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Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]
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MessageSujet: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Ven 27 Avr - 10:21

Quelques jours avaient passé depuis le cocktail, depuis cette fameuse nuit où tant de choses s’étaient enchaînées, sans même que je ne puisse vraiment réaliser. Ce soir là, après l’attaque que nous avions subi, j’avais dit aux policiers présents ce que j’avais vu, ou plutôt entendu, alors que d’autres membres des forces de l’ordre constataient les dégâts, avant d’embarquer mon cavalier. Les policiers qui m’interrogeaient m’avaient raccompagné jusqu’à mon domicile, après que j’eus refusé d’aller à l’hôpital.

Le lendemain matin, j’avais dû me rendre au commissariat pour signer ma déposition ; j’avais prévenu Pierce, mon patron, de mon absence. Ce dernier avait appris ce qui s’était passé la veille, et il m’avait accordé sans peine la fin de ma semaine, histoire que je puisse me remettre de mes émotions. J’étais certaine que l’histoire allait faire le tour de la boîte, comme elle avait fait le tour des médias. Heureusement pour moi, mon nom n’était pas paru dans la presse ; je n’avais été qu’un « dommage collatéral ».

Un bel hématome s’était formé sur mon crâne ; mon médecin, un ami de mon père, l’unique autre métamorphe que je connaissais en dehors de mes parents, avait procédé à plusieurs examens, et m’avait assuré que je n’avais rien. Le lundi suivant, j’avais repris le travail ; la maison communautaire allait ouvrir très prochainement, je m’y étais réfugiée, histoire d’échapper aux questions dont allaient sûrement m’affubler mes très chers collègues. Pendant ces quelques jours, je n’avais pas arrêté de tourner et retourner dans ma tête ce qui s’était passé, ce que j’avais ressenti. Je n’avais eu aucune nouvelle de Torben ; cela n’avait rien d’étonnant, lui et sa reine devaient avoir à gérer les retombées qu’avait eu cette sombre affaire. Mes sentiments à son égard étaient toujours aussi partagés : d’un côté je cherchais à me convaincre qu’il valait mieux, pour ma propre sécurité mais aussi pour mon bien être « psychologique », que je reste éloignée de cet homme. Et d’un autre côté je désirais poursuivre ce qui avait été initié entre nous, retrouver le goût des lèvres, sa langue caressant la mienne, son souffle court sur mon visage…

Ce jour là, tout le monde s’était affairé aux derniers préparatifs dans la maison communautaire ; cette dernière devait ouvrir ses portes le lendemain, et le soir, un collaborateur de la reine devait venir voir le travail accompli. Je n’avais pas arrêté de la journée, j’étais vannée, et savoir que je devrais rester sur place lorsque tous les ouvriers auraient fini leur travail pour faire faire le tour du propriétaire à une personne proche de la reine n’était pas pour m’apaiser. Même si j’y avais pensé, j’avais fini par me convaincre qu’il n’y avait que peu de chance pour que cette personne soit Torben. Après le tôlé médiatique qu’avait connu l’attaque que nous avions subi, il devait probablement devoir faire profil bas.

19h…. Les ouvriers partirent un à un, et je me dirigeais dans les toilettes de la maison pour me passer un peu d’eau fraîche sur le visage, et me refaire une beauté après une journée agitée. 20 minutes et un ravalement de façade plus tard, je sortais des toilettes, et attendais mon « invité » dans le salon principal. Mon regard se perdait sur les tableaux accrochés aux murs, représentant des paysages tranquilles, où j’aurais préféré me retrouver à cet instant précis. Soudain, j’entendis la porte de la maison s’ouvrir, et me dirigeais vers l’entrée. Mon sang ne fit qu’un tour lorsque je vis qui entra. C’était lui…. Il y eut quelques instants de flottement, avant que finalement je me ressaisisse pour aller à sa rencontre.


« Bonsoir. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit vous.. Comment allez-vous? » lui lançais-je finalement sur un ton hésitant, sentant mon cœur accélérer son rythme, me demandant quelle tournure allait prendre cette nouvelle rencontre.


Dernière édition par Victoria J. Orion le Sam 15 Sep - 16:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Sam 28 Avr - 16:10

    L'interrogatoire avait été facile à contrer, pour une fois. Avant, je devenais à moitié fou. Alcoolique notoire, j'étais tout le temps ivre mort, et la folie meurtrière dans laquelle me plongeait ma détresse qui m'avait conduit à me venger était telle qu'en général, je finissais par lever la main sur les flics, et que ceux ci répliquaient en me rouant de coups à leur tour. Là, c'était différent. Calme, froid, immobile, observateur. Et pour une fois encore, j'avais même dit la vérité. Sauf sur un point, j'avais caché aux enquêteurs que je suspectais très fortement l'Eglise Humains Contre Vampires d'être derrière tout ça. Je l'avais sous entendu à deux reprises, mais de façon très évasive, avec des phrases toutes pretes du style « ah mais, vous devriez plutôt chercher du côté des intégristes que des militants », ou ce genre de choses. Je savais comment gérer cette situation. J'avais déjà moi même conduit des interrogatoires, j'y avais d'ailleurs repensé pendant qu'on m'assaillait de questions sur la soirée, sur la Reine, sur ma relation avec elle et sur mon passé. Ils voulaient tout savoir, tout savoir rapidement et sur à peu près tout. Je ne fis que dire la vérité, ou emprunter des moyens détournés, le plus impassiblement du monde. On ne m'amena jamais d'avocat. Par contre, j'entendis assez distinctement Ses paroles de colère quand elle fit irruption dans le commissariat au bureau des enquêteurs. De ma vieille salle d'interrogatoire ; je pouvais l'entendre distinctement. Probablement grâce à son sang qui courait dans mes veines, et qui me permettait d'éveiller la sensibilité de mon ouï pour me rapprocher d'elle. Je ne saisissais pas tous les mots, mais elle était mécontente, elle réclamait qu'on me procure un avocat, qu'on me libère, que je n'avais fait que me défendre. J'arborais un léger sourire aussi confiant qu'arrogant, de sorte à bien faire comprendre leur impuissance aux enquêteurs. Dans l'heure qui suivait, j'étais libéré. Surveillé, interdit de quitter le pays et devant me rendre à une audience à huis clos, mais j'étais libre. Je ne pus que saluer la Reine avant que celle ci ne soit rappelée par ses responsabilités. J'aurais préféré avoir le temps de lui montrer l'ampleur de ma reconnaissance et de ma dévotion, mais le loisir ne m'en avait pas été laissé.


    J'étais rentré à l'appartement. J'avais fait l'amour avec Cora, ça m'avait permis d'évacuer toute la pression emmagasinée au cours de la soirée. Puis, je m'étais retiré, seul dans ma chambre. J'avais passé les jours suivants à m'entraîner, ne faisait que croiser ma camarade humaine et la Reine quand le temps de venir nous voir lui était laissé, au milieu de toutes ses autres prérogatives. Néanmoins, je restais disponible pour exécuter ses directives. J'avais donc établi un programme pour l'entraîner comme elle le souhaitait, aux nouvelles techniques de combat, à la guerre moderne. J'avais la preuve qu'elle ne m'avait pas choisi par hasard. J'étais conscient qu'en tant qu'ancien pire ennemi, me briser l'avait amusée, cette Reine aux pouvoirs terribles, mais si elle ne m'avait pas tué quand elle avait été lassée de notre petit jeu, c'était avant tout parce que j'étais un guerrier de l'époque actuelle. Elle aussi s'était battue au cours des siècles, mais elle ne connaissait rien aux méthodes du carnage moderne. Nouvelles armes, nouvelles façons de se battre, nouvelles conceptions tactiques et stratégiques. Je devais lui faire partager ce que j'en savais. Vétéran des guerres tchétchénes, tueur de vampires et d'humains, j'étais tout désigné pour ce rôle qui était désormais le mien. Mais ce soir, rien qui concernait précisément ce sujet n'aurait lieu. Ce soir, je devais terminer ce que j'avais commencé. Visiter la maison communautaire. J'imaginais que les journalistes seraient au courant d'une façon ou d'une autre. J'y allais armé, pour de bon cette fois ci, et pas seulement dans la voiture. De toute manière, la personne que j'avais à voir savait en partie qui j'étais et ce que j'étais, ce qui posait autant de problèmes que ça pouvait en résoudre. Je m'habillais comme la fois passé, mon costume revenait du pressing ou le sang et la sueur en avaient été lavés. Richard me ramena non plus à la mairie, mais directement à la maison communautaire. Des journalistes attendaient au dehors, mais je ne répondis à aucune de leur question, ne leur accordant pas même un regard. Je poussais la porte et la refermais derrière moi. Elle était là.


    Passage à vide, mon regard soutenant le sien. Je ne souriais pas ; ce n'était pas encore le moment. Elle me vouvoyait. Je m'avançais, sans savoir si l'embrasser sur la bouche ou la joue serait le plus adéquat. Je ne fis rien à part plonger mon regard dans le sien.



    | Désolé si ma présence vous déçoit, mais la Reine a fort à faire. Plus encore depuis la dernière fois que nous nous sommes vus. Moi ? Ca a l'air d'aller mieux que vous. Vous tenez le coup? |

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Dim 29 Avr - 16:22

Sans même penser à l’éventuelle présence de journalistes, j’avais pris l’initiative de tirer tous les rideaux de la maison. Entendant ces rapaces beuglant désormais de l’autre côté de la porte, je me félicitais d’une telle initiative. Alors que Torben se tenait face à moi, s’excusant de sa présence, je repensais à la conversation que j’avais eue la veille avec Sasha. Cette dernière m’avait confié ce qu’elle avait appris à son sujet, et ses paroles raisonnaient encore dans mon esprit : "J'espère bien que ce n'était qu'une simple rencontre ! Tu as tout fait raison Victoria : il est dangereux. Il a été membre de l'Eglise HCV et il faisait très bien son travail, si tu vois ce que je veux dire. Maintenant, il les a trahis et a rejoint la reine vampire. Il est devenu encore plus instable." Elle avait évoqué quelqu’un de froid, distant, et je n’avais eu aucun mal à me représenter les choses, pour la simple et bonne raison que j’avais ressentie tout ça lors de notre précédente rencontre. J’avais vu cet aspect là de sa personnalité, mais j’avais également pensé avoir vu quelque chose d’autre, une part sensible, écorchée. Je m’étais longuement interrogée ces derniers jours sur mes sentiments vis-à-vis de cet homme ; le fait était que lorsqu’on craquait pour quelqu’un, on avait tous la fâcheuse tendance à interpréter ce qu’on voyait, entendait, à notre sauce, selon ce qu’on attendait de l’autre. Ainsi, j’avais fini par me dire qu’il était fort possible que ce que j’avais interprété comme de l’intérêt de sa part n’avait finalement été que de la politesse.

J’avais confié à Sasha ne pas penser que quelque chose de plus puisse se passer entre nous ; cette confidence reflétait certes une certaine vérité, d’autant plus que depuis l’incident Torben n’avait à aucun moment cherché à me contacter. Cependant, à l’intérieur je ne pouvais m’empêcher d’espérer qu’un jour ou l’autre il chercherait à me revoir, que cet homme d’apparence froide et détachée ait quelques pensées pour moi. Son attitude quelque peu distante venait-elle finalement me conforter dans l’idée que je n’avais été qu’une simple distraction pour lui ? Je devais avouer que je ne savais plus quoi penser. Je me contentais pendant quelques instants de le détailler, cherchant quelque indice me permettant de déterminer s’il était venu de lui-même, par envie de me revoir, ou s’il ne faisait ici encore que répondre à la demande de sa très chère reine. Il était habillé comme la dernière fois où nous nous étions vus ; de mon côté, j’arborais une veste de tailleur noire, sur un chemisier blanc et un jean. Mes cheveux étaient détachés, afin de cacher au maximum mon hématome, bien que ce dernier empiétait largement sur mon front, arborant désormais une couleur entre le violacé et le marron. Je rabattais une mèche de cheveux sur ce dernier, avant de répondre :


« Je ne suis pas déçue par votre présence, je pensais simplement qu’étant donné les récents évènements, la reine enverrait quelqu’un d’autre… Mais je suis ravie de vous revoir. Je tiens le coup oui ne vous en faites pas ; mon médecin m’a fait passer tout un tas d’examens, et à part cet hématome je me porte comme un charme. J’ai la tête dure.. Je le fixais quelques instants, luttant contre mon désir, convaincue de par son attitude que ce qui s’était passé entre nous ne signifiait rien pour lui. J’ai fermé les différents rideaux, et les issues doivent être fermées à clé. Ces vautours de journalistes ne vous importuneront pas. Ici nous sommes dans le salon principal ; venez, je vais vous montrer ma pièce préférée. Nous entrions dans un salon plus petit, coloré de vert anis et de marron. Ce petit salon sera destiné à des séances de discussions et débats humains/vampires si j’ai bien tout saisi. J’adore cette pièce. Je m’asseyais dans un canapé de cuir noir posé devant un écran plat. Apparemment ils pensent même faire des ciné-débats, lançais-je, alors que mon visiteur prenait place à mes côté. Je pouvais sentir l’odeur de lessive émanant de son costume. Mon regard se perdit quelques instants dans le sien. Je repensais aux mises en gardes de Sasha, et je me demandais comment je pourrais savoir ce que cet homme pensait réellement à mon sujet. Sentant la chaleur monter d’un cran, je quittais ma veste, avant de reprendre :

«Une question me brûle les lèvres… La reine pouvait envoyer m’importe qui pour cette visite. Vous avez vécu une rude épreuve récemment, les médias vous suivent à la trace… Alors pourquoi vous a –t-elle envoyé vous ? »
En réalité, j’espérais qu’il me dirait si cette rencontre résultait de sa propre initiative ou de celle de sa reine. Naïvement, j’espérais qu’il serait venu pour moi, même si Sasha m’avait prévenu que cet homme était trop froid et détaché pour s’attacher à qui que ce soit en dehors de sa reine.
Le fait était qu’il me désarçonnait, et à cet instant précis, alors que nos corps étaient de nouveau si proches, je ne savais plus vraiment à quel saint me vouer…

