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Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]
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MessageSujet: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mar 4 Juin - 13:23


Parfois les plus fidèles subordonnés ont besoin d’être rappelés à l’ordre. Malgré leur engagement ils peuvent oublier certaines limites à ne pas franchir. Krystel pensait-elle la même chose de moi ? Peut-être. A moi de lui prouver que j’étais conscient des règles à suivre, que je savais me contrôler contrairement à Leslie. Son comportement à la Pomme du Diable, qui était remonté jusqu’aux oreilles de Krystel sans que pour ma part je ne l’apprenne, me fait m’interroger à son sujet mais aussi à mes moyens. Pourquoi a-t-il fallut qu’il déconne dans un des seuls endroits où je ne peux placer quelqu’un de confiance, ce lieu appartenant à Jana. Il me faut pouvoir sceller mon alliance avec la princesse au plus vite afin de remédier à cela, du moins en partie.

Mais pour le moment j’allais m’occuper de Leslie. Celui que j’avais pris comme un simple pion par le passé, que j’avais ensuite pris sous mon aile pour enfin le récompenser après les Années Sanglantes comme quelqu’un de loyal, ce vampire-ci avait encore besoin que je lui transmette un apprentissage, à ma manière. C’est donc dans cet optique que je l’avais convoqué à me rejoindre quelques étages au-dessus de son nouveau domicile, chez moi. Shane n’était pas là ce soir, ses affaires l’occupant au siège de son entreprise, tant mieux. Quoi qu’assister à ce qu’il allait se passer pourrait lui rappeler certaines choses. Peut-être qu’elle aussi avait besoin d’une piqure de rappel.

Quand Alfred ouvrit la porte puis amena Leslie dans le salon de mon appartement, la table était déserte. Nulle carafe de sang, aucun verre. Il devait comprendre qu’il m’avait déçu et qu’il avait manqué à mes attentes. Lors de notre précédent entretien, bien plus convivial, lorsque je lui avais confié pour mission de se rapprocher de l’agent Oppenheimer, je l’avais vidé d’une bonne partie de son sang, pour le punir de sa tentative pour me frapper. Cette nuit j’allai le punir pour avoir failli, pour avoir m’avoir attiré les foudres de la Reine alors que j’avais besoin de son accord pour conclure mon alliance avec sa fille. Leslie mettait en danger mes projets par son comportement. Je ne pouvais risquer ma place à cause de lui. Il allait devoir comprendre qu’aucune autre erreur ne serait tolérée.

Je lui tournais le dos, observant les lumières de la vie nocturne de Glasgow, tandis qu’il se tenait derrière moi. Ne répondant pas à ses salutation je me tournai pour lui faire face en gardant le silence l’espace de quelques minutes, plantant mon regard dans le sien.


Manques-tu de quelque chose en travaillant à mon service Leslie ? lui demandai-je d’un ton neutre. Je pensais qu’après toutes ces années tu aurais suffisamment grandi pour ne plus nous mettre dans une situation à risque vis-à-vis de la Reine. Ton comportement fait que désormais nous sommes en sursis toi et moi. Pas seulement pour notre position au sein de la Garde Royale mais bien pour notre vie Leslie. dis-je avant de faire une brève pause.

Raconte-moi ce qu’il s’est passé à la Pomme du Diable, que je puisse avoir ton point de vue, et tes explications.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Dim 9 Juin - 15:55

J'étirais mes cervicales dans l'espoir de dénouer les tensions qui s'y accumulaient. Regardant autour de moi, je ne vis qu'un salon qui me demeurait étranger, malgré une occupation de plus de six mois maintenant... Il me donnait l'impression d'habiter un hôtel de luxe et jamais je ne m'étais senti chez moi dans cet endroit design.
Spoiler:
 

Bien sûr que je reconnaissais sa classe, mais je ne m'y sentais pas à l'aise : pas facile, dès lors, de trouver ici le lieu de repos dont j'avais besoin. Bien entendu, Julien avait fait les choses en grand ! et je le reconnaissais, mais je ne me sentais pas à l'aise dans tant de luxe, sans oser le lui dire. Il aurait trouvé stupide mes envies de salon chesterfield, de plaid, de chaleur, quoi ! Alors, je me taisais et tentais de m'habituer au luxe qui désormais devait abriter mes nuits.

*Je dois changer de monde.*

Avec une décision aussi ferme... quelqu'un frappa deux coups légers à la porte. J'y trouvais Alfred, le maître d'hôtel de Guillemaud, qui venait me chercher. Je n'étais vêtu que d'un jean noir et de Doc Martins de même couleur et d'un tee-shirt blanc marqué "Lévis", discrètement. Me présenter ainsi devant mon chef... mais le valet insista, c'était maintenant, pas dans dix minutes.... Les désirs du général étant des ordres... je suivis. L'ascenseur nous fit grimper les quatre étages nous séparant de l'appartement de Julien. Alfred me fit entrer... et je remarquais immédiatement que rien ne m'attendait, ni sang, ni alcool, rien... ouhhhlllà... pas bon. Sans bruit, je me plaçais près du canapé, la ville de Glagow s'étendant devant le Maître vampire qui me tournait le dos... très mauvais, ça... très mauvais... je devinais que l'entrevue n'aurait rien de sympathique... mais cela n'avait jamais été... même autour d'une appétissante poche de sang généreusement servie par le maître des lieux. Cà commença ainsi :

Manques-tu de quelque chose en travaillant à mon service Leslie ?

-
Non.

répondis-je simplement, comme s'il me posait vraiment la question. Mais je savais qu'il n'attendait pas de réponse à sa question : ce n'était qu'une entrée en matière. La suite serait beaucoup moins agréable, d'autant que je n'avais aucune idée de ce qui viendrait. J'aimais pas ça. Je fus estomaqué par sa diatribe : en quoi avais-je causé quelque problème que ce soit ?!!! Mon regard interrogateur et stupéfait en disait assez là-dessus.

Raconte-moi ce qu’il s’est passé à la Pomme du Diable, que je puisse avoir ton point de vue, et tes explications.

*Ah... c'est donc cela ?!!! comment l'a-t-il su ?*

Et puis d'ailleurs, la question était plutôt, pourquoi ne m'avait-il pas posé de question juste après, attendant de se faire "tirer les oreilles" avant de me tomber dessus. Je répondis simplement :

-
J'ai été boire un verre de True... ensuite, Jana m'ayant aperçu sur ses écrans de contrôle, m'a fait convoquer.

Je me souvins très bien de la scène... La femme de William m'avait bien reçu... semblant même heureuse de me voir...

-
J'ai pris garde de bien me tenir devant elle, n'affrontant pas son regard, répondant à toutes ses questions, donnant mon avis quand elle me le demandait, sans détour, à sa demande express.

Un silence s'installa, et comme Julien ne le rompait pas, je poursuivis ainsi :

-
La Princesse était très consciente du manque de professionnalisme de ses videurs, et est prête à les faire former par la Reds.

Voilà, c'était tout. Qu'est-ce-qui pouvait à ce point exciter la colère de Julien ? à moins qu'il ne joue un rôle pour me tirer les verres du nez.

*Ou qu'on lui ait donné une toute autre version ?!!!*
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mar 11 Juin - 10:27


Lorsque Leslie se mit à me parler de son entrevue avec Jana, j’arquais un sourcil signe qu’il faisait fausse route. Qu’il ait rencontré la fille de Krystel n’était pas un problème, d’autant qu’à ce que j’avais entendu il s’était plutôt bien comporté, respectant l’étiquette comme il le fallait sans pour autant être niais. Mais là n’était pas le sujet de sa convocation ce soir et il devait le comprendre.

Ton rendez-vous avec la Princesse s’est bien déroulé, tu as su tirer profit de mes enseignements Leslie. lui dis-je avant de ramener la conversation sur le sujet de la soirée. Ce n’est pas cet entretien qui nous met dans une situation critique, oh non.

Il m’a été rapporté que tu avais retrouvé l’ancienne Pomme de William.
dis-je encore avant de laisser place au silence un instant.

Comprenait-il à présent pourquoi la situation était problématique ? Je lui avais dit depuis le début qu’il devait garder pour lui nos recherches de son ancien maître, bien que pour ma part je connaissais le sort qu’avait subi William. Mais il n’avait fait preuve d’aucune discrétion en s’entretenant avec la sœur Badenov, d’autant plus en abordant ce sujet avec elle à la Pomme du Diable ! Autant en parler ouvertement au manoir royal.


La Reine a appris que tu cherchais son fils Leslie, elle n’aurait jamais dû. Crois-tu vraiment que ce sujet puisse-t-être abordé en un lieu tel que la Pomme du Diable ? As-tu oublié qui dirige l’établissement ? Jana, la fille de Krystel ! Elle lui est pratiquement aussi fidèle que je le suis Leslie, la preuve en est par notre situation actuelle. lui expliquais-je avant de poursuivre.

Officiellement personne ne devait chercher William, car ce serait remettre en question les ordres de la Reine. A cause de ton comportement irréfléchie Krystel se doute à présent que j’ai désobéi, et toi aussi. C’est pourquoi nous sommes à présent sur le fil du rasoir, nous sommes à deux doigts de contempler le lever du soleil Leslie. Réalises-tu ce que tu as fait ? Je t’avais dit d’être prudent lorsqu’il s’agissait d’évoquer nos recherches, autant pour déterminer avec qui en parler mais aussi où. Il va s’en dire que le sujet ne doit plus être évoqué avec quiconque en dehors de nous deux Leslie, et seulement dans un lieu que j’estimerais sûr. lui racontai-je avec une sincérité dont il ne pourrait douter.

Si pour lui j’avais toujours prétendu rechercher William, avant que ce dernier ne soit banni au fond d’un océan, c’était vrai en un sens. Avant les Années Sanglantes il s’agissait simplement pour moi de traquer les dissidents en me servant de Leslie. Puis lorsque ce dernier est passé de pion à mon second, j’ai maintenu l’illusion pour lui bien qu’en réalité je sache parfaitement ce qu’il était advenu de William, mais cela il ne pouvait que l’ignorer.


Maintenant je dois te punir Leslie, afin que personne ne sache que je cherche aussi William. Peux-tu comprendre cela Leslie ? Je n’ai pas le choix si l’on veut survivre toi et moi. lui dis-je tout en me déplaçant vers un meuble à tiroir de mon salon.

J’en sortis une paire de gants noir en cuir, en habillait mes mains et sorti du même tiroir un coffret en ébène et vint le poser sur ma table basse. Je relevai son couvercle qui offrit son contenu à la vue du jeune vampire. Il y avait là différents objets en argent pur, tels que des lames, des pointes, des chaines, mais celui qui m’intéressait ce soir était un bracelet épais et large lui aussi en argent pur, un peu comme celui-ci (ici), bien que plus épais.


Comme tu l’as sûrement déjà compris Leslie, je vais te passer ce bracelet en argent autour du poignet gauche et vais le serrer de manière à ce qu’il te brûle la peau, d’une brûlure indélébile et clairement visible par tous. Ce sera la marque pour ton erreur. Tu le garderas pendant une minute. Une minute ça peut être très long, aussi bien physiquement que psychiquement.

Pendant cette minute où la douleur te sera insupportable, rappelle-toi que ceci est uniquement de ton fait et retiens bien la leçon car la prochaine erreur signifiera la mort, autant pour toi que pour moi. Si jamais la douleur t’est insupportable, imagine alors ce que j’ai subi pendant une décennie entière, dans un cercueil remplit d’argent et combien ta punition est bien peu de chose à côté. Tu comprendras peut-être ainsi que pour vivre parmi nous, avoir une seconde chance est un bien précieux qu’il ne faut pas négliger. Une fois ceci fait, je te révèlerai une information de taille.

Alors Leslie, vas-tu assumer ta bêtise ou vais-je devoir user de ma force pour t’y contraindre ?
lui dis-je alors que nous étions assis l’un en face de l’autre, la table basse seul barrière entre nous. S’il décidait de fuir ou de se jeter sur moi, même en attrapant un des objets de mon coffret, j’aurais certainement l’avantage car j’avais déjà entraperçu plusieurs possibilités pour un éventuel affrontement. Mais j’espérai qu’au lieu de m’affronter moi, il affronterait sa sanction avec un certain honneur.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mar 11 Juin - 12:28

Déjà... quand il a arqué un sourcil, j'ai su que j'avais tout faux... et il commença par me féliciter :

Ton rendez-vous avec la Princesse s’est bien déroulé, tu as su tirer profit de mes enseignements Leslie.

Pourtant, cela ne présageais rien de bon... bien au contraire ! dommage que ma bonne action tombe tellement à plat. Quel manque de veine. Mais l'emploi du "nous" qui suivit sentait vraiment, vraiment le soleil de midi.

Il m’a été rapporté que tu avais retrouvé l’ancienne Pomme de William.

*Ah ! c'est donc ça... j'étais sûr que cette satanée bonne femme allait encore m'attirer des emmerdes !*

Le silence qui suivait fut... mortel ! je ne le rompis pas, attendant la suite vraisemblablement catastrophique.

*Qu'a encore imaginé cette garce pour me nuire ?!!!*

La Reine a appris que tu cherchais son fils Leslie, elle n’aurait jamais dû.

Et pan ! un u-percut en pleine face, et les jambes qui flageollent tandis que le corps balance comme un bambou secoué par le vent -bien qu'en réalité, je ressemble tout à coup à un bloc de granit de Stone Age tellement je m'étais raidis-. Comment notre conversation avait-elle être pu écoutée ? avec la musique à fond, et nos échanges à voix sourde ? micro ? autres vampires ? non. C'était Annah. La prochaine fois, je la tuerais. Quant à l'idée que Jana ait pu rapporter ça à sa mère... je n'y croyais pas un instant, aveuglé que j'étais par mon ressentiment -le mot était faible !- éprouvé à l'égard de la vieille pomme. Là... Julien n'arrêtait plus de parler, preuve qu'il avait accusé le coup et éprouvait probablement le besoin de se vider un peu de sa contrariété. Soit dit en passant, tout général qu'il était, il se trouvait dans la m.... à cause de moi, je le voyais, je l'entendais. Il avait raison de me tomber dessus. Il pouvait... tout faire de moi. Ma tête tomba sur ma poitrine, lourdement et ma vision se troubla, pas à cause des larmes, non, mais parce que j'étais sous le choc. Qu'allait-il faire de moi ? Me jeter au fond d'un cachot ? m'arracher les crocs ? J'étais prêt. L'intention, en me renseignant sur le prince déchu auprès de son ancienne pomme, n'avait jamais été de nuire au Maître vampire.

Maintenant je dois te punir Leslie (...)

