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Retour au bercail [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Sam 20 Avr - 20:52

Marcher tranquillement dans les rues de Glasgow... était une chose que je ne réalisais toujours pas vraiment. La rue piétonne que je suivais était assez large et bordée de vieux immeubles de trois-quatre étages, largement éclairée de lampadaires de fer forgé abritant des lanternes aux verres jaunes pour donner un air ancien à ce quartier... observant les fenêtres, dont la plupart révélaient leurs habitants allant et venant dans la lumière plus ou moins tamisée, ou celle bleue et hachée des écrans de télévision, je remarquais que les ornements du premier étage étaient triangulaires, alors que ceux du second étaient droits. Cela me fit sourire. La guerre était terminée ! Elle avait révélée l'existence des loups garous et cela m'avait terrifié, sans doute d'anciennes peurs enfantines. Combien de fois m'étais-je réveillé en plein jour, trempé de sueur -eh oui !-, cauchemardant qu'un de ces monstres à demi transformé me coursait ! Evidemment, je n'en avais parlé à personne, cela aurait paru ridicule. En tuer plusieurs m'aida beaucoup, une sorte de thérapie sans retour, puis je m'aperçus que parfois, ils étaient humains... autant que nous avant, et j'en avais laissé partir un ou deux. A présent le roi était mourant, paraît-il... c'était étrange de vivre chez les hommes. Plus de royaume immortel, plus de supériorité écrasante, terrifiante, ou faussement accessible. Non. Rien que la menace que les humains étaient capables de faire peser sur nous. Mes pas ne faisaient aucun bruit sur l'asphalte, et lorsque je croisais des mortels, ils le remarquaient : j'en avais rien à battre. J'étais là. C'était comme ça. Certains étaient provocants et me fixaient de manière insistante et désagréable : je n'y prêtais aucune attention. Ma soeur, Mary, était devenue médecin et se spécialisait en cardio : elle en bavait là-bas, à Paris, mais trouvait encore le temps de venir me rendre visite parfois à Glasgow. Je pris la rue sur ma gauche et cent mètres plus loin, montais chez mon patron.

C'était un immeuble cossu et agréable à vivre, qui servait aussi de siège à sa boîte, la Reds... Je me sentais mieux ici, loin des humains qui m'observaient sans cacher leur haine de ma race. Je subissais un racisme insoupçonné jusqu'alors, et comprenais beaucoup mieux ce que pouvaient vivre les "minorités". C'était pas plaisant. Autant dire qu'au moindre écart... c'était pour moi, enfin, pour les vampires. Dans l'ascenseur, je vérifiais mes fringues : chaussures de cuir noir bien cirées, jeans propres, tee shirt blanc portant une marque discrète et célèbre mon sein gauche, sweat à capuche bleu marine et un blouson en cuir noir. Je n'étais pas armé, bien entendu... inutile de me faire contrôler armé, hein... La cabine s'arrêta et je sortis dès que les portes s'entrouvrirent, me glissant dehors d'un mouvement d'épaule. Une fois devant la porte du général, je sonnais et attendis. Je me demandais ce que Julien avait à me dire...








Dernière édition par Leslie Ryan Anderson le Sam 11 Mai - 12:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Lun 22 Avr - 12:04


Voici un peu plus de sept années que Leslie me servait loyalement. Le jeune vampire, que j’avais impliqué dans mes plans lui conférant à l’époque un rôle de pion malléable que j’utilisais alors au gré de mes besoins, avais bien évolué depuis. Il était à présent mon fidèle second, mon bras droit. Il avait maintenant une part infime de ma confiance, suffisamment pour me représenter dans diverses occasions. S’il possède encore quelques défauts dus à la personnalité de celle qui fit de lui un nocturne rouge il y a dix ans, le fait qu’il m’ait suivi durant les Années Sanglantes l’ont fait murir et grandir et il est à présent un vampire plus compétent. Si je peux déteindre un peu sur lui pour qu’il continue à évoluer ce n’en sera que mieux.

Du fait de son entrée officielle à mon service son train de vie à changer désormais, par exemple à propos de son logement. Si auparavant il logeait dans une chambre misérable il occupait à présent un luxueux appartement à l’étage en dessous de celui de la Reds et donc dans le même édifice que mon logement. Ajouté à cela une paie conséquente ainsi que quelques privilèges que lui confère mon statut comme le fait d’être accueilli avec respect parmi la majeure partie des nôtres , j’estime avoir récompensé sa loyauté envers moi et m’attacher davantage encore le vampire.

Cette promiscuité de nos logements était des plus pratiques lorsque comme ce soir j’avais besoin de voir avec lui certains points quant aux nécessités de ma nouvelle fonction au sein de notre espèce. Car depuis qu’elle est à la tête des vampires, Krystel a totalement refondu l’ensemble de notre organisation. Si auparavant je gérais un vaste territoire en leur nom, elle et Augustus, à présent je n’ai plus ce rôle de gestionnaire. Mon travail consiste désormais à entrainer et organiser la garde royale, les vampires, à leur faire respecter les nouvelles lois des hommes nous concernant aussi contraignantes soient-elles. Si je partage ce rôle et mon statut de général de la Reine avec le nouveau prince grâce à son mariage avec Morgane Raybrandt, Léopold d’Aubusson, je conserve une tâche plus discrète, que je conserve d’avant les Années Sanglantes bien que je n’en ai pas reçu l’ordre, à savoir veiller dans l’ombre à ce que personne ne complote contre la Reine et son entourage proche. Si la dissidence est morte avec Belle Angeline Renard, il ne serait pas impossible que celle-ci réapparaisse un jour alors mieux vaut être prudent. Une nouvelle partie vient de démarrer sur l’échiquier, avec de nouveaux adversaires et donc de nouveaux plans auxquels je réfléchissais lorsque l’on sonna à l’entrée.

Un coup d’œil à ma montre m’indiqua que ce devait être mon fidèle second aussi quittai-je ma terrasse pour rejoindre le salon via ma baie vitrée puis prendre place dans un de mes fauteuils. Pendant ce temps mon majordome, Alfred, alla ouvrir la porte pour accueillir mon invité et l’amener à me rejoindre. Sur la table basse devant moi se trouvaient deux verres à whisky à côté de deux carafes de sang, l’une de mon groupe sanguin préféré et la seconde de celui qu’affectionnait Leslie. Si officiellement aucun vampire ne devait boire de sang humain, et je m’attelai à ce que cela soit le cas, nous les dirigeants de notre espèce passions outre malgré quelques précautions lorsque nous nous désaltérions directement à une gorge, consentante ou non. Je n’étais pas idiot au point de croire que Leslie se contentait de Tru-Blood, mais je considéré que son statut actuel au sein de notre organisation l’autorisait à bénéficier du privilège de pouvoir boire du sang humain à partir du moment où il était prudent et ne laissait aucune trace de ses repas. Quoi qu’il en soit il était de coutume que mes invités puissent toujours boire leur sang préféré en ma demeure. Bien entendu cela ne s’appliquait qu’aux hôtes de marque, aucun vampire lambda n’a accès à mon logement, à moins que cela fasse partie d’un de mes plans. Lorsque le jeune vampire vint dans le salon, je pris alors la parole.


Bonsoir Leslie, prend donc place. lui dis-je en guise de salut. Nul besoin de l’inviter à se servir à boire car il savait qu’il en avait le droit quand bon lui semblerait. Si j’étais à cheval sur le respect des statuts, ces sept années à mon service lui autorisaient certaines libertés avec l’étiquette, du moins en privé uniquement car en public il se devait de suivre l’usage à la lettre. Bien qu’il ait toujours un peu de mal à parler sans détour lors de nos tête à tête, je l’encourage à oublier les « Général » lorsque nous ne sommes que nous deux ou en présence de Shane. Toutefois lui seul bénéficie de ce traitement de faveur et uniquement dans certaines conditions.

Tu n’es pas sans savoir combien les nouvelles lois que la vermine nous impose sont contraignantes. D’autant que leur chien de garde Mc Borough, cet ancien de l’HCV, ne nous porte pas dans son cœur. Je voulais savoir si tu aurais la possibilité de renouer quelques contacts avec certains de tes collègues policiers afin de prendre la température au sein de la Brigade de la PES. Il serait bon pour nous d’avoir un élément infiltré là-bas. Y aurais-tu déjà un contact, et le cas échéant vois-tu quelqu’un susceptible de nous informer un peu de la situation dans cette structure ? lui demandai-je en me servant un verre de sang puis en en buvant une gorgé.

Décidément rien n’est plus savoureux que du sang humain, hormis le sang des métamorphes bien que je n’en ai pas mordu depuis un bon moment. Si je continuai à chasser la nuit, j’avais toujours chez moi un stock de poches de sang de divers groupes sanguins que j’achetais en sous-main auprès de plusieurs banques du sang humaines. Bien entendu je passai par différents intermédiaires sûrs dont j’étais certains que même en cas d’arrestation les autorités humaines ne pourraient jamais remonter jusqu’à moi.

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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Mer 24 Avr - 22:27

Il m'ouvrit et me salua de manière informelle...

- Bonsoir Julien...

C'était osé... J'avais encore un peu de mal à m'habituer à cette "proximité" autorisée par les Années Sanglantes, l'intimité de notre réunion, et... quelque chose que je ne savais pas nommer. Mais Guillemaud me faisait confiance, maintenant. Et moi aussi. Bien entendu, j'avais appris de lui de ne pas tout dire et de garder quelques secrets, pour ma sécurité, et pour la sienne. Ce genre de cloisonnement était nécessaire. Vital, même. Julien ne me disait pas tout, je le savais, et lui savait que je ne lui révélais pas tout. On vivait très bien ainsi et moi j'avais l'impression d'avoir fait un sacré chemin : pensait-il de même ? A son invitation, je m'assis en face de lui, souriant intérieurement à la vue de la carafe de sang qui fleurait bon le "frais" : quel bonheur de se trouver en "haut", avec son lot de passe-droit, de petits plaisirs interdits aux autres, qui donnaient plus de force, plus d'assurance. C'était ainsi que se faisait la hiérarchie et s'expliquait la différence de force entre "dirigeants" et "dirigés". Je savourais ce moment, après les inquiétudes de la rue. Ici, je ne risquais rien, mieux, j'étais "important".

*Enfin... utile, quoi...*

Car je demeurais lucide, sachant confusément que tant que je serais utile, tout irait bien pour moi, mais qu'à la moindre faille, faiblesse ou autre... ça tournerait au vinaigre. Je me tenais droit, par respect pour mon hôte et pour ma fonction : il était important d'être présentable, même dans la plus stricte intimité. Peu à peu, j'apprenais les limites à ne pas dépasser et aussi celles, si ténues qu'on pouvait facilement passer à côté, qui faisaient qu'on vous appréciait... ou non.

*"La vermines"... ouais...*

Avec ce que je venais de traverser, j'étais vraiment d'accord : ces si fragiles humains nous menaient la vie dure, alors qu'ils ne nous arrivaient pas à la cheville, envahissant nos territoires, abattant nos lois, nos souverains, nous obligeant à la servilité : j'enrageais et mon regard vira au noir. Quant à "l'amour" que l'HCV et ses héritiers nous portait... il ne faisait aucun doute ! du moins étaient-ils tenus en laisse par les gouvernements humains. Voyant le bon côté des choses, et la faiblesse de ces mortels d'empêcher notre massacre, au risque d'une reprise du poil de la bête qui leur serait fatale...

Je pensais à ma famille, ma mère et mes soeurs... bien sûr que je n'aimerai pas qu'on les étreigne ou qu'on s'en serve de canette... Mais combien de vampires comme moi ? la plupart n'avait plus de famille proche depuis des siècles ! pourquoi s'encombreraient-ils de protection humaine ? d'autant qu'ils ne voyaient la clémence que comme un révélateur flagrant de faiblesse, donc... qui devait obligatoirement conduire à la mort. ou à l'esclavage. J'ouvris grands les yeux et les oreilles, le verre remplit au tiers, entre la table et moi, stoppant mon mouvement :

- Mes collègues n'ont pas apprécié ma transformation... et vue la tournure des événements -les vampires sous contrôle humain-, je crains qu'en me voyant arriver, ils ne me demandent de curer les chiottes... sauf vot' respect, bien sûr.

