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Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyMer 30 Mai - 17:16

La pâle lumière émise par la lune perçait aux travers des rideaux épais du bureau d'Evey.
S'essuyant les commissures de la bouche du bout des doigts elle affichait un air satisfait. Tommy, son servant humain quitta la pièce, une main appuyée sur son cou, la mine visiblement affaiblie. La vampire porta ses doigts à sa bouche et suçota le sang qui y était déposé.
Evey murmura d'une voix délestée de toute tension:


"Merci Tommy. J'affectionne nos délicieux cinq à sept..."

Lui éclata d'un rire clair mais sonore avant de claquer la porte derrière lui.
Seule, la vampire s'enfonça dans son fauteuil de cuir et posa les pieds sur son imposant bureau. En riant elle reboutonna son chemisier ivoire taché de sang frais.
Ses yeux se posèrent soudain sur le journal du jour qu'elle saisit d'une main agile avant de le déplier et de parcourir les gros titres.
Cela distrayait beaucoup Evey de lire l'histoire de ces anonymes qui souffraient et mourraient sous les crocs de ses frères. Un sourire carnassier se dessinait sur ses lèvres tandis qu'elle se délectait des détails d'un article qui décrivait le massacre d'une famille humaine en banlieue de Glasgow. Le coupable avait séquestrer la famille dans leur propre cave avant de les torturer puis de les massacrer un par un. Les voisins ne se rendirent compte de leur disparition que lorsque l'odeur de leurs corps en putréfaction ne commença à les déranger.
Aux yeux de la belle vampire, la différence entre humains et vampires résidaient là. Pour elle, les vampires se souciaient les uns des autres et malgré des lois rigides, leur solidarité était à toute épreuve, alors que les humains étaient fondamentalement individualistes.
Rassasiée par cette histoire morbide, Evey détourna les yeux du journal et les posa sur ce tableau, accroché au dessus de la desserte, en face de son bureau. Bacon. Elle était folle de Francis Bacon et de ses œuvres torturées, déchirées. La rougeur sanguine des carcasses fraîchement ouvertes, la mort en action; tout cela l'émoustillait. A dire vrai , elle ne comprenait pas vraiment les subtilités des coups de pinceaux de l'artiste mais était une grande admiratrice des belles choses.
Trois coups furent frappés à la porte et la voix de Tommy annonça qu'un visiteur attendait dans l'entrée. Evey n'attendait pas de visite. Bien qu'elle détestait l'imprévu, elle s'ennuyait et accepta donc de recevoir l'inconnu. Après tout peut-être que d'importantes affaires l'amenait là.


"Dans cinq minutes."

Elle quitta la pièce faisant claquer les talons de ses escarpins sur le parquet massif. Elle se rendit dans sa chambre et face au psyché planté à côté de son dressing, se dévêtit. Elle observa avec admiration ses courbes inchangées depuis des siècles et se félicita d'être une vampire à la beauté éternelle. Elle enfila rapidement un tailleur cintré bleu nuit puis chaussa de nouveau ses escarpins.
Avant de retourner à son bureau elle jeta un dernier coup d'œil à son reflet l'air satisfait.

De retour dans son bureau, elle s'assit dans son fauteuil et posa les avants-bras sur les accoudoirs. Elle avait la manie de griffer de ses ongles l'extrémité de ces accoudoirs, témoins de ses humeurs, si bien qu'ils étaient parsemés de cicatrices, tantôt superficielles, tantôt profondes...
Quelque chose manquait afin que l'ambiance soit parfaite pour accueillir un visiteur. Elle se dirigea donc d'un pas félin vers le tourne disque faisant alors s'exclamer Billy Holiday. Voilà qui était mieux. La mise en scène, rien de telle pour imposer les bases de sa propre domination. Elle avait appris cela des nombreux dictateurs qui avaient foulés la terre et d'autres encore vivants.


"Qu'il entre!"

Ordonna-t-elle d'une voix stridente.
Evey ne savait pas encore qui venait ainsi lui rendre visite mais l'ennui l'a poussait à trépigner d'impatience. La curiosité la piquait et une nouvelle rencontre la distrairait sans doute.
Soudain, la poignée tourna et la porte s'ouvrit pour laisser apparaître Tommy qui introduisit l'inconnu l'air solennel mais le regard amusé. Du sang coulait encore un peu de la plaie dans son cou.

"Entrez." Dit-il.


Dernière édition par Evey McIntyre le Dim 10 Juin - 15:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyLun 4 Juin - 23:23

    La Reine m'avait demandé d'être son messager, messager j'étais donc devenu. Je n'avais pas la vitesse des vampires, mais j'avais accès à tout le luxe et à tout le faste de la royauté, de par mon lien privilégié avec la Reine de la nuit. J'étais donc venu en voiture, en limousine comme l'avait exigé Sa Majesté, parce que toutes les rencontres officielles devaient être l'occasion de rappeler à tous la richesse et la puissance de la lignée royale des nocturnes rouges. Je trouvais ce mode de locomotion outrancier et assez outrageusement décoratif, sans compter qu'on perdait en vitesse, en maniabilité et en polyvalence. Mon esprit froidement calculateur reconnaissait l'intérêt symbolique de tels déplacements, bien que les aspects pratiques en pâtissaient assez clairement. En cas de problème, impossible de se sortir d'un guêpier. Le seul avantage restait dans tous les aménagements maison, comme les cavités de contrebande sous les sièges, protégeaient par la carosserie doublée de plomb. J'y avais toujours une arme de planquée avec des munitions de deux types. Les chargeurs étaient tous identiques, et alternaient une balle chemisée métal et une chemisée argent, de quoi me farcir efficacement vampires et humains sans trop de problèmes. Ce soir, je serais armé. De deux manière différentes. De trois, même.


    Depuis ces derniers mois où j'étais entré au service de la Reine, je me traînais une funeste réputation dans le monde de la nuit. Il se murmurait que j'exécutais tous ceux qui déplaisaient aux dirigeants de cet univers fantasque. C'était vrai. Et on me craignait pour toutes les rumeurs de carnage qui couraient sur mon dos. Armé, je l'étais également par mon statut. Pomme de sang de Sa Majesté, et aussi son bras droit humain. Rien que cela me permettrait de survivre en presque tout occasion, puisque quiconque m'attaquerait saurait que Krystel leur tomberait dessus avec une armée de ses sbires pour se venger de l'affront personnel qui lui aurait été fait. Bien entendu, ce point là pouvait jouer en ma défaveur, à l'occasion. Et enfin, j'étais armé également au sens littéral. Je sortais mon flingue de sa planque, je l'armais tout en laissant le cran de sécurité. Depuis que la HCV avait de nouveau attenté à ma vie, ma Reine avait tenu à ce que je puisse assumer moi même ma propre sécurité. Je laissais Richard, lui demandant de se garer non loin d'ici, et lui assurant que je serais de retour avant le lever du jour, et que si ce n'était pas le cas, qu'il appelle les services de sécurité royaux. Non pas que je ne nourrissais aucune confiance envers la vampire que je m'apprétais à visiter, c'était plutôt que dans ce monde froid et mortel, je ne ressentais aucune espèce de confiance envers qui que ce soit. J'avais intégré depuis longtemps que Dieu se fichait de mon destin, et que tout le monde pouvait potentiellement en avoir après ma peau.


    Je prenais finalement les escaliers. Question d'habitude, je me méfiais des ascenseurs. Trop facile pour une embuscade, un enlèvement ou autres. J'avais récemment trop utilisé ce moyen sûr et rapide pour abattre une cible qu'on m'avait désigné, qu'il s'agisse de vampires renégats. Je toquais finalement à la porte. Un humain m'ouvrit, je l'identifiais immédiatement comme tel. A son odeur, à son regard, à sa posture, et à son air affaibli. Un esclave sexuel. Une pomme de sang au sens littéral. Quelque chose que je n'étais pas vraiment finalement, puisqu'il était fort rare que Krystel ne se serve ou de mon corps ou de mon sang. Sauf pour tuer ses ennemis et la représenter, bien entendu. On me fit part qu'il fallait que j'attende cinq minutes. J'hochais la tête en signe d'acquiescement. J'étais patient, attendre n'était pas un problème. Je restais immobile et silencieux. Je me disais que vu l'état de l'humain, la shérif devait probablement être en train de se ré-arranger. Cela ne me posait aucun souci. Si on s'en tenait à la logique vampirique, j'étais un invité de marque. On me fit enfin signe d'entrée, et le rouquin me laissa le passage. Je ne lui adressais la parole ni ne le remerciais. Ma Reine aurait été déçue que je montre autre chose que de la condescendance face aux inférieurs qu'elle m'avait fabriqué en m'élevant à son service. Je m'avançais dans la pièce. Une chanson dont je connaissais l'air retentissait dans la pièce. Je savais rien qu'au décors où je me trouvais, mais cela ne m'impressionnait pas. Je vivais avec Leurs Majestés depuis un moment, maintenant. Je tenais cependant à ne pas trop chambouler les habitudes de la maîtresse de maison, vampire dont je soutenais le regard. Immédiatement, je l'identifiais à un félin. Douce, mais dangereuse. Elle semblait me regarder avec une certaine curiosité.



    | Shérif Mc Intyre, je me présente. Torben Badenov, au service personnel de Sa Majesté la Reine de la Nuit. Je viens vous présenter ses félicitations pour votre promotion au rang de shérif unique de votre district, et aussi pour vous signifier les tenants et les aboutissants de votre nomination. |


    Je regardais le siège, puis de nouveau son propre regard, mon visage emprunt d'une politesse de façade Je ne m'étais après tout pas excusé du dérangement, les prérogatives royales avaient après tout préséance sur tout le reste..


    | Puis je? |

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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyJeu 7 Juin - 15:08

All of me, why not take all of me... Billie Holiday entamait le deuxième refrain de sa célèbre chanson. Ses miaulements lancinants mêlés à la mélodie envahissaient la pièce et la plongeait dans une ambiance apaisée. Sans s'en rendre compte, Evey lui fit office de choriste. Bien qu'amatrice de musique, elle n'était pas vraiment douée en chant et ne fit que massacrer ce grand classique.

Silencieusement et sous le regard de la Shérif, l'inconnu pénétra dans la pièce et la traversa pour finalement se placer face au bureau derrière lequel elle était assise. Son parfum, typiquement humain, envahit ses narines.
Malgré elle, elle l'observa d'un regard inquisiteur. D'innombrables questions l'envahirent. Elles ne restèrent pas longtemps sans réponses. Le visiteur inconnu s'exclama d'un ton solennel:


"Shérif Mc Intyre, je me présente. Torben Badenov, au service personnel de Sa Majesté la Reine de la Nuit. Je viens vous présenter ses félicitations pour votre promotion au rang de shérif unique de votre district, et aussi pour vous signifier les tenants et les aboutissants de votre nomination."

Les yeux écarquillés, elle hocha la tête et se plongea dans le regard sombre de Torben. Elle comprenait très bien pourquoi Krystel avait choisi de le compter dans ses rangs. Il était charmant, sûr de lui et à n'en pas douter, un amant exceptionnel. Evey fut autant séduite qu'irritée.
En effet, il demeurait stoïque face au faste des lieux et à ses sauvages attraits.