J'acquiesçais sans un mot, prêt à tout, et relevais la tête quand il poursuivit en disant continuer les recherches, en secret, un immense espoir dans le regard : ce vampire était un grand seigneur ! je ferais n'importe quoi pour lui !!! avant de le suivre des yeux quand il se déplaça et revint vers moi. Il avait mis des gants...

*C'est à ce point... il ne veut même plus me toucher....*

Mon coeur de pierre se figea plus encore tandis que je fixais le coffret d'ébène posé sur la table basse. Depuis le début, je n'avais pas bougé, pas bronché. J'attendais, tétanisé, mortifié, en fait. Il en sortit un bracelet d'argent après une longue diatribe. Je tentais de me souvenir de chacun de ses mots, certain que je devais le faire sans trop savoir pourquoi en le faisant, puis le regardais s'approcher de moi, sans bouger, lui tendant le bras gauche.

*Heureusement que je ne porte qu'un T-shirt !* Quelle curieuse remarque...

Une minute... soixante secondes... Humain, j'arrivais à retenir mon souffle près de cinq minutes, alors... ça ira. Je savais que je tentais de me convaincre, tout en songeant que Julien avait vécu dix ans au contact total de l'argent... alors... ce minuscule bracelet... Je jouais au fanfaron, intérieurement, sans quitter l'objet des yeux, le suivant alors qu'il s'approchait.

-
Je suis prêt, dis-je simplement.

*Prêt à assumer ma faute.* Mais la retiendrais-je pour l'avenir ? Jamais Julien n'aurait à user de sa force contre moi. Je lui étais tout acquis. Et chaque nuit qui passait me prouvait que j'avais raison.

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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mar 11 Juin - 16:17


Si mon visage conservait la sévérité qu’il affichait dès le début de ma prise de parole, je n’étais pas moins satisfait par les brèves paroles de Leslie. Bien que commettant encore certaines erreurs de parcours il semblait progresser de jour en jour sur la voie qui fera de lui un véritable vampire compétent et digne de ce nom.

Je n’en attendais pas moins de mon second. dis-je d’un ton neutre avant de laisser le silence s’installer puis d’appliquer la sentence.

J’attrapai donc le poignet gauche qu’il me tendait puis lui passai le bracelet épais en argent et de le serrer de ma main gantée afin qu’il lui enserre complètement le poignet. La réaction de l’argent sur sa peau ne se faisant pas attendre, un grésillement continu se fit entendre. L’argent avait commencé à lui brûler en profondeur la peau. Bien qu’un simple bracelet l’argent allait lui être bien plus douloureux que les balles en argent qui l’avaient touché ce fameux soir où il m’amena le mercenaire Ivanov. L’argent pur n’allait pas le tuer ou encore lui faire perdre l’usage de son bras, néanmoins la douleur allait être intense et la cicatrice lui restera pour l’éternité. Pour avoir connu cette douleur, je sais qu’elle vous rentre rapidement dans le corps, semblant vous consumer de l’intérieur, quand bien même la zone de contact entre l’argent et la peau n’est que très localisée. Pendant cette minute qui pourrait lui avoir paru courte avant que je ne lui mette le bracelet, il aurait la possibilité d’essayer d’imaginer ce que j’avais enduré pendant dix années.

Cela ne faisait que vingt secondes que l’argent lui attaquait le poignet et déjà il transpirait à grosses gouttes, serrant les dents afin de ne pas extérioriser sa douleur. En ce sens Leslie était brave, prêt à endurer la sanction de son erreur. Pour cela j’étais conforté dans le choix que j’avais fait de demander sa grâce auprès de Krystel après la trahison de William puis de le prendre sous mon aile. Lorsque cette minute serait écoulée, j’allais lui annoncer le sort qu’a connu son ancien maître, et saurait ainsi si sa loyauté à mon égard perdurerait ou si elle ne tenait que par son espoir de retrouver le prince déchu.

Une fois que le temps fut écoulé je le libérai du bracelet d’argent, plaçant ce dernier dans un verre vide qu’Alfred venait de m’apporter, y vidant le contenue d’une bouteille se trouvant dans le coffret d’ébène. Il s’agissait d’un acide qui nettoierait le bracelet sans pour autant attaquer l’argent. Le poignet de Leslie était à présent ceint d’une brûlure faisant le tour de son membre, comme une ombre laissé par le bijou d’argent. Si la peau aurait cicatrisé à son prochain éveil, la cicatrice elle resterait à jamais, comme un bracelet sinistre. Et la douleur quant à elle, perdurerait au moins une bonne semaine avant de commencer à s’estomper peu à peu.

Comme pour répondre à un ordre muet, Alfred vint enlever le verre avec le bracelet trempant encore dedans ainsi que le coffret noir, laissant la table déserte de toute boisson. La punition de Leslie avait beau être terminée, la reste de la soirée ne serait pas pour autant plus cordial. Il me restait quelques précisions à lui faire avant d’aborder le sujet de William.


N’oublie jamais cette brève douleur Leslie, car tu pourrais connaître bien pire. Je veux que tu la gardes en chaque instant à l’esprit, qu’à chaque fois que tu veuilles agir ou parler, elle soit tel un rappel, une perpétuelle interrogation. Elle devra à chaque fois te faire te poser la question suviante : Ce que je fais ou ce que je dis respecte-t-il bien les enseignements que j’ai reçu? dis-je comme pour conclure l’épreuve du bracelet, me reculant dans le fond de mon fauteuil.
Bien entendu il va de soi que rien ne doit arriver à l’ancienne Pomme de William de ton fait, direct ou indirect. Je ne sais si c’est elle qui a fait remonter votre discussion mais même si c’est le cas, alors tu ne lui feras absolument rien. Il ne faut plus que tu ais de contact avec elle, et si jamais tu es amené à la rencontrer par hasard, tu lui diras avoir renoncé à chercher William. Je suis certain que tu comprends pourquoi sans que je n’ai besoin de te le préciser. dis-je avant de faire une pause de plusieurs minutes.

J’ai appris ce qu’il est arrivé à William Leslie, es-tu prêt à l’entendre ?
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Sam 15 Juin - 21:21


"Je n’en attendais pas moins de mon second."

*Tu parles... c'est rassurant...* pensais-je. D'un autre côté, je comprenais bien l'embarras dans lequel je plongeais Julien. J'aurai bien aimé avoir à calmer les battements de mon coeur s'emballant à l'idée de la souffrance, ou ma respiration pour mieux me maîtriser, mais, devenu vampire, je n'avais rien de tous ces trucs à disposition pour inspirer le calme à mon corps. Le contact des gants, d'abord, sur ma peau, puis la douleur soudaine et infernale qui me brûla, faisant grésiller ma peau. Le général serra davantage encore le large bracelet sur mon poignet et ma tête recula tandis que mes yeux se révulsèrent tandis que ma mâchoire trembla sous l'effet de la lutte acharnée menée pour ne pas hurler. Mes dents étaient si serrées qu'elles menaçaient de se fendre sous la puissance des muscles masticatoires. Je regardais toujours au loin... je voyais Julien se tordre de douleur dans un cercueil doublé d'argent, durant dix longues années... S'habituait-on à la douleur ? Il avait parlé de trace indélébile, mais son corps ne montrait aucun stigmate de...

*Ment-il ? *

Il n'avait aucune raison de le faire. Pourquoi avoir menti à propos de la trace laissée par le bracelet sur ma peau ? alors que, visiblement, elle disparaîtrait à plus ou moins long terme. Mon corps se mit à trembler....

*C'est si long que ça, 1 minute ?*

Je sentis la sueur perler le long de mes temps et le long de ma colonne vertébrale : curieux comme on peut avoir froid alors que sa peau brûle... Honnêtement, je ne voyais pas en quoi les deux ou trois questions posées à Hannah portaient tort à Krystel, et par conséquent, à Julien ? Ces pensées remuaient mes neurones au point que je sentis à peine le Maître vampire retirer l'objet de torture ornant mon poignet.... Curieusement, je ne sentis pas de différence tout de suite. Toutes mes sensations se concentrèrent autour de la brûlure, et la douleur qui irradiait à partir d'elle me remontait jusqu'en haut du bras. Tandis que Julien nettoyait le bracelet, j'osais regarder la trace sinistre qui me marquait désormais comme du bétail. Tout à coup, je remarquais la table laissée vide, comme si le verre à l'acide s'était évaporée... une absence de ma part ?

*"brève douleur", tu parles ! il en avait vraiment de bonnes, des fois... *

Pourtant, la douleur me rappelait cruellement ma rencontre avec Hannah. Cette nana était un véritable aimant à emmerdes. Je me promis de l'éviter à l'avenir. Dès que je l'ai vu, j'aurai dû le faire. Je m'assis, finalement. Julien se carra dans son fauteuil, sans doute pour déclarer quelque chose d'important. A moins que ce ne soit fini...

*Bien sûr que c'est elle ! cette garce !*

Et il était évident que je ne lui ferai rien, car je serai le premier suspect. Et même qu'il ne lui arrive rien, parce que c'était moi qui prendrait aussi !

* MERDE !!! Quelle guigne ! la poisse !*

Cette fille était un aimant à emmerde. Je me taisais toujours, me promettant même de ne plus jamais prononcer un mot.

*A cause d'elle ! la garce !!!!*

Déjà que je ne l'aimais pas avant, mais là, c'était le pompon !!! renoncer à chercher William... toute ma vie s'effondrait... je chuchotais :


- Oui.

espérant ne rien trahir de ma douleur.

* QUOI ?!!!*

J'écarquillais les yeux, toute douleur me quittant instantanément. Bien sûr que oui !!!


- Vous l'avez trouvé ? C'est vrai ?

*Pourquoi ne me l'avait-il pas dit plus tôt ?!!!*
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Dim 16 Juin - 1:52


Oui Leslie, et ce que je vais t’annoncer pourrait bien détruire ta raison. lui dis-je avant de faire une brève pause car oui ce que j’allai lui révéler pourrait le rendre fou du fait de son attachement pour le fils de Krystel.

La version officielle donnée aux humains est qu’il a péri durant la tentative de putsch de Renard, sans que ce fut précisé de quel côté il a combattu. Mais la réalité en est tout autre et peu de personnes savent ce que je vais à présent te révéler Leslie. lui dis-je pour le préparer un minimum à la nouvelle qu’il allait recevoir tel un uppercut.

William gît depuis Décembre 2014 dans un cercueil empli d’argent et a été jeté dans le seul endroit d’où personne ne peut être récupéré, par une profondeur de 11 034 mètres au fond de la fosse des Mariannes. dis-je avant de poursuivre devant un Leslie muet, sûrement rendu silencieux par la dureté pour lui de cette nouvelle. Cette sanction n’a pas été décidée par Augustus mais par la Reine elle-même après qu’il ait combattu aux côtés de la traître Renard lors de sa tentative de prise de pouvoir.

Je me tus alors afin de laisser à Leslie quelques minutes pour digérer mes paroles. Si pour ma part, et bien que William et moi fûmes amis par le passé, sa trahison avait eu raison de notre amitié. Aussi je n’éprouvais aucune peine pour lui, sinon celle que je feignais depuis plusieurs années à présent aux yeux de mon second. J’étais fidèle à mes Maître et rien ne pouvait ni ne pourrait me faire faillir à mon engagement, c’est ce que n’avait pas compris William.

J’avais quelques soupçons mais ils viennent de m’être confirmés par différentes sources. Les dissidents qui ont amené William à trahir nos souverains sont morts, mais nous n’avons pas pu le sauver lui. Aussi douloureux cela soit-il, il nous faut vivre avec à présent et ce pour l’éternité. lui dis-je avant d’aborder un sujet tout aussi épineux.

Tu sais qu’au début tu n’étais qu’un pion à mes yeux Leslie, que je t’utilisais pour retrouver Renard et les autres traîtres qui l’ont poussé à les rejoindre dans leur félonie. Mais à présent, et ce depuis plusieurs années maintenant, je t’ai pris sous mon aile, t’apportant un enseignement afin que tu comprennes et accepte ta nature de vampire et que tu me sois un second compétent et digne de ce nom. De ton côté je sais que tu voulais, par mon biais, retrouver William, sans que je ne sache ce que tu ferais si tu y parvenais.

Maintenant que nous avons appris le sort qu’il a subit je te pose la question Leslie : Resteras-tu à mon service ?
l’interrogeai-je avant de poursuivre. Car je souhaite que ce soit le cas. J’ai encore à t’apprendre toi qui es aujourd’hui mon fidèle bras droit. Bien entendu si tu veux prendre quelques jours pour digérer la nouvelle je te les accorde Leslie, pour ma part je n’ai pas ce luxe et dois faire mon deuil comme si de rien n’était. Soit discret à ce sujet Leslie, une nouvelle fois je t’exhorte à être discret à ne plus aborder le sujet de William en dehors de nos entretiens. dis-je d’un ton peiné suffisamment convaincant pour qu’il ne puisse douter de mon chagrin factice au sujet de William.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Dim 16 Juin - 8:04

Je regrettais aussitôt ma demande. La quête a toujours plus d'attrait que le but, non ? et j'avais très peur du dénouement... Je songeais à cette histoire avec Hannah, à la punition que cela m'avait valu. Pour un rien ! une question sur William. Et la sanction : l'argent. En même temps, je voulais savoir ce qu'il était advenu de William. Tout en étant prêt à "l'enterrer" définitivement. Fallait-il tout de même qu'une mère soit déçue pour tuer son propre fils... au soleil ? par un pieu ? je le croyais en disgrâce jusqu'à présent, mais l'air grave de Julien, et... et avoir attendu pour me le dire alors qu'il savait en me faisant appeler. Pour me corriger....

*Pourquoi ? *

Et qu'allions-nous entreprendre pour aider le prince déchu ? car nul doute que l'ancien shérif allait m'aider, j'avais totale confiance en lui : nous poursuivions le même but. D'où d'ailleurs notre "alliance", non ? "Détruire ma raison"... Je reculais d'un pas, m'attendant au pire. Qu'avaient-ils fait subir à William ? mais bon sang ! ils ne faisaient donc jamais d'erreur dans leur maudite immortalité ? je relevais le menton, prêt à affronter la suite.

"La version officielle donnée aux humains est qu’il a péri durant la tentative de putsch de Renard, sans que ce fut précisé de quel côté il a combattu. "

Je plissais les yeux... mais pas du tout ! il a été banni ! j'étais là, lors de la sentence ! lorsque Bardenov l'avait jeté dehors comme un mal propre, devant toute la cour réunie !!! William avait-il survécu ? tenté par la suite de se racheter en livrant Renard ? mon esprit s'arrêta net : le Maître vampire avait précisé "la version officielle"... donc, ce n'était pas ça. Que j'aurai voulu prendre une grande inspiration, pour affronter la suite.

