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La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]   Sam 8 Sep - 14:56

« La famille que l'on a choisie. »



Prisonnières. Entravées. Enchainées par des chaînes en argent. Qui se serrent et se resserrent sur nous. On avance, mais notre pied est toujours retenu par ces chaînes qui blessent notre peau. Une plaie qui s’agrandit, jour après jour. Une cicatrice qui ne guérira jamais.

Deux femmes.
Une humaine.
Une vampire.
Deux prisonnières.
Fantôme du passé.
Femmes liées par deux hommes.

Hannah… douce étoile du soir. Je ne me rappelle pas ce qu’on a vécu toutes les deux par le passé, en Russie… Je devais être proche de toi, je ne sais pas quelque chose m’attire vers toi. Quelque chose me pousse à être proche de toi, une certaine sympathie. Un lien nous unit. Un lien fort que j’ai oublié, et que je vais renouer. Je ne suis pas seulement dissidente, cela n’est pas seulement mon but de me faire bien voir auprès des vampires royalistes. Renouait avec mon passé, ce passé tourmenté, oublié, effacé. La première tentative avait été avec ton frère Hannah, Torben … mais ce fut un échec cuisant, qui fait encore mal à mon cœur sans vie. Puis, nous, on s’est croisés vaguement au Manoir Raybrandt, pour moi tu n’étais que la « chose » du Prince William. Une illustre inconnue que je ne reconnaissais pas alors que tant de choses nous réunissaient. Ensuite, j’ai fais le lien tu étais la sœur de Torben. Une Badenov, toi aussi. Une pièce du puzzle de mon passé. Là sous mes yeux. Une fleur à qui j’ai pris le pétale de son frère, puis de son vampire. Je te rends William, Hannah. Même si, tu ne peux plus être auprès de lui. Aujourd’hui, je m’inquiète pour toi. Atrocement. J’ai essayé de t’empêcher entre les griffes de notre Roi. J’ai échoué. C’est pour cela que tu es ici en cette soirée de pleine lune. Le Gold Spoon. Il fallait un endroit tranquille, qui n’éveille pas trop les soupçons. J’étais ton ancienne belle-sœur, puis ta patronne aussi comme j’avais repris la Pomme du Diable. C’est grâce à William que timidement, nous nous sommes retrouvées. Tu m’as aidée dans mes premiers pas à la Pomme. Je sais que je peux compter sur toi pour m’aider à la boite. Néanmoins, je te trouve bien seule. Tellement seule. Abandonnée par son frère. Arrachée à son amant. Que te reste-il Hannah ?

Je t’ai invitée ici pour prendre de tes nouvelles, pour voir comme tu vas et comment tu te portes. Voir si Augustus te traite bien. Pour parler entre femmes. Ce soir, il n’y a pas de barrières entre nous. Je ne suis plus la gérante de la Pomme du Diable. Vois moi comme une amie qui veut t’aider, un fragment de ton passé et de ton futur. J’ai plusieurs familles, mais tu fais partie de la famille que j’ai choisis Hannah. Douce Hannah. Je suis certaine que derrière cette rose à peine éclose se cache une guerrière redoutable qui n’attend que la bataille pour se montrer et faire des ravages. Je ne te laisserais pas entre les mains de sa Majesté. Je ne te laisserais pas seule et sans soutien. Je vois dans tes yeux la jalousie, ce voile qui m’enveloppe. Sois sans craintes, mon mariage avec ton cher William va être annulé, je te le rends, tu auras une autre rivale de taille en la personne de Belle Angeline Renard. Je t’avais proposée de m’accompagner à Gold Spoon pour qu’enfin on puisse parler face à face dans un lieu autre que ceux que nous avions l’habitude de côtoyer. J’avais l’impression de juste te croiser, un regard, un sourire, quelques paroles, jamais très aboutit nos conversations, on n’avait jamais eut l’occasion de parler sérieusement de nos vies, et de nos calvaires. Nous n’étions pas vraiment différentes, toi et moi, beaucoup de choses nous unissaient et nous réunissaient.

J’étais assise à une table, les mains croisées, je regardais mon vernis à ongle jaune, petite fantaisie que je m’étais permise, j’avais une nouvelle coupe également. Princesse jusqu’au bout des ongles, je prenais le temps de me faire belle. Princesse modèle, et qui devait montrer l’exemple. Prendre les pauvres petites humaines en détresse sous mon aile commençait à être mon domaine. Hannah était bien plus qu’une humaine. Elle avait été arrachée à William, quelqu’un devait lui venir en aide. Torben avait certainement d’autres chats à fouetter, je m’étais désignée tout naturellement lors de la réunion. Je l’attendais. J’ignorais si elle était en retard ou non. J’en avais que faire. J’espérais qu’elle avait pu se libérer et qu’elle n’était pas trop cloitrée dans la demeure du Roi. J’étais anxieuse, et un peu stressée à l’idée de devoir lui parler. La situation était délicate. C’était une autre forme de peur, car je ne craignais rien de la part d’Hannah, pour moi la petite était inoffensive. Mais lui parler, être face à elle, seule à seule ce serait la première fois. Un grand moment. Un peu tard sans doute.

Mieux vaux tard que jamais…
Chapitre 1 ¤ Hannah Badenov
Début Novembre 2010.
Gold Spoon, Newtown.
Edimbourg.