Car la peur menait à cela... à l'exagération dans les réactions et le traitement de ceux qui auraient pu prendre le contrôle de la planète à ses "habitants officiels" : les terriens. J'observais la réaction produite sur Julien, qui, à n'en pas douter, fulminerait.. mais ensuite ? Je bus deux gorgées de sang : parfaitement à point, délicieusement parfumé... un pur délice.

*Merci Julien...*

Tout à coup, je fus bien content d'habiter quelques étages en dessous : la seule perspective d'avoir à ressortir du bâtiment, croiser ceux qui voulaient ma mort, ou à défaut, mon humiliation... mais non... j'aurai juste à me coucher dans mon recoin, tranquille... Quant à infiltrer quelqu'un... je cherchais, mais en vain...
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Jeu 25 Avr - 16:39


Ce fut non sans un certain désappointement que j’accueilli la réponse logique de Leslie. Malgré ces sept années à mes côtés et ses nombreux progrès, il lui restait encore des choses à apprendre que sa maîtrise encore fragile de ses émotions lui rendait actuellement encore difficile. Si pour ma part je ne me considérais pas trop mauvais dans l’art de porter un masque, ce n’était pas encore le cas de mon bras droit. Mais loin de le lui reprocher, je souhaitais ajouter une nouvelle corde à son arc et continuer à le faire progresser. Je ne sais pas pourquoi William n’a jamais pris le temps de faire l’apprentissage du jeune vampire qu’était alors l’ancien commissaire mais moi je ne ferai pas la même erreur. Leslie avait certains travers en passe de disparaître un jour et il valait la peine de lui transmettre certaines compétences.

Oublie les formules de politesse Leslie lorsque nous ne sommes que tous les deux. lui dis-je évoquant là l’expression qu’il avait employée en fin de phrase. Tu es mon second désormais et de ce fait tu as le privilège de t’abstenir de ce genre de chose dans l’intimité, sans oublier pour autant un certain respect bien entendu. Détends-toi un peu Leslie, l’étiquette n’a pas lieu d’être en ce moment.

Voici une des nouveautés due à son nouveau rang à laquelle il avait semble-t-il du mal à se faire. J’avais souvent insisté sur le respect de l’étiquette les premières années où je l’avais pris à mon service et c’est encore le cas, néanmoins je souhaite qu’il comprenne et apprécie le fait de pouvoir me parler franchement et sans détour lorsque nous sommes tous les deux, ou avec Shane du moins sous certaines conditions cependant lorsque cette dernière est présente. Il y a tout de même certaines choses concernant notre travail, moi en tant que Général de la Garde Royale et lui en tant que mon second, dont elle n’a pas à prendre connaissance.

Au sujet de tes anciens collègues humains ce n’est pas bien grave, cela nous aurait fait gagner du temps. Cependant parfois il vaut mieux prendre son temps, d’autant que cela participera à ta progression Leslie. dis-je pour passer à une autre phase de son apprentissage. Réfléchie quelques instants à tous les humains que tu as rencontré depuis ta transformation, trie ceux que tu pourrais recontacter ou rencontrer « par hasard » aujourd’hui sans que cela ne paraisse trop suspect et vois ceux qui ont un lien, de près ou de loin, avec la PES. Tu aurais un ou deux noms ? lui demandai-je avant de me taire afin de lui laisser le temps de réfléchir, buvant une nouvelle gorgée de sang en patientant.

En attendant sa réponse je fis l’exercice pour moi-même et eu rapidement plusieurs noms de personnes qui pouvaient être liées à la PES. En premier lieu il y avait Sasha Oppenheimer , l’agent de Scotland Yard avec qui j’avais collaboré pendant et après le concert de l’Arena. Il y avait aussi Tanwen Manawyddan, un autre agent de Scotland Yard que j’avais rencontré, cette fois-ci bien plus tôt encore à l’époque où je n’étais que co-shérif d’Edimbourg. Je fis un rapide tour des autres humains que j’avais croisé avant les Années Sanglantes et m’interrogeai sur Makayla Brown. Avait-elle, comme son amie l’hystérique Alaina, rejoint l’HCV et participé au conflit de ces sept dernières années ? Et de ce fait avait-elle aujourd’hui rejoint la PES ? Aucune idée. Quoi qu’il en soit je savais d’ors et déjà vers qui envoyer Leslie s’il ne trouvait pas de nom.


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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Ven 26 Avr - 20:49

J'ignorais encore ce qui m'avait poussé à tant de familiarité avec celui qui restait mon boss... et mon bienfaiteur. Prendre ainsi mes aises me laissait une impression de malaise persistante. Guillemaud était un vampire surpuissant et se permettre cela relevait de la folie. A son contact, j'avais appris combien il pouvait être facile pour ces "vieux" de manipuler à leur guise, y compris des immortels de leur pointure, pour les faire agir selon leurs voeux, ou pire, les faire chuter -pour le plaisir, ou à leur place-. D'un autre côté, je ne risquais pas la trahison de la part de Julien, aux côtés duquel je m'étais si loyalement battu durant les Années Sanglantes...

*Mais quand même... chacun à sa place, c'est mieux.*

J'avais accepté les augmentations, les bonus, les charges de travail... tout. Et là, sirotant le vrai sang servi dans des verres en cristal, j'en goûtais la récompense. La cerise sur le gâteau d'une conversation intime dont la teneur aurait déplu aux humains, aux lupins, et même aux vampires, vu la tournure... Je demeurais serein, parfaitement en sécurité près de l'ancien shérif. Ma petite plaisanterie sur les chiottes n'avait pas vexé le vieux, mais ne l'avait pas fait réagir non plus... et je me demandais ce qu'il pensait à cet instant précis. Me détendre vraiment, je n'y parvenais pas. Sans doute les tensions de ce début de nuit, avec ces humains hautains qui avaient tous les droits sur moi, et dont j'avais dû traverser les foules amassées sur les trottoirs à la sortie du travail. Ils allaient et venaient librement, en maître. Et moi, avec ma toute nouvelle puissance, je devais m'écraser si je ne voulais pas faire un tour au soleil. La moindre dénonciation, et c'était la grillade assurée. Ca me stressait, meme si je ne l'avouais pas. Alors, me détendre... et puis, qui, en face de Guillemaud et de sa toute puissance se sentirait à l'aise et destressé ?

*Un décérébré !*

Et j'en n'étais pas un. Le sang coula dans ma gorge, délicieux, parfait. Je le sirotais à petites goulées lentes, appréciant l'instant. Quant à l'étiquette, sa simple évocation suffisait à me flanquer des plaques d'urticaire géant. Je détestais ça, parce que je ne la maîtrisais absolument pas. Un peu comme les maths... certain de me prendre les pieds dans le tapis au moindre de mes pas. Evidemment, ici, devant Julien, dans l'intimité de son appartement, elle n'avait pas lieu d'être, mais confusément, je sentais le besoin de la respecter un minimum... instinct de survie, sans doute.

Ce qui m'empêchait de me détendre, c'était aussi l'habitude de la guerre. Sept ans ne s'oubliait pas aisément. Sept ans de combats, de ruses, d'embuscades, de traques, de bivouacs... Là, la sérénité du lieu, sa sécurité... devenait déstabilisant. Quant aux humains que j'aurai pu recontacter...

* Hannah, c'était hors de question, cette peste avait failli avoir ma peau et m'avait définitivement dévalorisé aux yeux de William.*

Les autres humains ? bof... ils ne m'avaient pas laissé de souvenirs impérissables. Je plongeais le nez et les yeux dans mon verre, comme pour réfléchir, me souvenir, mais en fait, je n'avais nullement envie de me souvenir du passé. Des contacts humains ? pour quoi faire ? et en quoi ça allait me faire progresser ? les rides du lion plissèrent mon front juste entre les deux yeux, tant la réflexion se faisait pressante :

*Qu'attendait Julien de moi ? et pourquoi ?*

Il avait toutes les ressources, pourquoi avait-il brusquement besoin des miennes ? à moins qu'il ne connaisse ma grande solitude et ne cherche à me faire sortir de ma coquille... je ne savais plus que tuer, depuis sept ans.

*Et j'aime ça. au point que ça me manque maintenant...*

Je devais absolument lui donner un ou deux noms !!! alors je me torturais les méninges... des humains, de surcroît... ayant des liens avec cette maudite PES qui nous collait aux basques... aucune chance ! Y avait bien Alexei, qu'on avait perdu de vue au début de la guerre... mais il était à la solde de Julien. Donc, non, pas lui... et puis... où le trouver ? quoique... ce serait intéressant de lui remettre la main au collet et de le traîner devant Guillemaud. Un sourire mauvais mu brièvement mes lèvres qui s'allongèrent de nouveau vers le sang tentateur. J'avais bien aimé un voleur, Camille... mais bof... non... la PES était pas son truc, sûrement pas.

-
Y a peut-être Cora... la copine d'Hannah... mais... je pense pas qu'elle pourrait nous être utile. Franchement, je ne la vois pas avoir des liens avec la PES... Ou alors, Sasha... mais là, je pense que vous aviez déjà pensé à la contacter...

Après tout... il avait bossé avec elle, le jour... enfin... ou tout avait commencé. Le début de la catastrophe, de la fuite, de la guerre...

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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Sam 27 Avr - 13:09


Je notai les deux noms qu’il me donna et affichai un léger sourire satisfait d’au moins l’un d’eux. S’il n’était pas question d’approcher Cora du fait de son statut de Pomme de sang de Krystel, il en était tout autrement concernant Sasha Oppenheimer. Cette dernière était venu quelques temps après la fin des Années Sanglantes afin de m’interroger à propos de quelques rumeurs concernant plusieurs meurtres. Elle espérait que mes agents de la Reds auraient forcément entendu deux-trois trucs du fait du lien obscur qu’a parfois le monde des agents de sécurité avec certaines couches sombres de la société. Quoi qu’il en soit elle allait être un excellent exercice pour Leslie.

Cora est hors de notre portée Leslie, il serait très imprudent de l’approcher sans l’autorisation de la Reine, n’oublie pas qu’elle est sa Pomme de sang. Par contre il en est tout autrement à propos de l’agent Oppenheimer. Elle est venue à mon bureau de la Reds il y a quelques temps afin de collecter quelques informations pour une de ses enquêtes donc nous avons déjà un contact. Si elle ne fait pas partie de la PES, elle travaille toujours pour les autorités donc elle doit être au courant tout de même de ce qu’il s’y passe. Cependant si de mon côté je pourrai me charger de me servir d’elle, je souhaite te déléguer cette tâche Leslie.

Après toutes ces années tu sais que je ne fais rien sans raison, par simple philanthropie mais tu sais aussi que je récompense ceux qui me sont loyaux et me servent efficacement. Si je désire te charger de cette mission c’est dans le but de parfaire ton apprentissage que tu as entamé à mon service depuis plus de sept ans à présent. Est-ce que cela t’intéresse Leslie ?
lui demandai-je avant de finir mon verre de sang puis de me resservir, lui laissant un répit de quelques instants afin de me répondre.

Avec les Années Sanglantes et ses nombreux combats, tu es désormais un combattant des plus compétents. Mais la force brute ne fait pas tout aussi cette mission aura pour intérêt de t’apporter les bases de l’art subtil de la manipulation qu’il est important de maîtriser. Autant pour éviter des combats inutiles que pour te procurer plus facilement certaines choses ou informations ou encore améliorer ton image face à quiconque, vampires, humains ou autres. T’en sens-tu capable Leslie ?

N’hésite pas à me faire part de tes craintes ou de tes doutes quant à cette mission car il faut que tu y sois bien préparé. Pour cela il va te falloir parfaire le contrôle de tes émotions, de ton corps même lors d’une discussion, qu’elle te soit agréable ou non. Il faut que tu sois capable de prendre sur toi, de ne rien laisser paraître lorsqu’un imprévu viendra. Tu dois t’entrainer à porter un masque inébranlable, avoir constamment à l’esprit qui tu as en face de toi et quelle image tu te dois de lui offrir. Il faut que tu façonne ce masque avec soin, le seul que les humains doivent connaitre. Avec le temps tu seras capable même d’en façonner un pour les vampires, passant de l’un à l’autre avec aisance mais tu n’en n’es pas encore là. Cela viendra avec les décennies.


