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Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Dim 30 Juin - 9:21

Le silence qui suivit s'écroula sur moi comme une chape : j'attendais tant de Julien ? comment avais-je pu devenir si dépendant de lui ? pas au niveau professionnel ou social, ou les deux, non ! une sorte de contrat entre nous, celui de retrouver William, c'était mué en admiration teinté de crainte. Car je craignais encore plus le Général que je ne l'aimais. Son machiavélisme me mettait souvent mal à l'aise, autant qu'il semblait couler de source une fois qu'il m'expliquait les raisons le poussant à agir ainsi. Je me remettais alors en cause : j'étais donc si stupide de ne pas distinguer les choses avec autant de clairvoyance ? ma personnalité ou mon âge ? ou mon sang ?

* Et si ma créatrice revient ? et si elle est plus âgée que Guillemaud ? et si elle me demande de la suivre elle, et d'abandonner l'ancien shérif ? et si ? et si ? *

Je me maudis de me laisser ainsi emporter dans ces tourbillons de questions dont les réponses, en fait, n'existaient pas, et si un jour, par miracle, apparaissaient, ne m'apporteraient rien. Rien que davantage de confusion encore. Mon poignet me brûlait comme si le bracelet s'y trouvait encore, et je ne cessais d'y associer plusieurs choses que je voulais régler avec mon comportement. En fait, c'était pourquoi au début ?

* Ah oui ! parce que j'avais dévoilé vouloir retrouver William à cette empêcheuse de tourner en rond : Hannah. Je dois l'éviter absolument, celle-là ! et me taire au sujet de mes recherches sur le prince déchu. Pour lui, pour moi, et surtout pour les plans de Julien, qui avait su modérer la colère de la reine à mon encontre. Autant dire qu'il s'était mis en danger à cause de moi... *

Ah ! je pouvais seulement mettre un genou à terre devant lui... car même si je lui étais utile, moi, il me semblait que tout allait de travers. Et puis, aussi rapidement que j'avais été long à me complaire dans mon auto flagellation, j'en sortis pour me dire que, si un type comme Julien avait besoin de moi, ce n'était pas pour mes incompétences. Bon... un petit rien par un petit rien, je réussirais bien à surmonter les difficultés menant au rang que voulait me voir occuper le vieux, non ? La combativité me revint, surtout quand il parla. Résumons "la paix est une illusion, imposée par les humains", "tous nos ennemis doivent mourir -c'était clair et ça m'allait très bien !-", "la nouvelle Garde serait l'armée vampire de demain".

*P.... ! va falloir les trier sur le volet alors ! et les entraîner de manière à se battre à peu d'effectif pour un max de dégâts !"

Mon regard s'illumina en se plantant dans celui de mon boss : là, j'étais à l'aise. Bon... ensuite, "la politique, c'est comme la guerre"... sauf que pour moi, les ruses de guerre devenaient des chausses-trappes en politique et que je n'arrivais pas à faire le pas, ayant l'impression que si je mettais le doigt dans l'engrenage, je serai broyé. Pourtant, Julien semblait vraiment sincère -et très convaincant-, lorsqu'il me disait que je me sous estimais. Moi, j'avouais quand même bien me dévaloriser, comme pour m'abriter de je ne sais quoi. Julien me laissait aussi un peu de temps pour découvrir mes capacités, et m'ôtait d'un poids en retardant l'opération "Oppenheimer", ce qui me soulagea vraiment.


Citation :
Oublie la manipulation d’autrui, ta prochaine leçon consistera à te protéger de celle des autres. Apprend à résister aux belles paroles ou promesses de tes interlocuteurs, ne leur fais pas confiance, quelle que soit la personne en face de toi, vampire de tout rang, ou de toute autre espèce.

çà, c'était super important et je le gravais dans ma tête : mon objectif cette année. J'y mis une grande résolution, au point que mes traits se crispèrent : cette fois, je devais réussir. Je notais aussi : "prend tes précautions au lieu de foncer tête baissée, préviens quelqu’un, renseigne-toi." et aussi "Apprend à penser chacun de tes gestes ou de tes paroles en amont afin de prévoir leurs conséquences. Tu ne dois pas te dévoiler aux autres, ce qu’ils ignoreront à ton sujet sera ta plus grande arme. Ensuite, ne laisse pas ton corps ou tes sentiments te diriger ou s’exprimer pour toi. Contrôle-toi en chaque instant car c’est ainsi seulement que tu progresseras".

C'était beaucoup. mais je devais m'y atteler, je le savais. Cette idée d'expérimenter sur moi la manipulation me parut appropriée à mon caractère. J'étais du genre à foncer tête baissée, et si cela réussissait souvent lors de combats aux tactiques longuement établies au préalable, par effet de surprise en cas de contretemps ou d'accroc dans le déroulement du plan initial, l'évidence s'imposait que dans les relations humaines (ou vampires), cela ne marchait pas et me menait droit au soleil. Je réfléchis aussi à la constance mise dans ma propre dévalorisation : être un infant non désiré, né de haine et de souffrances, souvent rabroué par la suite n'avait pas dû m'aider... commissaire, je ne souffrais pas de ces troubles. Et Julien me donnait l'occasion d'en guérir. Mais le voulais-je ?

* OUI. Oui, oui et oui et trois fois oui. *

Sortir de cette impasse devenait important pour moi. Je devais pourtant avouer quelques troubles dont je souffrais :


- A propos de me laisser gouverner par mon corps...

Qu'il était délicat d'aborder le sujet... si je n'avais jamais été jusqu'au viol, disons qu'il m'était arrivé de convaincre ma partenaire que je lui plaisais et que, par conséquent, elle voulait de moi... ce qui était une forme de viol, non ?

- Je me demande si ce ne sont pas mes sens vampires qui décuplent mes envies de sexe et de sang. Quand elles me prennent... je ne parviens pas à les surmonter.

*Evidemment que c'est ça ! et tu le sais, stupido !

Je voyais arriver le truc, gros comme un camion, alors, je désamorçais rapidement la mèche. Je me défendis donc de toute mauvaise action :


- Je n'ai jamais violé, ni vidé de son sang quelqu'un sans son consentement... disons... euh... même inconscient...

Que c'était pénible de parler de choses aussi... personnelles ! mais si je me faisait prendre, ce serait pire que de les combattre. J'espérais... non ! je savais que Julien comprendrais à demi-mots que je me servais de l'hypnose pour cela. En attendant, j'étais rudement content qu'on s'éloigne des principaux sujets : Hannah et Jana.

*Ouf ! *

En même temps, je trouvais curieux que Julien me laisse autant de latitude... que préparait-il donc ?
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Ven 5 Juil - 18:26


La confession de Leslie me surprit un peu mais pas tant que ça venant de lui, toutefois elle montrait bien qu’il avait encore à apprendre mais qu’il avait conscience de certaines limites qui l’empêchait encore de devenir pleinement l’un des nôtres bien qu’il ait déjà bien progressé en ce sens. Le fait qu’il n’ait jamais violé ou vider un humain contre son gré était un brin surprenant après ce que j’avais pu voir de lui au cours des nombreux combats violents auxquels nous avions pris part ensemble pendant les Années Sanglantes.

Oui ta nature de vampire peut exacerber tes désirs, mais tu dois à tout prix apprendre à les maîtriser Leslie, cela est primordial. Nos ennemis pourraient aisément t’atteindre par cette faiblesse et cela ne peut être. lui indiquai-je d’un ton neutre mais néanmoins assuré avant de poursuivre sur la même note.

Sans doute est-ce là les derniers vestiges de ton humanité, quelques brides de cette morale qui voudrait que le consentement d’autrui soit nécessaire pour bien des choses. Ce n’est là qu’une chaine à briser, comme celles dont tu t’es déjà affranchi au gré de ton apprentissage à mes côtés. Il te faut t’interroger Leslie, est-ce là une question de goût ou une limite que tu n’arrives pas à franchir ?

Par exemple pour ma part j’apprécie pousser mes proies à vouloir d’elle-même s’offrir à moi, pour le défi que cela peut représenter, quitte à user de l’hypnose lorsque je le souhaite. Néanmoins dans certains cas je ne désire pas m’embarrasser de ce petit jeu et je me passe sans aucun souci de savoir si ma proie est consentante ou non. A mes yeux l’humanité n’existe que pour nourrir nos appétits, de sexe ou de sang, aussi la question de leur consentement n’a pas lieu. Un humain demande-t-il son autorisation à un poulet avant de le manger ?
dis-je en utilisant une métaphore afin de me faire comprendre de mon second.

Je ne peux répondre à ta place à la question de la préférence ou de la limite Leslie mais je peux t’y aider. Son consentement est-il une nécessité pour que tu puisses jouir d’une humaine ? Ils ne sont que des réceptacles tels que les bouteilles de Tru-Blood Leslie, un aliment rien de plus.

Quant à tes envies,
repris-je pour revenir au premier sujet. si tu le souhaite je peux aussi t’entrainer à les maîtriser. Néanmoins pour que cela soit réellement significatif, il ne te faudra pas résister aux avances d’une humaine mais d’une vampire, car elles sont bien plus savoureuses et excitantes. imaginant qu’il serait bien d’accord avec moi, ne serait-ce que pour avoir goûté au baiser de Jana.

J’avais déjà en tête un bon moyen de le former à cette nouvelle phase de son apprentissage. Où trouver de belles et savantes vampires si ce n’était au Laurentia, le bordel de luxe de Ruby et Constance ? En d’autres occasions je ne sais si Leslie aurait pu y rentrer en tant que client, autant par la sélection des deux tenancières quant à leur clientèle que par les règles bien strictes qu’elles avaient mis en place. Nul besoin de préciser qu’aucun client ne pouvait les outrepasser, humains ou vampires, s’il voulait rester en vie. Je pourrais l'y amener, commander l'une de leur plus experte employée et la charger de tout tenter pour que Leslie succombe à ses charmes. Mon second quant à lui aurait interdiction de fléchir face à elle sous peine de sanction douloureuse, comme celle du bracelet en argent de ce soir. Il allait avoir du mal à résister et il souffrirait sans aucun doute, mais c'est ainsi seulement qu'il progresserait.

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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Sam 6 Juil - 9:32

Il ne fallait pas s'étonner en fait des mes difficultés à passer dans le monde de la nuit en temps de paix : élevé sévèrement par des presbytériens pur jus, commissaire de police, il ne pouvait en être autrement. Bien sûr qu'en temps de guerre j'avais tué ! et plus que beaucoup, d'ailleurs, mais la "loi" était de mon côté et je n'avais eu aucun mal à faire mon devoir. Mais à présent, en période de paix... J'arrivais à boire "un coup" directement à la veine, et je trouvais toujours un humain consentant pour cela, et s'il prenait peur en route, je le calmais en le regardant un peu dans les yeux... bon, un peu hypnotisé, quoi... parce que ce que je ressentais me rendais fou : la contrainte, la peur, j'adorais çà !!! mon côté sombre, sans doute, que je poussais vite sous le tapis de ma bonne conscience. Jamais auparavant je n'avais évoqué cela, avec personne, mais il me semblait que Julien et moi étions suffisamment proches maintenant, pour que je puisse me confier. J'espérais tant surmonter cela, non pour tuer et violer, non, mais ma "bonne conscience" commençait à me peser lourd. Je sentais aussi confusément qu'elle serait un frein à la belle carrière qui se déroulait devant moi. Si jamais cette faiblesse se révélait au grand jour, ce serait la catastrophe, et pour lui, et pour moi. Donc... autant prendre les devants. Surtout que ça me permettait d'esquiver la suite de la rencontre avec Jana, que l'ancien shérif semblait avoir perdu de vue...

Tout d'abord, il ne fit que confirmer quelque chose dont je me doutais fortement, d'autant que nombre de vampires s'abritaient derrière ces explications brouillonnes pour excuser leurs exactions. Ainsi donc, ce n'était pas seulement cela, mais bien davantage... Ainsi, mes peurs, peines, attentes, espoirs, douleurs, jouissances, sens, tout était décuplé, avec des avantages, et des inconvénients (non négligeables et que je devrais bien peser avant toute décision). Mais il était toujours plus facile de commencer par quelque chose de connu, pour... introduire le véritable sujet de la conversation, en quelque sorte.

* Qu'une chaîne à briser, qu'une chaîne à briser !!!! il en a de bonnes, lui ! c'est pas si facile que ça ! *

Julien avait quoi ? à la louche, plus de deux siècles d'expérience... Sans compter qu'il n'appartenait probablement pas aux forces de l'ordre : facile pour lui de parler ainsi. Pourtant, je savais que le Maître vampire avait raison. C'est pourquoi je gardais le silence, l'écoutant religieusement, comme pour mieux m'imprégner de chacune de ses paroles. Mais au fond, je savais qu'il comprenait -tentait de le faire-, sachant que la plupart des Ecossais sont presbytériens, et donc très fermés à la licence totale et au dérèglement moral.


"est-ce là une question de goût ou une limite que tu n’arrives pas à franchir ?"

* Quelle question ?!!!! *

Je n'en savais rien. C'était comme ça, c'est tout. Le regard médusé avec lequel je fixais le Général pouvait le faire éclater de rire... n'empêche que je le fixais, sidéré, et que je mis un peu de temps à m'en remettre et à me poser la fameuse question. Et la conclusion s'imposa :


- Je crois que j'aime cette limite imposée... elle... m'émoustille, me tracasse, et me force à chercher un autre moyen de parvenir à mes fins.

Après tout, les interdits et autres tabous étaient justement fait pour mettre du piment dans la vie, non ? Jusqu'à présent, j'avais agi ainsi sans me demander pourquoi, mais à présent, en revivant les scènes de mon passé récent, j'eus confirmation que c'était tout à fait cela : le plaisir de l'obstacle à contourner, et non à renverser. Un peu comme une partie d'échec, et non un combat de boxe. Je donnais un coup d'oeil à la marque sur mon poignet... l'attirance de la douleur. Je frémis. J'aimais cela. physique ou morale, la douleur me transcendait et me plaisait. Mais je me tus. Pour ce qui était de convaincre ma proie, visiblement Julien aimait le même jeu et je souris, lui confirmant ainsi que c'était aussi mon cas, dans une certaine mesure, car jamais encore je n'avais choisi quelqu'un de farouchement opposé à faire ma "connaissance" -sang ou sexe-, appréciant simplement le possible sursaut de rébellion à "mater" en quelques caresses et oeillades, quelques paroles douces et rassurantes, parfois un ordre, le tout appuyé d'hypnose plus ou moins lourde. Mais jamais, donc, je n'avais été à contresens de la volonté d'un individu.

Quant à l'impatience décrite par Julien, je l'aimais aussi, mais ne l'avait jusqu'à présent utilisé qu'à la guerre, dans le feu de l'action, avec le droit du vainqueur sur le vaincu, ce déchaînement des sens allant jusqu'à la rupture de tous liens avec moi-même, sorte d'ivresse sublime qui me fit frémir -humain, mon coeur et mon souffle se seraient accélérés...-. Je m'exclamais en me redressant :

- Non ! bien sûr !