"Puis-je?" Lâcha-t-il.

Un sourire carnassier sur les lèvres, Evey désigna d'un geste de la main le siège en velours qui trônait devant le bureau.

"Je vous en prie Monsieur Badenov, asseyez vous. Du scotch?"

Sans même prêter attention à sa réponse elle se leva et se dirigea vers un guéridon placé entre la fenêtre et un vieux fauteuil club. D'un geste expert et tout en chantonnant elle saisit la carafe qui y était posée et en versa le contenu ambré et odorant dans un verre qu'elle finit par tendre à son invité. Elle profita de cette proximité pour clamer d'une voix chaude, profonde, presque gutturale:

"Je suis navré d'être une si piètre hôtesse, je n'attendais pas de visite. Quoi qu'il en soit vous transmettrez à sa Majesté la Reine, mon infinie reconnaissance ainsi que mon dévouement le plus total. Ma motivation n'est pas émoussée, au contraire, et mon désir de servir leurs Majestés n'a jamais été aussi ardent."

Elle ponctua son discours, pour le moins protocolaire, d'œillades agacées, ne pouvant réprimer son profond dégoût pour les choses trop officielles qui l'obligeaient à ramper. Elle se délectait de ce comportement qu'elle adoptait souvent: suivre le protocole tout en étant exécrable.

En attendant une réplique de Torben, elle le toisa se disant qu'elle ne refuserait pas de goûter à son sang. Il devait avoir une saveur particulièrement appréciable étant donner la place qu'il occupait auprès de la Reine.
Elle s'imaginait déjà le liquide chaud et épais coulant dans sa gorge. Sans doute avait-il un goût cuivré. Bien qu'elle venait de s'abreuver du sang de Tommy, une soif intense s'empara d'elle. N'étant pas amatrice de True Blood, elle décida d'attendre le départ de Torben afin de céder enfin à ses plus bas instincts.


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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyJeu 7 Juin - 23:03

    Je me rendais de plus en plus compte du type de personne que j'avais en face de moi. L'observation n'avait jamais été mon point fort, dans le sens où j'étais auparavant bien plus porté sur la témérité et l'impulsivité que sur la réflexion. Mais aujourd'hui, tout cela était terminé. Je savais quoi regarder, quand le regarder, et quelles conclusions en tirer. D'une certaine manière, je connaissais énormément les vampires. Je les connaissais mieux que la plupart d'entre eux ne se connaissaient, en grande partie parce que j'étais pour beaucoup d'entre eux leur bourreau, le dernier visage qu'ils emportaient de ce monde. Quand je leur laissais voir mon visage. Parfois, je me plaisais à penser ironiquement que je connaissais mieux cette espèce que la mienne. J'avais tué des humains, bien sûr, mais j'avais surtout vécu parmi eux, j'en avais épousé une. Jusqu'à ce que le jour lumineux ne laisse définitivement place à la nuit la plus sombre. Ensuite, les vampires étaient devenus mon quotidien. J'avais commencé par les traquer, par me venger, puis par me laisser guider par des envies de carnage aveugle. Jusqu'à ce que mon parcours erratique ne finisse par m'amener devant Elle, la Reine, et que je me rende compte que ma soit disant expertise et mes talents dans le domaine de la croisade anti-vampires n'étaient jamais qu'un leurre, qu'une façade. Mon talent réel se situe bien au delà de ce genre de vendetta personnelle, qui n'aurait pour conséquence logique que la fin de mon existence de la manière la plus brutale et la plus solitaire qui soit. Tout ça pour dire que je connaissais les vampires, je les connaissais même de la manière la plus intime qui soit, puisque j'avais partagé (et provoqué) les derniers instants de nombreux représentants de cette espèce. Je savais reconnaître les plus bestiaux des autres, je savais les jauger. Evey Mc Intyre était dangereuse, je le voyais dans son regard. Un regard de prédateur, sans foi ni loi. Je ne me sentais ni en danger ni en passe d'être agressé ; elle savait fatalement quel funeste destin l'attendrait en cas d'atteinte à ma personne alors que je représentais sa suzeraine.


    Manifestement, je la dérangeais, alors qu'en même temps j'observais dans son regard le même genre de curiosité morbide que lorsqu'un chat observait un oiseau. Genre, je t'observe, tu me passionnes, bientôt je vais te dévorer petite chose. Je ne me laissais pas démonter. Je savais que chez les vampires bien plus que chez les humains, les apparences étaient encore plus importantes. Elle ne me faisait pas peur, tout simplement parce que j'étais persuadé d'avoir déjà rencontré bien pire qu'une espèce de chatte à crocs. Du genre à faire des caprices, à aimer arracher les ailes d'une mouche, mais pas à s'en prendre à quelqu'un qui pouvait potentiellement la tuer. Je savais que je péchais sans doute par excès de confiance, mais qu'y pouvais je ? J'hochais la tête d'un air poli à la proposition qu'on me fit de me servir un verre de scotch, alors que je prenais place dans un siège, tout plein de confiance comme je l'étais. Je vis la vampire faire le service elle même, pour venir ensuite me déblatérer l'ensemble de politesses qu'on attendait sans doute d'elle de par sa position. J'étais jaugé de son regard. Soutenant ce dernier sans ciller, je portais finalement le verre à mes lèvres pour en engloutir une petite gorgée.



    | Merci, pour le verre. |


    Je tournais un regard vers l'humain, qui ne nous quittait pas. Je ne savais pas pourquoi, je n'avais aucune confiance en lui. Je reportais ensuite mon attention sur Evey.


    | Vous devriez vous asseoir vous aussi, shérif. Je ne suis pas de ceux qui sont intimidées, ou par la présence d'un nocturne rouge, ou par la proximité aussi sensuelle d'une femme superbe. Ce que j'ai à vous dire est sérieux ; il en émane directement de la Reine elle même. |



Je reposais mon verre.


| Au diable les politesses de rigueur. Nous savons tous les deux que vous briguiez une place plus importante que celle d'unique shérif de ce district. Le Roi et la Reine continuent malgré tout de nourrir des ambitions plus importantes à votre sujet. Le fait que l'ex shérif Guillemaud vout soit passé devant n'est pas anodin. Il a fait preuve de son extrême... loyauté. Et vous, Mlle Mc Intyre, comment comptes vous prouver votre loyauté à vos chefs? | lui demandais je[/justify][/list]

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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyDim 10 Juin - 15:26

Décidément, cet homme avait du cran. Il soutenait le regard lourd de sous-entendus d'Evey sans sourciller. La sous-estimait-il? Voulait-il en finir? Finalement, il but une gorgée de scotch avant de dire:

"Merci, pour le verre."

Alors qu'il observait Tommy qui demeurait à sa place, silencieux, Evey attendit qu'il reprenne la parole.
D'un mouvement sec de la main elle ordonna à Tommy de quitter la pièce.
Ses doutes concernant les réelles causes de cette visite s'intensifiaient.
Il finit par lâcher d'une voix presque autoritaire:


"Vous devriez vous asseoir vous aussi, shérif. Je ne suis pas de ceux qui sont intimidées, ou par la présence d'un nocturne rouge, ou par la proximité aussi sensuelle d'une femme superbe. Ce que j'ai à vous dire est sérieux; il en émane directement de la Reine elle même."


La tirade de Torben avait fait son effet. Malgré le compliment, qu'il avait glissé discrètement dans sa phrase, il avait toucher un point sensible. Evey était outrée, vexée et énervée. Elle fut tentée de répondre en hurlant ou même par la violence mais la raison la dissuada d'en arriver à de telles extrémités.
Recevoir des ordres d'un supérieur n'était pas quelque chose d'agréable pour la vampire. Mais lorsqu'un humain, quel qu'il soit, lui intimait de s'asseoir, chez elle... Cela en était trop!
Certes, il parlait au nom de la Reine mais ses mots, additionnés à son comportement constituaient une provocation pure qu'elle avait du mal à encaisser.
Elle décida finalement de s'asseoir nonchalamment, les jambes croisées, sur le bord du bureau.


Il enchaîna après avoir reposer son verre comme pour instaurer une pause de silence afin de signifier que ce qu'il avait à dire était d'une importance capitale:

"Au diable les politesses de rigueur. Nous savons tous les deux que vous briguez une place plus importante que celle d'unique shérif de ce district. Le Roi et la Reine continuent malgré tout de nourrir des ambitions plus importantes à votre sujet. Le fait que l'ex shérif Guillemaud vous soit passé devant n'est pas anodin. Il a fait preuve de son extrême... loyauté. Et vous, Mlle McIntyre, comment comptes vous prouver votre loyauté à vos chefs?"


S'il fallait vraiment mettre de côté les politesses de rigueur, elle l'aurait attaquer sans hésitation! Mais encore une fois, elle fit taire sa rage et afficha un sourire de façade.
Torben dénonçait son ambition et contestait sa loyauté. Il avait vraiment des couilles!

Après s'être levée et d'une voix monocorde, la belle vampire répondit tout en fixant l'homme:


"Cher Monsieur, certes, je suis ambitieuse, mais cela fait-il de moi une criminelle? Je ne le crois pas. Je cherche tout simplement à servir aux mieux la cause de leurs Majestés en connaissance de mes qualités et capacités. Quant à ma loyauté, je vous assure qu'elle est sans faille et que je la prouve au quotidien. Je fait mon travail et je le fait bien. Je respecte les lois et n'ai jamais eu ne serait-ce que le désir d'insulter leurs Majestés, que ce soit par mes mots ou par mes actes."


Evey déformait la vérité. Mais elle ne pouvait pas avouer à cet humain qu'elle visait la couronne ou même qu'elle commettait de graves fautes d'éthiques. Il l'aurait immédiatement mentionner à la Reine et sa sentence ne ce serait pas fait attendre très longtemps.

Elle fixait toujours Torben et plongea son regard dans le siens pour lui démontrer que ce qu'elle avançait n'était que la pure vérité. Si cet échange était une partie de poker alors on pouvait dire que les deux participants bluffaient effrontément.

Evey tourna autour de son bureau tel un charognard autour d'une quelconque carcasse en putréfaction. Finalement, elle s'assit élégamment dans son fauteuil et en griffa les accoudoirs, signant ainsi de ses ongles de larges et profonds sillons.
La tête haute, l'air méprisant elle reprit la parole:


"Y a-t-il quelque chose d'autre que je puisse faire pour vous?"

Les mots étaient sortis poliment mais sonnaient comme un défit qu'elle lançait à l'humain. Elle voulait qu'elle comprenne que même s'il se doutait qu'effectivement elle briguait l'ultime place dans la hiérarchie vampirique, il n'avait rien contre elle dans les faits. Il ne pouvait pas lui porter préjudice.
En attendant une réponse de sa part, elle clama:


"Tommy!"

