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Should we face the past ? [Livre I - terminé]
MessageSujet: Should we face the past ? [Livre I - terminé]   Jeu 6 Déc - 5:23



"Sasha"
&
"Maryana"
© Little-Luna / Never-Utopia


Lorsqu’elle avait remis les pieds à Glasgow, cette idée ne l’avait même pas effleuré. Tout ce qu’elle avait eu en tête était de mettre un visage sur cet interlocuteur anonyme qui insistait tant pour la rencontrer puis repartir sur la route. Peut-être prendre contact avec Caïm pour qu’il lui donne puisse lui dire face à face ce qu’il attendait d’elle. Qu’il lui explique la façon la plus certaine de reconnaître l’un des leur. Puis elle aurait joué la chasseuse de tête. Au sens figuré, comme au sens propre. Comme quoi les plans pouvaient bien s’avérer inutiles. N’en avait-il pas été de la sorte depuis qu’elle avait découvert de quoi elle était capable ? Adieu le soutien parental, puis adieu le compagnon. Adieu sa fille, adieu sa vengeance. Adieu la liberté. Si elle s’était faite une raison et acceptait désormais pleinement tout ce qui avait pu lui arriver, il y avait bien une perte dont elle ne se remettait pas. Celle d’agir comme bon lui semblait, de déambuler les rues sans craindre que l’on ne l’arrête. Elle ne supportait cette entrave à sa créativité, à sa nouvelle volonté. Alors elle avait décidé aujourd’hui d’y remédié. Il était évident qu’elle allait rester dans la ville galloise encore quelques mois et pour cela elle avait besoin d’être libre de ses mouvements. De ne plus être l’une de ces personnes « recherchées » et encore moins être sous une épée de Damoclès. Pour cela elle avait la solution parfaite. Certes, cette idée ne l’avait pas effleuré quelques jours plus tôt mais elle était dorénavant ancrée dans chaque cellule de son corps. Et elle savait exactement la façon dont elle allait procéder. Ou plus ou moins.

Sa cible était d’une évidence ! Sasha Oppenheimer. Cette agent chargée de mener l’enquête sur elle dès le premier attentat. Femme qu’elle avait approchée contre toute attente et qui aurait pu être une alliée intéressante. Profiler entraînée qui avait finalement mis le doigt sur un bout de vérité. Qui savait qu’elle était sinon pleinement responsable, pour le moins impliquée dans la tragédie d’Edimbourg. Ce qui lui avait fait changer d’avis, elle n’en avait strictement aucune idée. Non pas qu’elle sache avec précision ce que lui souhaitait l’agent, mais recevoir une seconde convocation pour « témoignage » avait été trop suspect pour qu’elle prenne le risque de s’y rendre. Ou que l’on l’attrape. Peut-être avait-elle mal réagi, peut-être aurait-elle dû affronter le regard de l’agent et clamer une innocence mystifiée. Cependant elle ne regrettait nullement le choix qu’elle eût fait. Fuir l’avait rapprochée de son géniteur, lui avait fait découvrir plus qu’elle ne l’imaginait. Sur le monde qui l’entourait et elle-même.
Certes, aujourd’hui elle ignorait tout de ce qu’il en était. Elle ne savait pas le nombre de personnes déployées pour la retrouver, elle Maryana Watheerey ou même si elles étaient toujours d’actualité. Voilà ce qu’elle devait savoir, voilà ce qu’elle devait découvrir, et elle savait que l’approche « amicale » était la solution la plus utile. Et dans le cas contraire, il lui restait une solution plus radicale. Non, elle n’en viendrait pas à éliminer l’agent. Cela manquerait de subtilité et indiquerait probablement que la personne responsable des attentats se trouve non loin. Non, elle avait une toute autre idée, qu’elle avait pratiquée quelques fois depuis qu’elle avait découvert cette capacité. Elle s’était rappelée après les évènements ayant eût lieu dans son appartement qu’il existait un tout autre moyen de se délecter des âmes. En effaçant toute trace de leur vie de leur mémoire. Elle n’était probablement pas parfaite, mais demeurait assez efficace dans l’exercice.

