing, récupérant lingerie et chaussures, mais également ce que je désire que l’homme porte. Il fallait vraiment que je lui apprenne à varier sa garde-robe. Je  choisis des vêtements parmi ceux d’Augustus – que mon Roi n’avait bien entendu jamais porté -, assortie à ce que je porterais. Je pris aussi un loup noir, et rapporta le tout très rapidement dans la chambre. J’avais tout posé sur le lit, et fit signe à Torben de commencer à se vêtir alors que je me démêlais les cheveux. Lorsqu’il eut bouclé son pantalon noir, je glissais jusqu’à lui et pris la chemin qu’il allait mettre. Je n’habillais pas n’importe qui. C’était très rare que je le fasse. C’était une manière de le remercier pour son service et de lui prouver qu’il n’était plus un simple humain. Je faisais glisser le long de ses bras la chemise bleue velours, puis la boutonna. Je lui passais ensuite une veste noire légère et plutôt moderne par-dessus, avant de poser sur la moitié de son visage l’ornement que j’avais récupéré. Ce dernier allait un bas gauche de son menton et remontais en diagonale jusqu’au haut de son font. Noir, sans rien de superflue, assombrissant son regard déjà foncé. L’effet était superbe. En tout cas à mon sens. Te voilà parfait lui dis-je avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres et retourner à ma propre préparation. J’abandonnais les serviettes de bain, enfilant rapidement la lingerie que je m’étais choisie, toute de dentelle. J’aimais les belles choses, je dois bien l’avouer. J’accrochais mes bas noirs, après avoir ajusté parfaitement mon dessous, puis me chaussa de talons hauts. Nulle peine de m’embrasser d’un soutien-gorge, ma robe se suffisant à elle-même. Je retournais devant mon miroir, et entrepris de me maquiller.   Si ce soir Julien me demande la main de Jana, est-ce que cela serait pour te déplaire ?  

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Dernière édition par Krystel Raybrandt le Mar 30 Juil - 23:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Mar 30 Juil - 20:28

    Je savais que la Reine ressentait exactement les mêmes choses que moi, puisqu'elle avait accès à ce qu'il se passait dans mon esprit. Ce n'était pas forcément un mal, je n'avais de toutes façons rien à lui cacher, alors... Cela dit, il fallait quand même préciser que le sujet était clos, je n'avais pas spécialement envie de réaborder la question du comportement qu'avait Krystel vis à vis de Leopold. J'avais évoqué le malaise et nos caractéristiques à chacun, il ne fallait pas que les choses aillent plus loin, sinon je risquais de braquer ma partenaire et cela je ne le voulais pas une seule seconde. Je comprenais ensuite ce qu'essayait de me faire passer la Reine lorsqu'elle me parla de son époux, le Roi. Difficile à comprendre, impossible à suivre ? Nous verrons. Je ne voulais pas trop présager après tout, puisqu'il avait lui même parfaitement compris lorsque nous nous étions croisés du regard, au moment ultime lorsque Caim était en train de nous tuer tous les deux, nous pelant comme si nous étions des fruits mûrs. Cet enfoiré avait failli nous avoir, et j'avais plus compris de choses sur le Roi quand j'avais vu au fond de ses yeux au moment de mourir tous les deux qu'en plusieurs années d'obéissance, de proximité, et de missions qui m'avaient pourtant amené à en découvrir beaucoup sur lui. Je comprenais cependant que qu'essayait de m'intimer la Reine. Le Roi avait sa volonté et ses motivations propres. Il s'agissait maintenant de ne pas le brusquer, ou en tous cas, de ne pas mésestimer le moindre de ses faits et gestes. Quoiqu'il en soit, Krystel ne semblait pas vouloir continuer de parler de son époux, et cloturais le sujet. Ce que dit ensuite la Reine, je l'avais compris depuis longtemps. Je hochais la tête, sans m'agacer de la répétition de ses directives. Me pensait elle réellement coupable de relâchement?


    | Je sais déjà tout ça. |


    Nulle arrogance, aucune présomption. Je faisais ce pourquoi j'étais fait, tout simplement, et je lui répondais sans ambages. Inutile de mentir ou d'acquiescer à quelque chose que je faisais déjà. Et si effectivement Krystel avait encore des choses à m'apprendre, il ne fallait pas oublier qu'elle même n'était pas encore une experte dans la manière qu'ont les humains de se battre. Je compris à quel point tout ceci la préoccupait quand elle se prolongea mentalement en moi, mais je savais aussi que je faisais déjà tout mon possible pour être au meilleur niveau qui soit. Et quand je dis que je faisais tout mon possible, ce n'était pas un bien grand mot. Je faisais ce que je devais faire, un point c'est tout. Par contre, je lui fis comprendre à mon tour ma frustration et mon refus de sa décision de m'unir à quelqu'un. De quoi s'agissait il, dans le fond ? De manière très pragmatique, ne laissant jamais mes émotions me dominer en aucune manière, je ne comprenais pas où elle souhaitait en venir. A quoi rimer de risquer ma loyauté auprès de quelqu'un d'autre, ou encore de provoquer du danger et de l'imprudence en dehors de notre « ménage » ? je n'en savais rien, je cherchais donc à savoir. Il ne pouvait s'agir d'un caprice, pas plus qu'il me semblait peu probable que ce soit pour m'écarter d'elle. Nous ne couchions ensemble ni ne partagions autre chose que notre sang. Je ne pensais pas la coller au point où elle voudrait se débarasser de moi, si ? Je n'en savais rien, je posais donc la question.


    | Je refuse tout net. Tu l'as dit toi même, je ne suis pas ton esclave, et nous sommes... Partenaires. Tu ne peux donc rien m'imposer qui ne remette en question ta vie ou ton pouvoir. Et là, je ne vois pas en quoi le fait de prendre femme, d'engendrer descendance ou de prendre des maîtresses peut te servir. Ou alors, expliques moi ton raisonnement. Parce que je te le dis tout net, sans raison particulière ma réponse est non. Cela ne servirait qu'à me faire tuer, et t'affaiblir par la même occasion. J'ai vécu dix ans sans compagne véritable, je ne vois pas pourquoi cela ne devrait pas continuer alors que j'ai atteint des compétences extrêmement développés dans mon domaine. |


    Je m'opposais à elle, et de manière ouverte. Pour autant, il ne s'agissait pas de mauvaise volonté, de colère ou de quoi que ce soit de ce genre là. Je voulais faire comprendre à Krystel qu'en soit, je lui obéirais s'il le fallait mais que moi même ne trouvais ni goût ni intérêt à ce qu'elle me proposait. Je devais donc obtenir des explications, sous peine d'avoir un contentieux avec ma Reine. Je lui faisais passer cette impression, et surtout, le fait que je ne me plaçais pas contre elle, mais que je voulais simplement des réponses. Rassemblant mes vêtements, je remarquais que mes paroles avaient encore étonné, sinon dérangé, la vampire. Peut être par mon manque d'initiative ? Pourtant, je n'avais jamais autant parlé que ce soir, c'était un fait indéniable. Je comprenais le ressentiment de Krystel qui me parla de la servante humaine de son conjoint. Et elle remit un peu plus de précisions encore sur l'histoire que nous partagions, sur ce lien unique et mortel pour nous deux, source de puissance et de prudence.


    | Mon avis, je l'ai donné. Si ce n'est pas à moi de prendre les décisions, je ne vois pas l'utilité d'aller plus loin. Tu connais ce que j'ai appris, et tu connais mon point de vue. C'est suffisant pour que tu décides, n'est ce pas? |


    Là encore, je ne comprenais pas. Que devais je faire de plus ? Je pouvais prendre une décision, bien sûr, mais si c'était à elle de tout décider en monarque absolue qu'elle était, quel intérêt ? Je lui faisais justement part mentalement de mes impressions quand elle m'y invita. Je lui fis surtout part de mon incompréhension. Je comprenais ma place ; j'étais servant humain, pas son égal ou son conjoint, elle ne l'avait pas voulu ainsi et je n'étais de toutes façons pas digne d'une meilleure place. Je la conseillais, mais cela ne semblait pas suffisant. Que faire de plus ? Je lui montrais aussi que je ne souhaitais pas que la pratique politicienne remplace ma vraie vocation, que je me sentais perdu et totalement déplacé dans ce genre de choses. J'étais un tueur, pas un diplomate. Un espion plutôt qu'un conseiller. Un soutien plutôt qu'un conjoint. J'avais compris tout cela, et je l'avais accepté. Krystel se mit en devoir de m'aider à m'habiller. Elle m'aida à enfiler correctement ma chemise d'un bleu sombre, et une veste noire. Pour finir, elle me fixa un loup sur le visage, un espèce de demi masque. Krystel me dit que j'étais parfait. J'avais juste l'impression d'être un clown. Tout ça, ce n'était pas moi. Ces vêtements étaient bien trop chers, trop peu pratiques, trop voyants. Ils ne collaient pas à ce que j'étais. Mais je comprenais parfaitement que ce que j'étais ne comptait pas ; seul comptait vraiment ce que je devais paraître. Krystel s'habilla devant moi, et je me surpris à la désirer. Pas que la désirer soit surprenant, elle était la plus belle femme de ce monde, et plus séduisante qu'aucune autre. C'était la désirer maintenant, et avec autant de force, qui me destabilisait. J'écrasais cette sensation sans pitié. Je restais concentré. Lorsque Krystel me demanda si j'accorderais ma bénédiction à ce mariage, la réponse fusa. Le visage fermé, comme toujours, ne laissant rien transparaître, puisqu'il n'y avait de toute façon que du vide.


    | Non. Pourquoi cela me déplairait il ? Nous ne sommes plus mariés, nous ne sommes pas amants. Si cela fait gagner des points politiquement parlant, qu'ils s'épousent, qu'ils fassent ce qu'ils veulent, cela ne m'intéresse pas. |

