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Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Dim 1 Avr - 19:59

    Je l'avais fait mandée, ce soir. Pour quelle raison ? Aucune en particulier, mais possiblement à peu près tout ce qui pouvait vous passer par la tête. Sur le plateau de l'échiquier, la vampire avait son rôle à jouer. Serait elle le cavalier, permettant des assauts aussi fulgurants qu'impromptus ? Ou le soldat, qui marcherait droit vers l'adversité ? Ou encore le fou, qui ne fait rien comme les autres, mais qui peut permettre de bonnes avancées, via des raccourcis bien commodes ? Je n'en sais rien. Je dois la jauger. Voir et juger de son état d'esprit, quantifier ses aptitudes. Je devais faire tout cela, ce soir. Car j'avais entraperçu une opportunité, et je n'étais pas vampire à les laisser passer quand elles se présentaient à moi. J'allais utiliser Jana Raybrandt, comme j'avais toujours pensé le faire. Le temps et les circonstances n'avaient pas joué en ma faveur, sur ce coup là, mais il était plus que temps de réactiver les liens distendus que j'entretenais avec ma lignée. Et même sans aucun lien du sang, Jana en faisait bel et bien partie, et ce pour deux raisons. Le fait que ma Reine, Krystel, la prenne sous son aile en tant que pupille, avait plus que certainement joué un rôle dans cette intégration. Mais il y avait aussi le récent mariage arrangé entre Jana et William, qui s'il avait causé des remous tant au niveau de l'opinion publique qu'au sein même de ma parenté vampirique, n'était toujours pas dénué d'intérêts. William incarnait l'ascension d'une famille, Jana représentait la puissance et la motivation de nos jeunes vampires. Tout le monde pouvait se sentir fier, content, de cette union. Oui, tout le monde. Même moi. Mais cela ne suffisait pas. Je ne raisonnais jamais totalement en termes d'images, d'opinion, ce genre de chose. J'en tenais compte bien sûr, mais ce qui m'intéressait avant tout, c'était les interconnexions entre les individus. Qui connaissait qui et pourquoi. Cela permettait de mobiliser tout un panel de contacts, véritable couteau suisse à n'importe quel coup du sort. Je devais m'ériger en ami et en mentor au regard de Jana, je devais lui faire passer tout un tas de messages, tout en ne perdant pas de temps en la jaugeant, elle et ses capacités.


    Je l'avais invitée à venir ce soir dans mon manoir royal en périphérie de Glasgow, de sorte à la rencontrer officiellement une seconde fois depuis nos présentations. En tête à tête, cette fois ci. Krystel était trop occupée par la passation de pouvoir en vue de son remplacement au titre de grand maître, pour se laisser appâter par une énième rencontre mondaine. Je ne lui avais pas caché que je serais seul avec sa belle fille, mais je ne lui avais pas dit non plus. Je ne comptais pas lui dissimuler l'information, mais je ne la mettrais pas pour autant sur la voie. Bref, je devais me préparer. Le jour était déjà tombé, et le silence régnait dans le manoir. Les serviteurs humains et vampires s'affairaient sans un bruit, préparant la salle à manger. A l'ancienne, comme il convenait pour un vieux vampire nostalgique de la renaissance, tellement semblable sous tant d'aspects, à l'époque que j'avais connue quand j'étais humain. Diffusion des écrits, des arts, guerre omniprésente et révolution dans la façon de penser. Le mobilier en chêne était richement décoré de babioles qui avaient traversé les âges, tandis que l'éclairage était uniquement assuré par des chandeliers et un énorme lustre à grosses bougies de cire, ce qui donnait un air tamisé à la pièce. Les tapisseries moyen âgeuses, narrant les épopées vampiriques de l'époque, paraient les murs, tandis que de riches tapis de velours rouge recouvraient le sol. Il n'y avait pas de table, comme il convenait chez les humains, mais deux sièges assez bas, eux aussi en velours, avec quantité de coussin recouverts de satin sur leurs côtés. Chez les vampires, on mange les humains, il leur fallait donc de la place à nos pieds pendant que nous allions discuter... J'attendais que l'on fasse finalement entrer la jeune princesse, alors que j'avais pris mon plus beau costume d'un gris foncé, pour m'habiller ce soir. Je vins immédiatement à sa rencontre, lorsqu'on l'introduisit près de moi, dans la vaste pièce. Je pris sa main dans les miennes, délicatement, pour l'embrasser sur le dos de la main, avant de l'embrasser sur chaque joue. Elle faisait partie de mon cercle de proches, désormais.



    | Bonsoir, ma jeune princesse. Comment vous portez vous, ce soit? |


    Je tendais la main vers la table basse qui séparait nos deux sièges.


    | Prenez place je vous en prie, mon chambellan a préparé toute une sélection de ce qui se fait de meilleur selon vos goûts... Ab- si je me rappelle bien? |
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Mar 29 Mai - 2:49

Mercredi. Heure du loup. J’étais prête, dans une sublime longue robe marron et beige, ouverte dans le dos comme lors de ma première rencontre avec le roi. Depuis, j’avais pas mal évolué. Depuis, j’avais fais de nombreuses bêtises – mon passé me torturant atrocement. Je faisais partie de la lignée de sa Majesté, mon statut ne tenait qu’à un fil. Un fil tout fin, qui se casserait à la moindre erreur, j’en payerai de ma vie certainement. Depuis, et récemment j’étais devenue princesse héritière. Mes possessions étaient celles de la Reine et du Roi et inversement. Je n’avais jamais rien eu, vraiment, à moi. Ce n’était guère contraignant. J’héritais de toutes les possessions du Prince Déchu, c’était un honneur. Je devais m’en montrer digne. Digne de la Reine, mon mentor. Je prenais de plus en plus d’importance dans la société vampirique, et tout cela car j’avais su me faire discrète et agir convenablement. J’avais un problème au niveau de mon caractère, parfois j’étais rebelle, impulsive et irréfléchie. Et parfois, je faisais preuve d’une maturité sans pareille digne de mes ainés. Je faisais des remarques pertinentes. Mon passé me torturait, ce côté humain que je n’avais pas enterré. Je redoutais quelques peu cette entrevue avec le Roi, c’était toujours impressionnant de se retrouver en tête à tête avec lui. Je lui avais tenu tête lors de la réunion au sujet d’Hannah. Le Roi lisait, presque, en moi comme dans un livre ouvert. Tant de sagesse, tant d’expérience cela me faisait peur. Par rapport à lui, je naissais à peine et ne connaissais rien aux vampires. Je me regardais dans le miroir, j’avais un chignon avec des mèches qui dépassait. Peut-être un peu trop habillée ? Rien n’était trop beau pour le roi. Je descendais les escaliers du Manoir, et j’indiquais à une servante où j’allais. Si Morgane me cherchait par hasard. Je montais dans la limousine, avec mon fidèle chauffeur. Je ne me déplaçais jamais seule, sauf parfois pour aller travailler et encore de moins en moins. Je demandais toujours à être suivie, sauf cas exceptionnel. J’avais de plus en plus peur des menaces qui grouillaient dehors, je n’étais pas bien vieille je manquais de forces et de résistances. Une balle d’humain me mettait presque à plat, alors je n’ose imaginer si ce n’était pas un humain qui m’attaquait. Mon jeune âge me tracassait, et parfois j’aurais aimé avoir un peu plus d’expérience pour être plus forte. J’étais une princesse, et je ne devais pas prendre des risques inutilement, ce qui n’était pas simple.

Dans l’échiquier, dans cette partie en cours, dans cette partie qui avait commencé – je me voyais en fou, qui ne fait rien comme les autres. J’ignorais ce qu’il en était de l’avis du Prince Déchu, mais mon cœur battait pour la dissidence et ma tête était destinée au royaliste. Je devais être l’une des rares dans cette situation. Situation complexe, désespérée, à risques. Je n’avais pas la conscience tranquille, mais de toute façon depuis les retrouvailles avec Torben Badenov, je ne l’avais plus ma conscience tranquille. Je ne savais pas comment j’allais faire, quand je me retrouverais face au roi. J’improviserais, comment se préparait à une entrevue aussi aléatoire ? Je devais cacher mon appréhension, mais il était mon supérieur. Je ne lui reprochais rien, je ne l’admirais pas non plus. Ses manières, sa façon d’agir ne me convenait pas toujours. Une pensée pour cette pauvre petite chose qu’était Hannah. J’avais besoin de tous les enseignements, et conseils que pourraient me prodiguer le Roi. Tout ce qu’il pourrait m’apporter serait bon à prendre. Je faisais partie de sa lignée, et je ne voulais pas le décevoir. Même si, le mal était déjà fait. Nous arrivions bien vite devant le Manoir du Roi, peut-être trop vite ? Si mon cœur n’était pas de glace, il battrait à toute vitesse. Plusieurs sentiments se mélangeaient. On m’ouvrit la porte, et je sortis moi et ma longue robe à l’ancienne. On m’accueillait, et je foulais l’entrée que j’avais franchie quelques jours plus tôt. Ce décor mettait familier, au moins j’étais à moitié en territoire connu. Dés que j’entrais dans la salle à manger, le roi vint m’accueillir. Mes yeux ne pouvaient s’empêcher de se balader et d’admirer la décoration de l’intérieur. Des tapisseries qui faisaient très époques lointaines, Moyen-Age représentant les vampires, je n’avais pas connu cette époque. La pièce était plutôt sombre, les chandeliers servaient de lumière comme avant. Je ne savais plus où regarder tellement il y avait de choses à admirer. J’étais impressionnée, je restais bouche-bée, je ne m’attendais pas à un tel décor. Le Roi prit ma main dans les siennes, il m’embrassa d’abord ma main puis sur chaque joue. Je m’inclinais devant lui, tout en portant toute mon attention sur sa royale personne. Toutes mes peurs étaient retombées, et avaient laissé place à la surprise et à l’admiration.