Dernière édition par Jana P. Raybrandt le Sam 22 Sep - 22:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]   Dim 9 Sep - 18:11

Enfin rencontrer Jana Pfeiffer, Jana Badenov, Jana Raybrandt, Jana la fiancée, la complice de tant d'instants doux-amers, Jana la blessure jamais refermée de Torben, Jana devenue maîtresse de la nuit, Jana devenue femme de William, Jana la princesse, qui a tourné son regard plein de bienveillance sur une petite humaine insignifiante, jeune, sans importance. Qui au milieu du désaveu, de la foule des étrangers, a tendu la main, pour sauver cette servante humaine, qu'on arrachait sans remords telle une amarre à son paquebot, telle une épine à sa rose, tel un pétale à sa marguerite.

Une marguerite avec laquelle on joue, sans voir le mal qu'on lui fait. On lance des questions dans l'air, phrases qui se perdent dans le vent, on se demande beaucoup de choses, et on continue d'arracher un à un les lambeaux de la vie. Quelle réponse obtient-on à la fin de ce jeu cruel ? On entend alors un triomphal, un triste : "Pas du tout."

C'est la réponse à quelle question ? T'aime t-on Hannah ? Pas du tout. Si on t'aimait, on ne t'aurait pas vendue à Augustus. Si on t'aimait, on t'aurait défendue. Si on t'aimait, on ne t'aurait pas conduite à l'antichambre du palais, sans un mot gentil, sans un regard. Si on t'aimait, on ne t'aurait pas laissée quitter la Russie, on t'aurait gardée précieusement et fait épouser un homme travailleur et honnête, tu serais déjà trois fois enceinte, et tu vivrais une vie sans problèmes, loin des vampires et leurs vies malsaines. Tu n'aurais pas découvert la luxure, la passion du sang et du sexe, la dépravation de ces êtres inconscients du tort qu'ils causent aux personnes faibles et influençables.

C'est un de ces êtres-là que tu vas rencontrer ce soir. Pourtant, tu n'as pas peur. Il ne s'agit d'un autre vampire sans coeur et sans âme. Il s'agit de Jana. Une porte ouverte à des souvenirs communs, une grande bouffée d'air dans le bocal vicié de Glasgow. Tu te rends au Gold Spoon, là où ton ancienne amie t'a conviée. Tu espères beaucoup de ces retrouvailles. Tu espères te montrer digne de son attention. Tu crois qu'elle te donnera envie de vivre. Envie de continuer à se battre. Jana n'est pas ton ennemie.

***
Hannah poussa la porte du Gold Spoon, le coeur battant la chamade, mais avec un étrange sourire se dessinant sur ses lèvres. Elle se sentait excitée, elle avait peur que Jana ne soit pas venue finalement, qu'elle ait eu un empêchement. Elle regardait avec des yeux anxieux les serveurs la dépasser, terrifiée à l'idée d'entendre un "Mademoiselle, votre amie a laissé un mot pour vous...".

Mais non. Hannah aperçut Jana face à elle, au loin. Un serveur vint près d'elle pour l'inciter à se diriger vers la table. La gorge nouée, elle s'avança, doucement, soucieuse de ne pas la brusquer car Jana avait le regard perdu dans le lointain. Perdue dans ses pensées. Songeait-elle à elle ? A leurs souvenirs partagés en Russie ? Elle vint jusque devant sa chaise et s'adressa à elle, tandis que la princesse la remarquait enfin :

"Bonsoir Jana." Le serveur tira sa chaise et elle s'assit dignement. Elle avait mis une jolie robe sobre. Elle voulait se sentir humble et maîtresse d'elle-même.
"Merci de m'avoir invitée. Je..."
Le regard de Jana la transperçait de part en part. Hannah se sentait si intensément analysée qu'elle eut du mal à continuer.
"J'espérais cette rencontre depuis longtemps. Depuis que j'ai appris que Torben t'avait retrouvée en Ecosse."
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MessageSujet: Re: La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]   Sam 22 Sep - 22:31

« La famille que l'on a choisie. »



Hannah, si douce et délicate, si vulnérable. Aux allures de poupée de porcelaine fragile, se cachait une Badenov et j’étais persuadée que sous cette apparence frêle se cachait une diablesse endormie. Une personne prête à tout pour ses convictions. C’était là mon devoir ce soir : voir de quoi était capable mon ancienne belle-sœur, et amie me semblait-il. Les humains, j’étais censée en faire mon repas du soir mais Hannah, je ne pouvais pas. Elle était une blessure du passé, d’ailleurs ses premiers mots furent tourner pour Torben. En venant ici, même si j’espérais secrètement que ce ne fut pas le cas, je m’attendais à ce qu’on parle de lui. Il était surement le plus grand mystère et complexifié de ma vie. Aujourd’hui, plus que jamais, à son égard je restais mitiger. Je voyais en Hannah, une amie. Mais que cachait-elle, au fond d’elle, l’ancienne pomme de sang de William Sans Nom ? J’avais peur d’un acte de rébellion à mon égard, je voulais savoir ce qu’elle pensait réellement de moi. Pouvais-je lui accorder ma confiance ? Après-tout, elle était au service du Roi maintenant. Avait-il de meilleures choses à lui offrir ? Je voyais en Hannah, une alliée.
Et peut-être.
Non …
Si …
Une future dissidente. J’espérais au fond de moi la compter parmi nos rangs. Elle pourrait ainsi se rapprocher de William, mais moi ce que je voyais plus que tout c’était qu’elle serait une infiltrée, un caméléon avec un double visage comme moi. Espionne chez Augustus. Comme je l’étais chez les Royalistes. Après-tout, j’étais comme Hannah. Peut-être plus forte ? Nous n’avions pas vécues les mêmes choses aussi. De nombreux points communs nous liés, et nous enchainés. J’avais de l’ambition pour cette petite humaine dont je n’avais pas vraiment le souvenir. J’avais besoin de son côté aventurière et casse-cou. Il faudrait savoir jouer, et mentir au vu de son statut. Une question me brulait les lèvres serait-elle véritablement fidèle à William ? A moi ? Aux Dissidents ? J’avais prévenue Belle Angeline Renard de ma décision quelque peu hâtive de faire la connaissance d’Hannah. J’allais la jauger, je ne savais pas encore sur quel pied dansait et encore plus si elle suivrait ma danse.