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Mar 30 Juil - 23:59



Fis toi à mon jugement s’il te plait et fait ce que je te demande. Il est important que tu es, à la fois un pied dans le monde humain, et à agir comme eux. Et à la fois un pied dans le monde vampire à mes côtés. L’attachement n’est pas que faiblesse Torben. Il te permet d’y puiser de nombreuses forces. Et si tu crains de perdre à nouveau cette famille, sache que chaque membre bénéficiera de ma protection. En ce sens rien ne pourra leur arrivée. Je veux que tu es ta propre famille en dehors de moi.  . Il voulait des explications, je ne pouvais par lui dire autre chose que cela. Je lui faisais parvenir cependant quelques brides de souvenirs, incomplets comme l’était notre lien.  Ce n’était pas que je le pensais enclin à devenir comme tous ses servants, mais la prudence et mer de sureté. Et puis peut-être qu’ainsi, il arrêtait d’être aussi défaitiste et verrait autre chose que moi. Car clairement, j’étais la seule personne à faire partie de sa vie. Je dois avouer que c’était un peu dérangeant aussi, dans le sens où je n’avais jamais été la seule personne dans l’existence de quelqu’un. C’était nouveau… Et étrange à mes yeux. Même s’il était mon servant, se forgeait une vie ne pouvait pas être néfaste. Le partage n’était pas quelque chose qui me dérangeait. Réfléchie y sérieusement s’il te plait et ne rejette pas tout en block. Rien de saint ne pourra en ressortir. . Torben était moins docile et conciliant que l’était mon premier servant. En comparaison, je préférais finalement cela à la première situation que j’avais connu, même si cela impliquait plus de problèmes, plus de difficultés. Pour autant c’était plus intéressant également, même si former l’homme ne serait pas de tout repos. Malheureusement, je ne pouvais me reposer sur personne pour me suppléer dans cette tâche ardue. Seul Augustus l’aurait pu, mais il n’était plus présent à mes côtés. J’avais beau essayer de le chasser de mes pensées, à chaque fois, il revenait en force. En même temps, je le sentais constamment puiser dans mon énergie, lien qui me prenait beaucoup de concentration à contrôler. Il pourrait me tuer, et cela sans pour autant récupérer sa vie. Ma mort pour lui serait complètement inutile. Si seulement cela pouvait l’aider… Si seulement j’avais moi-même combattu Belle et Caim… Tout cela ne serait pas arrivé. Malheureusement, nous ne pouvons pas revenir en arrière. Et puis, en faisant un bilan rapide, je m’en sortais plutôt bien, même si mon peuple n’était pas au beau fixe. Je gérais cela avec brio, et je ne comptais pas m’arrêter en si bon chemin. Aussi honteux que cela puisse être pour moi, j’aimais gouverné, et j’aimais avoir eu l’occasion de prendre la place de mon maitre, de lui montrer ce dont j’étais capable moi aussi. Pour autant, je l’avouais également, tout faire toute seule n’était pas chose aisée et je m’étais vite aperçue que je devais très bien m’entourer. Si je me trompais, personne ne pourrait ramasser les pots cassés. Je devais me montrer vigilante à chaque instant et en cela Torben m’était d’une aide des plus précieuses. J’avais foi en son jugement. Je faisais peut-être trop appelle à lui. Mais pour l’heure, il était le seul en qui je pouvais vraiment me fier. Très bien. Fait donc cela. Je t’arrangerais dès ce soir une entrée chez Guillemaud. . Je n’aurais aucun mal à trouver une explication quant à mon désir de voir mon humain fouiner dans ses affaires. Je savais déjà plus ou moins comme j’introduirais ce fait. Cependant pour l’heure, nous devions nous mettre en action et nous préparer. J’avais commencé par l’homme justement et si, pour ma part, je trouvais que cela était parfait, je sentais qu’il n’était pas satisfait, qu’il trouvait que cela ne lui ressemblait pas. J’étais légèrement froissée qu’il puisse penser une telle chose. N’avais-je pas pris moi-même la peine de l’habiller, et de choisir sa toilette ? Sans doute ne s’en était-il pas rendu compte, mais je prenais cela un peu comme une offense personnelle.  Très bien, puisque cela ne lui allait pas, et bien je ne ferais plus rien pour me montrer courtoise et proche de lui. S’il n’appréciait pas mes gestes à leur juste valeur, je ne m’acharnerais pas à les continuer. Je ne releva pas ses pensées me concernant, vexée par ce qu’il avait pensé juste un peu plus tôt. Tant pis pour lui. Il n’était pas prêt d’avoir mes faveurs c’était sûr ! En tout cas pas pour le moment. C’était tout ce qu’il méritait. Je repris d’ailleurs ma place devant le miroir, et sortis mon maquillage pour sublimer un peu mon regard. Différents fars à paupières bleutés, un fin trait noir faisant le tour de mes yeux, et du mascara des plus noirs. Je relevais une partie de mes cheveux, les accrochant dans différentes tresses, qui vinrent se perde dans le fin diadème que je posais sur ma tête. C’était… parfait. Ne restait plus qu’à enfiler ma robe, et j’étais fin prête… Et en avance, qui plus est. Avant cependant, je quittais ma contemplation pour répondre simple à Torben Grand bien alors si cela t’est égal. J’en connais une qui sera encore déçue par cela, mais qu’importe.  . J’avais très bien sentie la tension sexuelle et le lien qu’il y avait entre Jana et Torben lors de leur dernière rencontre. La vampire n’était pas si détachée que cela de mon humain. Un fait que je comptais bien surveiller au cas où… Je me levais, sans accorder le moindre regard à l’humain, et glissa jusqu’à ma robe. Je l’enfilais avec délicatesse, oubliant que je ne pouvais serrer le corset toute seule. Une mauvaise habitude d’avoir toujours plein de serviteur s’occupant de moi. Je m’insultais mentalement de ne pas y avoir pensé plus tôt, lorsque j’avais dû me choisir comment m’habiller. Vous allez dire, rien ne m’empêcher de demander à Torben… Mais j’étais contrariée le concernant… Et puis j'avais encore faim, ce qui me rendait un peu irascible. J'aurais pu encore me nourrir de l'humain, de toute les façons possibles certes... L'envie était tentante. Cependant j'étais contrariée par le peu de considération dont il avait fait preuve lorsque j'avais pris du temps pour lui... Peux-tu aller me chercher Anita et Jonas s’il te plait. Et puisque cela te déplaire tant, profites en donc pour te changer. Nous nous retrouverons au grand salon.

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Mer 31 Juil - 1:26

    La discussion était lentement en train de basculer sans même que nous ne nous en rendions compte. Il y avait de toute évidence un malaise, bien que je ne parvenais pas spécialement à l'identifier. Je ne me sentais ni gêné ni en colère, ce qui était moins évident du côté de la Reine. Celle ci s'agaçait de manière très visible de mon attitude, m'intimant d'ailleurs de faire confiance à son jugement. Là, elle me donnait un ordre, un vrai, qui n'avait plus rien à voir avec ce que nous avions pu échanger jusque là. Maintenant, elle se mit à m'expliquer le fond de sa pensée. Je comprenais maintenant ce qu'elle voulait dire. A force de me focaliser sur ma nature, je m'étais isolé, pâle copie de ce que j'étais autrefois, entre deux mondes, sans aucune attache matérielle dans l'un ni dans l'autre. Krystel voulait simplement que je reprenne prise avec le présent, avec le monde extérieur. Je ne savais pas si cela voulait dire que nous allions nous éloigner, mais je comprenais son raisonnement. C'était... Possible. Cora avait toujours été là, et si je devais ressentir quelque chose, ce serait sans doute pour elle. Elle était affectueuse, plus forte que jamais, et nous étions fort attachés l'un à l'autre. Mais je concevais mal faire cela en lui imposant. Je comprenais l'insistance de Krystel, et pris la peine d'y réfléchir un instant. Quelle drôle de vie cela serait, entre nos missions respectives... Pourtant, la chose était faisable. Je ne savais pas vraiment si j'en avais envie, mais la chose était envisageable. Je soutenais le regard de Krystel, l'étudiant un moment, auscultant son esprit. Cela ne la dérangeait pas, et elle ne concevait pas que je puisse penser autrement. De plus, elle pensait clairement aux bénéfices que cette situation lui permettrait de dégager.


    | C'est... Possible. Mais pas facile. Cora vit seule, et elle s'est forgée sa propre identité pour infiltrer la brigade PES. Nous courrons tous deux de gros risques. Et nous ne pouvons pas nous marier de toute évidence, puisque je suis mort. Mais oui, vivre autre chose, ailleurs... C'est... Possible. Si Cora est d'accord bien entendu. Pour ce genre de choses, je ne lui imposerais pas. Vivre avec moi n'est pas un cadeau. Ma précédente épouse en a fait les frais. J'aborderais le sujet avec elle. |


    C'était tout ce que je pouvais promettre, et il s'agissait déjà d'une sacrée concession que je lui faisais, et je lui faisais bien comprendre par le biais des sensations que nous échangions. Je ne voulais pas qu'elle pense que je hissais bêtement le pavillon blanc juste pour lui faire plaisir, pas plus que je désirais qu'elle ne croit que j'abandonne la partie si aisément. Je coupais la poire en deux, étudiant la question pendant quelques jours. Rien ne pressait de toute façon, enfin j'imagine, pas dans un futur proche en tous cas. Pour autant, je sentais une forte confiance en moi exsuder de Krystel toute entière. Elle voulait le mieux pour moi, pour elle, pour nous, et elle pensait que j'étais à même de l'aider. En quoi exactement, je ne le saisissais toujours pas, puisqu'en matière de politique elle avait des serviteurs et des conseillers tout aussi fidèles que moi mais bien plus compétents. Peu importait, de toute manière. Je n'avais pas à remettre ses choix en question. La vampire m'annonça alors que j'allais enquêter chez Guillemaud. Je pensais cependant, que nous ne nous étions pas très bien compris.


    | J'ai parlé de surveillance à distance, je ne veux en aucun cas faire partie de sa société. Il ne faut pas que je sois trop proche, sinon, j'aurais moins de choses à observer. |


