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Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Mar 1 Juin - 11:24

Et son fiston a rajouté : aimez-vous les uns les autres.

Tant que ça s'arrêtait là, King était très bon chrétien, autant que le premier hippie ou gigolo venu. Sa tenue extérieure n'avait rien du hippie, mais on pouvait le traiter de gigolo, et il aurait eu bon dos de se vexer avec la vie qu'il menait. Le plus clair de son temps, il le passait à traîner au milieu de gens douteux en tâchant d'attirer leur attention et de les inclure dans son petit jeu d'échecs personnels. Le seul avec lequel il mettait un point d'honneur à ne pas coucher, c'était Lennox : c'était son associé, et on ne pourrit pas une belle association avec des scènes de ménage. Vampire ou pas, il tombait sous le joug de la nature humaine, qui veut que ça soit inévitable. Lennox ou King aurait fini par se montrer jaloux, et ça aurait mis des bâtons dans les roues de leur joli trafic qui marchait si bien.

Ce soir-là encore, un couple échangiste des beaux quartiers était venu s'encanailler en bonne compagnie aristocratique, et le secrétaire tenait la chandelle devant la porte. Façon de parler, il terminait de classer des dossiers dans le petit bureau qui lui était attribué, sous les combles de la baraque, à croire qu'il était abonné à ces endroits-là. Il ne savait pas jusqu'à quel point son employeur était télépathe, et essayait de focaliser ses pensées sur son travail et non pas sur ce qui pouvait se passer dans la luxueuse chambre à coucher avec jacuzzi et lit à baldaquins, un étage plus bas. Il les avait bien trouvés ceux-là, deux très beaux bourgeois trentenaires en parfaite santé, à la peau fine et parfumée, il en connaissait un qui devait passer un bon moment...

Quelque chose avait bougé dans le jardin.

King s'était accoudé à la fenêtre pour laisser l'air frais de la nuit refroidir ses pensées ; et là, il en était sûr, c'était pas de la parano, un cambrioleur venait de traverser un mince espace découvert entre deux buissons de roses. Il maudit Lennox pour son amour des massifs de fleurs. Une armée aurait pu attaquer l'hôtel particulier sans qu'il les voie arriver. Et pas d'éclairages, mais ça c'était de sa faute, il refusait de devoir entretenir tout un réseau électrique, et préférait rester la seule personne au service du vampire.

Enfin un cambrioleur... disons que ça pouvait être n'importe quoi, mais à une heure pareille, c'était certainement pas le laitier.

Tant pis pour la chandelle ; King rajusta rapidement le col de sa chemise, laissa la fenêtre ouverte et les dossiers éparpillés, et descendit quatre à quatre l'escalier dérobé qui menait directement à la chambre de monsieur. Il ne frappa pas ; c'était une tapisserie. Il se contenta de la soulever et de débarquer comme un cheveu sur la soupe. Ces messieurs-dame étaient très occupés, dans le jacuzzi justement, où ce grand romantique de Lennox avait semé des pétales de rose qui venaient se coller à leur peau blanche. C'était surréaliste.

''Excusez-moi de vous déranger... je crois qu'il faudra remettre cette soirée à une autre fois. Un individu suspect dans la propriété.''

Les cheveux blonds de Lennox semblaient presque bruns dans l'eau, et lui, presque humain, dans sa surprise inquiète.

''Reconduis mes invités, je vais aller ... l'accueillir.''


King resta incapable de répondre tandis que la créature de la nuit passait un peignoir à mille livres, digne d'un film historique hollywoodien, si ces deux mots se sentent à l'aise côte à côte. Les invités se rhabillaient déjà, confus mais conscients que la situation était trop grave pour se plaindre. En les voyant s'éloigner par la porte et Lennox par un passage secret, King n'hésita pas un instant. Ils trouveraient très bien la sortie. Le vampire, en revanche, aurait peut-être besoin d'aide pour d'autres activités. Il le suivit donc en courant, mais sa démarche surnaturelle était beaucoup plus rapide, et il ne se donnait absolument pas la peine de l'attendre.
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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Mar 1 Juin - 13:55

[HJ; Je ne sais pas du tout ce que tu attendais de ma réponse; si quelque chose cloche hésites surtout pas à me le dire ^^]


    Glasgow. Une ville infâme. Elle pue le sexe, la défaite et la corruption. Je n'ai besoin de l'approcher pour savoir que les choses vont vraiment mal ici bas. La capitale du monde vampirique était à mes pieds. Je rentrais dans ma voiture, finissant le plein de ma caisse. J'avais une mission ici, et on m'avait filé une bagnole de location. Je ne connaissais pas le modèle. Encore une de ces saletés de modèle anglais avec leur foutu volant à gauche. Je savais bien que c'était une connerie, mais c'était ce genre de trucs qui ponctuaient mon travail, pas vrai? Je claquais ma portière, remettant la musique. Nine Inch Nails, The Day The World Went Away. C'était de circonstance, pas vrai? Je mettais le contact, et rallumais le moteur. Le soleil se couchait, et ma cible serait bientôt debout. Je reprenais la file de droite de l'autoroute. Pas de gestes brusques, respect des limitations de vitesse. Eviter de zigzaguer. C'est le secret pour ne pas attirer les flics. Certes, en cas de problème, j'avais toujours ma fausse plaque qui m'avait bien servit jusque là, mais quel poulet allait croire un type peu avenant dans mon genre qui trimballe un arsenal de terroriste dans son coffre? Personne. Je savais ce que j'avais à faire. Je roulais tranquillement.


    Quatre heures plus tard, j'étais devant la propriété. Un vaste hôtel particulier en pleine banlieue. Bâtiment sans mitoyenneté, légèrement isolé des autres par la végétation qui bordait la propriété, et par les grilles. Je réfléchissais à ma cible et à ma façon de l'aborder. Pourquoi le faire de nuit? Tout simplement parce que l'Eglise ne connaissait pas son repaire. De jours, un vampire prévoit toujours sa sécurité, et s'endort rarement là où il est sensé crécher. Et également, mes ordres étaient de le faire sans attendre. Ca ne me posait pas de problème. Abattre une bête sans défense, c'était pas bien. Même moi j'en avais conscience. Je réfléchissais, en voyant que rien ne bougeait à l'intérieur de la propriété. La bâtisse était relativement haute. Système d'alarme, chiens et gardes? Rien de tout ça, apparemment. Beaucoup de vampires fautent par excès de suffisance. J'ouvrais mon coffre, m'arrachant à ma contemplation de mon axe d'approche. Chargeurs avec balles en argent. Trois pistolets; un trop gros pour que je l'emporte. Un fusil d'assaut américain de 5,56, ou une kalach de mon pays d'origine. Trop bruyant. Je me sens nu sans mon fusil, mais je n'allais pas avoir le choix. Trop de choses pouvaient foirer. J'optais pour le browning que je passais dans mon holster d'épaule. Jamais de flingue retenu dans le dos par la ceinture. J'ai déjà vu un collègue se faire piquer son flingue par un vampire qui avait fait le tour, et mourir l'instant d'après. Je vissais un silencieux au bout du canon d'un pistolet de plus petit calibre. Beaucoup plus subtile. Un poignard de commando filigrané d'argent dans un autre holster sur mon autre épaule, et je glissais une grenade au phosphore dans la poche de mon gilet pare-balles. Ca, c'était au cas où le suceur de sang avait eu la mauvaise idée d'engager des serviteurs humains pour le protéger.


    Je refermais le coffre, et verouillais la voiture. Thomas pense que c'est une connerie; ça fait perdre du temps quand on a un besoin urgent de se barrer. Mais on aurait l'air vachement moins malin si un petit con nous piquait la caisse avec nos papiers et nos armes, pas vrai? Je n'enfilais pas ma cagoule; elle m'étouffait et j'entendais les sons avec plus de difficulté. J'escaladais la clôture rapidement et basculais de l'autre côté. Je tirais le pistolet avec silencieux et le braquais devant moi. On m'avait appris à m'en servir dans l'armée. Je m'avançais rapidement en faisant le moins de bruit possible. Quelques lumières à l'étage, mais aucun signe d'activité. Je m'approchais de la fenêtre, probablement celle de la cuisine. Je jetais un coup d'oeil à l'intérieur. Rien ne bougeait. Je contournais la bâtisse pour rentrer par la porte de derrière. Tous les hôtels particuliers en ont une. Je la crochetais en deux temps trois mouvements. Je poussais la porte et rebraquais mon flingue vers l'obscurité, droit devant moi. Je ne voyais rien, et j'avais peu d'espoir quant au fait que ma discrétion aie été suffisante pour que le vampire ne m'entende pas. Je grimpais l'escalier pour arriver au premier étage. Je ne savais pas ce qui m'attendait, mais j'entendais des bruits de pas. Arrivé à l'étage, je me cachais en ouvrant la première porte sur ma droite en voyant deux silhouettes humains s'enfuir vers l'escalier que je venais d'emprunter. Je me retins de soupirer.


    Ce connard de vampire était en train de baiser quand je l'avais dérangé. C'était à vomir. Je rouvrais la porte, conscient que j'avais laissé passé ma meilleure chance. Je m'avançais dans le couloir déserté, pour rentrer dans la pièce lumineuse; lit à baldaquin, jacuzzi et fringues éparses. Merde.


