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Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Dim 6 Mai - 15:14

La salle était comble et l’effervescence y régnait toujours, je percevais une multitude de visages, familiers pour certains, inconnus pour d’autres. Seule la personne qui se trouvait à mes côtés, mon tendre amour, accaparait mon attention à cet instant. Serrant toujours sa main je ne réagissais pas quand le calme s’installa dans la vaste pièce. Les deux seigneurs vampires se levèrent entrainant ainsi l’attention de l’assistance. Ouvrant ses bras et désignant la foule, Augustus King prit la parole se contentant de prononcer des phrases sans vraiment grand intérêt. Les mots ne me percutaient pas et j’écoutais d’ailleurs que d’une oreille lasse devant si grande hypocrisie. Entremêlant mes doigts dans ceux de ma bien aimée je grimaçais quand Krystel Raybrandt prit la parole à son tour déblatérant le même discours inutile que son époux. Mon regard les traversait et mon esprit fuyait vers d’autres horizons alors que j’aurai voulu les prier d’en venir au fait. Néanmoins je ne pus que sursauté alors que la reine fit mention de mon nom et que Désirée elle serra ardemment ma main avant de la lâché. Je soupirai en lançant à ma compagne un regard désolé. Peut-être que j’aurai dû lui faire part de mon entrevue avec le roi plus tôt. Je lui souris amoureusement pour qu’elle comprenne que tout allait bien, qu’elle n’avait pas à se ronger les sangs pour moi et que bientôt des explications viendraient. Des ricanements se firent entendre alors que la reine annonçait ma future collaboration avec le princesse Raybrandt. Je gardais la tête haute avant d’incliner la tête tentant d’adopter une attitude fière et reconnaissante. En réalité la reine annonçait là qu’elle contrôlait la situation et qu’elle avait à l’œil la moindre résistance. Je jouais le jeu de l’hypocrisie comme une véritable royaliste. J’évitais de regarder Jana ou William sachant que le moindre de mes gestes était épié. Pourtant j’en mourrais d’envie, j’avais un intense besoin de rechercher le soutient dans le regard de mes amis, pourtant je n’en fis rien me contentant de prendre sur moi. Egalement je m’inquiétais pour William persuadée que quelque chose se tramait. Sa place en retrait par rapport à Jana et Morgane n’était pas un hasard, ce n’était que les prémices de ce qui allait venir j’en étais intimement convaincue.

Une fois les effets de l’annonce dissipés j’observais les comportements qui se déroulaient autour de moi. Le roi qui se dirigeait vers une humaine avec un regard des plus pervers et la reine qui se dirigeait vers William le visage dur et le regard froid. Je baissais les yeux un instant pour que mon inquiétude passe inaperçu. Le coup de grâce n’allait pas tarder à être frappé, tout dans l’attitude de la reine le laissait présager. Un claquement retentit et quand je relevais le yeux j’aperçu William, la lèvre ensanglantée. Sa propre mère, sa créatrice venait de le gifler, de l’humilier devant tout le gratin des vampires écossais, et le pire était encore à venir. Je fus peinée pour William, mais aucun sentiment de haine envers Krystel ne me traversa. J’étais résignée à la vérité, à l’horrible créature qu’elle pouvait être. Je posais délicatement un baiser sur la joue de Désirée avant de m’avancer de quelques pas, me faufilant entre les corps et tendant l’oreille pour intercepter le discours de la reine envers son fils. Le verdict tomba et ce que je craignais en même temps que je l’espérais se produisit. Lui volant toute sa dignité Krystel lui avait cruellement ôté son titre de shérif en même temps qu’elle l’avait renié. L’heureux remplaçant se trouvait être mon très vieil ami Léopold. Un sourire crispé ne manqua pas de se dessiner sur mon visage à l’évocation de ce nom. Il semblait que le vampire avait su lécher les bottes de la bonne personne. La seule bonne nouvelle c’était que Jana se trouvait la détentrice des biens de William. Finalement cette situation ne pouvait que me satisfaire. Jana allait devenir notre meilleur élément contre les royalistes et William allait enfin ouvrir les yeux sur sa chère mère.

La voix tremblante de William me percuta alors qu’il suppliait la reine de ne pas lui prendre sa servante humaine. Pour l’instant je me contentais d’observer la scène sachant que sa sorcière de mère ne lui pardonnerait pas un tel affront. Elle saisi la gorge du déchu avant de répandre son venin. Maintenant plus proche des deux protagonistes qu’en début de nuit je pus suivre la conversation sans réellement tendre l’oreille. Elle fit un inutile rappel des lois vampiriques, lois qui pour la plus part n’était qu’une façon d’entretenir la domination du roi sur ses sujets.
Inspirant un bon coup j’avançais lentement jusqu’à la reine. Une fois devant elle tout en gardant une distance de retrait je fis la révérence bien que ce geste m’en couta beaucoup. Relevant la tête je la toisais d’un regard neutre et que je voulais respectable. Ce soir j’allais être obligé de jouer le jeu, de paraître fidèle tout en agissant.

    « Ma reine, permettez moi de prendre la parole. »


J’attendais un instant lançant un regard dédaigneux à William, comme si son attitude me dégoutait. Je devais faire croire à l’assistance que je n’approuvais pas son comportant même s’il en était tout autre. Et même si personne n’allait me croire je devais faire une sorte de ne pas commettre d’erreur, il fallait que la reine n’ait aucune raison valable de me punir. Me raclant la gorge je pris la parole d’une voix qui se voulait forte histoire que chaque vampire ici présent m’entende.

    « Tout d’abord laissez moi vous remerciez votre altesse et vous aussi mon roi de me donner une telle chance, celle de pouvoir vous servir par ce poste que je juge si important, notamment aux côtés de votre fille, Morgane. C’est un honneur. Au vu de mes nouvelles fonctions je souhaiterais émettre un avis sur la question de William et de sa servante. »


Je déblatérais ce gros tissu de mensonges d’une voix qui semblait étonnamment convaincante. Je fis attention de nommer William que par son prénom, comme si je trouvais totalement justifiée la perte de son titre et de son identité familiale.

    « Laissez moi d’abord vous assurez de mon entier soutient quant à la sanction de William. Lui laisser la vie est un acte de tolérance et chaque vampire ici présent doit être conscient de la bonté de sa reine. Seulement au vu de la bonne entente entre vampires et humains je pense qu’il serait de notre plus grand intérêt à tous de laisser sa servante humaine à William, de montrer que nos propres affaires n’influeront jamais sur le bien-être de la population humaine. En tant que représente de notre espèce je me permets ainsi de donner mon avis et de vous montrer par la même occasion mon dévouement envers mes nouvelles fonctions. »


Je baissais la tête une fois mon discours terminé. Bien que chacun de mes mots semblait sincère j’en pensais tout autre. Mais au vu des circonstances je ne pouvais pas montrer mon total désaccord avec les royalistes. Néanmoins je prenais un ton convainquant, parlant avec conviction. Il était impensable que je me rabaisse. Mais un jour viendra ou je capterai, je l’espère, les foules avec la vérité. Pour l’instant je devais venir en aide avec William, lui montrer mon soutien et tenter du mieux que je pouvais de l’aider à conserver son humaine. Certes je ne faisais pas cela sans intérêts, je voulais que William sache que si sa mère l’avait délaissé ce n’était pas mon cas. Egalement je comprenais ses sentiments vis à vis de son humaine. A l’époque je n’aurais laissé personne me voler Désirée.
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Dim 6 Mai - 17:07

Sa mère. Dans toute sa splendeur le remettait une fois de plus où il se devait d’être. Un moins que rien. Un déchet. Il aurait du le savoir depuis longtemps déjà. Il n’était qu’un minable déchet bon à jeter aux rebuts.

Il fut certain de n’avoir jamais ressenti pire douleur que celle-ci. Ce n’était pas seulement ces griffes en sa gorge, mais bien cette douleur insoutenable. Des larmes coulaient du côté de ses yeux. Il ne pouvait plus se retenir maintenant. Il souffrait beaucoup trop. Celle qui fut tout pour lui l’haïssait totalement. Il ne ressentait plus son corps. La douleur fut telle qu’elle se mélangeait à autre chose. Les larmes chaudes coulaient sur ses joues, dans son cou se mélangeant à son sang tachant sa chemise dorée. Il ne percevait plus rien. Un bourdonnement caractéristique de la douleur ressentie faisait acte de vie encore. Il était encore en vie. Il était encore un Vampire. Apparemment, oui. Ce fut étrange comme les paroles véritables que trop vraies de Krystel Raybrandt se furent bien entendre de sa personne. Comme si tout le reste n’avait cure sauf elle.

Il avait voulu parler, dire quelque chose à un instant durant quoi … Une minuscule demi-seconde ? Pas une de plus en somme. Non, il ne désirait pas laisser cours à sa parole. Il ne pouvait pas ni physiquement ni psychologiquement. Il souffrait énormément. Son corps sembla alors exploser de douleur. Puis, cette chute survint. Il ne la retint pas. Ce choc lui coupa tout reste de vie trouvé en lui-même actuellement. Il ne pouvait pas grimacer ni rien d’autre. Il ne pouvait pas bouger simplement. C’était trop. Il avait mal. Affreusement mal. Ses yeux marron, si magnifiques si beaux, s’ouvrèrent. Les larmes toujours présentes rendaient son environnement des plus flous. Il vit une personne s’avancer dans le milieu de l’assemblée. Qui était-ce ? Son corps le faisait trop souffrir, il ne pouvait pas bouger. Il ressentit son dos tout contre le mur et de sa position actuelle il put comprendre avoir été projeté avec une force monstrueuse. Il clignait des paupières tâchant d’enlever les larmes tout comme ce flou perçu. Rien n’y fit.

Il entendit. Cela semblait être la voix de Belle Angeline Renard. Oui, c’était cette voix. Il l’a reconnaîtrait entre milles. Cette Vampire sage et intelligente. Que disait-elle ? Elle parlait de sa servante humaine ? Mais pourquoi ? Il baissa ses yeux vers ses bras formant de drôles de positions. Ils se croisaient, mais il n’arrivait pas à faire le moindre mouvement avec ceux-ci. Manque de force, trop de douleur et manque de volonté. Il ne désirait plus bouger.

Ses yeux commencèrent alors à trouver fatigue. Il était un Vampire donc la fatigue pour lui … Sauf qu’il ne pouvait pas ignorer celle-ci. Peut-être allait-il avoir moins mal ensuite. Juste fermer les yeux pour un court instant. Cela allait être si bénéfique. Il ne voulait plus rien ressentir. Plus rien. Il avait mal. Affreusement mal. Le bourdonnement se fit alors. Belle le berçait par ses paroles inintelligibles. Il ne pouvait point comprendre celles-ci toutefois. C’était une belle mélodie. Elle l’amenait ailleurs. Ailleurs de cette pièce emplie de Vampires, de gens le détestant. Certes, il ne songeait pas à cela. Il ne réussissait pas à songer. Son esprit était vide de sens. Vide d’intelligence. Il n’était qu’un corps douloureux. Qu’une coquille vide tachée de son propre sang. Ses paupières se fermèrent doucement. Lentement, mais sûrement elles feraient disparaître ses beaux yeux marron. La seconde suivante, il n’était plus.

Il n’était plus présent. Il était autre part de manière agréable. On aurait put le croire mort. Non. Il était seulement fourbu. Il était blessé.

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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Dim 6 Mai - 21:38

Spoiler:
 

Je me trouvais tout près de William, mon premier maître, et me sentais pourtant si loin. Il représentait pour moi le premier lien fort et solide que j'avais forgé en arrivant en Ecosse, avant même Cora. Je l'avais rencontré au moment de mon embauche à la Pomme du Diable. Tout de suite, nous avions senti qu'il se passait quelque chose entre nous deux. Ignorant le danger, n'écoutant que mon coeur et mon corps, j'avais suivi ce vampire jusque dans son lit, et plus tard, nous avions décidé d'unir nos destins.

Le chemin est long et douloureux, pour deux passionnés comme nous : d'un côté, un prince ambitieux, perfectionniste, soucieux de faire bonne impression sur la royauté, et de l'autre côté, une femme perdue, loin de ses racines, ne vivant que par désir - désir de sexe, désir de sang, désir de vivre intensément, désir du plaisir !
*Oui j'ai cru l'avoir trouvé pendant un temps. Je me suis satisfaite de cette vie-là.*


Mais le temps avait passé et Hannah s'était rendue compte, tardivement, que vivre dans l'entourage des rois vampires comportait un important lot de désillusions, de menaces, de contraintes. Elle qui était avant tout une femme libre, se trouvait maintenant enchaînée, pas seulement au vampire qu'elle l'aime - oui n'ayons pas peur des mots - mais aussi aux shérifs vampires, aux autres vampires, à la Reine .... e dernièrement au Roi.

Moi, femme folle et passionnée, j'avais retrouvé la flamme et la fougue de mes ébats avec William dans le lit du Roi. Ces derniers temps, il m'avait délaissée : il sentait bien que sa place parmi les vampires n'était plus assurée. On l'avait forcé à se marier. Et pire encore, je l'avais trahi durant son mariage. Il ne me touchait plus depuis quelque temps. J'étais en manque. Je me suis laissée faire. Je voulais vivre par plaisir, et non par souffrance. Je me suis abandonnée à l'étreinte sauvage d'Augustus, en en demandant toujours plus, jusqu'à me brûler à son feu destructeur. J'ai hurlé, entre deux gémissements : "OUI ! JE VOUS OBEIRAI !"

Aujourd'hui, ce soir, Hannah mesurait maintenant les conséquences de ses actes, et de ses paroles. A Augustus qui lui proposait une place de choix parmi son propre personnel, elle ne répondit rien. Elle se rappelait son premier maître, leur complicité et surtout son ordre, au début de cette soirée : surtout ne pas répondre au Roi. Elle baissa la tête en silence. Autour d'elle, la mère et le fils se déchiraient, alors que la sentence était tombée depuis longtemps. William essayait de la sauver, de l'empêcher de devenir un otage et elle aurait voulu esquisser un geste vers lui, se pencher, le protéger, s'il le fallait donner sa vie pour lui.
Mais d'un, si elle mourrait, lui aussi tomberait. De deux, elle était glacée de l'intérieur, frigorifiée. Etait-ce le regard d'Augustus qui ne l'avait pas quittée depuis son silence ? Elle n'osait rien dire et aurait aimé disparaître. Les paroles de Belle lui redonnèrent un peu d'espoir.

*Will... Survis Will, s'il te plaît !* pensa t-elle avec force.
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Dim 6 Mai - 23:43

    J'étais réjoui par avance de ce qui allait arriver. J'aimais le pouvoir. Plus que tout, j'aimais quand je pouvais le conserver plus longtemps encore que ce qu'on laissait entendre. William m'avait trahi, Julien avait été sans appel et je savais qu'il était sincère. Parce que quelque chose avait changé chez ce simple shérif, et le prince ne m'avait jamais convaincu par son envergure. Un intriguant, ni plus ni moins. Un ambitieux et un comploteur. Que m'aurait il bien servi que sa place à ma droite lui aurait été réservée, moi qui n'avait pas de fils ! Je m'étais résolu depuis bien longtemps à accorder préséance à Krystel, bien qu'elle soit une femme. Nul jugement de valeur sur ses capacités, mais étant né dans une époque reculée où seul l'homme jouissait du pouvoir financier militaire, social, politique voire même religieux, je n'avais pas pour habitude ni pour envie de laisser mon legs à une femme. Pas que je ne sache pas Krystel capable de gérer mes affaires après ma mort, bien au contraire. Juste, ce n'était pas l'ordre des choses que j'avais appris lorsque j'étais enfant, lorsque j'étais humain tout court d'abord. Mais je n'avais jamais pu digérer ni la trahison ni l'infamie. Alors, pas de pitié pour les faibles. En fait, je ne reprochais même pas à William de vouloir ma place ; j'avais été moi même un rebelle et un fêlon avant d'être un conquérant et un roi. Mais je lui reprochais peut être d'échouer dans ses tentatives futiles et pathétiques ; j'étais systématiquement au courant de ses actions, soit en m'en rendant compte par moi même, soit par le biais de mes autres subordonnés, probablement tout aussi désireux que William de prendre un jour ma place, mais qui savaient jouer des coudes pour s'occuper de leurs rivaux, même au sein de leurs amis. Ce n'était pas le cas de William. Complicités hasardeuses, plans dévoilés trop tôt à des langues pas forcément acquises, il ne pouvait qu'échouer. Cela avait mis Krystel hors d'elle quand je lui avais révélé ce que j'avais découvert grâce aux confidences de Julien. Après m'être annoncé auprès d'Hannah.