    Je sentis la frustration de ma Reine quand je ressentais une sorte de gêne vis à vis des vêtements que je portais. Je la sentais vexée, fortement frustrée. Comme si je rejetais en bloc tout ce qu'elle m'apportait. Elle s'installa devant son miroir et entreprit de se maquiller. Se tressant, la vampire finit sa coiffure par un diadème qui trônait fièrement sur sa tête, et qui pour le coup ne faisait pas du tout gadget. Déçue, Jana? Je répliquais aussitôt.


    | Pourquoi dans ce cas, m'avoir empêché de coucher avec elle quand je suis allé lui annoncer mon retour ? Jana peut être ma maîtresse, je la désire toujours. Mais ce qu'elle désire compte forcément. Si elle souhaite épouser Guillemaud, je ne peux pas créer de problème à ta monarchie en risquant de me confronter à ton général, en corrompant l'une de tes héritières. C'est... Epineux. Si je pensais que coucher avec d'Aubusson était une mauvaise idée, coucher avec Jana si elle devient la femme de Guillemaud l'est tout autant. Si elle ne veut pas de ce mariage, les choses peuvent alors être différentes... |


    Krystel alla se glisser dans sa robe, et je sentais sa frustration et sa colère s'accroître. Je n'hésitais pas un seul instant. Lorsqu'elle me demanda d'aller chercher ses pommes de sang, j'étais déjà derrière elle. Commençant par un très léger contact, mes doigts courant sur son épaule puis le long de son bras, jusqu'à se poser sur sa taille. Je vins poser mes lèvres dans le creux de son cou, mes mains de part et d'autres de son corps. Remontant doucement la robe jusqu'au bout, j'entrepris de serrer puis de lacer son corset... Avant de m'arrêter en plein mouvement.


    | Essayons de nous faire vraiment confiance, d'accord ? Tu vas me faire confiance pour gérer Cora et Jana, et moi, je vais te faire confiance pour cette tenue. Je suis simplement peu accoutumé à porter des vêtements plus beaux que pratiques, tu comprends ? |


    Bien sûr qu'elle comprenait... j'embrassais sa nuque, puis la chair derrière son oreille, son cou, sa clavicule, son épaule. Mes mains rabaissèrent sa robe, la faisant glisser sur elle jusqu'à tomber à ses pieds, dévoilant son corps uniquement vêtu de bas et de lingerie. Mes mains vinrent glisser sur ses cuisses, frôlant son entrejambe sans jamais y aller tout à fait. Je vins lui murmurer à l'oreille, tout en étant conscient que j'avais franchit les limites physiques auxquelles nous étions habituellement cantonnés. On se touchait, d'ordinaire, mais jamais dans ce sens là.


    | Tu es la Reine, et nous sommes en avance. Tes invités attendront. |

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Jeu 1 Aoû - 0:39



J’étais satisfaire que mon humain ne rejette plus en bloc ce que je lui demandais. Il venait de me dire qu’il y réfléchirait et c’était tout ce que j’attendais de lui pour l’instant. Il était assez intelligent pour se rendre compte des apports de la situation que je souhaitais pour lui. Cora était la meilleure solution qu’il avait, que nous avions. Elle avait été sa maitresse et elle était toujours actuellement la mienne, de par son statut de pomme de sang. Je la savais attachée à mon servant humain et combien sa perte avait été difficile à encaisser. Je savais aussi que Torben était attaché à lui. Ou du moins une part de lui qu’il avait très bien enfoui au fond. La jeune femme jouait elle aussi avec une double vie, et donc ne reprocherait pas cela à l’humain. Et qu’il partage ma couche ne sera pas non plus un problème, elle-même le faisant lorsque j’en éprouvais l’envie. J’appréciais ses services et sa loyauté, même si par prudence, je gardais toujours un œil sur elle. Rien ne doit lui être imposé en effet. Tu lui feras aussi savoir qu’il s’agit ici de mon initiative. Ainsi elle saura que vous avez mon entière permission. Egalement tu lui préciseras que cela ne change rien quant à son statut de pomme de sang de la reine et tout ce que cela implique. Je ne te la donne pas, je la partage seulement, comme je l’avais déjà fait par le passé. . Cette relation ne me dérangeait pas du tout. Au contraire, elle offrait tellement de perspectives nouvelles, charnelles et sanguinaires, qui me firent légèrement sourire. Ce serait… intéressant, oui très intéressant. Je chassais tout cela de mon esprit pour me reconcentrer sur le pourquoi de sa présence ici, soit avoir son opinion sur nos invités de ce soir. Je lui fis un signe de la main en lui faisant comprendre que les détails ne m’importaient pas vraiment. Tu as carte blanche. Fais comme tu le sens. Et si tu as besoin de moi, tu m’en feras part. Tu as toute ma confiance concernant ce sujet. . Il ne pouvait clairement pas dire qu’il n’était pas bien traité à mon service. Je lui laissais beaucoup de liberté, et je lui accordais ma totale confiance sur de nombreuses missions. J’avais conscience que j’avais des habitudes à changer, que je devais prendre en compte plus de spécificités à présent qu’il était à mon service. Je voulais qu’il sache bien que je n’avais pas fait ce choix sur un coup de tête et que, je ne le regrettais pas. S’il me servait, je le considérais avec plus d’attention de mon côté. C’était pour cette raison que j’avais été offusquée par ses pensées. Parce que j’étais étonnée, rien de plus. Je ne t’ai rien interdit ce soir là il me semble. J’ai peut-être émis une réserve de par le fait de ma non connaissance de cette visite à la princesse. La seule chose que tu n’as pas le droit d’offrir, c’est ton sang. Le reste, tu en fais ce que tu en veux. Et avant donc de parler en son nom, attendons d’en savoir plus. Si Julien en vient à me demander la main de Jana, nous aviserons. Cependant cela restera un arrangement et non un mariage d’amour comme pense avoir ma fille. Julien possède ses humains, donc comme Jana. La fidélité n’est pas vraiment quelque chose de courant chez les vampires. Tu devrais le savoir mieux que personne. . C’était un fait : les miens avaient du mal à se contenter d’une seule personne, qu’elle soit vampire ou humaine. Je n’étais pas certaine que cela soit notre nature même. Cela n’est autre qu’un choix que nous faisions, le choix de la liberté, du plaisir. Moi-même je n’avais pas été fidèle à mon époux lorsque j’avais été humaine, ce n’était pas pour l’être à présent. De plus, à partir du moment où toutes les parties sont au courant, il n’y avait nullement tromperie, ni trahison. Mon Roi avait toujours eu sa place dans mon lit, comme pour la réciproque est vraie. Il restait mon amant privilégié et favoris. Pour autant, cela n’excluait par d’autres êtres, qu’ils soient humains ou vampires. J’étais sienne et il était mien – après qu’il nous ait uni-. Pour autant, en dehors des bras l’un de l’autre, nous étions libres, sans que cela remette en cause notre affection, et notre « appartenance ». Sur ces mots, je me levais pour finir de m’habiller. Je demandais d’ailleurs à l’humain d’aller me chercher deux de mes humains, et arqua un sourcil lorsqu’il ne le fit pas. Non, il n’alla pas trouver Anita et Jonas, mais se glissa dans mon dos. Ses mains se posèrent sur moi, ainsi que ses lèvres. Dire que ce n’était pas agréable serait un mensonge. Pour autant, ce n’était pas ce que je lui avais demandé, et il était naïf de penser pouvoir se rattraper ainsi. J’étais fâchée, et je n’avais pas du genre à ne plus l’être en quelques minutes. Je le laissais tout de même lacer ma robe, sans pour autant oublier son offense. Lorsqu’il me demanda que l’on se fasse confiance, je n’étais pas vraiment sûre de savoir où il voulait en venir en me faisait une pareille demande. N’étais-je pas suffisant d’avoir fait de lui mon servant humain ? Ce n’était pas donné à tout le monde, et je n’avais pas hésité lorsque le moment s’était présenté. Oui, il n’avait pas non plus toute ma confiance. Une seule personne l’avait, et elle ne se trouvait pas cette pièce. Pour autant, il faisait partie de ceux qui en possédaient une grande partie. J’étais tout de même satisfaite qu’il reconnaisse qu’il devait avoir un peu plus foi en mon jugement, même si là, il n’évoquait que sa tenue. Il n’attendit pas que je lui réponde pour venir défaire ce qu’il venait d’entreprendre. Il se remit à baiser ma peau, à glisser ses paumes sur moi, jusqu’à faire tomber ma toilette par terre. Torben vint ensuite s’égarer sur mon entrejambe, ravivant en moi un peu plus ma faim, pour finir par me déclarer que nous étions en avance et que, de par le fait que j’étais la reine, nos invités pouvaient attendre. Je lui concédais cela. Certes… Cependant le moment est mal venu. Complètement mal venu. Je me retournais sur l’homme et le fis reculer jusqu’à ce qu’il bute contre mon lit. Je le repoussais dessus, et vint me glisser jusqu’à son oreille. Très mal venu. . Pour autant, cela ne me dérangeait pas le moins du monde. Je déboutonnais en un clin d’œil sa chemise, et repoussais cette dernière ainsi que sa veste – prenant soin tout de même de ne pas les froisser -. Je me frottais contre lui, faisant danser ma langue sur son torse, avant de venir le mordre superficiellement plusieurs fois. Juste pour le plaisir de voir, et de sentir son sang couler. Juste pour le plaisir de ressentir la légère douleur que cela pouvait lui faire. Je dois bien dire que si l’envie m’avait prise plusieurs fois de partager ma couche avec l’humain, j’avais toujours préférer attendre. Et je dois bien avouer que j’étais bien contente de pouvoir m’adonner à cela en cet instant. Le plaisir n’en était que plus fort, et il nourrissait ma faim beaucoup plus intensément que tous les autres humains. Je finis par me glisser à son cou, quand je fus stoppée dans mon élan, en entendant des pas dans le couloir, qui s’arrêtèrent devant ma chambre. Quelques coups frappés, avant que mon majordome ne m’annonce à travers le bois qu’un de nos invités arrivaient au bout de l’allée. Connaissant bien son travail, il s’en alla aussi vite qu’il était arrivé. Nous finirons cela plus tard… Mais avant… . Je plongeais mes crocs dans son cou, atteignant sans mal sa veine. Continuant à passer mes mains sur lui, je m’abreuvais une nouvelle fois de son sang. Juste une minute ou deux, pas plus, même si ce n’était pas l’envie qui m’en manquait. Restant assise sur lui, je relevais le buste puis enfonça mes ongles, juste au-dessus de ma poitrine, faisant couler mon propre sang. Je portais mes doigts sur toutes les petites plaies de Torben, qui se refermèrent à leur contact. Je déposais de nouveau un baiser sur ses lèvres, avant de lui dire Va te laver le temps que je finisse de m’habiller. Aucun de nous n’a envie que tu portes une odeur de sang pendant cette entrevue.. Je le laissais sur le lit, pour appeler Anita, puis vint moi aussi ôter toute trace sanguinolente de mon corps dans la salle de bain. Lorsque je revins dans la chambre, mon humaine était là, tenant ma robe entre ses bras. Elle m’aida à la revêtir, puis réajusta ma coiffure, tout en me parlant de tout et de rien, comme nous en avions l’habitude. Torben fit prêt à peu près en même temps que moi. Un dernier regard dans le miroir, et je l’entrainais dans ma lignée jusqu’au grand salon. Je m’installais dans l’un des deux fauteuils qui se trouvaient dans la pièce. Sur le second était posé la couronne de mon Roi. Avant que mon majordome ne fasse entrer mes invités qui étaient en avance, je rappelais à l’humain Si cela te semble nécessaire, tu es libre d’intervenir. Fait le moi savoir cependant avant. As-tu une dernière question avant qu’ils n’arrivent ? Une dernière chose à dire ? Ou pouvons-nous commencer ?