    Maintenant, fallait que je cherche ce foutu suceur de sang.

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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Mar 1 Juin - 15:05

[ Je suis un disciple de Savinius : la seule règle c'est l'impro ]

Où étaient-ils ? Il se perdait encore, dans cette immense maison. Ah, le bureau de monsieur. Parfait, ils allaient pouvoir se barricader à l'aide de classeurs, songea King, ironique. Plus sérieusement, que pouvait chercher le vampire dans cet endroit ? Y gardait-il des armes cachés, des objets magiques ? Et il ne l'avait même pas dit à son fidèle secrétaire ? Tsss. On ne peut plus se fier à personne.

''Adam et Eve ont fui le paradis terrestre ?''

King sourit : quelle idée de se soucier du sort de ces deux inconnus aussi creux que des potiches, alors que leur demeure était envahie. Décidément l'immortalité ça faisait des dégâts...

''Ouais... on n'attend plus que l'ange exterminateur, et la fiesta peut commencer.''

King avait vu beaucoup de vampires, depuis quelques années. Ils étaient certes toujours aussi mystérieux, même avec une bonne expérience, c'est ce qui en faisait le piquant et la noirceur. Cela dit, il savait reconnaître, l'instinct de la proie sans doute, ceux qui étaient dangereux de ceux qui étaient juste nocifs. Lennox était un verre d'alcool fort : tant qu'on n'y touche pas, on ne risque rien. D'autres étaient des acides sous pression, et d'autres carrément de la nitroglycérine en bouteille. Lennox n'était pas un vrai combattant. Là, par exemple, il était clair qu'il jouait défensif. Dans un film de zombie, paradoxalement, il aurait été la blonde qui se fait manger dans la première scène, mais pas le chasseur, et encore moins le zombie.

''Lennox, qu'est-ce qu'on fout ici ? Le mec est dans le jardin, on ne lui court pas après ?''

''Il est dans les étages, il me cherche. J'ai mes papiers, je suis en règle, il n'a rien à me reprocher... Tu ne devrais pas rester là.''

King haussa les épaules. Lui aussi, il avait ses papiers. Il était aussi bien là que dans sa petite mansarde d'étudiant, à jouer avec un chat de gouttière entré par la lucarne en se faisant un sang d'encre. Il commençait à entendre les pas lui aussi, furtifs comme ceux du chat en question quand il approchait sur le toit en essayant de ne pas le réveiller. Le vampire lui fit signe de se ranger dans un coin, et s'installa lui-même à son bureau, ayant étalé devant lui tous les papiers qui prouvaient sa citoyenneté écossaise et son droit à habiter les lieux, et s'étant composé à grand-peine une physionomie paisible et pleine d'assurance. Il était prêt à bondir sur un éventuel assaillant, et le moindre de ses muscles étaient tendus sous sa robe de chambre hors de prix. King savait qu'il était mort de peur, mais avait du mal à comprendre pourquoi. Les vampires, d'habitude, c'étaient des types cool aux vêtements un peu rétro qui traînaient dans des quartiers fantastiques et prodiguaient des morsures délicieuses, des rockstars quoi... et personne ne pouvait leur faire de mal.

Il se cala contre le mur à côté de la porte pour ne pas être vu quand le type entrerait, et pouvoir rester en observateur. D'un léger sourire, il tenta de rassurer Lennox, qui lui répondit de son sourire crispé, aux canines trop apparentes. Ce fut une seconde très bizarre... puis la porte s'ouvrit.
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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Mer 2 Juin - 17:10

    Je cherchais cette foutue cible. Un vampire qui se cache, je n'aime pas ça. D'ordinaire, quand une mission commence comme ça, on ne tarde pas à me tomber dessus à bras raccourcis pour me faire la peau. Là, tout était calme et silencieux, comme s'il n'y avait personne. Oh bien sûr, je savais bien que ce n'était pas tout à fait le cas puisque j'avais vu deux individus s'enfuir de la chambre du vampire. Et pour une fois, j'avais réussit à la jouer suffisamment fine pour ne pas avoir à me tirer de sales draps. Là, j'avançais vers le jacuzzi, doucement, en restant alerte au cas où le suceur de sang se planquait quelque part ailleurs. Rien dans l'eau. Merde. Où était il passé? Cette lopette s'était elle cassée? Non, impossible. Un vampire ne se cache pas face à un humain seul. Il avait détecté mon arrivée par un moyen x ou y, pour la simple et bonne raison qu'il avait envoyé boulet ses humains de compagnie avec qui il devait être en train de festoyer agréablement de leur sang et de leur chair dans ce putain de jacuzzi. Le lit à baldaquin semblait immaculé et bien rangé; comme s'ils n'avaient pas eu le temps d'attaquer les choses sérieuses. J'eus un petit sourire en coin. Plus je cassais les couilles à ces fumiers, et mieux je me sentais. Puéril, n'est ce pas? Pourtant, j'assumais totalement.


    Quoiqu'il en soit, le vampire n'était pas ici. Je faisais machine arrière, et je fouillais les autres pièces de l'étage, une à une. Si jamais le suceur de sang avait décidé de prendre la poudre d'escampette, il serait déjà loin vu la vitesse à laquelle ces trucs peuvent courir. Mais j'étais convaincu que si le monstre se planquait ou se dissimulait dans un coin, il n'en était pas pour autant un lâche au point de s'enfuir de sa demeure face à un seul inconnu dont il ignorait tout. Ou peut être pas. Peut être que j'étais en train de devenir une légende chez les vampires. Peut être, qui sait? Torben Badenov, l'ange des ténèbres. Ouah, ça sonnait bien comme petit nom, vous n'êtes pas d'accord? Je redescendais les escaliers tout doucement, tout en continuant de braquer mon arme devant moi. Ainsi, si jamais quelque chose passait dans mon champ de vision même très brièvement, je serais capable d'ouvrir le feu. Remarque, je n'étais pas certain que des balles en argent, moins performantes que les balles normales et encore plus ralenties par le silencieux soient capables de clouer au mur un vampire qui tente d'esquiver mes tirs. Je pensais avec une pointe d'ironie que c'était un peu tard pour se poser la question.


    Je continuais de m'avancer. En passant, je jetais un coup d'oeil dans la cuisine, juste au cas où. Toujours rien. Je continuais d'avancer, jusqu'à ce que je remarque un rai de lumière sous une porte. Etait ce un piège? On m'avait appris à l'armée qu'on n'était jamais totalement certain de ce qui nous attendait tant que l'on n'avait pas découvert cette chose. Je décidais donc de foncer. C'était tout ça moi. On fonce dans le tas, on tire sur tout ce qui bouge jusqu'à extinction des réserves de munitions, ou jusqu'à ce que je me fasse tuer, et quand le carnage retombe, je commençais seulement à poser les questions. Je passais ma main sur la poignée, et la tournait d'un coup. Je m'avançais dans la pièce dans la foulée. Mon oeil capta une silhouette devant moi durant mon mouvement, et je braquais mon arme. Le vampire était juste derrière son bureau. Il semblait vouloir me dire quelque chose, et je l'aurais plombé volontiers jusqu'à ce que je me rende compte de quelque chose qui me fit hésité. A cet instant, je sus que j'allais peut être mourir. Le vampire craignait quelque chose. Pas moi en tant que personne, mais peut être ce que j'étais venu lui faire? Je n'en savais rien. Il fallait que j'agisse, pas que je réfléchisse.



    | Lennox? L'Eglise a décrété votre mise à mort. Au nom de l'Humanité... |


    Je pressais la détente, et de multiples « plops » se firent entendre alors que je visais le coeur de la créature à abattre

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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Mer 2 Juin - 20:05

Depuis que King bossait avec des vampires il savait qu'il était en danger. Enfin, on le lui avait dit, et il y croyait volontiers. Mais il ne l'avait pas conscientisé. Il n'avait jamais vu le danger. Une fois, une vampire l'avait pris pour cible, mais Lennox lui avait assuré par la suite que c'était une sombre erreur et que ça ne se reproduirait pas. Et puis elle était canon à mort, pour une femme, donc il ne s'était pas spécialement formalisé. Son côté gentleman british passait tout aux jolies demoiselles. Il avait bien failli crever ce jour-là, mais de la manière fun. Les vampires étaient trop fun pour être le Danger.

C'était lui, le Danger. Cette silhouette inconnue qui venait d'apparaître dans leur espace et de le transformer en espace version... guerre des étoiles. Dès qu'il l'entraperçut, King le reconnut comme tel. Dans un autre moment, il se serait fait la réflexion qu'il était pas mal, ce mec, mais pas très bien habillé à son goût, ça méritait quelques petites retouches urgentes. Cette fois, il se demanda sérieusement si il allait mourir, avec ce sursaut de révolte des humains lors de cette seconde critique. Peut-être que s'il quittait la pièce pendant que les deux autres discutaient, en réussissant à être assez silencieux... peut-être que l'inconnu ne ferait pas attention à lui, peut-être qu'il ne l'intéressait pas... Des souvenirs défilaient follement dans son esprit paralysé, des souvenirs qu'il partageait avec le vampire, si bien qu'il ignorait duquel d'entre eux ce phénomène présageait la disparition. Les deux sans doute, vu comment cela s'annonçait.