    « Bonsoir Majesté. Je me porte à merveilles, et vous ? Dormez-vous sur vos deux oreilles maintenant que les affaires de vos sujets ont été éclaircies ? »


Dis-je d’un air enjoué. J’avais accepté avec plaisir son invitation, je devais montrer que j’étais l’une des Princesses héritières des vampires. Que j’avais de l’assurance, et que je faisais partie de sa lignée royale ce qui n’était pas rien. Je pris place sur l’un des sièges en velours que le Roi m’avait montré en tendant sa main.

    « Oui, c’est cela. Comme Sa Majesté la Reine, Votre Altesse. »


Chapitre 2 ¤ Augustus King
27 Octobre 2010.
Après l'Event de l'Echiquier.
Manoir du Roi des Vampires.


Dernière édition par Jana P. Raybrandt le Dim 3 Juin - 10:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Mar 29 Mai - 15:06

    Je remarquais que la princesse semblait totalement subjuguée par le décor ambiant. De toute évidence, mon sens de la mise en scène, mes goûts et le talent de ceux qui me servaient étaient plutôt efficaces ; le but avait toujours été d'en mettre plein la vue à tout le monde, de montrer outre mon goût pour les arts et le luxe, ma richesse et mon emprise sur ce monde. Le but était de créer immédiatement une relation de pouvoir, dans mon sens vers celui des gens que je recevais. Il fallait créer comme un sentiment d'impuissance, d'infériorité. Il fallait que je conserve mon titre de roi, dans les esprits comme dans la réalité tangible dans laquelle nous vivions. Je devais incarner cette figure distante, cette posture distante et supérieure. Cela passait par tout, par mes regards, par mes désirs, par mes ambitions, mais aussi par mes gestes, et jusqu'au moindre de mes serviteurs ou de mes biens. Et il y en avait énormément dans cette demeure, tout comme chaque endroit que j'avais bâti sur ce monde pour accueillir mon auguste personne. Pour autant, si j'aimais ce luxe, toutes ces choses auxquelles je m'étais attaché, il fallait bien avouer que j'étais parfois totalement détaché de tout cela. Comme si cela m'éloignait de ma nature de prédateur, de ce que j'étais fait, de ce que je devais devenir. A d'autres moments, je me sentais tout simplement seul. Comme une âme damnée, condamnée à errer sur ce monde, d'accumuler des choses profondément inutiles, à poursuivre des chimères. Je savais que je devais combattre ce sentiment de toutes mes forces. Vous croyez que si nous étions si peu nombreux à survivre aux siècles, et que j'étais désormais le plus vieux de mon espèce, c'était parce que j'avais été le seul à ne pas m'être fait tuer par mes propres congénères ou par les humains ? C'était faux. Passé un demi millénaire, la majorité des vampires se retrouvait en situation de quasi invulnérabilité du fait de ses aptitudes. Certes, nous étions peu à survivre aussi longtemps. La majorité de ces survivants finissaient le plus souvent, au bout de deux ou trois siècles supplémentaires, par se supprimer. Certains se jetaient du haut d'une falaise, d'autres se faisaient exploser, ou brûler. Les plus désespérés attendaient simplement, que la lune laisse place au dernier lever de soleil de leur existence. Pour moi, conquérir, dominer ce monde, élargir les frontières des vampires et des humains à tout l'univers si nécessaire, n'était pas seulement de l'ambition. C'était la garantie de ma survie. Conserver un but, quelque chose de fixe, qui me permette de tenir.


    La Princesse était toute en beauté ce soir, une robe de style ancien, bien antérieur à sa naissance, un chignon et des mèches qui continuaient d'encadrer son visage si délicat. Elle était belle, elle était magnifique. Brune, jeune, le regard plein d'étoiles devant le faste de ma demeure. Elle ressemblait à sa mère adoptive quelques siècles plus tôt. Une si jeune vampire, déjà si imprégnée de notre monde, de notre univers. Je souris à ses paroles, elle allait bien, et elle semblait plutôt en phase avec ma personnalité tout comme avec ma politique ; ni reproche ni faux fuyants, elle semblait heureuse de se trouver là.



    | Je me porte très bien également. Oh, vous savez, un vieux vampire n'a plus besoin de beaucoup de sommeil, et je n'ai jamais douté que les choses n'aillent en s'arrangeant. Je pratique le jeu politique depuis bientôt une centaine de fois votre âge, ce n'est pas quelques visées d'ambitieux qui m'empêcheront d'aller bien, et de continuer mon règne. |


    Jana s'assit sur l'un des sièges que je lui avais désigné. Je souris de manière plus prononcée encore, quand elle me dit qu'elle partageait son goût pour le sang avec la Reine. Je n'en aurais pas attendu moins. Je tapais deux fois dans mes mains, et deux jeunes gens entrèrent. Une humaine d'Australie, et un humain de Hollande, s'avancèrent vers nous, juste revêtus d'une ample tunique de soie blanche, tombant de leurs épaules jusqu'à leurs genoux.


    | Un petit apéritif ? Le sang de l'humaine est divin, très sucré, et celui de l'humain est plus ferreux, plus fort en caractère. Faites votre choix, quant à moi j'apprécie les deux, je prendrais donc l'autre. |


    Je la laissais réfléchir un instant à ce qu'elle préférait, alors que les humains attendaient à genoux àà côté de nous. Quand elle choisira, sa victime volontaire viendra près d'elle pour lui offrir son cou.


    | Que de bouleversements dans votre existence, ces derniers temps, n'est ce pas ? En l'espace de ce qui me semble quelques battements de cœur, vous êtes devenue vampire, m'êtes apparue comme pupille de la Reine, comme ma belle fille, puis comme l'une de mes héritières. A ce sujet, comment vivez vous la séparation avec votre époux ? Je dois dire que l'échec de cette union tient à un mauvais calcul de ma part ; je pensais que l'ingratitude de William n'allait pas aussi loin que la sédition, je pensais qu'il aurait pu vous apprendre les rouages de notre empire, et que vous auriez pu le recentrer sur sa place et sur ses tâches. Je suis néanmoins satisfait de ce que vous devenez, de ce que Morgane gagne en confiance en elle même aussi. Tout bien considéré, j'ai plus gagné en vous ayant toutes deux qu'en faisant confiance à mon héritier direct après Krystel. Vous gérez le quotidien? |
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Dim 3 Juin - 0:30

J’ignorais qu’elle serait le pire le roi ? Ou Julien ? Julien n’avait pas hésité à trahir son ami, mais le roi était tout puissant. Et pourtant, j’étais sereine. J’étais décidée à les servir, à agir avec retenue. Je m’étais habillée, coiffée pour le roi. J’avais fais acheter cette robe juste après la Réunion organisée, je savais exactement ce que je voulais. J’étais devenue la « patronne » de la demeure Raybrandt, en l’absence de William je devais montrer que j’avais de la poigne et que j’étais indépendante. Une poigne de fer dans un gant de velours. J’étais jeune, mais j’avais déjà eu ma dose d’action c’était sur que comparer à d’autres, ce n’était rien. J’avais subis des choses qui m’avaient marquées. J’écoutais, je restais silencieuse, et j’observais. Je retenais ce que l’on me disait, je faisais une fois une erreur pas deux. William avait commit des erreurs, erreurs que je ne referais pas. J’apprenais rapidement, en même temps ma tête était vide donc il y avait de la place pour apprendre les valeurs vampiriques. J’aurais tant voulu en apprendre plus sur ma vie d’humaine, mais personne ne m’en avait laissée la possibilité. Ma vie était faite de regrets. Regrets par rapport à Torben. Regrets par rapport à mon passé. Je n’aurais jamais du épouser William, quoi que je ne serais pas là aujourd’hui avec pareille richesse, et le titre de princesse héritière. C’était étonnant que je sois si honorée d’être chez le Roi. En même temps, si j’étais arrivée là toute tremblante, fuyant les regards de son Altesse, j’aurais éveillé de gros soupçons ! Je craignais plus la Reine, que le Roi bizarrement. Je connaissais mal le Roi, je le respectais car même dissidente il restait le roi de tous les vampires mais cela était tout. Le considérer comme un Père ? Hum… Mais chez les vampires, c’était différent de chez les humains pour ça, étrange. J’avais décidé de mettre ma recherche de passé entre parenthèse, en restait-il seulement encore une seule trace ? J’en doutais fort ! J’étais certaine, que là, quelque part il y avait des gens qui appartenaient à mon passé. Tout le monde n’avait pas du être tués. Pour le moment, je mettais mon humanité de côté, il le fallait, et cela me rendrait faible. Je n’avais guère le temps de m’en occuper ! Il fallait se tourner vers l’avenir, avancer sans se retourner, le passé… ce qui était fais, est fait. On ne pouvait plus rien y faire. C’était dommage, j’avais enchainé les erreurs pendant un moment mais ces quelques mois de punitions étaient révolus désormais j’avais retrouvé grâce aux yeux de la Reine et du Roi.