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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Jeu 1 Aoû - 14:29

    La concession effectuée semblait satisfaire Krystel, et j'avais l'impression que cela satisfaisait un peu plus notre besoin de communiquer ; je me sentais personnellement plus ouvert, plus en phase avec notre lien, maintenant que nous parvenions à discuter sans s'agacer et sans se frustrer des réponses de l'autre. Une bonne chose de faite. Pour autant, je n'avais aucune idée de la décision finale que je prendrais. Epouser Cora, épouser quiconque d'ailleurs, me semblait tellement surréaliste ! Et même sans parler de rien d'officiel, rien que le fait de m'unir avec quelqu'un d'autre était en soi quelque chose de profondément étrange. Comment pourrais je gérer à nouveau une vie de couple, même une vie de couple libéré ? Cela signifiait partager des moments ensembles, se voir régulièrement, avoir des choses à se dire et à partager. Plus d'affection que je n'en montrais, parce que j'avais toujours considéré ceci comme étant profondément dangereux. Cora était quelqu'un d'exceptionnel, elle était une battante. Douée de son corps et l'esprit plus affûté que jamais, elle était une partenaire capable et intelligente. Et je ne pouvais le nier, elle était plus que séduisante, et avait toujours su toucher la part d'humanité qui se cachait très loin à l'intérieur de moi. Là où les choses étaient plus viscérales avec Jana, elles étaient plus logiques en compagnie de l'ancienne prostituée. Nous avions déjà partagé tant de choses ensemble ; la longue déchéance dans nos cœurs et dans nos vies, l'espoir d'une vie meilleure, plus utile, et toute cette souffrance endurée à deux pour devenir plus forts, pour devenir meilleurs. Oui, j'avais sans doute partagé plus de moments importants avec Cora qu'avec n'importe quelle femme dans ma vie. Après tout, cela faisait huit ans que nous nous connaissions... Je connaissais Jana depuis plus longtemps, mais nous n'avions pas été ensembles aussi longtemps. Presque moitié moins de temps, au final. Cora n'était pas un choix à exclure par simple caprice. Son choix était logique. Et j'avais plus d'affection pour elle que pour quiconque. Oui, c'était envisageable.


    | Je ne savais même pas que vous partagiez plus que ton sang. | dis je en haussant les épaules, comme si tout ceci allait de soi.


    Un bref instant, j'eus plusieurs flashs sensoriels qui me firent ressentir du désir, du sexe et du sang. Je savais que cela venait de la Reine et qu'elle se délectait sans doute déjà d'une union avec Cora et de tout ce que ça impliquait en termes... récréatifs. J'hochais la tête aux paroles suivantes de Krystel à propos de Julien ; je savais de toute façon que je pouvais compter sur son appui et sur ses innombrables ressources pour avancer dans mes petites enquêtes, ou l'expression de ma curiosité. Je savais quoiqu'il en soit que j'aurais toutes les clefs en main pour me permettre d'accomplir les objectifs que je m'étais moi même fixé. Ensuite, Krystel vint à rebondir sur mes propos à propos de Jana et de ce qu'il s'était passé ce soir là. Elle me réexpliqua les règles du jeu entre nous, l'interdiction de donner mon sang à une autre, car celui ci était hautement sacré aux yeux des vampires, bien plus que ne l'était l'amour ou les relations sexuelles, plutôt perçus comme l'expression de simples pulsions. Le sang, lui, était à la base de la société vampirique, et occupait en tant que tel une place à part dans leur culture. L'histoire sur la fidélité, je la connaissais déjà puisque nous l'avions évoquée à propos de Leopold et de Krystel elle même. Pourtant, je préférais voir des complications potentielles partout que de me rendre compte que j'avais commis une erreur par trop d'impétuosité. Je savais que l'infidélité caractérielle des vampires trouvait dans le couple royal ses parangons, mais j'avais rencontré suffisamment de vampires pour savoir qu'il ne s'agissait pas d'une règle d'or, et que d'autres se contrôlaient. Probablement qu'il s'agissait de la même chose chez les humains.


    | Oui, mais ton servant qui couche avec le chef de tes armées, la propre femme du chef de la moitié de tes troupes, peut déclencher de bien néfastes complications. |


    Lesquelles ? Je lui faisais comprendre que Guillemaud n'était pas un homme à bafouer son honneur. Si je piétinais sa fierté, il disposait de la moitié des troupes de toute l'espèce vampire, moins les fidèles de la Reine et du Roi mais plus les ambitieux, et pouvait déclencher un sacré bordel. En sus, épouser Julien signifierait pour Jana qu'elle tournait définitivement la page, et cela me faisait quelque chose. Quoi exactement, je n'en savais rien, parce que je ne ressentais ni colère ni envie, mais je savais que cela m'impactait à tel point que je me retirerais de sa vie personnelle pour me concentrer uniquement sur notre relation professionnelle et statutaire. Le vide, comme toujours, qui dirigeait mon monde, continuait de me dicter ma conduite. Je ressentis bien vite le plaisir et le désir que j'instillais chez Krystel, le tout mêlé de frustration du fait de la colère que je lui avais fait ressentir. Le cocktail, chez personne aussi passionnée que la vampire, était hautement explosif. Je la sentais se détendre, lentement mais sûrement. Je sentais en sus que j'avais visé juste ; je n'avais pas toute sa confiance. Quelque chose l'empêchait de s'en remettre totalement à moi pour tout, et je devais bien avouer que je ressentais la même gêne. Peut être qu'en se connaissant plus et en partageant plus de choses... Ou peut être était ce une mauvaise idée, et quelque chose dont Krystel souhaitait se protéger pour éviter toute faiblesse. Je n'en savais rien, et si elle ne laissait rien filtrer je n'avais de toute façon pas à le savoir. Jugeant le moment pour un rapprochement de géant entre nous, quelque chose que nous n'avions jamais vraiment fait, la vampire ne me fit pourtant pas moins tomber sur le lit derrière nous. Me susurrant les mots suivants, je sentis grandir en moi une faim terrible ; la sienne. Moi, je la désirais plus que tout en cet instant précis. Me retirant mes vêtements, la vampire me mit presque à nu, alors que mes mains caressaient sa peau, remontaient dans son dos, effleuraient ses joues, ses épaules, ses bras. Elle me mordit, juste de quoi faire perler le sang à plusieurs endroits. J'étais parfaitement détendu ; je savais, je sentais plutôt, qu'elle ne me tuerait pas. Et quand bien même elle le faisait, quelle mort ce serait ! Bien plus douce et terrible à la fois que toutes celles qui avaient failli me prendre au fil des années ! Alors que Krystel s'apprêtait à me mordre dans le cou et que mes mains se posaient sur son bassin. Je grognais de mécontentement en entendant le majordome arriver et nous signaler l'arrivée des invités. Se stoppant, Krystel me dit que nous ferions cela plus tard.


    A cet instant précis, je ressentais une frustration terrible, laide, belliqueuse. J'étais prêt à tuer pour cette interruption, alors que j'étais à deux doigts de toucher la divinité du bout de ma conscience. En un éclair, je fis ce que je savais faire de mieux. Je mobilisais toute ma conscience pour encercler, rédurie et éradiquer ce sentiment. Ce soir, il n'y avait pas de place pour ça. Il n'y en avait plus pour la moindre émotion depuis des années. La preuve, quand j'avais commencé à m'ouvrir à la Reine, quémandant une place toute autre, j'avais fait une erreur. Ressentir est une erreur. Pourtant, Krystel, sans se laisser démonter, plongea dons mon cou, et fit craquer ma peau pour se gorger de mon sang. Me crispant contre elle, je collais mon corps au sien, mes doigts passant dans ses cheveux. Elle but un bon moment, puis se griffa et essuya mes plaies avec le précieux liquide qui sortit un court instant de sa plaie. Mes blessures superficielles se refermèrent, et Krystel m'embrassa. Je répondis à son baiser, doucement, savourant le contact de ses lèvres qui goûtaient mon sang. Je m'exécutais en silence, allant jusque dans la salle de bain, m'armant d'un gant de toilette humide pour essuyer le sang dans mon cou et sur mon torse. En un rien de temps, j'étais de nouveau prêt, et j'attendais raide comme un piquet que la Reine le soit aussi, ce qui prit bien peu de temps. Marchant à sa suite, jr pris place à sa droite, debout. Le siège vide n'était pas pour moi. Il aurait pu. Mais ne l'était pas. Je me reconcentrais, regardant droit devant moi. Victor, l'armurier vampire de la Reine, vint m'amener mon holster et mon flingue, que je mettais en deux temps trois mouvements puis reboutonnais ma veste, les mains croisées devant moi. Je répondais à Krystel, les yeux dans les yeux.



    | Entendu. Je n'ai rien d'autre à ajouter, ils peuvent entrer. |


    A cet instant précis, je ressentis un curieux pressentiment. Le moment était passé ; je sentais que ni Krystle ni moi n'aurons ce que nous désirions ce soir, et que l'envie de reprendre là où nous nous étions arrêtés ne serait plus là. Les problèmes arrivaient en même temps que deux des plus importants personnages du royaume.

