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Let's delay our misery [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Mar 2 Juil - 10:53




Let's delay our misery

Mes yeux fouillaient distraitement le journal posé devant moi alors qu’une tasse de café s’était calée dans ma paume. Une demi-heure auparavant, j’étais encore enfoncé sous ma couette, perdu dans des rêves sans queue ni tête. Mon réveil avait dû m’extirper du sommeil en hâte et oui, c’était bien 17h30 que l’horloge affichait au mur. Vu que j’avais décalé par deux fois mes horaires et que je ne bossais pas ce soir, j’avais enchaîné deux services et étais rentré excessivement tard, excessivement épuisé. Je m’étais écroulé vers 06h30 dans mon lit. J’étais complétement décalé mais au moins, j’allais être en pleine forme pour gérer le concert de ce soir. Chaque pan de mon énergie serait utile que ça soit pour gérer la pression, feindre la détente et rester vigilant, à l’affût du moindre mouvement suspect. Si je comptais m’amuser ? Ça serait du bonus, en effet. Mais il ne fallait plus m’écouter penser au cas où vous ne l’auriez pas encore compris depuis le temps. J’avais une tendance nette à la dramatisation et à l’exagération de tout. Je ne pensais pas l’entièreté de ce que je me racontais mentalement. Bien sûr, je n’y allais pas que pour faire plaisir à Becky ou pour la surveiller. Cependant, j’avais du mal d’accepter le fait d’être relativement enchanté à l’idée de passer une soirée avec elle. Après tout ce que nous avions vécu la dernière fois, je galérais à réaliser le poids qu’avait sa présence dans mon quotidien. Depuis que nous couchions ensemble, nous n’étions plus sortis ensemble. En même temps, vu la complexité de ce que nous partagions… Être dehors, ne pas savoir comment se comporter vu que nous n’étions pas vraiment en couple. Oui, ça valait aussi pour la situation actuelle vu qu’au final, malgré tout ce que j’avais pu lui révéler lors de notre crise précédente,  rien n’était défini  - et ça, heureusement pour mes nerfs. J’ignorais comment ça allait se passer mais ça serait sûrement un peu tendu pour moi. Surtout si elle s’attendait à des marques d’affection en public. Je n’étais vraiment pas le genre de gars à m’étaler devant assistance. Surtout que … Bref. Je ne voulais pas gâcher ces moments privilégiés avec elle avant de les avoir vécus – même si pour le moment, je faisais exactement ça et avec brio de surcroît.

Je finis d’une traite mon breuvage en entourant nonchalamment au feutre un article qui concernait la distribution de vivres aux sans-abri dont les fonds manquaient cruellement. Dès que le virement de ma génitrice tomberait, j’irais leur reverser anonymement. Le mois dernier, j’avais aidé une association luttant contre la maltraitance sur mineurs, voulant aider à préserver le refuge qui accueillait les enfants et ados dans le besoin de fuir leur foyer dysfonctionnel. Avant plutôt que de contribuer à … Je l’aurais sûrement sauvé avec quelques magots. Je soupirais et chassais ma nostalgie ainsi que cet idéalisme que je jugeais malgré tout aberrant. J’abandonnais mon récipient dans l’évier avant de me diriger vers la salle de bain. J’avais déjà pris ma douche pour me forcer à émerger, il ne restait plus qu’à m’habiller. J’optais pour une chemise blanche dont je retroussais les manches, un jean clair et des chaussures marron. Je profitais du temps qu’il me restait pour restructurer un peu ma barbe de quelques jours et puis j’embarquais mes clés, mon portefeuille, mon portable ainsi que malheureusement un paquet de clopes et un briquet. Je m’en tenais toujours à une par jour – rien de dramatique. Et encore, je ne fumais même pas tous les jours. Ca apaisait mes nerfs de savoir que j’avais ça sous la main au cas où… Je jetais un œil rapide sur l’heure avant d’enfiler ma montre au poignet gauche et de quitter mon appartement. Je descendis les marches après avoir verrouillé mon antre et me postais devant l’immeuble pour nous faire gagner du temps. Bon ok, c’était aussi une excuse bidon pour pouvoir me griller une cigarette avant que la jolie brune ne vienne me ramasser – ça faisait un peu douteux dis comme ça bien que l’idée ne me déplaisait pas totalement, j’étais vraiment tordu. Je mis le filtre entre mes lèvres et profitais de la nicotine autant que possible le temps qu’elle débarque. C’était rare que ça soit elle qui conduise mais ça n’avait rien de vraiment inédit non plus. J’observais le va et vient de voitures juste devant moi depuis mon pan de trottoir et guettais son arrivée. Non, je n’avais même pas peur de sa remarque concernant le tabac que je ne devais plus consommer. Si je n’arrivais à la fâcher que pour ce détail, je serais même chanceux ce soir.

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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Mar 2 Juil - 15:08




Let's delay our misery



Je n'avais plus vraiment envie d'aller à ce concert. Avec tout ce qui s'était passé dernièrement, l'idée d'évoluer parmi une foule d'inconnus ne m'enchantait guère. Je n'étais pas devenue parano, dieu merci, mais j'avais davantage envie de passer mes soirées sur mon canapé (enfin celui de Mak ou de Camille selon les jours) plutôt que de sortir. Mais je ne pouvais pas indéfiniment me terrer dans les appartements respectifs de mes amis. Je devais me secouer un peu, d'autant que la soirée serait l'occasion pour que mes deux proches se rencontrent.

J'avais donc joué la nonchalance en appelant Camille pour savoir s'il était toujours partant. Si sa réponse avait été négative, l'excuse aurait été toute trouvée, mais il me surprit en me confirmant notre sortie. Je n'avais plus le choix. Je m'étais donc fait violence et après m'être auto-motivée toute la journée, j'avais retrouvée un semblant d'enthousiasme quand le soir arriva.
J'avais enfilé un mini short en jean, un tee-shirt asymétrique beige et des spartiates. Mes cheveux étaient lâchés, histoire de cacher ce que l'on voyait encore de ma morsure et j'avais complété ma tenue par une paire de boucles d'oreilles en plumes, un long sautoir et quelques bracelets en cuir. Je laissai une note sur la table de la cuisine qui rappelait à Makayla qu'on se retrouvait là-bas et prit les clés de ma voiture pour aller chercher Camille.

J'étais un peu angoissée à l'idée de le revoir, ce qui ne m'arrivait habituellement jamais. Mais quand je pensais à notre dernière rencontre et à la crise qui nous avait ébranlé, je m'inquiétai. J'avais refusé qu'il mette un terme à notre relation et pourtant nous n'avions toujours pas défini celle-ci. Même si j'avais décidé de lui laisser du temps, je ne savais pas à quoi m'attendre. Nous n'étions plus sorti en public depuis que nous avions commencé à coucher ensemble, et cela remontait à loin maintenant, Il faut dire que l'on avait bien plus intéressant à faire, que ce soit chez lui ou chez moi. Mais j'espérais bien changer ça. Oui, j'allais y aller en douceur, mais les choses devaient évoluer désormais. Ce soir était un test. Bon, il ne se déroulait pas dans les meilleures conditions, surtout moins d'une semaine après mon agression, mais tant pis. Au moins nous se serions pas seuls. J'avais invité Makayla car je savais que Camille serait plus à l'aise si nous n'étions pas en tête-à-tête et puis je les connaissais depuis si longtemps, c'était presque hallucinant de se dire que je n'avais jamais pris la peine de les présenter l'un à l'autre.

Bref, il m'avait fallu une bonne demi-heure pour arriver devant l'appartement de Camille où cet idiot était justement en train d'écraser sa cigarette. Je me garai juste devant lui et baissa ma vitre, puis mes lunettes de soleil pour croiser son regard, amusée :

- Vous attendez quelqu'un ? Demandai-je d'un air intéressé.    

J'attendis qu'il soit installé sur le siège passager pour venir l'embrasser. Je grimaçai, surtout pour l'embêter, et posait rapidement une nouvelle fois mes lèvres sur les siennes avant de me réinstaller derrière le volant avec un petit sourire :

- Tu pues la clope, Fontayn...

Ce n'était pas très gentil de ma part de le tourmenter avec ça, surtout que je savais qu'il se limitait à une cigarette par jour, mais les taquineries faisaient partie de notre routine et je voulais que tout ait l'air le plus normal possible. Même si nous deux, dans ma voiture, en route pour un concert, n'avait définitivement rien de normal.
Il ne nous fallu pas longtemps pour rejoindre le lieu de la manifestation, beaucoup plus pour trouver une place. Une fois garé, on se mit donc en marche, côte à côte, pour rejoindre la salle de concert. La soirée promettait d'être sympa, un mélange très éclectique de groupes locaux en tout genre devait se représenter et on m'avait assuré que l'ambiance était toujours au rendez-vous. C'était exactement ce dont nous avions besoin pour nous changer les idées.

Il y avait beaucoup de monde, mais on pouvait tout de même bien circuler et les gens n'hésitaient pas à faire des aller-retours aux stands de boissons et de nourriture. L'odeur des hot-dogs vint me chatouiller les narines et je me promis de m'en offrir un -ou deux- avant la fin de la soirée, en attendant, j'envoyai un sms à Mak pour lui dire que j'étais arrivée et lui demander où elle était.

- Ma coloc va nous rejoindre ! Dis-je à Camille en approchant mes lèvres de son oreille. Tu verras, elle est adorable !

L'endroit était bruyant et nous devions nous pencher très près l'un de l'autre pour nous entendre.
Ma poche vibra et je regardai la réponse de Makayla. Je levai les yeux et la cherchai du regard avant de lui faire un grand signe pour qu'elle vienne de notre côté :

- Mak !

Il ne lui fallu pas longtemps pour arriver et je l'enlaçais, ravie. Puis je me tournai vers Camille :

- Cam, voici Makayla, ma colloc et ma plus vieille amie, Mak, voici Camille, mon... ancien voisin...

Il y eut quelques secondes de flottement. Camille pâlit et je fronçais les sourcils, surprise par l'incroyable coïncidence. Je ne pus m'empêcher de demander, incrédule :

- Vous vous connaissez ?




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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Mar 2 Juil - 16:24

    Il s'en était passé des choses dernièrement, c'était fou, complètement fou même. Pourtant ce soir, je voulais que le boulot reste derrière moi. J'avais fait en sorte de ne pas être dérangée ce soir. En cas de problème à la PES, je serais la dernière prévenue, autrement dit, je ne devrais pas être appelée à la rescousse, et cela m'arrangeait, je voulais passé un bon petit moment avec Rebecca, à ce concert, ce serait une bonne petite soirée, avec de la bonne petite musique, je n'en doutais pas une seule seconde. J'avais normalement un long weekend là, vendredi, samedi et dimanche où je devais être tranquille, un peu de repos ne me ferrait pas de mal, et puis de toute façon, j'avais l’intention de vraiment laisser le boulot derrière moi. Je savais que je serais toujours plus ou moins aux aguets, je ne pouvais redevenir celle que j'avais été, fraîche et innocente, ne se souciant de rien, mais je pouvais faire un effort particulier, pour paraitre tranquille. J'avais flemmardé toute la journée, ça faisait si longtemps. J'étais resté en pyjama bien trop de temps, mais pour une fois, je pouvais me le permettre un petit peu. Il était environ 17h lorsque je décidais de sortir de cette léthargie en allant prendre une douche. Je la prenais à peine tiède, histoire de me réveiller la peau et pas de m'endormir définitivement. Une fois sortie de la douche, je prenais mon peignoir et me séchait. Je me dirigeais ensuite vers ma chambre pour choisir une tenue. Est ce que j'allais prendre quelques choses de pratique ou de plus sexy ? Je n'étais qu'avec Rebecca et un concert n'est pas forcément un lieu pour faire des rencontres, non ? J'optais donc pour une tenue hybride, pratique, mais quand même un peu sexy mais pas trop. Je prenais donc un petit tee-shirt mauve avec un col en v laissant entrevoir la commissure de ma poitrine. Il y avait un petit logo Nike au niveau de mon sein droit. J'optais ensuite pour un jean slim noir que je rehaussais avec une petite ceinture mauve de la même couleur pratiquement que mon tee-shirt. A mes pieds, je prenais une paire de chaussette noire, ainsi qu'une paire de converse noire également. J'étais habillée et prête à sortir. Je mettais mon badge dans mon portefeuille, ainsi que mon arme de service dans mon petit sac à main. Même si ce soir, je n'étais pas officiellement l'agent Brown, je devais me tenir prête, au cas où. Je ne prenais donc pas mon arc et es flèches, trop volumineux, et puis si je les prenais, je me sentirais à coup sûr surveillée. Là, en étant dans une tenue pratique mais légère, je me sentirais tranquille avec Becky à mes côtés. Je me calais alors à nouveau quelques minutes devant mon ordinateur, regardant mes mails et mon facebook. Après cela, je mangeais rapidement un morceau. Je regardais la note qu'elle m'avait laissée. Nous avions fixer le rendez-vous aux alentours des 19h45 me semble-t-il et elle me le confirmait. Mais je serais là-bas bien en avance.