Puis, je baissais la tête et avouais à voix basse, après m :


- J'avoue, quant à moi, ne pas parvenir à cela. Considérer les humains comme des boîtes à jus dans leur ensemble, oui, sans problème. Cette masse grouillante et destructrice de son milieu naturel, familial, social... je n'ai aucun mal. Mais face à certaines personnalités... je flanche.

Je me repris bien vite, parlant un peu plus fort, et regardant Julien dans les yeux.

- Ce sont ces personnes là qui m'attirent. Celles avec un coeur et une conscience, une douceur et un respect inné du vivant.

Voilà, c'était dit. Mon petit secret avoué me pesa bien moins lourd. Tout simplement, j'ajoutais les difficultés les unes aux autres tout simplement parce que je cherchais l'humain "parfait", et que c'était celui-là que je voulais. En pleine guerre, je prenais ce qui me tombait sous les crocs, tout y passait : chiens de guerre, héros, matamores, tous ennemis, aucun avec de grands sentiments irréprochables, prêts à vivre en paix avec tous, à tolérer, à... moi, j'aimais cette pureté d'âme, cette... innocence... Ce ou cette Candide qui s'offrirait à moi. Ce que je cherchais déjà humain, je le cherchais encore maintenant, avec un sacré handicap : celui d'être non-mort. Mais déjà, Julien poursuivait, posant la question cruciale :

" "Son consentement est-il une nécessité pour que tu puisses jouir d’une humaine ? "

- Oui.

Oui, parce que je cherchais toujours la plus... celle qui aurait pu être ma femme dans la vraie vie, la vie où j'aurais été commissaire, notable respecté d'une bonne ville où il aurait fait bon vivre, sans toute cette pourriture apportée par ces êtres décadants : vampires et loups garous. Mais j'acceptais bien vite l'aide proposée par mon boss et confident :

- Si tu veux m'aider, je veux bien. Je veux progresser maintenant.

* Et commencer par arrêter de chercher la fille de mes rêves pour la salir de ma noirceur. Comment faire ? *

Une vampire ? oui... je... j'avais déjà essayé, l'acte était tellement plus... fort ! j'étais prêt et mon attitude décidée en disait long : je voulais vraiment bien faire. Et m'en donner les moyens. D'ailleurs, le fait d'aller ainsi, escorté de Julien, me donnerait le courage de résister, j'en étais certain. Je me demandais comment il allait réussir à me faire tomber, si, prévenu, je construisais une muraille autour de mes désirs sanguins ou sexuels ? je souris, relevant le défi : il allait perdre ! D'ailleurs, l'idée de jouer, grandeur nature, avec lui me plut beaucoup : je relevais le gant !
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Sam 6 Juil - 16:09


Leslie confirma certains aspects que j’avais décelés en lui mais il me fit une révélation quant à sa faiblesse. Que par goût il préfère des proies innocentes et joue à leur faire croire qu’elles s’offrent à lui de leur propre chef soit, je jouais à ce jeu de temps en temps. Mais la différence c’est qu’aucune de mes proies ne pouvaient me décontenancer, quelle que soit sa nature ou sa position.

Alors progresse justement de manière à ne plus flancher face à ce type de proies Leslie. Qu’importent tes attirances et tes jeux en matière de conquêtes, tu dois impérativement être en mesure d’y résister afin de ne pas représenter un danger pour nos Maîtres. Tu dois t’affranchir de toute faiblesse susceptible d’être exploitée par nos ennemis. L’amour et l’attachement en sont un exemple. Tu peux connaitre ses sentiments un jour, mais tu devras être en mesure de les sacrifier pour nos souverains si nécessaire. Tu n’es pas sans savoir que pour ma part, je sacrifierai jusqu’à ma vie et ma Pomme pour mes Maîtres si nécessaire, pourtant cela ne signifie pas pour autant que mon attachement pour Shane n’est pas important. Elle sait que je ferais tout pour elle mais aussi que mes Maîtres passeront toujours avant.

Une fois encore notre entretien n’allait pas se terminer dans mon appartement mais si la dernière fois nous avions rejoint ma demeure d’Edimbourg, ce soir nous nous rendrions au Laurentia dans les vieux quartiers de la même ville cependant.

Nous sortons Leslie, il est temps pour toi de poursuivre ton apprentissage. lui dis-je simplement avant que nous quittions l’édifice pour prendre ma voiture. Durant notre trajet et après avoir envoyé un sms à Ruby pour qu’elle me réserve sa meilleure employée vampire, je m’adressai à nouveau à Leslie pour fixer les règles de ce soir.

L’établissement où nous nous rendons ce soir ne te serait pas accessible en temps normal quand bien même tu es à mon service. Aussi profite bien de cette soirée car tu n’auras plus l’occasion d’y retourner. Ta mission de ce soir consiste donc à résister et tenir ton phallus et tes crocs.

Nul doute qu’il pensait tenir face à ce qui l’attendait et tant mieux si c’était le cas. Tel était ma pensée lorsque je garais mon véhicule devant le bordel et que nous entrions, j’affichais un sourire à la femme qui nous accueilli. J’avais communiqué les critères des femmes qui faisaient flancher Leslie, je savais qu’il aurait de quoi le mettre à l’épreuve. Bien que Ruby travaillait pour moi en plus de son activité de co-gérante de ce lupanar, je payais tout de même le prix conséquent pour Leslie et moi afin d’obtenir certains privilèges, notamment une discrétion plus importante encore que celle de base en ce lieu.

Afin de ne pas interférer dans cette épreuve je ne serais pas avec toi, tu seras seul pour affronter tes faiblesses Leslie. A présent va et surprend-moi. lui dis-je avant qu’une ravissante vampire dès plus appétissantes ne vienne pour le diriger vers une des chambres.

Je n’eu à attendre que quelques secondes avant que Ruby ne vienne me saluer et que comme convenu elle me conduise derrière le mur de la pièce où se trouvait déjà Leslie. Il n’avait aucun moyen de deviner ma présence près de lui, à moins qu’il se doute que j’allais l’observer d’une manière ou d’une autre. Je comptais bien ne pas intervenir si jamais Leslie venait à échouer, mais la sanction serait douloureuse pour lui. Sa mission n’allait pas être facile car celle qui venait d’emmener Leslie allait être exactement comme les femmes dont avait parlé Leslie. Elle saurait repousser ses limites, jouant de ses charmes et se présentant comme celle qu’il désirerait plus que tout. Pour l’heure je demeurais muet me contentant d’observer mon second.

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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Sam 6 Juil - 20:39

Sachant que j'avais été très loin dans mes confidences, Julien pourrait soit les utiliser contre moi, soit s'en amuser, soit m'aider à combattre mes penchants. Innocemment -peut-être ?....- je penchais pour la troisième solution, parce que je savais qu'il se servait de moi. Et peut-être aussi pour la seconde, bien que j'ai du mal à le voir se marrer de quoi que ce soit. Cependant, donc, comme je le pensais un peu plus tôt, ces confidences me firent du bien, me soulagèrent, me firent tout léger. J'avais enfin posé mon paquet. Certes, Julien n'était pas le plus approprié pour cela, mais... à bien y regarder, je ne connaissais personne suffisamment pour me permettre un tel coming-out, à part lui. J'attendais donc avec une certaine impatience la tournure de notre conversation, surpris qu'il n'ait pas relevé avoir oublié le début de notre conversation, d'avoir réussi à noyer le poisson, en quelque sorte... et pas certain d'y être parvenu.

Alors progresse justement de manière à ne plus flancher face à ce type de proies Leslie.

Dit comme ça, c'était si simple. L'évidence même ! pourquoi n'y étais-je pas parvenu plus tôt ?!!!

* Parce que la vraie vie n'est pas aussi simple, elle est tordue, imprévisible et vicieuse.*

A bien y réfléchir, je la voyais vraiment comme ça. Je partais si bien dans la vie, tout me réussissait, un bon boulot, une bonne famille, une fiancée gironde dont j'étais follement amoureux, et puis, en quelques heures, plus rien.

* Oui... la vie est une garce. *

Mais déjà, Julien poursuivait sur sa lancée :


(...) ne pas représenter un danger pour nos Maîtres. Tu dois t’affranchir de toute faiblesse susceptible d’être exploitée par nos ennemis.

Deuxième évidence. "danger pour nos Maîtres" et "exploitée par nos ennemis" s'allumèrent en rouge devant mes yeux. Je le savais. Nouveau coup d'oeil à ma brûlure, comme pour vérifier sa présence -alors que la douleur aurait dû me suffire...- mais c'était pour bien associer les deux : douleur cuisante et peau brûlée devaient s'intégrer dans ma thérapie, à jamais. J'avais failli foutre en l'air le plan de mon boss et ami, autant dire que je devais vraiment ne plus rien céder maintenant. Ma mâchoire se contracta sous l'effet de ma détermination.

(...) L’amour et l’attachement en sont un exemple. Tu peux connaitre ses sentiments un jour, mais tu devras être en mesure de les sacrifier pour nos souverains si nécessaire.

En fait d'amour... Il ne s'agissait à présent que de passades, rien de bien sérieux. Surtout depuis que je m'étais fait plaqué par ma petite amie -disons plus exactement que je n'avais plus de nouvelles d'elle depuis les Années Sanglantes et mes nombreux déplacements à l'étranger-, je fuyais comme la peste tout attachement. Pourtant, inconsciemment, si je venais à me nourrir, je préférais les gens sympa, hommes ou femmes, aux tortionnaires, assassins ou violeurs. Mais évidement, si je devais les sacrifier, alors je ne choisirai plus que ce type là de "repas", comme ça, ça ne me coûterait rien, et je ne risquerais pas la vie d'innocents. Et le Général de préciser son attachement aux dits Maîtres. Je répondis simplement :

- Oui. Je sais. Je ferais de même.

Présomptueux ? pas si sûr. Cette réponse n'était en fait que le fruit d'une simple constatation : je n'étais attaché à aucun innocent, donc, sacrifier ne représentait rien pour le moment. Je songeais pourtant sérieusement à m'éloigner définitivement de ma soeur, Mary, dont j'étais encore aujourd'hui si proche. Au cas-où... Et puis, je savais depuis toujours que je n'étais qu'un pion sur l'échiquier du Maître Vampire, et j'acceptais ce rôle de pion. Il le savait comme moi, même si je ne l'avais jamais formulé comme ça.

* Et si un jour nos Maîtres me demandaient la tête de Julien ?... quelle serait mon attitude ? *

Les rides du lion se plissèrent fortement entre mes deux yeux, trahissant ma réflexion profonde à une question clef. Mais pas le temps d'y songer davantage ! nous voilà dehors, sans même le temps de prendre une veste pour moi, en simple jean et tee-shirt "Levis", baskets aux pieds, me voilà dans la voiture de Julien, garé devant un lupanar de luxe. Je savais où j'étais, je connaissais l'endroit de réputation, et comme à son habitude, le Général de préciser "qu'en temps normal, je ne pourrais y mettre les pieds, etc, etc..." : j'en avais parfaitement conscience. J'étais aussi curieux de savoir ce que pouvaient bien abriter les murs de ce bordel, car ce n'était que ça, non ? Je voyais des filles, que j'imaginais classe, mais des putes quand même, facile de résister face à des pros... pour qui me prenait-il ?

Nous sommes entrés et le décor fut à la hauteur de mes espérances... J'allais tenir sans aucun problème mes crocs et mon sexe, qu'il ne s'inquiète pas. Les pros n'avaient aucun effet sur moi : elles me rebutaient, ou au mieux, m'inspiraient la pitié. Rien de très romantique, et j'étais un romantique dans l'âme... Une ravissante vampire vint m'entraîner et je me laissais faire... je serais seul ? non, je ne crus pas un instant à cette précision lancée par Julien, comme s'il allait tirer son coup de son côté, alors qu'un instant auparavant il me lançait un défi, avec à la clef, une punition : il aimait bien trop les punitions pour manquer une occasion me concernant... Le corps souple et tout en rondeurs de la catin ondulait à mes côtés alors que nous montions l'escalier menant à la "chambre d'amour". Franchement, monter à la guillotine devait ressembler à cela. Ses cheveux d'or légèrement bouclés, ses yeux verts pailletés d'or, sa bouche pleine et son nez mutin, ses doigts longs aux ongles soignés, ses vêtements vaporeux, son parfum léger et envoûtant...

* Beurk ! trop facile de résister à ça ! *

Je revoyais les vieux films de bordels divers et variés, mais plus que tout, les rapports médicaux concernant ces pauvres filles... leurs obligations de rembourser je ne sais quelle dette à la mère maquerelle ou les coups des maquereaux d'opérette. Rien de bien appétissant, vraiment. Finalement, elle poussa une porte ouvragée et la referma sur nous. La chambre, tendue de velours rouge tissé ton sur ton de modèles floraux, l'immense lit à baldaquin aux draps de satin, le miroir au plafond, et un autre, immense, au mur, pas de fenêtre derrière les rideaux, un parfum aphrodisiaque dans une coupelle, lançait ses volutes aux hasards des respirations... La demoiselle me tourna face à elle, m'examina comme un cheval, au point que je me demandais un instant si elle allait regarder mes dents, puis s'effondra en larmes.

* Allons bon... ça commence bien... *

Au lieu de la prendre dans les bras, comme je l'aurai fait naturellement en d'autres circonstances, je la regardais, distant et froid, prêt à tourner les talons : j'étais là pour tirer mon coup -ou plus exactement pour ne pas le tirer !- et voilà que j'avais une super occasion de ficher le camp !

* Trop facile, Julien, trop facile... *

L'apprentie crocodile sécha bien vite ses larmes de sang dans un superbe mouchoir brodé, s'excusa en sanglotant encore un peu, s'approcha, et laissa courir ses doigts sur mes épaules -c'était si bien fait... mais c'était une pro !- : je la laissais disposer de mon corps, curieux de la suite... elle me poussa sans ménagement sur le lit où je tombais de tout mon long, sur le dos, immobile.waouhhh ! trop vite ! fronça les sourcils et susurra :


- S'il vous plaît, monsieur, prenez-moi... je suis nouvelle ici... et Madame ne serait pas contente d'apprendre que je ne conviens pas...

* Ben voyons... *

Déjà, elle ouvrait ma fermeture Eclair, je demeurais, interdit, sur le dos, ne sachant trop que faire. Ses mains et sa langues expertes, ses lèvres.... finirent par réveiller je m'offris une concession : . J'aurai gagné, puisqu'aucun sentiment n'aurait transpiré. Froidement, donc, je finis par la mettre sur le dos

* Et dire que Julien a payé une fortune pour ça ?!!! *

Dommage de perdre autant d'argent... Franchement, je ne comprenais pas : honnêtement, rien de mieux qu'une ménagère ou une étudiante, une bourgeoise ou n'importe qui d'autre.là, je m'ennuyais. Une fois terminé, me levais, prêt à partir. La fille me retint par la main, je voulus me dégager, mais... elle me demanda si je reviendrais, si je la demanderais à nouveau :


- Non, c'est offert par mon boss, je suis pas du genre à fréquenter les bordels, et les putains m'ennuient.