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Jeu 1 Aoû - 21:24


Lorsque j’avais écouté sur le répondeur de mon smartphone le message vocal de Jana, mon cœur avait fait un bond. Enfin c’est probablement ce qu’aurait fait celui d’un autre car le mien ne s’emballait jamais. Néanmoins si mon corps ne produisait aucun signe extérieur de satisfaction, ce sentiment était bien présent dans mon esprit. Pour fêter cela je ne fis que me servir un verre de véritable sang humain AB+, vidant une poche de sang que je conservais dans mon frigo puis sortis sur la terrasse de mon appartement afin de profiter de l’air de cette nuit de fin du mois de juin.

Demain soir Jana et moi pourrons défendre notre projet d’union stratégique et politique devant Krystel car il était clair pour nous deux qu’il nous fallait l’accord de la Reine. Je comptais bien sur mon récent succès, la capture du dissident qui faisait chanter Ruby, pour appuyer notre demande tout en sachant que cela ne ferait pas tout ni ne nous apporterait d’office une réponse positive de la part de Krystel. Une fois mon verre terminé je quittai mon domicile pour vaquer à mes occupations pour le reste de la nuit.

Le lendemain soir, date de notre entrevue avec la Reine, je me préparais en conséquence en choisissant une tenue adaptée mais qui pourrait s’accorder avec celle de Jana sans pour autant que nous ayons besoin de nous concerter, tant qu’elle ne portait pas une robe jaune fluo en latex. Jetant un œil à ma montre je vis qu’il était temps pour moi de me mettre en route pour aller chercher Jana chez sa sœur comme elle me l’avait indiqué dans son message la veille avant que nous ne rejoignions le manoir royal.


Bonsoir Jana, vous êtes ravissante. lui dis-je pour la saluer lorsqu’elle fut devant moi esquissant un léger sourire, seul signe extérieur de ma satisfaction quant à la teneur de cette soirée. Prête pour cette soirée ?

Nul chauffeur pour le trajet, n’appréciant pas ce que certain définissait comme un luxe. Je préférais de loin conduire moi-même ma corvette, voiture que j’appréciais. Je profitais que nous soyons sur le chemin du palais royal pour parler un peu avec Jana de la soirée qui nous attendait, histoire que nos discours ne soient pas incohérents devant la Reine. Lorsque nous arrivâmes devant l’entrée du manoir, je pris une seconde pour observer la façade du bâtiment avant que nous n’entrions et laissai Jana la première, après tout il s’agissait là de sa demeure familial en quelque sorte. Alors que les serviteurs royaux nous faisaient entrer, je vis que nous étions un peu en avance aussi nous dûmes patienter un peu.

Pensez-vous que Badenov sera présent ? demandai-je à Jana tandis que nous patentions avant notre entrevue. Si l’humain de Krystel s’était révélé à moi, il aurait été fort surprenant à mes yeux qu’il ne se soit pas montré auparavant à la fille de sa maîtresse. D’autant que, sans trop en savoir non plus, je savais que Jana et Badenov avaient été compagnons dans une autre vie. Toutefois ma demande n’avait pas pour objectif de contrarier celle qui allait peut-être devenir mon alliée la plus proche, simplement de me renseigner.

Quelques minutes après on nous fit entrer dans le grand salon, lieu des entretiens royaux, pour nous présenter face aux trônes, l’un vide avec la couronne d’Augustus et l’autre occupé par Krystel et à sa droite un homme bien habillé au visage dissimulé par un loup, probablement Badenov.


Bonsoir ma Reine, mes respects. dis-je en saluant la souveraine de notre espèce, avant d’en faire de même pour l’humain à ses côtés. Monsieur.
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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Mar 6 Aoû - 17:08

Cette nuit c'était le grand soir, cette nuit Jana saurait si elle allait se trouver officiellement fiancée à Julien et dans un avenir proche son épouse, ou si elle resterait célibataire. A l'époque où elle était encore naïve et qu'elle devait épouser William elle s'était regardée dans le miroir en répétant inlassablement "Jana Raybrandt" en s'extasiant sur le fait que cela lui allait bien. Aujourd'hui elle s'observait dans le miroir qu'avec une froide détermination, rien n'était acquis il fallait convaincre sa mère du bienfait de cette union. Et alors même qu'elle donnerait son accord la vampire ne murmurerait pas devant son miroir la nuit fatidique "Jana Guillemaud". Dans sa petite robe noire, sobre et conventionnelle elle se demandait si elle avait murmuré "Jana Badenov" du temps où elle était humaine. Quelle idiote ! S'admonesta-t-elle aussitôt en se détournant pour aller retrouver le hall d'entrée du manoir de sa soeur. Jamais deux sans trois, espérons que ce troisième mariage lui réussisse. La domestique à l'entrée lui tendit ses talons hauts et la princesse se chaussa avant que la porte d'entrée ne s'ouvre au passage de Julien. Elle ignora le compliment sur sa tenue et glissa sa main dans le creux de son coude pour rejoindre sa voiture.

« Bonsoir Julien, je suis prête depuis l’instant ou j’ai quitté votre appartement. »

Avec un homme tel que lui elle s’attendait à ce qu’un chauffeur prenne place derrière le volant, au lieu de ça il invita la princesse à s’installer du côté passager et lui à ses côtés. Sans gêne elle l’observa longuement tandis qu’il conduisait, ce n’était pas souvent qu’elle avait l’occasion de lorgner sur un conducteur. Si elle avait gardé en mémoire la manière de conduire, elle utilisait rarement cette mécanique, c’était inutile lorsque vous courrez plus vite que le moteur. Et c’était un chauffeur qui la conduisait lors des évènements officiels. C’était une agréable surprise de voir ce vampire se suffire à lui-même. Julien engagea la conversation sur les termes de leur accord, elle n’avait pas besoin de ce cours de rappel, la princesse n’avait rien oublié de leur dernière rencontre, cependant il était préférable de s’assurer de leur entente mutuel. Tout était en ordre entre eux lorsqu’il gara sa voiture devant le manoir royal, un sourire étira les lèvres de la princesse en pénétrant le hall. En attendant que sa mère veuille bien les recevoir il mentionna Torben, son sourire s’effaça, seul signe physique de sa surprise à ce sujet.

« Vous êtes donc dans la confidence, félicitation. Je ne serai pas étonnée qu'il soit présent, bientôt il aura repris toutes ses forces et la reine annoncera officiellement son retour, pour ce que j'en sais d'un serviteur humain il participera surement à toutes les visites officielles, à commencer par celle-ci. »

Jana n’était pas nerveuse, elle ne craignait pas de briser le cœur de son ex-mari en prenant nouvel époux. D’autant plus qu’il était dépourvu de cœur désormais. Sans doute l’aurait-elle était si cette union n’était pas purement stratégique. La réaction de Torben était imprévisible, mais celle qui l’intéressait surtout cette nuit était celle de sa mère. C’était sur elle que Jana devait se concentrer et personne d’autre. La princesse lissa une dernière fois sa robe pour défaire tout pli causer par sa position assise dans la voiture et accueillit impassible le domestique qui leur annonça que la reine aller les recevoir, elle entra la première comme elle était entrée dans la demeure.

« Bonsoir ma reine, bonsoir Badenov, merci de nous recevoir. »

Si Julien n’avait pas été présent elle aurait agi autrement, avec plus de familiarité, puisqu’il s’agissait d’une visite officielle elle utilisait le titre et le patronyme comme le voulait les convenances. Elle afficha un sourire serein en observant sa mère, toujours aussi splendide, c’était ainsi qu’elle avait subjuguée la vampire amnésique neuf ans plus tôt. Un visage somme toute inoffensif, cachant en réalité une cruauté à la source inépuisable. Et à ses côtés, sa mort. Etrange situation lorsque des années plus tôt il était encore un ennemi, aujourd’hui il servait et défendait leur reine corps et âmes. Mais il fallait bien admettre qu’ils formaient un beau tableau.
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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Mer 7 Aoû - 0:31



Vous êtes en avance. La première chose que je vins répondre aux deux vampires fut cela. Je n’étais certes pas attendre, mais je n’aimais pas non plus être pressée. Ils avaient une quinzaine de minutes en avance, et il était important de le signaler à mon sens. Que l’on arrive cinq minutes avant, je pouvais le concevoir, mais autant ? Qu’est-ce que cela cachait-il ? Sans doute ce dont m’avait parlé Torben avant que nos arrivés arrivent. Il semblait ne s’être pas trompé, chose que je lui fis sentir, impassible sur mon fauteuil assise. J’attendais que quelques minutes s’écoulent, laissant s’installer un silence et une atmosphère un peu plus pesante. J’étais la reine, et il était important que je fasse asseoir un peu plus ce rôle. Surtout face à Julien dont je ne pouvais pas m’empêcher de me méfier. J’avais ouï dire qu’il faisait beaucoup pour me servir. Mon servant humain me l’avait confirmé. Cependant je restais sur mes gardes face à lui. Nous avions du, par le passé, avec mon Roi l’enfermé à cause d’insubordination. Si j’avais récompensé ses actes en le nommant chef de mes armées, je restais tout de même prudente. Et jusque-là ma distance m’avait toujours servi, toujours.

