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You take what is yours and I'll take mine [Livre II - Terminé]
MessageSujet: You take what is yours and I'll take mine [Livre II - Terminé]   Lun 17 Juin - 20:13




You take what is yours and I'll take mine

L’ironie voulait que mes rapports avec les banques soient généralement excellents. Il suffisait de sortir sa carte de visite, de se présenter comme héritier des Fontayn et on me mangeait presque dans la main. Pour un voleur comme moi, j’avais toujours trouvé ça terriblement amusant. Pour autant, ce n’était pas un lieu que j’appréciais. L’argent de façon générale  et le profit de façon particulière me répugnaient. Ces hypocrites qui s’enrichissent sur le dos des autres, qui s’assurent d’élever les riches, d’écraser les pauvres. Ce type d’endroit illustre bien la décadence de la société. Un service partant d’une « bonne intention » qui au final exploite tout ce qu’il y a à exploiter. Egérie du capitalisme en puissance, représentante de la suprématie monétaire au dénigrement de l’être humain. Je ne m’égarais pas, non, je tentais de me distraire. Bien que je haïssais donc mettre mon pied dans des lieux avec une symbolique qui me froissais, j’étais parfois bien obligé d’y passer et ça pour des raisons diverses et variées. J’avais ouvert un compte en Ecosse à  mon arrivée pour faciliter les choses, je l’avais conservé bien entendu. Mes parents avaient juste gelé mes comptes en France et avaient cessé de réapprovisionner celui-là. Enfin jusqu’à ce que ma mère me renvoie silencieusement un peu d’argent. Peu d’argent qui devenait un montant de plus en plus conséquent depuis la fin de la guerre. Je ne sais pas si elle tentait de m’acheter  – ce que je jugeais horriblement triste, ou si elle m’envoyait un message que je ne parvenais à trop déchiffrer. Mon père était buté, ça ne m’étonnait pas qu’il ait fait plusieurs années sans chercher à me recontacter. Ma génitrice m’avait écrit quelques lettres il y avait un certain temps me suppliant de lui revenir. Et finalement… il y avait eu cette rentrée d’argent. J’avais cherché à la contacter mais personne ne m’avait répondu. Depuis que je bossais, je donnais ce fric de façon spontanée à des associations dans le besoin, des causes qui valaient la peine. J’essayais de contribuer encore à rééquilibrer les richesses mais ça ne suffisait pas. Mes magots étaient bien plus juteux que cette rente  que je n’avais pas désirée. Seulement, je n’avais pas d’autres alternatives. C’était combattre pour les miens ou combattre contre la misère. Je n’avais pas assez de temps pour me battre sur tous les fronts malheureusement.

Pour en revenir à cette fichue banque, cela faisait plus d’un mois qu’ils me harcelaient pour que je prenne un rendez-vous. A tous les coups, ils veulent me souscrire une assurance pour je-ne-sais-quoi. Ca coïncidait avec la somme plus importante qui tombait dessus – comme par hasard. Autant profiter de lui on l’a sous la main. Et voilà donc pourquoi, j’étais actuellement près de l’accueil bondé. Mon impatience atteignait son apogée alors que s’alignait devant moi des sièges tous occupés par d’autres clients. J’essayais de me faire discret, dans un coin et résister à l’envie de remuer, de faire du surplace. Je me mis à fixer à l’heure de mon portable, encore et encore. Puis je relisais des messages sans importances pour tuer le temps, je nettoyais les données de mon portable, virant les sms inutiles, les photos inintéressantes. Je tombais sans le vouloir sur celle que Rebecca avait prise d’elle-même à son retour. Je sursautais presque, la zappais le plus vite possible bien que personne ne puisse la voir au vu de ma position. Je ne pus m’empêcher de rire silencieusement. Il faudrait que je songe à l’enregistrer sur un disque dur ou au moins la verrouiller. C’est ce que je fis d’ailleurs là. Je n’avais pas trop envie que n’importe qui tombe sur un cliché de Becky nue par inadvertance. Non pas que je prêtais mon téléphone au premier venu mais bon, il m’arrivait parfois de le déposer et de ne pas le surveiller. Bref, il y avait moyen de mettre une sécurité et je ne voyais pas pourquoi je ne devrais pas l’utiliser. Contrairement à beaucoup de choses en ce Monde, celle-ci était gratuite. Là-dessus, je me demandais si je n’enverrais pas un texto à mon amie – et amante, juste comme ça. Je m’abstins une fois distrait par le mouvement général. Une personne venait de partir, youpie. J’étais toujours horriblement proche de l’entrée. Ca me démoralisait de perdre autant de temps ici comme ça. J’allais leur faire comprendre que la prochaine fois qu’ils me harcelaient encore comme ça, je changerais de banque. Oui, en fait, j’étais venu surtout pour ça. Je m’en fichais de leurs histoires. Un frisson roula sur mon échine, un mauvais pressentiment. Je me raidis étendant mes sens sur l’assemblée. Etrange.

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MessageSujet: Re: You take what is yours and I'll take mine [Livre II - Terminé]   Mar 18 Juin - 17:52

Etre en retard est tout un art. Il faut s’entrainer longuement, durant des années avec discipline. Pour être l’un des meilleurs du monde, il fallait commencer très jeune, en maternelle semblait de bon présage. Moi, j’étais prédestiné à passer maître en la matière et j’avais de bonne chance d’être classé premier mondial étant donné que je n’avais même pas trouvé le moyen d’arriver à l’heure à ma propre naissance. Oui, apparemment, le bide de ma mère me plaisait assez pour vouloir y passer deux semaines de plus. En fin, non, cette anecdote n’était plus valable ni même cette explication douteuse, plus maintenant. Ma mère n’étant pas mère, je n’étais pas cet enfant trop heureux de rester dans le bide de sa génitrice. Il avait dû sentir qu’il passerait le reste de sa vie avec quelqu’un d’autre… et encore, si ce flemmard n’avait pas pris son temps pour sortir, il n’y aurait pas eu ce mélange de bébé. On s’en serait peut-être mieux sortis. Surtout moi. Enfin, non, je n’aurai pas su pour les changeurs… arf. Je ne savais plus quoi penser et cela me vrillait la tête comme si j’étais un citron et cette histoire mon presse fruit. Bref, l’anecdote faisant généralement sourire et ma mère étant toujours ma mère pour les yeux de tous, je continuai à échanger cette théorie foireuse pour couvrir mes retards perpétuels. Bon, je ne peux vous cacher que j’évitai ce genre d’excuse avec le big boss parce que, l’air de rien, j’appréciai respirer l’air écossais et j’appréciai aussi payer mon logement et ma bouffe.  

Je courrai dans la ville n’ayant pas pris le temps de mettre mes rollers ou de descendre mon vélo. J’allais plus vite à pieds maintenant que je connaissais Edimbourg et ses ruelles. En général, les citoyens normalement constituaient préféraient éviter les petits chemins douteux même la journée. Je ne faisais pas parti de cette catégorie de citoyen, à vrai dire je n’étais pas plus citoyen d’Ecosse que la poubelle que je dépassai. En sortant de la ruelle, je manquai de me prendre une mamie que j’évitai au dernier moment sautant par-dessus un labrador et provoquant autant d’indignation que de colère. Je m’excusai à chaque pas rapide, passant trop près des passants à leur gout. Je n’étais plus qu’à 4 rues de ma cible. Je regardai ma rue et sourit. J’arriverai pile à l’ouverture. Je bifurquai dans une nouvelle ruelle qui était une impasse. D’un bon, je pris appuie sur le mur à ma droite et attrapai le rebord de l’épais mur d’en face, je me hissai et sautai de l’autre côté en faisant une roulade. J’appréciai ces courses urbaines et me souvenais dans le même temps, mes premiers essaies : catastrophiques. Comme quoi il fallait juste du temps et de l’entrainement. Depuis mon agilité n’avait fait que s’améliorer me servant bien lors de mes retards. Je ratai de peu une mort par contact-involontaire-avec-une-voiture-peu-receptive-au-contact-humain et me faxai entre les deux grosses portes de la banque avant que celles-ci ne se referment.

« Yes ! Pile à l’heure ! » *français*

Dans mon élan je percutai une dame botoxifié ainsi qu’une jeune homme plutôt grand. Je m’excusai d’un petit sourire et  me tournai vers la pièce. Outre la beauté du lieu, je pus constater le monde impensable qui se trouvait déjà dedans alors que la banque était censée s’ouvrit qu’à 14h soit, un coup d’œil à la pendule, 15 minutes auparavant. Je vérifiai alors ma montre et constatai que je ne savais vraisemblablement pas lire l’heure et ce à 28 ans : ça devenait inquiétant. Je fronçai les sourcils et soupirai en prenant conscience du temps d’attente que j’allais effectuer avant d’espérer voir un conseiller pour lui expliquer ma façon de penser. Oui, j’avais un problème a réglé. Il est logique de s’énerver lorsque nous recevons deux fois un mail de la banque vous indiquant que « oui, ils ont bien reçu un virement » alors que, bizarrement, l’argent n’apparaissait pas sur votre merveilleux compte Ecossais. Alors à moins qu’ils se fassent des brosses à chiottes avec mon argent, il y avait un problème. Cela dit, l’utilisation de beaux billets, les miens qui plus est, pour créer des brosses à chiottes étaient de base, un problème. Bref, ce n’était pas le sujet. Si j’appréciai être en retard c’était aussi pour éviter d’attendre. Attendre sous entendait d’utiliser du temps, précieux, à ne rien faire. C’était quelque chose que j’avais du mal à intégrer. Cette fois-ci, comme beaucoup d’autre, m’avait desservie.