Dit aussi froidement... bah, c'était comme à la guerre. Rien de bien spécial. Mais elle insista et je soupirais en entendant  :

- C'est comme moi. Ruby m'a dit de faire ça avec vous, et je l'ai fait. Je ne serai pas payée, parce que... mon Créateur devait beaucoup d'argent, alors, il m'a vendu... c'était important qu'il s'en sorte la tête haute et que...

Je me tournais d'un bloc vers elle :

- Ouais... sûr ! comme un père vend sa fille, c'est normal...

Je me moquais ouvertement d'elle... et non ! je n'étais pas cruel ! allez, Causette, on va pas tarder à sortir les mouchoirs... elle se rebiffa :

- Je m'appelle Stacy. ! (clama-t-elle, presque hautaine) Et pour l'honneur de mon Créateur, je ferais n'importe quoi ! pas comme vous... à vous traîner là comme un sac !

La fille s'était redressée, fièrement, serrant autour d'elle des vêtements qui ne cachaient pas grand chose... J'éclatais de rire :

- Ben ouais alors... on s'est fait baiser tous les deux ! Ma Créatrice l'a fait par vengeance et je ne l'ai jamais revue, mais au moins, elle ne m'a pas vendu au premier claque venu !

Stacy m'envoya un coussin dans la figure, que j'évitais, mais pas le deuxième. Je m'en saisis et le renvoyais à la fille, puis le deuxième, on se bagarra à coups de coussins, comme des gosses : des plumes volèrent de partout et nous avons éclaté de rire. Au final, elle et moi, on était perdu, non ? On a éclaté de rire. Moi, j'avais complètement oublié pourquoi j'étais là, et étais parfaitement inconscient d'avoir perdu la première partie de mon épreuve... Cette pauvre fille était sympa, au final.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mer 10 Juil - 7:56


Le début de son épreuve se passa plutôt bien, Leslie ne se laissant pas avoir par la première phase du discours de la vampire. Mais ceci n’était qu’illusion car en réalité la prostitué continuait à jouer son rôle. La pitié n’est pas la seule approche pour approcher quelqu’un et Leslie était en train de l’apprendre, en faisant une nouvelle fois une erreur. Il ne fallut en effet que peu de temps à Leslie pour s’égarer et se mettre à jouer comme un gamin avec la femme. Je pinçai mon arrête nasale et fermai les yeux un instant.

Mon second avait encore du chemin à faire avant d’être en mesure de rester impassible face à qui que ce soit. Il s’était en fin de compte facilement avoir par la pauvre petite vampire vendu par son vilain créateur. Il était temps de passer à l’épreuve suivante aussi je sortis de la pièce secrète pour entrer dans la chambre sans frapper où Leslie s’amusait avec la vampire.


Merci mademoiselle, vous avez bien travaillé, laissez-nous à présent. lui dis-je sous le regard de Leslie tandis qu’elle se levait et s’adressa à moi avant de quitter la pièce, non sans un regard amusée.

Merci Général Guillemaud. Il n’a pas été bien difficile à berner mais au moins il a bon goût. dit-elle avant de disparaître vers d’autres clients de l’établissement.

De mon côté j’observai Leslie quelques instants, silencieux, espérant qu’il prendrait conscience de son échec. Je m’adressai ensuite  à lui d’un ton neutre, ne laissant rien paraître de mon agacement à le voir échouer, encore une fois. Je savais qu’il préférait lorsque je m’exprimais clairement quant à ce que je ressentais, colère, déception, fierté, satisfaction, mais je préférais rester neutre, presque indifférent, du moins c’était l’image incertaine que je voulais lui présenter afin qu’il s’interroge sur lui-même voire qu’il culpabilise un peu.


Nous partons, ton épreuve suivante se trouve ailleurs. lui ordonnai-je sans employer pour autant un ton stricte ou sec avant que nous quittions l’établissement et reprenions ma voiture à destination du Port de Leith. Comprends-tu ton échec Leslie ? lui demandai-je simplement tandis que nous roulions. Je lui laissais la possibilité d’analyser l’épreuve qu’il venait de subir sans pour autant réagir à sa réponse. Non pas que je n’en avais pas envie mais je gardais ma réaction pour la fin de la nuit, moment où je lui ferai un débriefing complet, notamment de la seconde épreuve qu’il allait passer.

Celle-ci n’était pas similaire à la précédente mais elle requérait elle aussi qu’il fasse appelle à sa capacité de discernement et de réaction tout en gardant à l’esprit ce qui devait être fait et ce qui ne le devait pas. Nous étions à présent garé le long d’un des quais du port, à l’écart de la zone d’activité principale où se trouvaient plusieurs entrepôts désaffectés et d’autres qui gardaient jalousement bon nombres de choses derrière leur porte solidement fermée. Nous eûmes à marcher un peu avant de nous approcher de celui qui m’intéressait, dont un léger murmure pouvait s’entendre à qui tendait l’oreille aux abords de celui-ci.

Cet entrepôt appartenait officiellement à une société d’événementiel qui y organisait régulièrement des concerts underground ou au contraire des soirées pour riches en mal de sensations. De ce fait il avait été entièrement aménagé pour être bien insonorisé, d’où le simple murmure de l’extérieur qui était en fait une musique assourdissante une fois entré à l’intérieur. Si je connaissais cet entrepôt c’était parce que certains de mes agents y avaient déjà assuré la sécurité pour le compte de cette société d’événementiel. C’est d’ailleurs grâce aux informations de l’un de mes agents que j’avais appris que certaines soirées humains-vampires avaient lieu ici de temps à autres, et que certains membres de notre espèce y transgressaient les lois de notre Reine, notamment celles au sujet de l’interdiction de s’abreuver au cou d’un humain, consentant ou non.

Il ne s’agissait pas là d’une armée de vampires se jetant sur l’assemblé de danseurs humains mais juste un petit groupe de trois vampires, dirigés par un autre d’une cinquantaine d’années en tant que nocturne, qui buvaient une victime chacun par soirée organisée. Bien qu’ils ne tuaient jamais leurs victimes afin de ne pas attirer les autorités humaines sur eux, ils s’assuraient que leurs proies d’un soir ne se souviennent de rien après les avoir hypnotisées.

Leslie allait avoir pour tâche de confirmer la présence supposée ce soir des quatre nocturnes et de les attirer dehors derrière l’entrepôt en question afin que leur soit appliquée leur sentence. Mon second allait devoir se montrer convaincant vis-à-vis des dissidents tout en étant suffisamment malin pour ne pas se faire percer à jour. J’entrerai avec lui mais resterai dissimulé dans l’ombre au cas où Leslie échoue une nouvelle fois. Il avait juste à les attirer dehors puis à me laisser prendre les choses en main. Facile ? J’espérais en tout cas que Leslie n’échoue pas une nouvelle fois.


Regarde cette photo, lui dis-je en lui montrant mon smartphone avant que nous n’entrions dans l’édifice. Ces quatre vampires ne respectent pas les lois de notre Reine, aussi ils doivent mourir. Ton rôle ce soir consiste à les attirer dehors derrière ce bâtiment afin que nous les exécutions. Celui-ci est leur chef, trouve un moyen de le convaincre de se rendre là et les autres suivront. Une fois derrière je leur expliquerai leur chef d’accusation et nous les exécuteront. L’entrepôt est plein de fêtards humains et de quelques vampires. Tu peux être vu des nocturnes présents mais les humains ne doivent nullement avoir conscience de ce qu’il se passe, aussi sois malin. Je te suis à l’intérieur en cas de besoin mais serait invisible aux yeux des quatre vampires. Attire les à l’endroit convenu, je sortirai avant toi du bâtiment pour vous attendre là-bas. lui dis-je enfin pour terminer mes instructions.

Rend-moi fier Leslie, et remplis cette mission.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mer 10 Juil - 20:58

Nous étions debout, de part et d'autre du grand lit, nous protégeant des projectiles duveteux en levant coudes, mains, avant-bras, baissant la tête, bondissant pour jeter quelques munitions, les plumes volaient, donc, et j'entendis la porte s'ouvrir, regardais qui allait entrer, et la bouche déjà ouverte pour envoyer paître l'importun se referma devant l'image qu'encadrait l'huis...

* Julien... *

Le jeu tomba et tout redevint silencieux, nos rires s'étaient envolés, nos petits cris aussi... nous étions comme deux enfants pris en flagrant délit de...

* De quoi ? on s'amuse, c'est tout ! *

Mais mon boss avait sa tête des grands jours... autant dire que çà s'annonçait mal... j'avais failli rajouter "on n'a rien fait de mal..." mais m'en abstins. C'était pas le moment. Encombré avec mon coussin à la main, je le lâchais à côté de moi, le plus discrètement possible. Pas sûr que Guillemaud soit là pour se prendre un traversin dans la figure... La prostituée congédiée, qui me trouva bon goût, soit dit en passant... nous sommes restés seuls, lui et moi. Je me tenais devant lui les bras ballants songeant qu'heureusement, j'avais remonté mon pantalon et bouclé ma ceinture. Mon tee-shirt n'était pas en trop mauvaise posture, bref, j'étais présentable, sauf deux ou trois duvets dans les cheveux, que j'expédiais d'une main nonchalante.

Bon... pour résumer la situation, le Général me détaillait de la tête aux pieds, d'un air calme et détaché -déjà, il n'était pas en colère et ne semblait pas déçu- et moi, je pensais m'en être bien sorti. Après tout, aucun sentiment, oup là boum et voilà... Je me demandais ce qu'il allait me dire. Sans doute avait-il abrégé le test parce qu'il avait vu que ça ne marchait pas... pourtant, quelque chose me dit que je ne devais pas sourire. Donc, je conservais un visage sérieux et attentif. Demeurer planté là devenait anxiogène quand même... Il n'allait pas parler pendant longtemps ?


Nous partons, ton épreuve suivante se trouve ailleurs.

C'était un ordre, clair, et on levait le camp. N'ayant rien à prendre j'esquissais un pas dans sa direction en songeant :

* Quoi ?!!! une autre épreuve ? mais celle-là s'est bien passée ? qu'est-ce-qui va pas ? Quelle preuve vais-je devoir fournir encore ? *

Je ne traînais pas les pieds, évidemment, et conservais un air prêt à tout pour satisfaire le général... Nous avons traversé le bordel dans l'autre sens, et j'étais plutôt pressé de sortir de là, cachant ma joie d'y arriver si vite. Une fois dehors, l'air frais me détendis, et nous montâmes dans la voiture. Julien roulait en respectant le code, histoire de pas attirer l'attention, mais la suite me doucha froidement :


Comprends-tu ton échec Leslie ?

Je blêmis. Heureusement, nous étions assis côte à côte, et Julien ne put le voir, je regardais droit devant moi, dans la partie éclairée par le pinceau des phares ou des réverbères, sans chercher à analyser les lieux traversés comme je le faisais d'habitude, toujours aux aguets, comme en temps de guerre, prêt à donne ma vie pour mon chef. Là, j'étais tétanisé. Je le revoyais ouvrir la chambre et déclarer les jeux terminés, son silence neutre...

* Il ne voulait pas perdre la face en public... *

Une boule me noua la gorge. Je ne voyais toujours pas ce qui n'allait pas. Mais évidemment, je ne pouvais pas lui dire ça comme çà ! Je n'avais pas esquissé le moindre geste, les mains sur les cuisses, le dos et le cou rigides, le regard fixe et lointain. On aurait pu me croire en plein repos diurne : mort. Le pire étant que je ne voyais vraiment pas ce que j'avais pu faire de mal !!!

* J'ai sauté une pute payée pour ça, avec son consentement et tout son contentement, je n'ai pas nuit à mes maîtres en faisant cela ! *

En plus, j'avais pas perdu mon temps, vite fait bien fait... et m'étais tenu prêt en cas de demande de Julien. Sans être super bien habillé, j'étais propre sur moi et mon hygiène non plus ne portait pas atteinte à l'honneur et à la réputation de mes supérieurs... vraiment, je ne voyais pas ce qui n'allait pas !

* Bah... les chefs ont toujours des idées tordues pour faire baliser leurs subalternes, c'est un jeu courant pour eux ! *

Bon, il voulait me mettre la pression, et je ne me laissais pas manipuler si facilement, donc, à part le fait que je ne réponde rien -histoire de ne pas découvrir mon ignorance !-, je demeurais attentif à la suite. N'empêche que je devais répondre quelque chose ! Julien m'avait posé une question !


- J'ai été trop vite ? trop fort. J'aurai dû être plus courtois, plus attentif... ne pas laisser cette professionnelle m'emberlificoter avec ses histoires. Je me suis énervé et j'aurai dû rester calme et maître de la situation. Un peu trop distant et sans âme, sans doute... j'aurai dû mieux cacher mon manque de sentiments, lui jouer la comédie...

*Super débriffing, rien à redire. * Bref, je m'en sortais bien et pour moi, ce n'était toujours pas un échec cuisant. Finalement, la voiture se gara le long de la zone portuaire désaffectée. Franchement, je me demandais ce qui m'attendait, surtout que Julien n'avait pas répondu un mot à mon explication... Que voulait-il à la fin ? Après être descendu de voiture, claquements discrets de portières, nous avons marché jusqu'à l'un des entrepôts d'où s'échappaient des sons étouffés. Je me demandais de quoi il s'agissait et observais discrètement les alentours. Lorsque la porte s'ouvrit pour nous laisser passer la musique nous sauta dessus et m'étourdis les oreilles : je me serais cru revenu à l'époque où je bossais à La Pomme du Diable, dans cet enfer sonore chaque nuit recommencé :

* Oh la galère !!! *

Je devais repérer quatre confrères, les attirer dehors afin que Julien les punisse de leur crime de lèse-majesté : boire à la veine de mortels, même avec leur consentement, et même avec effacement total de leur mémoire. Julien m'avait plaqué dès l'entrée, et moi, avec ma tronche bien connue de pas mal de vampires, ça n'allait pas être coton. Sur la piste de danse, les corps chauds et humides s'agitaient et j'entendais des dizaines de coeurs battant trop forts. Quelques mains chaudes glissèrent sur mon tee shirt, poitrine, dos, ou sur mes bras nus... une femme tenta de m'attirer vers elle, mais je lui souris pour la repousser gentiment, elle insista, j'acceptais... après tout, elle allait m'être utile. Elle sentait particulièrement bon, et je collais mon nez dans son cou, marchant ainsi avec elle quelques pas avant de danser avec elle. Nos corps à quelques milimètres l'un de l'autre ne se touchaient pas, mais semblaient menacer de se frotter à tout instant. Sa main vint se poser sur ma nuque et elle m'attira de nouveau contre son cou -elle y tenait...-, je la suivais de mon corps, au rythme de la musique... puis nous sommes allez boire, elle un Mojito, moi un True 0-. Elle sourit et :


- Ah ben justement ! c'est mon groupe sanguin...