Me décollant finalement de mon siège, je regardais Jana, et lui dis tout simplement Et bien, que de familiarité avec mon humain très chère enfant… Il me semble que tu as oublié là une appellation qui est pourtant, j’en ai bien peur, de rigueur. Même pour ma fille. Badenov, elle s’était contenté de saluer mon servant humain en le nommant par son nom de famille, oubliant le « monsieur » qui allait devant. Il était important de bien marquer son nouveau statut et cela commençait même au sein de ma famille. L’homme était à présent l’extension de mon pouvoir, mon représentant. Lorsqu’on s’adressait à lui, on devait le faire avec le plus grand respect, ce qui n’était pas exactement le cas de Jana. Je savais très bien qu’elle n’avait pas pensé à mal. Pour autant, je me devais de la reprendre. Nul besoin donc de vous présenter mon servant humain, ni de vous rappeler les manières que vous devez dorénavant avoir envers lui. J’avais indiqué cela pour mettre clairement les choses au clair. Torben était mien, totalement, et il était temps que cela se sache au sein du peuple que je gouvernais. Si jusque-là, je n’avais pas pris la peine de l’indiqué, craignant que l’on m’affaiblisse via notre lien, à présent cette précaution n’était plus nécessaire. J’avais veillé à son renforcement ces dernières semaines et je savais qu’il pouvait dorénavant se débrouiller tout seul. Oh tout n’était pas parfait, mais ça, personne ne le savait en dehors de nous deux.

Je notais également que ni l’un ni l’autre n’avait pris la peine de me saluer, en posant un genou à terre. Je prenais cela comme une première offense à mon statut. Avant d’être Reine, j’avais toujours courbé l’échine devant mon Roi, toujours. Je fis part à Torben de ce constat qui me déplaisait, afin qu’il apprenne un peu les bonnes manières à nos invités. De la manière qui lui plaisait. En leur montrant de loin, ou en leur faisant courber l’échine lui-même.  Me réadossant à mon fauteuil, mais gardant mes mains sur les accoudoirs, je m’adressais cette fois à Julien Monsieur Guillemaud, c’est un plaisir que de vous avoir sous mon toit. Est-ce un problème de collaboration qui vous a conduit jusqu’ici, et qui nécessite le soutien d’une princesse ? Quelle arrivée en force d’ailleurs ! Cette affaire doit être des plus importantes pour que fassiez venir à vos côtés mon enfant. Sachez cependant que je ne tolèrerais plus le moindre écart quant au respect que vous me devez. Il s’agira ici de mon dernier avertissement et cela vous concerne vous, autant qu’il te concerne toi Jana. Tu as fait le choix de venir ici de manière « officielle », ainsi j’attends que tu te comportes totalement de cette façon-là. . J’étais des plus sérieuses, et elle le saurait très bien J’avais confiance en elle et elle ne m’avait jamais déçu. Je pouvais le dire, elle était une de mes fiertés. Combative, passionnée, fidèle. Il m’arrivait de me revoir plus jeune en elle, lorsque je m’attelais à tout faire pour servir mon roi.  Si elle était venue me voir de manière beaucoup moins formelle, je n’aurais pas été aussi regardante. J’attendais d’elle qu’elle se comporte des plus parfaitement, quelques soient les circonstances, comme Morgane pouvait le faire elle-même. Si je pouvais vraiment être fière de ma fille de sang, c’était bien des manières que je lui avais inculqué et qu’elle maitrisé totalement. Elle a toujours courbé l’échine devant moi en rendez-vous officiel. Elle le faisait à chaque fois que le conseil sanglant siégeait et que je le présidais. Toujours. Jana devant en faire de même.

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Mer 7 Aoû - 15:36


    Guillemaud me salue d'un simple « monsieur », se contentant de me regarder. Pourquoi n'évoque t'il pas mon nom, est ce anodin ou est ce simplement parce qu'il ne m'avait pas reconnu ? Impossible de savoir avec cet homme. Jana quant à elle ne fit que m'appeler « Badenov », ce qui me fit imperceptiblement froncer les sourcils. Que devais je comprendre à son attitude délibérément éloignée de toute familiarité ? Rien. Je restais stoïque, à la nouvelle place qui était la mienne. Je ne prenais pas de décisions, pas plus que je n'étais là pour les réprimander ou pour attendre quoi que ce soit de particulier. Je restais sur place et j'attendais, point. Je ne cherchais pas plus compliqué, c'était un fait. Krystel prit la parole pour leur signifier leur avance, me faisant partager ses pensées et son ressenti sur toute cette affaire. Décollant son dos de son dossier, la Reine parla à Jana pour lui intimer de nourrir à mon encontre le respect qu'elle me devait. Difficile dans ces conditions de commencer sur des chapeaux de roues, n'est ce pas ? Je restais froid et stoïque, raide comme un piquet de clôture. Je n'avais tout simplement aucune idée de ce que je devais faire, alors plutôt que de faire une connerie je préférais rester immobile. Je ne rebondissais pas plus sur les paroles de la Reine ; je n'étais pas touché par ces manquements dans le sens où j'étais servant humain, et pas un quelconque responsable de première importance. De toute manière, je n'avais pas été « embauché » pour tout ça. Krystel mit les choses au clair concernant la façon dont ces gens devraient s'adresser à moi, ce qui me fit comprendre que mon rôle, non seulement au niveau du pouvoir même de la Reine, s'étendait au niveau symbolique. J'incarnais ses désirs et sa puissance, il fallait donc que l'on me témoigne le respect s'y afférant. Je compris ce que la Reine me souffla ensuite, la façon qu'elle avait eu de me le faire m'indiquait qu'elle attendait de ma part le même genre de défense que celui dont elle m'avait fait profiter à l'instant.


    | En parlant d'étiquette, tout le monde est tenu de s'agenouiller devant la Reine autant que vous l'étiez devant le Roi. |


    Simple, sans fioritures. Je ne me perdais pas dans les arguments ou dans les palabres. Je disais ce que j'avais à dire, c'était tout. Je soutenais les paroles de la Reine mentalement, en lui faisant comprendre que je partageais son opinion. J'attendais que Julien et Jana s'expliquent sur la raison de leur venue. Je ne disais rien de plus, parce que je n'avais rien à dire. Je n'étais pas le Roi. A cet instant précis, je mesurais l'ampleur que de ce que j'avais perdu en ne faisant pas cause commune avec Caim. Ce qui au final n'était pas plus mal ; j'aurais été terriblement mauvais dans ce rôle. Je sens décidément que cette soirée n'augure rien de bon, et que notre échappatoire avec Krystel est bel et bien enterré.

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Jeu 8 Aoû - 16:02


Ce n’était pas la première fois que j’étais face à Kristel, ayant partagé sa couche par le passé. Néanmoins malgré que mon corps exprime une assurance sans faille, je n’étais pas plus sûr de moi que lors de mes entrevues passées avec Augustus. Face à eux j’avais toujours l’impression de n’être que ce jeune vampire d’il y a deux cent soixante-dix années. Etait-ce cette fébrilité invisible qui me fit oublier de poser genou à terre devant la Reine et son humain ? Peut-être, et ce n’en fut que plus rageant à mes yeux. Non pas de devoir m’agenouiller devant elle mais bien d’avoir omis de le faire. Aussi le fis-je après leurs paroles à ce sujet, même si c’était déjà fait je n’avais pas pour objectif de faillir à l’étiquette.

Lorsque notre souveraine aborda le statut de Badenov, ses paroles ne firent naître aucune contrariété en mon esprit car j’avais déjà assimilé ce fait et pensai ne pas y avoir manqué lorsqu’il était venu en ma demeure d’Edimbourg il y a quelques temps. Si par le passé j’avais à l’encontre du désormais servant de la Reine une certaine animosité, aujourd’hui je n’éprouvais rien en particulier à son sujet. Son statut imposait de le traiter avec les mêmes égards de la Reine, étant à présent plus que jamais une prolongation de sa personne. Ceci était un fait et je n’avais aucun problème avec cela. Une fois passées ces formalités de début de soirée si je puis dire, la Reine entama la discussion, signe que cet entretien à quatre démarrait et que nous entrions dans le vif du sujet pour ainsi dire. Faisant instantanément le calme en moi, je balayai dans un coin de mon esprit la fébrilité dissimulée qui m’habitait un instant plus tôt et répondis à notre souveraine d’une fois assurée et respectueuse. J’avais enfin là l’occasion de lui expliquer de vive voix mon engagement envers elle et son époux le Roi.


Cela ne se reproduira pas votre Majesté. dis-je sobrement, avant de poursuivre, afin d’exprimer le faire que j’avais bien compris ses paroles et prendrai garde à ne plus manquer à l’étiquette.

Merci ma Reine. Si je suis ce soir devant vous aux côtés de votre fille c’est pour vous faire part d’une demande qui ne pouvait être présentée à nulle autre que vous.

Chacun de mes mots étaient savamment posés afin que nulle erreur d’interprétation ne puisse-t-être faite, ni aucun manque de respect. Si je voulais plaire à notre dirigeante, je savais ne pas devoir pour autant tomber dans la flatterie aussi fis-je bien attention à ne pas prononcer le mot de trop, ni envers elle et son humain, ni envers Jana.

J’ai proposé à votre fille, commençai-je en me tournant légèrement vers Jana, de sorte à ne pas l’exclure comme si je parlais sans faire attention à elle ou sans qu’elle soit là, une union officielle et maritale. Ceci autant pour renforcer notre espèce que pour faire passer un message clair à nos ennemis. Voici pour la version altruiste. Toutefois il ne fallait pas qu’elle ait l’impression que je me cachais derrière cette belle image aussi poursuivis-je. Bien entendu il serait hypocrite de ma part de nier que cela représente pour moi un intérêt et un avantage tout particulier au sein de notre espèce.