    Mon épouse fit appel à son humain en sommant son fils d'obéir. Je vis l'humain arrivant, voyant clair dans le jeu de la Reine. Elle envoyait un double message. Voire un triple, même. Le premier et le plus évident, était qu'il ne fallait pas jouer avec elle au risque de déguster sérieusement. Le second, était que personne n'était à l'abris, pas même sa propre famille. Enfin, qu'elle allait humilier William en ne lui envoyant même pas des égaux pour le déchoir de ses titres, mais un simple humain qui avait été autrefois son propre ennemi. Krystel incarnait la déesse terrible des religions du passé ; cruelle et sanguinaire, mais qui récompensait la loyauté. A mon image, je l'avais toujours façonnée ainsi. Krystel énonça la sentence, sur laquelle je n'intervins pas. Personnellement, je n'aurais pas été contre enfermer le dit rebelle et felon dans un cercueil d'argent comme je l'avais moi même été voici plus d'un millénaire et demi, mais qui savait avec quelles... étrangetés il en ressortirait ? Le bannissement n'était pas une bonne idée. J'aimais avoir le contrôle sur les choses. Krystel le déchut de ses titres, de ses possessions et jusqu'à son nom de famille. Depuis le temps que je pensais prendre des mesures, voilà sa propre mère qui faisait le travail à ma place. S'en était presque réjouissant... presque. Ensuite, la Reine alla attribuer biens et statuts de William à son épouse, l'intégrant officiellement dans la parenté et ma lignée, avant de demander à Julien ce qu'il désirait. Son titre de grand maître, bien évidemment. Je ne lui avais pas caché que ce serait à sa portée s'il trahissait son ami, William. L'amitié était quand même quelque chose de bien relatif ; Julien aurait accepté de vendre son ami, son frère, pour moins que ce que je lui avais proposé. A peine Julien répondait il par l'affirmative que William se plaignait et invoquais la loi. Comment osait il se croire encore sous le sceau de la légalité ? Il n'était qu'un paria, il n'avait droit à aucune justice ni aucune clémence. N'eut il été le fils de Krystel que je l'aurais probablement pendu avec ses tripes. La Reine expédia la chose, rappela la loi, rappela la position de chacun vis à vis de la royauté. Elle était belle, elle était terrible. Elle était mienne. Mais d'autres, que je n'attendais plus, prirent la parole. Belle Renard. D'une façon très diplomatique, très formelle, très... dévouée, défendait William, ou plutôt l'humaine. Cela me donnait envie de vomir, mais je ne pouvais la châtier pour la problématique qu'elle soulevait. Je levais les mains.



    | Paix, tout le monde ! Nous avons ce soir sabordé les plans séditieux d'un corrompu et d'un ambitieux, qui aurait détruit l'ordre actuel qui règne au sein de notre espèce. Désirez vous comme lui, une ère de luttes de pouvoir et de carnages ? Aucun d'entre vous n'était venu au monde quand je devins vampire. Les vampires étaient faibles, ils étaient des animaux. Tous se battaient les uns contre les autres, massacraient les humains comme du bétail, et notre espèce toute entière était menacée par le gouffre ardent de la guère. Je ne prétends pas me faire élire chef de notre espèce. J'ai pris le pouvoir par la force, mais j'assume jusqu'au bout mes responsabilités. Les traîtres seront châtiés et l'ordre sauvegardé. Et quel meilleur exemple de loyauté et de respect de l'ordre établi que celui donné aujourd'hui par le shérif Julien Guillemaud? |


    Je m'avançais vers lui, le jaugeais un instant, avant de le forcer à s'agenouiller d'un mouvement sec sur son épaule, lui intimant de plier genoux. Je me mordis le coin de la lèvre. Une goutte, une infime goutte de mon sang et de mon pouvoir coula sur mon menton, avant d'attérir sur la commissure de ses lèvres. Je prononçais les paroles rituelles, apprises des anciens rites, bien antérieurs à ma naissance.


    | Toi, Julien Guillemaud, a préféré la loyauté a l'amitié, a préféré l'ordre au chaos. Tu as préféré honorer ton espèce et ton Roi plutôt que les ennemis de celui ci. Goûtes la source de mon pouvoir, savoure la puissance, et deviens Grand Maître de la nation Vampire. Je suis Celui qui Marche à la Lumière, et tu feras Mes Volontés dans l'obscurité. Tu défendras mon règne, nos institutions et la paix de notre espèce. Tu combattras nos ennemis où qu'ils se présentent, et tu répondras à mon appel. Tous vampires dans ta zone te devront obéissance et fidélité, et tu le gouverneras en Mon Nom. Voici tes responsabilités. |


    Je le giflais violemment, de sorte à lui laisser une marque d'un rouge brûlant sur le visage.


    | Et ceci un pâle avant goût du sort funeste qui t'attend si tu finis par rejoindre les séditieux et les factieux. A genoux devant Ta Reine, et répètes lui ce serment de fidélité. Tu seras le premier dans l'histoire à prêter un double serment, saches cependant que nous ne faisons qu'un. |


    Je me tournais désormais vers Jana, un petit sourire amusé aux lèvres, puis vers Morgane.


    | Laquelle de mes deux filles veut bien répondre à Mrs Renard ? Serais je donc un monstre ne sachant s'occuper des humains ? N'ais je pas puni de mort dans nos lois, tout meurtre d'humains ? Ma propre servante humaine peut elle se plaindre des traitements que je lui réserve? |
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Lun 7 Mai - 0:26

    Assez étrangement, je ne ressentais aucun plaisir à ce qui allait arriver. Même quand la Reine m'appela auprès d'elle en disant simplement mon prénom, je ne ressentis aucune joie vengeresse, rien du tout. Il y avait parfois, j'avais l'impression de ressentir des choses. Surtout auprès de Krystel, de Jana ou de Cora, mais le reste du temps, le monde me semblait froid, morne, véritablement glacé, sinon hostile. Je regardais toujours la foule d'un regard inquisiteur, fouillant du regard une meute affamée d'ambition et désireuse de voir le sang couler pour des raisons aussi naturelles que politiques. Je n'étais qu'un chasseur, pas le loup auquel je m'identifiais parfois. J'étais le fantôme dans l'ombre de la Reine, mais un fantôme protecteur, tout aussi meurtrier que certains êtres de légende et du paranormal. Les créatures de l'ombre m'avaient attiré dans leur monde, dans leur univers. J'étais devenu autre chose. Pas un vampire, mais je n'étais plus tout à fait humain. Je n'étais qu'une ombre. Une ombre silencieuse, mais meurtrière. La Reine venait de m'appeler, je me portais à sa rencontre d'un pas ni trop vif ni trop lent ; je me déplaçais comme l'automate auquel on avait confié une mission, ou plutôt comme le soldat sans foi ni loi qui obéit à n'importe quel ordre donné par son maître sans sourciller. Je savais ce qu'on attendait de moi. Pas parce que Krystel m'avait au préalable dit ce qu'elle allait faire, mais parce qu'il suffisait que je la regarde et que je décrypte son attitude et le regard qu'elle jetait à son fils pour savoir ce qu'elle désirait. Elle avait fait de moi sa créature, et je n'étais pas du genre à broncher. Je vins saisir William, le pousser rudement mais fermement en avant droit sur notre Reine à tous deux. Je le forçais à s'agenouiller en poussant son genoux avec mon pied. Sans violence, mais sans douceur non plus. Je faisais ce qu'on attendait de moi, me tenant immobile derrière le Prince en passe d'être déchu. Je me tenais prêt à dégainer le pistolet à tout moment en cas de souci, mais je ne souhaitais pas tirer l'arme maintenant : le geste serait peut être trop mal interprété et je n'en voyais pas encore l'utilité.


    La Reine énonça la sentence, je restais de marbre. Pourquoi ne sentais je même pas un peu de joie, après ce qui arrivait ? L'enfoiré avait pris et dévoyé ma sœur, il avait pris de force ma femme, et il couchait avec ma Reine malgré leur lien de parenté. Cet homme était peut être ce que j'avais eu de pire dans mon existence, peut être un ennemi plus radical encore que Krystel, car c'était lui et ma sœur, nus et forniquant, que m'avait montré la Reine quand elle avait voulu me briser, ce qui me semblait être dans une vie antérieure tant cela pouvait remonter. Je ne ressentais rien, le vide. La vengeance avait été aspirée hors de mon corps en même temps que mon existence. Ne restait plus que des aspirations de servitude. Je n'étais plus un homme, parce que je ne désirais plus vivre pour quoi que ce soit. J'avais l'impression d'avoir vu et fait trop de choses, et j'avais surtout l'impression que la mort m'avait déjà choisi sans jamais faire le déplacement pour me prendre. Je ne prenais pas pour autant le Prince en pitié. Je l'abattrais tout aussi froidement d'une balle en argent dans la nuque si l'ordre sortait des lèvres vermeilles de la divine monarque que je servais avec une attitude au delà de la dévotion, au delà de tout engagement que j'avais pu avoir dans mon existence. La Reine finit par se détourner de son fils, récompenser Jana et le shérif Guillemaud. Elle n'avait pas requis ma présence, et le danger potentiel le plus immédiat venait du dit prince déchu ; je restais donc derrière lui, raide comme au garde à vous, paré à toute éventualité ou attendant simplement l'ordre suivant de ma possédante. Suzeraine qui sauté finalement à la gorge de son propre fils félon quand celui ci discuta la décision prise à son encontre. Elle fut éclaboussée de son sang et jeta son corps de côté. Aspergée du sang de sa progéniture qui devait sans doute déjà commencer à se regénérer, je me portais au devant de ma Reine.... J'étais son ombre, son soldat, son protecteur, son serviteur. D'une dévotion sans borne, je retirais ma veste, puis ma chemise. Je dévoilais mon torse et aussi le holster pourvu d'un flingue, sous mon épaule. Aucune importance. Une fois celle ci posée contre mon bras, je réenfilais ma veste et la boutonnais à fond, qu'on ne me voit pas torse nu plus longtemps qu'il ne le fallait avec l'aide de ma chemise, j'épongeais le sang sur le visage et la robe de la Reine. Appliquant le tissu sur sa robe, je n'étais que consciencieux. Je n'avais aucune honte, aucune attention pour l'assistance, et je ne nourrissais aucune pulsion présentement pour ce corps pourtant parfait que je nettoyais. Ce n'était pas l'heure des enfantillages ou du divertissement, j'étais là dans un unique but, servir. Je glissais quelques mots à l'oreille de la Reine



    | Au besoin, Votre Grâce, Cora peut s'occuper de votre tenue et vous fournir une robe de rechange. |


    Un murmure monocorde, même les derniers mots n'avaient rien éveillé chez moi. J'étais là pour servir. Je tournais le regard vers le Roi. Ainsi donc, Augustus désirait la prostituée de William ? Cela aussi, ne me faisait ni chaud ni froid. Elle avait abdiqué sa raison et sa volonté bien avant que je ne le fasse. Et avec le Roi, elle serait en sécurité assez paradoxalement. C'était la dernière chose que je lui souhaitais.

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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Lun 7 Mai - 1:23

Cette réunion faisait des étincelles, j’avais été naïve de croire que tout allait bien se passer. Et encore pour une fois, je n’avais pas à me plaindre ! Le coup fut porter à William, accusé de trahison … j’y avais eu droit moi aussi avec Torben … il survivrait comme j’avais survécu, non pas sans séquelles. Il n’avait plus rien, j’avais tout. Il avait tout perdu jusqu’à son nom. Et le roi voulait en plus lui enlever Hannah. Le roi se dirigea vers Hannah, il la voulait près d’elle. Bizarrement, cette idée ne me séduisait pas le moins du monde. La reine aurait le frère, le roi la sœur… La première idée qui me traversait l’esprit, c’était qu’Hannah était censée m’appartenir. Elle était d’une possession de William, après-tout… Je lançais un regard à Hannah, elle n’avait pas l’air du tout rassurée ni honorée. J’étais mitigée, est-ce-que j’essayais à mon tour de la sauver ? En même temps, elle ferait une merveilleuse espionne aux ordres du roi. Mais avec moi, elle serait beaucoup mieux traités qu’avec le roi ! En même temps, je ne devais pas être trop gourmande. Je restais statique à ma place, le temps d’assimiler ce que la Reine venait de dire. Son propre fils. Je ne l’avais pas vu venir, j’ignorais ce qu’il se tramait avec Julien, l’ami de William qui plus est. La relation avec la Reine était une relation très lunatique, aujourd’hui j’étais sa pupille demain je serais une traitresse au même titre que Renard. J’héritais du manoir, et de la pomme du diable et de multiples autres choses. De serveuse, je passais en quelques jours, à gérante. Les promotions allaient vite dans la famille Raybdrant. C’était un honneur que me faisait la Reine, mais j’éprouvais une profonde tristesse pour le traitement de William. Je ne valais pas mieux que lui, mais j’étais peut-être du genre plus sage. Je comptais faire bon usage de ses biens qui m’étaient bien donnés. Un atout pour la dissidence. Car même si j’étais perdue entre deux allégeances, même si la Reine remontait dans mon estime, finalement mes idées étaient les mêmes que celle qu’avait Belle. Néanmoins, je comptais m’investir en tant que royaliste et ne pas décevoir le couple royal. Être digne des cadeaux – empoisonnés ? – qu’ils me faisaient. Être digne d’être la pupille de la Reine. Celle-ci s’avançait vers moi, je la saluais comme il le fallait. J’étais princesse héritière, je ne pensais guère mériter cette considération… mais telle était la volonté de la Reine.