    Hannah arriva et me sortit de ma rêverie. « Bonsoir Hannah. Tout le plaisir est pour moi, je suis contente que tu ai pu venir. » Je fixais Hannah, mais je remarquais que cela la gênait. Hum… Je détournais le regard un instant pour la laisser finir de parler. . « Je ne peux pas en dire autant. Pour ne rien te cacher, je n’ai aucuns souvenirs de notre passé commun, Hannah. Cependant, j’avoue que depuis que je sais qui tu es – un tête à tête s’imposait de lui-même. Comment vas-tu Hannah ? Ca se passe bien avec sa Majesté le Roi ? » Je marquais un arrêt, je m’inquiétais pour elle. Beaucoup. Elle avait l’air en forme quand même. Un peu gênée, et pas trop à sa place mais cela se comprenait. « Si tu as des questions sur ton frère, tu peux me les poser tu sais. Je ne sais pas si je pourrais te répondre, mais je ferais de mon mieux. Je suppose que beaucoup d’interrogations te brûlent les lèvres. » Qu’attendait-elle de cette entrevue ? Où on mettait les pieds toutes les deux ? J’avais du tellement lui faire du mal, malgré moi. On pouvait dire que le destin s’acharnait sur nous. « Oh euh, si tu veux boire quelque chose, n’hésites pas à passer commande. »


Je n’étais pas totalement rassurée dans le sens où, j’aurais certainement du mal à justifier mon rendez-vous avec Hannah. Et, sans savoir si je pouvais faire confiance à cette humaine, je devais être prudente et jouer un double voir même triple jeu. Face à mon passé, c’était dur de garder son calme et d’avoir l’esprit clair. Je me faisais des films imaginant mille et un scénarii de ma relation passée que j’avais eut avec elle. Qu’elle serait notre relation future ? Seul l’avenir nous le dira, cela se dessinait sur du papier sans que l’on contrôle quoi que ce soit.

Objet du destin, marionnettes désarticulées entre vos mains. Il faut toujours se méfier de l'eau qui dort...
Chapitre 1 ¤ Hannah Badenov
Début Novembre 2010.
Gold Spoon, Newtown.
Edimbourg.
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MessageSujet: Re: La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]   Ven 9 Nov - 0:24

La servante de William se sentait toujours mal à l'aise en la présence de Jana. Elle ne la connaissait pas tant que ça, au final. Et ses récentes expériences avec des vampires - aussi bien jeunes qu'âgés - n'avait pas contribué à adoucir ses a-priori. Augustus, Julien, Leslie, pour ne citer que les plus significatifs. L'empreinte de William à jamais gravée en elle, aussi indélébile qu'un stylo - *pour la belle métaphore je peux repasser* - cette marque ne s'en irait jamais. Hannah ne savait plus si elle était heureuse de vivre ainsi, enchaînée à un seul vampire en théorie, mais libre de coucher avec qui voulait d'elle. Non, pas avec qui elle voulait. Les désirs d'Hannah avaient longtemps été cantonnés à un seul être. La fidélité, une valeur primordiale, centrale dans le petit monde doré de servante humaine du prince Raybrandt. Quand il avait été déchu de son titre, tout avait volé en éclats et Hannah n'avait rien pu y faire. Une fois que son petit cocon douillet avait été brisé, on lui avait tout pris, on lui avait volé ... son innocence ou sa pureté ? Non, nous ne sommes pas dans un roman d'aventures, où l'héroïne se fait violer et où à la fin elle rencontre un homme bien intentionné à son égard. Dans l'histoire d'Hannah, y aura t-il un gentil garçon pour l'aimer telle qu'elle est ? Le prince amoureux réussira t-il à échapper aux griffes de la sorcière et à revenir la chercher ?

Pour l'instant, il n'y avait plus que le bourreau qui l'avait enfermée dans la chambre noire et qui voulait la manger toute crue. Et maintenant l'ancienne alliée revenait vers elle et Hannah se méfiait un peu. Elle tentait de contrôler ses émotions, une vague de sentiments contradictoires : d'un côté, elle ne demandait qu'à trouver une amie, de l'autre, elle hésitait à se livrer. Elle avait l'habitude de tout donner, et d'en souffrir d'autant plus. Que fallait-il faire ? Suivre son instinct et peut être souffrir, ou se rétracter et manquer une opportunité, une chance pour sortir de ce marasme sentimental ? Elle choisit la franchise. Dire ce qu'elle avait sur le coeur, tant pis si ça ne plaisait pas. Au moins, elle pourrait tout de suite déterminer dans quel camp se situait Jana. Alors elle parla du sujet qui brûlait dans son coeur : Torben. Il y avait les "pros Jouet de la reine" et les "anti".