Il y avait encore une autre précision à faire avant de me taire et de laisser parler Jana si elle souhaitait ou bien que la Reine ou son humain ne décide de réagir.

Si nous avons discuté ensemble des conditions d’une telle union entre nous, il va de soi qu’aucun de nous ne pensait ni n’espérait  devoir s’affranchir de vous en faire la demande de manière officielle, conscient que nous sommes que rien ne serait possible sans votre accord. dis-je avant de me taire enfin.

Si l’union entre Jana et moi était le thème principal de cet entretien, j’avais aussi à faire part à Krystel le succès de ma mission de traque du vampire dissident mais aussi que dans le cadre de cette tâche, j’avais découvert que l’une de mes recrues était une semi-démone. Cependant pour le moment j’avais opté pour ne pas abordé ces points-ci avant qu’elle ne m’interroge à ce sujet.

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Mar 13 Aoû - 15:40

Le silence après leur salutation s'éternisa lorsque la reine ne manqua pas de faire remarquer qu'ils étaient en avance. Il aurait été puéril d'accuser la voiture de Julien et son pied lourd sur l'accélérateur, la princesse se garda de tout commentaire qui serait malvenue, si elle avait sur elle lui aurait donné rendez-vous à 22h15, elle était donc un peu responsable. Lorsque la reine reprit la parole ce fut pour faire remarquer à la jeune vampire son erreur concernant son servant. « Mes excuses monsieur Badenov » Ce dernier en rajouta une couche en rappelant sa seconde erreur, ce qu'elle s'empressa de corriger en posant genou à terre tout en prenant garde à ne pas retrousser sa jupe trop haute, elle n'était pas pudique, mais la décence était préférable en cet instant. Se faire remonter les bretelles non pas une, mais deux fois, que lui prenait-elle ? Avec colère elle se refusa à rechercher quelconque excuse à sa méprise et accepter les remontrances sans insubordination de sa part. Elle avait déjà commis son quota durant la dissidence aux côtés de Belle, un temps révolu, mais elle n'en retirait aucune satisfaction en ces jours. Heureusement pour elle, Jana s'en était tiré sans trop de dommage. A chaque erreur elle en retirait sa leçon et elle apprenait vite et bien. Jana hocha docilement la tête lorsque sa mère invita Julien à parler sans oublier de rappeler le comportement officieux de sa fille adoptive. Au moins Julien avait-il commis la même erreur, ce serait moins humiliant à deux.

Pendant que son compagnon faisait part de la teneur de leur visite la princesse prit garde de garder les yeux rivés sur sa mère. Elle ne désirait aucunement voir la réaction de Torben, elle espérait qu’il fasse valoir son désaccord, ce qui était bien trop demandé à un homme tel que lui. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’espérait plus qu’il ressente les mêmes sentiments à son égard, il ne ressentait plus rien hormis les émotions les plus primaires. Il fallait convaincre la reine du bienfondé de cette union, pas le contraire. Jana profita de son silence pour prendre la parole à son tour, une invitation silencieuse de sa part sans doute. « Une union après ces années sanglantes renforceraient une image favorable aux yeux des humains, s’il n’est pas question d’amour dans notre éventuel couple, nous pensons tout de même que ce mariage les tranquilliseraient. » S’il avait fait mention de leur espèce et de leur ennemi il oubliait les humains, hors ces derniers n’étaient pas une menace à prendre à la légère, ils avaient fait leurs preuves durant ces années sanglantes. « S'il a ses propres intérêts, j'en ai tout autant. Ce n'est un secret pour personne le général est un homme ambitieux, le titre princier lui serait surement favorable il m'a également assuré que son but n'était pas de monter plus encore les échelons de notre hiérarchie. » Il lui avait clairement fait comprendre de sa crainte à ce sujet lors de leur dernière rencontre, et cela c'était à Jana de rassurer sa mère sur son ambition et la confiance qu'elles pouvaient lui accorder. Avec une lueur équivoque dans le regard la princesse fit comprendre à sa mère qu'elle se tenait prête à toutes les éventualités, quitte à devoir assassiner son prétendant s'il se montrait trop assoiffé de pouvoir. Avec leur roi dans le coma il serait trop simple de prétendre au trône et d'attenter à la vie de sa mère, hors Jana était entièrement dévouée à sa reine et personne ne prétendrait à sa place sans avoir à passer par la princesse auparavant. Contrairement à lui qui s'était tourné vers elle, la princesse l'avait consciemment gardé à l'écart au profit de sa reine. Leur avenir était entre ses mains, chose qu'elle n'oubliera jamais de sitôt, Jana n'agirait pas autrement tant qu'elle ne donnerait pas son accord, dans le cas contraire elle mettra cette histoire derrière elle et n'entrerait plus en contact avec le général que pour des rencontres officielles.
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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Jeu 15 Aoû - 22:51



Je fis un léger signe de la tête lorsque Julien m’assura que ses mauvaises manières ne se reproduiraient pas. Heureusement encore. Mais pour que le message passe un peu plus, je ne les autorisais pas à se relever. Ils resteraient tout le long de notre entrevue dans cette position, telle serait leur punition. Ils étaient vampires, cela ne leur serait donc pas inconfortable. Rabaissant, sans aucun doute, car personne ne restait un genou à terre pendant plus de cinq minutes. Pas même mes humains. J’aurais pu laisser passer pour une fois cette offense, mais je devais marquer le coup. Si on laissait entendre que je tolérais un tel manque de respect, je mettrais ma position en danger. Je remerciais Torben sans avoir à tourner la tête ni même à parler, lui laissant aussi la possibilité d’arpenter la salle si rester debout, droit comme un piquet finissait par le déranger. Il n’était pas vampire après tout, et rester des heures dans une même position tirerait sur sa musculature encore fragile.

Lorsque Julien entra dans le vif du sujet, je lançais un coup d’œil à mon servant humain un grand sourire aux lèvres. Il avait été des plus perspicaces sur le coup, et j’appréciais la longueur d’avance qu’il me faisait ainsi obtenir. Je me redressais une nouvelle fois dans mon fauteuil observant les deux vampires en face de moi. Au moins avaient-ils tous deux l’honnêteté de reconnaitre qu’il ne s’agissait ici que d’ambitions propres et personnelles. J’haussais un sourcil lorsqu’il évoqua le fait d’en avoir longuement parlé avec Jana. Être relégué au dernier plan ne me plaisait guère. Si tous deux comploté dans mon dos, je n’osais imaginais ce que faisaient mes autres sujets. Cette vision des choses me rendirent légèrement soucieuse. Si je ne pouvais pas compter sur des appuis fiables, j’allais très vite perdre ma place. Hors, il n’était pas question que l’on vienne à réclamer le trône de mon Roi, à cause de ma faiblesse. Pour sûr, je n’aimais absolument pas ça. Jana pris ensuite la parole, complétant les propos de Julien, essayant de me convaincre un peu plus de leur donner mon aval. S’en était trop. Je me levais et me plaçais devant ma pupille en un clin d’oeil. Je lui faisais relever la tête en posant ma main sous son menton. Cela t’insupporte donc autant le nom Raybrandt que tu désires si ardemment le changer. Car en dehors de cela, je ne vois pas où se situes tes intérêts à toi. A moins qu’à l’instar de Julien, tu ne veuilles grimper plus les échelons toi aussi et prendre ma place ? Je ne la pensais pas capable de trahison. Pour autant, je restais sur mes gardes. Je le devais, surtout que je ne voyais pas quels profits la jeune vampire pourrait tirer d’une telle union. Je la laissais réfléchir quelques instants à mes paroles, en profitant pour me tourner vers Julien Je ne vous savais pas si ambitieux que cela. N’ai-je pas pourtant toujours récompensé vos actions malgré votre passé douteux ?

Je ne lui disais pas non, mais je lui faisais comprendre que cela ne me plaisait pas. Je me tournais vers Torben en allant de nouveau m’asseoir lui demandant silencieusement ce qu’il en pensait. J’étais plutôt contre, car un prédateur restait un prédateur, et que Guillemaud en était clairement un. Je ne lui accordais pas ma confiance, c’était un fait. Je ne pouvais pas passer outre son insubordination. Pour autant, je lui avais tout de même octroyé un titre, et un poste important. Croisant mes jambes, je finis par ajouter à l’intention des vampires Donnez moi donc disons… 3 raisons chacun pour que j’accepte votre demande. Car après tout, si je voulais faire bonne figure après les années sanglantes, je pourrais marier Jana à Torben par exemple. Ainsi aurais-je la garantie que jamais il ne convoitera le trône de mon Seigneur et qu’il ne me nuiera jamais. Et je m’assurerais du bonheur de ma pupille. Qu’en penses-tu Torben ? Je testais les vampires, et je le fis sentir à mon humain. Je voulais les pousser dans leurs retranchements et faire éclater toute la vérité quand à ce projet. Si la balance penchait plus vers le non, rien n’était pour l’instant décidé…


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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Jeu 15 Aoû - 23:14

    J'attendais comme au garde à vous, le regard posé sur nos deux interlocuteurs. Je savais que je n'avais pas le droit d'intervenir, ou en tous cas aucun intérêt à le faire. Je ne savais toujours pas clairement identifier ce que je pensais à propos de cette visite, qui semblait confirmer ce que j'avais avancé à la Reine quand nous n'étions que tous les deux. Julien commença par reconnaître ses tords, ses manquements à l'étiquette. Rien de fondamentalement gênant mais il devait pour autant prendre des pincettes s'il ne voulait pas se retrouvé équarri comme du vulgaire bétail. Krystel n'était pas tâtillonne pour rien. Le pouvoir, c'est avant tout l'apparence du pouvoir. On ne pouvait y déroger. Je ne réprimais pas un faible sourire satisfait lorsqu'il énonça non sans grandiloquence le fait qu'il avait une demande apparemment très particulière à la Reine. Je fis sentir à celle ci par le canal psychique qui nous reliait ce que j'en pensais : je te l'avais bien dit, maintenant il va te prendre ta fille adoptive, et il aurait grimpé un échelon supplémentaire. Pour le meilleur et pour le pire. Je faillis lâcher un éclat de rire lorsque le général reconnut de lui même qu'il avait ses propres intérêts dans cette affaire de mariage. Je voyais ça d'ici. Lui jouïrait d'une nouvelle visibilité et d'un poids plus que jamais important aux yeux de leur espèce, tandis qu'elle même s'assurait une légitimité égale à sa sœur. Ainsi, tout le monde était content. Pouvait il y avait plus entre eux ? Il ne semblait pas. Pourtant, je ne pouvais m'empêcher de me demander s'ils étaient amants. Et de me demander par dessus ce que je ressentirais si c'était le cas. Est ce que je sentirais seulement quelque chose ? Ici et maintenant, aussi près de Krystel, je ne sentais que mon lien avec elle, plus fort que tout le reste, qui oblitérait le reste de mes perceptions. Etre si proche du divin avait ses conséquences, et elles étaient loin d'être inconfortables...