''C'est un désastre que d'avoir révélé notre existence aux hommes. Je ne suis pas vieux - cent ans l'été prochain. Et je ne vivrai pas vieux, pas pour un être de ma sorte. Cette publicité autour de notre monde me tuera.''

King avait éclaté de rire, l'avait traité de diva, et lui avait rappelé que le trafic de sang interdit était son idée ; s'il n'aimait pas prendre de risque, pourquoi jouer à ce jeu périlleux ? Lennox avait souri sans répondre. Maintenant, King ne saurait jamais. Pour l'argent ? Sans doute, avec ses goûts de luxe, et sans doute pas seulement.

L'homme ouvrait la bouche pour parler, mais déjà, sur les traits du vampire qui se levait à demi de son bureau dans une intention encore difficile à calculer, se lisait une stupéfaction totale. Il s'était attendu à autre chose. Mais il ne paraissait pas rassuré pour autant. King comprit brusquement - sans avoir le temps d'agir, tout semblait se dérouler au ralenti - que la défense prévue ne convenait pas face à cet intrus particulier. Le vampire cherchait à se dégager des papiers et meubles environnants - il lui fallait combattre.

Trop tard.

De quoi avait-il parlé ? D'Eglise ? Les mots n'arrivaient pas à se frayer un chemin jusqu'au cerveau de King. L'image avait pris toute la place. Courir ou ne pas courir ? - Rien ne sert de courir, répondait le poète français dans le fin fond de sa mémoire d'écolier. Et surtout, courir pour aller où ? Machinalement, alors que ses jambes se dérobaient, il eut le réflexe de lancer la phrase habituelle du secrétaire-majordome-concierge-jardinier qu'il avait été jusqu'à ce jour, et qu'il ne pouvait se résoudre à cesser d'être, même si les preuves étaient sous ses yeux.

Lennox le Vampire, premier du nom, renversé comme un pantin désarticulé dans son fauteuil de bureau en cuir acajou, son peignoir défait révélant une peau blanche et un coeur qui venait d'exploser.

''... Puis-je vous offrir un thé, monsieur, ou toute autre boisson ?''

Sa voix mécanique s'éteignit avant même que les mots de l'assassin ne s'impriment correctement dans sa conscience, avec tout le reste d'ailleurs, dans un grand flash de lumière noire. Il s'appuya en arrière et sentit vaguement son crâne toucher le mur. Il était bien comme ça, calé, le regard dans le vide, il s'anesthésiait de lui-même et la réalité de ce qui venait de se passer, de ce spectacle absurde dont il lui faudrait rendre compte aux autorités et à sa propre conscience, ne lui faisait plus aucun effet, ni adrénaline, ni chagrin. C'était donc ça, être sauvé.
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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Jeu 3 Juin - 19:10

    Tout était allé très vite. Je ne m'étais pas moi même rendu compte de la rapidité de l'exécution. Vu la position que le vampire avait pris lorsque j'avais fait irruption dans la pièce, il avait sans doute dû s'attendre à une autre visite. Peut être un de ses copains, ou un de ses concurrents. Mais j'avais machinalement appuyé sur la gâchette, et j'étais convaincu que si je ne m'étais pas mentalement préparé avant d'être rentré dans la pièce, j'aurais peut être raté mon coup. Mais ce ne fut pas le cas. L'arme tressauta deux fois dans mes mains. Mon esprit, concentré, m'envoya les signaux qui indiquaient à ma conscience que j'avais atteint ma cible avant même que celle ci n'explose. La première balle rencontra le corps fébrile du vampire en mouvement alors que celui ci semblait vouloir se dégager. Du sang éclaboussa le mur derrière lui alors que la balle traversait le corps du mort vivant comme du beurre. L'argent est potentiellement mortel pour un vampire; il peut en guérir rapidement, sauf si on touche un organe majeur, comme le coeur. Et c'est à cet endroit que ma seconde ogive alla se loger. Du sang éclaboussa encore un peu plus le mur de derrière, alors que le vampire mourrait. Il n'explosa pas vraiment comme ça les arrive parfois, mais tout son sang coula par les différents orifices que je pouvais discerner dans mon champ de vision.


    Il se désséchait sous mes yeux. Putain de vampires, même mourir, ils étaient incapables de le faire proprement. Ca aurait pu me faire pitié, mais ce n'était pas le cas. Je ressentais en moi ce vide si familier que je ressentais à chaque fois que je tuais. Plus de voix dans la tête, plus de souvenirs dont je me passerais bien. Seulement un fugace sentiment de paix. Le vampire perdit tout son sang et s'affaissa. J'étais sûr que si je tirais sur son bras, celui ci se détacherait de son corps. Etrange pensée, que je me retins de mettre en pratique. On va peut être éviter d'être un peu trop dégueulasse, vous ne pensez pas? Alors, j'entendis une voix s'élever derrière moi, du côté gauche. Je sursautais et faillis laisser échapper une petite exclamation de surprise. Je me retournais vivement et me retenais au dernier moment de vider mon chargeur sur la silhouette qui se découpait dans la mi-pénombre de la pièce, dûe au fait que je me tenais devant la lumière. Un homme était là. Un drôle d'homme, du genre à fricoter avec les vampires. Je n'avais pas distinctement compris ce qu'il avait dit; ses paroles étaient en anglais et je me concentrais sur autre chose, ce qui impliquait que j'eus été incapable de comprendre ce qu'il voulait.


    L'homme semblait perdu, anesthésié. Je le détaillais un instant du regard en braquant mon arme droit sur sa poitrine. Je me tenais prêt à réagir à la moindre embrouille. Scout toujours prêt, comme j'aurais pu dire. Je détaillais du regard la vision qui s'offrait à moi. Le type semblait dérailler. Etait ce la violence? Ce serait étrange, ce mec vivait avec un vampire. Les vampires ne sont pas des enfants de coeur, et l'Eglise avait décrété sa mise à mort. Or, vu nos moyens actuels, nous ne nous concentrions que sur ce que nous considérions comme prioritaire. L'homme était apparemment plus petit que moi. Plus jeune aussi, bien que je n'en étais pas persuadé. Habillé et coiffé d'une façon étrange, mais impeccable. S'agissait il de l'esclave du suceur de sang, ou de son gigolo privé? Aucune idée. Mais j'étais grillé. Et comme le disait si bien Thomas. Pas de témoins. Je ne pouvais pas le laisser en vie. Mais d'un autre côté, je m'étais engagé sur cette voir qu'en étant convaincu que je ne tuerais pas d'humains. Je devais en savoir plus, et me penchais sur l'homme pour le saisir par le col, et le plaquer violemment contre le mur.



    | Putain de merde c'est pas vrai! T'es qui toi? T'es qui putain? |


    Inutile de vous préciser que je gueulais comme un putois. J'étais dans la merde, et le pire, c'est que je m'y étais mis tout seul. Je risquais de tout faire capoter! L'Eglise, la taule, tout! Je devais trouver une issue de secours. Je serais un enfoiré de cambrioleur. Ouais, je serais venu ici parce que j'y aurais sentit une occasion en or de prendre un peu de blé, et en plus, je détestais les vampires.


    | Tu vas me dire tout de suite où est le pognon, sinon je te fumes comme ton copain! |


    Voilà qui est joliment dit. Clair, net et précis. Je m'adorais quand je ne me détestais pas.

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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Jeu 3 Juin - 20:23

C'était fini. On se calme et on respire. King ne pouvait plus rien pour le vampire retourné rejoindre ses ancêtres, et en revanche, un type très énervé requérait son attention de toute urgence.

"Gardez votre sang-froid. Nous avons les mêmes problèmes. Il nous suffit d'arriver à un arrangement et tout le monde s'en trouvera mieux."

Machinalement, sans vraiment y croire, King essaya de desserrer la poigne qui lui enserrait le col et l'empêchait de bouger. On n'apprend pas ça, dans les écoles de secrétariat : comment négocier avec un terroriste armé et de sale humeur. Enfin : il voulait de l'argent, il voulait son nom, qu'il se serve... au point où on en était, ça n'avait plus guère d'importance. Dans ce qui lui parut un effort surhumain, il releva les yeux et fixa le grand costaud. Ils étaient injustes, les gens qui écrivent les légendes. En réalité, la mort avait plutôt une bonne gueule.

"Je m'appelle King. Je travaille ici. Travaillais. Et vous ?"

Le top du top, ç'aurait été qu'ils sortent de cette pièce sinistrée. Voyons... où pouvait-il le conduire ? Il y avait des objets précieux dans toute la demeure, mais un coffre-fort contenant une somme suffisamment convaincante... c'était à la banque tout ça, monsieur, faut vivre avec son temps ! Ah, il venait peut-être pour un artefact particulier en argent... Ce truc que lui avait donné son copain Italien, celui que King avait surnommé Jules César... La clepsydre de Vanini, c'est ça. Très grande valeur sur le marché de l'art, de la collection privée, et même de l'ésotérisme. Il se ferait des couilles en or avec ça le monsieur, et il aurait le bon goût de se calmer, c'était mauvais pour sa tension ce qu'il faisait là. Pour leur tension à tous les deux.