« Les vampires seront morts qu’on sera encore là… »


Marmonnais-je dans ma barbe utilisant volontairement du français. Je montrai déjà des signes d’impatience et observai les différents clients. La femme que j’avais bousculée essayé de gruger un couple se faisant des papouilles pour passer le temps. Moi aussi. Moi aussi j’aurai bien voulu passer le temps comme ça, si seulement il pouvait y avoir un peu d’action. Sérieux, ne devrait-il pas mettre en place des jeux pour faire patienter leur client. Imaginez attendre en se distrayant: un concept révolutionnaire. Faire un concours de fléchette. Jouer aux cartes. Répondre à des énigmes. Faire une partie de basket. Bref, on prendrait de suite plus de plaisir à venir à la banque. Cela sonnerait moins comme l’appel d’un bourreau. C’est alors que le couple s’échangea un clin d’œil. Tout se passa si vite que je n’eus même pas le temps de réagir. Des coups de feu claquèrent derrière moi en même temps qu’un sac glissait de derrière vers le couple. Ceux-ci mirent des masques si vite que je ne pus voir leur visage correctement. A présent armés, ils demandèrent à tout le monde se la fermer. Ce que, pour une fois, je fis, ne trouvant même pas les mots pour rire. Deux hommes aux allures assez costaux me bousculèrent en vociférant en même temps rendant leur discours presque incompréhensible.


 « Dans les sacs tous vos objets de valeurs et nous prenons les portables ! »


Trois d’entre eux passèrent dans les rangs. Déjà ça criait et pleurait alors que tous se pliaient à leur exigence. J’étais assez content d’avoir l’ancêtre d’un téléphone et absolument pas un rond sur moi, ça m’aurait agacé de leur donner quoique ce soit de valeur. Je fis mes poches devant celui aux larges épaules, que j’appellerai Gary parce que j’avais envie. Il ne sembla pas très content de ses gains et c’est avec un large sourire et une petite voix que je lui lançai :

« C’est pas avec moi que tu gagneras assez de tunes pour te faire mettre des implants mammaires… »

Sa main attrapa alors mon col et son regard autant que son haleine puait la mort. Je fronçai le nez et hésitai à l’envoyer tout de suite balader mais n’en fit rien. Le provoquer oui, c’était dur de résister mais le pousser à me tirer une balle dans la tête, moins. Celui qui semblait être la tête pensante : Avrel, l’intima de me lâcher afin de ne « pas perdre de temps ». Pendant que Gary et Barbie, la seule femme, finissaient de collecter les affaires de chacun tout en intimant le silence, les deux autres demandaient poliment, autant qu’on pouvait l’être avec une arme, aux guichetières de remplir les autres sacs. Tout ceci ne dura pas bien longtemps. Pas assez, peut-être pour que la police n’intervienne. Je fronçais les sourcils et serrai les poings au moment où ils nous demandèrent de nous asseoir.


« Dire qu'ils vont se barrer avant que les flics arrivent... enfoirés »

« T’dis quoi le môme !? »


On me prenait encore pour un môme. J’en désespérai. Je devrais peut être me graver sur le front mon âge et le changer avec une incantation magique trouvé dans les recettes de grands-mères des sorcières d’Harlem. Bref. Je répondis.


« Quoi ? Si n’articule pas je vais pas comprendre… »

« C’qu’tu’te crois drôle ? Avec une balle dans les couilles tu rigoleras moins… En fin si tu en as.. »

 « Oh Gary, ta répartie fait pitié… utiliser des vannes de maternelle c’est… puéril. Puis c’pas bien de menacer les gens comme ça… »


Son poing s’écrasa sur ma joue et je compris que ce n’était pas que de la gonflette. Je basculai sur le côté et me redressai vite sur mes fesses, me massant la joue. Outch. J’avais l’impression d’avoir rencontré le poing de mon père lors de nos combats de Krav. Combat dont l’un de nous ne devait pas ressortir « vivant ». J’étais sonné mais ne perdis pas l’ennemi de vu. Tout ceci s’annonçait être une mauvaise journée. Mauvaise journée qui s’annonça lorsqu’on entendit les sirènes hurlaient à l’extérieur. Le temps au final, n’avait pas été si long. Quelqu’un avait dû prévenir la police assez rapidement pour qu’elle arrive aussi vite. L’homme s’éloigna rejoindre ses comparses et je me penchais vers mon voisin que j’avais bousculé avec le choc.


« Excuses moi … je crois que je vais changer de banque… elle est vraiment très mal fréquentée ! »


Je lui lançai un léger regard et souris.
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MessageSujet: Re: You take what is yours and I'll take mine [Livre II - Terminé]   Jeu 20 Juin - 22:26




 You take what is yours and I'll take mine

Les portes d’entrée ne cessaient pas de s’agiter non  loin de ma position, envoyant de légers courants d’air se perdre sur l’ensemble des bureaux et principalement sur ma nuque. Mes sens s’étaient redressés d’un seul coup, alerte, je guettais donc chaque allée et venue. Mon intuition se trompait rarement, je préférais donc ne pas l’ignorer même si le cadre semblait ordinaire. J’avais appris à vivre en dépend d’elle, à survivre grâce à elle. Côtoyer de façon constante les miens et les loups m’avait permis à embrasser un peu plus mes instincts animales, je me reposais sur eux la majeure partie du temps. Une dame entra, son souffle m’indiquait qu’elle était relativement stressée voir énervée. En tout cas, nerveuse. Ça ne signifiait pas grand-chose, un fait isolé. Un jeune homme la suivit rapidement et la bouscula, par son intermédiaire, je fus moi-même poussé. Je grommelais dans mes dents tandis que j’analysais le nouveau venu. Un français ? Sérieusement ? Je  me souris. C’était drôle comme mon pays natal me manquait parfois. Ces petites notes toutes simples qui me ramenaient mentalement dans ma région suffisaient à m’amuser. J’analysais donc mon compatriote et en me concentrant bien, perçus ce qu’il marmonnait entre ses dents. Ça ne faisait qu’une minute qu’il était là et il en avait déjà marre. J’eus envie de pouffer de rire et je masquais mon hilarité derrière une toux étudiée. Ça m’avait sommairement détourné de ma traque visuelle et je la repris où je l’avais laissée en gardant dans mon champ de vision le nouvel arrivant – il avait l’air haut en couleur. Mon attention se porta bien vite sur un couple et avant qu’ils ne sortent leur sac, je ne parvenais pas à analyser le malaise. Une onde circula sous ma peau, l’animal se relevait. Je compris en moins d’une seconde de quoi il s’agissait. Et puis les coups de feu me confirmèrent. Super. Un braquage. Déjà c’était l’idée du siècle de montrer leur visage avant de sortir les cagoules et encore plus intelligent de le faire en plein jour. Je ne comprendrais définitivement jamais ce genre de voleurs. Challenge du siècle, agissons à la lumière du soleil avec témoins à l’appui.  Mais passons, je n’avais pas le temps de leur trouver un meilleur plan d’attaque pour me prouver à moi-même ma propre intelligence concernant la cambriole.

Deux molosses ne tardèrent pas à nous réclamer les objets de valeur. Sérieusement ? Ils ont des milliers à dérober dans les comptes mais ils prennent aussi le temps de nous dépouiller. J’eus du mal, vraiment du mal de ne pas leur rire au nez. A la place, je restais très stoïque étrangement – un paradoxe venant de l’être le plus angoissé du monde. Je n’arrivais pas à avoir vraiment peur ou alors c’est parce qu’elle se changeait déjà en adrénaline et se propageait  dans mon corps à toute vitesse. Je n’avais pas le temps de m’y attarder. J’avais envie d’agir. Mais je restais là à attendre la première faille –traitant un problème à la fois. La guerre m’avait endurci et c’était en temps de paix que je m’en apercevais. J’étais toujours prêt face au danger, j’étais beaucoup moins déstabilisé. Je faisais confiance à mes capacités et à l’expérience que j’avais acquise sur les champs de bataille. Si j’étais triste de déposer le peu d’objets que je possédais dans le sac ? Pas le moins du monde. Je comptais bien les récupérer et puis la seule chose vraiment précieuse là-dedans ce n’était même pas l’objet en lui-même que je venais d’acquérir mais sa mémoire. La photo de Rebecca. Je fis mes poches – un briquet, mon portefeuille et mes clés rien d’autres. Je les déposais d’une façon assez précise avant que mon comparse ne se mette à provoquer grosse brute numéro 1. Merci pour la distraction, j’eus le temps de tout reprendre sans qu’il ne s’aperçoive de rien. Ça m’avait manqué ça, de jouer au Arsène Lupin. Ses collègues s’occupaient bien trop de leurs propres affaires pour jeter un œil dans notre direction. Je remis tout à sa place sauf mon téléphone que je calais dans la manche de ma veste. Je ne bronchais pas tandis qu’un de nos agresseurs s’éloignait. Ensuite, j’appelais la police discrètement la police en composant le numéro toujours sous le textile. Ils entendirent les ordres hurlés par les malfrats et puis à la suite le dialogue entre mon allié d’infortune et d’un des bandits. Ils sauraient nous localiser grâce au signal GPS.  

