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The Bright Flash [Livre II - Terminé]
MessageSujet: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Mer 10 Avr - 17:15

    Je m'entraînais à nouveau. Je transpirais abondamment, mais cela sentait l'effort purement physique et pas la sueur rance dû à la chaleur ou à la peur, deux choses que j'avais appris à gérer. Mes muscles se gonflaient et se tendaient au fur et à mesure où je me hissais sur la barre de tractions. Je soufflais doucement, me laissant descendre à bout de bras avant de me hisser à nouveau. Mes épaules étaient endolories, et je sentais toujours une énorme douleur dans mes muscles pectoraux. Je me laissais finalement tomber, remarquant les profondes cicatrices sur mon corps, lorsque le pouvoir de Caim avait tenté de me déchiqueter. Je me massais le muscle douloureux, constatant dans la glace de la pièce à quel point mes blessures m'avaient fait fondre. Autrefois, j'étais plutôt très costaud, je faisais un bon cent kilos de muscles. Maintenant, mes bras étaient amaigris, mes jambes aussi, sans parler de mes épaules ou de mon torses, moins carrées. J'avais survécu aux blessures reçues grâce au sang de la Reine et au lien qui nous unissait désormais. Cela avait suffit pendant un temps à me maintenir en vie, et cela m'avait aidé ensuite pour ma rééducation. Je n'avais survécu que difficilement, et j'avais par là même affaibli Krystel à plusieurs reprises. Je dormais beaucoup, étais encore dans un état de faiblesse impressionnant. Pourtant, je conservais ma discipline corporelle intacte, et même si je me sentais incapable d'exécuter plus de quelques pompes, tractions, sans parler de la course, je forçais mon corps à s'exercer. Cela m'avait permis de reprendre forme de plus en plus humaine, mais cela avait aussi provoqué plusieurs complications, des blessures qui se réouvraient ou des muscles qui se déchiraient à nouveau. Le démon avait été si prêt de me tuer, je m'étais tenu si prêt de lui quand il avait appelé à lui tous ses pouvoirs... J'avais eu besoin des talents des meilleurs médecins de la Reine en plus de sa propre puissance, pour ne pas succomber même des semaines plus tard. Krystel m'avait encore une fois sauvé la vie ; je lui devais bien de retourner sa faveur en la servant toujours aussi fidèlement. Les quelques meurtres exécutés en son nom étaient un bon début.


    Je n'avais plus revu ma maîtresse depuis un moment. Très prise par la paix et toutes les conséquences qu'elle occasionnait, elle sillonnait sans cesse le monde entier pour ramener les vampires au calme et à la discipline, et s'arrangeait pour que la moindre de ses réformes soit acceptée. Beaucoup de travail... Je ressentais son absence encore plus cruellement qu'autrefois, maintenant que nous étions liés. Je me sentais terriblement seul, ce qui n'était pas un problème quand je n'étais qu'un combattant quelconque à son service. Mais aujourd'hui, les choses étaient différentes. Je sentais toujours un lien entre nous, et pouvais souvent ressentir les humeurs dans lesquelles elle se trouvait. Elle me manquait. Je n'étais pas amoureux d'elle, pas plus que je n'aimais qu'elle boive mon sang. Enfin, c'était simplement que contrairement à d'autres humains, je n'en retirais aucun plaisir particulier, sauf si c'était ce qu'elle désirait. Pour autant, je me sentais très proche d'elle même. En sa présence, je devais sans cesse me dominer pour ne pas la toucher, pour ne pas être aussi proche d'elle que possible. Mon esprit, en bon analyste froidement mécanique, avait immédiatement compris que c'était une faiblesse. Je tenais à Krystel plus qu'à personne d'autre ; elle était la seule dont je me sente particulièrement proche, la seule à me connaître réellement. Je soufflais un instant, déjà éreinté par le petit entraînement que je venais de pratiquer. J'entendis la grande porte du manoir se refermer, en bas. Mon cœur s'arrêta. Il n'y avait qu'une personne pour rentrer à cette heure de la nuit. Je souris, imperceptiblement, et m'habillais en vitesse d'une simple chemise grise, manches remontées, d'un pantalon sombre et de chaussures plus pratiques qu'esthétiques. Je descendais ensuite, et l'intendant me dit que Sa Majesté m'attendait dans son bureau privé. J'y entrais, m'agenouillant comme autrefois, alors que je sentais pourtant le geste désuet ; notre relation avait évolué, et ce geste de soumission ne voulait plus rien dire, puisque la Reine pouvait tout savoir de moi. Je relevais les yeux vers elle.



    | Je suis heureux de votre retour, ma Reine. J'ai accomplit vos ordres en votre absence, et me suis entraîné autant que possible pou vous être de nouveau réellement utile. |


    Je me relevais, et m'approchais d'elle à une distance qui frôlait presque l'indécence vis à vis de l'étiquette royale. Je la regardais fixement.


    | Vous m'avez manqué. Beaucoup. |


    La vérité, sans aucune fioriture. Krystel n'avait jamais attendu moins de moi.

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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Mer 10 Avr - 18:34



Je pouvais enfin rentrée dans la nouvelle demeure qu’était la mienne. Si je n’avais pas été aussi lasse et fatiguée, j’aurais pu vous dire exactement depuis quand je n’étais pas venue ici. Là… J’en étais incapable. Pour sûr, si les lycans attaquaient cette nuit, je ne pourrais pas les repousser aussi facilement que je l’avais fait. Je n’aimais absolument pas être dans un tel état, signe évident que je ne m’étais pas ménagée ces derniers temps. Entre mes voyages pour calmer mon peuple, les exécutions que j’avais moi-même mené pour servir d’exemples, mes négociations et rencontres avec les humains, mon propre sang que je donnais à mon maitre pour le maintenir en vie, et l’énergie que puisait en moi mon servant humain, je n’étais pas en pleine forme. D’ailleurs c’était ce qui m’avait amené à rentrer plus tôt. Je devais d’abord me rendre en Asie, mais cela attendrait quelques jours. Je ne pouvais pas continuer comme ça. Et surtout, Il ne pouvait pas continuer comme cela.

Je le fis demander et il arriva très vite. Pas réellement besoin de mon intendant –enfin l’intendant de mon créateur - pour savoir que j’étais de nouveau là. Le lien qui unissait à présent se suffisait à lui-même pour ça. J’aurais pu lui dire moi-même de venir via ce dernier, mais cela m’aurait fait dépenser de l’énergie que j’avais l’impression de ne plus avoir. Je le sentis arriver avant de le voir entrer dans la pièce et poussais un soupir las en le voyant s’agenouiller devant moi. En cet instant, je comprenais complètement ce que pouvait ressentir mon Maitre lorsque je le faisais et qu’il ne le désirait pas. Barthelemy ne l’avait jamais fait, ainsi n’avais-je jamais ressenti cette gêne quelque part. Je le regardais sans bouger se relever puis me parler. Il s’approcha de moi, et je le sentais encore un peu… ce n’était pas réfractaire, mais… Hésitant. Je poussais un second soupir de lassitude. J’appuyais ma tête sur ma main et lui dis Il faut que tu arrêtes Torben, arrêter de te comporter comme une pomme de sang banale. Tu n’es désormais plus cela. Je t’ai lié à moi, et tout ce que tu ressens, je le ressens aussi. Sans soute n’en as-tu pas conscience, mais tu as énormément puisé dans mes ressources ces derniers jours. Il faut que tu te contrôles. Je n’attends pas pour l’heure un soldat, mais un servant en pleine forme. Tu ne m’aides pas en allant aussi prêt de tes limites. Te doutes-tu seulement du nombre de fois où je t’ai empêché de chuter, de replonger ? Tu m’affaiblies et cela doit cesser.

Je n’étais pas réellement dure, même si mes mots pouvaient le paraitre. Ce n’était qu’un simple constat. Il n’avait pas été préparé à devenir servant humain, pas éduqué pour. Son ignorance sur le sujet était un véritable problème, dont j’étais finalement la seule fautive. J’avais fait le choix de lier à ma personne, je devais en accepter les conséquences, et rectifier le tir. Et cela commençait par la petite leçon que je venais de lui faire. Je continuais d’ailleurs Tu peux ressentir quelques-unes de mes humeurs et ma présence. Tu pourras également me contacter avec un peu d’entrainement spirituel et surnaturel. De mon côté, je peux sentir ton état de santé, puiser dans tes forces, ou au contraire t’en donner. Je saurais toujours où te trouver et communiquer avec toi lorsque tu seras prêt pour cela. Chacune de tes humeurs, de tes douleurs, je les ressens, du fait que tu ne sais pas encore contrôler ce que tu communiques avec moi. Cela viendra aussi avec le temps, et le plus tôt sera le même. Nous savons tous deux que je ne peux me permettre un tel état de fatigue. Constate donc par toi même… Je me relevais, et soulevais légèrement ma chemise laissant apparaitre mon ventre. Je lui montrais les quelques bleus qui marquaient par ci par là ma peau. A chaque chute et coup qui s’avère mortel pour toi, je dois les prendre sur moi pour te maintenir en vie. Tu ne t’en rends pas compte, j’en suis bien consciente, mais il est temps que tu t’en aperçoives et que tu le constates par toi-même. Ton esprit est fort, mais ton corps ne l’est plus pour l’instant. Si tu as été déclaré mort, ce n’est pas pour rien. J’ai dû te transmettre beaucoup d’énergie, que j’ai d’ailleurs puisée dans mes propres créatures pour rester apte à combattre et ne pas laisser mon Seigneur tomber dans les abîmes de la mort. Tu peux t’entrainer, mais n’oublie pas les limites de ton corps. Laisse le récupérer avant de lui faire subir autant de maux. Tu récupèreras ton endurance et d’ailleurs, elle sera même beaucoup plus importante. Mais avant tu dois te soigner correctement.