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Dim 29 Avr - 17:22

    La jeune femme allait apparemment bien. Je sentais qu'il en allait autrement. Pourtant, je n'avais fait qu'effleurer sa conscience, sans jamais savoir réellement ce qu'il se passait dans sa tête. Elle avait l'air bien. Bien maquillée, bien habillée, elle avait juste ce gros bleu sur le front, qu'elle avait tenté de masquer tant bien que mal derrière la crinière de ses cheveux blonds. Je m'en voulais quelque peu pour sa blessure ; j'en étais après tout le responsable et il me semblait clair que je n'avais pas le droit de m'en vouloir pour autant. Je l'avais blessée en la jetant avec force vers l'avant, mais c'était pour la coucher dans la limousine, pour éviter qu'elle ne se fasse mitrailler. Sans doute mes réflexes de garde du corps, qui avaient repris le dessus dès que Victoria avait été en danger à mes côtés. Commotion cérébrale ? Non, elle n'avait pas été à l'hopital ou du moins, elle n'avait pas voulu y aller. Une dure à cuire. Moi je n'avais rien au, autrement que les habituelles éraflures dans ma précipitation ; je m'étais râpé le dos d'une main en dégageant trop rapidement mon arme, et eraflé les genoux quand j'avais été mis par terre par les policiers une fois que ceux ci étaient arrivés sur les lieux du « drame ». Rien de bien méchant ; j'avais survécu, comme toujours. De toute manière, une peau trouée par une rafale ou quelques égratignures, le choix était plus que fait. Je n'y avais même pas réfléchi sur le coup, j'avais juste fait ce qu'on attendait de moi. Si j'aurais été tué, l'honneur de la Reine en aurait pris un coup et on ne pouvait clairement pas se le permettre. J'avais plus protégé Krystel en abattant ces deux humains, qu'à veiller sur ma propre peau. Je ne tenais pas à la vie, pas parce qu'elle était misérable, mais tout simplement parce qu'elle n'était pas à moi. Je ne pouvais donc retirer quelque chose qui appartenait au final à quelqu'un d'autre. C'eut été lâche, inconvenant, impossible. Je ne l'avais donc pas fait. Victoria me dit qu'elle n'était pas déçue que ça soit moi, qu'elle aurait pensé que ce serait quelqu'un d'autre, et qu'elle avait elle même la tête dure. Je souris, assez doucement, presque de façon imperceptible.


    | Je m'en doutais, vous concernant. Il faut bien ça, pour travailler au milieu d'une bande de squales. Vous savez, la Reine a une ligne de conduite très simple. Pas d'intimidation, pas de reddition. En aucun cas elle ne voudra laisser à penser que les attaques des ennemis de la paix puissent lui faire peur. |


    Je laissais mon sourire s'affirmer un peu plus quand la jeune femme me dit ensuite qu'elle avait fermé les portes et les rideaux, de sorte à nous préserver, mais surtout moi, des journalistes avides de scoops et de commentaires croustillants. Je suis souriant parce que je viens de remettre mon masque. Torben, homme du monde.


    | Je vais finir par croire que vous avez surtout voulu préserver notre intimité... |


    Victoria nous amena dans un salon. C'était joli, objectivement, bien que je ne me sente pas à l'aise dans une pièce aussi ouverte. Je réfléchis un instant alors que je prenais place à ses côtés sur le canapé en cuir, et qu'elle se mettait à l'aise en abandonnant sa veste de tailleur. Je plongeais mon regard dans le sien. La jeune femme me redemandait pourquoi moi et pas un autre.


    | A votre avis? |


    Je la regardais, plus sérieusement, jouant parfaitement mon jeu.


    | Je suis désolé si la dernière fois je vous ai paru trop... Entreprenant. Ce n'était pas absolument mon intention que de vous brusquer. Et moins encore de vous assommer contre le bac à glaçons. Je suis... Un peu maladroit, parfois. |

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Lun 30 Avr - 11:07

Je retrouvais le Torben gentleman, agréable, bref, bien sous tous rapports. Plus que jamais, il restait entouré de mystère, et c’est probablement cet aspect insondable de sa personnalité qui me plaisait tant. Peu d’hommes avaient au final jalonné mon existence jusqu’à présent, et quand je faisais le tour de ces derniers, je me rendais compte que ceux qui avaient eu le plus d’importance pour moi avaient été ceux qui m’avaient un jour brisé le cœur, malmené, ignoré. Les hommes gentils, honnêtes, « transparents », je finissais toujours par les fuir. Ma thérapeute pensait que c’était parce qu’inconsciemment je m’étais convaincue de ne pas avoir de valeur, et que donc dès que quelqu’un me démontrait, par ses gestes et paroles, le contraire, je fuyais. C’était un point qu’elle et moi nous travaillions intensément depuis trois ans, et jusqu’à présent je ne pouvais pas vraiment dire que cela avait été concluant… La preuve, je m’embrigadais dans une histoire pas possible avec le bras droit de la reine des vampires. Une vraie calamité !

Alors que Torben répondait à ma question concernant le pourquoi de sa présence par une autre question, je me dis que j’avais été stupide en l’interrogeant à ce sujet. En effet, à la base ce devait être Pierce qui devait faire faire la visite à notre invité, donc de toute manière il n’avait aucun moyen de savoir que je serais là ce soir. J’avais accepté de remplacer mon patron au pied levé, ce qui me permettait de déserter la réunion prévue au bureau, où on aurait sûrement passé la moitié du temps à m’interroger sur l’attaque, ma présence auprès de Torben, ou encore sur mes liens éventuels avec la reine. Le regard de mon visiteur ne quittait pas le mien ; le moins que l’on puisse dire, c’était qu’il savait s’y prendre pour séduire son interlocuteur. Après, je ne pouvais pas non plus effacer les paroles de Sasha, faisant écho à mes propres impressions et sensations à son sujet. Des tas de questions me brûlaient encore les lèvres, cependant je ne pensais pas que les poser serait ici très approprié.


« Et bien il faut croire que votre reine a une confiance absolue en vous, et qu’elle a préféré renvoyer celui qui avait initié le travail pour le terminer. Après tout, vous avez suivi ce projet, alors je suppose que personne n’aurait pu finir mieux ce travail que vous. C’était à l’origine mon patron qui aurait dû vous vous faire la visite officielle des lieux, mais il a eu un petit empêchement, alors il faudra vous contenter de moi» répondis-je à sa question.

Il s’excusa ensuite de la manière dont les choses s’étaient passées la fois dernière, affirmant que son but n’avait pas été de me brusquer ou de me blesser. Pour le premier point, je ne pouvais pas dire que j’avais été offusquée par son approche… Bien au contraire, je m’étais montrée on ne peut plus consentante, et depuis ce baiser que nous avions échangé mon esprit s’était perdu ; je ne savais pas comment réagir vis-à-vis de cet homme, ce que j’espérais et attendais de lui. Le temps passant, et l’absence de signes de sa part, avaient fini par me convaincre que cette histoire ne devait avoir de suite ; et voilà, il était là, mais je devais me faire à l’idée que ce n’était pas pour moi qu’il était venu jusqu’ici, mais pour faire bonne figure et obéir à sa reine.


« Ne vous excusez pas, ce qui s’est passé était consenti ; je ne me suis à aucun moment sentie brusquée, si ce n’est peut-être lorsque vous m’avez jeté au sol. Mais en faisant cela vous m’avez très certainement sauvé la vie, alors je vous en suis au final plutôt reconnaissante ! Ma main s’était posée sur son bras sans que j’en prenne vraiment conscience. Le contact était électrisant, et je me demandai si lui aussi l’avait ressenti, ou si cette sensation n’était qu’unilatérale. Je plaçai finalement de nouveau ma main sur mon genou, avant de reprendre : Vous n’avez fait que protéger votre vie et la mienne, alors je crois que la maladresse est ici pardonnable. Et puis grâce à vous j’ai bénéficié de quelques jours de congés, qui m’ont permis de profiter un peu de ma solitude, de reprendre mes esprits et me remettre de toutes ces émotions.»

Je lui souriais, même si au fond le voir abattre froidement nos assaillants m’avait quelque peu effrayée, et si j’avais été blessée dans mon orgueil par son absence totale de nouvelles, me sentant une fois de plus comme une moins que rien, quelqu’un dépourvue de toute valeur…

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Mar 1 Mai - 16:42

    Victoria avait raison, du moins j'en étais convaincu. La Reine devait avoir une confiance absolue en moi. Pourquoi ? Parce qu'elle savait m'avoir déjà brisé. Je n'étais plus capable de lui résister de quelque manière que ce soit. Doucement, mais sûrement, elle avait érodé ma volonté, elle avait sapé mes forces, jusqu'au coup de boutoir final qui avait fait éclater tout ce que j'étais auparavant. Enfin, non, j'étais trop catégorique. Pas tout. J'étais resté le même qu'avant. Les mêmes compétences, la même façon de penser. Seule ma façon de vivre les choses qui m'entouraient avait changé. Je ne m'en plaignais pas. Je n'avais probablement jamais été aussi efficace de toute mon existence qu'à l'heure actuelle. J'étais devenu ce qui s'approchait le plus du combattant ou du chasseur parfait. Pas parfait dans le sens où je n'avais aucune faiblesse, mais parfait dans le sens où mêmes mes faiblesses devenaient armes. Comme maintenant. J'avais confiance que tout ce que m'avait fait subir la Reine était traumatisant, et m'avait rendu fou. Ca et ma dépendance envers elle, envers son sang. Elle avait tout fait pour m'aliéner à son service, et je lui étais aujourd'hui entièrement dévoué. Mes faiblesses étaient devenues des forces. Mon absence totale de personnalité, ma difficulté à éprouver quoi que ce soit d'autre que mon travail, étaient maintenant transformées. Je n'étais plus prisonnier ni de mon caractère ni de ma personnalité. A cœur vide rien d'interdit. Ici et maintenant, j'étais donc devenu quelqu'un d'autre. Un Torben fringuant, confiant, plutôt mondain, mais au fond de moi je restais aux aguets, armé et prêt à toute éventualité. Je m'efforçais d'élargir mes sens pour percevoir mon environnement au sens élargi, mais je me concentrais avant tout sur la jeune femme en face de moi, lui souriant d'un air charmeur, ne lui faisant pas rater une miette de mes talents inventés de séducteur.


    | Dans ce cas, je pense qu'on peut tous deux se féliciter de la conscience professionnelle et éthique de nos deux employeurs, n'est ce pas ? Sans eux, nous ne serions peut être pas de nouveau ici. Non pas que je n'en ai aucune envie, mais d'autres auraient préféré éviter le coup de sang médiatique qui se prépare au dehors. |


    Ce même sourire séducteur ne fit que s'accentuer quand la belle jeune femme me convainquit que je l'avais effectivement mise sous mon charme ; elle avait consenti à m'embrasser et à tout ce que j'avais pu faire le soir de nos « retrouvailles ». Je savais que si la partie n'était pas encore dans la poche, que j'avais une avance en terme de temps de jeu assez considérable. J'eus un pâle sourire d'excuse quand la belle me dit qu'elle ne s'était pas sentie brusquée sauf quand je lui avais peut être sauvé la vie. En fait c'était assez inexact ; les deux hommes n'avaient pas eu le temps d'ouvrir le feu. Je ne leur en avais pas laissé le loisir. Eux se battent pour un idéal, moi je me bats pour tuer. Le second cas l'emporte toujours le premier, ça c'était vérifié une fois de plus. Ma main vint se placer sur celle de Victoria quand elle me toucha le bras. Je semblais captivé par ce qu'elle disait, mais je n'en restais pas moin concentré ; je sus lire entre les lignes. Victoria se sentait seule, et elle tenait aussi fort à la vie que moi à la mienne. Elle s'était reposée, néanmoins. Je vins écarter, lorsqu'elle eut terminé, sa mèche cachant son hématome, je passais très ,doucement le revers du pouce sur sa peau marquée, plongeant mon regard dans le sien.


    | Je ne vous l'ai pas sauvée, je vous ai mise en danger. J'oublie toujours avec ma nouvelle... Situation... Que je ne peux plus penser qu'à moi même. Les gens qui se trouvent à mes côtés, peu importent les circonstances, sont en danger constant. Vous l'avez déjà vu, subi même. Je vous ai blessée, c'était ma faute. Et avant vous... Disons que j'ai une fâcheuse tendance à attirer la guigne. J'étais marié il y a encore peu de temps, vous saviez ? Ma femme... Disons qu'elle m'a été enlevée. Ensuite, ma sœur a aussi subit les conséquences qui m'étaient réservées. Alors je ne voudrais pas qu'il en aille de même avec vous, vous comprenez? Vous n'y êtes pour rien dans toutes ces histoires... |


    Comment allait elle réagir, sous l'effet de ces révélations?

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Mer 2 Mai - 15:52

Je laissais Torben repousser ma mèche de cheveu. Bien que quelques jours étaient passés depuis l’attaque, la marque laissée sur mon front me faisait toujours un peu souffrir, disons juste suffisamment pour que je n’oublie pas sa présence, et ce à quoi elle me renvoie… La peau de Torben était fraîche, et je profitais de ce contact, fermant quelques instants les yeux. Je ne pouvais m’empêcher de me demander comment chacun allait faire évoluer les choses ? Qu’est ce qui pouvait se cacher derrière cet homme plein de mystère ?

Alors que la question me trottait dans l’esprit, mon invité me corrigea, confiant qu’il ne m’avait pas sauvé mais mise en danger. Je ne pouvais nier cette vérité ; en effet, même si je l’avais suivi de mon plein gré, c’était à cause de ses liens actuels, et peut-être même aussi passés, que nous avions été attaqués. Il y avait quelque chose de différent dans sa voix, une sorte de cassure. Ce qui c’était passé avait peut-être fait rejaillir de vieux souvenirs douloureux, du moins ce fut ce que je pensais.

Il parla ensuite un peu de lui, de ses liens, ce qui était une grande première. Il semblait enfin dissiper un peu les multiples zones d’ombre planant autour de lui. Il avait été marié jusqu’à récemment… Instantanément, je pensais à Franck. Encore un homme marié.. Enfin apparemment, désormais il ne l’était plus, mais je pouvais sentir que la page avait du mal à être tournée, probablement parce que, selon ses propres mots, sa femme lui avait été enlevée. Qu’avait-il pu lui arriver ? Visiblement il en avait beaucoup souffert, et en souffrait sûrement encore. La souffrance semblait faire pleinement partie de sa vie, ce qui pouvait expliquer pourquoi il se retrouvait là où il était désormais. Sasha avait évoqué un Torben autrefois membre de la HCV, organisation prônant des méthodes on ne peut plus radicales, comme j’avais pu moi-même le constater. Je me demandais ce qui avait bien pu faire qu’il avait changé de camp ? « L’enlèvement » de sa femme pouvait-il être lié à ce revirement ? Toujours était-il qu’apparemment cela avait influencé la manière dont il vivait désormais, sorti du monde « ordinaire », œuvrant pour les vampires, trônant dans un monde avide de pouvoir, régi par ses propres lois, sûrement sans aucune pitié.