Comme à son habitude, vêtue de noir et cheveux relevés et dissimulés, portant des lunettes, la semi-démone attendait non loin de l’appartement de l’immeuble de l’agent, remerciant l’hôtel dans lequel elle logeait actuellement d’être dôté de la Wi-fi et que tout soit désormais si simple d’accès. Un nom, un prénom, une ville et vous pouvez découvrir maintes informations. Un peu de patience et vous pouvez pénétrer dans le hall principal, déposer une note dans une boîte aux lettres indiquant faussement que l’on a des informations sur les attentats, que l’on souhaite rester anonyme et que l’on attend au dehors sur le banc. Banc qui donne directement vue sur ce même hall et qui permet de se rendre compte si la receveuse émet un quelconque coup de téléphone. Il ne lui restait plus qu’à attendre.
Peu de temps, le soleil avait commencé à décliner et l’agent rentrait chez elle, Maryana observa attentivement chacun de ses gestes et aperçut avec plaisir que le professionnalisme de Sasha Oppeinhemer l’amenait tout droit vers elle. Elle lui sourit faiblement lorsqu’elle s’approcha. Lui demanda de retourner ses poches, d’ouvrir sa mallette par précaution. Comme si elle était une dealeuse vendant son patron et souhaitant garder son anonymat. Puis une fois rassurée, elle lui demanda de déposer ses affaires à un point qui lui était inaccessible, releva sa capuche et retira ses lunettes.

Bonsoir Mlle Oppeinhemer. Je suppose que ne pas vous avoir rappelé pour que nous partagions à nouveau une séance d’essayage est le cadet de vos soucis me concernant. Voilà des semaines que j’hésite à avoir cette entrevue, que j’en tremble à l’idée. Est-ce que… Est-ce que vous pouvez m’aider ?

Par habitude, elle réveilla la partie démoniaque sommeillant en elle. Prête à agir si le besoin s’en faisait sentir.




Dernière édition par Maryana Watheerey le Mer 10 Avr - 16:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Should we face the past ? [Livre I - terminé]   Ven 21 Déc - 20:35

Il y a des jours avec et des jours sans. Il y a des jours où tout vous sourit, et d'autres où on n'a qu'une envie : rentrer chez soi s'emmitoufler sous sa couette. Quelle était l'humeur de notre profiler aujourd'hui ? Craintive. Elle sursautait au moindre bruit suspect, se sentait observée par les passants, marchait avec précaution pour éviter les flaques de boue ... Manque de chance, son tailleur crème fut éclaboussé par un pied malencontreux dans une petite mare qu'elle n'avait pas vue. Le jour déclinait trop vite mi-novembre ; l'hiver approchait doucement mais Sasha n'avait pas hâte qu'il arrive. Sans surprise, ce n'était pas la période de l'année qu'elle préférait : elle aimait tant la chaleur du soleil sur son visage, l'air chaud et les robes légères, les regards appréciateurs que l'on pose sur sa silhouette fine et élégante... Manque de chance, Sasha avait eu un mauvais sentiment tout au long de la journée. Du genre qui assombrit tes pensées et t'empêche de voir la lumière dans un jour résolument grisâtre.

La journée s'étirait en longueurs interminables. Aucune motivation au travail. On ne lui confiait plus rien d'important, depuis qu'elle avait eu le malheur d'avouer à Riley qu'elle connaissait des "angoisses" et qu'elle avait besoin d'en parler à quelqu'un. Sauf que Riley était la dernière personne à qui se confier. Elle n'avait pas osé aller voir le boss directement. Heureusement pour elle, Riley se défila rapidement, et la laissa seule avec ses doutes. Elle ne voyait personne avec qui en parler. Cela lui paraissait si fou parfois ... Personne de disponible pour comprendre.