"William gît depuis Décembre 2014 dans un cercueil empli d’argent et a été jeté dans le seul endroit d’où personne ne peut être récupéré, par une profondeur de 11 034 mètres au fond de la fosse des Mariannes."

La tête me tourna... je reculais de deux pas en titubant sous le coup, comme étourdit. J'imaginais le prince, dans le froid, sous la pression considérable et l'obscurité rendue palpable, seulement "réchauffé" par la brûlure de l'argent... Mais déjà mon esprit réfléchissait. Les humains avaient des engins pour explorer les fonds les plus reculés de l'océan... les Français ! trouver l'argent. Je devais trouver l'argent !

*Ou les appâter en leur faisant miroiter un fabuleux trésor... les Français étaient d'excellents corsaires... les seuls à faire trembler l'Angleterre... il est temps de les réveiller !*

Je ne laissais rien paraître, évidemment, de cette pensée d'ailleurs balayée par celles de mon incrédulité :

*Impossible... impossible...*

Je revoyais les nuits à La Pomme du Diable, mes têtes à têtes avec lui, ses très rares conseils, car avec lui, on apprenait par remontrances suite aux erreurs, pas par prévention, son amour infini pour sa mère... ma tête faisait de lents mouvements de dénégation de droite à gauche. Il parla encore, de morts... je crois... en fait... je n'entendais plus bien, abasourdi et réfugié loin d'ici, dans le passé... l'envie de hurler, j'ouvris la bouche et envoyais au plafond un cri muet en serrant les poings. Tout se serrait en moi, menaçant de m'étouffer alors même que je n'avais pas besoin d'oxygène.

*La reine... furieuse... contre son propre sang... à ce point ? c'était un complot contre elle et elle ne le voyait pas ? alors ? qu'elle crève !!!!!! et lui, là, devant moi...*

Car pour moi, tous les malheurs venaient du roi qui faisait tout pour affaiblir la lignée de la reine, et déjà, il s'était "débarrassé" du mâle... restait la princesse... pourquoi étais-je le seul à voir cela si clairement ? leurs âges avancés les vitrifiait-ils à ce point dans leurs certitudes absurdes ? D'une voix blanche, je ne posais qu'une question :


- Depuis quand savez-vous ?

Venait-il de l'apprendre ? ou me manipulait-il ? et depuis combien de temps ? J'aurai préféré mourir avec William. Après tout, il avait été le seul à bien vouloir me prendre sous son aile alors que la faute de mon Etreinte revenait à toute sa putain de race de merde !!! Mon regard se fit noir et inquisiteur. J'avançais de trois pas, reprenant ma place face à Julien, visiblement prêt à l'affronter, et éprouvant un si fort sentiment de trahison que jamais je ne pardonnerais. Jamais.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mer 19 Juin - 11:58


Si je connaissais le sort qu’avait subi William depuis quelques années Leslie ne devait pas le savoir, et cela serait le cas. Comme je l’imaginais la nouvelle n’allait pas avoir un impact favorable sur lui, son amour pour le prince déchu demeurant immuable même après tout ce temps. Leslie devait avoir des tendances masochistes pour s’être autant attaché à son ancien maître, lui qui le malmenait plutôt qu’autre chose. Peut-être était-ce là une piste à explorer pour qu’il s’attache à moi autant qu’il l’était à William ? A voir…

Je l’ai appris il y a quelques temps mais je voulais avoir la confirmation de son sort avant de t’en parler car je sais quel impact cette nouvelle allait avoir sur toi. lui dis-je d’un ton neutre et dure tandis qu’il venait face à moi prêt à en découdre. Et j’avais besoin de faire le point sur ce qu’il nous était possible de faire, quand et comment. Je crains que tu ne sois pas de taille pour cette tâche Leslie, ton comportement en est la preuve. Tu es trop… sensible pour agir comme il se doit. Aussi vais-je devoir régler sa seule et à ma manière.

Son tempérament n’étant plus un secret pour moi j’étais presque certain qu’il n’accepterait pas d’être délaissé si je voulais sauver William. En réalité je ne le souhaitais pas le moins du monde mais cela il ne pouvait que l’ignorer.

Je sais ce que tu crois savoir Leslie, ce que tu penses avoir deviné mais tu fais fausse route. lui dis-je en guise de préambule. Tu t’imagines que William est la victime d’Augustus je me trompe ? Qu’en le bannissant notre roi a cherché à « nettoyer » l’entourage de la Reine.

Il allait certainement se demander comment je pouvais avoir deviné ce qu’il pensait même s’il le dissimulait plutôt bien. Néanmoins du haut de ses dix ans il ne maîtrisait pas encore ses réactions ni même ce qu’exprimait son regard. Bien que j’avais fait de lui mon second, lui accordant un privilège que nul autre avant lui n’avait obtenu ayant davantage mon estime qu’Angela mon ancienne garde du corps et plus fidèle subordonnée, je n’avais eu de cesse même au cours des Années Sanglantes de l’observer et de pouvoir comprendre ses pensées et son tempérament.

Augustus est le créateur de Krystel, cela fait plus de 800 ans qu’ils sont ensemble. Crois-tu qu’il aurait tant attendu si son but avait été d’éliminer l’entourage de la Reine ? dis-je avant de faire une brève pause. Ne comprends-tu donc pas Leslie le jeu de qui tu fais en pensant ceci ? Quand bien même elle a été éliminée lors de sa tentative de putsch, tu es tombé dans le piège de cette catin de Renard, tout comme William. tentai-je de lui expliquer, prêt à l’envoyer au sol et lui infliger une raclée dure et douloureuse s’il essayait de m’attaquer.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mer 19 Juin - 13:29

En fait, la réponse à cette question m'angoissait. Et s'il le savait depuis le début et m'ait manipulé tout ce temps ? mais pourquoi m'aurait-il menti ?

* Pour se servir de moi, pardi !*

Mais pourquoi ? les vampires ne manquaient pas... et d'avoir vécu si près de lui en temps de guerre m'avait appris combien les vampires étaient interchangeables pour lui. Pourtant, il m'avait gardé à ses côtés, reconnaissant ma valeur. Donc, c'était pour moi qu'il me gardait, pas pour d'obscures raisons. Sauf une, précisément : je demeurais persuadé que Julien était l'ami de William et probablement éprouvait-il la même chose envers moi -je prends pas un peu la grosse tête, moi ?!!! *rires*-. Un puissant ami... et que nous nous étions trouvé, miraculeusement, pour retrouver le prince et le sortir de son mauvais pas ! oui. Je devais m'accrocher à cette certitude. Sinon, je deviendrais fou.

L'idée qu'il avança d'avoir voulu me ménager me parut plausible et je sautais dessus, en fait, comme un fou, de peur de me retrouver seul. Après tout, Julien aussi voulait sauver William -je me répétais cela en boucle pour m'en convaincre... mais pourquoi ?-. Puis, en entendant la suite, je baissais la tête, vaincu par mon propre comportement. Evidemment, avec une cervelle aussi vide, aussi faible, je ne vivrais pas plusieurs siècles comme mon actuel protecteur. D'ailleurs, un écart avait coûté beaucoup au propre fils de Krystel, non ?

*En fait, l'état de vampire est semé d'embûches bien plus périlleuses que la vie humaine...*

Profondément attristé par mes incapacités à porter secours à William, je sombrais peu à peu lorsque Guillemaud me fit une nouvelle révélation qui me scotcha et me laissa sans voix, le regardant, stupéfait à la fin de sa phrase :

"Je sais ce que tu crois savoir Leslie, ce que tu penses avoir deviné mais tu fais fausse route. Tu t’imagines que William est la victime d’Augustus je me trompe ? Qu’en le bannissant notre roi a cherché à « nettoyer » l’entourage de la Reine."

avant d'affirmer fermement :


- Oui. Comment le savez-vous ? vous êtes d'accord avec cela ? (plein d'espoir d'être compris, entendu et suivi)... mais évidemment, je me suis fait tacler, vertement, et ce fut comme un coup de poing en pleine poire "pan" ! Je tâchais de garder contenance -surtout ne pas tituber...- alors je focalisais tous mes sens sur la morsure de l'argent, ce qui eut pour effet de rigidifier un peu ma tenue.

*Comment Julien peut-il savoir ce que je pense ? il lit dans les pensées ? ou en moi comme un livre ouvert ? privilège de l'ancienneté ? don ? qu'était-ce donc que ce prodige ? car une pensée aussi aboutie n'était pas le fruit d'une simple observation de mon regard ou de mon comportement, non... et je ne m'en étais jamais ouvert à personne.


"Augustus est le créateur de Krystel, cela fait plus de 800 ans qu’ils sont ensemble."

Alors là, j'ai bien failli m'asseoir... d'ailleurs, sans aucune retenue, bienséance ou autre connerie de cet acabit, je me dirigeais vers le canapé et... m'assis, complètement abasourdi par la nouvelle !!! Alors ce n'était pas une lutte entre royaumes ? ce n'était même pas une alliance ? juste une mascarade pour tromper les humains et se la jouer glamour à la "William et Kate" ???

*Quel jeu !!! je n'ai jamais rien soupçonné... j'aurai bien bu un truc, tient ! dommage que la table basse soit vide...*

Bref, visiblement, j'avais encore beaucoup à apprendre... comme ce qu'avait fait exactement William pour se faire "lourder" de la sorte. Pour cela, un très bon moyen : poser directement la question à l'ancien shérif.


- Mais alors, William n'a été que le jouet de Renard ! pourquoi le punir alors que cette sorcière dispose des vampires selon ses désirs ? Les deux années passées au service du prince, je n'ai vu qu'amour et respect pour sa mère, jamais rien d'autre, pas même une effronterie. Un prince bien obéissant et aimant.

Je me rendis compte immédiatement de la portée de mes paroles, qui auraient pu me valoir de sacrés problèmes avec la famille royale, et peut-être aussi avec Julien, mais j'avais trop confiance en lui, et je voulais tirer ça au clair, une bonne fois pour toute.

*Quitte à tourner la page ?* m'interrogeais-je en silence *oui, quitte à la tourner.* C'était une décision ferme et définitive, mais auparavant, je devais tout savoir, comme l'un des grands parmi les vampires. Assez de manipulation ! j'ajoutais :


- Au fait, si vous avez été enfermé dans un cercueil d'argent, où sont vos cicatrices "éternelles" ?

Car Julien m'avait assuré que la marque du bracelet le serait, mais lui ne portait aucun stigmate : m'aurait-il menti pour m'amadouer ou me préparer à ce qu'il savait sur William ? Et aussi, je l'avais vouvoyé, comme pour contrebalancer ma légèreté de comportement en m'asseyant comme un pote, comme d'habitude, sans retenue, sur le sofa, et pour lui montrer que je le respectais... à condition qu'il ne se foute pas de moi. Bref... dans combien de temps disparaîtrait cette satanée brûlure ?
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mer 19 Juin - 15:03


Alors que je m’attendais à ce qu’il se jette sur moi, Leslie semblait commençait à arpenter le chemin de la compréhension pleine et entière de nos fonctionnements, toutefois je décidai de demeurai prudent afin qu’il ne me fasse pas encore la preuve de son instabilité dont il pouvait faire la preuve de temps à autres.

Si je sais quelle était ton idée sur le rôle d’Augustus vis-à-vis du bannissement de William c’est parce que j’y ai longuement réfléchi Leslie. Lorsque William est venu me voir, avec Renard, je me suis demandé ce qui pouvait l’amener à comploter contre sa mère pour qui il avait des sentiments si forts. Je me suis interrogé et j’ai enquêté afin de trouver qui ou quoi pouvait pousser William à trahir son propre sang et c’est ainsi que j’ai découvert le jeu macabre de Renard. lui dis-je une expression de colère fugace éclairant mon visage l’espace d’un instant.

William m’avait déçu en succombant à cette félonne, lui qui était mon ami et avec qui j’avais partagé pas mal de chose. Je le pensais plus intelligent et plus lucide mais il m’avait prouvé le contraire. Renard, cette vampire presque aussi âgée qu’Augustus était parvenue à aveugler le fils de Krystel jusqu’à le retourner contre elle malgré ses sentiments, en l’aveuglant par la colère et l’ambition.


Je ne sais si avant de disparaître ta créatrice t’a mis au fait de ce que je vais t’annoncer Leslie mais cela te permettra peut-être de comprendre certains évènements. Un vampire ne peut se dérober à un ordre de son créateur, quand bien même il ne serait pas d’accord avec lui. Quand bien même Krystel n’aurait pas voulu punir son fils, il aurait suffi à Augustus de le lui ordonner pour qu’elle ne puisse faire autrement. Et puis réfléchi à l’impact sur notre espèce si la Reine n’avait pas puni William pour sa trahison, quand bien même il s’agissait d’une manipulation de Renard. Nos Maîtres n’auraient plus eu la main sur notre espèce, et ça aurait été le chaos. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités Leslie, et parfois tu n’as d’autre choix que d’agir selon ton devoir et non ton cœur. Peux-tu comprendre cela ?

Je fis une pause afin d’appeler Alfred, mon majordome, pour qu’il nous apporte de quoi nous sustenter un peu avec cette discussion peu plaisante. Et puis cela permettrait peut-être à Leslie de se calmer afin qu’il se donne le temps de prendre conscience de tous les tenants et les aboutissants de histoire de William. Je demeurai silencieux jusqu’à ce que l’humain nous apporte deux carafes de sang et deux verres et que je me serve, laissant à Leslie le soin de remplir son propre verre.

William a été puni pour ne pas avoir su se rendre compte des objectifs de Renard, et aussi pour s’être levé contre nos Maîtres alors qu’il aurait dû être leur plus fidèle serviteur. Aveuglé par son désir de plaire à sa mère et de la protéger, il a cru aux paroles de Renard qui l’a convaincu qu’Augustus voulait isoler sa mère pour garder le pouvoir. Et c’est ce qui a causé sa perte. Et ni toi ni moi ni pouvons plus rien en l’état actuelle des choses. Malgré mon statut de Général de la Garde Royale je suis impuissant pour le moment Leslie, et j’en viens à m’interroger. Peut-on s’autoriser à passer à autre chose ou au contraire devons-nous encore essayer, peut-être plus tard ? lui dis-je avant qu’il ne m’interroge à propos de mes cicatrices dues à mon enfermement pendant une décennie dans un cercueil plein d’argent.

