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Expect the unexpected [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Sam 8 Juin - 16:09




Expect the unexpected


Je ne savais pas ce que je venais faire là. C'était une mauvaise idée. J'étais totalement stupide, ou complètement folle, difficile à dire. A peine revenue à Glasgow, j'étais de retour dans mon ancien immeuble, devant la porte de mon ancien voisin. Enfin, Camille était bien plus qu'un voisin. Il était mon ami, il était, ou avait été, mon amant… à vrai dire il avait eu tant d'étiquettes que j'étais incapable de dire aujourd'hui ce qu'il représentait pour moi. J'étais partie parce que je commençais à tomber amoureuse et j'avais bêtement cru que m'éloigner était la seule solution pour y voir plus clair. J'avais eu peur de devenir dépendante, j'avais eu peur de m'accrocher, d'espérer quelque chose pour lequel je n'étais pas prête. Les évènements s'étaient précipitées, ma vie avait été chamboulée et finalement, après six mois de cavale, je ne savais toujours pas ce qu'il en était. Je n'avais pas osé espérer revenir, le revoir, lui parler. J'avais essayé de faire un trait sur lui et ce qu'on avait pu avoir, quoi que cela ait été. Mais ça n'avait pas marché. Il m'avait terriblement manqué et j'avais plus d'une fois rêvé éveillée de le retrouver. Pas toujours de la façon la plus innocente qui soit, d'ailleurs...

Mais venir ici sans prévenir était une mauvaise idée. Je n'avais aucune idée de la façon dont il allait réagir. Il m'avait peut-être déjà oubliée. J'ignorais s'il serait content de me revoir, s'il s'était inquiété pour moi. Peut-être serait-il agacé. Après tout il avait tous les droits de m'en vouloir, même si ça ne durerait probablement pas, il était trop gentil pour ça. Mais finalement, ma plus grande inquiétude était qu'il soit totalement indifférent à mon retour. Je sentais les larmes me monter aux yeux à la seule idée qu'il m'envoi balader. Il était ce qui se rapprochait le plus d'une famille pour moi, même si je ne l'avais compris qu'en arpentait les chambres de motels sordides qui avaient jalonné ma fuite. Je ne comprenais pas la nature de ce qu'on avait partagé, ni vers où on s'était dirigé, si tant est qu'on se soit dirigé quelque part. Notre aventure avait à peine duré trois mois et aucun de nous n'avait voulu se compliquer la vie. Nous étions restés avant tout des amis qui partageaient de bons moments. C'était simple, naturel, facile. Comme presque tout en compagnie de Camille.

Pourquoi est-ce que je me torturais ainsi ? Je n'avais qu'à frapper à cette foutue porte et je serais fixée ! L'incertitude était pire que tout. Et pourtant, je n'y arrivais pas. J'avais peur, et il n'y avait personne pour me prendre par la main et me rassurer. J'étais toute seule avec mes doutes et mes inquiétudes. Je n'étais pas obligée de revenir dans sa vie. Était-ce raisonnable après tout ? Il ne méritait pas que je le mêle à mes problèmes… si j'étais libre et relativement tranquille, cela n'allait probablement pas durer… Mc Borough avait été clair. Je m'étais engagée à l'aider à lutter contre les autres semi-démons et je tiendrais ma parole. Mais à quel prix ? Et combien de temps pourrais-je repousser le moment où je sombrerais moi-même dans les ténèbres ? Je ne voulais pas que Camille souffre de mon côté démoniaque. Mais je n'étais pas sûre de pouvoir le combattre toute seule… et j'en avais assez d'être seule.

J'avais l'impression d'avoir fuit toute ma vie, ce qui n'était pas si loin de la vérité, et j'en avais assez. Je voulais agir maintenant, et malgré la peur qui me vrillait l'estomac et affolait les battements de mon cœur, je devais affronter l'avenir. Et la question que je devais me poser était simple. Est-ce que je voulais que Camille fasse partie de cet avenir ? La réponse était tout aussi facile, évidente même. Bien sûr que je le vouais, on se connaissait depuis plus de trois ans, il était pratiquement mon meilleur ami ! Même si nous devions être que ça, des amis, je ne voulais pas lui tourner le dos. La moindre des choses était donc de l'informer de mon retour et de lui donner une ébauche d'explication. Je fis donc face à la porte, levais le poing pour toquer, mais mon geste resta en suspend. Non, je ne pouvais pas. Pas maintenant, pas comme ça, il était trop tôt, je n'étais pas prête. Il me fallait encore un jour ou deux pour me remettre des mes émotions. Après tout, j'étais partie depuis six mois, quelques jours de plus n'y changeraient rien. Venir ici sur un coup de tête était de toute façon ridicule, je n'avais même pas préparé ce que j'allais lui dire. Franchement à quoi je m'attendais, à lui jeter un "Surprise !" lorsqu'il ouvrirait la porte ? Non, non, il me fallait un meilleur plan. Et pour l'instant, il fallait surtout que je quitte cette cage d'escalier. Je regardais la porte une dernière fois, hésitante, et finis par me détourner pour m'en aller, non sans une pointe de regret.



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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Sam 8 Juin - 17:23




Expect the unexpected


Je pourrais mentir et vous expliquer que ce n’est pas une vraie cigarette qui repose entre mes lèvres. Il en existait des fausses en pharmacie aux goûts surprenants pour consoler le pauvre fumeur en attendant qu’il puisse se passer de nicotine. J’en avais déjà testé. Ridicule système qui franchement n’aide en rien du tout. Malheureusement, je commençais sûrement et doucement à reprendre mes vieilles habitudes. Après sept ans à jongler entre l’arrêt et quelques rechutes minimes, je venais de me racheter un paquet sur le chemin du retour. Ça serait drôlement facile également de blâmer l’homme que je venais de quitter de m’en avoir donné l’envie en m’accueillant avec une clope au bec mais ça serait très réducteur et très lâche de ma part. Disons que c’était un concours de circonstances, tout s’était un peu enchaîné dernièrement. Je n’arrivais plus à gérer mon stress et Krystel Raybrandt obtenait très certainement la palme haut la main concernant ce changement dans mes bonnes résolutions. La nicotine me détendait et je ne pouvais rien y faire. Néanmoins, toujours avec le bon espoir que je puisse surmonter ce nouvel accroc sur mon parcours anti-tabac, je ne comptais pas en fumer dans mon appartement. J’avais réussi à ne pas en allumer une seule à l’intérieur depuis mon emménagement et je comptais au moins respecter ça. Il y avait des limites à ma stupidité. C’est pour ça que depuis dix minutes, je suis assis là devant mon immeuble, vitre ouverte à savourer l’interdit. Alan ignorait à quel point je manquais à tous mes serments à ce niveau, il allait encore me ressortir ces images de poumons… Je soupirais d’avance puis écrasais mon mégot dans le cendrier de ma voiture. Il faudrait peut-être que je songe à éliminer les preuves sauf que je me doutais que ça ne servirait à rien. Notre odorat était bien plus développer que celui des humains et autant se l’avouer, cette fragrance était l’une des plus persistantes et révélatrices. Tant pis. Je me tournais vers la banquette arrière et m’emparais des deux sacs de courses rempli. J’avais enfin pensé à réapprovisionner mon frigo. Les bras chargés, je claquais la portière avec mon talon et après multiples acrobaties, je réussis à verrouiller mon véhicule gardant les clés dans la paume de ma main pour ouvrir l’entrée de mon deux pièces.

Je grimpais les marches rapidement en repensant à ma rencontre un peu plus tôt avec le métamorphe. J’allais devoir envoyer téléphoner à Alan pour lui en parler comme d’habitude. Je me jurais de le faire une fois que j’aurais rangé tout ce que je transportais. Arrivé à la hauteur du palier, un certain arôme me frappa et je crus à un mirage olfactif. Longtemps, son odeur avait traîné dans l’immeuble, j’avais appris à la traquer sans m’en rendre compte y trouvant un certain réconfort à son absence physique. Cela faisait un moment que toute trace de parfum avait déserté l’endroit cependant. Ça me semblait impossible. Puis en relevant les yeux, je la vis face à ma porte le poing levé. Mon rythme cardiaque s’accéléra drastiquement et je restais figé face à cette apparition pour le moins inattendue. Je la contemplais ainsi pendant de longues secondes, n’y croyant pas vraiment. Ensuite, elle se retourna, délaissant la possibilité de me déranger si j’avais été à l’intérieur. Je devais interpréter ça comment ? Je n’eus pas le temps de polémiquer avec moi-même à ce propos car nos yeux se percutèrent bien vite. Quoi dire ? Que faire ? Un blanc opaque s’étalait dans mes méninges. Je ne m’étais pas préparé à son retour bien que je l’avais envisagé un millier de fois dans les deux premiers mois après son départ. Je n’avais pas voulu la penser morte, ça avait été impensable de le croire. Pendant les 6 mois qui nous avait séparés, j’avais eu ma propre dose de malheur et pendant toute cette période, je ne m’étais pas laissé trop de temps pour y réfléchir - à la raison de son départ soudain. J'en étais venu à la simple conclusion d’en avoir été la cause. Sinon, pourquoi partir en catastrophe sans m’en toucher un seul mot, une seule explication. Même en cas d’événements graves, elle aurait pu me contacter ne fusse que par portable.

Je ne m’attendais pas à ça. Je ne m’étais pas attendu à la revoir, ici comme avant. J’avais les bras toujours encombrés et je ne savais même pas comment la saluer. Où en étions-nous ? Nous ne l’avions jamais su. Et aujourd’hui, j’étais plus largué que jamais. Une partie de moi était soulagé de la savoir vivante, et apparemment en bonne santé. Une autre s’interrogeait déjà. Et puis, il y avait le tout que ces deux parts formait. Je m’avançais vers elle avec cent cinquante mille phrases à lui prononcer du simple « salut » au « qu’est-ce que tu fais là ? Où étais-tu ». De l’impersonnel à l’offusqué en passant par l’émotionnel. Au final, je me plantais devant elle à quelques centimètres et la détailla longuement. Son insolente beauté ne m'aidait pas à formuler des phrases cohérentes. Elle m’avait manqué, vraiment manqué. Le nier aurait été hypocrite de ma part. Après je ne savais pas comment interpréter sa fuite, son silence et encore moins sa présence, son retour . J’ouvris la bouche pour la refermer. Puis je déposa un de mes paquets au sol afin d’ouvrir la porte de mon antre et d’un hochement de tête, je l’invitais à entrer. Un sourire un peu faiblard fit son apparition à la commissure de ma bouche, j’avais peur qu’elle refuse et qu'elle me rejete. J’ajoutais pour appuyer mon comportement « Tu entres ? » Peu importe la conversation que nous aurions, je ne comptais pas la démarrer ici là où tout le monde pouvait nous entendre. Je repris le sac à terre et lui laissa le champ libre pour entrer la première. De là où j’étais, j’apercevais mon lit au fond dans le coin gauche de la pièce, mon fauteuil proche de l’entrée. Le coin cuisine m’était voilé par l’encadrement de la porte à droite pour l'instant.