Je commençais à penser que ce gars avait envie de mourir aujourd’hui. Ou bien il ne réfléchissait pas. Peu importait, il m’aidait sans le savoir. Je craignais un peu que ça dégénère définitivement entre lui et son opposant mais heureusement pour lui – et moi indirectement, ce ne fut pas le cas. Quand il se prit son poing, je retins mon souffle alors que je fus un peu bousculé à la suite de cet incident, prêt à intervenir. Pour faire quoi ? Calmer le jeu déjà. Je ne sais pas comment mais je me débrouillerais bien. J’allais pas le laisser mourir sous mes yeux pour si peu. Bon je réalisais bien que j’étais un changeur et pas un surhomme mais bon. Finalement, l’affreux jojo se contenta de le lâcher. Je regardais mon acolyte alors qu’il se penchait pour me parler. Il arrivait encore à faire de l’humour lui ? Ça aurait pu me faire rire en d’autres circonstances mais là j’étais tendu, aux aguets, prêt à bondir. Je lui répondis tout bas dans notre langue maternelle - surement incomprise des oreilles trainantes. « Fais quand même gaffe. La mauvaise fréquentation semble bien nerveuse et elle pourrait vite péter les plombs. » Inutile qu’il prenne plus de risques. Le quatuor se mit à nous crier dessus à nouveau provoquant de nouveaux pleurs. Nous suivions alors leurs ordres en silence. Dos au mur, alignés comme du bétail, ils nous surveillaient « mieux » comme ça. J’étais assis à côté du gamin suicidaire, je comptais m’assurer de sa survie. Son insouciance le ferait trop vite tuer. Les quatre braqueurs se postèrent devant nous et se mirent à se chamailler sur l’organisation de leur petit numéro. Je soupirais. De vrais amateurs… La police était là depuis quelques minutes, j’avais coupé l’appel du coup. Les forces de l’ordre appelèrent la banque sûrement pour la libération d’otage. Ils allaient envoyé un négociateur si les voleurs ne répondaient pas favorablement. Un d’eux nous jaugeait toujours. Je repérais à sa façon de bouger et de regarder partout son instabilité. Il y avait toujours un maillon faible.  Si on le poussait à bout, il craquerait le premier. Rester plus qu’à savoir comment faire en sorte que sa perte de contrôle ne provoque pas d’accident majeur.

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MessageSujet: Re: You take what is yours and I'll take mine [Livre II - Terminé]   Ven 5 Juil - 12:58





You take what is yours and I'll take mine...
Cam & Tim
« La vie est surprenante autant que nos rencontres... qui l'aurait cru? »




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Comment pouvais-je sourire dans ce genre de moment ? Ce n’était pas comme si je ne tenais pas à la vie. Au contraire, je l’appréciai et l’aimais juste assez pour me battre pour la garder. Juste assez pour voir sa tronche lorsque je lui annoncerai la vérité. Juste pour voir que lui aussi sera anéanti. Oui c’était puéril et complètement machiavélique mais bon. Fallait bien que je trouve un moyen pour me détendre non ? Pour passer à autre chose ? Pour l’accepter ? Le trouver et le lui cracher au visage m’avait toujours semblé une bonne idée. Je voulais savoir autant que lui ne préférait surement ne pas le savoir. Bref. Nous avons tous le droit à un pourcentage dans notre vie d’acte machiavélique pardonnable non ? Je m’en étais convaincu alors je comptai exécuter mon quota dès le moment où je mettrais la main sur ce Camille. Alors oui, je ne voulais pas mourir avant d’avoir vécu ce moment. J’observai l’assemblée et fut à nouveau frappé par la grandeur de l’espace. Il était difficile de se planquer dans le cas où l’un d’eux péterait un câble et s’amuserait à tirer sur tout ce qui bougeait. Je fronçais les sourcils et me tournai à nouveau vers le jeune homme lorsque celui-ci me répondit. Lui il était loin de sourire, comme tous les autres, de cette situation. Il semblait carburé autant que moi alors que d’autre perdait la totalité de l’eau détenu dans leur corps. S’ils continuaient ainsi ils seraient aussi asséchés qu’après un voyage sans eau au beau milieu du Sahara. Ils devraient se contrôler car à moins de pisser pour les hydrater, ce que je préférai éviter, ils n’auraient pas une goutte d’eau de la part de ces quatre imbéciles. Je souris à mes pensées et au jeune homme lorsque je réalisai qu’il s’était adressé à moi en français. Un compatriote ! Que pouvais-je espérer de mieux ? Ne pas être bloqué dans cette banque avec des mecs armés qui sont pour les transformations mammaires ? Peut-être, et encore. Je n’aurai pas forcément rencontré ce jeune homme si nous n’avions pas été à côté pendant l’attaque… Un mal pour un bien non ? Bon j’étais d’un naturel optimiste. Le verre d’eau à moitié vide vous connaissez…

Un compatriote… tu vois c’est plutôt pas mal comme situation…

Je souris. Conscient qu’il ne trouverait ça pas drôle du tout mais en même temps devions nous pleurer sur notre sort ? On était bloqué ici de toute manière alors autant le prendre de la meilleure façon qui soit. C’était à peu près mon état d’esprit sauf, qu’en réalité, le stress, comme toujours, prenait le pas sur la raison. Stress qui avait pour fâcheuse habitude de me faire parler. J’étais ce qu’on pouvait appeler un bavard doublé d’un fouteur de merde à mes heures perdues. Oui, un vrai boulet vous pouvez le dire. C’est ce qui fait tout mon charme vous n’êtes pas d’accord ? Non ? Valait mieux avoir un enfant de cœur à côté que soir qu’une baleine pouvant créant un tsunami rien qu’avec une larme. Fin, ce n’était que mon avis personnel –qui vaut encore des millions- .

Avais-je l’air d’une vache ? D’un mouton ? D’un cochon peut-être ? Non, il ne me semblait pas alors pourquoi, pourquoi me retrouvai-je avec mes comparses les prisonniers d’Azkhaban le dos au mur aligné comme du vulgaire bétail. Non pas que je ne respectai pas ces braves créatures mais à choisir j’aurai préféré qu’on me considère et qu’on me traite comme un super héros ; « prisonnier avec une chaine en laser, Tim était tellement redouté qu’on lui fit le supplice de la plume …».Bref, je divaguai. A ma droite, le français. Je détaillais le jeune homme et il me fit vaguement penser à quelqu’un. Je fronçais les sourcils et me concentrai à en faire tomber les yeux de mes orbites sans pour autant avoir l’éclair de génie imagée par la bonne vieille ampoule au-dessus de ma tête. Je décidai alors de passer à autre chose et suivis son regard. A force de réfléchir comme ça il finirait lui aussi par être borgne. Le duo très peu original à la Bonnie(Barbie) & Clide(Avrel) discutaient à voix basse pendant que Gary et son acolyte qui, plus j’apprenais à le connaitre plus je me disais qu’il méritait davantage le nom d’Avrel, se chamaillaient comme des gosses. Je me retins d’intervenir au moment où le téléphone sonna. Gros blanc.

Si en plus ils ne savent pas se servir d’un téléphone demain on y est encore….

Je soufflai dans ma barbe. Un regard noir de la part de Gary me fit doucement sourire alors qu’Avrel décrochait. Évidemment, on demandait de relâcher des otages. La réponse fut catégorique : Non. On se croirait dans un film. L’acolyte que j’appellerai Vomito car il semblait être le plus stressé de tous, s’énerva contre Avrel. Il l’accusait de l’avoir mi dans le pétrin et que son plan était complètement minable. Je répondis avec un hochement de tête absolument pas caché. C’est à ce moment là que la vieille Botoxifiée s’impatienta et rouspéta à ma droite. Je tournai la tête vers elle et remarquai qu’un jeune homme, un employé, essayait de la calmer discrètement. A ma gauche, une femme enceinte. Pourquoi fallait-il qu’il y ait toujours une femme enceinte lorsque les vilains attaquaient ? Je soupirai. Nous jouions tous dans un mauvais remake de braquage à l’italienne…

Non je ne me calmerai pas ! Monsieur ! Oui vous le grand bonnet rendez moi mes bijoux !
….
Je vous parle ! Rendez moi mes affaires avant que j’appelle la police !
….
Vous n’avez pas l’air de savoir à qui vous avez à faire !
Elle va se la fermer Gozilla ?