Cela me faisait vraiment bizarre d’inculquer un nouvel humain. Barthelemy avait été enseigné par mon seigneur avant que je ne le prenne pour servant, si bien qu’il avait tout de suite était une source de pouvoir et de sagesse également. Torben lui était complètement novice, et je n’étais pas vraiment certaine d’être un si bon professeur pour ce genre de chose. La pédagogie n’était pas mon truc. La violence oui, la cruauté et la vengeance oui, mais la pédagogie… Tout comme les « sentiments » d’ailleurs. Mon ancien servant n’avait jamais eu besoin que j’étale ce qu’il pouvait provoquer en moi de part notre lien. Je me rendais bien compte que ce n’était pas le cas pour mon soldat. N’avait-il pas dit tout haut que ma présence lui avait manqué ? Il ne savait pas encore lire en moi à ce niveau-là, lacune qu’il allait falloir que je rectifie aussi. Il se contraignait avec moi, je le sentais et cela m’agaçais. Je posais mon pouce et mon index de part et d’autre de mon nez et fermais un instant les yeux en lui disant, manquant un peu de patience Bon sang Torben. Arrêtes donc un peu. C’est insupportable. Tu es mon servant humain, alors arrête donc toutes des politesses.



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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Mer 10 Avr - 19:59

    La Reine se tenait devant moi et avait l'air fatiguée. Plus, même, elle semblait lasse et affaiblie. J'eus un instant d'incompréhension ; comment était ce possible, elle qui avait toujours eu autant d'énergie et de volonté ? Et là, mon cœur se serrer, car je comprends pourquoi Krystel semble dans cet Etat. A cause de moi. Je n'ai pas besoin d'entendre ses paroles pour me rendre compte que tout ce qui lui arrive est de mon fait. Je ne savais rien, mais je sais aussi qu'il ne faut pas se cacher derrière des faux semblants, qu'il y a plus en jeux que notre réputation ou notre bonne entente. Il en va de notre propre santé. Je l'entends soupirer, blasée, alors que je fais mon entrée dans la pièce et que je m'agenouille. Je me contrains à ne pas montrer le moindre signe de faiblesse devant le constat de son désarroi, pire, de sa quasi-déception. Je sais que je multiplie les faux pas, mais je ne sais comment m'y prendre. Je ne suis qu'un tueur qui a appris à servir, qui fait ce qu'il peut au service de la plus belle et de la plus terrible femme de ce monde. Krystel est fatiguée et n'a pas beaucoup de patience, je me redresse et la contemple alors qu'elle se tient la tête. Quand elle parle, j'écoute attentivement et enregistre tout ce qu'elle a à me dire. Je ne suis plus une pomme de sang banale ? Je suis surpris. Je n'étais pas vraiment une Pomme de Sang ; la Reine n'avait jamais fort apprécié le liquide carmin qui parcourait mes veines, et elle m'avait procuré son sang beaucoup plus que je ne lui avais procuré le mien. Je savais finalement assez peu l'impression que je laissais à ma propre maîtresse, puisqu'elle semblait me considérer d'une manière toute autre que ce que je pensais être à ses yeux. Moi, je ne pensais être qu'un outil de mort, quelqu'un suffisamment fort pour lui montrer à quel point je pouvais châtier ceux qui osaient la défier, tout comme je m'estimais capable d'accomplir sa volonté. Hormis pour cela, je ne voyais pas du tout en quoi j'étais utile à la Reine, n'ayant jamais été un outil d'agrément. Nous ne couchions jamais ensemble non plus, pas plus que l'on se retrouvait pour discuter de longues heures.


    | Je comprends bien, je ne voulais pas obtenir ce résultat. Je nous savais liés, mais pas à ce point. Je m'étais entraîné pour récupérer au plus vite ma force et mon endurance, et surtout mon utilité à vos yeux. Cela ne se reproduira plus, je peux l'assurer. |


    J'écoute toujours attentivement ce que ma Reine a à me dire. Je sais qu'elle a encore beaucoup de choses à m'apprendre, je ne suis tout simplement pas assez familier de ce que nous sommes en train de vivre pour savoir comment les choses se présentent, ou même pour saisir les tenants et les aboutissants de mes actions. Il est évident que je n'ai pas mesuré la portée de mes actes, ce qui ne constitue absolument pas une défense face à ce que peut me reprocher Krystel. Je n'avais qu'à savoir, ou m'en doutait. Rien ne peut excuser le fait que je l'ai mise directement en danger. Ce qu'elle m'explique me laisse miroiter des choses aussi surprenantes qu'inestimables, tout en me renseignant bien sur le revers de la médaille. Je ne saisis pas encore tout dans son discours, pourtant cela n'empêche pas que je comprends l'essentiel. Notre sort est désormais lié quoi qu'il nous arrive, et nous devons affronter l'existence ensemble. Ce fait est totalement inédit pour moi. Je sens l'agacement de Krystel se renforcer au fil de ses explications. Elle est fatiguée, elle est à bout, physiquement et mentalement. A cause de moi pour une large part. Je me doute que j'aurais dû faire plus attention. Je constate que mon corps entier semble encore endolori de mes efforts. Comme ma Reine peut elle supporter ces sensations en plus des siennes qui lui sont propres ? Je comprends alors que ce lien est autant une force extrêmement forte qu'une faiblesse terrible. En faisant de moi son servant humain, elle m'octroie le genre de confiance que l'on donne d'habitude à un conjoint, à l'amour de sa vie, ou à ses propres parents ou enfants. Je me rends compte que le cadeau qu'elle m'a donné est inestimable, et nous engagent tous les deux. Alors, j'entends le couperet tomber. Pour la première fois depuis longtemps, quelque chose me met en colère, me fait vivre un vrai sentiment. Incroyable. Mon cœur s'emballe quand je m'approche d'elle, détruisant toute la décence des rapports entre un serviteur et sa Reine chez les vampires, foulant du pied l'étiquette. Je touche la Reine, je pose mes doigts sous son menton, l'accompagnant délicatement pour qu'elle me regarde fixement. J'ai même contourné son bureau, et suis presque collé à elle. Je frissonne imperceptiblement à la proximité de son corps. Je me rends compte de l'interdit terrible que je viens de franchir ; toucher la Reine sans sa permission...


    | Ce n'est pas de la politesse ou une marque de respect sans intérêt. Tu m'as vraiment manqué. C'est... Etrange. Je n'ai plus ressenti ce genre de choses depuis longtemps. Je t'ai constamment dans la tête, je ressens tes humeurs, et je ressens ta solitude. Je ressens le besoin irresistible d'être près de toi, et quand tu es là, j'ai envie de te toucher. Je te désire comme je n'ai jamais désiré. J'ai constamment du mal à me concentrer sur ce qui vient de ma propre tête... |


    je suis un survivant, c'est ce que je sais le mieux faire. M'adapter aux conditions. Je ne sais pas où je m'engage, mais j'y vais avec conviction. Je vais plus loin avec Krystel que je n'ai jamais été auparavant. Je guette ses prunelles sombres.


    | Tu m'as fait tiens, et je comprends que tu es mienne aussi. C'est nouveau pour moi, de ressentir une proximité pareille avec qui que ce soit. C'est déroutant. |


    Mon regard glisse sur son cou, ses épaules.


    | Mais pas dénué d'intérêt. |


    Je me penche sur elle. Contre elle. Je hume l'odeur de son cou, de ses cheveux, et lui murmure.


    | Laisses moi réparer mon erreur. Bois mon sang. Je suis là. Je ne me suis que trop reposé ; mon corps est faible, mais pas le sang qui coule dans mes veines. Je mange correctement, cela te ferait du bien. Je le sais, puisque je le sens. |


    en étant aussi proche d'elle et en me penchant dans son cou, je lui fais sentir le mien. Je ressens sa soif.

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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Mer 10 Avr - 23:25



Torben apprenait. Au moins mes mots avant du sens pour lui. Ou du moins un peu à défaut de l’intégralité. Contrairement à ce qu’il pensait, je ne lui en voulais pas. J’étais certes fatiguée et lasse, mais je ne pouvais pas lui reprocher cela. Pourquoi ? Parce qu’il n’était pas au courant, et cela était de ma faute et non de la sienne. Il n’était pas dans mes habitudes de rejeter la faute sur quelqu’un d’autre quand il s’agissait de la mienne. Je n’avais donc aucunement besoin de ses excuses ou qu’il se repentisse devant moi. Sans doute lui faudra-t-il du temps pour intégrer son nouveau statut ? Oui, cela ne faisait pas de doute. Je l’avais endoctriné d’une telle manière à ce qu’il soit un guerrier et non « un penseur ». Il m’avait servi de soldat et pensait – oui je dis bien pensait – qu’il n’était bon qu’à cela. Oui, il excellait dans ce rôle. Pour autant était-il limité à ce dernier ? La réponse était bien évidemment non. Il avait bien plus de potentiel qu’il ne le pensait Il suffit Torben. Cesses donc de t’en vouloir pour des choses injustifiées. Je ne t’ai pas inculqué, tu ne pouvais deviner. Peut-on trancher la main d’un jeune enfant qui ne sait pas que voler c’est mal ? Bien sur que non. Encore une fois mes termes pouvaient être mal interprétés sortis de leur contexte. Je n’insultais pas l’humain de petit garçon, mais énonçais une vérité des plus importantes. Je l’instruisais une nouvelle fois, chose que j’allais devoir énormément faire dans les jours à venir si je ne voulais pas être aussi fatiguée. Je pensais que cela pouvait attendre, mais ce n’était pas le cas. Je n’avais que trop longtemps repoussé. Je pouvais ressentir tout ce qui se passait en lui. Tant qu’il n’apprenait pas à contrôler ce lien qu’il y avait entre nous, je recevais tout pèle mêle. C’était d’ailleurs pour cela que je lui avais dit d’arrêter. Si tu veux m’être utile, commences donc par prendre soin de ton corps et de mon esprit. Fait donc le tri dans tes émotions et tes questions. Redeviens maitre de toi-même, et tu m’épargneras de nager dans tout ce que tu ressens. Tout n’est pas mauvais. Mais tout n’est pas bon aussi. Je saurais toujours ce qui se passe en toi. Seulement je n’ai pas besoin de le savoir aussi fortement.. Plus facile à lui dire que lui à l’appliquer. Je pouvais autant entendre que sentir son cœur s’emballer alors qu’il se rapprochait de moins. C’était… déconcertant. Oui. Je vous l’ai dit, même s’il n’était pas mon premier servant, il se comportait de manière complètement différente. Je n’avais pas vraiment pensé à tout cela en le liant à moi. En même temps, je n’avais pas pu y penser. J’avais fait ce que je devais faire à ce moment-là.