Je fis une nouvelle pause afin de le laisser digérer tous ces données que je lui offrais. J’étais prêt à lui transmettre ce savoir que j’avais développé et perfectionné tout au long de ces deux-cent cinquante dernières années. Encore fallait-il qu’il soit prêt de son côté à le recevoir.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Dim 28 Avr - 18:32

Autant dire que ça lui faisait un sacré boulet au pied... si je n'avais pas été là, cette fille n'aurait pas pu protéger Shane... et que ce serait-il passé pour Julien ? Là, il me devait une fière chandelle. Après tout, on pouvait très bien penser que cette représentante d'un gouvernement humain avait sciemment laissé la Pomme du Maître vampire dans la mouise, certaine que Shane ne s'en sortira pas. Ce qui passerait pour un accident, une fatalité, mais ne pourrait être remis sur le dos de cette nana pourtant surentrainée... Mon front se détendit enfin, car là, j'en avais fini avec l'essorage de mon cerveau, incapable d'aller plus loin dans les montages d'intrigues. Cà, c'était le domaine de Julien, et je le lui laissais bien : qu'il se débrouille avec Oppenheimer... Je fus bien content qu'il reprenne la parole, d'ailleurs.

*Oui... évidemment, la pomme de la Reine, c'était osé... *

Mais franchement, cette possibilité ne m'effrayait pas. Vraiment pas. Par contre, la suite me glaça le sang. Sasha était toujours vivante, elle était même passé par la Reds (fallait oser !) pour demander des infos (en plus !!!)

*Dans la gêne, y a pas d'plaisir...*

Seulement, voilà... la suite ne me convint pas du tout !

Cependant si de mon côté je pourrai me charger de me servir d’elle, je souhaite te déléguer cette tâche Leslie.

Je redressais un peu trop vivement la tête et plantait un regard fortement interrogateur (ou interloqué ?) dans celui du Général, du genre "Quoi ? moi ?!!" et pourquoi moi ? je l'adoucis dès que je pus, me donnant un air réfléchit et réceptif à la suite... De toute manière, je sentais que je n'aurais pas le choix...

(...)tu sais que je ne fais rien sans raison,

*Quel doux euphémisme...* Mais je savais que ce n'était pas une simple constatation et moins encore une confession.

(...)aussi que je récompense ceux qui me sont loyaux et me servent efficacement(...)

*Ouais... et on n'entend jamais plus parler des autres...*

Je ne tenais pas à augmenter leur nombre, et, curieusement, pas monter trop vite non plus... appelez ça de la prudence si vous voulez... ou de l'excès de clairvoyance.

(...)parfaire ton apprentissage (...)

*C'est si bien amené...*

Je le savais manipulateur, je l'avais vu agir avec les autres, sans jamais me rendre compte de quand il agissait ainsi avec moi. A moins que je refusais, en fait, de l'admettre, et me laissait librement guider (?).

Est-ce que cela t’intéresse Leslie ?

*Non ! pas du tout ! j'en veux pas, de cette mission !!!* me hurlait ma conscience, mais je m'entendis répondre calmement, posément :

-
Si tu me le proposes, c'est que je peux. Alors, c'est bon pour moi.

Après tout, le bon côté était que je pourrai apprendre... non ?

*Ouaip' ! ou te griller définitivement.* Cà semblait bien plus réaliste...

En tout cas, je le vis se servir un nouveau verre de sang : il se donnait contenance... pas si sûr que ça que j'accepte... et malgré ma réponse affirmative, il doutait encore de quelque chose. Mais de quoi ? Etait-ce seulement pour me mettre à l'aise, ce cadre privé ? non. Il agissait toujours ainsi avec moi. Mais je savais qu'on n'était pas "copains" et qu'on ne le serait jamais. C'était un lien, une relation, bien particulier. Très fort. Indestructible en apparence. Mais la réalité se révélait bien plus terre à terre : il avait besoin de moi, et moi, de lui. Là, il en était à remettre une couche sur ma valeur au combat et tout et tout... le coup de la conscience de ma valeur, pour me grandir à ses yeux.

*Dois-je le croire ? ou me défier ? Souhaitait-il mon évolution ?... ou ma chute ?*

Parce que l'air de rien, je le connaissais bien, le gaillard, je l'avais déjà vu tirer les ficelles dans l'ombre et obtenir tout ce qu'il voulait sans avoir l'air de rien. Il parlait et moi, je cachais mes pensées derrière les goulées de sang qui me baignaient si agréablement la gorge... tout à coup, j'eus la terrible sensation de jouer "serrer". Jouer avec Julien ? je ne l'avais jamais fait. Mais là, on changeait de registre et je me sentais extrêmement mal à l'aise. Lui poursuivait sur sa lancée, soucieux, semblait-il, que son "poulain" ne se casse pas lamentablement le nez sur sa première "mission diplomatique".

T’en sens-tu capable Leslie ?

*NON !!! *

-
Pas trop, non...

murmurais-je, prudent, le nez dans mon verre, visiblement mal à l'aise à l'idée de jouer à ce jeu là. C'était pas mon truc. Mais je savais que je devais évoluer. C'était nécessaire. Pas dévolution = pas d'utilité = rencard.

*"Y être bien préparé..." : il a de ces sorties ! c'est si évident pour lui...*

D'ailleurs, pourquoi prenait-il le risque de gâcher une carte maîtresse avec moi alors qu'il en avait tant besoin ? J'inclinais lentement la tête vers la droite :

-
Comment maîtriser mes émotions ? ça ne se gère pas, les émotions. Cà s'exprime. Je sais discerner les indices les plus ténus, les faire parler et m'en servir. Je sais interroger un suspect, l'amener à dire le fond de ce qu'il pense, mais jamais je ne l'ai influencé pour qu'il se désigne coupable alors qu'il risquait de ne pas l'être.

J'aurai bien aimé pouvoir respirer, là, pousser un profond soupir, mais au lieu de cela, je posais mon verre vide près de ma carafe de sang, dont la couleur m'attirait de manière hypnotique. Pourtant, je savais que je devais faire durer le plaisir...

-
Quelque part, je sais que vous me demandez de m'adapter à l'autre, de manière à le manipuler. Mais comment faire ?

Je tournais le verre sans bruit sur son dessous de verre, le saisissant légèrement par le sommet de quatre de mes doigts, comme pour observer la lumière à travers lui...

-
Et quel visage je dois offrir aux humains ? surtout maintenant qu'ils ont repris le contrôle ? Ce n'est pas le moment de se les mettre à dos. Et ce visage sera-t-il donc toujours le même au fil des ans ?

C'était déprimant... ça voulait dire "plus d'évolution", "plus de sautes d'humeur", plus rien... et ressembler à Janus ne me disait rien : un visage pour les vampires, un autre pour les humains, et pourquoi pas un troisième pour les garous ? hein ? bon, eux me connaissaient, pas de problème. J'étais une terreur, le vampire à abattre... le bourreau de leur peuple...



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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Lun 29 Avr - 18:13


Tandis que je lui énonçais ma manière de voir les choses et ce que je pensais de lui, j’écoutai ses réponses en observant ses attitudes ou encore ses réactions. A force de me côtoyer après toutes ces années, il était conscient de mes méthodes autant que de ma personnalité et cela pouvait éventuellement le refroidir quant à certaines de mes propositions à son égard. Tant mieux à vrai dire car cela faisait qu’il n’oubliait jamais ce qu’il risquait en cas de manquement à sa loyauté envers moi et encore quelle était ma conception de l’échec et de ses conséquences. J’espérais juste que cela ne le fasse pas non plus basculer dans la paranoïa et qu’il se mette lui-même des bâtons dans les roues par crainte. Je notai son assentiment concernant cette mission inédite que je lui confiais et dans le même temps il me fit part du fait qu’il ne se sentait pas capable de mener à bien cette tâche. Et voilà Leslie dans toute sa splendeur, manquant de confiance en lui. Ses paroles me firent néanmoins sourire, satisfait qu’il arrive à être franc avec moi et à me faire part de ses doutes malgré sa crainte de mes réactions.

Ne sois pas gêné de ta franchise Leslie, je préfère que tu me fasses part de tes craintes et que nous y travaillions plutôt que tu affiches une assurance trompeuse et que tu te plantes. dis-je, lui laissant quelques instants pour assimiler mes mots avant de poursuivre, notant au passage le signe chez lui d’un certain mal-être face à moi à savoir sa tête penchée à droite en me parlant.

Tu te méprends sur ce que je la mission que je te propose avec l’agent Oppenheimer Leslie. Tu n’en es pas encore à ce stade dans l’art de manipuler autrui. Je ne te demande pas de l’influencer, mais simplement de lui présenter un Leslie respectueux des lois humaines bien qu’admettant qu’elles sont contraignantes. Le même Leslie qui a dû se battre pendant les Années Sanglantes mais qui n’en aura retiré aucun plaisir, sinon la satisfaction d’avoir défendu les siens. Comprends-tu la nuance ? lui demandai-je, lui laissant encore une fois un répit avant de poursuivre mes paroles.

Ne gère pas tes émotions, apprends à gérer l’expression de celles-ci. Porter un masque ne signifie pas renvoyer l’image de quelqu’un de parfait sans remous ni défaut. Au contraire, ce seront les imperfections de ton image qui en accroitront la crédibilité. Tu ne dois pas te faire aimer de ta cible mais simplement tolérer voire apprécier. Je ne te demande pas de la mettre dans ton lit, je t’apprendrai cela plus tard, lorsque tu seras prêt.

Je me tus le temps de boire du sang, afin de le laisser digérer encore une fois et moi d’écouter ses questions. J’avais appris et perfectionné mon art de la manipulation en autodidacte, en observant mon créateur qui lors de mes premières années de non-mort évoluait encore à la cour d’Augustus. S’il a disparu depuis, son héritage demeure en moi, dépassé et amélioré avec mes propres méthodes et c’est les mêmes bases qu’il m’a transmis à l’époque que je veux à présent donner à Leslie.

Lorsque tu t’entretiens avec un humain, évite de prendre position, laisse ta cible afficher les siennes pour déduire celles qu’il souhaiterait voir chez toi. Il vaut mieux écouter et placer quelques mots que l’inverse. Ceci te permettra d’affiner l’image de ton masque au gré du temps et des besoins.

Je ne te demande pas d’aller à la rencontre de l’agent Oppenheimer dès demain Leslie. Prends le temps de modeler ton masque sur d’autres cibles de moindre envergure auparavant et tiens-moi au courant de l’évolution de celui-ci. Lorsque tu te sentiras prêt nous ferons un point et tu pourras alors te lancer vers ta cible finale.

Il n’est pas question que tu échoues alors soit prudent Leslie, car un échec serait des plus désastreux du fait de l’importance de ce contact. Je sais que ça ne fait qu’augmenter la pression qui pèse sur toi, mais à ne jamais se mesurer à la difficulté, on stagne et on reste en arrière tandis que l’Histoire suit son cours.
dis-je encore avant de lui laisser la parole à nouveau.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Lun 29 Avr - 21:54

Tout le temps où je parlais, je sentis Julien m'analyser... et je tentais d'en faire abstraction. Difficile de faire bonne figure quand on était sur la sellette... Bien entendu, il m'encouragea à parler sans gêne ni retenue, ce dont je lui suis gré, bien qu'en fait, je savais que c'était une simple tactique de sa part.

*A moins qu'il ne soit mon ami, désormais ?*

Je me moquais gentiment de moi. Jamais Julien ne ferait rien par simple... bref, il créditais ma manière de faire avec lui. Puis, le Général présenta la mission sous un jour plus anodin, ne pas influencer, mais juste me montrer sous le jour d'un "gentil" vampire, très soucieux de demeurer dans les (nouveaux) clous, limite brisé par la guerre et bien content de me retrouver au calme, en temps de paix, un bon retraité, quoi...

*Qui pourrait croire un truc pareil ???!!! et surtout Oppenheimer ?!!!*

Ne gère pas tes émotions, apprends à gérer l’expression de celles-ci.

C'était si subtile... parviendrais-je jamais à faire la différence ? j'étais réfléchi, certes, quand il s'agissait de coffrer un assassin, un violeur, ou de chasser le loup garou. Mais "gérer l'expression de mes émotions" pour présenter le visage attendu par mon interlocuteur ?!!! me semblait parfaitement hors de mes cordes.