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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Sam 8 Juin - 22:36




"Tu m'as manqué, Camille..."


Mon cœur rata un battement lorsque mes yeux plongèrent dans les siens. La bouche légèrement entrouverte de surprise, je m'efforçais de réprimer un mouvement de recul. Depuis combien de temps était-il là ? Avait-il été témoin de mon dernier acte de lâcheté ? Je préférais l'ignorer. Je le dévisageais sans savoir quoi dire, sans oser prononcer mot, essayant de deviner dans ses traits ce que lui inspirait ma présence. Pour ma part, j'étais sous le choc. J'avais l'impression de redécouvrir ses traits auxquels mes souvenirs ne rendaient pas justice. J'avais presque oublié à quel point Camille était bel homme. Il était là, face à moi, désarmant de simplicité et j'étais incapable de dire un mot. Le revoir me faisait réaliser à quel point il m'avait manqué, bien plus encore que je ne le pensais… Il s'approcha de moi, réduisant l'espace entre nous à quelques centimètres et m'observa, ses yeux reflétant la même incertitude que celle qui régnait sous mon propre crâne.
Je cru qu'il allait dire quelque chose mais il se ravisa. En silence, il alla déposer un de ses paquets près de la porte tandis qu'il l'ouvrait. Pendant un instant, sans même m'en rendre compte, j'avais retenue ma respiration, convaincue qu'il allait me planter là. Mais il me fit signe d'entrer et son invitation me laissa l'espoir que les choses pourraient s'arranger. Au moins, ne m'avait-il pas envoyé balader. Je n'étais pas sûre qu'accepter soit une bonne idée mais lorsqu'il me demanda si j'entrais, j'acquiesçai et le précéda dans le deux pièces que je connaissais si bien. Rien n'avait changé depuis mon départ et bizarrement, cela m'apaisa. Puisqu'il avait des courses à ranger, je me dirigeais naturellement vers la cuisine. Dès qu'il eut déposé les sacs sur le plan de travail, je me mis à l'aider à en ranger le contenu, retrouvant très facilement mes marques dans ce petit appartement où nous avions passé tant de temps ces trois dernières années. Je ne savais pas quoi dire, mais ces gestes machinaux m'aidaient pour l'instant à garder la tête froide. Mais bientôt les sacs furent presque vides et nos mains se frôlèrent sur le dernier article. Je n’eus d'autre choix que de lever les yeux vers lui et nos regards se croisèrent à nouveau. Je retirai ma main, embarrassée. Je ne comprenais pas que les mots soient si difficiles à sortir. J'avais toujours pu parler de tout avec Camille. Enfin presque tout si on oubliait ma pseudo crise d'angoisse après notre première nuit ensemble ou ma nature de sémi-démone. Mais aujourd'hui, les phrases se mélangeaient dans ma tête et rien ne me semblait adapté. Pourtant, je ne pouvais pas rester indéfiniment silencieuse. Je lui souris timidement et glissai une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, signe qui trahissait toujours mon anxiété.


- Comment tu vas ?

C'était une entrée en matière pitoyable, cela dit la réponse m'intéressait. Il avait l'air fatigué et tendu, même si ce dernier point pouvait éventuellement s'expliquer par ma présence.
Je me mordis la lèvre inférieure, incertaine. Peut-être ne m'avait-il fait rentrer que pour mieux me signifier qu'il ne voulait plus me voir. Il n'était pas du genre à faire une scène dans le hall de l'immeuble. Je marchais sur des charbons ardents, terrorisée à l'idée de tout gâcher si je choisissais mal mes mots. J'avais tant de choses à lui dire et ce serait peut-être ma seule occasion avant qu'il ne me raye de sa vie. Il était temps d'être honnête avec lui.


- Tu m'as manqué, Camille.

Ho misère, je n'avais pas prévu de dire ça. Pas comme ça, pas si vite, mais c'était fait et c'était on ne peut plus vrai. J'en avais mal aux tripes tellement il m'avait manqué et tellement il me manquait encore alors que nous étions pourtant si proche l'un de l'autre. Je n'arrivais pas à réfléchir correctement, troublée par sa proximité et par la chaleur qui émanait de lui. Je fis quelques pas pour m'éloigner un peu et secouai la tête en laissant échapper un soupir:

- Je crois que je te dois quelques explications…



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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Dim 9 Juin - 0:13




Expect the unexpected

Elle accepta ma requête et la suite se déroula de façon conventionnelle, réglée comme du papier à musique. Nos habitudes reprenaient docilement le dessus, c'était effrayant et rassurant dans ce contexte. Les choses entre Becky et moi s'étaient accélérées sur les trois derniers mois où je l'avais côtoyé. Elle était une première pour moi. Nous avions une amitié plus ou moins stable, durable. Elle s'était facilement intégrée à mon quotidien et je n'avais pas eu peur des retombées vu que nous restions tous deux ancrés dans la case ami. Bien sûr, elle m'avait toujours plu. Le fait qu'elle soit une voisine m'avait vachement refroidi. Les aventures d'une nuit avec des filles de « passage », c'était facile pour moi. Et je me voyais mal déménager à la suite d'un incident pareil. Parce que oui, ma peur panique face à l'attachement ne me quittait pas et je savais pertinemment ce qui m'attendait si il se passait quelque chose. J'avais cru qu'en restant calé dans le cadre «voisin/voisine », ça passerait. Du coup, je n'avais pas eu le temps de m'inquiéter de la voir aussi souvent, de traîner avec elle régulièrement. J'étais un solitaire et pendant cette période noire où je ne voyais pas le bout de mes ennuis, ma vie qui disjonctait dans beaucoup de sens, tout ce qui me tombait sur les épaules et surtout mes problèmes financiers, familiaux, Rebecca avait été d'une grande aide. De tout ça, elle n'en savait rien. Je ne me confiais vraiment à personne, même pas à elle. Nous parlions de tout sauf de moi – j'y veillais. Elle conservait certains mystères également mais aucun de nous deux ne comptait creuser les zones d'ombre que nous nous imposions. Nous avions trouvé un bon équilibre l'un avec l'autre. Et puis... l'alcool a fait le reste un soir. Trois années à freiner des pieds, tous mes efforts réduit à néant en une seule nuit. Ca a été gênant tout un temps et finalement, l'attraction demeurait trop forte malgré le fait que nous ayons cédé. On ne parlait pas de ce qu'il se passait, on le vivait simplement. Parfois, ça m'inquiétait et je partais en vraie crise d'angoisse comme je savais si bien le faire. Elle ne connaissait aucun de mes secrets, elle ne savait pas qui j'avais été, ce que j'étais entrain de devenir. Je ne voulais pas d'une relation amoureuse sérieuse. J'avais envisagé de mettre un terme à nos petits jeux mais dès que je la voyais, tout ce que j'avais pensé tombait en lambeaux à mes pieds. Trois mois à sauter d'une phase de rejet à l'autre qui menait directement dans ses bras. En partant, elle avait mis un terme à la dualité qui s'opérait constamment en moi. Mais maintenant, elle était là comme avant. A m'aider alors que je rangeais les courses. Je réalisais après ces 6 mois de séparation à quel point ce que nous avions pu vivre était irréel et bien moins éphémère que j'aimais à le croire. Ça me fichait littéralement la trouille.

Je voulus effleurer sa main juste une fois, juste pour réaliser qu'elle se trouvait bien là devant moi. Je le fis alors qu'il ne restait qu'un article au fond du sac. C'était dingue comme je me sentais attiré par elle. L'éloignement avait renforcé ça, le décuplant grotesquement. Je vis que le frôlement l'a perturbé, ça me réchauffa de l'intérieur. Nous n'avions rien dit jusqu'ici. Je n'étais pas doué avec les mots dès qu'il s'agissait de mes sentiments. Je ne savais pas m'exprimer sur ce que je ressentais, j'étais fait comme ça. Je ne savais même plus ce que je devais penser, faire, éprouver. Suivre notre vieille routine avait pu nous donner l'illusion que tout ceci était parfaitement normal. Maintenant face au vide des sacs, il ne restait que notre mutisme commun, un paquet d'incompréhension et une foule de désirs oppressants. Sa voix, enfin, perça notre brume et je ne pus contenir mon sourire. C'était une introduction peu appréciable pour moi qui ne disait jamais ce qui m'animait. J'improvisais alors.

«  Merci pour les courses... ça... peut aller et toi ? » Ça sonnait faux cette façon de prendre des nouvelles de l'autre de cette façon dépersonnalisée. Elle se mordit la lèvre et j'eus alors énormément de mal à me concentrer sur notre ébauche de conversation. Je n'aimais pas lui avoir manqué et j'aimais ça aussi. C'était très confus dans ma tête, ma vie n'avait de cesse de se compliquer en ce moment. Elle recula ce que je déplorais mais elle avait raison, nous devions être raisonnable cette fois-ci. Je fixais ses prunelles alors qu'elle jugeait me devoir une explication. Nous n'étions pas un couple, elle n'avait pas de compte à me rendre techniquement. Je lui cachais volontairement ce que j'étais, ce que je faisais. Elle avait le droit à ses confidences. Ce qui m'intéressait plus que les raisons de son départ, c'était celles qui l'avait fait revenir. Voulais-je vraiment le savoir ? Oui et non bien entendu. Bien entendu. Je m'arrachais à ma contemplation et sortis deux verres des placards avant de prendre deux, trois bouteilles de soda différentes de les placer devant nous. Je me servis, lui laissant le choix de ce qu'elle comptait ingurgiter. Ensuite, je bus une longue gorgée de mon breuvage puis reposais mon récipient sur le plan de travail, toujours debout dans cette cuisine. A voir sa gêne, je me sentis un peu mal alors je rajoutais
« Becky... Si tu n'as pas envie d'en parler, ne te sens pas forcée. » J'eus extrêmement du mal à ne pas enjamber les quelques mètres qui nous distançais. Je repensais à son déménagement subi, à son hésitation face à ma porte. Puis je la revis reculer après que nos paumes se soient effleurées. Et si... elle regrettait d'être là tout simplement ? Et si elle n'était revenu que pour un service ? Et si... Ma patience était mise à l'épreuve. Je n'osais même pas avancer la main pour retrouver la sienne de peur de faire tout dégénérer. Nous marchions sur un fil de verre. La tension entre nous n'était pas due uniquement aux circonstances. Et une seule interrogation brûlait mes lèvres. Je la jouais peu subtil en lui demandant ça mais toute cette énergie qui circulait entre elle et moi me bouffait. « J'aimerais juste savoir... Est-ce... que ...» . C'est ma faute? Je ne parvenais pas finalement au bout de ma question, m'arrêtant à mi-chemin. Je ne savais pas être direct avec les gens en général, avec ceux qui comptaient surtout.