    « Façon de parler, Majesté. » Je lui fis un sourire pour ne pas l’offenser, ce n’était pas méchant ce que je venais de dire. Le roi était puissant, il ne nous craignait. Si un jour, il était mit au courant pour la Dissidence il nous rirait au nez et nous écraserait comme des mouches. Nous manquions de puissance, et de poigne. Hum… en même temps, on ne voulait pas faire comme lui. Le roi tapa deux fois dans ses mains, je levais un instant en tête restant face à lui. Alors que deux jeunes gens entrèrent derrière moi et vinrent se mettre devant nous. Leur corps était simplement recouvert d’une tunique en soie blanche. Etait-ce un test ? Un présent ? Je plongeais mon regard dans celui de mon Roi. Qu’attendait-il au juste de moi ? « Cela devrait être plutôt à vous, mon Roi, de faire votre choix. Vous êtes le Roi. Mais, si je dois choisir, je vais prendre l’humaine si cela ne vous dérange pas. » A mes mots, l’humaine s’approcha doucement de moi. Je ne lui lançais aucuns regards pour le moment, j’attendais le Roi. Je ne voulais pas paraitre impolie. Avais-je fais le bon choix ? Devais-je choisir l’humaine ? le Roi m’intriguait, et je devais aussi l’intriguer. « Oui de nombreux changements... » Je m’arrêtais un instant, le Roi attendait de moi que je recentre William sur sa place et ses tâches ? Dur, quand les mêmes idées que lui me faisaient battre le cœur – si on peut dire… « Je vivais dans son ombre jusqu’à présent, Altesse. Aujourd’hui, je suis dans la lumière. Tous les soirs, sauf exception, je me rends à la Pomme du Diable pour ne pas la laisser sans surveillance. Un petit bout de vos possessions, Majesté, sur laquelle je veille. Je continue à vivre, sauf que c’est moi qui prends les décisions désormais. Je n’ai eus aucuns problèmes pour le moment, j’espère que cela va continuer. Donc oui, je gère le quotidien, je fais tout pour en tout cas. J’ai faillis à ma tâche si vous attendiez de moi que je le recentre, et le recadre dans son rôle. Je pensais que comme il était le Prince, il pouvait le faire seul … Cela me paraissait logique…»


Jamais, je n’aurais pu recentrer William. Jamais. C’était lui qui s’était mit dans l’idée de me recentrer, de m’empêcher de me rebeller mais n’était-ce pas ce que l’on avait fait en nous associant avec Belle Angeline Renard ? J'étais plus sage depuis que j’étais Princesse, moins d’idées impulsives, moins d’actes irréfléchis. J’agissais en princesse, j’agissais comme l’aurait fait la Reine, j’agissais comme je le pensais bien tout en pesant deux fois mes actes dans ma tête. La Pomme du Diable était importante à mes yeux, elle faisait partie de l’empire de ses Majestés. C’était moi qui avait souhaité y travailler, j’avais été vite promue gérante. Et puis, cela me permettais de voir Hannah. Je me retrouvais en elle. Nous étions liées malgré nous, j’aimais, j’avais aimé son frère, je m’étais mariée avec. Je m’étais mariée à son vampire également. Elle était une partie de mon passé, un fragment de moi, de mon humanité. Je m’inquiétais pour elle et pouvoir la garder à l’œil me rassurais. Je la protégeais, et si un jour je devais le faire je l’empêcherais de voir William. Pour son bien … Elle ne le comprendrait peut-être pas, mais si elle était vue avec lui, elle y laisserait la vie. Je ne souhaitais pas voir mon époux, pas pour le moment, encore trop tôt. Il avait mis toute la dissidence en danger. J’espèrais avoir bien répondu aux réponses du Roi, au fond de moi je tremblais de peur, il n’en paraissait rien mais je craignais tellement de dire quelque chose de travers, de mal faire. Le roi avait tous les pouvoirs sur nous. Il était le marionnettiste, nous étions ses marionnettes.
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Mer 6 Juin - 19:17

    J'hochais calmement la tête quand Jana me dit que ses mots n'étaient que le fruit d'une façon de parler. Je ne lui en tenais pas rigueur. Fatalement, je laissais beaucoup plus de libertés aux représentants de ma lignée qu'aux simples vampires, ou pire encore qu'aux simples humains. Tant que cela ne franchissait pas les limites de l'irrespect, je n'allais certainement rien dire, et j'avais compris de toute manière le trait de l'esprit de la princesse, quand elle s'était adressée à moi. Mon attitude avenante se voulait rassurante à son encontre, bien que je lisais un certain degré d'incompréhension dans le regard de ma nouvelle pupille. Eh bien quoi, qu'est ce qui pouvait donc autant l'étonner ? Je lui avais dit que je l'avais invitée à manger, et les vampires ne mangent plus que des humains. Cela dit, je me sentais à même de ravir ses papilles comme jamais auparavant. De par mes prérogatives royales, je parvenais toujours à avoir accès aux mets les plus délicieux de ce monde. Certains charlatans tenaient des orphelinats d'enfants perdus, et les éduquaient sainement de sorte ensuite à vendre aux riches vampires le produit de leur élevage. Je trouvais cette façon de faire dénuée d'intérêt, un humain était toujours bien meilleur à savourer quand on l'avait soit même sélectionné parmi la multitude, pour en choisir les caractéristiques les plus attrayantes. Il m'était même arrivé d'en croquer à l'occasion quelques uns qui étaient malades. Pas n'importe quelle maladie bien sûr, mais juste ce qu'il fallait pour pimenter un peu plus leur sang avec tous ces petits globules blancs. Délicieux, délicatement corsé. Bon, l'humain survivait rarement au repas, mais qu'est ce que cela importait ? Il fallait en racheter de nouveaux, voilà tout, et cela n'avait clairement pas grand chose de compliqué pour quelqu'un comme moi, avec tous les moyens mis à ma disposition. Jana choisit finalement l'humaine en question, qui vint prendre place à ses pieds sur l'un des nombreux coussins de soie et de satin. J'ouvrais les mains en signe d'ouverture, alors que l'humain venait se placer près de moi. L'homme exsudait une certaine puissance physique ; j'espérais que cela se ressentirait dans son sang. Je replongeais mon regard vers celui de l'une de mes héritières.


    | Cela ne me dérange en aucune façon, vous apprendrez très vite que bien qu'ancien, je garde un goût presque immodéré pour la nourriture. Je vous encourage d'ailleurs à ne pas entièrement vous sustenter avec le sang de cette seule humaine ; je vous ai réservé tout un panel de choix et de goûts différents, qui je l'espère sauront ravir votre palet délicat. |


    L'humain vint se poser à mes propres pieds, attendant le regard vide que je me serve sur ce qu'il avait de plus précieux, sa propre force vitale. J'écoutais d'abord avec quelque avidité ce qu'aurait à me dire Jana ; elle vivait et j'en déduisais même qu'elle jouissait de sa plus grande liberté, qu'elle en profitait comme jamais elle n'avait pu en profiter avec son mari. Je balayais d'un revers de la main tous les doutes que pouvait avoir Jana sur le propre rôle qu'elle avait joué dans toute cette affaire. Bien entendu, elle n'avait pas été parfaite, mais qui aurait pu l'être ? J'avais été en partie à l'origine de la décision de l'unir à William, et comme je lui avais avoué sans honte j'avais fait une erreur en prenant pareille décision.


    | Vous avez raison. William est un faible, il l'a toujours été. J'ai bien peur que la Reine l'a un peu trop couvé de son amour de mère, voyez vous. Il ne s'est jamais développé comme le vampire que j'ai rêvé qu'il devienne. Ses combines étaient toujours si évidentes et si pathétiques que je ne prenais même pas le moindre plaisir à le remettre dans le droit chemin. Quand les choses se seront un peu tassées, je pense que je libérerais du poids de ce mariage, mais vous garderez tout de même votre nom pour souligner votre appartenance à cette lignée. La Pomme du Diable, donc ? C'est délicieusement trivial, comme occupation. Y faites vous de l'argent ? Est ce là que vous trouvez les humains qui vous nourrissent ? On me dit souvent qu'ils se pressent autour de toutes les beautés vampires dans l'espoir d'obtenir un regard, une caresse, une morsure... Ces humains! |


    Je partais d'un petit rire amusé, me tournant vers celui qui justement se trouvait à mes pieds. Je reportais une nouvelle fois mon regard dans celui de mon invitée.


    | Ne vous méprenez pas, je ne haïs pas ces créatures. Comment le fermier pourrait il haïr sa vache ? Je les trouve même amusants, à leur façon. Ils n'ont que si peu de temps pour vivre leur vie et réaliser leurs désirs, les voir se débattre dans les filets du destin me charme toujours autant. Et vous princesse, maintenant que vous êtes libérés du poids de mon affligeant ex-héritier, à quoi aspirez vous donc, pour votre immortalité? |


    Je tendais la main, et l'humain y posa son poignet. Je le portais à ma bouche, et en déchirais la chair tout en prenant l'apéritif. Le sang coula doucement dans ma bouche alors que l'humain frémit à peine. Il n'y avait pas à dire, celui là était goûteux ; le goût vaguement ferreux de son sang était plus que contrebalancé par une très forte proportion en hémoglobine, tandis que les arômes rappelaient la terre d'où il venait.
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Sam 18 Aoû - 18:20

Je me demandais bien de quoi serait-fais l’enseignement de sa Majesté. Je me méfiais de ce Roi qui me paraissait tellement inaccessible pour ses sujets. Je voyais dans son geste un moyen de fidéliser sa descendance qui prenait ses aises. William avait échappé à la vigilance de la Reine, pas assez mature pour être un bon prince faut croire… Je ne me voyais pas être plus que mature que lui, j’agissais souvent mal ou je ne faisais pas toujours ce que l’on attendait de moi. Mais peut-être qu’à ce jeu-là je serais plus maligne que lui choisissant mieux mes amis que l’avait fais William auparavant. Je n’avais pas revu les vampires dissidents depuis longtemps, je prenais mes précautions et pour le moment, je me sentais hors de danger. L’humaine vint prendre place à mes pieds, elle s’installa. Quel drôle de destin que ceux des servants humains et pomme de sang. Je pensais que je ne comprendrais jamais ces personnes-là. Si j’étais humaine, je me verrais mal accepter qu’on me saigne ainsi. Mais peut-être je me trompe, si les rôles étaient inversés si c’était Torben le vampire, peut-être que les choses auraient été différentes. Oui, j’aurais certainement accepté. J’avais eut du mal au début à boire du sang humain, puis au vue de la nécessité j’ai été obligée de m’y faire et de m’y habituée. C’était soit ça, soit mourir. Je n’avais alors plus aucuns souvenirs, plus de raisons de mourir.