Cela fait maintenant 187 ans que je suis sorti de ce cercueil Leslie, et j’ai consommé bien des humains pour m’en remettre. Je ne te souhaite pas de connaître pareille douleur car au bout de dix ans tu survis avec cette douleur imprimée en toi. Aujourd’hui encore je ressens cette douleur bien que mes chairs aient cicatrisée depuis un moment à présent.

A cette époque j’avais déjà 63 ans en tant que vampire et une résistance supérieure à celle que tu as aujourd’hui. Néanmoins mon corps à mis un peu moins d’un siècle avant de ne plus en porter aucune trace physique. Concernant ta brûlure, la marque va te rester un mois environ avant de commencer à s’estomper.
lui expliquai-je avant de me taire pour voir sa réaction.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mer 19 Juin - 18:55

*187 + 68 + 10 = 265... Ainsi, Julien avait 265 ans ! jamais auparavant il ne m'avait donné son âge... quoique, maintenant non plus, en fait... simple déduction...*

Je sus aussi qu'il savait mentir, très bien. Car un instant il m'affirme que j'aurai éternellement la trace de ma brûlure pour affirmer aux autres ma faute, et aussitôt après, le contraire.

*Seulement parce que je l'ai pris en faute...*

Je savais qu'il mentait bien, un maître dans cet art. Et aussi qu'il était du genre psycho-rigide et sadique. Sauf que maintenant, j'osais lui répondre. Pas méchamment, non, mais affirmer mon point de vue devant lui, directement, sans détour, comme à un ami -bien que je doute parfois de son amitié, qui était probablement plus de circonstance qu'autre chose-. Toujours était-il que ce vieux me donnait une chance d'entrer dans la "danse", le cercle fermé de la noblesse vampirique. Tandis qu'il parlait, je me versais un verre, rassuré par ce geste simple et apaisant. J'avais commis une faute, l'avais payé comptant -en m'en sortant bien !-. L'ancien shérif me protégeais de moi-même, ne fut-ce qu'en ne révélant pas mes soupçons contre le roi à la famille régnante, ce qui m'aurait valu... quelques désagréments autrement plus ... inquiétants que le bracelet d'argent de tout à l'heure.

*Bon sang que ça fait mal ce truc ! * maugréais-je en silence, mais en buvant mon premier verre, il me sembla que la douleur s'atténuait légèrement. Tout ce temps, donc, je demeurais silencieux, attentif aux leçons accordées par Julien qui, à n'en pas douter, me traitait bien mieux que William. Je le voyais bien, maintenant. Nos débuts avaient été difficiles, chaotiques même, remplis d'incompréhension de part et d'autre. Même si je ne comprenais pas toujours tout aux mobiles de Guillemaud, il s'avérait qu'il avait raison, étant visiblement doté d'un extraordinaire pouvoir de sentir d'où soufflait le vent. Et à ne pas se laisser entraîner à tort. Je me doutais aussi que la "révélation" de son âge faisait partie de son plan.

*Mais lequel ? * je l'ignorais... je verrais cela plus tard. J'avais besoin de lui et lui, un peu besoin de moi. *Me rendre indispensable, observer, apprendre, évoluer ou être bouffer.* C'était simple et radical, non ? mais clair. A force de remplir mon verre, la carafe se vida, comme par enchantement. Il me sembla être revenu à meilleure fortune avec Julien... Quelque chose dans ses paroles m'avait troublé... ignorait-il les conditions de ma création ? que se soit oui ou non, je devais quelques explications à mon maître à penser :


- C'est à dire que ma Sire a fait ça à la va-vite... commençais-je en souriant, vaguement gêné d'étaler ma naissance... Mon Etreinte s'est faite violemment, sans mon consentement, et dans un unique but de vengeance.

Je lui racontais comment j'avais, en tant que commissaire, abattu un vampire trop vindicatif et non coopératif, qu'il avait une femelle, rendue folle de douleur, qui avait juré ma perte et m'avait, pour cela, étreint sauvagement avant de m'abandonner dans la ruelle sordide où elle m'avait attaqué. J'ignorais tout d'elle... même à quoi elle ressemblait, cette femelle folle de rage au visage déformé par la haine et la vengeance, qui m'avait tué avant de me fourguer son sang... Mon errance, la découverte de la morsure du soleil, l'inquiétude, la fuite, le rejet des autres, de tous les autres, familles, collègues, amis... se retrouver seul, sans rien comprendre à ce qui vous arrive... normal de ne pas être normal, non ? Je ne cherchais pas d'excuse, pourtant...

- Une nuit, Evey Mac Intyre m'a sorti de dessous les ponts et m'a introduit dans le monde vampire. Je vivais comme un rat, buvant tout ce qui me tombait sous les crocs : rongeurs, chats, drogués, catins, tout ce qui trainait la nuit me finissait dans le bide. Evey m'apprit à chasser correctement, discrètement, à choisir mes proies, à m'arrêter avant de les tuer... et aussi quelques lois régissant les vampires, puisqu'elle était elle-même shérif à l'époque, avant de me confier au prince.

Je respectais une pause, histoire de finir mon verre... la carafe était vide et mon poignet désagréablement brûlant et douloureux. Mon regard était bien planté dans celui de mon interlocuteur : s'il voulait savoir, je voulais connaître sa réaction à mon récit. Car après tout, cette naissance non désirée, quasiment dans les poubelles d'Edimbourg où j'étais pourtant commissaire, la chute dans la précarité, l'incompréhension et la peur, n'être plus rien aux yeux de personne alors que toute ma vie, j'avais brillé au lycée, à l'école de police, au commissariat. Devenir videur. Pouvait-il comprendre, Julien, qui évoluait dans un luxe ostentatoire ? Peu importait, je ne voulais pas de sa pitié.

- Alors, franchement, non... elle n'a pas eu le temps de m'expliquer quoi que ce soit, car elle n'en avait nul désir. Je ne l'ai jamais revue, et d'après Evey, jamais elle n'a été inquiété pour un geste qui pourtant, est sévèrement réprimé par les lois vampiriques (on n'était pas en guerre).

Ma Sire avait quitté l'Ecosse... et j'ignorais totalement où elle se trouvait. Et vu ce que venait de me dire Julien, je n'étais pas pressé de la revoir. Si elle m'ordonnait un truc du genre tuer le général, je le ferai ? c'était vachement dangereux... Finalement, j'appris aussi que Guillemaud ne lisait pas dans les pensées... ce qui était rassurant. Mais vérifiais ainsi qu'il était doté d'un magnifique pouvoir de déduction. Je comprenais aussi que la loi soit plus dure pour les puissants que pour les autres : les vampires n'avaient rien d'humain et leur nature les poussait à obtenir toujours plus. Si leur hiérarchie n'avait pas été telle... l'anarchie aurait sans doute conduit toute l'espèce à l'extinction. N'empêche que moi, personne ne m'avait protégé de la folle...
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Jeu 20 Juin - 16:26


Leslie marqua une brève surprise après en avoir, je pense, déduis mon âge. Cela pouvait ne rien changer dans nos rapports et pour autant pouvait lui permettre de mieux cerner certains mécanismes de notre nature, ou au moins les accepter plus facilement. Ce que je souhaitais c’est qu’il prenne conscience qu’il allait devoir être patient et se contenter de tenir son rôle avec efficacité pendant de nombreuses années pour un jour évoluer davantage, du moins pendant un temps. Car si tout se passait bien concernant mes projets d’alliance avec Jana, il pourrait bénéficier des retombés de mon éventuel entré dans la famille royale, si tant est que Krystel donne son accord à mon union avec Jana.

Lorsqu’il aborda son Etreinte puis son histoire avant d’être confié à William, je pensai l’espace d’un instant à ma propre transformation. Contrairement à lui je n’avais pas eu conscience d’être devenu vampire avant que mon créateur ne me jette hors du cercueil au crépuscule du rituel de transformation. Il avait choisi de faire de moi un vampire après que j’ai tenté de prendre la tête de l’organisation mafieuse dans laquelle j’officiais du temps où j’étais humain, alors que j’étais à la limite de la mort après un duel contre mon ennemi dont je sortis vainqueur mais en piteux état.

Son récit me fit faire un rapide parallèle entre nos deux expériences bien que je t’étais plus âgé que lui. Lui avait dirigé ses pairs en tant que commissaire avant de devenir vampire alors que moi j’avais failli prendre la tête d’une organisation criminelle avant d’être étreint. Deux positions guères différentes en définitive, ne dit-on pas que flics et voyous ont souvent en commun ? Cette pensée me fit sourire brièvement avant que je ne m’adresse à lui pour réagir à ses paroles.


Si ton Etreinte n’a été qu’une vengeance, en dépit des lois édictées par nos Maîtres déjà à cette époque, cela devrait t’être une force Leslie, malgré les débuts difficiles de ta nouvelle vie. Quel qu’il ait été, sers-toi de ton passé et de ton expérience pour apprendre, retenir de tes erreurs, et progresser dans la voie qui s’offre à toi. Personnellement c’est ainsi que j’ai fait le tri de ce qu’il m’était utile de garder ma vie d’humain pour devenir fort en tant que vampire. A l’époque où je ne craignais pas le soleil, j’avais déjà pour habitude de savoir qui suivre pour survivre et surtout de quelle manière le faire.

D’accord ta créatrice ne t’a transformé que pour se venger de la mort de son compagnon et alors ? Si tes premières années ont été dures, regarde le chemin que tu as fait depuis, contemple qui tu es devenu et interroge-toi Leslie. Quelle serait ta situation actuelle en tant que simple humain ? Serais-tu plus heureux ? J’en doute. Tu ne te ferais que te battre contre le temps pour laisser le plus de traces parmi l’Humanité avant de disparaître inexorablement comme chacun de ses représentants. Les Hommes sont obligés de se reproduire car voués à disparaître, quand bien même ils ne connaitraient aucun conflit. Tandis que nous les vampires pourrions très bien ne plus grossir nos rangs que nous foulerions encore ce monde dans mille ans.
dis-je en lui exposant mon point de vue avant d’avoir une brève pensée pour Evey, mon ancienne collègue shérif maintenant décédée au cours des Années Sanglantes.

Dirigeant Edimbourg à deux à cette époque, suite à ma décennie dans un cercueil empli d’argent, je n’avais pas été mis au parfum de ce fait, probablement du fait de la compétition cordiale mais réelle entre Evey et moi aussi j’ignorai tout de sa créatrice.


N’étant que co-shérif d’Edimbourg à l’époque je n’étais pas au courant de l’acte de ta créatrice Leslie, mais si ça avait été le cas je l’aurai exécuté sans sommation. Peut-être qu’Evey avait ses raisons pour ne pas lui faire subir la sentence que mérite les séditieux. dis-je plus à moi-même que pour lui parler.

Il semblerait que tes précédents mentors n’aient pas eu le temps ou l’envie de t’apprendre davantage quant aux lois « naturelles » de notre espèce, heureusement que je m’y emplois. lui dis-je en esquissant un léger sourire, comme un signe de complicité ou au moins de connivence maintenant que la soirée prenait un tournant plus cordial maintenant que Leslie avait subi sa sanction.

Je souhaite te faire part d’un de mes projets Leslie, projet qui doit rester secret jusqu’à ce qu’il aboutisse, je pense que tu comprendras très bien pourquoi. Je préfère te le dire moi-même plutôt que tu ne l’apprennes en même temps que le reste de notre espèce si mes plans aboutissent. Prends ce fait comme une marque de confiance réelle car nul autre ne le sait ni ne le saura avant l’heure. commençai-je avant de faire une brève pause et de finir mon verre pour ajouter un peu de solennité à mes paroles prochaines.

Je vais me marier Leslie, avec une vampire forte, puissante. Autant dans le but de m’élever socialement et d’acquérir davantage de pouvoir que dans le but d’envoyer un message d’unité et de détermination implacable à nos ennemis, quels qu’ils soient. Et puis du fait de notre passé respectif une alliance avec elle ne peut être qu’une bonne chose, ne serait-ce que pour pouvoir l’observer au plus près. Vois-tu de qui je parle Leslie ? lui demandai-je un brin amusé par la surprise qu’il était susceptible d’exprimer, avec plus ou moins de contrôle alors que la nuit lui avait déjà apporté son lot de sensations fortes.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Jeu 20 Juin - 21:13

Le Général me donnait de bons conseils et j'opinais du chef pour marquer mon attention à ses paroles, lui signifier que je les prenais en compte et les mettrais en application. "Faire le tri", "retenir la leçon", "faire de mes faiblesses mes forces"... oui, tout cela était sensé. Je reconnaissais aussi que jamais auparavant je n'avais autant appris sur ma nouvelle vie qu'avec lui. Rien que pour cela, il méritait mon entier dévouement. Je le pensais vraiment, sans arrière pensée. Pourtant, la question me brûlait les lèvres... ne pouvant l'aborder directement, je devais prendre un exemple très éloigné de ce qui pouvait me concerner... parler de William, par exemple... Vraiment... mal... cette p..... de brûlure au poignet ! j'oscillais comme cela entre mes questions, mon apprentissage, et les traces de ma punition, puis me jetais à l'eau :

- Vous dites que lorsqu'un Sire ordonne à son Infant, ce dernier ne peut résister... cela ne cesse de me troubler...

Le terrain était glissant, mais il était nécessaire que je sache, pour mon éducation personnelle, et pour mon avenir, de quoi il retournait exactement concernant cette étrange faiblesse, s'il y avait des parades... ce genre de choses...

- Comment expliquer que Belle Renard ait eu un tel ascendant sur William, alors que la Reine est sa Sire ? et si la souveraine lui avait ordonné de tuer la traîtresse, il l'aurait fait, et l'affaire aurait été réglée. Inutile de chercher la séditieuse, puisque le prince avait un lien avec elle...

Le choix de tuer son fils, imposé à Krystel, prouvait qu'un Infant pouvait se défaire du lien avec son Sire, et cela m'intéressait, car je ne comptais pas tomber sous la coupe de la garce qui m'avait fait ça et risquer ainsi toute ma carrière de vampire. Nul doute que lorsqu'elle apprendra ma position, presqu'en haut de l'échelle, elle réapparaîtrait. Et alors, j'aurai à lui faire face, à la rejeter et à la tenir loin de moi. Je souhaitais sincèrement que Julien me réponde là-dessus, car ainsi, je comprendrais mieux, pour William, et aussi pour moi. Pour ma propre sécurité. L'idée d'abandonner le prince à son terrible karma me gênait encore, et je savais qu'il n'était pas temps d'en parler pour le moment. Plus tard... Et le fait que ma Sire n'ait pas été inquiété ne lassait pas de me faire frémir, soit qu'elle se soit échappée, soit qu'elle occupa un rang important, et dans ce cas, elle était âgée et puissante. Comment lui résisterais-je ? Et Julien me mentait-il en prétendant tout ignorer d'elle ? La tristesse s'était emparée de moi à l'évocation de la shérif qui seule s'était portée à mon secours... Je décidais de l'associer à la brûlure de mon poignet, comme un hymne de remerciements pour ce qu'elle avait fait pour moi, plutôt que de la relier à Hannah. Vraiment, cette garce n'en valait pas la peine... Je murmurais...