Quand enfin elle arriva devant la porte de l'immeuble, elle sentit la tension s'atténuer quelque peu. Elle ouvrit machinalement sa boite aux lettres et en prit les lettres et prospectus qui s'y trouvaient. Elle tenta de les fourrer dans son sac, mais son geste négligent en fit tomber un par terre. Sans le voir, elle allait monter dans l'ascenseur quand une voisine l'interpella :

"Hey Mademoiselle Sasha, vous avez fait tomber quelque chose."
Sasha se retourna, adressa un sourire fatigué mais sincère à sa voisine et attrapa le papier plié. Elle le tint serré dans sa main, fixant la voisine jusqu'à ce que cette dernière comprenne qu'elle voulait être seule. Sasha savait se faire respecter sans parler parfois. Le mauvais sentiment revint quand elle lut le contenu du mot :

"Bonjour Mademoiselle Oppenheimer, j'ai des informations à vous communiquer concernant les attentats. Je préfère rester anonyme. Vous me trouverez devant votre immeuble, sur le banc gris près du petit jardin d'agrément."

Pas de signature ou de signe distinctif pouvant indiquer qui s'adressait à elle ce soir.
Le doute envahit la profiler sur la conduite à adopter : devait-elle prévenir Jack ? Oui, c'était la chose à faire. Mais ... Mais la croirait-il ? On accordait beaucoup moins d'importance à ses déclarations car on la prenait pour une femme peureuse et traumatisée par des missions sur le terrain. Sasha avança jusqu'à la porte de l'immeuble et scruta la rue. Il y avait bien une femme assise sur le banc, enveloppée de noir. Sur son nez trônaient des lunettes noires, incongrues par cette nuit noire. La peur ne l'effleura pas bizarrement : après ce qu'elle avait vécu près de William le vampire, dans un parc au milieu de la nuit, elle n'allait pas avoir peur de cette femme ! Elle avait sur son portable une touche "urgence" pour prévenir instantanément son équipe avec une fonction de localisation immédiate. A moins que son téléphone ne lui explose dans les mains, elle avait une marge de manœuvre non négligeable.

C'était vraiment étrange comme l'humeur de Sasha pouvait changer d'un coup. Soudainement très sûre d'elle, elle vint au devant de l'inconnue, lui demanda de retourner ses poches et d'ouvrir sa mallette. Une fois que ce fut fait, la femme retira ses lunettes.

*Maryana... Cette femme...*
Le coeur de Sasha se mit à battre la chamade. Il y avait quelque chose chez cette femme qui la fascinait et la terrifiait en même temps. Ce n'était pas si étonnant que cela qu'elle soit venue la voir, pour un deuxième rendez-vous en tête à tête, mais dans un autre lieu et pour une autre raison que des conseils de mode. Il y avait dans la voix de Maryana une hésitation si exquise, les mots choisis parvinrent à attendrir Sasha comme la dernière fois : "j'hésite, je tremble, pouvez-vous m'aider ?". Sasha ne pensait pas céder aussi facilement du terrain.

"Bonsoir Mlle Watheerey. Je n'ai pas oublié notre excursion dans les magasins. M'attendiez-vous depuis tout ce temps sur ce banc ? Ou saviez-vous à quelle heure je rentre du travail ?"
La voix de Sasha se faisait douce, curieuse puis menaçante. Elle changeait de ton à chaque nouvelle phrase.

"Tout dépend ce que vous attendez de moi." ajouta t-elle plus doucement.

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MessageSujet: Re: Should we face the past ? [Livre I - terminé]   Mar 12 Fév - 20:28

Elle pouvait reconnaître avec une facilité déconcertante cette pulsation. Ce rythme passant au-dessus de la moyenne. Oui, elle pouvait sentir le cœur de l’agent s’accélérer. Une sorte de picotement lui traversait le bout des doigts. Une sensation à la fois gênante et agréable. La semi-démone ne détacha pas son regard de la jeune femme, face à elle. Chercha à deviner ce qui pouvait la mettre dans cet état. Avait-elle un moyen quelconque d’appeler des renforts et craignait-elle de se faire surprendre ? A moins qu’elle ne fût tout simplement effrayée par sa présence, ayant depuis le temps trouvé de quoi elle était capable. Ou tout simplement était-elle excitée à l’idée de la revoir, pensant pouvoir attraper un beau poisson dans ses filets. Oui, Maryana était capable d’affirmer que l’agent n’agissait pas, ne pensait pas de manière habituelle. Son corps la trahissait. Outrageusement, bruyamment. Mais ses connaissances s’arrêtaient là. La semi-démone aurait bien été incapable d’en deviner plus. Conséquence de sa perte totale d’empathie il y a quelques années de cela. Quoi qu’il en fût, cela ne lui disait rien qui vaille. Non pas qu’elle eût une réelle crainte si elle devait affronter ces morpions d’humains, mais cela irait à l’encontre de son plan. De ses désirs.