    Il était à peu près 19h lorsque j'arrivais au concert. Je trouvais une place plutôt facilement, il faut dire que garer une moto, même une grosse cylindrée est plus simple que de garer une voiture en pareil circonstance. J'observais la foule sur mon engin, il y avait du monde. Dans ma tête, je m'imaginais déjà tellement de scénarios possibles sur ce qui allait se passer. J'anticipais tout, avec les pires résultats, mais ce soir, je décidais de balayer de devant moi ces scénarios, me disant que tout se passerait bien. Je mettais mon casque à côté de celui qu'il y avait dans ma selle que je fermais précautionneusement. J'observais la foule et je la vis. Je ne fis pas spécialement attention si elle était seule ou non dans un premier temps. Elle m'envoya un sms pour me demander où est ce que j'étais car elle était arrivée. Je ne lui répondais pas immédiatement, lui disant que j'avais un petit peu de retard, mais en réalité, je l'observais de loin. Elle ne m'avait pas captée, c'était tant mieux. J'étais fixée sur son regard qui était d'une grande beauté quand je vis ces lèvres bouger. Elle ne parlait pas seule, c'était une évidence. Nous ne serions pas toutes les deux mais avec ... Mon regard fut alors abasourdi par la vision que j'avais. Elle semblait parler avec Camille Fontayn. Dans un premier temps, j'ai bien cru que mon regard me jouait des tours, mais non, c'était bien lui. Qu'est ce que cela signifiait ? J'avais du mal à comprendre, Camille était son voisin ? Cela voudrait dire que Camille a déménagé à Glasgow non loin de mon ancien appartement ? C'est son petit ami ? Je me posais à cet instant de nombreuses questions. Comment étais-ce possible que le monde soit aussi petit ? Ils se connaissaient depuis combien de temps ? Elle leva alors les yeux aux alentours, elle avait lu mon sms, elle me cherchait donc du regard et lorsqu'elle me vit, elle me fit signe ne se doutant pas que je l'avais déjà vu depuis quelques minutes. Je la prenais dans mes bras alors et puis, elle nous présenta. Si j'avais eu le temps d'encaisser le choc, il était évident que Camille n'avait pas vu venir la chose. Quand elle nous demanda si nous nous connaissions, je ne pus échapper un petit rire.

    " Enchantée Monsieur Fontayn, ravie de voir que vous allez bien ! "

    Mais je ne disais rien de plus. Je laissais le soin à Camille de dire plus de choses s'il le pouvait. Ainsi donc ils étaient ensemble. Quel mélange quand même. Une semi-démone avec un loup c'était assez original. Est ce qu'ils savaient l'un pour l'autre ? Ou étaient-ils de simples humains l'un envers l'autre ? Je repensais à notre dernière rencontre avec Camille, cela s'était plutôt mal passé pour une raison que j'ignore pratiquement. Il n'avait pas du aimé ma façon de me débarrasser de ces cambrioleurs ... Quoiqu'il en soit, la soirée allait être finalement plus bizarre que je ne l'aurais pensé.
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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Mar 2 Juil - 21:47




Let's delay our misery

La voiture de Rebecca perça mon horizon et je m’empressais alors d’écraser mon mégot en éjectant la dernière trace de fumée de mon organisme. Je ne me faisais pas d’illusion, elle n’avait pas du manquer le geste et encore moins mon crime. Quand elle arriva à ma hauteur en me jouant son numéro, je ne pus m’empêcher de sourire avant de répliquer très simplement en me rapprochant de la portière. « Ca se pourrait bien, oui. Mais si vous me laissez entrer, j’irais peut-être jusqu’à vous suivre. » Je prenais place à la suite côté passager et réceptionna ses baisers. Une partie de mon être était rassurée d’être en sa compagnie, de la voir en meilleure état – en fait, elle était plus que simplement en meilleure état. Je détaillais sa tenue du coin de l’œil et ne pus m’empêcher de lui glisser à l’oreille quand elle me déclara que je puais la cigarette « Et toi, tu devrais arrêter d’être aussi ravissante. C’est indécent. » Je réajustais ma position sur mon siège alors qu’elle prenait la route. Je ne sais même pas de quoi il s’agissait comme événement. Bon, je savais au moins que ça traitait de musique, c’était déjà un bon point. Cette occasion nous permettait de nous aérer l’esprit et j’essayais de me focaliser sur cet aspect plutôt que sur les multiples autres, bien plus négatifs. Je faisais donc des efforts mentalement pour être relativement détendu et pour que nous passions enfin une bonne soirée, normale loin de la pression que notre situation provoquait. Très vite nous atteignons le lieu de la manifestation. Ce n’était pas difficile de constater l’engouement que l’événement suscitait à voir toutes les bagnoles s’aligner. Hum, l’objectif du jour, ne pas la perdre de vue dans cette foule. Une fois garé, nous nous mettions en route et nous imprégnions de l’ambiance à mesure que nous nous enfoncions dans les diverses stands. Je devais reconnaître qu’il possédait un certain charme ce festival.  Je laissais les différentes odeurs se mêler et me concentra inutilement pour les délier dans l’atmosphère les unes après les autres alors que Rebecca chipotait à son portable. La pleine lune serait là d’ici deux jours et doucement, je percevais déjà les prémices de son influence, mes sens étaient déjà un peu plus exacerbés. Tant mieux, je pourrais mieux veiller au grain ce soir grâce à ça.

Je me penchais quand elle se rapprocha de moi pour me parler. Sa colloc’ devait venir ? Je ne savais pas vraiment si ça me plaisait même si elle était adorable. Comment allait-elle me présenter à elle ? Voulait-elle me présenter ? Était-ce prémédité ? Qu’est-ce que ça impliquait ? Qu’est-ce que je devais comprendre ? Non, non, non. Camille, tu respires, tes craintes au placard. Qu’une troisième personne se joigne à nous n’était pas forcément néfaste au contraire, peut-être que ça apporterait de la légèreté, qui sait ? Bon, je n’étais pas convaincu mais je ne voulais pas miner le morale de mon amie alors j’acquiesçais simplement de la tête de la façon la plus neutre qu’il soit. Au fond, ma curiosité et mon besoin de savoir qui partageaient le quotidien de Becky suscitaient une certaine attente plus ou moins positive. Ma nervosité ? Stable, j’arrivais à la maintenir. Enfin ça c’était avant que je ne vois son visage s’illuminer et que je perçoive le surnom qui s’échappa de ses lèvres. Mak ? Non, ce n’était quand même pas… Une petite tête blonde s’approcha bien vite et confirma le pire. Mon cœur remonta dans ma gorge, toute couleur disparut de mes joues alors que je les regardais s’enlacer sous mes yeux. Sérieusement ? Sérieusement ? Combien de chance que ça soit elle ? Le Destin nous jouait vraiment sa pire farce. J’accusais plutôt mal le choc alors qu’innocemment, la jolie brune s’empressa de nous introduire l’un auprès de l’autre. Je remarquais bien qu’elle sembla hésiter sur la dénomination sous laquelle elle devait me présenter mais dans l’immédiat, ce n’était pas ça qui m’inquiétait. Je ne savais pas ce qui était le plus terrible dans le fait qu’elles partagent toutes deux une amitié étroite, que Makayla m’ait connu à la pire période de mon existence, qu’elle m’est ramassée dans un état lamentable un soir, qu’elle sache que je ne suis pas humain ou bien qu’elle soit potentiellement anti-surnaturel et potentiellement devenue une guerrière terrifiante. Je crois que la partie « je connais presque ta nature » remportait la palme pour le moment.

Mon regard passa de l’une à l’autre, j’étais complétement sonné. C’est comme si deux Mondes venaient de se heurter sans que je ne le consente ou que je ne vois l’histoire venir. J’essayais de remonter ma tension qui devait avoir chuté pour atteindre la limite du normal et de me reprendre. J’étais vraiment tendu conscient que j’avais en face de moi une ancienne amie que j’avais apprécié et une humaine dont le caractère m’était devenu inconnu. « Melle Brown, vous êtes décidément partout. »  Je voulus sourire, j’abandonnais l’idée. Je me retournais vers Rebecca et ajoutais simplement en guise d’explication. « Oui, on se connait. »  Ah ça… Je n’en étais plus sûr mais... Elle avait tellement changé avec la guerre. « Le Destin adore nous réunir à des moments incongrus mais celui-ci est sans doutes le plus inattendu. » J’étais déjà en train de réfléchir et de m’angoisser à la simple idée qu’elle glisse dans la discussion les choses qu’ignoraient Rebecca. De plus, je m’exposais face à une mortelle aux tendances légèrement belliqueuses. Du trio, j’étais celui qui avait la plus mauvaise place. La soirée allait être mortelle. J’allais devoir gérer l’extérieur et la conversation. A la première occasion, je comptais isoler Makayla pour lui demander de ne pas toucher un mot sur ma nature – tant pis si j’en parlais ouvertement avec elle, je ne voyais pas d’autres options. Becky devait rester loin de mon Univers, à tout prix.

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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Mar 2 Juil - 23:36




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Je posai doucement ma main dans le dos de Camille, inquiète, et m'apprêtait à lui demander ce qui n'allait pas lorsque tous deux me confirmèrent finalement qu'ils se connaissaient. Ça alors ! Quelle coïncidence ! J'étais sous le choc, mais pas autant que Camille qui lui semblait avoir vu un fantôme. Je jetai un regard interrogateur à mes deux amis. Ce qui me dérangeait le plus dans tout ça, ce n'était pas le fait qu'ils se connaissaient, mais bel et bien leurs réactions respectives. Si Mak avait l'air de trouver cela assez drôle, Camille quant à lui semblait penser tout le contraire. J'avais l'impression qu'il souhaitait être n'importe où sauf ici et je laissai échapper un soupir. Je venais déjà, sans le vouloir, de gâcher notre soirée.  Ils n'avaient pas l'air décidés à m'en dire plus, mais ma curiosité avait été piquée au vif et il était impensable que je n'en sache pas plus :

- Ho. Et bien quelle surprise ! Fis-je en me forçant à leur sourire. Mais... depuis longtemps ? Comment est-ce que vous vous êtes rencontrés ?

Je sentais une réelle gêne et cela ne faisait qu'exacerber mon imagination débordante.  Je m'attendais déjà presque à ce que Makyala m'avoue que Camille et elle avaient été amants et cette simple pensée réveilla brutalement le monstre tapi au creux de mon estomac. Bon sang, je n'avais pas l'habitude de ressentir de telles bouffées de jalousie. Si jamais ils devaient me raconter ça, j'allais avoir beaucoup de mal à le gérer.  Ce n'était vraiment pas le genre de choses que je voulais savoir. Machinalement, je me frottai le bras, comme pour me rassurer.  Bien sûr, je n'avais pas froid, il faisait encore très chaud à cette heure-ci et la foule n'arrangeait rien. Pour aider à alléger un peu l'ambiance, j'entrepris d'expliquer à Camille mon lien avec Makayla.

- Je connais Mak pratiquement depuis mon arrivée en Ecosse ! M'exclamai-je, encore stupéfaite. On a habité ensemble pendant plus d'un an !

C'était vraiment dingue ! J'avais du mal à croire que leurs prénoms respectifs ne soient jamais venu dans une discussion. Il est vrai que j'avais estimé qu'ils ne se connaissaient pas et n'avais jamais vraiment pris la peine de donner des détails. Camille était "mon voisin" ou "mon voisin sexy" ou "le mec d'en face, tu sais, le canon ?", Makayla était "mon amie", "ma colloc" et si d'aventure j'avais du prononcer leur nom, ils n'avaient pas dû y prêter attention.
La réaction de Camille m'avait inquiété et je me sentais un peu coupable. J'avais voulu que l'on passe une soirée sans se prendre la tête, j'avais pensé que rencontrer Makayla serait sympa et l'empêcherai de se torturer à "notre" sujet, et au lieu de ça je semblai lui avoir donné d'autres sujets de réflexions pas forcément plus plaisants. C'est pourquoi, sans le harceler de question, je posai ma main sur son bras et me penchai vers lui pour lui proposer discrètement une porte de sortie:

- Ça va aller ? On peut remettre ça si tu préfères... je peux te ramener.

Je lui offris un petit sourire rassurant. Je ne tenais plus tant que ça à cette soirée de toute façon, j'étais nerveusement et physiquement épuisée et je doutai de pouvoir me détendre même avec beaucoup d'efforts. Je me sentais abattue sans en comprendre vraiment la raison et pourtant je continuai à me forcer de sourire. Ne disait-on pas qu'à force de faire semblant, on finissait par sourire de bon cœur? J'espérais que l'adage était véridique.
J'avais envie de dire quelque chose, n'importe quoi, pour nous sortir de cette situation embarrassante, mais mon esprit semblait avoir rendu les armes. J'avais juste hâte que la musique commence et nous offre à tous les trois une diversion bienvenue. La foule continuait à se masser autour de la scène, il serait bientôt plus difficile de se déplacer, aussi, dis-je, l'air de rien :

- Je meurs de faim, pas vous ?