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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Dim 9 Juin - 9:12




"Tu me crois, n'est-ce pas ?"


Le voir sourire remua quelque chose en moi et je ne pu m'empêcher de sourire à mon tour. J'avais conscience du ridicule de cette entrée en matière et je savais que lui également. J'acquiesçai, ne lâchant qu'une petite "ça va…" qui sonnait faux. Non ça n'allait pas, rien n'allait, rien n'avait été ces derniers mois, et me tenir face à lui était à la fois incroyablement simple et incroyablement difficile, au point que j'en avais presque la tête qui tournait. Il fallait que je lui explique, même si je ne pouvais pas tout lui dire. Il sortit deux verres et trois bouteilles de soda. J'attendis qu'il se soit servi pour l'imiter mais ne touchai pas à mon verre. Je réfléchissais à toute allure à ce que je voulais lui dire, à ce que je pouvais lui dire pour qu'il comprenne sans pour autant qu'il ne devine mon secret. Je n'avais jamais autant détesté ce que j'étais qu'à cet instant précis. Rien de tout cela ne serait arrivé si j'étais totalement humaine. Jamais je n'aurais eu à fuir, et à l'heure qu'il était, je n'aurai plus été aussi confuse en ce qui concernait notre "relation". Nous n'étions pas un couple, même si étrangement c'était pourtant exactement ce que nous avions été sans nous en rendre compte ou sans vouloir l'avouer. Cela n'avait duré que trois mois, mais on se connaissait depuis si longtemps que finalement, tout était faussé. Je m'en voulais terriblement d'avoir prit peur ce jour-là. Tout aurait été différent et la PES n'aurait jamais été au courant de ma vraie nature. J'avais tout gâché et même si je tâchai de réparer mes erreurs et de remettre de l'ordre dans ma vie, j'avais peur d'avoir fait trop de dégâts pour qu'on puisse me pardonner. Camille pouvait-il me pardonner ?
J’eus un petit sourire triste lorsqu'il m'assura que je n'étais pas obligée de lui en parler.

- Je sais…

C'était du Camille tout craché… si j'avais été à sa place, si c'était lui qui m'avait abandonné du jour au lendemain sans prévenir, je crois que je n'aurais jamais pu m'empêcher de lui faire une scène. Comment j'avais pu lui faire ça ?
J'écarquillai les yeux de stupeur lorsqu'il commença une question qui resta en suspend entre nous. Camille ne parlait jamais de lui, mais même si je ne connaissais pas son histoire, je le connaissais, lui. Tout ce que je savais de lui, je l'avais appris à ses dépends, malgré lui, en l'observant, en l'écoutant, entre lisant entre les lignes. Alors je n'eus pas besoin qu'il finisse sa phrase pour comprendre qu'il se croyait responsable de mon départ. Mon cœur se brisa à cette pensée. Jamais je n'avais voulu qu'il se sente fautif, jamais je n'avais imaginé ne serait-ce qu'une seconde qu'il se sentirait coupable de mon départ. Je sentis mes yeux s'embuer de larmes. Je voyais bien à quel point il était perdu, comme moi, et je ressentais le besoin irrépressible de le consoler et de le rassurer.
Je comblai l'espace entre nous et posai ma main sur son bras, essayant d'ignorer la décharge électrique que provoquait le contact de ma peau sur la sienne tandis que je répondais précipitamment :


- Non ! Non, non, non, ce n'est pas toi, ça n'a rien à voir avec toi, je te le jure…

Et c'était la vérité, au fond. C'était Mc Borough qui m'avait forcé à l'exil, pas Camille. Quels qu'aient été mes doutes et mes incertitudes quand à ce que nous vivions et qu'aucun de nous n'assumait vraiment, je n'avais jamais eu l'intention de partir définitivement. Je me connaissais, j'avais fui parce que j'avais eu peur, j'avais voulu m'éloigner pour y voir plus clair, mais s'il n'y avait pas eu ce foutu incident à la gare, je serais revenue quelques jours plus tard et il n'aurait même jamais rien su de ma crise de panique. Mais eu lieu de ça, j'avais disparu de la circulation et le proprio avait mis toutes mes affaires au garde meuble où elles devaient d'ailleurs encore se trouver. A moins qu'il s'en soit débarrassé, mais pour l'instant c'était le dernier de mes soucis.
Pour l'instant, je n'avais plus conscience que d'une chose et c'était lui. Lui et la lueur dans son regard, lui et cette inquiétude que je lisais sur son visage et que je voulais désespérément effacer.
Doucement ma main vint se poser sur sa joue légèrement rugueuse et mes yeux embués plongèrent dans les siens. Je voulu dire quelque chose, mais avant que j'ai pu formuler une pensée cohérente, nos lèvres s'étaient soudées et un artifice de sensations me fit oublier tout ce qu'il restait de mes bonnes résolutions. J'avais envie de lui, de combler le manque de ces mois d'absence, je voulais lui prouver, mieux qu'avec des mots, que rien n'avait changé. Mes mains vinrent entourer son cou tandis que ses bras enserraient ma taille pour m'attirer plus près de lui encore. L'alchimie entre nous n'avait jamais été aussi forte. Je savais que ce n'était pas raisonnable, j'avais encore mille chose à lui dire, mais je ne pouvais plus détacher ma bouche de la sienne. Je n'avais aucune envie de m'arrêter, aucune envie de réfléchir et de parler. Je voulais me sentir mieux, je voulais qu'Il se sente mieux, je voulais retrouver mes marques, reprendre les choses là où on les avait laissé, même si ce n'était que pour quelques heures. L'une de mes mains glissa dans ses cheveux, l'autre dans son dos. Ses baisers sentaient le tabac et le soda et j'avais l'impression d'être une droguée. Tout m'avait manqué chez Camille, son sourire, sa nonchalance, ses mystères, sa façon de me taquiner parfois, ses baisers… ho bon sang comme ses baisers m'avaient manqué…
J’eus soudain un éclair de lucidité et la culpabilité me frappa de plein fouet, m'obligeant à écarter mon visage du sien.


- Camille, attends… attends.

Il fallait que je me remette les idées en place ce qui était difficile avec mon corps entier en ébullition. Je posai mes deux mains sur son torse, incapable de briser complètement notre étreinte. J'avais envie de pleurer. Pleurer de joie, de soulagement, de tristesse et de culpabilité, tout ça à la fois, mais je m'efforçais de retenir mes larmes. Je savais à quel point Camille était mal à l'aise face aux pleurs et je lui avais déjà fait assez subir sans lui rajouter ce poids sur les épaules.
Haletante, les yeux humides, les joues rougies de plaisir et les lèvres gonflées par nos baisers, je levai les yeux vers lui.
Et maintenant que j'avais toute son attention, je ne trouvais plus mes mots.
J'agrippai son bras de peur qu'il s'écarte et qu'il me prive de sa chaleur. Je ne savais plus où j'en étais. Tout ce que je savais c'est que je ne voulais pas qu'il s'éloigne. Mon cœur battait si fort dans ma poitrine que j'étais persuadée qu'il pouvait l'entendre.


- Je suis désolée, je ne voulais pas partir comme ça… tu me crois, n'est-ce pas ?

J'avais besoin qu'il me croit, j'avais besoin qu'il me pardonne. Il disait que je n'avais pas d'explication à lui donner mais au fond, on savait tous les deux que ce n'était pas vrai. Nous avions partagé quelque chose, quelque chose de fort, même si on refusait de l'avouer. Sa simple présence m'intoxiquait complètement. Jamais je n'avais imaginé que mon désir pour lui serait si fort après ces longs mois. J'avais cru que la gêne et le regret gâcheraient tout mais nos corps semblaient se moquer de ce que je croyais. J'avais envie de lui et il avait envie de moi. Mes yeux glissèrent jusqu'à ses lèvres. Je n'avais qu'une envie, c'était qu'il m'embrasse à nouveau.