    « Vous êtes trop bons avec moi, mon Roi. Vous faites preuves de tellement de délicatesse à mon égard. Je tâcherais de ne pas être trop gourmande avec cette humaine. » Je ne devais pas éveiller les soupçons, j’étais fidèle au Roi, ici j’étais une vampire royaliste. Une parfaite princesse, modelait dans le même moule que la Reine. Une parfaite descendante de sa lignée. Une parfaite vampire qui a fait des erreurs par le passé mais qui a su les réparer. Je devais prouver au Roi mes bonnes grâces et lui faire comprendre que je n’étais pas comme William, que j’étais emplie de potentiel et qu’il pourrait vraiment faire quelque chose avec moi. L’avoir dans ma poche. Je m’attaquais à un gros poisson, mais déjà s’il ne se méfiait pas de moi ce serait un bon point. J’étais ravie quand le Roi m’annonça qu’il m’enlèverait le poids de mon second mariage, je garderais mon nom et mes privilèges de princesse. « Oui la Pomme du Diable marche plutôt bien, un endroit assez fréquenté surtout avec la publicité qu’a pu nous procurer les deux mariages vampiriques, Altesse. Je n’ai pas songé à prendre des clients de la Pomme du Diable comme humain de compagnie. Mais si sa Majesté pense que c’est là la chose à faire, je peux y remédier. Je peux même vous en fournir, si cela peut appâter vos papilles. » Je fus gênée par la question du Roi, à quoi j’aspirais ? Surement à réparer les morceaux cassés avec Torben… mais ça je ne pouvais pas l’avouer à mon Roi. « J’aspire à profiter de mes privilèges de princesse pour mieux vous servir, mon Roi. Je ne veux pas vous décevoir, ou ne pas me montrer digne de mon appartenance à votre lignée comme l’a pu le faire auparavant le Prince. Je ne veux pas faire les mêmes erreurs que lui. »


Mon humaine fit la même chose que l’humain du Roi, elle m’offrit son poignet que je pris doucement. Généralement, je prenais soin des humains mis à ma disposition. Je portais son poignet à la bouche, et j’y plantais mes crocs dans sa fine chair tout en me délectant de ce délicieux nectar qui coulait dans ma gorge. Quel bon choix, et quel succulent apéritif. Le Roi avait bon gout en matière d’humain, il devait avoir de l’expérience dans le choix de ceux-ci. J’arrêtais de « manger » en même temps que le Roi. En plus, s’il avait d’autres humains à me faire gouter. Qu’avait-il bien pu me concocter pour cette soirée en tête à tête ?
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Lun 20 Aoû - 22:58

    Tel le fin connaisseur que j'étais, je ne pus me retenir de garder un filet de sang en bouche, de sorte à en apprécier pleinement sa force, sa vitalité, et son goût des plus tendres, bien qu'emprunt d'une certaine force. Je m'étais jadis moqué des sommeliers humains, mais aujourd'hui je me rendais compte qu'ils disposaient peut etre des qualités de goûteurs dont les plus vieux vampires savaient faire preuve ? Deviner l'origine d'un sang rien qu'à l'odeur, son âge rien qu'au goût, ses caractéristiques démograhiques rien qu'à sa teneur en bouche... C'était sans doute le plus poussé des arts. Et aussi, sous bien des aspects, le plus onéreux. Combien d'humains fallait il tuer pour en arriver à pareil niveau de maîtrise ? Je n'en savais rien, je n'étais pas comme tous ces faibles qui se rappelaient du visage de chaque être vivant mis à mort, mais cela n'avait pas d'importance. Je n'avais aucune envie d'être torturé dans mon esprit par tous ceux passés de vie à trépas. Non pas que je nourrisse encore le moindre scrupule à martyriser mon prochain, c'était quelque chose de nécessaire et d'aussi vieux que la vie elle même. Mais je préférais me rappeler des évènements, des goûts, des sensations, que des individus eux mêmes. Ceux ci étaient toujours trompeurs, comploteurs, vils à leur manière. Je ne les enviais pas. Pas plus les humains que la majorité des vampires. Seuls quelques rares élus obtenaient toujours quelques crédits à mes yeux, mais c'était quelque chose de diablement limité. Je ne disposais de mon crédit qu'à l'endroit de quelques rares élus, et ceux ci pouvaient sans aucun doute se compter sur les doigts d'une main. Je lançais un regard profond et pénétrant à la vampire m'accompagnant dans cet apéritif carmin. Ma petite fille me dit que j'étais trop bon avec elle, et je me surpris à lui sourire d'un air carnassier avant de reprendre quelques gouttes du liquide que j'avais laissé couler le long de l'avant bras de l'humain. J'en savourais chaque saveur, et celles ci étaient aussi nombreuses que délicates.


    | Son existence m'est acquise. Si vous voulez boire son sang jusqu'à la lie, profiter de ses caresses ou vous repaître de son corps, cette beauté est à vous. Qu'il ne soit pas dit que je lésine sur les moyens pour contenter mes chers invités. |


    Je remarquais bien entendu la satisfaction que semblait éprouver la princesse alors que je lui disais que son mariage ne serait qu'une formalité à effacer des registres. Je savais aussi que du point de vue humain, il existait plusieurs manières de détourner l'attention de l'opinion publique sur la fin prématurée de l'union. La plus simple et probablement la plus efficace serait de faire paraître des photos récentes mais antérieures au mariage, de William accompagné de beautés, et de faire courir des rumeurs sur ses infidélités répétées dans les tabloïds. Jusqu'à provoquer l'image d'une princesse brisée et humiliée, qui n'aurait d'autres choix que de divorcer, alors que ses beaux parents seraient révulsés par l'attitude désinvolte et outrancière du fils prodigue. Cela s'était vu tellement de fois chez l'humanité, ce genre d'histoires, que je ne me priverais probablement pas de la recycler à mes fins. Je l'écoutais ensuite me parler e ses affaires à la Pomme du Diable, le genre de boite branchée où les humains se pressaient désormais pour se faire goûter par les vampires. Je haussais les épaules d'un air désinvolte, en tapotant l'épaule de l'humain qui s'éloigna. L'apéritif était fini pour moi, je faisais signe au chambellan de préparer la première bouteille de « vin ».


    | Je pense simplement que vous devriez prendre au sérieux les attentes de votre corps de vampire, princesse. Vous êtes encore un nouveau né. Vous sentez déjà les transformations, mais vous ne savez pas jusqu'où elles vont vous conduire. Le sang bien sûr, vous comblez déjà ce besoin. Mais le sexe, et une certaine dose de violence, vont bientôt vous étreindre. Vous en ressentirez le besoin si fort que vous risquez de perdre le contrôle. Petite astuce d'un vieux monarque, ma chère Jana. Succombez à vos pulsions pour maintenir votre contrôle sur elles. Si vous vous retenez trop longtemps, vous sauterez sur le premier humain venu, le baiserez, l'étriperez, et vous droguerez à son sang prélevé à même son cœur. Veillez à ce que ça n'arrive pas, c'est un conseil. |


    J'étais sérieux, mais pas menaçant. Je savais ce que c'était que d'être un vampire nouveau né en ce monde. Ce n'était pas facile. Pas plus facile que le reste. Tous ces nouveaux désirs... C'était presque intolérable pour notre corps, pour notre esprit torturé et notre âme mutilée. Je ne pus retenir un éclat de rire devant les paroles presque ingénues de la dernière de ma lignée.


    | Je parais sérieusement, jeune vampire. Vous avez envie de choses et d'autres, j'imagine ? Et pas que de me faire plaisir par ces belles paroles, n'est ce pas ? Vous voulez quelque chose, c'est le cas de tout le monde. Je ne crois pas en ceux qui me bercent de douces paroles. Vous voilà prévenue, et sommée de me dire quelles sont vos attentes les plus profondes, en ce nouveau monde devenu votre... |
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Sam 1 Sep - 22:33

Une pensée pour Hanna revint à mon esprit, et je me souvenais alors que j’étais là pour elle. Pour essayer de l’avoir, mais non je me retins. Ce serait trop demandé, le roi me la refuserait. Il la voulait. La reine ayant le frère comme jouet humain, et le roi ayant la sœur comme servante humaine. Elle était belle la famille Badenov, et la femme mariait à un autre – amnésique, et vampire comme si le reste ne suffisait pas. Je ne voulais pas trop en demander, le roi me proposait de me délecter encore plus du sang de ses humains, mais j’avais pris l’habitude de ne boire que le strict minimum de sang que mon corps de vampire avait besoin. Je n’éveillais pas les soupçons, j’étais une princesse bien comme il faut mais je n’étais pas gourmande en ce qui concernait le sang. Cela devait me rendre plus vulnérable, mais je me nourrissais assez pour être forte du moins pour une vampire de mon jeu – considérée comme très jeune. Je lui souris doucement pour le remercier de vouloir me combler de ces mets délicieux. Je me moquais de savoir ce que le Roi inventerait concernant mon mariage, je savais qu’il ferait tout pour préserver sa progéniture.