Je ne pouvais pas pour autant dire que sa présence m’était désagréable. En étant mon servant, il calmait mes nerfs, nerfs que lui-même avait mis à rude épreuve. Ce n’était pas étrange ou dérangeant qu’il vienne me toucher, même si je ne lui avais pas dit oralement. Cela faisait partit du « contrat » en fait. Je le laissais faire, le laissant découvrir par lui-même ce que tout cela signifiait. Je notais qu’il arrêtait de me vouvoyer, un bon point pour lui. Il fallait qu’il se rende compte que les distances à imposer n’étaient pas physiques, ni orales, mais métaphysique. Je le sais Torben. Tu n’as pas besoin de me le dire pour que je sache. Tu me renvois tout. Et c’est sur cela que nous devons travailler. Car nous ne pouvons pas nous permettre d’être aussi ouvert l’un à l’autre à chaque instant. Il y a des moments propices et d’autres non. Ce que tu peux ressentir venant de moi n’est qu’une infime partie de ce que je peux réellement ressentir, une infime partie qui filtre entre les barrières que j’ai érigé, et qui faiblissent en même temps que mon pouvoir. Tu te trompes cependant sur un point. Je ne suis pas tienne, car j’appartiens à mon créateur et non à toi. Mon lien avec lui sera toujours plus fort que tout le reste. Cela ne veut pas pour autant dire que je ne t’accorde aucun intérêt. Tu ne seras pas là si ce n’était pas le cas.. Je le laissais se rapprocher un peu plus de moi, et se pencher sur moi. Il vint prendre une bouffée d’air portant mon odeur, et je pus sentir que beaucoup de choses se bousculaient en lui. Je savais ce qu’il allait dire avant même qu’il ne le prononce. J’avais d’ailleurs déjà arqué un sourcil, signe de la négation à venir. Il n’était absolument pas questions que j’étanche ma soif en me jetant sur Torben. Son sang serait meilleur et plus revigorant oui. Pour autant, je ne le ferais pas. Et pour deux raisons complètements évidentes Non Torben. Ton corps est, comme tu le dis faible et ma soif risque de te laisser des séquelles que je devais absorber une nouvelle fois. Car, tes envies et tes désirs au moment de ma morsure vont se mêler aux miens et je ne pourrais pas me contrôler. J’ai déjà vu des vampires perdent leur humain aussi bêtement. Je ne ferais pas la même sottise. Je m’abreuverais à d’autres cous jusqu’à ce que tu sois prêt… Je le repoussais légèrement afin d’écarter sa clavicule de ma bouche. Je déglutis, me forçant à chasser l’envie qu’il me donnait et qu’il me transmettait. Il voulait que je le morde, je le sentais. Mais c’était trop dangereux pour l’instant. Moi qui m’était nourrit dans l’avion, j’avais de nouveau extrêmement faim, et ma fatigue en était pour beaucoup, et donc par extension Torben en était aussi pour beaucoup. Bien commençons. Je me relevais en prenant appui sur les accoudoirs de ma chaise, et détacha de mon cou le foulard que je portais. Je lui nouais autour des yeux, le rendant aveugle. Je lui dis alors Concentres-toi. Cela va faire un peu mal, ne soit donc pas étonné. Je baissais un peu le mur que j’avais érigé entre nous deux, laissant flotter un peu plus le peu de pouvoir qu’il me restait. Je vins me balader dans la pièce, avant de me stopper devant un tableau. Sans le moindre bruit, je le mis à l’envers. Ensuite, je roulais un tapis, enleva une fleur du bouquet qui se trouvait dans la pièce pour venir la poser par terre, et abandonna mes chaussures silencieuses sur une étagère. Je revins finalement vers lui, et sans ôter ce que j’avais mis sur ses yeux, je lui dis Qu’ai-je fait ?. Cet exercice n’était pas facile. Il allait devoir faire le tri dans ce que lui ressentait, dans sa propre tête, mais aussi dans les informations qui venaient envahir son esprit, informations venant de moi. S’il arrivait déjà à trouver, ne serait-ce qu’une chose, que j'avais faite en cet instant, et non pas dans la journée, au moins aurions-nous avancé un peu ce soir…





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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Jeu 11 Avr - 0:15

    Il suffit de quelques mots pour que Krystel ne me calme tout à fait. Son regard est sans appel, le ton sûr, autoritaire. C'est le ton de quelqu'un qui a l'habitude d'être obéit, quelque sans concessions. Je sais à qui j'ai affaire. J'aime cette personne, bien que l'amour n'aie plus beaucoup de sens dans mon existence. J'en suis venu au fil du temps à considérer la vampire devant moi comme la chose la plus importante dans mon existence, parce qu'elle était appelée à régner sur nous tous. Je la suivais comme je suivais Dieu autrefois. L'alpha et l'oméga de mon existence. Je l'écoute, parce que j'ai tout à apprendre d'elle. Krystel ne s'en prend pas à moi, elle défend mon attitude et mon absence totale d'expérience ou de connaissance sur le sujet qui nous occupe actuellement. Je soutiens son regard. Je sais qu'elle ne veut pas m'insulter, je le ressens. C'est quelque chose d'incroyable. Pour autant, je ne me laisse pas démonter. Krystel ne veut pas un vulgaire laquais, sinon elle ne m'aurait pas sauvé, se serait contentée de me remplacer. Je suis là pour être moi, et si cela n'a pas toujours eu beaucoup de sens, j'ai appris à me reconstruire. Je suis un tueur, je suis un guerrier. Je me suis toujours battu pour une certaine conception du bien, et le ferais toujours.


    | Je ne parierais pas sur les chances d'un type qui voudrait me couper la main... |


    Je plaisante. Ce que je ne faisais jamais autrefois. La chose paraît plus amusante avec un ton plein de cynisme pour dire une phrase aussi puérile, la différence entre le ton et les paroles apparaît comme plus comique encore que ce que je voulais faire. Ciel. Je suis encore capable de faire de l'humour. Krystel me dit ensuite que si je voulais l'aider et apprendre, il fallait avant tout que je prenne soin de moi. Concept aussi étranger que celui de marcher sur l'eau. J'avais toujours fait le minimum syndical ; je m'étais soigné quand j'étais malade, pour redevenir plus rapidement fonctionnel. Je me soignais quand j'étais blessé pour la même raison, me lavais pour éviter la maladie, mangeait pour éviter la disette. Je ne faisais jamais rien pour moi, tout pour pouvoir me permettre de rester au plus haut niveau d'efficacité physique et mentale en situation de combat. C'était en cela que j'étais bon, et je n'avais jamais servi qu'à ça de toute manière. Que je redevienne maître de moi même ? Je devais reconnaître que cela n'avait jamais été aussi difficile. Je devais me concentrer pour éviter à la Reine d'être assaillit par mes pensées. Or, c'était compliqué, parce que j'étais moi même à bout, et que j'avais pris l'habitude depuis toujours de penser et d'analyser sans cesse mon environnement. Quel tintamarre ce devait être... J'acquiesce d'un signe de tête, retenant ce qu'elle me dit en m'efforçant de me vider la tête en même temps, ce qui est mission impossible. Quand elle me parle de son lien avec son créateur, je vais encore plus loin que je viens de le faire. La Reine ne m'en laisse pas l'occasion, me parlant et me repoussant face à ma tentative de rapprochement. Je me demandais ce que je ressentirais si elle se nourrissait de moi. Cela renforcerait il notre lien ? Elle m'explique patiemment pourquoi elle ne le fait pas. Je comprends. J'absorbe. Je garde de côté ce que je pense de sa tirade sur son créateur en espérant lui cacher, en bon élève que je compte devenir. Elle me cache les yeux. J'essaie de percevoir ce qu'elle fait par le lien qui nous unit. Un voile de sueur me recouvre le front. J'ai mal à force de me concentrer. Elle finit par me débarasser de mon entrave et me demande ce qu'ele a fait. Je reprends mes esprits, et ne peut m'empêcher d'analyser la pièce.


    | Tu n'as plus tes chaussures. Le tableau est retourné, je t'ai vue le faire. J'ai entendu un bruit de roulement, mais je n'ai rien capté de plus. |


    Je me relevais, furieux de mon échec si évident. Je me détournais un instant de la Reine, constatant de mes yeux ce que mon esprit n'avait su percevoir. C'était pourtant si évident, après coup! Je me retournais vers Krystel, alors que mon mal de crâne me pousse à une nouvelle folie, le corps perclus de douleur qui me font perdre un instant mes repères.


    | Il y a quelque chose que ta fatigue t'a empêché de voir. Et qui concerne ton créateur. Quelque chose qu'il faut que tu saches. Je te l'aurais dite si on s'était croisés plus tôt, ou si j'avais repris connaissance avant que tu ne me lies à toi. |