Immédiatement, les pas du jeune homme se firent entendre dans le couloir. Il frappa deux coups à la porte et entra sans même attendre une confirmation d'Evey qui avait reposer son regard glacial sur Torben, comme pour lui dire qu'il était temps pour lui de partir.
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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyMer 13 Juin - 18:57

    J'étais quelque peu amusé par la situation. Pas beaucoup, puisque plus grand chose ne semblait capable de me dérider, mais tout de même. Il fallait bien avouer que je ressentais désormais l'existence comme un devoir envers ma Reine, et que seule la mort mettait fin au devoir. Dans cette optique, on n'avait clairement pas le temps pour s'amuser ou pour plaisanter. Je devais cependant préciser que ce qui m'amusait ici, en tout cas un petit peu, c'était la réaction de la shérif que j'étais venu visiter. Celle ci ne s'était pas faite prier pour réagir. En fait, elle cachait admirablement bien ses réactions, il me semblait que c'était quelque chose qui marchait plutôt bien dans son cas. Cependant, son regard lui, trahissait la moindre de ses humeurs. Et elle semblait outrageusement en colère suite à ma façon de lui parler ou de me comporter dans sa propre demeure. Assurément, je ne faisais pas dans la dentelle. C'était un fait. Je savais comment se comportaient les vampires, ils étaient peut être encore plus prévisibles que les humains, et c'était une vraie délectation que de se mouvoir parmi eux. Je savais comment provoquer telle ou telle réaction. L'avantage peut être, de connaître chacun de leurs points faibles pour en avoir massacré un nombre assez conséquent. Je manoeuvrais la shérif sans la moindre vergogne. Je représentais sa Reine, donc j'étais intouchable, et je la poussais dans ses retranchements pour savoir jusqu'où elle pouvait aller. La Reine avait après tout besoin d'une très grande fiabilité dans le moindre de ses subordonnés, pas vrai ? Alors, je jouais mon rôle aussi bien que possible, me parant cette fois ci du masque de l'humain présomptueux, mais je laissais pourtant transparaître un rien de menace dans la confiance que j'exsudais, histoire tout de même de lui faire comprendre que mon aplomb n'était pas faim, et n'était pas plus feint et sans raison que le reste. J'attendais qu'elle vienne se rasseoir, mais à ma surprise elle le fit sur le bord du bureau, croisant ses jambes. Elle était aussi sexy qu'aurait pu l'être une prédatrice féline. Elle me sourit, mais ce sourire était assez étrangement inquiétant. Elle me parla ensuite de ses intentions, et je devais applaudir son talent politique.


    | Ce que vous dites ravira leurs majestés. Vous les connaissez depuis plus longtemps que moi, vous savez à quel point ils sont sensibles aux serviteurs qui leur sont loyaux... Tout comme ils surveillent ceux qui ont la loyauté qui chancelle. J'espère que vous continuerez de faire de l'excellent travail ici, à ce nouveau poste, shérif Mc Intyre. Si vous êtes ambitieuse, je n'ai pas besoin de vous rappeler ce qu'il vous attend si vous continuez de satisfaire leurs majestés. Après tout, votre ancien rival et co-shérif Guillemaud a bien été récompensé, pourquoi pas vous aussi, à l'avenir ? Je suis certain que le mauvais exemple du Prince William ne vous influencera pas. Je peux donc dès à présent satisfaire la Reine qui m'envoie en ce qui vous concerne, il semble entendu que vous n'avez que des intentions honnêtes. |


    Ce que je disais, tout comme ce que je ne disais pas, était après tout assez éloquent. Je la menaçais implicitement quant à tout écart de conduite, à subir elle aussi le sort de William si elle ne se montrait pas à la hauteur de la confiance du Roi et de la Reine, tout comme je la confirmais dans ses désirs d'ascension. Si elle avait compris tout ce que j'avais dû lui dire, elle avait saisit qu'elle gagnerait bien plus à faire son travail comme ses supérieurs entendaient qu'elle le fasse, tout comme elle devait avoir une image très nette de ce qui l'attendait si elle choisissait la voie des petits raccourcis, comme ceux qu'avaient pu prendre William dans sa quête du pouvoir absolu. Et encore, lui avait eu de la chance, puisqu'il était à l'origine issu de la lignée royale, ce qui n'était pas le cas du shérif Mc Intyre. D'ailleurs, celle ci vint se rasseoir à son siège, et je remarquais du coin de l'oeil qu'elle en griffait l'accoudoir. La suite de la discussion m'étonna ; avait elle vraiment le front de vouloir me faire sortir de chez elle aussi rapidement ? J'avais l'impression d'halluciner, là. Elle était sensée me respecter, puisque possession de la Reine, j'étais d'un statut protégé et hautement symbolique. Me mettre maintenant à la porte était lourd de sens. Je me sentais ragaillardi par le défi qui m'étais implicitement lancé.


    | Ne soyez pas si pressée de me voir partir... Ma présence ici vous déplairait elle ? Dites moi ce qui ne va pas, et peut être pourrais je l'arranger... A moins que vous ayez besoin d'intimité avec votre humain ? Je suis sûr qu'une conversation ensemble peut être autant... Enrichissante... Vous ne croyez pas? |

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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyMer 13 Juin - 23:04

Evey affichait un air ravi. Son habile tirade l'avait sortie d'un mauvais pas. Elle commençait à avoir l'habitude de s'extirper des problèmes qu'elle semblait attirer. Consciente tout de même que Torben ne devait pas être dupe de ses plus profondes ambitions, elle décida de demeurer silencieuse un long moment.
Lui, brisa le silence par des paroles aussi mesquines que mal-placées.
Pour toute réponse, Evey sourit franchement bien qu'un air vexé commençait à apparaître sur son visage.
Encore une fois, il la provoquait. Mais elle décida de ne pas tomber dans son piège et de jouer la carte de la diplomatie. D'une voix douce et érotiquement chargée, elle susurra:


"A vrai dire Monsieur Badenov, la soif me torture et j'avoue préférer ne pas me satisfaire devant vous. Ce serait presque obscène."


Elle lâcha ce dernier mot comme elle aurait lâcher un râle concluant un rapport intime.


"Malgré tout, je ne suis pas pressée au point de vous forcer de prendre congé. Aussi, laisser moi vous resservir un verre."


D'un bond elle se leva de son siège et s'empara du verre vide de Torben afin de le remplir. D'un geste rapide, elle approcha le verre de son nez afin de se délecter de l'odeur enivrante du scotch. Ô combien, elle aimerait en boire, s'enivrer...
Elle tendit le verre à son invité et lui adressa un sourire satisfait avant de se rasseoir.


"Vous parliez de joindre Tommy à notre discution?"

Dit-elle, sur un air de défit.

Tommy, qui attendait prêt de la porte était rester immobile et silencieux dans son costume gris. Il ne savait que trop bien qu'elle place occuper dans la vie de Evey. Lorsqu'elle avait de la visite, elle préférait ne pas afficher leur complicité et feindre une relation classique de patronne et de serviteur. Pourtant, cette fois-ci, elle décida de faire une exception, pensant que cela serait distrayant.


"Approche Tommy, assieds toi."

Ce dernier s'approcha, l'air surpris, la mine déconfite. Il s'assit prudemment dans le siège posé aux côtés de celui de Torben. L'odeur de l'eau de toilette du serviteur parvint jusqu'aux narines de la vampire qui tressaillit de désir. Pourtant, elle descella une autre odeur, une odeur familière mais qui n'avait rien à faire ici. Celle d'une femme... Evey ne put réprimer un regard réprobateur qu'elle lança à Tommy. La tête baissée, celui-ci semblait vouloir fuir la pièce. Il savait pertinemment qu'il ne pouvait rien lui cacher.
La shérif se reprit, elle poserait ses questions plus tard. Elle déclara:

"Tommy, je te présente Monsieur Badenov. Il nous rend visite dans le but de me féliciter pour mon ascension au poste de shérif unique du district de la ville. Il m'a ensuite poser quelques questions et je pense qu'il serait utile d'obtenir ton témoignage. Alors, que penses-tu de mon travail en tant que shérif d'Edimbourg? As tu observé chez moi un comportement qui pourrait laisser penser que ma loyauté serait branlante?"

Le serviteur, sous le choc avait le front perlé de transpiration. Il haletait et le rouge lui montait aux joues. Il était visiblement nerveux et semblait craindre pour sa vie. Il lâcha avec énormément de difficulté:

"Euh, je pense que vous faites bien votre travail et que … votre loyauté n'est pas discutable. Voilà."

Evey, contente de la phrase de son serviteur, hocha la tête. Lui, rassuré afficha un sourire satisfait.
La belle vampire lança un bref regard à Torben afin de constater ses réactions.
Elle enchaîna à l'intention de son invité:


"Si vous avez la moindre question à poser à Tommy, n'hésitez pas!"

Le menton posé sur son poing, Evey se délectait de cette situation peu commune. Mais son plaisir était gâté par la certaine trahison de son amant. Décidément, cette odeur lui disait quelque chose.
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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyVen 15 Juin - 0:53

    Je continuais de pousser la vampire dans ses retranchements, et j'étais satisfait de voir que je ne la laissais pas le moins du monde insensible, elle semblait même réagir au quart de tour à tout ce que je lui disais, dans le sens où si ses paroles ne reflétaient ni ses pensées ni ses réactions, il me semblait un peu plus certain que je pouvais continuer de la pousser dans la direction que je souhaitais. Son visage arborait de plus en plus ce que je prenais pour de l'antipathie à mon égard. Cela m'était quelque part bien égal, je n'étais pas là pour me faire des amis, mais pour m'acquitter d'une tâche qui m'avait été dévolue par la Reine elle même. Rien d'autre ne comptait que l'accomplissement de ma mission. De toute manière, quand bien même je parviendrais dans mon « travail » à fraterniser avec qui que ce soit, que je n'aurais de toute manière pas le temps pour faire fructifier des relations. Sans compter que je ne ressentais plus aucun besoin de me lier à qui que ce soit maintenant que la Reine m'avait remodelé. Sensuelle, érotique presque, la vampire rentrait dans mon jeu. Elle devait avoir compris que je la testais, et malgré son ressentiment, elle semblait vouloir jouer cette partie avec moi. Je savais que j'en apprendrais plus sur elle en entrant dans ce genre de petit jeu qu'en l'observant ou en discutant le plus naturellement du monde avec elle. Je ne me privais donc pas de pousser toujours un peu plus loin mon avantage. Je parle maintenant d'avantage, puisque j'avais acquis la certitude que j'en avais un vu que c'était moi qui menait la danse ; la shérif ne faisait plus que calquer son rythme de réponses sur le mien. Je lui fis un sourire entendu.


    | Ne vous dérangez surtout pas pour moi. Je suis le serviteur de Sa Majesté, croyez moi, j'ai vu bien pire dans mes différentes missions qu'une vampire se nourrissant de son humain. De plus, je ne peux pas croire que ça soit si obscène que vous le prétendez, pas avec une vampire aussi belle et délicate que vous l'êtes. |