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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Mer 3 Juil - 2:17

    Et dire que je pensais vivre un moment tranquille avec ma meilleure amie, et bien non, il y avait Camille en plus dans cette équation qui était fortement instable pour plusieurs raisons : la nature de chacun ici présent, les liens qui nous unissaient. La situation m'amusait pour le moment, j'avais le sourire, je n'aurais jamais pensé que le voisin sexy pouvait être Fontayn. Si je m'attendais à ça, je pourrais aller tirer les numéros du loto demain et gagner le jackpot. Non, je ne pouvais décemment pas m'attendre à ce que ce soit lui qui partage la vie de Rebecca ? Elle était donc avec lui les nuits où elle n'est pas rentrée ? Sans aucun doute mais j'avais encore du mal à réaliser. Ce n'était pas pire que Camille qui était devenu blanc comme un linge en me voyant arrivé. Je ne le comprenais plus, c'était une certitude. Nous n'étions plus les même, d'amis, nous étions devenu des inconnus qui se connaisse de vue, rien de plus. Qu'est ce que Rebecca savait de lui ? Qu'est ce que Camille savait d'elle ? J'étais en réalité, celle qui en connaissait le mieux sur les deux jeunes gens. Enfin, Becky en savait pas mal sur moi également. Camille arriva néanmoins à articuler mon nom de famille, prouvant ainsi à Rebecca que nous nous connaissions bien. Combien de chance y'avait-il pour que le petit ami de Becky me connaisse ? Je ne connais pas le pourcentage, mais le monde était bien petit finalement. Il ajouta donc qu'on se connaissait, sans rien dire de plus.

    " Je dois avouer que je ne pensais que le voisin sexy s'était toi ! Si je m'y attendais ! Ainsi donc, tu n'es plus à Édimbourg alors ? "

    Il avait donc du se rapprocher de sa meute de loup qui se trouvait à Wolfheaven, sur Glasgow donc, mais je n'en demandais pas plus, car même si nous n'étions plus vraiment ami avec Camille, je ne voulais pas faire de bourde. Cela serait tellement bête que je dise quelques choses qui les fassent se séparer. Rebecca semblait être heureuse avec lui alors comme elle était mon amie, je ne voulais pas lui gâcher ces bons moments. Cette dernière voulait en savoir plus sur Camille et moi, depuis quand est ce que l'on se connait et comment l'on s'est rencontré ! Est ce que je devais lui dire ? Oui, après tout cela n'était pas quelques choses de choquant à entendre.

    " Et bien, si mes souvenirs sont bons, nous nous sommes rencontrés avant les années sanglantes, en 2010, donc à peu près durant la même période que pour nous Becky. Tu sais, à l'époque je prenais de nombreuses photos et il se trouvait que Camille était souvent là, passant sur les photos. Un jour, j'ai décidé de l'aborder et de lui dire que je l'avais plusieurs fois en photos. Du coup, nous avons sympathiser comme ça, puis il y a eu les années sanglantes, et les choses ont fait que nous nous sommes perdus de vue, jusqu'à récemment. Je te laisse ajouter quelques choses Camille si j'ai oublié un truc. "

    Je le regardais, il n'était pas du tout à l'aise, et je ne voulais pas qu'il se sente mal à cause de moi, c'était tellement bête que ce moment soit gâcher par ma présence. Becky lui confirma alors que je la connaissais depuis 2010 et ajouta même que nous avions vécues une année ensemble à cette époque. Mais devant son teint livide, elle lui demanda si ça allait, s'il ne voulait pas rentrer. S'il choisissait cette option, je les laisserais partir, après tout, je ne voulais pas lui gâcher sa soirée plus que de raison. Je pouvais voir dans les yeux de mon amie qu'il avait de l'importance pour elle alors, je ne voulais pas qu'il se sente gêné même si c'était déjà le cas. Un silence tomba alors sur nous trois. Puis Becky sembla avoir un peu faim, ce qui n'était pas spécialement mon cas.

    " Pas spécialement. Je doute que Camille puisse avaler quelques choses aussi. Allez détends toi Fontayn, je ne vais pas te manger ! Enfin, si tu as envie de te prendre un truc à grignoter tu peux y aller, nous n'allons pas bouger d'ici ! "

    Je ne sais pas si ces paroles le rassurerait mais nous verrons bien. Si elle avait envie de manger, elle pouvait aller s'acheter un sandwich, ou un hot dog, enfin ce qu'ils vendaient dans le coin. Cela me laissera l'occasion de parler avec Camille sur ce qu'elle sait sur lui et vis versa. Je crois que pour que la soirée se passe du mieux possible, qu'il fallait crever l'abcès.
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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Mer 3 Juil - 12:11




Let's delay our misery

Mon malaise était trop discernable et ça me frustrait de ne pas parvenir à le dissimuler mieux que ça. Pour quelqu’un qui prétend savoir généralement paraître détaché voir indifférent en temps critique… Non, la situation était trop différente de celles que j’avais déjà pu vivre. Surtout que celle-ci me touchait d’une façon pour le moins personnelle. C’était d’autant plus dur de prendre un certain recul depuis notre dernière rencontre et la crise de panique que j’avais joué à la jolie brune. Cette sortie allait se transformer en véritable fiasco si je ne parvenais pas à me reprendre et je ne voulais pas ça. J’avais beau m’épuiser nerveusement, je ne voulais pas également tuée les nerfs de Becky. Elle n’avait pas besoin de ça, ni besoin de moi à vrai dire mais ce débat, j’avais décidé de l’abandonner avant de venir ici donc je le fis taire intérieurement. Surtout que mon ancienne voisine se mit à se frotter le bras et que je compris facilement le message sous-jacent. Allez, pour elle, je devais me montrer moins sur la défensive tant pis si ça m’en coûtait en sang-froid. J’essayais d’atténuer ma méfiance envers Makayla en me concentrant sur nos souvenirs respectifs, ceux d’avant-guerre. Cette dernière m’arracha finalement un sourire – qui aurait pu très facilement devenir un rire si j’avais été dans de meilleures dispositions et je me retournais vers Rebecca sans m’en défaire « Voisin sexy, ah bon ? » Je me demandais bien tout ce qu’elles avaient pu se raconter à mon sujet. Je redevins passablement sérieux quand je revins poser mon regard sur la blondinette. « Eh non, j’ai fini par déménager. » Je n’osais pas en dire plus car avec elle ça serait toujours de trop. Elle était bien trop perspicace pour son propre bien et surtout pour le mien. Je laissais donc mon ancienne amie expliquait à mon amante les circonstances de notre rencontre en ponctuant son récit de petit hochement de tête. Ce qu’elle avait oublié de préciser c’est que récemment, elle avait impunément planté des flèches froidement dans le corps d’inconnus. Allez, pense plus à ça ou du moins pas trop. « Non, je pense que c’est un bon résumé. On avait l’art de toujours se croiser par hasard, j’aurais presque pu croire qu’elle me pistait à une époque. » J’offris l’ébauche d’un rictus à la jeune femme en me rappelant cette époque révolue. J’espérais qu’il restait un peu de l’ancienne Mak’ en elle, parce que j’allais avoir besoin de me raccrocher à ça ce soir.

Ma compagne se pencha vers moi et me murmura quelques mots. Ça me fendit le cœur de gâcher sa soirée comme ça, surtout que sa colloc’ était quelqu’un qu’elle estimait, quelqu’un qui comptait pour elle. J’allais prendre sur moi, c’était décidé. Je passais très discrètement ma paume sur la sienne. « Ne t’en fais pas pour moi. » J’observais les alentours, cherchant à rassembler un peu de mon calme et de ma sérénité trop souvent oubliées ces derniers temps. L’avantage d’avoir une guerrière à nos côtés, c’est qu’au moins, je n’étais pas le seul à jouer les gardes du corps cette nuit. Je me consolais comme je pouvais. Je répondis d’un sourire un peu crispé à la réflexion que me servit Makayla. Facile à dire pour elle, elle avait sûrement la meilleure position là. Si nous avions été seuls elle et moi, j’aurais profité de cet instant pour mentionner l’attaque du café et sa réaction mais je ne voulais pas aborder le sujet devant Rebecca alors j’articulais seulement en haussant des épaules et en parvenant à feindre la nonchalance « Tu sais bien que je n’ai jamais été du type très détendu. » Quoique… déjà un peu plus en 2010. « Mais je n’ai pas très faim non plus. Cela dit, je peux aller te chercher quelque chose Becky si tu le souhaites. » Je n’avais pas très envie de les laisser toutes les deux papoter dans mon dos… Et je serais bien resté là pour mettre les choses plus ou moins à plat avec la blonde mais je n’aimais pas non plus l’idée de laisser Becky seule. Et puis, ça ne serait pas très galant de la laisser se charger de ça. Vu que j’avais décidé de faire des efforts, j’ajoutais afin de détendre l’atmosphère en taquinant la brunette sur son appétit. « Mais tu crois vraiment qu’ils auront de quoi combler ta faim gargantuesque ici ?  » Je lui offris un vrai rictus à la suite et attendis tranquillement qu’elle joue l’offusquée.

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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Mer 3 Juil - 22:34




Let's delay our misery


Camille a écrit:
« Voisin sexy, ah bon ? »

Je rougis et jetai un regard faussement meurtrier à ma traitresse d'amie. Comment se faire griller en quelques mots ! Mais au moins, cela avait fait sourire Camille, et rien que pour ça, je pouvais la remercier.

- Mak... grondais-je avant d'essayer de prendre un air détaché.

Makayla était spécialiste pour me mettre dans l'embarras avec des petits anecdotes bien choisies. J'aurais peut-être dû y penser à deux fois avant de la présenter à Camille. Enfin, vu qu'ils se connaissaient déjà, je n'avais finalement pas fait grand chose. Mais bon, je n'avais pas forcément besoin de lui rappeler que je fantasmais déjà sur lui bien avant notre dérapage, même s'il devait s'en douter. La réciproque était d'ailleurs sûrement vrai, car alors même que nous n'étions qu'amis, il m'était arrivé plusieurs fois de surprendre un regard intéressé chez Camille. A l'époque, nous avions tous les deux nié les signes et évité de nous retrouver dans des situations à risque. Enfin, jusqu'au jour où nous avions fini par craquer...  

- Oui, bon, j'ai peut-être laissé échapper ça une ou deux fois au milieu de la conversation. Ne t'emballe pas, Fontayn... protestai-je avec un sourire qui démentait mes propos.

Je suivais leur échange avec intérêt, me rendant compte encore une fois qu'il existait de nombreuses choses que j'ignorais sur Camille. Comme le fait qu'il avait habité à Edimbourgh, probablement quand il était arrivé en Ecosse. Mais je n'eu pas le temps de demander plus d'informations que déjà Makayla me faisait un résumé grossier de leur rencontre. C'était dingue de se dire que Camille et moi aurions pu nous croiser  plusieurs années avant notre véritable rencontre. Cette idée me fit sourire en me rappelant notre discussion sur le jeune idiot qu'il était à l'époque. C'était probablement mieux ainsi.  J'étais à moitié soulagée, au moins il n'était pas question d'une histoire romantique ou charnelle entre eux... encore que, me l'auraient-ils dit si cela avait été le cas ? Bon sang, je devenais paranoïaque.

- Et bien, c'est original ! Commentai-je en forçant légèrement l'enthousiasme.

La fin de sa tirade sur la façon dont les années sanglantes les avaient séparés sonnait étrangement à mes oreilles et je devinai qu'il y avait plus là-dessous mais qu'aucun des deux n'en dirait davantage. Je préférai ne pas insister. Sentant toujours Camille mal à l'aise malgré tout, je lui proposai de le ramener mais il pressa légèrement ma main et m'assura que je n'avais pas à m'en faire. Bon et bien, j'allais devoir le croire sur parole.  M'efforçant de changer de sujet, je leur demandai s'ils avaient faim, mais aucun des deux ne semblait être d'humeur à manger quelque chose. Makayla invita Camille à se détendre et se dernier me proposa d'aller me chercher quelque chose avant d'ajouter, moqueur, une petite remarque sur mon appétit de titan. Attendrie par l'effort qu'il faisait de paraître détendu, je pris mon air offusqué habituel et lui mis une tape sur l'épaule avec une moue amusée :

- La ferme ! Espèce de goujat !