Etrangement, bien qu’ils la répugnassent, Maryana souhaitait à nouveau se fondre dans la foule. Se mêler au peuple et passer inaperçue au milieu de cette immondice humaine. Pourquoi ? Simplement parce qu’ils seraient plus aisé et discret de les atteindre si elle se trouvait au cœur du cocon. Elle pourrait également se renseigner avec d’avantage de faciliter sur des phénomènes étranges auxquels ils auraient pu assister et ainsi retrouver ses « frères » et « sœurs ». Oui, jouer ce jeu était dorénavant dans ses capacités. Feindre sentiments et émotions lui semblait possible et elle pourrait de la sorte se créer un réseau social de façon totalement hypocrite. Mais pour cela, elle avait ce détail à régler. Un détail de taille. Alors si elle ne craignait pas réellement quelques êtres insignifiants armés de jouets meurtriers elle savait que se trouver en leur présence ne l’aiderait pas à sortir de la situation inextricable dans laquelle elle s’était fourrée. Rapidement elle balaya de son don les alentours, à la recherche d’une présence humaine, plusieurs. Prêtes à lui tomber dessus. Mais elle ne trouva que le vide, troublé par deux trois animaux assoupis de-ci et delà. Elles étaient bien seules et cela rassura la semi-démone. Fit sourire le monstre qui sommeillait en elle. Elle se concentra donc à nouveau sur l’agent. Attendant qu’elle ne réagisse à son appel à l’aide.

Ne pas pouvoir reconnaître les divers sentiments et émotions humains ne la rendait pas pour autant née de la dernière pluie. Elle avait su le ton à adopter, pour essayer de créer une certaine pitié chez Sasha Oppeinhemer. Un petit quelque chose qui la convaincrait de ne pas l’arrêter sur le champ. Certes, elle venait de prendre un énorme risque à se dévoiler de la sorte, mais Maryana savait à peu près dans quoi elle mettait les pieds. Et cela lui fut confirmé. Plus ou moins. S’il y avait bien une chose que la semi-démone savait à propos de son interlocutrice, c’est qu’elle n’était probablement pas aussi naïve et manipulable que la majorité des êtres de son espèce. Non pas qu’elle y ait réellement mis tout ce dont elle était capable, mais elle ne voyait pas l’agent du même œil qu’elle pouvait voir un humain lambda.
Afin de donner de la crédibilité à sa position d’infériorité, elle recula de quelques centimètres sur le banc alors que la voix de Sasha se faisait plus rude et sèche. Non pas qu’elle fut réellement impressionnée, mais elle désirait se faire passer pour la victime et affronter le regard d’une figure d’autorité n’irait absolument pas dans ce sens. Gardant les yeux baissés elle répondit aux premières interrogations.

J’ignorais tout de votre emploi du temps, j’ai simplement tenté ma chance et espéré que vous seriez rentrée à une heure convenable. Dans le cas contraire, j’aurais essayé à nouveau demain et les jours suivants. Elle releva la tête et afficha un faible sourire. Je dois vous sembler bien désespérée en cet instant.

Elle poussa une expiration légèrement sonore après avoir frottées ses mains l’une contre l’autre. D’une part cela lui permettait de faire croire à une quelconque gêne. D’autre part, elle pouvait de la sorte songer à ses paroles et analyser à nouveau son environnement. S’assurer qu’elles étaient seules.

Je suis désolée d’avoir usé de ce subterfuge pour vous attirer dehors. Je craignais que vous ne preniez pas le temps de m’écouter si je venais sonner à votre porte. Merci beaucoup de me l’accorder en cet instant. Je…. Je souhaitais vous faire part des raisons de ma fuite. Lorsque j’ai reçu votre convocation j’ai pris peur. Peur que l’on ne me soupçonne à nouveau d’être l’une des origines d’un drame. J’avais la sensation que tout se jouait contre moi et que je n’aurais cette fois-ci aucun moyen de prouver mon innocence. Qu’avais-je à perdre ? Pas grand-chose. Mais ça a été plus fort que moi. Aujourd’hui, je m’en remets à vous. Vous demande en toute honnêteté de quoi il était question, si j’ai eu raison, si j’ai raison, de m’inquiéter. Elle marqua une légère pause et se répéta, tendant la main avec lenteur dans le but de la poser sur celle de l’agent. Je m’en remets à vous.