Je pouffai dans mon coin. Entre les propos complètement aberrant de la vieille, sa petite vanne à Gary et le surnom que celui-ci lui avait donné, j’avais du mal à me contenir. Où étais-je tombé ? C’était une ville de cinglés. La guerre n’avait pas laissé les meilleurs c’était certain. Au moins, auraient-ils pu faire un sélection non ? Hum toi tu n’as pas de cerveau, je te bouffe, toi tu pues, je te bouffe. Fin bref. Propos un peu radical ? Non fin si un peu mais bon on aurait évité de se retrouver dans ce genre de situation s’ils avaient fait au moins leur boulot les vampires et les loups par la même occasion. La femme s’approcha de Gary et entama un geste que je crus voir au ralentie pour lui claquer la tête. Il l’arrêta sans difficulté et ses yeux devinrent assez flippant. Lui il venait pour la castagne. La castagne et le sang. Il n’avait pas l’air très fute-fute, ce n’était clairement pas lui qui décrocherait un prix Nobel, mais il était dangereux. Peut-être avait-il vécu de bien près, trop près la guerre et le sang lui avait monté à la tête. Peut-être. Gozilla, j’aimais bien ce surnom, devint blanche probablement pour les même raisons que moi.


Hey Gary ! Lâche Gozilla avant qu’elle te bouffe… tu sais ces petites bêtes là sont plus féroces que tu ne le crois… Genre de truc à enfermé dans une cage et puis… elle doit avoir l’adresse d’un bon chirurgien plastique… tu pourras prendre le numéro de celui-ci après qu’on ait fini de boire le thé…

Je lui lançais le plus beau sourire méprisant de toute l’histoire des sourires méprisants. Un genre de prix Nobel du sourire en clair. Sa réaction fut immédiate. Il lâcha la femme et tel un buffle dopé aux hormones fonça droit sur moi.


Oh Gary tout doux ! Avrel, rappelle ton chien s’te’plait…

Avrel, qui sembla se reconnaitre assez rapidement ne fit rien. Je le soupçonnai de pas avoir apprécié le surnom que je venais de lui donner. Je me demandai alors comment réagirait les autres Barbie et Vomito ? Parce que bon c’est encore pire. J’encaissai difficilement un nouveau coup de poing sous un grognement. Le souffle court j’ajoutai,

Arrête ça… tu… vous allez jamais vous en sortir.
Ah ouai ? C’est peut-être parce que tu es le plus armé de la pièce que tu dis ça ?
[color=blueangel]Non… mais le plus réaliste. Vous.. vous croyez vraiment que vous allez vous en sortir sans faire preuve de bonne fois alors qu’il y a une armada de flic dehors sans compter qu’il y a peut-être parmi nous des petits lycans qui feraient de vous de la pâté pour chien…
Putain ! J’le savais ! Enfoir* de chie**** de p**** je t’avais dis de te contenter des p’tits structures !
Voila qui est bien parlé Vom… monsieur le brillant cambrioleur.
La ferme Gamin avant que je te mette une balle entre les deux yeux !
Vas y Avrel, t’aura un autre chef d’accusation et vous autres vous serrez complice… comme c’est con ! Laissez au moins partir goz..la vieille femme et la femme enceinte. Je présume que vous ne voudriez pas vous transformer en sage-femme … ?
Fais le taire Bryan !
Bryan ? Enchanté je préfère Gary mais bon…

Ma tête cogna contre le mur et je vis les pigeons voler au-dessus de ma tête. Quand est-ce que j’apprendrai à fermer ma gueule ? Puis « gamin », merde, je n’étais pas un gosse ! Qu’est-ce qu’ils avaient tous avec ça ? J’ai eu tête de minot ? Et puis, un minot s’amuserait-il à s’en prendre plein la tronche ? Bon, si un irresponsable en manque d’adrénaline cherchant à se prouver que c’est un vrai homme dans une action voire plusieurs complètement débile et irréfléchis. Bon, si, peut-être bien que c’était ça. Étrangement je me rappelai les quelque embrouilles du passé lorsque je trainai entre les bars humains, vampires et Lycan. Ça m’avait presque manqué. Presque. Actuellement, sonnai et avachi sur le sol je regardai le français à côté de moi et lui lançai :

Frappe moi quand j’ouvre trop la gueule … ça sera moins douloureux…

Je toussotai sans avoir remarqué que je m’étais « absenté » quelque minute.

Maintenant qu’on est copain de merdouille, moi c’est Timothée.

Il y avait meilleur moment pour faire les présentations mais bon. On faisait des connaissances là où on les faisait non ?



Spoiler:
 


Fiche par (c) Miss Amazing
Crédit image : tumblr



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MessageSujet: Re: You take what is yours and I'll take mine [Livre II - Terminé]   Jeu 11 Juil - 19:52




 You take what is yours and I'll take mine

Mon ami d’infortune semblait encore parvenir à faire de l’humour dans cette situation qui n’avait vraiment rien d’amusant à mon sens. C’était peut-être son seul moyen de décompresser. Moi, je préférais rester concentrer sur le moment présent, ça n’était clairement pas le meilleur instant pour évacuer un trop-plein de stress ou agir de manière irréfléchie. Je lui accordais deux hochements de tête à ces deux remarques, incapable d’engager une discussion pour le moment. Toute la situation échappait au contrôle de tout le monde, des otages et des cambrioleurs. Je restais bras croisé dans mon coin à chercher toutes les failles possibles à exploiter. C’est là que tout se mit à réellement dégénérer. Une vieille dame sortit de nulle part se mettant à revendiquer ses droits les plus élémentaires. Bordel, j’étais censé faire quoi ? Je ne pouvais pas m’interposer. Mais je ne pouvais pas regarder sans agir. Plusieurs idées incohérentes se succédèrent dans mon esprit, mes yeux fouillaient le lieu en quête de quelque chose pour … Mais le gamin sur ma droite se bougea plus rapidement que moi. Je l’observais alors, intrigué par son courage. Il se montrait à la fois incroyablement héroïque et à la fois extrêmement arrogant. Son manège était bien de détourner l’attention de la brute sur lui. Cette dernière se jeta sur lui sans attendre et je vis plusieurs coups partir. J’en restais interdit et suivais leur échange. Je devais faire quelque chose, quelque chose, n’importe quoi mais prendre la place du môme n’arrangerait rien. Quand je fis un pas vers l’avant, il l’envoya valser contre le mur. Je me plaçais entre le corps du garçon et celui du molosse. L’animal se dressa au tréfonds de mes entrailles et lança un regard dur à l’agresseur. « Je crois que le message est passé. Je pense que ça ne sert à rien pour lui, comme pour vous de s’acharner. Vous êtes là pour le fric, pas pour tabasser des gamins. Entre coups et blessures et vol, il y a une marge. Vous ne voudriez pas vous encombrer d’un homicide ou d’un cadavre. Il y a plus urgent à gérer, non ? » Je n’ajoutais rien de plus, comprenant que je risquais de déclencher son impatience si je continuais à parler. Il me toisa et durant de précieuses minutes, je crus qu’il allait tout simplement se mettre à me frapper moi aussi. Je m’étais déjà préparer à esquiver. Je savais me défendre, les loups m’avaient appris à combattre. Mes réflexes étaient meilleurs que les siens, mon intuition bien plus développée aussi.

Finalement, il se tourna vers ses potes en quête d’une réponse. Le plus nerveux d’entre eux, celui qui avait juré un peu plus tôt se mit à trembler, il poussa un cri avant de se mettre à courir vers la sortie. Super, un de moins. La voix des policiers raisonna à l’intérieur de la bâtisse alors qu’ils appréhendaient le fuyard. La menace se fit plus pressante pour le trio d’abrutis et la tension monta clairement d’un cran. Je profitais de leur confusion et de leurs nouvelles engueulades pour m’approcher de mon compatriote toujours sonné après l’attaque qu’il avait subi. Je m’accroupis près de lui et jaugea les dégâts. Bon, il était conscient, c’était toujours ça de pris. Je lui répondis dans notre langue maternelle. « Oh, tu ne sais pas si ça sera moins douloureux… » Je lui offris l’ombre d’un sourire. Il ne fallait jamais  se fier aux apparences.  Les changeurs, de façon générale, étaient bien plus costaud que ce que leur physique laissait supposer. Je repris d’une voix très calme. «  Hé bien Timothée, même si ton acte de bravoure était respectable, tu aurais mieux fait de t’arrêter après ta première provocation. Ça ne sert à rien de leur rentrer dedans, à moins que tu aies des envies suicidaires ? Les flics vont s’occuper de ça. Je pense que tout le monde va la fermer maintenant, ce n’est plus qu’une question de temps.  Tu restes tranquille, ok ? »   En me concentrant un peu mieux, je perçus faiblement une fragrance métallique se mêler aux autres arômes nous entourant. Je la reconnaissais bien car je l’avais appréhendé à de maintes reprises quand j’étais encore au service de Krystel Raybrandt ainsi qu’au cœur des batailles durant les Années Sanglantes. Du sang. Le sang du gamin sûrement.

