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Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Sam 6 Oct - 13:11


Lorsque je m’éveillai cette nuit j’étais excité tel un gamin ouvrant ses cadeaux au petit matin de noël de nos jours. La raison de cette excitation ? La même que pour ce fameux gosse : son nouveau jouet. Et le mien n’est autre qu’un tueur à gage dérobé à l’HCV. Plusieurs raisons m’ont amené à le débaucher, notamment sa propension à se considérer comme un outil sans émotions et à ne pas être gêné par le fait que je le considère comme tel. Je sais n’avoir à craindre aucune trahison de sa part tant que je l’utiliserai pour ce qu’il est. J’entrevois déjà plusieurs possibilités pour lui en fonction de son utilité et de son efficacité. Au-delà de l’acquisition de ce nouvel outil, l’autre gain de cette action était aussi de priver l’HCV d’un assassin dès plus compétent ce qui n’est pas pour me déplaire.

C’est donc de bonne humeur que je me préparai et bu deux poches de sang humain que j’achetais auprès d’une banque de sang dont j’avais corrompu un humain. Si je ne m’abreuvais pas d’un humain en ce début de nuit ce n’était pas par sensiblerie mais parce que je n’en avais pas le temps. J’avais laissé Alexei, c’était ainsi que se nommait mon outil, à mon domicile d’Edimbourg et je ne souhaitais pas l’y laisser sans l’informer de ce que j’attendais de lui. La nuit dernière après que j’ai tiré Leslie d’une situation épineuse comme à son habitude et notre petite discussion à trois, j’avais laissé l’humain avec de brèves instructions après avoir congédié le jeune vampire et m’en étais retourné à Glasgow. Je lui avais indiqué qu’il pouvait faire ce qu’il voulait de sa journée mais qu’il devait être de retour avant la tombée de la nuit afin de ne pas faire de mauvaises rencontres. N’oublions pas que mon logement se situait dans le quartier d’Edimbourg réservé aux vampires, aussi un humain pouvait aisément y disparaître sans que cela ne se sache. Ce soir j’allai le mordre afin de le marquer comme m’appartenant, telle un bœuf auquel on aurait apposé les initiales de son propriétaire au fer rouge. De ce fait il serait en sécurité parmi les buveurs de sang, dans une certaine mesure néanmoins.

Je fis rapidement le trajet en voiture et la garai en haut de la rue où se trouvait mon ancienne maison, qu’Adrian m’avait laissée lorsqu’il avait accédé à la tête du territoire dont dépendait Edimbourg. Puis je me dirigeai sans bruit vers ma demeure et de m’y introduis en silence et pris place dans un de mes fauteuils du salon. Je ne perçu aucun bruit dans la pièce aussi fermai-je mes paupières et ouvris mon ouïe. C’est ainsi que je m’ouvris aux sons environnant et que je captai celui des battements de son cœur, ce qui eut pour effet de faire naître un sourire sur mon visage. L’humain était dans la chambre du rez-de-chaussée qui se trouvait face à la première salle de bain, dans le couloir menant au salon et donc à l’entrée. Se rendrait-il compte de ma présence ? Peut-être et même tant mieux à vrai dire, cela serait la preuve de sa compétence. Dans le cas contraire cela ne serait que normal en définitive. C’est donc dans mon fauteuil que j’attendis qu'il sorte de la chambre, en sachant qu’il avait reçu, après mon départ la veille au soir, du médecin que j’avais contacté avant qu’il ne décide de se reposer aussi il devait être en meilleur état que la veille.

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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Dim 7 Oct - 19:23

    Le soleil disparut à l’horizon et je le suivis du regard sans me hâter. La nuit tombée sur Edimbourg, puisque c’était ici que je me trouvais, et avec elle, retombait aussi la léthargie dans laquelle m’avait plongé le traitement du médecin. La nuit… c’était dans son obscurité bienfaisante que s’éveillait tout mon potentiel ou peu s’en fallait. C’était la nuit que je pouvais ramper sans difficulté sur un toit, viser une silhouette rendue visiblement par un éclairage électrique, ajuster mon tir et remplir un contrat, avant de courir sur les toits et sauter de bâtisses en bâtisses comme l’un de ces animaux nocturnes que rien ne pouvait arrêter. La nuit… c’était aussi le royaume des vampires, et c’était à cela que je songeai en regardant par la fenêtre. Je venais de pénétrer dans un monde dont j’ignorais les règles, et sous la protection d’un vampire assez puissant, ce qui était assez intéressant de ce point de vue là. Dans la journée, un peu au ralenti du fait du violent calmant que m’avait donné le médecin, j’étais allé chercher mes maigres possessions, quelques livres (dont une méthode pour apprendre l’espagnol), mes habits, et surtout mes armes. Le taxi payé aux frais de mon employeur n’avait pas posé de questions dérangeantes en me voyant entasser quatre sacs de sport, dont un seul contenant des vêtements. J’étais aussi passé sur le toit qui m’avait conduit jusqu’ici, et fort heureusement, la plupart de mes affaires y étaient. Seuls manquaient les carnets, dans le sens où la rosée les avait détrempés, et qu’ils étaient désormais illisibles. Ce n’était pas pour me faciliter la tache, puisque plus de deux ans d’analyse des émotions humaines étaient parties en lambeaux lorsque j’avais saisi le petit cahier qui ne m’avait presque jamais quitté. Je l’avais jeté sans un regard, puisqu’il m’était désormais inutile. Il me fallait un nouveau carnet.

    Le soleil était désormais hors de vue. Je savais que mon employeur devait passer, mais j’ignorais à quelle heure. Sûrement sous peu, puisqu’il ne pouvait sortir que la nuit. Le menton appuyé sur mes mains jointes, mes coudes posés, eux, sur mes genoux, j’étais immobile et pensif, tandis que Piotr était couché à mes pieds. Il était nerveux, sûrement à cause de l’odeur de sang qui régnait dans l’appartement. Elle ne me gênait pas plus que cela, puisque l’odeur de l’acide avait déjà agressé mes sens. Un court instant, il me vint à l’esprit que le vampire allait peut être me tuer. Or, ma vie, c’était la seule chose qui pouvait compter pour moi, lorsque je me mettais à la considérer. Si on prenait les choses comme elles étaient, il fallait quand même admettre que ce n’était pas de ma faute et que j’étais parti avec des bonus et des malus dans la vie, si je me mettais à parler en humain. Dans tous les cas, Sergueï était la clé qu’il me manquait. C’était la personne qui pouvait me comprendre comme je pouvais le comprendre, et c’était lui que je devais retrouver au plus vite. J’étais riche, très riche, mais l’argent n’avait pour seul attrait maintenant que les portes qu’il m’ouvrait. Je me sentais presque capable de trahir mon nouvel employeur, si je retrouvais mon frère et qu’il me demandait de le faire. C’était la clé qu’il me fallait pour trouver comment aiguiller ma vie, et il était troublant de voir qu’il m’avait fallu près de vingt quatre ans pour m’en apercevoir. J’avais conscience d’être intelligent, froid, calculateur, mais l’absence d’émotions rendait le tout vide de sens. Je n’étais qu’un objet qui savait qu’il l’était. Un objet avec une conscience et la possibilité de penser, ce qui le rendait encore plus dangereux. Et le Maître Vampire l’avait compris dans presque toute sa complexité. Alors, qu’est ce qui me dérangeait ? Qu’il l’ait compris ou que je comprenne qu’il était le premier ? Je l’ignorai. Et je pensais un peu trop ce soir. J’entendis un léger frottement, et autre signe indicateur, Piotr dressa les oreilles en silence. La maison était beaucoup trop silencieuse pour que je puisse louper le chuintement, et un sourire se dessina sur mes lèvres sans que je ne puisse le contrôler. Qu’était-ce ? Un sentiment que je connaissais et qu’il m’arrivait d’éprouver lorsque je faisais du sport. Un sentiment de satisfaction. La satisfaction d’avoir perçu quelque chose, d’avoir fait quelque chose qui nous rendait différent. Tout en souplesse, je me levais du lit et saisis mon neuf millimètre, conscient que l’arrivant était à coup sûr le Maître Vampire. Mais il y avait une faible probabilité pour que ce ne soit pas lui, et je n’étais pas homme à risquer quoique ce soit. Il y avait une chance sur mille que ce soit quelqu’un d’autre ? La chance n’était qu’un concept étrange, et il ne serait pas intelligent de se retrouver désarmé sous prétexte que c’était un coup de malchance. Je fis un signe à Piotr pour qu’il reste dans la chambre, et je longeai le couloir comme une ombre. Vivre dans la nuit et être insomniaque m’avaient appris le déplacement silencieux. Jouer avec les ombres pour rester caché, respirer toujours dans le rythme des courants d’air. Ne pas se hâter. Ce n’étaient que des petites choses, mais elles faisaient un tout : l’invisibilité. Pour un humain. Si c’était un vampire qui était dans le salon, il était certain qu’il avait déjà perçu les battements de mon cœur qui n’avaient même pas accélérés. J’arrivai dans le salon assez rapidement, et plissant les yeux pour le préparer à l’afflux de lumière, j’accélérai soudainement mes mouvements pour que, dans un seul geste, j’éclaire soudainement la pièce et mette en joue la personne. Technique de base, mais efficace, puisque l’autre était la plupart du temps trop aveuglé pour réagir, et que, comme je m’y étais préparé de mon côté, je puisse lui coller quatre balles dans le cœur avant qu’il ne fasse le moindre mouvement. Cependant, je regardai qui était la personne avant de tirer, et je considérai le Maître Vampire d’un œil froid, comme les mouvements. Mon cœur avait accéléré pendant la manœuvre, sous l’impulsion de l’adrénaline, mais je le contrôlai sans peine, lui faisant reprendre un rythme normal.

      « Bonsoir. »

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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Mar 16 Oct - 17:18


Tandis que j’écoutais les battements du cœur de mon nouvel outil, je le suivis de mon ouïe sortir de la chambre du rez-de-chaussée pour faire irruption dans la pièce où je l’attendais, me pointant avec une arme humaine. L’expression sur son visage, ou plutôt l’absence d’expression, me conforta dans l’idée que je venais de réaliser une bonne acquisition. L’assassin agissait avec professionnalisme et semblait des plus compétents, et c’était justement ce qu’il me manquait : un outil que je pourrais user sans avoir à le former à ce niveau-là. Pour le parfaire il aurait fallu que je fasse de lui un vampire toutefois cela n’était pas à l’ordre du jour, peut-être un jour en récompense mais pour l’heure j’avais d’autres plans pour lui. Alors qu'il me salua d’un bonsoir sommaire je me levai dans ma cuisine ouverte, notant au passage sa capacité à réguler son rythme cardiaque, et me sortis deux poches de sang que je vidai dans une carafe puis pris en plus deux verre et une bouteille de whisky et posai le tout sur la table basse de mon salon. Lorsque je pris de nouveau place dans mon fauteuil une odeur de canidé vint m'agresser les narines. J'en conclue rapidement qu'il devait avoir un animal de compagnie avec lui et qu'il l'avait amené dans ma demeure. Heureusement que je ne logeais plus ici.

Bonsoir Alexei, prenez place. Dis-je d’un ton ferme qui indiquait qu’il n’avait pas le choix mais en affichant un léger sourire histoire de montrer qu’il ne craignait rien, pour le moment si tant est qu’il n’allait pas à l’encontre de mes désirs. Je me servis un verre de sang sans l’inviter à boire, jugeant inutile de lui donner une quelconque autorisation. S’il avait soif, qu’il se serve. Je comptais sur son professionnalisme et son esprit d’analyse pour qu’il détermine jusqu’où allaient ses droits sans que je n’aie à le lui indiquer. Je pourrai toujours le blesser ou le tuer le cas échéant.

Quand pensez-vous être apte à accomplir votre travail ? Lui demandai-je sans autre forme de procès en buvant une gorgée de sang en attendant sa réponse. Voici une autre raison qui avait fait s’arrêter mon choix sur cet humain, l’inutilité complète de mettre des formes lorsque je m’adresse à lui. Pouvoir m’adresser à un humain sans détour est un luxe appréciable à mon sens ces derniers temps, aussi savourais-je ce petit plaisir sans pour autant oublier qu’il ne s’agit néanmoins qu’un humain.

J’ai une nouvelle tâche à vous confier, légèrement différente de notre précédent contrat. Dis-je en sortant une liasse de billets de la poche intérieure de ma veste et en la déposant sur la table basse. Voici d'ailleurs le reste de la somme convenue.

A propos de ce nouveau travail, j’ai besoin de vos yeux et de votre capacité à vous rendre invisible. Je vais organiser un évènement et j’espère que s’y inviteront quelques personnes en particulier. Bien que leur visite soit une bonne chose, elle pourrait être des plus mouvementée. Si le service d’ordre est déjà assuré, je vous veux prêt à éliminer ces invités si je le juge nécessaire le moment venu. Des questions ?
Demandai-je d’un ton neutre avant de boire à nouveau un peu de sang. Je décidai de me taire pour le moment, histoire d’écouter ses éventuelles requêtes.
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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Mer 17 Oct - 12:05

      Bonsoir Alexei, prenez place.


    Il était surprenant de voir que le Maître Vampire n’avait même pas cillé. Surprenant, instructif mais plus encore réconfortant. J’étais face à un prédateur, comme moi, qui pouvait à coup sûr me tuer sans que je ne puisse rien faire de plus que lui mettre une balle dans le bras voire juste l’érafler. Un prédateur qui me ravalait au rang de proie, et je m’aperçus que ça me dérangeait. J’étais habitué à être le meilleur, et même plus que cela. Être celui que l’on ne sous estimait que les premières secondes, mais qui était capable de se fondre dans le décor tant il était insignifiant dans son calme de chasseur. Je n’avais pas le choix, et je m’assis sur le bout de la chaise, prêt à me lever si le besoin s’en faisait sentir. J’avais bien récupéré de la veille pendant toute la journée, je n’avais donc pas besoin d’un repos supplémentaire. Mais le vampire était le maître, et je ne voyais rien de dangereux à lui obéir, alors que la désobéissance serait sitôt suivie d’une punition à n’en pas douter. Je n’avais pas peur de la mort, de la douleur, mais ça ne m’arrangeait pas pour l’instant présent. Il se servit un verre de sang, et d’un rapide mouvement, je m’en servis un de whisky, prenant le fait qu’il y ait deux verres comme une invitation à boire.

      Quand pensez-vous être apte à accomplir votre travail ?


    Ma réponse ne se fit pas attendre et fusa d’un ton laconique, mes yeux fixés sur le reflet ambré de l’alcool.