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MessageSujet: Re: Should we face the past ? [Livre I - terminé]   Ven 1 Mar - 23:51

Sasha se sentait donc protégée face à Maryana Watheerey. Si cette dernière lui lançait des menaces plus ou moins voilées, ou pire tentait de l'agresser, il lui suffisait d'appuyer sur un bouton et on la localiserait. Elle la regardait donc droit dans les yeux, enfin elle essayait car elle n'arrivait pas à la regarder en face sans se sentir gênée et vouloir détourner la tête. Elle avait cessé de chercher une explication à ce phénomène : Maryana la troublait, et Sasha n'avait pas envie d'y penser, de se demander ce que ça pouvait bien vouloir dire. Le problème, c'était qu'elle perdait quelque part son analyse fine des comportements et des situations. Donc au final, elle était dans une position paradoxale : protégée par Scotland Yard, mais prise au piège face aux paroles et aux gestes de la belle femme.

*Elle est belle, tu peux le dire tout haut... Enfin dans ta tête, en tout cas.*
C'était pas le moment de l'avouer à voix haute ! Comme stratégie de déstabilisation de l'ennemie, ça pouvait marcher, mais bon ... C'était moyen pour la jeune femme ; elle risquait aussi de balbutier et de ne plus réussir à parler. Et puis, c'était comme avouer une faiblesse, une emprise que Maryana pouvait avoir sur elle. *Reste forte et implacable.* Peine perdue. Tout ce qu'elle réussissait à faire, c'était boire les paroles de Maryana, sans même se demander où elle voulait en venir. Quand la main de Maryana se posa sur la sienne, Sasha ne bougea pas, ne l'enleva pas. Tâchant de rester calme - alors que son esprit rugissait comme un lion - elle releva :

"Pourquoi avez-vous eu peur ? La dernière fois, personne ne vous avait retenu coupable. Nous avions besoin de confronter de nouveaux éléments avec votre histoire. Votre attitude n'a pas plaidé en votre faveur." déclara t-elle. Son coeur battait toujours la chamade, mais sa voix restait posée.
"Pourquoi venir me parler seule à seule ? Je ne suis pas la seule en charge de ce dossier." lui rappella t-elle aussi.
*Il faut que je note ce qu'elle raconte, pas que j'oublie. Tous les mots, tous les gestes... Non pas les gestes, tout le monde s'en fichera. Et puis ça ne les regarde pas !*

"Je m'en remets à vous."
Qu'est ce que ça voulait dire ? Qu'est ce que ça impliquait ?
Soudain méfiante, Sasha retira sa main.
"Que voulez-vous exactement ?"
Cela paraissait clair mais Sasha n'avait pas envie de comprendre. Elle voulait l'entendre de sa bouche.

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MessageSujet: Re: Should we face the past ? [Livre I - terminé]   Mar 26 Mar - 6:38

D’où lui venait cette soudaine inspiration, elle n’en avait pas la moindre idée. Une chose était absolument certaine à propos de Maryana, elle n’était pas quelqu’un d’éloquent. Pourtant, elle venait de lancer une tirade comme elle n’en avait fait depuis… depuis bien longtemps probablement. Cela était le bienvenue en cette soirée. Parler pour ne rien dire, -bien que cela l’exaspérât fortement- la ferait paraître plus humaine, accessible, fragile. Tout ce qu’elle n’était pas. Ou plus, au choix. Le petit geste de la main était également parfaitement bien trouvé. Instincts aux dehors, la semi-démone n’avait pas exactement calculé tous ses mouvements. Ce qui pouvait en soi être déstabilisant, mais qui se trouvait être d’une aide parfaitement appropriée. Désormais, elle avait un contact physique direct avec l’agent, ce qui lui permettait de rendre la lecture de ses flux intérieurs plus évidents que jamais. Plus évident mais à la fois plus troublant. Elle discernait le battement irrégulier de son cœur comme si un orchestre symphonique jouait dans ses oreilles. Sans en saisir avec exactitude les raisons, elle eût comme la confirmation qu’elle n’avait aucune raison de se méfier d’elle. Pour le moment. Elle releva le visage vers l’agent alors que celle-ci lui confirmait la stupidité de sa fuite.