Je l’écoutais en silence, en apprenant ainsi davantage sur son sujet. Si ce qu’il m’avait révélé m’aidait, dans une certaine mesure, à mieux comprendre l’homme qu’il était, je me demandais dans quel but il s’était ainsi confié. Souhaitait-il ainsi finir de me convaincre qu’il n’était pas « fait pour moi » ? Faisait-il preuve de sincérité parce qu’il m’appréciait ? Malgré ces révélations, je restais tout de même un peu perdue…


« J’apprécie l’honnêteté dont vous faites preuve à mon égard Torben. Je sais qu’assurément, je n’aurais pas écopé de ce joli bleu si votre route n’avait pas croisé la mienne. Cependant, vous ne m’avez en aucun cas forcé à vous suivre, alors je dirais que niveau responsabilité c’est de l’ordre du 50/50. Quant à votre femme, je suis désolée que vous l’ayez perdu ; elle semble beaucoup compter pour vous, et les gens qui s’aiment ne devraient jamais être séparés. Personnellement, je ne crois pas que vous portiez malheur, mais plutôt que vous avez des fréquentations qui ne peuvent que vous attirer des ennuis. Votre parcours vous a amené à faire des choix de vie radicaux, et fatalement ces choix ont eu, ont et auront toujours des conséquences. Mon regard se voila, alors que je pensais à ce bébé que j’avais abandonné. Mais je ne vais pas fuir ce soir, en premier lieu parce que je me dois de vous faire visiter cet endroit en long, en large et en travers ! »

Je venais déposer un léger baiser sur sa joue, non loin de ses lèvres. Je fermais les yeux à ce contact, profitant de sa douceur, sa fraîcheur, la spontanéité de tout ce que nous vivions à cet instant précis. Lorsque je les ouvris de nouveau, nos lèvres étaient toutes proches, si proches qu’une simple impulsion suffirait à ce qu’elles se rejoignent. Cette fois-ci, ce fut moi qui décidais d’opérer cette impulsion, et nos lèvres se scellèrent. Le premier contact fut aussi doux que celui dont j’avais bénéficié avec sa joue ; puis, dans un second temps, le baiser s’enflamma, et à cet instant précis plus rien d’autre n’avait la moindre importance, le temps s’était semblait-il arrêté…..
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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Jeu 3 Mai - 16:01

    Je m'étais dévoilé juste ce qu'il fallait. J'avais mis le timbre qu'il fallait, j'avais eu le regard qu'il fallait. J'étais doué, dommage qu'aucun professionnel n'était dans le coin sinon j'aurais probablement reçu l'oscar ; Cela dit, je ne jouais jamais que le rôle de la vie, mon ancienne vie, celle que je ne pourrais jamais retrouver. J'avais dit des choses, j'avais lâché des détails, qui ne me faisaient pas peur. S'ils apparaissaient un jour dans les journaux, je saurais m'expliquer et cela ne porterait nullement atteinte à la Reine que je servais. Je manipulais comme si j'étais né pour ça ; c'était assez étrange d'ailleurs de s'en rendre compte de la sorte. Cela dit, n'ayant plus réellement de vie, je pouvais revêtir le masque de n'importe quelle vérité que cela ne choquerait probablement toujours personne. Et je pouvais toujours me prêter des sentiments et des émotions que je ne ressentais plus. C'était facile, pour moi, je n'avais pas beaucoup à me forcer. Je savais toujours que Jana garderait une place à part, mais elle n'était plus ni mon amour ni mon futur, elle n'était plus que le reflet magnifique d'un passé brisé et à jamais révolu. Je n'étais pas assez fou pour espérer encore quoi que ce soit d'elle, avec elle, à ses côtés. Tout ce que je pouvais espérer pour elle, c'était qu'elle soit en sécurité, et qu'elle vive correctement l'immortalité qui était désormais la sienne. Je ne voulais plus la mettre en danger, pas par amour, mais parce que j'étais le seul responsable de ce qui nous était arrivés ; elle n'avait pas à payer pour moi. Mais j'avais fait mon deuil, désormais. Je ne disais pas que je ne désirais plus Jana ni n'appréciait plus sa compagnie, mais plus le temps passait et plus j'intégrais ma place dans ce monde. Seul à tout jamais, à deux pas derrière Elle. Ce rôle me convenait, aurait il pu en exister un alternatif ?


    Victoria semblait conquise à sa manière, comme si avoir pu mettre un pied dans mon monde pouvait lui suffire au moins provisoirement à me laisser gagner du terrain auprès d'elle. Je ne m'en plaignais pas, c'était précisément le but que j'avais poursuivi. La conquérir, user de tous les moyens pour se faire. Je l'avais bien vu à la réception la semaine passée ; il y avait eu énormement de gens qu'elle connaissait et dont ma Reine pourrait jouir. Des personnes hauts placées, à la mairie déjà, à l'urbanisme aussi plus particulièrement, sans compter que s'arroger une complicité dans le plus grand cabinet d'architectes n'était pas négligeable. Mais surtout, cela renforçait ma couverture, et rien que pour ça je me devais de continuer ce petit jeu qui n'en était pas vraiment un au sens propre ; c'était plutôt un défi. Déjà elle appréciait mon « honnêteté ». Ensuite, elle me concéda la moitié de la responsabilité de ce qui lui était arrivé ; je savais que le compromis était quelque part la marque de l'intérêt, j'étais donc tout à fait sur la bonne voie. Elle me dit être désolée pour Jana, mais continuait visiblement de suspecter l'univers où je vivais désormais. Je pris l'attitude réservée qui convenait dans ce genre de cas.



    | Vous avez raison ; nos actes ont toujours des conséquences ; je l'ai appris à mes rudes dépends, pour le coup. Pour le reste, je pense encore une fois que tout est affaire de choix. Je m'investis dans mon travail parce que c'est la seule chose que j'ai à l'heure actuelle. Pour le reste... C'est comme tout. On n'y peut rien. Je dois vivre avec ça comme avec tout le reste. |


    J'avais hésiter lui avouer pour le coup que j'évitais de penser à Jana, parce que même si j'avais arrêté ma décision à son sujet, je ne voulais pas pour autant prendre le risque d'être détourné de ma voie, alors je prenais mes précautions. La jeune femme vint m'embrasser sur la joue, mais je sentais que le geste allait déraper tant il avait été ambigu car proche de mes lèvres. Ce qui devait arriver arriva, et nos lèvres se pressèrent l'une contre l'autre en un court moment de tendresse et non sans une pointe de chasteté, avant que la chaleur de la passion ne s'en mêle. Nos langues se caressèrent, nos lèvres s'embrassaient sans répit et je vins attirer son corps contre le mien en passant ma main derrière sa taille. Le baiser dériva bien vite, j'embrassais sa joue, son cou et mes mains passèrent sous son haut, remontant la courbe de son dos. Je me détachais finalement d'elle pour poser mon visage contre le sien, lui murmurant ces quelques mots.


    | Ce n'est pas vraiment le bâtiment que j'ai à l'esprit... Vous êtes sûre que c'est ce que vous voulez ? Nous deux, ici, sur ce canapé? |


    Je ne disais pas ça méchamment ; je voulais juste qu'elle soit certaine, ce qui me laisserait dire que la partie serait effectivement gagnée. Je vins de nouveau l'embrasser dans le cou, respirant pleinement son parfum.


    | Je suis bien, moi, ici... Avec vous. |

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Ven 4 Mai - 9:42

Nous étions passés d’un moment de chaste séduction, à un temps emprunt d’un érotisme grisant. Je me laissais porter par notre baiser langoureux, n’arrêtant de caresser sa langue avec la mienne qu’à l’instant où il me fut nécessaire de reprendre ma respiration, juste histoire de ne pas faire une syncope, ce qui aurait quelque peu je pense cassé la magie du moment. Je sentais sa peau contre la mienne, sentant la force de cet homme m’attirant jusqu’à lui, collant ainsi nos corps envahis par le désir. J’avais envie de cet homme, c’était évident, mais trop de questions, de doutes, m’assaillaient cependant encore à son sujet. J’avais entendu tellement de choses sur Torben, que j’en arrivais à me demander pourquoi s’intéressait-il, d’une manière ou d’une autre, à quelqu’un comme moi ? Je ne pouvais oublier ceux à qui il était relié, et le danger que cela représentait pour quelqu’un comme moi.

Je sentis ses mains venir caresser mon dos, alors que sa bouche elle s’occupait de mon visage, de mon cou ; les gestes étaient somme toute relativement tendres, sans aucune brutalité. Néanmoins, je ressentais un léger malaise. Peut-être cela allait-il trop vite pour moi ? Alors que mon « partenaire de jeu » me demandait si c’était bien ce que je voulais, je me surpris à hésiter. Même si l’envie était là, sans aucun doute, je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’agir ainsi n’était pas dans mes habitudes, que ce n’était pas moi. Je sais, certains d’entre vous vont penser : « Mon Dieu, que cette fille est prude ! », seulement avec un passif amoureux comme le mien, on devient méfiant. Les déceptions finissent de creuser le manque de confiance qu’on peut avoir en soi, et on en vient finalement à se renfermer sur soi, ce que j’avais fait au cours des trois dernières années. Oui, cet homme me plaisait, mais je réalisais que je ne savais rien de lui. Les conversations que nous avions eues ne nous avaient pas permis d’apprendre à mieux nous connaître, et j’ignorais ce qu’il pouvait bien attendre de moi. Et si lui aussi n’avait pour moi aucune considération ? Et si lui aussi finissait par me laisser en morceaux ?

Le fait était que je n’étais pas le genre de fille à s’encanailler le temps d’un soir. J’avais essayé, comme tout le monde, mais j’avais vite réalisé que ce n’était pas moi. J’avais besoin d’être comprise, rassurée, aimée tout simplement. Cela peut paraître naïf, fleur bleue, et tout ce que vous voulez, d’ailleurs cette façon de voir les choses m’a probablement empêché de vivre tout ce que j’aurais pu vivre, mais c’était ainsi que j’étais faite. Lorsque vous avez grandi dans un cadre familial dépourvu d’amour, d’attentions, où la seule personne qui vous a aimé, choyé, était votre nourrice, je pense que vous cherchez à compenser ce manque dans vos autres relations, et d’après moi cela explique ma vision des choses concernant le domaine sentimental..

Je me détachais finalement de mon partenaire, suffisamment pour que son corps ne puisse plus toucher le mien :


« Je suis désolée… Moi aussi je me sens bien, j’ai envie de toi c’est certain, mais pas comme ça, pas ici, pas alors que j’ignore presque tout de toi. Le tutoiement était venu spontanément ; après tout, si nos langues s’étaient retrouvées mêlées, on pouvait bien passer du « vous » au « tu » non ? Je ne sais pas comment vous vivez les choses chez les vampires, mais moi je…. J’ai besoin d’un peu temps… Je sais que ça peut paraître stupide mais….J’en sais que trop peu sur toi, et ce que je sais vient essentiellement des médias. J’ignore au final qui tu es, ce que tu attends de… »

Ma phrase resta suspendue, alors que mon téléphone sonnait. Un message.. « Excuse moi, c’est peut-être important » repris-je, attrapant le téléphone placé dans l’une de mes poche arrière.

DE : Inconnu
Objet : Fais attention. Il se sert de toi


Mon sang ne fit qu’un tour. Qui était-ce ? Et comment cette personne savait-elle que j’étais où j’étais et avec qui j’étais ? Les pensées se bousculèrent, alors que je passais rapidement en revue mon entourage. Je ne voyais pas qui de mon côté aurait pu m’envoyer pareil message. Il était plus probable que cela venait de son entourage à lui. Mais qui ? Et pourquoi ? Cette personne là disait-elle vraie, ou faisait-elle cela pour m’effrayer ? A la base ce devait être mon patron qui devait être ici, alors comment cette personne avait-elle pu savoir que ce serait moi ? Pendant quelques instants, je me demandais si Pierce avait pu être dans le coup, s’il n’avait pas fait exprès de m’envoyer moi ici. Mais encore une fois, pourquoi ? Pourquoi était-ce alors nécessaire que ce soit moi ? Qu’est ce que Torben pouvait attendre de moi ? L’un des vampires présents au cocktail avait-il fait part à sa reine de ce qu’il avait pu ressentir à mon contact ? Mon secret pouvait-il être en danger ? Torben était-il là pour essayer de me percer à jour ? Ou bien lui avait-on demandé de rester proche de moi à cause de mon réseau professionnel, qui pourrait bien être utile aux vampires ??

Trop de questions tournaient dans ma tête, tellement en fait que j’en avais le tournis. Comment devais-je réagir désormais avec Torben ? Si je lui parlais de ce message, allait-il s’en sortir en faisant une fois de plus usage de son charme, qui, il le savait, ne me laissait pas indifférente ? Je restais interdite devant cet homme, me tenant debout, mon téléphone à la main. Que faire ?