Sa voix légèrement trainante trahissait la présence de drogue dans ses veines.

* Pour tenir le coup ou pour avoir le courage de venir jusqu'ici ? *

En fait, peu importait... Nous sirotions nos boissons au bar, l'air de rien, je savais exactement où était chacune de mes cibles et posais ma tête sur l'épaule de mon humaine du moment, l'y frottant lascivement, lui disant des mots doux... des trucs réservés aux putes à vampires. Elle aimait ça et me caressa les cheveux, lentement, laissant y courir ses ongles longs et manucurés. Une autre fille passa derrière moi et entrepris de me mettre à l'aise en effleurant mon dos dans sa longueur de haut en bas et de bas en haut, je lui jetais un coup d'oeil, mais ne lui interdis pas de le faire, revenant à ma première conquête. L'un des vampires visés s'assit près de moi et m'offrit un autre True, je le remerciais sans presque le regarder. Je sus qu'il était vexé au petit mouvement irrépressible qu'il eut et qui crispa sa mâchoire. Il se pencha vers moi, lentement et me susurra à l'oreille :

- Bon choix, mon lapin... mignonne ta pétasse.

Je le regardais d'un oeil vide et limite vitreux, comme si j'avais déjà bu à la veine de la demoiselle, vu son état avancé de shout, il n'aurait aucun mal à me croire peu frais moi aussi. Et menaçant comme un alcoolique profond, je lui répondis d'une voix pâteuse et rauque :


- T'approche pas, du con, c'est à moi. Puis me tournant vers l'humaine : sûr que t'es d'la bonne, toi...

et je laissais retomber ma tête sur son épaule, regard dans le vide. Elle gloussait sottement, secouant ma tête abandonnée. Le type me saisit par l'épaule de mon tee-shirt et me força à le regarder quand il m'ordonna :

- Tire-toi de là, du con toi-même. C'est pas un endroit pour toi.

Son pote s'approcha et me dévisagea, soupçonneux, puis la fille, mais visiblement, il la connaissait et lui dit :

- Christiane, tu devrais pas être avec ce sale vampire, c'est le valet de Guillemaud.

L'humaine les regarda, soupira et leur lança :

- Tout' façon, vous avez jamais voulu de moi ! z'êtes jaloux ! et en plus, c'est un super coup, hein bébé ?!!!

J'entrais dans son jeu, devinant là une ruse de femme pour prise de revanche longuement cogitée :
- Ben ouais, c'était bon... hein...

Là, j'allais littéralement m'effondrer, seulement retenu par la poigne du premier vampire qui me tira un coup de poing ! ouhhhh lllllà ! je volais sur la table derrière moi, l'écrasant de mon poids, provoquant une vague de protestation indignée...

- S'cuzez moi...

Je titubais légèrement, comme sonné, vaseux, fit deux pas trop précipités et me raccrochais à la fille.

- Tu m'en donnes encore un peu ?

- Ben oui, mon chou ! prends !

et elle m'offrit son poignet où battaient les fines veines bleues...

*surtout, ne pas céder à la tentation !*

Le plus vieux s'approcha et fit la morale à ses compagnons, puis se tournant vers moi, s'excusa du manque de tenu des jeunes d'aujourd'hui... et paya les consommations gâchées, ce qui ramena le calme immédiatement. Il était très fort, ce type... je le regardais d'un oeil torve, lui fichait mon poing dans la figure -en le ratant de dix bons centimètres !- et hurlais :


- Toi ! t'es qu'un fouteu' de me'de ! alo', tiens tes chiens en laisse !

"Ma nana" en rajouta une couche dans un langage fleuri qui fit éclater de rire les clients les plus proches. Il me demanda comment je connaissais cet endroit... Je lui souris béatement... évidemment que je savais tout... Bras droit de Julien... Le vieux se rembrunit.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Jeu 11 Juil - 17:27


Laissant Leslie devant l’entrée de l’entrepôt j’entrai et bien vite me dissimulai aux yeux de la majorité des personnes présentes, surtout des humains. Quelques vampires parmi les nocturnes présents parmi la foule me reconnurent et me saluèrent d’un signe de tête discret, cependant je me débrouillais pour qu’aucun des quatre vampires qui constitueraient l’épreuve de Leslie ce soir ne me voient. Dissimulé dans un coin d’ombre ou les feux des projecteurs et autres jeux de lumière ne pouvaient m’atteindre, j’observai à la fois mon second et nos cibles.

Lorsqu’il choisit d’adopter la stratégie du vampire drogué par la morsure d’une pimbêche sous narcotiques, mon visage afficha l’espace d’un instant un léger sourire. Alors qu’il aurait simplement pu se présenter et exiger du groupe de nocturnes de sortir, n’ayant qu’à stipuler être là en mon nom comme il pouvait le faire de par son statut de bras droit, Leslie avait opté pour un plan qui correspondait certes à l’ambiance du lieu et qui n’étonnerait aucun des humains présents mais un plan qui pourrait avoir quelques complications. Néanmoins c’était là une manière somme toute efficace d’attiser la curiosité du chef du petit groupe pour qu’il souhaite interroger mon second à l’extérieur du bâtiment.

Après que Leslie ait tenté de frapper de son poing le meneur des quatre ce dernier, l’invita à le suivre à l’extérieur du bâtiment afin de mieux pouvoir s’entendre. S’ils étaient persuadé que Leslie était là seul, en l’état actuel des choses son statut de second d’un des deux Généraux de la Reine ne suffirait pas à le protéger si une fois dehors les quatre dissidents décidaient de lui faire la peau. Aussi fus-je dehors avant même qu’ils n’aient tous les cinq atteints la sortie.

En attendant que Leslie les mènent jusqu’au lieu convenu, je pris position en hauteur de manière à ne pas être vu tant que je le jugerai nécessaire un peu en amont du lieu de « rendez-vous », de sorte à pouvoir arriver dans leur dos. Je patientai jusqu’à ce qu’enfin le petit groupe passe devant moi, sous mon regard sans eux me percevoir et les observai porter Leslie, toujours dans son rôle de vampire vaseux.


Bon gamin, si tu nous disais pourquoi le bras droit de Guillemaud vient foutre la merde sur notre territoire. lui demanda le meneur du petit groupe.

Si je suivais ce que j’avais indiqué à Leslie c’est à ce moment-là que j’étais censé intervenir mais j’avais autre chose en tête. Pour le moment je voulais mettre à l’épreuve les capacités de raisonnement et d’adaptation de mon second, comptant sur sa soif de combat conséquente à ses expériences durant les Années Sanglantes et sur mes enseignements pour qu’il réagisse comme il le devait. Seul contre eux quatre il avait peu de chance de s’en sortir indemne, à moins qu’il parvienne à diviser pour mieux régner. Auquel cas il pourrait peut-être parvenir à en tuer deux avant d’être immobiliser par le troisième larron et leur chef. C’est à ce moment-ci que j’interviendrai et le sortirai de cette situation qu’il ne pouvait pas contrôler, objectif recherché de ma part ce soir.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Jeu 11 Juil - 19:46

Bon... la première partie du plan se déroula bien, les quatre vampires sortirent avec moi, puisque le plus ancien avait décidé de ne pas se donner en spectacle. Dès que j'arrivais à l'endroit désigné par Julien pour livrer les larrons, je vis qu'il n'était pas là... bon... Venant de lui... ça voulait dire : "bingo mon gars ! nouvelle épreuve !". Il devait trouver ça drôle. Moi, beaucoup moins. Là, dehors, sans témoins, contre quatre vampires plus âgés que moi, seul mon "grade" pouvait les retenir de me mettre en pièces. Et encore...

- Je ne suis pas venu foutre la merde sur votre territoire. La preuve, on est dehors, et les autres continuent à bien s'amuser à l'intérieur, en toute légalité...

* Pétard ! mais qu'est-ce-que j'ai fait à l'ancien shérif pour qu'il fasse ça ?!!! *

Il y avait aussi une autre solution : me faire disparaître en se planquant derrière une opération de police/justice qui tournerait mal. D'une pierre deux coups : il se débarrassait d'un second encombrant à force de faire des conneries, il se débarrassait des quatre mecs autour de moi. C'était débile. Non. Pas s'il n'y avait pas de sentence de mort contre eux. Et qu'il ait inventé tout ça pour nous piéger, tous les cinq.

Je me tournais d'un bloc vers les violeurs de lois royales et les toisais d'un oeil tout à fait sain et perçant cette fois. Le plus vieux recula, et sut immédiatement que ma mission avait été de les faire sortir, sans esclandre. J'allais tout de même pas me pointer, seul, sans renfort et leur dire -en leur montrant quel insigne ?- : "suivez-moi messieurs, le Général va vous passer un savon (ou pire)". Celui qui avait déchiré mon T-shirt éructa :


- Allez, qu'on en finisse !

et fonça sur moi, qui ne bougeais pas d'un pouce, affichant une sérénité et une assurance déstabilisante. Son pote le retint de justesse en lui demandant d'attendre un peu la suite. Mais lui se dégagea et se jeta littéralement sur moi, furieux. Le plus ancien cria "NON !" mais trop tard, l'autre tenta d'attraper le deuxième qui venait prêter main forte à mon agresseur, dont je venais d'éviter l'attaque, le laissant lamentablement se gaufrer dans un bruit mat, et d'accueillir le second en m'esquivant et en lui prenant le bras droit pour une clef parfaite pour l'immobiliser. Il poussa un juron et servit de pushing ball à son pote, tant je me retournais vite pour protéger mes arrières. Surpris, je constatais qu'il venait de...

* lui arracher le coeur ?!!! *

Je lâchais son pote avant qu'il ne s'effondre et ne me salisse. L'autre, surpris, regardait l'organe de son copain et je n'eus aucun mal à me glisser derrière lui et à le maîtriser. Le plus vieux et le calme me regardaient, pétrifiés et sidérés. Je revins vers eux, tenant devant moi un vampire très remuant que même la clef ne semblait pouvoir adoucir. Finalement, je lui remontais tellement le bras qu'il se cessa de gigoter. je devais me méfier... car il n'hésiterait pas à recommencer dès que ma garde se relâcherait. En regardant les deux vampires immobiles, je dis :


- Messieurs, je voulais effectivement vous voir dehors, sans déranger l'ambiance de l'établissement, et je vous remercie de votre coopération.

J'avais été videur, et savais d'expérience que la brutalité ou même le manque de tact pouvaient aller très loin. Comme le plus jeune semblait vouloir disparaître, j'ajoutais :

- Si je dois témoigner, ce sera en votre faveur, compte tenu de votre attitude.

Il s'immobilisa et vint timidement se placer juste derrière celui qui semblait être le meneur. Mon "prisonnier" ricana et :

- Alors, le chienchien à son maître a rapporté son joujou ? tu crois que Guillemaud va te féliciter pour ça ? waff ! waff ! allez, aboie ! Saloperie ! lâche-moi ! j'vais t'casser la gueul'...

Je serrais ma prise : il se tut en gémissant. Je voulais bien être gentil, mais pas qu'on me prenne pour un idiot. Le plus ancien reprit la parole :

- Visiblement, nous sommes seuls ici... Nous pourrions nous arranger. Comme vous l'avez constaté, nous ne faisons rien de mal...

Il avait l'air doux et affable, très respectueux, bref, on lui donnerait le bon dieu sans confession. Quelque part, je le comprenais : il ne faisait rien de mal, à boire à la veine, tous les pontes vampires le faisaient ! en douce, évidemment... Il s'approcha de deux pas, mais mon regard le fit renoncer au troisième :

- Voyons... un héros des Années Sanglantes comme vous, réduit à des affaires de basse police... Tous ces nobles ne vous ont même pas nommé shérif ou adjoint à un shérif...

Son regard était si compréhensif, sa voix si douce :

- Heureusement que le Général est là... autrement, même pas une pension de guerre. Vous seriez probablement retourné pointer à La Pomme du Diable, quémander à la veuve de votre ex-patron, un place de laveur de chiottes...

Le vampire derrière lui ne bougeait pas, mais attendait visiblement quelque chose. Je le voyais dans son regard fuyant : il ne voulait pas se trouver mêler aux affaires de ses copains et cherchait à fuir. J'étais encombré du remuant insulteur qui reprit sa diatribe sur les lécheurs de cul de mon espèce qui...blablabla, blablabla... Bon, là, Julien, faudrait te grouiller !

- Vous n'imaginez pas toute la perfidie dont sont capables les vampires proches du pouvoir... ils peuvent tout pour s'attribuer une place plus haute. Pour cela, ils leur faut des marche-pieds, des faire-valoirs irréprochables... vous voyez ?

- Non.

Ma réponse avait été sèche et cinglante.

- Reculez de deux pas. Maintenant.

Le ton en disait long sur ma détermination. Pourtant, je n'ajoutais rien d'autre : Julien avait dit qu'il s'occuperait lui-même de l'acte d'accusation les concernant. Autant dire que je n'allais pas lui griller la politesse. Mon passé de flic et de videur m'avaient été d'un grand secours, jusque là... Quant à l'exécution... là... on verrait bien. Les sons mats s'échappaient du club clandestin où s'amusaient encore vampires et humains respectueux des lois. Pour les autres, c'était le silence, la nuit et l'attente  ici, de l'application d'une sentence (la mort, quand même...). Bien qu'à l'extérieur, l'atmosphère se fit lourde et je sentis la tension monter d'un cran. J'avais encore la situation en main, mais pour combien de temps ? L'ancien pointant du menton dans ma direction :

- On dirait que vous avez souffert, récemment... une punition ? non... vous êtes un être exceptionnel... Sans doute une lubie de quelque puissant vampire, le plaisir de faire souffrir...

C'était presque un murmure à la fin. Le type avait vu la trace de brûlure du bracelet d'argent. La douleur revint. La leçon avec elle. Ne pas évoquer William. Personne ne devait savoir.

- Et ce n'est rien à côté de ce qu'ils peuvent vous faire, même si vous êtes plein de bonne volonté... Ils vous obligent à boire du True, vous vous affaiblissez, et pendant ce temps, ils se gavent de sang humain, impunément, et deviennent chaque nuit plus fort : vous comprenez mieux maintenant ?

L'autre vampire était effaré de ce qu'il entendait et protesta :

- J'ai rien à voir avec ça ! rien ! Je l'ai fait qu'une fois, une fois. Je ne recommencerai plus, plus jamais. Je le j....