    Je fixais son regard, et pensais immédiatement après à une chose en particulier. Avec un grand fracas sensoriel, beaucoup de bruit et d'émotions, je revenais sur le champ de bataille. Le tout dernier. Je m'approche de Caim et d'Ausgustus, s'empoignant l'un l'autre dans une étreinte mortelle. Couteau à la main, je pense maintenant à tout ce qui me traverse l'esprit alors que Caim me tente. Je me voie, main dans la main avec la Reine, régnant sur le monde. Je me vois au lit, avec elle, dans une étreinte passionnée. Je me vois planter ma lame dans le cœur d'Augustus pour que Krystel soit à moi. Que tout soit à moi. Et je montre finalement à la Reine que je plonge l'arme dans le cœur de l'hôte de Caim. Je meurs, mon cœur s'arrête. Et je reviens dans ma propre tête, à cet instant précis. Je suis essouflé.


    | La pomme est tombée bien loin de l'arbre, n'est ce pas ? Je sais qu'Augustus avait réussit à délier Hannah de William. Si tu le souhaites, on peut en finir ce soir. Parce que je voulais le tuer, pour te garder toi. Pour avoir tout. C'est ça que tu as transformé en ton servant humain. |

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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Sam 13 Avr - 20:00



Je ne pouvais que sourire à la remarque de Torben. En effet, la personne capable de lui couper une main n’aurait pas de chance. D’une part l’homme n’était pas du genre à se laisser faire et d’autre part, il mourrait de mes crocs pour avoir abimé mon servant humain et lui avoir fait du tort. Car si, en tant que ma pomme de sang et humain à mon service, il bénéficierait déjà d’une certaine sécurité, là en tant que servant humain, cela n’avait plus rien à voir. Il était mon extension et si on lui nuisait, c’était une attaque personnelle envers la reine des vampires. Non seulement je lui apportais du pouvoir supplémentaire, mais aussi une sécurité totale.

En attendant cependant que je l’envoi de nouveau sur la « ligne de front », il fallait que je l’éduque à son nouveau statut. Ignorant au possible, il est pour l’instant plus une source de faiblesse que de force. Ainsi commençais-je tout de suite, me savant très mauvaise pédagogue. Au moins suis-je patiente, un bon point de ce côté-là. Je lui expliquais donc les grandes lignes les plus basiques, avant de le mettre un peu à l’épreuve. Il échoua, pas totalement mais quand même, ce qui l’énerva et donc m’énerva aussi. Bon ce n’était qu’un début. Je ne m’étais pas attendue à ce qu’il soit un parfait servant humain en moins de deux heures. Il avait trouvé au moins une des choses que j’avais faite, c’était déjà bien, même si lui, ne l’estimait pas comme tel. Je pouvais sentir et voir même qu’il était furieux. Détournant les yeux il regarda la pièce pour s’apercevoir de lui-même ce qu’il avait loupé.

Il finit par revenir à moi, mais pour changer de sujet. J’arquais un sourcil lorsqu’il affirma que c’était quelque chose que je n’avais pas vu et qui concernait Augustus. Je restais là, à le regarder et à attendre la suite. Il se crispa un peu, et je fus envahi de pensées qui défilèrent comme, quelque part des images, se superposant à ce que je regardais véritablement. Essoufflé, il finit par comme cracher ce qu’il pensait un lourd secret. Je ne pus m’empêcher de partir dans un grand éclat de rire. Je ne me fichais pas de lui non. J’étais juste amusée par la situation. Voyons Torben ! Ne te mets pas dans tes états pour cela. Je sais très bien ce qui s’est passé. Je n’étais pas loin et surtout j’ai toujours été en lien avec mon créateur. Comment penses-tu qu’il a survécu lui aussi ? Je vous ai porté secours à vous deux. Je me sens juste flattée de l’intérêt que tu me portes. Et c’est d’ailleurs ton choix ce jour-là qui m’a fait de lier à moi. Tu t’es montré digne de devenir mon servant humain. Il n’est donc pas question de défaire ce qui a été fait. Penses-tu vraiment que je prends de telles choses à la légère ? Bien. Maintenant essayons quelque chose. Je vais visualiser quelque chose, et tu devras deviner quoi. Concentres-toi. Vide ton esprit pour ne te concentrer que sur moi. Attention, pas moi en tant qu’individu particulier, mais moi en tant que ton maitre vampire. Et si tu n’y arrives pas, et bien nous recommencerons. Arrêtes donc de t’agacer et de t’en vouloir. Au contraire trouves la paix intérieure et tu y arriveras . On aurait dit un moine bouddhiste qui parlait. Je n’étais pas la comparaison, mais elle était tout de même juste. En même temps, je ne faisais que lui demander ce que j’attendais de lui. Tant qu’il ne sera pas maitre de lui-même, notre lien serait compliqué. Je lui remettais mon étole sur les yeux, pour l’aider à se concentrer, plus que pour lui obstruer la vue. Je portais ensuite mon regard sur l’étagère présente. Je la détaillais, regardant le titre des livres et leurs auteurs, le classement établie, les babioles qui trainaient par si par là, la couleur du meuble, et la manière dont il tenait. Je m’attardais énormément sur chaque élément, pour lui donner manière à trouver. Prend le temps qu’il te faut pour me répondre. Nous ne sommes pas pressés.



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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Sam 13 Avr - 21:49

    Je ne savais pas pourquoi je me mettais dans des états pareils. Cela me ressemblait si peu que j'avais l'impression d'être quelqu'un d'autre. Je me contrôlais toujours, j'avais acquis une capacité de self control tout bonnement inhumaine à force de tortures et d'entraînement. Et là, tout volait en éclats. Comme contrôler ce qui m'arrivait ? Je ne savais tout simplement pas comment m'y prendre, parce que je ne savais déjà pas pourquoi je réagissais comme ça. Etrange, que je ressente de la culpabilité. En était ce vraiment ? Non. J'assumais mes pensées sombres envers le Roi des vampires, que je n'avais jamais porté dans mon cœur. Je lui devais fidélité, certes, mais c'était à la Reine que j'attribuais le plus de potentiel dans la gouvernance de ce monde. Le Roi, lui, était trop vieux, trop engoncé dans ses vieilles coutumes. Il ne comprenait pas les humains comme pouvait le faire Krystel, qui n'hésitait jamais à récompenser ses serviteurs. Je me sentais perdu, tout à coup. Bouleversé, comme si je me rendais compte que j'étais allé plus loin que ce dont j'étais capable. C'était une sensation étrange. Je ne savais pas comment l'expliquer. Peu importait de toute manière, puisque je venais d'avouer à Krystel ce que j'avais fait, ou plutôt, ce que je n'avais pas fait. Impossible de savoir par avance comment elle réagirait. Enfin, si. C'était possible. Simplement, je n'y parvenais pas. Je comprenais plus que jamais quelles étaient mes forces et mes faiblesses. J'avais toujours été doué pour tuer. Jamais pour construire, ou pour aimer. J'étais un soldat, pas un meneur. Je n'étais que Torben. Pas quelqu'un d'important, ni de primordial. Pour qui que ce soit. Krystel éclata de rire, ajoutant encore plus au désarroi que je ressentais. Je la regardais, fixement. Je ne jugeais pas sa réaction, je faisais ce que je savais faire le mieux. Observer, à défaut de comprendre. Krystel m'expliqua ce qu'elle avait ressentit, et me dit qu'elle n'avait jamais ignoré mes intentions. Je ne comprenais pas sa logique. J'avais failli tuer son créateur. Et cela avait eu pour conséquence que je mérite ma place auprès d'elle. Du diable si j'y comprenais quelque chose.


    | Je ne t'ai jamais taxée de légèreté. Pourtant, j'ai failli tuer ton consort. J'ai toujours envie de le faire. Et j'ai toujours envie de t'avoir, envie de tout avoir. Qu'est ce qui garantit que je ne ferais jamais la bêtise d'aller finir ce que Caim a commencé? |


    Simple question, lourde de conséquences. Je laissais ensuite ma Reine me guider. La paix intérieure ? Comment l'atteindre, alors que toute ma vie se résumait à la guerre et son art ? Je ne savais pas. Je me sentais fatigué, éreinté comme elle devait l'être. Pour la première fois depuis longtemps, je ressentais le besoin de boire. Je ne savais pas d'où me venait cette idée saugrenue, alors que me corps s'était depuis longtemps fait à la désaccoutumance de l'éthylisme. Je ne disais rien, parce que j'avais conscience que je n'avais rien d'intelligent à dire. J'étais comme un gosse incapable de grandir, incapable de comprendre. Je venais de basculer dans un monde nettement plus compliqué que celui auquel j'étais accoutumé. J'avais envie de tuer, tout à coup. Plus même qu'envie de boire. Plus encore que mon propre désir pour Krystel. J'avais envie de passer mes mains autour d'un cou, de serrer très fort. J'avais envie de courir sous les balles et de donner la mort à chaque rafale. Je me concentrais. Mais ce n'était pas pour moi. Je ne voyais que des images fugaces.


    | Des livres. Des noms. J'ai le tournis. Vous regardez la bibliothèque, et les étagères. Le Roi avait une grande collection. Je ne parviens pas à lire ce que vous voyez. Je n'y arrive pas. |


    Je soupire, et retire l'étole qui me cache la vue.


    | A quoi bon continuer ? Je ne suis pas bon à ces petits jeux là. Quand j'étais encore à l'armée, mon supérieur disait volontiers de moi que j'étais un excellent soldat, mais que je ne serais jamais officier. Il n'avait pas tord. Je suis bon pour tuer, j'ai ça dans le sang. Mais pour le reste, nada. Quand je suis dans ta tête, Krystel, je ne pense qu'à deux choses. Baiser, ou tuer. Et à chaque fois, j'ai l'odeur du sang et son goût sur ma langue. |