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Lun 7 Mai - 14:07

    Ce n'était pas gagné, je m'en rendais compte dès que la jeune femme commença à se crisper sous l'effet de l'hésitation. Comme si la douce et délicate fleur, magnifique et éclose, se renfermait petit à petit mais irrémédiablement sur elle même. J'étais convaincu qu'il se passait quelque chose ; étais je allé trop vite ? Avais je commis le moindre faux pas ? Je n'en savais rien mais ce n'était pas fait pour me rassurer, de manière assez claire en tous cas. Finalement, les choses paraissaient aussi inéluctables que je les pensais ; la jeune femme ralentit la cadence effrénée de nos baisers et de nos caresses. Elle en vint même à se détacher aussi complètement de moi, éloignant son corps du mien tout en tact mais aussi sans laisser place à la moindre ambiguité. Je l'avais brusquée, pour le coup. Les femmes me semblaient pour le coup aussi compliquées que durant ma jeunesse, que durant l'ensemble de mon existence d'ailleurs. On ne pouvait pas nier que j'avais fait fausse route avec Victoria ; je n'avais pu la cueillir comme le fruit mûr que j'avais pensé qu'elle était. Quelque chose clochait, mais je ne mettais pas le doigt dessus. Je n'avais jamais réussi à le faire. Pas même avec la femme de mon autre vie, Jana. Elle n'avait pas quitté les vampires pour moi, elle n'avait pas refusé son mariage avec William pour moi, alors que j'avais tout sacrifié pour elle. Ma vie, ma maison, mon argent, ma santé physique et pour terminer ma santé mentale. Le sacrifice n'était pas toujours récompensé. L'attitude conquérante que j'avais adoptée avec victoria avait échoué. Je ne pensais pas en termes de frustration, ou de tristesse. L'échec n'était jamais définitif, et je ne m'impliquais pas suffisamment personnellement pour que j'en vienne à ressentir quoi que ce soit. J'adoptais cependant une mine un peu contrite, celle du veuf éploré qui est une fois de plus face à une des nombreuses déconvenues de son existence. Un rôle ne fonctionnait pas ? J'en forçais le trait, conformément à l'histoire personnelle que je m'étais réapproprié. Victoria avait envie de moi, c'était confirmé, rien n'était perdu.


    | Oui, je peux comprendre. J'ai bien fait de te demander, alors. |


    Le tutoiement faisait partie du masque. Elle dit qu'elle était un peu perdue vis à vis de ce que j'attendais d'elle, de ce que je faisais chez les vampires, du fait qu'elle ne savait rien de moi. Heureusement encore, si elle savait qui j'étais et tout ce que j'avais fait, elle serait probablement en train de s'enfuir en hurlant. Elle me voyait comme un homme alors que je n'étais même plus totalement intégré à l'espèce humaine ; j'avais perdu tant de points communs avec l'individu que je croisais dans la rue que je ne me sentais plus vraiment que comme l'ombre unique et solitaire de la Reine des vampires, celle pour qui je faisais tout ça au final.


    | Pas de soucis. C'est peut être mieux comme ça, pour le moment. |


    Le portable de Victoria sonnait et elle me demanda si je pouvais l'excuser ; un signe de tête suffit pour lui donner mon assentiment. Quelque chose clochait, je le sentais instantanément, je le sentais. Elle restait là, debout, interdite devant son téléphone, et elle me regardait sans rien dire. Que c'était il passé ? C'était forcément en rapport avec ce message qu'elle avait reçu. Il devait m'impliquer d'une manière ou d'une autre, c'était soit ça soit une nouvelle qui la dévastait et elle ne savait pas comment réagir devant moi. Je fronçais les sourcils de manière plus prononcée, pris par le doute. Je me levais et posais ma main sur son bras, doucement et sans la brusquer. Quelque chose clochait, et je ne savais pas quoi.


    | Quelque chose ne va pas, Victoria ? Vous... Tu sembles toute... chamboulée... |


    Retour au vouvoiement impromptu et involontaire.

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Mar 8 Mai - 13:21

J’essayais tant bien mal de faire la part des choses, de trouver une réponse face à cet envoi mystérieux. Première question, et non des moindres : Qui m’a envoyé ce message, et comment cette personne a pu avoir mon numéro ? Certes internet se révélait être un outil des plus précieux pour ce genre de recherche, mais j’avais fait mettre mes numéros sur liste rouge depuis le harcèlement que j’avais subi quelques mois auparavant, venant d’un client un peu trop intéressé et pressant. Donc désormais, les seules personnes connaissant mon numéro de portable étaient les collègues du bureau, et quelques amis, peu nombreux cela dit et de confiance.

Si je partais de l’hypothèse que la personne qui m’avait envoyé ce message faisait partie des « proches » de Torben, même si je ne doutais pas que les vampires puissent bénéficier de nombreuses ressources, au fond de moi je restais convaincue que quelqu’un de mon entourage avait donné mon numéro, et les derniers évènements me ramenaient indubitablement vers mon patron. Mais pourquoi ? Quel intérêt aurait-il à m’envoyer en première ligne ? Se servirait-il de moi pour acquérir l’appui précieux de la « cour royale vampirique » ? Connaissant Pierce, c’était fort possible, mais de là à envoyer un homme m’amadouer, c’était un peu..tordu…En même temps, j’avais affaire à des vampires alors… Démêler le vrai du faux, mener l’enquête, dresser des profils, j’avais presque l’impression de me retrouver dans l’un des épisodes de « New York section criminelle » ou « Criminal minds ». J’aurais pu en sourire, en rire même, si les circonstances avaient été différentes.

Je repensais aux derniers mots de Torben, froids, détachés, presque mécaniques :
« Oui, je peux comprendre. J'ai bien fait de te demander, alors. | », | Pas de soucis. C'est peut être mieux comme ça, pour le moment. |Aucun regret, aucune déception ne se lisait dans sa voix. Mes hésitations, mes doutes, semblaient lui faire ni chaud ni froid. Pouvais-je me fier à ce message venu de nulle part ? Se servait-on vraiment de moi ? J’avais l’impression de devenir complètement parano, alors que Torben se tenait désormais face à moi, posant l’une de ses mains sur mon bras. Il semblait encore hésiter entre le « vous » et le « tu ». Cela signifiait-il quelque chose, ou étais-je simplement en train de me perdre dans les méandres de mon esprit tourmenté de questions ?

Que devais-je faire ? Que devais-je lui répondre ?
Scénario 1 : Je lui balance le sms à la figure, lui demandant des explications, ce qui donnerait un truc du genre : « Qu’est ce que ça veut dire ? Lequel de tes amis mort-vivant suceurs de sang m’a envoyé ça ? Qu’est ce que je suis pour vous ? Un faire valoir ? Un moyen de se faire plus de contact, d’acquérir plus de pouvoir ? Non mais pour qui tu me prends, espèce de sale... » Non non, c’est peut-être un peu trop direct, un peu trop agressif… Il a l’habitude de réactions comme ça, il saurait sans aucun doute y faire face..

Scénario 2 : Je reste calme, maîtresse de mes émotions. J’essaie de lui faire cracher deux, trois trucs, histoire de voir s’il est sincère, ou si effectivement il me prend pour une bonne poire. Mais comment faire ? Ah bon sang, manipuler, se servir des gens, c’est vraiment pas mon truc… Moi je serais tellement plus heureuse dans le monde des bisounours … Allez ma fille, respire, souffle, et lance toi, dis quelque chose…

« Heu…C’est rien, juste une petite contrariété (Tu parles oué !). Je suis juste un peu étonnée que quelqu’un comme toi, qui évolue dans le milieu des vampires, où toute chose peut-être acquise avec une certaine facilité, sans avoir beaucoup d’efforts à fournir, puisse avoir envie d’être avec quelqu’un comme moi. Pour avoir entrevu ce que pouvait être ta vie, et celles des vampires, je pense que tu peux comprendre que je puisse avoir quelques doutes. Je ne suis qu’une citoyenne ordinaire, avec une vie ordinaire. Mon travail me permet d’avoir certains contacts qui pourraient probablement être profitable à ta reine, alors.. Je suis juste un peu perplexe quant à tes intentions.. J’ai entendu tellement de choses… Je ne voudrais pas être utilisée comme un pion qu’on déplace sur un échiquier, c’est tout. J’ai déjà trop souffert dans ma vie, je ne pense pas être en mesure de supporter de nouvelles déceptions. »

J’avais été sincère, tout en soulevant de nombreux points. J’ignorais comment Torben allait réagir ; moi-même je me sentais définitivement perdue, partagée entre le désir que j’avais pour cet homme, et la méfiance tout aussi importante que je nourrissais à son égard….
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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Mar 8 Mai - 18:36

    Que venait il de se passer ? J'étais convaincu que je n'avais loupé aucun épisode, alors je me devais de savoir. Je devais savoir ce qui avait été écrit dans ce message, et pourquoi Victoria m'avait lancé ce regard bien particulier. Avait elle appris quelque chose sur moi ? Etait elle déjà avec quelqu'un et pensait elle aux conséquences ? Non, je ne savais pas, aucune intuition particulière ne me permettait de produire un début de réponse. Je me contentais d'adopter une attitude qui se voulait avenante, compréhensive, un peu tendue suite à son refus de continuer ce que nous avions commencé, aussi. Je ne devais pas montrer que j'étais trop touché de son refus, ni provoquer l'inverse. Elle devait se rendre compte que son refus m'avait touché mais j'avais pris le masque d'un homme qui cachait un maximum ses sentiments, peut être pour se protéger. Aussi étais fidèle à cette couverture que je continuais de garder. Victoria hésita un moment avant de me répondre. Hésitait elle entre le mensonge et la vérité, ou est ce que son hésitation devait vouloir dire autre chose ? Je n'en avais aucune idée, tout ce dont j'étais certain, c'était que l'espèce d'idylle sensuelle et érotique dans laquelle nous nous trouvions était bien terminé ; elle ne semblait pas femme à revenir en arrière, et mon masque impliquait que j'assumais ce qu'on me disait et les situations que je provoquais. Elle m'avait repoussé, peut être provisoirement, mais cela suffisait. Pour le moment en tous cas, il ne fallait jamais dire jamais. Je le savais mieux que quiconque, c'était le genre de chose que j'avais appris dans la douleur et dans le sang, quelque chose que je n'avais pas pu ignorer tant cette vérité s'était imposée dans mon esprit en lettres de feu.


    Rien, une petite contrariété ? J'avais subi et mené autant d'interrogatoires que possible, et ma raison s'était d'ailleurs écroulée durant ce genre d'évènements. Je savais qu'elle me mentait, mais j'avais pris le parti de continuer de façonner mon alibi auprès d'elle, alors je ne ferais rien de plus pour la brusquer pour le moment. Je restais de toute manière convaincu que je saurais avoir le dernier mot. S'ensuivit un assez long discours de doutes, d'histoires de vie et de peines. Elle doutait de moi, alors. Malgré son discours quand j'étais arrivé, elle n'avait pas confiance en moi. Je ne lui en voulais pas ; je n'avais moi même confiance en qui que ce soit d'autre que moi, puisque je n'avais jamais vraiment su cerner les intentions de ceux qui pourraient me vouloir du mal, à moi ou à mes intérêts ailleurs dans le monde. Je prenais l'air un peu contrit de celui qui avait fait une erreur, mais j'essayais de tourner ça bien le temps de trouver quoi lui répondre. C'est avec un regard vibrant d'honnêteté et de souffrance refoulée que je captais de nouveau son regard.



    | Je peux comprendre. Je suis là, je t'aborde, te paies un coup et te fais du rentre dedans, je t'embrasse et je veux visiblement aller plus loin. Alors que je fréquente les vampires que visiblement tu n'aimes pas. Pourtant je.. je suis sincère. |


    Quel con, j'avais failli mettre ma phrase au passé. J'entrais toujours plus profondément dans la peau de mon personnage en faisant mentir et mon corps et mon regard, posant ma main sur sa joue.


    | Je peux comprendre, comme je t'ai dit. Mais je ne voulais pas te brusquer. Si tu viens à penser que je suis là pour profiter de moi, c'est que je t'ai brusqué quand même. Je suis désolé. Tu sais, avant, y'a des mois de ça, je n'étais pas comme ça. J'essaie de m'en sortir, après la perte de ma femme. Je me dis que je dois continuer à vivre pour autre chose vu que je ne peux plus le faire pour elle. Tu ne peux pas imaginer les conneries que j'ai pu faire, quand j'étais perdu, destabilisé, tout seul... Si tu veux qu'on en reste là parce que tu as peur d'avancer, je comprendrais. J'en ai peur aussi. |


    Je baissais le regard un instant, jetant un dernier coup d'oeil au canapé qui aurait pu être le témoin de notre rapprochement. Je lâchais la joue de Victoria, et reportais mon regard torturé sur elle.


    | Tu me fais visiter ? Que je ne te fasse pas perdre totalement ta soirée... |

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Mer 9 Mai - 12:09

Torben se montrait doux, compréhensif, présent. Il me dit être sincère…. Coup de bluff ou vérité ? Tout s’embrouillait dans mon esprit, il me semblait de plus en plus difficile de faire la part des choses. Tout ce que je voulais au fond, c’était y croire, croire en sa sincérité, et m’abandonner à cet homme charmant, pouvant être distant comme proche, soufflant le chaud comme le froid. Pourquoi fallait-il que je sois toujours attirée par ce type d’homme ? Un homme simple et gentil n’avait jamais l’affaire, le fait était que cela finissait par m’ennuyer, et trop de proximité me faisait finalement fuir.

Quand j’étais petite fille, peu de temps après avoir découvert mon statut de métamorphe, j’avais lu pas mal d’ouvrages concernant les faucons. Oiseau de proie, cet animal possède une vue on ne peut plus excellente, pouvant voir un pigeon en vol situé à plus de 6 kilomètres. C’est un très bon chasseur, très rapide, observant un long moment ses proies du ciel. J’avais ainsi progressivement expérimenté mon statut de méta, et ce dernier faisait désormais partie intégrante de ce que j’étais. Ainsi, lorsque j’y prêtais suffisamment attention, même en tant qu’humaine je pouvais repérer certaines choses qu’un individu « lambda » ne pouvait lui pas remarquer. Ce n’était pas des « proies » que j’observais alors, mais mes semblables, et ce que je pouvais voir n’était hélas pas toujours très flatteur. Mon seul problème, c’était que quand ils ‘agissait du domaine amoureux, mes capacités méta semblaient s’annihiler ; je redevenais une ado en mal d’amour, et je n’étais alors plus capable d’y voir clair, c’était le cas de le dire…

J’écoutais Torben me parler de lui, de sa vie, du mal qu’il pouvait avoir à continuer sa vie depuis que sa femme n’était plus à ses côtés. Le contact de sa main était doux, tendre. Fatalement, ce qu’il me racontait ne pouvait que faire écho avec ce que j’avais ressenti, et ressentais parfois encore, depuis que Franck avait pris la tangente. Tout avait basculé si vite ; j’étais passée d’une vie heureuse, avec un homme, marié certes, et un bébé en route, à plus rien…. J’avais dû me reconstruire, je comprenais tout ce qu’il disait, ressentait. Il disait avoir peur ; je devais avouer qu’il était difficile d’imaginer un homme capable d’abattre de sang froid deux hommes armés avoir peur de se laisser aller de nouveau avec quelqu’un. Je fermais quelques instants les yeux, espérant qu’ainsi je pourrais mieux réfléchir à la situation. J’inspirais et expirais le plus calmement possible ; j’essayais de laisser mon instinct animal reprendre le dessus, car je savais qu’il serait le mieux placé pour me guider face à cet homme entouré de multiples zones d’ombre.