Toute cette histoire me laissait devant un sacré dilemme. Je n'avais pas envie de les laisser tous les deux, pour une raison que je ne m'expliquais pas vraiment. Même si Makayla était la seule de mes proches à connaître ma nature de Semi-démon, j'avais confiance en elle et je ne craignais pas pour mon secret, en revanche, la tension qu'il y avait toujours entre eux ne m'échappait pas et me rendait méfiante. Il y avait quelque chose entre eux, quelque chose qui pouvait bien être en lien avec les propres mystères de Camille. Était-ce la raison pour laquelle il était embarrassé ? Mak savait-elle des choses à son sujet qu'il ne voulait pas que je découvre ? Non, c'était ridicule. Lui qui était si secret, pourquoi se serait-il confié à quelqu'un qu'il avait perdu de vu ? A moins que... avait-il un lien quelconque avec la PES ? Non, bon, Becky, ca suffit, arrête de te faire des films. Tu ne veux pas savoir. Si Camille avait quelque chose à me dire, il me le dirait lui-même un jour, tout comme j'espérais dans un hypothétique lointain futur,  avoir le courage de lui parler de mes origines démoniaques. Pour l'instant, nous n'étions pas prêt, ni lui, ni moi, à avoir ce genre de conversation.

Bon, bref, il fallait que je me décide et que j'arrête de cogiter inutilement. Si je restai là, j'allais paraître suspicieuse ou lunatique et ce n'était pas l'image que je voulais donner de moi. Ce n'était pas moi. Je n'avais donc pas vraiment le choix. Je dû me faire violence pour répondre :

- Non ça va, merci, je vais y aller moi-même. Je vous ramène quelque chose ? Une bière, un soda ?

Je m'efforçai toujours de sourire et d'avoir l'air détendu mais je n'en menais pas large. J'avais envie de toucher Camille, de poser ma main sur son bras, de l'embrasser au coin des lèvres, mais je sentais que cela le mettrait mal à l'aise alors je ne dis rien.

- Je reviens, gardez-moi une petite place !

Je m'éloignai en direction du stand de hot-dog dont l'odeur m'avait tant alléchée en arrivant. La file semblait longue, mais je n'étais pas pressée. Au moins, je ne subissais plus la tension que ces deux-là dégageait. Je jetais un coup d'œil dans leur direction tandis que je fendais la foule. Ils avaient l'air en pleine discussion. Ma jalousie et mon inquiétude me broyèrent l'estomac et je détournai les yeux pour me concentrer et arriver au stand. La foule continuait d'affluer. Il y avait plus de monde que je ne l'avais imaginé. L'un des groupes qui faisait la première partie se mit à jouer et la majorité des gens se tournèrent vers la scène. Alors que je plissai les yeux pour essayer de voir ce qu'ils proposaient à manger, je sentis soudain une main me peloter. Offusquée, je me retournai avec agacement :

- Ça va, je vous dérange pas ?

L'homme qui me faisait face était particulièrement grand et je dû lever la tête pour croiser son regard. Son sourire ne me plût pas du tout alors qu'il répliquait:

- Pas du tout, au contraire, je suis ravi de voir que le devant est à la hauteur du derrière.

Je lui jetai un regard écœuré et ordonnai sèchement :

- Ne me touchez plus.

- Ho allez, un joli petit cul comme le tient devrait être en libre service... dit-il en venant poser à nouveau sa main sur mon derrière, en m'attirant plus près de lui. Faut pas t'habiller si court si tu veux pas qu'on touche, espèce d'allumeuse.

Son haleine avait l'odeur fétide de l'alcool. Il était ivre et il se croyait tout permis. Je sentis la colère me vriller les tempes. Il n'y avait qu'une personne qui avait le droit de me toucher et ce n'était certainement pas lui.

-Retire ta main tout de suite si tu ne veux pas te prendre la mienne dans la figure ! Prévins-je.

- Essaye pour voir, s'amusa-t-il en me pressant la fesse en guise de provocation.

Ma main se leva et fusa mais il l'attrapa sèchement avant qu'elle n'atteigne sa cible. Puis il se mit à rire et, serrant si fort que je cru qu'il allait me broyer le poignet, m'attira tout contre lui. Il huma mon odeur et un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres tandis que j'essayai de me dégager de sa poigne:

- J'adore faire hurler à la lune les petites diablesses dans ton genre... plus elles ont de caractère, plus elles se débattent... et quand on les baise, elles nous donnent un petit avant-goût des enfers...

Je me figeai soudain et lui jetai un regard beaucoup moins assuré. Je venais de comprendre où il voulait en venir. C'était un loup et il avait sentit que j'étais un semi-démone.

- Je pourrais te faire très très mal... menaçai-je.

- Ho ? Ici, devant tout ce monde ? Susurra-t-il tout près de mes lèvres. Et bien, vas-y, fais-moi mal, petite diablesse... je suis sûre qu'il doit y avoir quelques membres de la PES dans la foule, ça leur fera quoi, tu crois, quand je crierai au démon ?

Je pâlis sous ses menaces alors qu'en moi se s'affrontaient la colère et la peur. Une toute petite illusion aurait suffit à me débarrasser de lui et je sentais des fourmillements dans tout mon corps tellement je luttai pour ne pas céder à la tentation d'utiliser mon pouvoir. Je jetais un regard vers là où je croyais être Camille et Makayla, en quête de soutien moral, mais je les avais perdu de vue. Merde... un petit bluff s'imposait.

- Mon copain ne va pas aimer...

L'autre ricana et resserra encore sa prise, regardant autour de nous comme pour chercher l'intéressé.

- Alors c'est ça qui t'excite ? T'aime qu'on se batte pour toi ? Il est où ton Robin des Bois, que je lui refasse le portrait ?  Et quand j'aurai gagné, tu me laisseras te prendre dans un coin ?

Non mais quel salaud ! J'essayai de le repousser plus fort mais il me tenait toujours fermement.

- Lâche-moi !

Il m'embrassa de force et ma colère supplanta quelques instants ma peur. Je le mordis et lui donnai un violent coup de genoux dans les parties intimes.

Notre échange qui avait jusque là été discret, ne passait plus inaperçu et certaines personnes autour de nous nous regardaient avec insistance, même si la plupart s'entêtaient à ne pas nous regarder. J'étais tellement en colère contre eux ! Personne n'avait ne serait-ce que levé le petit doigt ! Et dire qu'il ne me faudrait qu'une seconde, qu'une minuscule illusion pour lui donner la peur de sa vie !

Le loup grogna et tituba légèrement en arrière mais avant que je n'ai pu reculer à mon tour pour être hors de sa portée, il me gifla et je m'effondrai sur le sol. Je passai la main machinalement sur mes lèvres, je saignai.

- Salope ! Cracha-t-il avec hargne.

Sonnée, je me mis à penser stupidement que je venais de perdre ma place dans la file d'attente.  Je voulu reculer, mais déjà il se jetait sur moi et m'attrapait brutalement par les cheveux pour me relever.

Il remarqua alors ma blessure au cou et cela sembla l’énerver encore davantage :

- Ha mais la diablesse est une petite pute à Vampire en plus ! Alors si tu laisses des macchabée te sucer le sang, tu vas pas rechigner à ce que je m'occupe de toi !  

Sa main glissa à nouveau sur mes fesses alors que je me débattais. Bon ça y est, j'étais vraiment flippé maintenant. J'étais menacée et je me sentais en danger, mon pouvoir ne tarderait pas à se déclencher... et cette idée me faisait encore plus peur que lui... Ma voix se fit suppliante alors que j'essayai d'échapper à sa poigne:

- Lâche-moi, je t'en prie... lâche-moi !


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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Jeu 4 Juil - 1:14

    J'ai laissé échappé un "voisin sexy" de ma bouche bien volontairement. Oui, cela ne faisait pas de mal, alors je pouvais me le permettre, enfin vous voyez ce que je veux dire. Camille en avait sourit, il essayait de se dérider, mais celui que j'ai connu il y a longtemps aurait eu un sourire plus franc et massif, mais c'était déjà une bonne chose qu'il sourit vu l'était de son visage. Je savais que ça ne plairait pas à Becky, mais c'était calculé. Elle me fusilla faussement du regard, comme si ce que j'avais dit n'aurait pas du sortir de ma bouche, pourtant, il y avait des choses bien plus dangereuses qui pourrait en sortir. Mais pour le moment, j'essayais de faire dans la légèreté pour détendre l'atmosphère qui était devenu très lourd après mon apparition auprès des deux jeunes gens. Elle avoua avoir lâcher "voisin sexy" durant certaines conversations ce qui me fit sourire. Je ne sais pas comment cela se fait qu'elle n'a jamais mentionné son nom, ou alors si elle l'a fait, je n'ai pas tilté ce qui m'étonne quand même. Enfin bon, il avait à présent un nom et un visage qui me plaisait grandement, même si, j'avais des doutes concernant la durée de ce couple. Parce que oui, elle ne me l'avait pas dit mais je le sentais, et puis cela se voyait qu'ils étaient plus que de simples amis. Je lui racontais ensuite notre rencontre à Camille et moi et elle semblait soulagée d'un côté. Oui, nous n'avions jamais été amant, si ça pouvait la rassurer, mais ça, je n'allais pas le dire de façon explicite, elle l'avait bien compris. C'est vrai que ça aurait fait bizarre s'il y avait plus que ça entre lui et moi. Mais heureusement ce n'était pas le cas.

    Elle dit alors qu'elle avait faim mais ce n'était pas tellement mon cas. J'essayais de rire avec Camille disant que lui non plus n'avait pas tellement faim et qu'il pouvait se détendre. Il affirma qu'il n'avait jamais été un type comme ça, toujours un peu stressé. C'est vrai qu'il n'avait jamais été un type très détendu et les années sanglantes semblaient avoir accentuée ce côté là de sa personnalité. Moi aussi, j'étais moins cool qu'avant mais dans des soirées comme celles-ci, j'arrivais à faire la part des choses. Camille dit donc que Rebecca pouvait prendre à manger si elle le désirait, du moins s'il y avait assez de nourriture pour son grand appétit. La remarque me fit pousser un petit gloussement et la tape de la jeune femme me fit le même effet. Les regards ne trompaient pas, ils s'entendaient à merveille même si je doute qu'ils se connaissent si bien que ça. Je ne disais pas que je les connaissais mieux que personne mais ils ne s'étaient sans doute pas tout dit, ou alors ils faisaient avec, je ne savais pas encore. Elle se décida finalement à y aller, nous demandant si nous voulions une bière un soda.

    " Tu peux me ramener du thé glacé s'ils en ont si cela ne te dérange pas, tu serais un amour ! "

    Je lui faisais un petit sourire, j'adorais le thé glacé, notamment celui à la saveur de la pèche. C'était en quelques sortes un de mes péchés mignons bien innocent. Puis elle partit en direction du stand de hot dog et de boissons. Je la regardais du coin de l'oeil s'éloigner. J'ouvrais alors la bouche en direction du changelin.

    " Bon, bon, je ne m'attendais tellement pas à te voir ce soir, moi qui pensait me faire un petit concert avec Becky. Mais là, n'est pas la question. J'ai vu vos regards, et je suis contente qu'elle soit avec toi, vous formez un beau couple tout les deux même si je ne sais pas exactement où vous en êtes. Je veux son bonheur, tu sais, alors j'aimerais ne pas faire de bourde involontairement. Elle sait que tu n'es pas humain ou elle te prends pour l'un des nôtres ? "

    Qu'est ce que je pouvais faire comme bourde en plus de cela ? Je ne savais pas trop, j'essayais de me remémorer ce que je savais de Camille.