D'un geste hésitant, il désigna une petite porte noire sur le côté. Du sang avait giclé jusque sur la poignée, ce dont il ne s'aperçut que trop tard. Enfin avec un peu de chance le mec se méfierait et passerait le premier, pour vérifier qu'il n'y avait pas là bas une arme que le secrétaire voulait récupérer, ou quelque chose comme ça. Pitié, qu'il ne soit pas obligé d'y toucher.

''Si c'est la clepsydre de Vanini que vous êtes venu chercher, elle se trouve dans la collection privée, juste à côté. Elle n'est pas réellement maudite, ce n'est qu'une légende."
Quoique, vu ce qui venait de se passer... "Bien sûr, elle est protégée par un système d'alarme qui avertit le commissariat le plus proche, mais je vais vous montrer comment le désactiver. Dites... c'est votre arme qui fait exploser les corps comme ça ? Ou c'est parce que c'était un... je veux dire... je vais exploser, moi aussi ?"

Il faisait ce qu'il pouvait, mais difficile de ne pas laisser transparaître une légère angoisse dans sa voix. Certes, mieux valait dans ces moments de crise se montrer le plus professionnel possible, il en était bien conscient. Les crises de larmes et d'hystérie ne rendraient pas le monsieur armé plus conciliant ou plus calme, bien au contraire. Mais quand même... disons qu'il aurait bien voulu le voir à sa place. Il s'estimait déjà solide de ne pas lui vomir dessus purement et simplement.
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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Ven 4 Juin - 16:14

    Le type se reprenait vite. C'était sans doute la violence que je faisais preuve à son égard qui le tirait ainsi de sa torpeur. Par expérience, je savais que le recours à la force entraînait deux réactions chez les individus qui en étaient victimes. Soit ils s'enfermaient un peu plus dans leur cocon et on ne pouvait plus rien tirer d'eux, soit ils revenaient à eux. C'était pour ça qu'on s'énervait parfois, pendant des interrogatoires. Mais cela ne suffisait pas toujours... je repoussais quelques souvenirs qui me revenaient en mémoire; je devais me concentrer sur la situation présente. Je n'avais pas vraiment le temps de lambiner. Et Dieu seul savait que j'avais encore merdé ce soir. Ce n'était pas exactement ce à quoi je pensais quand je me disais qu'il y aurait forcément un accroc. D'ordinaire, le vampire se défend et ça devient très rapidement la merde la plus totale. Moi, pour ce que j'en savais, j'aurais préféré que le suceur de sang me mette à l'amende plutôt que me retrouver avec un témoin humain. Je ne me sentais pas la force de l'éliminer comme ça. Pourtant, s'il me courait suffisamment sur le haricot, cela pouvait très bien se produire. Je me rendais néanmoins compte du ressaisissement du jeune gars. Il parlait d'une voix encore chevrotante, mais au travers de laquelle on sentait un certain professionnalisme. Un arrangement? Je faillais lâcher prise alors que je constatais avec quelle facilité j'imposais mon jeu à ce type. En même temps, le fait d'être armé et lui non devait sans aucun doute agir en ma faveur. Finalement, le type se présenta, et me retourna la question, ce qui me fit partir d'un petit rire.


    | Et moi? La Mort n'a pas de nom, mon gars. Et c'était quoi ton travail ici, hein? Tu faisais des choses avec cet enfoiré que j'ai fait exploser? |


    l'idée me répugnait, mais je savais fort bien que ce genre de choses avait tendance à devenir de plus en plus commun au fil du temps. Les humains semblaient irrésistiblement attirés par les vampires, et nombreux étaient ceux qui se mettaient à leur service pour les faveurs pécuniaires ou sexuelles de leurs sombres maîtres. Je trouvais ça profondément écoeurant, et si je serais un peu moins insensibilisé à l'odeur nauséabonde que dégageaient les vampires, je serais sans doute prêt à vomir. Mais je savais me contrôler, maintenant. Et puis, un tueur professionnel ne vomit pas sur les lieux de ses meurtres, pas vrai? Le mec semblait être en mesure de se contrôler, maintenant que j'avais buté son petit copain vampire. Peut être même de coopérer, qui sait? De toutes façons, il y aurait enquête. Ce petit enfoiré avait vu mon visage, il savait que j'avais mis un silencieux, et que je savais exactement où tirer, et que je l'avais fait sans faire part de revendications avant ça. Si je ne faisais pas passer ça pour un cambriolage, le meurtre caractérisé serait probablement la principale piste des enquêteurs. Et ça, je ne pouvais pas me le permettre.


    Le type me parla alors d'une clepsydre. Putain de merde, je savais même pas ce que c'était que ce truc là, alors qu'est ce qu'il voulait que j'en fasse. Maudite, collection privée? Y'avait vraiment moyen que je puisse influer sur la direction que l'enquête n'allait pas manquer de prendre... Finalement, ce furent les questions de ce King qui me firent le plus me calmer dans tout ce qu'il me dit. Ce type semblait réellement choqué. Une partie de moi voulait croire qu'il avait été abusé par ces vampires, tandis qu'une autre sentait que j'allais devoir le buter comme l'autre. Ce serait tellement plus sûr. Tellement... Mais que me resterait il, alors, si jamais je me mettais à abattre également des êtres humains? Je ne pouvais pas lui répondre, sinon, l'enquête concluerait que j'avais prémédité mon coup, et ira se tourner du coup vers l'Eglise pour lui demander des comptes. Je ne pouvais pas le permettre.



    | Je n'en sais rien. C'est la première fois que j'ai tué un vampire. Et encore, avant d'entrer ici, je ne savais même pas qui était ce trou du cul. Je vais avoir des problèmes maintenant; voler un putain de vampires. Bordel, qu'est ce qui m'a pris! Toi aussi, je vais t'exploser, si tu me donnes pas tout le blé qui est entreposé ici! Guides moi jusqu'à cette salle de collection privée! Allez, magnes toi! |

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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Sam 5 Juin - 1:03

Mais si, la Mort a un nom, Msieur. Vous avez jamais vu ''rencontre avec Joe Black ?'' En vrai de vrai la mort c'est Brad Pitt. Elle est bien gaulée, donc, mais vous êtes pas mal non plus. Oui, King savait que ce n'était pas le moment de poser ce genre de questions et de faire ce genre de remarque, d'ailleurs il ne prononçait pas un son, il clignait juste des yeux sous l'effet d'un tic nerveux chaque fois que son regard croisait la moindre trace du sang éparpillé un peu partout ; sans parler de la forme touthankamonesque vautrée sur le fauteuil de son ami et associé.

Arg non, pas associé, attention, le monsieur semblait humain mais ça n'empêchait pas la télépathie. Sauver sa peau avant tout, il flancherait quand il aurait droit à une pause. Lennox n'était pas son associé. C'était un vampire tout puissant dont il avait été contraint de lécher les bottes pour cause de misère, et lui pauvre petit humain innocent n'avait rien à voir avec ses magouilles, quelle que soit au juste celle qui amenait soudain toutes ces emmerdes. Ce qui était bien, c'est qu'il faisait à merveille l'air juvénile paumé et naïf. Il était réellement paumé, et puis il avait gardé quelque chose de pas fini dans la forme de son visage et les expressions qui l'animaient. C'était pas un problème, il se plaisait comme ça.

Après avoir hoché la tête, il entraîna rapidement l'autre homme jusqu'à la porte, dont il regarda la poignée en réprimant un tremblement qui s'emparait de ses membres : ses mains lui disaient fuck, je touche pas à ça, t'as fumé. Histoire de meubler, il reprit la parole en pensant à s'innocenter un peu :

''Et je ne couchais pas avec...'' Non, la question ne se poserait plus, à présent. ''J'avais besoin d'aide, et il m'a engagé comme secrétaire. Il m'a donné beaucoup d'argent, plus que ce que mon travail méritait. J'ai pu réaliser un rêve grâce à lui.'' Deux, en comptant Lesly qui avait reçu in extremis un traitement quasi magique. Mais elle avait disparu tout de même, sans doute dégoûtée par les moyens illégaux mis en oeuvre, tout comme si elle était réellement morte des suites de sa maladie, le choix en plus. Eh oui, c'était pas la faute au destin, elle avait eu le choix de dire merci ou de claquer la porte, et elle avait claqué la porte. Les nanas...

Enfin là sur le coup il se sentait un peu dégoûté des mecs aussi. Pour être exact, le genre humain dans son ensemble venait de passer du côté obscur de la force. S'il avait vu un vampire débarquer, il serait allé se planquer derrière lui en désignant le cambrioleur comme un gamin qui a cru voir un monstre sous son lit. Il lui arrivait de plus en plus souvent d'oublier qu'il était un humain lui-même ; les derniers événements n'arrangeaient pas ce trait de son caractère. A la limite, une petite gamine qui ne sait encore ni marcher ni parler aurait pu trouver grâce à ses yeux si elle ne s'approchait pas trop près, mais ce monsieur-là, même pas la peine.