Après quelques instants, alors que Torben me demandait de poursuivre la visite, j’ouvrais de nouveau les yeux. Je lui souris, avant de prendre refuge quelques instants dans ses bras. Fermant alors de nouveau les yeux, je me concentrais sur sa respiration, sur tout ce qui pouvait émaner de son corps. Aussi bizarre que cela pouvait paraître, je décidais de laisser pour une fois la méta que j’étais dicter ma conduite ; mon côté animal me poussait semblait-il à observer ma « proie ». Il fallait que j’arrive à en apprendre davantage, c’était le seul moyen de savoir comment Torben me voyait vraiment. Je ne voulais plus souffrir ; aussi, je devais m’assurer que cet homme ne jouait pas un double jeu… A regret, il me fallait bien le reconnaître, je quittais les bras de mon visiteur.


« J’ai perdu quelqu’un moi aussi, enfin en quelque sorte. Il m’a abandonné. Je me suis retrouvée seule du jour au lendemain. J’ai dû prendre certaines décisions, qui ont encore aujourd’hui des conséquences sur ma vie. J’essaie de vivre au jour le jour, de m’en sortir. On dirait qu’on a certaines choses en commun toi et moi, lui dis-je, espérant que ce qu’il confiait était bel et bien vrai. Il m’apparaissait de plus en plus clairement que le pousser dans ses retranchements pour en apprendre plus ne serait pas la bonne marche à suivre. Viens, repris-je, posant délicatement sa main dans la mienne, passant dans la pièce suivante. Voilà la salle de jeux : billard, baby foot, flippers, tout y est. Je dois bien avouer que j’ai un peu de mal à envisager vampires et humains jouant tranquillement au billard ou à autre chose, mais bon, pourquoi pas après tout !
Je m’arrêtais devant le baby foot, envoyant d’un coup de manette le petit ballon resté au milieu du jeu dans l’un des petits buts. Il y en avait un à l’internat où j’étais ; on a passé des heures dessus, on aimait bien mettre une bonne raclée aux garçons ! Je souris à ce souvenir ; ma main avait lâché celle de Torben, et je déambulais tranquillement dans la pièce, passant la main sur chacune des machines neuves s’y trouvant. Qu’est ce que tu en penses, tu crois que ça fonctionnera ? A l’étage, le maire a voulu qu’on construise une pièce plus « zen », avec des tapis, coussins. Je sais pas trop ce qu’il veut en faire ! Je vais te montrer. »

Je l’amenais à l’étage, toujours consciente que ce qui avait pu naître en nous n’avait pas disparu, même si j’y avais mis un frein. Je le fis entrer dans la pièce ; couleur anis, la pièce disposait de plusieurs petites fontaines design, de gros coussins couleur chocolat répartis un peu partout. Eclairée par de petites lumières offrant une ambiance tamisée, intime, c’était probablement la pièce de la maison que je préférais, même si j’avais du mal à imaginer ce qu’ils allaient bien pouvoir y faire.. Il y avait une chaîne hi-fi qui pouvait diffuser des musiques zen. Je m’installais sur un des coussins, l’amenant à faire de même. Je passais passant négligemment la main dans mes cheveux détachés, pour l’arrêter sur ma nuque. Tournant la tête vers lui, lui offrant un nouveau sourire, je repris alors : « Qu’est ce que tu en penses ? » Sans vraiment m’en rendre compte, ma voix s’était faite plus douce, plus suave. Ok, je continuais à le draguer, c’était plus fort que moi. Ce jeu de séduction me plaisait, alors pourquoi ne pas en profiter, tout en chercher à en savoir plus à son sujet ?
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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Mer 9 Mai - 19:29

    J'avais conscience de jouer un rôle, tout ce que j'espérais c'était que j'étais celui qu'il fallait pour cela. Victoria m'écoutait, et le contact de ma main semblait lui convenir, en tous cas elle ne me repoussait pas et elle semblait assez attentive à mon propos. Parviendrais je à la rassurer dans mes intentions ? Rien n'était moins sûr. Je me devais de continuer, cependant, tant que rien n'était perdu. Ma Reine m'en voudrait assez fortement si je n'étais pas capable d'aller jusqu'au bout de ce que j'entreprenais. Victoria m'écouta jusqu'au bout sans m'interrompre ; je ne savais toujours pas si elle comprenait et adhérait à mes propos, mais je sentais une certaine tension se relâcher dans l'atmosphère, c'était comme si tout ce qui avait pu se mettre entre nous quelques instants plus tôt était définitivement en train de s'envoler. Enfin, je ne dis pas que je repensais à coucher avec Victoria sur le coup, cela n'irait plus vraiment avec le déroulement de la soirée ; c'était un peut comme si on avait mis ce véritable cap de côté pour s'attarder plus sur ce qu'on était sensés faire concrétement ici. Je ne la blâmais pas. A sa place non plus, je n'aurais pas succombé. Pas parce que je me percevais comme un mauvais acteur, mais tout simplement parce que tout ça faisait trop rapide. Je devais faire attention à prendre en compte les paramètres de son propre point de vue, sinon tout cela ne servirait à rien. Victoria avait fermé les yeux un instant, comme si elle avait besoin de souffler un bon coup avant de poursuivre. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Il semblait qu'elle aie eu trois petits chocs au cours de la soirée, et n'importe quel être humain normal en aurait été chamboulé. Me voir moi, en premier lieu, alors que la dernière fois que nous nous étions vus j'avais abattu deux hommes après l'avoir embrassée. Ensuite, la tension sexuelle entre nous qui avait menacé d'exploser, et enfin ce mystérieux message reçu sur son téléphone. La jeune femme m'étonnait en venant se blottir contre moi, dans mes bras, posant son visage contre mon torse. Je la serrais doucement, passé l'instant de surprise. Je ne comptais en aucun cas la repousser. L'étreinte dura un instant avant qu'elle ne finisse par se détacher doucement de moi, comme à regret. Décidément, j'avais vraiment du mal à la cerner, cette femme. Un coup elle me sautait presque dessus, le coup d'après elle pointait un doigt accusateur sur moi, pour finalement me faire un câlin qui au moins, semblait l'avoir réconfortée. Etait ce encore à cause de ce fameux message ? Je n'en savais toujours rien.


    Victoria se mit à son tour à me faire quelques confidences. Abandonnée par son compagnon ? C'était triste. Mais c'était ça, la vie. Se doutait elle seulement du destin de mon épouse, et des horreurs que j'avais vues et commises pour la retrouver ? Non, pas une seule seconde, j'en étais certain. Et là encore, ça n'était pas plus mal. Je me laissais aller à mon côté un peu fébrile et désespéré refoulé, il y avait quelques petites hésitations, presque des trémolos, avant que ma voix ne se brise tout à fait.



    | Je ne l'ai pas seulement perdue. Je l'ai abandonnée. Elle a été enlevée et... Je n'ai pas été capable de la retrouver à temps. |


    Merci au jury des oscars, si avec ça je ne gagnais pas un prix ! Je baissais les yeux un instant. Je ne pleurerais pas ni me laisserais aller plus avant, mais j'avais la mine honteuse et triste de ceuli qui vit avec un gros poids sur le cœur et la conscience. C'était d'autant plus facile à jouer que je l'avais vécu pendant environ deux ans et demis. Je me laissais entraîner à la suite de Victoria, tentant à chaque fois qu'elle se tournait vers moi, de masquer ma souffrance par un sourire crispé et un peu dénué de joie. Je laissais la jeune femme me tirer derrière elle par la main, et elle me présenta une salle de jeux avc billards et baby foots. Elle imaginait mal vampires et humains jouer à ce genre de distractions. Je souris. Elle connaissait si mal les vampires... Victoria continuait à se laisser aller à des confidences sur son existence passée ; un internat, un talent pour les jeux de bar. Je notais mentalement les informations.


    | Je pense oui. Tu sais, je pense vraiment que ce sera leur truc. Les vampires sont immortels ou peu s'en faut ; ils s'accrochent aux choses matérielles pour ne pas devenir fou. Ils savent et aiment jouer à ce genre de jeu. Mais j'ai bien peur que les parties ne soient tout à fait équilibrées. Il faut être sacrément bon face à un vampire, plus rapide et plus vif. |


    Ensuite, Victoria me conduisit à une autre petite pièce, style zen. Fontaines ruisselantes, avec des poufs un peu partout et une ambiance qui se voulait tamisée. C'était assez joli, objectivement, bien que je ne me voyais pas moi même me reposer dans ce genre d'endroit. Ca ressemblait surtout à un coin où vampires et humains pourraient copuler joyeusement en échangeant leur sang. Je chassais ces images de ma tête. Je m'assis à côté de Victoria, ne sachant trop bien comment je devais me placer ou me positionner, je me sentais raide comme un piquet de cloture. Victoria me redemanda ce que j'en pensais, d'une voix qui se voulait d'un coup beaucoup plus séductrice. Je la regardais, souriant doucement.


    | C'est pas mal, comme endroits... Mais pour le coup, intime comme ça fait, j'ai la lourde sensation qu'on est trop habillés pour l'ambiance. Tu vois ce que je veux dire ? |

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Jeu 10 Mai - 11:14

Je restais touchée par ce que Torben m’avait confié concernant sa femme. Il disait l’avoir abandonné, et bien que je n’en avais rien montré, cet aveu m’avait serré le cœur. Je me demandais ce qu’il avait pu se passer, par qui elle avait bien pu être enlevée, mais je n’avais pas osé lui poser davantage de questions. Même si Franck m’avait lui aussi abandonné, les circonstances étaient visiblement bien différentes, car apparemment Torben lui n’avait pas eu d’autre choix. Si de nombreux doutes m’habitaient encore concernant ce dernier, je restais cependant quelqu’un d’humain, peut-être un peu trop d’ailleurs. J’avais toujours été quelqu’un de très empathique, et ce trait de caractère était tout aussi bien un don qu’une malédiction. Se mettre à la place de l’autre, ressentir ce que lui a pu ressentir, cela peut aider à comprendre certaines choses c’est certain, mais cela touche aussi, ça bouleverse. Or, je savais qu’avec Torben je ne devais pas non plus me laisser totalement submerger par ce qu’il pouvait me faire ressentir, pour la simple et bonne raison que j’ignorais où s’arrêtait la sincérité et où commençait la manipulation.

Le sms que j’avais reçu avait fini de me mettre en alerte, et je me devais de rester un peu sur la réserve, de ne pas trop m’impliquer émotionnellement. Une chose était certaine : il savait quelle corde jouer avec moi, il savait me toucher. C’était dans ces moments là que je regrettais de ne pas avoir la force mentale des vampires, eux que rien, ou presque, ne perturbe. Y’avait pas à tortiller : parfois, être humain, ça craint !

Mon invité m’avait rassuré quant aux installations de la maison ; je ne m’inquiétais pas forcément de son bon fonctionnement, je n’avais été là que pour faire les plans et veiller à ce que tout soit bâti correctement, mais mon patron souhaitait simplement s’assurer que les vampires seraient satisfaits du produit fini, et Torben était officiellement leur représentant. Au moins sur ce point là j’étais totalement rassurée… Ce dernier s’installa non loin de moi ; je pouvais bien voir qu’il n’était pas vraiment à son aise en ce qui concernait le « laisser aller » sur un pouf. Le voir chercher sa position me fit sourire, car pour une fois c’était lui qui éprouvait un léger malaise.

Le regain de séduction que j’avais instauré ne l’avait semblait-il pas laissé de marbre. En même temps, toutes les femmes savaient qu’il n’en fallait pas forcément beaucoup pour émoustiller la gente masculine ! Mon sourire s’élargit à sa remarque, alors que je le regardais de la tête aux pieds ; il était un peu trop habillé pour l’ambiance du lieu, ça c’était certain.


« Et bien c’est sûr que tu en as peut-être un peu trop fait avec ton costume ! Tu pourrais au moins retirer ta veste ! commençais-je à lui lancer, levant les sourcils d’un air entendu. De mon côté, j’enlevais lentement mes bottes de cuir noires, puis mes chaussettes fines, laissant le tapis caresser mes pieds désormais nus. J’ai déjà enlevé ma veste et mes chaussures, je crois que j’ai une bonne longueur d’avance sur toi ! continuais-je de le taquiner, alors que je retirer mon portable de ma poche arrière, pour le poser sur le tapis. Ce dernier s’était verrouillé sur le message que j’avais reçu un peu plus tôt. Le voir de nouveau me permettait de garder à l’esprit, quoi qu’il puisse se passer, que je devais garder en tête la possibilité que mon partenaire de jeu se servait de moi. Quand on insinue, qu’on provoque, il faut assumer derrière ! terminais-je, amusée par la tournure que prenait la situation.
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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Jeu 10 Mai - 23:54

    Victoria me jaugea intégralement du regard, de haut en bas. Elle m'analysait, et c'était surtout du côté de la tenue, rapport à ce que je venais de lui dire. Elle ne montrait toujours pas vraiment ce que lui inspirait mon discours sur mon passé. Pour le coup, on ne pouvait pas me prêter des intentions de mensonges ou de tromperies ; je n'avais jamais dit que la vérité, l'entière vérité même. Bon, là où je commençais à tout trafiquer, c'était au niveau de mon ressenti vis à vis de tous ces évènements. Je n'étais plus désespéré, ni même en deuil. J'étais toujours attiré par Jana ; elle était la seule et unique à avoir fait basculer mon cœur, mon âme, elle avait bouleversé mon existence. Mais honnêtement, n'était elle pas morte ce fameux soir du réveillon de 2008 ? Si. Elle l'était. Je le savais maintenant. Le cœur ne recelait pas l'âme comme on le disait souvent dans les discours, surtout religieux ou romantiques. L'âme était dans la mémoire des gens. Et en perdant celle ci, Jana était bel et bien morte. Ce n'était qu'une nouvelle âme qui était née à sa résurrection vampirique. Elle était soit disant amoureuse et encore attachée à moi. Mais ce qu'elle aimait n'avait rien à voir avec ce que j'étais. Elle n'aimait que ces brides de souvenirs qu'elle avait recueilli. Elle chérissait son passé perdu et si ardemment recherché, que mes propres qualités et mes défauts. Ma femme était morte, c'était une vampire que l'on m'avait rendu. Combien de temps avais je passé à maudire ce seigneur a priori tout puissant, qui m'avait volé ce que j'avais de plus cher en ce monde, pour ne m'en rendre qu'une copie dénuée de tout ce qui nous avait unis par le passé ? C'était cette prise de conscience, peut être plus que les tortures que j'avais subies, qui avaient fait basculer mon esprit. Oui, ça devait être ça.