Merde. Il fallait pas qu’il nous fasse un traumatisme crânien par-dessus le marché. Je n’osais pas trop m’approcher et je dis toujours aussi sereinement. « Moi, c’est Cam. Dis-moi Tim, est-ce que tu ressens une douleur quelconque ? Au niveau du crâne ? Ne bouge pas trop, le temps qu’on évalue les dégâts, d'accord? » Vu qu’il était adossé à la paroi, à moins de m’amuser à le déplacer et à le palper – ce que je préférais éviter vu qu’il m’était complétement inconnu, je ne pouvais rien voir. Peut-être que ça n’était rien. Je l’espérais. Les lésions crâniennes avaient le don de me faire paniquer. Elles pouvaient très vite devenir très sérieuses. Je comptais me servir de cette possible blessure pour interpeller les bandits qui continuaient entre eux de se disputer sans se soucier du butin et encore moins de leurs otages. Quelques personnes avaient réussi à s’échapper. Ca tournait au ridicule mais ils étaient armés. « On a un blessé. Si on ne l’évacue pas, ça risque de … mal finir. C’est non-assistance à personne en danger et vous aurez un mort sur la conscience. » Nous n’en étions pas là mais je tentais le tout pour le tout. Avec un peu de chance, ils nous laisseraient partir et je l’emmènerais à directement à l’hôpital pour un examen. Je ne comptais pas déposer de témoignage à la police. Je savais déjà comment régler le problème – je prétexterais être un français qui ne comprend pas l’anglais et je ne déclinerais pas mon identité, de toute manière, ils avaient assez de témoins et assez de plaintes portées à l’encontre des trois gugusses. Pas besoin de la mienne, je voulais  rester anonyme.

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MessageSujet: Re: You take what is yours and I'll take mine [Livre II - Terminé]   Lun 15 Juil - 23:07

Oh, tu ne sais pas si ça sera moins douloureux…


Je lâchai un léger rire le jaugeant du coin de l’œil. Il n’était pas frêle et pouvait bien cacher de la force derrière sa tête de gentil français tout juste débarqué. Après tout comment pouvais-je juger sachant pertinemment que je n’étais pas le gamin que tout le monde semblait croire. J’hochai la tête avec ce regard de confiance et d’amusement. Le ton qu’il employait était sans appel, il me prenait pour un enfant. Grand bien lui face, il était assez sympathique pour que je lui pardonne ce mauvais jugement. Les apparences sont parfois trompeuses. A vrai dire elles le sont très souvent. Trop peut-être. Il n’y avait qu’à voir ces dernières années. N’avons-nous pas découvert que les mythes étaient emprunt à la réalité et que c’était l’homme et ces même créatures « imaginaires » qui avaient masqué l’abominable vérité. Les mythes faisaient partie de l’apparence qu’on donnait au monde des hommes tel qu’un voile de paix et d’espoir. Les enfants craignaient la nuit ce que nous ne craignons plus adultes puis au final, toutes les craintes se sont mélangées prenant subitement une réalité à laquelle personne ne s’attendait et qu’aucun humain n’aurait voulue.

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La dissidence. Rien de pire pour un groupe déjà pas uni … fallait juste… un coup de pouce…


Je souris. Il se présenta alors, Cam. Je me figeai et le dévisageai. Cam. Cam comme cameron ? Cam comme Camille ? Camille comme camille fontayn ? Non parce que si c’était le cas autant le laisser crever la bouche ouverte non ? Bon, en l’occurrence c’est lui qui me sauvait plus que je ne le sauvais mais on s’en fichait. Je secouai la tête contrairement à ce qu’il venait de me conseiller. J’eu alors un léger vertige. Je grimaçai. Bon ce type n’était visiblement pas le type que je recherchai. Il n’avait pas l’air d’un connard voleur de vie qui puait le fric. Bon, il était dans une banque et était doté d’un léger accent français audible que par des compatriotes mais cela ne voulait rien dire. Je posai une main sur mon crâne puis sur sa base. Je sentis alors le début d’une légère plaie qui descendait jusqu’à ma nuque. 3 centimètres à tout péter sur peu de millimètres. Il n’y avait pas à crever. Pas d’après moi mais le français décida de se servir de ça pour interpeler la population. Pourquoi pas. Je bougeai de ma place et m’appuyai involontairement sur le jeune homme sentant dans sa poche ce qui d’après moi était un téléphone. Je fronçais les sourcils. C’était lui. Il avait appelé les flics en récupérant son téléphone je ne savais comment. Une balle frôla alors nos têtes. Je la levais et observai le revolver de la jeune femme. Bah dis donc, elle n’avait pas froids aux yeux. Soit elle ne savait pas viser soit elle savait parfaitement viser et étrangement j’optais pour la deuxième solution. Je remarquai alors l’absence de vomito et l’agitation de Gary et de son copain Avrel. Au final la seule qui était restée calme c’était la femme. Je constatai également la disparition de plusieurs clients dont la femme enceinte. Nous n’étions plus que cinq ce qui n’était pas plus mal. Le téléphone sonna et une conversation que je n’entendis pas débuta. Je profitai de ce temps pour souffler quelque mot à mon acolyte.


Appel les s’ils savent ce qu’ils se passent ici en temps réel peut-être que ça nous servira…


Délicatement mais surement le français s’exécuta. Plusieurs secondes passèrent. La jeune femme raccrocha après avoir demandé un hélico, quoi de plus évident ? Je soupirai. Nous soufflâmes dans notre barbe que « le trois de pics contre le 5 de cœurs était bien plus fort. » avant de faire semblant à être occupé à regarder ma blessure. Ma tête me tournait légèrement mais ça allait. Plusieurs minutes passèrent et je remarquai un mouvement à l’extérieur via les vitres des grandes portes. De ma position je distinguai un homme près pour la guerre. Je dissimulai un sourire en me détournant de lui. Le téléphone sonna de nouveau. Barbie et Avrel s’en approchèrent mais le grand Gary resta sur place le regard vrillé vers l’extérieur, zieutant de temps en temps ma belle gueule. Je lui souris alors.


Ne me frappe pas Cam…


J’ajoutai avec un sourire narquois


Gary, je me demandai tu as commencé les hormones à quel âge ?


Son regard se tourna alors vers moi. Je le fixai et glissai mon pied d’appel sous mes fesses.


Bah quoi ? je suis curieux moi et très ouvert…
T’as pas compris microbe ? Tu en veux une autre ? Tu serais mort sans l’intervention de ton p’tit copain…
Oh oui Gustave et moi on se mari en septembre on avait justement besoin d’une demoiselle en tutu pour faire l’accueil…


Il s’approcha, un pas, deux pas le troisième était le bon. Il braqua son arme vers moi et je me crus replonger au beau milieu du dojo avec mon père bardé de biscoto me visant de son joujou en plastique. A l’époque ce n’était que pour me défouler et garder un certain lien avec mon père et non dans l’idée de savoir désarmer un braqueur énervé et potentiellement dangereux. Je l’avais provoqué dans l’unique but de détourner son attention et il semblait que j’avais parfaitement réussi mon coup. Je fis un bon en avant auquel il ne s’attendait pas avant que celui-ci n’ait complètement le temps de me viser. D’un coup de poignet de lui fit lever larme vers le ciel et enfonçait dans le même temps mon coude dans les coudes de sorte à lui couper la respiration. J’oubliai mon tournis et mon coude douloureux pour enchainer un coup de genou dans l’estomac en profitant pour passer sous son bras et chopper celui-ci avec le mien. Ma main puis mon bras s’enroula autour du bras du grand bouffon et je donnais un violent coup inverse. Il lâcha son arme dans un cri. Je me « déroulai » et l’obligea à embrasser le sol avec une clef de bras bien fourni. Lui imposant mon genou sur la colonne vertébrale, je relevai enfin la tête vers les autres, également à terre. Un type à l’allure de Rambo me poussa pour prendre ma place et mettre les menottes à Gary. Je me mis sur le côté et manquai de chuté lamentablement pris subitement de tournis. Je passai ma main sur le bas de mon crâne et sentis le sang couler légèrement. Je soupirai puis regardai mon coude qui me lançait. Celui-ci semblait avoir pris un sérieux coup. Le gros balaise l’était vraiment. L’agitation était grande et je décidai de m’échapper rapidement avant de recevoir un trop plein de question. Oui j’étais de la Pes mais pour tout le monde je n’étais qu’un rat de laboratoire aux compétences physique peu développées voire inexistantes…

C’est en bas de la rue que je me fis interpeler par le français.[/color]
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MessageSujet: Re: You take what is yours and I'll take mine [Livre II - Terminé]   Jeu 18 Juil - 13:36