    « C’est un immense honneur ma Reine. »


Je la saluais à nouveau, alors qu’elle se détournait vers Julien. Je restais un moment comme cela pour ne pas l’offenser. Les retournements de situations. Je m’immobilisais complètement quand j’entendais William rétorquait, il perdait Hannah c’était normal mais il ne fallait pas qu’il se rebelle… Je ne fis rien, je restais figer. J’ignorais ce que cela faisait d’être unit à un servant humain, avoir une pomme de sang. Cela me faisait de la peine de les voir séparer encore un peu plus. Surtout qu’Hannah ne serait pas en sécurité auprès du roi, ou en tout cas avec un traitement différent qu’elle avait avec William. Un lien fort les unissait. Mais justement, il était normal qu’elle lui soit enlevée. J’étais très mal quand la Reine énonçait les règles, je me sentis coupable, fautive. Mon dieu…. Mais sur quel terrain nous aventurions-nous ? J’étais autant une traitre que William, et il prenait tout. Le traitement de la Reine avec son fils me faisait de la peine. Ma relation avec William était on ne peut-plus ambiguë mais je savais à quel point il tenait à sa mère. Cela devait le détruire qu’elle le traite ainsi. Je ne bougeais pas de ma place, je ne pouvais rien faire pour lui. Je ne devais surtout pas faire les mêmes erreurs. Il avait déçu sa Majesté, il devait assumer ses actes seul. Il était vampire, il était prince déchu certes, mais il avait l’étoffe d’un prince. Je le jugeais assez grand pour faire les bons choix. Je garderais William au manoir, il n’avait plus que moi désormais. Et je me sentais supérieur, pour la première fois j’avais le pouvoir. J’allais surement prendre un peu plus d’assurance. Jusqu’à présent, j’étais au stade de devoir me rattraper de mes erreurs, mais là j’étais visiblement pardonnée. Je ne devais pas recommencer, une fois mais pas deux. La Reine me récompensait, je ne devais pas la décevoir ce qui serait relativement dur si je restais auprès de Belle et de la dissidence. William était blessé, et je ne faisais rien. J’ignorais si j’agissais comme il le fallait. Personne ne bougeait. Acte de la Reine - allait secourir William serait certainement mal vu. C’était elle qui avait blessé William, allait l’aider serait surement considéré comme un acte de rébellion. Je baissais la tête. Je ne faisais rien. J’avais peur des conséquences. William détesterait encore plus Torben maintenant… cela n’arrangerait rien du tout. Torben qui s’occupait de sa Reine en nettoyant le sang qu’elle avait sur elle. Je détournais mon regard, nul besoin de souffrir un peu plus. Il se mit un instant tors nu. Beaucoup d’émotions ce soir, entre l’annonce de possessions mes nouvelles, la nouvelle situation de William, Torben qui servait la Reine sans réfléchir, la futur situation d’Hannah, l’intervention de Belle que j’approuvais, je la comprenais mais ce n’était guère le moment de se faire remarquer. La Reine était d’humeur massacrante. Je n’étais pas comme Julien, c’était certain. L’amitié passait avant la loyauté pour moi. Je trouvais son acte très bas, mais il voyait son propre intérêt – nouveau maitre vampire. J’irais le féliciter plus tard. Je ne savais pas comment agir. Peur des conséquences, peur de mal agir. Ca donnait ce soir, il y avait du mouvement, des rebondissements, de l’action. Au moins, nous n’avions pas le temps de nous ennuyer. Pour une fois que je n’étais pas au cœur de tout ce bazar... quoi que le roi m’impliqua, et au sujet de Belle en plus. Je fixais le roi. C’était un test ça encore ? Je devais bien répondre, j’hésitais à toucher deux mots au sujet d’Hannah. Moi-même, j’appartenais à la Reine et j’avais surement eut assez de récompenses pour ce soir. Je n’avais pas beaucoup de temps pour réfléchir, faire le bon choix, et rester fidèle. Je regardais à la fois le Roi et Belle. L’une des premières fois de cette soirée que je posais mes yeux sur elle.


    « Si je peux me permettre… les ordres de leur Majesté ne devraient, en aucun cas, être contestés. William a, visiblement, enfreins de nombreuses lois. Il doit donc être puni comme il se doit. S’il ne comprend pas en perdant ses possessions, c’est que ce n’est pas suffisant. Il est donc, normal, qu’on lui enlève sa servante humaine. Pour lui faire comprendre la conséquence de ses actes et que cela ne se reproduise plus. Je ne doute pas qu’elle sera bien traitée dans la maison du Roi. Cela devrait être pris comme un honneur. Néanmoins, Hannah étant l’une des possessions de William, elle devrait me revenir même si, je pense qu’à vos côtés, mon Roi, elle serait tout autant en sécurité. N’était-ce pas une punition, on ne peut plus délectable, qu’il ait sa servante humaine sous les yeux, sans pouvoir sans approcher, qu’elle ne soit plus sienne ? Toutefois, je salue le dévouement et le courage dont fait preuve Mlle Renard dans ses nouvelles fonctions même si, elle ne devrait pas mettre en doute votre capacité, mon Roi, à traiter convenablement vos servants humains.»


Je fis une révérence devant le roi après avoir finit de parler par respect à sa personne. Mes mots dans ma bouche étaient amers, j’essayais de faire au mieux. Ces mots-là me déchiraient. Il fallait que je tente, à mon tour, de récupérer Hannah. C’était presque sadique de réclamer Hannah, et de la priver à William. Cela ne me réjouissait guère, j’avais l’impression de toujours me mettre entre eux. Alors que ce n’était pas mon but. J’espérais ne pas offenser le roi dans ma demande. Je proposais simplement une punition plus poussait, sachant que William continuerait encore et encore à se battre, surtout si Hannah appartenait au roi. Cela lui faisait une raison de plus de le renverser. Je comptais sur Hannah pour la dissidence, j’avais besoin d’elle près de moi mais je trouverais quand même mon compte si elle rentrait au service du roi. Je craignais vraiment pour la suite… comment cela se passerait-il ? Qu’allions-nous devenir ? Comment ferais-je pour m’en sortir ? William m’en voudrait certainement d’appuyer la punition de ses Majestés, et d’en rajouter une couche. J’espérais que Belle comprenne mon nouveau statut et mes paroles qui me faisaient du mal, il faudrait désormais agir en royaliste, et penser en royaliste. Je n’avais plus le choix.
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Mer 9 Mai - 0:20

Cette soirée était forte en émotions aussi diverses que contradictoires pour ma part. Si d'un côté j'étais heureux de ce qu'il m'arrivait, je n'en souffrais pas moins d'un côté pour le prix que j'avais du payer et de l'autre la peine qui était mienne à voir mon ami souffrir et plus encore en partie par ma faute. Car si aux yeux de tous je serai celui qui aura trahi son frère, je ne suis en réalité qu'un vampire ayant choisi la loyauté. Il serait hypocrite de ma part de nier que cela n'est pas dans mon intérêt, mais la contre-partie n'est pas des moindres. Après ma réponse à la Reine et la tentative infructueuse de William de conserver son humaine, ce fut la fourbe Renard qui prit la parole à son tour et son venin se déversa.

Y aurait-il quelqu'un dans l'insistance pour croire à ses mots? Malheureusement oui et c'est en cela que cette femme représentait un danger. Pour l'avoir vu de mes yeux comploter avec William, pour toutes les belles paroles du fils Raybrandt à son sujet, je savais qu'elle ne pouvait pas penser ce qu'elle énonçait. Malgré toute la colère et le mépris à son égard qu'elle faisait naître en mon esprit je ne dis mot, ce n'était pas à moi de parler aussi je demeurai muet pour l'instant.

Ce fut notre Roi en personne qui prit la parole pour répondre, ce puissant qui seul pouvait marcher sous l'astre du jour sans périr. Il fit un rappel quant à la nécessité de son rôle au sein de notre espèce et de l'importance de sa tâche pour la sauvegarde de notre espèce. Il en vint ensuite à parler de moi comme exemple de ma loyauté sans pour autant dire que cela imposait des sacrifices. N'ayant pas le goût d'attirer la compassion, je ne le dirai pas non plus gardant ce prix pour moi seul. Augustus s'avança alors devant moi et de sa main puissante me fit m'agenouiller. Malgré l'excitation qui bouillonnait en moi je demeurai des plus calme et respectueux tandis que mon Maître me fit don d'un présent hors du commun : une goutte de son sang, rien qu'une. Tellement petite mais tellement grande à la fois. Lorsque cette goutte vint s'écraser sur mes lèvres, je la léchai du bout de ma langue et ce fut comme si je venais de boire un tonneau de sang humain et plus encore. Tout mon être fut parcouru d'un frisson électrique, quelque chose se passait en moi tandis que mon Roi prononçait le rituel ancestral. Je fus surpris par toutes ces sensations alors que je n'avais eu le droit qu'à une infime quantité de sang royal. Bien que grisé par cette puissance que je sentais en moi, je fus pris d'une soudaine frayeur l'espace d'un instant à l'idée de la puissance d'Augustus. Ce fus difficile mais je gardais ma contenance et ne faillis pas à l'étiquette, même lorsque je reçu la gifle d'usage. Sa force était telle que le sang battait dans mes oreilles et ma joue me brûlait, mais je ne bronchai pas car je savais l'importance de tout ceci. C'était à présent mon tour de parler, non pas pour aborder le sujet de William, mais pour énoncer mon serment de fidélité à l'intention d'Augustus et de Krystel.


Moi, Julien Guillemaud, ai choisi la loyauté et l'ordre. J'ai choisi d'honorer mon Roi et ma Reine en toute circonstance et n'aurai d'autre maître. Je ferai votre volonté sans faillir, défendrai votre règne, nos institutions et la paix de notre espèce. Je combattrai vos ennemis où qu'ils se présentent et gouvernerai en votre nom. Je choisirai la mort plutôt que de rejoindre les séditieux et les factieux. Je serai fidèle à mon Roi, Augustus, et à ma Reine, Krystel car eux deux sont mes maîtres et mon Seigneur. Voici mes responsabilités.

J'avais prononcé les paroles d’allégeance en les modifiant cependant un minimum afin de les adapter à la situation. En effet à l'origine le rituel n'est censé concerner qu'un seul maître ors j'avais du prêter serment au couple royal dans son intégralité. Cela ne me gênait pas le moins du monde car c'était dans la logique des choses. Lorsque le moment vint je me levai, la joue encore endolorie en croisant mes mains dans mon dos et en écoutant la suite. Augustus s'adressa ensuite aux deux princesses afin de leur demander de répondre à la traîtresse, et ce fut la femme de William qui s'en occupa. Elle proposa d'acquérir sa servante pour que la punition du Prince déchu n'en soit que plus grande tout en s'assurant de ne pas froisser le Roi, bonne chose car il valait mieux éviter cela sans quoi vous pouviez vous retrouver dans un cercueil, ou mort, en un clin d'œil. En attendant la réponse du Roi, ou de la Reine, je repensai à ma promotion. Moi le shérif d'Edimbourg, malgré cette décennie passée dans un cercueil plein d'argent, j'étais devenu Maître Vampire. Cela m'avait coûté mais le résultat en valait la peine. Je ne partageai plus mon poste de shérif avec Evey, je n'étais plus son égal j'avais gagné cette compétition cordiale qui s'était instaurée entre nous lorsqu'elle avait obtenu son son titre de deuxième shérif d'Edimbourg. Malgré ce que je ressentais je n'affichai pas le sourire qui emplissait mon esprit et gardai tout le sérieux et l'attitude de rigueur en cette soirée.
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Mer 9 Mai - 11:37

La réunion prenait une tournure que nous n’aurions pas pu prévoir même si bien évidemment on se doutait qu’il n’y aurait pas que des bonnes nouvelles. Pour le moment j’étais bien graciée, j’avais même l’impression d’être prise en considération par ma mère. Comme quoi, la rédemption peut avoir du bon même si peu peuvent croire que j’ai un certain penchant pour l’humanité. Bon d’accord, je l’ai, mais mes buts sont désormais vers la famille royale si je ne voulais pas subir le même sort que mon frère. Sort quelque peu funeste, tout perdre d’un coup, et en plus être humiliée devant tous les vampires, il y avait des choses qu’on ne pouvait pas supporter même avec un corps froid. Mon frère m’avait même adressé des courages, je n’avais répondu que par un sourire, m’inclinant devant le roi quand il me fit cette promotion. J’étais donc désormais en « haut » de l’échelle communication, si je savais que l’on allait me faire une telle faveur, même moi je n’y aurais jamais cru. Non mais franchement, on parle de Morgane Raybrandt les gens pas de n’importe qui quand on y pense. J’avais tellement fait beaucoup de choses pour que je sois reniée de la famille royale et maintenant c’était à moi qu’on confiait des responsabilités, la roue tourne les gens, la roue tourne et plus rapidement qu’il faut croire. Le vent en pompe je ne pouvais pas m’en plaindre pour être honnête. Pour une fois que j’avais les honneurs :

« Je serais présente de partout, prête à tout pour protéger ma mère, notre Reine. »


Puis il prit le chemin vers mon frère, étrangement les déclarations que le roi fit eurent pour don de me surprendre un peu, non pas que j’y croyais pas, mais d’une certaine manière, le fils modèle de ma mère qui se rebelle alors que tout le pouvoir lui ait désormais offert. On ne pouvait pas dire le contraire, ma mère épousant le roi, ça propulsait la famille Raybrandt en haut de l’échelle sociale et hiérarchique des vampires. A croire qu’il ne savait pas se contenter de ce qu’on pouvait lui offrir d’une certaine manière. Enfin c’était plus ma mère qui rendit la sentence immédiate en le déniant, de toute renommée. Alors ça fait quoi grand frère de se retrouver en dessous de tout dans sa propre famille ? Etrange pas agréable n’est ce pas ? Non bon d’accord ce n’était pas franc jeu de jouer comme ça, mais j’éprouvais quand même une certaine satisfaction à la tournure des évènements, surtout que l’on ne pouvait pas tout contrôler d’une certaine manière, mais on pouvait essayer de jouer avec le destin pour le rendre en notre faveur. Mince, au bout de 800 ans on commence à connaitre les règles du jeu ! N’est ce pas ? A croire que non, il avait voulu se rendre dans l’autre camp, croyant certainement que tout irait mieux là bas, qu’il aurait tout ce qu’il voulait. Certainement mais c’était sans compter la loyauté de Julien apparemment très dévoué au roi.

D’ailleurs, la leçon ne lui avait apparemment été complètement inculquée, en voulant provoquer ma mère il eut pour cadeau de faire un joli vol jusqu’au fin fond de la pièce. Bon d’accord ma mère n’avait jamais été des plus douces quand on y pensait, en même temps à provoquer, on ne récolte que ce que l’on sème non ? Belle prit d’ailleurs la parole presque immédiatement après l’action. Elle justifia la bonté de la reine, pour qu’on puisse laisser la vie à mon frère, d’un côté elle n’avait pas tord, cela pouvait montrer la bonté de ma mère devant la communauté. Ce qui n’était pas négligeable quant à l’image qu’elle pouvait rejeter. Je rejoignais donc ma sœur adoptive quand elle argumenta les actions du roi, et elle n’avait pas tord quant à la condition de Hannah. Si Jana héritait de toutes les possessions de son mari, alors Hannah en faisait parti. Je fis une référence devant le roi :

« Majesté, je ne saurai que soutenir les paroles de ma sœur, Jana. Vous avez toujours fait preuve de justesse et su également punir les dissidents comme il se devait. Mais Hannah devrait être donnée à Jana, si je puis me permettre, comme elle est la responsable de toutes les possessions de William, il n’en irait que par logique quant aux décisions de la reine de la sentence qui lui est imposée. »

Je m’inclinais devant sa Majesté, après mes paroles.

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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Sam 12 Mai - 11:47

Stoïque je restais dans mon coin observant la scène. Je devais bien l’avouer je n’étais pas à l’aise. Exposée comme un trophée j’avais l’impression que tous les regards pouvaient se braquer à un moment donné sur ma personne. Les vampires se demandaient surement qui était le nouvel objet de la reine. Peu d’entre eux me connaissaient déjà, seul Julien et William Rabrandt m’étaient réellement familiers. Pourtant j’avais été pendant longtemps la pomme de sang de Nikos Panapopoulos mais ce dernier ne m’avait que rarement fait l’honneur de l’accompagner dans les soirées mondaines du monde de la nuit. Sans le vouloir je transpirais, je trouvais qu’il faisait étonnamment chaud dans cette vaste salle. Tachant de garder la tête haute et fière allure pour ma reine je me reprenais. Je n’étais qu’une simple humaine après tout, personne ne faisait attention à moi, je n’avais aucune raison de paniquer. Rester debout n’était pas une tâche si difficile à accomplir, je ne pouvais que réussir. Torben se leva un instant, me chuchotant avant de partir de faire attention à la reine. Je risquais un regard vers la divine créature, elle était parfaite, rayonnante de pouvoir et de grâce. Malheureusement j’étais incapable de veiller sur elle, mais son époux le roi était là. Les voyant ainsi disposés, tellement majestueux, je me sentais fière d’être au service de la reine des vampires, pourtant je n’avais aucunement ressenti ce sentiment de fierté alors que je servais fidèlement Nikos, seulement de l'espérance et du désespoir. J’observais un instant Torben qui s’approchait du fils Raybrandt et de Julien. Les deux vampires ne semblèrent pas contents des dires de Torben.