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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Ven 10 Mai - 12:25



Cesse donc de te tourmenter à ce point Torben. Je connaissais très bien tes intentions envers mon créateur. Tout autant que je connais tes intentions envers ma personne. Je sais très bien ce que je fais, et jusque là, je ne me suis jamais trompée te concernant. Maintenant reprenons donc s’il te plait. Il est important que tu t’appliques à suivre mon enseignement. Je lui fis un geste de la main, lui signifiant que le sujet était clos pour ma part. Je ne l’avais pas fait servant humain sur un coup de tête, même si cela aurait pu le sembler. J’y avais réfléchi quelques temps avant et même soumis plus ou moins cette idée à mon Roi. Il m’avait dit gardé son jugement pour plus tard, préférant des actes aux paroles. Et c’est d’ailleurs un conseil que j’avais suivi. Ce qui m’avait poussé à aller au bout de cette entreprise avait été justement le comportement de l’humain lors de la bataille qui m’avait enlevé mon créateur. Le choix qu’il avait fait avait été décisif et j’étais assez satisfaite de ce dernier, même s’il puisait beaucoup dans mes ressources. C’est d’ailleurs pour cela que je lui avais sommé d’arrêter de ressasser de telles pensées et de se concentrer sur ce que j’essaye de lui instruire. C’était aussi une nouvelle pour moi, même si j’avais déjà eu par le passé un servant humain. Torben faisait partis de ces hommes qui ne considèrent des échecs que comme des échecs justement. Il fallait qu’il voit un peu plus loin et qu’il comprenne qu’il lui faudrait du temps avant de tout maitriser. Il ne s’agissait pas de force physique, mais métaphysique, plus difficile donc à maitriser et à comprendre. Je laissais filer un soupir d’impatience lorsqu’il m’annonça qu’il n’y arrivait pas. Il était d’un défaitisme, c’était affligeant. Je levais un instant les yeux au ciel avant de lui dire Il suffit Torben. Ce n’est pas en adoptant une telle attitude que tu y arriveras. Je n’ai jamais dit que cela serait facile. Tu agis comme un enfant qui n’arrive pas à attraper un paquet de bonbons trop haut pour lui. Plutôt que d’essayer de trouver une solution à ton problème, tu baisses les bras. Penses-tu vraiment que cela est une bonne attitude à avoir ? Pour ce qui est de ton envie de sang ou de luxure, justement, il va te falloir lutter contre. Elles ne viennent pas de toi, mais de moi. C’est justement parce que j’ai baissé mes barrières métaphysiques que tu les ressens. De la même manière que je ressens sans casses tes faiblesses. Cet exercice n’a pas pour vocation d’être facile, et je ne suis pas là pour te faciliter les choses. Il est important que tu arrives à te maitriser et maitriser le lien qui nous unit. Je pourrais très bien me couper complètement de toi, peux-tu en dire autant ? Il en va de ta vie, mais aussi de la mienne.

J’étais agacée. Ce n’était pas mon genre. La fatigue et l’épuisement de mes forces y étaient pour beaucoup. Cela était la raison pour laquelle je ne quitterais pas cette pièce, ni n’accorderait aucun répit à l’humain tant que ce problème ne serait pas, ne serait-ce qu’un peu résolu. Je poussais un second soupir et m’approcha de lui Nous allons essayer autrement. Fermes les yeux. J’attendais qu’il l’ait fait, puis vint prendre ses mains dans les siennes. Si la méthode « directe » ne fonctionnait pas, il me fallait trouver une alternative. Je lui inspirais du calme et de la sérénité, prenant sur moi tout le reste des émotions qui le traverser. Je me fatiguais une nouvelle fois un peu plus, mais je le fis quand même. La colère, le ressentiment, l’impatience ou tout autre sentiment de ce genre, j’avais appris à faire avec et à les maitriser. Bien maintenant concentres toi sur ce qui nous unie. Concentres-toi sur notre contact physique, puis essaye de voir plus loin. Essayes de visualiser comme un fin filament qui passe entre nous. Ensuite, essaye de reprendre ta lassitude, tout en maintenant ce lien. Je te préviens, cela risque d’être brutal, mais tu en es capable. Prends ton temps pour le faire. Ce n’est plus quelque chose dont tu manques désormais.


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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Ven 10 Mai - 15:17

    Krystel me faisait visiblement confiance pour une raison qui m'échappait totalement. Comment pouvait elle avoir l'assurance que je n'étais pas un traître en puissance, après tout ce que j'avais fait ? J'avais certes finalement aidé son époux à survivre, mais il me semblait aussi important de souligner le fait que j'avais faillit le poignarder dans le dos, manquant de peu de succomber à la tentation de tuer le Roi pour prendre sa place. Cela aurait été si facile... Un seul coup expert, comme j'en avais eu tellement l'habitude, et tout serait terminé pour le Grand Roi de l'Empire de la Nuit. Et j'aurais tout. Richesses à ne plus savoir quoi en faire, immortalité, pouvoir, femmes. J'aurais tout. J'y avais pourtant renoncé d'extrême justesse, et m'étais presque condamné ce faisant. Je comprenais que mon geste final pouvait jouer en ma faveur, mais je ne comprenais que difficilement qu'elle ne se méfie pas de moi. J'avais confiance en elle, et elle semblait conserver toute confiance en moi. Je ne remettais pas en question ses compétences. Elle avait toujours parié sur moi et n'avait visiblement jamais été déçue. Je ne méritais pas tant, alors je ferais en sorte de la combler de toutes les façons possibles et imaginables. Personne dans toute ma vie ne m'avait jamais confié autant de responsabilités sur les épaules, ne m'avait fait aussi confiance qu'en cet instant. Je haussais les épaules.


    | Ainsi soit il. J'espère juste que tu sais ce que tu fais. |


    Krystel soupira de nouveau d'impatience devant mon comportement, ce qui m'agaça autant à son niveau qu'au mien. J'avais l'impression d'être bon à rien et de ne pas être à ma place. La Mort était mon domaine et le champ de bataille ma maison, mais je n'entendais rien à la force de l'esprit, à la maîtrise de ses pensées ou de tous ces trucs qui me semblaient complétement abscons. Krystel me remit à ma place assez sèchement, mais non sans m'expliquer ce qu'elle attendait de moi. Bien entendu, elle avait raison. Je me forçais à me calmer et à me reconcentrer. Pourquoi était ce aussi difficile ? J'étais un modèle de maîtrise et de contrôle sur mon propre corps d'ordinaire, un soldat qui ne bouge ni n'agit que sur ordre. Et là, j'étais comme un fauve en cage. Je commençais à deviner que ce comportement qui ne me ressemblait pas était dû à toutes les pensées et les émotions que je captais de ma Reine, ce qu'elle me confirma bien vite. J'inspirais profondément et me calmais. Je me figeais physiquement, reprenais peu à peu le contrôle en écrasant impitoyablement chaque pensée et chaque pulsion comme je le faisais autrefois lorsque j'avais besoin de me concentrer pour tuer. Je redevenais quelqu'un de froid, de concentré. Je n'étais plus qu'une arme, ce que j'avais toujours été. Je rouvrais les yeux, me dominant à nouveau. Krystel soupira à nouveau, s'approcha de moi et me demanda de fermer les yeux. Je m'exécutais. Et sentis ses mains sur les miennes. La Reine m'expliqua à nouveau ce qu'elle attendait de moi, et je me concentrais. Je fis le tri dans ce que je pensais. J'eus la sensation d'être aspiré à toute vitesse par un courant électrique, qui me fit frémir, et m'hérissa le poil. Je sentais beaucoup de choses, avec énormément de force et de violence. D'abord, mon cœur se serra d'inquiétude ; je sus qu'il s'agissait de Krystel, et cela me tua de sentir à quel point ma situation l'inquiétait. Ensuite, vint me faire saliver une faim incroyable, mêlée à une soif de sexe que je n'avais jamais connu avec qui que ce soit. Elle voulait se nourrir. Et plus que tout, elle était agacée. Enfin, je me sentais moi même impatient. Fébrile. Désireux de faire ses preuves. Je me sentais fort, plus que je ne l'avais jamais été, et je sentais aussi mon désir et ma loyauté envers ma Maîtresse. Je sentais tout. Je voyais tout. Avec plus de force que jamais. J'avais l'impression de posséder un sens nouveau, incertain, mais terriblement puissant. Je me sentais fort, plus encore à chaque seconde. Et je sentais le potentiel de Krystel. Elle n'était pas une déesse. Elle était bien plus. Je rouvrais finalement les yeux, lui offrant un léger sourire.


    | Outch... |


    Je chancelais un instant, pris de vertiges. Je m'appuyais sur le rebord u bureau et fermais puis rouvrais plusieurs fois les yeux, pour calmer le rythme effréné qu'avait pris mon cœur. Haletant, je pris le temps de récupérer ma respiration. Avant de tourner à nouveau le regard de la vampire. J'y voyais le monde brûler et le sang monter jusqu'à la lune à grands renforts de hurlements de terreur, de cris de souffrance et de râles de plaisir. J'étais encore submergé par ce que j'avais vu, les images défilant toujours dans mon esprit. Je ressentais toujours le désespoir et la haine qu'elle nourrissait vis à vis de ses ennemis après que ceux ci l'aient privé de l'amour de sa vie. Je fis ce que je n'aurais jamais osé à un autre moment. Je la pris contre moi. La serrant délicatement, en un simple geste d'affection et de loyauté, pour lui signifier que je comprenais, et que j'étais là avec elle. Nous étions deux, désormais. Je vins lui murmurer à l'oreille, d'un ton plein de force et de vigueur.