    « Je rajouterais une certaine dose d’adrénaline, mon Roi. En plus, du sang du sexe et de violence. » Céder à mes pulsions, c’était précisément ce que je ne faisais jamais. Ca finirait mal et cela me retomberait dessus… le roi avait raison, je devais céder. Mais j’avais bien peur que si je cédais ça finirait comme le roi le décrivait. Hum…Mes besoins de vampire… je ne les ignorais pas mais presque. Je n’avais pas choisis de le devenir, et au vue de la situation de Torben je ne devais pas les porter dans mon cœur ces vampires. « Ce dont j’ai envie… je ne peux l’avoir, Majesté. Et de toute manière, c’est trop tard ou trop tôt. Non vraiment, j’aspire à devenir une vampire forte et puissante comme notre Reine, gagné en maturité. Une princesse modèle qui profite de ses nouveaux privilèges, c’est ça que je veux actuellement. Je ne demande rien de plus, et je ne vous berce pas de mes belles paroles. »


Ce dont j’avais envie… je l’avais perdu par ma faute, j’avais joué et mal calculé mon coup et j’avais perdu. Le destin s’acharnait, c’était ainsi. A croire que nous ne devions pas être à nouveau réuni, je commençais à me faire doucement à l’idée que voilà le passé était du passé et que je devais avancer vers une nouvelle ère. La dissidence. J’étais enfermée dans une prison dorée, j’avais du mal à ouvrir les yeux, perdue entre deux eaux, jouant un double jeu. Vu comme ça le Roi avait l’air d’être un Roi modèle, oh oui du moment qu’on était un sujet modèle on était récompensés. Je n’avais rien contre le Roi, la seule chose que je pouvais lui reprocher s’était mon mariage avec William qui allait être annulé, et à la limite avoir pris Hanna mais là encore, mes biens lui appartiennent également je n’y pouvais rien. Mais ce que je désirais le roi ne pouvait me le donner, j’ignorais les rapports qu’il avait avec les objets humains de la reine mais bon … et puis même, le couple royal venait de m’offrir le manoir raybrandt, tous les biens du prince, la pomme du diable, et j’en passe. Des richesses amassaient pendant des années, alors oui j’avais des envies et alors ? J’avais été suffisamment gâtée, et entre nous, je ne méritais pas tout ça.

    « Mon roi, vous ne me trouvez pas que j’ai été suffisamment récompensée lors de la réunion ? La richesse va me monter à la tête si ça continue. Je suis comblée par mon statut de princesse héritière à moi désormais de m’en montrer digne, plus tard pour les présents. Je ne mérite pas autant d’attentions. »


Rien que l’annulation de mon mariage était une récompense pour moi, alors certes ce qui était fait est fait. Oui, c’était arrivé. Oui, je m’étais mariée à un autre. Mais au moins, si le mariage était annulé j’aurais ce fardeau en moins à porter. Je touchais du doigt ma liberté…
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Jeu 13 Sep - 19:06

    J'avais toujours quelques questions que je me posais au sujet de la princesse. Que faisait elle réellement, quand elle était seule et libre ? Est ce qu'elle honorait sa nature de vampire et sa place au sein de ma lignée comme il se devait ? Est ce qu'elle ne revoyait pas son mari en cachette, quelques fois que ? Je savais qu'elle avait été liée à son Badenov d'ancien mari. Krystel m'avait tout raconté, avec les détails croustillants qui allaient avec. Quelle petite histoire tragique... Mais rien n'était perdu à ce sujet. Badenov allait mieux que jamais et il faisait ce pourquoi il avait été fait. Et Jana quant à elle, était devenue princesse héritière d'un empire mondial de la nuit... Si après ça, on disait des vampires qu'ils n'étaient que de simples prédateurs assoiffés de sang dont la seule occupation était de baiser, saigner et massacrer les humains... ! J'étais convaincu après tout d'être l'un des bienfaiteurs de ce monde. Pourquoi ne le serais je pas ? Il me semblait simple après tout, de considérer les choses avec objectivité. Un gouvernement central avait éradiqué les guerres intestines et très meurtrières pour tout le peuple vampire. N'en serait il pas de même quand j'aurais aussi conquis le jour, comme le voulait ma destinée ? Je savais que j'étais fait pour ça. Gouverner. Aussi bien que certains étaient faits pour être gouvernés. C'était dans l'ordre naturel des choses, après tout. Et n'écoutez pas toutes ces conneries absolues de ces charlatans de psychologues, de tous ces libéraux prêts à parier savoir l'âme humaine à fond. Comment être objectif quand on était soit même humain et que l'on devait se juger ? C'était tout bonnement impossible, et pourtant tout le monde les croyait. Non, de fait dans la nature en règle générale, ceux qui nous connaissent le mieux sont nos prédateurs. Et le plus grand prédateur de l'homme est le vampire. Jana l'était aussi, et bientôt elle se débarrasserait de ses dernières chaînes la reliant à l'humanité, quand elle comprendra enfin quel genre de bétail les hommes pouvaient former. Quand la beauté me répondit, je savais qu'elle comprenait de quoi je parlais, et j'en fus content. Elle avait de toute manière déjà dû ressentir l'appel de sa nature à de nombreuses reprises.


    | Bien entendu. C'est pour ça que c'est aussi bon. Et c'est aussi pour ça que si on n'y cède pas de manière raisonnée, on perd tout contrôle. |


    Je comprenais ensuite ce que me dit la jeune vampire. Pendant qu'elle parlait j'échangeais un regard avec mon chambellan, qui allait préparer le plat suivant, que j'avais hâte de faire goûter à ma vampire de petite fille. Je comprenais que trop bien ce qu'elle me disait. Je savais lire entre les lignes, parce qu'au fil de deux millénaires d'existence vous parveniez sans trop de mal à sonder l'âme des gens qui vous entouraient, même que depuis récemment. C'était ainsi. Je jetais un regard avec un peu de compassion vers Jana. Je savais que fatalement, elle tenait encore trop à sa vie d'humaine. Ce qu'elle me dit ensuite me rassura un peu plus.


    | Je suis ravi de voir que vous vous faites à votre nouveau rang, à votre nouvelle vie. Mais vous me voyez triste de constater que vous restez attachée au passé. Quand vous parlez de ce que vous ne pouvez avoir, vous parlez de celui qui représente pour vous votre vie d'humaine ? Il vous faut le sortir de votre tête, Jana. Pour la simple et bonne raison qu'il n'est qu'un humain. Il mourra bien avant vous, il en aimera d'autres que vous. Avez vous remarqué comment il regarde la Reine, ou la nouvelle servante de celle ci ? Il a fait son deuil ; vous devriez faire le vôtre. Le monde peut être à vous. Saisissez d'autres opportunités, c'est un conseil que je vous donne. |


    Les humains de l'apéritif laissèrent place à des amuses bouches chauds. Du boudin, fait avec du sang humain relevé d'épices. C'était un mets délicat, que j'avais goûté pour la première fois à la cour royale d'une reine vampire ancienne, celle qui dominait l'Italie de mon époque. J'espérais que cela plairait à Jana, cela me plairait déjà à moi. Je ne faisais pas partie de ces vampires basiques qui n'aiment boire qu'à la gorge ou à l'aine de leurs proies. Il y avait des façons tout aussi goûteuses et plus raffinées de se sustenter, quand on est un vampire. Le plateau posé sur un petit trépied entre nous, je me servais en premier, indiquant à la princesse qu'elle pouvait dès lors se servir.


    | Soit. Vos paroles sont sages. Que je suis pressé de vous faire connaître tous les délices de cette existence qui s'offre à vous ! Vous êtes déjà promise à un bel avenir, je devrais laisser le temps faire son œuvre sur vous, désormais. |
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Mar 2 Oct - 16:17

Citation :
| Je suis ravi de voir que vous vous faites à votre nouveau rang, à votre nouvelle vie. Mais vous me voyez triste de constater que vous restez attachée au passé. Quand vous parlez de ce que vous ne pouvez avoir, vous parlez de celui qui représente pour vous votre vie d'humaine ? Il vous faut le sortir de votre tête, Jana. Pour la simple et bonne raison qu'il n'est qu'un humain. Il mourra bien avant vous, il en aimera d'autres que vous. Avez vous remarqué comment il regarde la Reine, ou la nouvelle servante de celle ci ? Il a fait son deuil ; vous devriez faire le vôtre. Le monde peut être à vous. Saisissez d'autres opportunités, c'est un conseil que je vous donne. |

Ses mots me glacèrent tout simplement sur place. Il avait surement raison… Je savais que je devais l’écouter. Déjà parce qu’il était mon roi, mais parce que ses paroles étaient pleines de sagesse. J’étais convaincue que jamais, je me ferais pleinement à ma nature de vampire. Il était évident que je n’avais pas les mêmes rapports avec les humains que les relations du roi envers eux, ce repas en était vraisemblablement la preuve. Oublier mon passé ? Ce ne serait pas bien dur en vertu de mon amnésie. Oublier ce que j’avais découvert ? Ca, ça allait être plus dur. Le monde pouvait être à moi, mais je ne voulais pas du monde. J’aspirais à une certaine tranquillité, car à peine sortie du cocon familiale c’était là que les soucis commençaient. Saisir d’autres opportunités… travailler main dans la main avec Julien Guillemaud devait en être une … La vie était si compliquée, et nous nous étions jamais satisfaits. C’était quand on perd quelqu’un, qu’on s’en rend compte à quel point on tenait à certaines personnes… Après avoir pesé mes mots au moins cent fois dans ma tête, avoir tourné ma langue sept fois dans ma bouche.