Suite à cela le Roi et la Reine des nocturnes rouges prirent la parole entrainant la cessation immédiate des bavardages. Retenant mon souffle je les écoutais sans broncher. Je ne comprenais pas réellement leurs discours, seul le mot trahison me parla bien que je ne savais de quoi il en retournait. Torben s’adressa de nouveau à moi d’un ton las. Je ne savais s’il était ravi ou non d’être là, comme bien souvent aucune émotion ne trahissait son visage. Néanmoins il semblait prendre son rôle très à cœur, agissant comme le parfait servant de sa Majesté. Je souris alors qu’il me disait qu’après il aurait besoin de décompresser, cela me parlait soudainement beaucoup plus.

    « Avec plaisir Torben. »


Je me refocalisais sur l’assistance. Le brouhaha avait repris suite aux paroles du roi et de la reine. Une vampire dénommée Renard semblait être un instant le centre de l’attention, elle allait partager les fonctions de la princesse Raybrandt selon ma Reine. Je me disais que cette vampire devait être comblée, pouvoir ainsi exercer des services pour le compte du roi et de la reine était un véritable honneur.
J’aperçu ensuite le roi se diriger vers ma tendre amie Hannah. Cette initiative me glaça le sang, qu’est ce qu’un vampire et monarque tel que lui pouvait bien vouloir à mon amie et pomme de sang du fils Raybrandt ? Ne tenant pas en place je mourrai d'envie de courir vers elle pour le lui demander. Malheureusement j’étais coincée à ma place, incapable d’agir.
La suite des événements m’étonna franchement. La reine s’adressa à son fils et lui ôta son titre de shérif. Bien que je ne sache pas ce que cela signifie ni quelles sont les responsabilités d’un shérif je pouvais aisément dire au vu de la réaction de William qu’il s’agissait là d’une sanction grave. J’avais là un aperçu de la dureté de la reine lorsque que l’on venait à la décevoir. S’en suivit la longue tirade d’un William désespéré. Son attitude me faisait presque mal au cœur. J’imaginais ma pauvre Hannah et la tristesse qui devait l’envahir devant ce spectacle. Est ce qu’elle ressentait le désespoir de William ? La reine ne sembla pas contente de la contestation de son fils si bien qu’elle le frappa. Je fermais les yeux pour ne pas être témoin de cet acte de violence. A cet instant je me jurais de ne jamais décevoir la reine. Si elle pouvait s’en prendre à son propre fils, à la chair de sa chair que ferait-elle à une pauvre et misérable humaine ?

La discussion s’anima autour du sort d’Hannah, la vampire blonde qui répondait au nom de Renard prit la parole défendant William avec une éloquence à couper le souffle. Jana prit également la parole assurant qu’Hannah lui revenait puisqu’elle détenait à présent tous les biens de William. Bien que je n’appréciais pas l’ex-femme de Torben je trouvais son initiative attentionnée. Sans réellement savoir pourquoi je préférais savoir Hannah entre les mains de Jana plutôt qu’avec ce roi qui m’effrayait.
Je portais mon regard vers mon amie, j’aurai voulu la serrer dans mes bras, être près d’un corps familier. La promotion de Julien me libéra un instant de mon inquiétude pour Hannah. Ainsi il devenait maitre vampire… Il allait être encore moins accessible, peut-être même qu’il ne souhaiterait jamais me revoir.
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Lun 14 Mai - 20:45

"Le monde est un manège, qui tourne, qui tourne et qui rend le monde fou."

Où est ce que j'avais entendu cette phrase ? Pas moyen de me rappeler. Mais elle était bien trouvée pour la situation actuelle. Je les entendais autour de moi décider du sort des autres, sans aucune pitié, jouer avec nous tels des pions, nous poser où bon leur semblait, et nous torturer avec délectation. Comme au mariage, tout ceci n'était qu'une mascarade orchestrée par Augustus.

Hannah leva les yeux vers lui, tressaillit en croisant son regard sadique puis les posa sur Krystel. Non, même la nouvelle épousée ignorait ce qui se cachait derrière les décisions funestes de son mari. Ils préparaient quelque chose de mauvais... dont tous les vampires et pommes de sang ici présents joueraient un rôle. Qui fera le martyr, qui jouera la victime, qui viendra défendre l'honneur et les droits des vampires ? Qui donnera son corps, son sang et son âme au plus offrant ? Qui espérera la reconnaissance mais qui ne récoltera que des cendres ?

William à terre, j'avais envie de le relever et de nous enfuir. Que nous apportait la vie parmi les vampires ? J'aurais aimé avoir un don de télépathie, pour lui transmettre tout ce que je ressentais en cet instant.
*Tu as vu Will, je n'ai pas répondu quand il m'a parlé. Je n'ai pas bougé quand tu es tombé à terre. Je n'ai pas crié quand j'ai vu mon frère, ni quand j'ai vu ta femme prendre la parole pour me défendre.* Je pouvais être fière de mon stoïcisme. Cela voulait-il dire que j'avais évolué, que je n'étais plus aussi puérile qu'avant ?


Mon regard se porta sur Cora. Encore une fois, comme j'aurais aimé pouvoir communiquer avec elle par la pensée ! Par le regard, était-ce suffisant ? J'aurais aimé lui demander si elle allait bien, si vivre si près de la Reine lui convenait. Et aussi lui demander ce qu'il y a entre elle et Torben. Finalement, si Jana obtenait gain de cause, je n'aurais qu'à lui demander directement. Cela ne devait pas lui plaire que son ex-mari fricote avec l'ancienne pomme de sang de Nikos. Que de liens amoureux nous déchiraient !

Je les entendais choisir mon sort, et j'avais envie de m'écrier : Et moi alors dans tout ça ? Avais-je seulement mon mot à dire ? Je devais attendre et espérer. Entre Jana et Augustus, il y avait un fossé.
Je regardai alternativement Cora, croisa son regard, lui sourit avec toute l'affection que je possédais en moi, puis regarda Jana. Je priai silencieusement :
*Aidez-moi à sauter du bon côté.*
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Mar 15 Mai - 23:30






La lune, maitresse de toutes les nuits, règne enfin en monarque absolue dans un ciel sans étoile. Elle illumine tout le pays, appelant sa population à sortir de leur cachette. Son peuple, elle l’aime plus que tout, car sans eux, elle ne représenterait aucun intérêt. Alors elle prend soin de lui, le dorlote, le guide, bienveillante comme elle est. Mais sa puissance est masquée et ébranlée de plus en plus par celle d’un être qu’elle a depuis très longtemps sous sa coupe : Augutus, Roi des vampires. Il l’éclipse, ne lui rend pas honneur, la considère au même rang que ce fourbe de soleil qui s’approprie toujours toutes les gloires, les louanges, ce soleil qu’elle déteste tant. Elle qui a toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l’indifférence, elle ne peut pas supporter cet être qui ne l’honore pas à sa juste mesure. Au moins son épouse prend le temps de la regarde de temps en temps et il fut même une période où elle lui écrivait de merveilleux poème. Les siècles ont fini par avoir raison de cette pratique, laissant place à des plans d’une toute autre envergure, dont un qui prendra toutes ses lettres de noblesses cette nuit même. Oh Marcheurs nocturnes, cette nuit restera dans vos mémoires pendant très longtemps. Ce soir d’ailleurs, la lune a décidé de laisser sa place à une pluie torrentielle, fréquente en cette saison. Cette entité bienveillante abandonne ses enfants à leur dirigeant, alors qu’ils se dirigent tous dans la demeure royale dans laquelle règne une grande effervescence humaine qui met un point final aux préparatifs…

Ils sont tous venus. Shérif, prince et princesse, tous en compétition pour les faveurs du Roi et de la Reine. Et ceux ci commencent à détailler ce qu'ils comptent faire de cette soirée... Et bien vite leur curiosité a été assouvie. Pour sur cette soirée est riche en surprise et ce n'est sans doute qu'un début... Le couple royal avance à visage découvert. Certains sont "récompensés", comme belle Renard dont l'opportunité de carrière n'est qu'un cul de sac destiné à la faire taire. D'autres le sont plus honnêtement; Julien, pour sa loyauté sans faille, se taille la part du lion dans le gâteau qu'est l'Ecosse. William est celui qui en pâti le plus, puni qu'il est pour sa trahison, il est banni de la lignée royale et perd tout jusqu'à son propre nom. Le Roi veut tout. Et le Roi l'aura.




A partir de demain (mais vous pouvez poster dès maintenant !) vous avez UNE SEMAINE pour POSTER AU MAXIMUM DEUX FOIS à ce premier ordre de passage. Vous devez DECRIRE vos réactions, en compagnie de VOS EVENTUELS HUMANS accompagnants. La salle est complètement épurée et très sombre. Il y a aux murs de nombreux tableaux représentant Augutus et Krystel à différentes époques. Vous avez bien entendu le droit d'agir ou de parler à votre convenance, mais à vos risques et périls . Pareil pour ceux qui ont les faveurs des monarques.

Ps : même si vous êtes 13 à jouer, cela ne veut pas dire qu'il y a que 13 personnes dans la pièce. Elle est pleine de vampires et humains qui comme vous arrivent au fur et à mesure

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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Ven 18 Mai - 17:16


Cette nuit, je venais de perdre mon héritier. Avais-je des regrets ? Non aucunement. Il avait fait ses choix, et il en payait les conséquences. Il n’avait pas su suivre le chemin que j’avais tracé pour lui. Je l’avais voulu prince, il agissait comme un manant. Il n’était pas digne d’être un duc, encore moins d’appartenir à ma lignée. Il avait de la chance que je lui laisse encore cette liberté qui aurait un gout amère. Au moindre faux pas suivant, il finira dans un cercueil fait d’argent et s’y retrouverait enfermé pendant plusieurs siècle jusqu’à ce qu’il prenne conscience de sa fourberie envers ceux qui m’on élevé à un rang supérieur. Il m’avait préféré, moi sa propre mère, sa créatrice à une rébellion. Je n’étais pas prête à lui pardonner et à me montrer plus clémente avec lui. Il avait déjà la vie sauve, il ne fallait pas non plus exagérer. D’ailleurs j’approuvais la décision de mon Roi de garder sa servante humaine dans notre maison, de telle sorte à avoir toujours un pouvoir de vie et de mort sur lui. Je l’envoyais valser plus loin lorsqu’il osa réclamer son droit sur elle et ne pu m’empêcher de rire lorsque Belle prit la parole. Je lui lançais un regard on ne peut plus hautain pour lui signifier tout le mépris que j’avais pour elle et ses positions. Je lui fis de se taire d’un signe de la main et de s’agenouiller devant moi. Elle ne devait pas oublier sa place de vermine. Je laissais mon Roi répondre à cette dernière, préférant de loin de détourner d’elle et la snober complètement. Je reportais mon attention sur Julien qui vient me présenter son serment de fidélité. Tout comme mon époux, je vins m’écorcher un peu le bras et fit couler une goute de mon sang dans sa gorge, en signe d’acceptation de son nouveau statut de maitre vampire. Je lui fis signe d’aller se placer au côté d’Adrian, avec qui il devra désormais travailler en parfaite harmonie s’il ne voulait pas voir sa tête tomber.

Jana pris alors la parole pour répondre à l’attente d’Augustus. Je ne puis m’empêcher de sourire à ses mots. Quelque part j’étais fière d’elle et de la position qu’elle prenait. Elle était prudente mais faisait valoir tout de même son statut. C’était un des traits que j’avais toujours espérer voir chez William, en vain. Son épouse, bien que plus jeune, semblait avoir compris où était sa place et ce que cette dernière pouvait lui permettre de faire ou non. Je m’avançais jusqu’à elle pour la regarder de toute ma hauteur, fièrement. Oh, elle n’allait peut-être pas forcément apprécier les propos mais au moins verrait-elle dans mon regard qu’il n’y avait aucune haine ou autre sentiment négatif.

En effet, Hannah est ta possession. Cependant appartenant à ma lignée et à celle de ton Roi, tout ce qui t’appartient nous appartient également. Penses-tu, après tous les honneurs dont nous venons de te gratifier que nous viendront nuire à ta personne ? C’est la première fois que l’on vient d’ailleurs à sous-entendre que les humains ne seraient pas traités avec égard. Cora approche je te pris. Raconte donc à mon enfant ta vie sous la coupe de Nikos le traitre et ta vie au sein de ma maisonnée. Profitons donc de cette soirée pour mettre toutes cartes sur table. Ah et Hannah restera sous la coupe du Roi, le sujet est clos.

En prononçant ses dernières paroles mon regard s’était attardé sur cette Renard que je n’aimais absolument pas. Je laissais ma nouvelle servante à la tâche que je lui avais confiée. Elle n’avait pas à mentir. De toute façon les vampires se sentiraient alors. Je viens ensuite jusqu’à Torben et lui dis de telle manière à ce que SEUL lui l’entende

Débarasses toi de lui, je ne veux pas qu’il continue à salir mon sol. Que mes ordres soient diffusés : dès lors il sera appelé William Sans Nom. Il n’aurait plus accès au manoir des Raybrandt, ni à tout bien qu’il possédait avant. Qu’il passe donc une journée à devoir se terrer comme un lapin pourchassé. Je n’ai que faire de sa sécurité physique et mentale. Si cela peut te distraire, n’hésite donc pas à le malmener sous ordre de ta reine. Qu’on le jette dehors comme un malpropre. Il n’est rien de plus à présent, tout juste un insecte. Dès que cela est fait reprend ta place à mes côtés

Je savais que mon servant fera ce qu’il avait à faire. Il était venu de lui-même m’essuyais le visage avec sa chemise, alors que je le savais tout de même pudique. Il m’avait même proposé de charger Cora de me trouver une autre toilette, proposition que j’avais déclinée. Cela servirait de piqure de rappel aux autres vampires et qu’ils n’oublient pas que si j’avais osé m’en prendre à mon propre fils, je n’aurais de pitié pour personne



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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Ven 18 Mai - 18:53

    J'avais assisté à l'échange en me tenant sur mes gardes, et ce pour deux raisons. La première et la plus évidente, c'était que le moindre débordement pouvait finalement s'avérer dramatique. Je me tenais prêt à dégainer et faire un carnage, si le prince voulait se rebeller ou si d'autres félons finissaient par apparaître de sous leurs capes. Je me tenais prêt, parce que c'était pour ce genre d'instant que je vivais encore. Krystel avait voulu de moi que je la protège, parce qu'elle savait que malgré ses immenses talents et ses réflexes monstrueux, un vampire ne serait jamais assez rapide pour esquiver une balle, ou pour prendre garde à ses propres arrières. Je savais ce que j'étais ; un individu seul, moins que beaucoup de choses, dans l'existence ma Reine. Mais je savais aussi qu'elle comptait sur moi, qu'elle attachait à ma présence une certaine valeur, plus qu'à ma vie elle même d'ailleurs. J'étais là pour diverses raisons,aussi bien pour faire passer des messages à ses adversaires qu'à ôter la vie si nécessaire, et encore, cela ne recoupait qu'une infime fraction des tâches qui m'étaient dévolues depuis que j'étais à son service. J'écoutais ce qu'il se passait, donc, mais sans pour autant départir mon attention de l'ensemble de l'assemblée. Par pur réflexe et aussi par anticipation, je déboutonnais la protection de mon holster en un petit geste anodin sous ma veste. En cas de soucis, je pourrais dégainer l'automatique en un temps record pour commencer à défourailler à grand renfort de balles en argent. Cela n'arriva pas. La Reine, sans prêter plus d'attention à mon geste, se fit d'abord un devoir d'ignorer superbement Belle Renard, dans le but notamment de se tourner face à Jana. Moi qui partageait l'existence de ma Suzeraine désormais, je savais décrypter son attitude. Elle se faisait dure, peut être un peu sèche, mais je percevais nettement l'intérêt qu'elle ressentait envers celle qui fut ma femme. La Reine aimait que sa belle fille montre son courage et qu'elle soit digne de son rang, et de ce qu'on attendait d'elle. Je pouvais le sentir. Je ne m'autorisais aucun sourire. J'étais là pour la protéger, pas pour appuyer ma Reine de quelque manière que ce soit. Si elle avait besoin de moi et qu'elle me faisait part de ses ordres, alors seulement je prendrais parti comme elle l'entendait.