Mais Jana lui avoua qu'elle ne se rappelait pas de leur passé commun. Hannah en éprouva de la tristesse, mais continuait d'espérer que plus elle lui parlerait de leur vie d'avant, plus Jana se souviendrait. Elle ne comprenait pas non plus les paroles de Jana : "Je sais qui tu es." *Qui suis-je ? La servante de William ? La servante de ton mari maintenant déchu ? Quelle influence ce lien a t-il sur nos relations ? C'est tellement compliqué* Hannah la laissa lui poser des questions, sur Augustus - elle y mit des gants d'ailleurs, "Sa Majesté le Roi", mais Hannah n'avait pas envie d'en parler. La jeune femme se contentait de regarder Jana de biais, d'attendre de comprendre ce qu'elle lui voulait. Elle restait sur la défensive, se contentant d'écouter. Jusqu'au moment où il devint évident que Jana attendait une réponse de sa part, anxieusement. Mais la seule chose qu'elle puisse dire, c'était - encore - une question sur Torben. L'homme au coeur de leurs vies :

"Tu ne te rappelles vraiment rien ? De nos balades le long de la Volga ? De nos batailles de boule de neige ? Tu étais d'abord mon amie, puis tu as rencontré Torben. J'en ai éprouvé de la jalousie au début, de te voir me "piquer" mon frère. Puis j'ai compris. Et nous avons formé un trio heureux."
Oh cette boule dans la gorge ! Hannah revivait tout en parlant ses moments lointains et joyeux. L'émotion la paralysa et elle se tut soudain, les larmes aux yeux.

"Je ne devrais pas... Je ne dois pas me laisser aller ainsi. J'ai assez souffert de mon manque de contrôle. Je dois maîtriser mes émotions. C'est ce que j'ai appris de mon entrevue avec ... Sa Majesté le Roi."
Hannah avait relevé la tête, farouchement : ne pas se laisser aller. Etre capable de la regarder dans les yeux. Mais ce qu'elle lut dans ceux de Jana, la fit baisser de nouveau la tête, incapable de soutenir son regard. Elle y lut... de la compréhension. Pire que ça. De la compassion.
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MessageSujet: Re: La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]   Lun 12 Nov - 14:03

« La famille que l'on a choisie. »



De la détresse voilà ce que traduisait tout chez Hannah. Une certaine méfiance régnait entre nous, c’était normal après-tout ce que nous avions vécu. La situation était comme bloquée, je décidais alors de prendre les choses et de me jetais à l’eau. C’était moi qui avait invité la belle humaine, je m’inquiétais – elle se retrouvait seule au monde, sans personne, la protection de William n’existait plus. Hannah n’avait aucune confiance en moi, et elle avait bien raison. Nous étions restées distantes l’une envers l’autre jusqu’à présent. Je voulais remédier à cela. J’avais brisé tous mes liens du passé avec Torben, j’aimerais évier que ça le fasse aussi avec Hannah. Elle se souvenait de moi comme une amie. Avais-je été un jour son ennemi ? Je ne pense pas. J’avais revendiqué « sa grade » lors de la réunion, nous étions liées par notre passé, nos affinités. Pas si différentes que ça, j’en étais certaine. Je savais qu’on pourrait faire des choses ensembles, j’en étais persuadée. Mes liens du passé étaient plus fort que jamais, je n’en avais quasiment aucuns souvenirs et ça renforçait ce désir de renouer avec celui-ci. Je l’appréciais Hannah, les deux-trois souvenirs qu’elle décrivit le montrer bien. Pourquoi en serait-ce autrement, aujourd’hui ? J’avais perdu mon mari, elle son frère. J’avais perdu mon second mari, elle son vampire. Un méli-mélo d’événements nous unissait. Le roi faisait mon apprentissage de vampire, et il était devenu son maitre. J’étais responsable à la Pomme du Diable, et elle serveuse là bas. Que fallait-il de plus ?

Recoller les morceaux, essayer de reprendre en s’accommodant des récents chamboulements. Je misais sur sa fidélité qu’elle portait à William, à jamais ils étaient liés. J’étais la Princesse Raybrandt, c’était pour cela que je prenais cette responsabilité. Si elle était fidèle à William, elle le serait envers moi. J’étais son issue de secours, il n’y avait que moi apte à l’aider à retrouver son vampire. Je lui rendais son vampire, mon mariage serait annulé à ma plus grande joie. Comment pouvait-elle être fidèle au roi ? Alors qu’il avait orchestré la déchéance de William ? Comme le roi m’avait dis « ce que vous voulez, vous pouvez le prendre. » Je voulais Hannah, non pas pour la contrôler. Elle serait libre. Non pas pour la traumatiser. Elle avait déjà suffisamment souffert. Tout simplement, pour avoir une nouvelle alliée. Ce monde était terrible, il fallait faire des alliances et Hannah me paraissait un choix judicieux. Tout m’attirait vers elle, après tout nous faisions partie de la même famille. Elle était mon amie et c’était dommage que tout explose en éclat encore une fois. Je voulais sauver les apparences, et donner l’espoir qui devait cruellement manquer à Hannah de réparer les choses. Je me sentais proche d’elle, la situation était bizarre mais je voyais en elle une dissidente. Elle suivrait William, non le roi.