    Je jouais avec elle avec les mots, comme je ne l'avais probablement jamais fait auparavant. Je faisais ce qu'on attendait de moi, mais je ressentais pour une fois un certain plaisir lié à l'accomplissement de ma tâche. Je n'avais jamais eu l'occasion jusqu'ici de mener moi même ce que je pourrais qualifier de rencontre diplomatique, et assez importante pour le coup, puisque le shérif Mc Intyre était une personnalité importante au niveau national pour les vampires. Je la laissais me resservir alors que je me rendais compte qu'elle semblait elle même apprécier le bouquet d'un bon alcool. Moi, je m'étais détaché des spiritueux ; je ne ressentais plus le même intérêt pour eux maintenant que j'avais tout perdu, et que je n'avais plus rien à oublier. Il avait paru intolérable à la Reine que je continue à boire. Cela gâtait le goût de mon sang, tout comme cela affectait mes réflexes et mon professionnalisme. Je tuais beaucoup plus efficacement quand j'étais à jeun que quand j'avais un verre dans le nez. Pourtant, cela ne m'avait pas empêché de tuer des vampires pour le compte de la HCV, ce qui me semblait une éternité en arrière. La vampire me sourit en me parlant de sa pomme de sang. Je tournais un regard indifférent vers lui alors que sa Maîtresse lui demandait de s'approcher, ce qu'il fit tout aussi vite. Elle le prit à témoin de son travail en tant que shérif, et cela me rappelait étrangement la Reine, quelques jours plus tôt, demandant à Cora d'apporter son témoignage à l'assemblée concernant ses conditions de vie sous Nikos, l'ancien Grand Maître, et celles dont elle jouissait aujourd'hui. Nerveux, le gaillard, alors que je sirotais sereinement mon scotch.


    | C'était... Edifiant, ce petit témoignage. Particulièrement probant et... Détaillé. |


    Je me tournais vers la vampire.


    | Vous disposez de toute évidence d'un humain très sûr de lui, de toute évidence quelqu'un de... fort. Il doit vous combler, n'est ce pas ? Fascinant, ce rapport qu'entretiennent parfois humains et vampires. Bien que ma relation avec la Reine ne se fasse pas en ces termes, je peux comprendre l'attrait de certains humains pour les vampires. Il aime vous sentir le mordre, et le dominer, n'est ce pas ? Et vous même ? Pardonnez mon indiscrétion, mais je suis relativement nouveau dans cet univers, et je suis quelqu'un d'assez curieux. |


    Savoir, c'est pouvoir.

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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptySam 16 Juin - 0:07

Evey était une épicurienne. Elle aimait profiter de la vie. Enfin, si l'on peut dire. Aussi, elle appréciait particulièrement jouer. Poker, Yatsé tant que cela la distrayait, elle ne refusait jamais de participer. En revanche elle était très mauvaise perdante. En l'occurrence, ce petit jeu qu'elle jouait avec Torben l'amusait beaucoup. Elle prenait beaucoup de plaisir à répondre à ses tirades sinueuses et à ses questions indiscrètes. Elle ne savait pas où tout cela les menaient mais elle se délectait des mots lancés par l'homme qui faisait preuve d'un discours habile.

"C'était... Edifiant, ce petit témoignage. Particulièrement probant et... Détaillé."

Dit-il après avoir bu quelques gorgées de scotch.

Encore une fois, il titillait la vampire. Pensait-il la vexer en s'en prenant à l'intelligence plus que moyenne de Tommy? Evey savait qui était son servant, elle le connaissait par cœur. Elle avait déjà remarquer son infériorité, sa sensibilité, sa naïveté et son manque de répartie. Elle aimait chez lui ce qui ne se trouvait pas chez elle. Elle demeura stoïque face à la réplique facile de Torben.
Torben enchaîna comme ragaillardi par le manque de réaction de la shérif:


"Vous disposez de toute évidence d'un humain très sûr de lui, de toute évidence quelqu'un de... fort. Il doit vous combler, n'est ce pas? Fascinant, ce rapport qu'entretiennent parfois humains et vampires. Bien que ma relation avec la Reine ne se fasse pas en ces termes, je peux comprendre l'attrait de certains humains pour les vampires. Il aime vous sentir le mordre, et le dominer, n'est ce pas? Et vous même? Pardonnez mon indiscrétion, mais je suis relativement nouveau dans cet univers, et je suis quelqu'un d'assez curieux."


Ce discours concis contenait décidément beaucoup de perversité et très peu de respect. Evey salua la bravoure et le sens du phraser de son invité.
Elle aurait très bien put décider de ne pas lui répondre mais cette situation l'amusait, l'excitait même. Elle ressentait d'ailleurs la même excitation que lorsqu'au poker elle faisait tapis et que son adversaire la suivait.

"Tommy n'a pas besoin d'être fort. Je le suis suffisamment pour deux." Dit-elle la tête haute.

Elle poursuivit sur un ton intéressé, tel un professeur expliquant un théorème à son élève:

"En effet, cette relation étrange et fascinante qui existe entre un vampire et son servant est très particulière et difficile à décrire avec des mots. Je dirai qu'en réalité, il n'a pas d'autre choix que de se soumettre à moi et qu'il est dans ma nature de dominer. Pour ce qui est de votre relation avec la Reine, elle est similaire. Peut-être est-elle moins flagrante ou charnelle mais elle vous donne des directives et vous obéissez."

Evey provoquait Torben comme il l'avait provoquer auparavant. Ils se renvoyaient la balle, visiblement fascinés par les réactions de l'autre. Certs, elle dépassait les limites en incluant la Reine à cette discussion tordue mais c'était lui qui avait commencer!

"Mais peut-être préféreriez vous dominer plutôt que de subir?"

Enchaîna-t-elle, inspirée par une curiosité perverse.
Elle jeta un bref coup d'œil à Tommy qui était à n'en pas douter interloqué. Ses états d'âmes n'intéressaient pas la vampire pour l'instant. Seul comptait le jeu.


"Tu peux y aller Tommy." Dit-elle d'un sur un ton sec.

Face au manque de réaction de son amant elle renchérit:

"Maintenant!"

En un bond, le servant se leva et quitta la pièce sans un mot. Sans doute était-il soucieux, vexé ou carrément jaloux. Tant pis pour lui. Evey ne supportait pas que l'on ai ce genre de sentiment envers elle. Elle les considérait comme des barrières qui l'empêchaient de vivre pleinement.. Après tout elle était une vampire et une shérif de surcroît. Elle pouvait donc se permettre beaucoup de choses. En l'occurrence elle se permettait ce petit jeu avec Torben Badenov et elle y prenait un plaisir malsain certes, mais un plaisir sans nom.
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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyDim 24 Juin - 17:59

    La joute verbale était comme l'emballage d'un cadeau empoisonné. On pouvait enrubanner nos propos aussi bien qu'on le désirait, tout était question de pouvoir. Derrière chaque phrase, chaque expression, chaque regard même, une attaque bien ciblée. La lutte était indécise. Son but même, sa finalité, semblaient également échapper à la portée de toute compréhension. On s'amusait sans vraiment que ça soit le but, et je la testais sans en avoir reçu d'ordre ou de directives bien précis. Je devais bien avouer que j'improvisais totalement, mais cela avait un certain côté réjouissant dans le sens où j'avais tendance depuis un moment à toujours tout calculer, tout planifier, tout prévoir. Je devais bien avouer que je n'avais fait qu'étouffer toute trace de spontanéité. Et quand j'étais finalement, tant bien que mal, amené à devoir improviser, je le faisais mécaniquement, avec un objectif clairement défini et des limites balisées pour y parvenir. Là, les choses m'apparaissaient comme totalement différentes. Ma mission de base été remplie, et je poussais le zèle jusqu'à essayer d'en savoir plus, par une espèce de curiosité personnelle que je semblais redécouvrir au fur et à mesure de cette conversation. Comme si en tant qu'individus je pouvais encore avoir toute latitude pour poursuivre des buts et des aspirations personnelles. Comme si j'étais face aux réminiscences d'un passé plus individualiste qu'aujourd'hui. Je ne savais clairement pas où cela allait me mener. Pourtant, même si je me rendais compte que mon esprit n'avait pas été entièrement démoli par ma reconversion, il fallait quand même remarquer que j'étais toujours différent. Beaucoup plus concentré, focalisé sur ce que je faisais. Je maîtrisais parfaitement la moindre réaction physique que je pouvais avoir. Je souris au point que venait de marquer la vampire. Elle assumait complétement la personnalité qu'elle s'était choisie pour compagne. C'était amusant. Ensuite, elle en vint presque à établir un parallèle entre sa situation avec son humain, et la mienne avec la Reine. Ces choses n'avaient pourtant quasiment rien en commun, c'était un fait.


    | Je ne connais pas tout cela. La Reine a détruit l'homme que j'étais et s'est révélée à moi comme la seule et unique Maîtresse de ce monde. Je suis son dévoué. Elle m'a remodelé, elle a fait émerger tous les aspects de ma nature profonde qui pouvaient le mieux la servir, selon les desseins auxquelles elle me destinait. Je suis un tueur, Shérif. Et un tueur plutôt habile. Je fais régner en maître la volonté de la Reine, parce que c'est tout ce pourquoi j'existe aujourd'hui. La relation qui nous lie ne se fait donc clairement pas dans les mêmes termes que pour vous et votre chose. |


    Ce terme ne sonnait pas péjorativement dans ma bouche, parce que j'étais assez littéralement la chose de la Reine, dans le sens où c'était elle qui m'avait fait comme j'étais, et que c'était elle qui me contrôlait, celle à qui j'étais totalement dévoué, corps et âme. Je souris à ses paroles suivantes.


    | Tout dépend des circonstances... Et des partenaires, également. Je n'ai encore jamais connu quelqu'un qui soit capable de m'en remontrer. |


    Je constatais ensuite comment la vampire repoussait son humain, comment elle se montrait à son encontre. Elle n'était pas comme ma Reine. Krystel était horriblement cruelle avec les humains qui l'indifféraient ou qui la désservaient, mais elle récompensait ceux qui la servaient et elle était plein de largesses à leur égard. A moins que la shérif ne procure d'autres motifs de satisfaction à son humain ? Je l'en imaginais tout à fait capable, c'était un fait.


    | Aime t'il autant la souffrance qu'il en a l'air, votre humain? |

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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyJeu 28 Juin - 22:32

Torben fit une synthétique description de la relation étrange qu'il entretenait avec Krystel. Evey plaignait le pauvre homme qui ne semblait habité que de la volonté de sa Reine. Il était un pantin sans envies ni désirs si ce ne sont ceux de sa maîtresse. Quel gâchis!
Bizarrement, Evey enviait cette Reine qui avait sous ses ordres un homme aussi loyal et dénué de tout sens de la liberté. Quel pied elle prendrait à le soumettre. A l'idée de lui mettre la fessée, un frisson parcourut son échine.
Sensuellement elle passa sa main sur sa nuque et se la massa.
Tout deux semblaient avoir complètement oubliés le pourquoi du comment de cette entrevue. Entrevue qui d'ailleurs déviait de sa trajectoire au fur et à mesure des invectives lancées.
Torben qualifia Tommy de chose pensant sûrement vexer la shérif. Il en fut tout autre. Elle qui aimait posséder et collectionner elle fut ravie que l'on considère Tommy comme étant l'une de ses possessions. Malgré tout la réalité était tout autre et la situation bien plus compliquée qu'il n'y paraissait.
Pour toute réponse, la belle vampire demeura silencieuse affichant toujours un sourire amusé et un regard malicieux.
Surprenant encore une fois la Evey, Torben lança d'un air qu'elle jugea coquin:


"Tout dépend des circonstances... Et des partenaires, également. Je n'ai encore jamais connu quelqu'un qui soit capable de m'en remontrer."