 You take what is yours and I'll take mine

Un vertige le désarçonna et me fis froncer les sourcils. Il fallait qu’il aille consulter un médecin, le plus vite possible. Je le vis palper son crâne et m’arrêta de respirer, interdit quand je vis ses doigts rougis par son sang. Ça ne semblait pas l’alarmer plus que ça, casse-cou jusqu’au bout. Il remua et s’appuya sur moi. Le téléphone dans ma manche entra en collision avec son bras et il comprit qui avait ramené les flics. Peu importait. Mon instinct me prédit la suite et machinalement, je me baissais légèrement et entraina le gamin à ma suite. Une balle siffla au-dessus de nos têtes. Je relevais le regard vers notre presque meurtrière en ne sachant même pas qui était vraiment sa cible – personne, juste un coup d’éclat pour effrayer le restant d’otages et sûrement les flics dehors. Il était grand temps qu’on sorte lui et moi d’ici. Pendant que l’équipe de choc discutait avec la police, mon comparse d’infortune me donna un conseil. Moui, enfin j’avais une piètre opinion des forces de l’ordre et restais en contact avec eux semblait m’exposer inutilement. Mais j’exécutais afin de ne pas faire de vagues. Pour moi, ça ne changerait rien dans l’absolu mais… J’observais sa plaie avec attention durant les quelques minutes qui suivirent et si lui s’en fichait, moi ça ne me faisait pas rire. Les flics allaient intervenir, nous pouvions les distinguer à l’extérieur. Ça n’était plus qu’une question de minutes. C’est là que le gamin se remit à jouer l’insolent. C’était bien ma veine ça tiens. A moins que ça ne soit une diversion de sa part encore une fois mais est-ce qu’il savait ce qu’il faisait ? Il me souffla quelques mots auxquels je m’empressais de répondre. « Alors arrête de me donner des raisons de le faire. » Bien évidemment mes paroles ne changèrent rien et comme je n'étais pas du genre violent, je me voyais mal le frapper. Il repartit dans une altercation avec musclor. Bordel, à quoi il jouait, il était blessé. Tête brûlée ce type, complétement inconscient. J’allais intervenir quand il maîtrisa avec brio son opposant me laissant perplexe. Eh ben, quand je parlais d’apparence… Qui était ce môme exactement ? Je ne me laissais pas le temps d’y porter un autre songe car apparemment, les policiers avaient réussi à entrer et s’occuper déjà de mettre les fauteurs de troubles à terre.

Timothée s’échappa et je le talonnais de près. Nous réussissions à nous faufiler hors du bâtiment sans nous faire prendre, dans la confusion totale. Peu importe qui était ce mec, je ne pouvais pas décemment le laisser tituber vers je ne sais où. Il fallait qu’il reçoive des soins. Je replaçais mon téléphone dans ma poche mais ne le quitta pas des yeux. Je le suivis jusqu’en bas de la rue et l’interpella. Il allait s’écrouler à ce rythme. « Viens avec moi, je te conduis à l’hôpital. » Je ne lui laissais pas le choix et l’attrapais par le bras, m’assurant par ce geste de son équilibre également. Ma voiture était juste à côté, je lui ouvris la portière et le laissa s’installer. Je fis un détour par mon coffre, en sortant un de mes t-shirts – pratique quand on est métamorphe de posséder une cargaison de fringues dans son véhicule. Je me postais derrière le volant et lui filais le bout de tissu. « Compresse ta tête avec ça, ok ? » Je mis le moteur en route et fis aussi vite que possible pour rejoindre la clinique la plus proche. « Ça va ? » Il fallait que je le fasse parler, il ne devait surtout pas s’évanouir, il devait rester conscient. Je ne trouvais pas de questions intelligentes à lui poser alors à la place, je me mis à accélérer le mouvement. Nous atteignons le lieu convoité plutôt rapidement. Je me garais juste en face des urgences et le suivit à l’intérieur en gardant ma main sur son bras au cas où. Une fois à l’accueil, j’articulais plus vite que le blessé. « Mon ami a reçu un coup à la tête. » Une infirmière le prit en charge aussi sec, on l’emmena dans une des cabines et je restais planté dans le couloir. La réception me donna un formulaire à remplir et je restais un peu ahuri devant la somme de questions qui s’alignait sous mes yeux. Je ne le connaissais pas ce mec. Je m’assis dans la salle d’attente prévue à cet effet et attendis sagement.

Quelle journée… Je me passais une main sur le visage. Je n’aimais pas les hôpitaux. J’avais appris à ne jamais les fréquenter vu ma… particularité. Etre ici me rendait extrêmement nerveux, trop proche d’aiguille et de labo. J’aurais pu partir et le laisser se débrouiller tout seul mais je n’arrivais pas à me résoudre à l’abandonner ici. Je voulais savoir si ça allait, s’il fallait que je contacte quelqu’un, je ne sais pas… Finalement, on m’appela et je pu le voir assis sur un lit, raccommodé. Apparemment, il n’avait rien eu de sérieux mais il fallait qu’il se ménage. Aux moindres signes de nausées ou vertiges-absences, il devait revenir. Le médecin nous laissa quelques minutes pour qu’il récupère avant de partir. Une fois que nous fûmes seuls, je m’installais sur une chaise et trouva appui sur une petite table posée à ma droite. « Tu te sens comment? Je veux bien remplir ça pour toi mais j’ai besoin de tes coordonnées. Au fait, je dois contacter quelqu’un peut-être ? » J’agissais comme un grand frère que je n’étais pas avec un parfait étranger. A vrai dire, il me rappelait quelqu’un ce gamin, un vieil ami. Il avait pris des risques aujourd’hui mais pour la bonne cause. Même si je n’étais pas super d’accord avec sa méthode, je ne pouvais nier ni ses bonnes intentions, ni son courage. Deux raisons supplémentaires de m’occuper de lui, même si je ne le connaissais ni d’Eve, ni d’Adam.
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MessageSujet: Re: You take what is yours and I'll take mine [Livre II - Terminé]   Jeu 25 Juil - 22:22

Viens avec moi, je te conduis à l’hôpital.

Je me retournai et le détaillai de nouveau me demandant pourquoi il était venu jusqu’à moi-même après ma fuite. Après tout j’aurai pu le faire tuer. Je ne savais si la femme s’était loupée ou si elle avait touché exactement la partie du mur qu’elle voulait mais dans un cas comme dans l’autre, à un millimètre près c’était plus lui que moi qui se serait pris la balle. Je le soupçonnai d’être trop inquiet de l’enfant qu’il pensait que j’étais plus que du jeune homme qui avait joué au con pendant plus d’une heure. Malgré cet élan de gentillesse je voulus refuser. Après tout, il ne me devait rien n’étant pas l’enfant qu’il croyait et je jugeai qu’il avait vécu une assez mauvaise journée pour en prime se sentir obliger de me conduire à l’hôpital. Bref. Je n’eus pas le temps de répondre que le français me prit par le bras et le fit grimper dans sa voiture. Il disparut alors de mon champ de vision pour réapparaitre côté conducteur avec un t-shirt qui sentait le propre. Je fronçai le nez et l’attrapai alors qu’il m’ordonna de l’utiliser comme compresse.

Déjà que je te fais perdre ton temps, tu veux aussi que je te souille ton beau t-shirt… ?

Son regard me fit comprendre qu’à cet instant il valait mieux que j’applique ses propos sans ouvrir trop la gueule. Je pouvais le comprendre, il m’avait supporté moi et frasques absurdes. Il me demanda alors si j’allais bien et je ne répondis pas tout de suite, observant par la vitre, la vie qui se faisait. Nous n'étions qu’à quelques rues de notre prison et pourtant, la population ne semblait pas le moins du monde effrayée, choquée ou perturbée. Non, les citoyens allaient et venaient avec plus ou moins de fracas et de bonnes humeurs. Elle n’était pas bien différente que la population française, peut-être plus simple et moins orgueilleuse que celle du sud et encore… j’en doutais. Ce n’était plus vraiment le cas après cette guerre qui avait tout métamorphosé autant l’esprit des habitants que de l’Ecosse. Néanmoins je pouvais encore trouver cette magie que j’avais toujours espéré trouver dans les pays du nord. Je souris un instant avant de sentir ma tête vriller. Je grimaçai. Il n’y avait pas que les gens qui avaient changés, je ne pouvais pas vraiment m’exclure. J’étais un enfant sage, imaginatif disait-on et un peu dans la lune mais un enfant gentil toujours là. J’avais la bougeote par moment mais rien de bien grave dans l’enfance et dans l’adolescence on jugeait que c’était normal : il falait se défouler. Les gens étaient loin d’imaginer mes vrais motifs mes parents, eux, un peu plus. Lorsque cela allait au plus mal entre nous, on m’avait qualifié « d’ado en crise ». Ma langue bien pendue depuis toujours, mes sarcasmes, mon ironie, mon humour douteux et mes débuts de capacités dans l’art de la fuite urbaine me valurent plusieurs ennuies dans les rues de Cannes mais le pire fut à Nice pendant mes études. Les vampires, eux, ils valaient mieux s’en méfier. Je cherchai des sensations fortes, je les avais trouvés indéniablement. Après ce fut la fuite et la découverte que l’homme, l’air de rien, savait se défendre et se défendrait contre tout et n’importe quoi s’il le fallait même contre leur imagination. Je fronçais les sourcils. Je ne pensais garder ces réactions ici, mon but était de retourner dans la discrétion qui devait m’avoir été transmise par mes parents. Mais là encore on pouvait voir une notre différente.