    « Hannah, je vais être franche avec toi. Je m’inquiète pour toi, et te voir dans cet état ne fait qu’appuyer mon idée que tu es vulnérable dans l’état actuel des choses. Tu es à fleur de peau, et c’est compréhensible au vue des récents événements. Je risque peut-être ma vie, mais je doute qu’avoir le Roi comme maitre soit une bonne chose pour toi. Ce que je te propose, c’est d’officieusement travailler pour moi. Quelque chose au fond de moi me dit que je peux avoir confiance en toi. Là encore, tu m’as prouvée que nous étions amies il y a de cela plusieurs années. De toi, non, je regrette mais je n’ai pas de souvenirs. Le froid des boules de neige je ne sais même plus ce que c’est. Je te protégerais Hannah, William ne peut plus tenir ce rôle là. Torben est sous la coupe de la Reine, et voit comment il est devenu tu as bien vu lors de la réunion… Cette pensée m’horripile, je me sens coupable de son destin et je vivrais toute ma vie avec cette épée au dessus de ma tête. Je n’aimerais pas que tu tombes entre les mains du Roi et que la situation devienne désespérée. Je te donne un but pour avancer Hannah, je te donne une raison de vivre et peut-être plus ou moins une façon détournée de revoir ton vampire. »


Je m’arrêtais, ‘ton vampire’ hum… je ne savais même plus comment appelait William… J’avais une voix calme, posée, rassurante. J’appuyais sur certains mots, et certaines de mes phrases étaient fondamentales. J’étais honnête avec elle, elle était le dernier maillon connu de mon passé et je ne voulais pas tout gâcher.

    « Beaucoup de choses se trame autour de nous, des alliances se créent. J’aimerais te compter à mes côtés Hannah, j’ai autant besoin de toi que tu as besoin de moi. »


De nombreuses personnes travaillaient pour le roi et la reine, et je remarquais que personne n’était vraiment à MON service, sans détour. Moi aussi, je voulais des pions, des tours, des fous qui prendront le roi et la reine et feront échec et mat ! Je voulais être à égalité avec les uns et les autres dans cette bataille navale qui se profilait à l’horizon. Je savais sur qui je pouvais compter, et ces gens se comptaient sur les doigts d’une main. Hannah me paraissait seule contre tous désormais, et je lui tendais la main. A elle de voir si elle allait la saisir ou non.

    « Oh ! Cela va de soit que ma proposition est secrète. Le roi ne doit pas le savoir, s’il s’avérait que je me sois trompée sur toi et que tu l’en informes. Qui de nous deux il croira tu crois ? La servante d’un prince déchu qui veut se venger de la couronne royale ? Ou bien la princesse tout juste nommée princesse héritière et pour le moment blanche comme neige ? Certes, il se méfierait encore plus de moi mais on y perdrait toutes les deux, crois moi. »


J’assurais mes arrières, et mettais en grade Hannah sur un petit ton menaçant. L’idée ne me séduisait guère de peur de l’effrayer mais j’y étais obligée au vue des circonstances actuelles. Je n’avais pas eut la patience d’attendre et de gagner la confiance de la jeune femme. Je mettais carte sur table, dévoilais mon jeu à voir si j’étais mise au tapis ou pas. Toutes les cartes étaient entre les mains d’Hannah mais j’avais plus d’un tour dans mon sac au cas où, cette histoire tourne mal.

Tel un chat, toujours je retomberais sur mes pattes. Toujours.
Chapitre 1 ¤ Hannah Badenov
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MessageSujet: Re: La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]   Dim 16 Déc - 12:03

Autour d'elles, les discussions aux tables voisines allaient bon train. Hannah entendait des éclats de voix, des rires, des exclamations, un brouhaha continu qui montrait que la vie poursuivait son cours plus ou moins paisible. Restaient-ils des humains libres en Ecosse ? Des gens insoumis, attachés ou prisonniers d'aucune alliance, d'aucun pouvoir ou emprise ? Qui vivaient leur petite vie monotone, métro-boulot-dodo, sans imaginer une seule seconde qui pouvait se tramer à une table d'eux ? En existe-t-il seulement ? Tout le monde a appris la présence des vampires, leur cohabitation imposée, qui se fait bon gré, mal gré. Certains la combattaient comme jadis le frère d'Hannah parmi l'Eglise HCV, d'autres la vénéraient, et enfin la plupart se soumettait sans possiblité de s'échapper, comme la jeune femme elle-même. La seule façon de s'en libérer, était-ce d'en mourir ?

A leur table, la jeune femme paraissait coupée de cette vie pétillante : elle se sentait aussi morte que la vampire en face d'elle. Elle était venue à son rendez-vous, poussée par une force inexplicable. Peut-être allait-elle se réveiller ? Pouvoir d'une manière encore inconnue se libérer des chaînes qui l'entravaient ? Son entrevue avec Jana déjà lui faisait ressentir quelques émotions qu'elle croyait étéintes ou au moins endormies au fond de son coeur : les souvenirs qu'elle faisait ressurgir de leur passé commun par exemple, pour tenter de ranimer la femme en face d'elle, mais c'était peine perdue. Hannah baissait la tête, honteuse de cette émotion teintée de larmes qui l'empêchait de continuer, gênée du regard empli de compréhension, de compassion sans concessions qui peignait le visage de son interlocutrice. Elle n'était pas préparée à ce que Jana allait lui raconter. Elle n'avait pas vraiment réfléchi à ce que ressemblait la vie de la femme de William, maintenant que ce dernier avait perdu tous ces pouvoirs.

Son intuition était juste : Jana lui présentait une manière de sortir de sa condition misérable, de rejoindre le parti de Jana... mais quel était-il ? Que voulait-elle dire ? De quoi parlait-elle ? Hannah n'avait aucune idée de l'ampleur de la rebellion ; elle connaissait une partie des ambitions de William ; elle l'avait entendu se plaindre de la royauté actuelle et elle avait compris qu'il voulait renverser Augustus, impressionner sa mère adorée - sa future amante dans son rêve fou - et devenir sultan à la place du sultan. Mais elle ignorait tout des derniers projets de son prince et du réseau qu'il construisait pour arriver à ses fins. Même la voix calme de Jana ne pouvait empêcher son corps de frissonner d'excitation et de crainte mêlées... Et si on les écoutait ? Elle mourrait d'envie de balayer la pièce d'un regard affolé mais se retint à grand peine. Ce serait sottise d'agir ainsi ; elle les désignerait instantanémment comme des comploteuses. Elle faisait tous ses efforts pour ne pas quitter Jana des yeux, ne pas montrer son agitation. Mais sa respiration s'accélerait ; Jana ne pourrait manquer de s'en apercevoir.