    " Elle sait que tu as pris part à la guerre durant les années sanglantes ? Que tu as combattu ? Essaye de te détendre, je suis tranquille ce soir, regarde, je n'ai pas d'arc sur moi, rien du tout. On va essayé de se détendre, ce sera bien pour tout le monde je pense, qu'est ce que tu en penses ? "

    Je lui faisais un petit sourire, je ne voulais pas qu'il se sente mal à cause de nos retrouvailles après toutes ces années. J'avais perdue Rebecca du regard, sans doute se trouvait-elle en train d'attendre pour commander son hot-dog et les boissons allant avec.
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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Jeu 4 Juil - 10:36




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Ma boutade avait au moins permis à l’atmosphère de redescendre de quelques degrés. Je me surpris à vraiment sourire quand je reçus ma sentence de la jolie brune. C’était difficile de rester tendu de façon absolue avec elle dans les parages. Elle simplifiait souvent la complexité que je trouvais à chaque chose, chaque situation. Je n’aimais pas qu’elle s’éloigne et je dû me faire violence pour la laisser partir sans insister. Je ne voulais pas laisser ma parano nous grignoter tous les deux, je la rangeais dans un petit coin de ma tête et répondais très simplement « Ce sera un soda pour moi, merci ! Fais-moi la surprise pour la sorte ! » La bière, ce n’était pas trop mon truc et j’avais envie qu’aucun de mes sens ne soit de toute façon altéré même de façon minime par de l’alcool. Je lui offris mon regard très Alanesque qui signifiait : «  sois prudente ok ? » J’eus envie d’allonger un bras pour la rapprocher avant qu’elle s’éloigne mais je n’en fis rien – conscient que nous avions assistance et témoin particulier. Ça allait vraiment être long ce soir. Je la suivis des yeux dans la foule histoire de ne pas la perdre de vue tandis que la blondinette reprenait la parole et m’ôtais les mots de la bouche. Moi non plus, je ne m’étais pas attendu à la voir ici, je croyais aussi passer la soirée en tête à tête avec Becky. Elle s’était un peu joué de nous à nos dépens – mais bien sûr, je n’allais pas lui en vouloir pour ça. Mak’ me fit décrocher visuellement de la progression de Rebecca en me mettant plus que mal à l’aise. Son petit numéro de «  je sais ce qui se passe et c’est ma pote gare à tes puces » débutait. Ca y est, adieu toute légèreté et bonsoir à ma panique. « Avec toi », « beau couple », « où vous en êtes », « son bonheur ». Je ne pus m’empêcher de me contracter sous l’avalanche de termes qui suggérait vraiment tout ce que je ne pouvais pas assumer et bien entendu, je ne comptais pas parler de ma relation avec sa colloc’. Elle devait le savoir. Ca ne la regardait pas et je ne sais pas si c’était aussi évident que ça ce que nous partagions mais ça commençait à me foutre gravement la trouille dans l’immédiat. Elle mit très vite sur le tapis les vrais problèmes selon moi – à savoir ce qu’elle savait sur moi et que mon amante ne devait en aucun cas apprendre. Surtout pas de la bouche de quelqu’un d’autre. Entre le fait de savoir, se douter et prononcer à voix haute la vérité, il y avait de la marche. Maintenant qu’est-ce qui comptait vraiment ? Que mon amie ne découvre pas par inadvertance ma nature ? Ou que je confirme enfin verbalement ce que savait déjà mon interlocutrice ? Celle-là même qui avait tant changé ? Je la détaillais silencieusement. Si elle avait voulu me vendre à la PES, elle l’aurait déjà fait non ? Je ne savais plus où situer mes priorités. Et ça, c’était encore plus angoissant que le petit sermon qu’elle m’avait servi.

Je me mordis la lèvre en proie au doute et puis, finalement, elle reprit et je réalisais que protéger Becky de ça prévalait sur ce que pourrait raconter l’humaine à la brigade. Je pariais donc sur notre ancienne amitié et son silence. Toute manière, elle m’avait vu deux fois réagir violemment à l’argent, à ce stade… Courais-je vraiment un risque ? Je ne relevais pas concernant ses déductions sur moi et la jolie brune. J’articulais juste à voix basse « Non, elle ne sait rien. Je t’en serais vraiment reconnaissant si ça pouvait rester entre nous. Je ne veux pas la mêler à ça. » Je fixais la mortelle et y retrouvais un peu de celle que j’avais connu ce qui me chagrina que nous en soyons arrivé à ça finalement. J’appréciais qu’elle m’ait demandé tout ça et qu’elle veuille donc bien « m’aider » sur ce coup. Je balayais les environs en lui disant « Ecoute Mak, je suis déso… Où est passée Becky ? » Merde à force de me focaliser sur notre discussion, je l’avais perdu de vue. Calme, il y avait trop de monde. On ne pouvait pas apercevoir le stand d’ici, c’est tout. Je fis quelques pas vers l’avant et fouillais le lieu du regard. Je marchais jusqu’à ce que je l’aperçoive. Elle et un mec. Un mec qui apparemment l’embrassait. De force. Une onde familière me parcourut l’échine et je m’élançais rapidement dans la bonne direction bousculant au passage les barrages humains qui s’offraient à moi. Merde, merde, merde. L’animal me contrôlait complétement alors que je l’entendis de ma position l’insulter. Je crus un instant que j’allais lui foutre mon poing dans la figure quand l’humain se manifesta pour que je reprenne consistance à temps – je n’étais pas quelqu’un de violent il fallait que je m’en souvienne. Mes mains empoignèrent la carcasse massive de ce qui semblait en fait être un loup. Super, en plus j’allais provoquer un conflit avec un membre de la meute. Je le repoussais violemment de Rebecca  et me mis entre eux deux sans le lâcher, lui des yeux. Je le connaissais de vue, je ne me rappelais pas son prénom mais je savais que c’était un lycan même sans l’odeur. C’était un jeune loup, il avait été récemment transformé. Et à l’arôme que je percevais, il n’était plus très frais. Je regardais en biais mon amie pour jauger son état puis revins sur lui. Il m’avait reconnu. Pour le meilleur comme pour le pire.

« Putain mais c’est toi son copain ? » Je ne lâchais pas son regard et ajoutais sans plus réfléchir « Ouais, c’est moi. » La meute fonctionnait comme ça de toute manière. Il fallait asseoir sa prise sur une « femelle » pour ne pas qu’on s’en empare à tout va. Je ne faisais pas parti de ce mécanisme mais je connaissais leurs codes suffisamment pour savoir comment je devais gérer cet enfoiré sans effluves de sang. Je ne savais même pas comment j’arrivais à contenir ma part animale qui possédait pourtant 80% de mes facultés. « Tu crois que les moineaux me font peur ? » Je lui offris un sourire ironique. Ils se croyaient pour la plupart supérieur aux métamorphes, pourtant en de nombreux domaines nous avions plus d’atouts. Dont un que je m’empressais de lui rappeler. « Tu veux que je te rappelle qui de nous deux est en laisse ? » Ma remarque ne lui plut pas et il fallait avouer que je n’avais pas agi avec grande sagesse. Il fit un pas dans ma direction, j’en fis un autre vers lui, décidé à ne pas me battre cependant bien que mon attitude laissait paraître le contraire. Le problème avec eux c’est qu’il ne comprenait que la violence et moi, ça n’était pas comme ça que je réglais les problèmes surtout avec la meute. Je ne le lâchais pas des yeux. Pour l’un comme pour l’autre,  le monde s’était effacé autour de nous et le conflit se situait désormais à un autre niveau. A un niveau surnaturel que personne n’était en état de comprendre - ou de ressentir pour être plus précis. Nous nous toisions non pas avec l’enveloppe humaine mais avec l’aura animale que nous dégagions.

J’avais plus d’expérience, j’étais né animal. Lui l’était devenu récemment, il n’avait aucune chance à cette bataille silencieuse. L’oiseau avait confiance, il était plus sûr de lui que la part humaine et elle s’effaça à son profit durant cet échange muet. Des convulsions roulaient sur sa peau, j’éprouvais moi-même les picotements familiers qui m’annonçaient que le corbeau voulait lui-même participé sous sa forme à cette bataille. Je le maîtrisais mais il devenait urgent de calmer mon adversaire qui ne possédait pas un tel degré de contrôle. Nous étions nez à nez presque quand je lui murmurais assez bas pour que personne ne puisse entendre. « N’oublie pas où se trouve ta place et qui je suis. Cette femme m’appartient. » Je n’avais aucune autorité sur la meute – cela allait s’en dire, mais ils respectaient tous le sens de la hiérarchie. Via l’alliance, il était forcé de me respecter en tant que leader des métas. Je sentais à quel point il combattait la domination que je tentais d’instaurer sur lui. L’énergie qui circulait entre nous atteignait son apogée. Au final, il baissa les yeux et je repris mon souffle. Les sons environnants me revinrent brutalement. J’avais complétement coupé le présent pour me plonger à corps perdu dans cette histoire. Je reculais alors un peu perturbé par ce qu’il venait de se passer mais sans le montrer à mon opposant. Je me sentais relativement serein malgré que j’éprouvais une haine viscéral pour ce loup. J’ajoutais pour la forme et pour qu’il se dépêche de partir. « Allez, dégage maintenant. » Il m’offrit un regard peu amène mais s’exécuta bien que grommelant quelques insultes dans ses dents. Je me tournais vers mon amante, inquiet et passais machinalement une main sur son visage sans réfléchir. « Ça va ? » Elle saignait de la lèvre, bordel. Il l’avait embrassé, touchait les fesses aussi. Mon calme apparent s’envola pour laisser place à la rage à nouveau. Quel connard !  J’allais lui pourrir la vie de toutes les façons possibles.
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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Jeu 4 Juil - 15:34




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Je sentais qu'il n'allait pas me lâcher. Mon corps tremblait violemment alors que je luttai pour maîtriser mon pouvoir et m'empêcher de me défendre grâce à lui. Je me sentais tellement frustrée, tellement en colère, tellement effrayée, j'avais l'impression d'observer la scène de l’extérieur, comme un témoin figé, incapable d'agir.  J'étais sur le point de craquer, mais soudain, la masse de son corps fut violemment écartée de moi et je titubai de quelques pas en arrière. Camille ! Le soulagement que je ressenti alors qu'il se dressait entre moi et le loup fut de courte durée. Il suffisait de quelques mots du lycan pour dévoiler mon secret, de quelques coups pour blesser gravement mon amant. Je levai machinalement les yeux au ciel pour chercher la lune encore basse à cette heure-ci et sa taille me fit frissonner. C'était pratiquement la pleine lune... ceci expliquait en partie la violence de mon agresseur mais signifiait surtout qu'il était beaucoup plus dangereux qu'un humain ordinaire.
Je voulu dire à Camille de faire attention mais les mots moururent dans ma bouche lors que le loup sembla le reconnaître. Je fronçai les sourcils, intriguée. D'où pouvaient-ils se connaître ? Ce n'était pourtant pas son genre de fréquentations. J'étais déjà en train d'imaginer le pire quand je me souvins soudain que mon barman travaillait à la lune bleue, repère officiel des loups garous. Il devait en connaître beaucoup, il n'y avait rien d'étonnant à cela.

Leur échange me laissa perplexe mais je m'inquiétai surtout du fait qu'ils s'étaient rapprochés l'un vers l'autre, menaçants. Ils se toisèrent silencieusement du regard. Je ne sais pas ce qui se passait là, sous mes yeux, mais une autre bataille semblait se dérouler entre eux sans que je puisse la saisir ou la comprendre. Il se dégageait d'eux quelque chose d'incroyablement écrasant, étouffant, qui me mettait les nerfs en pelotes et me donnait la chair de poule. J'avais l'impression de voir la rage onduler sous leur peau comme s'ils allaient subitement se jeter l'un sur l'autre et s’entre-tuer comme des animaux.
Cette tension, palpable, me sembla durer une éternité alors que je retenais mon souffle. Puis Camille murmura tout bas quelque chose au Lycan et après quelques instants supplémentaires où mon stress atteint son apogée, il baissa les yeux et obéit quand Camille lui intima l'ordre de s'en aller.

Bon sang, mais que venait-il de se passer ? Camille venait de faire fuir un loup qui était encore incontrôlable quelques instants auparavant, et ce, à quelques jours de la pleine lune et sans même qu'un seul coup soit échangé. Mon estomac se contracta douloureusement. Il y avait sûrement des dizaines d'explications plausibles à ça, j'en étais certaine, et pourtant, il n'y en avait qu'une qui se répétait en boucle dans mon esprit.

Camille était un loup-garou.

C'était forcément ça, cela expliquait tout : ses mystères, ses inquiétudes, sa réaction face à ma morsure... et alors que cela aurait dû m'effrayer -après tout j'étais déjà sortie avec un loup et ça ne s'était pas très bien terminé- cela ne me faisait que l'aimer davantage alors que je comprenais qu'il protégeait effectivement un secret aussi lourd que le mien. Les loups étaient fichés et malgré la paix, la PES les surveillait toujours.

Bon sang ! Makayla ! Était-ce pour ça qu'il était tellement mal à l'aise ? Savait-elle qu'il était un loup ? Savait-il qu'elle travaillait pour eux ? Avait-il déjà eu des ennuis à cause de tout ça ? J'aurais mieux fait de jeter ces foutus billets plutôt que de mettre tout ça au point ! Mais je ne comprenais pas, si Camille était un loup, il devait bien avoir compris que je n'étais pas totalement humaine, n'est-ce pas ? A moins qu'il n'ait encore jamais rencontré de semi-démon ? Cela voulait-il dire que la survie de mon propre secret n'était qu'une question de temps ? Ou alors, le savait-il et avait-il décidé de l'ignorer ? Non, je ne pouvais pas le croire, il m'en aurait forcément parlé... ou il m'aurait juste abandonné du jour au lendemain. Je me sentis pâlir à cette pensée. Nous nous ressemblions tellement au fond, Camille et moi... Qu'allions-nous donc devenir ? Y avait-il aucun avenir possible pour un loup et une fille de démon ? J'en aurais presque pleuré.

Je tremblais encore lorsqu'il se tourna vers moi, mais sa main sur ma joue apaisa instantanément mes  questionnements. Sa nature n'avait pas d'importance, pas plus, je l'espérais, que la mienne n'en aurait. Je l'aimais assez pour surmonter ça, je l'aimais trop même -je l'avais déjà prouvé- pour le quitter alors qu'il m'avait lui-même prévenu du danger. Au moins, maintenant, je savais à quoi m'en tenir.
Il me demanda si j'allais bien et j'acquiesçai, encore incertaine.