Tommy avait quitté la pièce. Ils étaient seuls, en tête à tête. En un long soupir elle fit comprendre à Torben combien elle serait ravie de lui prouver quelle serait capable de le mâter. Mais il était la propriété de la Reine et elle n'avait aucune chance de faire dévier cet homme de sa loyauté et de ses convictions. En bonne vampire capricieuse, cette frustration excitait au plus haut point Evey. Elle ressentit une intense chaleur se diffuser dans son corps. Le désir prenait le pas sur la raison.
Le beau brun arracha Evey de ses pensées dépravées en disant:

"Aime t-il autant la souffrance qu'il en a l'air, votre humain?"

L'air sérieux, elle réfléchissait au terme qui convenait le mieux. L'index sur le bords des lèvres elle scrutait le plafond à la recherche des mots qui lui manquait. Soudain, une flamme embrasa ses pupilles, signe de sa trouvaille.


"Certes, il aime la souffrance que je lui inflige. Cependant, j'en arrive au point où j'aimerai infliger cette douleur à une personne qui n'en voudrait pas."


Allait-elle trop loin? Elle n'en doutait pas mais s'en fichait. Elle continuait de jouer. Et en même temps, elle apprenait beaucoup sur elle même ainsi que sur le comportement humain et vampire. Elle se rendit compte que du point de vue de Torben, ce qu'elle venait de dire se rapprochait de la corruption, voir de l'anomalie. Mais lui semblait vide et sans âme tellement il était accroché aux désirs de la Reine. Il disait même qu'elle l'avait façonner. Il ne pouvait pas lui faire la morale à propos de sa santé mentale. De plus, elle assumait pleinement sa folie, se disant qu'étant vampire, elle était d'autant plus vaste que celle d'un humain.
Cependant, en tant qu'unique shérif de la ville d'Edimbourg, elle ne pouvait pas se permettre toutes les folies. C'est pourquoi elle ajouta:


"Tout cela se passerait dans les limites du raisonnable évidemment."

Un sourire glacé se dessina sur ses lèvres rouges.

"J'ai très bien compris votre mode de vie et de fonctionnement. Mais je persiste à croire que vous devez avoir des vices cachés, des désirs qui vous sont propres. Peut-être sont-ils enfouis, mais je suis certaine qu'ils sont là."


Dit-elle en en fixant furtivement l'entrejambe de l'humain.

Billy Holiday entamait une autre de ses fameuses ballades Jazzy. It cost me a lot. But there's one thing that I've got. It's my man. It's my man.
La pièce était plongée dans une ambiance chaude aux effluves de scotch. La musique lancinante rythmait le dialogue plus que passionnant de Torben et de Evey qui se faisaient toujours face. Le jeu continuait et la vampire s'en délectait.
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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyJeu 28 Juin - 23:51

    Je remarquais la mine quelque peu déconfite de la vampire quand je lui narrais l'exactitude de ma relation avec la Reine. Platonique. Si on exceptait bien sûr, le fait qu'elle m'ordonne de coucher avec ses servantes humaines, et qu'elle m'aie meme pris de force sous le regard de ma femme tout juste retrouvée. Mais autrement que pour son sang, nous ne partagions en aucun cas le moindre rapport intime. Et même encore pour le nectar qui lui coulait des veines, les choses ne se passaient pas du tout de la même manière que certains auraient pu le penser. Elle m'amenait sa force en fioles correctement fermées d'un bouchon de cire. Simple. Facile d'emploi. Je ne sirotais pas ce sang, ce n'était pas de l'alcool. Il me fouettait les veines, menaçait de faire exploser mon cœur. Cela emplissait mon esprit et mon corps de pulsions difficilement réfrénées, mais qu'y pouvais je ? C'était sa volonté, et c'était la mienne. Je n'aurais pu me passer de son sang qu'avec une terrible difficulté. Je savais que j'étais plus fort que jamais, mais même face à ce défi et avec toute la force de volonté dont j'étais capable, je doutais sincérement d'être capable de me passer de l'apport de son sang. Je ne savais pas pourquoi elle me le donnait encore. Pour ne pas la trahir, comme un junkie ? J'avais espéré depuis longtemps avoir franchi ce stade. Pour lui être aliéné ? Je l'étais déjà en entier. Pour pouvoir optimiser mes fragiles capacités d'être humain ? Sans doute, mais si c'était le cas, ces simples mini doses ne pouvaient pas suffire à accomplir ce genre de tâche. Je sentais plus concrètement que mon discours échaudait la vampire qui me faisait face. Je savais que cette espèce avait plus qu'un faible pour la domination. Je savais que tous étaient bourrés de fantasmes liés à ce genre de situation. La shérif Mc Intyre ne semblait pas faire défaut à ce genre de principes, vu ce que je voyais d'elle à cet instant précis, se massant la nuque comme pour se préparer à un bon combat, ou à de la débauche sexuelle. Je la mettais en appétit. Bien. Ce petit jeu n'était donc pas dénué ni d'objectifs, ni d'intérêts. Je savais qu'elle relèverait bien aisément le défi que je lui avais lancé comme un gant qu'on claquait contre une joue dans les temps anciens. Mais elle avait encore un certain degré de retenue, toute vampire qu'elle était. Pas étonnant qu'elle fut devenue shérif, tout de même. Elle avait beaucoup plus de contrôle qu'une simple vampire, je ne pouvais pas lui retirer ce fait. Elle essayait elle même de m'enflammer. Si mon corps réagit, je restais moi aussi maître de moi même. La Reine m'avait remodelé. Il pouvait bien y avoir la guerre dehors que je ne paniquerais pas.


    | Je sais ce que c'est. Je l'ai vu chez de nombreux vampires. Je constate que beaucoup d'entre vous aiment la nouveauté et la domination. Je serais bien malhonnête de nier ces traits chez la Reine elle même. Elle a le pouvoir, et elle aime l'ascendant que cela lui procure sur chacun de nous. La nouveauté aussi. Elle, elle a le pouvoir d'avoir de la nouveauté quand elle le désire. |


    Petite pique, toujours sur un ton ostensiblement poli. Je voulais lui faire comprendre que si elle, elle me voulait, elle n'en avait pas le pouvoir. Qu'elle s'arrange avec Krystel pour m'avoir, et je lui donnerais de bonne grâce ce qu'elle désirerait. Mais je n'avais plus rien de l'animal intenable que j'étais autrefois, l'espèce de barbare humain que j'étais et que j'espérais avoir dépassé une bonne fois pour toutes. Je ne disais pas que les attraits physiques de la vampire que j'avais sous les yeux me laissaient de marbre, bien au contraire. Elle était magnifique, elle avait un côté animal, bestial, indomptable, qui en aurait excité plus d'un, moi y compris. Mais je n'étais plus le même genre d'animal que j'avais pu l'être auparavant. Aujourd'hui, je me contrôlais. Aujourd'hui, je servais un dessein plus grand que la satisfaction aveugle de pulsions meurtrières et auto destructrices.


    | Y a t'il vraiment quoi que ce soit de raisonnable qui en vaille la peine? |


    Je lançais un regard équivoque vers ses lèvres, son cou, sa poitrine, ses cuisses. Bien entendu, qu'elle me voulait. J'aurais été malhonnête pour prétendre qu'elle me laissait de marbre. Les vampires semblaient avoir ça dans le sang, c'était indéniable. Mais je savais aujourd'hui que cela n'avait rien à voir avec l'enfer, le diable, la tentation. C'était juste quelque chose en rapport avec la faiblesse psychique et physique congénitale de l'être humain, qui le rendait dépendant de sensations physiques, ce qui le rendait faible face à n'importe quel prédateur qui avait le front de le menacer de façon plus ou moins voyante. Elle aussi, n'y pouvait plus.


    | Qui aurait osé prétendre que j'avais des vices cachés ? Ils ne le sont pas, tout simplement. Je suis certain que vous même avez entendu plus d'une fois narrer mes qualités premières. Vous ne vous êtes jamais retrouvée confrontée à quelqu'un qui venait vous chasser, n'est ce pas ? Oh bien sûr, vous avez vécu longtemps. Vous avez tué et forniqué à loisir. Certains ont dû essayer de vous faire la peau. Mais aucun ne vous a traquée, n'est ce pas ? Voilà en quoi se résume mon champ de compétence et mon utilité aux yeux de sa majesté. Mais je suis sur que vous auriez préféré m'entendre dire que j'étais prêt ici et maintenant à vous combler, et à succomber aux charmes de votre silhouette, de votre verbe, et de vos fantasmes ? Ici, et sauf votre respect, shérif.... C'est moi, qui décide. Et c'est vous, mon fantasme. |


    Le ton employé n'était pas ambigu. Je ne revais pas que de son corps. Je rêvais surtout du plaisir de la traque et de la mise à mort. Je n'avais rien contre elle, mais j'avais avoué volontiers être un tueur, un chasseur qui prenait son pied à tuer des gens. Encore une fois, c'était voulu de lâcher ce genre d'informations... Le message n'en serait que plus clair...

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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptySam 7 Juil - 13:27

Torben Badenov demeurait impassible. Cela énervait et amusait Evey. Elle savait maintenant qu'elle n'arriverait sûrement pas à ses fins avec cet homme. Sa loyauté était, à n'en pas douter, sans faille. La Reine l'avait façonné de telle sorte qu'il lui soit fidèle jusqu'à la mort. Il était prêt à tout pour respecter son serment. Et tout, incluait également de refuser de contenter les pulsions de la shérif.

"Je sais ce que c'est. Je l'ai vu chez de nombreux vampires. Je constate que beaucoup d'entre vous aiment la nouveauté et la domination. Je serais bien malhonnête de nier ces traits chez la Reine elle même. Elle a le pouvoir, et elle aime l'ascendant que cela lui procure sur chacun de nous. La nouveauté aussi. Elle, elle a le pouvoir d'avoir de la nouveauté quand elle le désire."


Lâcha-t-il comme pour titiller Evey.

Si la Reine avait ce pouvoir, la vampire rousse s'imaginait d'ors et déjà le lui prendre des mains. Ô combien elle aimerait posséder le pouvoir absolu. Avoir la main mise sur l'ensemble du peuple vampirique d'Écosse lui serait jouissif. Et pour le coup, elle n'en oublierait pas de posséder ce Torben qui semblait s'amuser à la chatouiller. Il ne perdait rien pour attendre.
Bien que sa réplique assassine eut l'effet qu'il attendait sur Evey, celle-ci n'en montra rien. Seul un de ses sourcils si bien dessinés se souleva donnant à la vampire un air surpris. Il n'en était rien. Ses pensées vagabondaient déjà. D'ailleurs, ses yeux fixaient dorénavant le vide.