    Mais le confort nuit à l'action.


    Je n'avais pas le droit de me laisser amollir par les acquis, le luxe, la facilité. J'étais un soldat avant tout, un solitaire. Un chasseur dans la nuit. Un des quelques humains au monde capable de sortir de nuit tout seul pour traquer du vampire et en revenir victorieux presque systématiquement. J'avais pu me hisser à ce niveau insoupçonné d'une seule manière ; en ne me laissant plus atteindre, plus corrompre par quoi que ce soit. Krystel m'avait encouragé dans cette même voie en clarifiant la place qui était la mienne et qui n'évoluerait jamais. Je reportais mon regard vers Jana, qui me donna du « monsieur ». Que d'importance, pour un exécuteur de basses œuvres. Je lui fis passer un sourire par mon seul regard. Chacun son tour de devoir courber l'échine, notre relation n'en était que plus étrange et plus intéressante.



    | Excuses acceptées, princesse. |


    Jana évoqua ensuite ce qu'elle en pensait, mais si elle reconnaissait son intérêt elle ne l'expliquait pas pour autant. En cela, elle était intelligente. Elle avançait à couvert, laissant Julien prendre l'attention à sa place. Très maligne, et aussi, très vénale. La digne fille de sa mère, qui s'usait à son propre art de la diplomatie. Krystel me fit passer son autorisation de me mouvoir pour ne pas finir raidi par le temps, mais je déclinais mentalement. Le pouvoir, c'est l'apparence du pouvoir. Je m'y tenais. Et j'avais vécu bien pire que de devoir rester debout tout droit pendant un moment, tous ceux qui avaient entendu parler de moi le savaient fort bien. Krystel bougea de son siège à la vitesse de l'éclair, arrivant juste devant sa fille. Elle les testait, je le sentais. Pas brutalement, mais il ne fallait pas pour autant qu'ils le prennent à la légère. Je me tournais vers la Reine, me perdant dans ses prunelles sombres. Elle savait déjà ce que j'en pensais...


    | C'est une possibilité. Je pourrais épouser Jana puisqu'elle était autrefois ma femme légitime. Nous sommes tous deux déjà placés au plus près de votre entourage. Je sais qu'un rapprochement pourrait tous deux nous... contenter... Mais je crains fort que votre fille aspire à autre chose qu'un vulgaire humain. N'ais je pas raison, princesse ? |

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MessageSujet: Re: De causes à Effets [Livre II - Terminé]   Lun 19 Aoû - 19:26

Leur reine ne semble pas décider à les autoriser à se relever, pour les punir sans aucun doute, Jana reste en position sans broncher. Elle ne rit pas sous cape d’une situation qu’elle aurait trouvé jouissive si un autre se trouvait à sa place, devant autre témoin elle aurait trouvé cela humiliant, mais Julien dans la même position qu’elle et Torben ayant subi bien pire elle se contente de se figer sur place. Jana accepte la punition à sa juste valeur. Ce qu’elle aurait trouvé inacceptable auparavant, elle l’admirait aujourd’hui. Lorsque la main pâle de sa mère lui releva le menton, elle croisa son regard pour ne pas s’en déloger tandis qu’elle prend cette même main pour lui baiser le dos en geste affectueux.

« Mère, je porte votre nom avec la plus grande des fiertés, je fais mon possible pour y faire honneur ainsi que mon titre que vous m'avez gracieusement laissé malgré les circonstances et les déceptions dont j'ai été la cause. »

Son fils par contre elle s'en serait bien passée, mais il y a un pas entre l'annoncer clairement et le penser, un pas qu'elle ne franchira pas. Il s'agissait tout de même du fils biologique de la reine. Bien sûr sa mère connait parfaitement le fond des pensées de Jana, elle s'était assurée qu'elle ne soit pas traitée comme une princesse à qui tout réussit, l'union était là encore une punition. Ce qu'elle n'avait pas compris à l'époque, naïve comme elle était, elle avait accepté l'union sans savoir ce qui l'attendait au tournant.

« Mes ambitions n’incluent guère votre trône, vous m’avez donné le titre de princesse je n’ai pas la prétention de gâcher ce cadeau et d’en réclamer plus, il ne me donne pas l’envie d’obtenir plus de pouvoir. Sur votre trône je ne serais qu’une arriviste à peine sortie du berceau peu convaincante. »

Bien sûr, il ne s'agit là que de l'immédiat, car la pupille commence doucement, mais surement à devenir le reflet de sa mère adoptive. Jana admire sa mère, plus qu'elle admire sa soeur, mais le trône ne l'intéresse pas, comme le titre de princesse ne l'intéressait pas. Elle suit les décisions de sa mère, les appuis ou les désapprouve comme son implication direct dans la guerre ces dernières années, elle aurait même des choses à redire sur les accords qu'elle avait conclus avec le gouvernement humain, mais elle ne s'imagine pas reine pour gouverner son peuple. Les responsabilités n'effraie pas la princesse, mais le trône en implique beaucoup trop. Elle étouffe ses intérêts dans sa détermination à prouver à sa mère qu'elle ne désire pas le trône, la principale réside en son serviteur.

Ce à quoi elle demande 3 bonnes raisons à l'un et l'autre pour accepter cette union, la suite laisse totalement la princesse au dépourvu. "Elle sait, elle a toujours su." Au regard de sa mère Jana a toujours été transparente. Malgré tous ses efforts pour rester forte, pour taire les sentiments à l'égard de Torben, apprendre de ses erreurs, être digne de sa mère, cette dernière a toujours su voir en elle comme dans un livre ouvert. Elle peut s'estimer heureuse d'avoir réussi a déjoué la suspicion au sujet de son implication avec la dissidence, si Krystel est au courant de cela, pour quelle raison ne l'aurait-elle pas abattue comme digne punition de sa traitrise ? Au lieu de quoi elle avait offert à sa fille adoptive de plus en plus de responsabilité au sein de la hiérarchie. Et maintenant, la perspective d'obtenir ce qu'elle a toujours rêvé d'avoir, Torben. Et qu'il soit encore capable de prétendre le contraire et de se rabaisser au rang d'humain, la mit dans une rage à peine contenue.

« Non, Torb…Monsieur Badenov, vous avez tort et n’avez aucune idée des aspirations que je soutiens. Vous êtes l’égal de ma reine et valez bien plus qu’un humain lambda, vous incarnez son pouvoir, son autorité, la mort parmi nous, les gènes ne font pas la personne en ce qui vous concerne. »

Il est extrêmement tentant d'y croire, s'imaginer une vie commune avec lui. L'amour qu'elle lui porte remonte a bien plus loin que ses souvenirs après son réveil à l'état de vampire, des sentiments ancré en elle sans la mémoire de leur vie commune en tant que mari et femme. Il suffirait qu'elle s'abstienne de répondre, qu'elle le demande à sa mère, Jana aurait une chance sur deux d'obtenir son serviteur comme époux, "une chance à prendre ou à laisser" songe-t-elle, si tant est qu'elle en ai le choix, alors que son attention est entièrement tournée sur lui, incapable d'en détourner les yeux cette fois. Jana se retrouve à faire face à un choix cornélien. Son amour la pousse vers Torben, sa raison vers Julien. Un silence de mort envahit la salle de trône tandis qu'elle se trouve dans l'incapacité de répondre. Finalement elle décide de détourner le regard vers sa mère afin de pouvoir prendre une décision sans être influencée par ce regard noir immuable. Elle opte pour la sécurité de sa raison et non la faiblesse de ses sentiments.

« Ma reine je vous remercie de vouloir assurer mon bonheur. Je vais vous donner mes trois raisons.  Je vous le répète, je ne convoite pas le trône, je souhaite seulement offrir ce qu’il y a de mieux à notre peuple, leur offrir un nouvel espoir, de raffermir notre statut royaliste alors que notre roi n’est pas en état d’assurer son règne à vos côtés, c’est là une faiblesse, une brèche que nos ennemis s’empresseraient d’élargir. Je me charge de vos chevaliers, votre sécurité, c’est mon boulot et m’unir au général de vos armées ne peut que la redoubler.

Deuxièmement, je ne suis pas aussi fine diplomate que je le souhaiterais. Ma reine, vous, comme Morgane, êtes trop occupés à revaloriser notre image auprès des humains pour vous charger de mon apprentissage, abolis après la trahison de votre fils et les années sanglantes qui ont suivi j'ai passé mon temps à batailler plutôt qu'à parfaire la politique. Julien me semble le plus à même de m'offrir des connaissances, des contacts et son expérience dans ce domaine et ainsi pouvoir m'évaluer à votre niveau d'ici peu.

Troisièmement...Ceci dans mon intérêt et ma motivation à me battre pour favoriser cette union, il est venu me trouver personnellement pour me faire son offre, l'un comme l'autre n'avons pas oublié que vous en seriez le décisionnaire final, mais c'est une attention que je prends en considération. Cela basera notre relation sur une entente cordiale et un respect mutuelle qui ne pourra que renforcer l'image que nous donnerons à l'avenir.

J’ajouterais également qu’il est possible désormais pour la femme de garder le nom qu’elle décide. »
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