- Savais-tu qu'Hannah Bardenov s'est mariée et a eu un enfant ?

Pourquoi parlais-je de cela ? C'était une information qui pourrait intéresser Julien. D'ailleurs, après avoir répondu, il parla de ses plans futurs et je tendis l'oreille, prêt à servir ses intérêts, qui par ailleurs étaient les miens...

- Te marier ? tu plaisantes, j'espère ?!!! Ah ah ah !!! fais gaffe, hein, toute erreur se paie ! ah ah ah !!! je ris, comme un mec avec son pote, qui n'en reviendrait pas que ce vieux c.... de célibataire se pende tout seul. Sauf que l'ancien shérif ne faisait pas d'erreur et que là, il semblait tellement sérieux, parlant d'avancement et tout ça, non, il était vraiment en pleine partie d'échec et ne rigolait pas, je repris mon sérieux :

- T'as vraiment l'intention de faire ça ?

Je devais avoir l'air un peu ahuri quand même : il ne plaisantait pas du tout, lui, et plaçait ses pions. Bon... alors, qui cela pouvait-il être ? Krystel était mariée, Jana aussi... Morgane ne lui rapporterait rien, pas plus que... que qui ? j'avais fait le tour :

- Non, je ne vois pas. Qui est-ce ?

D'ailleurs, pourquoi les vampires se mariaient-ils, puisqu'ils ne pouvaient avoir d'enfant ensemble ? A part les alliances, bien entendu... Franchement, je voyais mal une femelle entre nous deux : ça allait compliquer singulièrement nos rapports plutôt exclusifs... on se retrouverait avec des horaires, des pauses,...  Pour sacrifier cela, Julien devait y trouver des avantages de taille et j'étais curieux de savoir à qui il pensait... une cousine de la reine ou ce genre de truc ?
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Ven 21 Juin - 13:16


Renard n’était pas n’importe quel vampire Leslie, lui dis-je en préambule de ma réponse au sujet de sa question à propos des liens entre un nocturne et son créateur. Sais-tu qu’elle était plus âgée que Krystel ? William n’aurait jamais été de taille pour l’éliminer donc l’affaire aurait loin d’être réglée. lui dis-je avec un sourire amusé quant à son ignorance des méandres de la politique.

Tout n’est pas si simple Leslie. Regarde un peu la situation dans lequel nous nous trouvons actuellement avec les humains. Il suffirait d’hypnotiser les dirigeants de l’espèce humaine pour qu’ils éliminent nos ennemis et les paralysent de nouvelles lois, et l’affaire serait réglée. dis-je pour reprendre ses mots dans une petite note d’humour. Mais d’autres paramètres entrent en compte Leslie, qui font que rien n’est simple loin de là comme l’apparition des lycans ou des semi-démons. Ne te concentre pas uniquement sur l’action que vient de jouer ton adversaire, mais observe l’échiquier dans son ensemble pour déceler ce qu’il n’a pas encore joué et surtout pourquoi.

Leslie était encore trop jeune et il commençait seulement à percevoir qu’il ne suffit pas de trouver la bonne solution pour qu’elle puisse s’appliquer correctement. Il m’avait fallu un long cheminement pour comprendre le fonctionnement de l’échiquier politique de notre espèce tout comme celui du monde en général pour servir efficacement mes Maîtres. Et encore aujourd’hui certains éléments m’échappent encore, faisant que certains de mes plans peuvent être mal-interprétés.

Si Renard a eu autant d’emprise sur William c’est parce qu’elle a su faire vibrer les cordes sensibles en lui, l’amour qu’il portait à sa mère étant la principale. lui dis-je pour résumer grossièrement les manipulations de la traitresse.

Qu’il me parle ensuite de l’ancienne Pomme de sang de William était une bonne chose bien que je lui ai rien demandé à ce sujet. Je pris cela comme l’expression de son désir de me servir loyalement avec efficacité. Ainsi donc elle avait refait sa vie, bien que cela ne m’apportant rien de significatif dans l’immédiat il pouvait toujours être bon à l’avenir d’avoir cette information. Leslie me fit ensuite part, à sa manière, de sa réaction au sujet de mon annonce quant à mon union prochaine. Il était revenu au tutoiement et à une attitude plus « naturelle », loin de m’en offusquer je le laissai faire car je lui avais déjà signifier qu’il était autoriser à être ainsi dans l’intimité de nos rencontres.


Tu sais que je ne fais rien sur un coup de tête Leslie, lui dis-je en affichant un sourire amusé. et ce mariage à venir n’échappe pas à cette règle. Lorsque Krystel nous aura donné son accord, j’épouserai Jana qui est officiellement veuve depuis le décès de William lors de la tentative de putsch de Renard. lui dis-je en attendant de voir sa réaction.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Ven 21 Juin - 21:15

Les pensées défilaient à toute allure dans ma tête, et pour les freiner, je songeais à la brûlure. Qui eut dit qu'elle me servirait à ralentir le flot de scénarios qui se précipitaient dans les recoins de mon cerveau.

*Bon, alors... peu de chance que ma Sire soit plus âgée que ce bon vieux Julien. Donc, je ne risquais pas d'avoir tendance à le tuer "sur ordre".*

Cette idée me soulageait, beaucoup. Quant à l'idée d'hypnotiser les dirigeants humains pour les faire opter pour les solutions voulues par les vampires, elle paraissait d'autant plus séduisante qu'elle pouvait aussi être très expéditive pour la PES et autres empêcheurs de tourner en rond... -après tout, j'avais vu Jana à l'oeuvre avec son videur : disposer de n'importe quelle vie, si simplement...- Ne pas avoir le nez collé sur les affaires... il était marrant, Julien, à ses heures... je tentais de prendre de la hauteur avant d'oser une opinion :


- Les humains nous servent de bouclier ?...

En quelque sorte, tant qu'il y aurait les mortels entre nous et les autres, on avait le temps de les voir venir, tous.  A court terme, endormir les uns et les autres rapportait beaucoup, mais à long terme, cela nous privait de défenses contre les imprévus... donc, tant que tout allait bien, la solution facile l'emportait, mais autrement, c'était la cata... peu à peu, j'y voyais plus clair, du moins le croyais-je...  en se tenant à l'écart, on pouvait étrangement mieux contrôler le tout, enfin, à peu près... J'osais demander :

* Oui... la révélation des lupins et des démons ne lassait pas de me surprendre : comment les Anciens de chez nous avaient-ils pu ignorer de pareilles "surprises" ?!!! une telle faute aurait pu coûter la vie à toute notre espèce !!!*

Je tentais une question :


- Se peut-il réellement que les souverains aient pu ignorer leur existence ?

C'était tellement incroyable ! en attendant, j'enregistrais soigneusement le conseil : observer tous les protagonistes, imaginer ce qu'ils auraient fait et deviner pourquoi il n'avaient pas encore "joué". Du coup, toutes mes certitudes tombaient brusquement. Je devais me mettre à la place des autres avant d'agir. Mais ce pouvait être long... et parfois, on n'avait pas le temps. il fallait donc réfléchir plus vite. hmmm. donc, s'entrainer sur de petites choses avant de se trouver confronté à l'action.

Si Renard a eu autant d’emprise sur William c’est parce qu’elle a su faire vibrer les cordes sensibles en lui, l’amour qu’il portait à sa mère étant la principale.

* Quelle est ma corde sensible ?...*

Oh... la réponse était tellement évidente... Je regardais mon poignet brûlé : d'où l'utilité de la sanction de mon chef : une bénédiction, finalement...

* Pourvu que la cicatrice dure longtemps... *

Tout compte fait, ce n'était pas une infamie, un signe dont les autres pourraient se gausser à mon encontre, non. C'était mon pense-bête. Je me promis de me le tatouer dès que la cicatrice disparaîtrait : pour ne jamais oublier.

* William Raybrandt ! mon talon d'achille, mon point faible, ma corde sensible... *

Et quelque chose me disait que pas mal de monde était au courant : Julien, Krystel, Hannah,... et qui d'autre ? je ne savais pas. Pas étonnant, dès lors, que le prince ait craqué. Il adorait sa mère. Renard avait dû lui dire ... ce que je pensais... que le roi voulait sa peau, le tuer, lui,  le fils de la souveraine, et peut-être même sa soeur... Par contre, jamais Julien ne ferait rien sur un coup de tête. C'était si évident. Le mariage était donc bien un coup monté pour prendre du galon et se mettre à l'abri (de potentiels ennemis, du besoin, ... et aussi... un meilleur point de vue sur la cour, un rapprochement certain et tout en douceur, non dépourvu de... bon temps). Décidément, l'ancien shérif savait monter un plan et le mettre à exécution... Je l'admirais. Le prenais comme modèle. Le consentement de Krystel... et

* QUOI ?!!!!! JANA ?!!!!! mais elle est pas veuve !!!! *


- Mais... mais... Jana n'est pas veuve et tu le sais ! et nous devons sortir William du mauvais pas où il s'est mis !

Après tout, c'était pour ça que nous avions fait alliance ! pas pour que Julien prenne impunément la place de son meilleur ami.

* Tu parles ! meilleur ami !!!! pire ennemi, oui !!! *

mais en même temps, je respectais trop mon boss pour lui dire ça comme ça. Et puis... ouhlllà ! j'avais un petit problème...
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Sam 22 Juin - 11:19


L’idée soulevée par Leslie comme désignant les humains en tant que bouclier n’était pas exacte aussi optai-je pour une explication que j’espérais simple et pas trop compliqué pour le jeune vampire qu’il était. Bien qu’instable il n’était pas dénué d’intelligence bien qu’ayant une fâcheuse tendance à interpréter certains signes trop hâtivement, lui faisant oublier instantanément ce qu’il avait pu apprendre.

Les humains ne sont pas un bouclier car nous ne nous cachons pas derrière eux. L’Humanité n’est qu’une masse bêlante composée d’individus tous plus insignifiants les uns que les autres. Toutefois ils sont capables dans certains cas d’avoir une lueur de lucidité et de se révéler tenaces voire dangereux. Si nous subissons leurs règles actuellement, ce n’est que pour mieux raffermir nos rangs et revenir plus forts. Alors oui ils nous servent momentanément à nous protéger des lycans afin que ces derniers ne viennent nous attaquer, mais cela nous permet de préparer le prochain conflit, car oui il y en aura un second un jour ou l’autre. Et nous avons l’avantage pour nous du temps.

Sa question suivante me rappela celle qui plus de cinquante ans auparavant me mena directement dans un cercueil plein d’argent pendant une décennie. J’avais commis une seule erreur grossière par le passé et c’était bien celle d’avoir remis en question une décision royale. Leslie avait déjà son lot de casserole, cette question ne devait pas devenir celle de trop.

Que tu me poses cette question alors que nous ne sommes que nous deux limite les risques que tu encours pour la poser Leslie, mais prend garde à ne jamais l’évoquer ou en poser de similaires en dehors de nos entretiens privés comme ce soir, il en va de ta survie Leslie. C’est en posant un jour ce genre de question que j’ai subi un enfermement pendant dix ans, ne commets pas la même erreur. le prévins-je avant de lui répondre tout de même.

Cependant je vais te donner mon point de vue à ce sujet. Avant leur révélation avec les Années Sanglantes, seul Augustus était assez âgée pour avoir pu en rencontrer lui-même lui qui a plus de 1500 ans. Ayant déjà compris la menace qu’eux les loups-garous représentaient il a ordonné et dirigé une purge à grande échelle et cette espèce était censée avoir disparue de notre monde. Nul ne sait comment, mais ils sont parvenus à ressurgir et à grossir leurs rangs dans l’ombre. Aussi nous devons protéger notre Reine et notre espèce de nos ennemis séculaires.

J’aurai été très surpris que Leslie réagisse normalement à mon annonce de mariage futur avec Jana, comprenant sans que je n’aie besoin de lui expliquer l’importance d’une telle union entre elle et moi. Comme à son habitude il s’enflamma et ne vis que l’action en cours sur l’échiquier politique et non le plateau dans son ensemble, décidément il était important qu’il apprenne à prendre du recul.

Au lieu de t’emporter Leslie, calme-toi et repense à ce que je t’ai dit à propos du jeu d’échec. lui dis-je d’un ton neutre. Cette union est purement politique et stratégique et si je peux obtenir la dernière place disponible au sein de la famille royale je préfère m’en saisir plutôt que de la laisser à l’un de mes rivaux.

Réfléchie un instant Leslie, que me manque-t-il pour pouvoir sauver William ?

Le poids de mon avis auprès du Conseil Sanglant. En tant que simple Général de la Garde Royale je ne siège pas au Conseil et mon opinion n’a aucune valeur aux yeux de ceux qui y siègent. Lorsque je serai devenu l’un d’eux, alors fort de ce nouveau pouvoir je pourrais tenter de nouvelles choses pour venir en aide à William. En attendant nous sommes impuissants et nous ne pouvons rien faire sinon réduire à néant nos chances de l’aider.


En vérité je n’avais aucune envie de sortir le prince déchu de sa prison sous-marine mais cela Leslie ne pouvait le savoir, mes paroles et mes actions allant dans le sens de la version que je lui présentais depuis plusieurs années déjà. Néanmoins il ne fallait pas qu’il commette une nouvelle bourde au sujet de nos prétendues recherches pour retrouver son ancien maître.

Quant à Jana, tu oublies que pour notre espèce William est banni et destitué de tous ses titres, aussi pour le moment Jana est veuve de par le fait. Et une princesse sans époux est un signe de faiblesse pour nos ennemis et cela ne peut demeurer ainsi.

Et puis concernant Jana, vous vous êtes rencontrés récemment non? Comment cela s'est-il passé?
lui demandai-je en affichant un léger sourire, comme si je savais ce qu'il s'était passé lors de leur entretien, alors qu'en réalité il en était tout autrement.

Je ne savais rien en dehors du fait qu'ils avaient rendez-vous à la Pomme du Diable peu après le soir où j'avais fait ma proposition d'alliance à la fille de Krystel. Aussi peut-être allait-il pouvoir m'éclairer quant à la teneur de cet entretien et de ce qu'il s'y était passé, histoire que je me prépare s'il avait commis un impair ou que je le félicite s'il avait respecté l'étiquette comme je le lui avais dit lors d'un précédent entretien entre lui et moi.