    La Reine vint alors à ma rencontre. Elle vint murmurer à mon oreille en un souffle aussi sensuel que des plus sérieux, qu'elle voulait que je la débarasse de son fils qui souillait son sol. Je notais mentalement chacune de ses directives, concernant l'ostracisme qu'elle réservait à son rejeton qui l'avait déçue, plus d'accès non plus à son propre domicile et un désintérêt total pour sa sécurité. Je pensais donc que je ne devais pas le faire suivre ou le faire surveiller ; les directives de Sa Majesté me paraissaient suffisamment claires comme cela ; elle ne voulait plus avoir à faire à son propre fils, je tâcherais donc d'exécuter sereinement ses directives. Me distraire ? Rien ne me distrayait vraiment. J'étais en vie et j'éxécutais ses ordres, c'était tout ce qui comptait à l'heure actuelle. J'hochais la tête quand la Reine me dit qu'une fois ma tâche accomplie, je devrais reprendre ma place à ses côtés. Je ne lui avais pas répondu par des mots ; un simple regard avait suffi pour lui certifier ma loyauté et mon action. Je me dirigeais donc vers le Prince après l'avoir saluée. Je ne jetais pas un coup d'oeil à l'assistance, mais je me tenais prêt tout de même à réagir en cas d'imprévu. Je me tenais face à lui, son corps brisé commençant probablement son lent travail de réparation. D'ici combien de temps serait il de nouveau debout ? Pas mal, si on ne l'abreuvait pas de sang pour accélérer sa guérison . Je m'accroupis un instant face à lui. L'ancien Torben lui aurait craché dessus, mais je le regardais d'un air indifférent. Lui était brisé, moi pas.



    | N'essayez pas de revenir chez vous ; vous n'y êtes plus le bienvenu. Rien n'a été dit concernant votre mariage, mais je pense que la Reine verrait d'un très mauvais œil que vous veniez contaminer Dame votre épouse avec vos propos séditieux. Vous devez partir, ce soir. Si un jour la colère de Sa Majesté se lève, vous pourrez revenir. Autrement, restez à distance, et ne transgressez plus aucune loi. |


    Je le saisis par le col de sa veste, l'attirant un instant plus près de moi. Je me doutais que ses os brisés frottant contre sa chair devaient le faire atrocement souffrir, mais peu m'importait. C'était un vampire, il n'en mourrait pas.


    | Si vous le faites malgré ma mise en garde et celles de notre Reine, nous nous reverrons, et mon ombre se dessinant sur vous sera la dernière image que vous emporterez en enfer. Ou ce sera à Hannah de supporter les fruits de votre traîtrise et vous savez dans quel état cela vous laisserait. |


    Je passais derrière William, convaincu que le porter, en plus de souiller ma tenue d'un sang que répudiait la Reine, serait trop difficile. Le sol parfaitement lustré me rendrait la tâche aisée. Je le portais par dessous les aisselles, en traînant son corps inerte derrière moi. On m'ouvrit les portes sur mon passage, toutes les portes. Je ne le fis pas sortir par la porte principale, mais par une entrée de service à proximité des cuisines. Je le traînais encore dehors. Tout au long du chemin, je me tenais prêt à réagir au moindre signe, mais l'ex prince semblait tout simplement trop amoché pour cela. La Reine n'y était pas allée de main morte, en déesse vengeresse qu'elle était. Je laissais finalement le corps de William, inerte et froid, sur la pelouse. Je fis signe à deux gardes du Roi de le tenir à l'oeil. S'il voudrait rentrer à nouveau, il faudrait le repousser aussi brutalement que nécessaire, et le tuer s'il s'obstinait. Je me tournais une dernière fois vers le Prince.


    | Bonne fin de soirée, William. J'espère pour vous que vous saurez vous regénérer avant le lever du soleil... Je suis sûr que cela ne peut pas vous faire de mal de vous mettre un peu à l'épreuve. |


    Je m'autorisais enfin un sourire, et fit un signe de tête aux deux tueurs du Roi qui restaient à surveiller la regénération de l'ex-prince. Je revins finalement dans la salle de réception, ou je vins me positionner juste derrière la Reine. Je la croisais en sens inverse juste avant d'arriver à destination, et me penchais vers elle.


    | C'est fait, ma Reine. Le soleil décidera de son sort ; son destin est assuré s'il s'avère suffisamment fort pour survivre. |


    Un nouveau hochement de tête en guise de salut, et je vins me placer à deux pas derrière elle.

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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Ven 18 Mai - 19:49

    Julien accepta bien entendu le présent qui lui était fait. Comme s'il allait refuser. Pas un peu fou non ? Il était tout ce qu'il y avait de plus ambitieux, bien que loyal, contrairement à certains. Il n'allait pas se laisser gâcher son heure de gloire, pas ici et certainement pas maintenant. C'était un moment qui n'appartenait qu'à lui. Il aurait peut être plus tard d'autres responsabilités, mais comment continuer à grimper, si ce n'était en restant dans notre entourage ? Il avait compris comment les choses se passaient. Si les grands maîtres écossais avaient toujours eu une grande importance dans notre hiérarchie de par l'honneur qui leur était fait de régir les domaines royaux, les responsabilités n'étaient pas les mêmes que lorsqu'on était responsables d'un continent dans son intégralité. Seul l'avenir pouvait nous dire comment se comporterait Julien, dans le chemin de l'accomplissement de sa destinée.


    Je fus profondément étonné que Jana prenne la parole. Enfin, pas vraiment ainsi mais plutôt qu'elle le fasse d'une telle manière. Comme si elle avait rattrapé trois siècles de maturité sur ses congénères nouveaux nés. Je la regardais, ne voulant pas la couper. J'étais comme face à une fleur, une rose. Elle semblait éclore de toute sa beauté et de tout son intérêt, en direct et sous mes yeux, sans compter que ses épines n'avaient jamais été aussi dangereuses. Décidément... La vie était pleine de surprises, se pouvait il que la princesse aie enfin décidé d'assumer sa position, son titre, et sa place dans ma lignée ? Il n'était pas trop tôt, et son éloquence n'avait d'égale que sa beauté, qui elle même était au même niveau que son intelligence. Son intervention était franche, assurée, et elle devait agir sous le coup d'une émotion bien qu'elle n'en cachait rien. D'une certaine manière, je lisais en elle l'empreinte de Krystel. Jana avait été bien plus modelée par la Reine que les propres enfants de celle ci, pourris gâtés qu'ils avaient été, tirant par trop de fois sur sa bienveillance de femme et de mère. Mais Jana s'avérait d'une autre trempe. Je me réjouissais de la voir me braver en m'attaquant sur mon propre terrain, et ça couplé à la prise de conscience et au sérieux nouveaux chez Morgane, cela remplaçait bien plus que les pertes qu'engendrait la destitution de William. J'étais curieux de voir la suite, mais ce que je voyais valait déjà son pesant de cacahuètes. Jana semblait abonder dans mon sens, mais il n'en restait pas moins qu'elle essayait de me reprendre mon petit cadeau de la soirée, à savoir Hannah, la servante humaine de William. Hannah qui devait déjà commencer à ressentir l'affaiblissement de son vampire, vu le lien qui les unissait. A moins que le Prince n'eut été faible au point de ne pas savoir se relier à son humaine ? Je n'en revenais pas, et je partais d'un grand sourire réjoui quand je constatais la verve de la pupille de mon épouse. Elle s'en était admirable tirée, sur ce coup là, terminant même deux minutes d'impertinence déguisée par une superbe révérence. On pouvait vraiment faire quelque chose d'elle, tout comme l'espoir à propos de Morgane avait pu être ravivé. Morgane d'ailleurs, s'empressa d'y mettre également les formes pour supporter sa demie sœur. Elle semblait sur la même longueur d'ondes. Cela ne serait pas plus mal d'avoir deux enfants soudés plutôt que désunis, comme cela avait été si longtemps le cas entre Morgane et son frère. C'était une solution à laquelle il fallait que nous réfléchissions.


    La Reine m'emboita le pas alors que je m'apprétais à répondre. Je souris, satisfait de la réponse apportée. Je voulais Hannah et j'allais l'avoir. Je ne pouvais cependant que saluer le concours de mes deux filles.



    | Je salue votre ardeur et votre analyse, mes filles. Mais votre mère a raison, et elle a su lire en moi et en cette humaine, le besoin ardent de... Retrouvailles. Je saurais m'occuper d'elle comme il se doit. Autre chose, d'utile à préciser, c'est qu'en absence d'héritier mâle... Pardonnez mon expression, mais du fait de mon grand âge et vieillard décati que je suis, l'on s'exprimait ainsi en matière de succession durant ma...Renaissance... Bref ! Je voulais dire que sans William, vous êtes toutes deux nos héritières en ligne directe. Vous accédez donc à notre fortune et vous partagez notre gloire, mais vous vous devez de défendre l'honneur de notre lignée. Vous êtes amenées à un grand destin, mais vous avez encore beaucoup à apprendre. Je pense qu'il est plus que temps que votre mère voie les choses en plus grand. Vous l'accompagnerez à l'étranger quand le besoin s'en fera sentir, et je vous apprendrais moi même les arcanes de notre pouvoir. Jana, nous commencerons ensemble, puisque vous avez quelques siècles de retard sur votre sœur, si cela vous convient bien entendu, de dîner en ma compagnie d'ici quelques jours. |
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Sam 19 Mai - 0:33


Il se fit projeter sans aucune douceur dans l’herbe. Ses yeux restèrent clos. Il n’avait nullement envie de se mouvoir. Les bras écartés de chaque côté de son corps le col de sa chemise dorée était légèrement détaché laissant l’eau ruisseler sur son torse. Cette pluie lavait ses plaies. Son visage se décrispait de douleur. La pluie torrentielle déchirait son visage par le froid l’alimentant, mais le berçait en même temps. Enfin, il pouvait être au calme, seul et libre. Il n’avait ni froid ni chaud. Il ne ressentait presque rien et ne vit même pas repartir le serviteur sans aucune émotion. Plus rien n’avait de l’importance maintenant. Plus rien.

Il se sentit partir en rêveries et cauchemars. Sa mémoire le ramenait au fond de cette pièce sombre. Un sursaut et il se fut réveillé. C’était la Reine qui parla alors. Il se remémora avec tant de hargne – ou en fut-il autrement, son esprit restait flou sur ces événements – qu’elle avait déclaré qu’Hannah resterait avec le Roi. Elle resterait avec le couple royal. Son bras avait alors bougé, mais sans plus. Il avait voulu se lever, mais rien ne se fut produit. Encore faible, ce fut le frère lui arrivant peu de temps ensuite au visage. Il avait eu envie de lui cracher dessus pour ses mots dits. Il savait que ceux-ci provenaient de la Reine. C’était le bon toutou à sa maitresse …

Une averse subitement plus dense le ramena au moment présent. Ses doigts serrèrent ardemment l’herbe tout autour. Son cou tourna en direction de la gigantesque et riche demeure. Il ouvrit doucement les yeux battant des cils lorsque la pluie se fit trop présente. Cet homme l’avait traîné alors dans tout le manoir. Il avait peine à garder les yeux ouverts. Il avait tout perdu, mais il était si exténué. Au moins, le sang arrêta de gicler. William se rappela encore des dernières paroles de cet homme … De cette Pomme de sang pour être plus exact. Il avait voulu lui jeter une grimace de dégoût au visage, mais ses forces avaient faibli à vive allure.

Je ne suis plus rien, j’ai tout perdu. À quoi bon vivre ? songea-t-il en premier lieu. Il songeait alors se laisser mourir par l’astre chaleureux du soleil. Il n’avait plus rien à faire dans cette vie. C’était fini. Krystel l’haïssait. Il avait échoué. Une personne a dut le trahir, mais bon … Il n’avait guère envie de penser à celle-ci. Un bon à rien, un imbécile, un ver de terre. Le soleil allait le détruire comme il l’a fait naître. Cela faisait si longtemps que William n’avait pas aperçu un peu de ces chauds rayons. C’était le moment. Mais …

Hannah songea-t-il alors à la peur emplissant sa servante humaine. Ouvrant les yeux à nouveau, il semblait plus fort alors. Il observait avec force détermination la porte de côté. Non ! Cela ne devait pas se terminer ainsi. Il le refusait ! Il était une créature de la nuit fière et puissante ! Tous allaient payer pour ce crime ! Ils allaient payer ! Ce traître … Julien. Il mordit les côtés intérieurs de ses joues. Il eut une récompense. Ce devait être lui. Non ! Il allait être plus fort. Il n’allait pas laisser le plaisir au couple royal de le voir mourir. Il n’allait pas leur donner ce plaisir. Oh cela non !

Lentement, mais de manière continue, William se releva. Son torse fut de nouveau en position verticale. Il était trempé, sa vision était flou pour cause de tout ce sang perdu. Certes, il resterait en vie. Il resterait un Vampire. Il était bien trop fier pour se laisser aller comme il avait failli le faire. Il tâcha de se relier à Hannah sa servante humaine. Il utilisa tout leur lien émotif pour lui. Il avait un grand besoin d’elle … Ils partiraient avec la voiture avec laquelle ils furent arrivés. Oui, ils iraient chez Leslie et ensuite … Beaucoup plus loin. Il refusait de rester un moment de plus ici. Il le refusait. Étrangement, son employé était la seule personne en qui il pouvait avoir confiance. Fermant les yeux, William tâcha de se concentrer sur Hannah … Ses doigts se serrèrent sur ses cuisses endolories. Il tenta de se rendre à sa poche intérieure de son veston.

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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Sam 19 Mai - 9:38

A présent ma place dans la salle n'était plus derrière Morgane ou Adrian, mais à leurs côtés et cela avait son importance. J'étais à présent Maître vampire écossais, au service d'Augustus et de Krystel. Bien qu'écoutant attentivement le débat qui avait cours quant au sort de la servante de William, je ne pouvais m'empêcher de penser à ce qui allait suivre cette soirée. J'allais devoir déménager dans les environs de Glasgow, centre névralgique de mon nouveau territoire, et ancien domaine du Prince déchu. Bien que je passais déjà pour un profiteur, voire un traître auprès des sympathisants de William, cela n'allait qu'empirer car je comptais bien imposer ma griffe sur les terres dont j'avais à présent la charge, et plus particulièrement la capitale du pays. Bien que conscient que je venais de perdre l'amitié de mon ancien ami en cette soirée, je n'en serais pas moins clément envers quiconque oubliera que désormais je suis le Maître de Glasgow et plus largement de la moitié de l'Ecosse, au nom du Roi et de la Reine bien entendu.