Alors qu'elle tentait de se calmer, l'excitation retomba légèrement. "Des alliances se créent", fut le déclencheur d'une prise de conscience. *Ai-je envie de faire partie d'un complot contre la royauté ?* Car Hannah n'était pas assez idiote pour ne pas comprendre la teneur des propos de la princesse. *N'ai-je pas plutôt envie d'une vie paisible, composée essentiellement de mon travail comme serveuse, de pomme de sang la nuit, qu'on m'oublie et qu'on ne cherche pas à m'utiliser ? Ai-je vraiment besoin de Jana ?* Les doutes l'assaillirent ; la proposition de Jana comportait autant de risques que d'attraits. Il lui semblait que Jana n'accepterait pas de réponse hésitante ou reportée. *Je ne peux pas lui dire que j'y réfléchirais. Il lui faut une réponse nette, claire. Mais je ne sais pas ce que je veux. Est-ce vraiment possible de m'affranchir du Roi ? Il sait tout et devinera tout.*

Le ton calme de Jana devint menaçant. Elle couvrait ses arrières, en lui démontrant qu'Augustus ne la croira pas, elle, mais plutôt la princesse. Hannah comprenait l'attitude de Jana mais elle ne l'apprécia pas pour autant.

"Je suis désolée Jana. Il ne te reste rien de nos souvenirs communs ; moi, il ne me reste aucune foi ni volonté pour me sortir de cette situation et te suivre. Tu dis que le Roi te croira toi et pas moi ; moi je crois qu'il apprendra très vite ce que tu manigances contre lui. Pas de ma bouche, mais il a suffisamment d'agents pour désamorcer ta trahison."

Dans sa bouche, ces mots sonnaient comme un glas dans l'espoir que Jana pouvait avoir posé en Hannah. Ses mots pesaient sur la vampire, alourdis par sa propre trahison envers William. Elle avait trop souffert et n'espérait plus rien. Elle pensait qu'une attitude soumise la désengagerait de cette situation où tout le monde se méfiait d'elle. Ce n'était pas en rejoignant la rebellion qu'elle y arriverait !

"Je suis désolée encore une fois car je t'ai déçue. Tu pensais que je vous rejoindrais car je suis toujours dévouée à William. Mais cela fait longtemps que je ne mérite plus une telle faveur. Je suis souillée, salie, je n'ai plus le droit de participer à votre action car je risquerais de la compromettre. Je ne suis pas la mieux placée pour t'aider. Si tu m'impliques dans cette histoire, je vous ferais couler, volontairement ou non."

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MessageSujet: Re: La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]   Ven 18 Jan - 17:52

« La famille que l'on a choisie. »

    La réponse d’Hannah me surprit. J’étais assez mitigée sur ce qu’elle me disait mais le mal était fait. Elle était faible Hannah, je le voyais. Meurtrie par tous les événements, la perte de William et sa nouvelle situation devait terriblement l’affecter. « Ne pleure pas le passé, mais améliore le futur, Hannah. » lui dis-je pour la raisonner.


Je la voyais se renfermée sur elle-même. Elle me faisait de la peine. Je pris sa main entre la mienne pour la réconforter. Je la sentais affoler. Elle me semblait si fragile, une peluche à cajoler, un bijou dans un écrin cassé à protéger. J’étais très attachée à Hannah, et dire que c’était la première fois que j’avais un face à face avec elle. Désormais, j’étais sa patronne mais je voulais être bien que ça. Hannah était mon passé, et je voulais la compter comme une amie à l’avenir. Nous étions liées que nous le voulions ou non et même si, elle ne rentrait pas dans la dissidence je voulais la savoir à mes côtés. Enchainée à Augustus, certes… mais rien ne nous empêcherait de nous voir à la Pomme du Diable. Hannah avait des rêves d’humaines, dans l’état actuel des choses elle n’aurait jamais la vie paisible dont elle a toujours rêvé. Elle aurait eut un aperçu d’une vie calme, et paisible si Augustus avait accepté de me la céder. Je savais que ce que je lui proposais aller la chambouler mais je pensais à elle, à nous, à notre passé. Je n’appréciais pas vraiment la remarque d’Hannah ! A laquelle je ne répondais rien, si elle n’y croyait pas ne serait-ce qu’un peu ce n’était pas la peine. Je commençais à parler doucement, puis vers la fin je commençais à m’agacer.