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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Dim 9 Juin - 10:55




Expect the unexpected

Finalement, ce fut elle qui brisa la distance que nous nous infligions. Sa main se posa précipitamment sur mon bras et ce fut encore plus difficile pour moi de contenir tout ce flot d’attente, d’envie alors qu’elle était là, si proche. C’était un peu dérangeant sa façon de deviner ce que je taisais volontairement, elle me connaissait. Mon cœur en loupa un battement d’angoisse. Ce simple fait suffisait à m’effrayer de la nature de notre relation. Je n’avais jamais été bien loin dans mes relations avec autrui même en amitié. Le fait d’être métamorphe et gosse de riche m’avait écarté naturellement des autres. Alan pouvait se vanter d’être le seul réel ami que je puisse avoir. Et Rebecca, c’était inédit. Mes connaissances féminines s’évaporaient toujours qu’il se soit passé quelque chose ou non. Ce que nous avions partagé ne se rapprochait pas de près ou de loin à ce que j’avais pu vivre si ce n’est … Non, j’avais juré que ça n’avait rien à voir. Je m’étais forcé à croire et à gober que ce que nous avions était typiquement charnel. J’avais réussi à m’en convaincre durant ces 6 mois où elle ne hantait plus l’immeuble. Qu’elle soit ici remettait beaucoup de mes idées préconçues en question mais j’en évitais les conclusions pour l’instant. J’en avais ras-le-bol de réfléchir, de me torturer sans arrêt. Mon existence ne se résumait qu’à ça, à anticiper, prévoir, observer, analyser. Là maintenant, je voulais juste pour une fois cesser de cogiter et juste vivre. Comme si elle avait réussi à grappiller de mes pensées, sa paume s’avança jusqu’à ma joue. Je gardais mes paupières entrouverte, conscient que toute la volonté qu’il aurait pu me rester gisait déjà un peu plus loin. Je m’étais senti plus seul que jamais quand elle avait mystérieusement disparu, la chaleur de sa voix, de ses yeux, de ses gestes m’avait terriblement manqué. Quelque part je savais que tout ça nous mènerait dans un mur tôt ou tard. Mais pour l’instant, nous avancions inéluctablement l’un vers l’autre. Ses lèvres trouvèrent facilement leur chemin jusqu’aux miennes à l’instar de nos corps. Mes bras étreignaient férocement sa taille tandis que ma respiration devenait de plus en plus incertaine. Chaque contact galvanisait cette attirance qui prenait des proportions aberrantes. Je remontais une de mes mains jusqu’à sa nuque, pressant davantage son corps contre le mien. J’égarais le fil de mes songes à mesure que je me perdais sur sa bouche. J’effaçais tout, ces six derniers mois sans elle, ma somme de problèmes récents, mes craintes, il ne restait plus qu’elle et moi ici. Enfin jusqu’à ce qu’elle s’écarte soudainement.

J’eus extrêmement de mal à rassembler un semblant de cohérence. J’envisageais de reculer un peu pour parvenir à reprendre un peu consistance mais elle m’en empêcha d’un mouvement. Je ne bougeais donc pas et plongeais mes yeux dans les siens. Je percevais son pouls agité qui faisait allégrement échos au mien. C’était facile pour un changeur avec un minimum de concentration de capter les détails qui échappaient aux humains. Tout ce qui m’indiquait qu’elle était dans un état similaire au mien ne m’aidait franchement pas à me concentrer sur ces paroles. Néanmoins, ses intonations m’y forcèrent. Sa sincérité, sa … douleur de ce que je pouvais en voir ne me faisait pas douter de ces dires. Que pouvais-je ajouter à cette déclaration ? J’avais moi-même voilé tout un pan de ma vie – plus qu’un pan. La guerre et ses retombées avaient gonflé et renforcé les secrets de tout le monde. La paranoïa générale les préservait et j’étais le premier à comprendre ça, à le respecter. Peu importait les raisons du départ, elle était revenue et apparemment, parce qu’elle le voulait. Je levais mes doigts jusqu’à sa crinière et les glissais jusqu’à atteindre son cou. Je collais mon front au sien plantant mon regard dans le sien, m’agrippant aux teintes qui se bousculaient dans ses yeux. « Je le sais ça Becky. Je ne t’en veux pas. Tu es saine et sauve, c’est tout ce qui m’importe.» C’était vrai… Les Années Sanglantes étaient mise entre parenthèses depuis un mois seulement. Elle aurait pu être blessée, tuée. Je lui avais volontairement épargné mes autres pensées. Ce qui comptait aussi vraiment c’était qu’elle soit là. Les mots ne signifiaient plus rien, ils étaient encombrants. Je n’ajoutais rien et repris les choses là où nous les avions laissés. Je revins lentement déposer mes lèvres sur les siennes, l’embrassant plus doucement qu’un peu plus tôt. Je fis courir ma bouche à la suite sur sa mâchoire, la courbe de sa nuque en humant à outrance son parfum. La retrouver était grisant. Je revins sur ses lèvres, les bras sur sa taille. Je la soulevais alors en gardant ma bouche contre la sienne afin de l’asseoir sur le plan de travail pour que nous soyons plus ou moins à la même hauteur. Je fis courir mes mains de son dos à ses épaules pour arriver sur ses joues avant de me détacher.

J’essayais d’éviter de réfléchir, de me rappeler surtout ma rencontre avec Tanwen qui avait eu lieu quelques semaines auparavant. Je ne trouvais pas ça honnête vis-à-vis de… mon amie ? Nous n’avions pas couchés ensemble, c’était vrai. Mais nous nous étions embrassés en plein milieu d’une dispute. Ou plutôt elle m’avait embrassé et je m’étais vengé aussi sec. Est-ce que ça comptait ? Je ne savais pas comment interpréter tout ce qui m’arrivait. J’avais l’impression de …tricher. Je ne croyais plus la revoir et… Mais là, je trouvais des excuses à un comportement stupide. Rebecca comme toutes les autres ne méritait un mec aussi frivole et indécis que moi. Pendant nos trois mois de je ne sais pas quoi, je n’avais pas côtoyé d’autres femmes. Et pendant ces six mois, il n’y avait eu que ce baiser. Je le jugeais déjà de trop et je me disais qu’en même temps, nous ne nous étions rien jurés. Je ne savais pas trop ce que je devais en penser, ce que je devais dire, faire. Je contemplais ses traits, caressais des yeux chaque parcelle de son visage. Dans un souffle, je murmurais « Becky… Je… J’ai cru que…» . Je n’arrivais encore pas à finir ma phrase, ça devenait maladif chez moi aujourd’hui. Je n’arrivais pas à lui dire que je n’étais pas l’homme qu’il lui fallait. Je ne savais pas ce que c’était d’être avec quelqu’un de façon permanente, je ne savais pas comment prendre soin de quelqu’un non plus. J’avais peur de souffrir et j’étais un idiot dès que mes sentiments entraient dans la course. Nous ne promettions rien, oui. Mais faire comme avant… ça marcherait combien de temps ? Tout mon être me disait de la fermer car il ne désirait qu’être avec elle comme avant. La retrouver avait été la chose la plus positive de ces six derniers mois. J’avais besoin… d’elle. Me l’avouer me rendit malade. Mon pouce roula sur sa bouche, glissa jusqu’à sa clavicule, son épaule, son dos. Je savais que je ne pourrais pas lui résister peu importe ma culpabilité, mes inquiétudes. Rebecca était un aimant et je me laissais faire sans grand mal. Alors face à l'inéluctable, je revins me poser sur sa bouche. Advienne que pourra.



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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Dim 9 Juin - 18:46




"Tout ira bien..."





Le temps sembla s'arrêter tandis qu'il collait son front contre le mien. Je me perdis dans ses yeux tandis qu'il me disait exactement ce dont j'avais besoin. Le soulagement que je ressentis fut indescriptible et j'eu beaucoup de mal à ne pas me mettre à sangloter comme une idiote. Au lieu de quoi, je lui souri et acquiesçai sans un mot tandis qu'il exauçait mes prières en venant à nouveau s'emparer de mes lèvres, avec une douceur qui contrastait étrangement avec la passion qui nous animait. Mon corps fut parcouru de frissons lorsque sa bouche glissa dans ma nuque. J'étais en train de perdre pied et ça m'était complètement égal.
Je le laissai me hisser sur le plan de travail en lui rendant ses baisers tandis que ses mains parcouraient mon corps mais soudain c'était mon visage qu'elles entouraient alors qu'il se détachait de moi. Je le dévisageai sans comprendre, inquiète de cet air déboussolé qu'il affichait. Il me dévorait du regard et pourtant son hésitation était palpable.


Citation :
« Becky… Je… J’ai cru que…» .

Je sentis mon cœur se briser face à l'inquiétude dans sa voix et je repoussai délicatement une mèche de son front avant de caresser son visage pour l'obliger à me regarder.

- Shhh… murmurai-je en français, essayant de mettre le plus de douceur et de sincérité dans mes mots. Tout va bien. Tout ira bien…

Je n'en savais rien, mais je voulais le croire, je voulais qu'il le croit lui aussi, je voulais effacer la peine de ses traits et de son cœur. Je voulais qu'il soit mien. Et cela dû fonctionner, car ses doigts se remirent à glisser, lentement, de mes lèvres à ma nuque, mes épaules puis mon dos, embrasant dans leur sillage chaque centimètre carré de ma peau. Alors je sentis que ses dernières résistances cédaient, tout comme les miennes, et il m'embrassa à nouveau, férocement.

Toujours assise sur le plan de travail, je glissais mes jambes autour de lui pour l'attirer plus près et glissai mes mains sous son tee-shirt. Je ne supportais plus la moindre distance entre nous tant mon corps tout entier était impatient de ne faire plus qu'un avec le sien. Même le fin tissu de nos vêtements était de trop, et il ne fallu pas longtemps pour que mon chemiser et son tee-shirt aillent se rejoindre sur le sol. Je laissai échapper un petit cri, entre la surprise et le rire lorsqu'il me souleva et me porta jusqu'au lit sans cesser de m'embrasser et de me toucher. Ses lèvres descendirent vers ma gorge, mes seins, puis jusqu'à mon nombril et toujours plus bas, et je laissai échapper un gémissement étouffé. Mon corps brûlait, se consumant de l'intérieur tout comme mes pensées qui partaient en fumée avant même que je puisse les saisir.

Et alors que ses mains déboutonnaient mon jean, juste avant que je ne sombre définitivement, j'eu une dernière pensée cohérente dans ce chaos de sensations enivrantes : Je ne voulais surtout pas qu'il s'arrête…







Complètement nue, blottie contre son torse brûlant, nos deux mains enlacées, je savourais ce moment de complicité en silence, les yeux clos. Je n'avais pas envie de retourner à la réalité maintenant. Ces deux dernières heures avaient été trop parfaites pour tout ruiner en ouvrant les yeux immédiatement. Je voulais profiter de ce cocon encore quelques instants. J'entendais le rythme régulier de sa respiration et cela me berçait, m'apaisait. Le monde ne s'était pas arrêté de tourner autour de nous, même si c'était l'impression que j'avais alors que nous étions seuls au monde dans notre bulle. Je ne m'étais pas attendu à ça, rien que d'y penser j'en avais encore le souffle coupé. Nous avions retrouvés nos repaires avec une facilité déconcertante et ça n'avait jamais été aussi puissant entre nous. Une énergie incroyable nous avait animé pendant nos ébats et j'étais persuadée de n'avoir jamais ressenti une chose pareille.
Était-ce l'absence qui avait décuplé désir et plaisir ? Je l'ignorais et je m'en moquais. Pour la première fois depuis des mois, je m'étais sentie bien, à ma place, entière. Être dans ses bras avait du sens, même si j'ignorais lequel. La gêne s'était envolée elle aussi et tout semblait presque être redevenu comme avant. Je savais que ce n'était qu'une illusion, et pas une des miennes, mais je n'en avais rien à faire. Je me redressai sur un coude pour venir déposer un baiser au coin de ses lèvres avant de le contempler dans la lumière de cette fin d'après-midi. Dieu qu'il était beau… Un sourire se dessina sur mes lèvres sans que je n'essaye de le cacher.