    La prise de conscience que ce Dieu que j'avais tant servi n'était qu'un fantoche, avait achevé le peu de santé mentale qu'il m'était resté de tous ces mois de quête vengeresse. J'étais passé par l'enfer, j'avais manqué tant de fois d'être tué, j'avais commis de véritables horreurs jusqu'à en venir à abattre des innocents, et je m'étais baigné dans la haine en égale quantité avec l'alcool, pour m'achever une bonne fois pour toutes. J'avais espéré qu'en retour de tout ce que j'avais fait pour lui, Dieu m'accorderait au moins le repos. Mais même pas. Il en fallait toujours plus. La haine nourrissait la haine. Dieu s'en fichait de ma pathétique existence. Pire, il nous détestait à coup sûr. Et peut être pour enfoncer le clou, il n'avait aucun pouvoir, aucune emprise sur le monde réel. Il n'avait fait que regarder ma déchéance et ma chute. Sans aucune clémence, il avait laissé tous ceux que j'avais aimé mourir, ou entrer dans une spirale infernale de pure démence et de cruauté, de luxure et de violence. Elle, Elle m'avait sauvé. Elle m'avait détruit pour mieux me reconstruire. S'il devait existait un Dieu dans cet univers, alors ce serait une déesse, et elle serait Elle. Elle seule avait le pouvoir de bouleverser les existences, de se montrer magnifique et éternelle, sans pitié pour ses ennemis mais pleine de bonté pour ses loyaux serviteurs. Elle était ma représentation du divin, désormais. A cœur vide, rien d'interdit. Et ce soir, en Son nom, je séduisais une humaine pour ne jamais Lui porter préjudice et pour favoriser Ses desseins. La dite humaine me lançait un espèce de défi en me disant que je pouvais au moins retirer ma veste. Je lui lançais un regard séducteur alors qu'elle me dit qu'elle avait une bonne avance sur moi. Assumer derrière ? Sans me départir de ce regard, j'enlevais ma veste, et déboutonnais le haut de ma chemise comme me boutons de manchette. Je jetais ma veste sur le côté, et délaçais mes chaussures pour en faire de même avec mes chaussettes. Je m'approchais d'elle, frôlant presque son corps, une fois de plus.



    | Faut il que je continue à me déshabiller, ou continueras tu à me montrer jusqu'où m'arrêter ? Je te rappelle que nous sommes à égalité, et que c'est toi qui a entamé les hostilités, ce soir... |


    Je me laissais tomber dans un des énormes coussins, soupirant du même coup de satisfaction, comme le type las d'une journée de travail que j'incarnais.


    | Faut quand même reconnaître, c'est plutôt agréable... Manque plus qu'un bon verre de vin... | j'avais toujours préféré le whisky ou la vodka | une bonne petite musique d'ambiance, du style de Massive Attack, « Paradise Circus » ou quelque chose du genre... |


    Je l'attirais contre moi, en la tirant par la main en la prenant par surprise. Elle m'était à moitié tombée dessus et je riais, amusé.


    | Et toi dans mes bras. |


    Je l'embrassais. Un long baiser. Pas aussi brûlant que celui de tout à l'heure. Un baiser lent, pas chaste pour autant, mais un vrai baiser, comme au cinéma. Je souris en détachant mes lèvres des siennes, prenant un air faussement sérieux et un ton plus grave.


    | Alors, Mrs Orion. Comment voulez vous me vendre votre bicoque sans sortir une bonne bouteille ? |

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Sam 12 Mai - 15:54

Je regardais mon invité se prendre au jeu et commencer à enlever un peu d’épaisseur. Il commença par enlever sa veste, puis s’attaqua à sa chemise. Je devais bien reconnaître que j’étais assez curieuse de voir ce qui se cachait en dessous ; cependant, Torben ne fit qu’enlever quelques boutons, restant ainsi toujours dans le jeu. Je lui souris lorsqu’il annonça que nous étions désormais à égalité ; il me tendait à son tour le petit défi que j’avais initié. La soirée avait ainsi repris un caractère plaisant, même si je n’oubliais pas les avertissements, connus et anonymes, que j’avais pu recevoir concernant mon petit camarade de jeu. Je me demandais par quels moyens je pourrais être en mesure de la démasquer….. Si cette rencontre avait été «planifiée » dans un dessein quelconque, si je n’étais qu’un instrument, qu’une clé susceptible d’ouvrir aux vampires certaines portes, il me fallait découvrir ce dont il s’agissait exactement. Je me devais de mener l’enquête, tel Sherlock Holmes, ou plus récemment l’inspecteur Goren. Il était trop tard pour faire machine arrière, et qui plus est je n’en avais pas vraiment envie.

J’imaginais sans mal pour terminer ce tableau une bonne bouteille de vin, quelques amuse-gueule, et « Angel » de Massive Attack en fond sonore. Hélas, je ne disposais pas d’alcool, et la seule musique qu’il y avait ici était classique, dans un but de relaxation.


« J’aurais bien bu un verre de vin moi aussi, mais figure-toi qu’on n’a pas le droit d’avoir de l’alcool ici, c’est la loi il paraît, lui-lançais faussement choquée ; Quant à la musique, j’ai bien peur que celle dont nous disposons ne soit pas forcément très appropriée à la situation.. »

Je le laissais ainsi pendant quelques instants mener le jeu, ou plutôt croire qu’il le menait, me laissant entraîner dans ses bras. Il riait ; était-ce sincère ? Ca en avait l’air, mais je n’aurais pu parier là-dessus, trop de questions se posant à son sujet. Il m’embrassa, d’un baiser long et langoureux, à la fois tendre et passionné ; c’était très agréable, moment empli de sensualité, de désir. Je plaçais l’une de mes mains sur sa joue, alors que la seconde venait trouver refuge sur son torse relativement bien sculpté, je devais l’admettre. Je profitais de ces instants où le doute, l’incertitude, étaient suspendus, où seul comptait l’expression du désir que nous pouvions éprouver l’un envers l’autre, qu’il soit sincère ou non.

Puis il se détacha, reprenant la conversation sur un ton amusé. Me relevant légèrement, je reprenais le jeu en mains, déboutonnant quelques boutons du haut, puis du bas, de mon chemisier, laissant juste attachés ceux qui cachaient la partie que je supposais être la plus intéressante pour un homme


« Et bien, Mr Badenov, premièrement sachez que cette bicoque comme vous dites a déjà été vendue, et deuxièmement (je me rapprochais de nouveau, laissant mon visage à quelques centimètres du sien) ce serait plutôt au gentleman que vous êtes d’avoir pensé à amener un rafraîchissement, accompagné de quelques douceurs. »

Je l’observais en silence, mes sens ne percevant aucune nervosité ; sa poitrine se soulevait légèrement plus vite que la normale, sa respiration était un peu plus rapide. Son regard était fixe, comme concentré sur le mien, et ses muscles étaient légèrement tendus. Même s’il me séduisait dans un but quelconque, au moins je savais que je lui plaisais un minimum, ce qui était au fond assez rassurant. Je saisis doucement l’une de ses mains pour la poser quelques instants sur mon ventre que les boutons détachés laissaient entrevoir. Puis je fis remonter cette dernière très lentement, jusqu’à la poser sur ma joue. Je m’approchais ensuite légèrement, laissant mes lèvres frôler quelques instants les siennes, lui donnant un baiser chaste et aérien.

« A toi de jouer » vins-je lui murmurer à l’oreille, me détachant légèrement de lui.
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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Mer 16 Mai - 18:19

    Je n'avais pas laissé Victoria trop en voir, pour la simple et bonne raison que je souhaitais conserver un peu d'intérêt, un peu de valeur, mais aussi un peu de mystère à ses yeux. Il me semblait assez évident que nous ne pouvions pas continuer sur des bases aussi fragiles que les nôtres si je transposais l'intérêt sexuel avant l'intérêt relationnel ; cela ne ferait qu'effriter un peu plus les choses entre nous, et je ne le souhaitais pas. Bien entendu, je ne visais pas forcément que la relation que nous partagions ne se développe plus que cela, mais il me semblait tout aussi important que je reste focalisé un maximum sur l'unicité de cette relation avec Victoria. Parce que montrer aux yeux de tous un adjoint, un serviteur de la Reine, avant tout guidé par la recherche du plus grand nombre de partenaires possible, ce n'était franchement pas ce qu'il y avait de plus intéressant pour Sa Majesté. Je ne voulais en aucun cas jeter le moindre soupçon de n'importe quelle nature, ni sur elle ni sur moi. Flirter avec Victoria, prendre notre temps, cela me permettait d'entrer dans une norme comportementale que je recherchais pour son apparente normalité, et cela me faisait beaucoup de bien de m'en rendre compte, dans le sens où j'étais encore capable de tendre vers le commun sans pour autant le rejoindre tout à fait. Je ne savais pas vraiment où j'allais, mais c'était le propre de l'être humain, cela ne m'effrayait donc pas forcément des masses, même si je devais bien évidemment prendre garde où je mettais les pieds. Et Victoria, par son intérêt, parvenait à prendre parfois l'initiative, ce qui me permettait de revenir sur les rails quand j'en déviais trop ; je me servais de ses attentes comme d'une balise, et je comptais bien continuer à la laisser guider le jeu entre nous. En tous cas, au moins en partie. Victoria me confirma et son désir de vin, et de musique, mais sans pour autant que nous puissions user ou de l'un ou de l'autre, ce qui je l'avouais, me désespérais assez. Je la regardais d'un air faussement sévère et déçu.


    | Je vous aurais pensée plus inventive et plus canaille, Mrs Orion... |


    Bien sûr, je n'étais pas sérieux, et je faisais tout pour qu'il n'y ai aucune ambiguité à cet égard. Mon baiser acheta sa complaisance, et je la sentais me répondre sans partir ni s'éloigner, il me semblait certain que je pouvais compter sur elle. Victoria répondit à mes baisers, à mes caresses, posa une de ses mains sur ma joue et l'autre sur mon torse, prête à peut être aller plus loin ? Je ne la brusquais plus, je ne la forçais en rien. Je prolongeais un instant l'échange, avant de séparer mon corps du sien. Ce que je voulais, c'était continuer dans ce sens ; peu m'importait la longueur du chemin qui me séparait de mon but, puisque je n'attendais rien de forcément très précis. Je constatais ensuite que la jolie blonde se mit à déboutonner son chemisier, un peu vers le haut et un peu vers le bas, me laissant suggérer un poil de plus ce qu'il y avait sous ses vêtements. Je ne pus esquiver de regard intéréssé ; d'une part parce qu'avec le sang de ma Reine dans les veines le désir s'enflammait encore plus rapidement qu'en temps normal, sans compter que c'était aussi ce qu'attendait de moi la jeune femme qui se déshabillait. Bien entraîné à flirté de cette manière ci avec les femmes, ma réaction passait somme toute pour tout à fait normale. Taquine, Victoria me répondit que la dite bicoque avait déjà été vendue. Dans le même temps, elle se rapprochait à nouveau de moi, ne laissant plus que quelques centimètres entre nous. Moi, gentleman ? Je devais bien entrer dans la peau du personnage ? Rafraîchissement et douceurs ? Ca, je savais faire sans trop de problèmes. La belle prit ma main et me fit remonter son corps, ce qui ne fit qu'enflammer un petit peu plus mon désir, jusqu'à l'enflammer presque totalement. Ma respiration se fit sifflante. Elle se détacha de moi mais je la tirais par la main en me levant, la tirant tout contre moi, passant mes mains de chaque côté de son bassin, passant sous le chemisier, caressant sa peau. Je vins lui souffler à l'oreille.


    | Si tu tiens à tout reste bien rangé à sa place, que ce soit les poufs ou tes vêtements, arrêtons nous maintenant. Après, il sera trop tard... |


    Je me détachais d'elle, frémissant presque de son contact. Je tirais de mon pantalon mon propre téléphone.


    | Allô Richard ? Oui. D'accord. J'aurais besoin d'une bouteille de vin, et de l'intégrale de Massive Attack. Pendant que vous y êtes, vous pouvez ramener des bougies aussi. Voilà. Faites sonner mon téléphone quand vous êtes en bas. |


    Je me retournais vers Victoria.


    | Ah mince, j'ai oublié. Vous avez à manger ici, ou tu permets que je rappelle Richard avant qu'il ne se mette en route ? Avec du vin rouge, je pense qu'on peut se prendre quelques douceurs, comme du fromage, du saucisson, du beurre et du pain ? Ou quelque chose de plus élaboré... |

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Lun 21 Mai - 11:36

J’avais oublié à quel point le fait de se sentir désirer par un homme était un sentiment grisant. Ces dernières années, je m’étais presque exclusivement concentrée sur ma carrière. C’était tout ce qui comptait pour moi, ou presque, et je ne pouvais pas nier que cela avait eu des effets positifs. Pierce voulait me faire passer associée d’ici un an, ce qui ferait de moi la plus jeune cadre de l’entreprise. J’aimais mon métier, et j’étais plutôt fière d’en être arrivée jusque là, et ce sans l’aide de mes parents. Cependant, je ne pouvais pas non plus oublier le fait que je n’avais personne avec qui fêter mon succès. Quand je rentrais le soir, personne ne m’attendait, personne ne me soutenait, personne ne me faisait rire, me consolait, m’offrait à dîner, ou encore ne me désirait. J’étais seule, complètement seule, et dans ces moments là fatalement je repensais à Franck, à ma fille laissée à une autre famille. Elle allait avoir trois ans à la fin de l’année…Bien évidemment j’ignorais tout d’elle, et ces soirs là c’était fou comme elle me manquait..

Je laissais Torben caresser ma peau, avec douceur ; lorsqu’il vint murmurer à mon oreille, je fermais les yeux. J’aimais cette sensation de flottement, ces instants où le désir devenait roi, ou plus rien d’autre ne comptait. Je savais tout ce qu’impliquerait le fait de m’embarquer dans une relation, de quelque nature qu’elle soit, avec un homme tel que lui. Je sentais que cela ne pourrait m’apporter tout ce que je recherchais, aussi s’était engagé une lutte interne entre désir et raison. Et devinez lequel des deux était en train de gagner ?
Je laissais mon compagnon passer un coup de fil ; je me relevais, marchant un peu dans la pièce, histoire de faire disparaître cette sensation de fourmillement qui avait envahi mes jambes. Je me dirigeais vers l’une des fenêtres, constatant que quelques journalistes attendaient toujours devant l’entrée. Je soupirais, avant de me détourner, souriant à Torben qui demandait à son chauffeur d’apporter, en plus du vin et de la musique, quelques bougies. Je ne pouvais pas nier le fait que mon partenaire se montrait des plus galant.