[color=blueangelAutant qu’on peut aller après avoir cherché, trouvé pi affronté le petit fils de Gozilla et de wolverine…. [/color]
Je souris de cette comparaison sans pour autant adhérer parfaitement à mes actes. Le contre coup n’était pas aussi satisfaisant que je l’avais peut être espéré. Cela entrainait davantage de soucis et de questionnement. Je tournai le regard vers le conducteur. Que pensait-il de toute cette histoire ? Me prenait-il toujours pour le gamin que je n’étais pas ? Pas vraiment. Me demanderait-il une explication pour les paroles et surtout mes actes ? Et puis, plus largement, les autres otages me décriront-ils comme le cinglé de l’histoire transformé en tueur de tueur ? J’étais venu pour le retrouver et pour les protéger, pour les aider. Je n’étais pas venu pour me faire remarquer, pas trop. J’étais foireux mais il semblait que ma bouche agissait sans attendre la réflexion en particulier devant des braqueurs absolument incompétents. Je souris légèrement puis arrivai devant l’hôpital. Cam m’aida jusqu’à l’accueil où un infirmier prit le relais. Je tournai un instant la tête vers le jeune homme sans avoir le temps de lui dire quoique ce soit. Je doutais qu’il reste et quelque part je l’espérai. Deux, trois tests, un bandage et des soins plus tard, le français fit son apparition dans la salle où je me trouvais. J’en fus étonné mais lui lançai un sourire tout en passant une main dans mes cheveux.

Tu te sens comment? Je veux bien remplir ça pour toi mais j’ai besoin de tes coordonnées. Au fait, je dois contacter quelqu’un peut-être ?

Là ? J’hésite entre gêné, ahurie et vaseux…. Gêné parce que t’aurai pu crever par ma faute, ahurie parce que tu es resté malgré ça et vaseux a cause de Docteur Fatalisse et son désir de me camer…

Je m’arrêtai un instant repassant une main dans mes cheveux puis grimaçant par ce mouvement. Mon coude n’avait pas apprécié de faire la bise au torse de bébé wolverine. Ce que je pouvais comprendre, évidement.

Plus sérieusement, excuse-moi et … merci. Tu n’étais en rien obligé de m’accompagner jusqu’ici ni de jouer au protecteur dans la banque…

Je lâchai un léger sourire et bifurquai mon regard vers l’extérieur puis vers le français et la feuille qu’il avait posé sur la table. Fichu formulaire. Je soupirai.

Bon, je présume qu’on ne peut pas s’échapper en laissant le formulaire vide ? Alors l’identité, Timothée Jules Fontaine, 17 novembre 89, 145 rue Harold Wilson porte C appartement 16 dans le quartier de Nightown… et euh… ils demandent quoi d’autre dans le papier chiotte ?

J’observai le jeune homme compléter les cases puis tapoter le bloc avec le stylo. Je remarquai un air confus sur son visage lorsqu’il releva celui-ci vers là. Cet air me fit sourire et c’est avec un léger rire que je lui demandais :

Et bien quoi tu n’aimes pas les ADORABLES vampires du quartier de Nightown ?
Eh bien Tim le hasard est étrange on partage un nom de famille et une date de naissance…
Mon cœur rata alors un battement tandis que mes poumons oubliaient de faire leur job et que mon cerveau criait « au secours » pendant qu’une petite voix dans ma tête me hurlait « c’est lui » et qu’une autre soufflait un « mais non.. ». Je manquai d’oublier de respirer alors que 1+1 faisait 2 doucement dans mon cerveau embrumit par le médoc que le doc m’avait filé. Non, ce n’était pas possible. La coïncidence était trop grande. J’avais assigné Cam à un Cameron, ce prénom lui allait bien. C’était le prénom d’une personne sympathique, drôle, serviable, capable de vouloir défendre un inconnu et de l’amener à l’hôpital sans rien demander par pur souci de bonté d’âme. Bref. Un mec bien. Loin d’un vil Camille qui puait l’hypocrisie, la frime, l’indifférence, la méchanceté, la prétention et le machiavélisme. D’une voix que je cherchai à contenir, je lâchai:

Cam pour Camille ?

Mon regard cherchait la lumière comme une partie de ma conscience tandis que tout le reste s’enfonçait dans une douloureuse absence de réflexion plausible et humaine. Son « oui » percuta mes tempes comme autant de frelons sur la peau me les broyant sous un son assourdissant. Je partis. Je n’étais plus là, avec lui, ce vil. Ni avec ce gentil, ce brave, Cameron. Non je n’étais ni avec l’un ni avec l’autre. J’étais avec mes parents, les siens, ou les miens je ne savais plus. Je me tins la tête alors que je visualisai parfaitement le regard de ces personnes sur moi attendant comme moi ma transformation qui n’arriva pas. Les images passèrent mais les sentiments vécus restèrent me piquant le cœur à chaque fois et le perforant me rappelant toutes ces attentes inutiles et dévastatrices pour un gosse de 6 ans, un ado de 15 ans, un nouvel adulte de 20 ans et enfin un homme de 28 ans. Je connaissais ma haine de cette inconnue. Je le détestai d’exister, d’avoir vécu ce que j’aurai du vivre et de ne pas avoir vécu ce que j’avais vécu en attendant ce qu’il lui est arrivé dans une famille qui aurait certainement préféré avoir le vrai Tim plutôt que celui en carton ou en mousse que j’étais. Il représentait tout ce que mes parents auraient voulu avoir et moi la tâche d’encre toujours plus grande au beau milieu de leur plan parfait de vie. Apprenant sa richesse je l’avais imaginé vil et parfaitement détestable encore plus que par mes ressentis justifiant ainsi la rage et la haine que j’éprouvais à la simple pensée de son prénom. Alors je me vis essayer encore et encore de me rapprocher de ce que je n’étais pas, de mes fuites, de mes poursuites et au final je compris que je ne pouvais que détester ce prénom et ce visage que je pouvais en fin associer. J’avais vécu. J’étais passé à autre chose. Je l’avais pensé. Je m’étais trompé. Véritablement. Il s’était redressé et c’est avec une haine que je ne m’étais pas senti vivre depuis longtemps que j’écrasai mon poing dans sa gueule de riche enfoiré.
Cette rage expulsée de mon corps, je pus de nouveau voir véritablement ce qu’il se passait étant moins troublé par ces images là mais bien par celle du salaud au sol. Il ne semblait pas comprendre. Il était surpris. Et je l’étais aussi. Je m’étais toujours dit que je lui éclaterai la tête le jour où je l’aurai en face de moi mais là, à cet instant ce n’était pas ce vil que je voyais par terre mais Cameron l’autre lui. Celui qui ne pouvait être qu’un bon samaritain, discret et aimable. Discret comme mes parents. Comme lui. Comme les siens. Je vis de nouveau rouge et m’approchai pour lui en mettre une autre mais fut perturbé par une piqure de rappel. La banque, ses propos, son aide dehors puis ici. Son air confus et penaud à la fois de faire cette constatation qui aurait étonné un blaireau. Il était stupide et je m’enrageai de sa stupidité. Il ne semblait avoir remarqué la différence avec ses parents, avec les miens, simples humain alors que lui, lui était tout autre chose. Il était moi. Il était autre. J’étais dans un brouillard oppressant. Alors j'hurlais.

MAIS QUEL ENFOIRE ! FILS DE …. Putai* ! MAIS T ES… T ES …. ENFOIRE !

Je tournai en rond dans la pièce hésitant à lui coller une ou deux à chaque fois que je m’approchai de lui. Deux images s’opposaient en moi celle de celui que j’appelai Cameron et celle de l’autre, le détestable Camille, l’image que je m’en étais faite.

T’aurai pas pu être un connard !? Un simple et énorme connard de riche imbu de lui-même transpirant l’indifférence ! Non ! Espèce de salopard ! Bord*l !

Je m’arrêtai et repris a m’approchant de lui  soufflant très bas.

Mais en fait, t’es stupide c’est ça ? Tu te changes en ce que tu veux alors que tes parents ne se transforment pas et tu trouves ça normal…. T’es stupide, non mais avoue… Tu te TRANSFORME en poisson, pigeon ou cabot et tu trouves ça normal !? Tu rencontres un mec du même nom que toi avec la même date de naissance et tu trouves ça normal !?

Puis ma voix devint plus forte

MAIS DIS MOI TU TROUVES CA NORMAL D ETRE AUSSI CON !?