      « Déjà fait. Vous n’avez pas reçu le texto ? Pour quelque chose de plus sportif, demain soir je serai opérationnel à partir d’un perchoir, dans trois jours si ça demande un déplacement rapide. »


    J’avais eu le temps aujourd’hui même d’éliminer la précédente cible qu’il m’avait donnée. Ca avait été assez facile, puisque j’avais trouvé un perchoir aisément atteignable sans faire forcer mes muscles et extrêmement bien situé. La cible s’était présentée à sa fenêtre, et j’avais utilisé l’un des L115A1 que m’avait fourni l’HCV, histoire de leur faire retomber le chapeau si jamais on arrivait à analyser le reste de la balle. D’ailleurs je ne m’étais pas débarrassé du fusil, histoire de m’en resservir si d’autres cibles du même gabarit m’étaient confiées.

      J’ai une nouvelle tâche à vous confier, légèrement différente de notre précédent contrat. Voici d'ailleurs le reste de la somme convenue. A propos de ce nouveau travail, j’ai besoin de vos yeux et de votre capacité à vous rendre invisible. Je vais organiser un évènement et j’espère que s’y inviteront quelques personnes en particulier. Bien que leur visite soit une bonne chose, elle pourrait être des plus mouvementée. Si le service d’ordre est déjà assuré, je vous veux prêt à éliminer ces invités si je le juge nécessaire le moment venu. Des questions ?


    J’examinai la tâche qu’il venait de m’exposer en comptant négligemment mais néanmoins très sérieusement la liasse de billets qui étaient devant moi. Le compte était bon, et les reposai sur la table basse, et faisant la liste de tout ce que j’avais à demander à mon employeur comme précisions. Utiliser mes yeux et mon invisibilité ? Effectivement, si je devais éliminer des cibles bien précises dans une salle remplie, j’allais avoir besoin de mes yeux pour ne pas faire de dommages collatéraux, puisque visiblement mon employeur n’en était pas très… friand. Après avoir pris une gorgée de whisky, je fixai mes yeux gris dans ceux du vampire, pour attirer pleinement son attention :

      « J’ai plusieurs questions en effet. Premièrement, il me faudra évoluer dans la pièce en toute discrétion ou œuvrerai-je à partir d’un perchoir dissimulé ? Il va sans dire que la deuxième solution est celle qui me conviendrait le mieux. Deuxièmement, devrais-je maquiller l’élimination en effectuant des tirs peu précis, de manière à ce qu’il y ait des dommages collatéraux ou au contraire, mes tirs devront être aussi précis que possible ? Troisièmement, y aura-t-il des vampires pouvant me démasquer ? Enfin, si j’œuvre depuis un perchoir, je peux facilement en abattre cinq voire six dans un délai très court, mais au-delà, mon positionnement sera identifier avant que je puisse m’esquiver. Allez-vous me couvrir ? »


    J’essayai d’évaluer au plus précis les paramètres dont je devais tenir compte, et surtout les risques que je courrais. Je n’avais pas précisé aussi qu’il me faudrait voir la salle, ou le domaine, avant la soirée pour que je prenne mes repères, de même que toutes les données sur le nombre de personnes, la sécurité, l’exigüité de la pièce… j’estimai le Maître Vampire suffisamment au courant de ces choses pour ne pas avoir à lui en faire part, mais je me préparai toutefois à lui demander ces informations au cas où il ne se montrait pas à la hauteur de la réputation qu’il s’était faite dans mon esprit. Je pris une nouvelle gorgée de whisky, histoire de lui montrer que c’était à présent à son tour de parler, rajoutant juste avant:

    « Oh, et y aura t il certaines personnes qui risqueraient de reconnaître ma précision ? »

    Sous entendu: y aura t il des membres de l'HCV, qui savaient ma précision redoutable surtout à courte distance, puisque j'étais excellent sur les longues distances.
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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Lun 22 Oct - 3:16


L’efficacité de mon outil n’était pas à remettre en question car malgré son état il avait rempli sa tâche et avait éliminé sa cible. La fille Carmichael n’était donc plus de ce monde, et même s’il était impossible pour quiconque de remonter jusqu’à nous, son père comprendrait ainsi qu’il avait causé la perte de sa fille et qu’il n’était pas intouchable. Après l’avoir payé et exposé les débuts de son nouveau travail, je pris note de ses interrogations à ce sujet. Mais avant même de lui répondre je devais émettre une précision de taille. L’humain pensait que l’évènement allait se produire dans une salle alors que ce n’était pas le cas, mais en y repensant je me rendis compte ne pas le lui avoir indiqué. Néanmoins le reste de ses questions demeuraient fondées et applicables aussi repris-je la parole après avoir bu une autre gorgée de sang.

J’ai omis un détail à ce qu’il semble mais cet évènement aura lieu en extérieur, dis-je d’un ton neutre, cependant cela ne change rien. Vous devrez être invisible aux yeux de quiconque, à vous de voir d’où vous serez le plus efficace.

Sa seconde question nécessita quelques instants supplémentaires de réflexion de ma part avant que je ne lui apporte ma réponse. Personnellement les dommages collatéraux ne m’auraient en rien ennuyé, mais Augustus avait été clair : aucune victime, ni vampire ni humaine. Toutefois il m’avait indiqué qu’il était temps pour nous vampire d’afficher le message que l’on ne tolérait aucun affront. Selon moi rien de tel qu’une exécution publique pour servir d’exemple, mais je n’étais pas aussi doué que mon Maître en matière de message. Pour ma part j’avais toujours été assez… sommaire en la matière. Déjà à l’époque lorsque je n’étais qu’un humain évoluant au sein d’un gang de rue je ne m’embarrassais d’aucune subtilité en pareil cas. Quand quelqu’un s’attaquait à mon business, je chopai un de ses hommes et lui coupai un doigt ou le tuait simplement, en fonction de l’ampleur de l’affront. Et ma nouvelle nature de vampire ne me rendit pas plus subtil bien au contraire. Toutefois le temps m’a appris à nuancer mes méthodes d’exemple.

Vos tirs devront faire mouche sans manquer leur cible et sauf si je vous en donne l’ordre via l’oreillette que nous porterons tous deux ce soir-là. Si jamais vous devrez ouvrir le feu, je vous indiquerez sur le moment si votre tir devra être mortel ou non. Pourrez-vous être réactif malgré la foule et la nuit ?

Sa troisième question ne demandait aucun délai pour lui apporter ma réponse. Bien entendu qu’il y aurait des vampires, et mêmes plusieurs n’appartenant pas à mes employés de la Reds qui assureront le service d’ordre officiel de l’évènement. Hormis les salariés de ma société, d’autres nocturnes seront disséminés au milieu de la foule ou dans l’ombre afin d’assurer un renfort en cas de problème. Je ne voulais pas décevoir mes Maîtres et me montrer digne de leur confiance aussi j’avais décidé de ne pas lésiner sur les moyens à déployer.

Il y aura plusieurs vampires visibles et d’autres qui ne le seront qu’en cas de problème. Ils auront leurs propres instructions et sauront comment agir en fonction de la situation, ne vous souciez pas d’eux. Quant à savoir si je vous couvre, dis-je pour répondre à sa question suivante, vous allez vous rendre compte à quel point dès ce soir, mais je vous en dirai davantage à ce sujet dans quelques instants.

Se doutait-il que je comptais le mordre ce soir ? Aucune idée et cela n’avait aucune importance à mes yeux car cela serait fait avec ou sans son accord. Il était important que je le marque, non pas pour faire de lui une Pomme de sang, encore moins un servant, mais simplement pour faire de lui ma propriété aux yeux de mes congénères avant de le transformer en vampire le moment venu. Le jour où il deviendra l’un des nôtres, il fera alors un nocturne des plus intéressants et un assassin encore plus efficace à mon service.

Je compris sans mal le sous-entendu dans sa dernière phrase, à savoir si des membres de l’HCV pouvaient se présenter lors de l’évènement et reconnaître sa signature. Probablement mais cela n’était pas un problème en soit. De toute manière l’église comprendrait bien assez tôt que leur ancien assassin n’était pas mort et qu’il était désormais au service d’un vampire, comme Badenov avant lui. D’ailleurs ce bis repetitas dans le détournement de leurs agents me fit penser qu’ils auraient pu tenter d’infiltrer un des leurs au sein de notre espèce en se basant sur ce phénomène. En même temps seul un fou serait en mesure d’essayer d’infiltrer nos rangs.


Il est tout à fait possible qu’un de vos anciens collègues soient présent ce soir-là et cela n’est pas un problème. Même sans cela ils n’auraient pas tardé à comprendre que vous avez changé de camps pour l’heure. Je peux même vous dire que cela m’arrange en quelque sorte, vous comprendrez pourquoi bien assez tôt si ce n’est déjà fait. Dis-je en finissant mon verre et en le déposant sur le guéridon près de mon fauteuil avant de reprendre la parole pour aborder le sujet de la morsure à venir.

Vous vous interrogiez plus tôt de savoir si je comptais vous couvrir et il est temps pour moi de vous dévoiler de quelle manière cela va se réaliser. Si cela n’était pas déjà le cas auparavant, le fait d’être à mon service vous place à présent au-dessus des lois humaines et seules celles de mon espèce régentent désormais votre vie bien que cela ne vous autorise pas pour autant à faire n’importe quoi, sauf si je vous le demande. Dis-je en esquissant un léger sourire. Cependant il me faut vous marquer comme étant à mon service, afin que chaque vampire sache que vous m’appartenez et ne s’attaque pas à vous. Vous vous en doutez certainement mais je vais le précisez pour la forme, vous n’avez pas le choix que d’accepter cette marque. Cela vous pose-t-il un problème Alexei ?
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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Ven 26 Oct - 0:11

    Je pris une gorgée de whisky en écoutant tout ce que le Maître Vampire avait à me dire. Ainsi donc, ce n’était pas dans une salle… ce n’était pas plus mal. L’enfermement me réussissait mal, puisque mes champs de possibilités se réduisaient de manière significative lorsque j’étais dans un espace clos. J’étais fait pour passer par les toits, et non rentrer dans des bâtisses. Je m’épanouissais lorsque je grimpais les murs, et non lorsque j’étais à l’intérieur. Et plus encore, j’étais un sniper, pas un de ses vulgaires monte-en-l’air qui égorgeaient ceux qui les prenaient sur le fait. En fait… je ne voulais pas gâcher mon potentiel et n’étant qu’un assassin classique. J’avais conscience de mes talents, et même si je n’avais aucun honneur, aucune estime de moi, aucune loyauté et aucun principe, ça ne changeait rien au fait que tuer une cible à cinq pas ou à six cents, c’était différent. Finalement, le Vampire m’assura de me couvrir, restant très flou. Et enfin, il en vint au point que j’avais abordé en dernier.

      Il est tout à fait possible qu’un de vos anciens collègues soient présent ce soir-là et cela n’est pas un problème. Même sans cela ils n’auraient pas tardé à comprendre que vous avez changé de camps pour l’heure. Je peux même vous dire que cela m’arrange en quelque sorte, vous comprendrez pourquoi bien assez tôt si ce n’est déjà fait.

      « Et bien, j’ai l’impression que vous restez flou sur de nombreux sujets, et mes questions, mais vous avez répondu aux principales. Cependant, j’en aurai de nouvelles à vous poser, surtout sur le plan de l’organisation le moment venu. Mais… »


    Je m’interrompis. Visiblement, le Vampire n’en avait que faire et moi de même. Après tout, j’avais toute la soirée pour avoir une idée précise des conditions qui allaient être de rigueur pendant la soirée. Si je faisais un compte rendu, j’avais le choix du perchoir, de mes armes, il y avait des vampires de prévus, cachés et découverts, des membres de l’HCV d’invités, et quelques pécores pour masquer le tout. Ca allait être un véritable défi de viser et de tuer proprement sans dommages collatéraux, sauf si le grand maître l’autorisait. D’ailleurs, cette histoire d’oreillette, ça me faisait froncer les sourcils. Mais… les défis… ils me faisaient vivre. Ils me montraient que j’étais le meilleur. Le Maître Vampire termina son verre et je le fixai de cet air impassible qui me caractérisait et qui m’était tant de gens mal à l’aise.

      « Vous vous interrogiez plus tôt de savoir si je comptais vous couvrir et il est temps pour moi de vous dévoiler de quelle manière cela va se réaliser. Si cela n’était pas déjà le cas auparavant, le fait d’être à mon service vous place à présent au-dessus des lois humaines et seules celles de mon espèce régentent désormais votre vie bien que cela ne vous autorise pas pour autant à faire n’importe quoi, sauf si je vous le demande. Cependant il me faut vous marquer comme étant à mon service, afin que chaque vampire sache que vous m’appartenez et ne s’attaque pas à vous. Vous vous en doutez certainement mais je vais le précisez pour la forme, vous n’avez pas le choix que d’accepter cette marque. Cela vous pose-t-il un problème Alexei ? »


    Sa question était inutile. J’avais compris dès qu’il avait abordé le sujet des vampires que j’avais perdu tout contrôle si tant était que j’en avais déjà eu. Au-dessus des lois humaines ? Il y allait un peu fort, même si ça ne signifiait pas grand-chose pour moi. Les règles que je connaissais, ce n’étaient que celles dictaient par mes employeurs, et les autres auxquelles je devais me conformer en société. Et aussi celle que m’avait inculqué mon grand frère Sergeï des années plus tôt. Sergeï… Il fallait que je le retrouve. Devais-je en parler au Maître Vampire ou chercher trace de l’aîné Ivanov de mon côté, en cavalier seul ? Ce n’était pas le moment d’y penser dans tous les cas, puisque mon employeur m’avait posé une question, inutile je le répétais. Le pire était aussi que… pour la première fois de ma vie d’après mes souvenirs, ou plutôt pour la première fois depuis mes seize ans, j’étais en conflit avec moi-même. Qu’il me morde ? C’était assurément de ça qu’il parlait lorsqu’il disait vouloir me marquer pour que les autres vampires sachent qui était mon maître. Qu’il me morde, donc ? Intérieurement, ça me rebutait. Ca me faisait ressentir des sentiments que je qualifiais avec hésitation de contradictoires, puisque je les ressentais pour la plupart pour la première fois. Instinctivement, je me tassais dans mon fauteuil, sans savoir ce qu’il me prenait. Mon rythme cardiaque accéléra légèrement, mais je le contraignis au calme le plus total. Et surtout, je mouchai la petite étincelle d’humanité qui m’avait saisi, plus par réflexe que par réelle volonté. Aussi vite qu’elle était venu, l’émotion que j’avais ressenti ne devint plus qu’un vague souvenir dans mon esprit. Je n’avais rien ressenti. Mais j’étais toujours tassé dans le fauteuil, comme pour mettre de la distance entre mon maître et moi. Je me revis à l’orphelinat, lorsque je venais de me prendre ma première dérouillée. J’avais mal partout, puisque le garçon de douze ans n’avait pas été doux avec moi qui venais de fêter mes neuf ans dans la crasse et les poux. Je venais de prendre ma première dérouillée, donc, et j’avais compris qu’elle n’allait pas être la seule si je ne mettais pas hors d’état de nuire tous ceux qui me menaçaient, même de loin. J’étais petit, rachitique, mais j’étais implacable, déjà à cette époque. Deux jours plus tard, on avait retrouvé mon agresseur dans le ruisseau qui jouxtait l’orphelinat. Il avait tenté de me prendre l’argent que je lui avais volé, et j’avais riposté, continuant de frapper même quand il était à terre. Pour qu’il ne soit plus en état de me nuire. Pendant huit ans, j’avais ainsi tout fait pour être au dessus des lois qui dictaient la conduite des faibles. Pendant huit ans, j’avais tout fait pour être hors de tout ça, pour gagner l’argent qui me mettait au dessus des besoins. J’avais fui Iaboutsk à seize ans, libre. Et maintenant, j’étais lié à un employeur par l’argent qui m’avait donné des ailes, et cet employeur me demandait si ça me dérangeait qu’il me passe un collier marqué à son nom. Et je m’apprêtais à lui dire non, parce que quelle qu’était ma réponse, il allait tout de même le faire.