''Excusez-moi, je crois que je ne vais pas arriver à ouvrir la porte,'' murmura-t-il après une vaine tentative pour contrôler ses nerfs. ''Vous n'allez pas me croire mais ... le sang ...''

Ouais, ça faisait con, pour le secrétaire d'un vampire. Eh bien disons que les poches de sang aseptisées type hôpital il survivait très bien, mais le sang de ses potes utilisé pour repeindre les murs, ça lui soulevait le coeur. Et si ça faisait marrer monsieur muscle, eh bien qu'ils se donnent rendez-vous le jour où il se retrouverait à sa place. Vu la vie qu'il menait, ça lui arriverait sans doute un jour, voire ça lui était déjà arrivé. Et si c'était le cas et qu'il insistait quand même, eh ben en plus d'être un taré de première c'était un bel enfoiré.
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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Dim 6 Juin - 21:05

    Fallait il vraiment qu'à chaque fois que tout allait relativement bien, quelque chose se mette soudainement à foirer? Je n'avais pas du tout prévu me retrouver avec un humain qui m'avait vu. Je ne pensais pas me mettre autant dans la merde en plombant un suceur de sang qu'on disait vivre seul en banlieue. Je me serais bien évidemment attendu à des esclaves humains, des pommes de sang ou quelque chose de ce genre, mais pas à un type aussi bien fringué. Il était quoi, secrétaire personnelle de Bill le vampire? Je n'en savais rien, et ça me foutait les foies. Ne serait ce que pour le fait qu'il avait vu mon visage. A partir de là, il était capable de me foutre tous les flics sur le dos. Il avait aussi probablement entendu mes conneries alors que je tuais son vampire de copain. Et là, ça allait barder pour l'Eglise HCV. Non mais sincérement, pourquoi devais je me montrer toujours aussi con, et imprudent? Moi qui me prenait pour un professionnel, ça me faisait une belle jambe... Le type me conduisit jusqu'à la porte sur le côté du bureau. Il semblait se ressaisir, mais je remarquais clairement le regard qu'il lançait. Il ne voulait pas tourner la poignée à cause du sang qu'il y avait dessus. Bien évidemment. Rien n'est jamais facile dans ce monde de chiottes. En tous cas, il m'avança qu'il ne couchait pas avec le vampire. Et celui ci avait l'air si gentil, si altruiste... Si mon attitude n'était déjà pas très ouverte, elle se renferma presque aussitôt.


    | C'est ça c'est ça... et les vampires, c'est des enfants de coeur, pas vrai? Crois moi petit, si celui là t'as donné de l'argent, c'est qu'il voulait quelque chose de toi en échange. Je n'ai que peu d'expérience de ces bestioles là, mais je sais qu'elles ne font jamais rien pour rien. Les hommes non plus, d'ailleurs. |


    C'était vrai. Durant mes quelques voyages et même durant la vie quotidienne, il était facile de se rendre compte qu'aucun geste ou peu s'en faut, n'étaient totalement désintéressés. Je gardais à l'esprit les trocs entre soldats en Tchétchénie, ou encore les attentes de l'Eglise envers ses serviteurs. Eux aussi étaient loin d'être désintéréssés, car il n'y avait pas que l'apparition des vampires et la sauvegarde de leurs intérêts qui leur tenait à coeur. J'étais bien convaincu qu'il y avait pour certains d'entre eux un soucis certain lié à l'argent, tandis que d'autres nourrissaient des ambitions politiques. Pour finir, d'autres comme moi nourrissaient leur haine par leur chasse aux vampires. Ce n'était donc pas un acte charitable, une main tendue vers une humanité ayant besoin d'être secourue. Il s'agissait avant tout d'une revanche personnelle sur des monstres qui nous avaient privés d'êtres chers, ou d'une vie qui se serait révélée bien moins dangereuse que l'actuelle. Je sortais de mes pensées alors que le type refusait d'ouvrir la porte. Je me demandais si ma conscience supporterait le fait que je prenne ça comme prétexte pour le flinguer et régler l'ensemble de mes problèmes d'un seul coup. Ce serait pas mal, très pratique. Mais je me disais aussi que ma raison impliquait que je n'avais pas besoin de tuer un humain de plus. Je m'étais promis de ne plus le refaire.


    | Tu vas l'ouvrir quand même. Moi, je reste derrière, avec le flingue entre tes côtes au cas où tu fais des conneries. Vu? Allez vas y, je suis sûr que t'as dû faire bien pire pour ton maître vampire... Pas vrai? Comme lui amener ces gens que j'ai vu à moitié à poils... |

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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Dim 6 Juin - 22:39

''Ils avaient des relations d'adultes consentants, il ne comptait pas les tuer... Et vous...Vous êtes un bel enfoiré.''

Le sang sur le métal était froid. Bon, ça venait peut-être du métal. Il s'étala, visqueux et sombre, sur toute la paume de King alors que sa main faisait tourner la poignée, une seconde interminable avant que le claquement familier se déclenche. La porte fonctionnait comme d'habitude, le spectacle au-delà était exactement le même que chaque jour qui avait précédé. Il ne s'était rien passé, c'était un cauchemar ridicule. Sauf que le canon de l'arme appuyait contre son dos, et même si Lennox avait des fantasmes bizarres, il ne donnait pas dans celui-là.

''... Pardon. Mais vous devez comprendre que j'aie les nerfs à fleur de peau. C'est la première fois que je me trouve en situation aussi... critique.''

Si on excepte les six heures sur le billard, à prendre le risque de finir sa vie défiguré des cuisses au nombril et en fauteuil roulant, à pisser au moyen d'un tuyau et ce genre de joyeusetés. Il n'était pas conscient, il n'avait aucun mérite. C'était une situation critique mais il ne l'avait pas réellement vécue. Là, son avenir dépendait de ses décisions, de ses gestes. Il marcha droit à la vitrine au centre de la pièce. Le mec avait l'air fan de religion et ce genre de trucs, il devait apprécier les artefacts d'alchimistes. Bien sûr, il ferait mine de ne pas être intéressé, pour ne pas avoir l'air d'accepter trop vite. King connaissait les manières des marchandeurs.

Tout était calme et silencieux ici, pas d'odeur de poudre ou de sang. L'homme était derrière lui, il pouvait presque ignorer sa présence. Il s'essaya à sourire. Non, ça ne marchait pas. La télécommande intégrée dans les dessins du bois se détacha aisément et prit sa place habituelle dans le creux de sa main, il actionna la commande qui coupait l'alarme et ouvrit la vitrine avec soin, sans mettre de traces. Il ne portait pas ses gants. Pas le temps de les passer avant de quitter le bureau. L'idée du sang, qu'il avait presque réussi à occulter, lui revint de plein fouet et il retira brusquement sa main. La vitre était ouverte, l'objet accessible.

''Je vous en prie, servez-vous. Je n'ai jamais compris l'usage de cet objet. Il vous sera certainement plus utile.''
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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Mer 9 Juin - 20:50

    Et c'était reparti pour un tour. Je n'y pouvais rien, tout le monde savait lire en moi comme dans un livre, de toute évidence. Je venais de me faire traité d'enfoiré, ce que j'étais assurément. Par contre, pour les raisons qui avaient conduit à cette insulte, je restais sceptique. Adultes consentants? Je n'en avais rien à foutre. Un vampire, ça hypnotise les gens, ça les manipule et ça profite d'eux. Ainsi allaient les choses, et c'était contre ça que j'étais parti en croisade. Etait ce ma faute si c'était une guerre sale? Je n'y pouvais rien. Je faisais ce pourquoi j'étais fait, et ça s'arrêtait là. Ce type pouvait continuer de m'insulter, tuer un vampire de plus ne me causait aucun problème de conscience. Et même si celui là était un peu moins coupable que d'autres, il n'en restait pas moins un prédateur né, un carnivore qui a forcément déjà tué dans sa vie. Ce que semblent oublier la majorité des gens, c'est que la plus large partie des vampires était en vie (si je puis dire...) depuis longtemps, et bien avant l'apparition de leur Tru Blood à la con. Ils avaient tué, assassiné et manipulé des millions d'êtres humains, peut être même un peu plus. Et ce qui arrivait tous les jours, les disparitions suspectes, les crimes non élucidés... C'était de leur fait. Je pressais un peu plus franchement le canon de mon arme entre les omoplates.


    | C'est ça, je suis un enfoiré, et ton patron était un chic type. |


    Le type semblait hésiter, alors que sa main se refermait sur une poignée ensanglantée. Il hésitait parce que c'était la première fois qu'il était confronté au sang et à la mort. Et il hésitait car il était incapable de reprendre les choses en mains. Subir sa « première fois », c'était assez traumatisant, et il fallait du temps pour s'en remettre. Après, tout dépend bien entendu du caractère de chacun, mais je savais que ce genre d'épreuve était toujours particulièrement difficile à gérer. Le mec s'excusa de sa conduite, ce qui me fit rire intérieurement. Avait il peur que je le flingue s'il me pesait sur les nerfs? C'était tout à fait probable. Je souris l'espace d'un instant, alors que je me disais que la compassion était sans doute tout ce qui nous restait par rapport aux vampires.