Elle en avait parfaitement eût conscience, mais encore retournée en cet instant, elle ne s’était pas imaginer affronter les autorités et faire preuve d’un sang-froid suffisant pour en ressortir indemne. Rapidement, Maryana se revit dans son véhicule, à la sortie de l’hôtel de ville, couverte de sang, se grattant la peau de ses ongles afin d’effacer les traces de ses actes récents. Définitivement, elle n’aurait pas été assez forte psychologiquement pour échapper aux conséquences. Pauvre humaine qu’elle était. Dorénavant, tout était différent. Elle était forte, inébranlable et ne craignait que très peu de choses. Si les choses venaient à mal tourner en cette soirée, elle avait la certitude qu’elle repartirait. Par un moyen ou un autre. Discrètement ou violemment, qu’importe. Elle avait fui pendant des semaines et pouvait recommencer sans le moindre état d’âme. C’est à cet instant précis que l’agent retira sa main ce qui lui donna comme une sensation de frustration. Elle perdait son livre ouvert d’une part, mais également venait de réveiller une certaine méfiance chez son interlocutrice. Elle ramena la main contre sa poitrine et simula naturellement un frisson.

Je me doutais bien que ma fuite ne jouerait pas en ma faveur. J’ai simplement pensé que le fait de m’être trouvée aux deux massacres m’indiqueraient comme parfaite coupable. Je n’ai aucune idée de la façon dont fonctionne la justice et ait craint l’iniquité. J’ai comme une mauvaise étoile située au-dessus de ma tête et me suis vue enfermée dès lors que j’ai reçu votre convocation. Si cependant vous avez la moindre question je suis à votre disposition en cet instant précis.

La semi-démone ferma sa bouche afin de ne pas se laisser malencontreusement emporter par un flot de paroles inutiles. Elle se devait de ne pas sur-jouer quoi que ce soit au risque de prouver qu’elle n’était qu’une imposteur ce qui bien évidemment s’éloignerait profondément des objectifs qu’elle s’était fixés. Elle se leva et retourna ses poches, ouvrit sa veste, dévoila le haut de ses reins effectuant presque un strip-tease afin de prouver à Sasha Oppeinhemer qu’elle n’avait aucune raison de se méfier d’elle. Elle se rassit, mains sur les genoux.

Je suis venue à votre rencontre parce que j’avais la sensation que vous m’aviez comprise et que vous m’écouteriez. N’importe quel autre de vos collègues se serait probablement empressé de me ramener sans cérémonie. Mais vous êtes là, patiente, prête à m’entendre et je ne peux vous remercier assez. Je n’en attends pas plus de vous, si ce n’est vos conseils avisés. Que suis-je sensée faire ? Je n’ose imaginer ma vie derrière des barreaux et j’ai peur que cela ne vienne me frapper de plein fouet. Que feriez-vous à ma place ?

Une larme s’écoula sur la joue de Maryana. Gros avantage qu'est celui de contrôler les liquides.

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MessageSujet: Re: Should we face the past ? [Livre I - terminé]   Dim 7 Avr - 23:14

Je me doutais bien que ma fuite ne jouerait pas en ma faveur. J’ai simplement pensé que le fait de m’être trouvée aux deux massacres m’indiqueraient comme parfaite coupable. Je n’ai aucune idée de la façon dont fonctionne la justice et ait craint l’iniquité. J’ai comme une mauvaise étoile située au-dessus de ma tête et me suis vue enfermée dès lors que j’ai reçu votre convocation. Si cependant vous avez la moindre question je suis à votre disposition en cet instant précis.