    « Tu ne me déçois pas Hannah. Ne t’excuse pas, je suis déjà compromis en venant te faire une telle offre. Tu es libre de ton choix, cela ne changera pas la face du monde. Et ne pense pas que tu ne mérite pas une telle faveur ! Qui te rentre ces idées-là dans la tête ? Si je suis là, c’est que tu as ta place parmi nous et que bien sur que tu as le droit de participer juste ne serait-ce que pour rendre hommage à l’investissement qu’a mit William là-dedans. Moi aussi, je suis souillée et salie et pourtant, j’avance Hannah. Je continue. Je n’ai pas le choix après-tout. Après tu as raison, tu es exposée et il y a des risques de tout compromettre. Je te l’admets. Je comprends, si tu penses que c’est le mieux à faire et bien soit. Si tu souhaites revenir sur ta décision, tu sauras où me trouver mais si tu n’y crois pas ce n’est pas la peine. Je te demanderais ta discrétion à ce sujet. Et cela ne change rien au fait que j’aimerais te compter parmi mes amies, n’est-ce-pas Hannah ? »


Mon ton se relâcha sur cette dernière phrase. Hannah était dure à cerner, mais tant pis c’était une offre unique. J’étais là si elle avait besoin de moi à l’avenir, et ce serait tout. Elle voulait rester enfermer dans sa situation catastrophique et bien soit. C’était son choix. Moi aussi, j’allais me replier telle une tortue dans ma carapace néanmoins, j’avais fais l’effort d’essayer. Hannah baissait les armes, sans se battre. Que lui trouvait-il William ? Ce besoin de dominer quelqu’un surement. Elle était le genre de femme qui aurait du tout ignoré de notre existence, cela aurait mieux valu pour elle. Malgré nos avis divergents, je ne la laisserais pas tomber pour autant. Torben crachait sur sa sœur, je ne ferais pas la même chose. J’avais été quelque peu vexée par son refus. Ce n’était pas grave, elle n’était pas prête. Pas tout de suite. Pas maintenant. Elle n’avait pas encore bien du réaliser l’ampleur de la catastrophe. Je lui laisserais le temps qui lui faudra et si ce temps n’arrivait pas et bien tant pis. Je vivais sans elle jusqu’à présent, une partie de moi serait triste, et l’autre s’en remettrait. J’allais la quitter, on se reverrait bientôt à la Pomme du Diable de toute manière. Hannah était l’un de mes fantômes du passé et je ne comptais pas le laisser s’échapper de sa boite. Je voulais faire abstraction de notre situation, de notre nature et retrouver l’amie perdue que je n’avais plus. La confidente qui s’était perdue en chemin. Peut-être que le nœud de nos histoires se dénouerait tout seul. On pouvait espérer. Attendre. La patience est une vertu.

    « Hannah, tu m’excuseras mais je vais devoir te laisser. On ne sait jamais si les sbires du Roi nous surprenaient n’est-ce-pas ? Nous nous reverrons à la Pomme du Diable, oubliant cette histoire et agissant comme des collègues de travail, des amies de longue date.»


Chapitre 1 ¤ Hannah Badenov
Début Novembre 2010.
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MessageSujet: Re: La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]   Mar 22 Jan - 22:40

Mes paroles sonnaient la défaite de mon esprit, la désillusion de mon coeur et le désespoir tout entier qui m'étreignait la poitrine et m'empêchaient de respirer. Alors qu'une amie tendait vers moi une perche pour sortir du marécage dont lequel je m'étais embourbée, je la dédaignais, je repoussais son aide et ce faisant, j'allais m'enfoncer plus encore ! Mais j'avais tellement eu l'habitude qu'on me rejette car je n'agissais pas comme il fallait, que j'accumulais fautes sur fautes sans réussir à reprendre confiance en moi. Jana sentit ma détresse en prenant ma main ; son contact était doux mais ferme. Je sentais qu'elle me faisait confiance, qu'elle croyait en moi, au maigre pouvoir que je représentais. J'avais tellement failli aux yeux de tous que je ne parvenais plus à entrevoir mes capacités, mes possibilités de m'en sortir. J'étais comme engluée au fond d'une toile que tissaient soigneusement Augustus et Krystel pour m'éloigner toujours plus de William.

Il me manquait atrocement ; nous nous étions volontairement écartés l'un de l'autre pour éviter de rouvrir les plaies béantes dans nos coeurs mais ce faisant, nous perdions de vue l'essentiel : notre amour, qui je l'espérais, était plus fort que tout. J'avais commencé la conversation avec Jana en parlant de Torben, mais j'aurais pu - j'aurais dû - parler de son mari déchu. Sans m'en rendre compte, j'ai trahi une troisième fois William. Tout simplement en ne pensant pas à lui en face de sa femme.
La réponse de Jana, au départ compréhensive puis plus acerbe, me firent sortir de mes gonds rouillés. Pas dans le sens où je m'énervais contre elle, mais dans le sens où je haussais le ton, pour lui montrer que mon choix n'avait rien de facile. Non, je ne choisissais pas le repli !

"Ce n'est pas si simple que ça Jana. J'ai commis deux erreurs qui ont entraîné la chute de William. J'ai soutenu Torben contre William lors de votre mariage, puis j'ai fauté sans remords avec Augustus. Je ne me fais plus confiance. Comment le pourrais-tu alors ?" Ma question ouverte appelait une réponse ; je ne comprenais vraiment pas ce que Jana pouvait avoir envie de faire avec moi. Nous avions un passé commun, mais Jana ne s'en rappelait pas, et comme elle le disait si bien "ne pleure pas le passé, améliore le futur." Conseil avisé, mais comment le suivre ? En acceptant la place que m'offrait Jana ? En avais-je le droit ? Oserais-je alors que je m'étais moi-même cruellement déçue ?

"J'ai tellement peur de faillir encore à ma tache." avouais-je enfin en baissant la voix. Mon regard envahi de larmes se concentrait sur nos mains entrelacées. Je ne pouvais les empêcher de couler. Oui c'était ça, la peur m'empêchait d'avancer plus loin. Je ne m'autorisais pas à bouger car je pensais ne pas le mériter. Piètre image de moi-même. Mais alors que faisais-je ici ? Comment avais-je osé accepter l'invitation de Jana, au risque qu'on nous surveille ?