    Mon cœur accéléra de nouveau, et je bus une dernière gorgée de Whisky. Mon regard dériva sur la poche de sang. Cela incluait il de boire le mien, de me faire devenir vampire ou quelle qu’autre chose de ce genre ? Je l’ignorais, n’étant pas plus que cela un spécialiste des vampires. Je me souvenais parfaitement de la formation de base que j’avais eu, mais elle était bien plus centrée sur les faiblesses des vampires que sur leur création. D’une voix qui n’était pas aussi neutre qu’à mon habitude, les sourcils légèrement froncés sans que ce ne soit contrôlable par ma volonté, je m’entendis répondre :

      « Oui. Mais j’imagine que ça ne changera rien puisqu’en me ‘marquant’ ainsi, vous m’empêchez toute possible trahison puisque c’est ainsi que, j’imagine, vous nommez mes changements d’employeurs. Est-ce vraiment nécessaire ? Je pensais avoir été clair sur ma loyauté… »


    C’était la première fois que je tentais de faire ce qu’on appelait négocier. J’étais clairement la proie, en face de son prédateur. Une proie acculée. Pourtant, j’étouffais du mieux que je pouvais ce que je craignais d’appeler peur. Je ne ressentais aucune émotion. La peur menait à la souffrance, comme lorsque mon chat était mort. Le visage de Sergeï me frappa, ou plutôt son souvenir. Ne pas s’attacher aux gens, ne pas laisser les autres avoir de prise sur nous. Ne pas les laisser pouvoir nous faire du mal ou nous blesser. Les émotions, c’étaient pour les faibles, ceux qui avaient aussi dans leur liste de défauts, l’honneur, la morale et les principes. Je déglutis, tout en me décrispant artificiellement. Je n’avais pas l’habitude d’être dans cette position. En fait, s’il m’avait été donné le don de me téléporter, je serais déjà sur un toit, prêt à abattre le plus vite possible des cibles disposées à des distances toujours plus éloignées, et dans des conditions toujours plus difficiles. Je posai le verre devant moi, n’y touchant plus.

      « Toucher une cible précise sans en blesser d’autre, ça ne me posera aucun problème. La foule et la nuit, si j’ai un perchoir adapté ne freineront pas et ne brideront pas mon savoir faire. Mais j’aurai besoin de faire une reconnaissance. Il me faudra aussi une porte de sortie. »


    Le changement de sujet était volontaire. Etonnamment, l’absence de Piotr à mes côtés me dérangea. Mon chien n’était qu’un animal, mais il saurait me détendre, j’en avais la certitude. La discussion que j’avais avec le maître vampire m’ébranlait plus que quoi que ce soit ces … hum … huit dernières années. Ou douze. Voire quinze.
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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Ven 26 Oct - 14:43


J’écoutai avec la plus grande attention mon outil, et plus précisément les battements de son cœur, tout en écoutant aussi ses paroles cependant. Et l’ensemble était des plus… enrichissant. Lui qui avait montré savoir maîtriser son rythme cardiaque semblait avoir quelques interférences dans ce dernier car je perçu plusieurs accélérations de sa pompe à sang. Etait-il troublé, lui un humain sans émotion ? Bien que surprenant de sa part cela me fit penser que notre discussion prenait une direction satisfaisante. Jusque-là il avait toujours exprimé une assurance sans faille face à moi et qu’il commence à percevoir ne serait-ce qu’un semblant de crainte ou de doute était plutôt satisfaisant pour mon égo de vampire et surtout une bonne chose pour mes plans.

Avait-il deviné qu’au-delà de la simple « marque » que je comptais lui apposé, j’escomptais faire de lui un vampire un jour ? Je ne le pensais pas néanmoins il était probable qu’il pense que cela soit nécessaire pour faire de lui ma propriété aux yeux de mes congénères ou que cela me garantisse sa loyauté. Une chose était certaine par contre c’était qu’il me sous-estimait s’il pensait que sa bonne parole suffirait à me rassurer quant à une éventuelle trahison de sa part. J’aurai pu penser de la sorte si William ne m’avait pas appris le contraire en trahissant notre Roi. Grace à lui j’étais bien plus prudent à présent, voire même un brin paranoïaque en vérité. Krystel me l’avait fait comprendre dans son récent message lorsqu’elle m’y reprochait d’avoir envoyé certains de mes pions à la recherche de William. Ne voyait-elle donc pas que ce n’est pas lui que je traquais, mais bien les autres dissidents qu’aurait pu corrompre Belle Angeline Renard ? Mais là n’était pas le sujet de cette nuit, bien qu’en y pensant… Bref ! Je décidai donc de reprendre la parole pour apporter quelques précisions à mon nouvel outil d’un ton neutre mais laissant transparaître que j’étais sérieux.


Vous l’avez été Alexei mais cela ne suffit pas à quelqu’un tel que moi. J’ai vu bon nombre de personnes assurer leur loyauté avec ferveur et trahir celle-ci par la suite. Bien-sûr il existe divers moyens de m’assurer la vôtre néanmoins il n’y en a qu’une qui me satisferait mais il est encore trop tôt, je ne vous pense pas encore prêt à cela. Je ne vous veux pas comme Pomme de sang ni comme Servant, ces statuts concernent une humaine de mon entourage. Non, ce que j’ambitionne pour vous est bien plus important, plus grand même. Lorsque vous serez prêt je ferai de vous un vampire Alexei Ivanov.

Vos compétences acquises en tant qu’humain seront d’autant plus grandes lorsque vous serez devenu l’un des nôtres. Ceci étant dit pour l’heure je vais simplement vous mordre et boire un peu de votre sang. Ceci ajouté à mon nom suffira à vous protéger de la plupart des buveurs de sang, pour les quelques autres… Et bien espérons que vous soyez prêt suffisamment tôt pour être en mesure de vous défendre s’ils décident de s’attaquer à vous en mon absence à vos côtés.


Mes derniers mots n'étaient pas une menace à proprement parler, mais plutôt un rappel qu'il existait des vampires qui pourraient vouloir sa mort tout autant que l'HCV sinon plus, et qu'il avait tout intérêt à devenir un nocturne rouge à mon service un jour ou l'autre. Je me levai sans user de la vitesse que m’aurait permis d’atteindre ma nature de vampire et m’avançai à quelques mètres de l’humain, il était temps pour moi de boire à sa gorge. J’aurai pu me jeter sur lui et m’abreuver de son sang sans attendre sa réponse, mais je voulais avant cela savoir ce que lui en pensait. Au pire des cas s’il refusait que je le morde, je passerai outre et lui appliquerai ma volonté. Néanmoins j’apprécie que mes humains viennent à moi de leur propre volonté, qu’ils perçoivent, ou le croient en tous cas, l’intérêt de se livrer à moi.

J’avais décidé de ne pas réagir aux paroles de l’assassin quant aux questions techniques de sa prochaine mission. D’autant qu’il ne m’apprit rien de nouveau à son sujet, je le savais compétent et n’imaginais qu’il ne pense pas à faire une reconnaissance des lieux en amont de l’évènement. Quant à sa porte de sortie il l’aurait mais je choisi de ne pas lui répondre à ce sujet comme pour lui signifier que sa tentative pour détourner la discussion avait échoué.

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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Lun 29 Oct - 19:32

      Vous l’avez été Alexei mais cela ne suffit pas à quelqu’un tel que moi. J’ai vu bon nombre de personnes assurer leur loyauté avec ferveur et trahir celle-ci par la suite. Bien-sûr il existe divers moyens de m’assurer la vôtre néanmoins il n’y en a qu’une qui me satisferait mais il est encore trop tôt, je ne vous pense pas encore prêt à cela. Je ne vous veux pas comme Pomme de sang ni comme Servant, ces statuts concernent une humaine de mon entourage. Non, ce que j’ambitionne pour vous est bien plus important, plus grand même. Lorsque vous serez prêt je ferai de vous un vampire Alexei Ivanov.


    Je déglutis péniblement, le regard étrangement dans le vague. Mon esprit n’était pas stable, clairement. Il oscillait entre quelque chose qu’il ne connaissait pas, et le calme qui lui était familier. Faire de moi un vampire ? Je n’étais déjà pas pleinement humain, alors je ne me concevais pas encore quelque chose d’autre. Faire de moi un vampire. Je croisai mes bras contre ma poitrine. Je ne savais plus où j’en étais. Je n’avais jamais été dans un tel état psychologique, et j’avais du mal à analyser froidement la situation. Etait-ce cela qu’être humain et avoir des émotions ? Ce n’était pas agréable. Fort d’une maîtrise insoupçonnée, je ravalais, j’étouffais, j’annihilais à chaque seconde les émotions qui menaçaient d’éclore en moi, mais sitôt leur étincelle mouchée, une nouvelle s’allumait un peu plus vivace. Je m’efforçais d’écouter les battements de mon cœur, pour leur dire d’arrêter d’être aussi erratiques, et surtout pour faciliter mon retour à mon état normal. Pourquoi maintenant ? Pourquoi transpirer ainsi, alors qu’il ne faisait pas spécialement chaud ? Pourquoi ce besoin de bouger, cette nervosité que j’avais vu chez tant d’autres personnes et jamais chez moi ? Je déglutis à nouveau, pendant que le vampire reprenait.

      Vos compétences acquises en tant qu’humain seront d’autant plus grandes lorsque vous serez devenu l’un des nôtres. Ceci étant dit pour l’heure je vais simplement vous mordre et boire un peu de votre sang. Ceci ajouté à mon nom suffira à vous protéger de la plupart des buveurs de sang, pour les quelques autres… Et bien espérons que vous soyez prêt suffisamment tôt pour être en mesure de vous défendre s’ils décident de s’attaquer à vous en mon absence à vos côtés.


    Il n’avait pas répondu à mes questions. C’était donc qu’il avait perçu ma volonté de changer de sujet et d’éloigner dans le temps ce qu’il souhaitait faire. Alors qu’il bougeait dans la direction, je me levais de mon siège pour me placer derrière, comme si je souhaitais me protéger. Non. C’était ridicule. Il était clair, net et précis que je n’avais pas mon mot à dire. Plus que clair. D’ailleurs, je ne comprenais pas pourquoi il ne me sautait pas dessus direct, qu’on en finisse. Non, c’était faux. Je savais pourquoi il faisait ça. Parce qu’il n’était pas si différent des humains que je connaissais au final. Il avait besoin de savoir qu’il avait de l’impact, et ça le dérangeait, au final, que je n’aie pas peur de lui, que je ne ressente aucune appréhension. Il devait être blessé dans son orgueil de vampire. Et il avait du percevoir, aussi, l’impact qu’avaient eu ses paroles sur la morsure, sur mon cœur et ma maîtrise de mes émotions, ou plutôt sur leur regain d’énergie. J’appuyai mes deux mains sur le dossier du fauteuil et fixai le Maître Vampire calmement.

      « A quoi jouez vous ? Je vous pensais différent des humains mais vous êtes comme eux. Vous voulez me prouver et vous prouver que vous pouvez m’intimider. Vous êtes gêné comme eux de ce que je suis. Vous jouez ce petit cirque pour vous rassurer. C’est triste. Et inutile. »


    Je considérai ma chemise et commençai à en déboutonner le col, histoire de la garder en bon état. J’étais conscient, parfaitement conscient même, que je jouais un jeu dangereux en posant aussi clairement l’analyse que j’avais faite de ses actions et que je savais extrêmement proche de la réalité. Et surtout en jouant la carte de la personne sûre d’elle. Mais c’était un fait. Si à un moment j’avais failli céder sous les émotions que je ne connaissais que de noms, si à un moment j’avais perdu le contrôle de mon rythme cardiaque et de mes actes, j’avais ravalé tout cela sans aucune difficulté à partir du moment où je m’étais levé. J’étais redevenu l’Alexei Ivanov que le Maître Vampire avait rencontré dans le parc. J’étais redevenu l’Alexei Ivanov normal. Rubens. Sans quitter un instant le vampire des yeux, non par effronterie mais par habitude, ne plus avoir l’œil sur une personne pouvant vous tuer en un claquement de doigt était stupide, je finis de défaire les quatre premiers boutons. D’une voix égale, toujours sans quitter le vampire des yeux, je rajoutais finalement :

      « J’espère que ça ne va pas trop m’handicaper pour mon travail. Un outil en mauvais état ne fonctionne pas très bien. »


    Ma voix, toujours égale ne se teinta pas une seule fois de sarcasme ou d’ironie. J’exposai tout simplement les faits, même si je souhaitais aussi mettre en garde le vampire. J’étais un outil, et il était clairement mon propriétaire. Mais s’il était mon Maître, il était aussi un peu responsable de mon état, et comme j’étais l’un des tireurs les plus précis d’Ecosse et de Russie, et que j’étais actuellement à son service, il n’aurait aucun intérêt à m’abimer s’il voulait requérir mon aide. Mon aide… Mon visage resta de marbre mais le coin de mes lèvres se souleva légèrement, très légèrement, dans l’ébauche d’un sourire.
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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Mar 30 Oct - 15:08


Alors que j’étais à présent debout à une courte distance de mon outil, je fus un peu surpris de le voir se protéger derrière le fauteuil. Cet humain maître de ses émotions commençait-il à percevoir un semblant de crainte à mon égard ou était-ce parce que j’avais exprimé le sort que je lui réservais ? Quelle qu’était la réponse à cette question ce trouble chez l’humain disparu bien vite pour laisser place de nouveau à sa maîtrise, ce contrôle qu’il avait sur lui-même et qui lui permit de s’adresser à moi avec ce que j’aurais qualifié d’effronterie chez nul autre.