    « Vous avez surement raison… Je tâcherais de suivre vos conseils sages et avisés. »


J’étais entre mensonge et honnêteté avec le Roi. Je n’avais, à priori, rien lui reproché. Au contraire, il agissait tel un père envers moi me transmettant son savoir et ses conseils. Faire abstraction de toute mon humanité me permettrait surement de moins souffrir, et de moins être tourmentée par mon passé. Après-tout, c’était à partir de ma rencontre avec Torben que j’avais commencé à décevoir ma Reine et à subir les châtiments… Néanmoins, je refusais de croire que les humains étaient des épines dans nos pieds. Au sujet de Torben, je ne me faisais pas d’illusions, je n’avais pas pris de gants. Le Roi avait lu entre mes mots, entre mes lignes. Je l’avais fais exprès, je voulais voir ce qu’il allait répondre à cela. La réponse qu’il me donna semblait logique, et prévisible. Je verrais en temps et en heure ce que je pourrais faire à ce sujet là. La relation vampire/humain était une chose très importante dans notre monde, en effet, selon comment vous jugiez un humain, vous vampire vous pouviez être juger aussi par rapport à cela !

    « Je vous avouerais que je suis quelque peu perdue face à cet avenir justement. Maitre Guillemaud a fait appel à mon aide pour régler différentes petites choses qui le tiennent particulièrement à cœur. Je suis encore jeune, et j’ai beaucoup à apprendre des mes ainés par exemple, comme en ce qui concerne les délices de mon existence comme vous dites. Je pense que m’allier avec le maitre vampire est une bonne chose, n’est-ce-pas ? » Mon existence de princesse, héritière de surcroit, était jonché d’incompréhension et de maladresse. Je faisais au mieux prenant exemple sur mes ainés, sur la Reine surtout – comme je l’avais toujours fais aussi loin que je veuille bien m’en souvenir. « J’ai bien peur de ne pas vous suivre, Altesse, quel œuvre ? » Paroles innocentes. Deux années peut-être tout juste trois que j’étais une vampire, c’était fort peu comparé à ceux qui additionner des centaines voir des milliers d’années. Cela faisait à peine deux jours, que j’étais princesse héritière et que j’étais à la tête de nombreuses choses. Il fallait le temps que je m’habitue à tout ceci, et que je garde la tête sur les épaules et les pieds sur Terre.


Le contrôle … je ne l’avais pas. C’était un fait, dans la vie de tous les jours je n’agissais pas assez en vampire pour me permettre de dire que j’avais le contrôle. Ce n’était pas le cas. J’agissais encore en humaine, c’était instinctif. Je devais remédier à cela si je ne voulais pas devenir incontrôlable – je ne craignais pas pour moi, mais pour les prétendus humains que je pouvais croiser. Nos humains ‘’d’apéritifs’’ partirent, laissant place à un plat à base de sang humain. Je me servis après le Roi, marque de politesse. Je fus surprise par ce gout épicé. Décidemment, le Roi avait très bon gout !

    « C’est délicieux, Majesté. Exquis ! »


Chapitre 2 ¤ Augustus King
27 Octobre 2010.
Après l'Event de l'Echiquier.
Manoir du Roi des Vampires.
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Ven 5 Oct - 13:15

    Je sentais le trouble qui habitait la pupille de mon épouse, je savais ce qu'elle devait ressentir. Du moins, je savais l'identifier sans pour autant ressentir de l'empathie à cet égard. C'était quelque chose de compliqué, mais je savais par expérience comment se sentaient les vampires quand ils venaient de le devenir. Immanquablement, ils se sentaient perdus, désorientés. Cela durait parfois des années, des décennies même pour ceux qui ne se faisaient jamais à leur nouvelle nature. De fait, c'était un espèce de mélange entre tous les bouleversements physiques et physiologiques, mais aussi de caractère, entre leur nouvelle nature et celle d'avant. Bien sûr, tous ne réagissaient pas de la même manière, mais j'avais eu connaissance de tous types de cas. Du vampire qui succombait totalement à sa soif de sang et qui passait son temps à semer la mort et la désolation sur son passage, au vampire qui n'osait pas se nourrir de peur de perdre ce qu'il lui restait d'humanité, et essayait des inepties comme se nourrir d'animaux ou ce genre de choses. Avec le True Blood, j'avais confiance qu'une partie des nouveaux nés aurait bien du mal à accepter sa nature pleine et entière, mais la chose n'était pas irrémédiable, il y avait toujours moyen de les sortir de ces travers. Bien que la boisson soit un excellent substitut en cas de pénurie de sang humain, elle n'avait aucun intérêt particulier en temps normal autre que celui que je lui avais assigné, soit le coup de publicité magistral pour la coexistence entre humains et vampires. Et outre la soif de sang, posséder toutes les nouvelles aptitudes physiques ; le sommeil des morts, la vue de nuit, la vie de nuit elle même, la force, la résistance, la vitesse. Tout cela formait un tout qui provoquait parfois beaucoup de chamboulements dans l'existence des nouveaux nés. Et à cela s'ajoutait une sensibilité à fleur de peau du fait de tous ces souvenirs dont les nouveaux nés disposaient alors qu'ils avaient en parallèle l'impression qu'ils appartenaient à une époque révolue... Cela dit, même en la comprenant, je ne pouvais permettre à la princesse de nuire encore à notre image en s'acoquinant à son ancien mari.


    | Vous feriez bien en effet. Vous me semblez être assez équilibrée comme vampire, ne vous laissez pas perdre dans les remous de votre existence passée. |


    Je fronçais les sourcils de manière presque imperceptible alors que Jana me confiait maintenant qu'elle se sentait perdu face à cette destinée qui lui tendait les bras. Se sentir perdue ? Il ne fallait pas, en aucun cas, jamais. Pour la simple et bonne raison que cela la perdrait, et qu'il en allait de la royauté toute entière. Il fallait qu'elle accepte cet avenir, qu'elle se l'approprie et qu'elle le modèle selon son bon vouloir. Elle ne devait basculer pour le coup dans aucun des deux extrêmes ; elle ne devait pas se l'approprier au point de marcher sur mes plates bandes, mais elle ne devait pas non plus se laisser totalement guider. Krystel et moi pouvions bien sûr lui montrer la voie, mais le plus sûr et le plus logique était après tout qu'on la laisse se construire elle même à force d'autonomie et de responsabilisation. Mon froncement de sourcils se fit plus prononcé quand elle me parla de Guillemaud. Que se passait il avec ce nouveau grand maître, dans quel dessein avait il fait appel à une représentante de la royauté ? Le double sens d'une des phrases de ma petite fille ne m'échappa pas. Je m'interrogeais sur la possibilité d'une union entre eux deux, mais c'était encore trop tôt pour vraiment entériner ce genre de décision. Le cas de l'Exilé avait été riche d'enseignements à propos de la patience relative à mon entourage.


    | Vous me voyez curieux suite à ce que vous me racontez. Le Grand Maître Guillemaud vous a contacté pour quelle raison, ma chère ? Vous me parlez aussi que vous avez beaucoup de choses à apprendre auprès de vos aînés... En matière de délices ou en matière d'alliances. Que dois je comprendre ? Si vous prenez Guillemaud comme amant, ce n'est pas un mal en soi, mais prenez bien garde à n'en retirer que des sensations et aucune émotion. Et qu'il ne vous traite jamais avec familiarité, quand bien même vous deviendriez intimes. |


    L'idée en soi n'était pas mauvaise. Jana avait besoin qu'on la décomplexe vis à vis de sa nature, et quoi de mieux que de bonnes parties sanglantes et débauchées ? Rien, c'était ce qu'il y avait de plus formateur pour un vampire, car cela permettait d'inculquer les possibilités de notre nouvelle existence, tout en maintenant un seuil de limites acceptables, suffisant pour autoriser la vie en société. La jeune vampire me demanda ensuite de quelle œuvre je pouvais bien parler.


    | Quelle œuvre ? C'est une expression, ma petite. Que le temps fasse son œuvre sur vous, j'attends de fait que vous acceptiez totalement votre nature et votre place dans cette lignée et au sein de votre espèce. Avec le temps, vous serez plus dure avec vous même et avec les autres, vous aurez le comportement d'une dirigeante. Comme je vous l'ai dit, ce que vous voulez, vous pouvez le prendre. |


    Jana me complimenta sur le goût des aliments que je lui offrais, alors que j'arborais un sourire complice.


    | Oui, un des avantages de la fonction royale est de disposer d'un vivier incroyable de saveurs humaines. Et aussi, d'un bon cuisinier pour arranger tout cela. Gardez une place pour la suite, nous avons tout notre temps... |


    J'engloutissais une autre bouchée, la faim se réveillant au fur et à mesure. C'est bien connu, l'appétit vient en mangeant.


    | Dites moi, comment réagiriez vous princesse, si je vous mettais enfin devant votre vraie nature ? Peut être ais je prévu pour le milieu de soirée, une de ces fêtes avec des esclaves humains où vous pourrez assouvir tous vos désirs... Seriez vous prête pour ce genre de choses? |


    Demande faussement innocente.
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Dim 11 Nov - 21:17

Face à mon destin.