- Je vais bien.. assurai-je même si mon rythme cardiaque avait plutôt tendance à prouver le contraire. Merci.

Sans réfléchir, je me glissai contre lui, absorbant son odeur et sa chaleur. La frayeur n'avait pas encore disparue. Moins celle du loup que celle d'utiliser mon pouvoir. Je me sentais trop fragile, trop vulnérable sans lui. Je n'aimais pas que Camille ait dû intervenir. N'aurait-il pas des problèmes avec sa meute ? Il devait en tout cas avoir assez d'autorité pour avoir repoussé ce loup-là. J'aurais dû être capable de me défendre. D'ailleurs, je pensais l'être, je ne m'étais pas contentée d'être une pauvre victime apeurée comme lorsque ce vampire m'avait prise par surprise. Bien sûr, je ne faisais pas le poids contre un loup, mais tout de même... j'aurais dû pouvoir faire quelque chose de plus !
Je sentais la fureur de Camille et cela me faisait plaisir autant que cela m'inquiétait. Je glissai doucement ma main sur dos et le frottai doucement, espérant le calmer un peu.

-Je suis désolée... murmurai-je contre son torse avant d'ajouter, d'une voix qui se voulait humoristique mais qui ne l'était pas vraiment : Je crois que je porte la poisse, Cam...

Avec tout ça, je n'avais toujours pas pu passer ma commande, j'avais raté le passage du premier groupe et je me sentais harassée. Je n'étais plus certaine d'avoir envie de mon hot-dog après ça.

La voix de Maka m'obligea à tourner la tête vers elle et je suivi son regard pour voir réapparaître le loup que Camille venait de chasser, flanqué de deux acolytes.

- Camille.. dis-je d'une voix incertaine. Allons-nous en... je ne veux pas qu'on ait d'ennuis...

Mais de toute évidence, il était trop tard... j'étais définitivement un aimant à problèmes...


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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Jeu 4 Juil - 23:43


    Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que ce concert était partie sur des bases que je n'aimais pas le moins du monde. Pourtant, je me trouvais en présence de deux personnes que j'appréciais grandement. Je devrais me dire que tout allait bien. J'étais même venue assez légèrement, trop légèrement de toute évidence. Mon arc et mes flèches me manquaient grandement, mais pourquoi devrais-je les utiliser ? Becky s'en alla donc chercher à manger et une boisson pour chacun de nous, un ice tea pour moi et un soda pour Camille. Je lui parlais donc franchement, et ce que j'avais à lui dire ne pourrait pas lui faire franchement plaisir, c'était une certitude. J'extrapolais peut être sur sa relation avec Becky, du moins, je mettais des mots sur ce qu'il ne voulait peut être pas vraiment s'avouer à lui même. Ils formaient un couple, c'était une certitude que ça lui plaise ou non. Je pensais vivre une soirée tranquille avec elle, et je me retrouvais avec lui. Cela ne me déplaisait nullement, j'avais toujours apprécié sa compagnie mais voilà, ce soir, ce n'était peut être pas le bon moment après ce qu'elle m'avait dit. Enfin, bon, elle avait fait ce choix, cela ne me posait pas de soucis, mais j'aurais appréciée qu'elle me, qu'elle nous dise qu'il y aurait une 3ème personne, car Camille aussi ne semblait pas au courant. Cela avait été plutôt une bonne surprise pour moi, mais pour lui, pas vraiment. J'essayais de faire en sorte que la soirée soit la plus détendue possible, mais ce ne serait sans doute pas possible. Il évita donc de me répondre sur le fait qu'il était en couple avec Rebecca, mais il me dit qu'elle ne savait pas pour sa nature surnaturelle. Il ne savait donc pas pour elle non plus, c'était presque une évidence. Je ne ferrais pas la boulette de lui dire que Becky est une fille du Diable, ça non, mais je ne le trahirais pas non plus en avouant à mon amie que son petit ami n'était pas humain.

    " Bien sur, je ne lui dirais rien, ce serait tellement bête de gâcher votre relation à cause de secrets non révélés. "

    Puis, il allait s'excuser, enfin, il ne finit pas le mot avant de constater la perte de Becky. Il y avait tellement de monde qu'elle devait être simplement en train de faire la queue au stand de hot dog pour manger un petit peu. Je reconnaissais bien le Camille que j'avais croisé récemment, celui qui est un peu trop paranoïaque sur les bords, mais pour une fois, il avait raison et ça ne me plaisait pas.

    " Elle doit être en train d'attendre son tour pour prendre son hot dog, ne t'en fait pas. Elle va bientôt revenir. "

    Je disais cela pour le rassurer, sans savoir la situation qui se tramait non loin de là. Pourtant, il n'était pas rassuré, comme si son instinct lui disait que sa petite amie était en danger. Sans un mot de plus, il bougea, je le suivais, je ne voulais pas le perdre de vue et louper quelques choses d'intéressant. Becky semblait être en prise avec un homme plutôt collant. Décidément, son joli minois lui attirait des ennuis. J'étais à quelques mètres de la scène, je pouvais voir tout ce qu'il se passait, et pour le moment, j'étais dans une position d'attente. Est ce que Camille allait réussir à régler la situation ? Je ne le savais pas, mais pour le moment, il avait réussi à ne pas sortir les points. Si j'avais eu plus de matériel sur moi, j'aurais pu agir de là où j'étais, mais je n'avais que mon pistolet et des seringues hypodermiques. L'homme fut surpris de voir que Camille était le petit copain de Becky. Qu'est ce que cela sous entendait ? Que l'homme connaissait Camille ? Certainement et les propos qu'ils tinrent par la suite me le confirmèrent largement. L'homme parla de moineaux pour désigner Camille. Il lui répondit comme quoi l'homme était tenu en laisse. Dans mon cerveau, tout cela faisait tilte ! L'homme qui avait agressé Rebecca était un loup, mais Camille n'en était pas un, du moins, pas vraiment. Un moineau ? Se pourrait-il que Camille puisse se transformer en moineau et pas seulement en loup ? Il serait donc un lycanthrope plus évolué ou différent des simples loups de la meute de Wolfheaven. Se pourrait-il qu'il appartienne à une autre espèce ? Ou bien étais-ce une sous espèce ? Comme les différentes races de singes ou de chiens, Camille et l'homme mystérieux étaient semblables, surnaturels, mais peut être pas de la même race. J'étais persuadée que le loup donnerait le premier coup sur la belle face d'ange de Camille, mais non, il n'y eut aucun coup physique. Tout se passait verbalement. Mon ami prononça ensuite une phrase que je n'entendis pas vraiment. Je n'étais pas loin, mais il avait parlé dans sa barbe ou quelques choses comme ça, mais son regard voulait tout dire, ou presque, non ? Il était en tout cas très expressif, comme pour lui dire de foutre le camp sur le champs, qu'il n'avait plus rien à faire ici. Peut être qu'il avait dit quelques choses de plus spécifique, mais je n'avais pas entendu, je n'avais pas regardé ces lèvres pour essayé d'y lire dessus, ne m'attendant pas à ce qu'il parle tout bas. C'était en tout cas étonnant, j'aurais cru au contraire qu'il allait haussé le ton, mais cette phrase avait sans doute une signification trop importante pour ceux qui pourrait la comprendre, Rebecca et moi en premier. Pourtant avec ce qu'avait dit le loup juste avant et avec les dires de Thomas, et les suspicions que j'avais sur sa nature surnaturelle qui n'était pas la forme lupine, je me doutais que Camille soit quelques choses d'autres ? Quelqu'un d'autres ? Ah, je n'avais aucune certitude, simplement de très grandes convictions, mais aucune preuve. En tout cas, le changelin avait usé d'une autorité que je ne lui connaissais pas, et que je n'aurais jamais soupçonnée. Il avait fait partir ce loup sans utiliser la force, alors que la pleine lune est sur le point d'arriver d'ici quelques nuits me semble-t-il. Comment je le savais ? Je me tenais au courant du calendrier lunaire, cela pouvait toujours servir. Le loup était donc partie et Camille se précipita vers Rebecca. Elle allait bien selon ces propres propos mais je n'en avais pas l'intime conviction. Elle avait suivi la scène comme moi ! Qu'en avait-elle appris ? Avait-elle compris que Camille n'était pas qu'un simple humain ? C'était possible, elle était loin d'être une idiote et les propos des deux étaient équivoque. Mais là n'était pas tellement ma préoccupation. Je restais fixer sur le loup. Si mes oreilles étaient tournées vers les deux tourtereaux mon regard suivait le loup et apparemment, il ne s'était pas rendu très loin. J'entendais Rebecca répondre à Camille, on aurait dit que je n'existais plus. L'amour est un si beau sentiment parfois.

    " J'espère que ça va Becky ! Parce que notre copain le loup revient avec ces amis. Mais laissez moi m'en charger. "

    Je ne sais pas s'ils m'avaient entendus, mais mon regard s'était porté sur le trio qui arrivait dans notre direction. Il n'aurait pas pu revenir seul l'enflure, il fallait qu'il ramène ces potes. J'aurais très bien pu sortir mon badge de la brigade ainsi que mon arme pour leur faire peur, mais l'effet de surprise ne serait pas assez bon. Et puis, vu ce qu'il avait fait avec Camille, je doutais de mon autorité auprès de leur personne. J'allais donc directement vers eux avant qu'ils ne reviennent vers Camille. Sans doute que le loup ne m'avait pas vu auparavant. J'avais un plan en tête, mais je ne savais pas s'il fonctionnerait. Si le loup était revenue seul, cela aurait sans doute fonctionné à merveille mais là, je ne savais plus. Je décidais donc de les aborder alors qu'ils étaient encore à 10 bons mètres du duo.

    " Hola beaux gosses ! Qu'est ce qui vous amène ici ? Ne me dites pas que vous êtes venus pour la musique ? Non, parce que moi, c'est juste un prétexte pour faire de belles rencontres. "

    J'étais blonde et plutôt bien dotée physiquement, j'allais donc joué la blonde écervelée, qui avait envie de se faire un plan cul facile. Oui, je le dis de façon plus crue, mais c'était ce que je voulais faire comprendre à ces loups.

    " Vous êtes si mignons, vous n'auriez pas quelques minutes à m'accorder ? Nous pouvons allez juste derrière le stand de hot dog, j'aimerais tellement goûter au votre ! "

    Est ce qu'ils allaient mordre à l'hameçon ? Je n'en avais pas la moindre idée. J'étais devant eu, faisant semblant de trébucher sur mon propre pied, comme si j'étais un peu bourrée. Le loup qui avait agressé Becky me pinça alors les fesses. Devais-je comprendre que c'était un oui, franc et retentissant ? Ils m'embarquèrent alors avec eux, me décollant du sol, comme si j'étais un trophée.

    " Waouw, je vole, c'est tellement cool. J'espère que je vais arriver au 7ème ciel ! "

    Oui, j'étais assez explicite pour un plan à quatre, ou chacun son tour, mais les loups semblaient avoir trouver ce qu'ils recherchaient ce soir, oubliant un instant au moins Camille et Rebecca. Je savais qu'elle serait en sécurité avec lui, il m'avait prouvé quelques secondes auparavant qu'il avait l'âme de quelqu'un de fort mentalement. Nous passions donc à l'écart de la foule derrière le stand de hot dog. Personne ne nous voyez. Je décidais donc d'enlevez mon pull et de me jeter au cou du plus entreprenant. Il n'avait rien vu venir. Je lui plantais une petite seringue hypodermique dans le coup. Une fois qu'il avait fini de m'embrasser, je me dirigeais vers le second pour renouveler l'opération, puis vers le troisième. En quelques secondes, ils s'écroulèrent au sol, sans rien avoir compris de ce qui était en train de leur arriver. Leur corps était caché par le stand, et puis, je ne leur avais pas administrer une dose très forte. Mais ils ferraient dodo pour plusieurs minutes. Je prenais dans mon sac, les autres seringues afin de leur donner une dose de cheval. Vu qu'ils étaient lycanthropes cela ne leur ferrait pas effet très longtemps mais suffisamment pour que nous puissions être loin d'ici. J'en profitais pour fouiller leurs poches et noter leurs identités. Je les surveillerais de près à présent. Remettant mon haut sur mon dos, je retournais donc là où se trouvait sans doute encore Camille et Rebecca.