    « A quoi jouez-vous ? Je vous pensais différent des humains mais vous êtes comme eux. Vous voulez me prouver et vous prouver que vous pouvez m’intimider. Vous êtes gêné comme eux de ce que je suis. Vous jouez ce petit cirque pour vous rassurer. C’est triste. Et inutile. »


Ses paroles firent naître un sourire sur mon visage, puis un rire qui monta dans ma gorge avant de sortir à l’air libre. Moi semblable à la vermine ? Que cet humain était divertissant tant par ce qu’il me disait que par son cran. Il aurait été véritablement dommage de passer à côté d’une telle perle en définitive. Il pensait que cela n’était qu’une question d’égo alors que l’égo n’était qu’une infime partie de ce qui me poussait à agir de la sorte.

Ma supériorité vis-à-vis d’un humain était un fait implacable et je pourrais tout aussi bien l’exercer simplement en usant de ma force, de ma nature pour m’adjoindre les services d’un homme. Mais ce qui me plaisait c’était que mes proies viennent à moi, pas de simplement les écraser de ma force. Si j’étais parfois considéré comme moins violent que la majorité de mes pairs, je n’en étais pas moins cruel ou plus compatissant à l’égard de l’Humanité qu’eux. J’avais en horreur cette vermine dont le seul véritable rôle n’était que de nous nourrir et je prenais un malin plaisir à manipuler quelques membres de cette espèce. Si je me donnais un peu de mal à manipuler, intimider, ce n’était pas pour flatter mon égo, mais simplement pour ne pas sombrer dans l’ennui et risquer qu’un jour j’en vienne à me contenter de sang synthétique car devenu las de ma nature. Il fallait vraiment que je rétablisse la vérité dans l’esprit d’Alexei, histoire qu’il ne me voit pas comme un simple mâle dont l’égo était son moteur. Aussi repris-je la parole en affichant un léger sourire sur mon visage et d’un ton neutre.


Vous vous méprenez sur mon compte Alexei, l’égo n’a rien à voir dans mon comportement avec vous. J’aurai bien pu vous transformer en usant de ma nature de vampire sans m’encombrer de toute cette conversation mais cela aurait été bien ennuyant. Votre espèce n’est là que pour nous divertir, nous nourrir mais parmi le bétail il arrive parfois qu’apparaisse un élément suffisamment intéressant pour que lui soit attribué un autre rôle. Vous êtes cet élément Alexei.

Je n’ai rien à me prouver et encore moi à vous qui n’êtes qu’un outil à mes yeux. Un outil utile et compétent que j’ai pour projet d’améliorer, comme l’on modifie une arme pour la rendre plus efficace. Néanmoins il est vrai que je préfère que mes outils favoris me servent de leur propre volonté même si cela n’est pas primordial. Il ne s’agit que d’une question de goût pas d’impératif. L’outil vit dans la main de son propriétaire.


Tout en parlant je le vis déboutonner les premiers boutons de sa chemise et prononcer encore quelques paroles. Ne lui répondant pas je m’approchai de lui et pris son menton dans ma main gauche et le tournai sur le côté avant de planter mes crocs dans son cou. O+ ou O- si je ne me trompais pas, pas rebutant mais pas mon préféré pour autant. Je bus plusieurs gorgées de son sang, plus que de nécessaire mais suffisamment pour l’affaiblir un peu, histoire de lui faire plus ou moins payer ses paroles. Il était mon outil et me devait un minimum de respect, car à présent qu’il était à mon service pleinement, l’échiquier allait compter une nouvelle pièce, bien qu’encore imparfaite pour l’instant. Lorsque j’estimai m’être suffisamment abreuvé de son sang, je le laissai choir dans le fauteuil en lui jetant une poche de sang s’il voulait récupérer un peu et me dirigeai vers ma veste afin d’en sortir deux téléphones et d’en déposer devant lui sur la table basse.

Voici notre seul moyen de communication jusqu’à nouvel ordre, un seul numéro en mémoire, le téléphone que voici. Dis-je en montrant le second téléphone. Je vous communiquerai d’ici quelques jours davantage d’informations quant à votre prochain travail, lieu, date, conditions. En attendant trouvez-vous une chambre et préparez-vous. D’autres questions Alexei ? Lui demandai-je en m’asseyant de nouveau dans mon fauteuil.
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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Mer 31 Oct - 23:23

      Vous vous méprenez sur mon compte Alexei, l’égo n’a rien à voir dans mon comportement avec vous. J’aurai bien pu vous transformer en usant de ma nature de vampire sans m’encombrer de toute cette conversation mais cela aurait été bien ennuyant. Votre espèce n’est là que pour nous divertir, nous nourrir mais parmi le bétail il arrive parfois qu’apparaisse un élément suffisamment intéressant pour que lui soit attribué un autre rôle. Vous êtes cet élément Alexei.


    Je ne contrôlai pas mon sourire lorsqu’il fleurit sur mon visage. Le Maître Vampire pouvait dire ce qu’il voulait, il y avait une question d’orgueil dans sa volonté de me marquer comme son outil. L’orgueil de me posséder, l’orgueil de me faire sien. Peut être un orgueil devant les autres de m’avoir à son service sans m’en avoir forcé. Ce n’était pas un sourire de satisfaction comme j’en avais parfois lorsque je grimpais un mur lisse et particulièrement délicat, ou lorsque j’abattais une cible sans bavure à plus d’un kilomètre de distance, non. C’était juste un réflexe de mon visage que je choisissais de laisser vivre pour une fois. Je vis le Vampire approcher et ne ressentis rien. Pas la moindre trace de peur ou d’anxiété. Rien. Etait-ce moi qui refoulais le tout, ou étais-je réellement aussi… neutre. Je commençais à douter. Les émotions, je les refoulais lorsque j’en avais. Mais se pourrait-ce que je les refoule en permanence ? Je considérai cette hypothèse sérieusement avant de la mettre de côté pour y repenser plus tard. Je ne quittai pas le Maître Vampire du regard lorsqu’il prit mon menton pour me faire tourner la tête. Un tressaillement fut ma seule réaction lorsque je sentis ses crocs se planter dans mon cou. Un tressaillement qui ne cessa pas une seule fois tandis qu’il buvait mon sang. Autant la veille, j’avais senti l’affaiblissement du à ma perte de sang suite à ma blessure crânienne, autant à présent, je sentais seulement ma force qui me quittait sans avoir particulièrement mal. Ou du moins, j’avais déjà eu beaucoup plus mal, et pas plus tard que la veille, lorsque l’acide avait attaqué ma main. Il dut s’estimer désaltéré puisqu’au bout de bien une minute, il me laissa retomber dans le fauteuil. Je n’avais pas pu rester debout. Je peinais déjà rester éveillé, reprenant peu à peu contrôle de mon corps engourdit. Je ne suivis même pas mon Maître du regard lorsqu’il se dirigea vers ses affaires pour en sortir ce qu’il me sembla être deux téléphones. Je considérai lentement la poche de sang, tout en passant une main nerveuse dans mon cou. Je sentis un liquide poisseux, et je compris sans regarder que c’était mon sang. En même temps, que pouvait ce être d’autre… Je posai au ralenti mon regard sur la poche de sang. Il voulait réellement asseoir sa domination sur moi. Il voulait réellement me montrer qui était le plus fort, et c’était pour moi une marque supplémentaire de sa faiblesse qu’était son mépris pour les humains. Il m’expliqua le concept des téléphones, que j’avais déjà compris, pendant que je tentais de rester concentré.

      « Voici notre seul moyen de communication jusqu’à nouvel ordre, un seul numéro en mémoire, le téléphone que voici. Je vous communiquerai d’ici quelques jours davantage d’informations quant à votre prochain travail, lieu, date, conditions. En attendant trouvez-vous une chambre et préparez-vous. D’autres questions Alexei ? »


    Je le regardai s’asseoir dans son fauteuil et je rejetai ma tête en arrière, la faisant tourner comme pour retrouver toute ma sensibilité. Finalement, je finis par poser la poche de sang sur la table, et par me servir un grand verre de whisky que je terminai rapidement. J’essayai de recentrer mes idées, mais pour le coup, même l’alcool n’arrivait pas à aiguiser totalement mes sens. Non, bien sûr. C’était faux. Je n’étais pas au mieux de ma forme, mais ce n’était pas pour autant que j’étais totalement réduit physiquement. En fait, si je devais noter sur dix mon temps de réaction, habituellement il était sensé être à dix. Là, je le considérai à six ou sept. Mon cou me faisait mal. Je me servis un autre verre de whisky, avant de planter mon regard dans celui du Maître Vampire.

      « Je vous les ai déjà posées. Je… »


    Je marquai un temps d’hésitation. Le temps de reprendre mes esprits. Et de me taire. J’étais incapable de mentir, j’étais incapable de faire comme si de rien n’était. Alors je choisis de me taire pour ne pas provoquer le Maître Vampire. Le craignais-je ? Non. Peut être. Non. Je l’ignorais. Je repris, toujours de cette voix lente et atone qui me caractérisait et qui n’avait pas changé malgré les récents évènements, avec peut être un peu de fatigue en plus.

      « Je ne comprends pas votre obstination à nier que vous tenez plus de l’humain que de la bête immonde que vous essayez d’être. Vous êtes comme eux, prompt à la colère et à la suffisance. Je pensais cela l’apanage des clampins, mais je me trompais visiblement. Vous arguez être au dessus de cela, mais vous m’affaiblissez pour me faire comprendre que je suis vôtre. »


    Je m’adossais au fauteuil, sentant mon neuf millimètres chargé de balles en argent dans la poche de mon pantalon. Il était inutile face à la rapidité du vampire, mais il était… rassurant. De par sa présence, principalement, mais surtout de par son efficacité déjà prouvée, et pas plus tard que la veille, en blessant le vampire, Leslie, qui était visiblement à la solde de mon Maître. Notre maître. Auquel j’étais désormais lié. Il me fallait savoir d’ailleurs, si cette appartenance était définitive. Il me fallait savoir si un vampire autre que mon maître accepterait mes services. Parce que j’avais accepté de le servir, en échange d’argent. Maintenant que j’étais sien, il n’avait plus aucune raison de me payer, et s’il ne me payait plus, je n’avais plus de raison de le servir. Mais si tous les vampires sentaient sur moi l’influence de mon Maître… Ma liberté était… envolée. Je fixai mon regard dans celui du Maître Vampire, juste avant de reprendre :

      « J’aurai besoin de faire des reconnaissances, et d’avoir un perchoir comme je vous en dessinerai le plan. Pour la chambre, je vous laisse choisir, pour qu’elle soit comme vous le souhaitez. Ca m’importe peu de savoir à quoi elle ressemble. »


    Je me reservis un dernier verre de Whisky. J’en avais bien besoin, et je tenais extrêmement bien l’alcool comme s’il ne pouvait pas avoir d’effet sur moi. Mon cou me faisait mal, et je repassais la main sur l’endroit de la morsure, ravivant un peu la douleur. Combien de temps la « marque » allait elle durer ? Allais-je devoir accepter de me faire mordre régulièrement ou était-ce définitif ? je ne craignais pas la douleur, l’acceptant comme elle était, et je ne voulais pas être enchaîné. La première solution était celle que je préférais, celle qui me semblait la plus… adéquate.
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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Jeu 8 Nov - 17:01


A mesure que mon humain parlait je me rendais compte davantage de sa personnalité et de ce que cela pouvait avoir pour conséquence. Son côté franc voire arrogant n’était en soit pas dramatique même si des plus agaçant, me faisant un brin penser à Leslie bien que je pensais Alexei plus pragmatique. Néanmoins sa vision d’humain lui empêchait de comprendre que l'ego n’était pas mon moteur. Un humain voit-il son ego flatté lorsqu'il mange son steak ? Je ne pense pas. Il n’aura aucun sentiment à l’égard du bœuf sur lequel on aura prélevé cette viande, il n’y aura que quelques illuminés pour s’en émouvoir. Il en allait de même pour nous autres vampires et c’était là la seule similarité entre le bétail et nous : le rapport entre le prédateur et la proie, la hiérarchie dans la chaîne alimentaire.

Votre vision des choses est trop humaine Alexei, c’est pourquoi vous pensez encore que je ne vous affaiblis que pour affirmer mon autorité sur vous. Si d’ordinaire il existe bien des manières de l’asseoir sur vos pairs, cependant je sais que celles-ci seraient vaines contre vous vu votre fonctionnement. Je pense en effet commencer à percevoir votre nature et vais devoir composer avec elle. Je ne vous cache pas qu'il est rare que j’accepte de telles contraintes cependant si je prends cette peine avec vous c’est que je fonde de grands espoirs à votre sujet. Comme je vous l’ai dit vous êtes un élément intéressant d’où mon désir de m’attacher vos services et de m’assurer votre loyauté de divers manières.

Il me parla brièvement de ce dont il avait besoin pour s’acquitter de sa tache puis de sa chambre. Parlait-il sérieusement ? Je n’allais pas m’encombrer de lui trouver où se loger, si j’avais jeté mon dévolue sur lui c’était justement pour ne pas avoir à m’encombrer de tels détails.

Occupez-vous de toutes ces démarches et communiquez-moi juste vos besoins financiers. Laissez-moi vous précisez quelques éléments. A présent vous travaillez pour moi, en échange de quoi je vous assure ma protection autant de vos pairs que des miens et vous paie en conséquence. Toutefois je ne veux pas avoir à gérer des questions d’ordre administratif telles que le choix de votre logement. Je ne vous imposerai qu'une seule chose c’est de faire preuve du professionnalisme et de la prudence que je sais être vôtres.

Maintenant vous devez assimiler une chose qui vous évitera la mort. En travaillant pour moi vous serez assez rapidement au contact d’autres vampires. Si pour la plupart le fait de m’appartenir et de ma morsure suffira à vous protéger, il existe une minorité de vampires où mon nom ne vous sera d’aucune utilité. Il s’agit des membres de la famille royale qui gouvernent mon espèce et que je sers. Si votre franchise ne me contrarie pas pour ma part, si jamais vous êtes en leur présence ne parlez que s’ils vous y autorisent car vous n’y survireriez pas.


Sur ces paroles je me tus quelques instants le temps pour moi de réfléchir rapidement à un point. Devais-je prendre les devants et l’avertir de l’existence de la dissidence ou était-ce trop tôt ? Le fait de travailler pour moi pouvait aussi le placer dans le champ d’action de nos ennemis aussi me décidai-je à le mettre plus ou moins en garde à ce sujet sans vouloir trop lui en dévoiler.