Observant du coin de l'œil Krystel s'adresser à son humain, je poursuivis mes réflexions. Les évènements de ce soir ne manqueraient pas de faire réagir dans l'ombre les dissidents tels que la fourbe Renard, et me permettraient probablement d'en savoir davantage quant aux penchants de Leslie, l'ancien employé de William. Après mon entrevue avec le serveur vampire, nul doute qu'il sera prêt à enfreindre nombres de lois pour venir en aide à l'ancien shérif au regard de sa loyauté envers lui. Je verrai alors si mes premières estimations à son égards étaient justes. De plus je suis persuadé que William et son amie Renard ne sont pas les seuls dissidents, sans compter Leslie qui suivra le banni où qu'il aille. J'escomptais bien que cette soirée en blesseraient plus d'uns et les pousseraient à commettre l'erreur qui me permettra de les identifier.

Une fois le mâle de Krystel parti en emportant le corps abîmé de William, j'écoutai les paroles d'Augustus avant de penser à un de mes autres objectifs. Après l'épisode de la fille Carmichael, l'HCV ne devait pas m'avoir à la bonne vu ce que j'avais fais de la réputation de l'humaine. Dire qu'elle avait sincèrement cru pouvoir infiltrer les vampires en toute impunité m'avait beaucoup amusé à l'époque. Bien que n'ayant pas vu d'autres signes des rats d'église, ils revinrent à moi d'une certaine manière avec l'hystérique Alaina. Cette humaine s'était invité au Damned pour sauver son amie Makayla, utile à mes yeux uniquement pour véhiculer la bonne image de la Reds ainsi que du Julien Guillemaud, gentil vampires respectueux des lois publiques. La folle donc m'avait conduis à certains éléments de l'HCV que je gardais secrets pour l'instant, en attendant le bon moment pour les déballer.

Alors que le Roi venait de finir de parler, j'inspirai profondément profitent de l'ambiance si je puis dire. J'avais l'impression que la pièce était plus claire que lorsque j'étais rentré dans la pièce, comme si elle était soudainement plus éclairée. Ce devait probablement être du au deux gouttes de sang qui m'avaient été données quelques instants plus tôt. Même si ce ne fut qu'une infime quantité du sang de couple royal, cela suffisait à me donner une partie de leur puissance, faisant de moi un vampire plus fort qu'en début de soirée. Entendons nous bien, plus fort mais je n'étais pas non plus devenu le superman des vampires, soyons réaliste. J'étais simplement plus fort et cela n'en était que meilleur pour la suite des évènements.
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Sam 19 Mai - 15:01

Le tour que prenaient les choses ne plaisait pas du tout à Hannah. A un moment, elle avait espéré que Jana, Morgane ou même Belle réussiraient à la tirer de cet guet-apens où le roi voulait aisément l'y perdre, mais cela semblait désormais impossible pour elle deux de tenter quoi que ce soit contre la volonté royale, surtout Belle ! Cette dernière, qu'Hannah ne connaissait pas du tout, n'était pas la bienvenue non plus parmi les vampires fidèles au Roi et à la Reine. Hannah se demandait d'ailleurs pourquoi elle avait été invitée : peut être pour lui rappeler la toute puissance royale sur les vampires, quel que soit leur âge ?
Même Jana, nouvellement promue et responsable des biens de William ne pourrait disposer de sa servante ? Même Morgane, la soeur de William, maintenant rangée et fidèle ? Non, personne ne viendrait la sauver des griffes d'Augustus.
*Je vais les avoir ces retrouvailles. Il m'a envoyé un message sur mon téléphone, en me promettant que nous nous reverrons bientôt. Je n'aurais jamais imaginé que ce soit aussi vite.* Et dans des circonstances aussi dramatiques.

Elle vit, horrifiée, Torben attraper William conformément aux ordres de la Reine, et le jeter dehors. Il disparut derrière lui et Hannah vécut elle aussi les coups et les paroles blessantes de... son frère ! *Le monde est un manège qui tourne et nous rend tous fous.* C'était un poète qui avait dit cela. Il avait bien raison.

Alors qu'elle s'était jurée de ne plus faire d'esclandre, elle sentit au fond d'elle le puissant appel mental de William. Non ! Elle ne pouvait pas le laisser s'en aller seul.
Ses jambes se murent toutes seules vers la sortie, mais les murmures autour d'elle lui firent prendre conscience qu'elle commettait une terrible erreur. Devait-elle pourtant autant trahir une nouvelle fois son premier maître ? Désemparée, elle se tourna vers Julien, Morgane , Jana, Cora, Krystel, Augustus...
Elle murmura :

"Je ne peux pas le laisser partir. Il m'appelle... Comprenez notre lien, laissez-moi..."
Mais les gardes de la Reine avaient déjà surgi et l'encadraient. Hannah s'arrêta, prise au piège. Les mâchoires du Roi se refermèrent sur elle. Elle tituba et se mit à pleurer. Elle le laissait une nouvelle fois tomber, seul et sans appui. Ils la soutinrent alors qu'elle ferma les yeux, se perdant dans une inconscience bienvenue.

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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Lun 21 Mai - 15:52

Je regardais la salle, en attendant la réponse de ses Majestés. J’avais peur d’avoir mal agit, de n’avoir pas dit ce que l’on attendait de moi. Qu’attendait-on réellement de moi au juste ? Etre fidèle, c’était raté. Obéir, ca allait déjà un peu mieux à ce niveau-là. Devenir la nouvelle Krystel Raybdrandt ? J’étais sur le bon chemin. Etre sans pitié ? Je ne pouvais pas. Etre proche de ma demi-sœur ? Sur ce côté-là, ça allait déjà beaucoup mieux. J’avais du mal à cerner le roi et la reine… étais-je trop jeune ? Un qui été arrivé à avoir les faveurs de nos souverains était Julien. Nouveau maitre vampire et shérif d’Edimbourg - un pion a avoir dans son jeu sans nul doute. Un pion qui n’hésite pas à trahir ses amis pour avoir ce qu’il veut. Je devais m’en méfier, il avait trahis William après-tout. Mais lui aussi devait se méfier de moi, j’avais un tour d’avance sur lui. J’aurais besoin de lui, j’en étais certaine ! Lui, royaliste. Mais serais-ce peut-être mal vu de pactiser avec celui qui trahis votre mari ? William ne s’était pas suffisamment méfié. Le moindre visage amicale aussi doux soit-il, la moindre promesse – les pions étaient placés, il suffisait de jouer à présent, chacun sa stratégie, chacun sa tactique. La partie a commencé.

J’avais demandé Hannah, oh non pour prendre la pomme de sang de William, encore moins pour avoir une énième humaine à mes côtés. J’avais demandé Hannah car c’était Hannah. Cette douce Hannah qui avait prit mon partie lors de mon second mariage. Cette petite Hannah à l’apparence si fragile, et pourtant qui au fond d’elle est remplit de détermination. Je ne critiquais pas les manières du Roi envers ses pommes de sang, je ne connaissais guère Suzy Tannen, mais je savais que je n’aurais jamais agis avec Hannah comme le Roi allait agir avec elle. Dire, qu’avant je devais bien connaitre Hannah, et là en la voyant c’était pour moi une étrangère, la chose de William à l’époque quand j’ignorais encore qui elle était. Je savais que le Roi prendrait son dû, mais si je n’avais pas essayé je l’aurais surement regrettée. Essayer de quoi ? D’avoir Hannah ? Comme un objet qu’on se passe l’un aux autres. Les humains sont-ils tous que des objets entre les mains des Vampires ? Je connaissais très peu le Roi, quelques entrevues par ci par là, rien de très concluant mais Hannah avec le Roi … Je craignais pour son bien être. Je voulais la protéger, la prendre sous mon aile. Elle était une Badenov après-tout, moi aussi je l’avais été, je n’en avais pas le moindre souvenir mais je l’avais été. Qu’importe, le Roi veut, le Roi désire, le Roi obtient. J’avais des projets pour Hannah, et cela tombait bien que le Roi désire me voir. Tout s’enchainait, les pions avançaient, la partie n’était pas terminée.

Je fus surprise et ravis à la fois lorsque Morgane prit la parole, on ne prenait pas la peine de développer notre relation sœur de cœurs… c’était dommage. Mais malgré cela, j’avais l’impression que je voyais le monde qui nous entoure de la même manière que Morgane. Etait-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Hum…. Cela dépendait de quoi. Mais la situation avait évolué, William avait pris la place de Morgane et la jeune princesse remontait dans l’estime de sa Mère. Elle appuya mes propos, et cela me fit sourire. Se sentir soutenue par la Princesse Héritière du même sang que Krystel, c’était un honneur. J’avais pu compter sur Morgane à plusieurs reprises, elle était très fidèle à la Reine c’était là, la différence avec moi. Quoi qu’après cette nuit, les cartes vont être mélangées et redistribuées. Le Roi l’avait bien compris, je prenais un nouveau tournant, perdu entre deux allégeances mais moi contrairement à d’autres je n’en oubliais pas mes amis. Le Roi m’avait bien cernée, avait tout compris – ou presque. Le jeu continu, et les tactiques changent. Retournement de situation, la vie change et évolue. La tour prend le pion.

La Reine s’approcha de moi, j’étais impressionnée par sa prestance. La sentence tomba, j’avais essayé en vain malgré l’appuie de tous. Le Roi voulait, le Roi a eut. Ce n’était guère une surprise, je n’étais pas étonnée. Je fis un petit mouvement de tête en signe d’approbation. Je n’osais pas me retourner vers Hannah qui devait être désemparée. Je ne pouvais pas m’opposer plus à la décision de ses Majestés. J’avais fais ce que j’avais pu. Ce qui est à moi, est à eux c’était logique. Ce qu’ils voulaient ils l’obtenaient, je le savais que trop bien. Ils tenaient tous deux les Vampires sous leur coupe d’une main – d’une poigne plutôt – de fer. C’était impressionnant. Princesse héritière, mais ni moi ni Morgane n’étions prêtes à agir comme la Reine ou le Roi le faisaient. Ce qui me déstabilisa, ce fut la remarque de la Reine, qu’elle appelle Cora au devant de la scène. Cora… nos rapports étaient on-ne-peut-plus-houleux, et là elle se retrouvait au service de la Reine. Je restais à ma place, après-tout elle n’était qu’une humaine au service de la Reine, trophée de victoire et son sort m’importait peu. Les pions gravitent autour de la Reine, qui dicte les règles du jeu ? Le fou, les cavaliers ? Le fou se déplace vers les pions, attention la partie est toujours en cours. Rebondissement assuré.

Mon attention fut détournée quand Torben s’approcha de William. Envers William, je ne savais plus où était ma place… elle devait être auprès du Roi et de la Reine, sinon je serais considérée comme une traitre… Cela me fit quelque chose tout de même lorsque Torben traina William devant tout le monde jusqu’à le faire sortir de la pièce. William blessé, déchu de son titre, de son nom, de sa lignée, de sa maison. Il n’avait plus rien, il était seul, il n’était plus rien. Je restais immobile, sans bouger, statique. Je n’osais regarder Belle. Je tremblais intérieurement. Depuis le mariage, mes rapports avec William avaient changé. Ce n’était plus pareil, je lui en voulais pour beaucoup de choses. Il avait su m’adoucir pour d’autres. J’étais mitigée à son égard, mais cela me faisait de la peine son sort, ce qu’il lui arrivait. Moi aussi, j’étais une traitre mais peut-être j’avais su mieux choisir mes amis ? Quoi que l’ennemie jurée de la Reine n’était surement pas le meilleur des choix. Son sort pouvait tout aussi bien m’arrivée. Je devais être plus que prudente. Faire attention à mes relations, à mes paroles, à mes actes. Je restais sous le choc du traitement qu’avait reçu William. Le fou prend le pion. Chacun son tour, nous jouons, nous perdons ou nous gagnons, telle est la dure loi du jeu. Attention à ceux qui bluff.

    « Ce serait un immense honneur, Majesté, de partager un dîner en votre compagnie. » avais-je dis en réponse au Roi. Je ne m’attardais pas plus sur le sujet Hannah comme le sujet était clos. J’avais dis une petite phrase, j’ignorais si j’avais le droit de répondre ou non.


J’osais enfin lancer un regard à Hannah qui était désemparée. Elle me fit de la peine, une tristesse immense. Elle allait subir le courroux de la Reine ou bien du Roi si elle ne se retenait pas. Les gardes l’encadraient, l’empêchant de rejoindre William. J’avais envie d’aller vers elle, de la réconforter. La pauvre… Je me retournais vers elle, il fallait qu’elle retourne à sa place mais elle n’était déjà plus. La seule chose à ne pas faire c’était de rejoindre William, elle appartenait au Roi désormais et même si son lien avec William était toujours là. Je me retenais d’agir, ce n’était pas à moi de faire quoi que ce soit. Je baissais la tête, et prenais sur moi. Pas d’actes impulsifs, ni irréfléchies. Hannah devait se reprendre. Je lançais un regard inquiet au Roi, c’était à lui d’agir. Je craignais pour la vie d'Hannah. Douce petite Hannah... Chaque pions à sa place, prenez garde la partie s’achève.

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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Lun 21 Mai - 20:02



Les événements s’enchainaient, trop vite pour que mes pauvres yeux d’humaines puissent les suivre. J’assistais impuissante à une scène digne d’un des plus grands romans. Les créatures de la nuit, majestueuses dans leurs toilettes parlaient chacune avec une conviction que je n’aurai jamais. Les mains croisées je restai là, tremblante dans mon coin, priant silencieusement, à Dieu dont je ne croyais pas , pour le sort de mon amie Hannah. Face à la situation de mon amie je me sentais soudainement honteuse, coupable d’avoir si longtemps envié sa position. J’avais secrètement jalousé l’amour que son vampire lui portait, la place qu’elle avait et le bonheur qu’elle connaissait. Je m’étais intérieurement et extérieurement plainte de ma propre existence, seulement à présent je ne souhaitais plus échanger ma place avec elle.
Crispée, j’étais le spectateur de la décision de la reine. Sa majesté avait parlé, se conformant aux attentes de son époux et monarque. Hannah n’appartiendrait plus à William, ni même à Jana, elle serait le nouveau jouet du haut de la pyramide royale. Cette révélation me glaça le sang. La souffrance qu’Hannah allait connaître ne m’était pas inconnue. Certes l’amour de sa vie n’avait quitté ce monde mais il le lui avait été enlevé, tout comme à moi et je ne souhaiterai même pas à mon pire ennemi de connaître telle douleur. Je fixai Hannah un instant avec tristesse, incapable de détourner mon regard d’elle. Lorsque ma reine prononça mon nom je restais figée un instant, déchirée par la situation. Mais la reine avait ordonné et j’avais fait mon choix, celui de la servir, elle et uniquement elle, qu’importe les ordres.

Sans cesser de regarder Hannah je m’avançais vers la reine et celle à qui elle voulait que je m’adresse, la princesse mais pas seulement, l’ex-femme de Torben aussi. C’était là les premiers pas que je faisais depuis le début de la soirée. Mes jambes s’étaient engourdies et mes membres me faisaient souffrir tant j’étais crispée. Proche de ma reine et de la princesse je fis un effort pour prendre la parole, terrifiée à l’idée d’attirer les regards de tous les vampires mais plus encore par le destin d’Hannah. Je regardais Jana, celle qui avait pris la défense de ma plus chère maie mais aussi celle qui avait souffrir Torben. A cet instant mes sentiments à son égard étaient partagés. Je ne l’aimais pas, elle était mariée à William et avait brisé un cœur, changeant à jamais l’existence d’un homme. Pourtant elle semblait bonne et généreuse. Ses motivations m’étaient inconnues mais une seule chose suffisait à me perturber, elle avait pris le choix d’aller à l’encontre du roi en suggérant de garder Hannah. Un courage dont je ne ferai jamais preuve. Elle était belle, irréelle, comme tous les vampires bien que moins charismatique que la reine. Un sentiment de jalousie incontrôlé me submergea, elle était si parfaite en comparaison avec ma personne. J’étais restée ainsi à la contempler pendant une bonne minute sans réellement m’en rendre compte, sans doute parce qu’aucun son ne voulait sortir de ma bouche. Mais je devais prendre mon courage à deux mains, et satisfaire ma maitresse.