*Ouf ! les défauts sont tolérés... ils faisaient plus vrai.*

Je m'empêchais de dévisager Julien, pour voir s'il faisait cela avec moi en ce moment : me présenter un visage avenant alors qu'il se jouait de moi ? ou alors... voulait-il vraiment m'élever pour pouvoir s'appuyer sur un subalterne qui ne soit pas qu'un simple gros bras ?

Tu ne dois pas te faire aimer de ta cible mais simplement tolérer voire apprécier.

*Toujours très près de la vérité, mais juste à côté... pour sembler plus naturel...*

Le problème avec la méthode de Julien était que, désormais, je le regardais d'une tout autre manière... me demandant toujours quand il jouait et s'il jouait toujours avec moi, et s'il avait jamais agit tout simplement naturellement avec moi. Qui étais-je pour lui ? un pion ? C'était terrible comme sensation... quand à séduire... j'étais assez grand pour ça !!! et n'avais pas besoin d'attendre son "enseignement supérieur" !!! Une sorte de colère sourde mêlée de rancoeur commençait à me ravager de l'intérieur.

*Il me prend vraiment pour un idiot ?!!!*

L'amertume... est un sentiment dévastateur. Le manque de reconnaissance, après tant d'efforts... Je n'avais plus envie que d'une chose : ficher le camp de chez le général, rentrer chez moi, et me planquer dans mon cercueil. Le fermer et que personne ne me dérange !!! Je ne pleurerais pas, non... seulement ne plus voir personne.

... évite de prendre position, laisse ta cible
afficher les siennes pour déduire celles qu’il souhaiterait voir chez
toi. Il vaut mieux écouter et placer quelques mots que l’inverse. Ceci
te permettra d’affiner l’image de ton masque au gré du temps et des
besoins.


J'avais raté une partie du discours et pris brutalement conscience qu'en fait, Julien ne faisait que répondre aux questions qui me présentaient comme un être stupide et sans discernement. Ce que, quelque part, en tout cas dans le domaine de la manipulation, j'étais. Je me mordis l'intérieur de la joue gauche, furieux contre moi ! Ce que je voyais de lui actuellement n'était que mon reflet... c'était moi. pfuhhhh. Je devais m'entraîner... normal. Je me sentais si vide tout à coup, bien plus libre.

-
Oui...

Ceci dit, l'échec était interdit ! c'était stressant... mais sur qui m'entraîner ?

à ne jamais se mesurer à la difficulté, on stagne et on reste en arrière tandis que l’Histoire suit son cours

Ce n'était rien d'autre qu'une grosse incitation à l'évolution... sans aucun masque. Je devais changer pour m'adapter à un nouveau monde, celui de la "paix", qui en fait, se révélerait une guerre larvée et cachée, contre les humains pour renverser les rôles... à mon avis, une simple égalité suffisait, mais bon, Julien ne serait pas de mon côté. Je cherchais déjà une cible facile pour m'entraîner... ne connaissant personne, il me faudrait... trouver une personne "faible", facile à convaincre... auprès de laquelle je trouverais une oreille attentive, voire un allié, bon... d'accord ! quelqu'un de sympa... ou au-moins de... d'acceptable... de fréquentable... à qui on laisserait une petite chance de... bref...

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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Mer 1 Mai - 3:19


Leslie s’était contenté de m’écouter ne prononçant qu’un maigre oui en réponse à mon discours. Si d’habitude j’appréciais que mes subordonnées ne l’ouvrent pas trop, ce soir ce n’était pas ce que j’attendais de mon bras droit, du moins seulement s’il était certain d’avoir compris l’ensemble de sa mission et toutes ses subtilités. Une question vint soudain tarauder mon esprit : à présent que je me dévoilais un peu face à lui, comment percevait-il mes actions désormais ? Se demandait-il maintenant quelle était mon véritable objectif à chacune de mes paroles ? Je devais éclaircir ce point avec lui, du moins en partie.

Ce que je te dévoile ce soir, tu es le premier à l’entendre de ma bouche aussi garde cela pour toi Leslie s’il te plait. Ce que je t’ai dit ce soir ne doit pas non plus te faire basculer dans la paranoïa, du moins pas une qui ne soit raisonnée. Pose-toi toujours la question de savoir quelles intentions peuvent cacher les paroles de ton interlocuteur, mais ne crois pas qu’il y en a toujours derrière des mots. La nuance est peut-être peu évidente pour le moment mais avec le temps tu apprendras. dis-je avant de faire une brève pause.

Malgré mes conseils, malgré l’expérience ensuite, viendra une occasion où la personne en face de toi sera plus forte que toi, plus habile ou encore plus puissante. Et ceci fera que tu douteras de ton masque, ou que tu sentiras que ton interlocuteur peut voir derrière celui-ci. Cela peut arriver à tout le monde, même à moi. Le tout est d’essayer de limiter les informations que l’on transmet alors à l’autre, car moins tu en dis, moins l’autre aura de données pour m’être à mal ton masque. Tout ceci peut te paraître flou pour le moment, mais avec de l’entrainement je sais que tu y parviendras. Cependant je t’offrirai un autre conseil.

Défais-toi de ton humanité, laisse là de côté et deviens pleinement un nocturne.


Je décidai de faire une nouvelle pause et de changer de sujet, au moins pour quelques instants afin qu’il ne se sente pas submergé par mon flot de paroles. J’étais simplement soucieux qu’il comprenne ce que je tenais à lui transmettre mais était conscient qu’il avait besoin de temps. Aussi décidai-je de parler avec des Années Sanglantes et de leurs conséquences possibles sur lui.

Nous n’avons pas encore eu l’occasion de parler des Années Sanglantes toi et moi Leslie. J’entends par là que j’ignore l’impact que cette guerre a eu sur toi sinon les quelques bribes que je perçois de temps à autre, combattre les lycans n’est pas anodin. Comment as-tu vécu ceci, la mort de ceux que tu as tué de tes mains te pèse-t-elle sur la conscience ? Ou au contraire cela te manque-t-il plutôt ? Car si je veux t’enseigner l’art de la manipulation, il se pourrait que j’ai besoin de certaines de tes compétences que tu as pu développer aux cours de ces sept années.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Mer 1 Mai - 20:17

J'étais très tenté par l'évolution, devenir un autre -ce que j'étais déjà ! étant passé du statut d'humain à vampire, de mortel à immortel...-. Curieusement, si mon besoin de tuer avait trouvé sa voie dans les Années Sanglantes, il me semblait que, pour le moment, il était l'unique expression de mon changement. Mais cela n'avait rien de "vampirique", non... car je ne me gavais pas du sang de mes ennemis -un véritable poison !-. Mon côté humain guerrier, peut-être... Donc, avec le retour de la paix, et des journées ennuyantes -sans parler des nuits-, il me faudrait trouver un nouveau champ de bataille. Or de question désormais, de me semer la mort chez les lupins, ni de sucer un petit mortel... je devais passer mes élans sur autre chose.

*Hmmmm... la "manipulation", par exemple..."

Peu, voir pas convaincu pour le moment, je n'envisageais cette possibilité qu'avec regret, voire un certain dégoût. Mais après tout, ce qui semblait l'apanage des faibles au premier coup d'oeil, s'avérait à vrai dire, celui des puissants. En y songeant un tant soit peu, toutes les élites manipulaient.

*Mouais...*

Cependant, inutile de dire que je ne me sentais pas concerné, bien qu'un rapide retour en arrière me fit prendre conscience de ma fulgurante ascension. Déjà, Julien m'avait fait évoluer, alors que William n'avait fait que se servir de moi, en me laissant bien les tâches les plus ingrates. Le Général pouvait faire de même, me déléguant les basses oeuvres, mais non ! au lieu de cela, il était prêt à "rater" Oppenheimer pour me laisser faire les crocs ! Je levais un regard reconnaissant -oh ! qui ne dura qu'un quart de seconde !!! car je le replongeais illico dans mon verre- en direction de mon bienfaiteur. Pourquoi voudrait-il me couler ? il avait besoin de moi, c'était évident. Je lui rendais service et en échange, il m'apprenait "le métier de vampire", ou comment rester en non-vie le plus longtemps possible...

*Hmmm... où il me jetais dans les embarras qu'il souhaitait éviter, oui !*

Toujours cette petite voix intérieure qui me mettait en garde. Bref, pendant que mon cerveau s'agitait en tous sens, Julien, qui devait avoir sentit -quel flair !- mes hésitations et surtout leur cause, parlait, tentant de me montrer tous les avantages qu'il m'accordait, et de me mettre en garde contre la paranoia... Je me souvins des années passées dans les endroits les plus sordides, les champs de bataille les plus sanglants et à l'époque, je considérais Guillemaud comme un frère d'arme, même s'il était toujours resté mon supérieur hiérarchique...

*Alors ?!!! qu'est-ce-qui a changé ?*

Je ne savais le dire, le définir, l'envisager... c'était juste l'instinct. Après tout, un ouvrier peut se servir de la même pelle pendant des années, au point qu'on la lui croit greffée aux mains, et la jeter au feu un beau jour... J'avais pas envie d'être la pelle. Et puis... William m'avait bien balancé, lui... croyant vraiment que je l'avais trahi, à cause des mensonges de son humaine ! Qu'est-ce qui me garantissait de ne jamais revivre ça ?

* Rien...*

Un sacré coup de pot, déjà, que les souverains ne s'en soient pas pris à moi...

*Mais William m'avait peut-être éloigné de lui, au vu et au su de tous, justement pour me mettre à l'abri...*

Mon coeur repartait de plus belle à la rencontre du Prince maudit. Je n'y pouvais rien... Je lui étais attaché par je ne savais quel lien indissoluble. Donc... Julien... prendrait-il autant soin de moi que le prince sans nom ? Puisque je n'étais pas autonome et dépendait toujours d'un supérieur fortement exposé aux colères royales... bon... ceci dit, normal que j'aille pas chanter sur les toits comment Guillemaud manipulait les gens ! pour qui me prenait-il donc ? Je murmurais, comme à regret :

- Avouez que j'ai raison de me poser la question...

Il savait. Il pressentait quelque chose. Devais-je jouer à sa manière ? non... puisqu'il savait que je n'étais à ses côtés que pour UNE seule et UNIQUE raison : retrouver William et prouver son innocence aux yeux de sa mère, la Reine Krystel. Que c'était un complot mené contre lui, peut-être même par le Roi Augustus lui-même !!! Je regardais le verre entre mes deux mains, où tournait lentement le sang. "on ne joue pas avec la nourriture" songeais-je malgré moi, ce qui me décrocha un fugace sourire. La voix était celle de ma mère humaine...

- Que parfois, vous êtes inquiétant, même pour moi qui vous suis si étroitement attaché...

Je détachais enfin mon regard du liquide carmin à l'odeur ferreuse délicieusement attirante -Julien dégottait toujours les meilleurs crus !-, pour le poser sur le visage du vieux vampire. Je parlais toujours à voix basse, confidence ou pudeur ? je ne savais :

- Quant à devenir pleinement un nocturne, vous savez que je n'y parviens guère... L'est-on vraiment après dix années seulement ?

Ce n'était ni une question, ni une constatation... un mélange subtil des deux ? J'avais tout de même osé répondre à Julien par des questions, lui retournant, comme un miroir, les images qu'il projetait de moi. Non que je les refusais... mais... Je ne savais comment faire. Trouver un faible, l'influencer, recommencer, nuit après nuit... offrir autour de moi, l'image d'un vampire bien intégré, soucieux des nouvelles lois et de l'ordre nouveau. Oui. J'y étais prêt. Et décidé. Mais comment devenait-on un vampire ? C'était une question idiote ? sans doute l'explication de mon hésitation à la formuler. Comment avait fait Julien ? tout dépendait peut-être de l'Etreinte ? Moi, mon caractère me portait à la justice et au respect de l'ordre. A la limite, je me serai senti plus à l'aise comme capitaine de la garde ou un truc comme ça. Voire comme inspecteur de je sais pas quoi... Et puis... si j'avais été libre au-moins une fois, pendant quelques années, parfaitement autonome... sans doute aurais-je pu découvrir alors certains aspects qui me demeuraient parfaitement inconnus aujourd'hui encore !!!

*Je me cherche des excuses...*

*Non ! non !!! des solutions, mon vieux, des réponses à tes questions !*

Et voilà mes voix qui recommençaient à se disputer au milieu de mes neurones en pleine ébullition. Aussi, quand le Général changea de sujet, en fus-je heureux. Mais parler des Années Sanglantes ?!!! Je me rembrunis et demeurais silencieux, même après avoir bu mon verre, sans le savourer, d'une traite, en levant vulgairement le coude.