Enfin je tiens à vous mettre en garde si nécessaire, nos ennemis sont partout et même parmi les miens. Je n’accorde réellement ma confiance à personne à part Augustus et Krystel mes Maîtres et Shane ma Pomme. Vous concernant cela viendra peut-être avec le temps une fois que vous aurez fait vos preuves et que vous serez devenu un nocturne rouge. Quoi qu'il en soit j’attends de vous que vous restiez discret à propos de votre travail à mes ordres. N’en parlez qu'à moi ou à mes supérieurs s’ils vous le demandent, nos souverains Augustus et Krystel. En dehors nul autre ne doit savoir, pas même Shane.

Si je lui demandais de ne rien dire à Shane c’était surtout parce que je souhaitais la protéger un minimum même si dans le même temps je souhaitais pouvoir l’intégrer dans mes plans une fois formée. Plus le temps passait et plus je m’attachais à elle et étais décidé à faire d’elle ma Servante par la suite lorsqu’elle serait prête. Alexei pourrait peut-être l’initier à l’utilisation des armes à feu, objets de prédilection de bon nombre d’humains.
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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Lun 12 Nov - 15:40

      Occupez-vous de toutes ces démarches et communiquez-moi juste vos besoins financiers. Laissez-moi vous précisez quelques éléments. A présent vous travaillez pour moi, en échange de quoi je vous assure ma protection autant de vos pairs que des miens et vous paie en conséquence. Toutefois je ne veux pas avoir à gérer des questions d’ordre administratif telles que le choix de votre logement. Je ne vous imposerai qu'une seule chose c’est de faire preuve du professionnalisme et de la prudence que je sais être vôtres. Maintenant vous devez assimiler une chose qui vous évitera la mort. En travaillant pour moi vous serez assez rapidement au contact d’autres vampires. Si pour la plupart le fait de m’appartenir et de ma morsure suffira à vous protéger, il existe une minorité de vampires où mon nom ne vous sera d’aucune utilité. Il s’agit des membres de la famille royale qui gouvernent mon espèce et que je sers. Si votre franchise ne me contrarie pas pour ma part, si jamais vous êtes en leur présence ne parlez que s’ils vous y autorisent car vous n’y survireriez pas.


    J’acquiesçai. Famille royale ? J’intégrai ce fait tout comme j’avais intégré que le vampire que je servais était puissant. Très puissant si je comprenais bien. Ainsi donc les vampires étaient organisés de manière monarchique, si l’expression était permise. J’haussai un sourcil. Et il acceptait le joug d’un couple royal ? Que gagnait-il en retour ? Protection ? Mais contre qui, puisqu’il ne donnait pas l’impression d’être particulièrement attaquable et faillible. Il avait donc des faiblesses. J’intégrai tout de suite ce fait. J’avais l’habitude de relever toutes les faiblesses des personnes que je côtoyais, afin de pouvoir les abattre et les éliminer si ça devenait nécessaire. Chez les humains, les faiblesses étaient évidentes : il suffisait de donner un coup suffisamment fort dans les tempes, la nuque ou les parties génitales pour les mettre hors jeu. Chez les vampires, les atteindre physiquement était visiblement très délicat lorsqu’on n’était pas armé avec des balles ou des lames en argent. Il fallait donc les atteindre dans leur orgueil qui était très développé. Et dans leurs rivalités, mortelles. Le Maître Vampire me confirma ce point lorsqu’il poursuivit :

      Enfin je tiens à vous mettre en garde si nécessaire, nos ennemis sont partout et même parmi les miens. Je n’accorde réellement ma confiance à personne à part Augustus et Krystel mes Maîtres et Shane ma Pomme. Vous concernant cela viendra peut-être avec le temps une fois que vous aurez fait vos preuves et que vous serez devenu un nocturne rouge. Quoi qu'il en soit j’attends de vous que vous restiez discret à propos de votre travail à mes ordres. N’en parlez qu'à moi ou à mes supérieurs s’ils vous le demandent, nos souverains Augustus et Krystel. En dehors nul autre ne doit savoir, pas même Shane.


    J’enregistrai tous les noms en un clin d’œil. Krystel et Augustus, j’en avais déjà entendu parler. C’étaient le roi et la reine des vampires. Shane, en revanche, ne devait avoir d’importance que pour le Maître Vampire. Il lui faisait confiance mais m’interdisait de lui communiquer les ordres que j’avais reçus. Envie de la protéger ou défiance ? Dans tous les cas, c’était à savoir. Si jamais je devais agir contre le vampire, il me faudrait d’abord l’affaiblir en éliminant sa pomme dont je connaissais l’identité. Et s’il avait vraiment envie de la protéger en lui cachant des informations, ça pouvait lui porter un coup dur. J’observai aussi qu’il avait parlé d’ennemis à lui, mais pas contre le roi et la reine, qu’il avait d’ailleurs sciemment appelés ses Maîtres. Etait-ce par réflexe ou pour me rappeler la hiérarchie qui existait ? Je l’ignorai. Je me massai les tempes, pour faire partir une douleur que je sentais pointer. Mon cou était encore endolori, mais je m’attendais à ce qu’il le soit quelques jours. Ca me semblait tout du moins ce qui était le plus logique. Et prévisible. Je raffermis ma prise sur le verre de Whisky, songeur. Je devais donc m’occuper seul de mon appartement. Certes. Je m’en occuperai demain.

      «Je risque donc d’avoir à faire avec vos maîtres ? Je vous pensais indépendant et voilà que vous êtes un objet entre les mains d’autres personnes plus puissantes. Intéressant. »


    Je ne connaissais pas bien la structure du régime monarchique des vampires, et je fronçais les sourcils. Il fallait que je me renseigne si je ne voulais pas faire d’impair. Et surtout, il fallait que je me renseigne si le couple royal pouvait avoir besoin de mes services. Et s’ils payaient mieux que le vampire qui avait actuellement ma loyauté, ou ce qui s’en approchait. Il fallait aussi que je me renseigne sur les ennemis de mon maître qui pouvaient être intéressé par des informations en échange de ma vie. Je ne comptais plus mourir. On pouvait croire le contraire en entendant ce que je disais, mais il fallait noter que dans ma voix ne perçait pas une touche de sarcasme. Je disais tout simplement à haute voix une partie de ce que je pensais et les conclusions que je faisais. Je ne disais pas tout, bien sûr. Mais lorsque je faisais des conclusions je savais de source ‘sûre’ qu’on pouvait le lire sur mon visage, et il n’était pas judicieux de laisser les autres supputer dans leur coin. En parlant à haute voix, je ne laissais pas de zone d’ombre. Ou presque. Je tentais de me lever pour retourner dans ma chambre, la fatigue se faisant sentir, mais je fus pris d’un excès de faiblesse qui me fit retomber mollement dans le fauteuil. Je frissonnai. De froid. Pourquoi donc ? Je l’ignorais. Mais il fallait que je me repose et que je me nourrisse.

      « Vous n’avez toujours rien de substantiel à manger j’imagine. Vous devriez prévoir à l’avenir, surtout si vous devez me « marquer » régulièrement. N’est ce pas ? »


    Mon visage était toujours aussi impassible, et ma voix toujours aussi atone. Pas d’insolence, pas d’arrogance. Juste des constatations. Il fallait que j’apprenne à dissimuler mes réflexions comme j’éliminais toutes mes émotions naturellement. Ma main droite glissa sur ma jambe pour tâter lentement le pistolet. J’estimai à quelques fractions de seconde mon temps de réaction si le vampire réagissait mal à ce qu’il avait appelé ma franchise, tout en contrôlant parfaitement mon rythme cardiaque qui n’avait fait qu’une légèrement embardée lorsque j’avais échoué à me lever. Je me resservis un verre de Whisky avant d'ajouter autre chose.

      « Ah, et s'il se trouve un jour que je rencontre l'un de vos pairs, dois-je me présenter comme étant votre... employé ? Ou dois-je taire ce fait et laisser votre 'marque' me protéger ? »

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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Ven 16 Nov - 12:39


Alexei était des plus intelligents malgré sa nature humaine et je percevais un peu plus qu’il ne serait pas un simple jouet que je pourrais manipuler si aisément. Il allait me falloir le cerner davantage encore afin de m’assurer qu’il ne devienne pas un jour comme Leslie. J’assimilai chacune de ses remarques, ne m’offusquant pas de ses paroles lorsque ces dernières auraient pu me vexer. Bien qu’agaçante sa clairvoyance était surprenante pour un humain bien que sommaire. Un objet entre les mains de plus puissants ? Bien entendu, quoi de plus normal après tout, mais n’est-ce pas la condition de chacun et ce quelle que soit sa nature ?

Personne n’est réellement indépendant et ce depuis l’aube des temps Alexei. Tout au long de l’échelle, qu’elle soit vampire, humaine ou tout autre, le rapport de force est le même. Chacun est un objet dans les mains d’un autre, l’important est de choisir les bonnes. J’ai commencé en travaillant pour de petites mains, puis en me montrant loyal et efficace j’ai changé de mains jusqu’à servir les plus hautes tout en devenant moi-même des mains usant de nombreux objets. Je n’appelle pas cela la dépendance, mais simplement l’instinct de survie. Un jour peut-être deviendrai-je la paire de mains qui n’en a plus au-dessus d’elle, néanmoins cela n’est pas d’actualité. Si d’aucun peuvent être grisé par l’immortalité et nos capacités, à mon sens il faut rester simplement rester patient et rester fidèle. Je sais bien que si un jour mes Maîtres sont renversés, comme jadis César ou d’autres suzerains, je devrais payer ma loyauté mais c’est un choix que j’ai fait et sur lequel je ne reviendrai jamais.

Vous concernant, les probabilités que vous les rencontriez sont des plus faibles mais tout de même à ne pas négliger. Si vous vous demandez s’il vous serait possible de travailler pour eux, oubliez. Si je suis un des plus modéré de mes congénères et que je prends la peine de vous rémunérer, eux ne s’embarrassent pas de tels procédés. Renseignez-vous sur Badenov et vous verrez que vos conditions de travail à mes ordres ne sont pas dénuées d’avantages.


Si je faisais autant de confidences à Alexei, un humain intéressant mais juste un humain, c’était pour ne pas faire de lui un vampire tel que Leslie, le jour où je ferai de lui un nocturne. Devais-je tenter de le briser moralement comme Krystel l’avait fait avec son humain ? Peut-être bien que cela n’était ma façon d’agir favorite. Cela dépendrait du comportement de mon outil, à savoir s’il se montrait efficace et loyal malgré sa nature versatile. Cette facette de sa personnalité pouvait poser problème si je ne la prenais pas suffisamment en compte, seulement je faisais tout pour l’intégrer dans mes plans.

Lorsqu’il me parla à nouveau de la marque que je venais de lui appliquer, je l’écoutai encore une fois avant de lui répondre. Il réclamait à manger me demandant de prévoir lorsque je le mordrai à nouveau. Sa franchise était appréciable mais ne lui permettait pas pour autant une telle remarque néanmoins je le laissai parler avant de reprendre la parole à mon tour.


Vous n’êtes pas sans savoir que je ne me nourris que de sang aussi je vous laisse le soin de vous trouver de quoi vous sustenter, le salaire que je vous verse suffit largement pour ça. Quant à ma marque, à vous de voir s’il vous est nécessaire de vous présenter comme étant à mon service. Néanmoins les nouvelles vont vite aussi la majorité de mes pairs saura assez vite que vous travaillez pour moi, vous n’aurez donc pas ou peu à annoncer ce fait. Au pire dites juste mon nom et l’on vous laissera en paix.
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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Mer 21 Nov - 15:50

      Vous n’êtes pas sans savoir que je ne me nourris que de sang aussi je vous laisse le soin de vous trouver de quoi vous sustenter, le salaire que je vous verse suffit largement pour ça. Quant à ma marque, à vous de voir s’il vous est nécessaire de vous présenter comme étant à mon service. Néanmoins les nouvelles vont vite aussi la majorité de mes pairs saura assez vite que vous travaillez pour moi, vous n’aurez donc pas ou peu à annoncer ce fait. Au pire dites juste mon nom et l’on vous laissera en paix.


    Lorsque le vampire me répondit, j’eus l’impression d’avoir passé un cap sans m’en rendre compte. Une limite. Une frontière jusque là invisible à mes yeux mais qui m’apparaissait désormais comme évidente. Une frontière à ne plus franchir si je voulais rester en vie, et il fallait avouer que c’était mon seul but, avec ma volonté de retrouver Sergueï. Je réfléchissais à ce qu’avait dit le vampire un peu plus tôt, ce que j’avais enregistré avant de demander de quoi me nourrir. « Personne n’est réellement indépendant et ce depuis l’aube des temps Alexei. Tout au long de l’échelle, qu’elle soit vampire, humaine ou tout autre, le rapport de force est le même. » Notamment. Je n’étais pas réellement d’accord puisque je ne me sentais pas enchaîné à cette échelle. Je ne dépendais de personne, et personne ne dépendait de moi. Plus que cela. J’étais totalement libre dans le sens où je n’étais pas enchaîné par des considérations humaines telles que l’honneur, l’amour, la loyauté et la colère. Peut être que je m’étais fait l’esclave du vampire, mais je ne me considérais pas pour autant dépendant de lui. Il pouvait me tuer d’un claquement de doigt si je lui en laissais l’opportunité ? Certes, mais je pouvais l’abattre à cette soirée qu’il organisait, aussi facilement que j’allais abattre ses cibles. Et sans qu’il ne s’en rende compte, puisque j’avais eu une courte formation sur comment tuer un nocturne. Non, je n’étais pas dépendant de lui. J’étais en quelque sorte un électron libre qui pouvait à tout moment quitter l’attraction du noyau. Je n’étais pas accroché à l’échelle qu’il m’avait décrite. J’esquissai un petit sourire sans le vouloir. Puis je songeai à un autre de ses propos qui m’avait marqué, plus pour pouvoir lui en faire une constatation orale et ainsi masquer les déductions que je venais de faire, que par réel intérêt. « Si vous vous demandez s’il vous serait possible de travailler pour eux, oubliez. Si je suis un des plus modéré de mes congénères et que je prends la peine de vous rémunérer, eux ne s’embarrassent pas de tels procédés. Renseignez-vous sur Badenov et vous verrez que vos conditions de travail à mes ordres ne sont pas dénuées d’avantages ». Se renseigner auprès de Badenov. Oui, je comptais bien le faire, même si ce ne serait assurément pas au sujet de nos conditions de travail, mais plus concernant mon frère et la manière de liquider un vampire s’il se montrait trop possessif. Mais le Maître Vampire n’avait rien à savoir sur ce sujet. Il y avait une limite à ne pas dépasser, et j’étais rompu à l’analyse du comportement des humains ; un vampire ne pouvait pas être si différent des humains normaux, pour la simple raison qu’avant d’être vampire, il avait été humain. Je me devais de dire quelque chose dans la juste lignée de mes pensées, pour donner quelque chose en pâture à la curiosité du maître vampire si ce à quoi je pensais, afin qu’il ne cherche pas plus loin. D’autant plus que… c’était évident. Le Maître Vampire qui ne m’avait rien donné comme information sur lui, en dehors de cette Shane, venait de me tendre une perche, que je ne pouvais pas, en professionnel, ne pas prendre :