    | Je comprend ce que vous vivez. J'espère pour vous que ce sera la dernière fois que vous vivrez ce genre de chose. Faites ce que je vous dis et je vous laisse en vie, tout se passera bien. Mais si vous continuez à fricoter avec les vampires, vous devez bien être conscient que ce sont des aimants à problèmes. |


    Comme moi, pensais je intérieurement. Après tout, j'avais réussit à bousiller ma vie et à la voir partir en lambeaux une sacrée pair de fois. Bien entendu, je tentais sans cesse de me convaincre que je n'y étais pour rien, mais était ce la vérité? Je ne savais pas. Nous avons tous notre part de responsabilité dans ce qui nous arrive. L'homme me conduisit à plusieurs vitrines, et même sans savoir ce qui était à l'intérieur, je savais que ce serait quelque chose de précieux. Il se servit d'une télécommande pour déverouiller quelque chose, bien que je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être. Sans doute l'alarme, même si je ne pouvais pas en être sûr. Avait il appelé les flics en appuyant lui même sur le bouton de l'alarme? Je ne le pensais pas. Une télécommande placée à côté de l'objet surveillé ne pouvait pas servir à donner l'alarme; ce serait bien étrange de la positionner là. Bien sûr, je ne pouvais pas me mettre dans la tête d'un enfoiré de vampire.


    | Ce truc a l'air trop voyant pour le refourguer à un receleur. Ca vaut combien, ce truc? Et puis d'abord, qu'est ce que c'est? |

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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Jeu 10 Juin - 8:12

Un sourire, mon Dieu, ça semblait venir d'une autre planète. Tu vois chéri, quand tu souris t'es vachement plus beau quand même. King demeura cependant incapable de riposter. Les dents serrées, il essayait de reprendre le contrôle de ses propres pensées. Sa pensée tremblait dans son cerveau. Le mobilier alentour, délicat et raffiné, qui semblait attendre le retour de son maître, lui portait puissamment sur les nerfs ; quand le mec serait parti, il casserait tout et mettrait le feu, et ensuite il disparaîtrait. Ironiquement, la clepsydre soit-disant maudite serait la seule à réchapper au massacre général qui aurait eu lieu cette nuit-là. Les objets maudits provoquent la destruction sur leur passage, mais s'en sortent toujours intacts, pas vrai ? Non, le monsieur à côté de lui n'était pas maudit. Il était pas intact dans sa tête, c'était à peu près certain, y avait qu'à voir à quelle vitesse il passait de la colère à un relatif calme professionnel.

Un réflexe, de ceux qui maintenaient King debout, le replaça en mode guide de musée, rôle qu'il assumait à l'occasion pour faire patienter un invité débarqué à l'improviste, ou simplement curieux. D'un vague geste de la main, en prenant garde à ne pas laisser sa paume sanglante entrer dans son champ de vision, il indiqua le mécanisme complexe qui scintillait devant eux, et expliqua :

''La clepsydre est un objet de mesure du temps dont la création remonte aux premières sociétés humaines, elle a été utilisée un peu partout dans le monde et celle-ci remonte à l'époque baroque française. Lucilio Vanini était appelé le Prince des Libertins, il fut brûlé pour hérésie à Toulouse, après avoir eu la langue arrachée et son nom fut occulté pendant des siècles.'' Version officielle, il n'allait quand même pas lui donner l'adresse d'un autre vampire, on ne sait jamais. ''Les vampires apprécient l'humanité de la clepsydre : elle ne mesure le temps que sur une période limitée, après quoi sa mesure se fausse, elle devient de moins en moins précise jusqu'à ne plus fonctionner. On dit que celle-ci cache des secrets ésotériques qui, je dois l'avouer, m'échappent totalement.''

Il détestait quand sa voix reprenait d'elle-même ce ton haut perché et maniéré de créature snob et androgyne qu'elle avait singé pendant des années, notamment ses années d'études, pour éloigner tout soupçon et lui éviter des ennuis. Pendant un instant il sentit sa vieille angoisse, aujourd'hui enfouie dans sa mémoire par quelques années de tranquillité, refaire surface à l'idée que le mec soit un fanatique aux yeux duquel son petit parcours personnel soit une vaste diablerie et une insulte à la Création. Il savait que ça existait, mais il les avait toujours soigneusement évités. Ayant achevé son petit exposé, il se racla la gorge et conclut sur un ton plus neutre :

''Mon employeur l'a acquise aux enchères pour 750 000 francs de l'époque en l'an 1987. Sans manipuler l'esprit de personne,'' ajouta-t-il d'un air buté sans quitter l'appareil des yeux. Techniquement il n'en savait rien, il avait deux ans à l'époque et trottinait dans un porte-bébé en babillant des choses sans queue ni tête. En grenouillette rose. Mais c'est ce que Lennox lui avait dit, et il le croyait. Il détacha son veston et entreprit de s'essuyer les mains sur sa chemise, ce qui lui causa intérieurement un dépit sans nom qu'il tâcha de ne pas laisser transparaître - il ferait la midinette quand il serait seul ou entre amis - pour saisir la clepsydre sans la salir. Elle ne pesait pas si lourd pour un mélange de métal et de bois. Bien sûr c'était une horloge à eau et il n'y avait pas d'eau, ce qui devait changer pas mal de choses. Précautionneusement, il la sortit de son écrin de plexiglas.

''Avez-vous quelque chose pour la transporter sans l'abîmer ?''
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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Ven 11 Juin - 18:15

    Le mec en face de moi était au moins aussi barjo que je ne l'étais. Il ne réagissait pas comme le commun des mortels face à une situation de merde. En fait, il avait toutes les réactions opposées. Il ne cherchait pas à s'enfuir, alors qu'il aurait tout de même pu tenter le coup au passage de la porte de la pièce de cette espèce de collection privée. Bien entendu, il n'aurait pas réussit. Même dans le cas où il aurait réussit à m'avoir, j'étais quelqu'un de plutôt en forme physiquement parlant, et je m'étais toujours tenu prêt, sur le qui vive. Non, ce type n'aurait pas pu m'avoir et en réchapper. Et s'il aurait réussit à s'enfuir, je l'aurais traqué. Remarque, il aurait aussi pu tenter de se défendre, et de défendre son ami aux dents longues. Il n'avait pas esquissé le moindre geste alors qu'il avait été dans mon dos. Il aurait pu me reclaquer la porte sur l'arrière, il aurait pu me frapper ou se jeter sur moi avant de s'enfuir. Il aurait pu faire beaucoup de choses... Mais il n'avait rien fait. Etait il de tous ces gens, ces victimes nées, qui se laissaient continuellement marcher sur les pieds? C'était souvent ce genre de personnes qu'on voyait collés aux basques des suceurs de sang. Ces gens étaient de véritables plaies. Mais ce type semblait encore différent. Je n'aurais su dire en quoi, mais je ne le sentais pas, mais alors pas du tout.


    Ce timbré commençait maintenant à me faire la visite, comme si j'étais un simple visiteur ayant opté pour la formule visite guidée d'un musée prestigieux. D'un aspect extérieur, un observateur n'aurait sans doute jamais pu se douter de la scène peu ragoutante s'étant déroulée quelques minutes plus tôt dans le bureau attenant à cet endroit. Je revoyais encore avec force ce vampire exploser, se déssécher et crever. La mort de ceux qui l'étaient déjà n'était vraiment pas ragoûtante. J'avais l'impression d'être entré dans une baraque de fous. Après tout, le vampire n'avait pas fait le moindre geste pour se défendre, et n'avait rien fait d'autre que se tenir tranquillement à son bureau. Et son familier humain, lui, me parlait de trucs incompréhensibles. Si je parlais plutôt bien anglais maintenant, toute une partie du vocabulaire de cette langue me restait totalement étrangère, et il était clair qu'à mes yeux, le type parlait autant chinois qu'anglais. Je ne savais toujours ce qu'était une clepsydre, Toulouse je connaissais pas non plus... Epoque baroque encore moins! J'étais un soldat moi, par un foutu génie. Des secrets quoi? Je rebraquais mon flingue sur la nuque du type.



    | Gardes ton baratin. J'y comprends rien et mes clients non plus. Je suis pas venu me taper tout ce sale boulot pour t'entendre déblatérer des conneries historiques dont je me fous complétement, vu? |


    Voilà qui me permettrait de recadrer un peu ce type. Il devait se considérer comme mon otage, et pas comme mon guide; ce serait vraiment contre productif. Par contre, je laissais échapper un sifflement impressionné quand le type me dit le prix que ça valait. Un franc, je sais pas combien ça fait en livres, mais vu le nombre de zéros, j'aurais de quoi me payer ma bibine pendant tout le reste de ma vie... Avais je pourtant oublié que la raison de ma présence ici n'était pas le vol? Mais voler à un vampire, était ce vraiment un péché? Au pire, je pourrais en faire don à quelqu'un. L'homme me demanda alors si j'aurais quelque chose pour la transporter sans l'abîmer. Nan mais j'hallucinais ou quoi? Ce type en tenait vraiment une sacrée couche; je n'avais encore jamais vu de cambriolé réagir comme ça avec son bourreau!


    | C'est bien joli tout ça, mais je pourrais jamais le transporter. S'il a ce genre de trucs, ton cadavre, il doit forcément avoir d'autres trucs de valeur. Ne joue pas au con avec moi. S'il a pas de thune sur lui, je trouverais ça vachement bizarre. Ou de l'argenterie. Ou n'importe quoi qui aie de la valeur. Et je saurais si tu me mens, alors joues pas au con je te le répète. J'ai été capable de tuer ton copain pour sa thune, si toi tu m'apportes rien, je peux très bien en faire autant. |

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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Sam 12 Juin - 0:41

''Vous m'avez demandé ce que c'était.''