*Oh oui j’ai des tonnes de questions, si vous saviez !*
Comment faire pour obtenir des réponses ? Sans qu’elle ne fuie ? Sasha mourait d’envie de la coincer une fois pour toutes. Elle était persuadée maintenant que Maryana était coupable. Elle enrageait de d’avoir été si aveugle la dernière fois et de l’avoir laissé partir, en faisant « ami-ami » avec elle. *Ce temps-là est révolu* se dit-elle mais elle n’y croyait pas. Elle se sentait tellement faible face à elle !
« Nous… Les membres de Scotland Yard auraient aimé que vous vous présentiez plus tôt au poste dans ce cas.» déclara Sasha d’un ton qu’elle voulut rendre égal. Cette formulation très impersonnelle lui permit de prendre un peu de distance avec Maryana.
« Sachez que la justice en Ecosse est impartiale » ajouta t-elle d’une voix plus forte. « Croyez-vous vraiment ce que vous dites ? » Sasha se rendit compte que son ton devenait franchement autoritaire et elle se tut soudain, de peur que Maryana ne prenne peur et ne fuie. Mais non. Maryana fit alors quelque chose de nouveau pour Sasha, d’étonnant. Non elle ne s’y attendait pas !

Cette… espèce de « strip-tease » laissa Sasha bouche bée. Littéralement. Incapable de comprendre ce qui se passait devant elle, et incapable de parler.
Je suis venue à votre rencontre parce que j’avais la sensation que vous m’aviez comprise et que vous m’écouteriez. N’importe quel autre de vos collègues se serait probablement empressé de me ramener sans cérémonie. Mais vous êtes là, patiente, prête à m’entendre et je ne peux vous remercier assez. Je n’en attends pas plus de vous, si ce n’est vos conseils avisés. Que suis-je sensée faire ? Je n’ose imaginer ma vie derrière des barreaux et j’ai peur que cela ne vienne me frapper de plein fouet. Que feriez-vous à ma place ?

Voilà qu’avec sa réplique elle changeait totalement la donne ! Sasha était maintenant déroutée, frappée par la gentillesse de Maryana, incapable de voir ce que ce n’était qu’une comédie ! Maryana la prenait dans sa toile comme une araignée envers une mouche. Cette larme ! Ce n’était pas une fausse, non ! Sasha ne savait pas comment apaiser la femme en face d’elle. Sa bonne résolution s’était vite envolée ! Que faire ? Que dire ? Sasha n’était pas douée pour réconforter les gens. Quels conseils pourrait-elle lui procurer ? *Que ferais-je à sa place ?* Cette question la ramena sur terre. Le meilleure conseil qu’elle pouvait lui donner était le suivant : venir au poste s’expliquer car après tout, c’était ce que tout le monde voulait : Scotland Yard et interpol ! Sasha ne devait pas se mettre à la place de Maryana : entre elles, il y avait un monde ! Sasha n’était pas une criminelle ni une manipulatrice !
« Je ne peux pas vous conseiller sur la conduite à tenir. Vous êtes assez grande pour décider vous-même. « affirma t-elle d’un ton ferme et froid ; seule manière pour ne pas se laisser prendre dans les filets tendus de la belle femme.
« Mais vous savez très bien ce que je ferais, si j’étais à votre place. Seulement, je ne le suis pas. Je n’ai jamais été coupable de quoi que ce soit, car j’ai toujours eu une conduite irréprochable. »
C’était une réponse dure mais Sasha en avait besoin pour ne pas se laisser prendre au piège par Maryana, une nouvelle fois.

« SASHA !! »
Cette dernière tourna la tête, étonnée qu’on l’interpelle ainsi dans la rue. C’était Riley Bergson, son collègue de Scotland Yard. Que faisait-il ici ? Elle le voyait venir vers elles, de l’autre côté du trottoir. *Mince ! Il va la reconnaître et se demander ce que je fais avec elle !* pensa t-elle, légèrement paniquée.
« Maryana, il va falloir nous suivre. Vous savez que c’est pour votre bien… » commença Sasha tout en se retournant vers la femme. Peine perdue. Elle avait filé.
« Et merde ! Quelle menteuse !» s’autorisa Sasha à haute voix.