      « Vous me dites de donner votre nom, mais il ne me semble pas que vous me l’ayez donné… Je suppose qu’il me serait bien utile à présent, d’autant plus que vous ne risquez plus que j’aille le rapporter à mes anciens employeurs. Quant à Badenov, où pourrais-je le rencontrer ? »


    Par ses mots, le vampire m’avait donné du pouvoir. Le pouvoir de savoir son nom, et non un pseudo d’emprunt, et le pouvoir d’avoir le droit de rencontrer des personnes qui, comme moi à présent, travaillaient pour des vampires. Dont Badenov. Que je devais tuer pour l’HCV. Bien sûr, ce contrat n’était plus d’actualité, mais je me ménageai une porte de sortie, au cas où… La manière avec laquelle le vampire s’était empressé de vouloir m’enchaîner à lui, ce n’était pas quelque chose que j’avais apprécié. J’étais le prédateur et non la proie. Faisais-je preuve d’orgueil ? Peut être. Si c’était le cas, suffisamment pour me faire réagir plus vite et réfléchir de même, mais pas au point de perdre le sens des réalités. Dans tout le cas, le fait était que je n’avais pas apprécié qu’il veuille m’enchaîner et m’ôter toute forme de liberté. M’utiliser ? Sans problème. Me faire trahir mes anciens employeurs ? S’il payait plus, c’était normal. Le reste… non, il n’en était pas question. Je considérais donc toujours l’option d’éliminer Badenov. Après l’avoir fait parler sur Sergueï, dans tous les cas, puisque je voulais retrouver mon frère. D’ailleurs, je songeai que ça risquait de me faire quitter l’Ecosse et donc mon employeur. J’haussai intérieurement les épaules. Je ne comptais pas encore rester à son service le restant de mes jours, et son projet de me transformer en vampire… j’avais besoin d’y réfléchir pour en percevoir toutes les implications. Si rencontrer Sergueï avait pour conséquence de mieux comprendre ma nature, alors pourquoi pas. Mais je ne voulais pas risquer de devenir autre chose, tant que je n’avais pas de réponse à mes questions. Comprendre pourquoi j’étais ainsi était un but que je m’étais fixé. Si jamais je devenais un vampire, je voulais aussi en connaître plus sur l’espèce avant. Pour ne pas être dans le flou comme maintenant sur mes caractéristiques humaines. J’en fis d’ailleurs part au vampire :

      « Vous avez dit que vous vouliez faire de moi un vampire. Il faudra d’abord m’enseigner leurs caractéristiques. Et votre hiérarchie. Les conséquences… »

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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Lun 26 Nov - 2:07


Si je comprenais certaines des questions de l’assassin, d’autres me paraissaient… intéressantes sans pour autant en comprendre les vrais raisons. Car s’il semblait disposer à travailler à mes ordres tant que je le payais suffisamment et que je subsistai à ses besoins, rien ne m’assurait pour autant qu’il me serait fidèle. Qu’il m’interroge sur mon nom était des plus logique, en revanche qu’il veuille savoir où rencontrer l’humain de la Reine me gênait un peu. Pour quelle raison souhaitait-il le rencontrer ? Krystel ne serait pas satisfaite si je donnais son humain à un ex-membre, supposé, de l’HCV, et elle ne manquerait pas de me le faire savoir aussi décidai-je de rester prudent à ce sujet.

Il m’importe peu que l’église ait connaissance de mon identité aussi cela ne me dérange pas de vous dévoiler mon nom. Je suis Julien Guillemaud, Maître vampire de mon espèce. Néanmoins ce qui me dérange par contre c’est de vous dire où trouver Badenov. Pourquoi souhaitez-vous le rencontrer ? Si vous avez quelque chose à lui demander je peux me charger éventuellement de lui faire passer un message mais pour l’heure il est encore prématuré que je vous indique sa localisation actuelle. Tant que vous serez humain je n’aurai aucune certitude de pouvoir vous accorder ma confiance.

C’est d’un ton neutre et sans note particulière que je lui avais répondu. Il n’y avait aucune agressivité dans mes paroles mais je voulais me montrer prudent avec l’humain et tenter de le jauger afin de m’assurer d’avoir fait un choix judicieux. Pour l’heure j’estimai qu’il l’était mais de nos jours il y avait tant de choses qui pouvaient changer du jour au lendemain aussi me fallait-il faire attention. Ses paroles suivantes lui permirent d’exprimer, sans pour autant poser de question, des réserves qu’il semblait avoir quant au fait de devenir vampire. Car même s’il ne le disait pas ouvertement il voulait m’imposer des conditions avant que je ne puisse faire de lui un nocturne. Et bien soit, si cela pouvait m’éviter de créer un vampire aussi instable que Leslie pourquoi pas, néanmoins je n’allais pas non plus le ménager sous ce prétexte-ci.

Ainsi donc vous voulez en savoir davantage sur mon espèce avant d’accepter de devenir l’un des nôtres. Je peux comprendre ce souhait de votre part, néanmoins cela pourrait être… fâcheux. Cependant je conçois à vous en dire davantage. Commençons par les conséquences si vous voulez-bien. La première sera que vous vivrez selon nos lois, vous pliant à l’autorité de nos souverains. Toute action allant à l’encontre de ces lois vous vaudra la peine de mort sans appel. Et vous servirez à mes ordres. Bien entendu cela vous mettra définitivement à dos vos anciens employeurs. Voici pour les contraintes majeures, voyons à présent les avantages. Vos compétences au combat seront accrues, votre acuité auditive et visuelle aussi. Vos nouvelles capacités vous permettront probablement de parfaire votre art du tir à distance. Voilà pour vous. Pour ma part cela me permettra de m’assurer que vous ne vous retournerez pas contre moi et de pouvoir vous inclure dans certains de mes plans plus secrets.

Quant à notre hiérarchie je resterai évasif pour le moment car je ne veux pas trop en dévoiler à un humain. Vous connaissez probablement de nom ceux que je sers, Augustus et Krystel, depuis la grande révélation. Sachez que je suis juste en dessous d’eux dans la pyramide de notre espèce et que nombreux sont ceux en dessous de moi. Quant à nos caractéristiques, dîtes-moi d’abord ce que vous ont appris vos camarades de l’HCV.


J’avais plutôt synthétisé car je ne voulais pas trop lui en dire pour le moment, histoire de voir sa réaction et peut-être même les nouvelles questions que mes paroles allaient lui amener. Pour l’heure la question qui me taraudait concernait son souhait de rencontrer Badenov. Voulait-il en réalité le trouver pour le tuer tout de même, ou bien y avait-il une autre raison à cela. Peut-être allait-il m‘apporter la réponse à cette interrogation de lui-même.
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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Sam 8 Déc - 14:00

      Il m’importe peu que l’église ait connaissance de mon identité aussi cela ne me dérange pas de vous dévoiler mon nom. Je suis Julien Guillemaud, Maître vampire de mon espèce. Néanmoins ce qui me dérange par contre c’est de vous dire où trouver Badenov. Pourquoi souhaitez-vous le rencontrer ? Si vous avez quelque chose à lui demander je peux me charger éventuellement de lui faire passer un message mais pour l’heure il est encore prématuré que je vous indique sa localisation actuelle. Tant que vous serez humain je n’aurai aucune certitude de pouvoir vous accorder ma confiance.


    Il s’appelait donc Julien Guillemaud. J’enregistrai instantanément ce nom, le plaçant, donc, juste en dessous d’Augustus et Krystel dans la hiérarchie vampire que je découvrais ce soir. Maître Vampire. Roi. Reine. Tout indiquait clairement une monarchie, une structure rigide fondée sur le mérite et, sûrement, la loyauté. Donc, ce Guillemaud était l’un des fidèles. Il me semblait être sûr de lui, et peu habitué à être devancé. Et surtout, il me semblait ambitieux, déterminé, loyal jusqu’à ce qu’il puisse se permettre de ne plus l’être. Il me ressemblait sur ce point, même si mon principal moteur n’était pas l’ambition, mais la perfection et l’indépendance. Et encore, le concept de loyauté m’était tellement… flou, que je ne pensais pas qu’il était possible de l’appliquer à ma manière d’être. La facilité avec laquelle j’avais trahi l’HCV le montrait indubitablement. Puis il parla de Badenov. Je me demandais pourquoi il me questionnait sur mes raisons lorsque j’émettais le souhait de rencontrer Badenov. J’arquai un sourcil, déçu. Il me l’avait lui-même proposé. Il ne valait pas mieux que les autres humains au final, et même si je m’en doutais, mon impression se confirmait à chaque seconde. Vampire et humain… ils étaient pareils dans le fond, même si les apparences le cachaient assez efficacement ; A parler pour ne rien dire, à parler sans tenir compte de ses propos. J’avais l’impression qu’il n’en avait pas fini avec ses questions, ses réponses, et ses propos… décevants. Je restai donc muet, lorsqu’il poursuivit, pour ne pas le couper.

      Ainsi donc vous voulez en savoir davantage sur mon espèce avant d’accepter de devenir l’un des nôtres. Je peux comprendre ce souhait de votre part, néanmoins cela pourrait être… fâcheux. Cependant je conçois à vous en dire davantage. Commençons par les conséquences si vous voulez-bien. La première sera que vous vivrez selon nos lois, vous pliant à l’autorité de nos souverains. Toute action allant à l’encontre de ces lois vous vaudra la peine de mort sans appel. Et vous servirez à mes ordres. Bien entendu cela vous mettra définitivement à dos vos anciens employeurs. Voici pour les contraintes majeures, voyons à présent les avantages. Vos compétences au combat seront accrues, votre acuité auditive et visuelle aussi. Vos nouvelles capacités vous permettront probablement de parfaire votre art du tir à distance. Voilà pour vous. Pour ma part cela me permettra de m’assurer que vous ne vous retournerez pas contre moi et de pouvoir vous inclure dans certains de mes plans plus secrets.
      Quant à notre hiérarchie je resterai évasif pour le moment car je ne veux pas trop en dévoiler à un humain. Vous connaissez probablement de nom ceux que je sers, Augustus et Krystel, depuis la grande révélation. Sachez que je suis juste en dessous d’eux dans la pyramide de notre espèce et que nombreux sont ceux en dessous de moi. Quant à nos caractéristiques, dîtes-moi d’abord ce que vous ont appris vos camarades de l’HCV.


    Le vampire confirmait ce que je pensais quant à la hiérarchie des « nocturnes » comme il s’appelait lui-même. Augustus, Krystel et juste en dessous le maître vampire. Je me demandai s’il y avait d’autres « maîtres » qui se trouvaient au même niveau que Guillemaud. Et je comprenais aussi que pour un premier contact vampirique, je n’étais tombé au plus bas de l’échelle. Ce Leslie, que nous avions vu la veille et qui avait accéléré ma mise au service de Guillemaud, lui, semblait être l’un des sous fifres, l’un des pécores dans la hiérarchie. Je me demandais si ma place, et le Vampire qui était mon employeur étaient liés. Avais-je un quelconque ascendant sur un vampire de bas étage ? La question me semblait pertinente, mais je ne considérais pas le moment opportun pour la poser. J’assimilai ce que m’avait dit Guillemaud en laissant le silence s’étirer. Il ne me gênait pas, il ne m’avait jamais gêné. J’étais un soldat de l’ombre, qui pouvait patienter des heures le temps que la proie s’avance exactement là où elle devait être. J’étais le genre de prédateur à rester tapis dans les fourrés toute une journée pour guetter la gazelle venue boire au cours d’eau à la nuit tombée. Amélioration de la vue, de l’ouïe, des réflexes… Vampire, je pouvais devenir un combattant hors pair. Si je ne me défendais pas trop mal au corps à corps, je savais que ça restait ma faiblesse, alors que le tir quelque distance que ce soit était mon domaine d’excellence. Si je devenais un vampire, il était totalement clair que je m’enchaînerai au monde de la nuit, à Julien et à mes capacités. Il me l’avait clairement dit. « Toute action allant à l’encontre de ces lois vous vaudra la peine de mort sans appel. Et vous servirez à mes ordres. » Servir à ses ordres. Il disait cela comme si c’était logique. La loyauté, il fallait bien le répéter, n’avait sens à mes yeux. Servir sous ses ordres ? Certes, mais un temps. Mais l’éternité ? C’était possible, si je ne trouvais pas mieux ailleurs. Mais la probabilité pour que je trouve mieux, sur une durée comme l’éternité, était bien plus élevée… Mais soit.

    Je me taisais depuis plus de deux minutes, maintenant. Je le savais. Je considérais le verre d’alcool dans ma main, qui n’était pas tout à fait vide. Finalement, je pris le temps de répondre d’une voix lente, revenant sur une question qu’il m’avait posée il y avait plus de cinq minutes. Au moins.