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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Sam 22 Juin - 16:58

Julien ne dirait jamais que j'avais raison, pour preuve, sa manière de tourner les choses pour ne pas me donner raison : en gros, les humains n'étaient pas des boucliers, mais des animaux capables de retenir nos ennemis, suffisamment pour nous permettre de les attaquer. Alors comme ça, les Années Sanglantes allaient reprendre. Je le savais, confusément, au fond de moi, mes yeux se fermèrent un instant à cette pseudo révélation, confirmant mes craintes sur la reprise d'une guerre sans merci. Raison de plus pour profiter du silence de la nuit, de la douceur de la pluie sur mon visage lorsque j'allais dans les rues des quartiers autorisés aux vampires. Car cela ne durerait pas.

*Seules les bonnes choses ont une fin. *

Je n'étais pas un guerrier né, même si je combattais avec vigueur et acharnement, même si j'établissais des plans et montais des attaques meurtrières. En fait, j'étais tout à fait dans mon élément, pendant la guerre. Pas de retenue à avoir, non... et on vous prenait pour un héros alors même que vous tuiez à tour de bras, et vous nourrissiez de tout ce qui vous tombait sous les crocs. Alors que maintenant... l'idée de boire du True, ce maudit sang synthétique, me fit retrousser les lèvres de dégoût. J'effaçais bien vite ce goût infecte de mon souvenir, préférant largement celui que venait de m'offrir le Général, ou mieux encore, le cadeau de la princesse : boire à la veine d'un humain, avec cette saveur douçâtre et tiède incomparable.

*L'avantage du temps... oui...*

Cela, je pouvais aisément le comprendre, le nombre de nos nuits se trouvaient décuplées par rapport au nombre de jours des mortels, humains ou lupins. Nous pouvions acquérir force et savoir, alors qu'ils devaient sans cesse tout recommencer à apprendre, pour 60 ou 80 ans. Humain, j'aurai eu 40 ans... ça faisait drôle de changer de dizaine.... au lieu de cela, j'avais toujours trente ans. Mieux : j'aurai toujours trente ans d'apparence, mais mon expérience serait celle de quelqu'un de cinquante, cent ans, ou plus.

Je ne compris pas pourquoi Guillemaud prenait si mal ma question ! mais d'après lui, la surprise des non-morts venaient plutôt du fait qu'ils croyaient avoir éliminé les lupins, soit. En admettant. Ces créatures étaient donc devenues des sortes d'animaux mythiques au fil des siècles, histoire de faire peur aux femelles et aux neo natus.

*Mais quid des semi-démons ?!!!*

Il n'avait pas abordé le sujet, donnant au passage l'impression de l'éviter soigneusement. C'était pourtant le moment ou jamais : j'insistais :

- Et les semi-démons ? quand sont-ils apparus dans le paysage ? d'où sortent-ils vraiment ? pas de l'enfer, tout de même...

J'appris au passage l'âge du roi, plus de 1 500 ans (!!!), mais aussi qu'il n'existait aucune doctrine officielle au sujet des loups, car Julien me donnait son avis personnel. Curieux... qui avait la connaissance alors ? à part le roi ? personne. Il laissait tout son peuple dans l'ignorance, mais dans quel but ? si les vampires avaient su, ils auraient été plus aptes à se défendre ! Même les vampires du rang de l'ancien shérif demeuraient dans l'ignorance ?... se pouvait-il que chez les vampires, le prix du pouvoir fut si élevé ? Personnellement, je trouvais cela dangereux. Et si notre souverain mourait, pour une raison ou une autre ? qui détiendrait suffisamment de savoir pour protéger l'espèce ? ah oui... ne pas voir les choses au ras des pâquerettes, s'élever, jouer aux échecs...

* Tu parles ! foutaises ! *

Etre vampire était en soi un véritable défi. La soi-disante immortalité accordée se transformait rapidement en course à l'échalotte pour survivre dans un monde de brutes où tous les coups semblaient permis. Je baissais les yeux, évidemment, Jana libre, autant que ce soit Julien qui se jette dans son pieu, enfin, dans son lit. Je lui souhaitais bien du plaisir. Cependant, lui montant une marche de plus, moi aussi. Tout cela me semblait aller si vite que je devais vraiment, vraiment faire des progrès dans un tas de domaines... car j'apprendrais encore davantage. Je relevais le regard vers l'ami de William et lui affirmais :


- Je sais que tu as raison. Que siéger au Conseil te permettra d'en savoir plus sur William, et que ce qui apparaîtra comme une usurpation aux yeux du prince, ne sera en fait qu'un nouveau moyen de le sauver. J'en témoignerai le moment venu. Et William comprendra qu'ainsi, son épouse a été protégée par son meilleur ami.

*Décidément, Julien pensait absolument à tout ! il voulait sauver la princesse et moi, je n'y avais vu qu'une basse attaque.*

Il était par contre évident que je ne devais plus me mêler de politique. Je me cantonnerai désormais au seul domaine de la guerre. Un pâle sourire étira mes lèvres : le poignet ne me faisait pas suffisamment mal pour que je me souvienne de tenir ma langue et d'observer tous les points de vue... après tout, il n'était là que pour me rappeler William... Je souris ouvertement en regardant la brûlure.

*Bon sang que ça fait mal cette saloperie ! *

J'imaginais les tourments endurés par Julien, durant dix ans, et ceux de William. Cela faisait maintenant sept ans qu'il souffrait mil morts sans que je puisse rien entreprendre pour le sortir de là. Sauf que j'avais le meilleur allié pour ce faire.


- Quelqu'un de confiance, très bien placé, pour pouvoir, un jour, influencer le destin du prince.

Et à cet effet, son meilleur pote mettait en place la stratégie qui lui permettrait de ramener William à la cour, en plus de le sortir du cercueil coulé dans la Fosse des Mariannes. Je m'apaisais. Guillemaud avait raison, je m'étais emporté, malgré moi. Je devais prendre garde à mes réactions quand il s'agissait du prince déchu : elles pourraient me trahir, et aussi faire capoter l'action savamment élaborée par Julien. J'étais le maillon faible, tant que je me mêlerai de cela. Le combat me convenait beaucoup mieux. Lorsqu'il aurait accès au Conseil Sanglant... j'imaginais que ce serait long, encore... avant de pouvoir tirer William de ce mauvais pas, mais au moins, désormais, nous savions où il se trouvait et grâce à l'intelligence de Julien, la meilleure place pour parvenir à le sortir de là. Une petite chose nommée espoir se fit jour en moi.

* William, nous n'avons jamais été si prêt de vous délivrer ! *

J'avais envie qu'il entende cela... mais nous n'avions pas échangé nos sangs, alors, il ne pouvait entendre. Seule Hannah aurait pu lui transmettre la nouvelle, mais je renonçais définitivement à la rencontrer.

* La garce ! *

La jalousie me mordit le coeur alors que je songeais qu'il lui pardonnerait son mariage, l'enfant, tout, mais à moi, aucune remise de peine, que j'aurai trop tardé à le sortir de là, que ceci et cela, que j'avais laissé son ancienne Pomme sans surveillance et sans défense... Je m'assombris et mon sourire mourut sur mes lèvres, un pli amère s'y forma. Quand William reviendra, je devrais retourner le servir... et quitter Julien ? Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle... et cela me donna à réfléchir. J'opinais du chef pour dire que je comprenais que pour les vampires, Jana était veuve... et forcément, la question claqua comme un fouet pour moi -je savais qu'elle arriverait. Julien savait toujours tout. Peut-être même savait-il déjà ce qui s'était joué entre Jana et moi. Et m'en tenait-il rigueur ?...- :


- Et puis concernant Jana, vous vous êtes rencontrés récemment non? Comment cela s'est-il passé?

- Je suis allé boire un coup à la Pomme du Diable, histoire de passer le temps. Jana m'a vu sur les écrans de sécurité et fait amené dans son bureau. (pause) Beaucoup de choses ont changé depuis les trois incendies et l'endroit n'est plus du tout le même qu'avant.

Cela m'avait perturbé... moi qui était allé là-bas pour retrouver "mes racines", m'en étais trouvé déboussolé.

- Ensuite, comme je l'ai dit, il a été question de formation pour ses videurs : il faut avouer que ce sont surtout de grosses brutes, incapables de diplomatie, et plus aptes au combat qu'au maintien de l'ordre. La princesse a choisi de faire appel aux services de la Reds pour cela, comme je le lui ai proposé.

Mon poignet me brûlait.... arf ! j'aurai bien aimé poser quelque chose dessus pour apaiser la douleur... la morsure de l'argent était une véritable plaie, je m'en souviendrai. Bon... après, il y avait la suite... on va commencer par le commencement :

- Sur les écrans, nous avons observé le manège de deux humaines qui aguichaient les vampires pour les pousser à la faute. L'une s'occupait de l'un des nôtres, pendant que l'autre distrayait le videur le plus proche.

Je fis une pause, pour bien laisser la scène prendre place dans l'esprit de Julien. Et aussi pour bien choisir mes mots.

- Jana les a fait virer vite fait et convoqué le mec dans son bureau. Là, sans autre témoin que nous, elle l'a regardé dans les yeux, lui a reproché d'aimer une autre femme qu'elle, ordonné de se trancher les veines, sans en mettre partout, à l'aide du coupe-papier sur le bureau et de venir vers elle. Euh... vers nous, car en fait, la princesse était assise sur mes genoux.

Voilà, le cadre était planté !
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Dim 23 Juin - 1:11


Leslie continuait à m’interroger au sujet des autres espèces surnaturelles et des projets ou connaissances qu’avaient nos souverains à leur égard. Si cela lui permettait de mieux appréhender et comprendre notre espèce et nos ennemis alors pourquoi pas, j’acceptais de lui répondre et de lui en dévoiler davantage.

Concernant les semi-démons, ils ne nous sont apparus, du moins en tant que tel, le soir du concert à l’Arena. Alors que nous avions à gérer une situation que tu connais, certains démons rencontraient nos Maîtres pour nous proposer plus ou moins leur aide contre une faction adverse de leurs semblables qui s’étaient alliés avec les lycans. Cela a vraiment été une surprise pour tout le monde, gageons qu’aucune nouvelle espèce aussi dangereuse ne surgisse à son tour à l’aube du prochain conflit majeur.

Comme me l’avait ordonné Krystel je n’évoquais plus les métamorphes, étant l’un des rares parmi les nôtres à connaitre l’existence de cette autre espèce surnaturelle qui à ce jour n’était pas officiellement identifiée. Et Leslie n’était pas prêt pour le moment pour une telle confidence, ce serait bon signe qu’il découvre leur existence par lui-même dans le but de forger son esprit de déduction. Quand il poursuivit ensuite avec le sujet de William et mes plans que je venais de lui présenter, il les accueillit comme prévu c’est-à-dire de la bonne manière, comprenant chacun des aspects de mes actions officielles prétendument dans l’optique de sauver William. Il aborda enfin son entretien avec Jana, prenant son temps afin de choisir ses mots, signe qu’il commençait à appliquer ce que je lui enseignais.

Tu as bien fait, lui dis-je alors qu’il m’indiqua avoir conseillé à la princesse de faire appel à ma société pour former ses employés. vu que vous avez commencé à parler de ça entre vous, tu te chargeras de ce dossier. Attention à ne pas faire n’importe quoi car il s’agit là de Jana et de mon entreprise. Quoi qu’il en soit tu me tiendras au courant de ce qu’elle souhaite et de ce que tu proposes. Même si je te délègue une partie de mon travail concernant cette affaire, je veux tout de même garder un œil là-dessus. lui indiquai-je avant d’écouter la suite de ses paroles.

Je reconnais bien là les méthodes de Jana, dis-je en esquissant un léger sourire en me remémorant notre dernier entretien où elle avait tenté de jouer de ses charmes avec moi, sans succès. Raconte-moi la suite Leslie, je suis curieux de voir de quelle manière tu t’es tiré de cette situation.

Tout comme la plupart des vampires Jana savait user de ses atouts de séductrices pour parvenir à ses fins, consciente des armes qu’elle possédait pour s’attirer les faveurs de telle ou telle personne. Bien qu’il ne m’en eu encore rien dit, je ne serai guère surpris que Leslie ait succombé aux avances de Jana et souris encore à cette idée. Peut-être qu’il était temps que je lui apprenne à se méfier des femmes ? Cela allait dépendre de la suite de son récit.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Dim 23 Juin - 8:59

Jusque là, c'était un sans faute : Julien m'accordait la gestion du dossier de formation des gros bras de Jana, et "reconnaissais bien là les méthodes de Jana", avec un petit sourire en coin, preuve que la princesse avait usé des mêmes artifices sur le Général. Aurait-elle la cuisse légère ou préférait-elle gouverner par la séduction ? Car après tout, Guillemaud, à sa manière, ne s'y prenait pas autrement, car bien que ses manières n'eussent rien de sexuelles, il charmait son monde. Moi-même, je le reconnaissais, m'étais bel et bien laissé prendre. Cependant, il n'était pas désagréable de travailler avec lui, et surtout, surtout, on apprenait beaucoup à son contact.

*Pas comme avec William... *

Je le regrettais, tout en réalisant que je commençais à comparer les deux vampires dans leur comportement envers moi. Cela n'avait rien de surprenant, en fait, puisque ma présence avait été imposée au prince par la shérif m'ayant recueillie -imposée ou suggérée en retour d'un service ? ma tête commençait à fonctionner, et je devrais trouver-, alors que le Maître vampire était venu de lui-même vers moi et m'avait choisi. Forcément, ça changeait la donne, et donc, le comportement. Car Raybrandt aussi aimait manipuler, je l'avais constaté plusieurs fois : il aimait le pouvoir. Comme en fait tous les vampires. Moi-même, n'étais-je pas en train d'y céder ? commandant à des vampires plus âgés que moi lors des Années Sanglantes, ayant un statut enviable malgré mon jeune âge... Dans ce nouveau milieu, je devrais, moi-aussi, comme prédit par Julien, manipuler des pions. Je ne me sentais pas prêt à cela. En fait, je n'étais pas fait pour cela. Ma franchise et ma candeur me desserviraient et risquaient d'éclabousser le Général : je devais m'en prémunir, demeurer en retrait de toutes ces affaires... et me contenter d'accomplir mon travail, tout en apprenant. C'était seulement à ce prix que je pourrais prendre de l'âge et de l'expérience, pas en me lançant dans je ne sais quelle quête fastidieuse. Après tout, j'avais déjà un sacré beau statut : bras droit du Général, et bientôt, de l'époux de la princesse.