- Tu t'es remis à fumer. Lui dis-je en français.

Ce n'était pas une question, j'avais senti l'odeur du tabac lors de notre premier baiser et je savais que même s'il s'était arrêté depuis des années, il replongeait régulièrement. Je ne lui reprochai rien cela dit, car cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps et je comprenais que tout n'avait pas dû être facile pour lui non plus ces derniers mois.
Je me mis à caresser machinalement son torse du bout des doigts, essayant de devenir ce qui se passait derrière l'océan de ses yeux. J'espérais qu'il ne réfléchissait pas trop, car tel était notre plus grand défaut à tous les deux. J'espérais surtout qu'il ne regrettait pas ce qu'il venait de se passer. Moi je ne regrettais pas. Pas une seule seconde. Pire, tout mon être criait encore son désir pour lui, comme si je ne pourrais jamais être vraiment rassasiée de sa présence après en avoir été privée si longtemps. J'étais incapable de m'arrêter de le toucher et de le regarder. Ces sensations me donnaient le vertige tant elles étaient brutales, sauvages, intransigeantes mais je m'efforçais de les ignorer car je n'étais pas en état de m'interroger sur mes sentiments. Je ne voulais pas y penser maintenant. Surtout pas. Au lieu de ça, je préférais m'intéresser à d'autres besoin élémentaires.


- Je meurs de faim… lui dis-je, toujours dans notre langue maternelle, en venant mordiller le lobe de son oreille, taquine. Et si on commandait une pizza ?



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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Dim 9 Juin - 23:09




Expect the unexpected

Ses mots m’enveloppaient d’espoirs, je gobais ses mirages affectifs qui endormirent l’ensemble de mes appréhensions. C’était simple tout à coup d’être celui que je voulais être, celui qu’il fallait être pour s’approprier les lèvres de Rebecca.

Ma main effleurait doucement à intervalles réguliers la courbe de son dos alors que nous nous reposions tous deux blottis l’un contre l’autre. Je suivais sa colonne vertébrale, la descendais du bout des doigts avant de revenir jusqu’à sa nuque. Je respirais le parfum que dégageait sa chevelure et là maintenant plus que jamais, j’eus vraiment envie d’y croire à ce qu’elle m’avait dit un peu plus tôt, que tout aller bien se passer. Mon optimisme fugace provenait de l’euphorie que nos ébats avaient engendré, j’en avais bien conscience. Ces retrouvailles avaient été pour le moins mouvementées et peut-être précipitées. Je me demandais vraiment comment j’avais pu tenir six mois sans elle, sans sa présence ponctuelle ici, contre moi. A ce niveau-là en tout cas, on ne pouvait pas dire que ça fonctionnait mal entre nous, que du contraire. Je flottais bien au-dessus des nuages moralement ce qui ne m'était plus arrivé depuis un million d’années. Rebecca avait réussi un gros pari, un challenge fou celui de me détendre complétement. J’avais oublié tous mes différents avec la lupa, la menace de mort que Krystel Raybrandt m’avait adressé, les presque disputes que nous avions eu moi et Alan concernant ma place au sein de la communauté. Pour la première fois, je me sentais presque humain menant une vie tout à fait normale loin du surnaturelle, loin de la pression constante. C’était comme ça avec elle, nous n’avions plus rien à voir avec le monde extérieur et la folie qui s’y étalait. Enfin, les cicatrices sur mon flanc droit témoignaient toujours silencieusement de ce que nous fuyons volontairement. Je n’avais jamais expliqué à ma partenaire d’où elles provenaient – à savoir d’un champ de bataille où sous une forme lupine, j’avais pris part au massacre. Elles restaient plus ou moins discrètes cependant mais c’était les marques les plus prestigieuses qui couraient sur mon épiderme. Elle se releva me tirant de ma rêverie, je la contemplais de la même manière qu’elle m’observait avec cette ardeur et cette admiration pour l’autre qui ne semblait pas s’amoindrir. Elle déposa un baiser sur le coin de ma bouche que j’accueillis avec un sourire. Il se mua en grimace quand elle se mit à parler dans notre langue maternelle. J’avais vraiment honte de ne pas parvenir à passer au-dessus de cette dépendance et j’hochais de la tête pour confirmer inutilement son affirmation. Puis j’haussai les épaules feignant la nonchalance à ce propos alors qu’en réalité, je le jugeais être un vrai problème. Que pouvais-je ajouter à ça ? Une période de stress intense m’avait ôté la force de persévérer dans le bon sens et je ne voulais pas trop lui parler donc... D’autant plus qu’elle me vola le peu de concentration que j’avais à lui offrir en posant sa paume sur mon torse. Je fermais les paupières, savourant chacune de ses caresses. J’aurais pu rester une éternité ici avec elle comme ça. Mais malheureusement pour nous, nous étions (presque dans mon cas) humains et il fallait encore se nourrir. Ce qu’elle me rappela en me mordillant l’oreille.

« Mmmh… Moi aussi. Ne bouge pas, je vais voir ce que je peux faire. » Je m’étais exprimé sans réfléchir à la suite en français. Avant de me relever, je passais furtivement mes lèvres sur son épaule. A contre cœur, je délaissais mes draps et sa chaleur afin de m’emparer de mon jean qui avait échoué non loin du lit. J’en sortis mon portable et composa machinalement le numéro de la pizzeria la plus proche. Avant que quelqu’un ne décroche, j’adressais un « Tu veux quoi dis-moi ? Comme d’habitude ? Une petite salade avec un peu d’eau ? » Je lui souris face à ma petite boutade. Elle avait un bon appétit et j’adorais ça. A force de nous exprimer dans notre langue, j’en oubliais qu’on se trouvait encore en Ecosse et je mis une bonne minute avant de réaliser que je passais la commande en français. Mon interlocuteur n’avait rien saisi, bien évidemment. Je me retins de rire face à ma bêtise et lui réexpliqua le tout dans un langage plus compréhensible. Ensuite, je déposais mon téléphone sur la table et revins aussi sec près d’elle, ne supportant déjà plus cette distance. Je calais mon dos contre le dossier du lit et passais un bras autour d’elle pour la rapprocher de moi. « D’ici une demi-heure max, il devrait être là. Et d’ailleurs avant que j’oublie, rappelle-moi de te donner mon numéro, il a changé. » Après que j’ai balancé mon portable à l’eau – bien entendu je ne comptais pas lui expliquer ça. A la suite d’un appel vocal de la Reine des Vampires qui voulait apparemment ma peau, j’ai décidé de m’en séparer de façon violente et définitive. Envolée la normalité… A part ça, je m’avançais peut-être peu là-dessus, non ? Qui savait si elle me recontacterait ? Si elle allait en avoir l’envie, le besoin ? Nous n’avions parlé de rien. Pas que notre façon de communiquer me déplaise mais… je ne savais pas ce qui nous attendait. Pour l’instant, j’arrivais encore à éviter de m’y pencher. Je me ratatinais lentement sur le matelas ensuite afin d'arriver à sa hauteur et de glisser mon nez dans son cou en soupirant. Je venais de me rappeler quel jour on était. « Je dois bosser cette nuit vers 22h00. Ça ferait peut-être mauvais genre de démissionner pour cause de jeune femme attirante hantant mon appartement ? A moins que je ne joigne une photo, je suis sûr que tout le monde me comprendrait. » Je me voyais déjà dire ça à Mary. Très sérieux et professionnel de la part du leader des métamorphes.





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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Lun 10 Juin - 14:36




" Ou alors,je pourrais t'attacher au lit..."



Camille embrassa mon épaule furtivement avant de se lever pour aller téléphoner, et je profitai sans vergogne de la vue de son derrière musclé.
Je lui tirai la langue, amusée, lorsqu'il me taquina sur mon appétit d'ogre et attrapai le premier oreiller à ma portée pour lui lancer dessus en signe de protestation. En vain, bien évidemment.
Je me mis à rire devant son air surpris lorsqu'il se rendit compte qu'il avait passé sa commande en français​.
Comme tout ça m'avait manqué...​

Je réalisai avec stupeur que je n'avais pas ris depuis que j'étais partie. Six longs mois de solitude. Le sourire de Camille n'avait pas de prix à cet instant et cette pensée acheva de me convaincre que j'avais bien fait de revenir malgré toutes mes appréhensions. J’accueillis son retour comme un soulagement et le laissai m'attirer contre lui avec délectation . Je relevai la tête quand il me parla de son nouveau numéro et ne put retenir un sourire. Il voulait me donner son nouveau numéro... cela signifiait qu'il voulait que l'on garde contacte, que l'on continue à se voir. Et cela me convenait parfaitement. Sauf que je n'avais moi-même plus de téléphone, il fallait que je remédie à ça.

- Pourquoi attendre ? Il faut que je rachète un téléphone, mais... attend...

Je me penchais au-dessus du lit pour attraper mon sac échoué sur le sol et en ressorti un stylo que je lui tendis ainsi que ma main:

- Vas-y, tatoue-moi, proposai-je, amusée, un air de défi dans le regard.

Il finit par se recoucher en se blottissant contre moi, enfouissant son visage dans mon cou en soupirant. Ma main glissa dans ses cheveux et caressa sa nuque. Il devait travailler ce soir. Et oui, la réalité nous rattrapait finalement. J'étais aussi déçue que lui.


- Ou alors... je pourrais t'attacher au lit et te séquestrer toute la nuit...
dis-je d'une voix coquine.

​Je frottai ma joue contre la sienne et il me donna une idée lorsqu'il parla de photo.


- Hum.. ça peut s'arranger.


J'attrapai son portable sur la table de chevet et tandis que je relevai mes cheveux de la main gauche, je me mordis la lèvre et pris une photo de moi. Tout dans la suggestion, sexy tout en cachant ce qu'il y avait à cacher.