      « Vous me demandiez pourquoi je souhaitais voir Badenov, mais c’est vous-même qui avez parlé le premier de me le faire rencontrer, pour que nous comparions nos conditions de vie. Je n’ai fait que rebondir sur votre proposition. Quand à la confiance que vous pouvez m’accorder, je dois vous préciser que le fait que je sois humain ou vampire ne changera rien à ce qu’il en est actuellement. Je crois que le mot dans votre langue qui pourrait me désigner est quelque chose comme morcénaire. Ou plutôt mercenaire. Ma loyauté ne vous sera jamais totalement acquise. »


    Je fis tourner le reste d’alcool présent dans le verre, posant mon attention sur la douleur qui émanait toujours de mon cou sans qu’elle ne soit pour autant extrêmement gênante. Au moins me rappelait elle la morsure qu’il avait jugé bon de me faire, pour me marquer. Je restais toujours dubitatif, considérant qu’il y avait plus que cette raison derrière ce marquage. Montrer aux autres que je lui appartenais ? Oui, bien sûr. Me montrer que je lui appartenais, aussi. Me montrer son ascendant sur moi. Sa force. Ses capacités. Ma place de proie dans la chaîne alimentaire. Il semblait juste oublier que je n’étais pas une proie comme les autres. Je calculais la distance minimum et maximum que je pouvais / devais mettre entre lui et moi si un jour je l’éliminais. Une distance trop éloignée, il verrait venir la balle et pourrait l’éviter. Une distance trop courte, et je pouvais y passer avant d’avoir pu tirer. J’en vins ensuite à la dernière question qu’il m’avait posée. Ce que m’avait appris l’HCV sur leurs caractéristiques ? Etrange qu’il me pose cette question alors qu’il m’en avait fait un résumé juste avant, de leurs caractéristiques. Je commençais sur le ton de la conversation :

      « Vous êtes réellement décevant. J’avais pensé la différence entre les humains et les vampires plus importante. Mais soit. La courte formation que j’ai eu à l’HCV sur vous n’était qu’une confirmation des croyances populaires sur votre espèce. Vous vous nourrissez de sang, vous êtes violents, immoraux, prétentieux, et comme j’ai pu le constater à votre contact, votre passé d’humain ressort plus que ce que l’on peut penser de prime abord. Vos faiblesses sont nombreuses et importantes puisque vous craignez la lumière du soleil, l’argent, et tous ces petits gadgets culinaires. A ce que j’ai pu voir, vos capacités de régénération sont proportionnelles à la quantité de sang bu récemment, et si vous devez vous régénérer rapidement pour des blessures simples, une balle en argent qui se fragmenterait en de nombreux éclats dans votre corps vous gênerait plus de deux heures, le temps d’enlever les fragments. »


    Je fis une pause. Je mêlais mes propres conclusions sur les caractéristiques vampires à ce que savait l’HCV sur l’espèce. En fait, Guillemaud allait avoir l’impression que mes anciens employeurs étaient beaucoup plus renseignés qu’en vérité sur leurs faiblesses. Je terminai ma réponse qui ressemblait à un exposé, toujours sur le même ton neutre :

      « Et vous ne prenez pas la peine de traiter les humains comme des personnes à part entière, soit par sentiment de supériorité lié à une mégalomanie du à votre éternité et à votre instabilité mentale, soit par frustration de ne plus faire partie de cette espèce et d’être désormais obligé de vous terrer à l’obscurité, étant par votre nature de vampire, malgré vos formidables capacités physiques, enchaînés à ce qu’il y a de plus vieux sur Terre : l’alternance jour/nuit. Il y a aussi la possibilité de ne nous considérer que comme du bétail, mais c’est une nouvelle fois la preuve de votre arrogance qui vous perdra j’en suis certain. Si vous avez une faiblesse à corriger, c’est votre arrogance. Sauf si, bien sûr, vous êtes une exception de bêtise au sein de votre espèce, auquel cas je ne peux que vous conseiller de revoir votre position sur les humains. Que dire d’autre ? Il me semble que c’est tout ce que j’ai retenu des enseignements de l’HCV et de mes conclusions personnelles. »


    Tout en parlant, j’avais posé mon verre sur la table basse, et je m’étais très discrètement déplacé afin d’être sur mes gardes si le Vampire réagissait… négativement, à mes explications. C’était possible, probable, et à partir du moment où quelque chose pouvait arriver, j’en tenais compte dans ma manière d’être. Je savais cependant que mon déplacement sur mes appuis était si discret que difficilement percevable même pour des yeux avertis. Mon flingue chargé de balles en argent était toujours à portée de main, dissimulé cependant par le fauteuil, mon bras et mon pantalon. Mes yeux gris fixaient, imperturbables, le vampire.

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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Mer 19 Déc - 17:14


J’écoutai attentivement les paroles de l’humain qui avait décidément un culot sans limite, que je ne lui imaginais pas être de l’inconscience, il était trop… dénué du moindre sentiment et de la moindre fantaisie pour se laisser aller à un tel manquement. Son petit discours sur sa condition de mercenaire m’éclaira davantage quant à la considération qu’il avait de lui-même. Sa loyauté jamais acquise ? Comme s’il était utile de le préciser. Car même si je le mordais et qu’il ne pourrait alors plus refuser d’appliquer un de mes ordres du fait de la teneur du lien entre un créateur et son apprentie dans notre espèce, il resterait toujours un élément à ne pas négliger. Peut-être était-ce là sa faiblesse, en dehors de sa nature d’humain. Son incapacité à se trouver un objectif immuable pourrait éventuellement le mener à sa perte car il ignorait tout de la loyauté justement.

A mon sens il n’était pas négligeable de mettre son engagement au service d’un autre, le tout étant de ne pas se tromper quant à cet autre. Pour ma part Augustus me semblait être le meilleur choix, autant de par sa nature que par le personnage. Il était le seul d’entre nous à ne plus craindre le soleil ni l’argent et de ce fait il était à mon sens le plus puissant de notre monde. Cela ne signifiait pas pour autant que je ne voulais pas ma part de pouvoir, mais simplement que je savais où devait s’arrêter mon ambition. Peut-être qu’un jour j’aurai l’opportunité de rejoindre la famille royale via un mariage, bien que cette éventualité ne me semble que peu probable, pour ma part je préférais penser à devenir membre de la famille royale en récompense de mon engagement mais pour cela il me faudrait faire mieux que dénoncer William. C’est en partie pour cela que je traquais les dissidents, ces vermines ayant poussé mon ancien ami à trahir mes Maîtres.

Pour en revenir à ce nouvel outil si particulier, je l’écoutai encore parler, me détaillant ses connaissances, probable mélange entre ce que lui avait transmis l’HCV et ses propres conclusions, se permettant certaines remarques dont j’aurais pu me vexer si elles venaient d’un autre que lui. Je prenais cela comme une contrepartie de ses aptitudes, m’adaptant à sa personnalité des plus étranges. Je passerais peut-être pour un délicat ou un mou auprès de mes pairs mais je n’en avais cure. Il semblait doué pour décortiquer la nature de ses interlocuteurs et lorsqu’il désigna les vampires comme arrogants, je me dis qu’il devait alors avoir du mal à s’analyser lui-même. C’est donc avec un léger sourire que je m’adressai à lui d’un ton neutre et sans colère aucune.


Quelle perspicacité Alexei, du moins en partie. J’ai bien écouté vos paroles et certains détails méritent quelques remarques. Si nous sommes liés au monde de la nuit, nous avons eu le temps de trouver comment remédier à cela mais pour l’heure je ne peux vous en dire davantage, à titre d’exemple je peux néanmoins vous parler de notre Roi qui ne craint ni le soleil ni l’argent, ce qui le place au sommet de la pyramide des prédateurs selon moi. Quant à mon arrogance je ne pense pas que cela ait avoir avec ma nature de vampire car même vous humains avez une arrogance similaire même entre vous, aussi je ne vois en rien une faiblesse. Oui la majorité de l’Humanité n’est que du bétail à mes yeux mais cela ne signifie pas que j’ai davantage de considération pour certains éléments, comme vous par exemple. Néanmoins cela ne m’empêche pas de reconnaitre des qualités à ceux qui comme vous sont dignes d’intérêts. Ma considération pour l’ensemble de vos congénères ne devrait pas vous gêner si j’en juge par ce que je pense discerner de votre personnalité mais il est possible que je me trompe. Quoi qu’il en soit en tant que mercenaire j’attends de vous efficacité et discrétion pour le travail dont j’ai commencé à vous entretenir, je vous fournirai les détails supplémentaires dans les prochains jours.

Après avoir parlé je me tus le temps de repenser à l’idée de confronter Shane à l’humain. J’étais conscient que cela pouvait représenter un risque pour ma Pomme mais j’étais prêt à le lui faire courir et puis cela ne pourrait que la former et la préparer davantage. Si jamais il s’en prenait à elle je pourrai toujours le descendre à la cave et le lui faire payer, mais avant ça je devais lui parler de mon idée.

J’aurai une autre tâche à vous confier, cette fois sans risque pour vous mais bien plus pour moi. Je vous ai parlé tantôt de ma Pomme de sang et souhaite vous la faire rencontrer, non pas pour le plaisir mais dans le but que vous l’initier à l’utilisation des armes à feu. Bien entendu ce ne serait pas du bénévolat. Quelles seraient vos conditions Alexei pour accepter ?

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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Ven 4 Jan - 12:30

    Il souriait. Je trouvais ce concept étrange, mais pas plus que d’habitude. J’avais plus ou moins conscience qu’un être humain pouvait s’offusquer de mes propos lancés sans prendre de gants, toutefois, ce vampire semblait vouloir appuyer le fait qu’il n’était pas un être humain. Ou plus un être humain. Dans tous les cas, le résultat était le même, j’étais en vie, et lui, il souriait. Je ne relâchais pas pour autant mon attention et ma garde, conscient que les réflexes étaient la seule solution si le vampire, Julien puisque c’était ainsi qu’il disait se nommer, avait soudainement envie de se passer de mes services, mes chances de survie avoisinaient les quinze pourcents, voire les dix sept pourcents si on tenait compte de l’alcool qu’il avait ingurgité et de la table basse entre lui et moi. Ne cessant pas de sourire, le vampire me répondit finalement :

      « Quelle perspicacité Alexei, du moins en partie. J’ai bien écouté vos paroles et certains détails méritent quelques remarques. Si nous sommes liés au monde de la nuit, nous avons eu le temps de trouver comment remédier à cela mais pour l’heure je ne peux vous en dire davantage, à titre d’exemple je peux néanmoins vous parler de notre Roi qui ne craint ni le soleil ni l’argent, ce qui le place au sommet de la pyramide des prédateurs selon moi. Quant à mon arrogance je ne pense pas que cela ait avoir avec ma nature de vampire car même vous humains avez une arrogance similaire même entre vous, aussi je ne vois en rien une faiblesse. Oui la majorité de l’Humanité n’est que du bétail à mes yeux mais cela ne signifie pas que j’ai davantage de considération pour certains éléments, comme vous par exemple. Néanmoins cela ne m’empêche pas de reconnaitre des qualités à ceux qui comme vous sont dignes d’intérêts. Ma considération pour l’ensemble de vos congénères ne devrait pas vous gêner si j’en juge par ce que je pense discerner de votre personnalité mais il est possible que je me trompe. Quoi qu’il en soit en tant que mercenaire j’attends de vous efficacité et discrétion pour le travail dont j’ai commencé à vous entretenir, je vous fournirai les détails supplémentaires dans les prochains jours. »


    Il se tut, comme s’il était en train de prendre une décision importante. Je fronçai les sourcils, m’accordant un léger sourire dont je ne connaissais ni l’origine, ni l’effet, ni le devenir. J’accueillis cette pause comme une opportunité d’assimiler ce qu’il m’avait appris. Ainsi leur roi pouvait se promener en plein soleil, et ne craignait pas plus l’argent, ce qui en faisait un être immortel, surpuissant et, assurément, contre nature. Tout être se devait d’avoir une faiblesse, et même les pseudos immortels comme les vampires en avaient, et des mortelles. Je comprenais naturellement pourquoi cet Augustus était devenu roi parmi les ‘nocturnes rouges’, mais je ne parvenais pas à ôter de mon esprit le fait que c’était contre nature d’être sans faiblesse. Il en avait forcément une. Il suffisait de la trouver. Et tant que je ne l’avais pas trouvée, il serait inconscient que je me mette à son service. J’avais émis ces conclusions dans ma tête, et je savais qu’elles étaient justes. Le seul problème, s’il y en avait un, c’était qu’apparemment, les vampires plus puissants que mon actuel maître n’étaient pas nombreux, et que les deux dont je connaissais l’identité, le couple royal, n’étaient pas envisageable pour le moment. Je fronçai derechef les sourcils, en ignorant comme je pouvais ignorer une mouche, les dernières paroles du vampire, qui essayait de nier mes propos concernant son arrogance, sa mégalomanie, et ses faiblesses évidentes. Je ne retins que ses commentaires sur ma position de mercenaire, puisque c’était le terme qui convenait le mieux pour décrire mes… activités douteuses. Finalement, il dut prendre une décision puisque je l’entendis reprendre :

      « J’aurai une autre tâche à vous confier, cette fois sans risque pour vous mais bien plus pour moi. Je vous ai parlé tantôt de ma Pomme de sang et souhaite vous la faire rencontrer, non pas pour le plaisir mais dans le but que vous l’initier à l’utilisation des armes à feu. Bien entendu ce ne serait pas du bénévolat. Quelles seraient vos conditions Alexei pour accepter ? »


    Sa pomme de sang ? Je ne savais pas grand-chose si l’identité et les caractéristiques des personnes qui méritaient cette appellation, mais je fis automatique le lien avec le prénom qu’il avait lâché plusieurs minutes auparavant. Shane. Il m’avait confié qu’il lui faisait confiance, mais que je ne devais pas lui parler de mes ordre, et j’en avais déduis qu’il s’en défiait, ou qu’il souhaitait la protéger. Maintenant je savais qu’il souhaitait simplement la tenir en dehors des risques de ma position. Intéressant. Très intéressant. Si son maître, son roi, n’avait pas de faiblesse visible (sa reine peut être ? Ou une éventuelle pomme ?), mon maître à moi en avait beaucoup, et pas des moindres. Et il me demandait de la former au maniement des armes. Contre rémunération. Un accident était si vite arrivé, que le vampire me tendait une perche pour l’affaiblir si jamais être à son service ne couvrait plus toutes mes exigences. Soit il me sous estimait, auquel cas, son mépris envers les êtres humains était plus que son point faible, soit je surestimais l’importance de Shane à ses yeux, cette solution, bien que possible, ne me convainquait pas, soit je le sous-estimais… et c’était moi qui faisais une grossière erreur. Je pris le temps de reprendre un peu de whisky, avisant le niveau de la bouteille qui chutait. Je tenais bien l’alcool, sûrement du fait de mon origine sibérienne, puisque j’en buvais sans problème depuis mon plus jeune âge. Mais il fallait que je cesse de boire, d’autant plus que ma faiblesse momentanée due à la morsure qui me picotait encore, était passée désormais. Quelques heures de repos allaient suffire pour me remettre sur pied. Finalement, conscient que le vampire devait attendre que je parle, et que s’il devait à présent être habitué à mes longs silences, il ne devait pas pour autant les apprécier, je me basais pour dire cela, sur ce que j’avais observé chez mes pairs, comme réaction, je lui répondis :

      « Il est étrange de voir que vous acceptez de me faire confiance pour m’occuper sans la tuer de cette Shane. Quoi qu’il en soit, si je ne conçois pas le principe de loyauté, si vous me payez, toujours au même tarif, et qu’en plus j’ai un libre accès à toute la documentation administrative d’Ecosse, vous devez avoir les pouvoirs de m’obtenir cela, non ?, alors, je formerai votre Pomme de Sang à la maîtrise des armes à feu. J’ai juste quelques questions. A-t-elle des bases de corps à corps, du maniement des armes blanches ? Et est elle sportive ? Devrais-je la ménager ? »


    Je considérai qu’il m’avait déjà répondu oui aux exigences que j’avais formulées un peu plus tôt. De toute manière, s’il refusait, je ne pouvais pas, moi, lui refuser ce travail. J’avais conscience de ma situation, et si je pouvais en tirer des avantages, tant mieux, sinon, il fallait que je fasse avec. Quant à mes questions, elles attendaient des réponses bien précises, n’était ce que pour que je puisse évaluer le niveau de la future élève, et savoir si j’allais avoir le droit de lui enseigner ce que je savais à ma manière. Je rajoutai après un temps de silence:

      « Et je veux pouvoir rencontrer Badenov. »


    Cette fois ci, mes exigences n'étaient pas seulement dans le milieu des rémunérations financières, mais elles étaient belles et bien des exigences précises et immatérielles. Concrètes, certes, mais immatérielles. Parce que je voulais retrouver mon frère, et que la seule piste que j'avais, c'était Badenov. Et qu'il me fallait avoir des yeux sur l'Ecosse, si mon frère était passé par ici ces dernières années, et s'il y résidait encore. Les chances étaient minces, je m'en rendais bien compte, mais elles existaient.