"Y a t-il vraiment quoi que ce soit de raisonnable qui en vaille la peine?"

Evey secoua doucement la tête. Torben venait de la réveiller de sa torpeur. Voilà qu'il se montrait philosophe! Evey remarqua le regard scrutateur de l'homme. Il semblait se délecter des formes de la shérif avec une envie non feinte. Fière, celle-ci souleva son menton. Il l'a désirait. Après tout, elle était une vampire. Ils étaient de dangereux prédateurs et l'attraction qu'il inspiraient étaient l'un de leurs atouts les plus précieux. Il permit de nombreuses fois à Evey de piéger ses proies passées. Mais lui était un tueur à la solde de la Reine. Bien qu'elle le désirait ardemment, elle décida de laisser une distance de sécurité entre eux. Cette situation à mi-chemin entre l'inconvenant et le danger l'excitait au plus haut point.

Sur un ton aguicheur elle lança:

"Ce qui est raisonnable ne vaut pas la peine de perdre son temps. Je préfère de loin prendre des risques. Cela est tellement bon de se délecter d'une victoire acquise d'un danger ou d'un interdit."

Evey avait émit son avis. Elle savait pertinemment que le beau brun pouvait en tirer différentes conclusions. Peut-être même ferait-il un lien entre cette phrase innocente et les raisons initiales de sa visite. Mais Evey avait déjà prévu cela. En bonne joueuse qu'elle était, elle avait un coup d'avance. Elle espérait seulement que lui, n'en avait pas deux.

Torben lança une nouvelle tirade. Un discours acerbe ponctué d'ordres. Evey ne supportait pas qu'un humain lui parle sur ce ton. Elle le laissa pourtant finir sa phrase. Ce qu'elle avait remarquer et qui l'avait amuser, c'était qu'il avait commencer son discours en parlant de ses vices pour finir sur sa fonction de tueur. Édifiant! De toute évidence tout était lié. Il avait le vice dans le sang. Ses envies meurtrières, ouvertement assumées, étaient grâce à la Reine assouvies. Mais apparemment, il ne s'en lassait pas. Evey comprenait qui il était à présent. Un tueur. Voilà comment il trouvait son plaisir. D'abord observer sa victime puis la traquer longuement avant de la tuer froidement. Un léger frisson naquit dans la nuque de la shérif puis parcourut son dos pour se perdre au creux de ses reins.
Était-elle en danger dans son propre bureau? L'était-il? Une bataille de cette envergure ferait sûrement de graves dégâts.


"Et bien mon ami on peut dire que vous savez ce que vous voulez. Par ailleurs, je suis flattée d'être votre fantasme. Seulement, cela ne change rien au fait que j'ai moi même des envies et qu'elles diffèrent des vôtres."

Evey avait compris qu'il ne parlait plus ici de sexe mais bien de traque et de meurtre. Sans doute avait-il trouver en elle une proie à la hauteur de sa virtuosité meurtrière.
Un sourire carnassier apparut sur le visage neutre de la vampire. Elle était certaine qu'elle arriverait à lui faire changer d'avis. Elle saurait comment s'y prendre pour lui faire aimer la soumission et la sécurité ainsi que l'abandon que cela implique.
Bien qu'il se montrait de plus en plus pressant et impoli, elle décida de ne rien dire. Il était tellement distrayant pour elle d'observer ses réactions débridées. Sans les limites imposées par la bienséance, il révélait sa profonde et noire nature.


Evey croisa puis décroisa les jambes sans se soucier de savoir si son intimité était dévoilée. Secouant sensuellement sa tignasse flamboyante elle concentra son regard dans celui de son interlocuteur. Elle aurait tellement aimer l'hypnotiser pour mieux le manipuler.
Décidément, la Reine avait une chance folle d'avoir sous sa coupe un homme de cette envergure.
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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyDim 8 Juil - 0:50

    Là, maintenant, et pour la première fois depuis ce qui me semblait être une éternité, j'avais envie de quelque chose. Enfin, je ne parlais pas de désir sexuel, de désir tout court, ou de caprice passager dont je semblais pour ce cas être totalement immunisé. J'avais envie de violence. C'était quelque chose d'étrange, que je ressentais bien malgré moi. L'échange que j'avais avec la vampire faisait il appel à quelque chose que je connaissais, que je ressentais par pur réflexe conditionné quand je cotoyais des vampires, où s'agissait il d'autre chose ? Je n'en avais pour ainsi dire pas la moindre idée, mais cela ne m'arrêtait aucunement dans le sens où je savais ce pourquoi j'existais à l'heure actuelle. Tuer, mais sous le commandement de quelqu'un. Cela ne me semblait ni dommage ni préjudiciable. Je savais que ce n'était que passager. Véritable modèle de self control, je savais que je pouvais guider la moindre de mes réactions, et jusqu'à mon ressenti. J'étais assez fort, la Reine m'avait débarassé de tant de faiblesses que je pouvais désormais faire abstraction de tout ce que je ressentais. Ce n'était pas très difficile. J'avais de l'entraînement, j'avais eu le temps de me perfectionner à ce petit jeu là. Avec Krystel Raybrandt, il était futile de montrer les attentes que l'on pouvait nourrir vis à vis de l'existence, de montrer ses désirs. En fait, au delà tout ce que la Reine espérait de moi, je devais avouer que succomber à des désirs véritables, nés d'une réflexion, d'une situation que je contrôlais, ce serait comme abdiquer ce nouveau contrôle, cette emprise que j'avais sur moi même, sans pour autant que je sois prêt à y renoncer. Je balayais toute faiblesse de mon esprit, sans pour autant répudier ma nature. Je savais comment fonctionnaient le corps des humains et celui des vampires. J'avais cette connaissance presque instinctive, fruit d'une longue expérience de la souffrance, qui me permettait de battre certains médecins au jeu de celui qui savait le mieux étudier un corps. Sauf que moi, je ne l'étudiais pas pour le guérir, mais bien pour lui soutirer toute vie. Ou toute non vie, dans le cas des vampires. Réfléchir calmement pendant un instant sur ce que j'avais ressenti me permit de faire la part des choses.


    Tuer était quelque chose que je faisais, que j'avais besoin de faire comme l'artiste de peindre sa toile. Quelque chose n'allait pas chez moi, par rapport au commun des humains. Si je voulais être honnête maintenant que la Reine m'avait ouvert les yeux, ça faisait dix ans que quelque chose clochait chez moi. Depuis que j'étais entré dans l'armée, que j'avais fait l'expérience du feu et du carnage, je ne m'étais jamais vraiment sorti de tout ça. Bien malgré moi, la lutte anti-partisans dans les montagnes Tchétchènes m'avait accaparé l'esprit à tel point que j'avais dépassé le stade de non retour. Je ne pouvais plus faire machine arrière. J'avais connu la parenthèse heureuse et innocente de mon existence en compagnie de Jana. C'était fini. Dans un univers tourmenté, il n'y avait que la guerre. Pas de paix, pas de rémission, pas de quartier. Seulement la guerre. Celui qui abandonnait tout espoir était le maître du monde. A ma manière, j'étais le maître du monde. Je n'avais rien, aucune possession, aucun pouvoir. Rien du tout, pas même le commencement d'une existence qui en vaille la peine. Pourtant, dans un monde où il fallait tuer pour survivre, je me taillais ma part. McIntyre avait des choses à perdre. Bien plus que moi. Louée en soit la Reine ; elle m'avait anobli l'âme en abolissant toute barrière humaine à mon existence.



    | Un interdit ? Comme celui qui nous empêche de fricoter ensemble, n'est ce pas ? Vous en tireriez une victoire. Je discerne quelle vampire vous êtes, shérif. Au delà de tout jugement de valeur. Vous tirez votre satisfaction et même votre pouvoir de ce qui vous est interdit mais que vous faites quand même. Soyez assurée que tant qu'il n'y aura rien de trop... voyant... Vous garderez la tête sur les épaules. |


    Discours à total double sens. Je lui signifiais avec une certaine sincérité que je pensais avoir cerné assez correctement une partie de sa personnalité. Je lui parlais aussi bien que de son désir croissant pour moi que de son ambition affichée et de son respect des règles. Le message était multiple. La Reine me laissait une latitude pour beaucoup de choses. Tant que ce que je faisais ne lui nuisait pas, je ne risquais rien. Evey avait donc la confirmation qu'elle pouvait faire à peu près tout ce qu'elle voulait tant que le monde des humains n'en avait pas connaissance. Mais si elle tuait, saignait, violait sans vergogne et que ça se sachait... Alors, je serais probablement chargé par la Reine en personne de son assassinat. Ou plus probablement encore, Sa Majesté s'en chargerait elle même. Je savais comment ma maîtresse pouvait aimer le sang frais, et plus encore que le sang humain, le sang des immortels. Je savais qu'Evey aurait compris au moins l'un des deux sens à mon discours. L'un sur une invitation tacite à la débauche, que je saurais pourtant repousser, l'autre comme l'invitation à régner sans limite autre que celle de ses dirigeants. Je savais qu'elle avait à y gagner, si elle savait lire entre les lignes. Je souris à la vampire quand elle dévoilait son corps et ébouriffais sa chevelure. Je dévoilais mes dents comme un prédateur, même si je n'étais qu'un humain.


    | Et quels sont vos désirs, shérif ? Nous sommes là à discuter depuis un certain temps. Et je ne sais toujours pas grand chose de vous. |


    C'était un mensonge. J'en avais déjà beaucoup appris.

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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyDim 8 Juil - 13:07

"Un interdit? Comme celui qui nous empêche de fricoter ensemble, n'est ce pas? Vous en tireriez une victoire. Je discerne quelle vampire vous êtes, shérif. Au delà de tout jugement de valeur. Vous tirez votre satisfaction et même votre pouvoir de ce qui vous est interdit mais que vous faites quand même. Soyez assurée que tant qu'il n'y aura rien de trop...voyant... Vous garderez la tête sur les épaules."

Torben Badenov... Il avait l'art et la manière de dire les choses sans les dire tout en disant tout à fait autre chose. Décidément, il plaisait beaucoup à Evey. Pourtant il vint à l'esprit de la shérif que son désir n'était animé que par cette frustration. Sitôt qu'il serait à elle, il n'aurait plus aucun intérêt à ses yeux. Ils jouaient ensemble. Il la titillait, elle faisait de même. Mais s'il lui arrivait de perdre le jeu, alors sans doute Evey serait lassée! Il n'était pas inoffensif et c'est ce qui lui plaisait. C'était une contradiction certaine fondée sur une logique imparable qui naquit dans l'esprit de la vampire. L'air concentré, la shérif prit un moment de réflexion.
Ce discours était à la fois un avertissement et une autorisation. Il était à la fois officiel et officieux. Tout un paradoxe. Vous garderez la tête sur les épaules! Ces mots sonnaient comme une menace d'exécution mais à la fois comme un avertissement ou un conseil. Lui intimait-il l'équilibre et la lucidité? Si c'était le cas, c'était mal connaître Evey!
Pourtant, d'une voix calme malgré son agacement, la belle vampire déclara:


"Monsieur Badenov, je suis impulsive et passionnée, certes. Mais je suis loin d'être stupide. Je ne prend des risques que si j'ai la certitude de ne rien perdre. On pourrait appeler cela de la peur mais je préfère parler de prudence."