    | Si c'est ce que tu veux, je peux conquérir ce monde pour toi, et le faire brûler devant tes yeux. Un mot, un seul. Et ce monde est à toi. |

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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Jeu 4 Juil - 0:37



Mes schèmes de pensées échappaient totalement à Torben. Ou du moins pour l’instant. S’il arrivait à suivre entièrement mon initiation, nous ne pourrons avoir aucun secret ni mystère l’un pour l’autre. Tel était la puissance du lien qui nous unissait désormais, même s’il ignorait encore l’étendu de cette dernière. Un servant humain et un vampire ne font plus qu’un, et agisse à l’unisson. Si je l’avais préparé bien avant les années sanglantes à être le représentant de ma personne, lui faisant comprendre que ce qu’il ferait serait considéré comme un acte que j’aurais moi-même accomplie, ce n’était pas pour vain. Je l’avais testé d’une certaine manière, et il ne m’avait pas déçu. Depuis que je l’avais détruit pour faire de lui un homme fort, il ne m’avait jamais donné à douter de sa personne et de ses intentions. Je savais très bien ce qui se tramait en lui, et le sang que je lui donnais en était pour beaucoup. D’ailleurs, je comptais bien le soigner de son addiction à mon nectar. Ce dernier ne devait plus représenter une drogue pour lui, mais un plaisir, un plaisir partagé. Un vampire ne donne pas son sang à n’importe qui après tout, et ce dernier doit rester ce qu’il est : un liquide précieux et puissant, partagé avec de rares élus.

Mais une seule chose à la fois. Pour l’instant ; il y avait plus urgent. La priorité était qu’il comprenne que nos forces étaient liées, tout comme nos humeurs, ou encore nos envies. Il fallait qu’il apprenne, sans se fermer à moi, à contrôler ses dernières. Elles envahissaient que trop souvent mes pensées et me déconcentrées. Il me rendait vulnérable et faible, puissant dans mes ressources. Je ne lui en voulais pas non. Cela était de ma faute et je le reconnaissais. Je n’aurais pas dû attendre avant de le former. Appelée à d’autres affaires, je l’avais laissé plutôt que de l’amener avec moi et de l’instruire. J’étais rentrée pour remédier à cela. J’avais délaissé des projets en ce sens, et en effet, je savais ce que je faisais. Je lui fis un simple signe de la tête pour lui répondre. Pas besoin de parler pour ne rien dire. Enfin, je savais ce que je faisais, même si j’avais eu la sottise de penser que cela donnerait des résultats plus probants. Je le savais, ma fatigue impactait inévitablement sur ma patience et je ne cessais de soupirer, ce qui ne me ressemblait que très peu. Je me forçais tout de même à garder mon calme et d’être un bon professeur pour Torben. Cela était important, primordiale même. Il y mettait du sien et même si tout ne fonctionnait pas comme lui le voulait, il arrivait à percevoir certaines choses. Pour autant, il n’était pas satisfait de lui, ainsi fis-je prendre une autre direction à cette leçon. J’établie un contact physique avec lui, afin de facilité un contact métaphysique.

Si l’exercice n’avait pas été finalement réalisé, il n’avait pas été vain pour autant. Torben était arrivé à se connecter à au lien qui nous unissait et à ressentir tout ce que je pouvais ressentir. Oh j’aurais pu l’en empêcher oui, mais cela n’aurait présenté aucun intérêt. Je le laissais s’introduire dans tout ce que je ressentais, le laissant trier et déterminer ce qui lui était propre à lui, et ce qui était propre à ma personne. C’était là un début très prometteur de la part de l’humain. Il se retira ensuite, non sans brutalité pour lui. S’il s’était aventuré peu à peu sur ce chemin, il l’avait quitté trop subitement. Il chancela, et fit pris de vertige. Sans l’aider physiquement parlant, je bridais notre connexion, ne laissant passer que du calme et de la sérénité. L’avantage d’être un être tel que celui que je suis, c’est d’arriver à tirer de toutes les situations possibles les sensations dont nous avons besoin. Là, j’offrais donc à Torben des sensations paisibles, pour l’aider à se remettre de ce qu’il venait d’éprouver. Il calma sa respiration, et les battements de son cœur se firent moins rapides, reprenant un rythme plus normal.

Et puis il fit quelque chose que je n’avais pas vu venir, dont je ne me serais pas doutée. Il vint me prendre dans ses bras. Non pas par possession, mais par… affection. Ce n’était pas vraiment le genre de choses auxquelles j’étais habituée et il me déconcerta. Oui, vraiment cet humain ne cesserait jamais de m’étonner. J’écoutais ces quelques paroles, avant de me mouvoir de nouveau et de m’écarter légèrement de lui. J’étais restée juste assez de temps pour ne pas le vexer, sans trop m’attarder non plus. C’était vraiment étrange, oui, à mes yeux, vraiment étrange. Jamais je n’avais été « consolée ». Ou du moins jamais après mes 6ans d’humaine. Autant vous dire que cela fait des lustres. Je ne doute aucunement de tes capacités Torben, mais il n’est point l’heure pour cette terre de brûler. Pas tout de suite. Patiente mon enfant, un jour cela arrivera. Mais pour l’instant, d’autres projets doivent prendre vie… D’ailleurs, je pense que ce sera tout pour ce soir. Nous avons tous deux besoin de nous nourrir et de nous reposer. Va en cuisine te chercher un repas. Ensuite rejoins-moi. . Je ne lui disais pas où me rejoindre. C’était à lui de le trouver, de le « ressentir ». Je lui fis signe de sortir et lorsqu’il ne fut plus en vue, je gagnais une des chambres de mon manoir, qu’occupait deux de mes pommes de sang.

Être avec Torben, l’enseigner m’avait donné faim et ne pouvant pas pour l’instant boire son sang, je devais me tourner vers une autre source. Je m’étais coupée pour l’instant de l’humain, ou du moins juste assez pour ne pas que nous partagions les mêmes envies, ni les mêmes sensations. Même s’il le voulait, il ne pourrait plus lire en moi. Pas pour l’instant en tout cas… Une fois dans la pièce, je m’étais assise sur le lit et avait laissé un de mes encas venir s’asseoir entre mes jambes, par terre. Il inclina la tête, comme l’objet qu’il était, et repoussa ses cheveux sur le côté, ne laissant plus rien entre sa jugulaire et mes lèvres. Je vins lécher d’abord son cou, avant d’y enfoncer délicatement mes crocs. Si j’avais pour habitude de rendre la morsure agréable, je n’avais pas vraiment la force ce soir de le faire. Ainsi pris-je soin de ne pas trop lui faire de mal. Les premières gouttes attisèrent ma soif, et je dus me faire violence pour ne pas puiser trop d’un coup. Je me forçais à n’en prendre qu’un peu par petit peu, de manière constante. Mon humain se crispait légèrement sous l’effet de la douleur, non habituait à cela, ainsi finis-je par le distraire en passant mes mains sur sa chair. D’ailleurs, le second homme vint lui aussi rendre ce moment plus agréable, en parsemant son corps de baisers et de légères morsures. Une pomme de sang est plus agréable à boire lorsqu’elle est détendue et désireuse, plutôt que stressée. Je puisais une dizaine de minutes dans son sang, avant de me stopper. J’avais encore faim, mais je ne pouvais pas continuer à m’abreuver de lui, au risque de mettre sa vie en péril. Dès que mes crocs furent sorti de sa chair, il s’écarta et laissa sa place à son compagnon.  Entre Torben. Vient prendre ton repas, en même temps que je prends le mien J’avais senti sa présence alors qu’il était au bout du couloir, mais j’avais attendu qu’il s’arrête devant la porte fermée avant de l’autoriser à rentrer. Il avait été important qu’il trouve par lui-même ou je me trouvais. Je n’attendais d’ailleurs pas qu’il rentre avant de percer la chair de mon deuxième humain. Contrairement à son compagnon, la douleur de mes crocs lui apporta du plaisir immédiatement. C’était d’ailleurs pour ces genres de penchants que j’avais gagné cette chambre. Il avait toujours apprécié mêler au plaisir un peu de souffrance, ce qui faisait de lui un de mes jouets favoris. Et dans ce sens, je lui avais accordé de partager sa chambre avec son compagnon. Je récompensais toujours mes humains pour leur loyauté et leur dévouement, toujours. C'était d'ailleurs une des choses que je devais inculquer à Torben...

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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Jeu 4 Juil - 2:36

    Instantanément, alors que j'enlaçais Krystel, je sentais un grand trouble l'habiter. Pas de la gêne à proprement parler, mais une certaine dose d'incompréhension mêlée à de l'hésitation. Je ne parvenais pas à lire assez bien en elle pour savoir si cela lui plaisait ou non, mais j'estimais assez naturellement l'inverse. La Reine des vampires n'était pas femme à se laisser consoler comme une enfant, ou en tous cas pas comme une personne normale. Elle était d'acier, et l'acier rompt plutôt que de plier. Elle était pareille. Choisissant son propre destin, jamais la moindre demie mesure, elle était condamnée à tout gagner ou à tout perdre sans jamais trouver de compromis qui soit susceptible de durer dans le temps. Je venais de lui proposer de lui conquérir ce monde, et j'étais sérieux. Le temps des paroles en l'air était depuis bien longtemps révolu. J'étais sérieux, parce que j'avais compris depuis longtemps que je ne pourrais sauver ma vie, que je ne pourrais protéger les miens. Les gens étaient depuis toujours et de manière systématique guidés par la notion de contrôle. Contrôle de leur destin, de leurs proches, de leurs aspirations. Cela n'avait rien à voir avec la liberté. Un esclave aime le contrôle qu'il a sur lui même. Si son maître va trop loin, il a toujours la liberté de se tuer lui même. Cette notion de contrôle change d'un individu à l'autre, d'une société à l'autre, d'une époque à l'autre. Mais existe toujours. Ce besoin de contrôler son environnement est, je l'ai découvert relativement récemment, le pire poison qui soit pour l'homme, car cela implique aussi la notion d'espoir ; on espère que tout sera comme aujourd'hui, et même que cela ira en s'améliorant, tant qu'on garde le contrôle. J'avais abandonné cette façon de voir les choses, ce qui m'avait conduit aux portes de la folie alors qu'une partie de moi même ne pouvait se résoudre à abandonner Hannah, Jana ou encore Cora. J'avais tout laissé de côté, j'avais appris à ne plus me laisser berner par l'illusion du contrôle. J'étais un guerrier, j'étais fait pour tuer et pour mourir aussi bien que d'autres sont faits pour gouverner ou pour chanter. C'était ma vocation. Abandonner l'illusion du contrôle m'a paradoxalement rendu beaucoup plus libre que je ne l'avais jamais été. Dès lors, je n'avais plus la moindre limite, comme l'a prouvé ma conduite envers le Roi le jour de la bataille finale contre les forces démoniaques. Ne comptait plus que ma tâche, ma vocation. Et je m'abandonnais au destin.