    « Je… euh… c’était horrible. »


Je détournai le regard de Jana. Malgré moi je ne pouvais pas lui parler droit dans les yeux, je me réfugiai dans les yeux de ma reine, puisant mon courage dans la crainte qu’elle m’inspirait.

    « Je n’avais pas la moindre considération, seulement de l’indifférence. Je n’avais aucune attention, aucune affection. En réalité il ne se souciait pas de mon sort. »


C’était la toute première fois que j’osais ainsi dire à haute voix la réalité de mon passé aux côtés de Nikos et ça me faisait un bien fou. Au fur et à mesure que je parlais je mettais une plus grande conviction dans ma voix, évoquant mon ancien maitre avec un mélange de tristesse et de haine.

    « Ni même de ma vie ou de mon bien-être. Il ne m’entretenait pas, je n’avais même pas un toit décent sous lequel vivre. J’étais presque à la rue … » dis-je tristement. « Si la reine ne m’avait pas sauvée je serais peut-être morte à l’heure qu’il est, elle m’a donné un logement, des vêtements, de la nourriture et surtout une considération que je n’avais jamais eu. »


Je baissai les yeux alors que ma voix se cassait sur ces dernières paroles. Les souvenirs de ma vie avec Nikos étaient remontés avec violence alors que je m’étais adonnée à ce discours. J’éprouvais de la haine, celle d’aimer encore passionnément un être qui ne m’avait pas considérée, qui m’obligeait à souffrir de son absence. J’étais faible, terriblement. J’étais consciente de la façon dont Nikos m’avait traitée, comme un pion que l’on déplace au gré de ses envies et pourtant je pleurais encore sa mort, incapable d’être rationnelle. Seule ma rancœur vis à vis de la reine avait disparu. Je ne lui en voulais plus de me l’avoir enlevé car elle m’avait délivrée mais je souffrais toujours de la disparation de celui que j’aimais.

Torben tirant William vers la sortie m’arracha à mes pensées. Muette et attendant les ordres de ma reine, j’assistais à la scène. Le vampire, si fort et si puissant qu’il fut n’était maintenant qu’un indésirable, poussé vers la sortie et déchu de toute considération. Voilà ce qu’il arrivait si l’on décevait la reine et j’allais prendre cet exemple pour ne pas faire de même. Je scrutai le visage impassible de Torben. Comme pouvait-il agir ainsi envers l'homme qu'aime sa propre soeur ? Bien sûr il n’avait pas le choix mais il exerçait sa tache avec une telle froideur… Un comportement que je n’étais pas capable d’adopter tant je me laissais submerger par les émotions. D’une certaine façon j’étais admirative de la façon dont il mettait ses sentiments de côté mais d’un autre côté j’avais du mal à comprendre. Ne ferait-il rien pour agir en faveur de sa sœur ? Pour l’arracher à ce roi qui lui avait fait du mal à lui aussi ? Au fond de moi je savais que la réponse était non. J’allais me contenter de me taire aussi, subissant les événements avec impuissance. Seuls le roi et la reine décidaient, ils sont les maitres du jeu.
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Mer 23 Mai - 12:37






La lune, maitresse de toutes les nuits, règne enfin en monarque absolue dans un ciel sans étoile. Elle illumine tout le pays, appelant sa population à sortir de leur cachette. Son peuple, elle l’aime plus que tout, car sans eux, elle ne représenterait aucun intérêt. Alors elle prend soin de lui, le dorlote, le guide, bienveillante comme elle est. Mais sa puissance est masquée et ébranlée de plus en plus par celle d’un être qu’elle a depuis très longtemps sous sa coupe : Augutus, Roi des vampires. Il l’éclipse, ne lui rend pas honneur, la considère au même rang que ce fourbe de soleil qui s’approprie toujours toutes les gloires, les louanges, ce soleil qu’elle déteste tant. Elle qui a toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l’indifférence, elle ne peut pas supporter cet être qui ne l’honore pas à sa juste mesure. Au moins son épouse prend le temps de la regarde de temps en temps et il fut même une période où elle lui écrivait de merveilleux poème. Les siècles ont fini par avoir raison de cette pratique, laissant place à des plans d’une toute autre envergure, dont un qui prendra toutes ses lettres de noblesses cette nuit même. Oh Marcheurs nocturnes, cette nuit restera dans vos mémoires pendant très longtemps. Ce soir d’ailleurs, la lune a décidé de laisser sa place à une pluie torrentielle, fréquente en cette saison. Cette entité bienveillante abandonne ses enfants à leur dirigeant, alors qu’ils se dirigent tous dans la demeure royale dans laquelle règne une grande effervescence humaine qui met un point final aux préparatifs…

Ils sont tous venus. Shérif, prince et princesse, tous en compétition pour les faveurs du Roi et de la Reine. Et ceux ci commencent à détailler ce qu'ils comptent faire de cette soirée... Et bien vite leur curiosité a été assouvie. Pour sur cette soirée est riche en surprise et ce n'est sans doute qu'un début... Le couple royal avance à visage découvert. Certains sont "récompensés", comme belle Renard dont l'opportunité de carrière n'est qu'un cul de sac destiné à la faire taire. D'autres le sont plus honnêtement; Julien, pour sa loyauté sans faille, se taille la part du lion dans le gâteau qu'est l'Ecosse. William est celui qui en pâti le plus, puni qu'il est pour sa trahison, il est banni de la lignée royale et perd tout jusqu'à son propre nom. Le Roi veut tout. Et le Roi l'aura. Torben a mis hors la salle le prince déchu, tandis que Julien prend la pleine mesure du cadeau qui lui est fait.




A partir de demain (mais vous pouvez poster dès maintenant !) vous avez UNE SEMAINE pour POSTER AU MAXIMUM DEUX FOIS à ce premier ordre de passage. Vous devez DECRIRE vos réactions, en compagnie de VOS EVENTUELS HUMANS accompagnants. La salle est complètement épurée et très sombre. Il y a aux murs de nombreux tableaux représentant Augutus et Krystel à différentes époques. Vous avez bien entendu le droit d'agir ou de parler à votre convenance, mais à vos risques et périls . Pareil pour ceux qui ont les faveurs des monarques.

Ps : même si vous êtes 13 à jouer, cela ne veut pas dire qu'il y a que 13 personnes dans la pièce. Elle est pleine de vampires et humains qui comme vous arrivent au fur et à mesure

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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Jeu 24 Mai - 10:18

Non mais quelle gourde cette humaine, elle était bien comme son ancien maître. Aussi inconsciente de ses actes et aussi idiote. Tout deux avait été punis comme moi par le passé, quoi que leur sanction furent plus dures même que la mienne, et pourtant cela ne les a pas empêchés de faire les mauvais choix. Aussi insignifiante était-elle à mes yeux, il était quelque part un minimum compréhensible qu'elle réagisse de la sorte étant donné le lien qui unit un servant et son vampire, seulement elle aurait pu tenter de faire le bon choix. Malheureusement pour elle avait fait tout le contraire et se retrouvait à présent en fâcheuse posture elle aussi, et connaissant Augustus elle allait avoir le droit à une nouvelle punition des plus douloureuses, aussi bien physiquement que psychiquement.

Quelle idiote... murmurai-je plus pour moi que pour être entendu. Si tu avais été mienne tu aurais été tout autrement mieux dressée. dis-je encore dans un murmure plein de mépris à l'égard de l'humaine sans cervelle.

Alors que je venais de prononcer ces paroles je jetai un bref coup d'œil à Augustus et à Krystel avant de porter mon attention sur la foule qui s'était tournée vers l'humaine tout comme moi plus tôt. J'espérais que ni le Roi ni la Reine n'avait entendu mais paroles et n'aurait pas l'idée de me coller cette pauvre fille dans les pattes. Même si cette possibilité avait de très faibles chances d'être appliquée du fait de l'intérêt d'Augustus pour la servante de William, il y avait un risque qu'il ait la même pensée que moi. Notre Sire n'est jamais à court d'idée pour torturer un être, aussi il pourrait vouloir humilier William et le faire davantage souffrir en mettant sa servante sous mes ordres, moi son ancien ami qui l'avais trahi. Je balayai cette pensée de mon esprit car je ne voulais pas qu'elle se réalise. Cela aurait fait une raison de plus à William de m'en vouloir et puis surtout avoir à m'occuper d'une humaine, non merci !

Alors que j'étais tout à mes réflexions, mon sentiment de puissance que je ressentais après mon serment envers le couple royal s'atténuait peu à peu. Et bien que frustrant ce fait était tout à fait normal étant donné le peu de leur sang qu'ils m'avaient donné. Préférant demeurer de bonne humeur, je jetai un regard vers Adrian Softov. Il était en début de soirée encore mon supérieur hiérarchique et désormais j'étais son égal, Maître vampire moi aussi. Nul doute que notre relation allait changer à présent d'autant que nous devrons dès à présent travailler de concert pour servir au mieux le Roi et la Reine. J'allais pouvoir échanger avec lui quelques informations et idées quant à la situation actuelle des vampires afin de mieux cerner certains personnages. Oui, j'avais du travail qui m'attendais mais après tout c'est ce que j'avais toujours voulu, obtenir ce titre. A présent que je l'avais, un nouvel objectif se profilait à l'horizon, mais bon il me fallait avant tout me rendre digne de celui-ci. Je regardai à nouveau la servante du prince déchu en attendant de voir quelle allait-être sa sanction, un sourire sadique aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Sam 26 Mai - 19:50


Je tiens à repréciser que vous n’avez pas à attendre d’autres joueurs pour répondre et que je suis en période de révision et d’examen. Je rp donc quasiment pas et j’aime pouvoir choisir mes loisirs pendant mes temps de pause…
Il était important de mettre les choses au clair. Ce soir nous avions mis cartes sur table et fait comprendre à notre espèce tout ce qu’elle avait à gagner ou à perdre en fonction de la faveur ou défaveur envers mon seigneur. Quelque fois, il était important de leur faire des piqures de rappel. Nous nous en étions pris à William que Torben venait de mettre dehors et nous avions récompensé Julien pour sa fidélité et sa dénonciation. Il avait comprit qu’il avait plus à gagner à être fidèle à son Roi plutôt que de l’être d’un traite. Je ne comptais pas en finir de si tôt d’ailleurs avec mon fils mais cela était une tout autre question à régler plus tard. Pour l’instant mon serviteur s’en occupait. Je fis comprendre à Jana dans le même temps qu’il ne fallait pas qu’elle oublie qu’elle faisait partie de la descendance de mon créateur et donc que tout ce qu’elle pouvait posséder nous appartenait. Nous pouvions la déchoir comme bon nous semblait et bien qu’il était important qu’elle revendique ces biens, il fallait bien qu’elle comprendre qu’elle ne le pouvait pas envers moi-même et mon Roi. Augustus reprit la parole à ma suite et appuya mes dires. Il fit part à toute l’assemblée qu’à présent Morgane et Elle étaient nos héritières et qu’elles avaient désormais de nouvelles responsabilités. J’avais rejoint mon seigneur, afin de me tenir à ses côtés comme mon rôle et mon statut le nécessité. Jana accepta l’invitation du roi à diné sans plus rien demander en faveur de ce misérable être qu’était Hannah et qui se trainait par terre en disant que William l’appelait. Je viens vers elle la souleva de telle manière à ce qu’elle soit bien en face de moi

Il suffit, je ne veux plus t’entendre. Tu as beaucoup de chance que l’on te laisse la vie sauve. Tu le sens souffrir ? Fort bien, ainsi tu n’oubliera rien. Saches petit insecte qu’étant sa créatrice je partage moi-même sa souffrance. Suis-je autant dans le même état de pitié que ta pauvre personne ? Non. Maintenant comportes toi comme une servante humaine et non comme une misérable créature que l’on veut écraser sous son soulier. Prends donc exemple sur Suzy, Torben ou Cora et n’oublie pas ta place.

D’ailleurs en parlent de ma nouvelle acquissions cette dernière prit la parole et fit une merveilleuse élocution concernant son statut d’avant et son statut d’après. Plus sincère que cela, on ne pouvait pas et je lui fis un sourire satisfait. J’étais fière d’elle et je lui faisais donc comprendre par ce simple geste qui suffirait amplement. Torben finit par revenir près de moi et me parler. Je lui fis un signe affirmatif de tête puis dit tout haut

Bien. Toi et Cora allait vous occuper de cette vermine jusqu’à ce que le roi viennent la chercher. Rendez la un peu plus présentable et par pitié qu’elle arrête de se plaindre. Si mon seigneur le permet, il serait utile que sa propre servante accompagne mes gens

Je parlais bien entendu d’Hannah lorsque je parlais de vermine qui se plaignait. Elle commençait à me donner mal à la tête. J’avais déjà William à supporter, je n’avais pas envie de rajouter sa servante humaine. Je repris d’ailleurs ma place sur mon trône et toisa la foule.




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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Sam 26 Mai - 22:56

    Mes plans étaient toujours en train de se complexifier, et de continuer le cheminement qui m'amènerait finalement à dominer toute chose. Il fallait dire que depuis le temps où je tissais la toile de mes différentes manœuvres, les ramifications de chacune de mes décisions étaient telles qu'il n'y avait aucune ambiguité à propos de leur réussite future. Même si une approche devait échouer, le contre coup de plusieurs autres tentatives ne manquerait pas de terminer le travail. J'étais assez content et assez satisfait de tout ce qui avait pu s'accomplir ce soir. Nous avions eu raison d'organiser cet espèce d'envènement avec Krystel. Nous étions tombés d'accord sur le fait que cela ne durerait pas longtemps, un peu aussi longtemps qu'une cérémonie humaine pour honorer telle ascension ou plutôt telle disgrâce. Peu importait, tout ce qui me paraissait important avait pu être dit, et il ne resterait bientôt plus qu'à congédier tout ce petit monde. Les bases d'un Empire venaient de s'affirmer ce soir, avec plus de force que jamais, et je n'avais aucun regret à avoir. Le peu de casse qu'il y avait eu était plus que largement contrebalancé par les bénéfices que je retirais de ces évènements. C'était comme si tout c'était passé comme prévu. Cela n'était plus arrivé depuis si longtemps que j'avais eu l'impression que quelque chose clochait. Alors que finalement, ce qui clochait était que justement tout allait dans le sens souhaité. Quel soulagement, tout de même. Il n'y avait eu aucun impondérable, hormis les bouffoneries habituelles de Raybrandt fils, qui avait été jusqu'à implorer sa mère de lui donner ce qui avait été à lui par nos propres bonnes grâces. J'espérais que sa mise à l'écart le rendrait plus fort, ou qu'au moins il nous laisserait en paix pendant un bon moment. Je n'avais assurémment aucun besoin de ce genre de cancrelat dans mon entourage. Jana acceptait d'ailleurs mon invitation en me disant que c'était un honneur pour elle d'accepter mon invitation à un dîner en tête à tête. Je souris, satisfait.


    | Si cela vous agrée, vous pourrez venir ici même, mercredi prochain, à l'heure du loup. J'espère que mon sens de l'hospitalité ravira vos attentes. |