Dernière édition par Makayla E. Brown le Ven 5 Juil - 11:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Ven 5 Juil - 0:39




Let's delay our misery

Rebecca tremblait et j’essayais de contenir ma rage revenue – ce qui était moins facile qu’on aurait pu le penser. Je me demandais ce qui m’empêchait de faire demi-tour pour attraper ce connard et le démolir. Ok, il fallait être honnête, ce mec était deux fois plus baraqué que moi mais j’étais futé et la guerre m’avait assez endurci pour que je puisse m’en sortir. Ma jolie brune fondit sur moi et me rappela précisément pourquoi je ne pouvais pas écouter les contes que me murmuraient l’animal et la lune qui se faisaient doucement ronde. Je refermais machinalement mes bras autour d’elle et caressais ses cheveux afin de la consoler. Son cœur battait de façon désordonnée contre moi et je luttais pour apaiser le mien. Alan avait tellement raison parfois sur les lycans, violents, virulents, fortes têtes… – non je ne pouvais pas généraliser. Jeremy était relativement sympathique, Sarah n’avait rien d’une louve belliqueuse et puis Johan, c’était un type charmant. Non, je ne devais pas commencer à schématiser leur espèce, ça ne serait pas juste. Les comparer à ce crétin fini ne m’aiderait pas en plus et je devais réussir à faire la part des choses. Je respirais plusieurs fois l’arôme que dégageait mon amie pour me décrisper. De nous deux, j’ignorais qui en avait le plus besoin de cette étreinte. Je lui pinçais affectueusement le nez quand elle parla de porter la poisse en essayant d’alléger la pesanteur que je ne pouvais plus supporter. « Pourquoi tu t’excuses maintenant ! Allez, ne dis pas de bêtises. C’est bientôt la pleine lune et il était saoul, ce sont des faits isolés. Si y a quelque chose qui porte la poisse, c’est bien ce pays. » Et tout ce surnaturel. Mélangez toutes les races dans un même endroit et attendez  qu’elles s’entretuent. Bienvenue en Ecosse. Ahahah. La voix de Makayla émergea. Ah ouais, merde, je l’avais déjà oublié. Comme j’avais un peu omis, le fait que nous soyons en public. Et dire que je venais d’imposer ma propriété sur Becky. Bordel, je venais de l’exposer à dix milles autres problèmes en faisant ça. A quoi je pensais ? La meute allait être au courant. Ça, ça craignait. Je devais faire profil bas avec elle – c’était le minimum à observer surtout depuis l’incident de la morsure. Hé non, moi je fais quoi ? Je me promène avec elle comme ça, je me chamaille avec un imbécile de cabot et puis je l’enlace devant tout le monde. Normal.

Ces songes me firent redevenir livide et cela fut d’autant plus vrai quand je compris qu’il revenait avec deux de ses potes. Je les fusillais du regard. « Si quelqu’un doit avoir des ennuis, ce sont eux, crois-moi. » Putain mais ils réalisaient qu’ils allaient être dans la merde si il me mettait à dos ? C’était bien la preuve qu’une bonne partie d’entre eux ne nous prendraient jamais au sérieux malgré que nous ayons contribué à leur guerre et ayons combattu à leurs côtés. Beaucoup de miens étaient morts sous mes yeux pour leur sauver les miches et… Je déglutis douloureusement et réalisais que la blondinette était en train de se jeter sur eux. « Mais elle joue à quoi Mak ? Elle va se faire démolir. »  C’était quoi son plan ? Elle allait leur planter des flèches dans le corps à eux aussi ? Je ricanais intérieurement. Honnêtement ? J’aurais aimé qu’elle le fasse à cet instant précis. Je les méprisais comme jamais et je ne comprenais même pas d’où me venait toute cette haine. Je confondais tout. Je me décollais de Rebecca pour mieux suivre la progression de Mak’ mais avec la foule, je l’avais déjà perdu de vue. Merde. Je revins fixer mon attention sur mon amante. « Elle a souvent des pulsions suicidaires ou meurtrières ces derniers temps ou c’est moi ? » On devait intervenir. Enfin, JE devais intervenir. Mais je ne voulais pas refaire l’erreur de laisser mon ancienne voisine seule. J’étais partagé entre les deux et finalement, je pris la main de mon interlocutrice, nouais bien mes doigts aux siens et me mis en marche. Bon sang, c’était quoi cette soirée ? Qu’est-ce qu’il se passait en ce moment pour que tout se déglingue comme ça. Alan suicidaire, Becky qui se fait deux fois agressée – dont au moins une de ma faute et ça sans compter toutes celles que j’allais manquer de provoquer en m’affichant avec elle, Maka qui se prend pour une héroïne sanguinaire invincible, Mary et son chantage à la noix, la menace de mort de Krystel. Oui, tout se mélangeait dans ma tête à cause de ma hargne. J’avais trop d’adrénaline dans le sang depuis que j’avais fait fuir l’un des toutous de la Lupa et gérer autant de pression n’était pas évident. Au final, nous zigzaguions tous les deux parmi les gens pour réussir enfin à apercevoir notre amie venir à nous.

Je gardais bien la paume de Rebecca dans la mienne, je ne voulais pas la quitter d’une semelle désormais. Quand Makayla arrivait à notre hauteur, je déclarais d’un ton un peu trop irrité « Je peux savoir ce que tu as fait des loups ? »  S’il y avait des complications, ça risquait de me retomber dessus. J’allais devoir me justifier auprès de leur chef et je voyais déjà l’histoire s’étendre, revenir en boucle, en boucle, en boucle. J’avais toute l’alliance sur les épaules et l’image que nous renvoyions. Je fermais les paupières et me pinçais l’arête du nez en proie à l’instabilité la plus totale. Mes nerfs étaient tellement éprouvés, j’avais cumulé une fatigue mentale terrifiante qui avec l’approche de la pleine lune n’allait pas en s’améliorant. « Y a eu des blessés ? »  Que je sache au moins à quoi m’en tenir. Il y eut du remue-ménage derrière nous, une agitation de masse. Le concert allait débuter, je regardais à tour de rôle les deux jeunes femmes. « On fait quoi maintenant du coup ? »  Je me trouvais un peu rude, Rebecca n’avait pas mérité ça. Cette scène, moi, mes réactions, se faire encore agresser. S’il y avait quelqu’un à plaindre et une victime de tout ça, c’était elle. Et moi je m’apitoyais comme un pauvre idiot sur mon sort. Je resserrais ma prise autour de sa main, respirais un grand coup en essayant de me reprendre et lui coulais un regard un peu inquiet en ajoutant « Excuse-moi. »  Nous ne savions pas où nous en étions et cette sortie ne nous aidait pas vraiment à y voir plus clair. A moins que je devais interpréter cette succession de catastrophe comme un signe. J’avais vraiment, vraiment, vraiment besoin de fumer mais je contenais cette envie compulsive. Ça n’allait rien résoudre dans l’absolu.
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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Ven 5 Juil - 16:51




Let's delay our misery



Les bras de Camille autour de moi me firent du bien, comme toujours. Je ne pouvais pourtant pas m'empêcher de culpabiliser de tout ce qui arrivait, encore plus maintenant que j'entrevoyais son appartenance au monde surnaturel. Il devait avoir suffisamment de soucis sans que j'en rajoute une couche et pourtant, je devais être moi-même l'un de ses pires problèmes.  Le contact de sa peau me sortit de mon auto-apitoiement et lui souris légèrement alors qu'il maugréait plutôt contre l'Ecosse. Il n'avait pas totalement tort. C'était ici que les démons étaient revenus, ici que le roi et la reine des Vampires avaient élus domicile et donc ici que la majorité des conflits avait eu lieu. Mais bien sûr, la communauté surnat existait partout dans le monde et les années sanglantes n'avaient épargné personne. Sans m'être trop penché sur le sujet, je savais que la Belgique et la France avaient connu le même genre de déboires que nous et les évènements qui secouaient l'actualité locale finissaient toujours par trouver un écho à l'étranger. Les émeutes, les batailles, les campagnes violentes de recrutement des loups-garous... aucun pays n'avait réellement été épargné. Je frissonnai en repensant à cette époque noire où quelque chose d'aussi banal que sortir dans la rue était devenu particulièrement dangereux.

J'aurai voulu profiter davantage de la proximité de mon loup -je pouvais penser ça maintenant, non ? - mais déjà l'autre balèze revenait, et pas tout seul.

Je me sentis pâlir et essayait de convaincre Camille de partir mais Makyala était décidée à s'occuper d'eux. Je la regardai les interpeller et se glisser contre eux avec les yeux ronds. Bon sang, mais que faisait-elle ? Elle allait se faire tuer ! Camille semblait être d'accord avec moi et je sentais sons agacement dans ses intonations. Il se décolla de moi pour suivre Mak du regard tandis qu'elle entraînait les loups plus loin. Je tressaillis en me rendant compte qu'ils l'avaient soulevée et l'emportaient loin des regards indiscrets. Makayla était ma plus vieille amie, elle était membre de la PES, elle savait ce qu'elle faisait, forcément, mais je ne pouvais m'empêcher de me demander si elle avait toute sa tête. S'était-elle droguée avant de venir ? Bon sang, c'était trois loups en rut à deux jours de la pleine lune ! Elle était totalement inconsciente, non ?

Bon je n'étais pas une spécialiste des loups et encore moins un agent entraîné de la brigade de Mc Borough, mais tout de même... je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter. Je croisai à nouveau le regard de Camille qui me demandait si Makayla avait souvent des pulsions suicidaires ou meurtrières. Je n'en avais aucune idée et encore une fois, je fus frappée par l'évidence : Je ne connaissais plus Mak non plus. Elle avait beaucoup changé depuis l'époque où elle était photographe, m'avait aidé et trouvé du travail. Mais alors que nous ne nous voyions que de temps à autre sans rentrer dans les détails de nos vies respectives, je ne m'étais pas inquiété de ce changement. Pas avant aujourd'hui.  Sachant qu'il n'attendait pas vraiment de réponses, je haussai les épaules, incertaine.

Je sentais qu'il hésitait à intervenir, qu'il s'inquiétait, que cela le démangeait de faire quelque chose, n'importe quoi.

Je me laissai faire quand il m'attrapa par la main et m'emmena avec lui à la suite de Maka, nous faisant fendre la foule de plus en plus dense. Je m'inquiétai déjà de ce que nous allions trouver, mais Makyala revint à notre rencontre, seule et entière. Ouf. Mon angoisse baissa d'un cran. Camille serrait toujours ma main dans la sienne, comme s'il avait peur de me perdre et je m'accrochai à la sienne comme si ça allait effectivement arriver si je le lâchai. J'étais chamboulée. Encore. Cela devenait une vilaine habitude.

Camille ne tarda pas à demander des explications à la guerrière, d'une voix où perçait nettement son irritation. Tout dans son attitude me faisait craindre qu'il risque effectivement des représailles auprès des siens. Je n'avais jamais voulu une chose pareille. Je n'avais rien demandé à personne, je voulais juste passer une bonne soirée avec mon amie et l'homme dont j'étais secrètement amoureuse et m'acheter un hot-dog !

En plus, je marchais sur des œufs, ignorant ce qu'ils savaient réellement l'un de l'autre, je ne voulais faire aucune gaffe. Bon sang cette soirée était la pire idée que j'avais eu depuis longtemps !

Camille a écrit:
« On fait quoi maintenant du coup ? »  

Je me mordis la lèvre, embarrassée. Je m'en voulais de plus en plus de la tournure des évènements mais je m'efforçai de reprendre le fil de la discussion :

- On devrait peut-être prévenir quelqu'un, non ? Ils risquent d'être encore plus énervés lorsqu'ils se réveilleront...

Ce n'était pas raisonnable de les laisser là et de ne plus s'en occuper. Je ne voulais pas entendre aux infos le lendemain qu'un trio de lycan avait fait régner la terreur au festival.

Je jetai un regard à Mak puis à Camille, dont les doigts étaient toujours enlacés aux miens. Je ne me sentais pas capable de prendre un quelconque décision par moi-même. C'était Mak l'agente de la PES, Camille le loup, je n'étais qu'une petite Semi-démone pitoyable et sans défense.  J'étais fatiguée, encore un peu effrayée malgré tout et je voulais m'en aller. Le vrai concert avait débuté mais j'étais incapable d'y concentrer mon attention.  

La main de Camille me serra un peu plus fort et il me jeta un regard inquiet en s'excusant. Je lui souris tristement et appuyai doucement mon front sur son bras avant de relever la tête pour plonger mon regard dans le sien:

- Sois pas bête... c'est ma faute... rappelle-moi de ne plus jamais essayer d'organiser quoi que ce soit !

J'avais essayé de donner un ton humoristique à ma phrase, mais je n'étais pas certaine d'y être parvenue. Je plongeai mes yeux dans ses deux océans à la recherche d'un peu de réconfort et de stabilité. Je n'avais qu'une envie à présent c'était d'être seule avec lui, tous les deux blottis sur le canapé.

- Tu ne vas pas avoir d'ennui ? M'inquiétai-je en français. Il ne sait pas où tu habites, n'est-ce pas ?