Elle profitait déjà de cet interdit et en tirait un plaisir sans nom. Rien que cette discussion frôlait les limites de la décence. Rien que son corps ouvert et offert à la vue de Torben était condamnable.
Oui, Evey était prudente mais surtout discrète. Ce qui faisait qu'elle pouvait assouvir ses désirs les plus sombres sans s'inquiéter vraiment d'être découverte. Elle ne parlait qu'à très peu de personnes de ses vices cachés.

Torben enchaîna avec une question. Que pouvait-elle lui apprendre de plus? Elle l'avait déjà renseigner suffisamment. A vrai dire, après ce long échange, il était peut-être l'une des personnes qui la connaissait le mieux.


"Mes désirs?" Répéta-t-elle doucement.

"Je désire plus que tout continuer mon travail et gravir les échelons qui me mèneront vers de plus amples responsabilités, si leurs Majestés me le permettent."

L'ambition de la shérif ne faisait de mystère pour personne. Même si elle briguait le poste ultime, elle savait pertinemment qu'elle n'y arriverait pas tout de suite et sûrement pas seule. Mais elle ne pouvait faire confiance qu'en très peu de personnes. En attendant ce glorieux instant, elle souhaitait simplement monter en grade au sein de cette hiérarchie. Son travail était bon et elle savait que l'appréciation de la Reine serait décisive dans cette démarche. Et Torben était là, initialement pour s'assurer de tout cela. Finalement, les désirs de Evey étaient entre les mains de cet humain, de ce tueur de vampires. Elle espérait seulement qu'il ne serait pas le tueur de ses grandes ambitions.

Le trente-trois tours s'était tut après avoir laissé s'échapper le son mélancolique d'un solo de saxophone. La shérif se dirigea vers le tourne disque et en ôta le vinyle puis l’inséra soigneusement dans sa pochette qu'elle rangea dans la bibliothèque. Evey se rassit alors dans son fauteuil et s'étira d'un mouvement félin. Elle attendait déjà avec impatience la prochaine invective de son invité.
La petite lampe sur son bureau émettait une douce lueur qui mettait en valeur la pâleur cadavérique de sa peau. Elle pensa soudain à Julien Guillemaud qui fut nommé Maître vampire. Le méritait-il plus qu'elle? Elle ne le croyait pas. Comme il serait doux de lui apprendre qu'elle aussi en était devenue une...
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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyDim 8 Juil - 18:15

    La vampire me dit qu'elle était impulsive et passionnée mais pas stupide. Je souriais à nouveau d'un air un peu énigmatique. Elle se référait même à moi sous l'appellation « monsieur Badenov », et cela sonnait décidément bien étrangement à mes oreilles. Je n'étais cependant d'accord en rien avec elle de toute évidence. La prudence, n'était véritablement pas la meilleur alliée de quelqu'un qui est impulsif et passionné. Je venais à considérer que l'inconséquence, la passion, toute forme de réaction dictée par des sentiments en fait, était du genre à être synonyme de faiblesse dans mon esprit. L'impulsivité conduisait à prendre des décisions irréfléchies. La passion tout comme l'amour, à s'attacher à la futilité et à la précarité de tout ce qui forme une existence. Quiconque vivait sous le joue de ces traits de caractères ne ferait pas long feu. Car cela ne laissait de fait aucune marge d'erreur aux gens qui étaient ainsi. Je le savais, parce que j'étais comme ça auparavant. Avant d'être pris sous l'aile glorieuse, protectrice et exigeante de la Reine des Vampires en personne. Elle m'avait détruit, elle m'avait brisé. Elle avait éradiqué ma personnalité pour construire quelque chose de plus utile par dessus. Débarassé de mes imperfections passées, j'avais conscience d'être fou à lier du point de vue psychiatrique. Totalement dénué d'émotions qui autrefois m'empoisonnaient l'existence ; l'amour d'une femme perdue, la haine vorace et abyssale que je vouais aux vampires, le rejet de mon existence, de moi même. J'étais épuré de toutes ces failles. Ce n'était pas le cas du shérif Mc Intyre. Qui se ferait tuer pour ses passions, un jour ou l'autre, comme cela avait failli être le cas avec moi dans le passé. Il convenait tout de même de dire que j'étais là pour jouer un rôle. Enregistrer des choses que j'aurais pu constater. Ne rien laisser au hasard, car le hasard me tuerait probablement. Ou tuerait la Reine, ce que je ne pourrais jamais permettre.


    | La prudence ne s'allie que fort peu à la passion et à l'impulsivité. Cette dernière éradique toute prudence, la première l'écarte. Si vous ne risquez rien, cela ne s'appelle pas non plus prendre de risques. D'autant plus qu'un jour ou l'autre, et je peux vous le dire malgré ma courte expérience d'être humain, la passion vous amènera à prendre des risques que vous auriez préféré éviter. Et l'impulsivité vous amènera à prendre des risques plus importants que ceux que vous pouvez supporter. |


    Habilement, le shérif avait ensuite parlé de ses désirs, mais pas de ses envies immédiates, puisqu'elle me parla encore de son ambition. Assez strictement, je ne me sentais pas prêt à la laisser éluder ainsi la question. Je devais la jauger, je devais calculer ce qu'elle était pour l'inclure ensuite dans la grande je me levais et m'approchais d'elle, mon verre à la main. Je vins lui murmurer à l'oreille, franchissant toutes les frontières de la bienséance. Je lui dis, d'un ton rauque.


    | Je parlais de vos désirs, à cet instant précis, Shérif. |


    Devant elle, à quelques centimètres de son corps, je m'assi ssur le rebord de son bureau, avec négligence, m'introduisant dans son espace personnel. Je la regardais intensément avec un petit sourire étalé sur les lèvres, avant de boire une nouvelle gorgée de la boisson, savourant le goût du whisky, bien que cela ne m'apportait plus vraiment de plaisir physique.

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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyDim 8 Juil - 20:50

Evey s'amusa de la réplique de Torben. Certes, elle était prudente et ne prenait que peu de risques. Mais cela ne voulait pas dire qu'elle ne vivait pas passionnément et ne faisait pas preuve d'impulsivité. Au contraire! Elle défiait sans cesse l'autorité et ne se souciait que trop de la morale. Le fait était que d'autres, comme par exemple Tommy, prenait les risques à sa place. Ces personnes étaient prêtes à endosser les responsabilités des actes malveillants de la shérif. Mais cela, elle ne pouvait le dire ouvertement à Torben. Du coup, elle acquiesça sagement.
Comme s'il pensait qu'elle capitulait, Torben se leva et s'approcha d'elle. Elle ne put réprimer un mouvement de recul.
Elle pouvait sentir son souffle aux effluves de scotch. A moins que ce ne soit son verre, qu'il tenait toujours à la main. Non, c'était bien son souffle qu'elle sentit chatouiller son épaule nu et faire danser une fine mèche de ses cheveux.
Au creux de son oreille il murmura sensuellement:


"Je parlais de vos désirs, à cet instant précis, Shérif."

Si elle le pouvait, Evey aurait eut, à n'en pas douter, la chaire de poule. Cette nouvelle proximité faisait naître en elle des pulsions que jusqu'ici elle s'efforçait de dissimuler.
Elle pouvait sentir le sang de l'humain et presque même le voir couler dans ses veines au travers de sa peau.
Un sourire sadique sur les lèvres, l'homme engloutit une gorgée de scotch. Il était visiblement en train de la provoquer et semblait s'en amuser. Que ce passerait-il si elle succombait à ses assauts? Il n'y avait, finalement, qu'une façon de le savoir.
Evey se leva de son fauteuil plus vite que l'œil humain ne pouvait le comprendre. Elle se pencha sur Torben en prenant garde de ne pas le toucher. Les mains appuyées sur le rebord du massif bureau elle entourait l'homme de ses bras. Leurs visages se faisaient face, leurs nez se frôlaient. Mais Evey évitait tout contact de peur de se laisser aller à ses instincts les plus bestiaux. Pourtant, elle ne put avoir le contrôle sur ses crocs qui apparurent. Aiguisés et saillants, ils constituaient une arme redoutable qui auraient effrayés n'importe quel être humain normal. Mais Torben Badenov n'était pas un humain comme les autres. Il était un tueur de vampires à la solde de la Reine. Et cette information, Evey la gardait bien en tête.
D'une voix haletante elle lâcha:


"Je pense que cela se passe de commentaire."

En réalité Evey était tiraillée entre diverses envies et avis qui concernaient tous Torben. Elle aurait évidemment aimer le posséder et le baiser. Mais elle éprouvait également un tel agacement qu'elle se serait délecter de plonger ses mains dans sa poitrine pour en extraire un à un ses organes vitaux avant de s'en repaitre. Bref, elle hésitait.

Un silence de mort régnait maintenant dans le bureau de la shérif McIntyre. Sans doute Tommy écoutait-il à la porte mais Evey s'en fichait. Elle était totalement concentrée sur Torben et le magnétisme morbide qu'il lui inspirait. Immobile depuis plus d'une minute elle ne savait plus quoi faire. Était-elle aller trop loin? Pas assez?
Tout ce dont elle était sûre c'est que dans ses mortes entrailles bouillonnait un désir ardent, une impatience qu'il fallait calmer sur le champ.
N'obéissant plus à la raison mais à ses désirs, la shérif approcha sa bouche gourmande de l'oreille de Torben et y glissa:


"C'est vous qui avez commencé!"

Elle claqua sa mâchoire, feignant de lui mordre le lobe puis renifla le parfum que dégageait le cou musclé de Badenov. Cela eut pour effet d'ouvrir l'appétit de la vampire. Elle remonta lentement l'une de ses interminables jambes entre celle de Torben jusqu'à arriver aux portes de son intimité. Elle stoppa net sa course et fixa l'homme d'un regard à la fois interrogateur et malicieux.
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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyJeu 12 Juil - 22:02

    Assez étrangement, plus le temps passait et moins je savais quel chemin j'étais en train d'emprunter, dans le sens où je savais toujours comment mon objectif devrait être atteint, tout comme j'avais toujours conscience des balises que je m'étais fixées depuis ma toute première entrevue avec la Reine après que celle ci soit parvenue à me faire renaître. Elle avait effacé mon ardoise. Désormais, celle ci n'était plus encombrée que des directives dont la monarque m'avait directement fait part, ou alors de tout ce que j'avais pu apprendre au contact des autres pommes de sang, notamment Anita Sanchez, la préférée de Sa Majesté. Je savais quelles limites à ne pas franchir, et je savais quand je devais discuter de telle chose à la Reine, et quand je devais prendre des initiatives. Les choses étaient compliquées, c'était un fait. Mais malgré la densité de tout ce que j'avais accumulé comme savoir et comme principes d'existence durant les semaines qui venaient de passer, j'avais l'impression de voir très clair dans tout ce que je pouvais faire ou non, et comment je pouvais oeuvrer pour l'intérêt supérieur de ma maîtresse, bien avant le miens. Ce soir, c'était pareil. Je ne doutais pas un seul instant de n'avoir que les intérêts de ma Reine à l'esprit, dans tout ce que j'entreprenais, selon la forme même de ce que j'entreprenais. Je savais jouer avec le feu, d'une certaine manière seulement. Car dans le fond, j'étais complétement persuadé que je maîtrisais totalement la situation. Je savais que j'étais capable de me défendre, je savais ce qu'il fallait à tout prix éviter... tout allait bien. Tout se déroulait sur un terrain que j'avais choisit, et j'avais conscience que mon ascendant sur la shérif, bien que précaire, n'en était pas moins véritable. Je maîtrisais l'échange. Pour combien de temps, je ne savais pas encore, mais j'étais sûr de pouvoir continuer à asseoir ma domination si les choses continuaient de se dérouler comme prévu.