L'ancien se retourna et le tira brutalement devant lui : "silence" cria-t-il. Là, ça partait en sucette... Bon, Julien. Tu te grouilles ? tu parles ! il doit siroter un True à l'intérieur, rien à foutre de me laisser dans la m... je me convainquis que c'était un test et qu'il m'observait. Je me calmais.

- Ce n'est pas à moi de vous dire quoi que ce soit. Mon travail consiste simplement à vous livrer à la justice de nos souverains. Vous, comme mois, devez vous plier aux lois. Sans discussion, sans arrangement.

Ma voix était claire et claquait dans l'air pur de la nuit. Je voulais vraiment de dissocier de ce type à la voix envoutante... il me prenait pour qui ? un des humains qu'il baisait en douce ?

- La prochaine fois, ce seront des chaînes, et peut-être même un cercueil en argent... pour des dizaines d'années.

Je pensais à William, au fond des Mariannes...
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Dim 14 Juil - 0:36


Leslie gérait la situation de main de maître et faisait montre de toutes les compétences dont il était capable. Il s’adaptait à une situation qu’il n’avait pas prévu, le fait de se retrouver seul face aux quatre vampires. De mon observatoire j’observai la scène sans sourciller et sans faire un bruit, aussi bien pendant que les dissidents ouvrirent leur claque-merde pour tenter de déstabiliser mon second que lorsque deux d’entre eux se lancèrent sur lui. Tout leur blabla me laissait insensible, hormis les paroles au sujet de Leslie, du fait qu’il n’avait pas été nommé shérif ou adjoint. En tant que mon second il était bien plus par rapport à la plupart des vampires de la Garde Royale. Et puis le nocturne ignorait tout de Leslie et du fait que Krystel l’ait laissé en vie à ma demande alors qu’il avait été au service de William, cela était bien exceptionnel. Il suffisait de voir ce qu’il était advenu de tous ceux au service de Nikos lorsque la Reine l’a affronté pour le tuer suite à sa trahison.

Leslie s’était déjà débarrassé de l’un d’entre eux ce qui ne ramenait leur nombre qu’à trois. Celui qu’il maintenait immobilisé à l’aide d’une prise dont il devrait se charger, le soumis qui gémissait derrière leur chef, et le meneur en question que j’affronterai moi-même. Il était temps pour moi d’entrer en scène et de leur énoncer leur jugement. Aussi sautai-je de ma position directement près du meneur et du soumis, attrapant ce dernier dans le même mouvement, lui arrachant le cœur et le broyant de ma main tandis que son corps s’effondrait au sol avant de se transformer en tas de cendres, dispersées par la brise de la nuit. Pendant ce temps le vampire que mon second tenait immobile cessa l’espace d’un instant tout mouvement, surpris de mon arrivée. Dans le même temps le meneur s’était éloigné d’un bond pour au final se retrouver entre Leslie et moi.


Bonsoir messieurs, je dérange ? dis-je en guise de salut tout ironique tandis que l’un me fit profiter de son langage fleuri et que le meneur de ce qu’il restait de leur groupe me demanda si j’étais venu pour eux, alors qu’il connaissait déjà la réponse à sa question.

En effet je suis ici pour appliquer votre sentence. Pour avoir bravé les lois édictées par Krystel, Reine de notre espèce, vous êtes condamnés à la peine capitale. Avez-vous une dernière parole ?

Va te faire foutre ! hurla-t-il avant de se jeter vers moi dans un fol espoir vain. Lorsqu’il arriva à ma hauteur je pivotai sur la gauche afin d’anticiper son mouvement pour lui attraper la tête et la lui arracher sans arrêter la course de son corps, qui continua sa course sur quelques pas avant de s’effondrer. Je m’approchai ensuite du corps pour en extraire le cœur et le broyer à son tour. Je me tournai ensuite vers Leslie et d’un signe de la main lui ordonnait d’éliminer le dernier vampire, celui qu’il maintenait encore immobile.

Tu as réussi cette épreuve avec brio Leslie, je suis fier de toi. lui dis-je une fois que cela fut fait. Il en avait eu assez pour ce soir aussi décidai-je qu’il était temps pour nous de rentrer sur Glasgow afin de faire le débriefing de cette soirée. On rentre Leslie, tu en as terminé ce soir pour tes épreuves.

Le trajet se passa en silence, je souhaitais le laisser réfléchir à ce qu’il s’était passé ce soir, ses épreuves, le fait qu’il pensait probablement que je n’aborderai plus le sujet d’Hannah ou de Jana ce soir. Il allait probablement être déçu mais je souhaitais préciser encore deux-trois points avant de nous quitter maintenant que la nuit était sur le point de se terminer. Une fois arrivé dans mon luxueux appartement de la capitale, je demandai à Alfred de nous servir deux bouteilles de Tru-Blood avant d’inviter Leslie à prendre place dans l’un des fauteuils tandis que j’en fis de même avant de prendre la parole.

Il est temps de faire le point sur cette nuit Leslie tu ne crois pas ? li dis-je sans véritablement lui poser la question. Ta première épreuve est un échec à mes yeux. L’objectif n’était pas que tu te satisfasses de cette femme avec détachement, mais que tu parviennes à ne pas te laisser mener par elle sur le plan qu’elle voulait. Si tu as su éviter son premier piège, l’histoire de son prétendu créateur, tu t’es ensuite laissé avoir et la conséquence n’est autre que votre bataille de coussins. Tu as certainement cru que ceci n’était qu’un jeu innocent mais détrompe-toi. La pitié n’est pas le seul moyen de tromper quelqu’un, l’amitié, l’humour le sont tout autant. Tu aurais dû retourner la situation pour en reprendre le contrôle.

Ta seconde épreuve elle s’est bien mieux passée. Tu es parvenu à faire sortir les quatre traîtres sans que quiconque ne se doute de quoi que ce soit, encore que question discrétion cela aurait pu être mieux pensé mais ne boudons pas notre plaisir sur ce point. Cela t’a-t-il plus de pouvoir satisfaire ton appétit de tuer ?
lui demandai-je avant de faire une pause. J’allai maintenant aborder le sujet de la pomme de William et de son ex-épouse.

Au sujet d’Hannah Badenov, tu ne dois plus avoir le moindre contact avec elle. Si jamais tu viens à la croiser, tu tournes les talons sans lui adresser la parole. Quant à Jana, tu ne devras avoir avec elle qu’une simple relation professionnelle. Je sais qu’elle effet elle peut produire néanmoins du fait de notre union prochaine considère-là comme inaccessible.

Avant que tu ne t’inquiètes de l’attitude à adopter si elle te demande de répondre à ses avances tu lui répondras simplement que tu n’es pas un amant que je tolérerai comme stipulé dans notre accord, cela suffira. Je conçois que cela puisse t’être frustrant néanmoins je ne doute pas que tu sois en mesure de te trouver un tas de femmes, vampires ou humaines de caractère.



Dernière édition par Julien Guillemaud le Jeu 25 Juil - 19:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Dim 14 Juil - 21:30

L'arrivée de Julien... aurait mérité l'Oscar ! Elle fut théâtrale à souhait, et je fus surpris de cette manière de se présenter, ne lui connaissant jusqu'alors aucun talent d'acteur. Je ne l'avais jamais vu à l'oeuvre, en fait. Sans compter qu'à la Cour, il devait se tenir. Ici, il pouvait se lâcher. Sans aucun remord, il commença par le timide et appliqua la sentence sans grande explication. Cela devrait me rappeler qu'en cas d'erreur, nul pardon n'était possible si l'ordre émanait de la Reine. Et je compris que Julien avait risqué gros en me protégeant et en obtenant la simple sentence de l'application d'un bracelet d'argent pendant 60 secondes. Mon prisonnier s'échinait à vouloir se libérer et gigotait de désespoir en hurlant à l'autre survivant :

- C'est toi qui nous a embarqué là-dedans !!!

Je détestais les mecs qui n'assumaient pas leur conduite et une moue déforma vaguement mon visage l'espace d'un instant, trahissant ainsi que je désapprouvais sa conduite. Non seulement il transpirait la trouille, mais en plus, il rejetait toute faute sur autrui alors qu'il avait dû bien profité du groupe pour satisfaire ses instinct en contradiction des lois royales. L'envie me démangeait de lui demander de se taire de d'arrêter de gigoter, mais se serait peine perdue, alors mon poignet se plaqua sur sa pomme d'adam et la douleur le rendit muet, enfin, sauf une sorte de borborygme... le meneur mourut de la main de Guillemaud, et d'un geste de celle-ci, j'appliquais, pour la première fois, une sentence édictée par la Reine. Je le fis sans haine et sans esprit de vengeance -et pourtant l'emmerdeur m'avait bien pompé !-, simplement, parce qu'il fallait s'en acquitter. Et puis, tuer ne me posait pas de problème -pas dans ces circonstances-.

Il ne restait plus que des cendres de ceux qui se croyaient au-dessus des lois royales. Et le vent les balaya, comme ravit de ce jeu.

* On est bien peu de choses... *

Cela me rappelait les sermons du dimanche, à l'église presbytérienne dont était toute ma famille. C'était encore plus frappant une fois vampire. "Poussière, tu retourneras à la poussière." C'était une loi naturelle qui s'appliquait à tous, mortels ou non. Secrètement, je savourais le compliment de Julien, auquel je n'avais répondu que d'un profond signe de tête, comme si une parole avait pu briser l'instant magique où le Général me félicitait, et ne retins que ceci :


On rentre Leslie, tu en as terminé ce soir pour tes épreuves.

N'empêche qu'il y avait une bonne dose d'hypocrisie dans tout cela. Julien et moi, et tous les "pontes" vampires buvaient du sang humain, en secret. Ces vampires lambda n'avaient fait que la même chose, en se cachant -mal, mais en se cachant quand même-, et la sentence avait été expéditive. Je marchais aux côtés de Julien en regagnant notre véhicule garé un peu plus loin. Je ne tirais aucune gloire de ce que j'avais fait ce soir. C'était mon devoir. Je songeais tout de même à la prostitué du bordel de luxe, je me la serais bien faite une deuxième fois. Surtout au prix où ça coûtait... se resservir ne devait pas être interdit quand même.

* Sauf que je me suis planté sur ce coup là... *

Mouais... inutile de remuer le couteau dans la plaie. Je montais côté passager, bouclais ma ceinture, et regardais défiler le paysage morne des quais et des entrepôts. Lui non plus n'interrompit pas ce silence, comme si, appliquer une sentence de mort ultime méritait un peu de sérieux, et pourquoi pas, une sorte de recueillement. Oh ! pas sur les défunts... mais sur la charge écrasante de faire appliquer la loi qui devait tous nous sauver. Les humains étaient dangereux pour nous, désormais. Et il fallait compter avec eux. Quitte à tuer les nôtres... et à nous affaiblir davantage. Quoique, dans ceux que j'avais vu ce soir, aucun n'aurait fait l'affaire en temps de guerre. En sortant de l'ascenseur et entrant dans l'appartement de Julien, nous n'eûmes droit qu'à du True. Comme si les âmes des défunts pouvaient vérifier que nous appliquions bien la loi si durement imposée... D'un signe de tête, je remerciais Alfred : il pensait toujours à me livrer en O-. Brave type... Je savais que l'ancien shérif n'en avait pas fini avec moi, mais j'attendais poliment qu'il me dise où il voulait en venir. Après qu'il eut commencé son True, j'osais faire de même avec le mien, à petites gorgées timides, car je ne voulais rien perdre de ce qu'il disait.


(...) La pitié n’est pas le seul moyen de tromper quelqu’un, l’amitié, l’humour le sont tout autant. Tu aurais dû retourner la situation pour en reprendre le contrôle.



La fille craignait sa mère maquerelle. Peut-être qu'inconsciemment, cela m'avait rappelé combien j'avais craint... William ! cela me sidéra, et je baissais le regard, assommé par ce parallèle. J'avais craint Julien aussi, mais plus maintenant. Je m'étais senti proche de la putain, au point de vouloir la protéger de sa "maîtresse", et de m'exposer, moi, alors que je me savais en plein "test". Même quand j'avais découvert qu'elle s'était jouée de moi, je ne lui en avais pas voulu, ne ressentant que de la tristesse, à la limite du vague à l'âme. Je ne me voyais pourtant pas comme une pute, mais... bon... elle m'avait touché.

* Je dois être insensible ? *

Manifestement, oui. Au travail, toujours, et hors travail chaque fois que le terrain devenait glissant. Voilà un drôle de monde où je naviguais à vue depuis dix ans, et dont on me donnait seulement la carte maritime maintenant, en allant jusqu'à m'expliquer les codes pour la lire ! Ensuite, Julien me félicita... mais en relativisant pourtant ma réussite -ben oui ! je ne pouvais être meilleur que lui, puisque manifestement, il s'y serait pris autrement- : j'ai bien failli lui demander comment il aurait agis, lui... mais me retins. Ce n'était pas le moment, et je sentais que d'autres choses allaient venir. Si je voulais les connaître, je devais me taire, et laisser le Général poursuivre sur sa lancée.


(...) Cela t’a-t-il plus de pouvoir satisfaire ton appétit de tuer ?

J'optais pour la franchise totale en répondant :

- Je n'ai éprouvé aucun plaisir à tuer. Curieusement, lorsque l'ordre m'a été donné, j'ai eu l'impression qu'il émanait de la Reine elle-même. Alors, j'ai exécuté. Pas de haine, pas d'état d'âme. Je n'ai rien ressenti.

N'empêche qu'exécuteur, ça me plaisait. J'en tirais une étrange satisfaction que je ne souhaitais pas partager. Pour la masquer, je bus une bonne dizaine de gorgées de mon True, comme si ce que je venais de vivre n'était qu'une formalité, là où en vérité, il me semblait venir de trouver ma voie ! Limite, je me verrais bien bourreau... sur une estrade publique ! je devais rapidement reprendre le contrôle d'une imagination qui devenait trop vive, et reposais délicatement la bouteille à demi vidée sur la table entre nous.

Au sujet d’Hannah Badenov, tu ne dois plus avoir le moindre contact avec elle. Si jamais tu viens à la croiser, tu tournes les talons sans lui adresser la parole.

Alors là ! cette consigne là, j'allais l'appliquer à la lettre et elle n'allait rien me coûter ! Cet ordre était même une pure bénédiction. J'inclinais profondément la tête pour informer Guillemaud que j'avais bien saisi. La suite me plut beaucoup moins, car lorsque Jana et moi nous étions séparés... et bien... disons qu'elle semblait très désireuse d'aller plus loin avec moi. Evidemment, si Julien se mariait... bon... disons que j'irais voir ailleurs... Là, j'étais obligé de répondre :

- Bien entendu, Général.

Julien devait savoir que je tenais plus que tous à nos engagements réciproques. Et ma réponse devait tout faire pour l'assurer de ma présence à ses côtés, et non à sa place, en tout cas, pas dans ce domaine là. Se doutait-il de la proposition à peine voilée lancée innocemment alors que nous nous quittions, sa promise et moi -sachant que j'ignorais totalement leurs projets !!!-.