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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Mar 15 Jan - 11:16


Je pris note de ses conditions pour cet autre travail, tentant de deviner quel était son intérêt pour l’administration écossaise. Egrenant silencieusement les différents motifs probables à cette requête, j’en vins à conclure qu’il devait chercher la trace d’un évènement ou d’une personne, peut-être l’un pouvant le mener au second. Quel que soit son objectif derrière sa demande, il ne me serait pas trop difficile d’y répondre. Je comptais bon nombre de notables dans ma clientèle, aussi bien dans Edimbourg, mon ancien fief, qu’à présent dans la capitale écossaise. Malgré ma curiosité je ne l’interrogeai pas de suite à ce sujet et écoutai la suite de ses paroles à propos de Shane. Contrairement à ses mots je ne lui faisais aucunement confiance néanmoins tant que je l’avais sous la main autant l’utiliser de manière optimale. Mettre en danger Shane n’était pas pour me plaire, néanmoins cela était une nécessité si en contrepartie elle apprenait à se défendre.

Je suis conscient du risque que je lui fais courir en vous dévoilant son identité et en la mettant entre vos mains, néanmoins je suis certain que vous l’êtes autant concernant vos chances de survie s’il lui arrive quoi que ce soit de par votre fait. lui dis-je d’un ton qui ne laissait planer aucun doute sur le sort que je lui réservais le cas échéant. Quant à ses capacités elle a fait montre à plusieurs reprises d’une endurance appréciable. Dis-je encore, souriant au doux souvenir de ces nombreuses nuits où ma Pomme satisfaisait mes appétits. Quant à la ménager… Comportez-vous avec elle comme un instructeur, à vous de voir jusqu’à quel point vous pensez pouvoir aller sans craindre mon courroux, je compte sur votre professionnalisme et votre instinct de survie pour déterminer cette limite.

Si ses conditions précédentes ne me posaient pas de problème, il en était autrement de la dernière et ce pour plusieurs raisons. La principale étant des plus simples en fait : bien qu’il prétendait renoncer à exécuter le contrat pesant sur l’humain de Krystel je n’en avais aucune garantie sérieuse aussi devais-je mettre des conditions à celle-ci.

Plusieurs raisons rendent ce dernier souhait difficile à assouvir, notamment sa sécurité, néanmoins cela n’est pas impossible. Badenov appartenant à la Reine il n’est pas sujet à mon autorité, aussi sans pour autant vous promettre une rencontre, je peux toujours lui parler de vous et s’il juge utile de venir à vous il le fera. Si le fait d’admettre que certains humains étaient hors de ma portée n’était guère flatteur pour moi, c’était un fait que je n’avais pas de mal à accepter, malgré une certaine animosité à l’égard de la Pomme de Krystel. Toutefois je ne vous cache pas que nous ne sommes pas amis lui et moi, aussi il me faut quelques arguments à lui présenter pour qu'il accepte de vous rencontrer, d’autant qu'il a l’autorité nécessaire pour envoyer balader n’importe quel vampire. Pour quelle raison souhaitez-vous rencontrer celui que vous deviez tuer tantôt Alexei ?

Décidément je prenais de nombreux risque à dévoiler autant de choses à mon outil, outil dont je n'avais pour l'heure aucune assurance qu'il me serait un tant soit peu loyal. Après tout rien ne me permettait de me dire qu'il accepterait sans contrainte que je fasse de lui un vampire, sa nature devant lui donner une image de moi peu satisfaisante au vue de ses paroles. Pour lui je ne semblais valoir guère plus qu'un de ses congénères. Et bien soit, s'il fallait le contraindre à rester à mon service en lui apprenant ce qu'était la loyauté par la violence pourquoi pas, bien que j'aurais préféré qu'il accepte simplement en y voyant son intérêt. Mais pour l'heure il ne m'avait donné aucune raison de devenir violent avec lui, semblant accepter son nouvel emploi plutôt sereinement.
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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Jeu 31 Jan - 12:32

      Je suis conscient du risque que je lui fais courir en vous dévoilant son identité et en la mettant entre vos mains, néanmoins je suis certain que vous l’êtes autant concernant vos chances de survie s’il lui arrive quoi que ce soit de par votre fait. Quant à ses capacités elle a fait montre à plusieurs reprises d’une endurance appréciable. Quant à la ménager… Comportez-vous avec elle comme un instructeur, à vous de voir jusqu’à quel point vous pensez pouvoir aller sans craindre mon courroux, je compte sur votre professionnalisme et votre instinct de survie pour déterminer cette limite.


    Je laissai un fin sourire se former sur mes lèvres. J’étais un survivant jusqu’au bout des ongles, mais un survivant d’un genre bien particulier. Je n’avais peur de rien et ce qu’on pouvait prendre pour de l’inconscience ou de la folie était simplement le résultat de calculs autonomes et instinctifs de rapport risques / gains dans les opérations que je menais. Les avantages que je tirais à être au service de Guillemaut étaient élevés, très élevés et même si les risques l’étaient tout autant, ils étaient encore moins importants. J’avais encore beaucoup à gagner, dont une autonomie et une liberté que je savais inimaginable si j’étais à mon propre compte. Si j’avais bien compris, mon maître vampire était haut placé dans la hiérarchie de son espèce et son nom pouvait m’ouvrir bien des portes. Et je pouvais sans difficulté me procurer armes et renseignements. D’autant plus que ma valeur tactique et technique était telle qu’il me mettait, à mes yeux, en position de force pour pouvoir lui porter des coups douloureux, si ce n’était mortel, et qu’il me laissait voir ses faiblesses. Mes chances de survie ? J’assurais toujours mes arrières avant d’attaquer. Ses réponses ne m’aidaient pas vraiment à évaluer le niveau de cette Shane mais j’allais faire avec. Je sentais mon attention si aigue décroître alors que la nuit avançait. Le Vampire aborda alors ma dernière demande, exigence plutôt, concernant Badenov.

      Plusieurs raisons rendent ce dernier souhait difficile à assouvir, notamment sa sécurité, néanmoins cela n’est pas impossible. Badenov appartenant à la Reine il n’est pas sujet à mon autorité, aussi sans pour autant vous promettre une rencontre, je peux toujours lui parler de vous et s’il juge utile de venir à vous il le fera. Toutefois je ne vous cache pas que nous ne sommes pas amis lui et moi, aussi il me faut quelques arguments à lui présenter pour qu'il accepte de vous rencontrer, d’autant qu'il a l’autorité nécessaire pour envoyer balader n’importe quel vampire. Pour quelle raison souhaitez-vous rencontrer celui que vous deviez tuer tantôt Alexei ?


    C’était intriguant de voir à quel point les murs s’élevaient aussi vite à ce simple nom russe. Visiblement, si je comprenais bien les ficelles des vampires, les humains qui appartenaient au roi et à la reine étaient presque plus haut placés hiérarchiquement que le vampire qui était devant moi. Si j’estimais bien son égocentrisme et sa prétention, voilà quelque chose qu’il ne devait pas apprécier. Alors pourquoi tenir tant à assurer sa sécurité ? D’autant plus qu’il venait de me confier que lui et Badenov ne s’entendaient pas comme larrons de foire. Quelques arguments à lui présenter ? Il me semblait que le vampire fatiguait lui aussi… Je lui en avais déjà présentés et pas des moindres. Il semblait craindre que je veuille exécuter le dernier contrat donné par mes anciens employeurs. Ce Badenov était important au sein des vampires, je m’en rendais compte chaque minute un peu plus. Très important. Trop, peut être, pour leur sécurité. Ou alors, trop pour la reine… ce devait la faiblesse de la reine de la nuit pour que Guillemaut soit aussi sévère et interrogateur sur mes motivations pour rencontrer le russe.

      « Vous vous inquiétez pour sa survie alors qu’il est entre vous et une position plus élevée dans la hiérarchie si je ne me trompe. Qu’a-t-il de si important pour que vous m’interrogiez par trois fois sur mes motivations pour le voir ? Je vous l’ai déjà dit. Vous m’avez-vous-même proposé d’aller le questionner sur sa situation en tant que servant de vampire. Et si origine russe m’intéresse. Je doute rencontrer beaucoup de russophones en Ecosse, et encore moins de soldat ayant servi pour la même patrie que moi. »


    Je me levai lentement mais souplement du fauteuil, mon verre toujours à la main. Verre que je finis d’une gorgée avant de le poser sur la table. Il était temps pour moi d’abréger la conversation. Parce que j’étais un humain, et qu’un humain dormait la nuit même lorsqu’il était sujet, comme moi, à l’insomnie. D’une voix atone, mais légèrement tintée de respect factice comme pour brosser le vampire dans le sens du poil, je repris :

      « Toutefois, c’est vous qui aurez le dernier mot… pour une rencontre dans les normes tout du moins. Sachez simplement que je suis à votre service maintenant, et que je ne travaille plus pour mes anciens employeurs. Je vous l’ai dit, ce que vous pouvez considérer comme ma loyauté va en votre direction, et comme vous m’avez fait clairement comprendre de ne pas tuer Badenov, il restera en vie ou plutôt ne sera pas tué par mes balles. Les raisons qui me poussent à le rencontrer, outre le fait qu’elles sont peut être personnelles et ne vous regardent donc pas, sont tout à fait légitimes. Et comme la fatigue commence à se faire sentir, je vous demande l’autorisation de vous laisser pour aller dormir. »


    Etait-ce l’alcool ou la fatigue, ou tout simplement la présence d’un être moins humain que moi, mais j’avais l’impression d’apprendre l’insolence et que ça ne me déplaisait pas. Un fait était certain : si le Maître Vampire ne m’aidait pas à rencontrer Badenov, je me débrouillerai pour le faire par mes propres moyens. D’autant plus que l’accès aux archives et aux papiers administratifs d’Ecosse que j’avais demandé, et obtenu puisqu’il n’en avait pas reparlé, allait me permettre de retracer le chemin de Sergeï s’il était passé par ici, et de Badenov si on n’avait pas déjà caché les informations. Dans tous les cas, je ne comptais pas tuer le russe, pour le moment.

      « Je vous laisse me tenir informé des disponibilités de la jeune femme pour commencer les initiations et formations aux armes à feu. »


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MessageSujet: Re: Nouveau jouet, nouvelle règle ! [Livre 1 - Terminé]   Ven 1 Fév - 11:26


Ecoutant attentivement les paroles de l’humain, je notai au passage ce qui pourrait passer pour une pointe d’agacement lorsqu’il jugea nécessaire de préciser que je l’avais interrogé trois fois sur ses motivations à rencontrer Badenov. Soit il était impatient, ce qui serait contradictoire avec son statut de sniper, ou bien me prenait-il pour un vampire sénile ce qui paraissait plus probable. Passant outre son insolence latente que j’avais décidé de considérer comme un élément indissociable, je repris la parole à mon tour.

Il est certaines choses que vous ne pouvez qu’effleurer en l’état actuel de votre conscience Alexei. Dis-je en faisant volontairement une brève pause avant de poursuivre. Que je l’apprécie ou non n’entre pas en compte, il appartient à la Reine et mon devoir et de le protéger au même titre que toute possession de la couronne. Peut-être qu’un jour vous pourrez comprendre ce dont je vous parle. Si je vous interroge par trois fois quant à vos motivations à le rencontrer ce n’est pas que je radote mais pour m’assurer de certaines choses que vous révélez peu à peu, outre sa sécurité. Cela sera peut-être contraignant pour vous et peu agréable mais considérez cela comme nécessaire.

Je l’écoutai ensuite m’énoncer quelques paroles doucereuses probablement destinées à me conforter dans l’idée d’avoir la main sur lui, très malin de sa part. Son comportement me semblait posé, maîtrisé néanmoins limité dans une certaine mesure mais bien normal au vue de sa condition d’humain, à voir s’il accepterait d’évoluer. Lui qui maniait l’insolence avec une certaine dextérité, bien moins innocente que celle de Leslie, se prenait soudain à parler avec respect, peu crédible mais néanmoins touchant.

Vous me voyez ravi de vos paroles Alexei, gageons que vos actes en feront de même. Vous recevrez un mail dans trois jours avec toutes les données nécessaires à vos différentes tâches. Tenez-moi au fait de votre préparation et de votre plan d’action pour le soir du concert. Quelques agents de confiance sauront pour votre présence, cependant ils n’auront nullement connaissance ni de votre identité ni de vos directives et n’auront aucun ascendant sur vous et vous sur eux. En cas de problème dites simplement que vous êtes l’extra, ils comprendront.

Concernant l’initiation de ma Pomme, libre à vous de trouver un endroit adéquate sûr de tous problèmes. Elle sera disponible pour sa formation d’ici une semaine. Je vous ferai parvenir dans le mail un numéro où la joindre afin d’en établir les modalités. Si jamais elle venait à être en danger du fait d’un évènement extérieur, vous êtes chargé de sa sécurité tant qu’elle sera avec vous. Votre vie et la sienne seront liés en ce sens. Il est temps à présent de conclure cet entretien, vous savez comment me joindre si besoin. Je vous contacte dès que possible concernant Badenov.


Ainsi se terminait cet entretien avec le mercenaire russe. Plusieurs réponses, quelques aperçus mais encore une incertitude muette que je gardai au fond de moi. Il pouvait m’être utile s’il s’avérait efficace et surtout loyal. J’avais bien intégré sa nature où la notion même d’engagement était particulière mais si cela était la condition à son professionnalisme et bien soit. Pour ma part la nuit ne faisait que commencer et je comptais me mettre en chasse afin de satisfaire mon appétit. J’avais besoin de tuer ce soir, de laisser mes instincts s’exprimer.

Hrp :
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