Je me sentais tellement paumée, tellement responsable et pourtant j'essayais de ne pas lui communiquer mes peurs. Bon sang, j'avais vraiment tout gâché... cette sortie était un véritable désastre... après la crise que nous avions vécu la nuit de ma morsure, j'avais désespérément voulu alléger l'ambiance entre nous, voulu nous rapprocher, nous protéger, nous réparer et je n'avais fait qu'empirer les choses. Je craignais que Camille me menace à nouveau d'une séparation. Je le redoutais tellement que j'en avais mal au ventre. Et pourtant, après ce qu'il venait de se passer, je ne pouvais m'empêcher de me demander si ce n'était pas moi qui avait tort de m'accrocher et lui qui avait eu raison. Son secret, le mien, mon talent certain pour attirer les ennuis.. tout ça ne pouvait pas bien finir... mais je n'avais pas le courage de pousser plus loin cette terrible réflexion. Je ne voulais pas penser à ça... je voulais essayer de limiter la casse et peut-être sauver ce qu'il était possible de sauver pour le reste de cette soirée.

- On devrait rentrer...

Ou en tout cas, je devais le ramener. Je n'étais pas certaine qu'il ait vraiment envie de finir la soirée avec moi après ce fiasco et comment lui en vouloir ?  Je me tournai vers Makayla avec un air d'excuse:

- Tu ne m'en voudras pas si je t'abandonne maintenant ? On se fera une soirée entre fille très bientôt, je te le promets !

Je ne savais pas s'il était très raisonnable de faire des promesses. N'avais-je pas promis à Camille qu'il ne me détruirait pas ? Etais-je vraiment capable de tenir cet engagement ? Si je devais me résigner à le quitter cela allait forcément me détruire...

Ma main libre se posa sur le bras de mon barman préféré et je demandai, toujours en français, car cet échange juste entre nous me rassurait :

- On y va ?


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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Ven 5 Juil - 19:37

    J'avais réussi à avoir ces loups en beauté. Devant une femelle qui semble être en chaleur ils ont été bien faibles. Pourtant si je nous avais débarrassé temporairement du problème, je sentais que nous n'en avions pas fini. Camille allait vouloir en savoir plus, il penserait peut être que je les avais tués, mais je n'allais pas m'amuser à agir de la sorte, ça non. Ils n'avaient fait qu'embêter une amie, je n'avais pas besoin d'en faire une vendetta personnelle. Je ne savais pas vraiment ce que mes deux amis avaient pu voir de mon stratagème élaboré sur le tas, mais cela pouvait ressembler à un suicide de me lancer, seule dans la gueule du loup, enfin en l’occurrence des trois loups. Mais je n'avais pas eu peur une seule seconde pour ma vie. Je n'avais de trace de morsure ou de griffure, donc pas de soucis pour moi, je n'allais pas me faire transformée comme ça, en un instant. Une fois les loups endormis, je revenais sur la scène, dans le peuple qu'il y avait pour ce concert qui finalement ne nous intéressait pas le moins du monde. En même temps, vu ce qu'il s'était passé, la musique qui était jouée ce soir était à peu près le dernier de mes soucis. Je les vis alors, et immédiatement, je me joignais à nouveau à eux. L'inquisiteur Camille Fontayn posa alors immédiatement ces questions, comme je m'y attendais.

    " T'en fais pas, ils sont justes endormis derrière le stand de hot dog. Je ne sais pas dans combien de temps ils vont se réveiller, mais ils ne sont pas blessés. Si tu veux, je te les fais voir pour que tu vérifie. Je pense pas que nous ayons à faire à une affaire d'état. Ils étaient à moitié saoule, la pleine lune est proche, ils sont excités. Cela est tombé sur Rebecca, c'est comme ça. Je me suis proposée à eux, et ils ont acceptés immédiatement, ça aurait pu tomber sur n'importe qu'elle belle femme ici présente, je te le promets. "

    En disant cela, je me voulais rassurant pour Camille surtout, que nous avions été là, au mauvais endroit au mauvais moment voilà tout. Les loups l'avaient évidemment repérés. Je ne sais pas trop le rapport qu'il avait avec eux, mais de toute évidence, cela ne lui plaisait pas même s'il ne les connaissait pas spécialement. Camille n'était pas vraiment un loup, c'était une certitude vu comment il réagissait. Qu'est ce qu'il était alors ? Aucune idée, je ferrais des recherches de mon côté, mais je ne voulais pas que cela fragilise ce "couple", si l'on pouvait les considérer comme un couple. Ils n'étaient que voisins, mais il y avait plus qu'une bonne entente entre eux, c'était sans doute charnel, après, est ce que cela allait plus loin ? Je le pensais, mais comme tout le temps ou presque, je n'avais pas de certitudes. Camille demanda alors ce que nous allions faire ? Ce ne serait que moi, je resterais à l'autre bout du concert et j'en profiterais un peu, mais je doutais que cette réponse soit retenue. Les loups ne resteraient pas indéfiniment endormis. Becky voulait que l'on prévienne quelqu'un mais en réalité c'était déjà fait, des collègues de la PES agiraient discrètement pour ramasser les loups dans quelques instants. Camille regarda alors sa petite amie et s'excusa. Elle lui répondit qu'il ne devait pas être bête. Puis elle lui parla en français. Visiblement, elle avait compris des choses sur lui, et elle ne voulait pas que je m'en rende compte, du moins je le supposais. C'est vrai que tout les deux parlent cette langue, c'était "marrant" de m'en rendre compte à présent.

    " Je ne sais pas, mais je ne pense pas que ce soit Camille ou toi Rebecca qui attire les ennuis. Nous nous sommes simplement trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Si tu n'avais pas été cherché un hot dog, le loup ne t'aurait jamais trouvé. Il faut essayé de relativiser un peu. "

    Je me revoyais 7 ans en arrière, pleine d'espoir et d'optimisme. Non, mais c'est vrai, pourquoi se dire que c'est nous qui attirons les ennuis ? Quelques choses me disait qu'il y avait eu un antécédent entre les deux, mais bon, je n'en savais rien. Je ne faisais que supposer, encore une fois. Elle dit donc qu'ils devaient rentrés, mais cela impliquait qu'ils allaient partir de leur côté, et moi du mien, malheureusement. Cette soirée ne semblait nullement se diriger vers ce que j'avais idéalisé mais bon, c'était comme ça. S'ils voulaient partir, je ne les retiendrais pas, ils avaient des choses à se dire à présent, des choses entre eux, et sur moi de toute évidence. Je ne sais pas ce qu'ils avaient pensés de mon intervention, mais sans doute n'avaient-ils pas forcément appréciés, je ne sais pas trop. Rebecca me confirma alors qu'ils allaient partir tout les deux, me laissant donc en plan. Elle me promettait que nous nous ferrions une soirée entre fille prochainement, mais vu ce qu'il se passait, je préférais ne pas parier là dessus. La semi-démone en couple avec le changelin, le changelin essayerait de la protéger comme il pouvait, il n'était pas au courant que Becky allait infiltrer les rangs des semi-démons, sinon, il dirait non tout de suite, ou alors pire, il ne voudrait plus de mon amie.

    " Ne t'en fait pas, je comprends, je pense qu'il est plus sage d'agir de la sorte. Je vais essayé de profiter un peu pour ma part, je n'ai pas envie qu'il se produise d'autres incidents. "

    Du coup, si Camille avait envie de rester, ils resteraient mais je doutais que cela soit le cas. Ils allaient partir tout les deux et cela en serait fini de cette soirée qui avait été finalement encore plus raté que prévue. Becky avait en tout cas très envie de se retrouver en tête à tête avec son petit ami. Tant pis, je finirais la soirée seule, comme souvent.
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MessageSujet: Re: Let's delay our misery [Livre II - Terminé]   Ven 5 Juil - 21:06




Let's delay our misery

Ils sont « juste » endormis, comment avait-elle fait ça ? Non, je ne voulais même pas le savoir. Je n’avais pas besoin de savoir. Je commençais sérieusement à avoir des doutes concernant son job des dernières années. Pour être devenue aussi téméraire, aussi efficace, elle devait sûrement faire partie de la brigade. Je fronçais les sourcils à cette pensée qui ne me rassurait vraiment pas. Si je voulais les voir ? Eh bien, non. J’en avais un peu ma claque des loups pour aujourd’hui et je n’avais pas à gérer les emmerdes de la meute en plus de la communauté des métas. Moi, je n’étais pas comme la Lupa, je savais rester en dehors des affaires des autres. Oui, je n’aurais sûrement pas raisonné comme ça, si je n’avais pas atteint un tel degré d’agacement. Je ne voulais pas qu’il y ait de blessés, d’ennuis ou autres. Mais ils avaient voulu me causer préjudice. Là dans l’immédiat, ce ne serait pas mon délire de tendre l’autre joue. J’allais faire confiance à Makayla ? Oui parce que de toute manière, elle n’aurait pas pu éliminer un trio de lycan en rut seule et en plein milieu d’une manifestation public sans que ça passe inaperçu. Elle avait dû projeter un gaz soporifique ou un truc du style. Bref. Je savais que j’aurais dû m’assurer de leur survie parce qu’il s’agissait de « cousins » et plus important, « d’alliés ». Sauf qu’ils venaient de me déclarer ouvertement la guerre. C’était égoïste de ma part d’agir comme … un homme – un humain même et non un leader. J’en avais conscience. Je pourrais vivre avec cette culpabilité. Et de toute façon, je ne comptais pas lâcher Rebecca. « D’accord. Ok. Si tu le dis. Fais juste gaffe. C’est déjà bien surprenant qu’ils ne t’aient pas amoché. » Quand j’étais en colère, les mots coulaient tout seul et je me détestais comme jamais d’être aussi transparent. J’aurais bien voulu continuer ma tirade mais elle ne servait à rien. Je ne m’adressais pas à la blondinette qui me photographiait à mon insu à une certaine époque. Sa témérité la ferait tuer, elle était bien trop sûre d’elle. Et ça, ça exactement ne me plaisait pas. Ca n’était pas le moment de gonfler son égo et de se croire capable de tout. Ça, c’était de l’arrogance pure et dure – concept que j’avais du mal d’encaisser. Décidemment, mon esprit ne me mènerait que sur la mauvaise route ce soir. Je me reconnaissais à peine.

La voix de Becky canalisa ma concentration bancale et m’apaisa sommairement. Prévenir quelqu’un ? Du genre ma patronne ? Alors que j’étais déjà au bord de la crise de nerfs ? Ahahah. Hors de question dans l’immédiat. De toute manière, les jeunes loups étaient censés être suivis par des membres de la meute plus âgée et expérimenté. Ce n’était pas mon problème. Non, ce n’était pas mon problème. Pourquoi est-ce que je tentais encore de me convaincre là ? Oh et puis flûte. Est-ce qu’elle m’aurait contacté si trois des miens s’étaient retrouvés drogués dans un coin ? Bien sûr que non, elle aurait gérer la situation pour après me mettre sous le nez que j’étais un incompétent, incapable de … Je m’égarais. Je me taisais le temps de retrouver un peu de mon bon sens. La tête de mon amie s’appuya sur mon bras, j’appréciais ses marques d’affection qui me permettait de garder le nord. Je percevais moi-même ma propre ironie, oui. Elle s’en voulait ce qui faisait enfler ma propre culpabilité à son égard. Qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez moi ? Non, les conclusions, plus tard. J’étais incapable de les digérer là. Je voulus sourire à mon amante pour la rassurer sur ses inquiétudes puis j’abandonnais l’idée. J’articulais dans notre langue maternelle « T’en fais pas pour ça. » Toute façon, il n’oserait pas. Et quand bien même… Ce n’est pas une forte tête pareille qui allait m’effrayer. Mais là n’était pas la question.

Makayla tentait de nous faire relativiser ce qui eut le don de m’irriter encore plus. J’avais tendance à tout dramatiser, ok mais elle, c’était tout l’opposé. Elle ne comprenait pas les enjeux – d’office, elle me croyait membre lambda de la meute. J’essayais vraiment de me faire violence mais … ça devenait de plus en plus difficile. Le corbeau me bousculait intérieurement et j’avais du mal de le calmer. Aussi quand ma jolie brune me proposait une échappatoire, je la saisis sans hésiter. « Je pense aussi que ça serait plus judicieux d’en rester là. » J’attendis qu’elle fasse ses aurevoirs à sa colloc avant de me retourner vers notre comparse une dernière fois. Je lui dis simplement « Sois prudente. » et pris le chemin qui nous ramenait à la case départ déjà animé par un océan de regrets. La soirée de Rebecca avait été gâchée. Si quelqu’un portait la poisse, c’était moi. J’attirais toutes les catastrophes surnaturelles à la ronde. Je me fis silencieux, relativement distant. J’en avais encore bien trop fait et trop dit aujourd’hui. Cette situation était sans queue ni tête, sans fin et sans issue. Je me sentais coincé. Et pour un oiseau, il n’y a rien de pire que d’envisager sa cage.
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