*Franchement ?!!! quel vétéran aimait raconter la guerre ? à part ceux qui n'avaient rien fait et se gargarisaient d'exploits improbables ? les vrais, eux, se taisaient, écrasés par le poids de leurs souvenirs.*

Je me voutais sans m'en rendre compte, regardant la pointe de mes chaussures.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Jeu 2 Mai - 17:28


Une part de Leslie m’intriguait encore après ces sept années, celle-là même qui pourrait s’avérer être une faiblesse s’il ne parvenait pas à évoluer. Néanmoins s’il cette partie de lui n’avait pas encore évolué il en était autrement pour le reste de sa personnalité. Toujours est-il qu’il répondit à mes paroles et que les siennes firent naître un sourire sur mon visage hormis son incapacité à devenir pleinement un vampire. Malgré ses dix années en tant que nocturne rouge, il semblait encore attaché à certains éléments de son humanité, presque comme s’il en regrettait certains aspects.

Dans la plupart des étreintes le nouveau-né accepte très rapidement les avantages de sa nouvelle existence, et n’en comprend toutes les implications que plus tard. Certains eux n’acceptent pas qu’on les prive de leur humanité et de leur vie d’avant, ou refuse de s’alimenter de sang humain ou de Tru-Blood. Leslie lui semblait n’appartenir à aucune de ces deux catégories et son positionnement semblait plus complexe.


Si tu me trouves inquiétant en de quelques occasions Leslie, garde à l’esprit que je ne suis que Général au sein de notre espèce. Essaie d’imaginer ceux qui sont au-dessus de moi et ceux que je côtoie. Voici pourquoi j’ai besoin de pouvoir compter sur toi et que tu poursuives ton évolution jusqu’à devenir pleinement un vampire. Cela ne fait que dix années que tu es l’un des nôtres, mais tu peux d’ors et déjà te donner les moyens d’avancer.

Qu’est-ce qui t’empêche de devenir pleinement un vampire Leslie ?


Si pour ma part j’avais repris la parole, lui avait soigneusement évité de répondre à ma question à propos des Années Sanglantes. Avait-il du mal à vivre avec le souvenir de ce conflit ? Si les combats avaient étés durs, pour ma part je n’avais aucun problème avec ce que j’avais dû faire pendant les sept années de cette guerre inter-espèce. J’avais tué nombres d’humains et de lycans et j’étais fier de cela. J’avais servi et protéger mon espèce ainsi que mes Maîtres et n’avais aucun problème avec ça. Mais qu’en était-il pour lui ?

Nous avons combattus ensembles en Europe et même ici et celui que j’ai vu au combat, celui dont la rumeur des combats portait alors le nom parmi les cris de nos ennemis n’est pas ce vampire vouté que tu me présentes en ce moment même. Quels maux te rongent Leslie ? Es-ce l’ivresse des combats, la mise à mort de ton ennemi qui te manque ? Où bien ceux dont tu as fauché la vie ?

Peut-être allait-il se révéler davantage à moi, exprimait ce qui l’empêchait de s’abandonner à sa nature de vampire et de se libérer du poids qui pesait sur lui. Si je pouvais l’amener à passer au-delà de ce trouble, alors Leslie pourrait se révéler et devenir un véritable vampire, digne de ce nom et de me servir pleinement.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Sam 4 Mai - 3:15

*Le poids du péché ?*

Non que je revis mes "victimes", non... c'était la guerre. C'était comme ça. Non. Mon "péché" se résumait à tout autre chose : le plaisir. J'aimais la guerre, les ravages, la mort. J'aurai voulu l'épouser, la faire mienne, détruire cette paix fade qu'on m'obligeait désormais à vivre ! exploser. Débusquer. Pourchasser. Occire. Tout me manquait. Comment Julien pouvait-il croire un instant que je regrettais d'avoir tué ? il me voyait donc comme un faible ? En réalité, je n'avais nulle intention de lui parler de ce que je vivais comme un trouble : le plaisir de tuer. Le désir de recommencer, encore et encore, gratuitement. Ni soulagement, ni haine. Ni folie, ni froideur. Le simple plaisir. Après tout, certains se complaisent à se saouler, à avaler n'importe quoi, à se droguer, non ? et bien moi, c'était tuer. Tuer pour tuer. Rien d'autre. Etait-ce avouable ?

*Bien sûr que non...*

Et si j'essayais les armes de Julien sur lui ? là, tout de suite ? le séduire. Me jouer de lui ? non. Je ne le voulais pas, me sentant trop bien ici et à son service. Je tuais, il me couvrait -tant que ça l'arrangeait-. A moi de limiter mes "désordres" à son cadre. Il fit allusion aux vampires au-dessus de lui... voulait-il dire qu'ils étaient bien plus dangereux ? pourquoi minimisait-il à ce point son rôle ? Je le regardais, interrogatif, incrédule devant cet étrange aveux. Devinant que mon silence était trop long, je me décidais enfin, d'une voix sourde, à éclairer un peu mon protecteur, mon chef, mon... je ne parvenais pas à le voir en allié, encore moins en ami. Notre association ne tenait qu'à l'honneur et à l'intégrité du Prince Sans Nom. Une fois William retrouvé, Julien savait que je partirais avec lui. Se pouvait-il qu'il fit tout pour que cela n'arrive jamais ? cette question se confondit avec la précédente dans le regard adressé à Guillemaud :

-
Non. Je ne regrette rien. Rien de ce que j'ai fait durant la guerre.

Voilà qui devait suffire à le rassurer, non ? Mais l'action me manquait terriblement ! j'avais l'impression de tourner en rond, de ne servir à rien ! d'être déplacé, étranger à la situation actuelle. Sensation pénible, pénible et préoccupante. Avant, je me réveillais le soir, frais comme un gardon et prêt à en découdre ! maintenant... que faisais-je ? je rasais les murs en baissant prudemment la tête pour que les humains ne me fassent pas payer mon immortalité... les lupins ne me servaient plus de proie... les mortels trop curieux non plus... Finis les orgies de sang tiède... pour un peu, je me serais léché les babines à ce souvenir tenace... sentir la haine, la peur sous mes doigts, sous mes crocs... incendier, trucider... tout cela revenait comme une rengaine que rien ne pouvait arrêter. J'en voulus à Guillemaud de ne pas comprendre à demi-mots ce que je ressentais ? étais-je donc le seul ici à vouloir comprendre l'autre sans qu'il ait à s'exprimer ?!!! cela n'allait pourtant pas jusqu'à la déception.

*Pourquoi veut-il savoir ?...*

Serait-ce un levier contre moi ? par la suite ? ne pas être parano... avait-il prévenu... je ne l'étais pas. Il ne me semblait pas l'être... Mais... Le Maitre vampire ne m'avait-il pas vu à l'oeuvre ?!!! ne comprenait-il pas que j'étais désoeuvré ? alors... tenter de séduire des humains, la jouer fine... moi, un homme d'armes... Bref... je m'ennuyais à mourir ! Pourtant, durant les Années Sanglantes, j'avais rêvé de la paix, de retrouver les miens...

*Ah oui ! me séparer de mon humanité ?*

Mais les vampires ne sont-ils pas d'éternels humains à leur manière ? assoiffés de pouvoir et de sang ?!!! en quoi s'étaient-ils délié de leur humanité et le pouvaient-ils seulement ? et surtout, pourquoi le prétendre ? l'humanité n'était pas l'humanisme, loin de là... les loups ne se mangent pas entre eux... les hommes, si ! Ma réflexion allait-elle trop loin ? et surtout... dans la mauvaise direction ? Lorsque Julien disait "notre espèce", "me trouves-tu inquiétant ?" ou ces trucs là, l'impression de me trouver ailleurs, dans un autre monde, était terrible. Je ne le comprenais tout simplement pas !!! De quoi parlait-il ? Que voulait-il dire ? toutes ces questions dans mon regard... pouvait-il seulement les saisir ? en saisir une seule ? pouvais-je les exprimer ?

-
Je n'ai pas peur de toi. Je te respecte. C'est différent. Et d'une certaine manière... je t'aime. J'aime ta manière d'agir, de commander... sinon, je ne te suivrais pas.

Trop abrupt ? non... Julien me connaissait. Nous étions entre nous, il comprendrait. Un silence. Pesant. Deux ou trois minutes... sans un geste, ni un soupir, ni un clignement d'yeux. Rien. avant que je ne poursuive :

-
Ce qui m'empêche de devenir un vampire ?... ne le suis-je pas déjà ?

J'étais troublé... et ne le cachais pas.

-
N'ai-je pas prouvé toutes ces années, ce que j'étais ? n'ai-je pas réaliser cette transformation dont tu parles ? Que faut-il ? que TE faut-il ?

Le ton montait au fur et à mesure des questions. Je m'énervais, m'agaçais. Ce manque de confiance accordée de la part de Julien... La colère... ne faisait pas trembler ma voix, mais dansait dans mes yeux qui n'avaient plus rien d'interrogateurs. J'étais blessé. Il n'avait pas confiance en moi. Je n'étais rien à SES yeux. Rien d'autre qu'un instrument... Je bondis sur mes pieds, d'un coup, sans prévenir, renversant la table basse, la carafe et mon verre. Furieux. Incontrôlable. Et me ruais sur Julien pour le saisir par ses vêtements au niveau de ses épaules et lui hurler au visage ma colère.



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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Sam 4 Mai - 10:28


Avec toujours à l’esprit le but de le pousser à se révéler, j’écoutai Leslie sans plus prononcer un mot. Je voyais son regard troublé par quelques sentiments bouillonnant en lui mais cela ne me suffisait pas. Je voulais qu’il exprime ceux-ci, qu’ils les sortent d’une manière ou d’une autre afin de s’en libérer. J’avais besoin qu’il ne soit plus torturé par ce feu qui consumait ses tripes. Aussi me contentai-je de l’écouter, tandis qu’il m’affirmait ne rien regretter de ses actes pendant les Années Sanglantes.

C’était une bonne chose. Au moins ne vivait-il pas sous le poids de remords ridicules. Si cela me plût je n’en montrai toujours aucun signe et le laissai poursuivre, à son rythme. Bien que gratifiante pour mon ego, la suite de ses paroles me surprirent lorsqu’il exprima clairement ses sentiments à mon égard. Je reconnus alors en ses mots ce que j’éprouvai pour mes Maîtres aujourd’hui encore. Néanmoins les sentiments que j’éprouvais pour eux étaient selon moi bien plus fort que ce que pouvait éprouver mon bras droit à mon égard. Car pour l’heure il était à mon service mais si un jour William venait à être libérer de sa prison abyssale, il ne ferait aucun doute que Leslie le rejoindrait. Mais le prince déchu n’était pas prêt de revenir, pas avant un bon moment.

Quoi qu’il en soit je demeurai impassible à ce dévoilement de sa part, soucieux que Leslie aille encore plus loin pour exprimer avec des mots ce qu’hurlait son regard. Et c’est ce qu’il fit en dépassant la réaction que j’attendais. Ses mots se transformèrent en colère, conséquence d’un sentiment de frustration. Non pas d’une position attendue dans notre espèce, mais simplement de reconnaissance, de fierté. Voilà le mal dont souffrait Leslie. Il pensait que je n’étais pas satisfait de lui, comme William avec lui auparavant. Au final les maux qui le consumaient n’étaient que la conséquence de sa vie avec mon ancien ami.

J’avais obtenu ce que je voulais de cette discussion, et même plus lorsqu’il se leva pour se ruer sur moi, envoyant valser la table basse et ce qui se trouvait dessus. Si sa réaction dépassait ce que j’attendais de lui ce soir et que j’étais satisfait de cela, je devais à présent réagir et l’apaiser pour qu’il comprenne mes paroles et mon attitude avec lui. Aussi attrapai-je ses mains et serrai-je ses poignets jusqu’à ce que la douleur l’oblige à lâcher mes vêtements. Avec 240 ans d’écart entre nous ma force était supérieure à la sienne aussi le mis-je à terre d’un balayage sans peine, le laissant heurter le sol non sans douleur. Celle-ci étant nécessaire pour lui rappeler les limites à ne pas dépasser, même si sa colère était l’objectif que je m’étais fixé dans cette discussion.