Jamais, jamais je ne pourrais tourner la page. Cela dit, j’étais obligée de me faire à l’idée que les choses changeaient et évoluaient. Ces derniers mois, cela n’avaient pas arrêté. Je n’appelais pas une descente aux enfers, car c’était plutôt l’inverse une montée en puissance de plus en plus. Je montais les échelons sans vraiment l’avoir un jour souhaité. Je devais m’y faire au moins partiellement, face à cette nouvelle nature que me renvoyait le roi en pleine figure. Si la reine m’avait laissée libre de mes faits et gestes (presque), mon apprentissage pour être une bonne princesse héritière continuait auprès du roi. Princesse oui, mais à tout jamais pupille de la reine. Aux yeux de tous, c’était comme ça que j’étais reconnue. Perdue, un peu … les événements me surpassaient et je manquais d’appuie solide sur lequel je pouvais me refugier. Désorientée, dans chacun de mes choix j’ignorais où je mettais les pieds. Chaque nuit était une nouvelle épreuve, et la peur d’être découverture était omniprésente. Il était clair au vue de Torben et de ses anciennes allégeances que mon passé d’humaine n’était guère les vampires. J’étais devenue l’une d’entre eux et par la même occasion oublier mon passé et tout casser. Tellement de choses avaient changé, tout était différent, un nouveau style de vie, une nouvelle philosophie de vie. Une immortalité bien fragile, et menacée. Le roi me trouvait en bonne santé enfin une vampire équilibrée tant mieux… j’y veillais, pupille de la reine ex vampire de main j’avais toujours eut une certaine hygiène de vie auprès d’elle. Aujourd’hui, encore plus étant une princesse héritière je me devais de montrer l’exemple. Je m’y étais faite à tout ceci, c’était dur parfois de se plier aux règles très dures. Néanmoins, c’était toujours dur de dire au revoir à une partie de sois.


    « Au sujet des dissidents, il veut mon aide pour les démasquer. Et vous rendre fier et satisfait.» Je ne rentrais pas dans les détails, j’avais ordre de ne pas vraiment adresser la parole à Renard, et Guillemaud voulait que je la contacte. Ce serait simple, ça tient… « Les » William et Belle, aux yeux de tous ils n’y avaient qu’eux même si Belle était plus ou moins rangée, juste la rivale éternelle de la reine. Rien que ça.

    Je fus choquée par la suite des paroles du roi. « Non, je ne compte pas prendre Maitre Guillemaud comme amant. Je le respecte, il voulait me voir nous n’avions jamais eut l’occasion de faire connaissance. Et avec les histoires concernant le prince déchu il voulait mettre certaines choses aux claires. » Ce que je voulais, je pouvais le prendre… moui. On va dire ça oui. J’acquiesçais d’un signe de tête, le roi avait raison je savais qu’il avait raison mais je n’y croyais qu’à moitié.

    Un silence s’installa suite aux dernières paroles du roi. Je ne savais pas quoi dire. J’étais mise devant le fait accompli, et je ne voyais guère comment refuser une telle offre. Pourquoi le ferais-je ? Le but du jeu était d’accepter ma condition, de m’y faire et de ne plus penser à mon passé. Me mettre devant ma vraie nature…bizarrement l’idée m’effrayait. J’étais certaine que l’enseignement du roi était une très bonne instruction mais bon … Je n’avais vraisemblablement aucunes raisons de refuser, et encore comment pouvais-je faire ? Hum….

    « J’ignore si je suis prête, Majesté. Mais je vous suis, vous savez mieux que moi ce que vous faites. J’ai hâte de voir ce que vous avez pu me réserver…»


Dans quel bourbier je m’étais aventurée, dans quel marécage j’étais en train de m’enfoncée ? C’était violent comme je me perdais peu à peu dans un gouffre sans fond, sans voir la lumière. Je me noyais dans le monde de la nuit, les enfers m’ouvriraient leurs portes. Un sentiment de peur était omniprésent depuis que j’étais devenu une vampire, le couple royal m’impressionnait et me terrifiait. Ils étaient tellement puissants, tellement capable de tout. C’était peut-être aussi pour cela que j’avais rejoins la dissidence, je m’y sentais plus à ma place, plus à l’aise, moins de règles plus de précautions et moins de moyens et mais c’était plus accessible pour ma petite personne. J’avais peur de l’avenir, j’ignorais ce qu’il me réservait. Je ne savais même plus quel chemin suivre. Je me laisserais porter selon mes expériences, mon destin guiderait mes pas. En attendant, je suivais les indications du roi. Je ne pouvais pas en faire autrement.

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27 Octobre 2010.
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Ven 16 Nov - 14:39

    Je ne percevais pas de manière tangible comment je pouvais pousser ma pupille dans ses retranchements au sujet de ce que je venais d'évoquer. Je pouvais la forcer bien sûr, mais quel intérêt ? Elle prendrait la chose comme une punition et cela risquerait de masquer tout le plaisir propre aux vampires qu'elle pourrait en retirer. Nous avions comme les humains nos propres penchants vers la destruction, et si elle n'était pas dirigée contre nous elle l'était contre eux. J'avais fait depuis longtemps l'expérience de vampires qui se disaient touchés par l'humanité, qui aimaient même un humain ou une humaine, qui ne vivaient que dans le souvenir de ce qu'ils avaient eux mêmes perdu. Ceux là ne savaient pas qui ils étaient vraiment. Combien en avais je vu faillir à tous leurs beaux principes ? Combien avaient fini par baiser, tuer, saigner ces humains lors d'orgies démoniaques ? Je n'avais jamais été orgies, quand j'étais encore romain, dans la brume d'un lointain passé. Les Bacchanales ne m'avaient jamais attiré, alors que nombre de mes officiers s'y adonnaient lors de fêtes aussi luxueuses que décadentes. Je n'aurais su dire pourquoi, mais je n'avais jamais été tenté. Il avait fallu attendre ma mort et ma résurrection pour que je m'ouvre à ce monde des plaisirs interdits. Et j'avais depuis découvert que chaque vampire avait ça au plus profond de lui. Comme un trait d'espèce. Comme les humains qui, quand ils sont jeunes et pas encore très socialisés, prennent souvent plaisir à faire mal aux autres ou aux animaux, aux plus faibles. Nous autres vampires étions un peu pareils, sauf que les plus faibles pour nous étaient les premiers tortionnaires suscités. Pour nous, ils étaient des animaux. Du bétail, que l'on devait élever et protéger pour nous nourrir. Un bétail récalcitrant et épris de liberté, mais ils n'étaient rien de plus que de la nourriture. Et ce, pour répondre à bien des appétits que nous portions tous dans nos gênes depuis les toutes premières lignées. Je me demandais tiens, s'il existait encore des vampires plus âgés que moi. Peu probable. J'avais pris grand soin d'en écarter un maximum du pouvoir ou de les tuer moi même. Beaucoup n'avaient de toute façon pas survécu au Moyen Âge, et pis encore au début de l'ère industriel. Je me souviens aussi de cet ancien guerrier hittite qui avait fini par se donner la mort la première fois qu'il sortait d'une salle de cinéma. Choc temporel, culturel ? Eveil à une nouvelle forme de vie, de sensibilité, qui avait fini par le faire basculer ? Profiter de la vie était le seul moyen de ne pas basculer dans la dépression que connaissaient tous les vieux vampires. Je notais les informations qu'elle me donnait. Ainsi, Guillemaud continuait ses investigations. Etait ce pour me faire de l'ombre, comme le mari de ma petite fille avant lui?


    | Je n'en doute pas. Soyez prudente, tout de même. Vous n'êtes pas encore coutumière de toute la politique vampirique. Chez nous, c'est aussi dangereux que chez les humains. En pire, parfois. |


    Je le pensais vraiment. Combien de dizaines de vampires à hautes responsabilités avais je assassiné de mes mains ? De la mort de combien d'autres suis je responsable ? Tout cela ne compte pas, et n'a aucune importance. Seul compte le résultat final, auquel je m'accroche envers et contre tout. On ne bâtit pas un empire uniquement avec de bonnes intentions. Je souris quand je me rendais compte que 'avais choqué la vampire qui me faisait face.


    | D'accord. Relation professionnelle alors. Je ne m'en mêlerais plus, c'est promis. |


    Bien entendu, je n'en pensais pas un mot. Il y avait toujours de nouvelles alliances à consolider, d'autres à bâtir, et quoi de plus naturel qu'un mariage ? En cela, je ne différais pas des humains. Créer des lignées était toujours le même moyen de s'assurer que le voisin ne préparait pas de petits plans retors dans votre dos. Et une princesse de ma propre lignée moins que nulle autre n'avait le droit de rester seule bien longtemps, et encore moins sans amant. Parce que même les relations illégitimes avaient leurs avantages. J'entendais bien sûr à ce que Jana me serve à quelque chose d'une manière ou d'une autre. Ensuite, je remarquais bien évidemment sa gêne et son hésitation. Et en bonne petite vampire bien apprise, elle acquiesçait. Mais je savais que tout ça n'était que façade. Si je la brusquais, je risquais de tout faire tomber à l'eau, comme je l'avais pensé auparavant. Je tapais dans mes mains, appelant mes serviteurs. L'un d'entre eux apparut bien vite. Il se pencha vers moi et je lui soufflais à l'oreille de dire à toutes mes petites surprises que ce ne serait pas pour ce soir. Il m'indiqua ensuite que ça allait être l'émeute ; tous ces humains et ces vampires avaient bien trop hâte de goûter aux joies de l'ivresse et du sang, du sexe et de la souffrance, pour se réfréner. D'un regard dur, je le fis taire. L'homme sortit de la salle. Je savais que mes ordres seraient exécutés à la lettre. Sinon, je les tuerais tous à mains nues, et je me doutais que personne dans ce groupe hétéroclite ne serait assez fou. Reportant mon attention vers ma petite fille, je lui souris de manière polie.


    | Non. Ce n'est pas le moment. Vous n'êtes pas prête. Je ne vois pas encore cette lueur de désir et de soif dans votre regard à l'appel d'autant de mets de choix. Vous n'appréciez pas encore assez votre nouvelle condition et tout ce qu'elle induit, pour accepter ceci. Et la politesse que vous employez pour enrober votre timide acceptation n'est pas ce que j'attends de vous, Jana. Soyez franche. Nous sommes de la même famille désormais. Dites moi ce que vous pensez, c'est la seule manière de frayer avec moi. |
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Jeu 24 Jan - 21:32

Oui ou non.
Souvenirs à jamais prisonniers de nos photos.