Je m’emportais.

Tu devais être un connard tu comprends, je devrais te détester et au lieu de ça tu m’as aider ! Tu as volé MA vie ! Tu es le fils de MES parents ! De tes parents fin… Putain ! Que c’est compliqué ! T’as pigé !?

Je m’arrêtai devant lui et articulais :

JE-SUIS-CELUI-QUE-TU-AURAIS-DU-ETRE---TES-PARENTS-SONT-MES-PARENTS-ET-MES-PARENTS-SONT-LES-TIENS ! CAPITO !?

Sur ce, je regardai une dernière fois le jeune homme confondant deux images. Une avec des cornes l’autre avec une auréole. Des souvenirs s’entrechoquèrent et c’est avec un ultime effort que je me détournai de lui sortant de la pièce en claquant la porte. Les regards étaient tournés vers la porte et c’est d’un léger sourire que je pris la direction de la sortie. Je connaissais enfin son visage et au final ne préférait plus le revoir. Je ne savais comment vivre avec son souvenir : cameron ou camille. Je ne savais plus. Je ne saurai pas.
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MessageSujet: Re: You take what is yours and I'll take mine [Livre II - Terminé]   Ven 26 Juil - 11:44




 You take what is yours and I'll take mine

J’haussais des épaules sans ajouter quoique ce soit quand il m’avoua être gêné. De toute manière, si je devais compter le nombre de fois où j’avais failli crever et la plupart liée à mon incompétence… Ce n’était pas vraiment que je m’en fichais mais disons que dans le feu de l’action, je n’avais même pas tout à fait réalisé. Aussi, ses excuses et ses remerciements me firent sourire. C’était un mec sympa malgré sa tendance suicidaire à la provoc. « De rien.  Mais c’est juste de l’assistance à personne en danger – bon j’ai pas tout à fait réussi à te protéger de toi-même dans la banque mais…. je fais que mon job de citoyen. Puis entre français, on doit bien se serrer les coudes ! » Je me voyais mal de toute manière laisser quelqu’un se faire massacrer sous mes yeux pour des idioties. J’avais vu assez d’horreur comme ça pendant la guerre, sur les champs de bataille. Je lui laissais le temps de rassembler son attention et jouais distraitement avec le stylo bille que j’avais trouvé à l’accueil. Mes yeux parcouraient encore distraitement les renseignements que je devais collecter. Je me demandais bien quel âge il avait ce gamin quand même. Sous les lumières de l’hôpital, il ne me semblait plus si jeune que ça.  Il reprit alors la parole et à mesure qu’il parlait, j’inscrivais soigneusement de ma main gauche les informations. Fontaine ? Cela m’arracha un nouveau rictus amusé, quel coïncidence, après c’était loin d’être un nom rare. 17 novembre 1989 ? Je relevais discrètement mon regard, confus. C’était une blague ? Il avait vu mes papiers d’identité ou quoi ? Non, impossible, je l’aurais vu et senti – en bon voleur que j’étais. Nous enchainions trop de points communs et là, ça en devenait absurde. Nous étions nés dans le même pays, le même jour, la même année avec un nom de famille quasiment similaire. Ça ne semblait pas… Normal ? C’était suffisamment troublant pour que j’articule sans même écouter sa dernière remarque « Eh bien Tim, le hasard est étrange, nous partageons un nom de famille et une date de naissance. » J’avais essayé d’être léger même si ça m’a interpellé de façon plutôt brutale. Je ne croyais pas au hasard et il me prouva que j’avais raison de croire que cette situation au moins avait une cause.

Je le vis alors se décomposer sous mes yeux ce qui fit nettement accéléré mon rythme cardiaque. Oui, définitivement, quelque chose clochait. Qui était ce type ? Qu’est-ce qui se passait là ? Son visage insouciant et ouvert laissa place à une expression mitigée alors qu’il déduit très – trop rapidement mon prénom en entier. Quand je m’arrêtais à mon diminutif, peu de personne savait deviner comment je me nommais – peu voir personne en fait. Il me connaissait ? J’étais censé le connaître ? Je ne comprenais vraiment rien. La poitrine déjà oppressée par une angoisse irrationnelle, je me contentais d’hocher la tête à l’affirmative. Ses traits perdirent toute trace de sympathie et je vis la colère se muer en rage sans que je puisse faire ou dire quoique ce soit. Mon identité l’énervait, non c’était pire que ça, dans son regard je percevais une haine que je ne m’expliquais pas.  Je me relevais sans réfléchir, peut-être sentant le danger poindre, peut-être pour tenter de le raisonner, peut-être pour le forcer à parler. Je n’eus pas le temps de mettre ça au clair avec moi-même car avant de le réaliser, son poing se ficha dans ma joue. Je fus déséquilibré car me tenant déjà mal à la base, pas prêt à recevoir un coup aussi soudainement. Je me laissais retomber au sol, sonné et officiellement largué. Je me frottais la joue ahuri et fixais mon agresseur avec incompréhension. Il m’insulta ce qui me fit froncer les sourcils. Mais… ? Il s’agitait encore et je m’attendais à ce qu’il revienne me cogner sous peu. J’essayais de reprendre contenance avant que ça soit le cas. Je n’allais pas me faire tabasser par un parfait inconnu alors que je venais de l’aider tout de même ? Bon sang mais qu’est-ce qu’il me voulait ? Il reprit aussi sec sa tirade. Riche ? Oui, il savait vraiment qui j’étais. Que s’était-il passé entre nos familles ? Mon cerveau tournait à plein régime, trouvant des hypothèses farfelues. Mes parents avaient dû… Me changer en… ? Quoi ? Me transformer ? Comment savait-il que… Quoi ? Je perdis de façon radicale le peu de couleur s’étalant sur ma peau. Il connaissait mon secret, il connaissait l’existence des métamorphes et je ne comprenais vraiment plus rien, moi. Non, je ne trouvais pas ça normal que nous partagions tout ça, tout ça n’avait rien de normal. Pas plus que ses connaissances sur moi, pas plus que cette situation.

Et oui, j’étais con parce que je ne comprenais vraiment pas d’où il débarquait et encore moins ce qu’il cherchait. Il devait me détester ? Je lui avais volé sa vie ? Comment… ? J’étais le quoi... ? Non, rien ne percutait ma cervelle là. Il répéta et je restais là comme un attardé, paumé. Il partit, je voulais le rattraper ou l’interpeller mais je ne parvenais pas à me relever et encore moins parler. Je n’avais rien dit, j’étais resté muet. Je refermais ma réalité et me focalisais sur ses dernières paroles. Je fermais mes paupières et me répétais mentalement en boucle ça. Il était celui que j’aurais dû être. Mes parents étaient… ses parents. Ses parents, les miens. Je me le repassais encore et encore. Je ne parvenais pas à y croire. Non, ça me semblait impensable. Ça ne pouvait pas être… Non, ce genre de trucs ça n’arrivait plus à notre époque. La vigilance et le système ne pouvaient pas… Non… Ça ne pouvait pas justifier mes… Je ne pouvais pas croire que… Même mentalement, j’étais essoufflé. Je niais en bloc les conclusions qui commençaient enfin à s’imposer. Je ne voulais pas relier les informations entre elles, je le refusais. Non. Mes parents étaient … Ils étaient humains et je savais que quelque chose clochait. Non, j’avais dû être adopté dans le pire des cas. Ils étaient au courant… Ça ne pouvait pas être… Timothée… Le 17 novembre 89, Fontaine. Non… Cette vérité… Ça ne pouvait pas être la bonne. C’était une erreur. Non, c’était moi l’erreur. C’était lui et moi, les erreurs. Nous étions... Nous avions été... Non, c'était un cauchemar. J’eus l’impression de me manger un second poing dans l’estomac. J’avais envie de vomir. Une voix m’extirpa de ma transe et quand je redressais péniblement la nuque, je constatais qu’une infirmière essayait de m’aider à me relever. Je me hissais sur mes jambes et ne compris absolument rien de son discours. Je la regardais à peine, je discernais à peine ce qui m’entourait. Je me vis reprendre la fiche à peine complétée et la glisser dans ma poche avant de partir moi-même sans me soucier de ce que me scander le personnel. Je sortis de l’hôpital toujours sous le choc et toujours aussi peu conscient du présent. Je ne repris même pas ma voiture, je me mis à marcher. Je marchais, je ne réfléchissais plus. J’avançais. Je ne savais pas où j’allais mais je partais. Ailleurs, vite, loin, peu importe où. Je ne voulais pas croire ça. Non, ça n’était pas possible - je n'avais même pas envisagé ça dans mes théories. Non... Je fuyais la clinique croyant peut-être échapper à l’évidence. Pourtant elle se rejouait de façon lancinante dans mon crâne, dans ma poitrine, elle s'enfonçait dans ma moelle épinière jusqu'à ce que je daigne la voir. Je n’avais jamais été le fils des Fontayn.

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You take what is yours and I'll take mine [Livre II - Terminé]
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