* Attention de ne pas te prendre les pieds dans le tapis, mon vieux ! *

plaisantais-je en moi-même. Car la suite...

- Raconte-moi la suite Leslie, je suis curieux de voir de quelle manière tu t’es tiré de cette situation.

... ne promettait rien de bon. D'un autre côté, l'oeil critique de mon chef sur mes actions ne pourraient que m'apprendre davantage, et je devais le prendre ainsi. Surtout que, pour le moment, il ne semblait pas le prendre mal, mais plutôt s'amuser de la situation. Qui sait, il en tirerait même avantage sur la princesse en la connaissant mieux ? donc, c'était tout bénéfice pour lui. Et pour moi. Quand même, ce n'était pas facile à raconter... où en étais-je déjà ? ah ! oui !

- La princesse a bu, puis a porté l'autre poignet à mes lèvres... j'ai donc accepté... que pouvais-je faire d'autre ? en faisant bien attention de ne pas boire plus qu'elle.

Je me souvenais parfaitement du goût de ce type ! c'était capiteux, sûrement le genre à manger plus qu'à sa faim : un délice. A moins que ce ne fussent les circonstances qui aient ainsi exalté mes sens...

- C'était difficile...

Julien savait que je tuais souvent mes victimes, incapable, la plupart du temps de me contrôler pendant un repas.

- ... mais j'y suis parvenu, finis-je, plutôt fier de moi. Je me suis même arrêté avant elle, lissant la plaie afin qu'elle cesse de saigner.

Bon... c'était là le côté le plus.... avouable, l'autre l'était beaucoup moins, mais au sourire de Julien, je savais qu'il savait... autant le dire.

- La princesse était vêtue d'une robe fourreau qui la moulait beaucoup. Je m'en suis rendu compte quand elle a ôté sa veste en me tournant le dos...

Guillemaud était un mâle, comme moi, et savait parfaitement de quoi je voulais parler : du charmant popotin que la femelle ne manquait pas d'onduler sous mes yeux quasi exorbités, bien que je cache au mieux mon intérêt pour cette vue superbe.... J'espérais qu'il n'en prit pas ombrage, vu qu'il n'était pas encore marié, et qu'il ne me punirait pas, puisque, finalement, William avait été banni et ne jouissait plus d'aucun droit ici.

- Lâchant l'humain, la princesse s'est tourné vers moi et m'a... euh... (je rougis) embrassé. Avec la langue. Je lui ai rendu son baiser, et enfin, remonté une main dans son dos, jusqu'à son cou, pour la satisfaire, comme elle semblait le vouloir.

Voilà, c'était dit. Il pouvait imaginer la scène : moi, buvant, avec elle, chacun suspendu à l'humain nous donnant son sang "de son plein gré", elle sur mes genoux, et moi... buvant sagement, une main sur le poignet de l'homme, l'autre pendant dans le vide. Celle qui ensuite, remonterait dans le dos de la femelle... Avec du recul, je vis parfaitement le piège qui alors m'avait totalement échappé, trop tard, comme d'hab'...

- Puis la princesse s'est levée, a soigné l'homme avec des trucs sortis d'une trousse à pharmacie. Je n'ai pas compris pourquoi elle ne l'avait pas tout simplement léché pour faire disparaître la plaie, comme je l'avais fait...

Autant demander discrètement à Julien la raison de ce geste déplacé.

- Puis, elle s'est tournée vers moi et m'a simplement dit "il y a un problème, Leslie". Je l'ai laissé poursuivre, ne voyant pas de quoi il pouvait s'agir... et m'a reproché ensuite d'avoir commis deux erreurs : m'être laissé séduire, et bu un être humain.

Je me raclais la gorge...

- La princesse s'est étonnée que ni William ni vous ne m'ayez préparé à repousser une tentative de séduction... et elle s'est ouvertement demandé combien de temps j'aurai tenu face aux deux humaines du bar.

Bref, en clair, elle reprochait mon manque d'éducation et en accusait mes "maîtres"... Bon... je devais en venir à ce que j'avais répondu, non ? ciel, que c'était embarrassant...

- J'ai répondu que, ne sachant quelle conduite tenir devant elle, j'avais obéi à chacun de ce qu'il me semblait être ses désirs, car je n'étais qu'un rustre, utilisé comme videur puis comme soldat, et qu'ignorant tout des usages de cour, je m'étais entièrement fié à elle, comme le devait tout subalterne...

Avais-je bien répondu ? je ne tarderai pas à le savoir...
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Mar 25 Juin - 18:00


La première phrase de Leslie me suffit à percevoir l’erreur qu’elle avait certainement dû lui reprocher, me basant sur les traits de son caractère que j’avais pu observer depuis quelques temps chez Jana. Amener sa cible à franchir les règles sans le lui dire clairement pour ainsi la mettre en porte à faux, c’était une méthode que j’employais de temps à autre moi aussi et cette similitude entre elle et moi me fit sourire. Néanmoins j’écoutais la suite du récit de mon bras droit afin de voir si mon hypothèse allait se confirmer ou non, notant au passage que son entretien avec la fille de Krystel lui avait permis de poursuivre dans ses efforts de se contrôler lors d’un repas, sachant que Leslie avait bien du mal à ne pas tuer un humain lorsqu’il s’en nourrissait. Il m’apprit ensuite que Jana lui avait exposé son postérieur en enlevant sa veste, encore une fois pour l’allumer, en avait-il eu conscience sur le moment ? Probablement mais incapable d’y résister, d’autant plus lorsqu’elle l’eut embrassé ensuite. La faim et le désir, voilà ce que Jana avait titillé chez Leslie avec un certain succès lui permettant de prendre le dessus sur le jeune nocturne.

Je ne répondis pas de suite à la question muette qu’il plaça pendant son récit et choisi de l’écouter poursuivre avant de lui répondre. En écoutant ses paroles j’eu la confirmation que j’attendais quant à mon hypothèse au sujet de la méthode qu’avait employée Jana sur Leslie. Si elle lui avait signalé deux de ses erreurs j’en décelais une troisième, dans sa justification face à la princesse pour son comportement, qui n’était pas vraiment une erreur mais une habitude que j’avais et qui permettais de ne pas offenser mes Maîtres, chose qu’aurait pu faire Leslie dans sa réponse. Si Jana avait souhaité enfoncer le clou face au jeune vampire elle aurait pu faire mine de prendre les paroles de Leslie comme une accusation, comme s’il l’accusait elle de l’avoir poussé à la faute.


Te faire croire que tu lui plais et l’une des armes principales des femmes, vampire ou non d’ailleurs, Leslie et il te faudra te méfier de toutes. Si l’une d’entre elle te fait des avances ne prend pas les devants, contente-toi de suivre. En la laissant faire tu la pousseras à décider de la suite, et donc à parler pour te dire ou non quoi faire si tu parviens à demeurer impassible. Ainsi tu ne pourras pas être accusé d’avoir manqué à l’étiquette ou d’avoir agi sans ordre. Et cela fonctionne aussi dans d’autre domaine que la séduction.

Lorsque Jana t’a présenté le poignet de l’humain tu aurais dû lui dire que la Reine interdisait de se nourrir d’un humain. Ainsi elle n’aurait eu d’autre choix que de te signifier d’un ordre clair de boire, ou non, le sang de l’humain et toi tu n’aurais manqué à aucune règle. Comprends-tu l’idée générale que je t’explique là Leslie ?
lui demandai-je avant de poursuivre sur l’erreur optionnelle.

Quant à la justification que tu as exposée à Jana, elle est maladroite et je vais t’expliquer pourquoi. En te présentant comme un subalterne qui suit sans réfléchir tu te dévalues complètement et passe pour un moins que rien aux yeux de ton interlocuteur. Ensuite tu expliques suivre chacun de ce qu’il te semble être ses désirs. Tu laisses donc la possibilité à ton interlocuteur de se décharger sur toi en invoquant une erreur d’interprétation et donc de rejeter totalement la faute sur toi. Enfin ton interlocuteur peut avoir l’impression générale avec de tels propos, que tu l’accuses de porter la responsabilité de tes erreurs, et cela n’est pas à faire car il pourrait t’en coûter.

Vu ta réaction à ses méthodes tu n’avais pas d’autres possibilités vu ton expérience actuelle, toutefois comprends-tu à présent comment tu aurais dû réagir ?
lui demandai-je sans la moindre colère. Il avait encore à apprendre et c’est ce à quoi je remédiais.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Ven 28 Juin - 7:39

Déjà, je me sentais bien avec Julien. Oh ! pas tout le temps. Disons que je lui faisais confiance. Entièrement. Etait-ce un tort ? je ne le pensais pas. Souvent, le vieux vampire avait prouvé sa bienveillance à mon égard, bienveillance toute vampirique, puisqu'elle n'allait pas jusqu'au pardon des erreurs, bien entendu. Je m'habituais peu à peu à cette nouvelle forme de pensée, froide, distante, tranchante, dénuée d'humanité, tout en me faisant la réflexion que certains humains étaient très vampires dans leurs manières et que certains vampires étaient très humains. Je savais devoir emprunter la voie montrée par Guillemaud et me promettais de le faire de mon mieux. Cela suffirait-il ? Je ne pouvais pas, non plus, tout réussir d'un coup et que tout soit parfait ! je n'avais rien d'un dieu ou même d'un roi. Donc, à ma place, tranquillement, à mon rythme -soutenu par le Maître vampire !-, je devais m'efforcer d'accepter ma nature nocturne (rouge) et m'y conformer. Comme tous les adultes, le Général avait dû oublié cette période pénible de sa vie, comme une adolescence, où l'on se sentait tour à tour très mal, très bien, enivré ou dégoûté... en le regardant, j'avais l'impression qu'il avait tout de suite accepté sa nature et s'en était fort bien accommodé.

*De toute manière, il est doué en tout, alors... ça ne m'étonnerai pas. *

Il gardait un silence qui aurait pu paraître inquiétant à tout autre qu'à moi, car je savais désormais, son penchant à observer avant d'agir et ne m'en étonnais pas davantage, guettant tout de même en ces gestes, tout indice pouvant me conduire à comprendre le cheminement de ses pensées, car nul doute que la conclusion, j'y aurais droit. Comme il n'avait pas répondu à mon interrogation sur ce que j'aurai pu faire d'autre, je poursuivais, ne doutant pas que c'était là ce qu'il désirait que je fis. Voici donc la liste des leçons à retenir cette nuit :

1 - ne pas faire confiance à une femelle ou à une femme,
2 - la laisser me conduire et me dire ce qu'elle attend de moi -et ainsi, ne pas faillir à l'étiquette (ou à la morale ?),
3 - le coup du rappel discret à la reine était excellent (!!!), et permettais de mettre le holà sans froisser personne (à utiliser en toutes circonstances !),

je devais répondre et le fis :


- Oui. J'ai compris.

Inutile de préciser que je retiendrai la leçon. *Foutu poignet qui me brûle !* je me demandais au passage combien de temps... ah oui ! Julien avait dit une bonne semaine. Ce qui me tira de cette réflexion fut celle du Général à propos de ma manière "maladroite" de répondre à la princesse en me dévalorisant un max. Je sus immédiatement qu'il avait raison : rejeter la faute de ma faiblesse sur Jana équivalait à un véritable suicide social. Je me mordis la lèvre, discrètement, mais sus immédiatement que j'aurai l'air d'un gamin pris en faute aux yeux de Julien. Je m'en voulu, mais trop tard, je relâchais immédiatement ma lèvre inférieure.

* Bref, non seulement j'assume mes péchés, mais en plus, celui des autres ?!!! * regard interrogateur vers Guillemaud et son visage dur, qui, pour l'instant, me faisait plutôt l'effet de celui d'un père expliquant les premières choses de la vie concernant les filles. Attentif, compréhensif et soucieux du devenir de son rejeton au point d'ajouter :


Vu ta réaction à ses méthodes tu n’avais pas d’autres possibilités vu ton expérience actuelle, toutefois comprends-tu à présent comment tu aurais dû réagir ?

J'osais le regarder dans les yeux pour voir si ce n'était pas une blague... une telle compréhension ?!!! venant de lui ?!!! ça cachait forcément quelque chose ? ou alors, il avait de la peine pour moi, de me voir me faire avoir comme ça... cela voulait dire aussi que, la prochaine fois, ce ne serait pas aussi cool et ma gorge se serra d'inquiétude. Ce que j'avais fait était grave. * Si grave que çà ?*, grave au point d'obtenir une certaine mansuétude de l'être le plus dur que je connaisse. Je bredouillais :

- J'ai gâché tes plans...

Mais qui équivalait, en fait à "je t'ai déçu..."

* Que j'aurai voulu que ce vampire soit mon Sire !!!! au lieu de cette folle furieuse rempli de haine... *

J'imaginais que ce devait être plus facile de s'y retrouver avec un Sire pour vous élever, même à la dure, surtout s'il était d'aplomb, que de grandir comme une herbe folle comme je l'avais fait, avant d'entrer dans un jardin (William) et finir par être cultivé par le jardinier (Julien)... Mais il n'était pas temps de s'appesentir sur le passé. Et le futur s'annonçait sacrément difficile pour moi. Je sus que Guillemaud prenait un sacré risque en me conservant à ses côtés, car je n'étais pas une valeur sûre. Mes actions, réactions, risquaient à tout instant de le faire tomber.


- Pourquoi prends-tu autant de risques avec moi ?...

pas sûr qu'il comprenne la question, qui n'avait rien à voir avec la conversation, mais je voulais savoir, et ne jamais le décevoir. Difficile de vivre comme ça...
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Ven 28 Juin - 18:25


Du fait de notre histoire commune, Leslie avait droit à un apprentissage poussé de ma part bien qu’ayant besoin de progresser à son rythme. Pour caricaturer son évolution il faisait trois pas en avant puis un en arrière. Si je le félicitais, à ma manière, pour ses progrès je ne manquais pas de le reprendre lorsqu’il commettait une erreur, non pas par plaisir sadique mais parce que je souhaitais le rendre compétent et digne de fréquenter les hautes sphères de notre espèce. Je ne savais toujours pas quels projets William avait pour lui et il était fort probable que si le prince déchu n’avait pas trahi je n’aurais approché Leslie, mais les choses avaient évoluées ainsi. Et à présent il n’était plus ce jeune vampire que je manipulais pour qu’il me mène aux dissidents via William, aujourd’hui il était mon bras droit et de ce fait devait bénéficier de mon expérience pour représenter et protéger mes intérêts comme il se doit et selon mes critères en matières de compétences et d’efficacité.