Je n’étais donc pas moi-même, n’est-ce-pas ? Je n’avais jamais su me faire à ce nouveau « moi » enfin si… même si ce fut dur, au début étant amnésique je m’étais faite à ma nature de vampire. C’était la renaissance. Une nouvelle vie, meilleure que la précédente ? Je ne pensais pas. Il a fallu que je sois affectée au Crazy Fish, que ce soir là je danse sur cette estrade, cette nuit-là il était venu ce perdre dans cette boite. La suite fut la descende aux enfers, lui l’avait déjà vécue moi je commençais. Avant de tomber et de me faire mal, j’allais tout arrêter. Aller contre ma nature, je ne pouvais pas. Je ris intérieurement aux mots du roi, la politique humaine… leur système était encore plus flou que celle des vampires. On m’avait appris à me « sociabiliser » avec les humains. J’étais prudente, je ne faisais que ça d’ailleurs : faire attention. Les vampires étaient plus dangereux que les humains, nous étions des suceurs de sang après-tout. Je ne voulais pas de Guillemaud comme amant, entre nous cela ferait des étincelles ! Il n’avait aucune confiance en moi, et c’était réciproque. Je fus qu’à moitié soulagée par la réponse du roi. Le « c’est promis » je le trouvais que peu convainquant mais soit. Il était le roi, il pouvait tout faire et moi à côté de lui je n’étais qu’un insecte insignifiant. Une petite chose qu’il pouvait écraser comme il voulait. Une politique de terreur régnait entre ces murs. Je restais dans mes murailles, mon antre, ma forteresse. Des flèches traversaient parfois les parois, néanmoins rien d’encore trop grave. Je redoutais le sujet de mon « remariage » pourquoi, moi, l’on m’embêtait avec ce sujet ? Surtout après l’échec cuisant de William ! Je ne faisais plus confiance dans les choix du couple royal. Pourquoi Morgane n’avait pas ces problèmes, elle ? C’était presque injuste.

Est-ce-que je lui dis oui, est-ce-que je réponds non ?

Augustus fit appeler l’un de ses serviteurs, à qui il donna des ordres. La suite… je fus surprise, soulagée mais inquiète. Dire que je m’étais fais une raison. Je n’étais pas digne de faire partie de la lignée, j’étais à part. Morgane, aussi, mais elle s’en sortait mieux. Hantée par mon passé, je ne pouvais pas avancer. Quand je faisais un pas en avant, j’en faisais deux autres en arrière. Comment appréciait ma nouvelle condition au vu des événements récents ? Les aiguilles de l’horloge de ma vie tournaient dans tous les sens, mais jamais dans les bons. Je me sentais oppresser, entraver. Je voulais ma liberté tout simplement or j’avais signé un pacte avec le diable. J’étais un pion que l’on déplaçait à sa guise et selon les besoins de chacun. J’ignorais de quoi mon passé était fait mais au moins, je devais être libre de mes faits et gestes.


    « Au vue des circonstances, il est dur d’apprécié cette nouvelle condition, vous savez. »



Je voulais disposer mais je ne pouvais pas. Cela ne se faisait pas. Cela serait jugé comme une impolitesse vis-à-vis du roi. Je restais là silencieuse, j’avais choisis de ne pas trop en dire. J’étais déçue par moi, je n’étais pas à la hauteur de la barre que je devais franchir. Tête à demi baissée, j’attendais. J’avais tellement peur, je redoutais le roi et son courroux. William en était la preuve, et je ne voulais pas finir comme lui-même si je prônais le fait que je n’avais plus rien à perdre … même si je trouvais mon existence misérable … je n’avais pas finis de mettre mon grain de sel dans son monde hypocrite et si imparfait. J’espérais que le roi mette fin à mon supplice. La suite des événements n’annonçait rien de bon pour moi de toute manière, je n’avais pas finis d’être mise à l’épreuve. A tout moment, il fallait réagir et bien agir. Nous n’avions pas le droit à l’erreur, aucuns faux pas (quoi que je l’avais déjà fais pour moi), je n’avais plus le droit à une dernière chance.


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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   Ven 1 Fév - 14:41

    Serais je donc à jamais entravé par les chaînes de ma propre monarchie ? J'avais perdu l'ensemble de mes compagnons au fil des âges, tous ces êtres francs et rieurs, ces bons vampires qui m'avaient accompagné dans mon ascension. J'avais dû en écarter ou en tuer certains devenus fous d'ambition, et le reste s'était laissé consumer dans les abîmes de l'histoire. Combien avais je perdu de ces compagnons rien que dans le siècle passé ? Il ne m'en restait plus aujourd'hui. Plus aucun conseiller n'avait le lustre de ceux d'antan ; tout n'était que vaines paroles, engagements viciés et complots dans mon dos. Je ne pouvais plus avoir confiance en quiconque à ma cour, hormis mon propre entourage. C'était du moins ce que j'en étais venu à penser. Mais tout avait fini par partir en miettes avec le temps, et je n'avais plus la force de m'y opposer. Ayant enfin ma destiné à portée de main, il semblait que celle ci restait hors de ma portée et que quand j'y arriverais enfin, je le ferais en solitaire. Cela ne me posait pas plus de problème que cela, fondamentalement parlant. Même entouré, j'avais toujours été seul sous bien des aspects. Auparavant, ma vision de l'avenir des vampires était un idéal que moi et mes comparses partageaient. Maintenant qu'ils n'était plus là, ce n'était plus que l'unique vision d'un souverain solitaire, dominant de mille lieux le reste de ses sujets. Que je regrettais la franchise et l'honnêteté de nos anciens conseils, de cette collaboration totale et infinie avec mes collaborateurs... Aujourd'hui, leurs remplaçants n'étaient qu'obséquiosité et traîtrise incarnés. Au sein de ma propre famille, de ma propre lignée, il semblait que j'étais destiné à achever mon œuvre seul. Il n'y avait que Krystel, encore qu'elle avait aussi ses propres objectifs qui se greffaient aux nôtres. Son fils était hors jeu pour quelques siècles sinon pour toujours. Sa fille était encore trop faible pour faire face aux responsabilités de sa lignée. Et sa pupille enfin, ne semblait nourrir que de la peur et de la méfiance vis à vis de moi, de nous.


    Plus que jamais, je me sentais seul et détaché des autres. Où était passé ce formidable élan qui avait permis aux vampires sous mon commandement de déplacer des montagnes ? Conquérir par la paix ou la guerre les territoires de maîtres antiques et despotes cruels et injustes pour leur peuple. J'étais un monarque dur, sans compromis aucun. Pourtant, j'étais considéré comme un libéral par tous ceux que j'avais mis à bas. Peut être étais je comme tous ces fantômes qui m'accompagnaient ; un être désincarné, seul dans un monde qui ne le comprend pas et qui lui est hostile. A cet instant, je n'avais plus envie de m'amuser. Je m'essuyais la bouche, tâchant de sang ces superbes serviettes de soie. Le faste de ma demeure, l'éclat de mes conditions de vie, n'avait plus aucun autre équivalent que l'ennui profond que je ressentais parfois, cette lassitude extrême qui étreignait tous les très vieux vampires, quand ils se sentaient trop haïs ou idéalisés pour être approchés. Je comprenais parfois, pourquoi certains de mes vieux camarades étaient restés éveillés pour apercevoir un dernier lever de soleil. Il arrivait parfois, que je me sente si détaché des autres, que j'en avais l'impression d'être au crépuscule de ma vie. Je claquais des doigts, et l'on vint me débarasser de mon repas vivant.



    | Vous m'en voyez navrée chère enfant. J'espère que l'avenir vous réservera des évènements à la tournure plus agréable. Vous pouvez terminer de manger ou rentrer chez vous si cela vous agrée. J'ai bien peur ma douce, d'être las. | dis je sans la regarder


    Je n'avais rien contre elle en particulier, rien contre les autres non plus. J'étais un vieux vampire, morceau d'un passé oublié de tous, de mœurs partagées par quiconque, d'une histoire finalement vécue que par moi seul. La conséquence principale qui découlait de cet état de fait était somme toute assez logique.


    | Je vous remercie d'avoir accepté l'invitation et d'avoir tenu compagnie à un très vieux vampire, et de vous avoir ennuyé avec tous mes radotages. |


    Je ne lui fis nul baisemain ni aucun signe d'aucune sorte, et sortais de la pièce. Je n'étais pas fâché contre elle, j'avais dit la vérité. J'étais las. Las de m'être fait une place de roi dans ce monde que je ne comprenais pas. Il me fallait me réconcilier avec mes souvenirs ; je fis donc monter dans ma chambre une jeune humaine des anciennes provinces d'Illyrie et de Dacie. Le bouquet de son sang me rappellerait peut être le jeune et fringuant général que j'étais jadis, ou le jeune vampire conquérant repassé par ces contrées quelques siècles plus tard.
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MessageSujet: Re: Un Dîner aux Chandelles, avec des Humains à Manger [Livre 1 - Terminé]   

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