    Krystel modéra mes paroles en me laissant entendre qu'elle avait bien entendu toujours ses plans de conquêtes à l'esprit, mais que chaque chose venait en son temps. La patience était sans doute ma plus grande découverte de ces dernières années. Je l'avais fait mienne, et cette qualité avait contribué à me rendre encore plus dangereux qu'auparavant. La patience, quand elle remplace la seule témérité, est plus qu'intéressante... Cela ne m'empêchait pas de me montrer implacable quand le besoin s'en faisait sentir, mais c'était une forme de courage raisonnée. Krystel mit fin à ma leçon, me dit d'aller chercher un repas, puis de la rejoindre. Je comprenais aussitôt qu'il s'agissait d'un nouveau test.



    | Votre serviteur... | dis je en inclinant légèrement la tête avant de sortir


    Je sortais de la pièce, et me rendais jusqu'aux cuisines. Je me sentais paradoxalement plus faible qu'en début de soirée, mais d'un autre côté plus fort. Comme si la leçon m'avait fatigué, mais m'avait permis de devenir plus fort, plus aguerri. J'espérais qu'il s'agissait de plus qu'une simple sensation. Il fallait que je sois efficace, je n'avais tout simplement pas le choix. Je continuais de marcher dans les couloirs, comme un fantôme. Sans parler à quiconque ni faire le moindre bruit. Une fois dans les cuisines, je me servis un plat de base, que je me faisais tout seul dans mon coin. Je connaissais le cuisinier en chef et tous les commis, mais ma place un peu à part faisait que je mangeais à n'importe quelle heure. On me laissait tranquille dans un coin, pendant que je me préparais un sandwich, avec des crudités, du fromage, et du rôti. De quoi me caler, et m'aider à reprendre des forces, bien que ce n'était pas le meilleur plat qui soit. Je l'emballais dans du papier journal, prit une serviette, et m'ouvrais de nouveau au lien que je partageais avec ma Maîtresse. Je la sentais de manière confuse, mais bien présente. Je me mis en route. Elle était partie manger ; je la sentais avec plus de vigueur. Jusqu'à ce que j'arrive dans la chambre d'une paire de ses pommes de sang. Ces personnes me procuraient toujours autant de dégoût, et je ne fis aucun effort pour être aimbale avec eux. Comment pouvait on être esclaves de pulsions charnelles et sanguinaires, quand on pouvait œuvrer à quelque chose de plus grand ? Je commençais à manger, répondant à l'invitation de la Reine, lorsque celle ci se nourrit d'un autre humain, qui prit du plaisir à être clairement dominé, à n'être qu'une poche de sang. Je gardais mes opinions pour moi, continuant de manger. Et finalement, je décidais d'énoncer ce que je pensais. Je n'étais pas devenu servant humain pour ne rester qu'un simple serviteur, j'étais au dessus d'eux.


    | Ma Reine ne souhaite t'elle pas meilleur repas que des proies pis que consentantes, serviles ? Vous méritez mieux que ça. |

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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Ven 5 Juil - 19:40



Mes schèmes de pensées échappaient totalement à Torben. Ou du moins Torben était un peu présomptueux. Je pouvais très bien sentir ce qu’il pensait des pommes de sangs qui me servaient de repas. Il se pensait supérieur à eux, et ces derniers indignes de moi. Je pensais pourtant qu’après tout ce temps passait à les côtoyer, il aurait pu comprendre. Mais non. Je savais que je devais lui donner une leçon à ce propos, et cet instant était parfait pour cela. Je ne lui répondis pas tout de suite, continuant de m’abreuver de l’homme qui s’était un peu tendu après la réflexion de Torben. Il ne me lâchait pas du regard d’ailleurs, comme un signe de défi. Il n’était pas question que les choses dégénèrent, ainsi lui passais-je mes doigts sur ses yeux, les lui faisant fermer. J’usais un peu de mon pouvoir de morsure pour le calmer et le détendre. Une viande tendue est toujours moins bonne. Quant à Torben je lui lançais un regard lui ordonnant de se taire. C’était de sa faute après tout. Il n’avait certes pas pensé à mal, cependant sa réflexion était très mal venue. Une dizaine de minutes plus tard, je sortais mes crocs de l’homme. Je ne pris que la quantité de sang qui ne mettrait pas en danger l’humain. Même après avoir bu à deux veines différentes, j’avais encore un peu faim, mais beaucoup moins qu’avant. Je pourrais tenir jusqu’à mon réveil, sans aucun problème. Et puis, il fallait que mon humain se rassasie aussi totalement. Cela calmera aussi mes envies qui s’étaient mêlées à ces besoins à lui. D’ailleurs, je lui dis alors que ma pomme de sang restait la tête contre ma jambe Pourquoi les considères donc tu avec si peu d’estime ? Pourquoi sont-ils donc indignes de ma morsure ? Expliques moi quels seraient donc les humains qui mériteraient me nourrir ? J’étais vraiment curieuse de ses réponses. Je ne comptais pas le réprimander non du tout. Je me demandais juste d’où lui venait cette vision des choses et des deux pommes de sang qui venaient de me nourrir. La première s’était d’ailleurs glissée derrière moi après avoir récupéré, et s’était mis à me masser les épaules, comme il le faisait à chaque fois. A la différence près qu’il était conscient que je ne partagerais pas leur couche ce soir et qu’il serait déplacé de faire glisser mes vêtements le long de mes épaules et de se dévêtir. Là, j’étais en entretien avec mon servant humain, et ils savaient qu’ils ne devaient pas intervenir, ni même me gêner. Ils restaient à leur place et de prendraient aucune initiative, sauf contre ordre de ma part. Ainsi, ils ne vinrent pas m’importuner alors que je regardais fixement « la mort », attendant une réponse de sa part à mes interrogations.

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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Ven 5 Juil - 23:23


    Je me rendais bien compte que mes paroles, sinon mon ton, pouvaient paraître arrogants, présomptueux, voire totalement déplacés. Il fallait que je clarifie ma pensée, sinon la Reine ne manquerait pas de se fourvoyer sur mon intention. Ce qui pouvait sonner comme pure vantardise n'en était pas vraiment. Krystel ne s'arrêta pourtant pas de boire, pourtant je ressentais une... Réaction... à mes paroles. Celles ci ne l'avaient pas laissée indifférente, mais le besoin de parler était de toute évidence moins fort que celui de s'abreuver. Elle continuait donc de boire le sang de son humain tendu comme un nerf de bœuf, et je faisais donc de même. Sauf que moi, ce n'était pas de sang que je me nourrissais, mais de nourriture parfaitement humaine. Je finissais de manger sans un bruit, et attendait avec patience que ma Reine en ai terminé de son côté. Je ne voulais pas la brusquer, mais je ne voulais pas non plus qu'elle ignore totalement mon commentaire. Je savais cependant qu'elle prendrait le temps de me répondre, tout simplement parce que je n'étais pas pour elle un simple humain lambda. Elle me demanda alors ce que je voulais dire dans mes propos ; elle m'offrait donc l'opportunité de m'expliquer. Opportunité que je saisissais sans le moindre problème. Son regard aux reflets rouges de sang se posa sur moi et me dévisagea ; la belle attendait une réponse franche et honnête. Je lui parlais de toute façon comme à mon habitude. Sans détour. Non sans regarder l'homme qui se mit à la masser. L'homme me dévisageait avec une rage contenue mais palpable. Visiblement, il n'aimait pas que quelqu'un d'autre soit au centre des attentions de la Reine tout en le considérant comme quantité négligeable.


    | Tu es un prédateur. Tu es la plus puissante des vampires. Tu es appelée à diriger ce monde. Et pourtant, Tu te nourris de menu fretin. Des individus sans volonté, sans force. |


    Je détaillais de la tête aux pieds les deux individus, les regardant non pas comme des êtres humains, mais comme ce qu'ils avaient accepté d'être.


    | Ils sont du simple bétail. Sans autre désir que celui de te plaire. Des esclaves volontaires, sans doute les pires de tous. Leur sang a l'odeur de leur paresse et de leur luxure ; ils n'ont aucun talent utile. |


    Je reportais mon regard sur la Reine, conscient que je ne disais pas toute la vérité.


    | Que ce soit en termes de sang, de sexe ou de confort, tu peux trouver bien mieux. Les fondements de ton espèce sont la traque et la prédation. Pourquoi abandonner ? Les humains ont resséré leur surveillance, mais je sais comment faire pour te fournir du sang plus fort, du sang de guerrier, du sang d'hommes ou de femmes de pouvoir. |