- Parfait, ça te fera un petit souvenir si tu t'ennuies ce soir... et une bonne excuse si jamais tu te sens fiévreux et que tu dois te faire porter pâle...

Je reposai le portable à sa place sans lui montrer le résultat et me plaçai à califourchon sur mon beau barman:

- Mais en attendant... il nous reste quelques heures devant nous...

Je me collai contre lui puis me mis à déposer de longs baisers un peu partout sur son visage, son cou et son torse en évitant soigneusement ses lèvres pour le titiller.

- A moins que tu ais mieux à faire ? Fis-je innocemment.

J'aurais l'air maline s'il avait déjà d'autres projets mais je n'en avais que faire, je voulais profiter de lui le plus que possible pendant que j'en avais l'occasion. Cela ne durerait probablement pas éternellement, alors je ne voulais pas perdre une seconde.








Quand on sonna, plus tard, à la porte, ​je me ​redressai avec un "J'y vais!". Je me levai, toujours entièrement nue et attrapai une chemise froissée dans l'armoire de Camille. Tandis que j'attachai quelques boutons à la vite, j'attrapai au vol un billet dans mon sac et me dirigeai vers la porte.



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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Lun 10 Juin - 19:53




Expect the unexpected

Son rire élargit mon rictus et soldait ma bêtise en quelque chose de positif. Je pourrais l’écouter rigoler comme ça des heures entières. Elle entraîna le mien quand elle m’incita à la « tatouer » pour reprendre ses termes. Sa spontanéité à ce propos calma le flot d’angoisses qui doucement commençait à régir ma tranquillité interne. Par contre, qu’elle n’ait plus de portable m’interpella. Je m’étais promis de ne pas lui poser des questions embarrassantes et aussi difficile que c’était pour quelqu’un d’aussi curieux, inquiet que moi, je me résolus au silence face à cette « indice ». A quoi avait-elle cherché à échapper au juste vu qu’apparemment, ce n’était pas à moi. Je feignis un autre sourire pour masquer mes réflexions et sauta sur l’occasion qu’elle me tendait, je saisis le stylo de la main gauche et me mis à écrire sur son épiderme en tenant son poignet pour ne pas qu’elle remue trop durant l’opération. « Ça va, je ne dois pas non plus noter mon nom ? On ne sait jamais que tu me confondes avec un autre ! » Bien évidemment, c’était une boutade pas travaillée que je lançais juste comme ça. Elle était légère bien qu’après coup, je réalisais que j’aurais dû la fermer. Que ça soit pour plaisanter ou non, ce sujet était plutôt tabou pour nous. J’ignorais si elle avait ou si elle fréquentait toujours à l’heure actuelle d’autres hommes en même temps que moi. Après tout, on n’avait pas juré l’exclusivité et nous n’étions pas vraiment un couple. Je préférais ignorer tout ça si c’était le cas et que d’autres amants partageaient leur lit avec elle. Du coup, j’aurais dû me taire, je m’avançais sur un terrain dangereux. Je profitais de notre proximité retrouvée pour noyer le poisson en glissant mes lèvres sur son cou, pour la distraire de ma stupidité. Maintenant, il fallait que je trouve une solution pour arrêter d’y penser. Ce qu’elle m’offrit très rapidement à la suite en se faisant très suggestive. Je m’apprêtais à lui répondre quelque chose d’aussi enjôleur quand elle s’empara de mon téléphone et se prit en photo sans aucune hésitation. Son audace m’arracha un énième sourire. Cette fille voulait très certainement me rendre fou. Le pire ? C’est qu’elle arrivait à ses fins. « Ça m’étonnerait que je pâlisse devant une telle photo si tu veux mon avis… Pour la fièvre, ça reste à voir bien que cependant, rien ne vaut l’original. » Ce qu’elle me confirma en revenant se poser sur moi, plus que provocatrice. Je ne répondis même pas à son évidente interrogation qui demeurait plus rhétorique qu’autre chose, l’encourageant même en lui coulant un regard plus qu’évocateur.

Un peu à l’ouest après ces nouveaux ébats, je réalisais que ma concentration et mes sens avaient pris la poudre d’escampette car je ne perçus même pas les pas du livreur sur le palier. Tout mon être était tourné vers ma visiteuse surprise et les attentions que nous nous portions l’un à l’autre. Quand la sonnette me ramena sur terre, je n’eus pas le temps de me redresser que ma compagne s’élançait déjà sur mon armoire. Pas question qu’elle paie, je misais tout sur mes compétences surnaturelles pour la devancer. Une fois debout, je me jetais littéralement sur mon jean et attrapais au vol mon caleçon. J’enfilais d’abord mes sous-vêtements en quatrième vitesse ensuite, je plaçais une jambe dans mon pantalon et je sautillais comme ça sur place avant d’avancer toujours sur un pied afin de mettre l’autre. J’avais une longueur d’avance sur elle mais en allant vers la porte toujours sur un seul pied, je fis un vilain écart et me cogna douloureusement le tibia dans la table basse ainsi que le petit orteil. Je me mordis les lèvres en jurant à moitié de douleur tandis qu’elle saisit l’opportunité pour passer devant moi et payer les pizzas. Je m’assis sur le fauteuil en grommelant à moitié et en frottant frénétiquement ma jambe. J’ôtais finalement le jean à moitié enfilé et observais la tenue dans laquelle elle venait d’accepter notre repas. Comment pouvais-je rester sérieux et concentré dans ces conditions ? La jolie brune était plus qu’appétissante dans cette… ma chemise. « Il a bien dû se rincer l’œil le petit. J’espère que tu lui as pas filé de pourboire, te voir a dû en être un suffisant. » Je blaguais bien entendu. Je la suivis sur le lit où nous allions les déguster. J’allongeais mes jambes sur une bonne partie du matelas afin que la jeune femme n’ait pas d’autres choix que de se trouver en partie sur moi. Je me penchais ensuite pour attraper un quartier de pizza et le dégustais en silence. Je continuais à savourer ces moments de simplicité volés aux circonstances et au temps. J’eus fini avant elle de manger, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu autant d’appétit. Rebecca me redonnait vie à vrai dire – c’était le moins que l’on puisse dire.

Le temps qu’elle finisse la sienne, je jouais avec ses cheveux, y passant mes mains puis j’en vins à ses épaules que je massais doucement sous le bout de tissu dont elle était enveloppée. Je couvrais très vite sa nuque de nouveaux baisers – j’adorais son cou, son odeur y était plus prononcé. « Ça devrait être interdit d’être aussi sexy. Si ça continue, c’est moi qui vais finir par te séquestrer ici. » J’étais dans son dos, mes jambes l’encadrant. Ma main partit de son épaule jusqu’à son ventre en passant par sa poitrine toujours au-dessus du textile et je la rapprochais un peu plus de moi en enlaçant sa taille. « Ou je peux t’emmener au travail. Mais ça serait cruel de bosser dans ces conditions. Mmmh… Tu me distrairais bien trop. » Mes yeux papillonnèrent bien malgré moi jusqu’à l’horloge du coin salon. Il nous restait deux petites heures sans compter le trajet jusque-là. Je soupirais à nouveau, qui sait quand nous nous reverrions ? « Allez… Je ferais mieux de prendre une douche avant de partir… Si ça te dit de m’y rejoindre… » Je l’embrassais langoureusement avant de mordre sa lèvre inférieure et puis de me relever, la délaissant complétement d’un seul coup. Je filais alors tout droit à la salle de bain sans ajouter un autre mot.


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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Lun 10 Juin - 23:04




" Ça tu vas me le payer..."


J'entendis un bruit sourd tandis que je payais le livreur et tournai la tête pour voir Camille sautiller douloureusement jusqu'au fauteuil. Je me mordis la langue pour ne pas rire:

- Ho pauvre chéri ! Ça va, tu ne t'es pas trop fait mal ?

Bon ce n'était pas très gentil de me moquer, mais je me ferais pardonner. Je le rejoignit avec notre repas et m'arrêtai à quelques pas de lui alors qu'il me déshabillait du regard.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Citation :
- « Il a bien dû se rincer l’œil le petit. J’espère que tu lui as pas filé de pourboire, te voir a dû en être un suffisant. »

Je me mis à rire et fit mine de l'ignorer pour aller m'installer sur le lit. Bien sûr, Monsieur Fontayn avait décidé de s'étaler de sorte que je fus obligée de me coller contre lui, ce que je soupçonnais être d'ailleurs le but de la manœuvre, mais je n'allais pas protester, l'idée me convenait parfaitement. Tout contre lui, je me mis à manger en silence, pensive. Cela faisait deux fois en l'espace d'une heure qu'il faisait référence à un autre homme et même si c'était sur le ton de la plaisanterie, je ne savais pas comment l'interpréter. Moi-même j'ignorais s'il voyait quelqu'un d'autre. Cette simple idée me donna des crampes d'estomac et j'essayai de chasser l'image de son corps nu enlacé à celui d'une autre femme. Pourtant, il fallait que je sois lucide, nous n'avions jamais parlé d'exclusivité, nous n'étions pas un couple, nous ne nous devions rien… et j'avais disparue pendant six mois… Exceptionnellement, j'abandonnai presque la moitié de la pizza. Ces pensées m'avaient coupé l'appétit. J'étais une véritable idiote. A peine revenue je m'empoisonnais avec des réflexions que j'avais pourtant pris soin d'éviter avant. Je me fichais de ce qu'il vivait avec d'autres, ce qui comptait c'était ce qu'il vivait avec moi, à quel point c'était intense, à quel point nous étions en harmonie. Et pourtant, égoïstement, je ne le voulais que pour moi. Je voulais être la seule à lui faire perdre la tête, la seule qui comptait… et ça me faisait peur.
Je ne comprenais ni ne contrôlais mes sentiments pour lui et je refusais d'admettre que je l'avais dans la peau parce que ça impliquait trop de choses et ma vie était déjà assez compliqué comme ça…
Je fus distraite de ces pensées parasites par ses mains qui jouaient avec mes cheveux et qui vinrent masser mes épaules, puis bientôt ce fut ses lèvres qui me dévoraient. Il me serra plus fort contre lui, son torse plaqué contre mon dos et je me mis à rire devant le compliment et la menace de séquestration. Bizarrement, cette idée me plaisait assez… Mon rire s'éteignit lorsque ses doigts descendirent de ma poitrine à mon bas-ventre. Je frissonnais sous ses caresses et me cambrait légèrement. Pour le coup, c'était plutôt lui qui me distrayait de mes vilaines idées noires et je n'allais pas m'en plaindre. Toute à ce qu'il me faisait je mis quelques secondes à comprendre ce qu'il disait quand il parlait de prendre une douche. Mais je n'eut pas le temps de m'y attarder que ses mains revenaient très lentement me caresser et glissaient entre mes cuisses me faisant tressaillir.