Tu n’as pas gâché mes plans Leslie, néanmoins il est vrai que ton erreur m’en a quelque peu compliqué certains pans. Mais je ne peux m’en prendre qu’à moi-même en définitive, tu commets les erreurs conséquentes des leçons que tu n’as pas encore assimilées. Aussi mon rôle est de te les réexpliquer, jusqu’à ce que qu’elles deviennent un réflexe pour toi. lui dis-je d’un ton neutre.

Au fur et à mesure de mes rencontres et de nos échanges depuis plusieurs années maintenant, j’avais compris qu’avec Leslie la meilleure méthode d’apprentissage n’était non pas d’user de la contrainte et de la force mais plutôt de le responsabiliser, de lui expliquer le pourquoi du comment. Sa manière d’être par le passé, et encore parfois maintenant, permettait de comprendre sans trop de mal que Leslie avait besoin d’un cadre structuré, lui assurant ainsi des repaires lui permettant de mieux comprendre sa place au sein de notre espèce et l’attitude à adopter. J’étais plus ou moins l’image paternelle dont il avait besoin, ou le mentor qu’il n’avait jamais eu. Loin de me déplaire, cette idée me plaisait - peut-être une question d’ego – et j’assumais ce rôle sans aucun souci.


Parce que j’ai de grands espoirs te concernant Leslie. lui répondis-je simplement avant de lui en dire davantage. Tu es mon bras droit, tu dois être en mesure de me représenter lorsque je ne peux être présent, que ce soit auprès des membres de la Garde ou même des autres espèces. Je veux que tu inspires le respect, voire la crainte, à n’importe quel vampire, et ce même à des vampires plus âgés que toi. Si cela peut être actuellement le cas parce que tu me représentes, je veux que cela le devienne aussi pour ce que tu auras prouvé à chacun que tu n’es pas un jeune vampire mais mon fidèle second, aussi loyale que moi, aussi intransigeant avec nos ennemis - qu’ils soient vampires ou non –, qui sait se contrôler en chaque instant et qui ne porte sa confiance à personne, amis comme ennemis, connus ou inconnus, de tout sexe et de toute espèce.

Je sais que cela peut représenter un gros programme conséquent mais je ne doute pas de ta motivation. Alors deviens ce vampire que je vois d’ors et déjà en toi et rends-moi fier de t’avoir choisi Leslie.
lui ordonnai-je d’un ton solennel sans être pompeux.
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Sam 29 Juin - 8:02

J'avais osé posé la question qui me taraudait depuis des années déjà, et cela ouvrit en moi la porte à des sentiments aussi contraires que le soulagement et l'anxiété. En effet, voulais-je vraiment savoir ce qui avait poussé un vampire aussi puissant à me prendre sous son aile ? Car si au début, ce n'était qu'une sorte d'alliance pour retrouver le prince, tout avait bien changé depuis, et nous avions passé plus de temps à mon éducation qu'à la véritable recherche de William. Mes paupières se fermèrent un instant à cette évocation, et quand mes yeux purent voir à nouveau, ce fut pour regarder la trace du bracelet. Chercher William... était-ce une erreur ? une folie ? je n'osais le demander à Julien. Peut-être plus tard. En attendant, j'espérais tant de sa réponse. Autant que je la craignais, en fait. Peur du rejet ? de l'abandon ? je les avais déjà connu, ces échecs cuisants : rejet de ma créatrice, abandon de mon protecteur.

* Que me réservera l'avenir avec Julien ? *

Un seul mot me vint à l'esprit, qui me fit frémir : "trahison". Il s'imposa avec tant de violence que j'en frémis physiquement. Il était évident que je ne supporterai pas la trahison, que j'en mourrais. Je le savais.

* La mort ultime... *

Elle me parut une bénédiction, tout à coup : si j'étais mort durant les Années Sanglantes, au-moins, ç'aurait été avec "l'appui" de Guillemaud. Mais... ce monde en paix ne me convenait pas : il était trop compliqué pour moi, qui aimait les choses simples, tranchées, manichéennes, quoi... L'image déformée de William s'imposa, la peau bleuie par l'eau, attaquée par l'argent, les traits déformés par la douleur, les yeux exorbités, ses doigts se défendant, cherchant le moyen de sortir de son horrible prison... mes paupières se rouvrirent, et rencontrèrent de nouveau la trace du bracelet d'argent imposé quelques minutes plus tôt. La douleur toujours aussi vive me parlait du tourment vécu en ce moment même par le prince et je souffris, oui, au sens propre, pour lui.

Heureusement, le Général choisit ce moment précis pour me parler, et commença par me rassurer sur ses plans, qu'il pouvait les adapter à mes gaffes -involontaires mais persistantes !-, pour ensuite préciser :


(...) tu commets les erreurs conséquentes des leçons que tu n’as pas encore assimilées. Aussi mon rôle est de te les réexpliquer, jusqu’à ce que qu’elles deviennent un réflexe pour toi.

Qu'il prenne sur lui mon incompétence me mortifia plus qu'elle ne me rassura, et je me fis la réflexion qu'à ce train là, je deviendrais complètement maso, attendant de souffrir autant qu'un prince qui n'avait eu que faire de moi et qu'il était temps d'abandonner à son sort, puisque la reine en avait décidé ainsi. Mais je ne pouvais m'y résoudre. J'aurai voulu porter ce bracelet, toujours, en soutien à ce que pouvait vivre William.

* Mais je suis complètement taré !!!! *

Je me secouais et décidais de reporter toute mon attention à Julien, qui lui, bien vivant et en pleine partie d'échec, avait besoin de soutien, et pas de boulet. Je murmurais :


- Un réflexe....

Cela me paraissait impossible. Faire un réflexe de quelque chose allant contre ma nature. Calculer, manipuler, jouer un rôle... tout cela me dépassais tellement ! d'un autre côté, cela ne m'empêchais pas d'être moi...

* Ah oui ?!!! quand ?!!! même dans l'intimité tu devras faire attention ! *

Aucune faiblesse, jamais, au risque de tout voir s'écrouler, comme dans les contes où les magiciennes bâtissaient des empires qu'il suffisait de réduire en cendre en brisant un miroir... un simple miroir... n'étais-je que le miroir de Julien, ou plutôt le contraire ? et s'il arrivait malheur à mon mentor ?

* S'il me trahissait ? *

J'avais peur et frémis de nouveau. Le vieux vampire pouvait mettre cela sous le coup de l'argent, mais c'était bien plus profond et je ne feignais rien. Il me connaissait et allait finir par me poser des questions si je continuais comme ça. Feindre devant les autres, oui, mais devant lui aussi ? je ne m'en sentais vraiment pas la force. Julien avait utilisé un ton si neutre... il cachait sa véritable pensée, sans doute agacé, dans le meilleur des cas, déçu ou furieux... Ce que je craignais le plus de lui était son indifférence à mon égard. Je n'existais plus que par lui. Jamais encore auparavant, personne ne m'avait éduqué ainsi dans le monde de la nuit. Je m'en voulais de mon comportement à La Pomme et me rendis compte qu'une partie jouée ne pouvait se rejouer. Chaque décision, la plus petite incartade, pouvait se révéler désastreuse. Quand il ajouta qu'il plaçait de grands espoirs en moi, je fus bien content d'être assis, parce que franchement, je n'en revenais pas !!! je n'étais plus qu'un simple bras droit ? mon regard trahit ma surprise, et je ne cherchais nullement à le cacher.

* Le représenter ? passe encore, je l'ai fait, et ça a été... mais inspirer le respect ? la CRAINTE ???? *

Il m'en demandait bien trop ! Médusé, je l'écoutais poursuivre, pour lui, tout était si naturel... je me demandais comment il me voyait en réalité, et me dis qu'il devait mieux voir que moi ? plus vieux, plus expérimenté, cherchant de solides appuis pour son ascension personnelle, prêt à récompenser pour cela... comment pouvais-je songer un instant qu'il se trompait sur mon compte ?

* Je me sous estime à ce point ?... *

Je secouais lentement la tête avant de bredouiller :


- Pour la loyauté et l'intransigeance envers nos ennemis, je te suis, mais inspirer la crainte et le respect ? (je souris, m'amusant de moi) non... je ne crois pas en être capable. Je suis trop occupé à ce qu'on ne me voit pas, qu'on ne me remarque pas, pour que cela arrive une nuit.

Silence gêné... quelques secondes, mais j'étais obligé de continuer :

- ... savoir me contrôler ? sur un champ de bataille, dans le feu de l'action, tout ce que tu veux, mais là... en période de paix ? au milieu de courtisans avides de pouvoirs, prêts à tout pour te nuire, pour nuire à nos dirigeants ? (je secouais encore la tête de droite à gauche, en la baissant, avant de la redresser en le regardant de nouveau dans les yeux) non. Je ne peux pas. C'est au-dessus de mes forces. (je me mordis la lèvre inférieure, à gauche. Je savais que je le décevrais en disant cela Very Happyc'est au-dessus de mes forces. Je ne sais pas dissimuler, pas longtemps, et manipuler les gens... je n'ai jamais essayé et... cela me déplaît profondément. Si tu veux, je peux mentir, mais pour toi, seulement pour toi.

Comme un idiot, je me déplaçais à la vitesse des vampires pour placer un genou à terre, juste à ses pieds et poursuivre :

- Ne me demande pas ce que je ne peux pas faire. Tu connais ma motivation, mon implication à tes côtés, mais pour manipuler, et tout ça (c'était des histoires de cour)... s'il te plaît... ne me choisis pas moi. Pas moi. Je vais tout faire capoter, et... je ne veux pas. Pas te décevoir, et moins encore te nuire.

Maintenant, j'avais peur de le perdre, je devais mettre autre chose dans la balance...

- Demande moi ce que tu veux : trouver un loup et te le livrer, un traître, un assassin, ce que tu veux. De conduire une guerre pour toi. De tuer. De mentir. Ce que tu veux.

Je n'étais pas celui qu'il croyait. J'aurai voulu avoir ce bracelet encore autour de mon poignet. Sa brûlure insupportable me tenait à la réalité... tout le temps que je l'avais porté... tout était si clair... d'où cela venait-il ?

hrpg : désolé, c'est un peu long, mais important pour la psycho de Leslie... merci !
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MessageSujet: Re: Toute erreur se paie [Livre II - Terminé]   Sam 29 Juin - 11:59


Comme à son habitude Leslie doutait de ses capacités, à mon sens conséquence directe du traitement de William à son égard. J’écoutais avec attention ses paroles lorsqu’il reprit la parole à ma suite, laissant transpirer de temps à autre le trouble qui l’habitait en certains moments de notre conversation. Ainsi donc la paix lui pesait et l’emplissait de vie, plutôt paradoxale. Il avait soif de combat et de sang et la politique lui était désagréable, mais je ne désespérais pas et savais me montrer patient.

La paix n’est pas nôtre Leslie, elle n’est qu’une illusion que veulent maintenir les humains, aucune paix ne peut exister tant que nos ennemis vivent. Si officiellement un traité de paix nous contraint à suivre les règles imposées par l’Humanité, pourquoi crois-tu que j’ai pour tâche de former la Garde et la tenir prête à combattre en chaque instant ? lui dis-je avant de lui laisser quelques secondes pour réfléchir à mes paroles.

Lorsqu’il mit un genou à terre dans sa tirade où il me faisait part de son engagement envers moi et de ce qu’il était prêt à faire pour moi, je l’écoutais en silence. J’étais satisfait qu’il me soit dévoué et su que j’avais fait le bon choix en voulant l’élever et le former.


Tu te sous-estime grandement Leslie, aussi laisse-moi t’ouvrir les yeux sur ce dont tu es capables. Que ce soit à travers nos combats menés physiquement au cours des Années Sanglantes ou par la politique, tout ceci n’est que l’expression de notre devoir Leslie. Combat et Manipulation sont deux armes qu’il te faudra maîtriser.

Si pour le moment tu ne penses qu’être bon au combat, soit ! Je te laisserai le temps de découvrir par toi-même que tu vaux bien plus que cela. Pour le moment je ne te demanderai pas de te confronter à la manipulation et à la politique, mais sache que tu y prendras goût sans même t’en rendre compte.
lui indiquai-je avant de faire une pause, le temps pour lui de me proposer ses services afin de me prouver sa loyauté.

Ce que je veux… Oublie la mission que je t’ai confié au sujet d’Oppenheimer, si tu ne te sens pas prêt nous allons prendre notre temps afin que tu découvres que tu es capable de bien des choses. La cible de ta prochaine mission, et ce jusqu’à nouvel ordre, c’est toi Leslie.

Nul doute que cela allait le surprendre voire même l’inquiéter le connaissant, mais bon j’appréciais ménager le suspense, lui laissant quelques instants supplémentaires d’ignorance quant à ce que j’allai lui annoncer.

Oublie la manipulation d’autrui, ta prochaine leçon consistera à te protéger de celle des autres. Apprend à résister aux belles paroles ou promesses de tes interlocuteurs, ne leur fais pas confiance, quelle que soit la personne en face de toi, vampire de tout rang, ou de toute autre espèce. Par exemple si un jour on te dit que moi ou l’un des miens est en danger, prend tes précautions au lieu de foncer tête baissée, préviens quelqu’un, renseigne-toi.

Apprend à penser chacun de tes gestes ou de tes paroles en amont afin de prévoir leurs conséquences. Tu ne dois pas te dévoiler aux autres, ce qu’ils ignoreront à ton sujet sera ta plus grande arme.

Ensuite, ne laisse pas ton corps ou tes sentiments te diriger ou s’exprimer pour toi. Contrôle-toi en chaque instant car c’est ainsi seulement que tu progresseras. Je suis conscient que cela peut te paraître contraignant, mais tu n’es pas n’importe qui Leslie, tu es mon second. Il ne s’agit pas là d’agir en quête de gloire, mais de devenir celui que je perçois déjà en toi. Notre seul but est de servir nos Maîtres, et pour cela nous ne devons jamais représenter un risque pour eux, en aucune façon.


Je n’aurais jamais pensé par le passé avoir cette attitude envers quiconque, encore moins avec Leslie. Mais les Années Sanglantes avaient changé bien des choses, notamment ma considération pour lui. Aujourd’hui je voyais en lui le bourgeon de la relève si un jour je succombais face à nos ennemis. Je voulais faire de lui quelqu’un sur qui mes Maîtres pourraient compter à partir de maintenant, les servant aussi loyalement et efficacement que j’estimais le faire.

Lorsque tu sauras te préserver de toute manipulation extérieure, alors nous passerons à l’étape suivante.
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