Aussi légitime soit sa réaction, je devais tout de même marqué le fait qu’il ne pouvait se permettre d’agir ainsi. C’est pourquoi, pesant de tout mon poids sur lui toujours allongé au sol, je plantai mes crocs dans son cou et buvait au moins un litre de son sang, comme pour assoir mon autorité mais cela allait bien plus loin. Me relevant je l’empoignai par le cou et approchai son visage du mien d’une main ferme mais sans lui infliger de douleur, juste pour le maintenir et lui faire comprendre mon sérieux.

Son sang coulant dans mes veines nous avions l’espace de quelques minutes un lien me permettant de sentir certaines choses en lui, certains sentiments ou états d’âmes. Ce qui me confirma ce qui brulait en lui. Aussi repris-je la parole le laissant mouvoir ses poignets endoloris.


Rappelle-toi ce que tu as ressenti lorsque tu as bu mon de mon sang il y a sept ans à l’Arena et ce lien qui nous unissait alors, tu sauras que j’ai accès à ce qui bout en toi. Je n’ai aucune colère à ton égard Leslie, et ce malgré ta réaction. Si je me suis abreuvé à ta gorge c’est uniquement pour te rappeler que je ne saurais tolérer d’autres actions de ce genre de ta part à l’avenir à mon encontre et que tu connaitras bien pire que perdre un peu de sang si tu récidives.

Néanmoins si cette réaction de ma part est nécessaire, tu dois comprendre pourquoi je ne suis pas en colère contre toi Leslie et pourquoi je ne te tues pas simplement sur le champ pour t’être rué sur moi.
dis-je avant de faire une brève pause tandis qu’il se relevait. Je lui indiquai de reprendre place dans son fauteuil d’un geste de la main, en faisait de même après avoir ramassé seul verre encore intact, vide, et de m’entailler le poignet pour la remplir à moitié de mon propre sang et de lui tendre.

Bien que tu sois allé au-delà de ce que j’attendais de toi ce soir, sache que j’ai provoqué ta colère délibérément Leslie. Je voulais que tu libère enfin ce feu qui brule en toi, ce mal qui te consume.

En effet tu as déjà réalisé ta transformation au cours des Années Sanglantes, mais celle-ci n’est pas encore complète car tu n’acceptes pas tous les aspects de ta personnalité. Voilà ce qu’il me faut Leslie. Accepte ce que tu es, accepte-toi en tant que tueur et accepte d’aimer ça. C’est dans ce but que je t’ai poussé dans tes retranchements, pour que tu parviennes à hurler cette rage. Grâce à ce lien renforcé que nous avons l’espace de quelques minutes je sens ce qui te manque Leslie et le comprend parfaitement.

Quoi que tu penses de mes motivations à ton égard, tu n’es pas qu’un simple outil Leslie. Je te mentirais si je disais que tu ne l’as jamais été mais nous le sommes tous. Et si je t’ai gardé à mes côtés pendant ces sept années, si j’ai fait de toi mon aide de camp, c’est que tu as dépassé ce stade depuis longtemps Leslie et que désormais tu es mon second. Tu sais mon rapport à la confiance envers autrui, et mis à part Augustus, Krystel et Shane, tu es celui qui a ma confiance plus que nul autre. Ne va pas croire qu’être le quatrième de cette liste n’est rien, le simple fait d’y figurer est le signe de ma considération pour toi Leslie.
dis-je encore avant de poursuivre.

Comprends-tu la raison de tout ceci à présent ? lui demandai-je finalement pour conclure.

En fonction de sa réponse nous pourrions ensuite passer à la seconde partie de la nuit mais en un autre lieu, à savoir mon logement d’Edimbourg. Là-bas dans ma cave, l’attendait une surprise, comme une récompense et un gage de mes paroles.

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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Sam 4 Mai - 15:31

*Mais à la fin ?!!! qu'attendait-il de moi ?!!! * hurlait une voix dans ma tête, à m'en défoncer le crâne.

Oui ? que voulait-il ? comment me voyait-il ? comme un simple instrument ? mais moi... moi... je voulais qu'il me voit, qui se rende compte de mes efforts, de tout ce que j'avais fait pour lui. Enfin... surtout pour moi, car tuer... c'était mon péché mignon... Mais ça le servait bien ! il en tirait profit ! je voulais exister à ses yeux. Voilà le fond du problème. En entrant ici, je ne songeais pas du tout à cela, non... ce serait une soirée comme une autre, avec des ordres, quelques échanges sur les affaires courantes, ce genre de trucs... Pourquoi tout s'était-il brusquement changé en focus sur moi, mon évolution, mon refus d'être un vampire et autres sornettes ? Mes doigts s'enfonçaient dans le vêtement de Julien. Je ne voulais pas le blesser, juste qu'il SACHE que j'étais là. Pas un pion. Un vampire. Jeune, certes, mais un vampire. Chaque fois qu'il me demandait quelque chose, je le faisais, j'exécutais. Au point que je ne prenais plus que rarement l'initiative. Tout l'amour que je portais à William, je l'avais transféré sur Julien, depuis la disparition du prince. M'étais-je trompé ? devais-je quitter le service de Guillemaud ? mes pupilles s'étrécirent lorsque je m'aperçus que le Général ne bronchait pas. Puis, enfin, la douleur dans mes poignets me fit du bien et me réveilla de l'étrange rêve où j'évoluais, ce halo de questions pièges cyniques qui m'entourait au point de m'aveugler sur tout le bien que m'avait fait le Maître vampire jusque là. Aïe... ça allait barder... mais au moins, au moins... je saurai. Lentement, sous la pression, mes doigts s'ouvrirent. Je les regardais, comme filmés au ralenti par une caméra dans un film holywoodien, avec cette lumière si particulière... Puis le choc, brutal, dur, douloureux avec le sol. La force d'un vieux vampire... curieusement, c'était ce que je cherchais... confusément, je le sus dès que cela arriva. Je voulais une confrontation, comme pour me prouver mon existence à moi-même, que je n'étais pas qu'une ombre servile et inexistante. Et puis, ce fut tout le poids de Guillemaud qui m'arriva dessus. Si j'avais respiré... waouh !!! heureusement que non. Tout alla très vite ensuite, et si je ne vis pas le mouvement, du moins sentis-je immédiatement la morsure dans mon cou. Je me débattis, persuadé qu'il allait me tuer pour mon effronterie ! mais sans bouger d'un pousse sous la poigne de fer du Général !!! la panique s'empara de moi, car je ne voulais pas mourir, mais pas la peur. Non. Aucune peur. Simple réaction de mon corps alors que mon âme, enfin, s'apaisait... comme si je regardais la télé, sauf que je sentais mon sang partir, partir... et en éprouvais soulagement et vague inquiétude. Ce n'était qu'un juste retour des choses... Julien ne m'avait-il pas sauvé la vie, sept ans auparavant, me donnant de son sang précieux alors que j'étouffais du gaz d'argent à l'Aréna ? Mon corps se relâcha et j'éprouvais du plaisir, un peu comme quand on fait l'amour (?!!!!). C'était bon de rendre ce qu'on vous avait donné, dans cet élan je fermais les yeux pour en profiter davantage. Il pouvait tout boire, ce n'était que justice. J'aurai dû mourir il y a sept ans... Ma vie était à Julien. Cette évidence me frappa de plein fouet et se mêla au sentiment amoureux, à la jouissance éprouvés, étroitement mêlés, que je ressentais à cet instant. Plus rien de ma rage, de mon insatisfaction. Rien que le pur bonheur du coït ! (???) Etait-ce ainsi chaque fois que l'on boirait à ma veine ? ou seulement parce que c'était Guillemaud ? Cette sensation nouvelle s'imprima en moi de manière indélébile, car je ne voulais la perdre, jamais.

Le Général se releva, digne, au-dessus de moi, je ne bronchais pas, allongé au sol et peu désireux de le quitter, craignant de perdre ce que je venais de vivre. Il remit de l'ordre dans la pièce et me désigna le fauteuil... Bon... fallait se lever. Comme toujours, j'obéis. La tête me tourna un peu, et l'équilibre me manquait. Je m'affalais dans le fauteuil, sans prêter attention à ma dignité. Après tout, n'étions nous pas entre "hommes" (pardon ! vampires) ? Je me sentais tout chose...

Rappelle-toi ce que tu as ressenti lorsque
tu as bu mon de mon sang il y a sept ans à l’Arena et ce lien qui nous
unissait alors, tu sauras que j’ai accès à ce qui bout en toi.


*Lui aussi se souvient de l'Aréna... c'est merveilleux...*

Je nageais littéralement dans le bonheur. Nous avions un passé fort en commun... Mais quand il me dit qu'il avait accès au plus profond de moi, l'inquiétude revint, douchant sévèrement mon bien-être.

*Merde ! alors, il sait pour ma passion de la tuerie ?!!!!*

Evidemment, je n'en laissais rien paraître. Je ne me sentais ni soulagé, ni inquiet qu'il put savoir cela de moi. Après tout, nous étions liés par la guerre, non ? un peu comme les vétérans. Je ne lui reprochais plus, en cet instant, ce que je lui reprochais deux minutes avant. Tout était clair, au contraire. Il n'avait aucune colère contre moi, et je le savais. J'ignorais comment, mais je le savais. Pire ! j'appréciais la petite note de sévérité qui suivit : ce serait pire la prochaine fois...

*Vraiment ?...*

Sans dire que je le désirais... disons que cela ne me fit pas peur, pas peur du tout... et que... j'en éprouvais même un certain délice par avance. Surtout, ne pas le provoquer tout de suite, et jouir de ce que je venais de vivre...

*Maso ?*

Non, non ! la pleine conscience d'exister pour lui. J'EXISTAIS !!! on me voyait, je représentais quelque chose. Enfin. L'apaisement que je ressentais venait-il de cette reconnaissance ou du sang perdu ? je n'aurai su le dire... Le pire était que Julien éprouva le besoin de s'expliquer devant moi. Cela me parut un bond de géant dans nos relations qui me satisfaisait pleinement.

*Pourvu qu'il ne gâche pas tout avec une autre de ces questions à la con...*

En effet, le plus notable des changements depuis mon Etreinte était une perte substantielle de mon côté intellectuel : un côté sombre, animal et inquiétant avait pris la place du policier sensé et amoureux des faits au bénéfice d'un instinct aigüe redoutable mis au service du tueur qui se cachait à présent en moi. Cela donnait le même résultat, sans la pensée... en quelque sorte. Plus besoin de songer pendant des heures à tel ou tel fait, non... une vision photographique et instantanée. Je souris.

-
Je sais...

oui. Je me rends compte que tu m'as manipulé, mais j'ignore encore pourquoi... j'espère que tu vas me le dire et pas encore jouer aux devinettes... c'est pas mon truc. Enfin... C'est PLUS mon truc. J'acceptais pas tous les plans de ma personnalité... tu parles ! c'est sûr ! je passe du statut de commissaire à celui de videur, pour finir dans celui de tueur en série : ça marque, non ? normal d'hésiter cette nouvelle nature, non ?

*Il en a de bonnes, parfois...*

-
Etre vampire, c'est étancher sa soif de sang ? au sens propre et figuré ? c'est avoir une bête noire au plus profond de soi et la laisser sortir ou la tenir ?

Lui la tenait solidement en laisse, ne la laissant sortir qu'à bon escient. Je m'en étais déjà aperçu... alors que moi... j'étais complètement débordé par elle. Jeunesse ? non acceptation ? adolescence ? oui... ça me consume... L'idée d'aimer être un tueur était si curieuse, si éloignée de mon éducation... de ma véritable nature (enfin, celle d'avant, en tout cas). Le pouvoir, l'ascendant que cela me conférait sur les autres, plus jeunes ou non vampire, était grisant. Et m'effrayait quand même. Si je me laissais aller à cela... jusqu'où irai-je ? Je savais qu'il n'y aurai JAMAIS de retour en arrière.

*Ainsi, j'ai été un outil ?!!! *

Je lui lançais un regard furieux et vindicatif. Ce soir, on pouvait tout ce dire, non ? *Tu t'es servi de moi ...*

-
Pourquoi ? à quoi devais-je te servir ? lançais-je subitement.