* Mais pas elle. La garce ! *

Je devais me méfier de cette femelle là, elle risquait de m'attirer des ennuis et moi... j'aimais bien le sexe. Une chance que Guillemaud ne lise pas dans les pensées !!! Non... au lieu de cela, il me donna une solution toute prête.


- Je m'en servirais. Merci.

Et je souris à son hypothèse de me trouver tout seul des femelles pour combler cet ardent désir qui me brûlait depuis quelques années. Je me demandais aussi si mon boss me demanderais plus de précisions sur toutes ces choses laissées dans le flou très volontairement de ma part, ou s'il se contenterait de mes réponses lapidaires. Finalement, je lâchais :

- Puisque j'ai failli, au bordel, et que vous avez payé plein pot... y'a pas moyen que j'y retourne avant le lever du jour ?

* Ben quoi ?!!! c'était le moment où jamais d'y aller ! ce genre d'endroit où les sous-fifres comme moi sont tout juste toléré... là, le truc payé par mon patron... dommage de le laisser passer. Qui sait quand je pourrais y retourner sinon ? *

En plus, il avait l'air super copain avec la mère maquerelle, et s'il était vraiment content de moi...
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Jeu 25 Juil - 21:26


La nuit arrivant prochainement à son terme notre entretien devrait bientôt se clore, néanmoins j’avais encore quelques questions à lui poser, notamment au sujet de son entrevue avec ma future épouse, si tant est que je parvienne à obtenir cette récompense de la part de la Reine.

Je n’ai rien payé Leslie, une des deux dirigeantes de l’établissement travaille pour moi. lui dis-je en affichant un petit sourire. Toutefois si tu souhaites un jour y entrer par toi-même, à toi de nouer les contacts nécessaires pour répondre aux critères de Ruby et Constance. Bien entendu ceci doit être fait selon tout ce que j’ai pu t’apprendre, cela va de soi.

Ceci serait une nouvelle épreuve pour mon second bien qu’aucune sanction ne lui tomberait dessus s’il échouait, hormis dans le cas où il me mettrait une nouvelle fois dans une situation à risque vis-à-vis de Krystel. Mes plans ne devaient ni ne pouvaient être remis en question du fait de l’un de mes subalternes. J’optai ensuite pour revenir au sujet de son entretien avec Jana, afin d’en apprendre davantage et de savoir si Jana ne s’était pas trop joué de mon second.

Tu es resté bien évasif au sujet de ta visite à la Pomme du Diable Leslie, tu peux de donner plus de détail je te prie ? Il est normal que je m’assure que ma future épouse t’ai bien traité non ? lui demandai-je d’une ironie légère qui n’était nullement menaçante mais dont il comprendrait sans mal que j’attendais une réponse de sa part.

En attendant sa réponse je me mis à faire un parallèle entre lui et Yaâqov, l’autre vampire que j’avais formé d’une certaine manière. Si pour Leslie j’employais autant la carotte que le bâton, Yaâqov lui n’avait eu que le bâton, le même que celui que j’avais connu pendant dix ans par le passé. Tout comme cela m’avait transformé et rendu plus loyal, plus fidèle encore, l’enfermement dans un cercueil d’argent avait fait de mon exécuteur secret un subordonné d’une allégeance indéfectible. Néanmoins ces deux vampires étaient deux atouts dans mes cartes, et allaient être employés comme tels.

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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Ven 26 Juil - 15:38

Bon.... d'accord, je m'étais relâché, sérieusement même. Mais la tension était tombée et la réplique aurait dû servir à détendre encore l'atmosphère. Il serait d'ailleurs bientôt l'heure d'aller se plaquer du soleil. Tout d'abord, le Général alla dans mon sens, me mettant encore à l'épreuve, d'une certaine manière, puisque je devais trouver le sésame nécessaire à mon entrée dans ce claque. Mais rapidement, tout changea !!! Comment avais-je d'ailleurs pu oublier qu'avec Julien, rien n'était jamais fini ? Qu'il soufflait le chaud et le froid pour mieux tirer la quintessence de ses rencontres ? Et voilà, encore piégé, comme un c**.

Tu es resté bien évasif au sujet de ta visite à la Pomme du Diable Leslie, tu peux de donner plus de détail je te prie ? Il est normal que je m’assure que ma future épouse t’ai bien traité non ?

Ah... oui... ma rencontre avec Jana... devais-je vraiment tout dire à Julien ou pas... parce que la proposition de sa future femme... risquait de faire capoter leur mariage, et surtout, de me valoir pas mal d'ennui. D'un autre côté, le meilleur moyen pour éviter les problèmes est de les devancer, non ? Se jeter dans la gueule du loup -Jana ? Julien ? qui était le loup ? je réfléchis brièvement, aucun doute, c'était Jana !- ne me servirait à rien. Sûr que ce devait être un bon coup, mais... la balade de cette nuit avec mon boss m'avait appris qu'il y avait bien d'autres femelles pour... enfin bref, pour "ça". Je pris un air dégagé, pour signifier que je n'avais rien à cacher... Comme s'il n'y avait aucune tension, quoi...

- Très bien. La princesse m'a très bien reçu. Je te soumettrais le plan établit pour la formation de ses videurs, ainsi que la devis que je vais lui présenter.

Bon, c'était le côté professionnel. Le plus facile à exposer. Après tout, j'avais eu chaud, juste avant, et la conclusion de l'affaire pouvait signifier que Jana en avait fini avec moi. Mais comme Julien, elle jouait le chaud et le froid... L'idée de leur mariage... me fit presque rire. Si jamais cela arrivait, nul doute qu'il y aurait de l'ambiance chez eux ! moi, franchement, je préférais une fille sympa, câline, pas le genre à brouiller les cartes comme la soeur de William. Quand je rentrais chez moi, j'appréciais le calme et n'imaginais pas devoir encore porter un masque, et jouer aux échecs, sans répit, ni nuit, ni jour.

* Chacun son truc... *

Restait le dernier volet... et si je l'avais bien saisi. Je me lançais, sans doute comme les Cathos le faisaient lors d'une confession devant le curé :

- Juste avant que je ne parte, alors que j'allais refermer la porte du bureau, la princesse m'a interpelé une dernière fois, pour me dire que... enfin... que si je voulais un entretien privé avec elle, sans hiérarchie et sans but professionnel, elle... euh... bon... bref... elle m'accueillerait volontiers.

Là, je devais absolument ajouter quelque chose. Mais quoi ? Je semblais quand même passablement gêné, mais d'un autre côté, je m'étais juré de servir Julien quoi qu'il m'en coûte, alors... Disons que cette situation douteuse, une fois exposée à ce stratège, perdrait sans doute son côté gênant et risqué. Donc, quand je l'eus dit... je me sentis mieux. Comme si j'avais posé mon sac, enfin. Restait à savoir comment Guillemaud le prendrait. Nul doute qu'il ne me verrait pas comme un rival... je n'étais pas de taille. Et puis, s'il tolérait que sa femme et son bras droit s'amuse... moi... perso... je n'y voyais aucun inconvénient. Sauf s'il se mariait, évidemment. Là... mon côté presbytérien étant encore très présent, j'aurai du mal. Evidemment, je me tus quant au clin d'oeil coquin qui avait suivit la déclaration de Jana. Parce qu'il n'était QUE pour moi. Franchement, ce dernier regard pour moi... m'avait vraiment excité. En avait-elle lancé pareil à Julien ou ne voyait-elle son union avec lui que comme un calcul politique ? moi, en tout cas, j'avais eu une sacrée promesse de bon temps...
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Dim 15 Sep - 0:41


Si le début de sa réponse n’avait pas grande valeur hormis le fait d’apprendre que mon entreprise allait former les agents de la Pomme du Diable je restai muet en attendant qu’il poursuive. Au moins la sécurité de l’établissement de Jana serait assurée par des gens un tant soit peu compétents bien que la connaissance ne suffise pas forcément à obtenir de bons résultats.

Et quelle réponse lui as-tu faite Leslie ? lui demandai-je d’un air sérieux mais qui ne laissait rien présager – ni bon ni mauvais – quant à ma réaction à venir à propos de sa déclaration.

L’opinion que j’avais de Jana me laissait penser qu’elle avait pu être sincère en lui faisant une telle proposition, quand bien même le but d’une telle coucherie ne serait que de la distraire ou de manipuler mon second. Si la première option ne me dérangeait pas tant qu’elle et moi n’étions pas mariés, la seconde elle me gênait que l’on soit unis ou non. Néanmoins ceci pouvait avoir son avantage, notamment de former et tester Leslie.


J’apprécie que tu m’informes de ce point Leslie, cependant ce projet n’est pas encore concrétisé aussi tant qu’elle et moi ne sommes pas mariés ou en passe de le devenir officiellement, libre à toi de coucher avec elle si elle t’en offre la possibilité. lui indiquai-je en affichant un léger sourire, certain que ma réponse allait le surprendre.

En revanche une fois notre union ou du moins notre projet officialisé tu comprendras sans mal que cela ne sera plus possible aussi profite en bien tant que cela est possible. Bien entendu il est inutile que tu devras faire preuve de la plus grande discrétion si jamais elle t’ouvre ses jambes, il s’agit d’une de nos Princesses ne l’oublie pas, quand bien même tes coups de rein seront en train de la décoiffer. le prévins-je, sachant ce que c’était de coucher avec un membre de la famille royale.

Garde à l’esprit que tu ne seras qu’un divertissement pour elle, ou un moyen d’obtenir des informations. Coucher avec elle ne t’ouvrira pas les voies du paradis aussi garde l’esprit clair quand bien même tu seras dans son lit. Ceci pourrait être un parfait entrainement si jamais vous veniez à coucher ensemble.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Sam 2 Nov - 21:58

Quelle réponse ?!!! il me demandait quelle réponse j'avais faite à Jana ?!!! ben, négative, quoi !!! je répondis, tout de go, mais en gardant le regard sur les chaussures du général :

- Très poliment, je crois... en restant évasif.

Histoire de sortir de là au plus tôt. J'aurai voulu avoir l'air assuré mais ma voix me fit défaut et s'enroua. Mince alors. Juste quand il ne fallait pas. Ces derniers temps, j'avais vraiment du mal avec ma libido. Bon, je savais que les vampires connaissaient ce genre de débordements... et dans mon cas, ils étaient sans doute les prémices de ce que je subirai désormais. Moi qui avait toujours été un garçon réservé avec les femmes.. ça me changeait beaucoup. J'avais vraiment du mal. Pourtant, je n'en perdais pas l'esprit et je pensais avoir bien agit avec la future de mon boss. En jetant un coup d'oeil discret à Julien... je sus que la réponse était bien courte... j'ajoutais, avec un peu de précipitation, comme un ado pris sur le fait par sa mère, qui pensait qu'il jouait de la guitare "au casque" :

- Je devais me sortir de là ! mais j'ignorais comment faire. C'était un cadre strictement professionnel,... et...

Bref, je me justifiais d'une faute non commise ! Je m'emmêlais donc les pinceaux tout en ayant commis aucun impair. Enfin... je crois. Il eut beau répondre qu'il se fichait que je couche avec Jana, je n'en crus pas un mot.

* Pourquoi se leurre-t-il ainsi ? connaissait-il ce côté de cette vampire ? ou le découvrait-il ? *

Mais il poursuivait sur sa lancée, parlant d'une princesse, décoiffée par les coups de reins, de discrétion, de...

* Pour qui me prend-il ?!! *

En même temps... le mieux était d'avoir sa confiance. et de profiter de la situation pour bien lui faire entendre mes difficultés présentes. Ce qui me gênait le plus était sa largesse d'esprit : j'en étais abasourdi. Et si ces deux là jouaient à mes dépens ? Quelque part, je me questionnais sur l'attitude à adopter et le plus simple demeurait : rester moi-même !

- Je n'ai pas envie de coucher avec elle. Bien qu'elle soit très belle.

J'aurai bien aimé respirer à fond, mais mon nouvel état m'en empêchait. Mes sourcils se froncèrent sous le coup de la réflexion.

- Quand même, je ressens beaucoup de choses contradictoires en ce moment. As-tu une idée pour mener une vie vampirique saine.

* Vampirique et saine... voilà une drôle d'association de mots... * songeais-je.

hrpg : désolé du retard... pas d'excuses à avancer. c'est ma faute.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Dim 10 Nov - 1:04


Malgré son statut de second Leslie manquait cruellement de confiance en lui et son attitude en pâtissait parfois. C’était là un gros point d’amélioration sur lequel il allait devoir travailler, le contrôle de ses émotions quand bien même il serait déstabilisé par un interlocuteur ou un adversaire. Ses mots quant à sa réponse étaient bien le symbole de ce qui rongeait le vampire : son humanité n’avait pas disparu et continuait à entraver son évolution, non pas d’un point de vue hiérarchique mais comportementale.

Il n’y a pas de cadre professionnel Leslie, notre existence même n’ayant pour but que de servir nos Maîtres. L’important n’est pas le cadre mais plutôt la personne avec qui tu converses. Cette ceci qui te permettra de déterminer ce que tu peux te peux ou non faire. Interroge-toi constamment sur les conséquences de telle parole, tel acte ou encore telle décision.

Pas envie ? Quelle étrangeté à ne pas vouloir d’une princesse alors qu’il n’avait pas eu le désir de rejeter une des catins de Constance. Drôles de goûts. Pour ma part pouvoir coucher avec une Princesse ne serait pas pour me déplaire, d’autant plus si cette dernière se montrait aussi joueuse que la Reine.

Elle te déplait à ce point ? Ou bien est-ce pour ne pas me froisser ? Si tel est le cas ton attention est appréciable Leslie. lui dis-je avant qu’il ne m’interroge.

Selon toi que serait une vie vampirique saine Leslie ? Dis-moi tout d’abord ce qu’il semble sain à tes yeux. Parle-moi ensuite de ces choses contradictoires que tu ressens que je puisse t’aider. Ton apprentissage est encore en cours car malgré tes progrès dans bien des domaines, il est des choses que seule l’expérience t’apprendra. Je vais tâcher de d’apporter le reste. lui dis-je d’un air cordial.

A mon sens Leslie était encore parfois trop dans l’attente de mes conseils ou de mes consignes. Si cela exprimait son désir de bien faire et de se parfaire, j’avais un souhait à son sujet pour l’avenir. Je voulais qu’il apprenne à me connaître, à être en mesure de déterminer par lui-même ce que j’attendais de lui. Leslie ne devait pas rester un jeune vampire incapable de discernement. Non je ne voulais pas qu’il s’émancipe de mon autorité mais simplement que pour des cas mineurs il soit en mesure de connaître d’avance mon avis et la décision à prendre en conséquence.