- Camille…
Il s'empara de ma bouche et la mordilla puis tout à coup, il s'arrêta et la chaleur de son corps qui m'enveloppait disparue. Je restai quelques secondes interdite et le regardai se diriger nonchalamment vers la salle de bain. Non mais je ne rêvais pas, il venait de me planter là !
- Cam, reviens ici tout de suite ! Ordonnai-je vainement l'air faussement agacée.
Bien sûr il resta sourd à mes appels et si je n'étais pas vraiment énervée, j'étais en revanche totalement frustrée.


- Ça tu vas me le payer, Cam !

Je me levai donc pour le rejoindre et me défi de sa chemise une fois dans la salle de bain, avant de le rejoindre sous le jet brûlant de la douche. Son petit sourire moqueur me donnait envie de rire, de le gifler et de l'embrasser tout à la fois.

- Vous n'êtes qu'un goujat, Mr Fontayn…lui dis-je en français avec un air de reproche. Vous m'avez mise dans tous mes états et il va falloir y remédier au plus vite…mais avant…

J'adorais l'avoir ainsi à ma merci. C'était grisant, c'était excitant, cela me donnait plus que jamais l'impression d'être vivante. Puis aussi soudainement qu'il s'était lui-même arrêté, je cessai de le toucher et mes lèvres vinrent s'emparer doucement des siennes. Je souris contre sa bouche et susurrait:

- Maintenant, il va falloir me supplier si tu veux que je continue…


Je reculai pour que nos corps ne se touchent plus, malgré la torture que cela représentait aussi pour moi, puis je me mordis la lèvre inférieure et levait les yeux au ciel, d'un air innocent :



- A moins que tu sois, très, très gentil avec moi…






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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Mar 11 Juin - 19:32




Expect the unexpected

Sa voix offusquée me parvint aisément alors que j’enjambais le seuil de la salle de bain et je me mis à pouffer de rire alors qu’elle continuait à pester depuis l’autre pièce – oui c’était bien moi qui pouffait de rire comme ça, à croire qu’elle m’avait transformé. Ces petits jeux entre nous m’amusaient bien, un peu trop même. J’ôtais mon caleçon avant d’enclencher le jet d’eau et d'entrer dans la douche. J’attendais qu’elle me rejoigne, je savais qu’elle le ferait surtout que je venais de me montrer particulièrement cruel avec elle. L’eau brûlante longeait agréablement mon épiderme alors qu’enfin ma compagne vexée venait réclamer son dû. Je la dévorais des yeux alors qu’elle se déshabilla devant moi. Je ne pus contenir mon sourire quand elle exprima pleinement sa frustration. Je la laissais venir à ma rencontre, prêt à subir toute forme de vengeance – m’en délectant même d’avance.

Après ce nouvel épisode de batifolage, nous dûmes nous résigner à accélérer le mouvement – surtout moi. Je risquais d’arriver en retard à force bien que très honnêtement pour le moment, je n’en avais vraiment rien à faire. Je pris l’initiative de lui laver les cheveux, massant son cuir chevelu au passage. Une fois propres, je sortis de la douche l’entrainant à ma suite. Je m’emparais de deux serviettes de bain et l’enveloppa rapidement dedans avant de m’essuyer grossièrement avec la seconde et de l’enrouler autour de ma taille. Je caressais sa joue ensuite de ma main, glissais mes lèvres jusqu’aux siennes avant de déclarer tout simplement « Tu es magnifique. » au creux de son oreille. Je dû malheureusement la délaisser un peu pour finir mes ablutions et m’habiller correctement. Une fois cela fait, j’allais m’installer dans le fauteuil en frictionnant très sommairement mes cheveux – ils sécheraient en chemin. Je me tournais ensuite vers Becky et plus particulièrement sur sa main où mon numéro avait allégrement été effacé par la douche que nous venions de prendre. Je m’emparais d’un stylo trainant, déchirais un morceau de papier d’une pub gisante sur la table basse puis y inscris mes coordonnées. Je me relevais ensuite, l’attirait près de moi en la prenant par les hanches avant de glisser moi-même le papier dans la poche arrière de son jean. Je réalisais que nous allions nous dire au revoir dans la demi-heure qui suivrait. J’avais une tonne de choses à lui dire mais rien d’avouable. J’avais peur de ne pas la revoir.

Ces retrouvailles m’avaient bousculé à plusieurs niveaux. C’était étrange, j’étais cassé physiquement, complétement épuisé émotionnellement et pourtant paradoxalement, je ne m’étais plus senti aussi bien depuis une éternité. Je voulais vraiment la revoir, ça ne faisait aucun doute. Maintenant qu’elle était réapparue dans ma vie, je ne savais pas comment faire pour gérer un nouveau départ. Allait-elle redisparaître ? Ca me fichait autant la trouille de l’envisager que de réaliser l’attachement que je lui portais. J’entourais sa taille de mes bras. « Becky… » Je ne pouvais pas résumer tout ce qui se pressait dans mon crâne, dans ma poitrine parce que de un, je n’arrivais pas à tout identifier et parce que de deux, je n’étais pas encore prêt à l’assumer. Je ne pouvais rien exiger de cette relation et donc, je ne pouvais pas lui demander de me promettre qu’elle ne prendrait plus la fuite. L’angoisse commençait déjà à ronger les pans de mon euphorie et je tentais de l’oublier en l’embrassant pour la millième fois aujourd’hui. Je l’enlaçais juste après et tant que mon visage lui était caché pour l’heure, je parvins tout juste à lui murmurer. « Merci d’être … revenue.» Je ne pouvais rien lui offrir de plus que ça. Pas sans trop en dire. J’enroulais mes doigts autour de sa chevelure et espérais silencieusement que ceci ne serait pas notre dernière rencontre. Je n’avais ni adresse, ni téléphone, j’avais les mains vides. Elle avait tout le pouvoir, celui de me congédier pour de bon ou bien de me revenir. Je n’aimais pas être dans une position de faiblesse aussi évidente. Mais avais-je seulement le choix ?






Dernière édition par Camille Fontayn le Mer 12 Juin - 10:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Mar 11 Juin - 23:26




"La prochaine fois..."



Toujours gentil, mais bien sûr… je lui lançai un regard dubitatif qui disparu très vite dès que ses deux puissantes mains m'entourèrent et qu'il se mit à m'embrasser langoureusement. Ho bon sang, je pourrais me damner pour ses baisers… et oui je voyais bien là l'ironie vu le soin que je mettais à éviter ma véritable damnation. Mais à cet instant, c'était le dernier de mes soucis. Résister aurait été vain et de toute façon je n'en ressentais pas la moindre envie, je ne voulais plus jouer, je ne voulais plus réfléchir, je voulais qu'il me prenne, ici, maintenant, et ses longs baisers étaient autant une torture qu'un délice. J'en voulais encore, j'en voulais plus.
. Il ne me fallu pas longtemps pour sombrer dans les vagues du plaisir, mes ongles s'enfonçant dans la peau de son dos alors que je m'abandonnai sans aucune retenue. Je fus tellement secouée que je dû m'accrocher à lui, mes jambes tremblantes refusant de me porter. Nous restâmes longuement enlacés, perdu l'un dans l'autre avec pour seul bruit celui de nos respirations haletantes et de l'eau ruisselant sur nos peau nues.
Il fut difficile de revenir à la réalité, mais la douche nous permit de prolonger un peu ce moment de complicité en laissant place à une tendresse sensuelle tandis que nous nous lavions mutuellement. Ses doigts dessinèrent des arabesques sur mon cuir chevelu et j'aurai presque pu m'endormir de bien-être tant j'étais détendue et sereine. Je n'avais pas souvenir d'avoir déjà été aussi bien. Quand il fallu sortir de la douche, il m'entraîna avec lui et m'enroula dans une serviette avant de s'essuyer rapidement et de nouer la serviette autour de sa taille. Qu'il était sexy comme ça… j'aurai voulu que rien ne puisse mettre fin à cette soirée, j'aurai voulu continuer à me repaitre de son corps jusqu'à plus soif, oublier le monde entier et ne penser qu'à lui, qu'à nous. Le ciel pouvait bien tonner, la terre s'effondrer, la mer se déchainer, tout ça m'était complètement égale.

Camille caressa doucement ma joue avant de me voler un baiser et ses mots au creux de mon oreille me firent frissonner. Je me détournai, les joues roses de plaisir et le laissai se préparer tandis que je retournai récupérer mes vêtements. Je voulu profiter de ces quelques instants de solitudes pour essayer de remettre de l'ordre dans mes pensées, en vain. J'étais chamboulée sans vraiment comprendre pourquoi, ou plutôt sans vouloir comprendre pourquoi. Il fallait que je m'occupe pour ne pas laisser mon esprit divaguer. J'étais en train de refaire le lit quand il revint s'installer dans le fauteuil en frottant ses cheveux. Je lui souri et le regardai attraper un stylo et un morceau de pub pour y noter quelque chose. Je déchiffrai quelques chiffres et fronçai les sourcils mais un regard à mon poignet au numéro à moitié effacé me fit comprendre ce qu'il faisait.
Je le laissai m'attirer contre lui et le sentit glisser le numéro dans ma poche arrière. Une bouffée de tendresse pour lui me fit monter les larmes aux yeux et j’enfouis mon visage contre son épaule pour ne pas qu'il le voit. Je comprenais le message sans qu'il ait à dire quoi que ce soit. Il avait peur, tout comme moi, une peur saisissante, dérangeante, comme si nous n'allions plus jamais nous revoir.
Cette crainte n'était pas sans fondement, malheureusement, et j'en étais l'unique responsable. C'était moi qui était partie et qui l'avait laissé, peu importait les raisons… mon départ avait fait plus de dégâts que je ne l'avais cru et cela me rendait malade de lui avoir fait du mal.