Après... oui, c'est vrai... on a eu "la bonne vie"... la guerre, les massacres, les victoires... les plans, la non-vie au jour le jour, ce petit frisson de ne jamais savoir comment se passerait la nuit... pas comme maintenant. Je m'assombris. Je m'ennuyais à mourir !!! sans blague. Le fait d'être sur la liste de Julien me rassénéra. Maintenant, je me sentais bien. Enfin.

*Et la voilà, la question à la con !!! je l'attendais, celle-là !*

Fallait-il donc toujours tout décortiquer ? Regard réprobateur lancé direct au vieux, ricanement entendu :

-
Ouais. Me faire sortir de mes gonds ?

parce que je me conduis trop bien, que je garde toujours le contrôle -enfin, sauf pendant un combat, évidement, là, je perds toute mesure-.

-
Et ça t'a fait plaisir ?

Pour la première fois depuis que je connaissais Julien, j'oubliais la frontière entre nous deux, conscient que cela ne serait possible que dans l'intimité de nos rencontres personnelles. Je me sentis bien... comme si j'étais rentré chez moi, à la maison, avec ma mère, le soir, après les cours. Sauf que j'étais là, avec l'un des vampires les plus puissants d'Ecosse et que je ressentais la même chose. waouhhh !

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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Sam 4 Mai - 17:33


Quelque chose chez lui semblait avoir disparu, venait-il de comprendre quelque chose ? Ou plutôt d’en admettre une… Peu importe en réalité car à n’en pas douter il venait de franchir une étape dans son cheminement en tant que vampire. Néanmoins il m’avait à son tour posé quelques questions auxquelles j’étais désireux de répondre. Après tout cela faisait aussi partie du jeu. Je compris à ses paroles qu’il voulait en savoir plus et c’est dans ce but que je repris la parole à mon tour.

Quand as-tu eu conscience que je me servais de toi ? Cette lucidité de ta part est une nouvelle fois la preuve que mon second est loin d’être idiot. dis-je en esquissant un léger sourire, comme pour accompagner l’humour de mes mots.

Etre vampire est bien plus distrayant que simplement dompter une bête Leslie. Etre vampire c’est évoluer dans un mon bien plus palpitant que celui de l’Humanité. Ne t’aie-tu jamais demandé pourquoi notre espèce a toujours été structurée de manière féodale et maintenant encore plus qu’auparavant ?

Parce que nous vivons pour le sang Leslie, celui des humains que nous pouvons boire comme celui de nos ennemis que nous faisons couler. Nous n’avons pas de bête noire au fond de nous, nous sommes ce prédateur. Et si désormais nous devons prendre certaines dispositions pour agir comme l’exige notre nature profonde, nous n’en sommes pas moins puissants. Libère le tueur qui est en toi Leslie, mais de manière réfléchie, avec prudence et intelligence. Il n’y a que comme cela que tu pourras assouvir tes appétits.
dis-je en affichant un sourire carnassier.

Deux secondes. lui dis-je avant d’appeler Alfred, mon majordome. Ce dernier arriva rapidement, nous apportant deux nouveaux verres et deux carafes, déposant le tout par paire sur les guéridons à côté de chacun de nos deux fauteuils. Une fois cela fait il repartit sans que j’eu besoin de le lui commander, sachant parfaitement tenir son rôle. Je bus une gorgée de sang avant de poursuivre.

Vois-tu ce sang que nous buvons là, il provient de différentes banques de sang humaines alors que je pourrais très bien faire comme les autres dirigeants vampires et avoir mon lot d’humains auxquels m’abreuver ici-même. Mais si je préfère agir ainsi c’est une question de raffinement, et aussi de distraction. Boire le sang d’un humain qui n’a plus aucune conscience de ce qu’il est n’est guère satisfaisant à mon goût et au final pas bien pratique comparé à une poche de sang.

Lorsque j’ai envie de m’abreuver au cou d’une de ces vermines que sont les humains, je préfère sortir et chasser. Me délecter de sa peur, lui infliger milles tourments avant de lui ôter la vie voir la pousser à désirer mon corps et le réclamer lorsqu’il s’agit d’une femme. Lorsque tu acceptes cette partie de toi-même alors tu es devenu un véritable vampire au sens noble du terme. Voici notre véritable nature Leslie et notre raison d’être.
dis-je en ayant un frisson de plaisir à l’idée de ce qui nous attendait dans ma cave à Edimbourg. Puis je décidai de répondre à ses autres questions.

Je voulais t’utiliser pour confondre Renard et obtenir les preuves que c’est elle qui a manipulé William et l’a poussé à trahir nos souverains. Malheureusement cette traitresse était bien trop maligne pour nous deux, mais au moins nous avons la satisfaction qu’elle périt dans sa tentative de putsch au cours des Années Sanglantes. lui dis-je avant de répondre à ces paroles suivantes.

Plaisir… En quelque sorte oui. Car à présent je sais que tu as conscience de ta véritable nature, et que tu vas l’assumer maintenant que tu as pu te libérer de tes maux. D’ailleurs j’ai une récompense pour toi, finis ton verre et suis-moi, nous sortons. lui indiquai-je en finissant mon verre d’une traite puis en me levant après l’avoir posé sur le guéridon.

Leslie sur mes traces nous quittâmes le bâtiment pour prendre ma voiture et je pris la direction d’Edimbourg. Lorsque Leslie fit mine de m’interroger pour en savoir plus sur la suite de la nuit, je lui offris comme simple réponse de mettre mon doigt devant ma bouche et allumai la musique qui emplit l’habitacle. Nirvana, du grunge qui vous nettoyait le cerveau.

Lorsque nous arrivâmes à destination, c’est-à-dire devant mon logement que j’avais acquis alors que j’étais shérif de la ville, j’ouvris la porte de ma demeure et posai mon manteau à l’entrée avant d’ouvrir la porte de ma cave.


Suis-moi Leslie, j’ai une récompense pour toi. Nous allons jouer toi et moi, à un jeu de vampire. dis-je en dévoilant en affichant un sourire carnassier, dévoilant mes crocs, et en descendant le premier au sous-sol. Ma cave avait une surface équivalente à celle de la maison vu qu’elle en occupait toutes les fondations. Dans un coin trônait ma baignoire en fonte dans laquelle je dissolvais les cadavres de mes victimes à l’acide, le tout s’écoulant naturellement dans d’anciennes canalisations en pierre vieilles de plusieurs siècles qui s’enfonçaient dans les profondeurs du sol.

Lorsque j’avais préparé cette entrevue avec Leslie, j’avais chassé trois humains – deux femmes et un homme – et les avait tous attaché séparément sur des X en métal, chaque main et pied liés par des chaines à chacune des branches de leur structure. Il y aurait une femme pour moi, les deux autres humains étant pour Leslie. Je me plaçai au milieu de la pièce et regardai mon second puis m’adressai à lui avant de m’approcher de l’homme.


Je te donne l’occasion ce soir de laisser libre cours à tes appétits Leslie. N’aie aucune retenu avec eux. Tu as droit à ce mâle et l’une des femelles, la seconde étant pour moi. Que dirais-tu d’un duel, entre lui et toi ? lui demandai-je avant de me tourner vers l’humain et de m’adresser à lui.

Tues ce vampire et tu es libre. ordonnai-je à l’’homme sans user de mon don hypnotique et en jetant un regard à Leslie. J’attendais un signe de Leslie pour libérer l’humain et qu’il puisse jouer avec lui. Ensuite je le laisserai jouer avec la femme que je lui offrais, me demandant s’il allait juste s’abreuver de son sang ou la torturer un peu avant cela.

Accepte ta nature profonde Leslie, deviens cette bête noire. Sois le vampire que je perçois en toi, celui que j’ai désigné comme mon second.

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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Sam 4 Mai - 23:56

Curieusement, de lui parler comme ça, si crument, me fit du bien. C'était la première fois que je me sentais bien en présence de Guillemaud. Se parler comme ça, entre vampires adultes, avait quelque chose de... bref... je ne répondais pas à sa question, mais lui éclaira ma lanterne, gratuitement : je n'avais pas de bête noire tapie au fond de moi... j'ETAIS la bête noire.

*Rassurant...*

Là, tout de suite, je ne me sentais pas "bête noire"... je continuais donc à penser, à l'encontre des dires de Julien, que j'avais une drôle de bestiole en moi. Julien s'était expliqué, sur sa manière de m'utiliser, au temps de la traitresse. Je me contentais de hausser les épaules d'un geste las :

-
Je t'en veux pas.

Après, il s'était donc réellement passé quelque chose entre nous, qui m'avait élevé dans l'estime dont était capable l'ancien shérif. J'y croyais, maintenant. Et là, s'il m'avait manipulé y a deux secondes, c'était pour mon bien, pour que je me révèle enfin... quelque part, il m'avait rendu un fier service.

Ne t’es-tu jamais demandé pourquoi notre
espèce a toujours été structurée de manière féodale et maintenant encore
plus qu’auparavant ?


J'ouvris des yeux grands comme des soucoupes, oh... juste deux secondes, avant de demander :

-
Non... pourquoi ?

Autant savoir, non ? vu que le vieux était d'avis de me former, en profiter et intégrer tout ça pour mieux comprendre ce nouveau monde... Je souris en entendant "libère ce tueur en toi, de manière réfléchie..." c'était tellement logique... bien sûr... "tueur" et "réfléchi" allaient de paire, non ? Ben tien ! Je bus le verre servi par Alfred, d'une traite, histoire de me requinquer... puis je sirotais celui offert par Julien avec son propre sang... comme un échange de bon procédés, une bonne poignée de main après une bagarre entre deux potes pour dire "j't'en veux pas...". Le fait qu'il aime chasser, sentir la peur, la terreur de sa victime pour mieux en déguster le sang, et...bref, me fit plaisir : mon comportement était donc normal ? je me croyais déviant... mais de là à ce que Julien pense que j'acceptais pleinement ma nouvelle nature... il y allait un peu fort, non ?!!!

*Hein ?!!! se lever, là ?!!! et partir ? on n'était pas bien ?*

Je suivis, bien entendu. Et je subis le rock dur de Nirvana à fond dans la bagnole, sur tout le trajet qui nous amenais à Edimbourg. Je me raidis. Je ne voulais pas retourner dans cette ville. Pas depuis la mort de ma mère. Mon coeur, ma gorge, se serrèrent. Julien continuait à conduire. J'aurai fait n'importe quoi pour ne pas aller là-bas... la vision du corps de mon père littéralement déchiqueté par les lupins, et celui, intact, de ma mère... Que j'ouvre ou ferme les yeux, c'était la même vision. Et l'odeur atroce de chien mouillé à la maison !!! Guillemaud n'avait pas voulu me révéler ce qu'on allait faire là-bas...

*Une surprise... tu parles !!! j'm'en s'rai bien passé...*

Heureusement, on ne passa pas dans le quartier où j'avais grandi, mais nous arrivâmes rapidement devant l'ancienne maison du shérif.

*Allons bon...*

La nuit était sombre et calme. Je fus surpris qu'on ne nous arrête pas en nous demandant nos papiers. Les humains étaient très susceptibles, et devaient connaître cette maison : pourquoi ne la surveillaient-ils pas ? mauvais flics ? ou gouvernement sous influence ? je jetais un coup d'oeil discret et rapide à Julien, qui entra. Je le suivis, mais pas dans le salon. Nous descendions à la cave. Je sentis immédiatement l'acide qui remplissait la baignoire, et les humains...

*Ah... c'est donc ça... la mise en pratique ?*

-
Je croyais que t'aimais pas les humains vivants ?

qu'il préférait les poches, quoi... Y avait vraiment un truc qui n'allait pas avec ce vieux, des fois ! il disait un truc et en faisait un autre...

*Ce n'est pas pour se nourrir...*

Evidemment ! J'aimais pas ça. Pas du tout. Mais n'en laissais rien paraître. Mes appétits ? boire un coup, quoi ? et tout à coup, il dit à l'humain de m'attaquer, que s'il me tuait, il serait libre ? je regardais Julien, déconcerté : non, il ne voulait pas ma vie. Juste jouer...

*Moi, pas envie de jouer avec la nourriture.*

Le gars bondit sur moi, et nous roulâmes sur le sol. Je n'avais pas cherché à esquiver son attaque. Il m'asséna plusieurs coups de poing et les filles, toujours attachées sur leurs X hurlaient, l'encourageant, espérant, elles aussi, leur liberté.