    Je pénétrais l'intérieur de ses pupilles d'un regard franc et tout ce qu'il y a de plus sérieux. Depuis bien longtemps, je ne dis plus aucune parole que je ne pense pas.


    | Et puis, il y a moi. Je suis sans doute moins performant qu'eux au boudoir. Je suis, tu me l'as déjà dit, d'un sang qui n'a rien d'un nectar. Mais je suis fort. Infiniment plus qu'eux. Ils te choisissent par vice, par simple goût du stupre. Je te choisis parce que tu es ce que tu es. Et contrairement à eux, je suis capable de te tenir tête. |

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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Dim 7 Juil - 16:22



L’analyse de Torben se tenait. Mais, car oui, il y a un mais, il n’avait pas connaissances de tous les éléments. Son ignorance le trompait sur de nombreux points et j’avais donc raison : il s’estimait au-dessus des deux hommes, plus digne de moi qu’ils ne le seront jamais. Oui, il avait plus de potentiel qu’eux. Pour autant, il n’était pas acceptable qu’il traite mes pommes de sang avec aussi peu de respect et de considération. Je me levais, et les deux hommes qui m’entouraient bougèrent dans un même mouvement. Ils se levèrent, pour se tenir bien droit, juste derrière moi. Oui, d’apparence, ils étaient complètement dociles et soumis. Pour autant cela n’avait pas toujours été le cas. J’avais des esclaves qui étaient venus au départ de leur plein grès, mais il y en avait beaucoup plus que j’avais chassé, que j’avais arraché à leur petite vie pitoyable pour en faire mes suivants. Je fis signe à mon servant humain de s’avancer. Puis, lorsqu’il fut à ma hauteur, je me décalais afin qu’il se retrouve complètement en face des deux hommes dont je venais de me nourrir. Je lui montrais celui de droite et dis Thomas que voilà était jadis un espion du gouvernement français. L’avoir dans cette chambre n’a pas été des plus simples. Je l’ai traqué sur plusieurs mois. Oh certes, j’aurais pu l’hypnotiser, mais cela n’aurait représenté aucun intérêt. Nous avions un accord : s’il arrivait à me blesser, il serait libre. Si je l’attraperais, il l’accepterait et serait à moi. Il m’a toujours servi fidèlement depuis, et notamment pendant les années sanglantes où ses informations étaient des plus précieuses. Sa récompense a été de faire venir son compagnon au sein de ce manoir. Vois-tu Torben, ceux que tu estimes si peu possède chacun une histoire singulière. De la même manière que toi aussi tu en possède une. Certains sont complètements soumis parce que cela est dans leur nature. D’autres le deviennent parce qu’ils y tirent de l’intérêt. Apprends quelque chose de cela très cher : traite tes ennemis avec le respect qu’ils méritent, mais encore plus tes alliés. Un royaume ne peut se bâtir que par un entourage solide. Et si on vient à te trahir, sans soit pitié, sans clémence. Cela vaut pour les vampires, mais également les humains. Après tout, tu m’es plus utile que de nombreux vampires, et pourtant tu n’es pas de mon espèce. Si depuis toujours des vampires se sont attachés à vous, ce n’est pas sans raison. Je fis signe aux deux hommes de nous laisser. Lorsqu’ils furent sortis je me glissais dans le dos de torben et approcha mes lèvres de son cou. Je lui susurrais alors, mes lèvres effleurant à chaque mouvement sa peau. Je sentais chacun des battements de son cœur. Quant à l’optique de te boire toi, plutôt qu’eux, cela est en effet mon intention…. Je sortais mes crocs, les posais sur sa jugulaire, avant de subitement aller m’asseoir sur le lit, en face de lui Mais pas tout de suite. Tu puisses toujours dans mes ressources, et je ne suis pas rassasiée. Te mordre ne servirait absolument à rien, si ce n’est de te faire souffrir. Et cela n’est pas mon intention. Affaiblir pour rien mon servant humain, et lui faire mal ne représentaient aucun intérêt. Oui, je comptais m’abreuver de lui, et le plus tôt serait le mieux. Nous étions à présent lier et il pouvait m’apporter beaucoup plus que toutes mes pommes de sang réuni. Et puis, lorsqu’un vampire se lie à un être de son espèce, il passe quelque part un pacte avec ce dernier. Si cela ne m’empêcherait jamais de me nourrir à une autre veine, je privilégierais toujours la sienne. Mais avant, il devait se renforcer, se contrôler et apprendre à gérer et son physique et son métaphysique. Pour l’heure, il serait plus sage que tu te reposes. Regagne tes quartiers. Tu me rejoindras dans les miens lorsque je serais totalement rassasiée. Ces prochains jours, tu resteras constamment à mes côtés. . C’était important que nous restions l’un avec l’autre. Il m’affaiblissait et représentait donc une arme contre moi. Si sa mort ne m’entrainerait surement pas avec lui – après tout il n’était mon servant que depuis très peu de temps-, je ne désirais absolument pas qu’il lui arrive quelque chose. Un vampire et un servant sont toujours plus forts ensembles ainsi il apparaissait des plus primordiale qu’il reste toujours avec moi. Je comptais bien l’instruire, que ce soit aux rouages de notre nouveau lien, qu’à ceux de ma position et de ma manière de faire. Je lui apprendrais le respect des autres habitants de cette demeure, et lui ferait profiter des apports de ses derniers. Il fallait que je lui apprenne à me nourrir sans que nous ayons un contact physique, via ce que lui ferait de son côté. C’était important. Je comptais d’ailleurs, pour cela, faire revenir Cora de manière temporaire au manoir. Je savais l’affection qu’il avait pour elle. Elle serait ainsi la passerelle et un début qui s’annoncera plus simple pour l’homme. Sur ces quelques paroles, je le laissais s’en aller et je gagnais pour ma part une nouvelle chambre habitée par une de mes favorites pour m’abreuver de luxure et de sang…


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MessageSujet: Re: The Bright Flash [Livre II - Terminé]   Dim 7 Juil - 17:41

    Je sentais que mes paroles faisaient réfléchir Krystel. Ou en tous cas, qu'elles lui évoquaient quelque chose. Je ne savais pas exactement quoi, pour la simple et bonne raison que je ne maîtrisais absolument pas notre lien. Il fallait que je me rende à l'évidence, l'existence de progrès n'impliquait visiblement pas que je sois totalement capable de décrypter les pensées de ma Reine, ou en tous cas les sensations qui l'habitaient de manière constante. A ce propos, je constatais très clairement le bouillonnement que connaissaient les vampire ; ils étaient constamment submergés par des pulsions ou par des sensations que leur procuraient leurs sens. C'était quelque chose d'assez chaotique. Je comprenais d'autant plus aisément comment pouvaient être déstabilisés par tout ce qui se bousculait dans leur tête et dans leur cœur. Ces cibles ne seraient qu'encore plus faciles à atteindre, c'était un fait. Par contre, le contrôle sur soi dont pouvaient disposer les vampires était proprement ahurissant, et il fallait bien avouer que cela ne les en rendait que plus fort. En particulier ma Reine, qui était de ce monde depuis bientôt un millénaire, et qui pouvait donc prétendre au statut d'être le plus ancien et puissant foulant ce monde. Je savais que des démons pouvaient s'avérer beaucoup plus anciens, mais ils ne vivaient pas dans cette réalité, ils ne faisaient que l'envahir de manière épisodique comme des maladies cherchant à abattre l'Humanité. La Reine cherchait à me faire comprendre son point de vue, ce que j'essayais de comprendre malgré mes difficultés évidentes à ce niveau là. Elle me raconta l'histoire d'un de ses humains de compagnie. Je n'avais cure de ce qu'il était autrefois, mais je devais quand même avouer que l'explication de Krystel était loin de me convaincre. Comment pouvait on avoir la faiblesse de la chair et du sang aussi profondément inscrite en nous alors qu'un entraînement des plus rigoureux était sensé apprendre le contrôle total sur ses pulsions ? Je reportais mon attention sur Krystel.


    | Peut être que l'entourage doit être solide. Mais si ne ne m'abuse, c'est justement mon rôle, et celui de ta famille. Eux peuvent te servir plus simplement. Mais n'étant pas vampire, je ne peux avoir le front de dire te comprendre. Tu vis sur ce monde depuis bien plus longtemps que moi, je ne peux donc que te faire confiance sur tes connaissances du vivant. |


    Après tout, qui étais je pour juger ? Un servant humain. Sans Krystel, je ne suis rien de plus qu'un simple tueur. Je n'avais aucun talent pour les choses de la connaissance, de la diplomatie, du culturel. Je n'étais qu'un tueur, avec tout ce que cela impliquait. Cela faisait de moi quelqu'un d'extrêmement seul, qui nourrissait peu d'illusions sur le dénouement de son existence, et qui ne comprendrait probablement jamais tout à fait son environnement. Je frémis lorsque ma Maîtresse vint se positionner dans mon dos, effleurant mon cou de ses lèvres, me disant qu'elle comptait bien me boire. Cela réveilla quelque chose en moi, quelque chose que je ne ressentais plus depuis longtemps. Du désir. Un désir pur et sans sous entendu. Je la désirais, je désirais la faire mienne et j'aimais l'idée de lui appartenir complètement. J'étais presque haletant quand elle me laissait pour rester devant moi.


    | Je suis tiens, ma Reine. |


    Une phrase si simple au contenu si complexe, si riche. Je ne pouvais rien dire de plus sans tomber dans le superficiel ; elle comprendrait. Je courbais l'échine lorsqu'elle me donna l'ordre de disposer.


    | J'ai hâte d'y être. |


    Avant de sortir, je me retournais une dernière fois avant de sortir.


    | Je ne te décevrais pas. |

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The Bright Flash [Livre II - Terminé]
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