Fin pour Sasha
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MessageSujet: Re: Should we face the past ? [Livre I - terminé]   Mer 10 Avr - 16:18

Il y a bien une chose dont Maryana était certaine. Sasha Oppeinhemer était loin d’être une idiote et il serait extrêmement difficile de la duper. Pourtant, elle avait d’ores et déjà réussi ce tour de passe-passe une fois et espérait bien le réitérer. Non, elle ne s’imaginait pas la convaincre de la couvrir ou quoi que ce soit de ce genre. Elle souhaitait simplement l’attendrir, recueillir des informations et effacer toute trace de son passage. Voir d’avantage. Certes, elle s’imaginait bien que des écrits étaient produits lors des entrevues, mais si l’agent oubliait leurs anciennes confrontations, elle était certaine que cela ne pourrait jouer qu’à son avantage. Un pas vers la liberté. Elle en rêvait depuis qu’elle l’avait perdu. Réellement ? En soi elle trouvait cela étrange que Sasha possédât une attitude aussi calme et neutre. Peut-être avait-elle exagéré les choses, peut-être n’avait-elle pas eu de raison de fuir. Pauvre culpabilité humaine qui la mettait dorénavant dans une position délicate. Cependant, il était désormais trop tard, et se lamenter ne l’aiderait en rien dans sa situation. Non, ce qui allait lui servir était de se rapprocher de l’agent, d’avoir son opinion, celle qui importait. Etait-elle réellement suspecte dans les attentats du 10 mai dernier ? De cette réponse découlerait bien des conséquences et ses prochains s’imposeraient d’eux-mêmes. Mais elle ne pouvait évidemment pas poser la question de la sorte. Crûment. D’où l’intervention de la larme. Elle l’essuya délicatement du bout du doigt.

Etrangement, elle reçut le contraire de l’effet escompté. Alors qu’elle s’était attendue à un élan de compassion de la part de l’agent, un adoucissement, voilà qu’elle se heurtait à un mur. Focalisée sur la pulsation sanguine de l’humaine, elle ne parvenait à distinguer le vrai du faux. Comme si son interlocutrice tentait derrière une attitude froide et impassible de cacher quelque chose d’autre. Maryana fut quelques secondes déstabilisée par l’absence de compassion à laquelle elle faisait face alors que tout son plan se basait là-dessus. Pour autant elle ne laissa rien paraître et se contenta d’écouter bouche bée l’agent.
Coupable. Un mot bien fort et déterminé qui exprime clairement l’opinion de Sasha Oppeinhemer. Alors qu’il y a quelques minutes il ne s’agissait que de simples questions routinières, elle venait explicitement de la juger. Coupable et non suspecte. Il était désormais évident pour la semi-démone qu’elle n’avait rien à faire ici. Que rien ne pourrait être fait ni sauvé. Il ne lui restait plus qu’à trouver une porte de sortie, sans quoi elle prenait le risque d’exposer sa nature afin d’échapper à l’arrestation.

Coupable ? Vous m’aviez affirmé il y a quelques instants que… Ecoutez Sasha, je sais parfaitement qu’elle est la bonne chose à faire. Pour vous, pour les forces de justices. Mais si l’on ne m’offre pas l’occasion de m’expliquer vous comprenez bien que cela ne m’enchante guère. Est-ce que j’aurais la chance de justifier ma fuite ? Est-ce que les a priori seront mis de côté ? En ce cas oui, j’accepterais de me rendre…

Quelques secondes avant qu’il n’apparaisse dans son champ de vision, Maryana le sentit. Cet humain, enjoué, venant indéniablement vers elle. Elle était là. Sa porte de sortie, son échappatoire. Sitôt il interpella son interlocutrice, sitôt elle se leva d’un pas pressé et disparu entre les immeubles. Tout était clair, fugitive elle était, fugitive elle restera. Elle venait de prendre un énorme risque en se mettant ainsi à découvert, un risque bien inutile. Et maintenant ? Elle sortit par réflexe son téléphone prépayé de sa poche et y vit un message de son père. Et maintenant que le jeu du chat et de la souris commence. Un léger sourire traversa ses lèvres, alors qu'elle s'imaginait distinctement être le prédateur.
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