*Pauvres folles...*



C'était fini. L'homme était mort en brave, en se battant. Bien sûr que je ne lui avait laissé aucune chance, aucun espoir. Ca avait été si bref... Ce n'était pas la guerre. Je n'aimais pas la tournure des événements. Guillemaud n'apprécierait pas. Je le savais. C'est pourquoi je m'étais planté devant lui, mes pupilles vrillant les siennes. Presque comme un défi. Je n'étais pas celui qu'il croyait, espérait ou je ne sais quoi. Si je devais me battre, je le ferai. Mais... pas comme ça. Non... pas comme ça. Les filles, derrière moi, ne disaient plus rien, leur peur m'excitait, mais je me contrôlais, entièrement tendu vers Julien. Qu'attendait-il de moi ? Il m'avait offert un cadeau et moi... considérerait-il que je l'avais gâché -n'ayant même pas bu à la gorge du type- ? serait-il déçu ? se mettrait-il en colère devant le résultat. Je le remerciais sincèrement du cadeau... je veux dire... mais pourquoi les attacher sur des croix ?

*On n'est pas à la tour de Londres...*

Je me souvins de la hiérarchie moyen-âgeuse dont il m'avait parlé. Ma tête se tourna lentement vers les deux femmes... puis se releva en direction du Général. Je n'étais pas un bourreau. Un exécuteur, oui. Mais pas un bourreau. Je me délectais de la peur de ma proie, bien sûr... mais j'aimais lui courir après... J'espérais que Julien n'attendrait pas de moi que je copule avec la femelle... Franchement... je voyais les femmes tout autrement. Je préférais les conquérir, les charmer, les gagner, quoi...

*pas comme ça...*

J'avais peut-être l'air dégouté et je sentais le sang couler sur mon visage et mes mains.

- Merci...

murmurais-je seulement. Je voulais qu'il sache que j'appréciais le cadeau, mais aussi mon incompréhension de la situation. Certes j'étais devenu un vampire, et même le bras droit de l'un des plus importants d'Ecosse, mais je ne me voyais pas comme ça, réduisant la puissance de mon éternité à une cave et une humaine entravée attendant... attendant quoi ? mon bon plaisir ? je ne voyais définitivement pas le pouvoir comme cela. Du coup, l'idée de manipuler me parut bien plus séduisante ! et je me promis de m'y atteler et de faire tout mon possible pour réussir ma mission. Je ne voulais pas que Julien pense que je boudais le plaisir qu'il m'offrait, mais ne sachant comment le lui exprimer, je demeurais simplement devant lui, attendant la suite, souhaitant secrètement qu'il ne fasse rien de bien méchant à sa captive. Bien entendu, je n'interviendrais pas... j'eus une idée !

Je me tournais finalement vers la mienne et commençait à exercer sur elle mon charme vampirique... Je vis ses yeux chavirer, preuve de mon ascendant sur elle, et je la déliais, lentement, prenant tout mon temps... Je lui murmurais des mots doux à l'oreille, des mots charmants et enjôleurs, la persuadant de mes bonnes intentions à son égard. "voici le véritable visage des vampires ayant accepté la paix des Hommes... celui qui avait tué son compagnon était un monstre, mais ce n'étais pas moi..." Elle me crut, m'enlaça comme si je venais de la sauver. L'autre était terrorisé et ouvrait et fermait la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. J'aurai pu m'occuper d'elle aussi, mais elle était à Julien. C'était la plus belle. Moi, j'avais la plus jeune. Une petite blonde, une brindille, une paille... Maintenant, je la berçais dans mes bras, et lui léchait la joue, le cou, tendrement, avec grande délicatesse, jetant un coup d'oeil en direction de mon mentor pour connaître sa réaction à la mienne...
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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Ven 10 Mai - 16:50


Allait-il se comporter comme un véritable vampire ou ses dernières barrières allaient-elles encore l’en empêcher ? Telle était la question que je me posai après avoir libéré le mâle de ses liens. Mais avant cela je devais répondre à ses mots lorsque nous descendîmes dans ma cave.

La douleur et la peur, voici ce que j’aime voir dans le regard de mes victimes, que je les chasse ou qu’elles soient mes captives. C’est cela que je te propose présentement Leslie, afin que l’on voit si toi aussi tu apprécies ce genre de chose. lui dis-je avant d’assister au spectacle que lui et l’humain m’offrirent.

Le combat fut bref mais sanglant, m’affichant un sourire. Si ç’avait été moi j’aurai pris le temps de le faire souffrir mais il semblerait que Leslie ne soit pas encore en mesure de torturer une proie captive. Cela lui viendrait peut-être avec le temps, et même dans l’hypothèse où cela ne viendrait pas ce n’était pas un drame. N’étais-je pas moi-même différent de mes congénères dans mes méthodes ? J’aimais à penser que cela ne faisait pas pour autant de moi un vampire plus faible qu’un autre. Peut-être en serait-il de même pour mon second. Aussi lorsqu’il murmura un remerciement, son visage et ses mains ensanglantés, je lui fis un signe de tête afin de lui signifier mon assentiment.

Je l’observai ensuite jouer avec son humaine sans lui faire le moindre mal tout en me jetant un regard. Je m’approchai à mon tour de l’humaine que je m’étais réservé et usai moi aussi de mon don hypnotique. Mais au lieu de boire à son cou ou de lui infliger une quelconque torture, je m’adressai à elle.


Maintenant.

Ce simple mot était le déclencheur du conditionnement hypnotique que j’avais mis en place plus tôt dans la soirée sur cette humaine. Alors que je venais de prononcer ce simple mot, l’humaine se coupa la langue de ses dents et l’avala sans pousser aucun bruit sinon celui de son étouffement mortel. Elle se noyait dans son propre sang et mourrait dans les secondes à venir. Je pris de mon doigt une goutte de sang qui coulait de sa bouche puis le portai à mes lèvres pour en savourer la saveur avant de me tourner vers Leslie.

Voici ce dont tu pourrais être capable si tu acceptes ta véritable nature Leslie. Néanmoins ceci ne s’apprend pas rapidement et est le travail de plusieurs décennies. lui dis-je avant de poursuivre. Tu es libre de disposer d’elle comme bon te semble Leslie, seulement elle ne peut quitter cette cave. A toi de décider de la manière dont tu la tueras. Ensuite viendra l’heure de nous quitter pour la fin de cette nuit car le travail m’appelle en d’autres lieux. Tiens-moi au courant de ton entrainement en vue de la mission que je t’ai confié. Rends-moi fier de toi Leslie. lui indiquai-je avant qu’il ne prenne sa décision. Il était à présent temps pour moi de clôturer cet entretien entre Leslie et moi, aussi allai-je l’observer pour voir comment il allait tuer son cadeau puis nous quitterions ma demeure d’Edimbourg et retourner chacun vers nos occupations de fin de nuit. Mon second était sur le point de devenir un vampire digne de ce nom.

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MessageSujet: Re: Retour au bercail [Livre II - Terminé]   Sam 11 Mai - 12:18

Heureusement pour moi, il ne prit pas mal que je me jette comme ça sur la nourriture. Pour la gâcher. Pour le plaisir. Cela m'apaisa et j'eus largement le temps de le regarder faire tout en charmant toujours mon cadeau. Sa manière d'agir me fascina : ainsi... je pouvais faire de même ?... poser des questions ... ce n'était pas le moment, j'observais avidement par contre... La petite blonde, dans mes bras, se blottit, certaine d'avoir affaire à un vampire tout à fait intégré et soucieux de vivre en paix avec les humains vainqueurs. La belle fille ne souffrait pas, pas autant que si elle avait été pleinement consciente, mais satisfaisait les instincts du Général. A côté, j'étais un plouc ! Quand je chassais, j'adorais terrifier mes proies, les acculer : boire leur sang tout retourné me procurait un plaisir parfaitement inavouable. Et dire qu'en possédant un peu du pouvoir du vieux, je pourrais savourer la même chose en ayant "du stock" à disposition.

Comme d'habitude, j'obéis à Julien, bien que gêné tout de même d'être observé, n'osant savourer à loisir ce moment si parfaitement intime d'un chasseur et de sa proie. Peut-être seulement une manifestation de mon égoïsme ? Un peu gêné, je poursuivais mon "jeu" avec la petite paille, la parcourant de baisers doux et attentionnés, laissant mes mains l'envelopper, comme pour la protéger. Nous n'avions plus besoin de mots, à ce stade.

Parfois, j'avais l'impression que le Maître vampire scrutait la moindre de mes actions, comme un prof pour noter un élève. Cela me pesait, bien qu'avec le temps, je fus persuadé que, désormais, il me faisait confiance. Je me détendis... La jeune fille se laissa aller dans mes bras... j'avais envie d'aimer, d'aimer comme un homme. Là, en présence de mon maître, je ne pouvais... et puis, sans l'accord conscient de la mortelle, je n'osais. Je l'aurai bien emmenée, loin, loin d'ici, mais Guillemaud avait interdit toute sortie avec elle.

*Je ne dois pas m'attacher.*

Cette constatation me fit l'effet d'une douche froide. Toujours sous le regard attentif de Julien, je me devais de faire bonne figure. Ma langue céda la place à mes crocs et mon pouvoir hypnotique empêcha à la belle toute conscience de cette vie qui s'en allait. Voilà donc la preuve que je pouvais endormir ma proie, ce qui était un notable progrès chez moi !!! La petite blonde me faisait l'effet d'une fleur qui dansait dans le vent et qu'une main de vieillard avait coupé pour la jeter dans un caveau sordide, comme si sa jeunesse, sa fraicheur, pouvait raviver celle d'un mort. Je frissonnais en buvant les dernières gouttes, promettant en silence à la jeune fille de faire bon usage de son sang. Qu'est-ce qui me prenait d'être si nostalgique ? ma vie humaine, éloignée de dix années, était encore bien trop proche. Guillemaud ne manquerait de me le reprocher s'il s'en apercevait !

Julien m'avait bien dit de m'en séparer, rapidement. Confusément, je sentais que cet attrait me mettait en danger : trop humain pour les vampires et vampire aux yeux de tous les autres -mortels, lupins, chiens mouillés...-. Lentement, avec beaucoup de précaution, je déposais le corps dans la baignoire -ce que Julien pouvait interpréter comme un soin particulier à ne pas m'éclabousser-, puis, me tournant vivement pour ne pas voir le résultat -soucis de ne pas retenir trop le Maître vampire ?- prenant déjà les deux autres corps pour les y précipiter, comme si je venais de prendre conscience de l'heure. Je nettoyais le sang, aussi, grâce à des produits extrêmement performants que je trouvais dans le placard du fond, n'omettant ni le sol, ni les croix. L'odeur de l'acide me soulevait le coeur, mais je demeurais là, comme soucieux d'exorciser le mal que j'avais fait ce soir. Finalement, n'y tenant plus, je décampais de la cave, fermant trop vite la porte. Je n'oublierais jamais et le savais.

Dans le salon, je retrouvais Julien qui était monté après m'avoir observé un long moment, et rapportais seulement que j'avais jeté les corps et qu'il n'y avait plus aucune trace... que l'odeur de l'acide avait précipité ma sortie -mais pourquoi je me justifie ?!!!-, aussi... que Julien le crut ou non m'importait peu. Je voulais quitter Edimbourg au plus tôt. En silence, donc, nous sommes rentrés à Glasgow. Je savais que Julien était déçu de mon attitude. Je baissais la tête, ou regardais à l'extérieur, de mon côté, pour éviter son regard : je ne l'aurai pas supporté. Non que je fus un mauvais vampire, mais je risquais de décevoir le Général. Cela, je ne le supportais pas.

*Comment ? je me suis attaché à lui à ce point ? au point que son avis prévale sur ma conscience et mes sentiments propres ?!!!*

Oui... force était de constater que j'étais bel et bien lié à lui. Il me faisait confiance et je devais tout faire pour...

*Pour retrouver William !!!* protesta très fort une voix en moi. *Je ne suis auprès de Julien que pour retrouver William !*

Et nous n'avions rien fait en ce sens depuis bien des années. Désormais, nous aurions plus de temps. A un moment, je redressais la tête, prêt à parler au chauffeur, mais je la laissais retomber, n'osant pas rompre ce silence qui me pesait comme une dalle de caveau. J'éprouvais un profond sentiment de défaite sans pouvoir l'expliquer...

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