Mais qu'il était donc nerveux, celui-là. On ne pouvait pas faire la conversation paisiblement. Si ce n'était pas un obsédé d'occultisme et de religion, ce qui se rejoignait bien souvent, pourquoi avait-il parlé de l'Eglise en s'attaquant à Lennox ? Avait-il une bonne raison de faire ça ? Jusqu'à maintenant, King le voyait comme une sale petite frappe des bas quartiers engagée pour une vengeance. Les vampires étaient infiltrés dans de nombreux cercles de pouvoirs et il n'aurait pas été surpris d'apprendre que certains officiaient au Vatican. Les raisons du règlement de compte remontaient probablement à des ramifications très lointaines d'actes dont il ne percevait que la surface. Il n'avait pas la prétention de tout comprendre. Cela dit, là, les contradictions de la situation commençaient à le déconcerter.

''Il y a des bijoux anciens un peu plus loin... Vous pourrez les mettre dans vos poches.''


Alors qu'il allait replacer l'horloge dans sa vitrine, il se ravisa et la projeta violemment sur le sol, où elle se brisa en mille morceaux. Voilà, adieu les secrets, il n'avait qu'à en reconstruire une, ce m'as-tu-vu de Lucilio. De petits rouages de métal roulèrent en tous sens, et il s'aperçut avec un haussement de sourcils perplexes que certains étaient transparents. Il fit signe à l'homme de patienter et s'agenouilla à terre, pour ramasser une poignée de ces petits éléments brillants. Il avait appris à tailler les rosiers au contact du vampire, mais également à évaluer l'intérêt d'une pierre, et celles-ci étaient précieuses. Plus que précieuses même...

''A moins que vous ne préfériez une poignée de diamants ?'' sourit-il en tendant sa trouvaille au cambrioleur. ''Je puis vous assurer que ça fait toujours plaisir aux dames.''

Le sol était aussi semé de diamants que la pièce voisine était maculée de sang. Il rassembla encore une poignée de pierres en effectuant encore un geste pour balayer le parquet ciré. Pas une fente pour piéger un petit élément dans sa course, pas une trace de poussière ou autres taches, un lieu parfait. Lennox y tenait beaucoup. Petit à petit, King se faisait à l'idée qu'ils suivaient dès à présent des trajectoires séparées. Lennox n'allait pas revivre et lui n'allait pas forcément mourir. Enfin, si, un jour, mais pas tout de suite... Le regard plongé dans le scintillement irisé de la seconde poignée de diamants, il se recroquevilla un peu sur lui-même et sentit que les larmes commençaient à couler sur ses joues. Fallait bien que ça arrive, il aurait pensé tenir moins longtemps d'ailleurs. Dans ce film sur Dracula qu'ils avaient regardé tous les deux, le vampire changeait en diamants les larmes de sa bien-aimée. Drôle de référence à retrouver comme ça entre deux gestes de survie pour se sortir d'un mauvais pas...
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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Mer 23 Juin - 21:28

[HJ; pardonne moi pour ce retard aussi important qu'inexcusable >>]


    Ce type m'exaspérait. N'avait il donc pas encore compris qu'un type qui le braque d'une arme à feu n'attend que deux choses de sa part; le silence et l'obéissance? Et le voilà qui me bravait. Du moins, c'était ainsi que je prenais son attitude quand il me répondait qu'il ne faisait que suivre mes ordres. J'aurais plutôt attendu qu'il me dise qu'il avait plein de trucs que je pourrais chiper pour brouiller les pistes. Pas qu'il déblatère à propos d'un truc incompréhensible à l'aspect barbare. De toute façon, même avec toutes ses brillantes explications, je ne comprenais toujours pas le pourquoi de cet objet; je n'avais tout simplement pas les connaissances nécéssaires en anglais pour décoder cet important discours, et très pointu de surcroit. Et en plus, ce n'était un secret pour personne, j'étais une bille dans tout ce qui touchait aux savoirs académiques. Je n'étais tout simplement pas allé assez à l'école pour comprendre un traître mot de ce que ce type me disait. J'avais été à l'école de Crève Coeur comme dirait Eastwood; j'avais appris à me battre et à tuer, et c'était tout. Dans toute autre vie que la mienne, cet apprentissage et ce talent particulier ne m'auraient rien apporté. L'homme me cassait quand même les pieds, et pas qu'un peu.


    | je sais ce que je t'ai demandé, et je t'ai pas demandé de faire le malin. |


    Je ne relachais pas ma surveillance, pour la bonne et simple raison que je savais très bien, d'expérience, qu'un gardien qui relâche son attention finit immanquablement par faire une bourde qui permet à son captif de s'échapper, voire même d'inverser les rôles... Ou de tuer le dit gardien! Je n'avais pas affronté ces vampires et toutes ces créatures maléfiques pour finir comme ça, croyez moi. Ma fierté en prendrait un sacré coup, si je devais être mis à mort par ce frêle petit humain désarmé. Enfin, cela n'avait pas énormément d'importance puisque si j'étais mort, je me ficherais bien de ma fierté, pas vrai? Le type me parla alors de bijoux anciens. Je n'étais pas un voleur, mais j'étais un ancien des troupes d'assauts mécanisées... On avait pillé, en tchétchénie. C'était une des sources de revenu qui m'avait permis de me marier à mon retour au pays. Mais je savais me contrôler. J'avais peut être beaucoup de défauts, mais la fièvre de l'or n'en faisait pas vraiment partie. Même si je n'aurais pas à beaucoup me forcer pour voler tout ce qui me tomberait sous la main... J'en ferais don à une bonne oeuvre tiens, ou à la HCV, même si je savais que Radanti désapprouverait.


    | Montres moi le chemin, et après, tu n'entendras plus jamais parler de moi. |


    Alors que je contrôlais toujours les mouvements de l'homme, celui ci projeta à même le sol l'horloge qu'il tenait dans les mains. Il ne m'en aurait pas fallu beaucoup plus que je lui tire dessus, ce con. Il m'avait fichu la frousse. Mais commelui, j'étais intéréssé par tout ce qui tombait sur le sol. Cela m'intriguait, et je le vis farfouiller dans les débris. Bien sûr, je continuais de le braquer de mon arme. Il m'avança sa main,e t à l'intérieur d'elle, des diamants. Je faillais lâcher mon arme, mais je préférais partir d'un petit rire. Je pris ce qu'il m'offrait de ma main libre, gardant toujours mon flingue dirigé sur son front. J'éclatais d'un petit rire.


    | Va pour les diamants, mais crois moi, je suis pas fou au point de confier ça à des dames... C'est la première fois que je vole un type qui me refile des pierres précieuses comme s'il s'en foutait. Prends en aussi, j'ai rien contre toi. Et je crois que j'ai de quoi me faire des couilles en or. Autant ne pas contrarier ma chance en te tuant aussi, pas vrai? |


    Le mec se recroquevilla sur lui même, penaud. Il venait sans doute de réaliser qu'il avait brisé un truc cher au coeur de son vampire. Moi, j'en fourrais plein mes poches en espérant que je n'avais pas de trou dans mon pantalon. autant vous dire que la perspective de transformer tous ces petits cailloux en femmes et en alcool, ça me rendait joyeux et loquace.


    | Fais pas cette tâte, t'as échangé une vie avec un connard qui a tué des gens pour une vie de grand bourgeois. Casses toi de cette baraque, et reviens jamais ici. Mêmetrois ou quatre pierres suffiraient à t'assurer de pas crever de faim pendant un sacré bout de temps! Alors me dis pas que tu pleures sur le sort de ce suceur de sang? |

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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Jeu 1 Juil - 1:38

[ J'ai moi-même eu la tête ailleurs et j'en suis désolé. Entretuons-nous et on sera quittes ^^ ]

Il était marrant, ce type. Il ne savait vraiment pas ce que c'était qu'un vampire. Ou, pour être plus exact, une société de vampires. Cette grande folle qui l'avait attaqué un soir allait sans doute revenir et l'interroger quant au décès de son patron. Les autres Barons Rouges, comme il les appelait, qui voletaient dans le secteur lui tourneraient sans doute le dos maintenant qu'il n'avait plus de protecteur. Si l'un d'entre eux se montrait gentil et sympa, ce serait sans doute pour profiter de la situation afin de lui extorquer des secrets sur les petites affaires de Lennox. Et/ou boire un cou au passage. Quel humour, ces gens... Retourner chez les humains ? Il avait toujours eu plus peur des humains que des araignées, des loups, du croquemitaine et des vampires réunis. Et après avoir croisé ce cinglé de première classe, ça ne s'arrangeait pas. Il pouvait aussi retourner à son appartement et attendre comme une âme en peine que l'un de ces fléaux vienne s'abattre sur lui... Non, mieux valait encore provoquer la tornade et aller directement à la Pomme de Sang. C'est probablement ce qu'il ferait.