"Non, je ne peux pas, " affirmais-je finalement. "Tu vois, j'ai encore du mal à gérer mes émotions." ajoutais-je en relevant la tête pour qu'elle voit mes larmes, "je ne suis pas assez stable pour vous aider. Mais je ne parlerais à personne de ton projet, je te le jure. Je resterais une alliée inutilisable, mais discrète."

Jana décidait de prendre congé de moi. Si vite ! Si j'avais accepté et m'étais montrée digne, peut-être serait-elle restée plus longtemps. Mais je n'avais pas le droit d'entretenir un espoir de sa part concernant mon action, alors que je ne m'en sentais pas capable. Au moins j'avais été franche et j'espérais qu'elle comprenne la raison de ma décision.
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MessageSujet: Re: La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]   Sam 26 Jan - 23:47

« La famille que l'on a choisie. »

Vexée, je l’étais. Je ne m’avouais pas vaincue pour autant. Elle n’était pas prête, elle ne croyait pas en elle, en ses conséquences. Je rêvais d’une utopie, d’un idéal, d’un rêve perdu, d’une Atlantide engloutie. Plus tard. Je ne perdais pas espoir. C’était la première rencontre avec Hannah, j’étais un peu impressionnée. Oui, moi, toute jeune vampire plus forte qu’Hannah, amnésique à ne plus me souvenir de notre passé, impressionnée par cette petite humaine sans défense. Elle représentait mon passé, la seule à vouloir vraiment m’en parler. Après tout, Hannah avait perdu l’homme de sa vie et l’on pouvait dire la même que moi. Je ne doutais pas un seul instant, qu’un jour, Torben avait été l’homme de ma vie. Je ne pouvais pas aider Hannah, concernant William. Elle ne pouvait pas faire grand-chose non plus pour moi. J’attendais, peut-être que le nœud se démêlerait seul. Peut-être qu’un jour… bref, tout le monde espérait une vie meilleure. Hannah, la première.

    « Je ne suis pas toute blanche non plus. J’ai tout cassé, et j’ai écrasé les morceaux avec ton frère. » Je m’arrêtais, un instant. Ton frère… c’était la première fois que je disais une chose pareille tiens ! « Pour ne pas être piétinée ici, tu dois avoir confiance en toi. Tu fais des erreurs, ça arrive. Tu ne pouvais pas savoir. On apprend de nos erreurs, moi aussi j’en ai faites. J’en ramasse les pots cassés aujourd’hui. Je me rattraperais tôt ou tard, et toi aussi. Ne perds pas espoir. J’ai les mêmes peurs que toi, tu sais Hannah. Faillir à ma tâche. On se ressemble, je le vois, ça crève les yeux. On est différentes, mais dans un sens ce qu’on vit c’est la même chose mais seulement, pas à la même échelle. Tu es mon passé, et la seule encline à m’en parler. C’est surement moi qui ne suis pas prête à l’entendre. Ca viendra. » Elle se mit à pleurer, je fus quelque peu déstabilisée. Voir une personne pleurer… « Je t’ai brusquée. Nous verrons plus tard pour tout ça, ne t’en fais pas. Prends le temps d’y réfléchir. Je serais là si besoin, tu sais où me trouver. »


Je me levais de ma chaise, fit un pas pour contourner la table, et prit Hannah dans mes bras. C’était peut-être l’une des rares fois que je faisais une chose pareille. L’affection, je ne savais plus ce que c’était. Mais Hannah était en pleine détresse. J’avais tellement l’impression qu’elle n’avait personne ! Elle me jura de ne rien dire, j’y croyais à moitié, le roi avait des moyens mais j’avais confiance. J’étais peut-être son seul espoir dans ce monde, je ne pensais pas qu’Hannah soit assez bête pour ruiner son issue de secours en cas d’incendie. L’alliée inutilisable, le serait un jour. J’en étais persuadée. Je restais un moment ainsi, puis je lui fis face. Je souris à ses paroles. Je pris mon sac que je mis sur ma chaise, je payais la note.

    « Hannah ? Si un jour, tu as un problème n’hésite pas à m’appeler. On se reverra, si tu le veux bien. On a encore beaucoup de choses à se dire, j’en suis convaincue. Moi, j’aimerais parler du passé. » Je me recoiffais rapidement, je regardais les clients du Gold Spoon. Je ne m’attendais pas à un tel refus de la part d’Hannah, j’aurais du la jauger avant de lui proposer. C’était chose faite. Je saurais me faire patiente.


On se reverrait plus tard, quand la pilule serait passée. Là, le souvenir de cette discussion allait gâcher le reste de la soirée. J’étais gentille avec Hannah, je n’avais pas de raison de lui en vouloir ou d’être méchante, ou désagréable – je la comprenais. C’était un gros risque pour elle. Ce serait moi, l’espionne chez les royalistes.

On se reverrait sous un meilleur jour. On parlerait d’autre chose. Et on oublierait tout ça. Nos destins étaient encore destinés à se croiser de toute manière. Je la reverrais plus vite que je le pensais. On se verrait hors de la politique des vampires. On se verrait comme deux anciennes amies qui se retrouvent. De toute manière, nous nous verrions à la Pomme du Diable.

Je perdais un pion. Mais tant pis.
Nouvelle stratégie.
Nouveau stratagème.
En garde.

Chapitre 1 ¤ Hannah Badenov
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MessageSujet: Re: La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]   Mer 13 Fév - 11:48

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MessageSujet: Re: La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]   

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La famille que l'on a choisie [Livre 1 - Terminé]
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