Hrp : aucun sushi
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mer 13 Nov - 14:28

Ma nature s'affirmant mois après mois, nuit après nuit, je me demandais si les autres jeunes vampires ressentaient la même chose. Subissaient-ils ces mêmes transformations, ces mêmes affres ? ces questions les torturaient-ils aussi ? Demander à Julien ? il était vieux, avais-je décrété, et ne pouvait se souvenir de cela. Et peut-être qu'il les avait intégrés tout de suite, ces changements, les adoptant pour siens sans se laisser influencer. Les ados d'autrefois, des siècles précédents, n'éprouvaient pas les mêmes tourments que ceux d'aujourd'hui, et j'acceptais que cela en fut de même pour les vampires. Bien sûr, j'aurai pu prendre le parti de me dire "désormais, puissant, je peux faire tout ce que je veux !", mais au lieu de cela, je m'étais d'abord apitoyé sur mon sort, n'acceptant pas l'inéluctable. Il avait fallu le général pour progresser. Et maintenant, la seule chose qui bridait mes instincts nocturnes était la leçon de Guillemaud, sur la "politique" vampire, cette sorte de code de bonne conduite qui pouvait mener très haut, très loin, et dont le non respect entraînait rapidement de grands tourments, voire... la mort définitive.

Humain, je ne craignais pas la mort. Jeune, la petite trentaine, la vie s'ouvrait à moi. La réussite, le succès, un travail que j'adorais, une famille très présente, une petite amie charmante, même si mon métier me menait souvent en des lieux sordides et me montrait des situations lamentables, tragiques, ma vie me plaisait. J'ai eu peur de la mort lors de mon Etreinte, lors de ma Transformation. J'ai eu peur de la mort, vampire, dans un monde où le moindre écart menait à l'au-delà -s'il existait !-. Curieux, n'est-ce-pas... Mortel, j'étais insouciant, immortel, je me mettais martel en tête pour un rien.

Au fur et à mesure des paroles de Guillemaud, je me rendis compte que je lui répondais sur un registre acquis, et non de moi-même. Cherchais-je à plaire ? à charmer ? je me méfiais de moi, mais n'osais m'en ouvrir à quiconque. Où me trouvais-je désormais ? Je me sentais désarmé et perdu, alors que j'aurai dû sentir la puissance de mon état, par rapport à mon humanité. Je murmurais, sans presque m'en rendre compte :

- Le propre des vampires est-il de ressentir dix fois plus les sentiments humains ? Est-ce de se sentir torturé ?

Pourtant, la discussion ne portait pas là-dessus, loin de là. J'étais hors sujet et sus que je devais revenir au présent, rapidement.

* Pas de "cadre professionnel"... une vie de services dus à nos maîtres... *

Oui... tout cela était si différent de ce que j'avais connu, humain. J'avais peu à peu intégré cette différence, pourtant, donnant tout, sans compter à Julien, le laissant seul juge de mes actions, lui donnant tous les droits sur moi. Etait-ce ainsi entre lui et leurs majestés ? Peut-être... C'était à la fois si simple et si... inquiétant. Pouvait-il comprendre ce que je ressentais ? Je me mordis le coin de la lèvre inférieure gauche, que je mâchouillais un instant, alors que je contemplais le tapis devant moi. Dans la nuit, tout prenait une toute autre tournure : la moindre parole, action, était observée, pesée, et tout pouvait prendre une orientation tragique. Les enjeux étaient plus importants, plus tranchés que dans la vie. La non-vie ne pardonnait pas les écarts.

- Pour ne pas te froisser, parvins-je à articuler.

Voilà. Je l'avais dit. Mais c'était lui qui le voulait. Bien sûr que cette vampire était attirante, et bien sûr que si je n'avais pas, précisément, réfléchis aux conséquences de mes actes, je me la serai faite vite fait, bien fait, bien qu'elle m'effraya un peu avec sa longue expérience. Et un peu la peur du ridicule qu'aurai pu recevoir mon "amour" par une princesse de ce rang. J'ouvris de grands yeux étonnés que je posais sur lui en songeant *Quelle drôle de question ?!!! * et en me demandant comment j'allais y répondre ! Une vie saine pour un vampire... tu parles d'une colle. J'hésitais, puis me lançais :

- Boire à la veine, du sang tiède et doux, ferreux.

Ces mots avaient littéralement jailli de mes lèvres, sans que je n'ai le temps de me demander l'ampleur de leur impact sur... sur quoi ? sur moi ? sur Julien ? sur ma non-vie ?

- Aller où bon me semble, sans en référer à personne, sans autre loi que celle de ne pas me faire gauler par les mortels ou les autres vampires.

Là encore, la phrase avait fusé, révélant bien ce que je vivais en ce moment, cet étouffement sous tant de hiérarchie, d'étiquette, et je ne sais quoi d'autre.

- Faire l'amour, humaine ou vampire, et la faire vibrer, me satisfaire.

Tout cela tenait de l'enfantillage, pourtant, telles étaient mes pulsions du moment.

- Tuer. Par plaisir. Pas par obligation. Satisfaire le moindre de mes caprices.

J'avais conscience qu'autant de liberté s'affrontait au principe même de vie en société, et les vampires vivaient en société, surtout à notre époque. Cette non-vie aurait été possible deux siècles auparavant, quand Julien avait vu le jour... enfin, la nuit. S'était-il gavé de tout cela ? Là... toutes les retenues que subissait ma nature vampirique tendait à me rendre tantôt fou, tantôt entièrement soumis, ce qui n'allait pas sans me poser problème. Cette incertitude me rongeait bien davantage que je n'osais l'avouer. Pendant les Années Sanglantes, j'avais vécu ainsi, et m'étais senti bien. J'avais "mûri" au sens vampire du terme. Mais là, de nouveau sous le joug d'une société qui m'étouffait, trop de choses se passaient en moi, que je ne pouvais contrôler, soumis à une autorité autre que la mienne. C'était ce qui me paraissait contre nature.

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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Sam 21 Déc - 12:41


Leslie était encore en proie à bien des questions en dépit de l’expérience qu’il commençait à engranger. Il n’avait pas encore la maîtrise de ses émotions, pas encore oublié son humanité, enfin une part de lui-même y était encore attaché. C’était là son problème, ne pas parvenir à s’en détacher et à se consacrer pleinement à sa vie d’immortel. Comme preuve de ses tourments, il laissa échapper un murmure que je perçu sans peine.

Oui Leslie, tout ce que nous ressentons est exacerbé. Aussi bien les sentiments que les sensations. Cela peut être difficile les premières années lorsque l’on doit apprendre à se contrôler mais tel est le coût de l’immortalité. Avoir le temps de ressentir pleinement nos émotions et sensations, mais devoir apprendre à les contrôler et savoir quand pouvoir les exprimer au lieu que ce soit elles qui vous dominent au risque de vous détruire. lui dis-je d’un ton prévenant.

Sache que l’attention me touche et que je t’en remercie. dis-je encore après qu’il m’eut indiqué en pas avoir succombé aux avances de Jana par égard pour moi, quand bien-même nous n’étions pas encore mariés elle et moi. Je l’écoutai ensuite répondre à mon autre question et sa réponse fit naître un sourire sur mes lèvres, non pas moqueur mais bien nostalgique de mes premiers temps en tant que nocturne.

Tes désirs sont ceux d’un jeune vampire Leslie, et bien compréhensible en dépit de leur bon sens. Il y a bien longtemps moi aussi je les ai éprouvé mais mon créateur a su à l’époque m’apprendre à les gérer et quand y succomber. Mais cet apprentissage se fait par étape et nécessite une soumission totale et sans condition comme tu as pu déjà m’en faire la preuve.

Souhaites-tu bénéficier de ces règles salvatrices qui te permettront de satisfaire tes appétits en toute quiétude ? Saches que pour autant que répondre à ceux-ci nécessitera bon nombre de précautions et de règles immuables, alors seulement tu pourras laisser libre cours à ta faim.


J’étais à peu près certain qu’il allait me demander de lui fournir cet apprentissage, presque trépignant tel un gamin le jour de noël. Si Leslie avait été ma créature il aurait évité bien des tourments, mais quelque part cela ferait aussi sa force. Ce sont les épreuves de votre vie, mortelle ou immortelle, qui vous construisent. Et cela reste immuable que vous soyez faible ou puissant. Il n’appartenait qu’à chacun de se prendre en main et de décider quelle était la catégorie à laquelle il souhaitait appartenir.

Hrp:
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Sam 11 Jan - 20:49

Oui... la conscience vampire se trouvait décuplée par rapport à la conscience humaine. C'était probablement le cas aussi avec l'inconscience, l'amour, la haine, l'ouie, la vue, les sentiments éprouvés lors de l'acte d'amour... Je me regardais évoluer en présence du général... me voyait-il jouant un rôle ou seulement comme un jeune paumé facile à manipuler, à modeler au gré de ses besoins ? J'optais définitivement pour... la deuxième solution, car la première me déplaisait. Pour autant, je ne l'ignorais pas. William aussi s'était joué de moi, non ? tout le monde le faisait. Cela relevait-il d'une sorte de bizutage réservé aux nouveaux venus ? ou les anciens tiraient-ils satisfaction de leur jeu avec nous ? J'interrompais Julien brutalement :

- Les contrôler ? vraiment ? c'est possible ? comment ?...

J'avais tenté des trucs humains, genre méthode Coué "non, je n'ai pas besoin de sang, je n'ai pas soif, je n'ai aucune envie de baiser comme une bête", ou l'auto-hypnose, avec des cd achetés dans des boutiques louches, mais rien n'y faisait. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes tant que je restais chez moi. Je n'éprouvais rien, un vrai moine. Mais à la moindre sortie, l'odeur de la féminité suffisait pour exacerber mes instincts les plus bas... avec des pensées perverses pour encore augmenter mon plaisir, et celui de la femelle conquise... * Breuhhhh !!!! *

Je redoutais ces moments, à vrai dire. Tant que j'étais dans l'action, la guerre, je pouvais laisser libre court à ces excès, mais à présent, en temps de paix...

- Mes expériences durant les Années Sanglantes, sans aucune retenue, sont à l'origine de ce qui m'arrive ?

Je n'avais fait que tuer à tour de bras... n'ayant que rarement violé... quoi que... sans l'avoir avoué à personne, mâle ou femelle, quand j'avais besoin... c'était là ma honte, et je la conservais pour moi. S'il ne s'agissait que de soumission à un vampire plus âgé, je pouvais l'accepter venant de Guillemaud. Je l'avais choisi presqu'autant qu'il m'avait choisi... non ? j'approuvais d'un léger signe de tête alors qu'il abordait le sujet de son Sire... et quand il me demanda si je voulais bénéficier des "règles salvatrices", je relevais brutalement la tête, plantant mes pupilles dans les siennes, comme un héroïnoman en manque :

- Bien sûr ! enfin... si tu le veux bien... si tu veux bien te charger d'un "jeune" qui n'est pas de ta création...

J'aurai tant voulu inspirer profondément... mais au lieu de cela, je poursuivis :

- Je me soumets à toi, et jure de me laisser conduire selon ta volonté.

Pour vivre, ou survivre dans ce monde de la nuit, j'avais intérêt à intégrer au plus vite les règles du jeu, et la maîtrise totale et absolue de mes sentiments et pulsions.

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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Ven 17 Jan - 13:23


Comme pour exprimer les tourments qui le rongeaient Leslie m’interrompit grossièrement. En d’autres occasions cela m’aurait contrarié mais pas lorsque nous discutions en tête à tête. C’était là les seuls moments où il pouvait parler sans avoir besoin de s’embarrasser de l’étiquette et s’exprimer sans détour, dans une certaine mesure tout de même.

Tout d’abord il te faut les accepter, ne pas les nier ou les enfouir en toi en espérant qu’elles passeront. Car en agissant ainsi tu ne feras qu’augmenter ta frustration et diminuer tes capacités de contrôle. lui dis-je avant qu’il ne reprenne à nouveau la parole pour me poser une nouvelle question quant à l’origine de ces maux.

Oui les Années Sanglantes y étaient pour quelque chose mais pas que. La manière dont il avait été créé jouait aussi, tout comme l’attitude de William envers lui. Son premier maître n’avait pas eu le rôle de formateur que j’estimais avoir à son égard depuis maintenant plusieurs années.


Certainement, repris-je donc pour lui expliquer cela. Comme chacun d’entre nous tu as du mal à te faire à notre nouvelle condition de restrictions et de contraintes après avoir pu goûter à l’ivresse de la non-retenue, mais ceci n’est pas la cause majeure. Ta créatrice et ton ancien maître ont leur part de responsabilité dans les maux qui t’agitent par leur comportement à ton encontre. Mais comme je te l’ai dit ceci n’est pas immuable. lui dis-je encore avant de me taire, le temps pour lui de digérer ces informations et de répondre à mes paroles précédentes quant à la solution que je comptais lui présenter.

Très bien Leslie, je n’en attendais pas moins de mon fidèle Second. le rassurais-je avant de poursuivre. Te souviens-tu de ma cave à Edimbourg ? Quel a été ton sentiment lorsque je t’y ai emmené et t’y ai offert ta victime ? Je veux dire par là en terme de sentiment ou d’émotion, que ce soit concernant tes pulsions, ta victime ou même vis-à-vis de moi ?

Il ne comprendrait peut-être pas le sens de toutes mes questions mais cela viendrait au fil de notre discussion. Lors de cette expérience je l’avais senti gêné de se nourrir devant moi, s’étant contenté d’un traitement doux à l’égard de l’humaine que je lui avais offert. Peut-être que si je l’avais alors laissé seul il aurait cédé à des pulsions plus… violentes. C’était justement ce que je voulais déterminer, savoir s’il acceptait de tuer ou blesser un humain sans raison autre que son plaisir ou contraire s’il était encore gêné par ceci.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Ven 17 Jan - 13:27


Comme pour exprimer les tourments qui le rongeaient Leslie m’interrompit grossièrement. En d’autres occasions cela m’aurait contrarié mais pas lorsque nous discutions en tête à tête. C’était là les seuls moments où il pouvait parler sans avoir besoin de s’embarrasser de l’étiquette et s’exprimer sans détour, dans une certaine mesure tout de même.

Tout d’abord il te faut les accepter, ne pas les nier ou les enfouir en toi en espérant qu’elles passeront. Car en agissant ainsi tu ne feras qu’augmenter ta frustration et diminuer tes capacités de contrôle. lui dis-je avant qu’il ne reprenne à nouveau la parole pour me poser une nouvelle question quant à l’origine de ces maux.

Oui les Années Sanglantes y étaient pour quelque chose mais pas que. La manière dont il avait été créé jouait aussi, tout comme l’attitude de William envers lui. Son premier maître n’avait pas eu le rôle de formateur que j’estimais avoir à son égard depuis maintenant plusieurs années.