« Demande ce dont tu as envie, moi je n’ai pas très faim » lui répondis-je simplement, revenant lentement vers lui. Je revenais à ses côtés, m’avançant lentement à quatre pattes, jusqu’à ce que mes lèvres rejoignent les siennes une nouvelle fois. Je caressais ses lèvres avec ma langue, lentement, refreinant mon envie de lui sauter littéralement dessus. J’avais envie de prendre mon temps, de le pousser un peu dans ses retranchements. Je venais me placer au dessus de lui ; nos vêtements représentaient une barrière limitant les contacts, mais cela ne rendait le jeu que plus intéressant. Je l’embrassais de nouveau, avec plus de passion cette fois, laissant mes mains ouvrir sa chemise, et venir caresser son torse nu. Sa peau était douce et chauffée par son désir ; je sentais son souffle saccadé sur mon cou, et appréciais la chaleur émanant de son corps. Mes lèvres se perdirent dans son cou, sur son torse, arrêtant leur course à la limite imposée par son pantalon. Je remontais, venant prendre refuge tout contre lui. Allais-je vraiment le faire ? Allais-je me laisser emporter par ce désir que j’avais passé à réprimer ces dernières années ?

« Vin, musique, bougies…. Chercherais-tu à m’acheter ? » lui lançais-je, certes amusée, mais aussi encore piquée par les dernières révélations qui m’avaient été faites.
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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Lun 21 Mai - 23:51

    Alors que j'étais au téléphone, Victoria se redressa et fit quelques pas dans la pièce, elle semblait détendre un peu ses jambes que l'inconfort de nos positions assises semblait lui avoir procuré. Je ne laissais pas mon regard se détacher trop longtemps de sa silhouette. J'étais un homme, et elle était une femme attirante, je ne pouvais ni ne voulais le nier. Ce qui me semblait le plus évident, c'était qu'elle se montrait plutôt ambiguë dans sa façon d'être avec moi. Elle me séduisait, elle se laissait séduire, me repoussait, pour finalement reprendre le petit jeu. Je n'avais pas réfléchit à l'hypothèse selon laquelle elle même jouait avec moi comme je pensais me jouer d'elle. Aurais je été suffisamment stupide pour tomber dans le panneau ? Il y avait des chances, que je considérais comme objectivement assez faibles du fait qu'étant formé et entouré par des menteurs professionnels, la Reine en première position. Je pouvais confondre une autre menteuse, surtout si elle employait les mêmes armes que moi. Je me satisfaisais donc de cette explication, qui me semblait rationnelle en plus d'être plausible, et je pensais aussi que je devais faire attention tout de même. Si mon jugement s'avérait erroné ou invalide pour une raison ou pour une autre, je devrais bien prendre garde à ne pas trop me dévoiler ou pis encore, à ne pas trop dévoiler la Reine. J'avais des responsabilités auxquelles je ne pouvais en aucun cas me soustraire, du moins pas si je tenais à la vie qui était la mienne. Enfin, c'était une façon de parler. Puisqu'en vérité, je ne tenais justement pas spécialement à cette existence. Elle n'avait de valeur que celle que pouvait lui trouver la Reine, il était inutile de chercher d'autres explications. Victoria regarda quelque chose dans la rue avant de se retourner vers moi avec un sourire. Mon visage s'illumina d'un sourire charmeur, alors que mes yeux étaient de braises. La jeune femme me dit de commander ce dont j'avais envie, et qu'elle n'avait pas très faim. Je lisais un tout autre genre de désir dans ses yeux, mais je ne me laissais pas démonter ; je savais que quoi que nous fassions, nous aurions faim à un moment où à un autre, et cela détournerait l'attention.


    | Vas pour ce que je vous ai dit, Richard. Vous pressez pas trop... |


    Je raccrochais sans attendre de réponse alors que ma compagne de la soirée revenait vers moi, sensuelle comme jamais, avançant à quatre pattes dans ma direction. Elle vint reconquérir ma bouche et mes lèvres, immisçant sa langue dans un baiser enfiévré que nous partagions à nouveau. La jeune femme escalada mon corps pour se placer au dessus de moi, dans une attitude pas totalement départie d'une certaine domination... La passion retrouvée, elle passa ses mains sous ma chemise, caressant ma peau pour y laisser des traînées enflammées, de véritables sillons qui me picotaient. Mon souffle se fit plus désordonné alors qu'elle s'emparait de mon cou, de mon torse, embrassant mon corps pour finalement revenir se coller contre moi. Je la saisis dans mes bras la serrant doucement, avant qu'amusée elle me demande si je comptais vraiment l'acheter en installant toutes les fioritures nécessaires à une bonne rencontre romantique.


    | Ais je vraiment besoin de t'acheter? |


    Pas arrogant, mais assez sûr de moi, et surtout, plein de sérieux malgré mon sourire. Je savais que je la charmais, que je la séduisais. Elle était attirée par moi, et je voulais aussi son corps. Nos réactions physiques étaient éloquentes. Je l'embrassais à nouveau, attirant sa nuque en y apposant ma main, tandis que l'autre passait sous son chemisier, creusant sa chute de reins jusqu'à m'immiscer jusque sur ses fesses, que je caressais, pressais doucement, appréciais leur toucher. Je basculais doucement sur elle, l'embrassant toujours plus charnellement, jouant de la fièvre de l'instant. Pour finir par me détacher doucement d'elle, entre mes bras, moi penché sur elle.


    | Tu es vraiment sûre de ce que tu fais ? Je ne voudrais pas que tu aies de regrets après... Et je ne veux pas non plus te brusquer... Si tu veux prendre ton temps... Je comprendrais... |

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Mar 22 Mai - 20:07

Le fait était que non, il n’avait en aucun cas besoin de m’acheter. J’aimais être là, dans cet entre-deux où chacun savait ce qui allait se passer, mais jouait encore au jeu de la provocation. Ces instants avaient toujours été les plus agréables pour moi, la suite des évènements me menant généralement à la déception, ou au choix au désintérêt. Je laissais Torben jouer un peu avec mon corps, me caresser, finissant de faire monter la température de ce lieu propice au rapprochement. Bien entendu, je pensais toujours également à la mise en garde de Sasha. Elle n’avait vraiment pas l’air de plaisanter lorsqu’elle m’avait demandé de ne plus revoir Torben. Après tout, je n’avais pas passé outre son conseil, puisque j’ignorais que ce serait lui qui viendrait ce soir… Bon d’accord, j’aurais pu me tenir à distance, me contenter de lui faire faire le tour des lieux avant de le raccompagner jusqu’à sa voiture, mais je m’étais prise au jeu. J’appréciais sa compagnie, j’aimais lire le désir dans ses yeux, le sentir sur son corps. Etrangement, j’aimais savoir que j’avais affaire à un homme mystérieux, paradoxal, sombre. Il fallait croire que j’étais complètement maso !

Je le laissais me faire basculer, détaillant cet homme que j’avais commencé à déshabiller ; il était plutôt séduisant, c’était certain. Il avait dû, et devait probablement, en faire tourner des têtes. Cela n’avait rien d’étonnant. Il jouait, je jouais, nous jouions. Qu’attendais-je exactement de cet homme ? Voulais-je jouer à la fille distante, voulant prendre son temps, ou préférais-je ici et maintenant apprendre à le connaître intimement ? Je sentais qu’il n’était pas homme à se livrer facilement. Peut-être aurais-je plus de chance de recueillir des infos si je m’abandonnais d’ores et déjà au désir ? Je devais l’admettre : je me cherchais des excuses pour justifier le fait que j’avais envie de coucher avec cet homme.

Torben se détacha légèrement, me demandant si j’étais bien sûre de moi, si je ne préférais pas prendre mon temps. Je passais ma main sur son visage, comme si j’essayais par ce simple contact de le déchiffrer. Je lui souris, avant de venir l’embrasser. Etais-je sûre de moi ? Bien sûr que non, mais quelle importance cela avait désormais ? Je veux dire, même si cet homme souhaite se rapprocher de moi pour un but quelconque… Ah bon sang, il était clair que je n’arrivais désormais plus à réfléchir très clairement !


«Et bien, peut-on vraiment être sûr à 100% de tout ce qu’on entreprend ? Non, je ne suis pas vraiment sûre de ce que je fais. Je te connais à peine, j’ignore absolument tout concernant la manière dont tu agis avec les femmes, comme en plus tu fréquentes plus de vampires que d’humains…Mais… Je me relevais légèrement, juste de façon à coller de nouveau mon corps contre le sien. Ai-je envie de faire marche arrière ? En tout cas, j’ai pas vraiment l’impression que toi tu en ais envie. Je ne pense pas que tu sois le genre d’homme à attendre, ou encore à entretenir de relations suivies, du moins, ça me paraît difficile quand on est entouré de vampires. Mais…peut-être que je me trompe ? »

Je me risquais à le titiller un peu concernant son mode de fonctionnement relationnel ; après, je ne pouvais pas être certaine qu’il serait honnête dans ses réponses, mais je pourrais au moins me faire une idée à partir de ce qui émanerait de lui. Je venais placer l’une de mes jambes autour de ses hanches, l’amenant à revenir lentement vers moi. Chacun pouvait sentir le souffle de l’autre sur son visage, alors que nos lèvres se frôlaient, chacun restant cependant à sa place, immobile et silencieux.
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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Mer 23 Mai - 0:47

    Sans trop nous en rendre compte, nous venions de replonger dans l'espèce de tension charnelle qui nous avait habitée un peu plus tôt dans la soirée. Dans ce genre d'engrenage, il ne pouvait y avoir qu'une seule fin. Cependant, je ne pouvais rien faire contre, concrètement. Pour plusieurs raisons. De quoi cela aurait il l'air que je repousse les rapprochements initiés par Victoria, alors que j'avais presque été jusqu'à l'amener à coucher avec moi quand nous nous étions retrouvés plus tôt ? De plus, j'avais envie d'elle, c'était indéniable. La Reine m'avait donné tout crédit pour ce que j'avais appelé une opération de désinformation, j'avais donc son accord pour tout ce qui pourrait se passer tant qu'elle ne serait pas elle même mise en cause. Ensuite, j'avais indéniablement envie de Victoria. Honnêtement, je n'étais plus vraiment relié à qui que ce soit. Mon mariage avec Jana avait été rayé de la carte par des magouilles administratives et par le « oui » prononcé en toute connaissance de cause, par celle qui était ma femme quand vint l'heure de s'unir à un autre vampire. Cora et moi entretenions des rapports intimes aussi, mais ce n'était pas réellement une relation en soi. Je me sentais proche de l'humaine, plus proche peut être que de quiconque d'autre, mais il n'était nullement question de fidélité ou d'engagement, parce qu'en ce qui concernait ces deux variables, elles allaient dans leur intégralité pour la Reine. Je n'étais donc retenu par rien du tout en ce qui concernait Victoria. Cela faisait il pour autant de moi le veuf en quête de proximité que j'affichais ? Non, pas du tout. La compagnie des êtres humains ne m'avait jamais laissé aussi froid qu'aujourd'hui, même la perspective d'une partie de jambes en l'air avec une femme aussi intelligente que magnifique ne faisait totalement pencher la balance. J'avais décidément bien changé, je pouvais m'en rendre compte à chaque inspiration.


    Victoria se laissa complètement faire quand je m'attachais à lui rendre en égale mesure la passion et la sensualité qu'elle avait communiqué via ses baisers, ses caresses et ses regards. Je sentais donc dans ses gestes une acceptation tacite de ce que je lui avais demandé. Je l'avais conquise. Peut être pas totalement, jamais irrémédiablement, mais je savais que plus le temps passait et plus je marquais de points à son sujet. Je l'embrassais, je la caressais, je la dominais à mon tour, et je sentais que le déroulement des choses entre nous lui plaisait réellement. Je n'en pensais rien de plus ; je savais qu'avec les femmes rien n'était jamais totalement acquis. Peut être pas avec les hommes non plus, peut être moins d'ailleurs, si on en croyait la croyance sociale selon laquelle l'infidélité serait plus répandue chez les hommes que chez les femmes. Mais je m'égarais. La jeune femme me dévisagea quand je lui demandait si elle était vraiment sûre d'elle, de moi, de ce que nous étions en train de préparer. Elle me caressa le visage et m'embrassa doucement. Victoria me fit part de ses doutes, mais je sentais pourtant la partie acquise au travers de ses mots. Nos corps étaient presque collés, alors qu'elle semblait douter de mon propre désir. Je baissais les yeux. De nouveau, le veuf traînant son passé comme un poids, qui essaie d'avancer même au risque de pédaler dans le sable.



    | Je... Tu sais, c'est pas une histoire de vampires, ou d'humains. Les vampires vivent comme nous, dans le fond. Certes, ils doivent se nourrir de personnes qu'ils doivent convaincre d'abord, la plupart y arrivent sans souci vu la fascination qu'ils exercent... Ce n'est pas mon cas. J'ai eu des relations, beaucoup, uniquement des sans lendemain... J'en ai honte, aujourd'hui. Je ne me sentais pas prêt après ce qui était arrivé à ma femme, tu comprends? |


    J'avais clairement du mal à me contenir ici et maintenant, mon corps collé contre le sien, mon regard dans le sien, nos souffles entremêlés. Le vrai Torben comme mon masque avaient un point commun, l'honneteté.


    | Honnêtement, je ne sais pas si je serais capable d'assumer une relation suivie... Je pense que quand ma femme m'a été enlevée, je me sentais seul. Un autre pays, une situation instable, un furieux désir de justice, et une solitude énorme... J'avais besoin de contacts humains, j'ai fait n'importe quoi. Je n'ai pas envie de faire n'importe quoi, ce soir. J'ai juste envie d'être avec toi. Envie de toi, tout court, même... |


    Je l'embrassais à nouveau, ardent dans mes attentions, quand mon portable se mit à vibrer. Je soupirais.


    | Richard a fait vite... |

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Jeu 24 Mai - 10:26

J’écoutais Torben me parlait de lui, ou du moins me confier ce qu’il avait envie de raconter. Il avouait avoir eu beaucoup de relations sans lendemains, et disait en avoir honte. Je pensais à ma propre histoire, à ce que j’avais pu moi-même vivre. Je ne pouvais pas dire que je n’avais jamais connu ce genre d’histoire. Comme bon nombres de mes copines, j’avais fait l’expérience des relations éphémères, allumant les hommes dans des lieux « propices » à la chose, à savoir bar ou boîte de nuit, pour finir la nuit avec ces derniers, avant de se séparer pour toujours. L’alcool aidant, sur le coup j’avais trouvé ça amusant, mais il en avait toujours été tout autre lorsque le jour se levait, et que les effets de l’alcool s’étaient dissipés. Je traversais alors un sentiment total de désenchantement, de désillusion, et me sentais mal à l’aise. J’avais vite compris que j’avais besoin d’éprouver quelque chose de plus qu’une simple attirance physique pour un homme, et avais alors changé mon fusil d’épaule, m’investissant dans mes relations suivantes.