    Des politesses et des futilités que je ne pouvais pas pour autant esquiver, malgré leur nature. Il me semblait assez normal de rendre la pareille de sa grâce à Jana, elle qui avait pendant un moment centralisé certaines de mes inquiétudes... Aujourd'hui, elle m'avait rassuré. Si je n'étais toujours pas le moins du monde persuadé de sa loyauté à long terme, elle m'avait rassénéré sur ses capacités et c'était là tout ce qui importait. Je ne voulais pas faire naître chez elle comme chez d'autres la dévotion la plus absolue et aussi quelque part, la plus imbécile, je tenais simplement au fait que sous mon règne, chacun devait développer ses compétences, et les mettre au service du bien commun. C'est à dire celui que je discernerais pour notre espèce. La jeune Badenov se dirigeait toute seule vers la sortir en murmurant qu'elle devait rejoindre son seigneur et maître. Un sourire carnassier dénuda mes canines légèrement hypertrophiées. La pauvre petite chose, si docile, si aimante. Elle retournait vers son maître comme l'aimant sur l'acier. Krystel prit les devants en forçant l'humaine à la regarder. La Reine lui fit la leçon sans trop la malmener. Dit à Cora et Torben de s'occuper d'elle. Cora qui d'ailleurs, vint appuyer nos propos de façon aussi véridique qu'élogieuse. Au delà du fait qu'elle n'avait pas eu le choix, tout le monde pouvait sentir qu'il valait mieux être à notre service qu'à celui d'individus réellement mauvais et instables. Cette nouvelle acquisition de Krystel semblait donc pleine de ressources... Il nous faudrait détailler cela plus avant, un de ces jours prochains. La Reine impliquait Suzy, dans ses propos. J'hochais la tête pour signifier mon accord, jetant un regard dur vers la servante déchue du prince tout aussi démoli.


    | Hannah, voyons... Vous souvenez vous des paroles que vous aviez pu me souffler, lors de notre précédente rencontre ? Vous aimez ma présence. Vous aimez que je vous possède. Et plus que tout, vous aimez que je vous prenne à ce faible de William. Vous aimez la force. Et si je me rappelle bien... Vous vouliez servir ma volonté, n'est ce pas ? Qu'il en soit ainsi. Très chère Suzy, accompagnes donc Torben et Cora, et amenez Hannah dans sa nouvelle chambre... |


    Je me retournais sur le reste de l'assemblée.


    | Je tiens également à préciser les nominations précédemment promulguées, par moi même ou par notre Reine. Evey Mc Intyre et Leopold d'Aubusson sont bien entendu confortés dans leurs domaines et leurs prérogatives. |


    Je souriais de nouveau, d'un air rassurant, paternaliste, emprunt de force, de charisme aussi.


    | Nocturnes rouges, vous êtes témoins de tout ce qui vient de se passer ; nous n'avons de secrets pour quiconque. Ceux qui servent bien les intérêts des vampires seront récompensés, à l'instar des grands maîtres Softov et Guillemaud, de mes filles les altesses royales Jana et Morgane, et de Mrs Renard. Complotez et propagez les germes du chaos et de la sédition, et le couperet de la justice royale vous laissera plus démuni encore que le dernier Prince des vampires. Nous nous devons désormais de terminer cette entrevue, et de vous souhaiter une agréable nuit, et de profiter de la prospérité de notre glorieuse nation Vampire. |


    Je me retournais vers la Reine, m'inclinant d'une manière presque imperceptible en guise de respect, lui proposant mon bras pour sortir. Il était temps pour nous de passer la première nuit depuis longtemps, sans avoir à nous soucier de l'instabilité de la succession de grands maîtres et de shérifs, avec aucune autre préoccupation que nous mêmes.
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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Sam 26 Mai - 23:47

[HJ ; excuses moi par avance Hannah des libertés que je prends ; j'essaie de faire au moins compte tenu des nécessités de l'intrigue. Si mon post cloche de quelque manière que ce soit, envoies moi un mp]


    Je restais froid et immobile, alors que le Roi supplantait William à la place de celui que j'aurais plus que jamais voulu tuer. Il venait de s'arroger la possession pleine et entière de ma sœur, alors qu'il courtisait assez ouvertement mon ancienne femme. Cela ne me laissa pas brûlant de colère et de passion comme cela aurait pu le faire auparavant. Leur destin n'était plus le mien ; elles avaient choisi leur route, j'avais choisi la mienne. Il était hors de question de faire machine arrière. Le Roi était fort, il s'arrogeait ce qu'il désirait, en véritable potentat de ce monde. Il me possédait au travers de celles que je considérais comme proches. Jana, Hannah, Krystel surtout, et probablement bientôt Cora. Ses regards à son intention étaient équivoques. Je me fermais. Je n'étais définitivement plus fait pour une vie normale ; je le sentais aujourd'hui comme hier. J'étais le tueur, celui qui restait dans l'ombre. Tuer était presque plus accomplissant que le sexe, bien plus que ne l'avait jamais été un amour idéaliste aujourd'hui perdu dans les limbes. Je restais de marbre. Jana répondant favorablement à l'invitation du Roi, alors que la Reine vilipendait ma sœur, cette pauvre âme pour qui je ne ressentais plus affection ni compassion. Elle avait choisit elle aussi, cette existence de faiblesse. Pire, elle croyait être encore plus humaine que beaucoup de gens ici. Elle avait tout faux. Hannah était devenue un objet, sans même s'en rendre compte. Une simple possession que les riches, les forts et les puissants, pouvaient s'échanger à leur guise. « comprenez notre lien ». Pauvre petite Hannah. Elle pensait pouvoir vivre la grande vie, le grand amour. Tout cela n'était que futilités. Le monde se plongeait lui même dans l'emprise des vampires menés par deux véritables dieux, l'humanité croulait dans la fange qu'elle s'était elle même réservée, et les caniveaux étaient pleins de sang. On m'avait appelé à l'aide, pour sauver ce monde du basculement irrémédiable où la lune remplacerait le soleil. J'avais répondu, froidement, détaché, « non ». Ce monde ne méritait pas d'être sauvé. Il était faible, il était futile. Inutile jusqu'à son dernier souffle.


    J'étais la Mort, et j'étais à Son service. La Reine faisait entendre raison à la chose de William. Cora intervint, racontant son passé, ses écarts, son sort entre les mains d'un vampire particulièrement sadique. Autrefois, ce genre de récit m'aurait soulevé le cœur, j'aurais emporté armes et munitions et j'aurais probablement mené l'assaut de la demeure du dit nocturne rouge. Ce n'était plus le cas aujourd'hui. Le dit vampire avait déjà reçu sa punition. La Reine s'intéressait aux faibles, tant que ceux ci la rétribuaient en loyauté. Rien ne l'avait forcée à prendre Cora sous son aile, humaine perdue et sans attaches, alors que Softov aurait volontiers liquidé tous les suivants de Nikos, pommes de sang comprises, juste pour montrer que c'était lui le chef. J'entraperçus le regard satisfait de Sa Majesté, une fois que l'humaine avait terminé son court récit. Le Roi intervint à son tour, nous demandant à sa servante et à nous mêmes de conduire Hannah dans sa nouvelle chambre. Je m'avançais devant la Reine, cherchant son assentiment du regard. Bien que fatalement loyal au Roi, j'étais plus dévoué à la Reine, à qui elle seule s'adressaient mes serments de féauté. Pas un regard pour Jana ; elle était en pleine heure de gloire et n'avait certainement aucun besoin de moi. Je m'avançais et pris Hannah par le dessous du bras, la calant contre moi, la supportant dans son mouvement alors que je la sentais chancelante.



    | Un peu d'amour-propre, que diable. Tu es une Badenov. |


    Même si individuellement je n'étais plus rien, notre famille avait tout de même forgé des caractères plus forts que les physiques s'y afférant. Hannah faisait honte à son prince déchu, et honte au Roi. Honte à moi aussi, puisqu'on m'associerait à ses pleurnicheries ineptes, fatalement. Hannah était ma sœur, je souhaitais plus que tout la protéger bien que la flamme de l'affection ne soit à jamais soufflée dans mon cœur par celle qui me possédait aujourd'hui. Je l'amenais donc, demandant un coup de main à Cora d'un regard. Je menais Hannah avec force, bien conscient que dans son état elle ne pourrait m'en empêcher. Je jetais un regard à Cora.


    | Tu t'en es bien tirée, la Reine est contente de toi.[b] |


    J'amenais Hannah jusqu'à sa chambre avec l'aide de Cora ; nous la déposâmes sur le lit, et je refermais la porte. Je l'entendais appeler de l'autre côté. Peut être William. Peut être Dieux. Peut être moi. Je me tournais vers Cora et Suzy, qui nous avait guidés. Suzy accrocha mon regard ; elle ne m'aimait pas.


    | [b]Je la laisse sous votre responsabilité ; sa fenêtre était verrouillée et sa porte également. Des serviteurs vont devoir venir la nettoyer, la nourrir, et s'occuper d'elle. Je vous laisse superviser le tout. Bonsoir.
    |


    Poli, mais froid, détaché. Je me tournais maintenant vers Cora.


    | Quelle soirée, hein ? Ce ne sera pas toujours comme ça. Parfois, ça sera pire. Tu dois t'y faire. Le Roi va se retirer avec la Reine, je crois que l'on ferait mieux de superviser le départ de leurs invités ; c'est ce qu'on attend de nous. Ensuite, nous resterons dormir ; notre vocation est d'accompagner la Reine dans ses déplacements ; si elle ne nous donne pas d'indications contraires, nous resterons. Une chambre avait été prévue pour moi, à l'origine. On doit avoir pensé à m'y faire coucher, cette nuit. D'autres invités ne pouvant rentrer avant le lever du soleil, des étrangers ou des gens venant du sud de l'angleterre, resteront dormir. Le plus simple est que l'on partage ma chambre ; les autres doivent être toutes prises. Tes affaires s'y trouvent sans doute déjà. Je te laisse le lit à baldaquin ; le canapé est tout aussi confortable... |

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MessageSujet: Re: Mission : « les pièces de l’échiquier sont en place et il est temps de jouer » [Livre 1 - Terminé]   Dim 27 Mai - 11:51

Hrp : Attention rp édité le 28 mai 12 pour intégrer la réplique d'Augustus à l'attention d'Hannah.

Extrait d'Antigone de Jean Anouilh:
Il est plus fort que nous. Il est le roi. Et ils pensent tous comme lui dans la ville. Ils sont des milliers et des milliers autour de nous, grouillant dans toutes les rues de Thèbes. [...] Ils nous hueront. Ils nous prendront avec leur mille bras, leur mille visages et leur unique regard. Ils nous cracheront à la figure.


Hannah n'avait pas fait trois pas vers la sortie qu'on l'avait déjà entourée, pour l'empêcher de s'enfuir. Au loin, elle entendait distinctement la souffrance de William ; quelle torture pour elle de ne pouvoir le rejoindre ! Elle avait essayé pourtant : mais elle devait maintenant comprendre que personne ne viendrait l'aider. Qu'elle était dès lors séparée de son maître par un rideau infranchissable. Une barrière d'acier incontournable. On avait interdit à William de chercher à la revoir. Elle-même serait prisonnière, enfermée sans voir la lumière du jour, ramenée tel un objet dans les possessions du Roi. Tous la regardaient, et elles voyaient dans leurs yeux le même sentiment partagé : du dégoût, de l'amusement, du mépris. Le désespoir s'empara d'elle et elle se sentit mal. Pas moyen de s’évanouir pourtant. A peine eut-elle fermé les yeux qu'on la souleva par la gorge. Hannah de surprise et de douleur voulut crier mais rien ne sortit. Tant mieux. C'était Krystel qui la remettait à sa place d'une manière vile et blessante. Elle aurait aimé être sourde et moins humaine pour ne pas tressaillir à chaque mot porté contre elle, telle une lame fouillant ses entrailles. Le mot "vermine" se mélangea à "Torben et Cora", se transformant en une mixture informe qu'il lui fallait avaler de force. Elle ingurgitait cette haine à la cuillère, comme une oie dont on gavait le foie.

***
Mais quand la Reine la lâcha, elle ne put se laisser aller dans l'inconscience.
Non. Le Roi vint la tourmenter un peu plus. Il lui rappela avec justesse, devant l'assemblée, ce qu'elle lui avait hurlé à la figure, le voeu d'obéissance, et surtout, tous les instants très intimes de leur étreinte sauvage. En soutenant son regard, tout lui revint en mémoire d'un seul coup : la chaleur, la sueur, le plaisir, la souffrance, tout mélangé.

Hannah, voyons... Vous souvenez vous des paroles que vous aviez pu me souffler, lors de notre précédente rencontre ? Vous aimez ma présence. Vous aimez que je vous possède. Et plus que tout, vous aimez que je vous prenne à ce faible de William. Vous aimez la force. Et si je me rappelle bien... Vous vouliez servir ma volonté, n'est ce pas ? Qu'il en soit ainsi. Très chère Suzy, accompagnes donc Torben et Cora, et amenez Hannah dans sa nouvelle chambre... |

Quelle humiliation ! Elle aurait aimé ne plus exister... Tous savaient maintenant. A quel point elle avait pu trahir son maître. A quel point son envie de le rejoindre maintenant paraissait hypocrite, puérile, inutile. Tous mettaient des mots, des sensations, sur sa conduite soumise de traînée. Enfin, après l'avoir assommée, le Roi et la Reine se retirèrent. Enfin, elle put fermer les yeux et se laisser aller. Enfin.

***

Ce fut de courte durée. Hannah reprit ses esprits un peu plus tard. Son bras était gourd, le sang ne pouvait plus circuler dans ses phalanges. Elle articula faiblement quelque chose et ouvrit les yeux. Elle se faisait traîner par un homme brun à ses côtés. Elle aurait aimé être amnésique et ne pas pouvoir le reconnaître. C'était son frère, lui aussi un objet obéissant et servile, qui l'emmenait vers... quoi ? Sa prison ? Non plus vraisemblablement ses appartements. A quoi servait-il de se débattre ? Elle le laissa la soutenir comme une poupée de chiffons. Ils traversèrent la pièce, mitraillés par les regards des vampires et de leurs humains, et quittèrent enfin la salle. Hannah prit une respiration sifflante. Sa gorge lui faisait toujours mal mais maintenant elle osait respirer. Là, Torben lui souffla qu'elle devait montrer plus d'amour-propre, qu'elle était une Badenov ! Elle sentit revivre un peu sous le coup de la colère. Ah ça lui allait bien de dire ça ! Il trahissait tout autant la mémoire des Badenov qu'elle ! Lui aussi servait les vampires ! De quel droit... Elle ne put finir sa pensée. Il la poussa sur un lit où elle s'affala de tout son long. La porte claqua.
C'est à ce moment là qu'elle réussit enfin à parler, mais bien sûr ils ne pouvaient plus l'entendre :

_Torben... Tu es un Badenov ! Tu fais honte aux Badenov ! s'égosilla t-elle d'une voix aiguë avant de se taire soudainement. Elle n'avait pas conscience d'avoir parlé fort. Ses pensées se chargèrent du reste de la phrase qu'elle aurait aimé lui lancer à la figure : *Tu es un Badenov tout comme moi et tu n'as jamais rien fait pour venir aider ta cadette. Toi aussi tu te traînes à ses pieds comme un chien, alors ne viens pas me parler de l'amour propre !*
Elle ferma les yeux, se laissa aller. Impossible de dormir pourtant. Ni de s'évanouir. Elle revivait la soirée dans sa tête. Elle aurait aimé pleurer mais rien ne venait.

_ Je ne veux pas perdre mon humanité, dit-elle enfin. Ses mots résonnèrent dans le vide de son esprit et de la pièce.
_ Toi, tu es mort à l'intérieur. Moi je souffre mais je vis.


Dernière édition par Hannah Badenov le Mar 29 Mai - 19:24, édité 2 fois
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