''Je ne PLEURE pas.'' Namého il le prenait pour qui ? ''C'est les nerfs, c'est tout. Et... je ne sais pas où aller.''

Syndrome de Stockholm ? Appelle ça comme tu voudras, mon grand, c'est toi qui tiens le flingue, c'est toi qui choisis le vocabulaire. Même s'il avait eu sur lui une lettre d'amour du vampire - mais non, il avait des principes, ce crétin d'aristo, on ne se tape pas le personnel et on ne mêle pas le sexe aux petits trafics et aux belles amitiés. Je t'en foutrai, tiens. Maintenant à un mort et un solitaire ils avaient l'air intelligent. Oui, donc, même s'il avait eu un tatouage ''petit copain de Lennox le Vampire'', Gyptian aurait pu prétendre que c'était de la télépathie, ou toute autre forme d'esclavage, de secte ou de manipulation, dont ces messieurs aux dents longues étaient réputés spécialistes toutes catégories. Et remercier le cinglé pour l'avoir sauvé de cette diabolique emprise. Il n'avait plus envie de rien, ni de croire en rien. La loyauté, la sincérité, qu'est-ce que c'est ? Il avait été sincèrement loyal à Lennox, et même pas parce qu'il lui fichait la trouille, en plus. Et ça avait servi à quoi ? Une mare de sang et quelques restes racornis. Merci bien, à présent il donnerait dans le nihilisme, ça le reposerait.

Machinalement, il avait reposé la poignée de diamants au pied de la vitrine, n'en conservant qu'un seul qu'il serrait dans son poing. Il n'osait pas le ranger dans sa poche, ni le lâcher tout court. Le diamant, c'est pas la substance la plus dure au monde ? Voilà ce qu'il devait s'efforcer de devenir. Petit et d'apparence fragile et précieuse, peut-être, mais froid, dur et tranchant, comme ce crétin de porte-flingue qu'il avait devant les yeux, plus ou moins.

''Je vais vous reconduire, si vous le permettez.''
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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Mer 7 Juil - 21:28

[HJ; va pour le steack tartare xD!]


    Je savais que j'avais fait une erreur. La première chose qu'on m'avait appris à l'armée, c'était de ne pas parler et de ne pas fréquenter les victimes. Je savais que je n'aurais jamais dû engager la conversation avec cet homme. J'aurais dû m'enfuir plutôt, le plus loin et le plus rapidement possible. Tout ça pour éviter de me faire repérer. J'espérais que le traumatisme que ressentait l'homme serait plus important que sa mémoire. Cela arrive souvent; des victimes ayant pourtant aperçu leur agresseur ne se rappelaient que du visage de celui qui les brutalisait enfants, ou ce genre d'histoire. La deuxième leçon que m'avait appris l'armée, c'était qu'il ne fallait pas se sentir concerné par le sort des victimes collatérales d'un conflit en cours. Règle transpercée par la naïveté profonde dont je faisais preuve parfois devant les victimes de vampires. Je n'arrivais pas à me départir de cette compassion, ce sentiment qui m'étreignait le coeur. Mais je savais qu'aux yeux de l'inconnu, ce serait sans doute son comparse vampirique qui mériterait de la compassion. Il faudrait vraiment que j'en parle à Silviano. Continuer à être sujet à des sentiments aussi bassement humains n'était absolument pas indiqué quand on tuait des vampires, surtout parce que la majorité d'entre eux passait son temps à se rapprocher des individus de ma propre espèce. Foutues sangsues, collées à votre cou et à vos basques à longueur de temps. Il était vraiment temps qu'on y remette un peu d'ordre avec la HCV. Un bon coup de pied dans la fourmilière, c'est ce qu'il y aurait de mieux sans doute. L'homme me répondit sèchement qu'il ne pleurait pas. Je haussais les épaules.


    | Si tu le dis... |


    Par contre, je ne suis trop quoi répondre lorsqu'il m'expliqua que c'était la faute à ses nerfs, et qu'il ne savait pas où aller. Je fermais les yeux l'espace d'un instant. C'est pas vrai! J'ai encore réussit à me coltiner une putain de pleureuse, et le pire, c'était que je me sentais concerné par sa détresse et sa désorientation; Après tout, qui avait fait exploser le gentil petit univers de l'humain? Je me faisais avoir. Ne jamais parler! Ne jamais adresser la parole à une victime collatéraler! Bordel de dieu Badenov, t'es capable de comprendre ça? Je continuais de me fustiger mentalement alors que le type semblait choqué. Je devais peut être saisir l'occasion qui m'était présentée... Je ne savais pas trop. Mais l'indécision n'était pas quelque chose de familier pour moi, pas plus que ne l'était l'incompétence. Je savais que si je ne réfléchissais pas très vite, j'allait envoyer sous peu le jeune humain ad patres, rejoindre son connard d'employeur. Qui a dit que la violence ne résout jamais rien? Mais je ne m'en sentais plus vraiment capable, maintenant que l'adrénaline avait relâché son emprise sur moi.


    | T'as qu'à aller à l'antenne sociale des vampires. Je sais pas où c'est, mais ils pourront peut être t'aider. Et t'as pas intérêt à parler sur moi. Sinon je te retrouve, et je te réserve le même sort qu'à ton copain. |


    Le type me proposa de me reconduire. Je souriais. Dans son traumatisme, cet homme ne réagissait plus qu'à ses habitudes. Celle d'être un gentil monsieur, genre majordome. Je trouvais cela pitoyable, dans le sens le plus triste et désolant du terme. Mais je n'y pouvais rien pour autant. Je faisais un signe de tête de dénégation devant l'homme.


    | Je connais la sortie... Et pas un mot aux vampires, petit. Je garderais un oeil sur toi, sois en sûr |


    Je m'éclipsais en arrière, les poches pleines de diamants, l'esprit embrumé par la discussion. En quelques minutes, j'étais sortit de la propriété, et démarrais doucement pour ne pas laisser de traces de pneus devant la maison.


    [HJ; je te conseille de voir avec kry pour un rp, dans l'hypothèse ou tu voudrais balancer les infos aux vampires...]

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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   Mer 7 Juil - 22:36

[ Elle a déjà prévu de me sauter dessus toutes dents dehors pour une chouette interview with a vampire, je l'avertis que je suis à sa merci ^^ ]

Sociale ? Vampires ? Ce devait être une boutade, un de ces trucs que font les gens qui ont encore de quoi plaisanter. Il y reviendrait, mais pas tout de suite. Attendre que les crampes passent. Puis Gyptian n'entendit plus la voix de l'homme. Puis il n'entendit plus ses pas. Une angoisse incompréhensible monta comme une marée soudaine et le glaça des pieds à la tête.

Il était parti.

Seigneur, que ce tombeau était silencieux tout à coup. Et comme il ressemblait à une maison... Etrange, les illusions qui peuvent se former sur la rétine humaine.

Tout ça n'était qu'une illusion.

Gyptian essaya de rappeler ses souvenirs. Depuis quelques temps, Lennox disait ça de plus en plus souvent. Si il m'arrive quelque chose... Au cas où il m'arrive quelque chose... Mais il n'y avait plus de souvenirs. Tout était en miette au sol, transparent et inutile comme ces pierres précieuses sans le moindre intérêt. Comme les restes de Lennox dans le bureau voisin.

Gyptian vacillait sérieusement, mais il ne s'évanouissait pas. Tout aurait été tellement plus simple...

''S'il m'arrive quelque chose... ne reste pas tout seul.''

En la prononçant, la phrase s'était enfin reformée dans son esprit. Il ferma hermétiquement les yeux et un profond soupir franchit ses lèvres. Ne pas rester tout seul ? Il était tout seul ! Où pouvait-il aller ? Il l'avait bien dit à l'homme... Il aurait pu rester avec cet homme, si ce dernier lui avait proposer de le recruter il aurait acquiescé sans hésitation. L'importance était de trouver des choses qui aient de l'importance. Des choses qui existent. Quelles qu'elles soient.

Il y avait bien cette fille à la Pomme de Sang... King hocha la tête. Il repensa à son idée de brûler le manoir, mais n'en eut pas le courage. Il savait où trouver de l'essence au garage, il se sentait tout à fait capable de déclencher un incendie sans y périr, et au fond la question ne se posait pas vraiment. Mais à quoi bon ? Il sortit dans le jardin, respira l'air de la nuit, et un léger sourire brilla sur son visage dans l'ombre.

''On y va, Lennox ? Allez, on est partis. Rien oublié ? Très bien. Hé, Lennox... si je te dis que je t'aime, tu vas te moquer de moi ?''
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MessageSujet: Re: Dieu a dit : tu ne tueras point. [Livre 1 - Terminé]   

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