    Ce fut le cas. La vampire, probablement trop en appétit pour se réfréner, vint se pencher sur moi. Elle ne me touchait pas, me frôlait presque. Je ne serais pas celui qui franchirait ses barrières personnelles en allant à l'encontre de toutes les lois vampiriques, elle vint malgré tout m'entourer de ses bras. Je la désirais, c'était indéniable. Elle avait su mettre le feu à mes membres, la passion dans mon corps, et de l'ardeur dans mon esprit. Je savais qu'il suffisait d'un rien pour que je succombe à la tentation. La belle sortit ses crocs dans une attitude probablement involontaire de prédateur. Elle me voulait. Il suffisait d'un peu pour qu'elle succombe également à la moindre de ses pulsions, qui comme chez tout vampire se bornaient à du sexe et à du sang. Je connaissais le schéma. J'avais déjà escompté sur ce genre de réactions chez les vampires libidineux pour les éradiquer plus aisément par la suite. La vampire ne sut pas s'arrêter. Je frémis un instant, et fermais les yeux, gardant les paupières closes, en savourant les délicates sensations physiques que sa jambe me procurait. Ses lèvres couleur carmines, ses longues jambes, son teint d'albatre, sa chevelure, cette lueur de chasseur dans le regard. J'entrouvis la bouche, frôlant la sienne, mêlant nos souffles sans pour autant mêler nos corps même de manière superficielle. Qu'il serait aisé ici et maintenant, de la faire mienne. Je voulais la posséder, sentir mon corps contre le sien, me donner un maximum de plaisir en exploitant ce corps aux formes parfaites. Le regard enfiévré, j'imaginais déjà la suite des évènements. Nous, entrelacés sur ce même bureau saccagé. La lueur de triomphe que j'arborerais devant le pathétique humain qui la servait. Je la laissais me frôler, succombant au désir...


    C'était presque trop facile. Une seule étincelle, un éclair dans mon esprit, et je me stoppais alors que j'allais l'embrasser et poser mes mains de chaque côté de son corps... Je me figeais, contrôler une respiration saccadée l'instant d'avant. Mes pupilles déjà dilatées devant les promesses de plaisirs, se rétractaient. Je maintenais mon rythme cardiaque à un rythme décent, et focalisait mon regard amusé droit dans le sien. Un petit sourire prédateur se dessina à la commissure de mes lèvres, alors que je la toisais. Je restais immobile. L'ascendant que j'avais sur mon corps était plus puissant que la tentation de la chair, de la violence, ou de quoi que ce soit d'autre. Je n'avais plus ce genre de faiblesse en moi. J'éradiquais ce qui était autrefois mon talon d'achille d'une simple pensée destructrice, satisfait de moi même.



    | Que donneriez vous donc pour continuer ? J'entends par là que vous ne me possédez en rien, ni même ne possedez mes pulsions comme vous le faites avec votre jouet humain. Je suis à la Reine. Si elle décidait que je serais votre récompense pour services rendus, vous pourriez m'avoir. Mais vous n'êtes pas sans savoir que toucher l'humain d'un autre vampire, pis encore celui de la Reine, aurait des conséquences fatales. |


    Je lui offrais un sourire éclatant, bien qu'ouvertement moqueur et suffisant. Je ne ressentais aucun plaisir direct à l'avoir testée, mais cela me satisfaisait.


    | Vous êtes plus forte qu'il n'y paraît, Shérif. Mais vous auriez succombé, si j'avais continué. Il va falloir vous surpasser dans votre travail, si vous voulez terminer ce qui a été commencé... |

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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyMar 17 Juil - 16:07

Il était clair que Torben titillait Evey par jeu. Peut-être la désirait-il vraiment mais il ne passerait jamais à l'acte. Il était bien trop fidèle à la Reine. La trahir n'était pas envisageable pour lui. Il devait la considérer comme une sorte de déesse...
Il plongea sans complexe son regard lubrique dans celui de la shérif avant d'esquisser un sourire amusé. A ce moment, elle comprit. Elle était le dindon de la farce. Il voulait la pousser au vice. Peut-être pour rendre un rapport plus intéressant et digne de l'intérêt de sa Majesté. Ou peut-être se délectait-il de mettre la pagaille dans la hiérarchie vampirique.
Torben finit par lâcher sur un ton suffisant:


"Que donneriez vous donc pour continuer? J'entends par là que vous ne me possédez en rien, ni même ne possédez mes pulsions comme vous le faites avec votre jouet humain. Je suis à la Reine. Si elle décidait que je serais votre récompense pour services rendus, vous pourriez m'avoir. Mais vous n'êtes pas sans savoir que toucher l'humain d'un autre vampire, pis encore celui de la Reine, aurait des conséquences fatales."

Cette réflexion calma Evey qui s'arracha du chasseur de vampire. Elle recula de quelques pas afin d'être certaine de ne plus être en contact avec lui. Pourtant son parfum parvenait toujours jusqu'à elle. Et il sentait bon.
Elle n'afficha aucune expression et ne répondit pas à cette tirade moqueuse. Seuls ses poings serrés témoignaient de l'état d'énervement dans lequel Torben la plongeait.

Il poursuivit:


"Vous êtes plus forte qu'il n'y paraît, Shérif. Mais vous auriez succombé, si j'avais continué. Il va falloir vous surpasser dans votre travail, si vous voulez terminer ce qui a été commencé..."

Qu'entendait-il par "terminer ce qui a été commencé"? Faisait-il référence aux prémices du rapport qu'il faillirent entamer? Ce qui était sûr, c'est qu'il se posait en maître de la situation. Et cela énerva de plus belle la vampire déjà confuse par tout cet entretien.

Elle annonça d'une voix sûre:

"Merci pour ce compliment Monsieur Badenov. Et soyez sûr que je continuerai à me surpasser."

Un grand sourire sur les lèvres, Evey s'approcha de l'homme et lui tendit la main comme pour conclure cette longue conversation qui fut de haute volée.

La vampire se dirigea ensuite vers son fauteuil et d'une main le tira avant de s'y asseoir. Derrière son bureau, elle classa quelques feuilles volantes qui trainaient ça et là avant de jeter un regard à Torben. En avaient-ils finit de cet entretien?

Sans doute en avait-il appris assez à propos de la shérif d'Edimbourg. Mais, elle aussi avait acquis de précieux renseignements sur cet être à part qui offrait sa vie et ses services à la Reine Krystel. Ces informations pourraient s'avérer précieuses pour l'avenir. Ne sait-on jamais!
Evey espérait tout de même, au fond d'elle, que Torben ferait un rapport positif à la Reine. Car dans ce cas, elle saurait qu'elle pourrait continuer à vivre de cette délicieuse manière et peut-être même espérer une promotion au poste de Maître Vampire. A cette idée, un large sourire se dessina sur son visage encadrés de boucles rousses.
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MessageSujet: Re: Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé]   Une visite pas si imprévue [Livre 1 - Terminé] EmptyMer 25 Juil - 21:55

    Voilà, j'étais satisfait, mission accomplie. Tout ce que j'avais jamais pu penser accomplir ce soir était désormais une réalité. J'avais énervé une vampire puissante, c'était un fait certain, mais j'avais aussi et surtout permis d'instiller beaucoup de choses dans le mélange doucereux que forme la politique de nocturnes rouges. La vampire savait désormais, mieux qu'à tout autre instant, qu'elle était en compétition avec d'autres de ses congénères tout aussi puissants et ambitieux qu'elle, mais qu'en jouissant des faveurs de ses maîtres elle parviendrait sans nul doute à se hisser au plus haut niveau de la société vampirique. Ce qui me semblait certain, c'était que la belle suceuse de sang avait saisit le message. D'une part, parce qu'elle était loin d'être stupide, d'autre part parce que j'avais mis les bouchées doubles pour que mon message passe aussi clairement que possible, en l'enrubanant comme d'habitude de tant de fioritures que je me disculpais de toute mauvaise interprétation. Je savais que j'avais visé juste. Paradoxalement, que mon instinct me mène à une situation sans accroc majeur et sans que je ne risque mon existence, cela me semblait plus qu'étrange, sinon carrément suspicieux. Il fallait bien avouer que même dans mon existence actuelle où l'imprévu était limité par la réflexion, je n'étais jamais à l'abris d'un problème quelconque. Un regard, une parole malencontreuse, un geste. Une envie, une impulsion. Et tout partait à vau l'au. Je savais que je gardais aujourd'hui le contrôle sur ce que j'étais, sur qui j'étais. Je savais que je pouvais aller loin. Je pouvais presque cueillir la lune, si le désir m'en prenait. Mais qui disait désir disait Krystel, puisqu'elle était tout ce qui me permettait de fixer un but à mon existence. Je regardais la main que me tendit Evey, avant de lui afficher mon plus beau sourire. Superficiel, comme tout ce qui faisait ma personne à l'heure actuelle, mais qui ne manquait pas d'ironie. Je lui saisis la main, avant de retourner le revers contre es lèvres et d'y apposer un baiser poli, le regard cependant dirigé vers la vampire d'un air rebelle, sulfureux, provocateur.


    | J'y compte bien, shérif. |


    Je promenais ensuite mon regard sur toutes les babioles alentours, me rendant compte que ce bureau était empli d'autant de futilités que toutes les autres antres à vampires. Qui tous se complaisaient dans un passé qu'ils idéalisaient glorieusement, sans pour autant se rendre compte de quelle fange abominable les avait vu naître. Je reportais ensuite mon regard sur la shérif.


    | Bien. J'ai assez accaparé votre temps et l'aube est proche, j'imagine qu'après cette petite réunion vous aurez besoin de vous délasser un peu avant d'aller vous endormir du sommeil des morts. |


    Je me détournais finalement, n'ayant besoin de personne pour me raccompagner. Une autre tournée d'inspection d'effectuée. Une autre soirée passée loin de celle qui en valait vraiment la peine. Je sortais dans l'air froid de la nuit. Le vent cingla mon visage, annonciateur peut être d'un hiver précoce. Je ne frissonnais pas. Un être sans âme ne peut pas avoir froid, la glace entourant son cœur ne souffre nul autre morsure que celle de la mort, absente ce soir encore.

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Torben Badenov

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