Certainement, repris-je donc pour lui expliquer cela. Comme chacun d’entre nous tu as du mal à te faire à notre nouvelle condition de restrictions et de contraintes après avoir pu goûter à l’ivresse de la non-retenue, mais ceci n’est pas la cause majeure. Ta créatrice et ton ancien maître ont leur part de responsabilité dans les maux qui t’agitent par leur comportement à ton encontre. Mais comme je te l’ai dit ceci n’est pas immuable. lui dis-je encore avant de me taire, le temps pour lui de digérer ces informations et de répondre à mes paroles précédentes quant à la solution que je comptais lui présenter.

Très bien Leslie, je n’en attendais pas moins de mon fidèle Second. le rassurais-je avant de poursuivre. Te souviens-tu de ma cave à Edimbourg ? Quel a été ton sentiment lorsque je t’y ai emmené et t’y ai offert ta victime ? Je veux dire par là en terme de sentiment ou d’émotion, que ce soit concernant tes pulsions, ta victime ou même vis-à-vis de moi ?

Il ne comprendrait peut-être pas le sens de toutes mes questions mais cela viendrait au fil de notre discussion. Lors de cette expérience je l’avais senti gêné de se nourrir devant moi, s’étant contenté d’un traitement doux à l’égard de l’humaine que je lui avais offert. Peut-être que si je l’avais alors laissé seul il aurait cédé à des pulsions plus… violentes. C’était justement ce que je voulais déterminer, savoir s’il acceptait de tuer ou blesser un humain sans raison autre que son plaisir ou contraire s’il était encore gêné par ceci.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mar 21 Jan - 19:46

* Les accepter... * me dis-je, comme en écho à ce que venais de me dire Julien. Je savais qu'il voulait mon bien. J'avais tellement envie de... je balbutiais...

- si je me laisse aller... j'ai l'impression que je ne pourrais pas m'arrêter, me contrôler...

Ou alors, ça faisait tellement longtemps que je me retenais... c'était peut-être pour ça... pendant les Années Sanglantes, tout allait bien ! je faisais tout ce que je voulais, donnais librement cours à mes pulsions... vivant dans le sang, plongeant mes mains dans mes victimes... à cette évocation, une lueur sauvage s'alluma dans mes pupilles, les dilatant, comme pour mieux les dévorer, mais bien vite, je baissais la tête, honteux de mes sentiments. Cette gêne me venait sans doute de mon éducation humaine, comme le disait le Général. Je devais m'en débarrasser.

* Surtout que maintenant, on ne peut même plus boire à la veine ! *

Trop, c'était trop. Il y avait bien les poches chez mon patron, mais ça ne me suffisait plus.

* Ah oui... ma créatrice... la maudite ! *

Je lui aurait bien tordu le cou, à celle-là, si je la retrouvais un jour... mais l'attaque contre William me fut pénible. Heureusement, j'avais la tête baissée, ce qui dissimula parfaitement la grimace de contrariété qui me défigura un instant. William... maintenant, c'était une succession de bouffées d'amour se succédant à des brassées de haine. Je ne savais plus dans quelle catégorie le classer : bon ou méchant ? m'avait-il aidé ou enfoncé ? "pas immuable"... oui... mais difficile à supporter. Il parlait du haut de ses siècles, ayant depuis longtemps dépassé la condition de mortel... serai-ce aussi facile pour moi à son âge ?

* Oui ! si je lui obéis au doigt et à l'oeil. Si je suis ses préceptes... *

Je voulais tellement me raccrocher à quelqu'un, je me sentais tellement seul, désemparé face à mes bouffées de désirs fous et incontrôlables. C'était pourquoi je rejetais tout en bloc, pour ne pas sombrer dans cette folie, ou ce qui m'apparaissait comme tel. D'un autre côté, selon Julien, tous les vampires se trouvaient une nuit ou l'autre confrontés au même type de problème que moi. Mais je paniquais d'un coup, à l'énoncé de sa question :

- Euh... je...

Mon regard fouillait désespérément les alentours à la recherche d'un secours providentiel... tandis que lentement, au ralentis, je me voyais entrer dans cette pièce, avec cette proie offerte... Non ! je ne voulais pas. Par revivre cela ! surtout pas. Je balbutiais, penaud...

- Je t'en ai voulu. Et en même temps... ces sentiments étaient si confus...


J'avais pensé : il se joue de moi ! il me manipule ! je le hais ! et en même temps, le désir.... Non ! je ne voulais pas. Pas céder aux souvenirs ! non. Je me raidis. Tout mon corps se figea, se crispant autour de ma volonté.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mer 22 Jan - 16:10


Discuter avec Leslie était pour moi très instructif car il ne se dévoilait pour ainsi dire jamais envers moi, enfin si depuis quelques temps mais toujours avec du mal. Il devait comprendre que je me souciais de lui, de ses progrès en tant que vampire. En tant que mon Second il avait obtenu ce privilège de ma part et de ce fait je voulais poursuivre son apprentissage, pour faire de lui un vampire maître de lui-même en chaque instant.

Il est normal que tu n’aies pas confiance en tes capacités, mais pour cela aussi je peux t’aider. lui dis-je en guise de réponse à ses paroles suivantes. Sans pour autant être en mesure de lire l’expression qui troublait son visage après que j’eu ouvertement critiqué William, sujet peut-être encore sensible pour lui, néanmoins la suite des sentiments qui le submergèrent après ma question eux furent clairement lisibles tant son attitude changea. Ce qui ne l’empêcha pas pour autant de me répondre, gêné.

Et pourquoi m’en as-tu voulu Leslie ? Quelle a été ton interprétation de ce présent que je t’offrais là ? L’as-tu perçu comme une tentative de manipulation ? Ou alors était-ce le fait de te nourrir devant moi qui te dérangeait ? lui demandai-je avant de me taire un instant.

Malgré un âge avancé, certains vampires conservaient cette pudeur pourtant propre aux nouveaux nés de ne pas vouloir se nourrir en présence d’autrui. Etait-ce là ce qui avait dérangé à ce point Leslie ? Peut-être mais pas forcément. C’était pour cela que je souhaitais qu’il m’en dise davantage à ce sujet.


N’aies crainte Leslie, et raconte-moi. Car cette cave pourrait bien être ton salut pour dompter tes envies, tes désirs et tes pulsions. Oh je ne vais pas te mentir en te disant que ce sera facile et sans douleur, car elle sera nécessaire pour t’apprendre à te contenir, mais sache que je suis déterminé à t’aider et à t’enseigner les préceptes qui te permettront d’être certain à terme de ne plus succomber à tes appétits quels qu’ils soient. Alors seulement tu pourras savourer le véritable plaisir d’y succomber dans un lieu et des conditions adéquates. lui dis-je avant de me taire pour le laisser réfléchir un instant.

Bien entendu je commencerai par le former dans ma cave, le confrontant d’abord à un humain, femelle ou mâle, en lui intimant l’ordre de s’abreuver à son cou mais en s’arrêtant lorsque je le déciderai. La phase suivante serait du même genre, en lui offrant plusieurs humaines nues et l’appelant à se nourrir d’elles, de leur sang et de leur corps, avec pour instruction cette fois de ne se nourrir que d’une seule parmi elles. J’avais une foule d’idée d’exercice du même genre pour l’amener à se maîtriser. Et d’autres encore, en extérieur, au milieu d’une foule par exemple. Néanmoins il me fallait lui apporter une nouvelle précision.


Sois prévenu pour autant que dès la nuit prochaine, la nouvelle étape de ton apprentissage va débuter. Pour autant aussi douloureuse soit-elle, celle-ci ne devra pas entacher ton travail en tant que Second et auprès de notre espèce. Ces enseignements et exercices que je vais t’apporter doivent rester entre nous, et nul ne doit pouvoir les percevoir, compris ?
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mer 22 Jan - 21:15

L’as-tu perçu comme une tentative de manipulation ? Ou alors était-ce le fait de te nourrir devant moi qui te dérangeait ?

Je réfléchis un instant à ce que j'avais ressenti, tout en tentant désespérément à ne pas revivre la scène :

- Les deux, je crois....

Là ! je venais juste de l'accuser de me manipuler à sa guise, de se servir de moi. C'était grave ! j'aurai voulu me reprendre, mais non. Je n'en fis rien. Autant crever l'abcès, puisque Julien semblait calme et résolu à... me découvrir ? pour mieux me manipuler ? pour mieux m'aider ? Une étrange sensation commença à poindre au plus profond de moi, sans que je puisse la définir, mais elle grandissait, rongeant tout autour d'elle.

- J'ai pensé : "il veut me tester..." mais j'ignorai si tu voulais que je me nourrisse ou non. Je ne savais que faire.

Elle était si tentante, douce, soumise, apeurée et tiède... offerte... comme un test. Cette idée m'avait gâché l'instant... l'autre aussi :

- Pour moi, me nourrir sur un humain, c'est comme faire l'amour... j'aime l'intimité.

Bref, j'étais en train de me décrire comme un Presbytérien attardé !

* Cà existe, ça ? des vampires presbytériens ? et si je lui posais la question ? NON ! c'est ridicule. *

Maintenant, j'avais l'impression d'avoir enlevé "le haut" et je me demandais s'il allait me demander d'enlever "le bas" aussi... La situation devenait franchement gênante. Comme s'il pouvait voir à travers mes vêtements (humain) ou à travers mon âme (en tant que vampire). Lui se taisait et écoutait, apparemment sans juger. Cela aurait pu me rassurer... mais pas vraiment. J'avais appris de William qu'un "vieux" est sujet aux sautes d'humeurs imprévisibles et destructrices. Un jour je t'aime, le suivant, je te hais... Il m'en restait une méfiance incrustée jusqu'au fond des os qui ne me quittait plus et que j'éprouvais à chaque fois que je me trouvais en présence d'un "ancêtre", et à fortiori s'il occupait une position importante dans la hiérarchie... ou le croyait.


N’aies crainte Leslie, et raconte-moi. Car cette cave pourrait bien être ton salut pour dompter tes envies, tes désirs et tes pulsions.


Je relevais brusquement la tête en fixant des pupilles dilatées par la surprise et les interrogations qui se bousculaient dans mon crâne, tout en songeant :

* Quoi ?!!!! il va remettre çà ?!!! ah non !!! *

mais sans qu'un mot ne puisse franchir mes lèvres qui s'entrouvraient et se fermaient en silence, comme un poisson sortit hors de l'eau... Et la question qui revenait sans cesse était : veut-il vraiment m'aider ou se servir de moi ? se venger du prince ? l'enfoncer encore plus ? Pourquoi je m'échinais à vouloir le protéger, lui ?!!! après tout, il me détestait parce que j'avais déplu à sa maudite popomme...

(...) sache que je suis déterminé à t’aider et à t’enseigner les préceptes qui te permettront d’être certain à terme de ne plus succomber à tes appétits quels qu’ils soient.

Il avait l'air sérieux et plein de bons sentiments... mais je me doutais qu'au vu de sa position, mentir devait relever de la seconde nature, ne fusse que parce qu'il était toujours vivant et à ce poste élevé, capable de rebondir, et même d'épouser une fille de lignée royale pour assurer ses acquis et en ajouter d'autres à sa collection. D'un autre côté, il avait besoin, sans doute, d'un solide bras droit pour cela, et c'était... MOI !!!

En me rendant compte de la charge qui m'incomberait, je tombais à genoux. Franchement, son ambition pour moi me dépassait totalement. Ma tête finit entre mes mains, tandis que je courbais le dos. Là... c'était trop. L'idée de me maîtriser me plaisait beaucoup ! mais celle de... "Second et auprès de notre espèce"... breuhhhhhhhhh ! Je n'avais aucune confiance en moi. Ce qui m'avait achevé, et fait tombé, c'était la dernière phrase, sur la promesse de cette mise à l'épreuve - initiation. Mon coeur s'arrêtait de battre. Ah ! non ! c'était déjà fait, ça...
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Jeu 23 Jan - 10:55


J’écoutais attentivement Leslie, très attentivement même car il commençait à se dévoiler enfin. Il redoutait mon jugement, s’interrogeant continuellement quant à savoir si je le testais ou non. Comment aurait-il pu en être autrement ? J’agissais ainsi avec tous ceux qui travaillaient à mes ordres et ce quel que soit leur grade. Et il était normal que je suis plus exigeant encore avec mon Second car il me représentait, il représentait mon autorité et à ce titre il devait être irréprochable et instiller la crainte dans le cœur de tous les vampires de la Garde, autant des fantassins que des officiers.

Ne t’en veux pas d’avoir pensé cela Leslie, c’était là le but de mon action. T’amener à prendre une décision. C’est lorsqu’un individu effectue un choix sans savoir ce qui l’attend en conséquence que l’on peut observer ce qu’il est réellement. Mais rassure-toi c’est une méthode que j’applique avec tout le monde. Si je suis intransigeant et stricte avec l’ensemble de la Garde, je le serais davantage encore avec toi Leslie. Non pas pour te soumettre, mais parce qu’en tant que mon Bras Droit tu es mon image aux yeux de tous. Comprends-tu la charge qui est la tienne ? lui demandai-je alors qu’il semblait peu à peu justement en prendre conscience au fil de nos discussions.

Sa phrase à propos de sa perception de l’acte de se nourrir n’était pas inédite pour un jeune vampire. Néanmoins il ne fallait pas qu’il sacralise cette action sous peine de se compliquer énormément la vie. Il voyait encore cela comme un échange, un moment privilégié entre lui et sa proie, son repas.


Ce besoin d’intimité est compréhensible et peut demeurer en ce qui concerne ton repas Leslie, mais il te faudra tout de même apprendre à « t’exprimer » en public. J’entends par là que parfois il te faudra saigner l’un des nôtres qui aura fauté sous le regard de ses camarades. Il faut que tu t’affirmes, que tu sois sans compromis à l’égard de ceux qui enfreindront nos lois et mon autorité. Ils doivent te craindre autant qu’ils me redoutent, oubliant ton âge et ne te voyant que comme le bras armé du Général de la Garde. lui dis-je avant de reprendre la parole alors qu’il tomba à genoux, probablement en proie à une crise de panique, manquant cruellement de confiance en lui.

Regarde-moi. lui dis-je en apparaissant devant lui et en le relevant, son menton entre mes doigts. Tu as les capacités pour tenir ce rôle Leslie. Et ce que tu ne sais pas, je te l’apprendrai. Ton âge est justement ta force, ce qui amènera nos ennemis à te sous-estimer et de ce fait te permettra de les surprendre par une mort soudaine. Arme-toi d’argent pour exécuter ceux qui le méritent et qui seront plus âgés que toi. Compense ta jeunesse par ta volonté. Prends conscience de celui que tu es Leslie, alors tous te craindront.

Mais avant cela il te faut apprendre à devenir maître de toi-même. Rend-moi fier Leslie, fier de t’avoir choisi.
lui dis-je en reprenant place dans mon fauteuil alors qu’il était encore debout devant le sien, immobile depuis que je l’avais relevé.
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