Et puis j’avais connu Franck, et la douleur de l’abandon, et tout avait de nouveau basculé ; depuis, je n’avais plus cherché à m’engager, à m’investir. Je fuyais les hommes, tout simplement, et la dernière relation que j’avais eue s’était terminée par ma fuite en avant, lorsque l’homme en question m’avait fait comprendre qu’il voulait vraiment s’engager. Et voilà qu’aujourd’hui je me retrouvais avec un nouvel homme, que je connaissais à peine et au sujet duquel je n’avais eu que des échos négatifs, des messages d’avertissement me sommant de fuir. Mais je restais là, avançant à chaque seconde davantage dans cette relation perdue d’avance. Me détestais-je à ce point ?


« C’est toujours compliqué de se remettre de ce genre d’évènement, je comprends. Peut-être d’ailleurs qu’on ne s’en remet jamais complètement » lui lançais-je lorsqu’il me demanda si je comprenais sa difficulté à s’investir dans ses relations. Évidemment que je comprenais ce qu’il disait, mais contrairement à lui je ne m’étais jamais faite aux relations éphémères, et elles aussi je les avais fuies. Torben ne fit par la suite que confirmer ce que je soupçonnais, en avouant ne pas savoir s’il serait capable de s’investir dans une relation suivie. Il jouait la carte de l’honnêteté, venant confirmer ce que je savais déjà. Une part de moi fut tout de même déçue, la part fleur bleue bien évidemment. Cette petite naïve devait espérer qu’il en serait autrement….
Je ne répondais pas à ses paroles, le laissant m’embrasser de nouveau, me laissant griser par ce nouveau contact. Puis il se détacha, son chauffeur lui faisant savoir qu’il était de retour.


« On devrait aller chercher les victuailles » lançais-je simplement, décidant de ne pas rebondir sur ce qui avait été confié précédemment. Après avoir récupéré tout ce que Richard, qui avait une certaine ressemblance avec l’oncle Fétide de la famille Adams, avait rapporté, nous remontâmes dans la pièce où nous nous trouvions auparavant. Laissant Torben installer vin et nourriture, je saisissais un CD de Massive Attack et l’installais dans le lecteur. Je choisissais l’une de mes chansons préférées du groupe : Angel. Envoûtante, je laissais la chanson m’envahir, revenant vers mon partenaire, l’amenant contre moi pour danser.

Je restais un moment silencieuse, laissant mon regard plongé dans le sien. Le temps de descendre, il avait reboutonné sa chemise, ce qui m’ennuyait légèrement ; la vue était désormais moins intéressante, il fallait bien le reconnaître. Je posais l’une de mes mains sur ce torse de nouveau dissimulé sous le tissu, arborant un air contrarié, avant de reprendre :


« On dirait qu’on repart de zéro, ou presque. Je déboutonnais ensuite 3 ou 4 boutons, juste suffisamment pour me mettre l’eau à la bouche. C’est déjà un peu mieux » dis-je avant de venir déposer mes lèvres sur les siennes. Un premier baiser fut échangé, puis un second, et un troisième, l’intensité se faisant croissante chaque nouveau contact. L’une de mes mains se permit de partir en excursion, caressant son dos, s’attardant quelques instants sur ses fesses avant de remonter. J’ignorais ce qui me prenait, ce qui faisait que là je ne fuyais pas. Je semblais n’avoir plus aucune estime pour moi-même, me fichant éperdument de finir en morceaux à l’issue de toute cette histoire..
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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Jeu 24 Mai - 19:35

    Victoria ne semblait pas porter de jugement sur ce que j'avais pu dire, à propos de ma conduite passée avec les femmes. Aujourd'hui, je ne ressentais plus vraiment grand chose à propos de cette époque si particulière de mon existence. Oui, bon, j'avais couché avec plein de femmes... Et alors ? Je n'étais tombé amoureux d'aucune d'entre elles. J'avais retrouvé un amour perdu, Jana, que je n'avais plus espéré revoir et dont j'étais en train de gérer le deuil à ma manière, et je m'étais lié avec Cora, qui m'accompagnait toujours d'une certaine manière, puisque nous étions tous deux au service de la Reine des vampires. Je ne portais donc aucun jugement sur cette période de mon existence. Si je n'avais pas cherché de la sorte à me détruire par tous les moyens, je n'aurais sans doute jamais plié devant celle qui était devenue toute ma vie, j'aurais continué à me fourvoyer du fait d'une foi erronée et mal placée, et je serais mort pour rien, dans l'indifférence la plus totale. Et il ne s'était jamais agit que de sexe ; ça ne comptait pas. Je n'en avais rien retiré, à part un plaisir passager et très éphémère de par sa nature. J'avais aussi eu mon content d'ennuis, et j'avais manqué de me tuer à coup de whisky et de vodka. Partie nécessaire de mon existence pour m'amener là où j'en étais aujourd'hui, mais que je ne regrettais pas. La vengeance était un but noble, vertueux, quelque part. Ma Maîtresse avait beaucoup apprécié avec quelle hargne, quelle obstination et quelle témérité absurdes j'avais pu dévoiler en pourchassant les membres de son espèce pour les massacrer. Je me remémorais bien malgré moi cette époque sordide de mon existence. Le sexe, l'alcool. Le sang, omniprésent. Moi et Andréa, drogués, forniquant sur les restes sanguinolents et fumants d'un vampire exécuté. Ce vampire que j'avais massacré dans son manoir. Celui là, et tous les autres. Tous ces coups de feu que j'entendais, ces implorations qu'on me lançait à chaque fois que je m'apprétais à ôter une vie. L'odeur de la poudre, l'odeur de la merde, et l'odeur du sang. J'étais fait pour ça, pas pour m'égarer bêtement en pourchassant des chimères. Tuer était tout ce que je savais faire, et je le faisais bien.


    Me forçant à revenir dans la réalité concrète telle que je la vivais en compagnie de Victoria, je me rendais compte qu'elle semblait compatir à ce que je lui racontais ; elle me disait que l'on avait du mal à se remettre de ce genre de choses, si seulement on s'en remettait totalement. Je lui fis un petit sourire un peu triste, convaincu de ma souffrance, de celle que je ressassais depuis tous ces mois ; Krystel serait particulièrement fière de mon interprétation.



    | Je pense que c'est en cours. Mais il faut du temps, et on n'en sort pas tout seul non plus. Celui qui pense pouvoir résister seul à la vie est un fou, j'en ai acquis la certitude. |


    Au prix de ma propre raison, semblait il, vu la difficulté que je ressentais à me montrer empathique ou de ressentir de la compassion, de l'amour, ce genre de chose. J'avais énormément de mal à me lier à qui que ce soit. A me lier véritablement, cela s'entend. La seule de qui je me sentais réellement proche était Cora, et je ne parlais pas pour autant d'affection, et encore moins d'amour. Parlons simplement d'une confiance réciproque, confiance un peu perverse puisque de mon côté elle venait surtout du fait que je la savais incapable de me faire du mal ou d'en faire à Sa Majesté. Voilà ce qui résumait mon existence, une méfiance et une distance perpétuelle envers quiconque ou presque. Je ne m'en plaignais pas, cela faisait partie de mes attributions en tant que garde du corps de la Reine tout comme de son représentant parmi les hommes. Je sentais finalement que Victoria était contente de la diversion que Richard lui offrait, par rapport à tout ce que je venais de dire, elle se retrouvait dispensée de l'obligation polie de me répondre. Je la suivais en silence, la laissant à ses pensées, ne voulant toujours pas la brusquer ou la malmener de quelconque manière. Je remerciais Richard d'un signe de tête alors qu'il me tendait un sac en carton avec tout ce que j'avais réclamé. Il sortit sans un bruit. Je me détournais avec Victoria, convaincu qu'une toute autre ambiance nous attendait à l'étage. Je posais le tout dans un coin alors que la jeune femme mettait de la musique, m'attirait contre elle pour danser.


    Je n'avais jamais été bon pour danser ; j'avais du tout apprendre au contact de Jana, pour ne pas la couvrir de honte. Je n'avais d'ailleurs jamais dansé avec une autre femme qu'elle. Je ne lâchais pas le regard de Victoria alors que nos corps comme nos souffles se réduisaient encore en distance l'un de l'autre. Elle vint caresser mon torse, déboutonner à nouveau ma chemise alors que finalement, ses mains vinrent sur mon dos, et mes fesses. Nous nous embrassions à nouveau d'une manière qui laissait supposer que nous allions vraiment perdre le contrôle à continuer ainsi.



    | Est ce un mal? |


    Je repossédais ses lèvres, m'abandonnant un instant à l'étreinte, alors que je déboutonnais moi même son chemisier, sans me laisser arrêter. Je ne lui retirais pas pour la laisser à la pudeur qu'elle désirait, mais cela me permettait malgré son soutien gorge de me faire plus lascif plus sensuel, dans les quelques pas de danse que nous menions ensemble, alors que mes mains caressaient son ventre, son bassin, l'attiraient contre moi. Je la laissais finalement, après un autre baiser passionné. Je m'éloignais un instant, tirais un couteau suisse de ma poche intérieure de veste, avant de reposer celle ci sur un pouf non loin. Je débouchonnais la bouteille de vin. Mince... Les verres. Richard avait dû supposer que j'en avais à disposition, or ce n'était pas le cas. Je haussais les épaules, revenant vers Victoria, ouvrant par la même occasion l'emballage en bois du fromage et du saucisson, un espèce de pack préparé exprès avec marqué dessus « artisanal et rustique », le posant à côté de la chaîne hifi. Je présentais à Victoria la bouteille, lui tendant avec un air séducteur sur les traits, le regard dirigé droit dans le sien.


    | Pas de verres... Ca n'en sera que plus... Convivial ? A ta santé, et à nous. |


    Je bus une gorgée. En Russie, l'initiateur du toast doit boire en premier même si cela doit aller à l'encontre de la galanterie la plus élémentaire ; c'est une affaire d'honneur. Le Toast n'est pas sincère si pas bu ainsi. J'engloutissais doucement une gorgée de vin. Il était bon. Très bon, même. Je le gardais en bouche un instant, avant de l'avaler, puis tendais la bouteille à Victoria.


    | A toi de porter un toast... |

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MessageSujet: Re: Strangers in the night [Livre 1 - Terminé]   Ven 25 Mai - 10:08

Je repensais aux paroles de Torben ; il affirmait que personne ne pouvait « résister seul à la vie ». J’ignorais si ce qu’il disait était totalement sincère, ou si c’était dit pour finir de me séduire. Il était certain qu’avancer seul était plus compliqué que lorsqu’on bénéficiait de l’amour et du soutien de quelqu’un. Cependant, je ne pouvais pas non plus affirmer que je m’étais noyée pendant ces trois dernières années, même si je devais bien admettre que continuer à vivre après ce que j’avais vécu n’avait pas été chose aisée. Mais bon j’y étais arrivée, j’y arrivais encore. Et quand à mon camarade de jeu, il avait tout d’un être solitaire ; ce qu’il affirmait ne correspondait à ce que je soupçonnais qu’il était vraiment, mais bon ses paroles collaient plutôt bien à l’air qu’il souhaitait se donner.

Je n’avais aucune intention de le lui dire bien entendu, mais il n’avait plus grand-chose à faire pour me séduire désormais. Les choses étaient déjà plutôt bien engagées, et il est pratiquement certain que cela allait déraper dans un temps plus ou moins court. Je me laissais déshabiller par Torben, appréciant le contact de ses mains exprimant à la fois force et douceur. Mon corps se montrait ainsi progressivement à lui, frémissant sous son contact. Je pouvais sentir ma peau se chauffer progressivement alors qu’il la caressait, exprimant son envie de ne faire qu’une avec la sienne. Une douce fièvre montait lentement en nous ; il semblait que lui comme moi aimions faire durer les choses ; ainsi, après une énième étreinte, mon partenaire s’éloignait de nouveau, me laissant quelques instants seule avec mon désir.

Ce n’était au fond pas plus mal, car cela me permettait de me calmer quelque peu, de me reprendre, de manière à ne pas succomber trop rapidement à mes envies.
Je regardais d’un air charmeur Torben s’emparer du vin et de la nourriture, avant de revenir vers moi. Visiblement, ce bon vieux Richard avait oublié les verres. Et moi qui adorais plus que tout déguster un bon vin dans l’un de ces gros verres ronds fabriqués expressément pour l’occasion….Je le laissais porter un toast, somme toute assez banal mais suffisant. Il but une gorgée de vin, avant de me tendre la bouteille, m’invitant à porter un toast à mon tour. Je saisissais la bouteille, avant de prendre la parole :


« Ca me rappelle les soirées étudiantes à l’école où j’ai étudié l’architecture ! Je m’éclaircis la gorge, avant de reprendre : Très bien… Alors, à cette nouvelle rencontre, qu’elle soit fortuite ou non. A la vie, à ses mystères, à la tentation, et aux moyens d’y succomber !.

Je bus à mon tour une longue gorgée ; le vin était délicieux, il n’y avait pas à dire. Les lèvres encore humectées de ce nectar, je venais embrasser mon partenaire de jeu. N’est-il pas encore meilleur dégusté ainsi ? lui demandais-je, venant, de ma langue caresser ses lèvres parfumées. Je bus une nouvelle gorgée, renouvelant l’expérience. Il n’y avait pas à dire, c’était bien plus agréable comme ça ! Donnant la bouteille à Torben, mes mains se perdirent de nouveau sur son torse, et finirent de déboutonner sa chemise, lentement, très lentement. Puis, toujours doucement, je l’amenais à quitter cette dernière, la balançant sur le côté.
Voilà que le jeu devient vraiment intéressant » lui murmurais-je à l’oreille, avant de venir déposer derrière cette dernière, puis le long de son cou, de légers baisers venant s’arrêter à l’orée de son torse chauffé par le désir….
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