A nouveau, je me demandai si mon retour n'était pas une erreur, avais-je le droit de lui faire subir tout ça ? Est-ce que ce que nous partagions en valait la peine ? Pour moi c'était évident, mais pour lui ? N'étais-je pas finalement un fardeau supplémentaire sur ses épaules ? Même si cela m'avait rassuré, l'absence de discussion entre nous était une erreur… elle nous laissait dans nos craintes, dans nos doutes et toutes ces incertitudes nous faisaient souffrir dès que nous étions éloignés l'un de l'autre. Je m'agrippai à lui en fermant les yeux, respirant profondément pour essayer de chasser mes larmes. Je savais que je n'allais pas m'enfuir à nouveau, et pourtant je ressentais cette peur irrationnelle d'être là avec lui pour la dernière fois. Et cela m'était intolérable. Je ne voulais pas que ce soit la fin de ce que nous avions, quoi que ce soit, cela m'était trop précieux, indispensable même.

Je ne voulais plus survivre, je voulais vivre et dans ses bras je me sentais vivante. Et c'est cela qui m'effrayait le plus. Il ne pouvait pas devenir ma raison d'être, je ne pouvais pas être à ce point dépendante de quelqu'un et je savais qu'il n'était absolument pas prêt pour cela non plus. Ce qu'il se passait entre nous était trop fort pour notre propre bien, et nous continuions à l'ignorer en espérant que cela suffirait à nous préserver. Le grand huit affectif par lequel j'étais passé au cours des dernières heures m'avait épuisée et décuplait mon émotivité.

Je tressailli presque lorsqu'il murmura mon prénom et levai les yeux vers lui pour le laisser m'embrasser avant de m'enlacer avec force.


Citation :
« Merci d’être … revenue.»

C'en était trop pour mon cœur meurtri et je du me mordre la lèvre pour retenir mes larmes. Je lui rendis son étreinte comme si je voulais me fondre en lui. J'acquiesçai en silence contre son torse, incertaine du son de ma voix si je lui répondais immédiatement. C'est quelques mots étaient plus que ce que je n'aurai jamais imaginé de la part de Camille. J'étais trop impliquée pour réussir à comprendre ce qu'il se passait mais je sentais que quelque chose avait changé entre nous, quelque chose que nous ne voulions surtout pas admettre. Il fallait que je sois forte, juste un peu, juste le temps de rejoindre ma voiture ou ma chambre d'hôtel et je pourrai pleurer pour de bon.
Je me redressai pour prendre son visage entre mes mains et lui offris le baiser le plus doux et le plus sincère dont j'étais capable, puis je plaquai un sourire sur mes lèvres et plongeai mon regard amande dans ses deux océans perturbés, espérant arriver à alléger le moment de notre séparation :


- Je t'appelle dès que j'ai mon nouveau téléphone, d'accord ?

Je ne voulais pas le laisser là sans lui dire où j'allais, mais nous avions évité de parler de mon absence pendant tout ce temps, et je craignais un peu de remettre le sujet sur le tapis. C'était difficile de lui expliquer que je cherchais à nouveau du travail, que je n'avais nulle part où aller et que je me remettais péniblement sur mes pieds après six mois de parenthèse. Je ne voulais pas non plus lui dire qu'il était le premier à être au courant de mon retour, que j'avais tenue à venir le voir en priorité. C'était le genre de déclaration qui était susceptible de le faire paniquer.

- J'ai une chambre au BlueSky en attendant de trouver autre chose… tu peux me joindre là-bas si besoin. Lui dis-je, l'air de rien.

L'heure du départ était maintenant imminente et je glissai mes bras autour de son cou une dernière fois, souriant contre sa bouche:


- La prochaine fois, tu as intérêt à me payer le petit-déjeuner, Fontayn…

Je déposai un ultime baiser sur ses lèvres et m'éloignais de lui à regret en feignant la décontraction. J'attrapai mon sac et me dirigeai vers la porte:

- Bosse-bien, petit barman !

Je lui fis un clin d'œil et un petit signe de la main avant de disparaître dans le couloir de l'immeuble. Il était temps de rentrer. Je voulais me coucher et m'endormir le plus vite possible pour ne pas penser à la chaleur des bras de Camille qui me manquaient déjà. J'avais du mal à croire que j'avais survécu à son absence pendant si longtemps. Cela avait-il été si intense avant ? Je n'arrivais pas à me souvenir. Les évènements de la journée occultaient tout le reste. J'étais cassée. Émotionnellement retournée et physiquement ravagée, et je me sentais pourtant en pleine forme. Malgré moi je souri tout le chemin du retour jusqu'à l'hôtel. Rien n'allait me gâcher le reste de cette nuit, et surtout pas moi. J'aurai tout le lendemain pour me torturer…
Juste avant de sombrer dans les bras de Morphée, ma dernière pensée cohérente fut "il me trouve magnifique et il est content que je sois revenue…" et je souriais encore quand mes paupières se fermèrent.




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MessageSujet: Re: Expect the unexpected [Livre II - Terminé]   Mer 12 Juin - 0:40




Expect the unexpected

Je cru presque la palper, cette sorte de frayeur qui régissait nos corps et nos pensées alors que nous nous serrions l’un contre l’autre comme si cet au revoir avait un goût définitif. Cela redoubla mon trouble et je dû faire preuve d’une grande concentration pour ne rien laisser passer sur mes traits. Comment avais-je pu croire durant ces six mois que tout ceci pouvait avoir une date limite sans que ça m’affecte ? J’avais l’art de savoir effacer les détails encombrants pour avancer. Je ne connaissais pas un autre fonctionnement que celui-là. Moins je m’attachais, moins j’avais le temps de souffrir. Et pourtant, pour l’instant, je ne pouvais pas remettre en question ma relation avec Becky. J’en étais bien incapable. L’intensité de ce que nous venions de vivre me dépassait déjà tellement, autant que cette peur irrationnelle d’avoir volé nos instants à un rêve bien trop surréaliste. Nous nous étions retrouvés en évitant toutes les questions gênantes, en évitant tous les sujets importants. Nous étions passés à côté de l’essentiel en quelque sorte et en même temps, je ne voulais rien ajouter, rien modifier. Je ne savais rien sur sa situation et encore moins sur son éloignement mais je ne comptais pas lui forcer la main. Si elle voulait m’en parler, elle le ferait. Je comptais sur elle pour ça. Je la laissais se détacher un peu de moi pour m’embrasser tendrement. Quand ma langue caressait la sienne, je savourais notre mélancolie, notre désespoir aussi quelque part mais également notre complicité qui se chargeait de combler les brèches. Elle me sourit et je le lui rendis bien qu’un poids d’une tonne venait de se loger dans ma poitrine à la simple idée qu’elle traverse le seuil pour ne peut-être plus y revenir. Je commençais à entacher tous ces moments magiques par mon pessimisme quand elle m’offrit un certain espoir. Pour l’heure, ce n’étaient que des paroles, malléables, évanescentes mais elle aussi, elle faisait de son mieux. Je prenais ce qu’elle daignait m’offrir à son instar. J’hochais de la tête à son interrogation, un peu moins défaitiste. Je ne pouvais pas réclamer la certaine dépendance sous-jacente à ce départ, je ne la désirais pas. Je savais comment ça allait finir. Et puis, comment pourrais prétendre ça alors que pendant six mois… Je ne savais vraiment plus où j’en étais. Elle m’avait complétement retourné aujourd’hui. Et ça ne me plaisait pas autant que ça me plaisait.

Au final, ce n’est pas un rayon de lumière qu’elle me procura mais bien un astre complet et entier. Je savais où elle logeait. Cette information, je la plaçais précieusement dans un coin de ma tête alors que ses bras s’enroulaient autour de mon cou et que les miens s’emparaient de sa taille. Plusieurs promesses de lendemain – pas de serment mais je n’en avais pas besoin, la boule qui avait éclos dans mon ventre se dissipa bien vite. Un sourire s’étendit sans mal sur ma bouche. « Je n’y manquerais pas, Scott. » Ses lèvres scellèrent les miennes une dernière fois. Elle se délogea de mes bras, emporta avec elle son parfum, sa chaleur et son sac. Elle m’adressa un clin d’œil, un signe de main et moi je me contentais à rester là, collé à l’encadrement de ma porte à l’observer disparaître de mon horizon. Je restais quelques secondes comme ça, un peu songeur, un peu perdu puis j’enfilais mes chaussures en évitant d’entrer en contact avec quoique ce soit qui me la rappelle. Je pris mes clés sur la table, enjambais les quelques mètres qui me séparaient de l’entrée et refermais mon antre derrière moi. J’espérais que l’odeur de la jolie brune hante encore mes draps quand je rentrerais. En attendant, je me surpris à ressasser ce que nous venions de vivre et je n’y trouvais aucun sens à tout ça. Ma confusion n’aurait pas dû d’ailleurs entrainer un rictus silencieux dont je ne parvenais pas à me défaire. Je savais que tout ça était terriblement mauvais pour elle, pour moi. Nous étions une erreur mais malgré tout, je me sentais bien comme jamais. J’étais détendu, relativement crevé mais détendu. L’avenir relégué au second plan ne m’apparaissait plus aussi menaçant et sombre. J’avais beau savoir que nous allions droit vers un mur et que je me casserais encore les dents, pour l’instant, j’y allais avec le sourire. Enfin… Une partie – une bonne partie même, de moi continuait de croire qu’il était toujours possible de braquer le volant avant de se manger une façade. Simplement, prendre un virage ou un autre, ça n’était pas donné à tout le monde et sûrement pas à moi. Moi qui cachais ma vraie nature et ma somme de crimes. Rebecca n’en savait rien et je ne cherchais pas à la détromper sur mon compte. Tôt ou tard, elle réaliserait que je ne la mérite pas du tout, peu importe notre relation amicale ou plus. En attendant, je ne parvenais pas à ôter ce sourire de mes lèvres. Tout le monde se demanda bien au boulot pourquoi tout à coup ma mine sombre avait été remplacée par ce rictus étrange. Je le traînais de long en large ce soir là gardant en tête les quelques souvenirs qu'elle avait laissé derrière son passage. Rebecca était passée comme une tornade. Je me sentais ravagé. Mais ce genre de ravages ne me déplaisait pas, que du contraire.





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